jeudi 14 juin 2018

Guerre au Yémen : la France appelée par les ONG à cesser son double jeu

Riyad et ses alliés ont attaqué le 13 juin le port d'Hodeida, au Yémen, par lequel arrive la nourriture destinée à la population. Des ONG enjoignent Paris à annuler une conférence co-organisé avec l'Arabie saoudite et à faire pression sur celle-ci.

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Ce 13 juin, des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, ont lancé leur offensive sur le port stratégique de Hodeida, par lequel entre l'essentiel des importations du pays et de l'aide internationale.

[voir notre publication Yémen: Les États-Unis donnent leur feu vert au génocide ]

Le même jour, une quinzaine d'organisations humanitaires, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), ont écrit une lettre au président français pour l'exhorter à faire pression sur les Saoudiens et les Emiratis, membres de la coalition arabe impliquée dans la guerre au Yémen, au sujet de la situation dramatique de la population de ce pays. Pour ces organisations, il est «inconcevable de maintenir» la conférence humanitaire sur le Yémen prévue le 27 juin à Paris et co-organisée avec l'Arabie saoudite, alors même que le royaume wahhabite et ses alliés mènent une attaque sur le port d'Hodeida. 

La France et ses contradictions

Qualifiant d'un côté la situation au Yémen de «drame humain» et signant de l'autre main des contrats d'armement juteux avec l'Arabie saoudite, la France joue, pour nombre de commentateurs, un double jeu dans cette guerre aux conséquences humaines tragiques. Dans un rapport de mars 2018, Amnesty International avait mis en cause les livraisons d'armes françaises à l'Arabie saoudite, à l’origine, selon elle, de graves violations des droits de l'Homme dans le cadre de ce conflit. Selon un rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d'armement de la France, le royaume wahhabite était entre 2007 et 2016 le second client des fabricants d’armes français. 

Guerre au Yémen : la France appelée par les ONG à cesser son double jeu© ministère des Armées

L'attaque nouvelle de la coalition menée par l'Arabie saoudite sur Hodeida vient aggraver la crise humanitaire extrême dans laquelle le pays en guerre est plongé. Ce port, indispensable à la sécurité alimentaire du Yémen, a été sous blocus de la coalition pendant plusieurs mois pour, officiellement, empêcher les rebelles houthis d'importer des armes. Sous la pression internationale, l'Arabie saoudite avait levé le blocus, mais renforcé les inspections de navires, ce qui ralentissait le fonctionnement du port. A tel point que des aliments pourrissaient avant même d’atteindre la terre ferme.

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Le 25 mai, l'ONU exhortait la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à accélérer les importations de nourriture et de carburant, avertissant que 10 millions de Yéménites supplémentaires pourraient être menacés de famine avant la fin de l'année. Des exigences auxquelles ne se sont pas pliés les Saoudiens et leurs alliés.

La pire crise humanitaire au monde

Depuis 2015, un conflit fait rage entre d'une part le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition de Riyad, armée et soutenue, notamment, par les Etats-Unis et la Royaume-Uni, et d'autre part des combattants rebelles houthis, proches de l'Iran. La coalition est intervenue militairement au Yémen en 2015 pour restaurer le gouvernement qui avait été chassé de la capitale Sanaa par les rebelles. Les bombardements saoudiens ont fait près de 10 000 morts et plus de 55 000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé. Plus de 2 200 autres personnes sont mortes du choléra. Ces derniers mois, les Houthis ont intensifié les tirs de missiles contre l'Arabie saoudite qui accuse Téhéran, son grand rival régional, de leur fournir ce type d'équipement. L'Iran reconnaît soutenir politiquement les Houthis mais nie tout appui militaire.

Sans craindre les contradictions, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a rappelé le 11 juin que l'aide internationale au Yémen devait continuer à passer par le port de Hodeida, mais il n'a pas mis en garde les Emiratis et les Saoudiens contre une éventuelle offensive sur la ville, alors que l'offensive était imminente. Martin Griffiths, le médiateur de l'ONU pour le Yémen, menait pour sa part début juin d'«intenses négociations» avec les Houthis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis afin d'«éviter une confrontation militaire à Hodeida».

Selon les Nations unies, la situation qui a cours actuellement au Yémen est la pire crise humanitaire au monde. Quelque 8,4 millions de personnes sont à court de nourriture et risquent de mourir de faim. Entre la guerre et les épidémies, le Yémen est l'un des pays les plus pauvres du monde et l'ONU affirme que plus de 22 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire sur une population d'environ 25 millions d'habitants.

https://francais.rt.com/international/51573-yemen-france-appelee-cesser-son-double-jeu

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Le tout dans un "silence assourdissant" de nos médias, sans doute plus préoccupés par le lancement de la coupe du monde de football en Russie...      P.G.

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mercredi 13 juin 2018

Yémen: Les États-Unis donnent leur feu vert au génocide

TRIBUNE LIBRE / Moon of Alabama

TL YEMEN ATTAQUE

Publié le 11 juin 2018 sous le titre Yemen – U.S. Grants Approval For Genocide

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet

Le génocide au Yémen va commencer demain. Huit millions de Yéménites sont déjà au bord de la famine. Dix-huit millions de Yéménites sur vingt-six vivent dans le centre montagneux (en vert) qui est sous le contrôle des Houthis et de leurs alliés. Ils sont encerclés par les forces saoudiennes, les forces des Émirats arabes unis et leurs mercenaires. Il y a peu d’agriculture. La seule ligne d’approvisionnement en provenance de l’extérieur sera bientôt coupée. Les gens vont mourir de faim.

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Même avant la guerre, le Yémen importait 90% de son alimentation de base. Trois années de bombardements saoudiens/EAU ont détruit les infrastructures et la production locales. La guerre a déjà provoqué une famine massive et une grande épidémie de choléra. La côte yéménite est bloquée par les forces navales saoudiennes et américaines. Les seuls ravitaillements qui arrivent sont les livraisons de l’ONU et les livraisons commerciales par le port de Hodeidah sur la Mer Rouge (Al Hudaydah sur la carte).

 

 

Les Émirats arabes unis lancent des mercenaires locaux et des gangs islamistes contre les Houthis et leurs alliés. Au cours des derniers mois, ces forces venues du sud ont remonté le long de la côte jusqu’à Hodeidah. Les combats sont féroces :

De violents combats au Yémen entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles chiites ont tué plus de 600 personnes des deux côtés au cours des derniers jours, ont déclaré lundi des responsables de la sécurité.

Demain, lorsque les médias seront occupés avec les photos du sommet Kim-Trump, les forces des Émirats arabes unis lanceront leur attaque contre la ville.

L’ONU, qui supervise la distribution de l’aide qui arrive à Hodeidah, a tenté de jouer les intermédiaires entre les parties :

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, s’est rendu dans la capitale des Émirats arabes unis au cours du week-end pour tenter d’empêcher une attaque. M. Griffiths avait conclu un accord avec les rebelles Houthis qui contrôlent Hodeidah pour permettre à l’ONU de gérer le port conjointement. Mais selon des sources bien informées, il y a peu de chance que les Émirats arabes unis acceptent l’offre ou retardent l’assaut prévu.

Les sources bien informées ne se sont pas trompées. L’ONU est en train d’évacuer son personnel :

Lundi l’ONU évacuait son personnel de la ville portuaire yéménite assiégée d’Al Hudaydah, après que des pays membres de l’ONU ont appris qu’une attaque des forces dirigées par les Émirats arabes unis était imminente, selon deux diplomates. […]

Le Comité international de la Croix-Rouge a retiré son personnel de la ville pendant le week-end. […]

Les diplomates de la région disent qu’ils croient que seule une pression accrue de Washington pourrait empêcher l’assaut.

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Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur secrétaire d’État Pompeo, viennent de donner le feu vert aux Émirats arabes unis pour lancer leur attaque :

Les États-Unis suivent de près l’évolution de la situation à Hudaydah, au Yémen. J’ai parlé avec les dirigeants émiratis et exprimé clairement notre désir de répondre à leurs préoccupations en matière de sécurité tout en préservant la libre circulation de l’aide humanitaire et des importations commerciales qui sauvent des vies. Nous attendons de toutes les parties qu’elles honorent leur engagement à travailler avec le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Yémen sur cette question, à soutenir un processus politique pour résoudre ce conflit, à assurer l’accès humanitaire au peuple yéménite et à tracer un avenir politique stable pour le Yémen.

Ni les Émirats ni les Saoudiens n’ont intérêt à laisser entrer l’aide humanitaire. Ils sont absolument sans merci. Plus tôt aujourd’hui, ils ont bombardé un centre de traitement du choléra géré par Médecins sans frontières :

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« L’attaque de ce matin contre un centre de traitement du choléra @MSF à Abs par la coalition saoudienne et émiratie dénote un manque total de respect pour les installations médicales et les patients. Qu’elle soit intentionnelle ou que ce soit une bévue, c’est totalement inacceptable. »

La semaine dernière, les Saoudiens ont intentionnellement bombardé les installations du Conseil norvégien pour les réfugiés à Sanaa :

Le CNR a fourni à toutes les parties du conflit, y compris à la Coalition dirigée par l’Arabie saoudite, les détails et les coordonnées de nos opérations afin d’assurer la sécurité de notre personnel.

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Hodeidah, avec ses 600 000 habitants et ses centaines de milliers de réfugiés, sera difficile à prendre. Aucun ravitaillement ne transitera par le port tant que le combat se poursuivra. Si les forces des Émirats arabes unis prennent le port, elles ne laisseront pas l’aide entrer dans les zones contrôlées par les Houthis. Il y aura une énorme famine, des centaines de milliers sinon des millions de personnes mourront.

Il serait facile pour l’administration de Trump d’arrêter l’attaque des Émirats arabes unis. Les forces spéciales américaines sont sur le terrain au Yémen, travaillant en étroite collaboration avec les forces des Émirats arabes unis. Les avions américains ravitaillent les bombardiers saoudiens et ceux des Émirats arabes unis. Les renseignements américains sont utilisés pour le ciblage. Les États-Unis fournissent les bombes. Sans le ravitaillement en vol des États-Unis, les chasseurs des Émirats arabes unis ne pourraient pas soutenir leurs forces au sol. Ils ne pourraient pas lancer d’attaque.

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Dès le début, l’administration Trump est extrêmement proche des dirigeants israéliens, émiratis et saoudiens. Leur objectif commun est de contrer l’Iran. Mais l’Iran est peu impliqué au Yémen :

Il est très exagéré de prétendre que l’Iran a beaucoup d’influence sur les Houthis. Bien que les Houthis reçoivent un certain soutien de la part de l’Iran, il s’agit surtout d’un soutien politique, avec une aide financière et militaire minimale. Cependant, depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, le groupe est de plus en plus souvent présenté comme étant « soutenu par l’Iran » ou « chiite », ce qui suggère souvent une relation sectaire avec la République islamique. Pourtant, avant les bouleversements de 2011, le terme « chiite » n’était pas utilisé par les Yéménites pour désigner des groupes ou des individus yéménites. Les Houthis ne suivent pas la tradition du chiisme duodécimain prédominante en Iran, mais adhèrent au Zaydisme, qui dans la pratique est plus proche de l’islam sunnite, et n’a manifesté aucune solidarité avec d’autres communautés chiites.

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Les Saoudiens considèrent le Zaydisme comme un obstacle à leur influence au Yémen. Ils veulent contrôler le gouvernement yéménite. Les Émirats veulent contrôler le port d’Aden et les installations de stockage et de chargement du pétrole et du gaz du Yémen. L’administration Obama avait soutenu l’attaque saoudienne contre le Yémen pour que les Saoudiens acceptent l’accord nucléaire avec l’Iran. L’administration Trump soutient la guerre saoudo/UAE par ignorance. Elle croit au mythe iranien. Elle veut aussi vendre plus d’armes.

Des millions d’enfants et de civils paieront cette décision américaine de leur vie.

Moon of Alabama

Article original: Yemen – U.S. Grants Approval For Genocide

URL: https://arretsurinfo.ch/yemen-les-etats-unis-donnent-leur-feu-vert-au-genocide/

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dimanche 20 mai 2018

Des pays du Golfe, un consultant israélien créateur de Blackwater ont-ils aidé Trump ?

3 août 2016 : c'est dans la Trump Tower de New York que plusieurs interlocuteurs influents ont rencontré le fils de Donald Trump, quelques mois avant le scrutin présidentiel. Le quotidien The New York Times a publié ce 19 mai sur son site un article tendant à démontrer l'objectif de cette réunion : venir en aide au candidat à la présidentielle américaine dans sa campagne électorale.

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Premier participant à cette réunion discrète : Erik Prince, citoyen américain et résident des Emirats arabes unis, fondateur de la société militaire privée Blackwater, connue pour avoir envoyé des mercenaires dans différentes régions du monde en proie à des conflits, comme en Irak. Il aurait été à l'origine de la rencontre. S'adressant au fils de Donald Trump, il aurait ainsi pris la parole pour initier la réunion : «Nous travaillons dur pour votre père.»

George Nader, homme d'affaires américano-libanais, aurait quant à lui affirmé au fils de Donald Trump que les princes saoudien et émirati étaient «impatients d'aider [son père] à remporter l'élection présidentielle». Il aurait, à plusieurs reprises, mis en avant sa proximité avec ceux dont il était l'émissaire, allant jusqu'à montrer au fils du candidat à la Maison Blanche des photos sur lesquelles il apparaissait en leur compagnie. Le New York Times précise qu'à cette époque déjà, George Nader s'appliquait à préparer des plans de déstabilisation de la République islamique d'Iran.

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Enfin, Joel Zamel, présenté par le quotidien comme «spécialiste israélien de la manipulation des réseaux sociaux», aurait vanté pendant la réunion les capacités de son entreprise à mettre en valeur la campagne électorale de Donald Trump. Le New York Times rappelle que l'entreprise de Joel Zamel est spécialisée dans la fabrication de l'opinion publique et qu'elle emploie d'anciens membres des renseignements israéliens.

D'importantes sommes en jeu

Selon les chiffres rapportés par le New York Times, Joel Zamel aurait reçu près de 2 millions de dollars de George Nader après la victoire de Donald Trump. Le montant de la transaction aurait été justifié par une étude mettant en avant l'importance des réseaux sociaux dans le succès d'une campagne électorale.

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Le quotidien mentionne également un autre montant de 2 millions de dollars, qui aurait pu être versé par l'Arabie saoudite à George Nader et Erik Prince dans le cadre d'un plan d'action militaire contre les forces iraniennes au Yémen.

Ces révélations rappellent que l'ingérence russe a longtemps été pointée du doigt comme un facteur majeur ayant permis la victoire de Donald Trump ; toutefois, le rapport du renseignement américain du 22 mars 2018 n'a finalement pas pu mettre en évidence la collusion présumée entre Trump et la Russie, concluant ainsi de façon catégorique : «Le comité n'a trouvé aucune preuve que l'équipe de campagne de Trump ait été en collusion, en coordination ou ait conspiré avec le gouvernement russe.»

https://francais.rt.com/international/50832-pays-golfe-consultant-israelien-createur-blackwater-ont-ils-aide-trump-2016

info_intoxBeaucoup de conditionnel dans cette info révélée par un journal notoirement démocrate et "néo-conservateur" qui ne cache pas sa volonté d'abattre Trump, quitte à relayer les thèses les plus complotistes (tout en se vantant d'être en pointe dans la chasse aux "fake news")... Cela dit, cette nouvelle piste n'est pas invraisemblable dans un pays où le poids des lobbies et de l'argent est un élément- clé de la vie politique et des élections. Et les évènements récents ont largement montré les points de convergence entre Israël et l'Arabie saoudite.   P.G.

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dimanche 13 mai 2018

Trump met fin à l’accord nucléaire avec l’Iran. Et maintenant ?

TRIBUNE LIBRE /

TL TRUMP IRAN

Publié le 8 mai 2018 sous le titre Trump Ends The Nuclear Deal With Iran – What’s Next?

Dans un discours très belliqueux, Trump a annulé l’accord nucléaire avec l’Iran. Il y a aussi raconté beaucoup de mensonges. Mais rien de tout cela n’est surprenant. Les États-Unis ne respectent leurs accords qu’aussi longtemps qu’ils y voient un avantage à court terme – il suffit de demander aux Amérindiens. On ne doit jamais s’attendre à ce que les États-Unis tiennent parole.

Trump va réimposer des sanctions américaines contre l’Iran parce que :

• L’accord nucléaire a été négocié par l’administration Obama et donc il est mauvais ;
• Israël veut que l’Iran continue à passer pour un croque-mitaine ;
• Les sionistes et les fous furieux de la droite étasunienne veulent que les États-Unis attaquent l’Iran ;
• Trump a besoin que l’Iran reste le pire ennemi des États du Golfe pour leur vendre toujours plus d’armes américaines.

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Trois pays européens, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, étaient assez naïfs pour croire qu’ils pourraient empêcher ça. Le trio a proposé aux États-Unis d’imposer des sanctions supplémentaires à l’Iran pour d’autres raisons – missiles balistiques et engagement iranien en Syrie. Je n’en suis pas revenu quand j’ai appris ça. Il était évident dès le début que cette démarche ne ferait que discréditer ces pays ET qu’en plus elle échouerait. [C’est nous qui soulignons, ndlr]

Heureusement, l’Italie et des pays d’Europe de l’Est s’y sont opposés au niveau de l’UE. Ils n’étaient pas prêts à sacrifier leur crédibilité à cause de ça. Selon eux, l’accord nucléaire a été signé, et tous ceux qui l’ont signé doivent le respecter. Ils ont souligné que Trump n’avait donné aucune garantie qu’un effort européen supplémentaire changerait son point de vue.

Au cours des dernières semaines, le trio européen a tenté d’influencer Trump. En pure perte :

Vendredi, Pompeo a organisé une conférence téléphonique avec ses trois homologues européens. Des sources bien informées m’ont confié que Pompeo avait remercié le trio pour les efforts qu’ils avaient consentis depuis janvier pour trouver une formule qui convaincrait Trump de ne pas se retirer de l’accord nucléaire – mais il a clairement indiqué que le Président voulait prendre une direction différente.

Suite à la déclaration de Trump, les puissances européennes veulent publier une déclaration commune qui indiquera clairement qu’elles restent dans l’accord avec l’Iran afin d’empêcher sa désintégration.

Les sanctions que Trump veut réintroduire ne limiteront pas seulement les relations des États-Unis avec l’Iran, mais pénaliseront aussi d’autres pays. Cela mènera à une vague de mesures protectionnistes, car une partie au moins de ces autres pays va tenter de se protéger contre les lois américaines et pourrait même introduire des contre-sanctions :

« Nous préparons des dispositions pour protéger les intérêts des entreprises européennes », a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, aux journalistes à Bruxelles.

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L’Iran s’en tiendra largement à l’accord nucléaire si l’UE le défend efficacement et n’entrave pas les accords iraniens avec les entreprises européennes. Si l’UE ne le fait pas, l’accord nucléaire sera nul et non avenu. L’Iran sortira de l’accord. Le gouvernement néolibéral Rohani, qui a conclu l’accord, tombera et les conservateurs reviendront au pouvoir. Ils défendront la souveraineté de l’Iran à tout prix.

Les États-Unis semblent croire qu’ils peuvent revenir à la position qu’Obama avait adoptée dans les années qui ont précédé l’accord nucléaire. L’Iran était soumis aux sanctions de l’ONU et tous les pays, y compris la Chine et la Russie, les respectaient. L’économie iranienne était en grave difficulté. Le pays a été forcé de négocier pour s’en sortir. Cette situation ne se renouvellera pas.

La crédibilité des États-Unis est sérieusement ébranlée. Elle a enlevé son gant de velours. Et sa main de fer s’est révélée impuissante en Afghanistan, en Irak et en Syrie.

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La Chine et la Russie sont en train de conclure de gros accords avec l’Iran et sont maintenant devenus ses protecteurs. Bien qu’ils n’aient pas d’idéologie commune, les trois pays s’opposent à un monde globalisé régi exclusivement par des règles « occidentales ». Ils ont le pouvoir économique, la population et les ressources nécessaires pour le faire. Ni les États-Unis, ni l’Europe, n’ont encore accepté cet état de fait.

L’Iran a non seulement de nouveaux alliés, mais il a progressé au Moyen-Orient à cause de la stupidité des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie saoudite. Les guerres en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen ont toutes renforcé la position de l’Iran alors même qu’il s’en est largement tenu à l’écart. Les récentes élections au Liban se sont bien passées pour le camp de la  » résistance « . Au Liban, le Hezbollah n’a plus de challengers. Les prochaines élections en Irak donneront naissance à un nouveau gouvernement favorable à l’Iran. L’armée syrienne est en train de gagner la guerre menée contre son pays. La position des États-Unis en Afghanistan est sans espoir. L’Arabie saoudite se dispute actuellement avec les Émirats arabes unis à propos de la guerre contre le Yémen. La prise de bec du CCG* avec le Qatar n’est toujours pas résolue.

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Israël veut garder l’Iran comme croque-mitaine pour détourner l’attention de sa campagne génocidaire contre les Palestiniens, mais il ne veut pas d’une grande guerre. Le Hezbollah au Liban possède suffisamment de missiles pour rendre très inconfortable la vie des Israéliens. Une guerre contre l’Iran pourrait facilement se terminer avec Tel-Aviv en flammes.

Il y a des gens dans l’administration Trump qui vont faire de leur mieux pour déclencher une guerre avec l’Iran. L’administration Bush voulait aussi le faire. Mais tous les exercices de simulation d’une campagne militaire contre l’Iran finissaient mal pour les États-Unis et ses États alliés. Les pays du Golfe sont extrêmement vulnérables. Leur production de pétrole pouvait être rapidement arrêtée. La situation n’a pas changé. Les États-Unis se trouvent maintenant dans une position stratégique pire qu’elle ne l’était après l’invasion de l’Irak. S’il y a encore quelques personnes sensées à la direction du Pentagone, elles supplieront la Maison-Blanche de ne pas se lancer dans une telle aventure.

Le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire est une énorme erreur. Le ministre de la Défense Mattis s’y était opposé. Trump fera-t-il une erreur encore plus grande contre l’avis de ses conseillers militaires ? Va-t-il déclarer la guerre à l’Iran ?

Moon of Alabama

Original: Trump Ends The Nuclear Deal With Iran – What’s Next?

Traduction : Dominique Muselet

URL: https://arretsurinfo.ch/trump-met-fin-a-laccord-nucleaire-avec-liran-et-maintenant/

*Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (arabe : مجلس التعاون لدول الخليج العربية) ou Conseil de coopération du Golfe (CCG) (arabe :مجلس التعاون الخليج العربي) est une organisation régionale regroupant six monarchies arabes et musulmanes du golfe Persique : l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_coop%C3%A9ration_du_Golfe).

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vendredi 11 mai 2018

Pourquoi l’Iran a-t-il besoin de missiles balistiques?

TRIBUNE LIBRE / Par Sirous Amerian

TL IRAN DEFENSE

L’Iran a été au centre des actualités mondiales cette dernière décennie, avec son programme nucléaire devenu le centre d’attention. Cette question mise de côté, au moins temporairement, on pouvait s’attendre à ce que l’Iran cesse de polariser l’attention par la signature du Plan d’action global conjoint [ou Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT] il y a trois ans, mais ce ne fut pas le cas.

Après avoir décrit l’accord de Vienne comme épouvantable et avoir promis de le déchirer une fois élu, le président Donald Trump s’efforce de focaliser l’attention et de maintenir la pression sur l’Iran. En plus de la question nucléaire, la présence de l’Iran en Syrie et son arsenal de missiles balistiques sont vendus comme des menaces majeures pour la sécurité régionale ainsi qu’internationale.

L’Iran a un vaste et compliqué arsenal de missiles balistiques, comprenant des missiles de courte portée tels que le Zeizal et des missiles plus lourds et de longue portée tels que le Shahab-3 ou le Sejil, qui peuvent atteindre 2000 kilomètres, ceux-ci existant en différents modèles avec propulsion liquide ou solide. En bref, les missiles balistiques sont à la fois l’arme défensive clé et l’élément offensif de la stratégie iranienne, pour lesquels Téhéran a investi beaucoup de temps, d’effectifs et d’argent dans le développement et l’amélioration. Pourquoi les mettraient-ils de côté sous la pression des États-Unis et de l’Europe ?

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L’Iran est situé au Moyen-Orient, dans une région volatile, où il a quelques amis et beaucoup d’ennemis. Ses ennemis, principalement l’Arabie Saoudite, Israël et les Émirats arabes unis, sont des pays avancés, riches et bien armés qui dépensent énormément pour conserver et améliorer leurs capacités militaires.

L’Arabie saoudite, selon les derniers chiffres, est aujourd’hui le troisième plus important acheteur du monde dans le domaine militaire. Avec 57 milliards de dollars, Riyad dépasse des pays comme l’Inde, la France, la Russie et le Japon. Israël est à la 14e place, selon la même source, et dépense environ 14 milliards de dollars par an pour son armée, quand les EAU [Émirats arabes unis, NdT] viennent en 16e position avec une dépense d’environ 14,3 milliards de dollars pour leur armée l’année dernière. Avec une dépense annuelle de 6,3 milliards de dollars, l’Iran est en 33e position.

Au vu de ce classement des dépenses militaires, les capacités militaires de l’Iran sont moindres et faibles comparées à celles de ses voisins. Les forces armées de l’Iran seraient mieux décrites comme un musée vivant. Et il en est ainsi de ses trois principaux corps.

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Les forces aériennes de la République islamique d’Iran comptent en grande partie des avions américains construits il y a 40-50 ans tels que des F-14, F-4F et des F-5 et un plus nombre d’avion soviétiques, le Mig-29A et Su-24, achetés il y a deux ou trois décennies – qui furent plus tard complétés par des avions de Saddam Hussein fuyant la guerre du Golfe Persique.

Comparés aux F-15 de pointe de l’Arabie saoudite et aux Eurofighter Typhoons, aux Mirages et F-16 des EAU et aux F-15, F-16 et nouveaux F-35 d’Israël – tous en nombre élevé et armés de radars et missiles dernier cri avec des capacités modernes AWACS – Les forces aériennes iraniennes sont une plaisanterie comparées à leurs adversaires modernisés.

La force terrestre et la marine ne font pas exception. Beaucoup de bataillons mécanisés sont armés de T-72 et de générations encore plus vieilles de tanks soviétiques, qui se sont avérés largement inefficaces il y a trois décennies contre les tanks modernes de l’Occident durant la première guerre du Golfe. Il y a eu quelques progrès avec l’amélioration des vieux tanks avec un nouvel équipement et blindage, mais ce fut lent et Téhéran n’a pas réussi à moderniser tous les systèmes obsolètes.

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Du côté des effectifs, environ deux tiers des forces terrestres et des autres branches sont remplies de conscrits, des hommes âgés de 18 et plus, qui ont pour obligation d’effectuer leur service militaire durant deux ans où ils sont alors sous forte pression : ces jeunes hommes ne reçoivent pas un salaire décent, sont humiliés en permanence par les officiers et commandants, et sont stationnés le long de frontières, loin de leur famille, ou dans des villes où ils effectuent des corvées telles que cuisiner et nettoyer les toilettes. La plupart ne reçoivent pas une alimentation correcte et un équipement tel que des uniformes.

Une série de photos récentes faites par des conscrits montre le triste visage de la conscription, qui affecte la santé mentale des jeunes hommes. Si vous vous asseyez et discutez avec eux, une majorité de ceux qui ont fait leur service et sont revenus n’auront pas de très bons souvenirs de cette période. Il ne faut donc pas s’attendre de leur part à un bon moral et à une efficacité au combat.

L’Iran, en réalité, n’a tout simplement pas la capacité de mener une offensive contre un pays de la région, excepté peut-être l’Afghanistan, ou un acteur mineur comme le Koweït.

Les nouveaux corps qui ont reçu un meilleur traitement et équipement sont les forces de missiles sous le commandement de la Garde révolutionnaire islamique, et la Base de défense aérienne Khatam al-Anbia. Comme l’indique son nom, la base de défense aérienne est un commandement en charge des systèmes sol-air et est défensive par nature.

Mais il est quand même improbable que l’Iran utilise ses missiles comme un élément offensif.

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Les missiles balistiques de l’Iran sont tous conventionnels et non armés de têtes nucléaires. Il ne peut les utiliser pour détruire un quelconque adversaire sans courir le risque d’une frappe en représailles. Si utilisés pour frapper en premier, ces missiles provoqueraient certainement de larges dommages à une ou deux cibles ou terroriseraient la population des villes, mais ils ne pourraient détruire toutes les bases et centres industriels qu’un adversaire pourrait avoir.

L’Iran sait que s’il prend l’initiative d’attaquer Israël ou les alliés arabes des Américains avec ses missiles balistiques, non seulement c’est une invitation à prendre le pays comme cible de représailles, mais que cela donnerait également à Trump et à son nouveau conseiller pour la Sécurité nationale, John Bolton, l’excuse nécessaire pour passer de la promotion d’un changement de régime en douceur à un changement de régime à la manière forte et à une guerre pure et simple contre l’Iran. Les ayatollahs à Téhéran peuvent peut-être haïr les Israéliens et les Saoudiens, mais ce sentiment est moins puissant que leur amour du pouvoir.

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Donc quel est l’objectif des missiles balistiques de l’Iran ? Ils servent à la fois un objectif dissuasif et défensif : en maintenant un nombre important de missiles balistiques prêts à frapper n’importe quel pays qui s’en prendrait à lui, l’Iran rend une frappe contre lui plus coûteuse pour ses adversaires.

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Israël, le premier ennemi de Téhéran, a déjà à deux reprises attaqué sans prévenir la Syrie et l’Irak, et n’a jamais subi de représailles, ces pays n’en ayant pas la capacité. La même chose ne pourrait pas arriver avec l’Iran car il a les moyens de répondre à une telle attaque. En appelant au retrait des missiles balistiques de l’Iran, les Européens et Trump veulent couper les griffes du chat et ôter à Téhéran sa seule option crédible de défense.

Rendre une frappe contre l’Iran plus sure et moins coûteuse pour les pays de la région est dangereux pour la stabilité de la région. Cela ferait de l’Iran une cible facile pour quiconque en ayant les capacités et la volonté, et le Moyen-Orient ne manque pas de prétendants. Ne laissons pas faire cela, et apprenons à vivre avec un Iran doté de missiles balistiques pour sa propre défense.


 

Sirous Amerian est doctorant et assistant diplômé au Centre for Defence and Security Studies de l’Université Massey en Nouvelle-Zélande. Pendant son séjour en Iran, il a travaillé comme analyste politique pour l’Institut iranien d’études eurasiennes (IRAS). Il tweete sur @AmerianS.

Source : The Defense Post, Sirous Amerian, 18-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/pourquoi-liran-a-t-il-besoin-de-missiles-balistiques-par-sirous-amerian/

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mercredi 9 mai 2018

Washington se retire de l'accord nucléaire et promet de nouvelles sanctions contre l'Iran

Washington se retire de l'accord nucléaire iranien, signé en 2015 après une négociation acharnée. Les Etats-Unis vont par ailleurs mettre en place de lourdes sanctions contre Téhéran, qui se dit ouvert au dialogue avec Européens, Russes et Chinois.

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mardi 8 mai

22h52

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, appelle sur Twitter à sortir de l'OTAN

22h51

«La visite de Macron aux Etats-Unis n'a servi à rien dans le dossier du nucléaire iranien», déplore, sur France info, Sébastien Chenu, porte-parole du FN

22h49

Pour François de Rugy, président (LREM) de l'Assemblée nationale, «la dénonciation de l'accord sur le nucléaire iranien par Donald Trump au nom des Etats-Unis d'Amérique relance l'escalade nucléaire militaire et rajoute de la tension supplémentaire au Moyen-Orient. L'Union européenne doit faire contrepoids»

22h19

Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, est critique sur la position de Donald Trump qu'il estime être «un danger pour la paix» : «Rien ne justifie de dénoncer l'accord de Vienne : le directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) a affirmé à plusieurs reprises que l'Iran le respecte scrupuleusement [...] La France doit affirmer une position clairement distincte de celle de Donald Trump.»

Il ajoute sur Twitter que le président américain et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou «mentent». «Ras-le-bol de l'empire américain, de ses provocations, de son arrogance et de ses guerres sans fin», accuse-t-il.

22h14

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Peu après l'annonce de Donald Trump, Israël a lancé une frappe contre une base près de Damas en Syrie.

21h58

Le ministère russe des Affaires étrangères se dit profondément désappointé par la décision de Donald Trump. Un acte «infondé», a poursuivi le ministère, selon des propos rapportés par Reuters. Il a également assuré que Moscou continuera de développer des liens bilatéraux avec l'Iran

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21h56

Selon des médias syriens, rapportant des propos du ministère des Affaires étrangères, la Syrie «condamne fermement» la décision du président des Etats-Unis de se retirer de l'accord sur le programme  nucléaire iranien.

21h43

Barack Obama, président des Etats-Unis de 2009 et 2017, a dénoncé une «grave erreur» de Donald Trump. Sur Twitter, il a estimé qu'il y avait «peu de questions plus importantes pour la sécurité des Etats-Unis que la propagation potentielle des armes nucléaires ou la possibilité d'une guerre encore plus destructrice au Moyen-Orient».

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21h36

Un porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que la décision des Etats-Unis, de se retirer unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, «causera de l'instabilité et de nouveaux conflits».

Dans un tweet, il a également ajouté que la «Turquie continuerait à s'opposer à toutes les formes d'armes nucléaires».

21h29

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Dans un communiqué, Theresa May a affirmé être sur la même ligne que la France et l'Allemagne, se disant «inquiète» de la décision de Donald Trump : «Cet accord reste important pour notre sécurité commune». «Nous rappelons que l'accord [de 2015] a été approuvé à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 2231», a-t-elle également écrit.

«Selon l'AIEA [Agence internationale de l'énergie atomique], l'Iran continue de respecter les restrictions énoncées par l'accord, conformément à ses obligations vis-à-vis du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires», a ajouté le Premier ministre britannique. «Le monde est par conséquent un lieu plus sûr», a-t-elle exposé.

21h17

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Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les autres signataires de l'accord de 2015 «à respecter pleinement leurs engagements». «Je suis profondément préoccupé par l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord et de la reprise de sanctions américaines», a-t-il également souligné.

21h13

Les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran en raison de la décision américaine de rétablir les sanctions contre Téhéran, a affirmé sur twitter le nouvel ambassadeur américain en Allemagne.

«Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement», a commenté Richard Grenell, considérant que «les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l'économie de l'Iran»

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, a d'ailleurs jugé «possible» d'imposer de nouvelles sanctions.

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21h10

"Le rétablissement des sanctions américaines liées au programme nucléaire iranien est effectif immédiatement pour les nouveaux contrats", a affirmé le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, précisant que les entreprises étrangères auront quelques mois pour «sortir» d'Iran.

En outre, le Trésor américain a fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours, quelques minutes après l'annonce par le président Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances en 2015. John Bolton a aussi déclaré que Washington était prêt à discuter d'une solution «beaucoup plus large». 

21h04

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Selon les médias saoudiens, Riyad «soutient et salue» la décision de Donald Trump. «Le royaume soutient et salue les démarches annoncées par le président américain en vue d'un retrait de l'accord nucléaire» conclu entre l'Iran et six grandes puissances en 2015, affirme un communiqué officiel diffusé par la chaîne de télévision Al-Ekhbariya.

20h52

Le président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani, a prévenu que Téhéran resterait dans l'accord, sans Washington. Accusant le président américain Donald Trump de pratiquer «une guerre psychologique», Hassan Rohani a déclaré dans une allocution à la télévision d’État iranienne : «Les États-Unis ont toujours montré qu'ils ne respectaient jamais leurs engagements.»

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Par ailleurs, il a expliqué vouloir discuter avec les Européens, les Russes et les Chinois. «J'ai ordonné à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de prendre les mesures nécessaires [...] pour qu'en cas de nécessité nous reprenions l'enrichissement industriel sans limite», a toutefois dit Hassan Rohani, semblant lier une telle décision à l'éventualité d'un échec des négociations pour sauver l'accord de Vienne.

20h37

Emmanuel Macron a assuré que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni «regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire iranien». «Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu», a poursuivi le président français.

20h34

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Federica Mogherini a annoncé qu'il fallait défendre l'accord iranien de 2015. L'Union européenne est «déterminée à [le] préserver», a ainsi fait savoir la chef de la diplomatie européenne. «C'était l'une des plus belles réalisations diplomatiques», a par ailleurs attesté Federica Mogherini.

20h32

La télévision publique iranienne a déclaré que la décision de Donald Trump était «illégale, illégitime et remet [tait] en cause des accords internationaux».

20h28

Benjamin Netanyahou a déclaré que Donald Trump avait pris la bonne décision et le soutient «totalement». Le Premier ministre israélien le remercie également pour son «leadership courageux».

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20h25

Donald Trump assure qu'il «est prêt à négocier» avec l'Iran si ce dernier se sent «prêt» pour une nouvelle entente.En revanche, il promet de «graves conséquences» si l'Iran se dote de l'arme nucléaire. «Tout pays qui aidera l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis», a-t-il également averti.

20h14

Donald Trump annonce que «l’Iran alimente les conflits au Moyen-Orient et soutient des milices telles que le Hezbollah, Al-Qaïda ou le Hamas». «L'Iran finance le terrorisme en volant les richesses de son propre peuple», a-t-il ajouté.

https://francais.rt.com/international/50471-donald-trump-annonce-decision-sur-accord-nucleaire-iranien

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lundi 7 mai 2018

Brèves d'antipresse

BREVES 7MAI18

9/11 | Si ce n’est toi, c’est donc l’Iran!

C’est si burlesque qu’on aurait envie d’en tirer une comédie bouffonne, ou au moins une fable de La Fontaine! Après avoir servi de prétexte à l’invasion de l’Afghanistan et à la deuxième destruction de l’Irak, voici que les attentats du Onze-Septembre sont facturés à… l’Iran.

«Un juge fédéral de New York, dans un verdict par contumace, a condamné l’Iran à payer des milliards de dollars de dommages et intérêts aux familles affectées par les attaques terroristes du Onze-Septembre. Le juge George Daniels a établi que la République islamique et d’autres institutions devaient payer 12,5 millions par époux, 8,5 millions par parent, 8,5 millions par enfant et 4,25 par frère ou sœur tués dans les attentats.»

Quel rapport entre le 9/11 et l’Iran? Mystère! Et pourquoi ne pas adresser la facture à l’Arabie saoudite, 15 des 19 terroristes impliqués étant citoyens de ce pays? Personne n’y pense. La condamnation, bien entendu, risque de rester «largement symbolique». Aussi longtemps qu’on n’aura pas parachuté un gouvernement complaisant à Téhéran…

http://log.antipresse.net/post/9-11-si-ce-nest-toi-cest-donc-liran?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

RAPPEL | Yougoslavie-Ukraine, la manipulation comme système (conférence)

Entre le bizarre empoisonnement de Salisbury, le gazage suspect de Douma et les calamiteuses «révélations» de M. Netanyahou sur un hypothétique programme nucléaire iranien, l’actualité internationale des dernières semaines ressemble à un catalogue de manipulations.

On peut toutefois y discerner des constantes. En particulier lorsqu’on a étudié de près les campagnes de désinformation liées à la crise ukrainienne, elle-même calquée sur le modèle yougoslave.

En 2015, Slobodan Despot avait donné une conférence exhaustive sur le sujet à Genève, à l’invitation de l’Agence pour les Droits de l’Homme.

https://www.youtube.com/watch?v=7xtXVFd3M5k&feature=share

http://log.antipresse.net/link/rappel-yougoslavie-ukraine-la-manipulation-comme-systeme-conference?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

IRAN | Qui menace qui?

Une infographie très éloquente circule depuis quelque temps sur les réseaux sociaux. Elle montre, comme dans Astérix, montre la disposition des 26 campements américains aux frontières de l’Iran. C’est vrai: qu’avaient-ils, ces Perses, à s’approcher aussi dangereusement des bases militaires U. S.?

 

http://log.antipresse.net/post/iran-qui-veut-la-guerre?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

 

 

 

IDÉES | La «culture» aura-t-elle la peau de l’art?

Féroce coup de gueule de Cécile Guilbert dans La Croix sur l’étouffement de l’art par la «culture», «cette industrie appliquée aux Beaux-Arts, ce bazar mondial que le génial polémiste viennois Karl Kraus définissait déjà en son temps comme "le mal rapporté au système des valeurs esthétiques"».

«D’où mon interrogation sur la prolifération contemporaine croissante d’« installations », de « dispositifs », d’« événements » culturels à propos desquels même le mot exposition ne convient plus tant ils semblent n’avoir pour finalité que de nous en mettre justement « plein la vue », c’est-à-dire – CQFD – nous dissuader de penser. Démesure et monumentalité des formats, des lieux d’expos, des coûts et des prix, n’est-ce pas là d’ailleurs le propre d’un certain art dit contemporain, entreprise d’intimidation et de terreur habile à compenser l’anéantissement des facultés sensibles par l’ironie de ses gros jouets pour milliardaires ?»

http://log.antipresse.net/post/idees-la-culture-aura-t-elle-la-peau-de-lart?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

USA | Implication militaire directe contre le Yémen

Puisque c’est le New York Times qui le dit: des Bérets verts américains ont prêté assistance aux troupes saoudiennes dans leur lutte contre la «menace» des rebelles houthis.

«Pendant des années, l’armée américaine a essayé de se distancer de la guerre civile brutale au Yémen, où les forces dirigées par l’Arabie saoudite combattent des rebelles qui ne représentent aucune menace directe pour les Etats-Unis. Mais vers la fin de l’année dernière, une équipe d’une douzaine de Bérets verts est arrivée à la frontière arabo-yéménite, dans le cadre d’une escalade continuelle des guerres secrètes américaines. Pratiquement sans aucun débat public, les commandos de l’armée sont allés aider à localiser et détruire des caches de missiles balistiques et des sites de lancement que les rebelles houthis du Yémen utilisent pour attaquer Riyadh et d’autres villes saoudites.»

Pendant qu’ils crient au boucher en Syrie, les Etats-Unis et leurs satellites occidentaux contribuent donc directement à une guerre féroce dont les populations du Yémen sont les premiers martyrs.

http://log.antipresse.net/post/usa-implication-militaire-directe-contre-le-yemen?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

TSAHAL | La sénatrice est trop curieuse

C’est une curiosité administrative qui commence à faire dresser les oreilles: les dons (indirects) à l’armée israélienne ont la vertu miraculeuse de vous valoir une exemption fiscale à hauteur de 60%. La sénatrice de l’Orne UDI-UC Nathalie Goulet a posé par écrit une question sur cette anomalie au secrétaire d’Etat chargé du budget.

«Reste que Nathalie Goulet n'a pas eu de réponse du ministre, mais a reçu des menaces de mort anonymes sur les réseaux sociaux.»

http://log.antipresse.net/post/tsahal-la-senatrice-est-trop-curieuse?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

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dimanche 29 avril 2018

Ce petit garçon qui se cramponne à son père mort ne deviendra jamais le « visage de la guerre au Yémen »

Une photo d'une horreur indicible prise après des frappes saoudiennes sur un mariage au Yémen dimanche dernier montre un petit garçon se cramponnant au cadavre de son père. Mais il y a fort à parier que cet enfant ne sera jamais présenté comme le « visage de la guerre » dans les médias mainstream.

TL YEMEN ENFANT

Sur des photos et des séquences vidéos de l'après-bombardement, qui a eu lieu dans un village isolé de la province de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, le jeune garçon, probablement âgé de 7 ou 8 ans, se cramponne au corps d'un homme, agrippant sa chemise et répétant « non, non, non » tandis que des secouristes tentent de l'éloigner. Des personnes sur le terrain ont déclaré à Ruptly que l'enfant affirmait avec insistance que son père était simplement endormi et qu'il ne tarderait pas à se réveiller pour le ramener dans leur village, non loin du village bombardé.

Il est probablement resté là pendant des heures, à en juger par certaines photos prises durant la nuit, ainsi qu'au matin. Un caméraman de Ruptly a déclaré que le corps de l'homme avait été évacué en dernier, et que l'enfant était resté à ses côtés jusqu'au bout.

Voici une petite prédiction. Ce garçon ne figurera jamais en prime time dans les médias mainstream, même si sa frêle silhouette et sa pathétique témérité enfantine sont à fendre le cœur. Aucune présentatrice bien payée et impeccablement maquillée ne dira sur un ton larmoyant que ces images sont insupportables. Aucun correspondant ne confrontera le ministre des Affaires étrangères saoudien, en lui montrant les photos et en lui disant droit dans les yeux : « Ceci est un crime de guerre, Monsieur. » Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la tragédie de ce petit garçon ne servira pas à dénoncer un régime criminel qui massacre des civils en toute impunité.

MBS MACRON

Pour retenir l'attention de l'Occident, les enfants victimes de bombardements doivent venir d'un autre pays. D'un pays où les bombes qui tuent des civils ne sont pas fournies par les USA ou par l'Angleterre. Où les signes flagrants de malnutrition ne constituent pas une accusation silencieuse contre l'Arabie saoudite, qui bloque l'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en carburant pour les gens qui s'opposent à l'invasion. Les « bonnes » victimes se trouvent en Syrie, pas au Yémen.

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Les médias mainstream semblent avoir adopté une approche très sélective, pour ce qui est des enfants victimes de la violence terroriste. À leurs yeux, nombre d'entre eux ne méritent tout simplement pas la compassion ou la moindre couverture médiatique. Une zone d'ombre recouvre la Bande de Gaza, où des enfants ont été blessés et tués la semaine dernière par des soldats israéliens gardant la barrière de séparation. Une zone d'ombre recouvre également l'Est de l'Ukraine en rébellion, où des dizaines d'enfants furent tués par des tirs d'obus en 2014, lorsque les autorités installées à la suite du coup d'État à Kiev déployèrent l'armée pour faire plier les rebelles. Idem pour tout autre endroit du monde où la violence est commise par le « bon camp ».

La cinquantaine de personnes tuées au mariage yéménite viendront s'ajouter aux statistiques de guerre, et figureront dans le dernier rapport de l'ONU ou d'Amnesty International. Il est peu probable qu'elles affectent la capacité de l'Arabie saoudite d'acquérir des armes occidentales, de recevoir des renseignements de la part des Occidentaux concernant les bombardements, ou d'être ravitaillée en carburant.

On peut se demander ce que deviendra ce petit garçon plus tard.

https://fr.sott.net/article/32298-Ce-petit-garcon-qui-se-cramponne-a-son-pere-mort-ne-deviendra-jamais-le-visage-de-la-guerre-au-Yemen-IMAGES-CHOQUANTES

MONTAGE ARABIE ALLIES YEMEN

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jeudi 12 avril 2018

«Nouveau partenariat stratégique» : l'Arabie saoudite, toujours plus proche de la France ?

La tournée occidentale du prince héritier saoudien le mène des Etats-Unis à la France. Sur fond de polémique liée aux ventes d'armes et à la guerre au Yémen, cette visite doit être l'occasion de conclure un «nouveau partenariat stratégique».

ACT VISITE MBS PARIS

Le prince héritier et de facto dirigeant d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (dit «MBS») est arrivé ce 8 avril en France, avant des rencontres officielles les 9 et et 10 avril. Un événement diplomatique que l'Elysée qualifie de majeur, bien que la durée du séjour du futur monarque n'ait rien de comparable avec son voyage de plusieurs semaines aux Etats-Unis.

«La qualité des relations franco-saoudiennes ne se jauge pas à l’aune de la durée du séjour du prince héritier sur notre territoire», a ainsi fait valoir l'Elysée. A en croire la diplomatie française, elle ne se jugera pas non plus au nombre de contrats signés avec la pétromonarchie wahhabite – qui devrait être relativement restreint – mais au «nouveau partenariat stratégique» que les deux Etats semblent décidés à nouer.

L'Elysée parle en effet d'une «nouvelle coopération» envisagée selon «une vision commune» avec le royaume, qui a entrepris de se donner une image plus libérale à l'international et souhaite transformer en profondeur son économie, trop dépendante de la rente pétrolière. «Il ne s'agit pas d'une visite d'Etat traditionnelle», confirme de son côté une source proche de la délégation du prince héritier, citée par l'AFP.

Jean-Yves Le Drian s'est dit impressionné par les efforts saoudiens

Le 16 novembre 2017, le ministre français des Affaires étrangères en visite à Riyad, déclarait déjà : «Nous sommes impressionnés par les réformes que vous menez aujourd'hui dans le cadre de la Vision 2030 qui porte un plan ambitieux de développement socio-économique pour le royaume.»

Une proximité renforcée sous François Hollande

En effet, au cours du précédent quinquennat, les relations étaient au beau fixe entre la France et l'Arabie saoudite – Paris trouvait dans le royaume wahhabite un marché florissant pour son industrie aéronautique, tandis que Riyad voyait en Paris un allié de choix dans sa lutte contre l'influence iranienne.

A l'occasion de la première réunion de la Commission conjointe franco-saoudienne en juin 2015, plus de 10 milliards de dollars de contrats avaient été conclus entre la France et l'Arabie saoudite : 23 hélicoptères multifonctions Airbus H145, pour un montant de 500 millions de dollars, 30 Airbus A320 et 20 Airbus A330 par la compagnie Saudi Airlines, pour un montant de 8 milliards de dollars, ainsi que l'étude de faisabilité de la construction de deux réacteurs nucléaires EPR dans le royaume.

Laurent Fabius et Mohamed ben Salmane, qui était à l'époque ministre saoudien de la Défense, avaient alors tenu à réaffirmer l'entente plus que cordiale qui régnait entre Paris et Riyad, précisant que ces relations stratégiques s'inscrivaient dans une longue histoire. Peu de temps auparavant, le prince avait d'ailleurs été reçu à l'Elysée par François Hollande, lequel avait déjà fait un déplacement à Riyad début mai.

Plus symboliquement, l'année suivante, en mars 2016 à l'Elysée, François Hollande avait remis, en toute discrétion, la légion d'honneur au prince saoudien Mohammed ben Nayef «pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme» selon un communiqué de l'agence saoudienne SPA.

Un lien que ne semble pas compromettre la polémique yéménite

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La guerre au Yémen, qui a fait plus de 10 000 victimes civiles depuis mars 2015 et à laquelle l'Arabie saoudite prend part, à la tête d'une coalition accusée par des ONG et l'ONU de violations généralisées et systématiques du droit humanitaire, n'a semble-t-il en rien fait dévier l'amitié indéfectible entre les deux pays. Amnesty international et l'ONG de lutte contre la torture et la peine de mort ACAT, ont également pointé du doigt le fait que ces violations contredisent les traités internationaux sur les ventes d’armes tels le que le Traité sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune du Conseil de l'Union européenne, auxquels la France a souscrit.

Interrogée à cet égard en février dernier, la ministre des Armées Florence Parly avait d'ailleurs dû botter en touche et, visiblement gênée, se contenter de déplorer «une épouvantable crise humanitaire» et «un drame humain», alors que la question du journaliste portait précisément sur les armes vendues par la France à l'Arabie saoudite.

MBS MACRON

En outre, à l'approche de la visite du prince héritier saoudien en France, l'ONG Human Rights Watch, s'était indignée dans les colonnes de Libération du 7 avril que l'Elysée déroule «le tapis rouge» à l'Arabie saoudite – pays dirigé selon lui «d’une main de fer, en dépit de réformes de façade», «plongé son pays dans une répression accrue» et menant au Yémen «une intervention militaire implacable, entachée de crimes de guerre».

 

Un renforcement des relations Occident-Riyad sous l'impulsion de Donald Trump ?

La volonté franco-saoudienne d'établir un «nouveau partenariat stratégique» fait écho, en outre, à un spectaculaire renforcement des liens économiques et politiques entre Washington et Riyad – laissant imaginer, donc, une lune de miel plus globale entre l'Occident et le royaume wahhabite.

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Ainsi, aux Etats-Unis, si l'administration de Barack Obama entretenait un rapport compliqué avec Riyad (celui-ci l'accusant d'être trop conciliant à l'égard de l'Iran), celle du républicain Donald Trump se montre beaucoup plus ouverte à une collaboration de premier plan avec le royaume saoudien.

Pour son premier déplacement à l'étranger après son accession à la Maison Blanche, Donald Trump avait choisi de se rendre en Arabie saoudite, en mai 2017 ; à cette occasion , le royaume avait acheté pour 110 milliards de dollars d'armements américains, partie d'un contrat de 350 milliards sur 10 ans.

Un an plus tard, lors de la visite du prince héritier en mars à Washington, l'actuel locataire de la Maison Blanche a proclamé sa «grande amitié» avec Mohammed ben Salmane et a fixé sans ambages l'objectif de ce réchauffement des relations américano-saoudiennes : «L'Arabie saoudite est un pays très riche et vous allez, j'espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d'emplois et d'achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.»

Confirmant l’espoir du président américain, le jeune prince a assuré que Riyad travaillait sur «un plan d’investissement de 200 milliards de dollars avec Washington», ajoutant que son royaume «souhait[ait] vivement renforcer les relations avec les Etats-Unis et les piliers d'une forte amitié entre les deux pays».

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La visite de Mohammed ben Salmane à Paris, qui intervient juste après un séjour au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis, jouira-t-elle des mêmes auspices qui ont présidé à ces bons échanges diplomatiques et commerciaux ? Quels accords la France tirera-t-elle de sa rencontre avec Riyad, que les grandes puissances occidentales semblent si promptes à courtiser pour ses largesses ? Un renforcement des relations franco-saoudiennes s'opérerait-il à la faveur d'un ancrage de Paris dans un axe atlantiste sur la scène internationale ? Autant de questions qui ne manqueront pas de jalonner les rencontres de ben Salmane dans l'Hexagone.

https://francais.rt.com/international/49541-arabie-saoudite-partenaire-toujours-plus-proche-france

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vendredi 30 mars 2018

Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux

Dans une interview au Washington Post, le prince héritier Mohamed ben Salmane a déclaré que l'Arabie saoudite avait commencé à propager l'idéologie wahhabite à la demande de ses alliés occidentaux, pendant la guerre froide, pour contrer l'URSS.

ACT MBS TRUMP

Une déclaration du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (surnommé «MBS») publiée par le Washington Post le 22 mars et passée, semble-t-il, inaperçue dans les médias francophones, fait office d’aveu. En effet, le prince héritier saoudien a assuré que l’idéologie wahhabite avait été propagée au cours de la seconde moitié du XXe siècle par Riyad à la demande des alliés occidentaux du royaume, dans le but de contrer l’influence de l’Union soviétique dans les pays musulmans.

En visite diplomatique aux Etats-Unis, «MBS» s’est exprimé lors d'une rencontre avec des membres de la rédaction du Washington Post. Bien que cette réunion ait été tenue secrète dans un premier temps, l'ambassade saoudienne a par la suite autorisé le célèbre journal américain à publier des extraits spécifiques des propos tenus par le prince héritier. Ainsi, le journal relate des déclarations de Mohamed ben Salmane sur différents dossiers, dont sa relation avec Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et conseiller de la Maison Blanche, ses réformes internes au royaume, la guerre au Yémen ou encore le conflit israélo-palestinien.

Interrogé sur la propagation du wahhabisme, idéologie islamiste rigoriste née en Arabie saoudite et parfois accusée par la presse et des responsables politiques en Occident d'être une source du terrorisme islamiste, le prince héritier a déclaré que les investissements saoudiens dans les mosquées et écoles islamiques à l'étranger trouvaient leur origine dans le contexte de la guerre froide. Le prince héritier a expliqué que, à cette époque, les alliés occidentaux de Riyad avaient demandé à l'Arabie saoudite d'utiliser ses ressources afin d'empêcher l’Union soviétique de «conquérir le monde musulman ou d’y acquérir de l’influence».

Une révélation tardive du rôle de l'Occident dans la propagation du wahhabisme

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Interrogé par RT France, Pierre Conesa, historien français et ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, qualifie cette révélation de «tardive». Pour ce spécialiste en stratégies politiques internationales, cette révélation permet au prince héritier de «se décharger d’une partie de sa responsabilité sur le financement du terrorisme». 

Dans un article publié dans le Monde Diplomatique de juin-juillet 2016, intitulé «Un demi-siècle de diplomatie wahhabite», Pierre Conesa expliquait déjà que la politique étrangère du royaume saoudien avait été anticommuniste durant la guerre froide et opposait le panislamisme au panarabisme socialisant de Gamal Abdel Nasser, dirigeant égyptien de 1954 à 1970. Cette politique était largement soutenue par les Occidentaux et notamment les Américains. «L’adage très répandu pendant la guerre froide selon lequel "l’ennemi de notre ennemi est notre ami" empêche alors [les Occidentaux] de voir que le royaume wahhabite a son propre programme », ajoute l’historien. Une véritable industrie «théo-idéologique» qui «emprunte au soft power américain et à la propagande soviétique» se met alors au service du wahhabisme.

Un système de promotion mondiale de l'islam rigoriste

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Plus de deux décennies après la fin de la Guerre Froide, WikiLeaks publie plus de 60 000 documents diplomatiques saoudiens. Ces «câbles» mettent en lumière le système de prosélytisme et de promotion d’une lecture rigoriste de l'islam appliqué par le royaume wahhabite au niveau international. «Depuis des dizaines d’années, l’Arabie Saoudite injecte des milliards de pétrodollars dans des organisations islamiques à travers le monde, pratiquant une diplomatie du chéquier», révèle le journal américain New York Times, en juillet 2015, après avoir épluché tous les documents diplomatiques mis à jour par WikiLeaks.

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«Quand après les attentats du 11 septembre 2001, alors que 15 des terroristes étaient saoudiens, George W.Bush désigne l’Afghanistan et l’Irak comme les ennemis des Etats-Unis, on comprend que l’Arabie est un bon client qu’il ne faut pas contrarier », analyse encore Pierre Conesa. Pour l’historien, la situation est similaire aujourd’hui, quand «Donald Trump annonce depuis Riyad que c’est l’Iran qui est la cause du terrorisme».

Riyad ne semble toutefois plus assumer son rôle d'exportateur global du wahabisme. Aux journalistes du Washington Post, Mohammed ben Salmane a en effet confié que les gouvernements saoudiens successifs «s[’étaient] fourvoyés sur de fausses pistes» et qu’il était temps désormais que «les choses reviennent à la normale», en ce qui concerne notamment le financement du wahhabisme. Il a assuré que ce «financement prov[enait] aujourd’hui en grande partie de fondations saoudiennes, et non du gouvernement». De manière on ne peut plus claire, le prince héritier Mohammed ben Salmane entend donc séduire ses partenaires occidentaux. L’accueil que lui a réservé Donald Trump au premier jour de son voyage à Washington semble démontrer que cette offensive de charme fonctionne à merveille.

https://francais.rt.com/international/49248-nous-avons-propage-wahhabisme-a-la-demande-des-occidentaux

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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