jeudi 31 mai 2018

Glyphosate, étiquetage nutritionnel : le gouvernement accumule les renoncements sur la loi Agriculture

Le gouvernement a convaincu l'Assemblée nationale, en ce début de semaine, de céder au lobbying des médias TV sur l'étiquetage nutritionnel et de renoncer à interdire le glyphosate en 2021.

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Encore un rétropédalage. Alors que le président de la République Emmanuel Macron a promis d’interdire le glyphosate d’ici à 2021, les députés ont renoncé, dans la nuit de lundi à ce mardi 29 mai, à inscrire cette sortie dans la loi. Cet herbicide est pourtant jugé cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé.

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Officiellement, ce délai est toujours d’actualité mais le gouvernement refuse de se lier les mains en inscrivant ce principe dans la loi. Le chef de l’Etat « a fixé un objectif ambitieux et pragmatique » et « nous mettons toutes les chances de notre côté », a expliqué le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, à l’Assemblée nationale, pendant la discussion sur le projet de la loi Agriculture et alimentation.

Lobbying payant des médias TV

Sous la pression des médias télévisuels, le ministre a également refusé d’étiquetage nutritionnel des produits, avec un code couleur, sur tous les supports publicitaires, malgré la volonté d’Olivier Véran, pilier de la majorité et rapporteur général du budget de la sécurité sociale. Les éditeurs de presse, qui craignaient que l’entrée en vigueur de cette mesure ne fasse plonger leurs revenus, ont adressé une lettre d’avertissement au gouvernement et à certains députés. Un lobbying payant puisque l’Assemblée a finalement rejeté l’étiquetage obligatoire.

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Tous les amendements tendant à interdire la publicité pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des moins de seize ans ont également été rejetés, au nom de la nécessité d’un texte « qui marche sur ses deux jambes », selon Stéphane Travert.

L’Assemblée nationale a en revanche voté… pour l’obligation de la mise à disposition de « doggy-bag » dans les restaurants, d’ici à juillet 2021. Le seuil de revente à perte en grande surface a également été relevé de 10%, pendant deux ans. Les hypermarchés pourront désormais casser les prix pour gagner des parts de marché, quitte à réaliser des moins-values. Enfin, le ministre a avalisé l’objectif d’une part de 50% de produits bio dans les cantines en 2022*. Reste à voir si la mesure, décriée par la droite pour son coût, résistera à la navette parlementaire.

https://www.marianne.net/politique/glyphosate-etiquetage-le-gouvernement-cumule-les-renoncements-la-loi-agriculture?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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*Voir notre publication: Pourquoi les patients des hôpitaux de la Creuse ne sont pas près de manger des produits locaux

(http://www.frexit-limousin.fr/archives/p26-16.html)

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mardi 22 mai 2018

30% d’oiseaux en moins, un ciel vide: pour Moreau, «le rôle de l’UE est essentiel»

Deux études datées de fin mars ont montré la diminution des populations d’oiseaux en moins de 20 ans en France. Avec une baisse de 30%, leur nombre devient préoccupant. Le député LREM de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, a expliqué dans un entretien à Sputnik quelles pistes étaient étudiées pour enrayer cette désertification de notre ciel.

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Le 20 mars dernier, le CNRS et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) publiaient deux études dont les conclusions ont fait l'effet d'un petit séisme. En effet, en moins de 20 ans, ce sont près d'un tiers des oiseaux qui ont disparu.

Interrogé à ce sujet, Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse, estime que la diminution des populations d'oiseaux n'est qu'une partie du problème et déclarait:

«Au-delà des oiseaux, ce sont les insectes, c'est l'ensemble de la biodiversité qui est menacée aujourd'hui, par les pesticides, mais pas seulement, par la monoculture aussi: par la culture de céréales et la disparition des rotations, la disparition des haies, des forêts…»

Jean-Baptiste Moreau
© AFP 2018 Pascal Lachenaud

Le député de la Creuse partage l'analyse des études du CNRS et du MNHN, qui pointe du doigt à la fois l'usage abusif des produits phytosanitaires et la diminution des surfaces d'habitat naturel. Il rappelle la nécessité d'agir «sur plusieurs paramètres».

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«Dans le cadre de la loi, on a étendu l'interdiction des néonicotinoïdes, qui sont responsables en grande partie de la disparition des insectes aujourd'hui. […] Nicolas Hulot va faire des annonces vendredi d'après ce que j'ai compris sur une vraie loi sur la biodiversité. Je pense que c'est important d'agir plusieurs paramètres: l'urbanisation, les monocultures, etc.»

Bien que «la Creuse [soit] un peu moins touchée que d'autres départements céréaliers», monsieur Moreau, éleveur, plaide pour une diversification de l'agriculture afin de résoudre le problème de la disparition des oiseaux, mais aussi celui de l'appauvrissement des sols, par exemple:

«Il faut diversifier notre agriculture et aller vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement, parce que ce sera la première à subir les conséquences d'une dégradation de l'environnement.»

Pourtant, l'élu de La République en marche rejette l'idée que la France se dirige seule vers un type d'agriculture plus respectueux de l'environnement et de la biodiversité et se prononce en faveur d'une action au niveau européen pour trois raisons. La première est que, selon lui, de nombreuses décisions à prendre pour assurer la pérennité des populations d'oiseaux se prennent à Bruxelles. Il rappelle ainsi que

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«Le rôle de l'UE est essentiel sur cette thématique puisqu'on est bloqués, sur un certain nombre d'initiatives que nous pourrions prendre au niveau français, par le fait qu'il faut que ces décisions soient prises au niveau de l'UE.»

La seconde est qu'il se montre convaincu que cela ira de pair avec une perte de compétitivité de l'agriculture française soumise à plus de normes que ses voisins.

«La préservation et l'amélioration de la biodiversité ne peuvent passer que par un cadre européen, voir au-delà. Si on ne le fait qu'au niveau français, on va imposer un certain nombre de normes à nos producteurs qui ne seront pas les mêmes ailleurs. Ailleurs, il y aura une baisse de la biodiversité, nous, nous aurions peut-être un léger renforcement, mais ce ne sera pas améliorateur de façon significative.»

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La dernière raison pour laquelle monsieur Moreau détaille la pertinence de l'échelle européenne est la force d'entraînement de la France à Bruxelles. C'est pourquoi il n'hésite pas à déclarer:

«Sur les néonicotinoïdes, la France était partie en premier et avait finalement été rejointe par l'ensemble de l'UE. Je pense qu'il faut que l'on continue cette stratégie d'entraînement et entraîner l'ensemble de l'UE derrière nous.»

https://fr.sputniknews.com/international/201805181036426653-oiseaux-moreau-populations/

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«Il faut diversifier notre agriculture et aller vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement, parce que ce sera la première à subir les conséquences d'une dégradation de l'environnement.»
Encore un qui a pris le gros melon après avoir été désigné député Lremiste !
Encore un qui ne sait pas ce qu'est l'environnement !
L'agriculture est l'environnement !
On doit simplement aller vers une agriculture "intelligente" (puisque le mot est à la mode) et abandonner l'agriculture au service des multinationales !
Et non, nous n'avons pas besoin de l'UE puisque le but de l'UE est de détruire l'agriculture, et surtout l'agriculture française ! Elle l'a récemment démontré et Macron et Hulot se sont d'ailleurs "couchés" !
S'il n'a pas compris ça, cet homme n'a rien à faire en politique !
Et nous n'avons pas besoin de l'UE pour replanter des haies !

S.R.

OUTIL FREXIT URGENT

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vendredi 11 mai 2018

Les enfants qui grandissent en milieu rural sont-ils en meilleure santé mentale ?

Les chercheurs ont longtemps spéculé que plus l’environnement dans lequel nous grandissons est « sale » – avec beaucoup de germes – plus notre système immunitaire devient robuste. Une nouvelle étude publiée lundi dans les Actes de la National Academy of Science suggère qu’un tel environnement pourrait également être bénéfique pour notre santé mentale.

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L’hypothèse de l’hygiène – ou théorie hygiéniste – comme on l’appelle, stipule que notre système immunitaire doit être en contact avec des germes relativement inoffensifs et des substances étrangères dans ses premières années. Le but est qu’il puisse se calibrer, sans quoi il pourrait devenir trop sensible et réagir de façon excessive à certaines substances, comme la poussière et le pollen, entraînant alors des allergies et de l’asthme. De nombreuses recherches ont en effet montré que le fait de grandir dans un environnement rural – ou avec des animaux de compagnie – est associé à des taux plus faibles de maladies auto-immunes, tandis que les taux d’allergies et de maladies auto-immunes augmentent régulièrement dans les zones urbaines.

Christopher Lowry, professeur de physiologie à l’Université de Colorado à Boulder (États-Unis), théorisait il y a dix ans qu’un monde trop hygiénique pourrait également influencer notre risque de développer certaines maladies psychiatriques, comme la dépression et le stress post-traumatique. L’hypothèse pourrait ici expliquer pourquoi les taux de maladies psychiatriques sont plus importants chez les personnes vivant en milieu urbain. Le chercheur a récemment collaboré avec des chercheurs de l’Université d’Ulm en Allemagne pour tester directement cette théorie.

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Les chercheurs ont pour cette étude recruté 40 jeunes hommes allemands en bonne santé et âgés de 20 à 40 ans. La moitié des hommes ont expliqué avoir été élevés (jusqu’à l’âge de 15 ans environ) dans une ferme avec beaucoup d’animaux, tandis que l’autre moitié avait été élevée en milieu urbain et sans animaux. Des échantillons de sang et de salive ont été prélevés dans les deux groupes 5 minutes avant et 5, 15, 60, 90 et 120 minutes après le test. Les volontaires ont ensuite été invités à accomplir une série de tâches normalement stressantes : ils devaient dans un premier temps prononcer un discours devant des gens en blouse blanche sur la raison pour laquelle ils méritaient leur emploi de rêve. Ils ont aussi été invités à compter en arrière par intervalles de 17 à partir de 3,079, le tout en étant chronométrés.

Après ces tests, les individus élevés dans les villes avaient des niveaux significativement plus élevés de composants du système immunitaire appelés cellules mononucléaires du sang périphérique (PBMC). Ils ont également montré une élévation prolongée du composé inflammatoire interleukine 6 et une activation atténuée du composé anti-inflammatoire interleukine 10. «Les personnes qui ont grandi dans un environnement urbain ont eu une induction exagérée de la réponse immunitaire inflammatoire au facteur de stress, et elle a persisté tout au long de la période de deux heures», note Christopher Lowry.

Étonnamment, alors que leurs corps réagissaient au stress, ces anciens citadins se sentaient moins stressés que leurs homologues ruraux. «Cette réaction inflammatoire exagérée est comme un géant endormi dont ils ignorent totalement l’existence», poursuit le chercheur. Des études antérieures ont montré que ceux qui ont une réponse inflammatoire exagérée sont plus susceptibles de développer une dépression et un trouble de stress post-traumatique (TSPT) plus tard dans la vie. L’expérience a également montré que notre réponse immunorégulatrice au stress se développe au début de la vie, et est en grande partie façonnée par notre environnement microbien.

Rappelons que plus de 50% de la population mondiale vit désormais dans des zones urbaines, ce qui signifie que les humains sont exposés à beaucoup moins de micro-organismes qu’auparavant, notent les auteurs.

«Si vous n’êtes pas exposé à ces types d’organismes, alors votre système immunitaire ne développe pas un équilibre entre les forces inflammatoires et anti-inflammatoires. Vous pouvez alors développer une inflammation chronique et une réactivité immunitaire exagérée qui vous rend vulnérable aux allergies, aux maladies auto-immunes et, comme nous le proposons, à des troubles psychiatriques», explique le chercheur, qui préconise de «manger des aliments riches en bactéries saines ou en probiotiques, de passer du temps dans la nature et d’adopter des animaux de compagnie à fourrure».

Il sera en revanche nécessaire d’étendre l’étude à des échantillons plus importants, et plus diversifiés, puisque n’étaient impliqués dans cette étude que des hommes. «Beaucoup de recherches doivent encore être faites, mais il semble que passer autant de temps que possible, de préférence pendant l’enfance, dans des environnements offrant une large gamme d’expositions microbiennes a de nombreux effets bénéfiques», conclu le chercheur.

http://sciencepost.fr/2018/05/les-enfants-qui-grandissent-en-milieu-rural-sont-ils-en-meilleure-sante-mentale/

 

PRIX SPECIAL COMPLOTISME

La preuve que les mondialistes, l'UE et Macron ont tout faux !!!
Mais ont-ils vraiment tout faux ?
N'y aurait-il pas une volonté d'affaiblir les générations futures, plus fragiles,
plus rentables au niveau du business de de la santé
et plus malléables psychologiquement (oui, c'est très "complotiste" !).


Mais alors, pourquoi vouloir à tout prix rassembler les populations dans des métropoles tentaculaires et sans âme ?


Pourquoi avoir regroupé les régions autour d'une métropole et pourquoi avoir vidé les petites communes de leurs richesses pour les tuer et les supprimer ?
 
  S.R.

Voilà un commentaire qui mérite largement un prix "spécial complotisme" decerné par la rédaction du site!  P.G.

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mardi 10 avril 2018

Charente : un paysan menacé d’amende car il ne gagne pas assez

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Ras-le-bol de cette génération type macron, pétrie de normes, assoiffée de rentabilité
mais surtout insensible à la qualité humaine, à l'environnement (le vrai) !
Combien de temps va t-on encore devoir les supporter ?
  S.R.

La Direction départementale des territoires reproche à un paysan installé à Mouthiers-sur-Bohème, dont les vergers sont convertis au bio, de ne pas gagner le Smic.

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« J’en ai marre… J’ai juste envie de faire mon boulot, pas d’être un expert du droit et des réglementations ! » Paysan installé à Mouthiers-sur-Bohême (Charente), Pierre-Henri Piron a poussé cette semaine « un coup de gueule » largement relayé sur les réseaux sociaux contre l’administration.

Celle-ci lui reproche de… ne pas gagner assez. Car ses revenus tirés du maraîchage et de ses vergers – 7 ha, tous convertis en bio – n’atteignent pas le Smic !

La Direction départementale des territoires (DDT) a ainsi décidé de lui réclamer le remboursement d’une partie des aides perçues lors de son installation, en 2009. « Après cinq ans d’installation, il faut gagner l’équivalent d’un Smic, mais pas plus de trois ! Gagner assez, mais pas trop », résume Pierre-Henri Piron qui se verse chaque mois entre 500 et 1 000 euros de revenus.

S’il ne parvient pas à convaincre la DDT de sa bonne foi d’ici mi-avril, il devra rembourser 30 % de la dotation jeune agriculteur (DJA), soit 5 190 euros. « Ubuesque ! », rétorque le trentenaire qui a misé sur l’agro-écologie, la vente directe et les circuits courts afin de bâtir patiemment une exploitation solide et pérenne.

« J’ai une énorme demande, le public est là, assure Pierre-Henri Piron. Mais ces gens-là se mobilisent sur des questions administratives, des procédures, plutôt que sur l’urgence agricole et écologique… »

http://www.leparisien.fr/economie/charente-un-paysan-menace-d-amende-car-il-ne-gagne-pas-assez-08-04-2018-7652979.php

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Fronde en Corrèze après une campagne d’élagage ordonnée par le conseil départemental

Un singulier « facteur » à VTT s’est présenté, vendredi 6 avril, à l’hôtel de Roquelaure, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour délivrer au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, une missive dénonçant le « massacre des arbres » en cours en Corrèze.

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Parti le 31 mars de Tulle, Sébastien Birou, membre du collectif des Arboristes grimpeurs pour des interventions respectueuses et raisonnées (AGIRR19), a pédalé plus de 400 km pour interpeller M. Hulot. En son absence, le messager de 48 ans et une petite délégation de défenseurs des arbres ont été reçus durant une heure trente par Pastèle Soleille, ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts et sous-directrice de la qualité du cadre de vie au ministère. Leur interlocutrice a, disent-ils, « bien noté » les « problématiques ».

L’affaire a débuté en septembre 2017 lorsque, au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation – d’ici à 2021 – de la fibre optique par réseau aérien, le président (LR) du conseil départemental, Pascal Coste, a adressé une lettre comminatoire aux 28 000 propriétaires riverains de routes départementales.

L’écrit intimait l’« enlèvement des bois empiétant ou surplombant le domaine public », faute de quoi les travaux seraient exécutés « d’office » par le département qui présenterait alors la facture aux riverains concernés. Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre de cette opération prévue en trois phases jusqu’en 2021 sur 4 700 km de routes principalement bordées de chênes, de hêtres et de bouleaux, parfois centenaires.

Spectacle de désolation

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Philippe Brugnon, 77 ans, dont l’exploitation se trouve à cheval sur les communes de Goulles et Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle, dans le canton de Tulle, a reçu l’injonction en double exemplaire, et l’a ignorée. Les tronçonneuses n’en ont pas moins œuvré dans son voisinage. « L’une des deux routes menant chez moi ressemble désormais à une zone de combat avec ses troncs coupés à 1 m de hauteur », se désespère-t-il.

Pour économiser des frais d’élagage atteignant parfois plusieurs milliers d’euros, certains propriétaires se sont en effet résignés à l’abattage pur et simple de leurs arbres. « Beaucoup l’ont laissé faire par des forestiers peu scrupuleux qui en ont parfois coupé davantage et se sont rémunérés en emportant le bois », confie M. Brugnon.

Le spectacle de désolation de ces arbres « en drapeau » (amputés de la moitié de leurs branches) ou rasés heurte si profondément l’éthique du « facteur Birou » et d’une quinzaine de ses collègues arboristes-grimpeurs, qu’ils ont fondé le collectif AGIRR19.

S’ils reconnaissent la nécessité « d’enlever certains arbres malades ou dangereux en bord de route », les membres d’AGIRR19 se refusent à travailler dans l’urgence à l’encontre des bonnes pratiques. « S’occuper des arbres, c’est un métier, rappelle Benoît Gillie, 33 ans. Nous avons une formation en biologie, physiologie, architecture et pathologies de l’arbre, nous ne voyons donc aucune raison de blesser des arbres sains qui forment des corridors écologiques et patrimoniaux, et ont des fonctions d’ombrage et de maintien des talus. »

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Une pétition en ligne lancée, fin janvier, pour la suspension de la campagne d’élagage a déjà recueilli plus de 26 000 signatures. « C’est la première fois à l’échelle d’un département entier que le pouvoir politique décide de faire élaguer systématiquement et autoritairement tous les arbres appartenant aux riverains en bordure d’une départementale », tempête Louis Dubreuil, 67 ans, paysagiste, membre de la Société française d’arboriculture et conseiller technique de l’Association pour la protection des arbres en bord des routes, qui promet de porter ce contentieux devant la justice si nécessaire.

Réputé pour ses passages en force

Outre le non-respect de l’article L350-3 du code de l’environnement qui a créé, en 2016, un régime de protection spécifique des allées et alignements d’arbres, Antoine Gatet, juriste pour l’association Corrèze environnement, souligne le cadre juridique approximatif dans lequel agit le département.

Les propriétaires riverains n’auraient en effet pas à financer l’opération décrétée par M. Coste. « Le code de la voirie routière impose une obligation d’entretien des routes par le département, or la route, c’est aussi les bas-côtés, les fossés et les talus », explique M. Gatet.Quant à l’élagage destiné à préserver la fibre optique, « il est de la compétence des communes et du département, et relève du code des postes et télécommunications qui prévoit que l’opération doit être effectuée dans le respect de l’environnement et des riverains », dit-il.

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Selon M. Gatet, l’élagage doit être réalisé « à l’échelle communale ou par tronçons cohérents, en fonction de la présence d’espaces ou d’espèces protégés » et en concertation avec les associations environnementales. Ces dernières, nombreuses, demandent donc un moratoire au département. « Les moratoires sont synonymes d’immobilisme et prétexte à ne rien faire avant d’abandonner l’objectif initial », leur a répondu le « Président Coste » dans un courrier du 5 avril.

A 51 ans, cet éleveur, ancien président du syndicat professionnel Jeunes Agriculteurs et ancien secrétaire général de la FNSEA à la tête du département depuis 2015, est réputé pour ses passages en force. Surnommé le « Bulldozer » par ses opposants, il « assume » le ton « abrupt » de ses courriers, seul moyen, dit-il, qu’ils ne servent pas « à caler les armoires ».

Les résultats sont mitigés. « Sur 12 000 propriétaires concernés par la première phase, environ 4 000 nous ont fait savoir qu’ils élagueraient eux-mêmes, 1 000 ont choisi l’opération groupée proposée par le département, mais plus de 7 000 n’ont pas daigné répondre », a-t-il précisé, agacé, au Monde.

Refus de tout moratoire

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Il n’a pas digéré non plus le passage, le 31 mars, du président de la Ligue pour les oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, qui a qualifié l’opération de « grand n’importe quoi » et s’est ému de coupes pratiquées « en pleine période de reproduction ». « Les oiseaux ne sont pas cons, ils vont nicher au cœur de la forêt, loin des routes », se défend M. Coste.

S’il refuse tout moratoire, l’élu a lâché du lest face à la mobilisation. Le 5 avril, dans son courrier aux associations, il s’est engagé à « adapter la méthode », à renoncer aux exécutions d’office de travaux pour 2018 et a promis un « guide des bonnes pratiques de l’élagage ». « On passe du coercitif au contrat de confiance et d’engagement pour atteindre l’objectif d’ici trois ans », martèle-t-il toutefois.

Selon lui, la Corrèze n’est en rien « défigurée » par l’opération qu’il pilote. « Un million et demi d’arbres sont abattus chaque année dans le département pour l’exploitation et la valorisation forestière, et on déplore 10 000 arbres coupés ces six derniers mois ? », feint-il de s’étonner.

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Alerté par la lettre de Corréziens « à l’ancien patron de [leur] département », François Hollande,s’attend à être interpellé sur le sujet, le 14 avril, à Tulle où il dédicacera son dernier livre, Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros). Durant son mandat de président du conseil général de Corrèze de 2008 à 2012, l’ancien président de la République a « parfois » eu à régler des « questions d’arbres à traiter » mais il est surpris par l’« ampleur » et le « caractère systématique » du projet de M. Coste. « A moins qu’il y ait des arbres malades ou représentant des risques pour la sécurité, il faut préserver les équilibres et les paysages », a-t-il déclaré au Monde.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/04/06/fronde-en-correze-apres-une-campagne-d-elagage-ordonnee-par-le-conseil-departemental_5281913_3244.html#YpTehESW2XACtxMG.99

vendredi 6 avril 2018

Plus de 75 % de nos terres sont si dégradées qu’elles ne sont plus propices à la vie

D’après le récent rapport alarmant publié par la Plateforme Intergouvernementale Biodiversité et Services Écosystémiques, les dégradations environnementales menacent la qualité de vie de 3,2 milliards de personnes sur la planète. Il apparaît essentiel d’agir rapidement pour enrayer ce phénomène avant qu’il ne soit trop tard.

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Plus de 75% des terres de notre planète en grand danger

Le rapport publié par l’IPBES (groupe composé d’une centaine de spécialistes de la biodiversité originaires de 45 pays) le 26 mars dernier est formel : plus de trois quarts des terres de notre planète sont fortement dégradées. Parmi les causes principales, on retrouve évidemment la pollution et la déforestation qui ont détruit en grande partie ces zones et ont causé la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Si rien n’est fait, le pourcentage de terres dégradées pourrait grimper à 95 % d’ici 2050 et forcer des millions de personnes à migrer.

 

Comme l’explique Sir Robert Watson, président de l’IPBES : « La dégradation des terres, la part de la biodiversité et le changement climatique sont trois aspects différents du même défi central : les conséquences les plus dangereuses de nos choix sur l’équilibre de notre environnement naturel ». Ainsi, l’épuisement des terres cultivables et champs provoqué par une surexploitation et une gestion non durable impacte fortement la biodiversité, la sécurité alimentaire et la qualité de l’eau. Avec 87 % de pertes enregistrées depuis 300 ans, les zones humides, notamment défrichées pour produire de l’huile de palme, sont les plus durement touchées par le phénomène.

Des solutions existent, mais il est indispensable d’agir rapidement

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Les modes de vie à forte consommation énergétique dans les pays les plus développés et la consommation en hausse des pays en développement et émergents figurent parmi les causes sous-jacentes de ce phénomène inquiétant. Ajoutez à cela une forte croissance démographique partout dans le monde, et vous obtenez une expansion agricole considérable ainsi qu’une forte hausse de l’exploitation des ressources naturelles et de l’extraction des minéraux. Comme l’explique Luca Montanarella, co-auteur de l’étude : « Il est urgent de trouver un équilibre durable entre notre mode de vie et ses effets sur la nature ».

Dans certaines régions reculées d’Asie et d’Afrique, la dégradation des terres est jusqu’à trois fois plus rapide que dans le reste du monde, et restaurer ces terres s’avérerait économiquement bénéfique à moyen terme selon l’étude. Parmi les solutions éprouvées que le rapport préconise, on retrouve la replantation d’espèces endémiques, le développement d’infrastructures écologiques, l’assainissement des sols contaminés, le traitement des eaux usées ainsi que la restauration des cours d’eau.

Pour Robert Scholes, écologiste sud-africain ayant participé à l’étude, la terre doit être « gérée à petite échelle » et l’importation massive d’aliments produits dans les zones les plus touchées par les pays riches « drastiquement réduite » afin de pouvoir inverser cette tendance.

 

 

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Déforestation – Huile de palme

 


 

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En rouge sur cette carte, les zones arides sur notre planète. © USDA, Wikipedia, Domaine public

 


 

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Source :

https://dailygeekshow.com/terres-degradation-pollution-biodiversite-ecologie/

http://www.nationalgeographic.fr/environnement/2018/03/plus-de-75-des-terres-de-la-planete-sont-degradees

https://www.ipbes.net/news/media-release-worsening-worldwide-land-degradation-now-‘critical’-undermining-well-being-32

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-degradation-sols-scientifiques-tirent-sonnette-alarme-12792/

https://aphadolie.com/2018/04/05/planete-plus-de-75-des-terres-sont-degradees/

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mercredi 21 mars 2018

« Sortir du nucléaire civil » ou … sortir de l’UE et de la « défense euro-atlantique » ?

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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Quoi qu’on pense sur le fond de la question du civil en France (et le PRCF a pris position sur ce sujet dans le programme adopté à l’unanimité par la conférence nationale de 2011), est-il bien raisonnable pour nos camarades de la de centrer leur activité actuelle sur cette thématique alors que…

  • La destruction et la privatisation d’EDF battent leur plein au nom de la « construction européenne », et que la mise en place hautement discutable des compteurs « Linky » est inséparable de la casse du service public de l’ ? En particulier, est-il indispensable de faire chorus avec - les Verts, qui a toujours combattu en tant que tel sous l’égide d’un Cohn-Bendit ?
  • Macron est en train d’araser tout le socle social issu de 68, de 45 et de 36 en attaquant « tous ensemble et en même temps » le Code du travail, les statuts, l’hôpital public, la SNCF, le lycée, le bac national, l’enseignement professionnel public, les qualifs et les diplômes nationaux qui fondent les conventions collectives salariales, l’indemnisation du chômage, et qu’une grande manif se prépare le 22 mars à laquelle tous les militants progressistes – politiques ou syndicalistes – se doivent d’accorder une priorité absolue ?
  • Faire la cour à EELV, qui a sombré avec Hollande, après avoir littéralement aboyé pour l’intervention militaire et/ou pour les ingérences occidentales en Libye, en Syrie, en Ukraine, non sans avoir agoni d’injures le Venezuela bolivarien et Cuba. Flirter avec EELV est peut-être bon pour construire on ne sait quelle liste européenne (la faire gagner, c’est autre chose), mais cela ne peut qu’indisposer les dizaines de millions d’ouvriers et d’employés qui en ont plus qu’assez de la casse de la France et de la « construction » européenne que portent aux nues les EURO-FEDERALISTES prétendument « verts » ;
  • EELV est notoirement partisan d’une Europe des régions « dépassant » le cadre national et qui ressemble furieusement à l’euro-régionalisation de la France que Macron veut graver dans la constitution avec son « pacte girondin » et son inscription de la Corse dans la constitution.

    pcnr

  • seule une France franchement insoumise à l’UE, s’engageant fermement dans la construction d’une République sociale, souveraine et fraternelle, pourrait fédérer la MAJORITE de notre peuple, offrir une véritable alternative à Macron et aux Le Pen, et mettre enfin « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme y appelait le CNR*.
  • Certes, l’attitude ultra-européiste, des directions syndicales confédérales et du PCF-PGE n’aide pas à orienter l’ « insoumission » vers le Frexit progressiste et révolutionnaire. Raison de plus pour tous les militants franchement communistes, mais aussi pour les insoumis qui veulent vraiment stopper Macron, pour appeler ensemble – comme l’avait pourtant fait JLM au congrès de Clermont-Ferrand, à « briser les chaînes de l’Union européenne ».

Or, comme son nom l’indique, « Europe-Ecologie-les Verts » n’est rien d’autre, comme la Confédération européenne des syndicats ou comme le Parti de la gauche européenne, que conteste à juste titre le Parti de gauche, que l’une de ces chaînes !

 

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/sortir-du-nucleaire-civil-ou-sortir-de-lue-et-de-la-defense-euro-atlantique/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*"comme y appelait le CNR": le CNR rassemblait des mouvements au- delà du clivage "droite- gauche", seul moyen pour libérer la France! Sinon, je suis plutôt d'accord sur le diagnostic concernant les partis et syndicats européistes, en particulier EELV ou la CES....   P.G.

lundi 12 mars 2018

C’était mieux avant ? Pour la nature, certainement

L’idéologie du progrès, dit l’auteur de cette tribune, disqualifie toute référence au passé sur le registre du « retour à la bougie ». Pourtant, la nature se portait mieux avant, quand l’homme ne possédait pas les moyens techniques de la détruire à grande échelle.

TRIBUNE LIBRE / Simon Charbonneau est juriste et maître de conférences honoraire à l’université de Bordeaux I. Il est l’auteur de Le prix de la démesure.

TL BOUGIE

L’un des préjugés de l’idéologie du progrès est de dévaloriser tout ce dont on a hérité du passé, qui serait porteur uniquement d’une nostalgie sans justification rationnelle ou autrement à faire l’objet d’une muséification. Il s’agit là d’une attitude classique de nos opposants, destinée à disqualifier nos arguments, du genre « retour à la bougie ». La caricature dans ce domaine est représentée par le dernier livre du « philosophe » Michel Serres, intitulé C’était mieux avant !. Suite de Petite Poucette, ventant les miracles de la souris permettant d’accéder à internet, il était illustré par une paysanne lavant son linge à la fontaine, une image destinée à démystifier le passé.

Si dans certains domaines comme la santé, le confort domestique et tous les métiers pénibles, le progrès peut apparaître indiscutable (encore faudrait-il ne pas ignorer tous les revers de la médaille !), le bilan écologique actuel nous démontre abondamment que la situation antérieure des pays les plus développés était dans ce domaine beaucoup plus satisfaisante. Moins d’urbanisation, moins d’infrastructures de transports, moins de pollutions de tous types, si l’on s’en tient par exemple aux années de l’immédiat après-guerre. S’il y a un domaine indiscutable de régression, c’est donc bien celui de la protection de la nature ! Ce constat est à vrai dire celui des « vieux » qui ont vécu douloureusement la dégradation du contexte écologique provoquée par l’expansion du système industriel dans tous les domaines, expansion qui continue, comme le montre l’exemple actuel de la prolifération des champs d’éoliennes dans des paysages jusqu’à présent inviolés. Ce sont les naturalistes qui observent l’avancée de ce désastre en voyant disparaître certaines espèces d’oiseaux dans ce qui reste de nos haies ou de poissons de nos ruisseaux ou encore les randonneurs qui observent les « progrès » de l’artificialisation de la montagne dans l’ignorance des statistiques officielles abstraites de la chute de la biodiversité. Tout cela pour dire que pour l’homme, la nature n’existe pas seulement en lui en tant qu’animal mais aussi par la relation qu’il a pu établir avec elle !

Or, tout le monde a constaté que, paradoxalement, dans les déclarations officielles relatives à la crise écologique, il est manifestement interdit d’exprimer un sentiment de perte irréparable pour tous les amoureux de la nature. Cet interdit inconscient est révélateur de l’emprise idéologique de l’imaginaire progressiste des années d’après-guerre, destiné à occulter le désastre écologique en cours et qui continue à sévir aujourd’hui dans nos esprits du XXIe siècle. Pourtant, imaginer que l’on puisse par exemple observer à nouveau dans nos ruisseaux campagnards les vairons, goujons et écrevisses à pattes blanches comme par le passé, serait la preuve tangible de la réussite de nos politiques publiques de restauration de la faune halieutique !

Les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui 

Si l’on veut vraiment prendre la mesure du défi de la protection de la nature aujourd’hui, il faut alors poursuivre la réflexion en se demandant pourquoi donc la nature en question était mieux jadis protégée alors qu’il n’existait encore ni prise de conscience, ni politique globale de protection de la nature !! À vrai dire, la réponse est assez simple lorsque l’on y réfléchit un peu : les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui. L’arbre restait l’ennemi du paysan qui n’avait pas de tronçonneuse pour l’abattre mais pouvait vivre avec, car il faisait partie de son environnement familier.

C’est donc l’expansion fulgurante de nos moyens techniques qui est à l’origine de nos malheurs, faut-il le rappeler ! Par conséquent, si l’humanité veut stopper le désastre en cours, les hommes doivent à tout prix renoncer à rechercher l’efficacité technique au détriment des finalités qui la justifient, au contraire de ce qu’ils font maintenant. Ce qui signifie qu’ils doivent dorénavant cultiver une nouvelle exigence éthique fondée, comme l’a écrit Ellul il y a déjà longtemps, sur la renonciation à la recherche de la puissance dans tous les domaines.

À ce stade du raisonnement, il faut dire que l’on perçoit alors l’ampleur de la tâche qui attend l’homme moderne pour éviter les catastrophes à venir étant donné l’inertie de la société dans laquelle il vit.

https://reporterre.net/C-etait-mieux-avant-Pour-la-nature-certainement