lundi 15 janvier 2018

De quels temps Macron est-il le nom?

Lorsque la Syrie commence à voir la fin de son calvaire, ce qui de toute évidence aurait été impossible sans un soutien réel du peuple à son président, Emmanuel Macron déclare que Bachar est l’ennemi du peuple syrien[1], appelant ainsi à prolonger l’ingérence, l’incendie, le malheur et la mort parce que la guerre, c’est la paix.

TL MACRON DE GAULLE ORWELL

Quand la robotisation douée d’intelligence artificielle fait planer l’ombre d’un séisme sur l’emploi et appelle une réflexion profonde et novatrice, Emmanuel Macron choisit les politiques ultra-conservatrices d’un autre âge en massacrant le code du travail sans aucune autre perspective que la précarité des salariés parce que la liberté, c’est l’esclavage.

A l’heure où la technologie rend possible la diversification des sources d’information permettant les débats contradictoires afin de mieux cerner les faits, Emmanuel Macron annonce des outils de censure contre les médias qui n’adopteraient pas la ligne éditoriale de ceux possédés par l’Etat ou subventionnés par lui parce que l’ignorance, c’est la force.

Et c’est justement par un média d’Etat que l’on apprend que la promesse par le candidat Macron d’un service militaire obligatoire et universel pour les 18-21 ans – peut-être la seule qui valait de voter pour lui au premier tour de la présidentielle – est abandonnée pour un parcours citoyen pour collégiens. Ce remplacement, aussi valide que celui d’une voiture par une cafetière, prévoit notamment une semaine en partenariat avec des associations caritatives. Pour ne pas souligner l’irresponsabilité de cette gouvernance, on n’évoquera pas ici l’absurdité du projet de trouver chaque année suffisamment de telles associations pour prendre en charge plus d’un demi-million d’adolescents pendant une semaine.

Ce qui est inquiétant dans cette décision, c’est qu’à l’expérience du réel par de jeunes adultes, on préfère un formatage théorique des enfants. Car plutôt que l’excellent projet de confronter des jeunes gens à la réalité en faisant cohabiter – en particulier dans des dortoirs et des cantines – des blancs des beaux quartiers et des immigrés coiffés d’une capuche, on fera réciter ad nauseam dans les collèges, là où n’existe aucune mixité, le catéchisme habituel du vivre-ensemble citoyen (...). Mais pour ne pas souligner l’amateurisme de cette gouvernance, on ne rappellera pas qu’un parcours citoyen existe déjà à l’école depuis juin 2016.

Ainsi, après avoir ingéré les formations civiques et morales républicaines, les ABC de l’égalité, les stages en entreprise, l’antiracisme, les EPI, les itinéraires de découverte, les accompagnements personnalisés, la sécurité routière, la lutte contre l’homophobie et la semaine du goût, l’école va se charger d’une nouvelle mission, donc se donner une nouvelle raison d’échapper à la sienne. Notre ministre de l’Education tient des discours très encourageants sur la promesse d’un retour du bon sens et de l’instruction, mais la catastrophique réforme du collège de son prédécesseur a été maintenue. Alors quand Emmanuel Macron tient pour moderne l’orientation prise par l’école il y a plus de quarante ans, orientation ayant mené au désastre que l’on sait, notre ministre pourra-t-il s’y opposer ?

C’est en 1949 que Georges Orwell écrivait son 1984 alors finalement, on ne voit plus très bien ce qu’il y a de jeune chez le président Macron à part son âge. Peut-être parce que dans sa vision du monde, le passé, c’est le futur.

Par Michel Segal

Michel Segal est professeur de mathématiques. Auteur de trois essais sur l’école Autopsie de l’école républicaine (2008) – Violences scolaires, responsables et coupables (2010) – Collège unique, l’intelligence humiliée (2011). Et de Ukraine, histoires d’une guerre (2014) qui analyse la guerre qui déchire l’Ukraine en se fondant sur sa connaissance approfondie du contexte et des enjeux internationaux.

[1] Est-ce par fraternité que Macron fait référence au président syrien en l’appelant par son prénom ?

Source: https://arretsurinfo.ch/de-quels-temps-macron-est-il-le-nom/

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samedi 6 janvier 2018

« Les élèves ne savent pas ce que sont les mathématiques »

Avec douze médailles Fields – l’équivalent du prix Nobel en mathématiques –, la France se classe au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis. Depuis peu, elle se distinguait aussi dans les concours internationaux de mathématiques réservés aux lycéens. Mardi 29 novembre, l’étude « Trends in Mathematics and Science Study » (Timss) venait jeter un froid sur ces beaux succès.

ACT MATHS

Une partie de l’enquête s’intéresse aux performances en mathématiques des élèves de terminale S. Et le constat est sans appel : la France est le pays qui accuse la plus forte baisse (de 106 points), passant d’un score de 569 en 1995 à un score de 463 en 2015. Pis, des trois niveaux scolaires – « avancé », « élevé » et « intermédiaire » – que l’étude distingue, les élèves français ne sont, en 2015, que 1 % à atteindre le niveau « avancé » en mathématiques, et 11 % le seuil « élevé ». Il y a vingt ans, ils étaient respectivement 15 % et 64 %.

Des professeurs peu surpris

« Le programme de mathématiques en terminale S ne prépare plus à l’arrivée dans l’enseignement supérieur. Nous sommes souvent atterrés du niveau des étudiants en première année de licence scientifique. Ils ne savent pas ce que sont les mathématiques, ils ont juste appris des recettes de cuisine pour passer le bac », déplore Aviva Szpirglas, professeur de mathématiques à l’université de Poitiers. Interrogée avant la parution de l’étude Timss 2015, mais informée de la baisse très nette du niveau des élèves depuis 1995.

Martin Andler n’est pas plus étonné. Professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, président d’Animath, une association qui promeut les mathématiques chez les jeunes, il affirme même que « tous les mathématiciens savent que le niveau a diminué, ils en ont la confirmation avec cette étude très sérieuse ». Selon lui, la France a certes ses « meilleurs élèves, ceux qui participent aux compétitions internationales, mais ils sont la pointe extrême de l’iceberg. Mais nos bons élèves, eux, sont très loin d’être au niveau des bons Anglais ou Américains ». « Ils sont incapables de raisonner, appuie Denis Monasse, qui accompagne des jeunes de terminale qui se destinent à une classe préparatoire scientifique, après avoir enseigné les mathématiques, tant en terminale qu’en prépa, au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Ils ne savent plus ce qu’est une démonstration mathématique. On leur apprend à aligner des calculs stéréotypés. »

De l’avis de ces trois professeurs de mathématiques, l’étude Timss enfonce une porte ouverte. Preuve par l’absurde : « Les professeurs des lycées élitistes essaient de maintenir un enseignement parallèle en se raccrochant aux anciens programmes de maths, explique Denis Monasse. A Louis-Le-Grand, par exemple, de septembre à avril, nous préparions les élèves aux études supérieures, puis on les préparait au bac. » Ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’un tel soutien le paient cher et l’écart se creuse entre les élèves de « lycée normaux » et ceux des « grands lycées », aggravant l’impact du déterminisme social sur les performances scolaires.

Le ministère de l’éducation nationale impute cette baisse du niveau aux programmes scolaires français : ils ne seraient pas « en phase » avec ce qui est demandé dans une évaluation telle que Timss. Il rappelle également que la terminale S attire aujourd’hui des élèves ayant moins « d’appétence » pour les mathématiques qu’il y a vingt ans. Les professeurs interrogés font eux directement le lien avec les réformes du lycée menées depuis vingt ans. D’abord celle des spécialités quand, en 1995, les filières C et D ont été fondues dans une filière S (scientifique) regroupant des élèves de niveaux plus disparates en mathématiques.

Autre explication avancée par ces professeurs, l’obsession des gouvernements, de droite comme de gauche, de fabriquer des « honnêtes hommes », à l’image des savants de la Renaissance dotés d’une large culture générale. « Dans un contexte d’enseignement massifié, cela condamne les lycéens à être superficiels dans tous les domaines », estime Martin Andler. « On a choisi de former des citoyens plutôt que des scientifiques. Voici le résultat », tranche Denis Monasse.

http://www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2016/11/29/les-eleves-de-terminale-s-ne-savent-plus-ce-qu-est-une-demonstration-mathematique_5040022_4401499.html#ZIHVURdOd6pvGk9B.99

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A mon avis, il n'y a eu aucune obsession ces dernières années des gouvernements à former des "honnêtes hommes" dotés d'une large culture générale, contrairement à ce que prétend Martin Andler, bien au contraire. La superficialité vient davantage (entre autres) du fait qu'on a remplacé la culture générale par un "catéchisme citoyen" insipide avec une multitude d'activités inutiles, tout en dévalorisant les enseignements disciplinaires...   P.G.

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mercredi 27 décembre 2017

Pas assez laïc, un film d'animation sur la Nativité arrêté en pleine séance scolaire

Alors que les enfants du groupe scolaire de Langon, dans la Gironde, croyaient assister à un conte de Noël, les enseignantes ont dû interrompre la séance et les renvoyer en classe... Le film contrevenait aux valeurs de l'école.

Le 13 décembre, les 83 écoliers du groupe scolaire de Langon, une petite commune du Sud-Ouest située entre Bordeaux et Agen, assistaient à une projection du film d’animation américain L’Etoile de Noël au cinéma local, quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes, selon Le Républicain Sud-Gironde du 22 décembre.

ACT PROF INSOUMISE

Après quelques minutes de visionnage, ces dernières se sont aperçues que le film de Noël choisi n'était pas en accord avec les valeurs de l'école républicaine laïque.

En effet, L'Etoile de Noël, long-métrage d'animation américain réalisé par Timothy Reckart, est un conte de Noël qui raconte le mythe de la naissance de Jésus-Christ selon les préceptes de la Bible, une épopée enrichie d'animaux qui parlent et largement inspirée des succès de l'animation des années 2000, comme en témoigne le pitch : «Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques…»

Malheureusement pour les enseignantes, une fois la séance commencée, elles ont réalisé leur erreur : L'Etoile de Noël n'est pas seulement un conte de fin d'année, mais relate surtout le périple de Marie et Joseph jusqu'à Bethléem.

Interrogé par le journal Le Républicain, le responsable du cinéma a lui-même reconnu qu'il n'avait pas encore visionné le film et a accepté de rembourser la séance à l'école. Les enfants ont donc quitté le cinéma en pleine séance et sont retournés en classe... Il faudra attendre l'année suivante pour une nouvelle séance scolaire en toute laïcité.

https://francais.rt.com/france/46789-laicite-film-danimation-sur-nativite-arrete-pleine-seance-scolaire-video

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Une belle réussite pédagogique! Un projet visiblement bien préparé et une éducation à l'esprit critique pour le moins audacieuse...  A un tel niveau de compétence, on ne peut que s'incliner.    P.G.

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mercredi 20 décembre 2017

Le coup de grâce pour le lycée?

TRIBUNE LIBRE

Le gouvernement Macron-Philippe avance au pas de charge, espérant étourdir tous ses adversaires, anéantir toute résistance. À côté de tous les « chantiers » de la contre-réforme, celui de l’école est ouvert. Dans la ligne de mire : le lycée et le passage dans l’enseignement supérieur.

TL EDUCATION BAC

La phase 1 est engagée. Le baccalauréat n’est plus le premier grade universitaire et donc la carte d’accès à l’Université. On sait depuis des années que les facultés sont devenues trop souvent des voies de garage pour les élèves recalés à l’entrée dans les formations sélectives (BTS, DUT, CPGE, doubles cursus de certaines universités, etc.).  Le taux d’échec en première année est dénoncé comme un scandale national depuis très longtemps maintenant. Depuis quelques années, les facultés elles-mêmes sont engorgées et ne peuvent plus accueillir tous les étudiants qui voudraient y entrer, et ce, d’autant plus que l’autonomie des Universités (organisée par les gouvernements de droite et de gauche avec le même enthousiasme a asphyxié bon nombre d’entre elles. Comme dernier recours plusieurs départements universitaires (notamment dans les filières STAPS) ont recruté les étudiants de première année … par tirage au sort. Comme il fallait un coupable, on a désigné APB (l’application Admission Post-Bac) qui était évidemment étrangère au chaos de la rentrée 2017. Mais c’est bien connu, « c’est la faute à l’ordinateur ». Du coup, pour la rentrée prochaine, APB est modifiée afin de limiter les choix ouverts aux élèves et surtout les conseils de classe, sous la houlette de deux professeurs principaux vont donner un avis (une sorte de pré-sélection) qui pourra être utilisé par l’université pour accepter les nouveaux étudiants. Ainsi se met en place, à petits pas mais sans le moindre doute quant à la direction suivie, la dévalorisation définitive du bac et un nouveau mode de sélection pour l’entrée à l’université.

Ce qui se passe concernant l’entrée à l’Université est à mettre en rapport avec le grand chambardement dans lequel est engagé l’enseignement supérieur avec des fusions d’universités, et des fusions d’universités avec les grandes écoles (Centrale et le campus de Saclay par exemple), la constitution de trusts des écoles privées, de manière à construire des « entreprises » d’enseignements ayant une taille suffisante pour être concurrentielles dans le grand marché mondialisé de la production des diplômes.

Phase 2 : Les transformations qui sont en cours au niveau du supérieur exigent donc que le lycée, qui avait survécu à un bombardement intense de « réformes » depuis plusieurs décennies, soit rasé. La fin du baccalauréat comme premier grade universitaire implique un bouleversement de toute l’organisation du lycée. On annonce ainsi la fin des filières (L, S, ES) et l’organisation d’un « lycée à la carte ». Seules trois matières seraient communes à tous les élèves, tout le reste étant constitué de « modules » au choix. L’enseignement serait ainsi vendu « par appartements ». Les avantages de tout cela seraient multiples.

D’abord faire des économies. En gardant des classes à 35 élèves maximum, qu’il n’y ait plus de filières permet de regrouper les élèves sur l’ensemble d’un lycée (demain d’un « bassin » constitué de plusieurs lycées) pour optimiser le remplissage. Ensuite introduire plus facilement de nouvelles disciplines apparaissant sous forme de modules. Ainsi depuis des décennies le MEDEF demande la suppression des « sciences économiques et sociales » (trop « marxistes », sic) qu’on pourrait remplacer par des modules conçus pour les besoins et la gloire de l’entreprise. Caler tout l’enseignement sur les « besoins de l’entreprise », c’est ce qui était déjà demandé par le CNPF en 1967 !

Certes, on n’en est encore qu’aux conjectures. Ce qui filtre du rapport Mathiot n’est peut-être pas ce que sera la réforme définitive. La technique est assez connue : on annonce officieusement un véritable tremblement de terre et quand la vraie réforme viendra sur le tapis on se dira que c’est moins catastrophique que prévu… ce qui permet d’avaler toutes les couleuvres qu’on veut nous faire avaler. Mais la direction est on ne peut plus claire.

Une dernière remarque : rien de tout cela n’est nouveau. En dépit du discours tenu par Blanquer qui se veut « restaurationniste » et cherche à séduire les « finkelkrautiens » largement majoritaires chez les professeurs, le gouvernement se situe dans la stricte continuité de ses prédécesseurs. Blanquer défend « l’école du socle », la décentralisation, le pouvoir accru des chefs établissements, le décloisonnement des disciplines, bref tout ce qui figurait dans la loi de « refondation républicaine de l’école » présentée par Peillon et dans les orientations de NVB. Ici comme ailleurs, le macronisme n’est que du hollandisme jusqu’au bout.

http://la-sociale.viabloga.com/news/le-coup-de-grace-pour-le-lycee

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lundi 18 décembre 2017

Brèves d'antipresse

TECHNOLOGIE | La Silicon Valley protège ses enfants, elle!

MC ECOLE SYRIE DEC17

Le journaliste qui a découvert, tout à fait par hasard, que Steve Jobs ne laissait pas ses gosses utiliser l’iPad, en est resté bouche bée :

«“Alors, vos enfants adorent surement l'iPad?", ai-je demandé à M. Jobs, en essayant de changer de sujet. La première tablette de l'entreprise venait juste de sortir. “Ils ne l'ont jamais utilisé“, m'a-t-il dit. “Nous limitons la quantité de technologie que nos enfants utilisent à la maison."»

Depuis lors, les gouvernements ont massivement équipé les écoles de tablettes, les enfants sans smartphone se sont faits rares (et bizarres), mais les parents de la Silicon Valley ont continué de faire exception.

Même les enfants de Sergey Brin, de Google, grandissent avec un temps d’écran strictement limité, affirme leur maman, Anne Wojcicki, fondatrice de l’entreprise de testes génétiques 23andMe.

Le tout dernier exemple vient de Chamath Palihapitiya, ancien cadre de Facebook et poids lourd dans les investissements technologiques, dont les enfants n’ont aucun accès du tout aux écrans!

«Palihapitiya dit que ses trois enfants, âgés de 5 à 9 ans, «le demandent tout le temps parce que leurs amis l'ont tout le temps». Mais il assure qu'il ne cède jamais, sauf occasionnellement pour un film.»

Il ajoute encore que les médias sociaux sont en train de «démolir» la société.

Les parents ordinaires, impuissants face à l’addiction de leurs enfants à la technologie, seront rassurés d’apprendre que les barons de la Silicon Valley protègent aussi bien leur progéniture contre les drogues qu’ils vendent au reste du monde.

http://log.antipresse.net/post/technologie-la-silicon-valley-protege-ses-enfants-elle?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

USA | Quand le « Russiagate » débouche en… Israël

L’Amérique est tout entière suspendue aux résultats de l’enquête sur le Russiagate. Jusqu’ici ni la meute des limiers des agences de renseignement, ni celle des journalistes branchés sur l’affaire du siècle, ni les recherches du procureur spécial Robert Mueller n’ont fourni la preuve d’une collusion de l’équipe de Trump avec le Kremlin pour manipuler l’élection présidentielle. Mais les récents aveux du Général Michael Flynn ont au moins révélé une chose et la preuve est là : il y a eu effectivement collusion! Non pas avec la Russie, mais avec Israël, pour mettre en échec une résolution des Nations Unies condamnant la politique de colonisation en Cisjordanie!

«Jusqu’à ce que Mueller publie son rapport final, nous pouvons tous nous mettre d’accord sur nos désaccords au sujet de la collusion ou non entre la campagne électorale de Trump et la Russie. Pour le moment, toutefois, ce que nous savons avec certitude et qui semble indiscutable, c’est que Flynn et Kushner sont entrés en collusion avec Netanyahu et Dermer, sur l’ordre de Trump, pour rendre l’Amérique non pas great again, mais bien moins sûre.»

«Pourquoi cela ne fait pas la une des nouvelles?» se demande avec une fausse candeur The Intercept. La réponse est toute trouvée: c’est qu’il n’y a pas là de quoi fouetter un chat.

http://log.antipresse.net/post/usa-quand-le-russiagate-debouche-en-israel?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

FRANCE | Apprend-on encore à lire à l’école?

Pendant que la nation pleurait la mort de deux géants de sa culture, Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday, un avis de décès moins spectaculaire mais plus affligeant encore passait inaperçu: celui de l’alphabétisation au pays de Jules Ferry!

Les conclusions de l’enquête Pirls sur les niveaux scolaires dans 50 pays sont affligeantes pour la France, qui tombe à l’avant-dernier rang européen, tout juste devant la Belgique!

«Les écoliers français se classent 34e sur 50 en compréhension en lecture, avec 511 points. Ils sauvent tout juste l'honneur, en dépassant de peu le dernier pays européen, la Belgique francophone (497 points).»

En quinze ans, seuls la France et les Pays-Bas ont régressé en matière d’apprentissage de la lecture, tandis que la Belgique, en queue de peloton, consolide son bonnet d’âne. Il faudra nommer une commission interdisciplinaire de haut niveau pour essayer de comprendre pourquoi…

http://log.antipresse.net/post/france-apprend-on-encore-a-lire-a-lecole?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

SYRIE | Au fait, QUI a vaincu Daech?

Pendant que nos médias s’indignent de l’«appropriation» de la victoire contre Daech en Syrie par Vladimir Poutine, on apprend tout de même que «l’aide militaire fournie aux rebelles syriens a indirectement contribué à armer l’EI». Une aide militaire qui, entendons-nous bien, n’a pas été fournie par la Russie, mais bien par les Occidentaux. Lesquels ont également — c’est désormais confirmé — conclu un accord secret avec les djihadistes à Raqqa, qui a «boosté la lutte des Etats-Unis contre les forces du président syrien Bashar al-Assad». Lequel accord avait pour but de permettre auxdits djihadistes d’évacuer la ville et aller combattre le gouvernement de M. Assad ailleurs en Syrie.

Quels mythomanes, ces Russes! Aller prétendre qu’ils ont éliminé l’EI tout seuls avec Bashar!

http://log.antipresse.net/post/syrie-au-fait-qui-a-vaincu-daech?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

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mercredi 29 novembre 2017

Les enseignants refusent un spectacle de Noël « vulgaire » offert aux écoliers de Guéret

Intitulée La Petite fille hamster qui rêvait d'être une girafe, cette pièce de théâtre jeune public écrite, mise en scène et programmée par Filip Forgeau à La Fabrique, à Guéret, a été jugée inadaptée pour des élèves d'école élémentaire. Un accroc dans la dernière saison pilotée par la Compagnie du Désordre, avant un changement de direction de la scène conventionnée de Guéret.   

ACT SEXE ENFANTS

Comme beaucoup de communes en France, la ville de Guéret offre un spectacle de Noël à ses écoliers. Il s’agit traditionnellement d’un spectacle jeune public programmé par La Fabrique, la scène conventionnée dont la ville est elle-même le principal financeur. 

Cette année, les élèves des classes élémentaires de toutes les écoles de Guéret n’assisteront pas au spectacle proposé par La Fabrique  et intitulé La petite fille hamster qui rêvait d'être une girafe. En concertation, les professeurs des différentes écoles de la ville ont décidé de  décliner le « cadeau » fait à leurs élèves. Raison invoquée : « Le texte comprend trop de gros mots ».

Cinquante ans après Zazie dans le métro...

Le texte de "Zazie dans le métro" de Raymond Queneau est étudié en classe (du moins au collège) depuis quelques décennies.

Où se situe la frontière entre un champ lexical très coloré et la vulgarité ? 

En découvrant le texte de La Petite fille hamster qui  rêvait d'être une girafe, les instits de Guéret ont on décidé que cette pièce était en tout cas inadaptée .

Morceaux choisis :  « Dans ma tête, il y a une petite girafe qui aurait préféré être un garçon. Un petit girafon. Avec un zizi et des couilles… Et le petit girafon se les gèlerait sur la banquise en se demandant ce qu’il fout là (…) Elles vont me recouvrir, les neiges du Kilimandjaro ? C’est trop con, c’est trop con ».

Un enseignant guérétois ne veut pas discuter du fond, il s'est arrêté au vocabulaire employé  : « Il y a plus de gros mots dans ce texte que de trous dans un emmental. Alors c'est sûr, les enfants connaissent des gros mots, en disent mais notre devoir c'est quand même de les protéger de la vulgarité ».

L'auteur de la pièce c'est Filip Forgeau, qui est l'artiste associé  et donc le programmateur de La Fabrique depuis une douzaine d'années. Nous avons essayé de le contacter, ainsi qu'Hervé Herpe, qui co-dirige avec lui la scène conventionnée de Guéret, en vain. 

Une crispation qui intervient alors que la Compagnie du Désordre vient d'attaquer sa dernière saison 

Filip Forgeau est également le metteur en scène de cette création qu'il destine aux enfants à partir de six ans. Une seconde mouture du texte, édulcorée, a été proposée aux enseignants, qui l'ont refusée également.

Christian Dussot, adjoint à la culture de Guéret, ne prend pas position : «  Je respecte la liberté pédagogique comme la liberté artistique ». En lieu et place, les élèves des écoles élémentaires de Guéret iront au cinéma Le Sénéchal voir un film... norvégien (non, ce n'est pas une punition).

Ils auront de toute façon le loisir de découvrir  ce spectacle de Filip Forgeau en dehors du cadre scolaire : La Petite fille hamster est au programme de la Fabrique vendredi 1er décembre à 20 heures  (dans le cadre des vendredis sorties).

Cette crispation autour d'une proposition de Filip Forgeau ne risque pas de se reproduire l'année prochaine. La convention qui confie depuis 2006 la direction artistique de La Fabrique à sa compagnie ( La Compagnie du désordre, installée dans le Finistère) n'a pas été renouvelée pour la période 2018-2021. La ville de Guéret a d'aillleurs lancé un recrutement pour la direction de sa scène conventionnée.

Julien Rapegno 

http://www.lamontagne.fr/gueret/education/creuse/2017/11/25/les-enseignants-refusent-un-spectacle-de-noel-vulgaire-offert-aux-ecoliers-de-gueret_12644490.html


 

BASE 14 995X225Il n'y pas qu'un problème de vulgarité, apparemment: il est aussi question de sexualité, voire de "théorie du genre" à destination des tous petits. Certains lobbies, sous couvert de "liberté artistique", n'hésitent plus à mettre en oeuvre une propagande éhontée envers un public captif et pas encore en mesure d'exercer le moindre discernement, au risque de les perturber gravement.

Question bête: que font les parents d'élèves?

La convention n'est pas renouvelée, voilà au moins une bonne nouvelle.

S.R. / P.G.

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dimanche 26 novembre 2017

Glyphosate: la Suisse refuse son interdiction!

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L’excellent magazine de consommation Bon à savoir rend compte de l’étrange décision du Conseil fédéral suisse de classer le Glyphosate sans danger sans attendre la prise de position des pays voisins.

«On peut donc s'étonner que, à quelques jours d'une décision aussi importante, la Suisse fonce sans attendre et tête baissée, pariant sur le verre à demi vide. Visiblement sans tenir compte des études récentes démontrant que, même à doses extrêmement minimes, les perturbateurs endocriniens (qui passent à 80% par l'alimentation, en particulier via les pesticides) engendrent un véritable cocktail explosif quand ils sont associés les uns aux autres...»

Diffusant l’article sur les réseaux sociaux, la rédactrice en chef Zeynep Ersan Berdoz ajoute une question «quiz» qui pourrait aider à comprendre cette soudaine témérité des placides Helvètes: «Au fait... dans quel pays se trouve le siège européen de Monsanto?» (Z. E. B. sur son Facebook, le 171120)

http://log.antipresse.net/post/glyphosate-la-question-a-un-milliard?mc_cid=b6970f6567&mc_eid=3a5e263339

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Réduction des dépenses : Blanquer annonce un nouveau baccalauréat pour 2021

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a confirmé qu'une réforme en profondeur du baccalauréat était prévue pour 2021, notamment afin d'en réduire le coût. Parmi les pistes possibles : une réduction à quatre épreuves principales.

ACT BAC

L'austérité budgétaire mise en place par le gouvernement d'Edouard Philippe n'épargnera pas l'école. Invité sur le plateau de BFMTV le 16 octobre, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il envisageait une réforme du baccalauréat pour 2021.

La refonte de l'épreuve annoncée par le ministre vient confirmer ce qu'avait déjà évoqué le Premier ministre Edouard Philippe en juillet, lors de sa déclaration de politique générale. Il avait alors clairement expliqué que cette réforme visait notamment à faire des économies. «Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat», avait-il martelé face aux députés.

La question du coût de l'épreuve fait débat : si la rue de Grenelle avance celui de 500 millions d'euros, nombre de syndicats ont toujours accusé le ministère de maquiller les chiffres. Une étude publiée en 2013 par le principal syndicat de chefs d'établissement évoquait la somme de 1,5 milliard d'euros. A titre de comparaison, l'Italie dépense environ 70 millions d'euros pour organiser un examen équivalent.

Une promesse commune à Macron, Fillon et Hollande

De son côté, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'une «concertation» débuterait dans peu de temps et qu'elle permettrait de dégager de grands axes de réforme pour 2018. Mais le programme d'Emmanuel Macron avançait déjà quelques pistes. L'objectif : diminuer drastiquement le nombre d'épreuves pour ne retenir que quatre matières principales. Le contrôle continu serait alors intégré à la note finale.

De telles mesures figuraient d'ailleurs dans le programme de François Fillon, qui pointait également du doigt le coût jugé trop élevé de l'épreuve pendant la campagne présidentielle. Ces mesures faisaient aussi partie du programme de François Hollande en 2012. Il n'avait finalement pas ouvert ce chantier lors de son quinquennat.

Jean-Michel Blanquer a également avancé la nécessité de faire du baccalauréat une épreuve plus équitable. «Des bacheliers, y compris parmi les plus méritants, se retrouvent exclus par tirage au sort des filières universitaires qu’ils ont choisies ! Où est l’égalité ? Où est le mérite ? Où est la République ?», s'est-il interrogé. Il n'a néanmoins pas précisé comment la réduction du nombre des épreuves devait permettre l'amélioration de l'orientation et de l'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur.

Source: RT.


 

BASE 14 995X225Comme le souligne cet article: Fillon et Hollande avaient le même projet: Macron ne fait qu'appliquer les directives européennes, comme ses petits copains.

P.G.

mardi 14 novembre 2017

BAC et diplômes nationaux, statuts, université, code du travail, conventions collectives, salaires, sécu, retraite = même combat

Profitant de la riposte très insuffisante et routinière que lui opposent les états-majors syndicaux euro-formatés (journées « saute-mouton » sans perspective, dialogue social bidon avec le MEDEF et/ou avec son appendice jaune, la CFDT, allégeance à cette courroie de l’UE qu’est la C.E.S., refus d’organiser une manifestation nationale de combat ouverte à tous les militants (syndicaux, politiques et associatifs) du progrès social et appelant à la grève inter-pro reconductible…), Macron amplifie son offensive euro-thatchérienne ; son but est de mettre hors-de-combat le mouvement populaire pour liquider d’un coup tout ce qui subsiste des acquis sociaux et démocratiques conquis de haute lutte par les travailleurs au cours des deux derniers siècles…

ARG FREXIT EDUCATION PRCF

La destruction du BAC dans le viseur de MACRON UE MEDEF

Parmi ses cibles figure au premier rang le baccalauréat national, cette exception française très POSITIVE ; comme on sait, le « bac » est un examen national anonyme premier grade universitaire et qui, comme tel, donne directement accès à l’. C’est l’inverse dans nombre de pays européens, notamment en RFA et dans les pays de tradition anglo-saxonne, où un tri rigoureux à base d’hyper-sélection sociale et financière barre l’entrée du Supérieur à la majorité des ex-lycéens, dont beaucoup sont précocement envoyés vers la vie active, l’apprentissage sous domination patronale ou… le chômage. Voulue par Macron et par Blanquer, la prochaine « réforme » du bac, devrait s’adosser à celle, très proche, du lycée public. Alors qu’il faudrait consolider le bac et l’Université en donnant à la seconde les moyens d’accueillir dignement tous les étudiants qui le souhaitent et en rendant au bac sa vraie signification, érodée par des années de barèmes sciemment laxistes*, la réforme Blanquer visera clairement – seules certaines directions syndicales feignent encore de croire que « la discussion est possible » – à transformer le bac en diplôme local, totalement dévalué et distribué principalement sur contrôle continu établissement par établissement, ce qui en ferait en réalité un diplôme sans valeur nationale, pour ne pas dire stigmatisant (car un tel « examen » vaudrait ce que vaut, dans les classements médiatiques, l’établissement concerné sur le « marché » éducatif). De la sorte, il serait facile

  • d’engager en grand la dénationalisation de l’enseignement secondaire public, d’aggraver la concurrence entre lycées publics et entre système public et système privé, que d’ores et déjà, des « présidents de grande Région » comme le sinistre Wauquiez privilégient grossièrement ;
  • de détruire le statut national des professeurs et des autres personnels de l’Education nationale, statut qui est un héritage du CNR (très précisément, du ministre d’Etat et ancien mineur Maurice Thorez, auquel on doit aussi le statut des personnels du sous-sol…), autrement dit de priver les personnels de la sécurité de l’emploi, de les livrer à l’arbitraire total (recrutement, missions, renvoi…) de leur chef d’établissement et, par leur intermédiaire, de les soumettre à la bourgeoisie locale comme c’est déjà le cas en pays anglo-saxons où les associations réactionnaires de parents d’élèves font souvent la pluie et le beau temps dans les écoles : fin de la laïcité scolaire, chape de plomb idéologique tombant sur une école publique déjà largement en voie, hélas, de caporalisation par l’idéologie dominante quand ce n’est pas directement par le MEDEF; bref, le devoir des syndicalistes véritables est d’expliquer que diplôme national, statut national, Education nationale et laïcité scolaire garantissant au moins dans le principe l’accès aux « lumières communes », forment un bloc institutionnel progressiste (sinon dans leur réalité, très dégradée par des décennies d’attaques diverses, du moins dans leur « philosophie ») dont la cohérence clairement républicaine, laïque et nationale, doit être globalement défendue ; en réalité, certains dirigeants syndicaux enseignants se montrent plus soucieux de leur image bien-pensante et « européennement correcte » que de l’intérêt des personnels et, de ce fait, ils accompagnent la dissolution euro-maastrichtienne de l’Etat-nation français, socle des , des diplômes et de l’Education « nationale ». Une telle attitude voue les enseignants et la jeunesse à une défaite sociopolitique historique… du moins si rien n’est fait pour bousculer ces états-majors décaféinés qui confondent l’internationalisme des peuples avec l’allégeance à l’UE supranationale, patronale et atlantique ;
  • Ce sont en dernière analyse les salariés du privé, donc le prétendu « coût du travail », surtout les jeunes salariés et futurs salariés que cible la casse programmée du lycée et du . En effet, depuis le Front populaire, qui imposa les premières , et le gouvernement de la Libération issu de la Résistance, où le ministre communiste, ex-dirigeant de la fédération CGT de la Métallurgie Ambroise Croizat généralisa les conventions de branche, les contrats de travail du privé sont ancrés nationalement sur les diplômes et qualifications garantis par l’Education nationale et par l’Université (laquelle dispose encore du « monopole de la collation des grades », un principe qu’a déjà ébréché Sarkozy au profit des « universités » privées). Les conventions collectives sont en effet adossées aux grades scolaires et universitaires, CEP, CAP, brevet, bac, bac + 2, + 3, + 4, etc. et c’est à partir de cela que le salaire, lié à la qualification, est nationalement cadré, ce qui donne évidemment un avantage majeur aux travailleurs. Le lien à échelle nationale qualification/Salaire, que complète le principe de la cotisation sociale qui fonde la Sécu et les retraites par répartition (elles aussi instituées par Croizat) solidarise ainsi l’Education nationale, ses diplômes, les agents publics, notamment les enseignants, et par leur entremise, tous les agents publics, aux travailleurs du privé ; la destruction du bac national et, dans la foulée, n’en doutons pas, des statuts nationaux, serait un coup terrible pour tous les travailleurs. Elle serait aussi un coup majeur contre l’unité de combat des jeunes en formation et de la classe laborieuse (en France, cette unité est stratégique pour notre classe, comme on l’a vu en 68, en 86 ou lors des luttes anti-CPE de 2006) ; ce n’est donc pas pour rien que le MEDEF, la droite et le gouvernement ne cessent d’attaquer l’école, les diplômes, le bac, l’Université publique, les grandes écoles scientifiques et les classes préparatoires (issues, dans leur principe, de la Révolution française) pour instituer un système à l’anglo-saxonne de « compétences rechargeables tout au long de la vie » ; ce qui signifie en réalité une intense précarité pour les salariés auxquels plus rien ne serait d’emblée reconnu en terme de valeur professionnelle… pendant que ledit MEDEF bénéficie de la sollicitude de l’Etat-Providence… patronal ! Derrière le thème alléchant de la « formation tout au long de la vie », du retour à l’apprentissage « dès 16 ans » (13 ans, disait la constitution européenne…), on imagine la PRESSION permanente que les futurs salariés devront subir au détriment de leur santé, de leur vie privée, de leur capacité de dire non aux patrons et de leurs obligations familiales… surtout à l’heure de l’ « ubérisation » générale chère à Macron, de la « libéralisation du marché du travail » et de « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » qui définit, de par ses traités, ce féroce empire patronal qui a nom Union Européenne !
  • Il n’est donc pas difficile d’articuler la casse scolaire massive qui s’annonce aux autres contre-réformes visant à casser le , DONC LES CONVENTIONS COLLECTIVES, DONC LES DES TRAVAILLEURS DE FRANCE, donc de la cotisation sociale et de la Sécu, des retraites et des indemnités chômage (de tout le salaire indirect des travailleurs !). Les directions de syndicats enseignants qui ne sonnent toujours pas clairement le tocsin contre la contre-réforme Blanquer du lycée (annoncée pour janvier !!!) et contre la casse du bac, qui ne font pas le lien entre la casse de l’école, de la fonction publique et les « lois Travail » successives, préparent ainsi, volontairement ou pas, le démantèlement du second degré français. Car ce dernier ne pourra pas être sauvé par les enseignants seuls, pas plus que les salariés du privé ne pourront seuls arrêter la casse du code du travail et des conventions collective qu’elle annonce.

Pour défendre les travailleurs, défendre le cadre national des conquêtes sociales contre les attaques de l’Union Européenne du Capital

Mais pourquoi, idéologiquement parlant, les directions euro-formatées des syndicats refusent-elles de dénoncer publiquement ce lien patent, évident, entre casse de l’école et casse du contrat de travail privé ? Serait-ce parce qu’elles n’ont pas le courage de défendre le cadre national, en voie d’euro-dissolution néolibérale avancée ? Il est vrai qu’une grande partie de la gauche politique, voire de l’ « extrême » gauche, refuse de distinguer, d’une part, entre le nationalisme raciste de Le Pen et la défense hautement légitime de la nation, cadre politique de la souveraineté populaire, d’autre part entre l’internationalisme populaire et le supranationalisme bourgeois que portent le Parti de la Gauche Européenne (auquel adhèrent le PCF et le PG), la Confédération Européenne des Syndicats, sans parler du Parti Socialiste Européen. Mais aussi et surtout, faire le lien que nous soulignons entre la défense de l’Education Nationale d’une part (et de tous ses appendices institutionnels énumérés ci-dessus) et la défense des conventions collectives et du Code du travail, ce serait montrer la dimension de CLASSE anticapitaliste d’une défense conséquente de l’école publique, et symétriquement, ce serait montrer qu’il est impossible de mettre le capital sur la défensive tant qu’on ose pas lier la défense des travailleurs à celle de l’indépendance nationale, comme osaient hier le faire le PCF ou la CGT d’Henri Krazucki. Bref, nos dirigeants euro-béats, qui n’ont à la bouche que le slogan suicidaire de l’ « Europe sociale » (pendant qu’on attend sans fin cette Arlésienne, l’UE détruit ICI ET MAINTENANT nos acquis ancrés dans l’histoire nationale et internationaliste du prolétariat !), ne veulent pas construire les conditions du tous ensemble des travailleurs du public, du privé, de ces travailleurs en formation que sont les lycéens et étudiants, de ces vieux travailleurs que sont les retraités, de ces travailleurs privés d’emploi que sont les chômeurs.

Pour cela il faut oser lier, comme le PRCF est quasiment le seul à le faire systématiquement en France, le drapeau rouge internationaliste du Travail au drapeau tricolore de la nation souveraine (comme ce fut le cas lors du Front populaire et de la Résistance, notamment à l’initiative de Jacques Duclos et de Benoît Frachon) pour démasquer l’euro-destructeur en chef de la France, E. Macron, dénoncer le dialogue social PERDANT et ses vecteurs délétères, CES et CFDT notamment, affronter durement l’UE du capital et l’euro, mettre en cause toutes les politiques (institutionnelles, territoriales, linguistiques…) qui désarticulent l’Etat-nation au profit de l’Union euro-atlantique des Grandes Régions, bref, retrouver la route GAGNANTE, même si nul ne prétend qu’elle soit semée de roses, du combat de classe contre le grand capital et son UE, ennemi commun des services publics, du « produire en France » industriel et agricole, et de l’émancipation intellectuelle et sociale de notre jeunesse.


*Quand un examen universitaire permet d’approcher d’année en année 90% de réussite, cela après que – sans réels moyens de rattrapage pour les jeunes en échec – on a quasiment supprimé les redoublements, cette pseudo-« bienveillance » envers les futurs bacheliers montre son vrai visage pervers : il s’agit de dévaluer totalement l’examen pour disqualifier le second degré, abaisser la culture et le savoir des jeunes générations, réserver le Supérieur aux enfants de la bourgeoisie. La vraie bienveillance est de doter le Second degré et le Supérieur (mais on peut ajouter l’école primaire) des moyens humains et pédagogiques leur permettant REELLEMENT de donner aux jeunes générations un haut niveau culturel. C’est cela la véritable démocratisation du lycée et de l’Université que nous défendons.

PRCF.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/bac-diplomes-nationaux-statuts-universite-code-travail-conventions-collectives-salaires-secu-retraite-meme-combat/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

BASE 14 995X225Pour la reconstitution d'un CNR 2.0, on a déjà des communistes dignes de ce nom, ça fait plaisir. Et sur cette question du bac, nous sommes largement d'accord!

P.G.

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vendredi 20 octobre 2017

Laurent Lafforgue, mathématicien : « L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

Brillant mathématicien, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, Laurent Lafforgue a été lauréat de la prestigieuse médaille Fields en 2002 (l’équivalent du prix Nobel en mathématiques). Il est professeur permanent à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES).

ARG EDUCATION CDG CALCULTrès sensibilisé à l’état du système éducatif français, il a coordonné en 2007, avec Liliane Lurçat, la publication de l’ouvrage La débâcle de l’école, fruit d’un colloque sur l’état alarmant de l’école en France et qui a réuni de nombreux enseignants du primaire, du collège, du lycée et de l’université. Un ouvrage passionnant, d’une clarté et d’une précision remarquables que je vous recommande vivement (et qui n’a malheureusement pas du tout vieilli…)

Quelques années auparavant, il avait été nommé en 2005 au HCE (Haut Conseil de l’Education) chargé de préparer le « socle commun » prévu par la loi Fillon. S’étant exprimé de façon ferme contre les experts de l’Education nationale, responsables des réformes mises en place depuis des années qu’il juge catastrophiques, le président du Haut Conseil lui avait alors demandé de démissionner, dix jours à peine après l’installation officielle du HCE.

(...)

[N.B. L'entretien date d'avant l'élection de M. Macron, mais reste d'actualité... NDR]

« L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

 

A partir de 2004, vous vous êtes engagé dans un combat pour la défense de l’école républicaine. Pour quelles raisons ?

Mes parents, mes frères et moi devons beaucoup à l’école, à un système scolaire qui, pendant longtemps, a été d’une très grande valeur et qui nous a permis de faire des études supérieures. Mes parents ont été les premiers, chacun dans sa famille, à pouvoir faire des études longues. Nous sommes en grande partie le produit d’un système scolaire qui nous a appris les enseignements de base, avant de nous donner accès à la culture et à des connaissances de plus en plus fines et complexes.

Il y a presque 10 ans, j’ai été amené à découvrir l’évolution de l’école depuis que je l’avais quittée. J’ai été catastrophé en constatant qu’elle avait changé du tout au tout. Et pourtant, le système était déjà dégradé lorsque j’y étais par rapport à l’époque de mes parents…

En 2004, j’ai signé une pétition pour la sauvegarde de l’enseignement du latin et du grec (qui a d’ailleurs recueilli plus de 70 000 signatures si mes souvenirs sont bons). On m’a demandé de m’exprimer sur ce sujet lors du colloque qui a marqué la fin de la campagne de pétition. C’est à cette occasion que j’ai entendu d’autres professeurs, de lettres notamment, et j’ai été abasourdi. A partir de ce jour là, j’ai décidé d’enquêter en interrogeant des professeurs autour de moi, en collectant des informations, en analysant les manuels… J’ai été effaré par ce que je découvrais. Un monde auquel je devais une grande partie de ce que j’étais était en voie de destruction très avancée.

J’ai alors commencé à intervenir lors de colloques et à rédiger des textes sur le sujet de l’école. Appelé au HCE en 2005, on m’a demandé d’en démissionner au bout de 10 jours en raison de mes propos sur l’état actuel de notre système éducatif et sur la responsabilité de ses instances dirigeantes et de ses « experts ». J’ai continué à prendre publiquement position et à m’engager dans ce combat encore quelques années, puis j’ai souhaité me recentrer sur mes travaux de recherche.

Rétrospectivement, je me rends compte que j’ai été assez naïf dans les premières années de mon engagement ! Ce que je découvrais était tellement absurde que je pensais qu’il suffirait de prononcer quelques phrases de bon sens pour rétablir la situation. Mais je suis revenu de cette illusion… Le problème est venu des plus hautes sphères de l’Education nationale mais aujourd’hui le mal est fait à tous les étages, et l’état d’esprit général nécessaire à l’instruction et à la transmission des connaissances est largement perdu.

La situation est catastrophique et l’inertie est énorme. Ce ne sont plus seulement des écoliers qui ont subi de mauvais enseignements, mais aussi des professeurs issus de ces mauvais enseignements. Comment en sortir ?

Il ne reste plus qu’à soutenir des initiatives à toute petite échelle : des personnalités, des écoles, des associations… Désormais, on peut seulement oeuvrer à ce que des petites flammes continuent de briller ici et là.

Il faut savoir toutefois qu’au moment de ma démission du HCE, j’ai reçu des milliers de réactions de professeurs, parmi lesquels des jeunes, qui dénonçaient l’absurdité du système qu’on leur avait inculqué à travers les IUFM notamment. Ainsi, même parmi ceux qui ont subi un système d’enseignement très dégradé, il existe une conscience partielle de cette dégradation. Certains conservent les moyens d’exercer un esprit critique que la plupart n’ont plus aujourd’hui. Malheureusement cette prise de conscience est très minoritaire dans tous les milieux (professeurs, parents).

Depuis 2007, vous vous exprimez moins sur ces sujets là. Quel regard portez-vous sur les réformes menées sous Nicolas Sarkozy et celles menées actuellement par François Hollande et son ministre de l’Education, Vincent Peillon ?

Globalement, un regard très négatif. La seule chose relativement positive a été la révision par Xavier Darcos des programmes de primaire, meilleurs que les précédents, même s’ils sont loin d’être idéaux. Ils ont le mérite d’être plus concis, plus précis et relativement recentrés sur les enseignements fondamentaux, alors que le programme précédent de primaire comprenait 350 pages, où tout était dit et son contraire, avec des phrases incompréhensibles (même par ceux qui l’avaient écrit, je pense…). Mais ces nouvelles directives se sont heurtées à une résistance de beaucoup d’enseignants.

Il faut bien comprendre que l’on est confronté sans cesse à un mur idéologique. On a persuadé les instituteurs que les méthodes syllabiques par exemple étaient de droite, tandis que la méthode globale était de gauche, ce qui est absurde. Dans d’autres pays, tels que les Etats-Unis, on constate cette même sur-interprétation idéologique.

Dans l’ouvrage La débâcle de l’école, l’ensemble des contributeurs incriminent le constructivisme et dénoncent la déstructuration des enseignements. Pouvez-vous expliquer ces points fondamentaux ?

Le constructivisme est l’idée que l’enfant doit construire lui-même son savoir et que l’on ne doit plus lui dispenser d’enseignement explicite . C’est un point de vue très séduisant pour des universitaires, et j’estime qu’ils ont une grande responsabilité dans le désastre de l’école.

Comme leur métier consiste à élaborer de belles théories sophistiquées, ils oublient trop souvent qu’ils ont commencé par être des enfants et par apprendre des choses simples, qu’ils ont dû apprendre par cœur. C’est ainsi que de fins lettrés peuvent en arriver à estimer que l’orthographe est la science des imbéciles. Beaucoup ont voulu remplacer les enseignements de base, trop simples à leurs yeux, par des choses plus « intelligentes ».

En parallèle, est venue la remise en cause du principe d’autorité du professeur et de l’instituteur dans sa classe. Celui qui prétend disposer de savoirs exercerait un pouvoir abusif sur les enfants.

Quant à la déstructuration, elle concerne le contenu des enseignements. Elle touche à la fois la matière (la grammaire par exemple), la structuration et l’organisation des savoirs. En histoire, on a supprimé la chronologie des événements et en français, l’histoire littéraire. On se contente de coups de projecteur sur telle ou telle période.

On a voulu des enseignements transversaux, beaucoup plus compliqués pour les élèves, et non plus l’étude par éléments : orthographe, conjugaison, grammaire, où, à chaque fois, on partait des choses simples pour aller progressivement vers les choses complexes. On a supprimé tout cela : le principe de progression ou encore le principe de distinction. Certes, il est intéressant de mettre en relation les enseignements à la condition que les bases soient installées, sinon c’est la confusion la plus totale.

On se retrouve avec des élèves qui ont passé 20 à 30 heures par semaine pendant 12 ans à l’école et qui ne savent presque rien. Quel gaspillage ! Les enfants sont noyés sous un flot d’informations mais rien ne s’accroche du fait du défaut de structure. Ils ont entendu parler de beaucoup de choses mais n’ont rien retenu de précis. L’image générale qui se dégage est celle d’une déstructuration générale des enseignements.

Sur quels principes devrait-on se réunir et se baser pour réformer le système scolaire ?

Lors de mon enquête, j’ai été frappé que des gens étonnamment différents se soient retrouvés sur ce constat simple que l’école ne remplissait plus sa mission de transmission des connaissances : des militants d’extrême-gauche et des conservateurs, des catholiques et des libres-penseurs, des gens connus ou de simples citoyens. Le véritable choix politique n’est pas de droite ou de gauche mais celui de la qualité de l’enseignement et celui de l’étendue et de la profondeur des connaissances que nous voulons transmettre.

Le cœur du problème est bel et bien le contenu de ce que l’on enseigne, qui doit obéir à des principes très simples.

Rappelons que la mission première de l’école est l’instruction et non pas la socialisation. C’est l’instruction qui, par bénéfice collatéral, va produire de la socialisation. Jamais l’école n’a été aussi soucieuse qu’aujourd’hui d’engendrer la paix et pourtant elle est beaucoup plus violente que l’ancienne.

Il faut également rappeler la raison d’être  du professeur : il sait des choses que les élèves ne savent pas, et sa mission est de transmettre ses connaissances de la manière la plus efficace possible.

Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, les élèves doivent apprendre véritablement à écrire, ce qui suppose, d’abord, de maîtriser l’orthographe (cela passe par des dictées régulières), la grammaire (qui s’apprend sous forme de règles) et les conjugaisons des verbes, puis de se rompre aux exercices de la rédaction et de la dissertation. Il faut aussi travailler la mémoire par l’apprentissage de textes par cœur.

Le français est à mon avis l’enseignement le plus important au primaire, même dans la perspective des sciences car tout texte scientifique est un genre de rédaction et plus profondément, toute réflexion se construit en écrivant. Les moyens d’expression sont aussi les moyens de formation de la pensée. J’ai reçu de nombreux témoignages de professeurs de mathématiques ou de physique à l’université qui disent que le premier problème de leurs étudiants est le défaut de connaissance de la langue française, leur difficulté à comprendre et à formuler des phrases abstraites, différentes du langage courant oral. Pour un usage plus élaboré de la langue, une connaissance de sa structure, plus réfléchie, est nécessaire. Par ailleurs, l’apprentissage de la grammaire est le premier apprentissage de la logique.

La dégradation de l’enseignement en français a été évoquée à plusieurs reprises sur mon blog, notamment par Loys Bonod, professeur de français. Que pensez-vous de l’enseignement en mathématiques et de l’avenir des filières scientifiques en France ? 

En mathématiques, j’insiste sur l’importance des connaissances élémentaires et de la familiarité avec les nombres : additionner, soustraire, multiplier, diviser. Ces quatre opérations étaient auparavant abordées dès le CP, maintenant seule l’addition y est enseignée. La progressivité doit être celle de la complexité des opérations mises en jeu, et non pas, comme dans les programmes actuels, une succession étalée dans le temps de l’addition puis des trois autres opérations. Il faut apprendre ses tables d’addition, de multiplication, la règle de trois. Un autre apprentissage important est celui de la mesure des grandeurs et le repérage dans l’espace.

Cela semble tout bête mais il faut savoir qu’à l’université, il n’est pas rare que les étudiants ne sachent même pas additionner deux fractions. Il existe un très gros contraste entre le gros des étudiants et une toute petite élite qui bénéficie de la recherche mathématique française qui est d’un très bon niveau. Parmi les jeunes mathématiciens d’aujourd’hui, une proportion importante sont des fils ou filles de mathématiciens. Sauf erreur de ma part, lorsque j’étais à l’ENS, il n’y en avait aucun. Pourquoi ? Parce que, l’école se dégradant, le milieu familial est devenu indispensable pour apprendre !

Les responsables des programmes ont réussi à déstructurer les enseignements mathématiques, à réduire, par exemple, quasiment à néant la géométrie qui est pourtant très formatrice pour l’esprit. Au collège et au lycée, le niveau est très mauvais. Les manuels d’aujourd’hui ne demandent plus de démonstrations. Les cours sont très flous alors que l’un des buts principaux de l’enseignement des mathématiques doit être l’apprentissage du raisonnement et de la rigueur.

De mon point de vue, les anciens humbles problèmes d’arithmétique du certificat d’études primaires étaient de beaucoup préférables aux actuels problèmes de terminale S.

Ils consistaient en une seule question tenant en une phrase qui nécessitait pour sa solution un raisonnement en plusieurs étapes qu’il fallait rédiger. Maintenant l’épreuve de mathématiques en terminale S est constituée de 4 exercices, dont un QCM, et les trois autres sont découpés en de multiples questions, avec souvent des énoncés plus longs que les solutions.

On a prétendu rendre les élèves plus créatifs, faire d’eux des chercheurs dès leur plus jeune âge, mais le résultat est que, quand ils parviennent à l’âge adulte, on ne peut leur demander autre chose que des automatismes, un savoir pré-mâché.

Il existe donc à la fois un problème d’horaires, de contenu des programmes, de méthodes et d’exigence. 

Le contenu est comme je le disais plus haut déterminant, il faut savoir bien le choisir et bien le structurer. De manière générale, l’enseignement doit procéder de l’élémentaire à l’élaboré (et non l’inverse), avec des progressions cohérentes et bien construites. Cela passe par une revalorisation qualitative bien plus que quantitative.

Ensuite, il faut cesser de prétendre que l’élève est capable de « construire » seul ses savoirs ou d’analyser d’emblée des situations complexes pour en tirer des éléments particuliers utilisables. Cela n’a pas de sens d’inviter les enfants et les jeunes à s’exprimer eux-mêmes sans leur avoir appris à maîtriser la langue. Cela n’a pas de sens de les appeler à la créativité sans leur avoir transmis ni technique ni culture. Il faut au contraire mettre les élèves en situation d’appréhender des notions fondamentales à partir de la culture et du savoir tels qu’ils ont été patiemment construits et reconstruits au cours des siècles – sans oublier néanmoins de leur laisser une marge d’initiative, de réflexion et d’exploration. Il ne s’agit pas de ne faire que des cours magistraux, mais de faire participer les élèves et de multiplier les façons d’enseigner.

Il faut également revenir à des apprentissages systématiques : en mathématiques : les nombres et leurs opérations, la géométrie, les énoncés rigoureux, les démonstrations, et en français : la grammaire, l’orthographe, les conjugaisons, les listes de vocabulaire, les rédactions, les dissertations – toutes choses qui ont été de plus en plus délaissées depuis au moins trente ans, réforme après réforme, à un point hallucinant.

Concernant les méthodes, il est temps de reconnaître que certaines sont meilleures que d’autres. Ainsi, concernant la lecture et l’écriture, la méthode alphabétique syllabique est bien plus efficace que les méthodes globales ou dites semi-globales. Pourquoi ne pas mettre en place un organisme indépendant de toutes les structures de pouvoir de l’Éducation nationale, spécialement chargé de ces comparaisons et évaluations entre les méthodes ?

J’ai rencontré une institutrice qui avait d’abord utilisé plusieurs années une méthode « semi-globale », avant de la remettre en cause et d’utiliser la méthode syllabique. Dès la première année, elle a obtenu des résultats bien meilleurs et à la fin de l’année, tous ses élèves savaient lire et écrire correctement alors que ce n’était pas le cas les années précédentes. Elle est allée voir les parents de certains de ses anciens élèves, leur a déclaré avoir pris conscience d’avoir mal enseigné ces enfants en utilisant de mauvaises méthodes et a proposé de reprendre à zéro leurs apprentissages de base, en plus de son travail normal, pour réparer les erreurs commises.

Il existe également un problème d’horaires. Il y a eu une diminution vertigineuse des horaires en français et en mathématiques en 50 ans. Avant 1960, il y avait par exemple 15 heures de français en CP, aujourd’hui, il y en a 9. Or le français est, rappelons-le, une priorité absolue. Quant à un élève de terminale S, il a perdu plus d’une année de mathématiques par rapport à un terminale C d’il y a 30 ans.

Or, il faut un minimum d’heures pour transmettre correctement les savoirs. La réforme actuelle sur les rythmes scolaires est loin d’aller dans le bon sens puisque les volumes horaires restent inchangés. Je pense qu’il serait plus judicieux d’avoir davantage de jours d’école mais avec des journées plus courtes et d’autres activités l’après-midi. Je pense qu’il faudrait également rétablir les études assistées en primaire qui étaient très importantes et très bénéfiques.

Il y a aussi le problème de la perte d’autorité des professeurs. Comment la rétablir ?

Dans l’ouvrage sur La débâcle de l’école, un chapitre est consacré à la vie au jour le jour de professeurs qui rencontrent des situations impossibles, sans pouvoir de sanction, qui les empêchent d’enseigner, au détriment de tous les élèves. Résultat : tout le monde coule…

Ces incivilités, intimidations et violences dont les professeurs et les élèves qui voudraient travailler sont la cible dans beaucoup d’établissements, n’ont pris une grande ampleur qu’à la faveur de décisions structurelles qui ont affaibli l’autorité des enseignants, et corrélativement, ont mené à une réduction du nombre des surveillants et des adjoints d’enseignement.

On a voulu remettre en cause l’autorité des professeurs, comme une concession faite aux enfants, pour rééquilibrer la balance des pouvoirs. Mais les élèves en sont les principales victimes.

L’École ne peut bien fonctionner que si les instituteurs et les professeurs sont respectés et si leur autorité est solidement établie. Par exemple, le passage à la classe supérieure ne doit être apprécié que par des personnes qui ont compétence pour cela, à savoir les professeurs. Les parents ne peuvent avoir qu’une voix consultative.

Par ailleurs, il est nécessaire que, dans la société, et particulièrement dans les familles, l’étude soit valorisée dans l’esprit des enfants, et que ceux-ci puissent prendre conscience que l’École est destinée à leur apporter les meilleures chances. Par exemple, il est important que, dans les familles, les parents veillent à ce que les enfants ne tombent pas sous l’empire de la télévision, des jeux vidéo ou des ordinateurs, et qu’ils les encouragent à apprendre et à étudier.

Enfin, je pense que les enseignants doivent retrouver une très grande liberté dans leurs choix pédagogiques et qu’ils doivent être évalués, c’est-à-dire inspectés et notés, uniquement d’après la progression et les résultats de leurs élèves, et en aucune façon d’après la conformité de leurs méthodes avec les dogmes de l’Éducation nationale.

Vous estimez que les principaux responsables de cette débâche sont les experts de l’Education nationale. Mais comment une telle dégradation a-t-elle pu se propager sans plus de résistance de la part des professeurs et des parents ?

Je ne sais pas, je suis très étonné que les professeurs et les parents n’aient pas davantage résisté.

L’Education nationale est devenue un vaste mensonge, accepté par la plupart des gens. Les enfants ne se rendent pas compte (ou alors une minorité) qu’on leur enseigne mal, et les parents sont contents du moment que leurs enfants passent dans la classe supérieure et ont de bonnes notes. Je caricature, mais à peine.

D’autre part, il faut comprendre que ces réformes ont été menées au nom du Progrès, de la Modernisation. Le pédagogisme a été présenté comme scientifique. Comment résister à cela ? On se sent coupables de lutter contre ce qui est présenté de cette façon, d’où peut-être cette passivité, ce manque de résistance…

Enfin, les Français sont plus soumis qu’on ne le pense aux fonctionnaires, ce qui est revêtu de l’autorité de l’Etat provoque peu de résistance.

Cependant certains instituteurs et professeurs se sont rendu compte que les résultats de ces réformes étaient déplorables alors qu’ils s’étaient lancés dans l’enseignement pleins de confiance dans leur hiérarchie et dans les méthodes modernes. Ceux qui avaient conservé un esprit critique ont exprimé naïvement à leur hiérarchie leur désarroi et leurs doutes. Mais la simple expression de leurs doutes leur a souvent valu de se voir mis au ban de l’école, ce qui n’a fait qu’augmenter leur méfiance. Certains ont même été « persécutés » de façon brutale.

Comment résister en tant que parent, une fois que l’on a fait ce triste constat de l’abaissement du niveau et des exigences  ?

A mon avis, la solution ne viendra pas de l’école privée sous contrat qui souffre des mêmes maux que l’école publique, mais plutôt des écoles hors contrat, indépendantes de l’Etat. Beaucoup proposent un très bon enseignement et elles ne cessent de se développer.

Internet a joué un rôle important dans la résistance à la destruction de l’école car a permis de mettre en contact des professeurs, instituteurs ou parents qui étaient devenus conscients de cette destruction, qui voulaient réagir mais qui, souvent, se trouvaient isolés.

De plus en plus de parents cherchent à fonder leur école pour offrir à leurs enfants un enseignement de bonne qualité, mais c’est un parcours long et compliqué et qui suppose de lourds sacrifices financiers.

Je connais des institutrices et instituteurs qui ont décidé de quitter l’Education nationale et de créer leur école pour pouvoir enseigner correctement et être en paix avec leur conscience. De bonnes volontés existent. Nombreux sont les professeurs et les instituteurs remarquables de dévouement mais, pour se lancer dans de telles initiatives, il faut aussi une grande force intellectuelle et morale.

Une autre stratégie adoptée par certains parents est de recommencer l’école le soir. Leurs enfants ont donc école deux fois, l’école en journée est considérée comme une activité de socialisation, pour voir les copains, et l’école en fin de journée est faite pour transmettre les savoirs. Mais cela implique une fatigue énorme pour les parents et pour les enfants. De plus, ce n’est pas à la portée de tous les parents.

Enfin, il est nécessaire d’utiliser de bons manuels classiques. Parmi les initiatives de résistance menées ces 10 dernières années, on peut signaler le travail remarquable mené par l’éditeur Jean Nemo, fondateur de La librairie des écoles qui propose des manuels de grande qualité.

Je trouve que c’est l’une des initiatives les meilleures de ces dernières années, avec la Fondation pour l’école d’Anne Coffinier qui soutient la création et le développement d’écoles indépendantes (NDLR : il en existe environ 500 en France : des écoles confessionnelles ou non, des écoles Montessori, des écoles appliquant la pédagogie Steiner…Elles sont recensées dans cet annuaire).

Aux parents d’essayer de faire ce qu’ils peuvent, même si ce n’est pas parfait. Ils réparent un peu le désastre mais ils ne peuvent malheureusement pas remplacer à eux seuls un système scolaire entier.

On a justifié les réformes par un souci d’égalité des chances. Mais l’on constate que les inégalités n’ont jamais été aussi élevées.

Les réformes menées depuis les années 70 ont effectivement été justifiées par l’obsession de l’égalité et du social. On a dit que l’école deviendrait plus juste, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de voir les filières et les écoles où on délivre encore une véritable instruction, elles recrutent plus que jamais dans les milieux favorisés. L’itinéraire que mes parents issus de milieux modestes ont suivi n’existe plus. Or, seule une nourriture intellectuelle de qualité éveille l’esprit des élèves doués pour cela, et ce, dans toutes les classes sociales. Quand l’école ne les nourrit pas, les élèves ne peuvent plus compter que sur leur environnement familial.

L’égalité des chances a donc pris un énorme coup.  On a rabaissé les programmes et les niveaux d’exigence au nom des « nouveaux publics » notamment. Mais c’est un contre-sens total. Un enfant qui apprend n’enlève rien à aucun autre. C’est pourquoi le principe d’égalité ne doit jamais être invoqué pour abaisser les programmes et les niveaux d’exigence. Il ne doit pas plus être invoqué pour empêcher de créer, à partir du collège, des filières diversifiées, les unes plus abstraites où les élèves manifestant le plus d’ardeur et de dons pour le travail intellectuel recevraient un enseignement à la mesure de ce qu’ils peuvent apprendre, les autres où les élèves manifestant davantage d’aptitudes manuelles ou artistiques (voire sportives) recevraient une formation adaptée susceptible de leur redonner le goût de l’étude, et soigneusement construite pour prendre plus tard une véritable valeur sur le marché de l’emploi.

Enfin, le principe d’égalité ne doit pas non plus empêcher l’évaluation des élèves ; au contraire, il est d’autant mieux respecté que les élèves sont évalués suivant des règles claires pour tous, à savoir qu’on obtient de bonnes notes si on apprend bien et de mauvaises notes si on apprend mal.

Tant que l’Éducation nationale sera très centralisée et quasiment impossible à réformer en raison de ce mur idéologique que vous évoquiez, les choses peuvent-elles vraiment changer. Quelle organisation imaginer ?

L’organisation est importante mais elle n’est pas le plus important. Le problème du système éducatif n’est pas tant un problème de moyens, ni d’organisation, que d’état d’esprit.

Je ne pense pas que les problèmes actuels disparaîtraient si l’éducation était décentralisée. Je crains que si un dispositif tel que le chèque éducation se mettait en place, les organisations commerciales s’y engouffreraient avec la même démagogie. Il suffit de voir tout le monde applaudir lorsqu’un directeur équipe son école d’ordinateurs, comme si cela allait régler quoi que ce soit. Personnellement, je freine des quatre fers à l’entrée du numérique à l’école. Je n’y suis pas absolument opposé, mais à la condition que les élèves maîtrisent déjà parfaitement l’écriture, la lecture et toutes les connaissances de base et qu’ils aient déjà acquis une maturité certaine. Au lycée, ce qui serait judicieux serait de développer un enseignement sérieux de la programmation qui possède une véritable valeur intellectuelle.

Je pense que le système scolaire actuel ne sait plus faire la différence entre les âges. C’est ainsi que l’on se retrouve à introduire l’informatique ou la philosophie en primaire…

L’école, le collège ou même le lycée n’ont pas à courir après les derniers développements de la technique ou de la science, ni après les dernières évolutions de la société. L’École est amenée à évoluer pour inclure des nouveaux acquis fondamentaux du temps présent ; mais elle doit le faire lentement, après longue et mûre réflexion, en se gardant des effets de mode.

Vous estimez que l’école n’est pas seule en crise et que le débat sur l’école républicaine nécessiterait un débat public plus large sur la place accordée par la société française au savoir et à la culture. Qu’entendez-vous par là ?

La destruction de l’école est venue en partie des universitaires, détenteurs de savoirs qu’ils auraient dû défendre. Cela signifie que les intellectuels de notre temps ont des doutes très profonds sur la valeur de ce qu’ils font.

Par ailleurs, en France, tout le monde se dit favorable à la culture et à la science, alors que la culture anglo-saxonne est davantage teintée d’anti-intellectualisme, et pourtant, on est sidéré par la différence de traitement accordé à nos universités et aux grandes universités américaines ou anglaises. Les Anglais et les Américains, même s’ils ne leur laissent qu’une petite place, ont su créer des îlots de savoir remarquables, alors que nous, qui sommes censés honorer la culture, traitons nos campus universitaires de la pire manière possible. Il y a plus de Prix Nobel qui sortent de Cambridge que de la France et de l’Allemagne réunies. On mesure la distance entre ce que disent nos élites et ce qu’elles font.

D’autre part, il suffit de comparer la vie intellectuelle française contemporaine par rapport à celle de la première moitié du 20ème siècle pour constater que la différence est abyssale. Il y a un assèchement d’un certain terreau. Certes il y a quelques décennies, une minorité d’élèves allait au lycée mais elle bénéficiait d’une étude très poussée des langues classiques et des grands auteurs, qui constituaient pour eux des exemples. Le standard de qualité est aujourd’hui perdu : la qualité de la production éditoriale actuelle est inversement proportionnelle à la quantité de livres publiés. Désormais tout le monde estime avoir des choses intéressantes à dire, personne n’est plus capable de s’évaluer justement soi-même et de s’abstenir de publier ce qui ne mérite pas de paraître, le volume de la production éditoriale rend impossible de reconnaître ce qui a de la valeur, ce qui signifie que nous avons une censure d’un genre nouveau, la censure par ensevelissement sous la masse.

NDLR : Vous pourrez retrouver l’ensemble des documents que Laurent Lafforgue a recueillis sur l’école, des textes sur l’éducation qu’il a rédigés et des interviews qu’il a données sur son site (ainsi que ses travaux scientifiques bien évidemment). Une mine d’informations…(personnellement, j’y ai passé des heures et des heures).

http://www.en-aparte.com/2013/06/28/laurent-lafforgue-mathematicien-leducation-nationale-est-devenue-un-vaste-mensonge/

Posté par UPR Creuse à 08:19 - - Permalien [#]
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