mercredi 4 avril 2018

Le Désastre de l’école numérique

Pendant que certains cadres de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écrans, la France s’est lancée, sous prétexte de « modernité », dans une numérisation de l’école à marche forcée – de la maternelle au lycée. Un ordinateur ou une tablette par enfant : la panacée ? Parlons plutôt de désastre.

TL ECOLE NUMERIQUE

« L’école numérique est un désastre », affirment Philippe Bihouix (ingénieur centralien et auteur d’un ouvrage sur les low tech) et Karine Mauvilly, prof en collège, dans un essai critique de la démarche gouvernementale initiée depuis 2013 avec la loi pour la refondation de l’école. N’ayant pas peur « de passer pour des ringards ou des réacs », les auteurs de l’ouvrage s’insurgent contre une vision technocentrée, une gadgétisation de l’apprentissage où les outils numériques sont vus comme un pilier de la lutte contre le décrochage et les inégalités scolaires. Leurs propos s’appuient notamment sur l’étude Pisa 2015 qui observe que « les niveaux d’utilisation des outils numériques supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE sont associés à des résultats scolaires significativement plus faibles ».

Selon Karine Mauvilly et Philippe Bihouix, les responsables politiques aveuglés par la technologie, négligent les impacts environnementaux et sanitaires des écrans sur l’enfant : myopie, ondes, manque de sommeil… Dans ce plaidoyer pour une école sans écrans, l’essai préconise l’interdiction de la présence des portables dans les établissements, le retour au tableau noir et « l’innovation non numérique en investissant sur l’acquisition du langage ».

L’école numérique, c’est un choix pédagogique irrationnel, car on n’apprend pas mieux – et souvent moins bien – par l’intermédiaire d’écrans. C’est le gaspillage de ressources rares et la mise en décharge sauvage de déchets dangereux à l’autre bout de la planète. C’est une étonnante prise de risque sanitaire quand les effets des objets connectés sur les cerveaux des jeunes demeurent mal connus. C’est ignorer les risques psychosociaux qui pèsent sur des enfants déjà happés par le numérique.

 

Le numérique à l'école - 4

 


 

Le numérique à l'école - 1

 

 

Intervenants et auteurs :

Karine Mauvilly, 38 ans. Historienne et juriste de formation, diplômée de Sciences Po Paris, elle a été journaliste puis enseignante en collège public, poste d’observation privilégié de la mutation numérique en cours.

 

Philippe Bihouix, 44 ans. Ingénieur centralien, il a travaillé dans différents secteurs industriels comme ingénieur-conseil ou à des postes de direction. Il est l’auteur de L’Âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable.

 


 

Le numérique à l'école - 2

 


 

Source :

https://www.scienceshumaines.com/le-desastre-de-l-ecole-numerique_fr_37143.html

http://www.seuil.com/ouvrage/le-desastre-de-l-ecole-numerique-philippe-bihouix/9782021319187

 

Livre :

Le Désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans – Philippe Bihouix, Karine Mauvilly (2016)

https://aphadolie.com/2018/04/02/le-desastre-de-lecole-numerique/

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mardi 3 avril 2018

Le Parlement durcit les règles pour les écoles hors contrat

Les députés ont voté « conforme » le 29 mars une proposition de loi centriste qui encadre plus strictement l’ouverture des établissements hors contrat.

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Ce texte, soutenu par le gouvernement, vise à éviter que ces écoles ne deviennent des foyers de radicalisation.

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. ZOOM

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. / Remy Gabalda/AFP

Que prévoit le texte ?

La proposition de loi de la sénatrice UDI d’Ille-et-Vilaine Françoise Gatel prévoit un durcissement des règles d’ouverture des écoles hors contrat. Contrairement à la réforme voulue en 2016 par le gouvernement socialiste, qui avait finalement été invalidée par le conseil constitutionnel, elle ne revient pas sur le principe d’un régime de déclaration, proche de celui qui prévaut pour les associations.

En revanche, elle unifie les dispositions qui s’appliquent aux premier et second degrés et instaure un « guichet unique », l’autorité académique devant transmettre le dossier au maire, au préfet et au procureur.

Surtout, elle allonge à trois mois (contre parfois un seul) la période pendant laquelle ces instances peuvent s’opposer à une ouverture. De quoi permettre un véritable examen du dossier. Elle complète également la liste des motifs que les autorités peuvent invoquer, notamment l’ordre public.

De même, si un établissement passe outre une opposition, ses responsables encourent une fermeture de l’école, une amende de 15 000 € et six mois de prison ferme. Enfin, le texte pose le principe d’un contrôle annuel par les services de l’éducation nationale, tenus de prévenir les autorités si l’enseignement dispensé est contraire à la moralité ou aux lois.

Comment se sont déroulés les débats à l’Assemblée ?

Les débats, qui ont débuté le 28 mars, entre l’hommage aux victimes des attentats de l’Aude et la marche blanche à la mémoire de Mireille Knoll, ont été vifs. « Le contexte actuel doit nous donner encore plus d’ardeur à voter une loi comme celle-ci », a estimé Jean-Michel Blanquer.

Pour le ministre de l’éducation, la proposition Gatel doit permettre de combattre « l’embrigadement » islamiste. Il était devenu nécessaire de modifier un système « complexe », « incomplet » et « obsolète », face à la « hausse exponentielle » des ouvertures d’écoles hors contrat (+ 15 % dans le primaire à la rentrée dernière) et aux « nouvelles menaces », a-t-il fait valoir.

Durant l’examen, plusieurs élus ont évoqué la difficulté d’obtenir après-coup la fermeture d’un établissement en se référant au cas de l’école musulmane Al Badr à Toulouse, qui a fait l’objet d’un bras de fer judiciaire. Comme la majorité LREM-MoDem, saluant un « juste équilibre », les LR ont soutenu la « savante combinaison entre la liberté d’enseignement, protégée par la Constitution et le contrôle ».

 

De leur côté, les groupes de gauche ont plaidé, en vain, pour un régime d’autorisation dans lequel l’école devrait obtenir le feu vert des autorités pour ouvrir. Mais voyant tout de même dans cette proposition des « avancées », la Nouvelle gauche a finalement elle aussi voté le texte, adopté à main levée dans les mêmes termes qu’au Sénat fin février.

Pour revenir à la version sénatoriale, le gouvernement a fait supprimer un amendement ajouté en commission visant à empêcher une personne inscrite au fichier des personnes recherchées de diriger un établissement. Les autorités administratives pourront recourir au motif d’ordre public dans un tel cas, a cherché à rassurer Jean-Michel Blanquer.

Denis Peironhttps://www.la-croix.com/Famille/Education/Le-Parlement-durcit-regles-ecoles-hors-contrat-2018-03-29-1200927814?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180329&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=971824&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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vendredi 30 mars 2018

Christine Gavini-Chevet nommée rectrice de l'académie de Limoges

L'académie de Limoges, sans recteur depuis la mi-février, a une nouvelle rectrice. Christine Gavini-Chevet, inspectrice générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche, a été nommée rectrice de l'académie de Limoges ce mercredi 28 mars en conseil des ministres.

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Daniel Auverlot, nommé recteur de l'académie de Limoges en mars 2017, avait quitté le Limousin en février pour l'académie de Créteil. Hier, mardi 27 mars, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne, Jean-Claude Leblois, s'était inquiété de ce que le poste de recteur était toujours vacant. Le syndicat SNES avait lui aussi rappelé il y a quelques jours cet état de fait. 

Limoges a donc une nouvelle rectrice. Après une carrière universitaire, Christine Gavini-Chevet a occupé diverses fonctions dans les cabinets ministériels (Matignon, ministères de l'Emploi, de la Défense, des Affaires étrangères) avant de devenir directrice puis inspectrice générale à l'Éducation nationale.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/education/2018/03/28/christine-gavini-chevet-nommee-rectrice-de-l-academie-de-limoges_12791259.html

(...)

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L'académie de Limoges a une rectrice ! Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, Christine Gavini-Chevet  a été nommée lors du conseil des ministres du 28 mars 2018 sur proposition du Ministre de l’éducation nationale et de la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Nous disposons pour l'instant de peu d'éléments biographiques. Le site experts France fait état d'un CV plutôt impressionnant : "normalienne, agrégée, diplômée de Sciences Po et docteur, Christine Gavini a publié plusieurs ouvrages dans le domaine du travail et de l'éducation. Après une carrière universitaire, elle a occupé diverses fonctions dans les cabinets ministériels (Matignon, ministères de l'Emploi, de la Défense, des Affaires étrangères) avant de devenir directrice puis inspectrice générale à l'Éducation nationale.

Nos confrères des Echos détaille également un parcours politique plutôt marqué à droite pour celle qui aurait été proche d'Alain Juppé : "après avoir exercé comme conseiller scientifique au Commissariat général du Plan, elle devient en 2003 directeur des études de l'UMP, conseiller technique du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, puis du ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo".

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/rectrice-academie-limoges-1448737.html

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Mauvais pressentiment !!
Comment une femme qui a occupé des postes prestigieux peut aller se perdre dans une des régions les plus perdues de France ?
Est-elle chargée de liquider le rectorat ?


Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de Cachan, diplômée de l'IEP Paris, agrégée de sciences sociales, docteur en sociologie, a exercé comme conseiller scientifique au Commissariat général du Plan avant de devenir en 2012 directrice des relations internationales des ministères de l'Éducation et de la Recherche  !

Mariée à Pïerre-Franck Chevet, président de l'autorité de sûreté nucléaire française, après avoir occupé différents postes au Ministère de l'Industrie !!   S.R.

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mercredi 28 mars 2018

Brèves d'antipresse

NP HUMOUR ANTIPRESSE

EDUCATION | La Suède, première pédodictature?

Vous reprendrez bien un peu de pleurniche? A moins que vous préfériez un bon petit chantage? Comment? Vous voudriez apprendre les bonnes manières à votre angelot? Comment osez-vous? Ignoriez-vous qu’il était déjà parfait? On le savait depuis longtemps, mais cela devient aussi visible que le nez (de Pinocchio) au milieu de la figure: l’éducation avant-gardo-laxiste des Suédois a fabriqué des générations de petits monstres choyés, narcissiques et dysfonctionnels.

La journaliste Judith Woods a livré un paysage ahurissant d’une Suède transformée en royaume des enfants-tyrans. Mais elle n’est pas seule à sonner l’alarme. Le psychiatre suédois David Eberhardt décrie lui aussi cette anti-utopie fabriquée... par des adultes:

Selon lui, de «choyés» les petits Suédois sont devenus «rois»: «Ils ont tendance à tout décider dans les familles: quand se coucher, quoi manger, où partir en vacances, même le programme télé (…). Ils crient s'il y a des adultes qui parlent à table, ils vous interrompent sans arrêt. D’une certaine façon, les enfants en Suède sont mal élevés.» Mal élevés, et surtout, de futurs adultes dépressifs et insupportables.

http://log.antipresse.net/post/education-la-suede-premiere-pedodictature?mc_cid=c696fbd0dc&mc_eid=3a5e263339


MACABRE | Le robot «phase terminale»

Dan Chen, ingénieur américain formé au MIT, s’est spécialisé dans l’imitation robotique des interactions humaines. Avec un humour peut-être inconscient, il a baptisé sa gamme de machines «Friends».

La plus pathétique d’entre elles? Le substitut de présence humaine au chevet des mourants. Il s’agit d’un boîtier blanc assorti d’un bras mécanique. Le bras caresse la main du mourant en lui susurrant des consolations.

[« Morceaux choisis: “Je suis là pour t’aider et te guider à travers tes derniers moments sur Terre", “Je suis désolé que ta famille et tes amis ne puissent pas être ici avec toi, mais ne t’inquiète pas, je serai le meilleur des réconforts", “Tu n’es pas seul, tu m’as à tes côtés" ou encore “J’espère que ta vie après la mort sera agréable". Enfin, c’est cette même voix qui annonce l’heure du décès du patient, une fois celle-ci détectée par le robot.»]

(http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/decouvrez-robot-fin-vie-celui-aupres-duquel-passerez-peut-etre-vos-derniers-instants-3329518.html)

On peut trouver l’invention monstrueuse. Mais on peut aussi se dire qu’elle ne fait que traduire l’esprit du temps. Avec un coup d’avance sur la robotisation générale.

http://log.antipresse.net/post/macabre-le-robot-phase-terminale?mc_cid=c696fbd0dc&mc_eid=3a5e263339


ESPACE | Un trou noir qui recrache!

Pour la première fois, les téléscopes de la NASA ont observé des jets de matière sortant d’un trou noir géant poétiquement appelé Markarian 335. La projection de la couronne au loin fut suivie d’une décharge colossale de rayons X.

«Le chef de recherche du projet NuSTAR, Fiona Harrison, a noté que la nature de la source d’énergie était “énigmatique"...»

Cette surprenante découverte met à mal une théorie essentielle sur l’irréversibilité de l’attraction au sein des trous noirs qui risquerait d’entraîner la réécriture de nombre de manuels d’astronomie.

http://log.antipresse.net/post/espace-un-trou-noir-qui-recrache?mc_cid=c696fbd0dc&mc_eid=3a5e263339


FRANCE | Plus personne pour commémorer...


L’élimination de Charles Maurras de la liste des commémorations en 2018 par la ministre de la culture Françoise Nyssen n’en finit pas de faire des vagues. 10 membres du haut comité aux commémorations ont démissionné, parmi lesquels l’historien et ex-ministre Jean-Noël Jeanneney et l’éminent spécialiste de la Collaboration Pascal Ory. Il ne reste plus, en bonne méthodologie soviétique, qu’à liquider purement et simplement le comité des commémorations. Parce qu’après Maurras, la liste des «gênants» ne pourrait que s’allonger… Bref: plutôt que de commémorer des incommémorables, ne commémorons personne!

http://log.antipresse.net/post/france-plus-personne-pour-commemorer?mc_cid=c696fbd0dc&mc_eid=3a5e263339


PROPAGANDE | La désinformation «stratégique»

Avec la collaboration de Bruxelles, les Américains viennent de créer un Comité Stratégique de l’Est (East StratCom Task Force). Cette instance dont les travaux sont supervisés par un russophobe de premier rang, le professeur Marc Galeotti, doit prêter main forte et accorder tout soutien aux peuples des pays et missions de la Communauté Européenne en Azerbaïdjan, Arménie, Bélarus, Géorgie, Moldavie, Ukraine et même en Russie.

Le bouillant Galeotti n’y va pas de main morte. Lors d’une conférence en Estonie, il a affirmé que l’Occident a affaire à un ennemi mortel (la Russie) qu’il faut terrasser coûte que coûte. Et puisque la fin justifie les moyens, Galeotti s’est dit prêt à user de la désinformation.

Il a ainsi inventé une prétendue «doctrine Gerasimov» qui, de son propre aveu, n’a pas plus d’existence que le fameux Jean-Baptiste Botul de Bernard-Henri Lévy. Tout cela dans le but, bien entendu, de contrer les mensonges de la propagande russe. Quitte à embrouiller le public occidental dans un réseau de demi-vérités et de mensonges dont il ne pourra plus se dépêtrer.

http://log.antipresse.net/post/propagande-la-desinformation-strategique?mc_cid=c696fbd0dc&mc_eid=3a5e263339

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lundi 26 mars 2018

Barbara Lefebvre : "La génération J'ai le droit, ce sont les incivilités du quotidien"

Barbara Lefebvre, professeur, dénonce l'abandon culturel de toute une génération.

Vous utilisez le terme de génération “J'ai le droit”. Qu'appelez-vous ainsi ?

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C'est une expression qui tente de résumer la tyrannie de l'individualisme dans nos sociétés occidentales modernes. C'est une génération de parents et d'élèves qui considère que leurs droits individuels prévalent sur l'intérêt général. “J'ai le droit de penser et de dire ce que je veux”. Ce sont les incivilités du quotidien, ceux qui hurlent dans leur téléphone ou écoutent leur musique sans écouteurs dans les transports en commun.

Beaucoup de gens ont aujourd'hui une grande difficulté à supporter les cadres, les codes sociaux ou comportementaux. Bien sûr, la grandeur des sociétés occidentales, c'est de reconnaître la singularité des individus, mais c'est initialement pour le projeter dans le commun. Aujourd'hui, on glorifie les identités particulières au détriment du bien commun. Ce triomphe du “Moi” fait le jeu à la fois du modèle ultralibéral, avec le culte du consumérisme et du communautarisme qui détermine l'individu par une identité de naissance à préserver absolument.

Comment cela se manifeste-t-il à l'école ?

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Les élèves, et pas que dans les établissements difficiles, ont du mal à être dans un rapport vertical face à l'enseignant. Ils se lèvent en plein cours, interrompent les professeurs. Or, l'école est le premier lieu de la contrainte sociale. L'élève doit y vivre selon des principes et des règles qui construisent un collectif. Hélas, cet idéal craque sous nos yeux. L'école souffre de deux rejets : une double crise de l'autorité et de la culture. La récusation de l'autorité est le résultat d'un long processus né avec les utopies des Lumières, mais elle a éclaté au moment de mai 1968. Les enfants gâtés du baby-boom, aveuglés par les promesses des Trente Glorieuses ont cru qu'ils pouvaient tout envoyer valser…

Depuis 20 ou 30 ans, on a encouragé l'idée que la société est au service de l'individu et que l'individu n'est plus au service de la société. Dans les Territoires perdus de la République lorsqu'on soulignait la contestation de certains enseignements à l'école, cela illustrait déjà cette crise du consentement. Si la parole du maître n'a plus valeur de vérité, tout enseignement devient impossible. L'explosion des réseaux sociaux a accentué la domination du “je” tout-puissant et du complotisme. Et l'école est malheureusement devenue le lieu où les croyances prennent le pas sur le savoir.

Vous dénoncez une faillite culturelle généralisée, et celle de l'Éducation nationale en premier lieu. À qui la faute ?

Aux théories pédagogiques issues des années 60/70 qui ont renoncé à transmettre un héritage classique. Ce phénomène né à l'université et érigé en science a décrété que la culture était l'outil de domination de la classe bourgeoise. Cette lecture politique a conduit à la déconstruction des savoirs, des rapports hiérarchiques, tout ce qui faisait l'autorité. Depuis 30 ans, la formation des enseignants est sous le joug de ses pseudos scientifiques au langage jargonnant et prétentieux.

L'enseignement du français a été le premier instrument de ce déracinement culturel. On l'apprend désormais comme une langue de communication et non plus comme une langue littéraire. Cela a conduit beaucoup d'élèves à l'illettrisme, et plus globalement à une acculturation générale qui fait que les jeunes ne peuvent plus entrer dans la littérature. Quand votre champ lexical se réduit comme peau de chagrin et que vous ne maîtrisez plus l'orthographe et la syntaxe, vous ne pouvez pas accéder à une identité commune.

Avec ce livre, on vous accuse de “délire réac”. Pourtant vous militez pour l'égalité des chances à l'école. N'est-ce pas paradoxal ?

J'ai tenté de témoigner de vingt ans d'expérience sur le terrain, et je ne suis pas une prof qui s'est mise à l'abri en université. Les conservateurs sont ceux qui se prétendent progressistes. Car leur modèle a échoué et envoie au casse-pipe les enfants des catégories populaires et défavorisées qui n'auront pas les clés pour avancer dans un monde de plus en plus compétitif. Au fond, ces gens ont une vision très élitiste de la culture alors que la culture sert à émanciper le peuple.

L'école est le lieu de la conservation, et conservation ne signifie pas putréfaction. L'école ne doit servir d'idéologie, sa priorité doit être la culture. Mais à l'allure où l'on va, la culture classique restera l'apanage de l'élite. Car ne vous leurrez pas, cette acculturation ne touche pas les enfants de ceux qui ont détruit l'école.

L'école actuelle organise l'inégalité des chances, mais pas dans le sens qu'on voudrait nous le faire croire. Je sais que Jean-Michel Blanquer défend l'idée de la culture classique, mais il est dans un gouvernement qui a des objectifs économiques. Tous les ministres de l'éducation nationale ont été défaillants. Avec Najat Valaud-Belkacem, on avait une école à visée morale et malheureusement Emmanuel Macron en a une vision utilitariste qui ne regarde l'école que comme le moyen de façonner les actifs de demain.

“Génération J'ai le droit – la Faillite de notre éducation” (Éditions Albin Michel), 18 euros, 236 pages.

http://www.midilibre.fr/2018/02/25/barbara-lefebvre-la-generation-j-ai-le-droit-ce-sont-les-incivilites-du-quotidien,1632384.php#fT717xZmrTFYPxMi.99

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dimanche 18 mars 2018

Blocage de l’université Jean-Jaurès à Toulouse : "Ils voudront rentabiliser à l'extrême les filières"

Après la fusion forcée des régions, des communes, la fusion des universités?


 

A l’université Toulouse Jean-Jaurès, les étudiants et le personnel se mobilisent depuis trois mois contre la réforme d’accès à l’université et le projet de fusion de leur établissement avec trois autres. Au-delà de leur cas, les syndicats dénoncent la nouvelle loi "orientation et réussite des étudiants".

ACT FAC TOULOUSE

Trois mois. Cela fait trois mois, jour pour jour, qu’ils contestent le projet de fusion de leur université avec celle de trois autres établissements du supérieur, et contre la loi “orientation et réussite des étudiants” (ORE), accusée d’installer la sélection à l’entrée de l’université. Pour l’anniversaire de leur mobilisation, 2.000 étudiants et membre du personnel de l’université Toulouse II Jean-Jaurès ont voté ce mardi 13 mars pour le renouvellement du blocage total de leur faculté jusqu’à jeudi. Le résultat est écrasant : 1.391 pour et 680 contre. Dans un communiqué, le président de l'Université, Daniel Lacroix, indique "condamner fermement le renouvellement du blocage" qui empêche l'université "d'assurer nos missions de service public". “C’est une mobilisation qui a dure depuis trois mois et qui réagit à la trahison du président de l’université”, s’indigne auprès de Marianne Hervé Petit, membre du syndicat FSU et représentant du personnel.

OUTIL DENI DEMOCRATIE

Si Hervé Petit parle de “trahison”, c’est en raison d’une consultation, effectuée le 12 décembre dernier, sur le projet de fusion de l’université avec celle de Université-III Paul Sabatier et de deux écoles d’ingénieurs : l’Institut national de polytechnique de Toulouse (INPT) et l’Institut national des sciences appliquées (INSA). Lors de ce vote, les étudiants et le personnel de l’université s’y sont formellement opposés, tout comme la moitié du conseil d’administration de l’université. Mais Daniel Lacroix, le président de l’université, a tout de même choisi de poursuivre le projet. “C’était complètement anti-démocratique”, raconte à Marianne le secrétaire général de l’UNEF de Toulouse, Célian Malosse.

"Il a trahi sa mission, il a cassé notre confiance"

Depuis, c’est une guerre des nerfs qui se joue entre l’administration de l’université, son personnel et ses étudiants. Ces derniers demandent la démission de Daniel Lacroix, dont ils estiment la légitimité entamée : “Sa démission doit aller de pair avec l’arrêt de la fusion de l’université, martèle Louise Le Bagousse, membre du syndicat de l’Union des Etudiants et étudiantes de Toulouse (UET). Il a trahi sa mission, il a cassé notre confiance”. Un manque de confiance qui s’illustre par plusieurs craintes. D’abord, celle de perdre toute indépendance de l’université Jean-Jaurès. Avec cette fusion, notre établissement n’existerait plus. Il perdrait sa spécificité d’entité morale et juridique, explique Hervé Petit. Nous craignons de perdre toute possibilité en matière de décision budgétaire. En clair, élèves et syndicats craignent que des restrictions budgétaires frappent ce nouveau grand établissement du supérieur, qui devrait voir le jour aux alentours de septembre 2019.

outil gopé

Cette fusion va nécessairement s’accompagner de suppressions de postes, juge Dominique Ramondou, membre du syndicat FNE-SUP à l’université-III Paul Sabatier. Si les enseignants vont garder chacun leur domaine de compétence, peut-on en dire autant pour les comptables des différentes universités ? Au lieu de deux personnes, il n’y en aura plus qu’une d’employée”. Même inquiétude à la FSU, qui voit elle dans cette fusion un prétexte pour réduire la part des sciences humaines de l’université à peau de chagrin : “L’université Jean-Jaurès est l’une des trois universités leader en sciences humaines en termes d’étudiants en France, rappelle Hervé Petit. Que se passera-t-il quand le nouveau conseil de l’établissement décidera que ses filières ne sont pas les plus rentables ? Ils voudront rentabiliser à l'extrême les filières, c'est le risque que nous voyons arriver ici”.

La crainte d’une "hausse sans limite" des frais d’inscriptions

Cette crainte de disparition de filières de sciences humaines est renforcée par le nouveau conseil d’administration qu’entraînerait la fusion : “Les représentants de ce qui est aujourd’hui Jean Jaurès ne seraient plus que quatre, dont un seul représentant étudiant, sur une trentaine de membres, gronde Hervé Petit. C’est un déni de démocratie étudiante !” Une perte de visibilité chez les étudiants qui fait craindre aux syndicats étudiants une “hausse sans limite” des frais d’inscriptions.

Le cas de l’université Jean-Jaurès est symptomatique de ce qu’il se passe en France aujourd’hui dans les établissements supérieurs, s’indigne Dominique Ramondou. Nous craignons une sélection accrue à l’entrée de l’université qui ne s’arrêtera pas là. Comme nous le verrons sans doute après la fusion de nos établissements, ceux orientés vers les filières 'd’excellence', c’est-à-dire celles au plus fort taux d’employabilité, seront privilégiés par rapport aux autres. C’est sur ce point que syndicats du personnels et syndicats étudiants font le lien entre le projet de fusion de l’université et la nouvelle loi “orientation et réussite des étudiants : ils dénoncent, dans le cas de l’université Jean-Jaurès, la volonté de gérer l’université “comme une entreprise, quitte à laisser des étudiants sur le carreau. “Je doute qu’après la fusion, l’université s’intéresse autant à un futur ingénieur qu’à un doctorant sur un obscur sujet littéraire. Que va-t-on répondre à cet étudiant ? ‘Tu n’as pas ta place ici parce que tu n’es pas assez employable ?’,” ajoute Dominique Ramondou.

Ce mercredi 14 mars, le président de l’université Jean-Jaurès sera à Paris pour défendre, en compagnie d’autres dirigeants d’établissements toulousains, l’attribution du label “Idex”, indicatif d’excellence, qui permettrait d’attribuer une enveloppe de 25 millions d’euros supplémentaires à la recherche universitaire. Un “Grand Oral” qui pourrait permettre de valider la fusion des universités qui bloque tant à Toulouse. “Nous espérons que le jury de l’Idex refusera d’attribuer ce label, déclare Dominique Ramondou. Cela pourrait permettre de faire pencher la balance en notre faveur”. De leur côté, les syndicats étudiants affichent leur scepticisme. “En espérant que la direction de l’université ne passe pas outre les étudiants, une nouvelle fois”. La réponse devrait tomber ce samedi, 17 mars.

Réponse de l'Université Toulouse-III Paul Sabatier

Le 15.03.2018 à 12h58

PINOCCHIO

L'Université de Toulouse-III Paul Sabatier, l'un des 3 établissements avec qui l'université Jean-Jaurès doit s'associer, a contacté Marianne pour "mettre au clair ce qui n'est pas un discours de vérité de la part des syndicats". L'université Paul Sabatier conteste un quelconque "projet de fusion" : "Dans un projet de fusion il n'y a qu'une seule instance décisionnaire, explique Mélanie Ducolombier, chargée de communication de l'université. Dans le projet qu'on propose, qui est un projet d'intégration, il y aura la création d'un établissement nouveau, qui n'existe pas encore. Il y aura des instances de proximité capables de prendre des décisions".

L'établissement dénonce également l'arrivée d'un "grand établissement" une fois le projet réalisé : "Nous voulons créer une instance académique qui n'existe pas encore. Nous attendons que le ministère nous indique quel sera l'appareil légal pour construire le format d'établissement que nous voulons, parce qu'il n'existe pas encore. Parler de grand établissement aujourd'hui, c'est mentir. C'est tronquer la vérité". Mélanie Ducolombier dément aussi tout risque de suppression de poste : "C'est une crainte du changement. Mais elle est infondée".

Quant aux craintes de disparition des filières de sciences sociales, la réponse de l'UT-III est cinglante : "Ce sont des peurs qui sont de l'ordre du cerveau reptilien, martèle Mélanie Ducolombier. Elles n'ont aucune base rationnelle. Le fait d'avoir un établissement intégré, c'est justement de permettre à des bâtiments de différents formats de coexister. Notre intérêt est de garder les universités de sciences sociales".

https://www.marianne.net/societe/blocage-de-l-universite-jean-jaures-toulouse-ils-voudront-rentabiliser-l-extreme-les?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Un "projet d'intégration" qui formera un "établissement nouveau" mais ce ne sera pas un "grand établissement", vous y comprenez quelque chose, vous? Pour moi, ça ressemble à de l'enfumage, de la communication macronnienne. On comprend qu'ils soient en colère...  P.G.

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jeudi 15 mars 2018

« Éducation aux médias », le camp du Bien s’inquiète et accélère

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL OJIM PROPAGANDE

Alors que les attaques politiques s’accentuent contre la remarquable partialité des médias dominants – comme le montre le post de Jean-Luc Mélenchon dans son blog fin février 2018 – les médias mainstream organisent coûte que coûte leur défense. Illustration sur le blog Focus Campus du Monde du 3 mars 2018.

Fillon battu par la campagne des médias ?

Après quelques propos lénifiants et qui n’engagent à rien « les journalistes sont parfois irritants voire insupportables » et quelques portes ouvertes bien enfoncées « Bref, les journalistes sont loin d’être parfaits » (sic), l’auteur en vient à sa défense et illustration du quatrième pouvoir dominant. D’une manière involontairement comique il accrédite la thèse que Fillon a été battu non par le vote mais par la pression médiatique. « Sans les médias…notre pays serait sans doute présidé aujourd’hui par un homme qui a notamment, pendant de nombreuses années, rémunéré son épouse sur des deniers publics… ». Les anciens partisans de François Fillon seront ravis d’avoir confirmation de ce qu’ils affirment depuis le début : la défaite de leur candidat a tout à voir avec une campagne de presse. Certains pourraient crier au complotisme.

Objectif rééduquer et le plus tôt possible

MACHINERIE MEDIAS

Mais passons, pour venir au thème central du propos. Il est rare dans un seul article d’observer un tel florilège de contre-vérités de l’oligarchie médiatique : les tentatives de régimes étrangers (russes comprend-on) de manipuler les élections, la Pologne qui réprime la presse, les médias qui sont le meilleur rempart contre les fake news, l’auteur empile les contre vérités avec une bonne volonté (nous sommes indulgents de nature) inébranlable.

L’objectif de ce galimatias : la rééducation du bon peuple. Et ceci le plus tôt possible « Le plus tôt sera le mieux : dès le primaire, le collège, le lycée. Et jusque dans l’enseignement supérieur. ». Ceci « pour exercer ce regard critique sur la presse sous toutes ses formes. » Fort bien et qui remplira cette noble mission ? Notamment le « Clemi (Centre de liaison de l’Enseignement et des Médias d’information), un service du réseau Canopé. Depuis 1983, le Clemi est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif. » Ce même Clemi qui n’est qu’un centre de bourrage de crânes dirigé par d’anciens apparatchiks socialistes. (...). Le vieux cheval de retour de l’éducation aux médias avait été remis au goût du jour en 2015 par Najat Vallaud-Belkacem alors ministre de l’éducation nationale. Le réseau Canopé (...) est de la même eau : un condensé de bien-pensance militante où l’éducation n’est qu’un prétexte à une propagande massive.

Les servants du Prince

decodex2

Toujours dans le registre bouffon, l’auteur recrute des aides précieuses : « Un groupe de journalistes volontaires du Monde, en complément de l’initiative “Decodex“, effectue ainsi régulièrement des interventions en classe, sur la base de contenus pédagogiques mis à disposition de nos lecteurs. ». Ouh ! Le Decodex financé par Google au service de la démocratie ! Le Monde qui véhicule – comme tout le monde – de fausses nouvelles appelé à la rescousse. Cerise sur le gâteau (ranci), les écoles de journalisme – pour beaucoup des usines à décérébrer (certains résistent) sont appelées à intervenir. Il faut que les médias dominants soient bien inquiets pour appeler à leur secours des formules aussi éculées.

https://www.ojim.fr/education-aux-medias-le-camp-du-bien-sinquiete-et-accelere/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-03-13

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mercredi 14 mars 2018

Quand Edouard Philippe propose une nouvelle version… des ABCD de l'égalité

A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, ce jeudi 8 mars, le Premier ministre s'est prononcé en faveur d'une lutte "contre les préjugés sexistes" dès l'école. Soit une mesure très similaire aux fameux "ABCD de l'égalité" de Najat Vallaud-Belkacem... que le parti d'Edouard Philippe combattait il y a à peine quelques années.

ACT EDOUARD ABCD

Il faut être très attentif pour comprendre les méandres de la politique française. Positions, voire postures : tout change et tout se transforme, à toute allure. Illustration avec la question de la sensibilisation dès l'école à l'égalité entre filles et garçons. En ce jeudi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté des mesures prises par le gouvernement, qui a fait de l'égalité des sexes la "grande cause" du quinquennat. Dans son discours, il a notamment abordé la question de l'éducation : "Pour assurer la transmission d'une culture de l'égalité, tout commence à l'école. C'est au début du processus de socialisation que nous devons lutter contre les préjugés sexistes".

Du bon sens ? Etonnant, tout de même, d'entendre cela dans la bouche de l'ancien maire de droite (Les Républicains)… Car en 2013, lorsque sa formation s'appelait encore l'UMP, elle s'était justement violemment engagée contre la ministre des Droits des femmes qui avait voulu engager ce même combat, Najat Vallaud-Belkacem. La socialiste entendait aussi lutter contre les stéréotypes de genre et le sexismevia un programme d'enseignement appliqué en maternelle et en primaire. L'UMP, avec Jean-François Copé à sa tête, avait alors mené une campagne résolue contre la mise en place de ses "ABCD de l'égalité", les assimilant à une prétendue "théorie du genre". Face à la violence de la polémique et des fake news relayées par la droite sur le sujet, le gouvernement avait fini par reculer, le ministre de l’Éducation Benoît Hamon annonçant en 2014 un simple plan de formation des enseignants pour l'égalité filles-garçons.

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A l'époque, Edouard Philippe n'avait pipé mot, depuis sa mairie du Havre. Pour aujourd'hui proposer à son tour d'"assurer la transmission d'une culture de l'égalité" dès le "début du processus de socialisation", dans une démarche ressemblant trait pour trait aux "ABCD de l'égalité", axée notamment sur des séances en classe consacrées à la lutte contre les préjugés. Il sera intéressant de demander à plusieurs des poids lourds de son gouvernement ce qu'ils pensent du projet. Par exemple à Bruno Le Maire, lui aussi à l'UMP à l'époque des "ABCD", et qui confiait alors à l'Obsqu'il les trouvait "pas pertinents". "Les enseignants ne sont pas là pour éduquer à la place des parents", soutenait-il même. En écho à Jean-François Copé, Gérald Darmanin n'hésitait pas de son côté à amalgamer le projet de Najat Vallaud-Belkacem avec la "théorie du genre (...), une absurdité absolue". Verdict : "Il faut s'y opposer totalement".

Jean-Michel Blanquer va devoir s'y mettre

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Le plus drôle dans cette histoire, c'est que le ministre de l'Education qui devra mettre en œuvre les annonces d'Edouard Philippe, Jean-Michel Blanquer, déclamait encore pas plus tard qu'en novembre dernier, sur Europe 1, son hostilité à feu les "ABCD de l'égalité" : "Est-ce que ça a été efficace ? Est-ce que a changé quoi que ce soit ? Non, au contraire, on a clivé davantage. Donc on voit bien qu'il faut faire autrement".

Il faut dire que la droite est spécialiste des revirements sur le sujet… Car à l'époque de Najat Vallaud-Belkacem, déjà, les esprits attentifs avaient relevé son retournement de veste, incarné en particulier par Nadine Morano. En 2014, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy était l'une des plus virulentes contre les "ABCD", s'indignant que le gouvernement socialiste veuille "mener le débat sur l’égalité en apportant la négation du genre". Sauf que deux ans plus tôt, quand elle-même était ministre, elle avait défendu lors d'un colloque… la lutte contre les stéréotypes de genre et ce, dès la crèche ! "C'est là que ça commence, les stéréotypes", martelait-elle. Comme quoi, la lutte contre les postures politiciennes devrait aussi donner lieu à un programme de formation de nos gouvernants…

https://www.marianne.net/politique/coucou-nvb-quand-edouard-philippe-propose-une-nouvelle-version-des-abcd-de-l-egalite?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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dimanche 11 mars 2018

Suppression d’options, de postes, de classes, d’écoles : nécessité financière ou mutation imposée ?

Un article d’Anne Limoge, responsable nationale pour l’Éducation

ARG ANNE LIMOGE

Le candidat Macron avait annoncé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et 60 milliards d’économies sur le budget de l’État, ce qui avait révolté le Landerneau sans plus d’effet. En parallèle, étaient annoncés la volonté d’augmenter le budget de l’Éducation nationale, celle de ne pas supprimer de postes, de ne pas dépasser 12 élèves par classe de CP pour les écoles du réseau d’éducation prioritaire, de remettre en place un enseignement en langues anciennes, de renforcer l’enseignement de la musique, les devoirs maison, une réforme d’envergure du baccalauréat… toutes mesures nécessitant un investissement tant humain que financier important.

Leurrés par cette impression première, et bercés par les promesses de M. Blanquer, nous pouvions espérer que l’école au moins, à défaut d’aller mieux, serait au pire épargnée.

C’était oublier que ce nouveau ministre, bien que présenté par les médias comme un homme de l’art avant tout, n’en était pas moins passé déjà, de 2009 à 2012, par la case ministère, puisqu’il a été directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) aux côtés de Luc Chatel, sous Sarkozy, où il avait appliqué une politique de suppression de postes.

Il n’aura guère fallu attendre, même s’il en est peu fait étalage dans la presse, pour que s’amplifie, en plus des diminutions de moyens alloués aux lycées français de l’étranger annoncés l’année dernière, le mouvement déjà amorcé les années précédentes, de fermeture de classes, d’écoles, de collèges, de diminution des « dotations horaires globales » des établissements, ou de fermeture d’options (1).

La douche est froide pour beaucoup, qui ne savent que penser, là où tant d’autres passent tout simplement à côté du problème, persuadés que ce nouveau ministre, enfin, va appliquer une politique qui permettra de remettre à niveau notre système scolaire.

Mais c’est oublier aussi que depuis le protocole de Lisbonne (2) des 23 et 24 mars 2000 l’éducation, qui reste formellement au nombre des compétences des États, est soumise à la pression de la Commission par le biais de la « méthode ouverte de coordination ». Selon celle-ci la Commission met au point « des lignes directrices » incluant des objectifs, des priorités, des indicateurs, des échéances, etc. , qui finiront par s’imposer. On reconnaît là une approche analogue à la méthode des GOPE, qui ne sont que des recommandations, mais que les États ne peuvent ignorer très longtemps, sous peine de réprobation de leurs pairs, puis de sanctions financières! Bien entendu, il s’agit d’amener les États à mettre en œuvre une politique éducative qui s’inscrive dans la vision du monde de l’Union européenne : à la fois la marchandisation de chacun des aspects de la vie sociale, ici l’instruction publique, et l’assujettissement de tous les travailleurs aux desiderata des multinationales, renommé « employabilité ».

 

Pilotage par la contrainte budgétaire

Pour promouvoir ces objectifs, l’U.E. s’appuie aussi sur la contrainte budgétaire, qui s’exerce tant au niveau des communes qu’au niveau de l’État. En effet, les recommandations du conseil de la Commission européenne (3), « concernant le programme national de réforme de la France pour 2016 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France » sont claires : « […] La France affiche […] une dette publique élevée et croissante couplée à une compétitivité dégradée. Le risque de retombées négatives sur son économie et, compte tenu de la taille de celle-ci, sur l’Union économique et monétaire est particulièrement important […]. Le déficit devrait atteindre, à politiques constantes, 3,2% du PIB, […]. Le niveau des dépenses publiques en France est l’un des plus élevés de l’UE et ne cesse d’augmenter depuis 2010. La France a présenté un plan visant à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros sur la période 2015-2017 à tous les niveaux de l’État, mais ce plan pourrait être insuffisant pour réduire significativement les dépenses publiques. »

Les recommandations des années suivantes sont toutes sur le même mode, en se montrant plus insistantes. Il y est demandé d’« assurer une correction durable du déficit excessif », d’« accentuer les efforts pour accroître les montant des économies, […] y compris en ce qui concerne les collectivités locales » ou, dans le cadre d’« importants efforts budgétaires pour 2018 », de « prendre en considération l’objectif d’une orientation budgétaire qui contribue aussi bien à conforter la reprise actuelle qu’à garantir la viabilité des finances publiques de la France. »

Le budget du ministère de l’Éducation nationale représente le premier budget de l’État, avec plus de 51 milliards, auquel il faut ajouter celui mis en œuvre par les collectivités locales. Ces deux acteurs sont donc sur la sellette.

→ Attaque du budget des collectivités locales

Les collectivités locales sont en charge de la gestion des locaux scolaires, écoles depuis 1886, collèges et lycées depuis les premières lois sur la décentralisation, de l’accueil, de la restauration, voire si besoin est de l’hébergement, du transport scolaire (4). Les communes sont chargées des écoles, les départements des collèges, et les régions des lycées. Il n’est pas étonnant que certaines collectivités, fragilisées par la baisse constante de la dotation de l’État, peut-être endettées ou anticipant la suppression de la taxe d’habitation, acceptent la suppression de postes et donc les fermetures de classe lors des modifications de la carte scolaire proposées par le Directeur académique, ici bras armé de l’État, sur prévision du nombre d’élèves (5). Ces suppressions peuvent conduire à la fermeture d’établissements, du fait des coûts importants par élève pour leur maintien, par exemple en zone rurale ou peu peuplée. Ces fermetures se multiplient actuellement, au détriment bien entendu des élèves, qui voient augmenter les temps de transport, comme la population générale, puisque ce mouvement contribue par ailleurs puissamment à la désertification rurale. On enregistre ainsi cette année par exemple une cinquantaine de cas de classes fermées dans la Sarthe, une cinquantaine dans les Vosges, une centaine en Seine-Maritime, etc. qui dans certains cas vont conduire à la suppression d’écoles.

Notons que si la suppression de postes d’enseignants du primaire relève de la compétence de l’État, et non de la collectivité locale qui ne peut donc s’y opposer, la mobilisation de la population et des acteurs locaux peut faire évoluer les situations, comme par exemple dans les Vosges où sur les 113 classes concernées au départ, seules 51 seront effectivement fermées. Les problèmes budgétaires des territoires concernés sont donc bien au cœur du problème.

 

 

→ Etat : Réduction des heures d’enseignement, et du coût de la masse salariale

Au niveau de l’État, avec plus de 860 000 enseignants, les coûts de personnel, enseignants ou non, sont une cible majeure des coupes budgétaires possibles. Mais la réduction brutale du nombre d’enseignants étant trop risquée, c’est à la fois par la modification de la carte scolaire pour l’enseignement maternel et primaire, par le mécanisme de la « Dotation horaire globale », la DHG, des établissements du secondaire (6) et par la pression sur la masse salariale que la contrainte budgétaire est mise en place.

La DHG est une enveloppe horaire donnée à chaque établissement scolaire du second degré par l’Inspection académique ou par le Rectorat, qui en déterminent le montant en fonction des effectifs prévus d’une année sur l’autre, des options ou des spécialités proposées et des diverses voies d’orientation. Chaque directeur d’établissement répartit ces heures en fonction des besoins pédagogiques spécifiques de son établissement.

Diminuer la DHG revient à devoir mettre moins d’enseignants devant autant d’élèves à qui l’on doit le même nombre d’heures… Pour résoudre ce casse-tête, il est souvent proposé devant l’incompressibilité des horaires de certaines matières, de supprimer des options ou, comme dans le cas des écoles rurales ci-dessus, de fermer des classes pour regrouper les élèves, les professeurs déjà en poste étant déplacés dans les établissements qui conservent l’enseignement de la matière visée. Si cette dotation diminue plus que le nombre d’élèves ne l’autoriserait, et l’on sait que l’évolution du remplissage des classes d’âge en France ne conduit pas à une diminution du nombre d’élève global, il finira par manquer des enseignants. On recrutera alors des contractuels.

Représentant 4% des enseignants en 2005, ces contractuels étaient 7,5% en 2013, selon les estimations syndicales, et occupent souvent des postes pérennes, sur lesquels des professeurs titulaires ne sont pas nommés, suite à un départ en retraite par exemple. Leur nombre augmentant, c’est la porte ouverte à un glissement du statut de fonctionnaire des enseignants, du choix de leur recrutement et de leur formation. Ce marché en cours de formation a déjà attiré une société américaine, Teach for all, qui, par l’intermédiaire de sa filiale française Teach for France (7), sélectionne et accompagne des étudiants pour qu’ils soient recrutés en tant que contractuels pendant deux ans… Nous sommes bien là à plein dans le double processus que dénonce l’UPR, de « marchandisation » d’un secteur central de la vie publique, l’instruction, et de délégitimation de l’État par amenuisement de son rôle.

L’autre volet de la cure d’amaigrissement porte sur la masse salariale. De nombreuses études, telles celles de l’OCDE ou Eurydice pour la Commission européenne, ont montré que le salaire d’un professeur, en France, est un des plus bas de l’Union européenne, juste au-dessus des salaires de l’Europe de l’Est, les plus mal lotis étant les professeurs des écoles, le salaire se rapprochant de la moyenne des pays de l’OCDE lorsqu’on étudie le cas des professeurs du secondaire. Dans un rapport de 2010, l’OCDE écrivait « Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période ». Et dans « Regards sur l’éducation », 2016, « Les salaires des enseignants restent peu attractifs » – ce qui a un impact sur le niveau de recrutement.

Dans l’optique d’un arrêt de la dégradation de l’état de l’éducation, loin de réduire la masse salariale, il serait donc logique de revaloriser la carrière des enseignants, comme annoncé par le précédent gouvernement avec la réforme PPCR , Parcours professionnel, carrières et rémunérations, qui laissait penser à une revalorisation du salaire mensuel des professeurs. Il n’en est rien. En effet, avec cette réforme, le salaire augmente effectivement légèrement pour les professeurs des écoles, par exemple, mais la hausse couvre à peine le gel des indices qui avait eu lieu sur les années précédentes. D’autant qu’il faut intégrer l’effet de la hausse de la CSG, qui ne sera pas compensée intégralement, le mécanisme utilisé pour les salariés du privé n’étant pas appliqué pour les fonctionnaires. Par contre, en fonction des situations personnelles, cette réforme peut conduire à des salaires inférieurs sommés sur la totalité d’une carrière. La réforme PPCR ne coûtera donc quasiment rien à l’État car les agents autofinancent les nouvelles grilles par des carrières plus longues, un avancement ralenti et des promotions limitées… Qui plus est, ce PPCR, s’il est actuellement déjà appliqué pour ce qui est de son mode de fonctionnement qui supprime toute notion de valorisation du mérite professionnel, a vu son volet revalorisation des grilles indiciaires repoussée d’un an. Encore une économie de faite, dans une démarche annoncée à grands renforts de déclarations médiatiques démagogiques comme une amélioration conséquente…

Toutes ces économies de bouts de chandelles ne contribueront qu’à dégrader encore plus la qualité de l’enseignement que pourront donner des professeurs déjà peu considérés et dévalorisés, et mettre encore plus à mal l’égalité de traitement et de formation des enfants sur tout le territoire.

 

Objectifs « éducatifs » et « employabilité »

Le deuxième pôle sur lequel est mis l’accent, c’est l’adéquation de la formation de l’enfant au marché de l’emploi. (...)

Cette adéquation entre formation scolaire et emploi est réclamée depuis plus de trente ans par le patronat par le biais de rapports tels ceux de l’ « European Round Table of Industrialists », « Education et Compétence en Europe », (ERT ) (8) qui dans « Education et Compétence en Europe » (9) affirme que « Le développement technique et industriel des entreprises exige clairement une rénovation accélérée des systèmes d’enseignement et de leurs programmes » et que « l’éducation et la formation sont considérées comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise. » Or « l’entreprise n’a qu’une très faible influence sur les programmes enseignés » et les enseignants ont « une compréhension insuffisante de l’environnement économique, des affaires, et de la notion de profit.[…ils] ne comprennent pas les besoins de l’industrie. »

De nombreux textes suivront, que l’on peut consulter avec profit sur le site de l’ERT rubrique « skills and employment »…

Ces demandes sont, bien entendu, au cœur même du « projet européen ». Déjà lors du conseil européen de Lisbonne de 2000 (2), on trouvait dans les rapports un encouragement à ce que les jeunes ne poursuivent pas trop longtemps leurs études et que celles-ci soient surtout « utiles » pour trouver un emploi, augmentant « l’employabilité » de tous et le niveau de qualification requis par l’économie de la connaissance. Dans le cadre de la « stratégie européenne pour l’emploi », l’éducation doit se subordonner aux réformes structurelles du marché du travail, pour des raisons de compétitivité et d’emploi.

On retrouve l’écho du protocole de Lisbonne dans les recommandations de la Commission européenne de 2016 : « Le passage de l’école au monde du travail reste difficile, surtout pour les jeunes les moins qualifiés. […] La coopération insuffisante entre les différents acteurs de la formation professionnelle continue empêche toute répartition efficace des ressources »

« le Conseil […] RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2016-2017, à : renforcer les liens entre le secteur de l’éducation et le marché du travail […] »

Et en 2017 : « Les réformes de la gouvernance qui sont en cours sont essentielles pour faire coïncider les possibilités de formation avec les besoins économiques et les perspectives d’emploi. […] Mais l’offre d’enseignement et de formation professionnels initiaux qui est proposée, en particulier dans certains secteurs tertiaires et lorsque cet enseignement se déroule en milieu scolaire, n’est pas suffisamment liée aux possibilités d’emploi. »

L’abandon de l’objectif de transmettre une culture va bien dans cette direction… Et si supprimer des options artistiques (cinéma, arts plastiques, musique), sportives ou de langues étrangères permet de donner plus d’heures aux enseignements directement liés aux besoins du marché du travail sans augmenter, voire diminuer, le nombre d’enseignants, le deuxième effet de cette évolution, en plus de permettre des économies, est de limiter l’ouverture culturelle des futurs employés.

Il faut noter que ces suppressions étaient déjà préconisées dans le rapport Longuet (10) fin 2016 : « l’encadrement du secondaire en France est plus coûteux que dans les autres pays de l’OCDE car il y a une dispersion des classes et une diversité de l’offre», et sont également mises en avant par M. Mathiot, auteur du rapport précurseur à la réforme du baccalauréat envisagée par M. Blanquer. (11)

Il est bien clair que tout doit être fait pour que la formation des jeunes, qu’elle soit primaire, secondaire ou supérieure, leur permette de s’insérer sur le marché du travail. Dans l’état du système éducatif français aujourd’hui, cet objectif passe par une réflexion approfondie portant tant sur les pratiques enseignantes proprement dites, que sur la forme et la diversité de tous les modes de formation, de l’apprentissage au cursus uniquement scolaire, et sur leur articulation. Cette réflexion amènera probablement à des révisions douloureuses des pratiques antérieures.

Il ne faut pourtant pas dans cette réflexion oublier la mission essentielle confiée à notre système scolaire : former des citoyens capables d’exercer leurs droits et leurs devoirs en conscience, pour maintenir la démocratie et la faire évoluer, bref former un peuple capable d’exercer sa souveraineté.

Si, à la sortie de leur parcours scolaire, le premier souci de l’élève et de sa famille est de trouver un emploi, l’ouverture intellectuelle et la culture sont des briques essentielles à son développement, comme à sa capacité à s’adapter aux mutations professionnelles qu’il sera amené à effectuer. Bien souvent il ne trouvera ces briques culturelles, et ne pouvait les trouver, que dans le contexte scolaire. Si, dans le cas de certaines formations (CAP, BEP…), l’école peut fournir directement les connaissances nécessaires à l’entrée dans le monde du travail, il ne s’agit pas de toutes les formations, et ce n’est pas leur unique objectif.

Conclusion

Certes, une réforme en profondeur de l’Éducation nationale est nécessaire, on s’est trop acharné à la détruire depuis 40 ans pour ne pas devoir reconstruire. Mais, actuellement, nous continuons sur le chemin de la destruction, pour des raisons qui tiennent à la nature des motivations qui sous-tendent la démarche suivie. Ni la volonté de faire du système éducatif un marché rentable pour des firmes privées, ni celle de plier les contenus scolaires, au sens large, aux desiderata des entreprises, alors que ceux-ci sont souvent aussi mal justifiés que peu pérennes, ne sont à même de répondre par nature aux besoins réels de formation des acteurs de l’économie comme à ceux de la société. Les réformes nécessaires, ainsi que le fonctionnement global de notre système éducatif, nécessitent une revalorisation du statut social des enseignants, peut-être même en premier lieu, une redéfinition des cursus, des méthodes et des exigences à tous les niveaux et, in fine, des investissements financiers. Tous ces éléments ne peuvent être dosés et mis en œuvre de façon optimale sans une réflexion ouverte sur les besoins, les solutions possibles et les moyens à dégager. L’étranglement budgétaire mis en œuvre sous la houlette de la Commission européenne ne saurait en tenir lieu, pas plus que l’idéologie intrinsèque aux textes fondateurs de l’Union européenne n’est à même d’assurer l’acceptabilité des solutions que celle-ci met en avant.

Sources :

(1) Fermeture de classes et écoles, baisse de la dotation horaire globale (exemples)
Les fermetures ont lieu sur tout le territoire malgré la promesse de Macron de ne plus fermer de classes, au désavantage des communes rurales, et pour permettre de tenir la promesse de « 12 élèves par classe de CP et CE1 en classe REP » :
https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/fermeture-de-classes-la-fronde-des-ecoles-rurales-qui-s-estiment-sacrifiees_1983800.html
http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/carte-scolaire-en-seine-maritime–l-heure-des-arbitrages-NC12238306?utm_source=lien_interne&utm_medium=equipe-numerique
Inscription de ces fermetures dans une évolution sur le long terme, il suffit de reprendre un article de 2011 sur les promesses de Sarkozy par rapport aux fermetures de classes :
http://archive.francesoir.fr/actualite/politique/pas-fermetures-classes%E2%80%A6-en-2012-112043.html
Aisne : https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/carte-scolaire-20162017-51-fermetures-classe-aisne-962531.html
Allier : https://www.lamontagne.fr/montlucon/education/2017/06/08/les-syndicats-redoutent-la-fermeture-decoles-en-2018_12434577.html
Ardèche : https://www.francebleu.fr/infos/education/ouvertures-fermetures-la-carte-scolaire-de-l-ardeche-pour-2018-2019-1517504907
Creuse : https://www.francebleu.fr/infos/education/carte-scolaire-11-fermetures-de-classe-a-la-rentree-2018-en-creuse-les-parents-en-colere-se-1517271500
Eure et Loire : https://www.lechorepublicain.fr/chartres/education/2018/01/22/une-semaine-d-actions-contre-les-fermetures-de-classe-ou-d-ecole-en-eure-et-loir_12709794.html
Lot : https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/30/2732009-suppression-postes-ecoles-actions-multiplient-tout-lot.html
Val de Marne : https://94.citoyens.com/2018/colere-enseignants-val-de-marne-contre-carte-scolaire-2018,25-01-2018.html
Vosges : https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-la-plaine/2018/01/30/fermetures-d-ecoles-la-grande-hemorragie-dans-la-plaine
Baisse de la dotation horaire globale :
https://www.francebleu.fr/infos/education/a-dijon-les-enseignants-du-lycee-hyppolite-fontaine-manifestent-contre-la-suppression-d-heures-de-1517234992
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/02/09/97001-20180209FILWWW00270-paris-les-personnels-du-lycee-turgot-en-colere.php
(2) : Protocole de Lisbonne, Mars 2000
http://www.europarl.europa.eu/summits/lis1_fr.htm
(3) Recommandations 2016 de la commission pour la France :

outil gopé

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52016DC0330&from=EN
Recommandations 2017 de la commission pour la France :
https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2017-european-semester-country-specific-recommendations-commission-recommendations_-_france-fr.pdf
(4) Rôle des collectivités locales dans la gestion des établissements scolaires :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/role-des-collectivites-territoriales-matiere-deducation
(5) Réglementation pour la fermeture de classes enseignement primaire et maternel
https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250269010582
(6) Dotation Horaire Globale (DHG) :
http://fcpe-dieppe.over-blog.com/pages/Dotation_Horaire_Globale_DHG-4351069.html
(7) Teach For France : http://www.teachforfrance.org/
(8) ERT : https://ert.eu/
(9) : Enseignement et compétences en Europe (notez bien les participants, première page…)
http://www.ert.eu/sites/ert/files/generated/files/document/education_and_european_competence_-_jan_1989.pdf
(10) Public Sénat : Rapport Longuet
https://www.publicsenat.fr/article/politique/suppression-d-options-temps-de-travail-les-propositions-du-rapport-longuet-sur-les
(11) :M. Blanquer la réforme du bac et les options :
http://www.europe1.fr/societe/baccalaureat-les-options-dans-le-viseur-du-gouvernement-3491498

Responsable nationale pour l’Éducation

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samedi 10 mars 2018

Addiction aux écrans chez les enfants : Une expérience qui fait froid dans le dos

ARG ENFANTS ECRANS

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Enfants - Tablettes – Smartphones - 2

 

 

Quand un enfant est sur un écran, il donne l’impression que rien n’existe plus autour de lui. Mais, en fait, ce n’est pas du tout une impression. La preuve.

 

Le jour où les effets des écrans seront assimilés à ceux de la drogue, alors, soyons-en sûrs, les parents ne laisseront plus leurs enfants passer autant de temps sur leurs smartphones, tablettes et autres ordinateurs. D’où l’extrême importance de cette expérience à peine croyable.

Pour promouvoir les repas en famille, une marque alimentaire a imaginé un test aux résultats hallucinants. Dans quatre familles différentes, tandis que les enfants étaient absorbés par leur écran, tout leur environnement a été modifié (même leurs parents) sans qu’ils ne s’en aperçoivent une seule seconde !

L’expérience Dolmo fait froid dans le dos. Elle met en lumière l’addiction des plus jeunes aux écrans. Les enfants, rivés à leurs tablettes et smartphones, ne remarquent même plus les changements dans la pièce où ils se trouvent. Seul le brouillage momentané d’Internet les fait revenir à la réalité.

À l’occasion d’une enquête sur les dangers des écrans pour les enfants, France 2 est revenue sur cette caméra cachée édifiante.

Enfants - Tablettes – Smartphones - 1


 

Regardez :

Quand les écrans sont une drogue

https://www.youtube.com/watch?time_continue=133&v=ADpS6oK5zH4


 

En moyenne, un enfant garderait les yeux fixés sur un écran pendant quatre heures et onze minutes. C’est gigantesque et cela cause de graves soucis, notamment en matière de développement. Le problème, c’est que les parents sont bien mal placés pour leur faire la leçon : en moyenne, un adulte passerait cinq heures et sept minutes sur un écran !

 

Enfants - PC

 

Cette expérience met en lumière un problème de société que les spécialistes et psychologues n’hésitent plus à qualifier d’addiction au même titre que n’importe quelle autre drogue. Selon Mandy Saligari, addictologue : « Quand vous donnez à votre enfant une tablette ou un smartphone, en réalité c’est comme si vous lui donniez une bouteille de vin ou un gramme de cocaïne». Cette addiction conduit même à des comportements violents une fois les sujets privés de l’objet de leur attention et peut même conduire en centre de désintoxication dans les cas les plus extrêmes.

 

Enfant - Tablette

 

Quel sera l’impact à terme de la consommation à outrance des écrans ? Les dirigeants d’Apple, Google, ou Twitter ont eux-mêmes interdit l’usage des nouvelles technologies à leurs enfants par crainte des effets néfastes sur leur développement.

 

Il est temps d’enrayer cette dangereuse spirale dont personne ne sait où elle nous mène vraiment. On a donc grand besoin de ce type de reportages et d’expériences. Ils nous ouvrent les yeux et, en cela, sont et bienvenus et précieux…

 

Enfants - Tablettes – Smartphones - 3

 


 

Source :       

https://dailygeekshow.com/experience-enfants-tablettes/

https://positivr.fr/ecrans-enfants-drogues-addiction-experience-camera-cachee/

 

Sur le même theme :

Les dangers des écrans pour les enfants

Pourquoi Steve Jobs et Cie ont gardé leurs enfants éloignés des iPads ?

https://aphadolie.com/2018/03/08/addiction-aux-ecrans-chez-les-enfants-une-experience-qui-fait-froid-dans-le-dos/

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