vendredi 20 avril 2018

Europe : pour Macron, "rien de plus démocratique"… qu'un référendum ? Non, que des "consultations"

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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jeudi 19 avril 2018

Union de la gauche ou populisme ? La France insoumise hésite et se déchire

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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Au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, deux lignes s'affrontent : quand les uns prônent l'union de la gauche en vue des échéances électorales, d'autres veulent faire de la France insoumise une force "populiste" qui renoncerait à toute référence à la gauche.

Il est très rare que Jean-Luc Mélenchon soit agacé par une référence empruntée à François Mitterrand. C'est pourtant arrivé le 7 avril, lors de la première assemblée représentative de la France insoumise (LFI), à La Chesnaie-du-Roy, en plein cœur du bois de Vincennes (Paris). Le mouvement social des opposants à la réforme de la SNCF a eu une conséquence politique visible, qui a forcé le chef de file des Insoumis à réagir : d'Olivier Besancenot à Benoît Hamon, en passant par Pierre Laurent, les têtes d'affiche de la gauche se retrouvent dans les cortèges… et s'affichent bras dessus bras dessous avec les députés Insoumis François Ruffin et Eric Cocquerel. De quoi faire ressusciter la fameuse "union de la gauche", qui avait permis à Mitterrand de prendre le pouvoir en 1981 ? Tout cela n'est pas du goût de Mélenchon, pourtant grand admirateur de "Tonton". Lui a fustigé la "gauche selfie" et tranché net : "L'unité comme prétexte à effacer les idées, c'est non."

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Une telle sortie, loin d'être anodine, reflète le bras de fer qui est en train de se nouer au sein de la France insoumise, où deux lignes s'affrontent en interne. Pour certains, la meilleure stratégie est celle qui a déjà fait ses preuves dans l'histoire : les Insoumis doivent chercher des convergences avec de potentiels alliés à gauche, comme le Parti communiste (PCF), Génération.s, voire le PS et les formations d'extrême gauche. Mais cette ligne ne convainc pas toute une mouvance, qui propose d'envoyer valdinguer le clivage gauche-droite ! L'idée serait de lui substituer une nouvelle manière d'envisager l'espace politique : pas à l'horizontale (gauche-droite), mais à la verticale. Le haut contre le bas, le peuple contre l'oligarchie. La France insoumise deviendrait, dans cette optique, un mouvement authentiquement "populiste" (le mot étant ici débarrassé de sa connotation péjorative), qui chercherait à agréger les suffrages d'actuels électeurs abstentionnistes, voire de soutiens du Front national.

Exit le drapeau rouge et l'Internationale

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De nombreux proches de Jean-Luc Mélenchon sont convaincus par cette deuxième stratégie, qui a déjà été largement mise en oeuvre lors de la campagne présidentielle de 2017. Première étape du raisonnement : la nécessité d'abandonner l'imagerie traditionnelle de l'extrême gauche, perçue comme contre-productive. "Nous voulons arrêter de revendiquer sans arrêt les codes de la gauche radicale", exposait le député Adrien Quattenens au JDD, considérant que "l'effet 'rassemblement de la gauche' est plutôt un repoussoir qu'une dynamique". Djordje Kuzmanovic, qui conseille Jean-Luc Mélenchon sur les questions de défense et d'international, est l'un des principaux tenants de cette stratégie populiste. Pour Marianne, il se fait incisif : "Toute une série de gens de gauche ont abandonné la réflexion sur l'accession et l'exercice du pouvoir pour se cantonner à une vision sans envergure de la politique, une posture de dénonciation, de témoignage. Cela consiste à tenir des discours toujours plus extravagants, qui se posent en incarnations absolues de l'émancipation et du progrès humain." Et qui, si on suit Djordje Kuzmanovic, tiendraient la France insoumise éloignée de son objectif ultime : prendre le pouvoir.

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Si le rejet est si violent, c'est parce que les partisans du dépassement populiste estiment que les codes traditionnels attachés à la gauche ont coûté cher à la France insoumise. Comme en témoigne cet extrait d'un article du Comptoir, une revue en ligne favorable aux Insoumis, et qui défend inlassablement la fin de l'union de la gauche : "C’est au nom de l’humanisme, du droit-de-l’hommisme, du progressisme, de l’internationalisme et de l’Europe que la gauche a choisi d’attaquer Mélenchon." D'après cet éditorial, pour améliorer "le quotidien des petites gens", les Insoumis devraient définitivement abandonner cet "humanisme déclaratif, abstrait et bourgeois". Et renoncer à toute alliance avec les communistes, trotskistes, socialistes en rupture de ban et autres progressistes. "Les gens n'attendent pas que du vieux bois mort se rassemble pour faire le radeau de la méduse, qu'on ait une soupe de logos et une belle guirlande colorée", argumente Adrien Quattenens.

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Loin d'être un simple mouvement d'humeur, la pensée "populiste" découle d'une réflexion théorique poussée. Dans le sillage de penseurs comme Chantal Mouffe ou Ernest Laclau, dont les écrits ont été popularisés ces dernières années, mais également du philosophe Jean-Claude Michéa, de nombreux hommes politiques ont fait le constat de l'essoufflement du clivage droite-gauche. L'un des premiers à l'avoir acté est Iñigo Errejón, l'un des leaders du parti Podemos en Espagne. "La principale frontière qui divise nos sociétés n’est pas celle qui sépare les sociaux-démocrates et les conservateurs, mais celle qui sépare ceux d’en haut du reste de la société", expose-t-il au média en ligne Le Vent Se Lève. "Ce reste de la société souffre du consensus néolibéral, des politiques technocratiques et des coupes budgétaires, appliquées tantôt par la gauche, tantôt par la droite." L'indifférenciation supposée entre centre-gauche et centre-droit une fois au pouvoir, voilà une thèse qui plaira à beaucoup d'Insoumis, qui se rêvent en parti représentant des classes populaires dans leur ensemble. "Le peuple, contrairement au peuple-de-gauche, n’est pas une abstraction, c’est une réalité sociologique, affirme Le Comptoir. Employés, ouvriers, chômeurs, artisans, petits commerçants, petits fonctionnaires, retraités et étudiants précaires, voilà le peuple." Et quoi de mieux pour les convaincre, donc, que le populisme, qui serait "d'une rare efficacité lorsqu’il s’agit de se débarrasser de ce boulet politique qu’est devenue la gôche (sic)".

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Concrètement, il s'agit d'abandonner les "grands discours théoriques" et politisés pour se concentrer sur les sujets du quotidien. "Plus qu'une question programmatique, le populisme est une méthode, nous explique Kévin Boucaud-Victoire, journaliste au Comptoir. Comment s'adresser à un nouveau public qui n'a pas les codes de la gauche, avec quelque chose de plus rassembleur que le marxisme, le drapeau rouge et l'Internationale". Autre volonté appuyée : mettre au second plan les sujets "sociétaux", qui auraient été "surinvestis par la social-démocratie pour faire oublier aux gagnants de la mondialisation qu'elle avait abandonné le social", d'après Djordje Kuzmanovic. La visée finale, évidemment, est sociologique et donc électorale. "Le populisme, c'est la gauche radicale qui essaie d'aligner la France de Johnny à celle de Booba, les classes populaires de la France périphérique à celle des banlieues", théorise Kévin Boucaud-Victoire.

Cela n'a pas échappé aux partisans du populisme : le "peuple" qu'ils invoquent vote aujourd'hui largement à l'extrême droite, ou boude les urnes. D'après les données d'Ipsos, lors de la présidentielle de 2017, 29% des employés et des ouvriers se sont abstenus au premier tour. Parmi ceux qui ont voté, 37% des ouvriers et 32% des employés ont déposé un bulletin Marine Le Pen. Autre statistique qui confortera les tenants du nouveau clivage : 37% des électeurs qui se définissent eux-mêmes comme "ni de gauche, ni de droite" ont voté pour la candidate frontiste. C'est bien plus que pour Emmanuel Macron (17%) et Jean-Luc Mélenchon (16%). Et la conclusion est limpide : si le réservoir de voix pour les Insoumis se situe parmi le "peuple", cela implique forcément qu'il faudra séduire un électorat en grande partie conservateur. De là à épouser ses thèses ? "Il s’agit d’un combat fondamental entre démocratie et oligarchie", argumente Iñigo Errejón au Figaro Vox. "Et ce combat peut rassembler beaucoup de gens qui s’associent traditionnellement aux valeurs de la droite, ou à des valeurs conservatrices, mais qui commencent à percevoir qu’il n’y a rien à espérer des élites traditionnelles de leurs pays." Lui-même n'hésite pas, incidemment, à parler de "divorce entre le pays réel et le pays officiel", ou "d'élite cosmopolite", et à clamer que le populisme doit récupérer des symboles comme "la nation", "l'ordre" ou "le mérite".

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Djordje Kuzmanovic revendique de "ne pas s'interdire de parler à qui que ce soit, si on veut prendre le pouvoir, atteindre les 51% de la population". Lui est justement chargé de faire la promotion des idées insoumises auprès de catégories sociales traditionnellement marquées à droite : les militaires ou les catholiques. En août dernier, lors de l'université d'été de LFI à Marseille, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a fait un détour par la Sainte-Baume, pour y participer à un débat organisé par … le diocèse de Toulon-Fréjus, où il faisait notamment face à Christophe Billan, alors président de Sens Commun. "Je suis allé sur leurs bases à eux, en critiquant le libéralisme. Dans la Bible, le petit Jésus a l'air de préférer les pauvres aux riches ! A la fin, beaucoup de gens sont venus pour prendre contact avec moi." De cette expérience, Kuzmanovic tire un constat plus général : "Pour convaincre certaines personnes, cela implique d'aller sur le terrain de l'antilibéralisme, de la souveraineté, du patriotisme, des valeurs qui peuvent d'ailleurs être éminemment de gauche." L'éditorial du Comptoir va plus loin, appelant à "arrêter de se boucher le nez devant chaque revendication populaire qui ne serait pas de gauche", et même à "essayer de comprendre certaines demandes, notamment celles de l'électorat du FN".

Tensions dans la France insoumise

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C'est bien là le problème, pour tous ceux qui s'effraient d'un tel renversement populiste. En récupérant des valeurs d'habitude associées à la droite, en faisant des appels du pied à un électorat conservateur, en accordant des entretiens à des médias "de l'autre rive", les "populistes" braquent les partisans de l'union des gauches. "Ce qui pose problème à nombre de membres de La France insoumise, c’est de constater que Politis ou Libération sont plus mal vus au sein de la direction de leur mouvement que Causeur ou la revue Limite", synthétise le politologue Gaël Brustier dans Slate. C'est justement au magazine Politis que la députée LFI Clémentine Autain a accordé un entretien le 7 février dernier. En rupture avec la stratégie solitaire de Jean-Luc Mélenchon, elle y appelle à "agréger plus encore pour bâtir l’alternative à Macron". Et en creux, se dresse contre la stratégie populiste : "Une chose est de dire : on range les drapeaux rouges, c’est passé de mode. Une autre est de donner le sentiment qu’on jette dans les poubelles de l’histoire les acteurs et héritiers du mouvement ouvrier. Si le neuf doit dominer, l’histoire ne peut être balayée d’un revers de la main, et si l’on vise la constitution de majorités, aucune voix éprise de rupture sociale et écologiste ne peut manquer." Ces fortes réserves ont causé de sérieux remous au sein de la France insoumise, et Clémentine Autain, issue du PCF et du mouvement Ensemble !, serait de plus en plus isolée au sein du groupe de députés LFI.

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Certains sympathisants s'avouent franchement hostiles à un élargissement de la France insoumise qui irait au-delà de la gauche. C'est le cas de Jérémie Ferrer-Bartomeu, professeur d'histoire à l'université de Nanterre, qui suit de près les débats des Insoumis. "Le tournant populiste est une impasse, juge-t-il. Mélenchon est en train d'appauvrir la ligne de LFI. Il n'y a plus d'instance de consultation et de débats." Le chercheur s'inquiète surtout des nouveaux interlocuteurs récurrents des Insoumis, qu'il juge infréquentables : "Ils cherchent des alliés très à droite, la revue Limite, Natacha Polony, Olivier Berruyer (fondateur du site Les Crises, ndlr). Ce sont des signaux inquiétants." Les partisans inquiets de l'union des gauches observent également de près les choix éditoriaux du Média, la webtélé fondée par des proches de Jean-Luc Mélenchon. Récemment, l'essayiste Natacha Polony et le candidat à la présidentielle François Asselineau y ont été invités. L'économiste hostile à l'Union européenne Jacques Sapir a pris publiquement la défense de la web-TV. Autant de personnalités emblématiques du "dépassement populiste" pour les uns… et considérées comme infréquentables par les autres.

La crainte d'une jonction vers le FN

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La ligne de fracture la plus évidente entre les deux camps est ainsi celle sur laquelle s'écharpent depuis plusieurs mois Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Partisan de l'union de la gauche, Jérémie Ferrer Bartomeu fustige le fait que "les signaux envoyés par les Insoumis pour les élections européennes ne s'adressent pas à un électorat de gauche. Eux disent : 'nos buts convergent, on veut se débarrasser de la techno-structure européenne, peu importe si c'est avec le Front national." Et du côté des "populistes", Djordje Kuzmanovic répond que "ceux qui prétendent pouvoir appliquer leur très beau programme antilibéral dans le cadre des traités européens prennent les gens pour des imbéciles". On mesure le fossé. Un nouvel exemple en a été donné très récemment, puisque Benoît Hamon a choisi de soutenir l'intervention française en Syrie, quand Jean-Luc Mélenchon s'y est totalement opposé.

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La grande peur des militants d'une union de la gauche, qui analysent la politique à partir du clivage classique, est en fait que le tournant populiste de la France insoumise ne soit qu'une manière de camoufler une sorte de jonction des extrêmes : en somme, la France insoumise essaierait tant de répondre aux attentes d'un électorat tenté par le FN qu'elle en viendrait à furieusement ressembler au parti de Marine Le Pen. "Le problème de la stratégie de LFI, c'est qu'elle marche vite pour élargir son socle électoral, mais que pour aller plus loin, la transformation en Mouvement 5 étoiles (M5S) est la seule issue possible", tranche Jérémie Ferrer-Bartomeu. L'historien fait référence à la situation politique italienne, où le M5S, impossible à situer précisément sur l'échiquier droite-gauche, a fini premier des élections législatives… mais pourrait s'allier avec la Ligue, formation de droite dure, afin de gouverner. En Espagne, c'est Podemos, formation dont les cadres viennent de la gauche radicale, qui a expérimenté la stratégie populiste. Iñigo Errejón, son plus ardent défenseur, tient à distinguer les populismes "identifiés comme démocratiques ou progressistes" des "constructions populistes réactionnaires". Quand les premiers estiment que le peuple "repose sur une adhésion civique renouvelée de manière permanente", les seconds "se réfèrent à une forme d'identité essentielle et figée dans l'histoire". Une nuance pas forcément évidente pour le grand public, tout comme la stratégie populiste dans son ensemble. Difficile d'imposer une telle manière de voir la politique quand le clivage droite-gauche structure encore très largement les mentalités… "C'est là qu'est le défi politique, concède Djordje Kuzmanovic. Le but, c'est de montrer que le rôle de l'Etat, le rejet des politiques ultralibérales et le sens de l'universel peuvent parler à tout le monde". Aux partisans de Benoît Hamon, comme à ceux de Marine Le Pen. Il y a du boulot.

https://www.marianne.net/politique/union-de-la-gauche-ou-populisme-la-france-insoumise-hesite-et-se-dechire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

vendredi 13 avril 2018

Hongrie : triomphe d’Orban, cauchemar de Bruxelles

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Pour Bruxelles, les élections hongroises du 8 avril constituaient la chronique d’une catastrophe annoncée. Celle-ci a bien eu lieu – elle fut même pire que ce que redoutaient la Commission et les dirigeants européens. Avec 48,4% des suffrages, la bête noire de ceux-ci, le Premier ministre sortant Viktor Orban, va non seulement pouvoir rempiler pour un troisième mandat consécutif, mais progresse de 3,6 points et retrouve la majorité des deux tiers (133 sièges sur 199) qu’il s’était assurée en 2010 puis en 2014, mais qu’il avait perdue en 2015 suite à des élections partielles.

En obtenant la confiance de près d’un électeur sur deux, le FIDESZ (droite nationaliste), allié au petit parti démocrate-chrétien, triomphe d’autant plus que la participation électorale est en très nette hausse : 69,4% contre 61,7% en 2014. Or les observateurs prédisaient qu’une faible abstention favoriserait plutôt l’opposition. Les partis de celle-ci sortent affaiblis du scrutin..

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D’un côté, le Jobbik, qui s’est longtemps revendiqué d’une extrême-droite musclée (y compris via des milices), rassemble 19,6% des suffrages, soit un tassement de 0,6 point sur son score précédent. Une vraie déception pour son chef, Gabor Vona, qui avait engagé la « normalisation » de son parti et abandonné pour ce faire son discours anti-UE.

D’un autre côté, le Parti social-démocrate (MSZP) doit se contenter de 12,5% des voix. Une formation dissidente, la Coalition démocratique (DK, étiquetée centre-gauche), fondée en 2011 par l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany, obtient 5,6%. Un groupe libéral récemment lancé, Momentum, ne récolte que 2,8%. Enfin, les écologistes (LMP, « politique autrement »), qui espéraient capitaliser les mécontentements contre les méthodes du pouvoir sortant, passent de 2,5% à 7%. En 2014, les partis de « centre gauche » qui s’étaient coalisés avaient obtenu 25,5% des suffrages.

Jusqu’au dernier moment, les forces anti-Orban à l’intérieur et à l’extérieur du pays avaient espéré qu’une stratégie de désistement réciproque des candidats d’opposition en faveur du mieux placé d’entre eux permettrait de créer la surprise et d’ébranler la majorité sortante. C’était du reste ce qui s’était passé lors d’une élection municipale partielle en février, où l’alliance implicite des partis de gauche… et du Jobbik avait permis de battre le candidat proche du chef du gouvernement.

Mais la « gauche » continue à souffrir de l’immense discrédit consécutif à la période où elle fut au pouvoir, entre 2002 et 2010. Elle appliqua une très drastique (et très cynique) politique d’austérité. En 2010, Viktor Orban inversa la vapeur : la Hongrie fut alors le seul pays à ne pas mettre en œuvre les coupes budgétaires préconisées par l’Union européenne.

Il prit en revanche des mesures immédiatement qualifiées de « nationalistes » et de « populistes » : forte taxation des banques et de grandes sociétés étrangères, étatisation des fonds de pension, et certaines nationalisations. Cette politique lui a permis de mettre en avant des statistiques plutôt flatteuses : un chômage officiel réduit à 3,8% ces derniers mois, une croissance de 4% en 2017 (et 4,3% attendus en 2018) – des chiffres à faire pâlir d’envie les pays de la zone euro.

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Si ces mesures ont limité la libéralisation galopante, elles se sont accompagnées d’autres telles que la réduction de l’impôt sur le revenu avec un taux forfaitaire de 15%, ou bien une forte baisse de l’impôt sur les sociétés (désormais le plus faible d’Europe, à 9%). L’économie reste très dépendante de ses exportations (notamment vers l’Allemagne) grâce à une main d’œuvre maintenue à bas salaire. Dans ces conditions, la pauvreté touche toujours une partie de la population. De même, le service public de santé est généralement décrit comme délabré. Enfin, les adversaires de M. Orban ont largement dénoncé le « capitalisme de copains » au sein duquel le népotisme qui règne autour du premier cercle du pouvoir est patent.

La question des migrants

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Mais ce n’est pas sur ces terrains que le FIDESZ a essentiellement mené campagne. Il a mobilisé ses électeurs sur une question qu’il a mise au centre du débat politique : les migrants. C’est ce que ne supporte pas Bruxelles, qui dénonce les campagnes anti-réfugiés promues par Budapest alors même que très peu d’étrangers sont effectivement présents en Hongrie. Cependant, ce pays d’à peine 10 millions d’habitants avait été traversé par des centaines de milliers de réfugiés à l’automne 2015, lorsqu’Angela Merkel ouvrit en grand les portes à ces derniers, répondant ainsi notamment aux vœux du grand patronat européen, avant d’en mesurer les conséquences politiques.

M. Orban a rapidement compris l’intérêt de se poser en chantre de la protection des frontières de l’UE et du rejet des quotas de migrants que chaque Etat membre devrait accepter, selon une décision du Conseil européen de septembre 2015. Depuis, il n’a pas lâché ce thème, et il a fait école, en particulier au sein des pays du groupe de Visegrad (Pologne, Tchéquie, Slovaquie).

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Et il est vrai que sur ce thème, le discours du FIDESZ n’a pas fait campagne dans la nuance, agitant la menace d’invasion et de submersion du pays par une culture étrangère à celui-ci. Il a également pris pour cible le milliardaire américain (né en Hongrie) George Soros. Il est vrai que celui-ci, connu pour son soutien aux « révolutions de couleur », est engagé dans une rhétorique de « société ouverte » accordant une large place au multiculturalisme. Son financement des ONG anti-gouvernementales est bien réel en Hongrie, comme il le fut jadis en Ukraine ou en Serbie.

Tout laisse donc à penser que M. Orban poursuivra sur sa lancée lors de son troisième mandat consécutif. A Bruxelles, les griefs s’étaient déjà accumulés : outre les mesures économiques « anti-concurrentielles » précédemment évoquées, le gouvernement hongrois est accusé de mettre la main sur les médias, de museler les ONG, d’attenter à l’indépendance de la justice. Mais là où des accusations analogues ont abouti à des procédures de l’UE contre la Pologne, Viktor Orban a eu l’habileté de faire des compromis de façade.

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Surtout, il profite du fait que le FIDESZ est membre du Parti populaire européen (PPE, qui regroupe les partis de droite traditionnels de l’UE) ; or les partis frères ne sont guère partants pour exclure ce membre turbulent, a fortiori dans un contexte de « montée du populisme » un peu partout.

Le casse-tête n’en est que plus insoluble. Car si M. Orban avait été considéré par ses pairs, lors de son premier mandat (de 1998 à 2002) comme l’élève idéal issu de la lutte anti-communiste de son pays et s’alignant sur l’Europe libérale, il est désormais devenu le cancre de celle-ci : non seulement il s’était déclaré en 2010 partisan d’une Europe « illibérale », mais érige désormais son pays comme le modèle que devrait adopter une UE « fidèle à ses valeurs chrétiennes et à ses origines »… Accessoirement, il fait preuve d’une « complaisance coupable » vis-à-vis de la Russie (sauf dans le dernier épisode de sanctions).

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A l’issue du scrutin du 8 avril, il représente donc une triple menace pour l’UE. Certes, il ne propose en aucune manière de quitter celle-ci (en tout cas dans les circonstances actuelles). Mais, renforcé sur la scène intérieure, il ne va pas manquer d’amplifier sa ligne hétérodoxe ; il fait en outre la démonstration qu’une campagne anti-migrants est un excellent atout pour gagner des élections (un mois plutôt, les élections italiennes constituaient à cet égard un exemple parlant) ; sa victoire contribue enfin à la cristallisation d’une fronde anti-Bruxelles qui ne se limite plus au groupe de Visegrad.

Les élections tchèques de cet hiver ont délivré un message comparable ; l’Autriche mène désormais une politique convergente avec la Hongrie sur les questions migratoires ; les électeurs italiens viennent de se manifester dans le même sens ; en septembre 2017, la percée de l’AfD en Allemagne, sur fond de déroute de la grande coalition (finalement rafistolée en catastrophe), avait ouvert la voie.

Il y a un an, les dirigeants de l’UE avaient voulu faire croire à un « printemps européen » symbolisé par la victoire d’Emmanuel Macron. Le problème avec la méthode Coué, c’est qu’elle réserve bien souvent de très cruelles déconfitures.

https://ruptures-presse.fr/actu/hongrie-elections-orban-ue/

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mercredi 11 avril 2018

Élections en Hongrie : comment Le Figaro prend ses désirs pour des réalités et se prend les pieds dans le tapis

Les lecteurs du Monde et du Figaro représentent sans doute des univers différents. Pourtant, sur certains sujets, les deux grands quotidiens nationaux se rejoignent. En particulier sur les sujets de politique étrangère, comme la victoire électorale éclatante de Victor Orbán en Hongrie le 8 avril 2018.

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Quand Blaise Gauquelin, envoyé spécial du Monde à Budapest, interroge un analyste hongrois (de l’opposition bien sûr), ce dernier explique ainsi la victoire d’Orbán « la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations pour voter. » Sous entendu, ceux qui ont les bonnes informations (par exemple, celles du Monde) votent contre Orbán. Les crétins sous-informés votent Orbán. Une version recyclée pour la circonstance des fake news qui ont permis la victoire de Trump et celle du Brexit.

Pour la Hongrie, Laure Mandeville, envoyée spéciale du Figaro à Budapest, est sur la même longueur d’onde que son confrère du quotidien du soir, elle le dépasse même d’une brasse puissante et régulière.

Laure Mandeville du Figaro laisse entrevoir la défaite d’Orbán

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La malheureuse correspondante, dans la première édition papier du Figaro, laissait prévoir (avec espoir) la défaite d’Orbán avec le titre : Hongrie, Orbán perd de sa superbe (titre calqué mot pour mot sur un article de L’Humanité ?). Mieux « un fort taux de participation menaçait de transformer en revers, voire même en défaite cinglante… son parti le Fidesz ». Le reste – pour la décidemment malchanceuse journaliste (stagiaire peut-être ?) – est de la même eau. Nous citons : autoritarisme croissant, scandales de corruption, campagne très manichéenne, exaspération croissante de la population qui n’aime pas les mensonges. Bien entendu une forte participation pouvait permettre d’augurer d’une victoire de l’opposition « si la participation devait atteindre 70% un éventuel basculement pourrait même se produire, ce qui serait un tremblement de terre politique » Fin de citation.

Les électeurs hongrois ont voté : retour au réel

Las, la participation est supérieure à 69% (en hausse de 7 points), Orbán obtient près de la moitié des voix (imaginons un parti en France qui raflerait 50% des suffrages…), progresse de quatre points par rapport aux élections précédentes et obtient les 2/3 des sièges.

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La dernière édition papier tente de rattraper la boulette en titrant Un troisième mandat pour Orbán. Mais le sous-titre s’emmêle tout de suite les pinceaux. « Malgré une mobilisation historique de près de 70% qui avait poussé l’opposition à espérer une percée, le premier ministre est reconduit confortablement ». Il n’est pas nécessaire d’être un expert en interprétation des chiffres électoraux pour comprendre le contraire : Orbán n’a pas gagné malgré la participation massive mais grâce à celle-ci. C’est la participation électorale massive qui a permis la victoire d’Orbán. Mais ne tirons pas sur une ambulance déjà en bien mauvais état.

La lecture de la première édition (modifiée en urgence ensuite sur la dernière édition papier et sur le web) laisse une étrange impression : s’agit il d’un poisson d’avril à retardement ? D’un article humoristique sous forme de pastiche reprenant les poncifs lus habituellement sur la Hongrie ? D’un aveuglement à caractère compulsif ? Ou bien d’une incompétence si remarquable qu’elle devient un cas d’école pour les étudiants en journalisme ? Nous laissons nos aimables lecteurs trancher.

https://www.ojim.fr/elections-en-hongrie-comment-le-figaro-prend-ses-desirs-pour-des-realites-et-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-04-10

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« la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations pour voter. »: notons au passage que ce fut le cas pour l'élection présidentielle en France où Macron et ses soutiens, ainsi que certains de ses concurrents, rebaptisés par la presse "grands candidats" ont eu l'essentiel du temps de parole au détriment d'autres qualifiés, eux, de "petits candidats", notamment François Asselineau qui, lui, fut crédité de 1% d'antenne pendant une très courte période (dite "d'équité" !) et de 0% pendant les mois précédant la campagne. Sans même parler des commentateurs, "experts" et autres "éditorialistes" qui assènent leur propagande à longueur d'année...

Et même pendant cette courte période, il ne fut pas possible au candidat d'exposer clairement son programme. Il eut à subir des accusations répétées de "complotisme" et des calomnies. Sans parler de l'absence de véritable débat démocratique...Et c'est cette presse- là, complice et partie prenante d'une démocratie de façade, qui a le culot de fustiger ce qui se passe en Hongrie ou en Russie...    P.G.

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samedi 7 avril 2018

Comptes de campagne d'Emmanuel Macron : le parquet saisi par la Commission ne donne pas suite

Selon nos informations, le parquet de Paris a bien été saisi pour l'existence de quatre donateurs trop zélés de la campagne d'Emmanuel Macron. Leurs explications, qui n'avaient pas convaincu la Commission des comptes de campagne et du financement des partis politiques, ont en revanche conduit la parquet à ne pas donner suite au signalement.

ACT MACRON CNCCFP

Circulez, il n'y a rien à voir. Si le parquet de Paris a bien été saisi d’un signalement de quatre donateurs de la campagne d’Emmanuel Macron ayant versé deux fois le plafond autorisé de 4 600€ par personne, il a considéré qu'il n'y avait pas matière a aller plus loin, comme Marianne a pu l'apprendre auprès de son porte-parole.

Comme nous l’avions annoncé, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) avait en effet conclu dans son rapport fin février à des irrégularités dans le poste "donations" du compte du futur Président. Et l'avait signalé à la justice.

L’identité de ces personnes demeure soumis au secret de la procédure. La seule chose que l'on sache, c'est que trois d’entre elles sont résidentes au Royaume-Uni, et que le dernier habite à New-York. Vingt autres cas avaient été identifiés par la CNCCFP pour des faits identiques mais avaient attesté sur l’honneur que deux personnes, au sein du même ménage, étaient bien à l’origine des deux dons - ce qui rend le versement légal. A l'inverse, ces quatre personnes n’ont pas pu produire une telle missive, comme le précise le rapport de la Commission : « Dans 20 des 24 cas concernés le second donateur a produit une attestation confirmant que le don excédentaire a été fait en son nom ; en l'état, de surcroît 18 300 euros de dons n'ont pas fait l'objet d'une telle attestation.» [????sic]

Si la Commission dirigée par François Logerot a tenu à saisir la justice, ce sont pourtant sur la base de ces mêmes pièces que le parquet a décidé de ne pas donner suite. Ce dernier a retenu l'« absence de mauvaise foi » des donateurs. Comment expliquer ce grand écart d'analyse ? Contactée, la Commission a été on ne peut plus claire : « Pas de commentaire ».

https://www.marianne.net/politique/comptes-de-campagne-d-emmanuel-macron-le-parquet-saisi-par-la-commission-ne-donne-pas?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Selon que vous serez riches et puissants...   P.G.

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samedi 31 mars 2018

Comment pas mal de Français ont pu voter Macron

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Un dossier de presse  préparé par S.R. (UPR 87)
 


 

Décryptage : la méthode de Cambridge Analytica pour manipuler nos cerveaux

ACT FB BIG BROTHER

Par Pierre Schneidermann
Comment fait-on de la propagande à grande échelle sans éveiller les soupçons ? Cambridge Analytica semble avoir trouvé quelques réponses en scrutant de très près nos comportements.

Vous n'avez pas suivi l'affaire Facebook/Cambridge Analytica ? Un petit rattrapage en deux phrases s'impose : Facebook est dans la tourmente pour avoir laissé "fuiter" les données de 50 millions d'utilisateurs, qui ont été récupérées par Cambridge Analytica.

Grâce à cette manne, l'entreprise anglaise a dressé et classé des profils psychologiques de personnes pour ensuite leur balancer des messages hyperciblés et adaptés en période de campagnes électorales

Scandale Cambridge Analytica : Zuckerberg sort enfin de son silence

Mercredi 21 mars, le jeune patron de Facebook s'est enfin exprimé sur le scandale Cambridge Analytica. Comme à l'accoutumée, il a utilisé son canal d'expression favori : sa propre page Facebook (avant de répondre aux questions de CNN). L'heure est aux excuses. Morceaux choisis : "Nous avons la responsabilité de protéger vos données. Si nous n'y arrivons pas, nous ne vous méritons pas. Je me suis attelé à comprendre ce qu'il s'était passé exactement et à faire en sorte que ça ne se reproduise plus. La bonne nouvelle, c'est que les mesures les plus importantes pour éviter que ceci se reproduise ont été prises il y a plusieurs années. Mais nous avons aussi commis des fautes, nous devons fournir davantage d'efforts, les intensifier et faire en sorte que ça marche.

Le scandale Cambridge Analytica aurait-il pu se produire en France ?


En France, contrairement aux Etats-Unis, plusieurs lois encadrent de manière stricte la collecte et l'utilisation des données personnelles des électeurs.

Cette start-up sur laquelle Emmanuel Macron s'appuie pour sa grande marche

27 mai 2016 - La pépite française Liegey Muller Pons propose un logiciel d'analyse de données sociodémographiques.Après avoir travaillé pour François ­Hollande, elle aide le ministre de ­l'Economie dans sa quête du pouvoir.

LMP, la start-up qui a aidé Macron à gagner - Capital.fr

25 avr. 2017 - Cette start-up française propose aux partis politiques d'utiliser le big data pour gagner de nouveaux électeurs. ... Emmanuel Macron s'est offert ses services pour la présidentielle de 2017. ... Les campagnes sont de plus en plus scientifiques», affirme Guillaume Liegey, l'un des cofondateurs de LMP.

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Et c'est comme ça que pas mal de Français ont pu voter pour Macron !!
Et on peut constater qu'il s'y est pris très tôt, au moins un an à l'avance, si ce n'est plus !

Et on peut aussi se rendre compte de l'article manipulatoire et langue de bois du Monde (mais est-ce une surprise) surtout quand il écrit que la publicité politique est interdite : mais que fait-il des 6 millions d'appels téléphoniques passés par macron à la suite du ciblage politique de la population ?

Est-ce à dire que l'élection de Macron est illégale puisqu'il a utilisé des méthodes interdites ?
S.R.

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dimanche 25 mars 2018

[RussEurope-en-Exil] La réélection de V. Poutine : enseignements

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

(...)

tl sapir election russe

Les conclusions évidentes

Ces résultats sont tout d’abord un succès évident pour Vladimir Poutine et cela pas seulement parce qu’il a été réélu. Il a reçu 76,7% des votes exprimés mais, et ceci est important, le pourcentage de votes exprimés est de 68% à la fin du décompte final (les premières estimations ne comptant que 75% des votants – essentiellement dans l’est de la Russie – donnaient 64%). Cela indique que, proportionnellement, la participation a été plus importante dans la partie Ouest du pays. Or, traditionnellement, c’est dans cette partie de la Russie que sont concentrés les « libéraux ». Cela montre qu’ils n’ont pas du tout été sensible aux consignes de boycott lancées par Navalny, dont on a la confirmation qu’il ne pèse rien en Russie.

Tableau 1

Participation aux élections présidentielles en Russie

Date 1996 2000 2004 2008 2012 2018
Participations 70% 69% 64% 70% 65% 68%

Source : Commission électorale fédérale

Le contexte de ces élections fut, naturellement, bien différent. En 1970, la compétition avait été rude entre Guennadi Ziouganov, le candidat du KPRF et Boris Eltsine. Pourtant le taux de participation n’est pas fondamentalement différent de celui que l’on a eu dimanche 18 mars. Cela traduit le fait que le vote pour Vladimir Poutine a d’abord été un vote de confiance pour ce dernier.

L’opposition a toujours été partagée entre trois courants : les « ultra-nationalistes » (Zhirinovsky et le LDPR), les « Libéraux » qui sont les héritiers de Gaïdar et des politiciens des années 1990, et la « gauche », représentée par le Parti Communiste (le KPRF) mais aussi par diverses organisations. Or, et c’est le second résultat marquant de cette élection, le courant libéral a été écrasé.

Tableau 2

Poutine face aux candidats libéraux

  2000 2004 2012 2018
Poutine 52% 71% 64% 77%
« Libéraux » 5,8% 3,8% 8,0% 2,8%
Candidats « libéraux » G. Yavlinsky I. Khakamada M. Prokhorov K. Sobtchak et G. Yavlinsky

Source : Idem tableau 1

On constate que le vote « libéral » et pro-occidental est aujourd’hui au plus bas en Russie. Cela traduit tant la réaction des russes face aux conséquences des politiques que l’on appelle « libérales » (et de ce point de vue le chaos existant aujourd’hui en Ukraine rappelle fâcheusement la situation en Russie dans les années 1990), qu’une réaction patriotique face aux tentatives d’ingérence des puissances occidentales sur la politique russe. Cet effondrement du vote libéral est lié à la bonne participation que l’on a pu constater dans le dernier scrutin.

Deux conclusions s’imposent donc : les russes ont massivement exprimé leur confiance en Vladimir Poutine et, pour l’heure, les « libéraux » n’existent plus en Russie comme force politique. Ils peuvent, certes, compter sur les moyens financiers de certains oligarques et sur l’appui des médias occidentaux, mais cela équivaut pour eux au « baiser de la mort ».

Des conclusions moins évidentes…

Mais, ces conclusions n’épuisent pas les leçons que l’on peut tirer du scrutin. Le bon résultat de Pavel Groudinine, le candidat soutenu par le KPRF et les « forces de gauche », qui fait 11,4% des suffrages (et auquel on peut associer un candidat dissident des « communistes de Russie » qui a fait 0,7%) est à noter. Ce résultat est pratiquement le double de celui du nationaliste Zhirinovsky qui voit son électorat se restreindre drastiquement. En fait, avec 14,5% en Extrême-Orient et des scores au-dessus de 13,5% en Sibérie, en règle général Groudinine est largement au-dessus de sa moyenne nationale dans l’Oural et en Sibérie. Cela correspond à ce qui avait pu être noté lors de la campagne électoral.

Pavel Groudinine

Cela traduit le malaise social qui a été décrit par de nombreux observateurs et ce que j’ai décrit dans plusieurs notes[2]. Il traduit les effets de la crise que l’économie russe a traversée en 2015 et 2016 du fait de l’effondrement des prix du pétrole. Ce malaise, Vladimir Poutine en avait lui-même pris acte lors de son discours devant les « corps constitués » du jeudi 1er mars. Plus généralement, il indique la nécessité d’une inflexion dans l’idéologie du pouvoir russe. Cette idéologie peut être qualifiée de « national-conservatrice ». La dimension « patriotique » est évidente, et semble d’ailleurs convaincre une bonne partie des russes. Elle trouve sa source dans le sentiment d’humiliation engendré par le comportement des pays occidentaux vis-à-vis de la Russie dans les années 1990. Et il faut se souvenir que quand E. Primakov devint Premier-ministre en septembre 1998, il s’attacha d’emblée à faire respecter la souveraineté de la Russie, que ce soit face au FMI ou sur d’autres terrains. Mais, on a tendance à ne pas mesurer l’ampleur de la vague « conservatrice » actuellement en Russie (mais vague qui touche aussi de nombreux pays européens). Ce « conservatisme » s’enracine à la fois dans le souvenir des troubles inouïs que la Russie a connus dans les années 1990, mais aussi dans un sentiment de très grande insécurité sociale qui est le produit tant des changements économiques qui se déroulaient à cette période (et qui ont continué par la suite) que des transformations que la société russe continue de connaître. De ce point de vue, la prégnance de l’idéologie conservatrice n’est nullement surprenante. Elle correspond à une réaction classique chez les individus qui ne peuvent tolérer de voir l’ensemble des aspects de leur vie changer en même temps et qui recherchent dans le cas de changements importants des plages de stabilité. D’ailleurs, le thème de la « stabilité » a été mis en avant par Vladimir Poutine, et cela non sans un évident succès.

Ce « national-conservatisme » peut évoluer dans deux directions. L’une d’entre elles pourrait être qualifiée de tendance réactionnaire (on pourrait alors parler de national-conservatisme réactionnaire), avec un renforcement des inégalités appuyé sur une rigidification des formes patriarcales qui continuent de demeurer fortes en Russie. Cette évolution cependant se heurtera de front avec la montée de nouvelles générations qui supporteront de plus en plus mal les inégalités inhérentes à la forme « réactionnaire ». Ou alors, ce « national-conservatisme » peut prendre une forme « sociale », conservant le besoin de sécurité qui est patent dans la population, mais l’accompagnant d’une forte réduction des inégalités et de la montée d’une protection publique (par le développement des services publics) qui sera d’ailleurs à même d’assurer cette demande de « sécurité ». C’est le ressort principal du vote pour Groudinine, et c’est vers cette forme idéologique, que l’on peut appeler le « national-conservatisme social » que devrait évoluer l’idéologie du pouvoir en Russie s’il entend se consolider dans la durée. Or, ce problème de la durée se posera, et plus rapidement qu’on ne le croit, car tout porte à croire que le mandat obtenu dimanche 18 mars sera le dernier pour Vladimir Poutine. Ce dernier a exprimé, à de maintes reprises, sa volonté de respecter l’ordre constitutionnel qui lui interdit de se représenter pour un troisième mandat consécutif.

Des leçons pour l’étranger

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Le scrutin du 18 mars contient aussi des enseignements et des leçons pour les partenaires de la Russie. La première leçon réside dans les résultats du vote en Crimée ? La participation y a été légèrement supérieure à la moyenne nationale (71,5%) mais Poutine y a fait son score le plus élevé : plus de 90%. Autrement dit, plus de 64% des électeurs de Crimée se sont prononcés pour Vladimir Poutine. Ce vote écrasant vaut second référendum pour le rattachement de la Crimée à la Russie. L’attitude des pays occidentaux se devrait donc d’évoluer sur ce point et de reconnaître un fait d’évidence : l’immense majorité des habitants de Crimée veut être russe et se sent russe. Il convient de le reconnaître et de tirer les conséquences de la décision d’une population. C’est un cas où le droit international, ce droit qui fut si souvent bafoué du Kosovo à l’Irak et à la Libye, doit se mettre au diapason des réalités.

l-ukraine-ouvre-une-enquete-sur-la-mort-d-un-membre-de-l-osce

La seconde leçon réside dans l’attitude du gouvernement ukrainien qui a empêché les russes vivant en Ukraine de voter. C’est une décision mesquine, mais une décision grave dans son principe et ses conséquences. Elle montre le peu de cas que fait le gouvernement de Kiev quant aux droits démocratiques. Cette décision vient à la suite du refus répété de ce gouvernement d’appliquer les accords de Minsk du début février 2015[3]. Les pays de l’Union européenne, qui viennent de revoter pour une période de 6 mois les sanctions à l’égard de la Russie, seraient bien avisés d’appliquer aussi ces mêmes sanctions à l’Ukraine, car très matériellement et très concrètement c’est elle qui se comporte de manière non-démocratique et qui empêche la mise en œuvre des accords de Minsk. Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie.

D’une manière plus générale, les gouvernements des pays occidentaux seraient bien inspirés de prendre en considération ce que nous apprend cette élection, qu’il s’agisse de la légitimité de Vladimir Poutine, légitimité qui a été incontestablement renforcée le dimanche 18 mars, ou qu’il s’agisse des deux crises qui cristallisent le conflit avec la Russie, la question de la Crimée et celle de la crise dans l’est de l’Ukraine. La tiédeur – et c’est un euphémisme – du message d’Emmanuel Macron à Vladimir Poutine à l’occasion de sa réélection montre que l’on en est encore loin[4]. Pourtant Emmanuel Macron a été élu avec 43% du corps électoral et Vladimir Poutine avec 52%. Cette différence de 9 points devrait inciter le Président français à une certaine humilité…

 

[1] Voir le compte-rendu fait par Jacques Myard de sa mission d’observation en Crimée : https://www.facebook.com/Jacques-MYARD-532814636848757/

[2] Voir les notes du 17 mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-economique-de-la-russie-et-les-elections-par-jacques-sapir/ et du 1er mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-les-defis-de-leconomie-russe-video-par-jacques-sapir/

[3] Voir la note que j’ai consacrée à cette question le 14 février 2015 : https://russeurope.hypotheses.org/3448

[4] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/communique-entretien-telephonique-entre-emmanuel-macron-president-la-republique-et-vladimir-poutine-president-de-la-federation-de-russie/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-reelection-de-v-poutine-enseignements-par-jacques-sapir/

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"Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie": c'est incompréhensible si on refuse d'admettre que la "construction européenne" est avant tout une entreprise de domination géopolitique menée par les Etats- Unis, sinon, c'est très clair au contraire...   P.G.

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mercredi 21 mars 2018

Navalny : l’invention du “principal opposant politique” russe

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Article publié juste avant l'élection russe. Analyse confirmée par les résultats officiels!  P.G.


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Cela fait plus d’un an que l’AFP intoxique gravement toute la presse avec comme élément de langage « Alexeï Navalny est le principal opposant à Vladimir Poutine » (Sources 1,2,3,4,5,6) :

Ce serait bien que l’AFP justifie sa position qui consiste à qualifier Navalny de « principal opposant ». En effet, selon les sondages, il semble plutôt que ce dernier recueille entre 2 et 3 % des intentions de vote, loin derrière l’extrême droite et les communistes (sources : Levada plutôt proche de l’opposition, Romir représentant local de Gallup) :

Encore qualifié aujourd’hui de “juriste charismatique” par l’AFP, il faut savoir que Navalny dénonce (à juste titre) la corruption en Russie. Mais il ne cache pas ses penchants extrémistes, comme dans cette vidéo qu’il a réalisée, où il tue un Tchétchène pour vanter le port d’armes.

Lien vers la vidéo

Son fait d’armes majeur fut les manifestations de mars 2017, qualifiées de “manifestations monstres” dans la presse française, alors qu’elles n’ont réuni que quelques milliers de manifestants, majoritairement jeunes, à Moscou, ville qui regroupe 12 millions d’habitants (Source : Le Figaro)

En octobre, il n’a rassemblé qu’un millier de manifestants à Moscou, et 5 000 à Saint-Pétersbourg. RFI a parlé de « succès d’estime », alors que même les journaux d’opposition en Russie parlaient d’échec. (Sources : RFI, Courrier International)

Bref, il est bien triste de voir nos médias soutenir des personnalités aussi douteuses.

https://www.les-crises.fr/navalny-l-invention-du-principal-opposant-politique/

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mardi 20 mars 2018

Russie : premières leçons du scrutin présidentiel

110 millions d’électeurs russes étaient appelés, le 18 mars, à élire leur président. La participation, un enjeu important du scrutin, s’est élevée à 67,4%, soit 2,1 points de plus qu’en 2012.

TL RUSSIE ELECTIONS RUPTURES

Vladimir Poutine a été réélu pour un mandat de six ans avec 76,7% des suffrages. Même s’il partait ultra-favori, ce résultat a de quoi réjouir l’hôte du Kremlin, qui progresse de 13,1 points par rapport à 2012.

Les facteurs de ce succès sont connus : pour une grande majorité de ses concitoyens, il symbolise et assure la stabilité du pays, et a rendu à ce dernier sa place et sa dignité sur la scène internationale ; il incarne celui qui a sorti la Russie du cauchemar qu’a représenté la période Eltsine (1991-1999), caractérisée tout à la fois par un cataclysme social sans précédent et par une vassalisation vis-à-vis de l’Occident.

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Le scrutin se déroulait quatre ans jour pour jour après le retour – non reconnu par les Occidentaux – de la Crimée au sein de la « mère-patrie » russe, un événement qui avait à l’époque fait grimper la popularité du chef de l’Etat. Les électeurs de Crimée – dont la population s’est toujours sentie russe très majoritairement – ont d’ailleurs plébiscité Vladimir Poutine lors de ce présent scrutin.

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Il est en outre possible que les vives tensions causées par l’affaire Skripall aient joué – même marginalement – en faveur du président sortant : le 4 mars, cet ancien espion militaire russe ayant trahi ses collègues il y a vingt ans faisait l’objet d’une tentative d’assassinat en Angleterre. Londres, suivi par ses alliés occidentaux, accusait immédiatement Moscou de cette action malgré l’absence de preuves et la faible vraisemblance d’une telle tentative eu égard aux intérêts russes.

Si Vladimir Poutine a bénéficié d’une très large approbation liée à sa défense reconnue des intérêts nationaux et son action ayant garanti un socle politico-social stable, cela ne signifie pas une approbation sans réserve. Pavel Groudinine, présenté par le Parti communiste (PCFR), obtient ainsi près de 12% des suffrages – c’est du reste le seul concurrent à pouvoir afficher un score à deux chiffres.

Certes, le chef du PCFR, Guennadi Ziouganov, obtenait en 2012 17,8% des voix. Ce parti avait cette fois-ci fait le choix de présenter un candidat non issu de ses rangs, un riche homme d’affaires à la tête d’une florissante entreprise agricole issue d’une ferme d’Etat du temps de l’URSS. Ce dernier a mis en avant sa réussite économique et les retombées sociales pour ses salariés qui bénéficient des avantages intégrés rappelant la période soviétique (crèches, écoles, culture…).

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Traditionnellement, la candidature communiste exprime les préoccupations sociales, qui restent fortes dans la population. Cette fois-ci, le profil du candidat a-t-il renforcé ou bien brouillé le message ? Sous réserve d’analyse plus poussée, on peut déjà remarquer que le score de M. Groudinine a été le plus fort dans la partie orientale de la Russie, peut-être plus attachée à la période soviétique qu’une part de la population urbanisée des métropoles comme Moscou ou Saint-Pétersbourg.

Peut-être aussi les électeurs résidant à l’ouest du pays se sont-ils sentis plus exposés aux tensions avec les Occidentaux, et ont-ils dès lors préféré conforter le président sortant dans ce contexte. Même en recul, le score du candidat soutenu par le PCFR constitue notamment le signe que les problèmes sociaux sont loin d’être résolus dans le pays. Le président reconduit pourrait même faire valoir ce résultat, le moment venu, face aux pressions et à l’influence des libéraux qui restent actifs au sein du pouvoir.

D’autant que les libéraux revendiqués ayant fait le choix de l’opposition essuient, eux, un échec cinglant : ils arrivent non seulement derrière M. Groudinine, mais également derrière l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski (5,7%). Xenia Sobtchak (qui avait fait campagne sur la modernité occidentale) et Gregori Iavlinski (connu pour avoir conçu, sous Mikhaïl Gorbatchev, un plan censé opérer un basculement capitaliste « en 500 jours ») obtiennent respectivement 1,6% et 1% des voix.

Observateurs internationaux

Les opérations de vote se sont déroulées en présence de plus de 1 500 observateurs internationaux. Les quelques cas rapportés de fraude censée faire grimper la participation – probablement organisée par des autorités locales souhaitant se faire mousser – n’ont clairement pas influé sur les chiffres globaux.

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Une majorité de grands médias occidentaux avait, dès avant le vote, voulu déconsidérer celui-ci, en insistant sur un résultat « joué d’avance » issu d’une « mascarade » où tous les concurrents auraient été « désignés par le Kremlin ». Alexeï Navalny, un blogueur qui n’avait pu se présenter du fait d’une condamnation pour escroquerie financière, fut présenté comme « l’opposant principal du Kremlin », alors même qu’aucun sondage ne lui a jamais accordé plus de quelques pourcents au niveau national.

Dans un contexte où les rapports entre Londres et Moscou restent très tendus, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui se réunissent en Conseil européen les 22 et 23 mars, devraient avoir un échange sur le résultat du scrutin russe. Le président chinois, pour sa part, a été l’un des premiers à féliciter son homologue, et s’est réjoui des relations sino-russes « à leur plus haut niveau historique ».

https://ruptures-presse.fr/actu/russie-presidentielles-elections-poutine-groudinine/

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lundi 19 mars 2018

Présidentielle russe : Vladimir Poutine réélu dès le premier tour

Le président sortant et candidat indépendant Vladimir Poutine arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle russe, selon les résultats partiels officiels. Il récolte quelque 76% des suffrages.

ACT POUTINE TRIOMPHE

Des huit candidats en lice, le chef d'Etat sortant et candidat sans étiquette Vladimir Poutine arrive en tête du premier tour du scrutin présidentiel russe, ce 18 mars, selon des résultats partiels. Il est pour l'heure crédité de 76% des voix, après dépouillement de la moitié des bulletins. Pour rappel, en 2012, il avait été élu au premier tour avec 63,60% des voix.

Vladimir Poutine, 65 ans, partait grand favori de cette élection. Il entamera ainsi son quatrième mandat de président, d'une durée de six ans. En mars 2024, il sera alors âgé de 71 ans.

Il est suivi du candidat communiste Pavel Groudinine (environ 12% des voix) et du candidat du parti libéral-démocrate Vladimir Jirinovsky (environ 6% des voix), selon les résultats provisoires.

Dans la soirée, après la diffusion des résultats partiels le désignant comme réélu, Vladimir Poutine s'est adressé à ses partisans. Il leur a promis d'importants accomplissements pour la Russie, soulignant qu'il était important que le peuple russe reste uni. Il a aussi scandé : «Russie ! Russie !»

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«Je vois [dans les résultats] la confiance et l'espoir de notre peuple, nous allons travailler tout aussi dur, d'une manière tout autant responsable et efficace», a-t-il déclaré.

Le président réélu s'est également exprimé, par la suite depuis son quartier général de campagne.

Les promesses de campagne de Vladimir Poutine

Durant sa campagne, Vladimir Poutine a fait de la lutte contre la pauvreté l'une de ses priorités. Il a annoncé qu'il souhaitait, en cas de réélection, permettre à l'économie russe d'atteindre 8% de croissance en investissant massivement dans les technologies. L'ambition est claire : stimuler la croissance russe, qui demeure timide et en-deçà de la moyenne mondiale, et, partant, dépasser l'Allemagne pour devenir la cinquième puissance économique mondiale (la Russie est à la sixième place, selon les estimations de la Banque mondiale pour l'année 2016).

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Sur le plan international, Vladimir Poutine compte inscrire son action dans la poursuite de la dynamique d'apaisement des relations extérieures qu'il a menée au cours de son dernier mandat, multipliant le dialogue tous azimuts et les rencontres bilatérales. Prochain grand rendez-vous symbolisant ces efforts : le président russe doit recevoir notamment Emmanuel Macron au Forum économique de Saint-Pétersbourg

Le 1er mars, devant les membres réunis des deux chambres du Parlement russe, traçant les grandes lignes de son action future, Vladimir Poutine rappelait au monde entier qu'il devrait dorénavant «compter avec la Russie».

ELECTION RUSSE

Réélu président, Vladimir Poutine devra en outre ouvrir la voie à celui qui succédera à son quatrième mandat, un enjeu majeur, donc, de ces prochaines années. Pour l'heure, aucun successeur potentiel ne semble capable de s'imposer. D'aucuns évoquent, en outre, la possibilité d'une réforme constitutionnelle qui transformerait la Russie en un régime plus parlementaire.

 

76.66%
Vladimir Poutine
11.80%
Pavel Groudinine
5.66%
Vladimir Jirinovski
1.67%
Xénia Sobtchak
1.04%
Grigori Iavlinski
0.76%
Boris Titov
0.68%
Maxime Souraïkine
0.65%
Sergueï Babourine
https://francais.rt.com/international/48870-presidentielle-russe-vladimir-poutine-en-tete-resultats-partiels

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Ce matin, la presse française, dépitée, met l'accent sur les "fraudes", voire "le bourrage des urnes", et nie le caractère démocratique du "régime". La routine...   P.G.

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