jeudi 5 octobre 2017

« Independence Day… La dislocation d’un État européen de la zone euro en direct »

Comme j’ai pu déjà le dire, l’histoire souvent se déroule assez lentement pendant des périodes de stabilité relative pouvant sembler longues, puis brutalement l’histoire s’accélère.

ARG CATALOGNE GUERRE UEC’est une de ces accélérations que nous vivons aujourd’hui avec la crise politique sans précédent qui secoue l’Espagne et la menace d’explosion, une explosion qui peut potentiellement s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe. Enfin, disons plutôt pour le reste des pays européens, eux-aussi menacés par les tentations séparatistes de certaines régions.

La stratégie européenne ? Détruire les États pour faire exister l’Europe fédérale

Cela fait des années pour ne pas dire des décennies que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États.

C’est ce qui est consciencieusement fait depuis 40 ans avec ce que l’on appelle la « construction européenne ».

Derrière la construction européenne se cache la destruction des États.

Pour détruire les États, c’est l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social qui ont été utilisés de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été anéantie.

Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser l’indépendantisme des grandes régions pour casser définitivement les nations.

Ce que vous voyez à l’œuvre en Espagne est évidemment une bénédiction pour l’Europe dont il faut se méfier du pseudo-silence qui est en réalité un piège politique redoutable.

L’Europe s’oppose à toute violence, garante qu’elle est de la démocratie !

Cette position politique d’une perfidie inouïe est en réalité un piège politique majeur.

En effet, en s’opposant à toute violence d’État, à savoir la violence pratiquée par Madrid pour éviter la sécession de la Catalogne, l’Europe en réalité prive Madrid, au nom de la démocratie, de tout pouvoir et moyens d’action coercitifs à l’égard des Catalans et des indépendantistes qui restent une minorité agissante et bruyante, mais une minorité tout de même !

Toutes celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject.

Tous les bien-pensants de la « démocrassie » qui bêlent comme des ânes pour la Catalogne sont les utiles des riches !

Les indépendantistes sont la négation même de toute générosité et je vais vous dire pourquoi.

Parce que l’indépendantisme catalan se nourrit de l’idée que seuls les Catalans, « êtres supérieurs », savent, eux, travailler, bosser, et produire des richesses, par rapport au reste de l’Espagne peuplé d’abrutis et de fainéants (clin d’œil à notre maréchal jupitérien à nous qu’on a).

Les Catalans seraient donc bien plus riches sans le reste de l’Espagne.

Et vous savez quoi ?
C’est vrai !

Oui les Catalans seraient plus riches sans le reste de l’Espagne.

Ce serait la même chose pour les Italiens du Nord sans les Italiens du Sud.

Pour les Parisiens du 16e sans le reste de Paris, et pour tous les parisiens sans le reste de la France.

Suivant ce raisonnement d’un cynisme financier hallucinant, toutes les régions riches, donc, auraient vocation à devenir indépendantes des régions pauvres.

Or, les pays sont fondés, basés, sur des unions de transfert.

Les riches paient pour les pauvres.

C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif.

C’est d’ailleurs ce dispositif qui fait défaut à l’euro pour rendre la zone euro fonctionnelle. Il faudrait que les « riches » allemands paient pour tous les autres pauvres.

Mais plus personne ne veut payer et d’ailleurs en Europe, les États cassent leurs sources de financement en organisant, comme je vous l’ai dit, le dumping fiscal.

Ceux qui défendent donc l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles et les europathes.

Il n’y a pas plus injuste que cette idée. Il n’y a pas plus abjecte que cette Europe qui déclenche la fureur des peuples pour mieux exister, quitte à tuer et à devenir sanglante.

Cette Europe n’est plus la paix.

Sous vos yeux, cette Europe devient la guerre.

N’oubliez jamais qu’aucun État ne s’est jamais créé sans guerre et sans violence. C’est une règle historique intangible et il en sera de même pour l’Europe fédérale.

Ce qui se passe sous vos yeux est sans pareil. Vous en serez, nous en serons et nous en sommes déjà les victimes anonymes.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Photo via VisualHunt.com

https://insolentiae.com/independence-day-la-dislocation-dun-etat-europeen-de-la-zone-euro-en-direct-ledito-de-charles-sannat/

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Poutine et Russie bashing – Les Inrocks en pointe

Encore un média et des journalistes sans éthique financés par le milliardaire Matthieu Pigasse (également actionnaire à titre personnel du Monde). A noter que les Inrockuptibles n’ont pas été mis par les décodeurs du Monde sur la liste des sites non fiables.

ARG INROCKS POUTINE


Un homme blond légèrement dégarni et au regard bleu acier vous dévisage. Il dirige deux doigts vers ses yeux, l’air de dire « Fais bien attention je t’ai à l ‘œil ». S’agit il du directeur de la CIA, dont un ancien agent fait main basse sur la presse dans les Balkans ? Ou bien du directeur de la NSA, l’agence américaine aux grands yeux et aux grandes oreilles, employant plus de 20 000 personnes et dont le budget dépasse largement les dix milliards de dollars ? Non, c’est Vladimir Poutine qui jette ce regard inquiétant sur la couverture du numéro du 20 septembre 2017 de l’hebdomadaire du charmant milliardaire Pigasse. Poutine dont la stratégie d’influence est détaillée dans un papier involontairement comique du numéro. Florilège.

Sachez- le: « Vladimir Poutine s’invitera bientôt dans votre salon », il vient d’arriver en parachute, vous le voyez déjà là, mâchoires serrées, l’air pas commode. Le même Poutine qui en 2013 annonçait (le fourbe) ses sombres desseins dans une salle rappelant « la war room bondée du Docteur Folamour de Stanley Kubrick ». La war room, ce sont les studios de Russia Today (RT) à Moscou. Puisqu’il y une war room, ces russes doivent bien préparer la guerre… Et puis ces gens là « insistent en permanence sur des sujets qui ont pour but de susciter l’anxiété », ânonne une obscure professeur d’études russes de Rennes. Car ils veulent « déstabiliser la société, créer de l’insatisfaction et instrumentaliser la droite dure et le FN », rien que ça. Et même « préparer le terrain pour la future élection présidentielle » (de 2022 note de la rédaction). On reconnaît là les fantasmes thérapeutiques qui ont suivi l’élection de Trump et le complotisme autorisé : Clinton ne pouvait pas perdre, Clinton ne devait pas perdre, si elle a perdu c’est que le Kremlin a manipulé l’élection et ils vont faire la même chose en France. Fermez le ban ? Oh non car le CSA veille !

Le CSA qui a autorisé RT France en décembre 2015 à émettre non sur le réseau hertzien mais sur le réseau numérique « a placé le site sous surveillance » car « nos homologues en Europe nous ont alertés sur des contenus qui pouvaient être potentiellement problématiques ». Un traitement particulier dont sera exonéré Arte la chaine franco-allemande, véritable instrument de propagande.

Et puis certains journalistes auraient animé « deux sites jugés conspirationnistes et proches de la mouvance Dieudonné/Alain Soral », une réputation bien « sulfureuse ». Pour mémoire le soufre signale l’odeur du diable. Malheureuse Amélie qui signe cet amoncellement de poncifs. Donnons lui une chance de se rattraper avec au choix un reportage sur les médias financés directement ou indirectement par le département d’État américain ou bien une enquête sur la French American Foundation et son programme Young Leaders dont Emmanuel Macron et Édouard Philippe font partie. Pas sur les Inrocks bien entendu. Sur RT ?

Source: Ojim.fr
http://arretsurinfo.ch/poutine-et-russie-bashing-les-inrocks-en-pointe/

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Théoriciens de la destruction des Etats- Nations (1)

Régionalisme : l’Europe de Léopold Kohr, projet d’un fascisme universel

Par Karel Vereycken

 Introduction

Si je vous disais que je viens de découvrir qu’il existe un complot fasciste pour gommer de la carte des grandes nations comme la France ou l’Allemagne, je pense que peu d’entre vous me prendront au sérieux. D’abord le mot « fasciste » est excessif et la notion de complot n’est pas politiquement correcte. Pourtant, les passages que je viens de découvrir du livre La décomposition des Nations écrit par Léopold Kohr vers 1945 et publié en 1957 ont balayé mes réticences, car elles m’ont donné, et vous donneront, je l’espère, un peu la chair de poule.

ARG DESTRUCTION NATIONSPeu connu en France, ce théoricien politique autrichien y expose d’abord pourquoi, selon lui, il est nécessaire de dépecer les grandes nations et ensuite sa stratégie pour y arriver. Avec le recul du temps, on pourrait observer que Kohr ne s’est trompé que sur un seul point, car quand il posait (en 1945) la question « Le fera-t-on ? », sa réponse était : « Non ! On ne le fera pas ! » Cependant, on constate que depuis 50 ans, jour pour jour, par étapes, le projet de Léopold Kohr, est sournoisement mis en œuvre devant nos yeux et l’éclatement tragi-comique de la Belgique, avec lequel on rigole beaucoup à l’étranger, risque de s’avérer une phase importante dans un projet mondial qualifiable de fasciste.

 Qui est Léopold Kohr

Kohr est né en 1909 près de Salzbourg en Autriche et meurt en Angleterre en 1994. Diplômé de sciences politiques à Vienne, il fuit les nazis et se retrouve à la London School of Economics -véritable Science-po du monde anglo-saxon-à une époque où un autre autrichien Friedrich Von Hayek y cristallise l’opposition au « trop social » prôné par le directeur de l’école, le grand fabien et disciple des Webb, Lord Beveridge. Un de ses professeurs d’alors, dont il tire une partie de son inspiration, est le redoutable Henry Calvert Simons, qu’on retrouvera lors de la fondation de la société du Mont Pèlerin en Suisse, et qui sera l’homme qui se chargera de former l’économiste ultra-libéral et père du monétarisme à Chicago, Milton Friedman, futur conseiller de Margaret Thatcher et du dictateur chilien Augusto Pinochet.

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Leopold Kohr (1909-1994), le père du "small is beautiful"

Ensuite, lors de la guerre civile d’Espagne, Kohr travaille comme correspondant free-lance pour le New York Times, et se forge la réputation d’un combattant anarchiste anti-totalitaire, rejetant aussi bien le fascisme que le communisme.

Il partage le bureau d’Hemingway et fait la connaissance d’un certain Eric Blair -mieux connu sous le nom de George Orwell-, ancien fonctionnaire de la police impériale anglaise en Birmanie et délateur à la botte de l’Information Research Department du ministère de l’intérieur britannique, tout en écrivant, avec un plaisir pervers, des livres comme 1984 où il dénonce Big Brother* ...

 Les objectifs de la décomposition

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Couverture du livre de Léopold Kohr "La décomposition des nations"

En 1941, Kohr publie dans le magazine d’inspiration catholique new-yorkais The Commonwealth son article « Disunion Now » [La désunion maintenant : un plaidoyer pour une société basée sur de petites unités autonomes], où l’on retrouve en embryon la substance de sa thèse.

Dans le débat parmi les élites anglo-américaines -qui commençaient à planifier des structures de gouvernance pour l'Europe de l’après-guerre qu’ils conçoivent essentiellement comme des garde-fous contre le nationalisme allemand et français- Kohr amorce son analyse à partir de la spécificité de la confédération helvétique. Il constate que bien qu’il existe plusieurs langues en Suisse (l’allemand, le français, l’italien), l’existence d’une multitude de 22 cantons permet d’empêcher toute domination d’un bloc linguistique sur un autre, « créant ainsi la condition préalable » d’un équilibre.

« La grandeur de l’idée suisse, donc, » dit-il, « est la petitesse de ses cellules [les cantons] qui en sont le garant. » « Il faut se diviser pour mieux s’unir », nous dit-on. Si la défense du Kleinstaat, le petit état, amena Kohr à dire que « Chaque fois que quelque chose va mal, quelque chose est trop gros », son ami et disciple Fritz Schumacher reprendra à son compte le célèbre dicton de Kohr « Small is Beautiful » avec lequel on lavera le cerveau de toute une génération de baby boomers écolos.

Pour l’Europe d’après-guerre, Kohr exige dans son article que la « technique suisse et non seulement l’apparence de son résultat » soit appliquée :

Ceci consistera dans la division de trois ou n’importe quel nombre de blocs inégaux, en autant de parties plus petites qu’il sera nécessaire, pour éliminer toute prépondérance numérique conséquente. C’est-à-dire qu’il faudrait créer 40 ou 50 états également petits au lieu de 4 ou 5 inégalement grands. » Sinon, dit-il, ceci, par le fait même qu’il y aura 80 millions d’Allemands contre 45 millions d’Italiens et autant de Français, finira par « une hégémonie allemande de façon tout aussi inévitable que la fédération allemande [de Bismarck], dans laquelle 24 petits états liés à la puissance d’une Prusse de 40 millions d’habitants, s’est terminé par l’hégémonie prussienne. »

La suggestion, donc, consiste à diviser l’Allemagne dans un certain nombre d’états de sept à dix millions d’habitants ». Bien que, « avec la tendance naturelle de toutes les choses vivantes, l’Allemagne se réunirait à moins que toute l’Europe ne soit cantonisée en même temps. La France, l’Italie et la Russie doivent être divisées aussi. » Ainsi, « c’est seulement en découpant entièrement le continent européen qu’il sera possible d’éliminer honorablement l’Allemagne ou tout autre grande puissance sans avoir à infliger à aucune l’anathème d’un nouveau Versailles. »

Et c’est là que les masques tombent, car nous constatons bien que Kohr offre, devant ses maîtres anglais, une stratégie de domination politique.

 Comment faire accepter ce projet ?

Ensuite, Kohr révèle dans le chapitre 10 de La décomposition des Nations sa stratégie pour faire accepter un tel dépècement des nations. Il constate que si les tyrans peuvent dépecer les pays par la force et par la guerre, « la guerre n’est heureusement pas le seul moyen par lequel on peut diviser les grandes puissances ».

Cependant, Kohr ne croit guère que l’on puisse convaincre une grande nation d’abandonner sa puissance :

Englouties dans un marais d’émotivité infantile et attachant une valeur phénoménale au fait qu’elles sont grandes et puissantes, elles ne peuvent être persuadées d’opérer leur propre dissolution. Mais, étant infantiles et émotionnelles, on peut les y amener par la ruse. Alors, qu’elles rejetteraient leur division, si elle leur était présentée comme une exigence, elles pourraient tout à fait la désirer, si on la leur offrait sous l’apparence d’un cadeau. Ce cadeau serait : la représentation proportionnelle dans les instances dirigeant l’union fédérale dont elles font partie. L’acceptation de cette offre ne causerait rien moins que leur disparition finale. »

Et il rajoute :

La France - pour illustrer la technique de division sur un pays qui s’accroche avec une ténacité particulière aux concepts de pouvoir et de gloire-ne consentirait jamais à être partagée en ses régions historiques originelles. Mais elle n’objecterait certainement pas à une invitation à être représentée dans les corps représentatifs du Conseil de l’Europe, par, disons, vingt délégués votants comparés avec, disons, un délégué du Luxembourg, trois délégués du Danemark et cinq délégués chacun de la Belgique et des Pays-Bas.

Les petits pays seraient évidemment furieux de voir s’officialiser une situation qui est pourtant leur « désagréable condition réelle ». Ils n’accepteront cette règle que, dit Kohr, si « les vingt membres de la délégation française étaient élus, non nationalement, mais régionalement... » « Un tel changement » (...) « provoquerait la dissolution finale de la France. » Pour y arriver, la sous-division de la France en une vingtaine de « district conseil-européens ne serait pas suffisante » et donc un fort fédéralisme s’impose comme étape intermédiaire « vers l’intégration couronnée de succès dans une plus grande organisation internationale. »

Kohr cite ici ce que pensait son professeur à la London School of Economics, Henry C. Simons :

Une grande vertu du fédéralisme ou de la décentralisation extrême dans de grandes nations est qu’il facilite leur extension vers l’organisation mondiale ou leur absorption dans de toujours plus grandes fédérations. Si les gouvernements centraux étaient, comme ils devraient l’être, en grande partie les dépositaires de pouvoirs non exercés, tenus simplement pour empêcher leur exercice par les unités constitutives ou des organisations extragouvernementales, alors l’organisation supranationale serait facile sinon presque gratuite. En fait, une telle décentralisation ou désorganisation de grande nation est à la fois la fin et les moyens de l’organisation internationale.

 La France acceptera-t-elle un tel projet ?

Se pose alors, la question de comment convaincre des grands pays à renoncer à leur puissance. En particulier la France, acceptera-t-elle un tel projet ? Pour Kohr :

« La réponse est oui, et pour différentes raisons. En premier lieu, (...) la division serait présentée sous forme d’un cadeau. » Egalement, puisque les pouvoirs gouvernementaux ne seront pas enlevés, « aucun sentiment patriotique ne serait blessé. Le changement révolutionnaire serait d’un caractère purement interne. Ce serait une destruction par laquelle rien qui compte ne serait détruit. Ce serait une élimination sans victimes. Il n’y aurait aucune loi étrangère, aucune occupation étrangère, aucun changement du commerce ou de quoi que ce soit sauf dans le fait que le gouvernement et la souveraineté se seraient soudainement rapprochés de l’individu, le dotant dans la sphère plus petite des nouvelles unités souveraines d’une dignité et d’une importance qu’il ne possédait pas précédemment. Il trouverait cela charmant, et non désagréable. »

Aldous Huxley, dont Orwell suivait les cours*, n’avait-il pas dit qu’« il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir... »

Notez ici que Kohr, lorsqu’il suggère en 1945 la création d’un Conseil Européen avec siège à Strasbourg, cette institution n’existait pas encore. Il faut attendre le Congrès de La Haye de 1948, dirigé par Winston Churchill, qui, devant Raymond Aron, Denis de Rougemont, Coudenhove-Kalergi et Mitterrand parmi d’autres, y lançait un appel vibrant pour la création des « Etats-Unis d’Europe ». L’accord de La Haye deviendra en 1949 le traité de Londres... Ensuite, le livre de Kohr sortira en librairie en 1957, l’année de Spoutnik et l’année de la fondation des Communautés Economiques Européennes... Faisons l’Europe !**

http://www.solidariteetprogres.org/kohr-europe-regions


*La critique d'Orwell appartient à l'auteur et je ne la partage pas.

**Le radicalisme "anti- européen" affiché est typique de ce mouvement (Solidarité & Progrès) qui dit beaucoup de choses intéressantes accompagnées de quelques inepties selon moi, destinées à brouiller les pistes. Rappelez- vous la campagne de Cheminade, qui souhaitait lui aussi "refonder l'Europe"...Cela étant dit, on y trouve aussi des analyses très pertinentes et des informations précieuses comme celles dévoilées par cet article. A suivre.

P.G.

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Aides directes à la presse : les 10 quotidiens les plus subventionnés sont souvent les plus riches

Si le montant des aides totales à la presse est évalué à plusieurs milliards, les aides indirectes à la presse facilement identifiables sont évaluées pour 2016 à plus de 1,3 milliards d’euros (source : SPIIL), un chiffre qui paraît très sous-estimé.

ARG PRESSE PROPAGANDE OJMCes aides sont essentiellement centrées sur le transport et les taxes, contribution de la poste, TVA super réduite, exonérations de taxes foncières, abattements des cotisations sociales et des impôts directs des journalistes, annonces judiciaires etc…

En plus de cette manne qui représente une véritable drogue (Louis Dreyfus, du groupe Le Monde, a employé le terme), les titres de la presse écrite généraliste reçoivent des aides directes à la suite d’un calcul tenant compte de leur diffusion, de leurs coûts et de certains indices financiers. Les dix premiers quotidiens bénéficiaires pour 2016 sont connus.

Panorama :

Titre Montant de l’aide directe 2016 en K€
Aujourd’hui en France 7770
Libération 6499
Le Figaro   6456
Le Monde  5438
La Croix   4400
Ouest-France   4094
L’Humanité   3590
Dépêche du Midi  1650
Les Échos 1643
Groupe Le Progrès 1609

Source des chiffres : Ministère de la culture et de la communication

Suit immédiatement Le Parisien avec 1572 K€. Si l’on additionne les trois titres de Bernard Arnault (Aujourd’hui en France, Les Échos, Le Parisien), la première fortune de France touche près de 11 millions d’euros pour son activité d’éditeur. Dassault du groupe éponyme dépasse les six millions d’euros avec le seul Figaro. Le Monde des financiers Pigasse Niel et feu Bergé dépasse les cinq millions. Une manière de conforter les groupes financiers dans leur mouvement de concentration de la presse.

Si l’on examine le montant de l’aide directe par exemplaire vendu Libération se détache avec 0,23 € de subvention et L’Humanité bat des records avec 0,36 € de subvention, encore ce chiffre ne tient-il pas compte des aides répétées dont bénéficie le journal "communiste" comme l’étrange remise d’une créance sur l’État de plus de 4 millions d’euros en 2013.

https://www.ojim.fr/aides-a-la-presse-les-dix-quotidiens-les-plus-subventionnes-sont-souvent-les-plus-riches/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=bc9bb053ef-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-bc9bb053ef-71509009

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Ouverture à la concurrence ! Les salariés SNCF seront transférés de force…

La réalité de l’ouverture à la concurrence sera évidemment une casse sociale importante à la SNCF, mais pas uniquement sociale.

Tout le monde sait très bien que le rail nécessite des investissements tels qu’en gros, un système ferroviaire n’est jamais rentable ! JAMAIS.

ARG SNCF MACRON LUTTEIl est nécessairement financé et subventionné par de l’argent public.

D’ailleurs, l’exemple anglais récent est assez saisissant.

Le rail anglais était privé. Privé depuis en gros Thatcher. Et après 30 ans de sous-investissements chroniques, les gens mourraient tout simplement dans des accidents de train.

Alors l’État anglais a nationalisé le rail pour qu’à nouveau, les “con-tribuables” paient la remise à niveau des infrastructures.

Comme nous sommes dirigés par des vendus et des escrocs, qui habillent leur malhonnêteté sous les atours de l’idéologie libérale et du libre marché, nous redonnerons pour une bouchée de pain ce que les impôts du peuple ont mis des siècles à bâtir.

La concurrence à tout prix et le “privé” sont une idéologie aussi mortifère que de croire que le public ou l’État sont la réponse à tout.

L’économie est chose nécessitant raison et équilibre.

L’économie est chose nécessitant un grand pragmatisme.

En attendant, les gus de la SNCF qui seront transférés à la société X, Y ou Z n’auront pas leur mot à dire.

C’est “en marche” ou crève.

Charles SANNAT

Source AFP via Boursorama.com ici

https://insolentiae.com/ouverture-a-la-concurrence-les-salaries-sncf-seront-transferes-de-force/

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mercredi 4 octobre 2017

Les Insoumis ne veulent plus voir le drapeau européen à l'Assemblée

LE SCAN POLITIQUE - Les députés emmenés par Jean-Luc Mélenchon ont déposé un amendement pour modifier le règlement de l'Assemblée visant à ne permettre que la présence du drapeau national et de celui de l'ONU.

XVMf9114574-a84a-11e7-8269-811617cc40e3Lors de son arrivée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à la tête des députés de la France Insoumise nouvellement élus le 20 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon a été pris d'un coup d'humeur. Au-dessus du perchoir du président de l'Assemblée sont alors mêlés le drapeau tricolore et celui de l'Union européenne. «Franchement, on est obligés de supporter ça? C'est la République française, c'est pas la vierge Marie là», s'emporte alors l'ancien sénateur socialiste, visiblement excédé devant ses collègues surpris. Le chef de file de la France Insoumise et ses députés ont décidé de ne «plus supporter ça» à l'avenir: ils ont déposé un amendement visant à modifier le règlement de l'Assemblée afin que l'emblème européen ne puisse plus figurer dans l'enceinte du Parlement.

Dans l'amendement CL25, déposé le 29 septembre dernier, on peut lire: «Seuls peuvent être présents dans l'hémicycle le drapeau tricolore de la République française, au titre de l'article 2 de la Constitution, et le drapeau de l'Organisation des Nations unies, symbole de l'engagement international de la France pour le multilatéralisme et la paix». «Cet amendement permet de préciser la symbolique actuelle présente dans l'hémicycle. En effet, s'il est bien évidemment fondamental que notre drapeau tricolore bleu, blanc, rouge (article 2 de la Constitution, qui le consacre comme emblème national) soit présent dans l'hémicycle, il apparaît tout aussi fondamental qu'il soit seulement complété par le drapeau de l'Organisation des Nations unies, là aussi en application de la Constitution, au titre du Préambule de 1946», précise l'exposé du texte.

Il s'agirait de permettre à la France de conserver son rayonnement international, en restant «en phase avec son projet politique historique d'indépendantisme et de promotion de la paix». Elle ne peut y parvenir «que si elle dépasse tout ancrage régional et zonal pour seulement aspirer à soutenir et construire la concorde mondiale», estiment les élus. «Seule cette double articulation: peuple français - peuples du monde, France - Organisation des nations unies, permet d'encadrer sereinement les débats de l'Assemblée nationale, dans cet esprit d'indépendance et de promotion de la paix qui, seul, fait honneur à nos valeurs républicaines», arguent encore les députés LFI.

La bête noire des souverainistes de tout poil

Il faut rappeler que ce n'est que durant la présidence Hollande que le drapeau bleu étoilé s'est durablement invité à l'intérieur du Sénat et de l'Assemblée nationale. Lorsqu'il était président de l'Assemblée, Bernard Accoyer avait essayé de l'introduire en vain. Le bureau du Palais Bourbon avait bloqué l'initiative, par le vote de deux PS et un UMP notamment. Un peu plus tard, en 2010, Nicolas Dupont-Aignan avait posé une question à l'Assemblée nationale pour demander que le drapeau européen soit retiré des édifices publics lors de la célébration des fêtes nationales. Le 2 juillet dernier sur France 3, ce dernier estimait encore que le drapeau étoilé n'avait pas sa place à l'Assemblée.

Ce rejet du drapeau européen n'est pas du tout l'apanage de la France Insoumise. En avril dernier, alors qu'il était encore numéro 2 du FN, Florian Philippot l'avait qualifié de «torchon oligarchique». En pleine présidentielle, lors d'un passage sur TF1, Marine Le Pen avait aussi exigé que soit retiré le drapeau européen prévu en arrière-plan. Elle avait également précisé au magazine Causeur qu'elle souhaitait «interdire le drapeau européen sur les bâtiments officiels». Ce que certains maires FN ont d'ores déjà anticipé en l'enlevant du fronton de leurs mairies, comme ce fut fait à Fréjus.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/10/03/25001-20171003ARTFIG00205-les-insoumis-ne-veulent-plus-voir-le-drapeau-europeen-a-l-assemblee.php


 

OUTIL EMBLEEME NATIONAL

Contrairement aux "souverainistes" de gauche ou de droite, "radicales" ou pas, l'UPR considère que le drapeau européen ne doit apparaître nulle part parce qu'il est inconstitutionnel. Sans parler de la sortie effective de l'UE par l'article 50 du TFUE.

P.G

Posté par UPR Creuse à 11:24 - - Permalien [#]
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L'UE va débloquer deux millions d'euros pour soutenir l'adhésion de la Serbie et du Kosovo

Bruxelles a décidé d'allouer plus de deux millions d'euros pour une campagne d'information en Serbie et au Kosovo, qui aura pour but de sensibiliser la population à l'intégration au sein de l'UE, selon une information exclusive de RT.

59a6d981488c7b21118b4567RT en russe est parvenue à se procurer les appels d'offres lancés par la Commission europénne aux organismes qui aideront à la mise en place d'un projet qui a pour but de convaincre les populations de Serbie et du Kosovo des bienfaits d'une intégration à l'Union européenne.

L'exécutif européen est même prêt à débloquer un budget de 2 millions d'euros (1,37 million d'euros pour la Serbie et 900 000 euros au Kosovo) pour une campagne d'information et de sensibilisation. Selon l'appel d'offre, cette dernière se fera à travers des centres culturels et d'information de l'Union européenne, qui opèrent déjà dans les capitales des deux pays, Belgrade (Serbie) et Pristina (Kosovo).

«L'objectif du projet est d'élargir les connaissances de la population à propos de l'UE, ses objectifs, ses priorités, ses institutions, ses programmes et ses perspectives, ainsi que de dissiper les mythes et les fausses idées sur le processus d'adhésion à l'UE», explique le document de l'appel d'offre pour le Kosovo consulté par RT en russe.

Le projet prévoit une variété d'activités axées sur l'information et la communication : la publication d'articles dans les langues des deux pays sur internet et les réseaux sociaux, l'organisation d'événements publics de divertissement et de journées thématiques pour les citoyens, ainsi que la production de produits dérivés faisant la promotion de l'intégration européenne.

Le but ultime du projet est officiellement «d'accroître le soutien de la population au processus d'intégration européenne», à travers une campagne de sensibilisation qui devra être «accessible et réaliste». Pour la préparation de ces programmes, la Commission européenne recherche actuellement des candidats (personnes et entreprises) ayant une expérience pertinente dans le domaine de la communication et des relations publiques. 

Selon le site internet officiel du centre culturel et d'information de l'UE au Kosovo, des centres multimédia seront mis à disposition des citoyens du pays qui souhaitent en apprendre davantage sur l'Union européenne.

Une manière camouflée de régler définitivement la question du statut du Kosovo ?

Interrogé par RT en russe, le politologue russe Vladimir Bruther estime qu'en finançant une telle campagne d'information, l'UE tente en réalité de résoudre un problème crucial, celui du statut du Kosovo. Depuis 2008, une trentaine de pays ne reconnaissent pas l'indépendance de cet Etat, dont la Serbie et la Russie pour qui le Kosovo reste partie intégrante de l'Etat serbe.

«L'Union européenne veut enfin résoudre la question du Kosovo et parrainer les personnes en Serbie qui sont en faveur d'une résolution finale du problème», a déclaré l'expert à RT.

La question de l'adhésion de la Serbie et du Kosovo à l'UE a été mise sur la table il y a déjà plusieurs années. En 2008, Belgrade et Bruxelles avaient signé un accord de coopération économique et politique de stabilisation. Le Kosovo a signé le même accord en 2015.

En juillet dernier, après avoir rencontré le président serbe Alexander Vucic, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait annoncé la principale condition à laquelle la Serbie pourrait devenir membre de l'UE : établir des relations officielles avec Pristina. 

Selon les médias serbes, 47,7% des citoyens sont en faveur d'une adhésion de la Serbie à l'UE, tandis que 39% sont contre.

Selon la Constitution serbe, le territoire du Kosovo fait partie de la République de Serbie en tant que Province autonome du Kosovo-et-Métochie.

Voir aussi:

«C'est une décision ferme» : pour la Serbie, l'intégration à l'OTAN c'est toujours non

599010bf09fac2cc6f8b4567Le ministre de la Défense a réaffirmé l'intention de son pays de demeurer neutre et de s'en tenir à un simple partenariat de paix avec l'OTAN. Belgrade exclut plus que jamais de rejoindre l'organisation avec laquelle ses relations restent tendues.

La perspective d'une éventuelle intégration de la Serbie à l'OTAN semble moins que jamais d'actualité. Interrogé par l'agence russe Sputnik, le ministre de la Défense serbe a confirmé que Belgrade était résolu à s'en tenir à une simple collaboration pour la paix, tout en maintenant sa neutralité.

«Nous gardons notre neutralité militaire et ne souhaitons pas faire partie de l'OTAN, c'est une décision ferme», a martelé Aleksandar Vulin. «Bien entendu, nous collaborons avec l'OTAN dans le cadre du Partenariat pour la paix», a expliqué le ministre. «C'est un niveau de coopération optimal pour nous et nous en sommes satisfaits», a-t-il ajouté, laissant entendre qu'un investissement supplémentaire de la Serbie au côté de l'Alliance atlantique serait inutile. 

Aleksandar Vulin a en outre précisé que Belgrade s'attendait à ce que ses partenaires, à savoir la Russie, les Etats-Unis et l'OTAN, respectent sa décision. En 2007, le Parlement serbe avait en effet adopté une résolution consacrant la neutralité du pays vis-à-vis des alliances militaires.

Les relations entre la Serbie et l'OTAN sont particulièrement tendues depuis les interventions de l'organisation militaire dans les conflits de Bosnie-Herzégovine en 1995 et du Kosovo en 1999. L'OTAN s'opposait alors aux troupes serbes, qui furent défaites. En juin dernier, la Serbie avait annoncé qu'elle attaquait l'OTAN en justice pour l'utilisation d'uranium appauvri aux conséquences catastrophiques, selon les estimations de l'avocat Srdjan Aleksic, chargé par le gouvernement serbe d'attaquer l'OTAN en justice.

https://francais.rt.com/international/41968-cest-decision-ferme-serbie-reste-neutre-refuse-integrer-otan

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Catalogne et Kosovo : la Serbie dénonce «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de l'UE

Le président serbe Aleksandar Vucic a critiqué la position de l'UE sur le référendum catalan jugé «illégal», rappelant que Bruxelles avait reconnu la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, alors qu'elle n'avait pas fait l'objet d'un vote.

59d338cd09fac29f1e8b4567Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne organisé le 1er octobre a suscité de nombreuses réactions à travers le monde. Certains ont soutenu la démarche des indépendantistes, d'autres, comme la Russie, ont préféré ne pas prendre parti. Certains, enfin, ont condamné un scrutin jugé illégal, à l'instar de l'Union européenne. Lors d'une conférence de presse donnée le 2 octobre, le président serbe Aleksandar Vucic a dénoncé une incohérence dans la position adoptée par Bruxelles.

«La question que chaque citoyen serbe se pose aujourd'hui en regardant l'Union européenne est la suivante : comment se fait-il que, dans le cas de la Catalogne, le référendum d'indépendance ne soit pas valide, mais qu'à ses yeux la sécession du Kosovo, pourtant organisée sans référendum, le soit ?», s'est-il interrogé, comme le rapporte la chaîne de télévision serbe B92.

En effet, la Commission européenne s'est alignée sur la position du gouvernement espagnol*, considérant que le référendum catalan était illégal, car non-constitutionnel. Ce refus européen d'entendre les revendications d'indépendances catalanes n'a pas échappé à Belgrade. Dans le cas de l'indépendance du Kosovo proclamée en 2008, l'Union européenne avait appuyé les démarches de sécession de l'ancienne province autonome serbe.

Le contraste, selon Aleksandar Vucic, est d'autant plus flagrant que l'Union européenne a affirmé que la répression violente par la police espagnole le jour du référendum relevait d'une «affaire interne» dans laquelle elle ne voulait pas faire ingérence. Or, dans le cas du Kosovo, Bruxelles avait rapidement pris position, jusqu'à adopter une résolution demandant aux Etats européens de reconnaître le Kosovo indépendant. «C'est le meilleur exemple du deux poids deux mesures et de l'hypocrisie dans le domaine de la politique internationale», a martelé Aleksandar Vucic.

Le Kosovo : un précédent majeur dans les relations internationales

Le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d'Albanais, a déclaré son indépendance en 2008 après une longue et meurtrière guerre débutée en 2009. Au cours du conflit, les Etats-Unis et l'OTAN étaient intervenus sans mandat de l'ONU à l'appel des rebelles albanais qui luttaient pour l'indépendance contre le gouvernement yougoslave de Belgrade, attaché à l'unité du pays. Si une grande partie de la minorité serbe du Kosovo a fui le pays par peur des représailles des milices albanaises, un certain nombre demeurent toujours dans le nord du pays.

La question du Kosovo constitue depuis près de dix ans un précédent en matière de politique internationale, auquel sont particulièrement sensibles les pays où des mouvements séparatistes agissent. Ainsi, le pays n'est par exemple pas reconnu par la Grèce, la Tunisie, la Roumanie... ou l'Espagne, qui a préféré faire le choix de la cohérence plutôt que de se plier à la résolution européenne de 2010.

C'est également la position adoptée depuis toujours par la Russie, notamment parce qu'elle révèle l'ambivalence de la position occidentale dans le dossier criméen. «Nos partenaires occidentaux ont créé le précédent du Kosovo de leurs propres mains», avait déclaré Vladimir Poutine devant le parlement russe en 2014. Il avait alors souligné que la situation au Kosovo et en Crimée était «exactement la même», mais que la diplomatie occidentale, dans sa grande majorité, avait choisi de traiter les deux cas de manière différente.

https://francais.rt.com/international/44102-catalogne-kosovo-serbie-denonce-hypocrisie-occident


 

*L'UE soutient le gouvernement espagnol pour 2 raisons majeures à mon avis:

1/L'Espagne est un membre à part entière de l'UE, censé partager les "valeurs démocratiques de l'Union": difficile de présenter ce pays et son gouvernement servile pour un Etat colonisateur et dictatorial.

2/L'imbroglio juridique que poserait l'indépendance catalane pourrait s'avérer dangereuse pour la cohésion de l'UE: il faudrait l'unanimité des Etats membres pour intégrer la Catalogne, donc l'acceptation de l'Espagne! Quant à envisager qu'une des régions les plus riches d'Espagne se retrouve en dehors de l'UE, même pour un temps limité, en période post- Brexit, voilà une perspective inquiétante en termes financiers...

P.G.

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Cinq choses à savoir sur la Catalogne

Comme souvent sur ce site, nous laissons la place à des contre- arguments sur des questions "complexes", même si elles heurtent de front nos propres conceptions: l'idée est qu'on ne défend correctement un dossier que si on a tenté de comprendre le point de vue de toutes les parties concernées. Nous l'avons fait pour le Myanmar (Birmanie), aucune raison d'esquiver le débat sur la catalogne...P.G.

ARG OBJECTION CATALOGNEPar Vicent Partal

Paru le 19 septembre 2017 dans Antiwar.com sous le titre Five Things to Remember About Catalonia

Traduction Entelekheia

Étant donnée la tournure que prennent les événements, nous pensons que c’est le bon moment pour résumer le processus qui nous a menés à ce point et expliquer la nature spéciale de la décision prise par le parlement catalan le mercredi 6 septembre dernier.

1) L’Espagne a violé ses propres règles quand la Cour constitutionnelles a abrogé le statut d’Autonomie de 2006.

Les origines de ce que nous avons traversé au cours de ces dernières années peuvent être trouvées dans la décision de la Cour constitutionnelle espagnole d’abroger des éléments-clés du statut autonome de la Catalogne. Aujourd’hui, il est généralement reconnu que cela revenait à un coup d’État contre la Constitution qui annulait l’équilibre juridique établi à la fin de l’époque franquiste [1]. La relation de pouvoir entre le centralisme espagnol et le gouvernement autonome catalan était fondée sur les dénommées « deux clés ». Si un désir catalan de changement de régime d’autonomie émergeait, Madrid détenait la « première clé » : la capacité de demander que cette nouvelle loi passe par le filtre légal de Madrid, où il pourrait être amendé. La  « seconde clé » de la Catalogne était le droit, si des changements était ordonnés par Madrid, de rejeter le changement de statut par référendum. Le processus était clair, transparent et équilibré. Une des clés donnait des garanties à Madrid, l’autre à la Catalogne. Chacune des parties avait voix au chapitre. Toutefois, l’entrée forcée d’une « troisième clé » qui n’avait jamais existé et avait été inventée par le Partido Popular (Ndt : de Rajoy) a détruit l’équilibre constitutionnel et brisé les conditions de la coexistence. La responsabilité de ce qui se passe aujourd’hui repose entièrement sur l’État espagnol qui, à travers ses actions unilatérales, a aboli un pacte forgé au cours de la transition vers la démocratie.

2) L’Espagne a refusé de dialoguer avec la Catalogne sur l’indépendance, ou d’ailleurs, sur quoi que ce soit d’autre.

La Catalogne n’a pas le droit d’imposer la sécession à l’Espagne. L’Espagne n’a pas non plus le droit d’imposer l’unité à la Catalogne. Dans l’occurrence de l’émergence d’un conflit comme celui auquel nous assistons aujourd’hui, la seule solution est la négociation, comme l’a éclairci la Cour suprême du Canada dans son opinion sur le très célébre référendum sur la question de l’indépendance du Québec. [2]

Une négociation de ce type pourrait avoir pris plusieurs formes et aurait pu se concentrer sur plusieurs des aspects de l’impasse. Après les premières manifestations du 11 septembre (journée nationale de la Catalogne) en 2012, le gouvernement catalan a proposé que les deux côtés renouvellent leur dialogue sur les questions fiscales et les droits culturels [3]. La proposition n’a pas seulement été rejetée, elle a été traitée avec mépris. Les forces politique catalanes ont appelé à une solution négociée à presque vingt reprises avant de passer à la préparation d’un référendum destiné à clarifier la volonté politique du peuple catalan. Comme encore aujourd’hui, le côté qui a toujours refusé de négocier est Madrid. L’Etat espagnol a systématiquement dédaigné les principes démocratiques selon lesquels les désaccords doivent être résolus à travers des négociations de bonne foi et le respect de l’expression démocratique de tous les projets politiques [4]. Ce schéma de mépris systématique discrédite les arguments du gouvernement espagnol.

3) Le peuple de Catalogne a délivré un mandat clair au parlement catalan pour proclamer l’indépendance.

Dans les élections tenues le 27 septembre 2015, les citoyens catalans ont offert la victoire aux partisans d’un programme visant à la proclamation de l’indépendance, avec une majorité absolue des sièges au parlement catalan [5]. Comme ce résultat n’a pas tout à fait atteint les 50% de votes populaires, les membres de la coalition gagnante ont souhaité valider leur programme par le plus démocratique de tous les processus de consultation populaire, le référendum. Ils avaient espéré que ce référendum serait validé par des négociations avec l’État espagnol. Hélas, cela s’est avéré impossible. C’est précisément ce refus de négocier du gouvernement espagnol qui justifie, et donne une force légale, au vote unilatéral du parlement catalan. Il n’y a aujourd’hui aucun autre moyen, pour le parlement catalan, de faire droit aux désirs du peuple catalan.

4) Le droit international offre une base légale à l’autodétermination et à la sécession unilatérale.

Le droit à l’autodétermination des peuples est un élément essentiel de la doctrine légale internationale. C’est un droit absolu qui transcende les législations nationales, et qui est inscrit dans les deux Conventions sur des droits de l’homme de 1966 des Nations Unies, que la constitution espagnole reconnaît comme le droit suprême du pays. Le parlement de Catalogne est donc habilité à invoquer légitimement ce principe général pour fonder son référendum. De plus, la décision de la Cour internationale de justice au sujet du Kosovo a définitivement résolu deux questions importantes [6]. La première est qu’il n’y a pas de clause, dans le droit international, qui puisse invalider la proclamation unilatérale d’indépendance d’un territoire. La seconde est que le principe de l’inviolabilité des frontières se n’applique qu’à des conflits entre États et ne peut en aucune façon être invoqué pour empêcher la sécession de la partie d’un État.

5) La pratique internationale récente a donné un soutien explicite au processus d’autodétermination, créant ainsi une norme caractérisée par l’acceptation de nouveaux États dans la communauté internationale.

Quelques chiffres seront utiles à rappeler. Depuis 1991, 53 entités sous-étatiques, comme la Catalogne, ont tenu des référendums sur l’autodétermination. Sur ce total, 27 référendums ont été menés à bien en accord avec les États dont ces entités faisaient partie. Les autres 26 ont été mis en oeuvre de façon unilatérale. L’État espagnol a reconnu 26 des 27 nouveaux États constitués dans le monde depuis 1991, dont la majorité avaient été proclamés de façon unilatérale. En fait, 7 États qui font aujourd’hui partie de l’UE étaient, en 1991, intégrés à d’autres États et donc, dans des situations très similaires à celle de la Catalogne actuelle. Ces 7 pays-membres de l’UE qui n’étaient pas indépendants en 1991 (la Croatie, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la République Tchèque) ont été créés via des mobilisations unilatérales, et dans 5 de ces cas, à travers la modalité spécifique d’un référendum unilatéral. Ils sont tous reconnus par l’Espagne et font partie de l’UE. [7]

Alors que l’UE ne prévoit pas de disposition en cas de sécession d’une partie d’un Etat-membre, elle a une pratique régulière de reconnaissance de référendums sur l’autodétermination. Par exemple, l’UE n’a bloqué ni le référendum du Brexit, ni celui de l’Écosse (2014) [8]. Et, comme nous l’avons vu, elle a accepté en tant que membres 7 États issus de processus unilatéraux, tout en accordant son soutien à la pratique de l’autodétermination dans des cas comme celui du Kosovo. Ceci contredit clairement la position de l’Espagne quant à la Catalogne.

Pour résumer : Si nous en sommes arrivés à ce point, c’est à la base grâce à la légitimité que le peuple catalan a offert au parlement catalan le 27 septembre 2015 et aussi, à la légitimité que la communauté internationale a offert au processus d’autodétermination. Mais nous en sommes aussi arrivés à ce point à cause de la perte de légitimité de la position espagnole, qui s’oppose aux pratiques et règles internationales, ainsi qu’aux dispositions de sa propre constitution.

Le moment est arrivé de passer à l’étape suivante, en gardant à l’esprit la force civique bâtie aux cours de cette dernière décennie, et le fait que la communauté internationale réagira comme elle l’a toujours fait[9] : en résolvant un problème qui ne s’effacera pas à la suite de manigances illégales.

Par Vicent Partal

Vicent Partal est le fondateur et le directeur du journal catalan en ligne Vilaweb.

Paru le 19 septembre 2017 dans Antiwar.com sous le titre Five Things to Remember About Catalonia

Traduction Entelekheia

Source: http://www.entelekheia.fr/cinq-choses-a-savoir-catalogne/

http://arretsurinfo.ch/cinq-choses-a-savoir-sur-la-catalogne/


Quelques bémols en guise de commentaires, même si l'argumentaire m'a semblé intéressant:

[1] "il est généralement reconnu que cela revenait à un coup d’État contre la Constitution qui annulait l’équilibre juridique établi à la fin de l’époque franquiste": c'est loin d'être l'avis des partisans de l'unité espagnole, y compris en Catalogne! Sans parler des experts en droit constitutionnel, en Espagne comme ailleurs. C'est comme le "coup d'état social" de Mélanchon; c'est plus affaire d'idéologie (pas forcément complètement erronée d'ailleurs) que d'argumentation juridique.

[2] "Dans l’occurrence de l’émergence d’un conflit comme celui auquel nous assistons aujourd’hui, la seule solution est la négociation, comme l’a éclairci la Cour suprême du Canada dans son opinion sur le très célébre référendum sur la question de l’indépendance du Québec": d'un côté on ne reconnaît pas la Cour Constitutionnelle espagnole, mais on donne raison à la Cour Suprême du Canada...en omettant l'essentiel: ce qui fut reconnu comme partie intégrante du droit internatinal et qui fit jurisprudence avant l'affaire de l'indépendance du Kosovo (2008) est qu'il n'existe pas de droit unilatéral à l'indépendance au sein d'un Etat souverain, démocratique de surcroît!

[3] "que les deux côtés renouvellent leur dialogue sur les questions fiscales et les droits culturels": les questions fiscales sont au coeur du processus de souveraineté, difficile à mon sens de les mettre sur le même plan que les droits culturels.

[4] "le respect de l’expression démocratique de tous les projets politiques": il y a une différence de mon point de vue entre la libre expression de tous les points de vue dans un pays démocratique et la volonté de certains d'imposer leur projet à toute la société.

[5] "Dans les élections tenues le 27 septembre 2015, les citoyens catalans ont offert la victoire aux partisans d’un programme visant à la proclamation de l’indépendance, avec une majorité absolue des sièges au parlement catalan": voilà une interprétation singulière quand on connaît les divergences internes entre les différentes composantes issues du scrutin. Par ailleurs, l'auteur reconnait que "ce résultat n’a pas tout à fait atteint les 50% de votes populaires"...Voilà qui à mon sens invalide la conclusion du paragraphe: "Il n’y a aujourd’hui aucun autre moyen, pour le parlement catalan, de faire droit aux désirs du peuple catalan".

[6] "De plus, la décision de la Cour internationale de justice au sujet du Kosovo a définitivement résolu deux questions importantes ": les lecteurs de ce site qui auront lu nos différents articles sur les manoeuvres euro-atlantistes de destruction de la Yougoslavie appécieront. Entre les principes affirmés par le droit international et les manipulations géopolitiques des uns et des autres, il y a un monde qu'il est difficile d'ignorer...

[7] "Ces 7 pays-membres de l’UE qui n’étaient pas indépendants en 1991 (la Croatie, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la République Tchèque) ont été créés via des mobilisations unilatérales, et dans 5 de ces cas, à travers la modalité spécifique d’un référendum unilatéral. Ils sont tous reconnus par l’Espagne et font partie de l’UE" : certaines  "mobilisations unilatérales" furent le fruit d'interventions parfois "musclées" de forces beaucoup moins "locales", sans parler de manipulations éhontées de l'opinion publique. Par ailleurs, d'autres procédures du même type ne furent pas reconnues, ni par l'Espagne, ni par l'UE...

[8] "l’UE n’a bloqué ni le référendum du Brexit, ni celui de l’Écosse (2014)": les 2 référendums avaient été organisés dans le cadre de la légalité constitutionnelle du Royaume- Uni, et pour ce qui concerne le Brexit, dans le respect du droit international ET du traité de Lisbonne.

[9] "le fait que la communauté internationale réagira comme elle l’a toujours fait": une déclaration bien naïve quand on connait le "deux poids deux mesures" de certaines décisions et réactions de la "communauté internationale", à géométrie variable d'ailleurs. Allez demander aux Palestiniens, aux Afghans ou aux Kurdes ce qu'ils en pensent...

En conclusion, je prends note d'une argumentation intéressante mais qui s'appuie sur des conceptions contestables de ce qui est légal ou pas. Mais surtout, cette façon de privilégier le droit international contre le droit national relève d'une idéologie bien connue de type "mondialiste" commune aux libéraux et à une certaine extrême gauche.  Enfin, cette façon d'écarter certains éléments géopolitiques dans ce genre d'affaires enlève de la force à l'argumentation présentée: pourquoi mentionner le Kosovo et pas la Crimée, par exemple? Et par ailleurs, en quoi "les désirs du peuple catalan" seraient- ils mieux servis en se séparant de l'Etat espagnol, mais pas de l'Union européenne? Tout cela mériterait un débat...démocratique.

A titre d'illustration de la complexité de ces problèmes, même au regard du droit international, voir l'article*: Catalogne et Kosovo : la Serbie dénonce «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de l'UE

https://francais.rt.com/international/44102-catalogne-kosovo-serbie-denonce-hypocrisie-occident

*J'ai découvert cet article juste après avoir rédigé ces commentaires, inutile de m'accuser de collusion systématique avec les Serbes et les Russes...D'autant que le Président serbe est un partisan de la "construction européenne"...

P.G.

Voir aussi ces commentaires d'internautes:

Crimée contre Catalogne : des internautes dénoncent un «deux poids deux mesures» dans les réactions

Déclaré illégal par Madrid, le référendum catalan du 1er octobre a beaucoup fait réagir. Certains internautes estiment que la tenue d'un autre référendum, celui de Crimée en 2014, avait fait l'objet de bien plus de critiques.

Sur Twitter, plusieurs internautes ont comparé les réactions autour du référendum sur l'indépendance de la Catalogne du 1er octobre à celles qui avaient accueilli le référendum de Crimée en 2014.

Alors que la communauté internationale n'avait pas eu de mots assez forts pour critiquer le scrutin en Crimée (la péninsule avait décidé à une écrasante majorité de se rattacher à la Russie), un utilisateur du réseau social Twitter, estimant que celui de Catalogne a été mieux accepté, évoque un «deux poids deux mesures».

tw1

Pour un internaute, il est «difficile de condamner le référendum de rattachement de la Crimée et d'accepter un référendum d'indépendance de la Catalogne».

Certains visent plus particulièrement la gauche qui, sans se prononcer ouvertement sur la question de l'indépendance de la Catalogne, a fermement critiqué la violence employée par l'Etat espagnol pour réprimer le scrutin.

Le candidat malheureux à la présidentielle Benoît Hamon, qui s'est offusqué de la répression de Madrid, est également ciblé par certains tweets.

Pour cet internaute, enfin, il apparaît peu cohérent de soutenir le référendum en Crimée et de combattre celui de la Catalogne.

https://francais.rt.com/international/44091-hypocrisie-internautes-raillent-differences-reactions

« Indépendance » de la Catalogne : derrière les apparences, quels enjeux cachés ?

Le référendum organisé le 1er octobre par les autorités de Catalogne en vue de décréter l’indépendance de cette région a été très largement entravé par le gouvernement espagnol. Cette initiative avait en effet été jugée inconstitutionnelle, et donc interdite. L’utilisation des forces de police pour appliquer cette décision a soulevé, en France notamment, de nombreux commentaires et réactions.

ARG RUPTURES CATALOGNEL’émotion est, comme toujours, mauvaise conseillère. Analyser rationnellement faits et les enjeux est donc nécessaire.

Tout d’abord, quoiqu’on pense de la tentation indépendantiste, le sort de la Catalogne ne peut être en aucune manière comparé – sauf ignorance crasse ou pyramidale mauvaise foi – à la situation qui prévalait dans l’Algérie du temps de la colonisation, à celle qui soumet aujourd’hui encore le peuple palestinien au joug de l’occupation israélienne, ou encore à celle qui maintient le Sahara occidental sous le régime colonial marocain.

C’est aux Espagnols – à eux seuls, mais à tous les Espagnols – de décider de l’avenir de leur pays.

Car la sécession de la Catalogne n’aurait pas seulement des conséquences majeures sur les habitants de Barcelone ou de Gérone, mais tout autant sur ceux de Madrid ou de Cordoue.

C’est la raison pour laquelle la constitution adoptée en 1978 (y compris très massivement par les électeurs catalans) prévoit que c’est à l’ensemble du pays de décider de l’éventuel départ d’une partie de son territoire. Une disposition qui est du reste en vigueur (sous forme référendaire, parlementaire ou autre) dans la plupart des pays du monde.

Le principe affirmant que c’est à la population dans son entier, et non à une partie d’entre elle, de trancher sur une indépendance est notamment nécessaire pour éviter une dérive mortifère. Car dans l’hypothèse (au demeurant peu probable) où une majorité de résidents catalans choisirait l’indépendance, qui pourra empêcher une sous-région (une province ou une comarque) de proclamer qu’elle n’entend pas faire partie du nouvel Etat, et faire sécession à son tour (éventuellement pour rejoindre l’Espagne) ? Et cette scissiparité peut continuer à l’infini, aboutissant à un inimaginable émiettement de micro-Etats.

Talon de fer de Madrid ?

En outre, nul n’est fondé, de l’extérieur, à porter de jugement de valeur sur la légitimité des aspirations autonomistes catalanes. Celles-ci existent, et ont partie liée avec l’histoire. Mais force est en revanche de constater que la Généralité dispose déjà d’une large autonomie dans nombre de secteurs, hors défense et politique étrangère. Et l’on reste tout de même perplexe devant l’affirmation que les Catalans seraient opprimés sous le talon de fer de Madrid, comme certains, en France et en Europe, tentent d’en accréditer l’idée.

Ce serait plutôt les Catalans adversaires de l’indépendance qui ont, ces dernières années, fait profil bas. Ces derniers (qui représenteraient tout de même 49% de la population contre 41%, si l’on en croit une récente étude… d’un organisme dépendant des autorités pro-indépendantistes de Barcelone) sont, eux, sous pression.

Que ce soit dans le cadre personnel ou professionnel, les partisans de l’unité de l’Espagne ont de moins en moins la vie facile. L’affirmation du catalan comme langue dominante provoque couramment des discriminations à l’embauche contre ceux qui ne pratiquent pas cette langue. Pour ne rien dire du climat d’intolérance, de menaces voire de violences qui s’est déployé contre les adversaires de l’indépendance durant la campagne.

Préoccupations sonnantes et trébuchantes

Enfin, il convient de noter qu’une fois passées les affirmations émotionnelles et identitaires, le seul argument concret a trait au domaine financier et fiscal : la dynamique (mais très endettée) économie catalane pourrait être libérée du poids des transferts injustes vers Madrid…

Cela s’inscrit dans un courant qui voit plusieurs régions en Europe mettre en avant des préoccupations sonnantes et trébuchantes.

En substance : on en a assez d’être plombé par la solidarité nationale en faveur de régions à la traîne. C’est notamment les cas de la Flandre dont les dirigeants considèrent la Wallonie comme un poids mort assisté. C’est aussi ce qui fait le ciment des partisans de l’indépendance d’une « Padanie » (Nord de l’Italie) « plumée » par « Rome la voleuse ». Et même les dirigeants écossais avaient mis en avant le fait qu’ils s’en sortiraient bien mieux tout seuls grâce à leurs avantages (dont, naguère, le pétrole).

Les charmes de « l’Europe des régions »

Bien sûr, les uns comme les autres prennent soin de rappeler qu’ils entendent rester au sein de l’Union européenne.

Ils n’hésitent pas, pour ce faire, à se draper plus ou moins discrètement dans les charmes de « l’Europe des régions » qui verrait les Etats s’effacer au profit des instances communautaires ; celles-ci se satisfaisant alors du foisonnement des identités régionales, dès lors qu’elles verraient se renforcer leurs prérogatives politiques.

Ce schéma soulève cependant pas mal de contradictions. Car nombre de dirigeants nationaux pourraient être confrontés à un nombre croissant de revendications de ce type. Dès lors, à Bruxelles – où l’on n’a guère envie de voir s’ouvrir des batailles supplémentaires entre Etats membres – on reste très prudent face à cette boîte de Pandore en puissance.

N’empêche : le dirigeant catalan Carles Puigdemont a enfoncé le clou dès le soir du 1er octobre : « nous sommes des citoyens européens, nos droits et libertés ont été violés ». Et de marteler que la Catalogne est devenue « un dossier qui concerne l’Europe ».

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, la figure la plus emblématique des fédéralistes européens, a immédiatement repris la balle au bond : évoquant les violences policières, il a jugé urgent de « condamne(r) énergiquement ce qui s’est passé ce jour en Catalogne ». Quant à l’indépendantiste flamand Bart de Wever (dont le parti est un pilier du gouvernement belge), il a déclaré : « qui refuse l’appel à une médiation internationale ignore la démocratie ».

Le vrai débat devrait porter sur le concept même de peuple

En réalité, la véritable démocratie devrait désormais imposer que les Espagnols, et les Catalans en leur sein, puissent débattre réellement de leur avenir.

Mais aussi que surgisse, dans tous les pays, un débat sur le concept même de peuple : selon que l’on en a une conception politique, ou bien ethno-culturelle, les réponses ne seront pas les mêmes…

https://ruptures-presse.fr/actu/referendum-catalogne-independance-ue/