vendredi 11 mai 2018

Les enfants qui grandissent en milieu rural sont-ils en meilleure santé mentale ?

Les chercheurs ont longtemps spéculé que plus l’environnement dans lequel nous grandissons est « sale » – avec beaucoup de germes – plus notre système immunitaire devient robuste. Une nouvelle étude publiée lundi dans les Actes de la National Academy of Science suggère qu’un tel environnement pourrait également être bénéfique pour notre santé mentale.

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L’hypothèse de l’hygiène – ou théorie hygiéniste – comme on l’appelle, stipule que notre système immunitaire doit être en contact avec des germes relativement inoffensifs et des substances étrangères dans ses premières années. Le but est qu’il puisse se calibrer, sans quoi il pourrait devenir trop sensible et réagir de façon excessive à certaines substances, comme la poussière et le pollen, entraînant alors des allergies et de l’asthme. De nombreuses recherches ont en effet montré que le fait de grandir dans un environnement rural – ou avec des animaux de compagnie – est associé à des taux plus faibles de maladies auto-immunes, tandis que les taux d’allergies et de maladies auto-immunes augmentent régulièrement dans les zones urbaines.

Christopher Lowry, professeur de physiologie à l’Université de Colorado à Boulder (États-Unis), théorisait il y a dix ans qu’un monde trop hygiénique pourrait également influencer notre risque de développer certaines maladies psychiatriques, comme la dépression et le stress post-traumatique. L’hypothèse pourrait ici expliquer pourquoi les taux de maladies psychiatriques sont plus importants chez les personnes vivant en milieu urbain. Le chercheur a récemment collaboré avec des chercheurs de l’Université d’Ulm en Allemagne pour tester directement cette théorie.

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Les chercheurs ont pour cette étude recruté 40 jeunes hommes allemands en bonne santé et âgés de 20 à 40 ans. La moitié des hommes ont expliqué avoir été élevés (jusqu’à l’âge de 15 ans environ) dans une ferme avec beaucoup d’animaux, tandis que l’autre moitié avait été élevée en milieu urbain et sans animaux. Des échantillons de sang et de salive ont été prélevés dans les deux groupes 5 minutes avant et 5, 15, 60, 90 et 120 minutes après le test. Les volontaires ont ensuite été invités à accomplir une série de tâches normalement stressantes : ils devaient dans un premier temps prononcer un discours devant des gens en blouse blanche sur la raison pour laquelle ils méritaient leur emploi de rêve. Ils ont aussi été invités à compter en arrière par intervalles de 17 à partir de 3,079, le tout en étant chronométrés.

Après ces tests, les individus élevés dans les villes avaient des niveaux significativement plus élevés de composants du système immunitaire appelés cellules mononucléaires du sang périphérique (PBMC). Ils ont également montré une élévation prolongée du composé inflammatoire interleukine 6 et une activation atténuée du composé anti-inflammatoire interleukine 10. «Les personnes qui ont grandi dans un environnement urbain ont eu une induction exagérée de la réponse immunitaire inflammatoire au facteur de stress, et elle a persisté tout au long de la période de deux heures», note Christopher Lowry.

Étonnamment, alors que leurs corps réagissaient au stress, ces anciens citadins se sentaient moins stressés que leurs homologues ruraux. «Cette réaction inflammatoire exagérée est comme un géant endormi dont ils ignorent totalement l’existence», poursuit le chercheur. Des études antérieures ont montré que ceux qui ont une réponse inflammatoire exagérée sont plus susceptibles de développer une dépression et un trouble de stress post-traumatique (TSPT) plus tard dans la vie. L’expérience a également montré que notre réponse immunorégulatrice au stress se développe au début de la vie, et est en grande partie façonnée par notre environnement microbien.

Rappelons que plus de 50% de la population mondiale vit désormais dans des zones urbaines, ce qui signifie que les humains sont exposés à beaucoup moins de micro-organismes qu’auparavant, notent les auteurs.

«Si vous n’êtes pas exposé à ces types d’organismes, alors votre système immunitaire ne développe pas un équilibre entre les forces inflammatoires et anti-inflammatoires. Vous pouvez alors développer une inflammation chronique et une réactivité immunitaire exagérée qui vous rend vulnérable aux allergies, aux maladies auto-immunes et, comme nous le proposons, à des troubles psychiatriques», explique le chercheur, qui préconise de «manger des aliments riches en bactéries saines ou en probiotiques, de passer du temps dans la nature et d’adopter des animaux de compagnie à fourrure».

Il sera en revanche nécessaire d’étendre l’étude à des échantillons plus importants, et plus diversifiés, puisque n’étaient impliqués dans cette étude que des hommes. «Beaucoup de recherches doivent encore être faites, mais il semble que passer autant de temps que possible, de préférence pendant l’enfance, dans des environnements offrant une large gamme d’expositions microbiennes a de nombreux effets bénéfiques», conclu le chercheur.

http://sciencepost.fr/2018/05/les-enfants-qui-grandissent-en-milieu-rural-sont-ils-en-meilleure-sante-mentale/

 

PRIX SPECIAL COMPLOTISME

La preuve que les mondialistes, l'UE et Macron ont tout faux !!!
Mais ont-ils vraiment tout faux ?
N'y aurait-il pas une volonté d'affaiblir les générations futures, plus fragiles,
plus rentables au niveau du business de de la santé
et plus malléables psychologiquement (oui, c'est très "complotiste" !).


Mais alors, pourquoi vouloir à tout prix rassembler les populations dans des métropoles tentaculaires et sans âme ?


Pourquoi avoir regroupé les régions autour d'une métropole et pourquoi avoir vidé les petites communes de leurs richesses pour les tuer et les supprimer ?
 
  S.R.

Voilà un commentaire qui mérite largement un prix "spécial complotisme" decerné par la rédaction du site!  P.G.

Posté par UPR Creuse à 05:22 - - Permalien [#]
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Etat des lieux sur le referendum britannique (BREXIT)

TL UK PARLEMENT

On nous rebat les oreilles que le vote « Leave » est tantôt le vote d'un peuple inculte en matière d'économie, de politique ou de relations internationales, tantôt un vote xénophobe face à la vague d'immigration en Europe. Le résultat du référendum n'a pas été accueilli favorablement dans les plus hautes sphères européennes, et il aurait presque fallu ignorer le vote comme cela s'est passé en France en 2005 pour le référendum sur le TCE ou en Irlande en 2008 pour le référendum sur le Traité de Lisbonne. L'inamovible Donald Tusk, alors président du Conseil des ministres en Pologne, affirmait : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur. » Pour Tusk, président du Conseil européen depuis 2014, réélu en 2017,  « la démocratie, c'est cause toujours[1]». Le vote du 23 juin 2016, auquel plus de 72% des sujets de Sa Majesté a participé, aurait pu être balayé d'un revers de main puisque Tusk, en session plénière du Conseil européen d'octobre 2017, a laissé entendre que l'une des issues des négociations n'excluait pas le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Mais il n'est pas le seul en Europe[2] à penser que le peuple a mal voté. Les libéraux-démocrates ont appelé de leurs vœux la tenue d'un nouveau référendum pour que le peuple puisse revenir sur sa décision – les citoyens savent-ils ce qui est vraiment bon pour eux ? Un peu de « pédagogie » pour convertir le peuple à une UE honnie et le deuxième référendum serait acquis au « Remain ». Une galloise, Liz Webster, affiliée au parti Lib-Dem, n'a pas hésité à qualifier le référendum de « tyrannique » par opposition au sain(t) parlementarisme[3]. Certains ne doivent pas être loin de regretter le suffrage censitaire... Pour effrayer les électeurs britanniques qui hésitaient encore un mois avant le vote, Obama menaçait le Royaume-Uni de se retrouver « au bout de la file d'attente sur les accords commerciaux » (ce qui n'aurait pas été une trop mauvaise nouvelle pour les britanniques) puis il a déploré le résultat du référendum tout en nuançant son propos, affirmant que le Royaume-Uni resterait un partenaire économique majeur[4]... « business is business ».

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Le Royaume-Uni est une monarchie parlementaire, comme beaucoup de pays en Europe, mais le Royaume-Uni n'a pas de Constitution « écrite », contrairement à la France (Constitution de 1958) ou à l'Allemagne (Loi Fondamentale de 1949). Toutefois le régime repose sur des principes comme la séparation des pouvoirs, la suprématie du Parlement, la « Common Law » (la loi découle de la jurisprudence plutôt que d'un texte codifié). C'est cette fameuse suprématie du Parlement qui va nous intéresser car elle a fait l'objet de débats juridiques et politiques, précisément parce que la Constitution n'est pas « écrite », et que le principe de suprématie du Parlement avait été remis en cause par le European Communities Act de 1972, définissant la primauté du droit communautaire sur le droit national[5]. A qui revient-il d'initier la sortie de l'UE ? Le gouvernement ? Le Parlement ? La question a été portée à l'attention de la Cour suprême du Royaume-Uni par une gestionnaire de fonds de la City, Gina Miller, qui a obtenu de Theresa May qu'elle consulte le Parlement avant d'engager le Brexit. En effet au Royaume-Uni le peuple n'est pas souverain, ce sont conjointement le monarque et le Parlement qui sont dépositaires de cette souveraineté. Mme May craignait de consulter le Parlement car elle était affaiblie dans son propre camp et incertaine du vote Labour. Le 1er février 2017 tous les Conservateurs (à l'exception de Ken Clarke) et une majorité de députés travaillistes se sont prononcés en faveur du déclenchement de l'article 50 du Traité de Lisbonne, conformément au vote du référendum et le 29 mars 2017 la demande de « divorce » est adressée à D. Tusk[6]. Les négociations, menées notamment par Michel Barnier pour l'UE et David Davis pour le gouvernement britannique, pourraient durer jusqu'à deux ans. Avec ou sans accord entre Royaume-Uni et UE, le Brexit sera effectif le 29 mars 2019.

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Le European Communities Act de 1972 portait en germe une attaque intolérable contre la souveraineté britannique et ce fut la principale raison du vote « Leave » le 23 juin 2016. Ainsi, en sortant des urnes 49% des Britanniques sondés[7] ont affirmé que leur motivation première était que la politique du Royaume-Uni devrait uniquement être définie par des instances britanniques. Quoi de plus légitime ? Déjà en 1975, deux ans après l'entrée à reculons dans la CEE[8], le gouvernement Wilson demanda l’organisation d’un référendum au sujet du maintien du Royaume-Uni au sein de la CEE. Les britanniques répondirent « oui » à 67,23%. En dépit des profondes réserves exprimées par certains membres de son Cabinet, Wilson poursuivit une politique d’intégration à la CEE. Tony Benn, travailliste et membre du Cabinet Wilson, tenait ces propos sur la Communauté européenne : « The Community will destroy the whole basis on which the labour movement was founded and its commitment to democratic change. »[9] [10] En 1975 dans un article[11] adressé aux citoyens Benn pointait du doigt la perte d'indépendance et de souveraineté liée à l'entrée dans la CEE :

1°) « La participation du Royaume-Uni à la CEE nous soumet à des lois et taxes qui n'ont pas été décidées par nos députés, mais par des autorités que nous n'élisons pas directement et que nous ne pouvons pas renvoyer aux urnes. »

2°) « La participation du Royaume-Uni à la CEE prive le Parlement britannique de la possibilité de supprimer des lois ou des mesures fiscales : seules des autorités communautaires qui n'ont pas été élues directement par le peuple britannique peuvent le faire. »

3°) « La participation du Royaume-Uni à la CEE exige des tribunaux britanniques qu'ils fassent respecter des lois communautaires qui n'ont pas été décidées par le Parlement, et que le Parlement ne peut pas modifier ou amender, même lorsque ces lois entrent en conflit avec d'autres (votées, elles, par le Parlement), puisque la hiérarchie des droits place les directives communautaires au-dessus des textes britanniques. »

4°) « La participation du Royaume-Uni à la CEE impose aux gouvernements britanniques des contraintes et des devoirs qui n'ont pas été décidés par le Parlement. Les ministres n'ont donc plus à s'expliquer de leurs actions devant le Parlement, ou le peuple britannique qui les a élus. »

5°) « La participation du Royaume-Uni à la CEE transfère une partie des pouvoirs législatifs et financiers à des autorités communautaires qui n'ont pas été élues directement par les britanniques, ce qui les isole du contrôle direct des électeurs britanniques. Comme ces derniers ne peuvent pas retirer leur mandat à qui que ce soit, leur point de vue n'importe guère et nul n'est tenu de prendre en compte leurs récriminations. »

 

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Le fond du débat a été le même en 1975 et en 2016 sur la question de l’indépendance et de la souveraineté. A ceci près qu’en 1979 les députés du Parlement européen sont pour la première fois élus au suffrage direct, ce qui laissait présager d'une démocratisation des institutions. Mais le pouvoir du Parlement européen est limité, il a un droit de veto et ne peut prendre des décisions qu'en partenariat avec le Conseil de l'UE (le Conseil des ministres qui représentent les gouvernements). Seule la Commission européenne est à l'origine des lois et est chargée de leur application. Elle cumule les pouvoirs législatifs et exécutifs sans être élue, un modèle démocratique.

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En 2013 dans son discours de Bloomberg D. Cameron réaffirmait l'intégration du RU à la fois à l'UE et à l'OTAN. Il y soulignait la nécessité de donner davantage de légitimité démocratique aux institutions européennes et de réformer l'UE pour plus de « compétitivité » et de « flexibilité » avec en ligne de mire les « charges » sociales[12]. Pour Cameron, l'unique intérêt du RU d'être membre de l'UE est l'accès au marché commun. Tout ceci est fort contradictoire avec ce qu'il affirme plus tôt, à savoir que « ce n'est pas en continuant à faire la même chose que l'on va assurer l'avenir à long terme de l'UE[13]. » Le marché commun et la concurrence libre et non faussée oui ; l'Europe sociale non. Ce discours « coup de poker » répondait surtout à des considérations de politique intérieure comme contenir la percée du UKIP[14], répondre aux nombreux articles sur l'euroscepticisme dans la presse et contrer les députés conservateurs qui déploraient l'absence de consultation des britanniques sur l'UE depuis 1975 alors que son influence sur la politique nationale avait considérablement augmenté avec l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2007. Traité ratifié par voie parlementaire et non référendaire de crainte, de la part de G. Brown, qu'il soit rejeté comme en Irlande. Ainsi s'il existe un déficit démocratique européen, il existe aussi une rupture entre les aspirations du peuple et sa représentation nationale au Parlement. De ce point de vue il  faut garder à l'esprit que le European Communities Act de 1972, plaçant le droit européen au-dessus du droit britannique, a reçu l'assentiment de la Chambre des Communes, de la Chambres des Lords, du Premier Ministre et de la Reine. Donc le Parlement s'est tiré une balle dans le pied.

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Non, le vote « Leave » n'est pas celui d'un peuple inculte en matière d'économie et  de politique. Bien au contraire, ce vote est celui de ceux qui font l'expérience au quotidien d'une politique européenne qui détruit l'emploi, désindustrialise et organise le dumping social. La carte du vote « Leave » recouvre celle d'un fort taux de chômage, d'un déficit de services publics et certains anciens bastions travaillistes, qui, élections après élections, se sont tournés vers UKIP ou l'abstention.  Pays de Galles[15] et Angleterre (sauf Londres et Cardiff) ont majoritairement voté pour sortir de l'UE tandis que l’Écosse et l'Irlande du Nord se sont prononcées en majorité pour rester dans l'UE. Et si les espaces délaissés et appauvris par les politiques d'austérité depuis des années ne bénéficiaient pas du fameux « ruissellement » si cher aux élites mondialisées ? Dans un article[16] sur les raisons de l'échec de Cameron, Pauline Schnapper signale son bilan politique désastreux depuis 2010 :

« (…) l'impact des politiques d'austérité mises en place par le gouvernement de coalition à partir de  2010, qui a eu des conséquences, sinon sur l’emploi, en tout cas sur les revenus et sur les services publics locaux. En d’autres termes, les effets généraux de la mondialisation, y compris les pertes d’emplois dans les secteurs industriels traditionnels, n’ont pas été compensés pendant cette période par un engagement de l’État, bien au contraire. Le vote pour sortir de l’UE a clairement été plus important dans les zones les plus désavantagées sur le plan socio-économique, qui sont aussi celles où les réductions budgétaires ont été les plus violentes et où le vote pour le UKIP a été le plus élevé aux élections européennes de 2014. »

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Par exemple Sheffield ou Newcastle votent majoritairement pour sortir de l'UE. L'exclusion sociale s'illustre parfaitement dans l'augmentation des droits d'entrée des stades de football depuis les années 2010[17], ce qui exclut les plus modestes qui, de toute façon, n'auraient pas pu acheter tous les produits dérivés vendus dans les boutiques. La paupérisation généralisée se manifeste par l'implantation de magasins où tout est bradé « poundland », l'émergence de « cash converters » où l'on peut échanger ses biens contre de l'argent sonnant et trébuchant et la multiplication des centres appelés « citizens advice » où les plus démunis peuvent espérer trouver de l'aide pour survivre : effectuer des démarches pour (re)trouver un emploi, pour toucher une allocation bas salaire, pour trouver l'adresse d'une soupe populaire, pour trouver un logement, avoir accès aux soins, faire un prêt, etc.

(...)
 

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Pendant la campagne du référendum les syndicats majoritaires[18] ont défendu le vote « Remain » en arguant du fait que quitter l'UE remettrait en cause, pour les travailleurs britanniques, des droits acquis de haute lutte dans les années 1980 et 1990 grâce à la convergence des syndicats européens. Cette position est à relativiser puisque en décembre 1989 le Royaume-Uni refuse de signer la Charte des droits fondamentaux des travailleurs[19]. La position du groupe Trade Unionists Against the European Union est on ne peut plus claire sur l'origine la situation économique et sociale au Royaume-Uni : libéralisation de l'économie (fonds de pensions calqués sur le système américain, partenariats public-privé et privatisations de la santé et des services postaux), marché unique (déplacement des travailleurs au niveau européen) et accords de libre échange (TTIP), développement exponentiel de la City et de la part des produits financiers dans l'économie britannique au détriment de l'industrie et des services publics ont produit des travailleurs déracinés qui doivent accepter des salaires de misère ou des contrats « zéro heure[20] ».

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Mais quel est l'intérêt de sortir de l'UE ultra-libérale pour subir le même traitement (ou pire) de la part du gouvernement de Theresa May ? Cette crainte a complètement paralysé les syndicats majoritaires et proches du Labour sur la position de défense des droits acquis grâce à l'UE ; ipso facto appeler à voter « Remain » et opter pour la défense de l'UE, malgré ses institutions anti-démocratiques[21]. Mais bien sûr ce n'est pas aussi simple. Rappelons que le droit britannique (Common Law) n'est pas notre droit codifié dit romain, il n'existe pas au Royaume-Uni de code du travail mais une jurisprudence sur les conditions de travail, les contrats de travail ne sont pas encadrés, ou à la marge, par la loi. La relation entre l'employeur et le salarié est donc complètement « libre » et chaque salarié peut négocier des conditions particulières d'emploi. Bien évidemment c'est très souvent en défaveur de l'employé que le contrat est conclu. En 1997 le traité d'Amsterdam met fin à l'« opt-out » britannique sur les dispositions sociales, une bouffée d'air pour les salariés après les années Thatcher : droit d'accès aux services publics, droit d'association, de négociation et action collective, encouragement de l'amélioration des conditions de travail notamment pour les employés à temps partiel ou à durée déterminée...  C'est donc un moindre mal pour les britanniques mais on est encore loin des grandes lois sociales puisqu'on relève dans le traité d'Amsterdam « la nécessité de prendre des mesures en vue d'une augmentation de l'intensité de l'emploi de la croissance, en particulier par une organisation plus souple du travail, qui réponde tant aux souhaits des travailleurs qu'aux exigences de la concurrence» et plus loin qu'il faut moderniser l'organisation du travail par « des formules souples de travail, afin de rendre les entreprises productives et compétitives  et d'atteindre l'équilibre nécessaire entre flexibilité et sécurité ». Enfin on voit bien pourquoi le gouvernement Blair a pu accepter ce volet « social » (sic) du traité d'Amsterdam car « en ce qui concerne les termes employés dans l'accord-cadre, sans y être définis de manière spécifique, la présente directive laisse aux États membres le soin de définir ces termes en conformité avec le droit et/ou les pratiques nationales ». Ce qui dans le cas du Royaume-Uni n'est pas la panacée quand on sait que l'OCDE l'a toujours fait figurer comme celui qui offre le plus bas niveau de protection de l'emploi.

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L'Union Européenne sociale et démocratique n'existe pas. L'UE répond à un seul objectif, préserver l'hégémonie du capital à l'échelle européenne. Toutes les chartes sociales, les bons sentiments et les tentatives de négociations n'y changeront rien ou si peu dans un contexte où les jeunes gens des anciens pays du bloc soviétique migrent vers le Royaume-Uni, fournissent une main-d’œuvre à bas coût et entraînent une chute des conditions d'emploi au Royaume-Uni. Donc, en dépit de la charte sociale et des lois sur la protection des travailleurs européens que les syndicats majoritaires mettent en avant, c'est un naufrage social dont l'origine est la doctrine libérale et les intérêts capitalistiques défendus par la Commission européenne qui relègue le Parlement européen au statut de camouflage démocratique utile pour entériner des politiques plus rétrogrades les unes que les autres.

Toutefois la sortie de l'UE sera loin de régler les régressions économiques et sociales préparées par le gouvernement Conservateur au Royaume-Uni[22]  ; par exemple le récent projet d'assouplir la loi sur la limitation des heures de travail. Les britanniques doivent exiger une sortie de l'UE sur la base de droits pour les travailleurs, le développement d'une politique agricole et industrielle qui favorise l'emploi au RU,  la réduction du poids de la finance, la nationalisation des transports, de la poste, la réhabilitation d'un service de santé public de qualité et l'abandon de toute politique d'austérité.

Au moment même où la Catalogne revendique son indépendance le Brexit interroge aussi la cohésion du Royaume-Uni puisque les Écossais du SNP, qui ont majoritairement voté pour rester dans l'UE[23], demandent l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance[24]. A suivre. Une autre question épineuse concerne l'Irlande du Nord et la frontière avec la République d'Irlande, nous y reviendrons. Enfin il faudra revenir sur l'insupportable position du Labour pendant la campagne du Brexit et la façon dont Jeremy Corbyn mène sa barque au sein du Shadow Cabinet[25].

 
 Antoine Bourge, le 27 décembre 2017.


[1]Jean-Louis Barrault : « La dictature, c'est 'ferme ta gueule' ; la démocratie, c'est 'cause toujours'. »

[4]Du point de vue des États-Unis traiter avec un interlocuteur unique, l'UE, est beaucoup plus avantageux que de négocier avec chaque pays européen.

[8]Par trois fois De Gaulle a mis son veto à l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE (1958, 1963, 1967). Le Royaume-Uni intégra enfin la Communauté Economique Européenne (CEE) le 1er janvier 1973 sous l’impulsion des Conservateurs (Macmillan puis Heath).

[9] « La Communauté va détruire les fondements sur lesquels le mouvement travailliste s’est construit et son engagement pour la démocratie. » Tiré de l’article « Le référendum britannique du 23 juin 2016 : un simulacre de démocratie ? », Christian Auer, Revue Française de Civilisation Britannique (2017).

[10] La frange la plus à gauche du parti Travailliste réprouva cette entrée dans le marché commun. En 1983 Michael Foot, dirigeant du parti Travailliste, défendit une sortie de la CEE en affirmant : « Quand nous arriverons au pouvoir, nous ouvrirons les négociations préliminaires avec les autres États membres pour établir un calendrier de retrait de la CEE. » Cela provoqua la scission du parti et la naissance du mouvement Lib[eral]-Dem[ocrat] à la fin des années 1980.

[11]The Spectator, Londres, 18 janvier 1975.

[12]« Comme l'a dit la Chancelière Merkel : si l'Europe aujourd’hui représente juste un peu plus de 7% de la population mondiale, contribue environ à 25% de la production mondiale et doit financer 50% des dépenses sociales mondiales, alors il est évident qu'elle va devoir travailler très dur pour préserver sa prospérité et son mode de vie. » D. Cameron, discours de Bloomberg (2013).

[13]Discours de Bloomberg (2013).

[14]United Kingdom Independence Party qui exige notamment la sortie de l'UE.

[15]Résultat étonnant si on adopte une grille de lecture centrée sur le montant des subventions européennes dont a bénéficié le pays de Galles.

[16]Pauline Schnapper, « David Cameron et la campagne du « Remain » », Revue Française de Civilisation

Britannique [En ligne], XXII-2 | 2017, mis en ligne le 30 mai 2017, consulté le 16 juin 2017. URL : http://

rfcb.revues.org/1363 ; DOI : 10.4000/rfcb.1363

[17]« Les pauvres chassés des stades »,  Manières de voir, Le Monde diplomatique, juin-juillet 2017

[21]Relire l'article de Tony Andréani, « Les peuples, les nations et l'UE » (2014) publié dans , notamment la section « Un fédéralisme technocratique et foncièrement antidémocratique ».

[22]Voir l'article de Paul Sellers, « What is the Working Time Directive that Boris and Gove are plotting to scrap » (18 décembre 2017) sur le site du syndicat TUC.

[23]60% des Écossais ont voté pour rester au sein de l'UE.

[24]« Lors de la campagne pour le référendum sur l’indépendance écossaise [en 2014], D. Cameron avait finalement réussi, avec la campagne trans-partisane Better Together, à obtenir une majorité de 55% pour le maintien de l’Écosse dans le Royaume-Uni malgré une très forte poussée du mouvement indépendantiste mené par le SNP  (Scottish National Party) et des sondages qui donnaient les deux camps au coude-à-coude jusqu’à quelques jours avant le scrutin. » Pauline Schnapper, « David Cameron et la campagne du « Remain » », Revue Française de Civilisation Britannique [En ligne], XXII-2 | 2017

[25]Le « Cabinet fantôme » est une opposition officielle qui surveille et critique l'action des ministres du gouvernement.

http://la-sociale.viabloga.com/news/etat-des-lieux-sur-le-referendum-britannique

jeudi 10 mai 2018

Israël veut la guerre, mais ses adversaires la lui refusent

TRIBUNE LIBRE / par Bruno Guigue

TL BG ISRAEL

Israël bombarde à nouveau la Syrie, Israël simplifie sa procédure d’engagement militaire, Israël accuse l’Iran de détenir l’arme atomique … Pas de doute, voyons : Israël, c’est la paix, l’amour entre les peuples et la lumière des nations. Entité métaphysique investie de prérogatives hors du commun, elle a le droit de bombarder qui elle veut quand elle veut. Pour obtenir cette impunité, il est vrai que l’Etat-colon a colonisé tout le monde : Washington, Paris, Londres et même l’ONU. En attendant, ce fauteur de bombarde la Syrie, quitte à provoquer une escalade dévastatrice. C’est hallucinant, mais le tir de missiles du 30 avril est la centième opération israélienne contre la Syrie depuis 2013. Lorsqu’ils attaquent des installations militaires syriennes, pourtant, les dirigeants sionistes se doutent bien que Damas et Téhéran (également visé) finiront par répliquer. Il ne leur pas échappé qu’un avion israélien (deux, si l’on en croit certaines sources) a été abattu en février, ni que la DCA syrienne a repoussé la majorité des missiles lancés le 14 avril par le trio néocolonial.

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Mais c’est un fait : aucune action de représailles n’a été engagée contre Israël pour ces agressions, ni contre les pays occidentaux pour celle du 14 avril. Directement visés par des actes de guerre, l’Iran et la Syrie observent une retenue qui provoque la perplexité de certains observateurs. Cette patience calculée, pourtant, l’agresseur aurait tort de la prendre pour un aveu de faiblesse. En matière stratégique, faire preuve de sang-froid n’est pas un défaut mais une qualité. Le provocateur cherche toujours à imposer son agenda. Lui répliquer sans attendre revient à accepter ses conditions. Il en va de même des provocations verbales, et on a vu avec quelle ironie Téhéran a répondu aux dernières accusations sur son prétendu programme clandestin. Ces « allégations éculées », a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, ne sont que le « bluff ressassé » digne d’un « garçon qui crie au loup ». Lorsqu’un Etat qui détient 300 têtes nucléaires soustraites à tout contrôle fait la leçon à un Etat dépourvu d’arme nucléaire et soumis à un strict contrôle de l’AIEA, en effet, on se dit que la réalité dépasse la fiction.

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Mais si l’Iran et la Syrie ne renvoient pas à l’agresseur la monnaie de sa pièce (du moins pas tout de suite) et se contentent d’une attitude défensive, c’est pour la simple raison qu’ils ne veulent pas d’une confrontation militaire avec un adversaire dont ils connaissent la folie meurtrière. Fruit d’une guerre coloniale, l’entité sioniste ne prospère qu’en rendant cette guerre perpétuelle, car elle justifie la violence structurelle exercée sur les Palestiniens – qu’Israël a spoliés – et sur tous ceux qui lui résistent dans la région. A l’opposé, l’Iran et la Syrie n’exercent aucune domination coloniale et n’agressent aucun Etat étranger. Loin de souhaiter la guerre, ces deux pays redoutent au contraire un embrasement général qui s’abattrait comme un fléau sur les peuples de la région. Victimes de la guerre et de l’embargo, la Syrie et l’Iran n’aspirent qu’à la reconstruction et au développement. S’ils s’abstiennent de répliquer aux agressions étrangères, c’est parce qu’ils ont d’autres priorités, et que le jeu, pour l’instant, n’en vaut pas la chandelle.

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L’avenir dira s’ils ont eu raison, mais ces deux Etats privilégient à l’heure actuelle une stratégie défensive qui a fait ses preuves lors de l’agression tripartite du 14 avril. 70 % des missiles ennemis ont été neutralisés, et la défense antiaérienne syrienne dissuade désormais les aéronefs hostiles de s’aventurer dans l’espace aérien syrien. A propos de l’attaque israélienne du 30 avril, certaines sources évoquent l’emploi de missiles de moyenne portée dernier cri lancés depuis l’espace aérien jordanien. Ces missiles seraient capables, dans les conditions actuelles, de déjouer les radars de la DCA. Si cette information est exacte, c’est un nouveau défi lancé à l’armée syrienne et à ses alliés, notamment russes, qui ont déclaré qu’ils livreraient prochainement des S-300 à la Syrie. Quoi qu’il en soit, Moscou ne tient pas plus que Damas et Téhéran à ce que la confrontation actuelle dégénère en guerre ouverte. Son intervention militaire en Syrie a fait la preuve de son efficacité depuis octobre 2015. Mais il est clair que la Russie ne se laissera pas entraîner dans un conflit majeur sur un théâtre d’opérations éloigné du sol national.

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On lit parfois que Moscou aurait passé un accord avec Israël l’autorisant à frapper le Hezbollah et l’Iran en échange de sa neutralité dans le conflit syrien. Aucune preuve n’a jamais été fournie d’un tel accord, et il est invraisemblable. La coordination opérationnelle entre les forces syriennes et alliées sur le terrain, de facto, interdirait ce double jeu. La Russie s’est engagée dans un conflit qui oppose l’État syrien et un terrorisme d’importation. Dans ce domaine, on ne peut pas dire qu’elle ait fait défaut à ses alliés : Daech est quasiment éradiqué, et ses multiples avatars sont mal en point. Mais Moscou évite soigneusement toute escalade avec les Etats de la région. La Turquie approuve les bombardements occidentaux sur la Syrie, mais cela n’empêche pas la Russie d’associer la Turquie aux négociations d’Astana. L’enchevêtrement des conflits dans la région brouille les pistes, c’est vrai. Mais nous sommes dans le monde réel. La force des choses conduit les uns et les autres à faire des compromis, et seul le résultat compte. Qu’auraient à gagner la Syrie et l’Iran à une guerre totale avec Israël et les USA ? C’est bien parce qu’ils n’en veulent pas qu’ils ne répondent pas aux provocations. Ils se réservent le droit de le faire au bon moment, celui qu’ils auront choisi. La victoire est une longue patience.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/israel-veut-la-guerre-mais-ses-adversaires-la-lui-refusent-par-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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6 mai 2018 : 260e anniversaire de la naissance de Robespierre,

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL ROBESPIERRE ANNIV

 

260e anniversaire de la naissance de  figure de proue de la Révolution française et vrai fondateur de la République ».

Inlassablement calomnié, l’homme qui dirigea la lutte épique des Jacobins et des Sans Culottes contre l’Europe monarchique, est né le 6 mai 1768, et très logiquement la pseudo- « République » actuelle, qui n’est qu’un proconsulat monarchique déguisé de l’UE, ne lui accordera pas une seconde de mémoire, sinon pour vomir sa mémoire. Mais qu’attendre d’autre d’un MACRON, qui se réclame du « pacte girondin » et qui croit pouvoir dé-maastricoter à toute vitesse la France issue de 1789-94, de février 1848, de la Commune, de 1905, du Front populaire et du CNR ?
Eh bien nous, militants franchement communistes 100% opposés à l’UE néolibérale et à ses commis hexagonaux, nous ne pouvons que reprendre le mot de Jean FERRAT : « elle répond toujours du nom de ROBESPIERRE, Ma France »…
https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/6-mai-2018-260e-anniversaire-de-la-naissance-de-robespierre-figure-de-proue-de-la-revolution-francaise-et-vrai-fondateur-de-la-republique...
Voir aussi (publicité)

9782262074487ORI

Robespierre
La fabrication d'un monde

Jean-Clément MARTIN

Collection : Tempus
Date de parution : 22/02/2018
Comment fabrique-t-on un monstre, ou un nouveau portrait de Robespierre.
 
Comme l’on sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l’archétype du monstre. Sans l’absoudre ni l’accabler, mais en le suivant pas à pas à travers chacune de ses prises de position politiques, Jean-Clément Martin montre que cette réputation a été fabriquée par les Thermidoriens. Après avoir abattu le « tyran », ils voulurent en effet se dédouaner de leur propre recours à la violence d’État. Ainsi, les 10 et 11 thermidor, qui voient l’exécution de « l’Incorruptible » et d’une centaine de révolutionnaires, servent à imputer au premier la seule responsabilité de la « Terreur ». Non seulement cette accusation a réécrit l’histoire de la Révolution, mais elle continue à s’imposer encore à nous. Une démonstration sans faille et un livre à l’image de Robespierre : éminemment politique.
 
Jean-Clément Martin, Professeur émérite à l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, a notamment publié La Guerre de Vendée, La Machine à fantasmes et, chez Perrin, la Nouvelle Histoire de la Révolution française.
https://www.lisez.com/livre-de-poche/robespierre/9782262074487

Robespierre, le grand mensonge

Selon l’interprétation traditionnelle, Robespierre reste l’incarnation sanglante, redoutable et redoutée de la Révolution française. Dans « Robespierre, la fabrication d’un monstre », Jean-Clément Martin, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, démolit l’image caricaturale du tyran, savamment façonnée, selon lui, immédiatement après sa mort. L’historien y dévoile un personnage plus nuancé, discret, complexe et souvent indécis, en proie à une situation politique chaotique à laquelle il s’adapte plus qu’il ne la provoque.

Qui était le jeune Maximilien ?

Maximilien est un enfant de son temps. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie de droit et de commerce, il perd sa mère très tôt et son père quitte rapidement le foyer. Cet épisode est toujours mentionné concernant Robespierre ; or c’est le lot de nombreux enfants à cette époque. Malgré tout, le jeune Maximilien bénéficie d’un bon encadrement familial et surtout d’un soutien clérical important : l’évêque d’Arras l’envoie étudier au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est certes la reconnaissance de ses qualités intellectuelles mais cela n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, 200 à 300 enfants – les plus doués – sont sélectionnés dans toute la France puis aidés pour faire leurs études.

Élève studieux, Robespierre devient avocat à 21 ans. Il retourne à Arras prendre la succession de son père. Il y mène une carrière académique de jeune roturier. Sa jeunesse n’a sans doute pas été facile mais pas aussi dramatique que beaucoup l’ont affirmé. Il n’y a donc pas à chercher dans son enfance une quelconque revanche à prendre.

Quelle est la ligne politique de Robespierre ?

Dès 1790, Robespierre apparaît à l’Assemblée constituante comme le représentant du peuple parce qu’il y défend le droit de vote au suffrage universel. Il acquiert une réelle notoriété, une vraie reconnaissance en juillet 1791. Contrairement à la majorité des députés, il soutient la grande manifestation populaire parisienne réclamant la destitution du roi après sa fuite. Robespierre rompt alors avec les Jacobins (qui deviendront les Feuillants), entre en dissidence et crée le club des Jacobins. Les faits lui donneront raison : le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard.

À l’Assemblée, Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté, proche des sans-culottes parisiens. Si cette position affirmée lui assure sa popularité, elle ne lui donne pas pour autant une fonction centrale, ni un rôle politique important. Élu à la Convention en août 1792, il défend la réduction des inégalités, prend position contre la traite des Noirs, mais refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme. Robespierre est extrêmement attaché à la justice et à la loi. C’est une priorité absolue car il estime que c’est par elles que la société pourra être changée, politiquement, moralement et économiquement.

Il se consacre à la réforme des lois en 1793 et rédige les bases de la Constitution dite montagnarde, adoptée en juin 1793. Il considère que le salut de l’État et de la révolution est supérieur aux intérêts des groupes. Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

Maximilien Robespierre : buste en terre cuite de Claude-André Deseine, 1971. Exposé au château de Vizille (Isère). ©Wikimedia commons

Quelles sont les circonstances qui l’ont fait chuter ?

C’est la crainte de sa puissance, réelle ou fantasmée, de la concentration des pouvoirs de police et de justice autour de lui. Au printemps 1794, Robespierre est très populaire dans Paris. Se distinguant des autres révolutionnaires, il donne clairement une unité à cette révolution morale et vertueuse. Il apparaît alors comme le garant de la liberté des cultes. Mais certains députés athées le perçoivent comme un danger. D’une part, tous les pouvoirs parisiens sont dans les mains de ses proches (la mairie, la commune, la Garde nationale…). D’autre part, sa loi du 22 Prairial, une réforme du tribunal révolutionnaire qui en accélère les procédures (en sélectionnant au préalable les accusés), est très controversée et mal interprétée. À l’époque, près de 300 000 personnes sont emprisonnées (sur 27 millions d’habitants). Avec la loi du 22 prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort.

Là encore, contrairement à ce qu’on affirme – il ne faut pas l’oublier – Robespierre vide progressivement les prisons à ce moment-là. Mais les députés redoutent que les comités opérant les sélections préalables soient sous son contrôle. C’est pourquoi, dès juin-juillet 1794, certains conventionnels conspirent, manipulant clairement l’opinion publique contre lui ; ils fomentent des révoltes dans les prisons ; des prisonniers sont envoyés à l’échafaud, et en imputent la responsabilité à Robespierre. Une partie des députés (de la droite à l’extrême gauche) craignent un coup d’État de Robespierre le 10 thermidor (28 juillet), à l’occasion de la grande fête populaire, estimant qu’il a mené la France dans un gouvernement personnel dangereux pour eux. Dès lors, l’opposition se met en place : ils se liguent contre lui. Robespierre est arrêté le 9 thermidor.

Comment la légende du tyran sanguinaire s’est-elle installée ? Et pourquoi a-t-elle perduré ?

Le lendemain de sa mort, le 11 thermidor, tout le monde affirme que Robespierre est un tyran. Un mois après, on l’accuse de tous les maux : traîtrise, répression et surtout instauration ce qu’on va appeler la Terreur. On a bien affaire là à cette invention d’un Robespierre tyran, instigateur de la Terreur, rumeur lancée par Tallien. Lequel Tallien a incontestablement été mêlé aux massacres de septembre 1792. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis.

Je l’écris, et le maintiens : selon moi, Robespierre a servi de fusible et de bouc émissaire. On n’en avait plus besoin ! La Révolution française ne peut se comprendre que si l’on admet que ce sont les luttes de clans, de factions et de groupes politiques qui dominent. Entrer dans cette vision fait redescendre tout le monde du piédestal. Ce ne sont pas les idées qui gouvernent à ce moment-là, mais les alliances, les tactiques, les compromissions : c’est embêtant !

L’image de la Révolution en prend un coup ; elle est un peu plus grisâtre. Or, tout le monde a intérêt à prétendre que la Révolution est unifiée, que la faute incombe au seul Robespierre parce qu’ainsi on jette un voile pudique sur les responsabilités de tous. En l’accusant de tous les maux, de la Terreur notamment, cela permet de dire qu’un petit courant a entraîné la révolution là où elle ne devait pas aller, dans des excès qui sont regrettables. On peut ainsi sauver l’esprit révolutionnaire et le principe de la République.

Caricature de Robespierre qui, n’ayant plus personne à exécuter, guillotine le bourreau. (18è siècle) ©Wikimedia commons

Si, ainsi que vous le démontrez, Robespierre n’a pas été le monstre que l’historiographie a voulu voir en lui, qui était-il alors ?

Robespierre n’est pas l’un des meneurs les plus déterminants de l’Assemblée. Il n’est pas au premier plan. Il prononce des discours toujours percutants avec des argumentations théoriques précises très fortes. Il exerce une sorte de magistère moral et juridique ; c’est une référence en matière de droit et de justice. Mais, s’il est porteur d’une parole forte qui marque les esprits, il est rarement suivi par les députés. Prenons l’exemple du procès du roi que Robespierre refuse, considérant que ce dernier s’étant placé lui-même au-dessus des lois il n’a donc pas à être jugé. La grande majorité des députés votera pour la tenue d’un procès. On ne le voit pas intervenir de façon évidente – c’est l’une de ses caractéristiques – mais son rôle politique est tactique. On ne le dira jamais assez : il a par exemple protégé les Girondins et sauvé 73 d’entre eux de la guillotine. Très présent en coulisse dans les relations politiciennes, Robespierre se positionne continuellement dans un jeu d’alliances que l’on ne découvre qu’a posteriori. Ses positions complexes sont en partie liées aux difficultés de l’exercice du pouvoir et aux circonstances.

Il faut bien comprendre que tous les députés jouent leur tête en permanence. Ils s’adaptent aux conditions qui changent radicalement sans arrêt, et avec des alliances à remodeler en permanence. C’est par la parole et la radicalité de ses démonstrations que Robespierre est écouté. C’est incontestablement l’un des arbitres essentiels de la Révolution dont la position est à la fois exemplaire et marginale. En décembre 1793-janvier 1794, il apparaît comme le seul capable de concilier deux courants opposés : les sans-culottes, partisans de la violence et d’une répression très forte, et les Indulgents (Danton et Desmoulins). Il abandonne les sans-culottes dont il a toujours été proche, au nom du salut de l’État. Il considère en effet que le salut de la Révolution est supérieur à l’intérêt des groupes. Dès lors, Robespierre change de posture et prend réellement la stature d’un homme d’Etat.

« Robespierre, la fabrication d’un monstre »,
de Jean-Clément Martin, éd. Perrin, 2016, 400 p., 22,50 euros.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/01/11/robespierre-le-grand-mensonge-2/

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Nous n'entrerons pas dans cette querelle historique, mais les "Girondins" d'aujourd'hui (Macron, Onfray...) et de nombreux libéraux s'accomodent bien trop  d'une diabolisation de Robespierre pour que cette question historique soit éludée   P.G.

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mercredi 9 mai 2018

UPR Corrèze - Table d'information / tractage le mercredi 9 mai à Brive à midi !

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Après le succès de la manifestation nationale du 1er mai à Paris où s'est rendue une délégation de l'UPR Limousin, les militants de Creuse, Corrèze & Haute-Vienne se donnent à nouveau rendez vous à Brive pour une table d'information / tractage qui aura lieu 

mercredi 9 mai à Brive place de la Guierle à partir de midi

Voici un lien avec le plan et une photo du fameux Phare de la place ou nous nous rencontrerons:

https://www.google.fr/maps/@45.1620485,1.5326561,3a,75y,131.6h,86.07t/data=!3m9!1e1!3m7!1sFzgQJ7lkNFAvP3XXVEgg1w!2e0!7i13312!8i6656!9m2!1b1!2i39

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Nous célébrerons la "fête de l'Europe" à notre manière en distribuant des tracts et en échangeant avec les passants sur les questions européennes qui nous tiennent à cœur.

Je compte sur vous si vous êtes dans le coin pour venir nous rencontrer et éventuellement participer quelques minutes ... ou quelques heures ! ;-)


Bien amicalement,

Julien MAGNE, Délégué Départemental UPR Corrèze

Contacts :
julien.magne@upr.fr
06.82.23.25.22

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Washington se retire de l'accord nucléaire et promet de nouvelles sanctions contre l'Iran

Washington se retire de l'accord nucléaire iranien, signé en 2015 après une négociation acharnée. Les Etats-Unis vont par ailleurs mettre en place de lourdes sanctions contre Téhéran, qui se dit ouvert au dialogue avec Européens, Russes et Chinois.

ACT DECLARATION TRUMP IRAN

mardi 8 mai

22h52

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, appelle sur Twitter à sortir de l'OTAN

22h51

«La visite de Macron aux Etats-Unis n'a servi à rien dans le dossier du nucléaire iranien», déplore, sur France info, Sébastien Chenu, porte-parole du FN

22h49

Pour François de Rugy, président (LREM) de l'Assemblée nationale, «la dénonciation de l'accord sur le nucléaire iranien par Donald Trump au nom des Etats-Unis d'Amérique relance l'escalade nucléaire militaire et rajoute de la tension supplémentaire au Moyen-Orient. L'Union européenne doit faire contrepoids»

22h19

Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, est critique sur la position de Donald Trump qu'il estime être «un danger pour la paix» : «Rien ne justifie de dénoncer l'accord de Vienne : le directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) a affirmé à plusieurs reprises que l'Iran le respecte scrupuleusement [...] La France doit affirmer une position clairement distincte de celle de Donald Trump.»

Il ajoute sur Twitter que le président américain et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou «mentent». «Ras-le-bol de l'empire américain, de ses provocations, de son arrogance et de ses guerres sans fin», accuse-t-il.

22h14

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Peu après l'annonce de Donald Trump, Israël a lancé une frappe contre une base près de Damas en Syrie.

21h58

Le ministère russe des Affaires étrangères se dit profondément désappointé par la décision de Donald Trump. Un acte «infondé», a poursuivi le ministère, selon des propos rapportés par Reuters. Il a également assuré que Moscou continuera de développer des liens bilatéraux avec l'Iran

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21h56

Selon des médias syriens, rapportant des propos du ministère des Affaires étrangères, la Syrie «condamne fermement» la décision du président des Etats-Unis de se retirer de l'accord sur le programme  nucléaire iranien.

21h43

Barack Obama, président des Etats-Unis de 2009 et 2017, a dénoncé une «grave erreur» de Donald Trump. Sur Twitter, il a estimé qu'il y avait «peu de questions plus importantes pour la sécurité des Etats-Unis que la propagation potentielle des armes nucléaires ou la possibilité d'une guerre encore plus destructrice au Moyen-Orient».

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21h36

Un porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que la décision des Etats-Unis, de se retirer unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, «causera de l'instabilité et de nouveaux conflits».

Dans un tweet, il a également ajouté que la «Turquie continuerait à s'opposer à toutes les formes d'armes nucléaires».

21h29

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Dans un communiqué, Theresa May a affirmé être sur la même ligne que la France et l'Allemagne, se disant «inquiète» de la décision de Donald Trump : «Cet accord reste important pour notre sécurité commune». «Nous rappelons que l'accord [de 2015] a été approuvé à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 2231», a-t-elle également écrit.

«Selon l'AIEA [Agence internationale de l'énergie atomique], l'Iran continue de respecter les restrictions énoncées par l'accord, conformément à ses obligations vis-à-vis du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires», a ajouté le Premier ministre britannique. «Le monde est par conséquent un lieu plus sûr», a-t-elle exposé.

21h17

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Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les autres signataires de l'accord de 2015 «à respecter pleinement leurs engagements». «Je suis profondément préoccupé par l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord et de la reprise de sanctions américaines», a-t-il également souligné.

21h13

Les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran en raison de la décision américaine de rétablir les sanctions contre Téhéran, a affirmé sur twitter le nouvel ambassadeur américain en Allemagne.

«Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement», a commenté Richard Grenell, considérant que «les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l'économie de l'Iran»

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, a d'ailleurs jugé «possible» d'imposer de nouvelles sanctions.

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21h10

"Le rétablissement des sanctions américaines liées au programme nucléaire iranien est effectif immédiatement pour les nouveaux contrats", a affirmé le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, précisant que les entreprises étrangères auront quelques mois pour «sortir» d'Iran.

En outre, le Trésor américain a fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours, quelques minutes après l'annonce par le président Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances en 2015. John Bolton a aussi déclaré que Washington était prêt à discuter d'une solution «beaucoup plus large». 

21h04

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Selon les médias saoudiens, Riyad «soutient et salue» la décision de Donald Trump. «Le royaume soutient et salue les démarches annoncées par le président américain en vue d'un retrait de l'accord nucléaire» conclu entre l'Iran et six grandes puissances en 2015, affirme un communiqué officiel diffusé par la chaîne de télévision Al-Ekhbariya.

20h52

Le président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani, a prévenu que Téhéran resterait dans l'accord, sans Washington. Accusant le président américain Donald Trump de pratiquer «une guerre psychologique», Hassan Rohani a déclaré dans une allocution à la télévision d’État iranienne : «Les États-Unis ont toujours montré qu'ils ne respectaient jamais leurs engagements.»

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Par ailleurs, il a expliqué vouloir discuter avec les Européens, les Russes et les Chinois. «J'ai ordonné à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de prendre les mesures nécessaires [...] pour qu'en cas de nécessité nous reprenions l'enrichissement industriel sans limite», a toutefois dit Hassan Rohani, semblant lier une telle décision à l'éventualité d'un échec des négociations pour sauver l'accord de Vienne.

20h37

Emmanuel Macron a assuré que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni «regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire iranien». «Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu», a poursuivi le président français.

20h34

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Federica Mogherini a annoncé qu'il fallait défendre l'accord iranien de 2015. L'Union européenne est «déterminée à [le] préserver», a ainsi fait savoir la chef de la diplomatie européenne. «C'était l'une des plus belles réalisations diplomatiques», a par ailleurs attesté Federica Mogherini.

20h32

La télévision publique iranienne a déclaré que la décision de Donald Trump était «illégale, illégitime et remet [tait] en cause des accords internationaux».

20h28

Benjamin Netanyahou a déclaré que Donald Trump avait pris la bonne décision et le soutient «totalement». Le Premier ministre israélien le remercie également pour son «leadership courageux».

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20h25

Donald Trump assure qu'il «est prêt à négocier» avec l'Iran si ce dernier se sent «prêt» pour une nouvelle entente.En revanche, il promet de «graves conséquences» si l'Iran se dote de l'arme nucléaire. «Tout pays qui aidera l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis», a-t-il également averti.

20h14

Donald Trump annonce que «l’Iran alimente les conflits au Moyen-Orient et soutient des milices telles que le Hezbollah, Al-Qaïda ou le Hamas». «L'Iran finance le terrorisme en volant les richesses de son propre peuple», a-t-il ajouté.

https://francais.rt.com/international/50471-donald-trump-annonce-decision-sur-accord-nucleaire-iranien

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Qu'est-ce que la Journée de l'Europe ?

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AFFICHE FETE EUROPE

La Journée de l'Europe est, avec le drapeau, la monnaie, la devise et l'hymne européens, l'un des symboles de l'Union européenne. Activités et festivités sont organisées à cette occasion. Date anniversaire de la Déclaration Schuman, considérée comme "l'acte de naissance" de l'Union européenne, la Journée de l'Europe est aujourd'hui un symbole fort.

Fête de l'Europe 2018

Quand est-elle célébrée ?

La Journée de l'Europe est célébrée tous les ans le 9 mai, et ce depuis 1985. C'est en effet le 9 mai 1950 que Robert Schuman a présenté sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien des relations pacifiques. La Journée de l'Europe a été instaurée par les dirigeants européens lors du Conseil européen de Milan en juin 1985 et fêtée la première fois en 1986.

En 2018, la plupart des événements organisés dans le cadre de la fête de l'Europe auront lieu le week-end des 12 et 13 mai.

En quoi consiste la journée de l'Europe ?

Fête de l'Europe

Le 9 mai est à la fois une journée d'information et de discussion sur l'Union européenne et une fête populaire au cours de laquelle, dans chaque Etat membre, les citoyens européens célèbrent leurs différentes cultures et leurs traditions. Découvrez les événements organisés en France !

La Journée de l'Europe est également l'occasion de mettre en avant les symboles de l'unité de l'Union européenne : un drapeau à douze étoiles, un hymne et une devise, "Unie dans la diversité". Dans les pays de la zone euro, la monnaie unique est un autre symbole d'unité.

Qui est concerné ?

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Chaque année, les institutions européennes, les collectivités, les associations, les écoles et les citoyens célèbrent le 9 mai par des manifestations diverses et variées.

Comment organiser un événement ?

En France, les Centres d'Information Europe Direct (CIED) proposent des documents gratuits sur l'Union européenne. Dans toutes les régions, les GUIDEurope, les centres d'information et les associations sont également susceptibles d'aider à la préparation de la journée : recherche d'intervenants, conseils pour l'organisation, fourniture de documents...

Qu'est-ce que la déclaration Schuman ?

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Le 9 mai 1950, sur proposition de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, fait une déclaration historique dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay : il appelle à la mise en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier.

Ce projet, visant à assurer la paix en Europe, est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de la construction européenne. Il est à l’origine de la première communauté européenne : la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) qui voit le jour en 1951.

Sur ce modèle, d’autres communautés vont suivre, dont la plus connue est la Communauté économique européenne (1957). Ces communautés, créatrices de solidarités, ont consolidé les rapports entre les Etats européens. Elles se sont élargies et approfondies pour donner naissance à l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Découvrez le texte intégral de la déclaration et de nombreuses autres informations dans notre dossier consacré à la Journée de l'Europe.

https://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-la-journee-de-l-europe.html

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Dette de l’Unédic : comment engraisser la finance spéculative au détriment des chômeurs, des salariés, et du service public

TRIBUNE LIBRE /

TL UNEDIC DETTE

  • Jean Gadrey
  • 03/05/2018

Parmi les arguments utilisés par l’oligarchie pour pousser à la libéralisation puis la privatisation des services publics, il y a presque toujours « l’énormité de la dette ». On oublie de préciser que cette dette a été délibérément produite par des décisions publiques diverses concernant soit des investissements insensés devenus des boulets (exemple de la SNCF), soit (ou en même temps) l’étranglement financier - l’austérité imposée - induisant un déficit annuel récurrent. Cela conduit l’organisme public à emprunter, à s’endetter de plus en plus auprès de banques privées, à payer de plus en plus de remboursements annuels, avec un possible effet « boule de neige » (quand on doit emprunter à nouveau pour payer des intérêts devenant élevés à certaines périodes, ce qui n’est pas le cas actuellement, mais pourrait bien le redevenir, on va le voir).

On oublie aussi de nous dire qu’en contraignant des organismes publics à s’endetter faute de financements publics à la hauteur des besoins sociaux qu’ils sont censés couvrir, non seulement on ampute la réponse à ces besoins, mais on met ces organismes entre les mains de banques et de financiers qui vont laisser libre cours à leurs penchants pour la spéculation voire à leur appétence pour les paradis fiscaux.

Je prends ici l’exemple de l’Unédic car on peut s’appuyer sur des analyses récentes de grande qualité.

unedic 1

Rappel : L’Unédic et Pôle Emploi forment ce qu’on appelle l’Assurance chômage, que financent les employeurs du secteur privé. L’Unédic - Union Nationale Interprofessionnelle pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce - est une association loi 1901. Elle gère l’Assurance chômage à proprement dite tandis que Pôle emploi s’occupe de l’accompagnement et de l’indemnisation des chômeurs.

LA DETTE DE L’UNEDIC : D’OÙ VIENT-ELLE ? 

Dans le cas de l’Unédic, ou assurance chômage, une remarquable étude récente (un « audit citoyen » de 52 pages effectué par un collectif de militants associatifs, syndicaux, etc.) fait le point, chiffres et tableaux à l’appui, et il est fortement conseillé de la consulter car c’est une mine. On y constate que le stock de dette accumulée se montait en 2017 à environ 34 milliards d’euros (chiffre officiel peu transparent), soit autant que le budget annuel en 2017 de l’Unedic et Pôle emploi. Ce chiffre en lui-même n’est pas affolant, mais plus inquiétante est la tendance, puisqu’en 2008 le stock de dette n’était que de 4,9 milliards. Depuis, il a bondi.

Pourquoi cette hausse ? Plusieurs facteurs interviennent mais le plus important est évident : la forte hausse du chômage depuis 2008 n’a pas été accompagnée d’une hausse correspondante des recettes (les cotisations chômage en représentent 98 %). Cela a gonflé le déficit annuel (dépenses d’indemnisation moins recettes), en dépit de mesures restrictives qui n’ont cessé de réduire la proportion de chômeurs indemnisés et le montant de leurs indemnités.

J’ai composé le graphique suivant à partir des données trimestrielles de Pôle Emploi et de la DARES dites données CVS-CJO, pour les seules catégories A, B et C. On passe d’un point bas à 3,06 millions de demandeurs d’emploi au deuxième trimestre 2008 à 5,62 millions au premier trimestre 2018. Soit + 84 %.

Vive croissance du nombre de demandeurs d'emploi depuis 2008

De 2008 à 2014 (tableau suivant), le nombre d’inscrits à Pôle Emploi, toutes catégories (A à D), a progressé de 86 %, de 3,3 millions à 6,14 millions (actuellement 6,26 millions). Pendant ce temps, le nombre de chômeurs indemnisés a certes progressé, mais de 38 % seulement. Le pourcentage de chômeurs indemnisés (« taux de couverture ») s’est donc effondré. La seule chose qui n’a pas bougé est le taux de cotisation…

Le pourccentage de chômeurs indemnisés s'est effondré

C’est clair : dans une logique néolibérale purement comptable, l’équilibre des comptes de l’Unédic exige, si le chômage progresse fortement, qu’on réduise tout aussi fortement la proportion de chômeurs indemnisés et/ou leurs indemnités. Dans une logique de protection sociale, l’État aurait pour devoir d’augmenter les recettes de l’assurance chômage, d’une façon ou d’une autre. Et de mener des politiques créatrices d’emplois (voir mes billets sur cet enjeu : on peut créer des millions d’emplois utiles).

LA DETTE DE L’UNEDIC ENGRAISSE LA FINANCE ET APPAUVRIT LES CHÔMEURS ET LES SALARIÉS

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car le vrai néolibéralisme consiste à privilégier les privilégiés, à savoir les très riches et la finance, ce qui est pratiquement la même chose, y compris et surtout sur le dos des salariés et des chômeurs. Or cette dette, comme d’autres composantes de la dette publique, c’est une ressource formidable pour les prêteurs privés, à savoir les banques et la finance. Le mécanisme de ce transfert vers les profits privés est bien décortiqué, exemples à l’appui, dans l’étude sur laquelle je m’appuie.

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Je résume : l'UNEDIC s'endette sur les marchés financiers (en empruntant à de nombreuses grandes banques privées mondiales, voir un tableau page 24 de l’étude). En 2016, elle a versé 324 millions d'euros en intérêts, soit l'équivalent des indemnités chômage d'environ 30 000 demandeurs d'emplois percevant une indemnité moyenne de 900 euros par mois (pages 6 et 14 de l’étude).

Ainsi, « la dette de l’Unedic est livrée à la finance privée. Elle emprunte à des banques privées qui agissent pour le compte de leurs clients, le plus souvent des fonds de placement, des « hedge funds », des « mutual funds » ou des transnationales plus soucieuses d’un taux de rentabilité à 2 chiffres que du bien commun. On retrouve ces « investisseurs financiers » dans les listes des sociétés présentes dans les paradis judiciaires et fiscaux (source = Wikileaks) ou/et parmi les entreprises qui licencient. » Et pour pouvoir négocier des prêts, l’Unédic se soumet à des agences de notation, les mêmes que celles qui ont fait parler d’elles en 2008, qu’elle paie un prix d’or (650.000 euros par an) et à des commissaires aux comptes eux aussi grassement rémunérés, dans des conditions qui font soupçonner des conflits d’intérêt.

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Alors certes, pour l’instant, les taux d’intérêt sont bas, mais cela ne durera pas, d’autant que le MEDEF demande qu’on en finisse avec la garantie de l’État, facteur essentiel pour négocier des taux plus bas avec les prêteurs privés.

Je conclus en citant à nouveau cet audit citoyen :

« Comme le précisèrent les rédacteurs des « Jours heureux » en 1945, le texte programme du Conseil National de la Résistance : « La cotisation sociale est un prélèvement sur la richesse créée par le travail dans l’entreprise, qui n’est affecté ni aux salaires ni aux profits, mais mutualisé pour répondre aux besoins sociaux des travailleurs résultant des aléas de la vie, indépendamment de l’État et de la négociation collective et dont le montant est calculé à partir des salaires versés ».

La France consacre ce droit à la protection sociale dans sa Constitution (articles 10 et 11 du préambule de la Constitution de 1946, repris dans la Constitution actuellement en vigueur).

Il revient donc à l’État de garantir les besoins de financement et d’assurer cette redistribution.

https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/05/03/dette-de-l-unedic-comment-engraisser-la-finance-speculative-au-detriment-des-chomeurs-des-salaries-et-du-service-public

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Syrie : l’Occident ne veut pas entendre les témoins de Douma

TRIBUNE LIBRE / Par Jonathan Cook

TL SINGES CHINOIS


Paru sur le blog de l’auteur sous le titre The west closes its ears to Douma testimony

La réponse des USA, du Royaume-Uni et de la France au briefing de mardi de l’OIAC, à La Haye, a été perverse, pour dire le moins. La Russie avait présenté 17 témoins de Douma, qui ont déclaré qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique – le prétexte à des frappes illégales contre la Syrie par trois États occidentaux.

Les témoins, des victimes et les médecins qui les avaient soignés, ont donné des explications qui confirmaient le reportage ramené de Douma, la semaine dernière, par le journaliste d’investigation britannique Robert Fisk [Lien en français]un reportage, faut-il noter, qui a presque entièrement été occulté par les médias occidentaux. Selon leurs témoignages à l’OIAC, les victimes montrées dans la vidéo de l’attaque alléguée souffraient d’hypoxie due à l’inhalation de fumée et de poussières après un bombardement, et non de gaz.

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La première chose étrange à noter est que les USA, le Royaume-Uni et la France ont boycotté la rencontre, dénoncé la Russie pour avoir présenté les témoins et appelé l’événement « une mascarade obscène » et du « théâtre ». Cela suggère que ce trio, qui se comporte comme les trois singes chinois, pensent que ces témoignages vont disparaître s’ils les ignorent. Ils n’ont aucun intérêt à écouter des témoins, sauf s’ils s’accordent avec la version occidentale utilisée pour justifier les frappes de missiles en Syrie. [Leur boycott de l’événement et leur a priori, avant même qu’ils les aient entendus, contre les témoins prouve également qu’ils savaient d’avance ce que ces gens allaient dire, et pour cause… NdT]

RFS FAKE WH

Le témoignage des gens présents au moment des faits est sûrement déterminant pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Les USA, le Royaume-Uni et la France sont sûrement obligés d’écouter les témoins d’abord, et ensuite seulement de tenter de les discréditer s’ils pensent que leur histoire n’est pas plausible ou qu’il ont été intimidés. Les preuves ne peuvent pas être évaluées ou réfutées si elles ne font pas l’objet du moindre examen.

La deuxième est que les médias se font l’écho de ce mépris déplacé envers les éléments de preuve. Eux aussi semblent avoir jugé d’avance de la crédibilité des témoins avant mêmes d’entendre ce qu’ils avaient à dire (tout comme dans le cas de Fisk). De façon symptomatique, le Guardian a décrit ces témoins comme des « témoins supposés » , ce qui n’est pas une formulation encourageante quant à son degré d’impartialité dans cette affaire.

GUARDIAN 2

Remarquons que, quand le Guardian se réfère à des témoins qui soutiennent la version des USA-Royaume-Uni-France, souvent des gens qui vivent sous la coupe de djihadistes violents, le journal ne les désigne pas comme des « témoins supposés » ou comme des gens intimidés. Pourquoi est-ce que, pour le Guardian, quelques-uns des témoins ne font qu’affirmer être des témoins, alors que d’autres sont des vrais témoins ? La réponse semble dépendre de l’accord du témoignage avec la version officielle occidentale. Il y a un mot pour cela, et ce n’est pas « journalisme ».

Le troisième problème et le plus important, toutefois, est qu’aucun des membres du trio de pays occidentaux ne nie que ces « témoins supposés » aient été présents à Douma, et quelques-uns d’entre eux figurent dans la vidéo. La ligne adoptée par le Guardian et d’autres est que « La véracité des déclarations des témoins triés par les Russes sera remise en question, puisque leur capacité à parler librement est limitée. »

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Ainsi, la question n’est pas de savoir s’ils étaient présents au moment des faits, mais si ils sont forcés de raconter une histoire qui contredit la version officielle, et du même coup la raison douteuse de l’attaque contre la Syrie.

Mais cela nous laisse une autre difficulté. Personne, par exemple, ne semble douter que Hassan Diab, un garçon qui a témoigné à l’audience, soit bien le garçon montré dans la vidéo, qui avait censément été gazé avec un agent innervant trois semaines plus tôt. Comment expliquer qu’aujourd’hui, il resplendisse de santé ? Ce n’est pas comme si les gouvernements américain, britannique et français n’avaient pas eu le temps de procéder à leur propre enquête. Son père et lui disent la même chose depuis au moins une semaine à la télévision russe, qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique à Douma.

Au lieu de quoi, nous avons des révisions qui s’ajoutent aux révisions dans une histoire qui nous avait été présentée comme si limpide qu’elle justifiait un acte d’agression militaire par les USA, le Royaume-Uni et la France contre la Syrie, sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU – en d’autres termes, un crime de guerre de premier ordre.

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Il est utile de noter le bref reportage de la BBC. Il a suggéré que Diab était là, que c’est le garçon de la vidéo, mais que ce n’était pas l’une des victimes de l’attaque chimique. Il implique qu’il y avait deux types de victimes dans la vidéo de Douma : ceux qui étaient victimes de l’attaque chimique, et à côté, des victimes d’hypoxie.

Ce qui représente un sérieux rétropédalage par rapport à la première version.

Il est concevable, je suppose, qu’il y ait eu une attaque chimique contre ce voisinage de Douma, dans laquelle des gens comme Diab étaient certains d’avoir été gazés alors que ce n’était pas le cas, mais que d’autres à côté aient pu être réellement gazés. Il est également concevable que les effets de l’inhalation de fumée et de poussières et de gaz chimiques soient si similaires que les Casques blancs ont filmé les « mauvaises victimes », montrant des victimes comme Diab qui n’avaient pas été gazées. Il est également possible, j’imagine, que Diab et sa famille soient forcés de mentir sous la pression des Russes, et de dire qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique.

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Mais même si chacun de ces scénarios est possible en lui-même, sont-ils plausibles ensemble ? [Et surtout, pourquoi les trois pays occidentaux, qui sont si sûrs de leur fait, n’ont-ils pas demandé à interroger eux-mêmes les témoins et, s’ils pensent que ces gens mentent sous pression russe, pourquoi n’ont-ils pas demandé à l’ONU de prendre des mesures pour à les mettre à l’abri de toute possibilité de coercition, par exemple en exigeant un statut de témoin protégé pour eux ? NdT]. Ceux d’entre nous qui avons préféré ne pas nous précipiter pour juger et attendre les preuves d’une réelle attaque chimique avons invariablement été traité de « complotistes ». Mais qui propose la théorie du complot la plus fantaisiste ici, ceux qui veulent des preuves, ou ceux qui créent une série élaborée de révisions pour tenter de maintenir la crédibilité de leur version originelle ?

S’il y a quelque chose de certain dans tout ceci, c’est que la vidéo censée représenter la preuve formelle d’une attaque chimique s’est avérée n’être rien de tel.

Traduction Entelekeheia
Photo Pixabay

http://www.entelekheia.fr/syrie-loccident-ne-veut-pas-entendre-les-temoins-de-douma/

Voir aussi:

FA RT 7MAI18sur le site national et sur You Tube.

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Mouvement social, Etat fort et renversement du rapport des forces

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

TL FETE A MACRON SAPIR

Deux événements, également importants mais qui se situent dans des registres différents, viennent de se produire en cette fin de semaine. Le premier est, et les réactions de la presse ne s’y trompent pas, le résultat du « référendum » d’entreprise lancé à Air France[1]. Avec un taux de participation extrêmement élevé (80%) des 46000 employés de la compagnie, le rejet du plan de la direction à 55% vaut validation de fait de la grève des pilotes. Cela montre que, dans une entreprise où la direction fait régner un climat particulièrement délétère – et ce n’est pas pour rien si les grévistes mettent en cause la DRH – un bloc majoritaire s’est retrouvé pour rejeter ces propositions. Le second est le succès de la Fête à Macron organisée à l’initiative de François Ruffin par la France Insoumise qui a eu lieu samedi 5 mai, de l’Opéra à la Bastille[2]. Les « comptages » sont évidemment sujets à caution. Et ceux d’une officine pro-gouvernementale nommée Occurrence encore plus[3]. Mais, la place de la Bastille étant noire de monde, et les boulevards y arrivant étant aussi remplis, il est évident qu’il y avait bien plus que les 39 800 personnes que des « journalistes », et ce mot est à mettre évidemment en guillemets, si ce n’est à prendre avec des pincettes, prétendent avoir comptés. Il est évident que cette « fête » est un succès politique notoire.

La question qui est maintenant posée et de savoir si la combinaison de ces deux succès sera suffisante pour inverser le rapport des forces, dans une situation qui est de plus en plus tendue du fait de la politique du gouvernement.

Peut-on parler de bascule du rapport des forces?

Ces deux événements surviennent alors que se poursuit la grève à la SNCF et globalement un mouvement social important mais qui reste fragmenté. Emmanuel Macron voit sa popularité baisser selon un sondage BVA[4]. Pour discutable que soit ce sondage, il fournit cependant des informations importantes. Sa popularité chute, mais cette chute est moins forte dans les agglomérations de taille moyenne (de 20 000 à 100 000 habitants) avec -13% que dans les zones rurales et les communes de moins de 20 000 habitants (-20%) et dans les grandes villes dont l’agglomération parisienne où il perd 29%. S’il maintient sa côte de popularité chez les cadres, celle-ci s’effondre chez les ouvriers et employés mais aussi chez les retraités, qui formaient le gros des bataillons qui l’avaient élu le 7 mai 2017.

Emmanuel Macron a été élu si ce n’est sur un quiproquo du moins sur une ambiguïté[5]. Du reste, près de deux Français sur trois ne veulent pas qu’il se représente en 2022, ce qui dit aussi l’ampleur du rejet qui le frappe[6]. Il pouvait néanmoins se targuer de succès comme avec le passage des ordonnances réformant le Code du Travail. Le mouvement social, exprimant les intérêts d’une société française que la Président ne cesse de brutaliser depuis un an, peinait à engranger des succès. Les grèves se développent néanmoins, et pas seulement comme le prétendent certains journalistes à gages dans les services publics. Il y a des grèves notables dans la restauration, la grande distribution, et le secteur des services. Mais ces grèves restaient trop souvent isolées. Elles manquaient de succès leur permettant de se rendre visibles dans l’espace médiatique.

Avec le rejet du «référendum » à Air France ces grèves ont marqué un point symboliquement important. Il faudra voir si cela se traduit par un sursaut de la grève à la SNCF, après l’échec de la réunion avec le Premier-ministre[7], lors des nouvelles vagues de la semaine qui vient. Mais, les réactions des biens pensants sont déjà, à cet égard, très symptomatiques. Les discours fleurissent sur le « suicide » que représenterait ce vote[8], ce qui est une manière d’admettre que la fonction des « référendums » d’entreprises, une procédure pourtant vantée par l’actuel gouvernement, est en réalité de plébisciter des propositions patronales. Nous voici donc revenu à la pratique politique du Second Empire, le développement industriel et la souveraineté en moins !

Un autre point a été marqué avec le succès de la « fête » organisée par la France Insoumise. La question n’est plus de savoir s’il y avait 60 000, 80 000 personnes ou plus de 100 000 ce samedi 5 mai après-midi. Le succès est indéniable. Il contribue lui aussi à modifier le contexte politique, ce que ne comprennent pas les auteurs de littérature de gare – et l’on met dans cette catégorie, voire dans ce même sac, Marlène Schiappa, la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes[9] – qui ergotent sur le « à » à la place du « de ». Ces gens là sont, on le devine, bien plus à l’aise dans les bars d’hôtel de luxe ou dans les cafés friqués et snobinards qu’avec le populo à la Fête à Neuneu…En tous les cas, et Jean-Luc Mélenchon l’a bien senti, le lien avec le vote à Air France était évident[10].

La violence, stratégie du pouvoir ?

Cette « bascule » dans le rapport des forces, qui est peut-être en train de se produire, est d’une immense importance. Le gouvernement – et notre Président – ne s’y sont pas trompés. En témoignent les commentaires faits, depuis le Pacifique où il était en voyage, par Emmanuel Macron[11].

Ils attendaient sans doute ce point de retournement depuis plusieurs semaines, et ils le préparaient par un recours sans cesse plus évident à des méthodes d’une grande violence. L’instrumentalisation de ceux que l’on appelait dans l’après-1968 les « casseurs », cette mouvance qui s’appelait « autonome » dans les années 1970 et qui aujourd’hui se nomme les Blacks Blocs, n’est pas une chose nouvelle. C’est même une très vieille méthode pour chercher à décrédibiliser un mouvement social. On les a vu é l’œuvre lors de la manifestation du 1er mai. Cela impliquait une réaction. Hélas, les réactions immédiates de Jean-Luc Mélenchon, mettant en cause l’extrême-droite, ont été pathétiques[12]. C’est une réaction qui fait, au mieux, plus appel au réflexe qu’à l’intelligence…Il a, par la suite, corrigé le tir dans le Huffington Post[13]. Cependant, au-delà de ces manipulations, car le gouvernement et le Président ont de la politique une conception profondément manipulatoires, il y a bien ce retour de la violence comme force dominante dans la vie politique. Mais, il convient de bien l’identifier, et de ne pas confondre les méthodes qui relèvent de la tactique avec ce qui, en réalité, relève d’une véritable stratégie. Cette violence, ce n’est pas tant l’emploi disproportionné de la force à Notre-Dame des Landes, ou contre les occupations d’universités ; ce ne sont pas, non plus, les déprédations des centaines de casseurs lors de la manifestation du 1er mai ; non, cette violence, elle est bien plus diffuse, et elle se manifeste que ce soit dans les discours de criminalisation de toute opposition ou dans la volonté de contrôler toujours un peu plus l’expression de la presse indépendante (et on pense à la trop fameuse loi dite « anti fake-news » que prépare le gouvernement), ou encore dans les pratiques politiques visant – sous prétexte d’économies – à organiser un charcutage électoral massif lors de la réduction du nombre de députés et de sénateurs.

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Ce retour de la violence, c’est aussi tout ce qui s’exprime derrière cette arrogance inouïe d’un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches. Ce sont les licenciements massifs, permis par la réforme du Code du Travail. C’est aussi la suppression de « l’exit tax »[14], un impôt instauré par Nicolas Sarkozy, qui de fait passe pour un dangereux révolutionnaire, pour pénaliser les investissements purement spéculatifs et la fraude fiscale. Cette mesure prend alors – après de nombreuses autres mesures fiscales tout aussi injustes – une dimension emblématique.

Le blocage de l’Etat Fort

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Si l’on n’est pas affirmatif quant à l’existence de ce point de bascule, ce n’est pas tant du fait de la stratégie de violence du gouvernement. Cela tient à la structure institutionnelle du pouvoir en France, ce que l’on appelle « l’Etat Fort ». Ce dernier se caractérise par des mécanismes majoritaires permettant à des groupes minoritaires d’exercer le pouvoirce qui en soit n’est pas scandaleux car un pouvoir soumis à toutes les alliances comme dans un système proportionnel intégral se révèle aussi injustecombinés avec une structure du pouvoir qui l’isole autant que faire se peut de la société et lui permet de prendre des décisions par des dispositifs particuliers, comme les ordonnances. L’Etat Fort découle en réalité de la combinaison d’une règle électorale majoritaire ET de mécanismes concentrant alors le pouvoir dans le gouvernement issu de ce l’application de ces règles et lui permettant de s’affranchir, s’il le souhaite, de toute opposition. A la différence de ce qui peut se passer par exemple en Italie, une force minoritaire dans l’opinion, comme l’est LREM, peut exercer un pouvoir sans partage ni limites. Cet Etat Fort avait pour but d’isoler le pouvoir de la contestation sociale afin de donner au bloc dirigeant les mains libres pour prendre des mesures antisociales. Bien entendu, cet Etat Fort peut basculer si une force politique est capable d’acquérir la majorité absolue. Mais, cet Etat Fort se conjugue alors à des mécanismes de contrôle sur les principaux médias, mais aussi sur la justice, qui assurent au pouvoir en place sa domination de longue durée.

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Le mouvement social, dès lors, ne peut se contenter d’une simple convergence objective des luttes. Il faut que cette convergence trouve aussi son expression politique et puisse paralyser le pays, confrontant alors le gouvernement au choix d’utiliser des mesures extrêmes, qu’il serait en mal de justifier, ou d’écouter la contestation sociale. Pour l’instant, il confronte le mouvement social à un choix qui – lui – est insoluble : reconnaître sa défaite ou se lancer dans une surenchère sociale qui lasserait l’opinion et l’isolerait toujours plus. C’est là l’un des principaux problèmes auxquels se heurte le mouvement social, et c’est là qu’intervient le choix stratégique du gouvernement d’instrumentaliser la violence.

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A travers cette instrumentalisation, il cherche à rendre impossible la traduction politique de la contestation sociale, sachant que le cadre institutionnel dans lequel il opère lui garantit de pouvoir résister à cette contestation. C’est pourquoi le choix de la violence, et plus précisément de l’instrumentalisation de cette dernière n’est nullement anodin, ni même critiquable seulement à partir de critères moraux. Il s’agit en réalité d’un choix réfléchi et pensé, qui découle de la structure institutionnelle. En créant délibérément une situation qui peut mettre le mouvement politique susceptible de porter la traduction du mouvement social en porte-à-faux, il sait qu’il joue gagnant. Les intellectuels qui se gargarisent de la « convergence des luttes » et qui ne voient pas ce problème s’illusionnent et s’aveuglent. Le mouvement social ne vaincra pas par une addition des luttes, mais par la constitution de cette addition en une alternative politique susceptible de désarticuler politiquement et idéologiquement le bloc au pouvoir. On passerait alors de la crise sociale, qui dans l’Etat Fort n’est pas mortelle pour les dirigeants, à la crise de régime qui entraînerait la paralysie rapide des principales institutions et qui libèrerait policiers et soldats de leur indispensable loyauté non pas au pays mais à ses dirigeants. Cette crise de régime, parce qu’elle remettrait brutalement en cause la légitimité à exercer le pouvoir de ceux qui nous gouvernent inverserait les termes du choix. Dès lors, c’est lui qui apparaîtrait comme la cause des désordres, tant sociaux que politiques, et il ne pourrait mobiliser les forces de la loi car il serait devenu largement illégitime. En fait, et on le voit bien, tout tourne ici autour de la question de la légitimité du pouvoir.

La force du populisme

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Mais, la constitution d’une alternative politique ne peut se faire que dans un cadre large, visant délibérément à conquérir la majorité et donc sortant du cadre traditionnel de l’affrontement gauche/droite, et non dans un cadre fermé sur lui-même. C’est là que la stratégie politique populiste s’impose et c’est ce qui la justifie. Le populisme, c’est la capacité à construire une solution politique qui unisse les Français et qui, par contrecoup, présente ses adversaires comme des « non-Français » ou des agents de l’étranger. Un exemple nous en est fourni, très paradoxalement mais anticipant ce que fut dans les faits la Résistance, par le discours du 17 avril 1936 de Maurice Thorez, alors secrétaire du PCF. Ce discours est passé à la postérité à cause de la « main tendue » aux catholiques. Mais cette vision est réductrice. La main tendue va bien plus loin, que l’on en juge : « Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu parce que tu es un fils de notre peuple que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux comme nous éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe. [15]» Ce discours, par ailleurs, ne se limite pas à cela. Il fait appel à une vision politique (et littéraire) de l’identité française. Au début de son discours, Maurice Thorez, pour stigmatiser les « 200 familles » qui contrôlaient la Banque de France fait cette référence à Anatole France : « Dans un de ses chefs-d’œuvre « L’île des Pingouins » Anatole France observe ironiquement : “Après s’être soustraite à l’autorité des rois et des empereurs, après avoir proclamé trois fois sa liberté, la France s’est soumise à des compagnies financières qui disposent des richesses du pays et, par le
moyen d’une presse achetée, dirigent l’opinion. [16]” Puis, il ajoute : « La France depuis 130 ans a connu trois révolutions, elle a changé cinq fois de régime politique. A travers ces vicissitudes diverses, ces naufragés et ces bouleversements, seuls les maîtres du pouvoir financier sont demeurés immuables, incarnant la domination constante du capital. » L’idée de la continuité du corps politique représenté par la peuple est ici évidente.

C’est donc dans cette stratégie qu’il faut à tout prix s’inscrire et non dans on ne sait quelle stratégie d’union des gauches. Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé sur ce point dans l’interview qu’il a donné à la revue Le Vent se lève il y a de cela seulement quelques jours[17]. Il doit impérativement prendre des initiatives qui concrétiseront cette stratégie et – pourquoi pas – prononcer à son tour, au parlement ou dans la rue, un discours qui fasse écho à celui de Maurice Thorez par sa capacité de rassembler politiquement contre un adversaire commun.

La question de la violence

Il n’en restera pas moins que la question de la violence se pose. Et cette question n’est pas à traiter à la légère.

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La violence appelle la violence. Bien entendu, nos marquises et nos marquis poudrés et enrubannés ont des vapeurs et défaillent à la vue d’une banderole au texte un peu brutal, ou d’un pantin symboliquement pendu. Leurs glapissements couvrent les pages et les ondes de la presse aux ordres. Mais, d’autres violences se préparent. L’un des enjeux pour la France Insoumise, et un enjeu majeur, décisif tant pour l’avenir du mouvement que pour celui de la France Insoumise, sera de les contrôler, de les maîtriser, de faire en sorte que jamais on ne cède à la dangereuse illusion de croire que la violence puisse être une réponse politique globale, que jamais on ne tombe dans le piège d’une fascination pour la violence, ce piège dans lequel se complaisent justement les Blacks Blocs, ces petits (ou grands) bourgeois qui se donnent le frisson de l’illégalité sans se rendre compte que leurs actes servent ceux qu’ils prétendent combattre..

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Il est clair, aujourd’hui, que les manifestations devront à l’avenir être protégées, à la fois contre les « casseurs », les divers provocateurs et les nervis à gages, mais aussi contre des forces de police que le gouvernement et le Président instrumentalisent tout autant que les soi-disant « Blacks Blocs ». De ce point de vue, il doit être clair que l’ennemi est au Ministère de l’Intérieur, voire plus haut. Ce n’est pas le fonctionnaire de police, un fonctionnaire qui – comme beaucoup – ressent ce que lui coûte cette instrumentalisation, ressent ce que lui coûtent les politiques que sa loyauté envers un pouvoir légitime lui imposent de défendre. De ce point de vue, l’objectif n’est pas, ainsi que le disent les décérébrés qui taguent les murs des université de « casser du flic », mais d’obtenir leur ralliement, tout comme se rallièrent au mouvement des viticulteurs[18] les fameux soldats du 17ème de Ligne[19]. Pour cela, il faudra combattre toute une culture infantile et gauchiste qui reste très présente, hélas, dans le mouvement social.

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Il est aussi clair qu’il faudra s’unir pour affirmer la défense de la liberté d’opinion et la liberté de presse et ce sans aucune exclusive, cette fois contre les menées liberticides du gouvernement et contre d’autres nervis à gages qui sévissent parfois dans des salles de rédaction et qui rédigent leurs textes avec l’équivalent intellectuel des pieds-de-biche et des barres de fer. Sur cette question, aussi, mettre des exclusives, ne pas chercher à faire l’unité la plus large serait une erreur tragique. Enfin, il faudra aussi s’unir pour défendre notre pays que ce gouvernement et ce Président vendent à l’encan.

Mais, la violence dont le mouvement social devra faire preuve se doit d’être avant tout défensive.

L’enjeu de la stratégie

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L’articulation d’une expression publique pacifique et d’une violence politique défensive est incontestablement un défi, il faut en avoir pleinement conscience, pour tout mouvement politique. Donne-t-il la priorité à la première et il se met dans une position d’extrême vulnérabilité face à ses adversaires. Non seulement il accepte de voir son expression limitée dans les faits, mais – laissant ses sympathisants et ses militants sans défense contre les menées violentes de l’ennemi – il désarme politiquement ses propres forces et conduit au découragement. Met- il trop l’accent sur la seconde, et il prend le risque de se voir dénoncé pour menées factieuses par ses adversaires, leur offrant aussi de nouvelles possibilités d’engager de nouvelles violences, cette fois ci judiciaires, à son encontre.

L’intégration d’une violence défensive et sa maîtrise rigoureuse à un projet politique implique une stratégie globale qui ne soit pas moins rigoureuse. Le plus grand risque que puisse courir le mouvement social, en ce moment précis, provient de que justement il se cherche une stratégie. La France Insoumise hésite entre une stratégie classique d’union de la gauche, qui est défendue par certains soit par calcul électoral mesquin soit par véritable conviction, et une stratégie véritablement populiste. On a vu, plus haut, que Jean-Luc Mélenchon penchait pour cette dernière. C’est un point important mais un point nullement suffisant.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur ce sujet[20]. La stratégie d’union de la gauche correspondait à un contexte précis. Elle est aujourd’hui irrémédiablement dépassée et elle enferme la FI dans une impasse. Plus vite le choix pour une véritable stratégie populiste sera pris, plus vite le mouvement social pourra se doter d’une véritable doctrine de violence défensive, et en tirer une définition tant des ennemis réels (et non imaginaires) que des tactiques permettant de gérer le niveau de violence.

 

Notes

[1] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/greve-a-air-france/referendum-coup-de-tonnerre-a-air-france_2737383.html

[2] http://www.leparisien.fr/politique/contre-macron-la-fete-et-la-colere-05-05-2018-7700433.php

[3] Voir http://occurrence.fr

[4] https://www.bva-group.com/sondages/an-apres-lelection-demmanuel-macron-bilan-tirer-de-cette-premiere-annee-de-quinquennat/

[5] https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/quatre-chiffres-qui-montrent-que-l-election-d-emmanuel-macron-n-est-pas-si-ecrasante_2

[6] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/05/04/01002-20180504ARTFIG00253-sondage-six-francais-sur-dix-ne-veulent-pas-qu-emmanuel-macron-se-represente-en-2022.php

[7] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/sncf-pour-l-unsa-le-compte-n-y-est-pas-apres-la-reunion-avec-edouard-philippe_2741279.html et https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/direct-greve-a-la-sncf-edouard-philippe-recoit-les-cheminots-sans-intention-de-toucher-a-sa-reforme_2740877.html

[8] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/greve-a-air-france/air-france-bruno-le-maire-est-totalement-hors-sujet-pour-le-syndicat-de-pilotes-spaf_2741175.html

[9] https://www.20minutes.fr/high-tech/2266591-20180505-marlene-schiappa-donne-lecon-grammaire-insoumis-fait-reprendre-linguiste

[10] https://actu.orange.fr/politique/videos/fete-a-macron-melenchon-salue-la-victoire-des-salaries-d-air-france-lors-du-referendum-VID0000002BDlk.html

[11] https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/03/macron-et-melenchon-sinvectivent-a-17-000-kilometres-lun-de-lautre_a_23425950/?utm_hp_ref=fr-1er-mai

[12] https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/violences-a-la-manifestation-du-1er-mai-melenchon-reconnait-avoir-accuse-l-extreme-droite-a-tort_2733249.html

[13] https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/04/jean-luc-melenchon-je-ne-cautionne-pas-les-violences-je-les-combats-interview_a_23426862/

[14] https://www.marianne.net/economie/suppression-de-l-exit-tax-emmanuel-macron-offre-800-millions-d-euros-aux-ultra-riches

[15] http://sexprimerpourexister.eklablog.com/discours-de-maurice-thorez-du-17-avril-1936-a47391116

[16] Idem

[17] http://lvsl.fr/peuple-revolutionnaire-diner-gala-jean-luc-melenchon

[18] Qui, suivant Jaurès, « préparaient dans les cuves de la République le vin de la révolution sociale » [Dins la tina de la Republica, preparatz lo vin de la Revolucion sociala !] http://gardaremlaterra.free.fr/article.php3?id_article=61

[19] Ralliement immortalisé par la chanson « Gloire au 17ème », https://www.youtube.com/watch?v=jh0blLPg3z0 Mémoire de la chanson, 1100 chansons du Moyen Âge à 1919 réunies par Martin Pénet, éditions Omnibus, 1998 – Imprimé par Normandie Roto Impression s.A. 61250 Lonrai, France – n° d’impression 982703. p. 1049

[20] https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-y-a-t-il-une-alternative-a-la-strategie-populiste-par-jacques-sapir/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-mouvement-social-etat-fort-et-renversement-du-rapport-des-forces-par-jacques-sapir/

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Une bonne partie de cette analyse stratégique me semble invalidée par le fait que Sapir fait comme si le pouvoir actuel était souverain, au- delà de la question de sa légitimité. A l'image de la France Insoumise, comme de l'essentiel des protagonistes du "mouvement social", la désignation de Macron et de son gouvernement, voire des institutions de la République comme "l'ennemi à abattre" , sans aucune mention des véritables donneurs d'ordre, est une stratégie délibérément perdante, à moins que l'objectif réel ne soit de simplement changer d'équipe gouvernementale...    P.G.

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Posté par UPR Creuse à 04:15 - Permalien [#]
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