dimanche 12 novembre 2017

[RussEurope en exil] Espagne : crise de légitimité ? Par Jacques Sapir

Un récent sondage effectué par le PEW Research Institute a mesuré l’ampleur de la crise de confiance engendré par l’affrontement entre les indépendantistes et le gouvernement centrale de Madrid et ce dès le printemps dernier[1].

ARG ESPAGNE SAPIR RAJOY

Les résultats montrent un effondrement de la confiance des espagnols en général, et des catalans en particulier dans la capacité du gouvernement de Madrid d’agir de manière efficace pour les intérêts de l’Espagne.

Le point important est que 53% des catalans, selon ce sondage, ne font pas du tout confiance dans le gouvernement de Madrid. Le fait qu’une majorité absolue d’opinions se porte sur un point de vue radicalement critique est évidemment important. Mais, dans le reste de l’Espagne, cette opinion est partagée par 39% des sondés. C’est bien la preuve que, derrière la crise catalane, et la revendication pour l’indépendance, on est en présence d’une défiance majeure vis-à-vis du gouvernement Rajoy.

Notons qu’une écrasante majorité des espagnols sont aussi insatisfaits de la manière dont la démocratie fonctionne dans leur pays. Cette insatisfaction date d’avant le référendum du 1er octobre. Elle montre l’ampleur des problèmes que connaissait le système politique espagnol. On remarquera que cette insatisfaction est plus sensible en Catalogne que dans le reste de l’Espagne, mais qu’elle atteint aussi un niveau important dans le reste de l’Espagne.

 

La question de la légitimité

On constate que le conflit entre Barcelone et Madrid, la question de l’indépendance de la Catalogne, ne fait que recouvrir une question bien plus profonde sur le fonctionnement des institutions. Il faut donc ici rappeler que les institutions de l’Espagne actuelle, et en particulier la constitution de 1978, étaient un compromis destiné à assurer une sortie du franquisme. Cette constitution était donc loin d’être le dernier mot de la démocratie, et elle résultait explicitement d’un compromis avec certains secteurs de l’Etat franquiste, secteurs qui ont d’ailleurs donné naissance au Parti Populaire, dont Mariano Rajoy est aujourd’hui le représentant. C’est pourquoi la pratique constitutionnelle avait au moins autant d’importance que le texte lui-même. On comprend aussi que, dans ce contexte, cela n’a pas de sens de se réfugier derrière la lettre formelle de la loi. Cette dernière correspondait à un moment politique du pays, mais un moment qui n’est plus.

On mesure ici les conséquences néfastes de la pratique constitutionnelle qui s’est développée à partir de 2010 et de l’annulation d’une partie du statut de la Catalogne. La question ici n’est pas qu’il y ait eu un vice de forme ou de procédure, vice de forme conduisant à l’invalidation du statut par la cour constitutionnelle. La véritable question est celle de l’annulation d’un statut qui avait été voté tant par le Parlement espagnol que par le parlement catalan, et ratifié par référendum par la population de la Catalogne.

Si cette annulation avait été suivie par l’ouverture de nouvelles négociations, et par des modifications du texte initial, le processus démocratique aurait pu se poursuivre. Mais, cela ne fut pas le cas. En décidant de ne pas donner suite à ce processus, le gouvernement de Mariano Rajoy et le Parti Populaire ont pris une responsabilité écrasante dans l’involution de la situation, qui a crispé les positions et qui explique largement l’état de crise actuel. La poussée des mouvements indépendantistes, qui fut constaté lors des élections régionales de 2015, résulte largement d’une réaction contre la politique de Mariano Rajoy.

Tableau 1

Résultats des élections régionales de 2015

Liste Voix % Sièges
Ensemble pour le oui**

(PDeCAT et ERC)

1 628 714 39,59 62
Ciudadanos 736 364 17,90 25
Parti des socialistes de Catalogne (affilié PSOE) 523 283 12,72 16
Catalogne oui c’est possible (affilié PODEMOS)* 367 613 8,94 11
Parti populaire catalan 349 193 8,49 11
Candidature d’unité populaire** – CUP 337 794 8,21 10
Total indépendantiste 1 966 508 47,80 72
Unioniste 1 608 840 39,11 52
           

** Listes soutenant l’idée de l’organisation d’un référendum d’indépendance

* Liste soutenant le principe d’un référendum, mais sans se prononcer sur la question de l’indépendance.

Les conséquences qu’il faut en tirer

On peut tirer quelques conclusions de ce sondage. La première est que Mariano Rajoy et le parlement espagnol n’ont plus de légitimité aujourd’hui. En tous les cas, il ne peuvent se retrancher derrière le texte de la loi sans tenir compte du problème de légitimité qui est en surplomb des mesures légales qu’ils veulent prendre.

La deuxième conséquence est que des élections générales doivent avoir lieu au plus vite en Espagne. Les élections au Parlement de Catalogne auront lieu le 21 décembre. Des élections générales doivent avoir lieu d’ici janvier ou février. Non seulement ces élections générales s’imposent en raison de la perte de légitimité du gouvernement central, mais elles s’imposent aussi si l’on veut éviter un conflit de légitimité entre le nouveau parlement catalan et le parlement espagnol. Ce conflit, qui proviendrait de ce qu’un parlement nouvellement élu est toujours plus légitime qu’une assemblée plus ancienne, peut avoir des conséquences dramatiques pour l’Espagne toute entière. Que l’on se souvienne de l’enchaînement des événements qui ont eu lieu en URSS en 1990 et 1991, avec une assemblée de Russie, nouvellement élue, contestant la légitimité du Soviet Suprême. Un Parlement espagnol nouvellement élu devrait alors déclencher un processus de réécriture de la Constitution, et soumettre le fruit de ses travaux à un référendum.

La troisième conséquences, qui s’impose à l’évidence, est que Mariano Rajoy doit se retirer. Il porte le poids des erreurs passés, et son action souffre trop de l’image détestable de la répression du vote du 1er octobre.

Jacques Sapir

 

Notes

[1] http://www.pewresearch.org/fact-tank/2017/11/06/dissatisfaction-was-widespread-in-spain-even-before-catalan-secession-vote/ft_17-10-30_catalonia_bars420px/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-espagne-crise-de-legitimite-par-jacques-sapir/


 

BASE 14 995X225Dommage que Sapir n'étudie pas le rôle et l'impact des politiques européennes et leurs conséquences sur la légitimité du gouvernement espagnol, à l'image de ce qui se passe ailleurs en Europe, si on en juge par les récentes élections (Allemagne, Autriche, Tchéquie...)...  P.G.

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mardi 7 novembre 2017

Les Allemands vont-ils devoir retourner aux urnes ? Le scénario qui effraie Angela Merkel

Plus de six semaines après les législatives, les partis qui dominent le Bundestag ne parviennent toujours pas à former une coalition. Face à une CDU d'Angela Merkel affaiblie, les libéraux évoquent l'hypothèse d'un nouveau vote.

ACT MERKEL REICH

Alors que les négociations entre les trois principaux partis allemands patinent, le chef du Parti libéral allemand (FDP) Christian Lindner pourrait faire trébucher Angela Merkel et brandit la menace de convoquer de nouvelles élections législatives. «Nous n'avons pas peur de nouvelles élections», a-t-il martelé dans le quotidien allemand Berliner Morgenpost le 5 novembre 2017.

Sortie affaiblie des dernières élection législatives allemandes le 24 septembre, Angela Merkel a toutes les peines du monde à former une coalition politique, une «coalition jamaïcaine», selon le jargon politique allemand, en raison des couleurs des trois partis concernés qui rappelle le drapeau de la Jamaïque. Et la chancelière a dû revoir ses ambitions. Angela Merkel s'estimerait désormais heureuse de pouvoir former un gouvernement... avant Noël. Mais pour le FDP, plusieurs points d'achoppement demeurent avant de rejoindre les rangs de la coalition, dont la question qui a parcouru toute la campagne des législatives, celle de l'immigration. «Nous voulons une loi sur l'immigration [...] qui ouvre la porte aux [migrants] qualifiés et bien plus stricte avec les demandeurs d'asile», a ainsi déclaré Christian Lindner dans la même interview.

De son côté, Angela Merkel, affaiblie par la crise migratoire, a mis en garde ce 6 novembre contre la tenue de nouvelles élections législatives, appelant les trois partis à la mise en place d'un gouvernement «stable». Car de nouvelles élections en Allemagne pourraient donner l'occasion au parti souverainiste anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD) de surfer sur sa dynamique actuelle, laquelle l'a amenée à 13% des suffrages le 24 septembre dernier.

Théoriquement, l'article 63 du texte constitutionnel allemand permet, dans un cas d'impossibilité à élire un chancelier – et donc à former une coalition – de dissoudre le Bundestag, avec pour conséquence la tenue de nouvelles élections fédérales. Au pouvoir depuis novembre 2005, Angela Merkel n'en prendra sans doute pas le risque : cela signifierait politiquement la fin de son mandat. Il lui faudra donc composer avec ces futurs alliés encombrants. Alors que le FDP semble déjà prêt à recourir au chantage pour peser sur la chancelière et que les Verts se montrent inflexibles dans les négociations, la coalition, avant même d'être formée, a donc déjà des jours tumultueux devant elle.

https://francais.rt.com/international/45346-allemands-vont-ils-devoir-retourner-aux-urnes

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jeudi 19 octobre 2017

Elections en Autriche : encore des soucis pour Bruxelles

Pour Pierre Lévy, du magazine Ruptures, la victoire de la droite conservatrice et le score important du FPO aux élections législatives du 15 octobre, bien qu’attendus, n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens.

ARG AUTRICHE RUPTURESLes électeurs autrichiens étaient appelés aux urnes le 15 octobre pour des élections législatives anticipées. 70% des 6,4 millions d’inscrits s’y sont rendus, soit une participation en hausse de 2,4 points par rapport à 2013.

La forte progression du Parti populaire (ÖVP, droite conservatrice) et celle du FPÖ (généralement classé à l’extrême-droite) étaient attendues. Elles n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens qui, il y a quelques mois encore, fêtaient la victoire de l’ex-écologiste Alexander Van der Bellen (53,8%) sur son concurrent du FPÖ, Norbert Hofer (46,2%) lors du second tour de la présidentielle de décembre 2016. Tant à Bruxelles qu’à Paris et à Berlin, on avait alors fort imprudemment salué ce signal censé annoncer partout un retour de flamme populaire en faveur de l’UE et une baisse de l’«euroscepticisme»

Eurosceptique, le FPÖ l’est en réalité de manière très relative. Il ne demande pas la sortie de l’UE, ni même désormais un référendum sur l’euro, comme c’était encore le cas il y a deux ans. En revanche, il a imposé son hostilité à l’immigration, en réalité à l’«islamisation», thème qui a dominé toute la campagne. En obtenant 27,1% des suffrages, il progresse de 5,9 points par rapport à 2013, ce qui le laisse cependant en troisième position.

Son leader, Heinz-Christian Strache, triomphait au sortir du dépouillement, affirmant que ses idées avaient recueilli les faveurs de 60% des électeurs. Un chiffre obtenu en additionnant ses propres suffrages à ceux obtenus par l’ÖVP, tant la campagne menée par le jeune chef de ce parti a également été centrée sur l’immigration.

Avec 31,5% des voix (+7,6 points), Sebastian Kurz a en tout cas réussi le pari de sortir de l’ornière la vieille formation conservatrice, qui menaçait d’être engluée dans une «grande coalition» avec les sociaux-démocrates au pouvoir depuis dix ans (une configuration récurrente depuis la fin de la seconde guerre mondiale).

Monsieur Kurz, qui avait été nommé à 24 ans secrétaire d’Etat à l’intégration avant d’être promu ministre des Affaires étrangères à 27 ans, en 2013, a créé la surprise en prenant la tête de son parti en mai dernier. Il a alors choisi de rompre l’accord de coalition avec le SPÖ, ce qui a provoqué ces élections anticipées.

Si sa jeunesse et sa carrière fulgurante ont été largement commentées, c’est bien son orientation politique qui préoccupe les chancelleries européennes. Certes, officiellement, son parti est toujours membre du très européiste Parti populaire européen, où siègent notamment la CDU allemande et Les Républicains français.

Mais sur nombre de questions, il se rapprocherait volontiers des positions du «groupe de Visegrad» (Pologne, République tchéque, Slovaquie et Hongrie), soit exactement à l’opposé des velléités intégrationnistes affichées par Emmanuel Macron. Il n’a pas caché sa sympathie pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, bête noire de Bruxelles.

Quant au Parti social-démocrate (SPÖ), auquel appartient le chancelier sortant, Christian Kern, il limite les dégâts en rassemblant 26,8% des suffrages, soit un très léger recul de 0,3 point. Or il pouvait non seulement craindre de souffrir du discrédit d’une «grande coalition» arrivée à bout de souffle, mais aussi des scandales qui ont jalonné la campagne, où l’un de ses proches conseillers a été accusé de manœuvres sordides de diffamation contre ses adversaires.

Par ailleurs, le SPÖ lui-même a durci sa tonalité en matière migratoire. Il est vrai que, lors de la vague de 2015, ce pays de 8,7 millions d’habitants avait vu arriver 130 000 demandeurs d’asile – la deuxième plus forte proportion après la Suède.

Les Verts ont été la seule formation vantant l’accueil. Ils dégringolent de 11,6% en 2013 à 3,4% cette fois-ci, et sont ainsi éliminés du parlement. Il est vrai qu’ils ont subi la concurrence de listes dissidentes (4,1%). Enfin le parti Neos, «centriste» et ultralibéral, passe de 4,8% à 5%. 

Quelle nouvelle coalition ?

Les discussions commencent donc en vue de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. Arrivé en tête, monsieur Kurz va entamer des pourparlers avec d’une part le FPÖ, d’autre part le SPÖ. L’éventualité de la reconduction d’une grande coalition étant fort peu probable, c’est la première hypothèse qui semble tenir la corde.

Sur le plan programmatique, aucune incompatibilité ne devrait se faire jour. Il est en revanche probable que des pressions européennes s’exerceront discrètement pour faire échouer cette tentative.

Cependant, la situation n’est plus du tout celle qui avait prévalu en 2000, lorsqu’une première alliance droite/extrême droite avait été conclue. L’UE (à quinze) avait alors mis l’Autriche en quarantaine, avant de constater que cette sanction contre un pays membre avait scandalisé nombre d’électeurs, pas seulement du FPÖ, et avait finalement renforcé celui-ci.

Les obstacles à une majorité ÖVP-FPÖ se situeraient plutôt du côté du FPÖ lui-même. Ce dernier peut être tenté de faire monter les enchères en exigeant nombre de postes ministériels important. Car il est dans une position clé : sans lui, l’ÖVP ne peut que renouveler la grande coalition sortante, ce qui serait interprété comme une trahison par beaucoup de ses électeurs ; ou bien former un gouvernement minoritaire, une hypothèse totalement contraire aux habitudes autrichiennes.

Si les pourparlers devaient s’enliser, il resterait alors une ultime hypothèse : une alliance entre le FPÖ et… le SPÖ. Elle serait décrite comme contre-nature par beaucoup de commentateurs européens, mais n’est pas impensable : les deux partis sont déjà associés au gouvernement régional du Burgenland, ainsi qu’au Conseil de la ville de Linz (capitale de la Haute-Autriche). Et, du point de vue des élus des deux formations, cela ne se passe pas si mal.

Du reste, des personnalités social-démocrates avaient plaidé pour ne pas exclure une telle configuration, notamment le président de la centrale syndicale unique, l’ÖGB.

Cet apparent paradoxe traduit peut-être le malaise qui règne dans le pays, qui s’est cristallisé sur la question migratoire, mais dont les véritables racines sont plus profondes. L’Autriche affiche certes des statistiques économiques plus flatteuses que la moyenne européenne (chômage officiel à 5,6%, croissance prévue à 2,8% en 2017), mais les inégalités sont montées en flèche depuis 2000. Désormais, 1% de la population possède 40% du PIB.

Ce débat a réussi à surgir pendant la campagne lorsque les sociaux-démocrates, pourtant au pouvoir depuis 2007, ont pensé qu’ils pouvaient en faire un thème électoral. Reste à savoir ce qu’il va devenir une fois l’échéance électorale passée.

Source : www.ruptures-presse.fr

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lundi 16 octobre 2017

Autriche : les populistes anti-immigration seraient troisièmes, la droite conservatrice l'emporte

Le parti conservateur du jeune Sebastian Kurz (31 ans) remporterait les élections législatives autrichiennes selon les sondages de sortie des urnes. Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ*, troisième, pourrait faire son retour au gouvernement.

ARG AUTRICHE ELECTIONSSelon les sondages de sortie des urnes rapportés le 15 octobre par l'AFP, le parti de droite conservatrice OVP (Parti populaire autrichien), emmené par le jeune Sebastian Kurz remporterait les élections législatives avec 31,7% des voix.

La seconde place se jouerait entre le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, anti-immigration et eurosceptique, et les sociaux-démocrates, aux coudes à coudes.

Emmenés par le chancelier Christian Kern, ces derniers, qui avaient fait savoir qu'ils resteraient dans l'opposition s'ils ne remportaient pas le scrutin, sont crédités d'environ 27%, et arriveraient donc en deuxième position, toujours selon les premières estimations.

Le FPÖ, donné troisième avec 25,9% par les premières estimations, pourrait être en position de faire son retour au gouvernement, Sebastian Kurz n'ayant a priori écarté aucune option d'alliance. Le FPÖ avait en effet déjà gouverné aux côtés des conservateurs en 2000, après un score historique aux législatives, ce qui avait à l'époque entraîné des sanctions européennes.

De premiers résultats diffusés par l'agence de presse autrichienne APA avaient donné le FPÖ deuxième et les sociaux-démocrates troisièmes.

L'Autriche étant l'un des pays d'Europe à avoir accueilli en deux ans le plus de migrants au regard de sa population (1,5%), la campagne a été largement marquée par les débats sur l'immigration. Outre les positions radicalement anti-migrants et anti-islam du FPÖ sur la question, Sebastian Kurz, tenant de l'aile droite du parti conservateur, avait lui aussi adopté un ton dur à l'égard de l'accueil des réfugiés.

Actuel ministre fédéral de l'Europe, de l'Intégration et des Affaires étrangères, il avait notamment apporté son soutien à la fermeture de routes migratoires dans les Balkans, et avait pris position contre le port du voile intégral, une mesure entrée en vigueur en Autriche quelques semaines avant l'élection.

Sebastian Kurz s'était par ailleurs distingué en proposant la fermeture des crèches confessionnelles musulmanes.

C'est lui qui avait provoqué la tenue de ces élections législatives anticipées, en mettant fin à dix années de grande coalition avec les sociaux-démocrates du chancelier Christian Kern.

Une alliance anti-UE et anti-immigration ?

Sebastian Kurz devrait donc probablement s'allier avec le FPÖ afin de gouverner l'Autriche, ce qui pourrait infléchir la ligne jusqu'à présent europhile du pays.

La formation de Heinz-Christian Strache prône en effet un rapprochement avec le groupe de Visegrad, comprenant des pays comme la Pologne et la Hongrie, qui multiplient les bras de fer avec Bruxelles, en refusant notamment d'accueillir les quotas de migrants fixés par l'UE.

A l'automne 2015, l'actuel ministre des Affaires étrangères avait été l'un des premiers, sur la scène européenne, à critiquer la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière allemande Angela Merkel. Il a depuis encore durci sa ligne, réclamant notamment une réduction des aides sociales pour les étrangers.

Selon les estimations, plusieurs petits partis (libéraux, Verts, Vert dissident) pourraient recueillir les 4% pour entrer au parlement, mais sans pouvoir constituer d'alternative de coalition.

https://francais.rt.com/international/44588-autriche-conservateurs-sebastian-kurz-remportent


 

*"Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ", est étiqueté "populiste" dans le titre, ce qui, dans la novlangue journalistique signifie "infréquentable", alors que les autres, du simple fait qu'ils sont plus ou moins "europhiles", sont par définition respectables quelles que soient leurs magouilles (v. notre article sur les manoeuvres des sociaux- démocrates autrichiens pour tenter d'influencer la campagne électorale: Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote)

P.G.

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vendredi 29 septembre 2017

Pour les dirigeants européens, le film d’horreur reprend…

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la «refondation de l’Europe» promue par Emmanuel Macron va se transformer en cauchemar pour les dirigeants européens après le scrutin du 24 septembre outre-Rhin.

ARG RUPTURES MACRONLe marketing soit loué : le pitch était presque parfait, le story telling, prometteur, le narrative, bien au point.

Le scénario commençait il y a quelques années comme un film d’horreur ; mais, happy end, finissait en conte de fée. Résumons : crise financière, débâcle économique, tempête sur l’euro ; arrivée massive de migrants ; référendum approuvant le Brexit ; et même, pour les plus imaginatifs, menace d’invasion russe imminente. Il y a quelques mois, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, résumait même d’un mot la grande peur des élites européistes : une «polycrise» qui menaçait l’existence même de l’Union européenne.

Mais c’était sans compter les dieux de l’Olympe, capables des plus merveilleux rebondissements. En décembre 2016, le candidat «populiste» à la présidence de l’Autriche n’obtenait «que» 46%. Trois mois plus tard, les Néerlandais étaient miraculeusement sauvés de l’enfer, puisque le parti de Geert Wilders n’accédait pas au pouvoir (une hypothèse qu’on savait en réalité improbable).

Surtout, lors de la présidentielle française de mai 2017, le glorieux triomphe d’Emmanuel Macron terrassant le dragon Marine Le Pen (qui n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir) achevait de combler d’aise les partisans de l’Union européenne. Cette dernière était sauvée. Sauvée ? Mieux que cela : elle marchait majestueusement vers la «refondation historique» annoncée, de la colline athénienne du Pnyx, par Jupiter déguisé en Périclès.

Las… le problème des gens de marketing est qu’il leur arrive de prendre leurs désirs pour des réalités. La méthode Coué prépare parfois des réveils difficiles. Pour le maître de l’Elysée, la gueule de bois a commencé au soir des élections allemandes.

Pendant des semaines, la grande presse a décrit la campagne outre-Rhin comme «ennuyeuse». Au moins n’a-t-on pas pu dire cela des résultats.

Les sociaux-démocrates du SPD tombent à leur plus bas niveau historique depuis… 1890 (à l’exception des années 1932-1933). Mention particulière pour leur chef de file, Martin Schulz, qui fut le flamboyant président de l’europarlement pendant cinq ans et entendait ainsi capitaliser sur les charmes de l’Europe. Décidément, l’UE enthousiasme les électeurs…

Les chrétiens-démocrates dégringolent à leur plus faible score de l’histoire de la République fédérale. Pris ensemble, les deux partis de la coalition sortante rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux (contre 70% à 80% jusque dans les années 2000). 

Les (néo-)Libéraux du FDP opèrent une résurrection spectaculaire, derrière leur leader brandissant la société numérique en bandoulière. Mais c’est surtout la poussée de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a créé un choc à Bruxelles et dans les capitales de l’UE. Avec 12,6%, cette formation gagne la troisième place au sein du Bundestag.

Dans la réalité, ni le FDP, ni l’AfD ne sont aussi «anti-intégration européenne» que la presse dominante se plaît à les décrire. Mais cette image, aussi approximative soit elle, a contribué à leur succès ; c’est en tout cas incontestable pour la seconde. C’est cela qui compte pour l’analyse du scrutin, et de ses conséquences pour la période qui s’annonce.

Celles-ci sont de trois ordres. La première dimension relève de la politique intérieure allemande. La configuration parlementaire sortie des urnes est totalement inédite. Elle laisse prévoir que les négociations pour une coalition quadripartite vont être laborieuses. Pendant des semaines, et peut-être des mois, Bruxelles, Paris et consorts vont devoir se passer d’Angela Merkel.

Et quand une majorité sera formée, on peut raisonnablement prédire qu’elle sera tout sauf stable, tant elle sera traversée de contradictions – notamment sur l’Europe. On ne peut même exclure qu’elle prendra fin avant terme.

C’est là la deuxième conséquence du 24 septembre : le scénario du conte de fée s’effondre. Onze jours plus tôt, monsieur Juncker, dans son «discours sur l’état de l’Union» (une marotte importée de Washington) déclamait : «LEurope a de nouveau le vent en poupe […], larguons les amarres et mettons les voiles.» Le capitaine de Bruxelles a été trahi par la météo. Sans l’impulsion dominante de Berlin, la galère européenne pourrait bien être prise dans une nouvelle tempête. 

D’autant que le séisme qu’ont provoqué les électeurs allemands risque d’avoir de prochaines répliques. Les Autrichiens votent à leur tour le 15 octobre. Le FPÖ, généralement classé parmi les populistes eurosceptiques, se voit promettre un score important. Et si tel n’était pas le cas, ce serait au profit du jeune chef qui a fait main basse sur la droite classique (ÖVP), Sebastian Kurz ; or celui-ci cite le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle…

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les élections italiennes sont prévues en 2018, et le Mouvement Cinq étoiles garde le vent en poupe.

La troisième conséquence concerne l’ancien banquier de chez Rothschild devenu le président français. Le 26 septembre encore, il pérorait à la Sorbonne devant un public d’étudiants bon chic bon genre (alors que des centaines de manifestants étaient vigoureusement tenus à l’extérieur, cela s’appelle la culture du débat). Il entendait préciser sa refondation de l’Europe (en particulier de la zone euro, moyennant des transferts financiers massifs entre Etats membres). Monsieur Macron a affirmé qu’il avait préparé son discours avant les élections allemandes, et ne l’avait pas modifié une fois celles-ci passées. Cela s’est vu, tant les perspectives qu’il a décrites paraissent désormais hautement fantaisistes. 

Quelques jours avant le 24 septembre, il confiait du reste à quelques proches : «Si le FDP entre au gouvernement fédéral, je suis mort.» Comprendre : l’UE est morte. Car le chef de l’Etat n’en faisait pas mystère : ses projets de «portée historique» ne peuvent se réaliser qu’en tandem avec l’Allemagne (le gouvernement français ne cache pas que les «réformes» du droit du travail, de même que l’austérité renforcée, visent, dans cet esprit, à complaire à Berlin).

Morte, l’Union européenne ? L’agonie peut – hélas – se prolonger quelque peu. Mais le délitement se confirme. Pour les oligarchies européennes, c’est le cauchemar qui rebondit.

Pour les peuples du Vieux continent, c’est, au contraire, une excellente nouvelle.

https://francais.rt.com/opinions/43895-pour-dirigeants-europeens-film-horreur-reprend


 

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jeudi 28 septembre 2017

Les élections allemandes viennent de rappeler Paris et Bruxelles à la réalité

Pour Pierre Lévy, du mensuel Ruptures, l’issue du scrutin du 24 septembre Outre-Rhin, a douché les rêves européens d’Emmanuel Macron.

ARG ALLEMAGNE RUPTURESJournée noire pour Emmanuel Macron. Dimanche 24 septembre, le président français encaisse la déconvenue de ses troupes aux élections sénatoriales ; il doit aussi constater que le résultat du scrutin qui se déroulait en Allemagne est exactement celui qu’il redoutait. En pire.

Le maître de l’Elysée ambitionne en effet de «refonder l’Europe» et entend piloter cela avec Berlin en faisant valoir ses propositions «audacieuses». Or, la formation du futur gouvernement Outre-Rhin va être longue et laborieuse. Et très probablement déboucher sur un programme allant à l’encontre de sa vision pour l’avenir de l’UE, et de la zone euro en particulier.

Mais cette «victoire» a un goût de désaveu : sa politique d’accueil de plus d’un million de migrants a laissé des traces profondes

Trois caractéristiques se dégagent du scrutin allemand, marquées par une participation record de 76,2% (+4,7% par rapport à 2013). La première est la déculottée infligée aux deux grands partis qui formaient la coalition sortante : pris ensemble, les chrétiens-démocrates (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux ; depuis la fondation de la République fédérale, et jusque dans les années 2000, la proportion variait entre 70% et 80%. La tendance à la chute concomitante des deux formations théoriquement opposées remonte à 2009.

La CDU doit se contenter de 33% des suffrages, soit 8,6 points de moins qu’il y a quatre ans. Son parti-frère bavarois dégringole, lui, de plus de dix points. Certes, même si elle se voit infliger son plus bas score depuis 1949, la formation de la chancelière reste en tête, et celle-ci va rempiler pour un quatrième mandat. Mais cette «victoire» a un goût de désaveu : sa politique d’accueil de plus d’un million de migrants a laissé des traces profondes. Mais pas seulement : dans un pays réputé pour sa bonne santé économique, une part croissante de la population connaît la précarité, voire la nécessité de cumuler plusieurs petits boulots. La pauvreté, y compris des enfants et des retraités, a progressé ces dernières années. Et les investissements publics sont au plus bas (éducation, infrastructures…).

La déculottée du SPD est pire encore : il tombe à 20,5%, soit 5,2 points de moins qu’en 2013. Il faut remonter à… 1890 pour trouver un niveau inférieur (19,3%), à l’exception des années 1932-1933. A l’évidence, les sociaux-démocrates payent le prix de leur participation au gouvernement d’Angela Merkel.

Le troisième parti «traditionnel» de la RFA, les (ultra-)Libéraux du FDP, opère en revanche une résurrection : avec 10,7% (+6 points), il entre à nouveau au Bundestag d’où il avait été chassé en 2013, faute d’avoir franchi la barre des 5%. La personnalité de son leader de 38 ans, Christian Lindner, a certainement attiré vers lui des couches supérieures, jeunes et urbaines, après une campagne très «marketing» basée sur son image d’homme des technologies du futur et de la modernité.

L’AfD fait une entrée fracassante au Parlement et y devient la troisième force, provoquant stupeur et consternation des médias et dirigeants politiques traditionnels 

Avec respectivement 9,2% et 8,9%, la formation Die Linke (dite « gauche radicale ») et les Verts connaissent une grande stabilité (+ 0,6 et + 0,5 point). A noter cependant une baisse de plus de 5 points en ex-Allemagne de l’Est, qui constituait pourtant son bastion initial. 

Mais la deuxième caractéristique du scrutin est incontestablement la forte poussée de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), un parti anti-immigration souvent qualifié de «populiste», et au sein duquel certaines sympathies d’extrême droite se font jour. Avec 12,6% des suffrages, l’AfD fait une entrée fracassante au Parlement et y devient la troisième force, provoquant stupeur et consternation des médias et dirigeants politiques traditionnels. Fondé en 2013 sur la base d’une opposition à la monnaie unique, cette formation avait recueilli 4,7% en septembre 2013.

Depuis, la crise des réfugiés a changé sa priorité (et ses dirigeants). L’AfD confirme ainsi une tendance – particulièrement dans l’Est du pays – qui s’était dessinée dans les élections régionales successives depuis un an, alors même que celle-ci semblait être endiguée.

Troisième trait majeur du scrutin : avec cinq partis représentés au Bundestag, dont deux – l’AfD et Die Linke – ont été déclarés hors course pour participer à une majorité gouvernementale, la nouvelle configuration parlementaire annonce des négociations complexes et laborieuses pour former une coalition majoritaire, bien plus qu’elles ne l’ont jamais été dans l’histoire de la République fédérale.

Et ce, d’autant que le SPD a, dès son piètre résultat connu, fait savoir qu’il ne rempilerait pas dans une nouvelle «grande coalition» avec la CDU. Officiellement, pour empêcher l’AfD de devenir le premier parti d’opposition, ce qui lui donnerait d’importants privilèges ; en réalité, la gifle historique subie a imposé comme une évidence une «cure d’opposition» pour tenter de se refaire une santé.

Dès lors, une seule coalition permet arithmétiquement d’atteindre la majorité absolue des 709 sièges du Bundestag : sous la direction des chrétiens-démocrates, elle associerait les Libéraux et les Verts. Avant le scrutin, ces deux formations avaient écarté cette configuration totalement inédite, faisant valoir qu’elles étaient à l’opposé sur de nombreux sujets clé : l’Europe, l’énergie, l’immigration… Lors de la soirée électorale, le ton avait quelque peu changé.

Mais, alors qu’Angela Merkel espérait être en position d’arbitrer entre différents partenaires possibles en faisant jouer la concurrence entre eux, elle se retrouve avec deux partis, aux exigences souvent opposées, qui lui sont simultanément nécessaires pour former sa future majorité. Et c’est sans compter la complexité supplémentaire que représente la CSU, le parti frère bavarois souvent classé à la droite de la CDU, qui ne manquera pas de poser ses propres exigences, d’autant plus fortes que dans ce Land réputé prospère, l’AfD lui a taillé des croupières.

Au-delà des jeux tactiques de la politique allemande, tout indique que le futur gouvernement Merkel sera plus que réticent à la «refondation européenne» qu’Emmanuel Macron aurait voulu impulser de concert avec Berlin 

Autant dire que les tractations pour définir un programme de gouvernement, et accessoirement la répartition des portefeuilles, pourraient bien s’éterniser. A supposer qu’elles aboutissent, le nouvel exécutif quadripartite risque d’être particulièrement fragile, à l’opposé de la sacro-sainte «stabilité» tant prisée par les milieux dirigeants d’outre-Rhin. Déjà, d’aucuns n’excluent pas que la législature ne tienne pas le terme normal de quatre ans. 

C’est tout cela qui désespère l’Elysée. Car au-delà des jeux tactiques de la politique allemande, tout indique que le futur gouvernement Merkel sera plus que réticent à la «refondation européenne» qu’Emmanuel Macron aurait voulu impulser de concert avec Berlin. Certes, les Verts sont des pro-UE inconditionnels, mais ils risquent de peser peu face à la conjonction de vents défavorables à l’européisme.

Le score de l’AfD vient rappeler à toute la classe politique que l’intégration européenne toujours plus poussée se heurte à des résistances populaires fortes

D’une part, le résultat du scrutin va renforcer lesdits «conservateurs» au sein de la CDU, qui prôneraient plutôt «l’Allemagne d’abord» que la grande aventure européenne. D’autre part, le FDP a opéré un virage sur ce dossier, au point d’être parfois qualifié d’«eurosceptique» : il refuse en tout cas toute hypothèse de budget de la zone euro (mise en avant par monsieur Macron) qui ferait peser des dettes d’autres pays (dont la France) sur les finances allemandes.

Enfin, le score de l’AfD (dont plus d’un tiers des électeurs étaient précédemment des abstentionnistes) vient rappeler à toute la classe politique que l’intégration européenne toujours plus poussée (de la libre circulation à l’euro) se heurte à des résistances populaires fortes, quand bien même leur expression est confuse ou ambiguë. Et ce n’est pas la contre-performance de Martin Schulz, qui présidait l’europarlement il y a quelques mois encore et symbolisait à ce titre «l’idéal européen», qui démentira cette tendance.

Le cauchemar du président français ne fait peut-être que commencer. Le 15 octobre, ce sera aux Autrichiens de voter. Le FPÖ – généralement classé dans les populistes eurosceptiques – se voit promettre un score important, alors même que le jeune chef de la droite classique fait campagne en citant le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle. Pour ne rien dire des élections italiennes prévues en 2018, où le Mouvement Cinq étoiles garde le vente en poupe. 

Bref, les dirigeants européens avaient cru voir dans l’élection d’Emmanuel Macron et l’endiguement du «populiste» néerlandais Geert Wilders, le début d’un nouveau départ pour l’Union européenne. Les élections allemandes viennent de les rappeler rudement à la réalité.

https://francais.rt.com/opinions/43792-elections-allemandes-rappeler-paris-bruxelles-realite

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jeudi 21 septembre 2017

La Catalogne sous asphyxie financière

Le gouvernement espagnol a décidé de retirer à la Catalogne le contrôle de ses finances, pour l'empêcher de financer le référendum d'indépendance du 1er octobre avec de l'argent public. Après les menaces, des actes!

file6wqsmdmzl06mkjxga9yLe combat sans merci que se livrent Madrid et Barcelone, dont les autorités s’évertuent à organiser pour le 1er octobre un référendum d’autodétermination prohibé par le gouvernement espagnol, touche désormais le nerf de la guerre: les finances. Celles de la Catalogne ont été mises sous tutelle par le Ministère espagnol de l’économie.

Concrètement, cela veut dire que les dirigeants séparatistes catalans ne peuvent plus disposer des quelque 1,4 milliard d’euros qu’ils collectent au titre de divers impôts. Motif: le gouvernement central, conservateur, de Mariano Rajoy estime que c’est là le seul moyen de s’assurer que les indépendantistes conduits par Carles Puigdemont ne consacrent pas un seul euro public à l’organisation de la consultation proscrite: urnes, imprimerie, location de locaux, publicité institutionnelle… Déjà, la garde civile aurait mis la main sur 1,5 million d’affiches, de tracts ou de dépliants liés au scrutin de la discorde.

Des positions irréconciliables

Le pouvoir central et cette région rebelle se regardent en chiens de faïence et campent sur leurs positions: «Le référendum n’aura pas lieu», menace Madrid. «Il est inimaginable de ne pas voter le 1er octobre», martèle-t-on à Barcelone. Le 21 juillet, dans ce climat de méfiance mutuelle, le gouvernement Rajoy avait obligé l’exécutif de Puigdemont à produire chaque semaine un document justifiant ses recettes et ses dépenses.

Or, le vice-président de Catalogne, le très indépendantiste Oriol Junqueras, a désobéi l’autre jour en cessant d’envoyer ces justificatifs hebdomadaires. D’où la mise sous tutelle des finances de la Catalogne, Madrid essayant désespérément d’entraver toute entreprise contribuant à l’organisation de la consultation. «Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses, a précisé le ministre du Budget Cristobal Montoro, afin d’éviter des activités illégales.» Dans la pratique, l’Etat versera directement les salaires des fonctionnaires, les allocations sociales et le paiement des factures des fournisseurs des services publics – sans passer par Barcelone, comme c’était le cas jusqu’alors.

Enjeux financiers

Bien qu’elle constitue l’une des locomotives de l’économie espagnole (19% du PIB national), la Catalogne connaît actuellement une situation financière désastreuse. Avec une dette totale de 51 milliards d’euros contractée avec l’Etat espagnol et un déficit budgétaire de près de 2 milliards d’euros, elle est au bord de la banqueroute. Cette forte dépendance financière constitue l’un des principaux arguments de ceux qui prônent la sécession. «Madrid nous étouffe, n’investit pas ici, et s’arroge une bonne partie de notre richesse, confiait récemment Oriol Junqueras. Nous n’avons donc pas d’autre solution que la pleine souveraineté.»

Dans la capitale espagnole, à l’inverse, on brosse un avenir apocalyptique si la Catalogne obtenait l’indépendance. «Dans cette perspective, son économie connaîtrait une contraction de 30% et le chômage se multiplierait par deux», a répliqué hier le ministre de l’Economie, Luis de Guindos. En face, les séparatistes parlent de se débarrasser du «boulet» espagnol pour devenir une République aux «finances assainies».

Le bras de fer financier se produit alors que la confrontation politique augmente de jour en jour. Sur les 948 maires catalans, 750 ont affirmé qu’ils ouvriront leurs locaux pour la tenue du référendum du 1er octobre. Mais le parquet les a tous convoqués afin de leur signifier que ce geste constituerait un «acte illégal» et aurait des «conséquences judiciaires». La clé réside dans les principales villes. Cinq d’entre elles, tenues par des socialistes non nationalistes, refusent de se prêter à la «mascarade démocratique» organisée par les séparatistes.

Une participation attendue de 60%

Comme toujours, l’enjeu crucial se porte sur Barcelone, où la maire Ada Colau cultive l’ambiguïté: «Je n’opposerai pas d’obstacles à la consultation, mais je n’irai pas contre la légalité en vigueur.» D’après le quotidien La Vanguardia, si le référendum avait lieu, la participation atteindrait 60%, et 60% des votants se prononceraient en faveur de l’indépendance. Des chiffres élevés qui conféreraient sans nul doute une forte légitimité à la consultation – souhaitée par 70% des 7,5 millions de Catalans. Cette perspective électorale conforte à coup sûr le pouvoir central dans sa détermination d’interdire, d’une manière ou d’une autre, la tenue de ce référendum.

https://www.letemps.ch/monde/2017/09/18/catalogne-asphyxie-financiere


"si le référendum avait lieu, la participation atteindrait 60%, et 60% des votants se prononceraient en faveur de l’indépendance"Des chiffres élevés! (...) consultation – souhaitée par 70% des 7,5 millions de Catalans"

L'argument sur la participation est fallacieux à mon avis puisqu'il ne tient pas compte des citoyens qui ne participeront pas au vote parce qu'ils le considèrent illégal; par ailleurs aucune source n'est donnée pour étayer les chiffres avancés... Cette mascarade démocratique est trop souvent relayée par des sondages partisans et une presse bienveillante dans toute l'Europe. P.G.

 

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mercredi 6 septembre 2017

Législatives: 55 recours contre des élus étudiés, dont Manuel Valls

Manuel Valls, Emmanuelle Ménard ou Danielle Obono devront peut-être remettre en jeu leurs sièges à l'Assemblée nationale lors d'élections partielles.

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Les législatives ne sont pas finies pour tout le monde: après un premier examen des 297 recours déposés après les scrutins des 11 et 18 juin derniers, le Conseil constitutionnel a relevé 55 cas sur lesquels il estime devoir statuer. Les "Sages" publieront d'ici à octobre la liste des recours validés, pouvant entraîner une annulation du scrutin et des élections partielles.

Valls, Ménard et Obono contestés

Sur les 55 dossiers étudiés rue de Montpensier, 26 concernent La République en marche, 18 Les Républicains, 4 le Parti socialiste, 2 le Parti communiste, 2 La France insoumise, 2 des députés non-inscrits, tandis qu'un vise un élu du Modem. Une répartition logique étant donnée la composition de l'Assemblée nationale. 

Parmi les figures du palais Bourbon concernées par un recours figure notamment l'ancien Premier ministre Manuel Valls, cité dans deux procédures. L'élection du député de l'Essonne avait été contestée dès le soir du second tour par La France insoumise.

Également visées par un recours, l'étoile montante socialiste Boris Vallaud, l'insoumise Danielle Obono, la députée d'extrême droite Emmanuelle Ménard, mais aussi Marine Brenier, ancienne présidente des Jeunes Républicains et protégée de Christian Estrosi, siégeant parmi les députés "constructifs". Enfin, M'jid El Guerrab, le député marcheur soupçonné d'avoir agressé le cadre socialiste Boris Faure, est visé à lui seul par trois recours.

Vers de nouveaux recours

À titre de comparaison, en 2012, 108 recours avaient été déposés, 55 instruits en procédure et 7 annulations décidées. Si le nombre de recours a donc triplé entre 2012 et 2017, les cas jugés effectivement litigieux par le Conseil constitutionnel restent strictement au même niveau.

En plus de ces recours émanant de candidats, la Commission nationale des comptes de campagne pourrait elle aussi saisir le Conseil constitutionnel en cas d'irrégularités. Ces procédures, qui devraient aboutir début 2018, pourraient elles aussi provoquer l'invalidation de certaines élections, et donc des élections partielles.

http://www.bfmtv.com/politique/legislatives-55-recours-contre-des-elus-etudies-par-le-conseil-constitutionnel-1249015.html

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mardi 1 août 2017

VENEZUELA: manipulations géopolitiques et médiatiques

VENEZUELA CARTE

 

«On se fiche de ce que dit Trump !» : Maduro se félicite de l'élection de la Constituante

https://francais.rt.com/international/41535-maduro-felicite-election-assemblee-constituante-venezuela

Le président du Venezuela s'est félicité du «plus grand vote de la révolution bolivarienne en 18 ans», alors que huit millions d'électeurs se seraient rendus aux urnes. L'opposition, elle, conteste le résultat.

«C'est le plus grand vote de la révolution bolivarienne en 18 ans», a lancé Nicolas Maduro le 31 juillet sur la place Bolivar, au centre de Caracas, à l'issue de l'élection de l'Assemblée constituante du Venezuela.

Se félicitant du fort taux de participation au scrutin, 41,5%, soit plus de huit millions de Vénézuéliens, selon le Conseil national électoral (CNE), le président a déclaré : «Le moment d'une nouvelle histoire est venu.»

«On se fiche de ce que dit Trump ! Ce qui nous importe, c'est ce que dit le peuple du Venezuela !», a encore lancé Nicolas Maduro.

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L'opposition avait appelé à boycotter le scrutin, estimant qu'il faisait la part trop belle aux chavistes (du nom d'Hugo Chavez, prédécesseur de Maduro, qui se réclame de son héritage) alors que les violences entourant le processus électoral ont fait des dizaines de morts ces derniers jours, du côté des partisans de Nicolas Maduro comme de celui de ses adversaires.

 A l'annonce des résultats, le leader de l'opposition de droite, Henrique Capriles, a déclaré : «Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux, pour nous il est nul, il n'existe pas». Il a dénoncé un «massacre», évoquant les violences, et une «fraude», en parlant du scrutin.

Voir aussi:

Le Venezuela élit son Assemblée constituante sur fond de violences meurtrières (VIDEOS)

https://francais.rt.com/international/41531-venezuela-elit-son-assemblee-constituante-fond-violences-meurtrieres

Au moins neuf personnes dont un militaire et deux responsables politiques ont été tués au cours des violences qui secouent le Venezuela depuis la veille du scrutin du 30 juillet visant à élire l'Assemblée constituante.

Alors que les Vénézuéliens votaient ce 30 juillet pour désigner les membres de l'Assemblée constituante, plusieurs actes de violence meurtrière ont secoué le pays. Un candidat et un dirigeant de l'opposition ont notamment perdu la vie, tandis que des scènes de guerre avaient lieu dans la capitale, Caracas.

Les journalistes de l'AFP sur place rapportent plusieurs scènes de chaos, au milieu des manifestations. A grands renforts de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, les policiers ont tenté de disperser plusieurs manifestants qui bloquaient une autoroute de Caracas.

Au passage d'un convoi de motards de la police, quelques rues plus loin, une forte détonation a retenti : quatre policiers au moins ont été blessés. Des épisodes de violence similaires ont été observés dans plusieurs autres localités, dont Maracaibo, la deuxième ville du pays.

En tout, pas moins de neuf personnes sont décédées depuis le 29 juillet, selon le Parquet. L'un des candidats à l'Assemblée constituante, José Felix Pineda, avocat de formation, a été abattu devant chez lui à Ciudad Bolivar, dans le sud-est du pays. L'un des dirigeants d'opposition, Ricardo Campos, a lui aussi été tué par balle durant une manifestation dans l'Etat de Sucre, dans le nord-est du pays. Un militaire, frappé par une balle en pleine tête au cours d'une manifestation dans l'Etat de Tachira, dans l'Ouest, à la frontière colombienne, a perdu la vie. En outre, trois manifestants sont morts dans différentes localités de l'ouest du pays. Deux mineurs de 13 et 17 ans sont également décédés.

Un scrutin délicat pour Maduro, condamné par les Etats-Unis et boycotté par l'opposition

Depuis le mois d'avril, plus de 110 morts sont à déplorer au Venezuela, qui vit actuellement un véritable effondrement économique. Convoquée par Nicolas Maduro, l'Assemblée constituante doit établir un nouveau texte pour le pays. Les Vénézuéliens sont appelés à élire ses 545 membres ce 30 juillet.

 «Je suis le premier à voter dans le pays. Je demande aujourd'hui la bénédiction de Dieu pour que le peuple puisse exercer librement son droit de vote démocratique», a déclaré le chef de l'Etat en se rendant au bureau de vote tôt dans la matinée. Selon lui, «l'empereur Donald Trump veut empêcher le peuple d'exercer le droit de vote». En effet, Nicolas Maduro voit derrière les troubles qui agitent la république bolivarienne l'ombre de l'impérialisme américain et de ses tentatives de déstabilisation. Les Etats-Unis ont d'ailleurs officiellement condamné la tenue de ce référendum.

De son côté, l'opposition a choisi de boycotter le vote et n'a présenté aucun candidat, puisqu'elle conteste le principe même de la Constituante. Majoritaire à l'Assemblée nationale, elle voit dans le processus constitutionnel un moyen pour Nicolas Maduro de court-circuiter le Parlement et de passer outre l'élection présidentielle de 2018 pour laquelle il est loin de faire figure de favori. Les antichavistes, dénonçant une «dérive à la cubaine», ont ainsi appelé à dresser des barricades dans tout le pays bien que le gouvernement ait menacé de cinq à dix ans de prison ceux qui feraient obstacle au scrutin.

Point de vue “conspirationniste”:

Venezuela : la grande manip

http://www.humanite.fr/blogs/venezuela-la-grande-manip-639577


Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre  ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du «  service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

 Ce n’est pas au Venezuela  que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty  relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

 Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

 Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

 Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politiques restent toujours emprisonnés malgré des «  accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

 Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

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Loin de moi de minimiser les exactions du régime vénézuélien, qui existent aussi, mais le traitement médiatique de cette affaire, en France notamment,  est tellement écoeurant de parti pris atlantiste que j'encourage chacun à se méfier des manipulations géopolitiques, surtout en ces temps de tensions internationales extrêmes.

P.G.

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lundi 31 juillet 2017

L'Assemblée refuse de prendre en compte le vote blanc dans les résultats de la prochaine présidentielle

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L'Assemblée refuse de prendre en compte le vote blanc dans les résultats de la prochaine présidentielle

http://www.europe1.fr/politique/lassemblee-refuse-de-prendre-en-compte-le-vote-blanc-dans-les-resultats-de-la-prochaine-presidentielle-3399500

L'amendement, rejeté par 124 voix contre 54, visait à ce que les bulletins blancs entrent en compte pour la détermination des suffrages exprimés et qu'il en soit fait mention dans les résultats.

La prise en compte du vote blanc dans le décompte des résultats à la présidentielle, portée par des députés Constructifs avec le soutien des MoDem, socialistes et Insoumis, a été rejetée par l'Assemblée nationale dans la nuit de vendredi à samedi.

Un troisième tour en cas de majorité du vote blanc ? Le vote blanc consiste à déposer dans l'urne une enveloppe vide ou un bulletin sans nom de candidat. Depuis une loi de 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections, les bulletins blancs sont décomptés séparément des votes nuls. Mais ils ne sont toujours pas pris en compte dans le nombre des suffrages exprimés.

Pour l'élection présidentielle, l'amendement, rejeté par 124 voix contre 54, visait à ce que les bulletins blancs entrent en compte pour la détermination des suffrages exprimés et qu'il en soit fait mention dans les résultats. Si, après décompte des suffrages exprimés, les votes blancs atteignent la majorité relative ou absolue, il est donné lieu, le deuxième dimanche suivant la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, à un nouveau tour de vote, prévoyait cette mesure défendue entre autres par les centristes Philippe Vigier ou Yves Jégo.

Un amendement allant "dans le bon sens" pour le MoDem. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a objecté notamment que la comptabilisation des votes blancs à part des nuls était d'application récente et qu'il était préférable d'attendre pour envisager une telle modification. Le président du Modem, Marc Fesneau, parti allié du groupe majoritaire REM, a lui soutenu un amendement allant à ses yeux "dans le bon sens".

L'Insoumis Eric Coquerel, également favorable et pensant qu'il faudrait l'étendre aux élections législatives, a cependant jugé que cela ne réglerait pas la question de la défiance des Français. Vu l'ampleur de la crise politique, "nous sommes comme sur un volcan et devons en faire un écho pour donner une issue positive", pour Jean-Luc Mélenchon.

Une "crise supplémentaire" ? Se distinguant de son groupe MoDem, Jean-Louis Bourlanges a prévenu que si l'amendement était voté, cela exposerait à "une crise supplémentaire". Et de renvoyer à "la définition classique de la névrose consistant à répéter les mêmes gestes en en escomptant des résultats différents". Entre l'abstention et les votes blancs et nuls, environ un Français sur trois a refusé de choisir au second tour de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un niveau record depuis 1969.

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Rappelons que l'UPR propose dans son programme la reconnaissance du vote blanc de plein exercice, avec annulation de l'élection en cas de majorité, et interdiction aux candidats à l'élection désavouée de se représenter.

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