mardi 30 janvier 2018

Nord de la Syrie : La nouvelle guerre de l’empire global …

TRIBUNE LIBRE / Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

TL EMPIRE GLOBAL

Nous avons encore eu droit à trois heures de propagande lamentable – mardi 16 janvier sur Arte -, avec la diffusion du documentaire des « journalistes » américains Michael Kirk et Mike Wiser – « La revanche de Poutine », présenté par une petite speakerine littéralement entrée en pamoison, puis commenté par Christine Ockrent, une grande amie connue de la Russie… Trois heures de Fake News et de délires complotistes sans contrechamp ni contradiction ! Bravo pour le mieux disant culturel et informatif… d’autant qu’Arte multiplie, depuis plusieurs mois, une présentation tout aussi unilatérale et propagandiste de la guerre en Syrie.

En Syrie justement, les Etats-Unis et leurs alliés – pays de l’Union européenne et du Golfe, ainsi qu’Israël – ont perdu la guerre et bien perdu ! Ils ont échoué à démanteler l’Etat-nation syrien, comme ils l’ont fait de l’Irak et de la Libye, comme ils n’ont cessé de le faire en Afghanistan, dans d’autres pays d’Asie et d’Amérique latine. [et en Europe! NdR] Comme l’explique Alain Joxe dans ses Guerres de l’empire global1 : sur le plan conventionnel, les américains ont perdu toutes les guerres qu’ils ont initiées depuis la fin de la Guerre froide. Mais ces défaites tactiques se sont transformées en autant de victoires stratégiques, multipliant les zones dites « d’instabilité constructive ».

Ces « zones grises » sont devenues autant de puits sans fond pour les exportations d’armes et l’engagement de milices privées (générant des millions d’emplois et des milliards de dollars) ; des laboratoires de nouveaux systèmes de combat et de techniques asymétriques ; les nouvelles frontières d’une mondialisation sauvage où tous les coups sont permis. Nul besoin de revenir à Adam Smith et David Ricardo pour ausculter « la main invisible » de cette régression à l’état de nature, à la guerre de tous contre tous : l’objectif des guerres contemporaines ne réside plus seulement dans la maîtrise de l’espace, mais dans celle du temps.

Ainsi, la coalition anti-Dae’ch, conduite par les Etats-Unis, vient d’annoncer qu’elle compte former 30 000 combattants locaux qui se déploieront dans les régions du nord de la Syrie, en partie contrôlées par lesdites « Forces démocratiques syriennes », essentiellement composées de milices kurdes. Grâce à l’appui aérien américain et européen, cette alliance kurde a pu chasser, l’an dernier, les jihadistes de Raqqa – leur quartier général syrien -sur l’Euphrate et plus au sud en direction de l’Irak. Cette nouvelle force frontalière supplétive, que veut déployer Washington, a bien une double mission spatiale : contrôler les régions des principaux gisements pétroliers syriens et couper le « couloir chi’ite » entre l’Irak, la Syrie et l’Iran.

Mais, comme souligné précédemment, sa mission la plus importante est d’imposer le calendrier d’un temps alternatif – distendu – qui comporte trois volets de rétention : reculer la fin des opérations militaires lourdes en cours et le début des reconstructions politiques et économiques d’un pays qui doit impérativement rester une « zone grise » (business oblige !) ; permettre le recyclage des unités jihadistes défaites de Dae’ch en de nouvelles milices « modérées, laïques et démocratiques » anti-syriennes ; enfin, perturber, sinon faire échouer le prochain sommet de paix organisé par Moscou à Sotchi en février prochain, sans parler d’un sabotage assumé des efforts du représentant spécial de l’ONU – Staffan de Mistura – qui gère la complexe négociation de Genève.

Comme toujours, depuis le début de la guerre civilo-globale de Syrie, les grandes manœuvres commencent par la communication. Officiellement, Washington compte ainsi « empêcher la résurgence de Dae’ch » et poursuivre la guerre contre le terrorisme par d’autres moyens… Sont allègrement tressées les mêmes grosses ficelles de communication déjà usées en Irak, en Libye ou au Yémen avec le succès que l’on sait : lutter contre le terrorisme, changer le régime politique, installer la démocratie et les droits de l’homme pour le bonheur de l’humanité et du complexe militaro-industriel américain…

Malgré leur claire défaite en Syrie, les Américains veulent à tout prix conserver une présence militaire à long terme. Encore la gestion du temps : ils disposent toujours de 2000 soldats de leurs forces spéciales engagées sur le territoire syrien et d’une demi-douzaine de bases interarmées dans le nord du pays, le long de la frontière turque, jusqu’à celle de l’Irak aux alentours de Kamechliyé et Hassaké. Vaincus tactiquement, mais toujours là stratégiquement, les Américains n’ont pas renoncé à faire éclater l’Etat national syrien pour imposer une « partition de fait » qu’ils appellent pudiquement la « solution fédérale », comme si on allait applaudir au dessin animé d’une Syrie transformée en Confédération helvétique à laquelle ne manqueraient plus que les chocolats, le coucou et les banques…

En définitive, la constitution de cette force pro-américaine supplémentaire constitue clairement une nouvelle agression contre la souveraineté syrienne et les efforts du gouvernement de Damas pour restaurer son indépendance nationale, dans ses frontières historiques, en tant que l’un des 194 Etats membres à part entière de l’Organisation des Nations unies. Outre le fait que le droit international est parfaitement foulé au pied depuis le début de la crise syrienne ( illégitimité de l’ingérence/intervention de la coalition occidentale en Syrie), on voit Washington pousser et instrumentaliser les Kurdes dans une impasse où ils risquent – une fois de plus – d’être les dindons de la farce… D’un côté, ils restent en même temps soutenus par les Russes ; d’un autre, leurs députés qui siègent au Parlement de Damas ont entamé – depuis deux ans – des négociations avec le gouvernement syrien pour l’établissement d’un statut d’autonomie interne à la République syrienne.

Alors que Moscou tente, depuis des mois, de convaincre Ankara d’accepter la participation des Kurdes aux prochaines négociations de Sotchi, l’initiative américaine tombe à point nommé pour mettre par terre cet espoir de constitution d’une délégation syrienne « plus inclusive », voulue à la fois par Moscou et les Nations unies. Ce faisant, Washington joue encore avec le feu, poussant toujours un peu plus Ankara dans les bras du Groupe de Shangaï2 au détriment de l’OTAN. Faut-il rappeler que la Turquie aligne la deuxième force armée de l’Alliance atlantique après celle des Etats-Unis ?

Dimanche dernier, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan a jugé « inacceptable » la constitution de cette « Force de sécurité aux frontières ». Ibrahim Kalin a conclu : « les États-Unis prennent des initiatives inquiétantes pour légitimer cette organisation et l’installer dans la région. Il est impossible de l’accepter ». En signe de riposte, Ankara a menacé de lancer « dans les jours à venir » une offensive sur Afrin, ville du nord de la Syrie tenue par ces forces kurdes. « Avec la volonté de Dieu, nous continuerons dans les jours à venir nos opérations lancées dans le cadre de l’opération Bouclier de l’Euphrate pour nettoyer nos frontières sud et débarrasser Afrin de la terreur », a ajouté le président de la Turquie dans une allocution télévisée : « le moindre trouble à la frontière sera, pour nous, un signal pour intervenir ».

Aux dernières nouvelles, l’armée turque a engagé plusieurs séries de bombardements dans le nord de la Syrie (dans la région d’Afrin), tout en préparant une offensive terrestre d’envergure contre les positions des différentes milices kurdes. C’est exactement ce que cherchaient à provoquer les experts du Pentagone depuis la reconquête d’Alep (décembre 2016) par l’armée gouvernementale syrienne…

Toutefois, afin d’apaiser Ankara, Donald Trump vient de passer un coup de fil à son homologue turc pour lui annoncer une grande nouvelle : l’arrêt de la livraison d’armes aux milices kurdes de Syrie !!! On n’y comprend vraiment plus rien parce que les propos téléphoniques manquaient visiblement de précision. La Maison Blanche a dû publier un communiqué relativisant un peu la décision en parlant « d’ajustements concernant le soutien militaire » à ces milices qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre Dae’ch. Samedi dernier, Ankara a réclamé que le président américain « tienne parole » sur cette question essentielle pour les relations entre les deux pays. C’est effectivement clair comme du jus de chique…

En mai dernier à Washington, un bras de fer a opposé partisans et opposants aux forces armées turques ; un proche de Trump étant même impliqué dans des combines avec les services spéciaux d’Ankara… Surtout : le président Erdogan réclame toujours aux Etats-Unis l’extradition d’un prédicateur membre des Frères musulmans, soupçonné d’avoir fomenté la tentative de coup d’Etat en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016. A cette salade turque, s’ajoute la Moussaka kurde qui n’a pas fini de compliquer la digestion des Mezze syriens… encore une question de temps et de patience.

Pour ne pas conclure, répétons et soulignons encore l’importance de la gestion du temps dans cette nouvelle guerre de l’Empire global engagée dans le nord de la Syrie. D’expérience, les experts du Pentagone ressortent souvent des cartons les grands coups de leurs aînés. Au début des années 1980, les ingénieurs américains ont lancé la Guerres des étoiles3, un système d’armements inédit brandi par le président Reagan pour entraîner l’URSS dans une course aux armements sans fin. Plutôt foireux sur le plan opérationnel, cette initiative a parfaitement atteint son objectif sur le plan économique, obligeant effectivement Moscou a investir des moyens colossaux dans la recherche improbable d’un système similaire. Aujourd’hui, les meilleurs historiens de la Guerre froide considèrent que cette fameuse Guerre des étoiles a organiquement accéléré sinon provoqué la chute de l’URSS.

Par conséquent, en inventant toujours de nouvelles guerres – géographiquement fluides et temporellement infinies -, sous-traitées et auto-financées, Washington poursuit toujours le même objectif : épuiser économiquement et financièrement ses concurrents. Dans cette compétition qui ne connaît aucun allié ni ami – les Européens en font régulièrement les frais4 et n’ont encore rien vu -, Washington cherche avant tout à reproduire son hégémonie économique et stratégique sans partage.

La guerre de Syrie coûte cher à la Russie et impacte fortement son économie. Rappelons seulement que le budget russe de la défense est de 70 milliards de dollars, lorsque celui des Etats-Unis dépasse les 727 milliards… Et les fonds investis dans l’effort de guerre syrien constituent autant de moyens qui ne seront pas alloués à la modernisation d’autres secteurs vitaux de l’économie. La même équation vaut aussi pour l’économie iranienne, qui peine à sortir de l’austérité structurellement entretenue par des décennies de sanctions internationales. S’ensuivent inévitablement une inflation durable, l’appauvrissement des classes les plus fragiles, des manifestations, sinon des émeutes de la faim que nos médias mainstream qualifieront aussitôt de « révolutions » et de lutte pour la démocratie…

Fort de son écrasante supériorité économique, l’Empire global cherche à ruiner les économies russe et iranienne, à déstabiliser ces pays de l’intérieur en y encourageant des mouvements sociaux violents dans la perspective de l’installation de régimes à sa convenance. Ses supplétifs – en l’occurrence Israël et l’Arabie saoudite – font de même au Yémen et au Liban. La dernière prise d’otage du Premier ministre libanais Saad Hariri par Mohamad Ben Salman s’inscrivait sans doute dans le cadre plus large d’un coup d’Etat en cours dans la monarchie wahhabite, mais avait aussi pour objectif d’empêcher le Liban ainsi déstabilisé de mettre en exploitation ses gisements gaziers off-shore, plus précisément les blocs 8, 9, 10 et 11 de ses eaux territoriales convoités par Tel-Aviv ! Les experts pétroliers confirment cette évidence stratégique qui ne saurait être remisée au chapitre de la théorie du complot ou des Fake News… tellement pratiques dès lors qu’on veut justifier n’importe quelle guerre.

Grand anatomiste des guerres de l’Empire global Alain Joxe écrit : « la guerre sans but politique menée contre une population, dont les prototypes contemporains sont fournis par celles conduites par Israël en Palestine ou par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, est ce qui définit le mieux la transformation d’une armée en police dans l’empire global. C’est ce qu’a confirmé, au-delà des apparences, la politique de Washington au moment des « printemps arabes » qui ont provoqué – début 2011 – la chute de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi. En Tunisie comme en Egypte et en Libye, faute de pouvoir préserver des régimes dictatoriaux, les Etats-Unis ont cherché à promouvoir des démocraties corrompues et policières comme systèmes locaux de l’ordre financier néolibéral, quitte à s’accommoder avec des partis islamistes conservateurs mais nullement hostiles aux avantages, pour les riches, de ces systèmes »5.

Et Alain Joxe de conclure : « la gouvernance insécuritaire remplace l’Etat protecteur… » Merci Alain, nous y sommes !

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
22 janvier 2018

1 Alain Joxe : Les Guerres de l’empire global – Spéculations financières, guerres robotiques, résistance démocratique. Editions de la Découverte, 2012.
2 L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS ; est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays. Le 10 juillet 2015, l’OCS décide d’admettre l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière. L’intégration de l’Inde et du Pakistan en tant qu’États membres est officialisée le 9 juin 2017.
3 L’Initiative de défense stratégique (IDS), dite aussi « Guerre des étoiles », était un projet de défense anti-missile destiné à la protection des États-Unis contre une frappe nucléaire stratégique par des missiles balistiques intercontinentaux et des missiles balistiques lancés par des sous-marins. L’initiative, rendue publique le 23 mars 1983 par le président Ronald Reagan, devait combiner des systèmes capables d’intercepter les missiles ennemis, depuis le sol et l’orbite terrestre.
4 Le démantèlement annoncé d’Airbus au profit de ses concurrents américains constituera un nouvel exemple emblématique de cette guerre économique et commerciale sans concession.
5 Les Guerres de l’empire global, ib. cit.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

https://www.les-crises.fr/nord-de-la-syrie-la-nouvelle-guerre-de-lempire-global-par-richard-labeviere/

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 22-01-2018

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lundi 29 janvier 2018

COMMUNIQUÉ DE PRESSE SUR LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES PARTIELLES DU 28 JANVIER 2018.

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Malgré le refus absolu des grands médias audiovisuels de l’inviter, l’UPR maintient ses positions dans le Territoire de Belfort et franchit la barre de 1% des suffrages exprimés dans la 1ère circonscription du Val-d’Oise, se rapprochant ainsi un peu plus de l’accès au financement public.

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L’Union populaire républicaine (UPR) présentait des candidats à chacune des deux élections législatives partielles qui se sont déroulées ce dimanche 28 janvier 2018 :
– Jonathan VALLART dans la première circonscription du Territoire de Belfort,
– Christophe HAYES dans la première circonscription du Val-d’Oise.

Le corps électoral s’est abstenu très majoritairement à l’occasion de ces deux scrutins (70,5% d’abstention dans le Territoire de Belfort et 79,7% dans le Val-d’Oise), dans des proportions encore supérieures aux élections législatives de juin 2017 qui avaient connu, de loin, le plus fort taux d’abstention depuis 1848.

Sur la base des scores disponibles à 23h30 dimanche 28 janvier au soir :

 

a)- Dans la 1ère circonscription du Territoire de Belfort, l’UPR obtient un score stable par rapport à juin 2017 (0,73% contre 0,75% six mois plus tôt).

Seuls les scores des candidats de LR et de LO progressent. En particulier, le grand gagnant de la consultation est le candidat de LR, dont l’élection avait été invalidée pour fraude par le Conseil constitutionnel, et qui gagne néanmoins… 12, 7 points ! Tous les autres régressent.

En particulier, le FN s’effondre, de 17,5% à 7,5%, si on le comptabilise seul, et chute à 13% si l’on additionne les voix obtenues ce dimanche par le FN, DLF (qui n’était pas présent en juin 2017 ayant noué une alliance avec le FN) et Les Patriotes dont la candidate, classée « Extrême droite » par le ministère de l’Intérieur, est une dissidente du FN.

Le score de France Insoumise (FI) et du MRC (qui étaient alliés au scrutin de ce dimanche) s’effondre également, passant de 21,3% en juin 2017 (FI à 12,2% et le MRC à 9,1%) à 11,5%.

 

b)- Dans la 1ère circonscription du Val-d’Oise, l’UPR obtient un score en légère progression par rapport à juin 2017 (1,04% contre 0,97% six mois plus tôt). L’UPR franchit ainsi le cap de 1% des suffrages exprimés dans une circonscription législative supplémentaire, portant à 40 le nombre de circonscriptions où elle a franchi ce seuil. La perspective d’un accès au financement public se rapproche donc un peu plus.

Les candidats soutenus par l’actuelle majorité et par M. Macron ont subi un net reflux – la députée sortante du Val-d’Oise perd 6,7 points par exemple –, ce qui confirme l’impopularité du pouvoir après seulement six mois d’exercice.

Si l’abstention bénéficiait traditionnellement aux partis comme FI ou le FN, c’est de moins en moins le cas. L’effritement de ces derniers dans la première circonscription du Territoire de Belfort, et la progression relative de LR le démontrent.

Il apparait que ce sont les laissés pour compte et les personnes en rupture de la société qui s’abstiennent et fuient un système électoral et politique considéré comme bloqué, alors qu’ils exprimaient un vote dit contestataire auparavant.

Cette évolution inquiétante annonce des oppositions de plus en plus irréconciliables au sein de la société française, et un climat politique de plus en plus violent que les élections et les mécanismes démocratiques ne pourront plus canaliser et apaiser.

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Comme l’habitude en est, hélas !, désormais établie en France, ces élections législatives partielles se sont déroulées dans des conditions scandaleusement déloyales en ce qui concerne l’accès aux médias de grande diffusion, et cela avec l’indifférence complice du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Les médias de grande diffusion ont opposé un véritable mur du silence aux sollicitations de l’UPR, dont plus aucun représentant n’est apparu sur des médias audiovisuels nationaux depuis le premier tour de l’élection présidentielle de 2017.

Une telle censure est pourtant totalement illégale puisqu’elle viole les principes d’équité et d’expressions pluralistes des opinions politiques, posés par la loi et garantis par la Constitution.

Le score de 0,92% des suffrages exprimés, obtenu par François Asselineau à l’élection présidentielle de 2017, aurait dû justifier depuis lors deux à trois passages par mois aux représentants de l’UPR sur l’un de ces médias. Or, notre mouvement n’en a eu aucun depuis mai 2017, que ce soit sur Europe1, RTL, RMC, BFM Business, France info, France inter, Radio Classique, France culture, RFI, France 2, France 3, France 5, TF1, TV5 Monde, Arte, BFM TV, CNEWS, M6, Canal+ et LCI.

Inversement, un parti politique comme Les Patriotes n’avait aucun résultat électoral ni aucune personnalité élue sous son étiquette pour justifier la médiatisation significative dont il a pourtant, bénéficié, de la part des médias audiovisuels nationaux, notamment France info, LCI, BFM TV et RMC. Ce traitement de faveur apparait d’autant plus anormal que le président des Patriotes a été l’une des personnalités les plus médiatisées de France ces deux dernières années, avec le nombre extravagant de 554 invitations dans les médias audiovisuels en deux ans comme le relevaient des journalistes en septembre 2017.

Malgré cette ultra-médiatisation, les scores obtenus par Les Patriotes sont à peine supérieurs à ceux de l’UPR, avec 1,99% dans le Territoire de Belfort – contre 0,73% à l’UPR -, et 1,19% dans le Val-d’Oise (obtenu par l’ancienne candidate du FN de juin 2017), contre 1,04% à l’UPR.

Le CSA n’a rien fait pour corriger ces déséquilibres flagrants et inacceptables dans une démocratie digne de ce nom. Il n’a pris en outre aucune sanction contre France 3-Bourgogne-Franche-Comté qui, de façon arbitraire, a exclu de son débat en plateau les candidats de l’UPR, de DLF, de LO et de EELV pour l’élection législative partielle du Territoire de Belfort, tout en invitant la candidate des Patriotes, et cela alors qu’un candidat d’extrême droite, en l’occurrence du FN, était déjà présent sur le plateau.

Ces deux élections législatives partielles ont ainsi confirmé qu’il existe deux types de partis politiques en France : ceux auxquels les médias accordent leurs faveurs, de façon discrétionnaire et arbitraire, et sans aucun contrôle, et les autres partis qui sont censurés, à commencer par l’UPR.

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Dès ce lundi 29 janvier 2018, le Bureau national de l’UPR va saisir à nouveau le CSA sur les graves déséquilibres observés pendant les campagnes électorales et en dehors, et lui demander d’arrêter de fuir ses responsabilités.

Le Bureau national va également écrire aux dirigeants des principaux médias audiovisuels pour exiger que soit mis fin au « deux poids deux mesures » dont l’UPR est victime, et qui conduit à avantager outrageusement des partis politiques dont le poids dans l’opinion n’est pas supérieur, et parfois largement inférieur, à celui de notre mouvement.

L’UPR demande que les heures d’expression qui lui ont été refusées depuis le 1er mai 2017 jusqu’au 28 janvier 2018, en violation expresse de la loi et de la jurisprudence du CSA, soient immédiatement corrigées par des invitations sur l’ensemble des grands médias audiovisuels nationaux.

François Asselineau, Président de l’Union Populaire Républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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Brèves du jour

FAKE NEWS | Si désastreux que ça, le Brexit?

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L’opinion européenne découvre avec inquiétude ces dernières semaines les excellents chiffres de l’économie britannique. Comment? Albion ne s’est donc pas effondrée depuis sa décision de quitter l’UE?

Entre les cris d’alarme du Monde et de la presse de grand chemin et le froid constat de Forbes, quelqu’un diffuse des fake news. Mais qui?

(Source: Kelvin Dunlop.)

 

GB | Les femmes calculent-elles plus lentement?

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On croirait lire la version britannique du Gorafi, mais il semblerait bien que non, hélas! Le Telegraph nous apprend que la prestigieuse université d’Oxford a mis en place l’an dernier un moyen… mathématique de favoriser l’égalité des sexes.

«Les étudiants passant des examens de mathématiques et d’informatique au cours de l’été 2017 ont bénéficié d’une rallonge de 15 minutes pour achever leurs épreuves, les doyens ayant conclu que “les candidates femmes risquaient peut-être de souffrir davantage du stress temporel".»

L’article précise que cette rallonge (valable pour tous) n’a pas suffi à équilibrer le rapport hommes-femmes en termes de réussite.

Il paraît évident qu’une rallonge de 15 minutes dans un concours de tricot ne suffirait pas à faire gagner des candidats hommes… Il faut être doyen à Oxford pour ne pas le comprendre.

http://log.antipresse.net/post/gb-les-femmes-calculent-elles-plus-lentement?mc_cid=f993a6159a&mc_eid=3a5e263339

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SYRIE | Les Français causent trop

Le 20 janvier à 20h, France 2 diffusait une interview d'un jihadiste français arrêté en zone kurde turco-syrienne. Pourquoi son garde geôlier est-il lui aussi français? Que fait la France dans les parages?

ARG SYRIE FR2 DJIHADISTE

Pour rappel: les armées kurdes en question ont officiellement été formées pour combattre Daech dans leur région, il s'avère qu'elles ont aussi combattu l'armée syrienne avant d'y instaurer une base US. Elles comptent aujourd'hui 3000 soldats américains, 15000 Kurdes et 15000 combattants de Daech qui les ont rejoints.

Il s'agit donc pour les USA de créer une zone "autonome" entre les 2 pays et d'y maintenir une base arrière capable d'assurer leur hégémonie sur la région.

Voir la vidéo:

« Tu crois qu'on va oublier ? » / djihadiste français recadré par son geôlier français

djihadiste france2

https://www.youtube.com/watch?time_continue=162&v=16ugKgbkVKg

Cette vidéo n'est donc qu'un aveu du repositionnement français non plus derrière Daech/EI/Nosra totalement vaincus, mais encore une fois derrière la nouvelle stratégie de déstabilisation américaine de la région.

L'intervention turque entamée le 21 janvier dans la région et le retrait des troupes russes en parallèle est toutefois une réponse inattendue pour l'Occident. L’espoir US de laisser une écharde entre Turquie et Syrie s’amenuise, même si ce n'est pas rassurant pour la Syrie qui y voit encore une invasion.

Erdogan, qui a lui-même beaucoup flirté avec les intégristes, semble avoir tourné casaque depuis le coup d'État manqué orchestré contre lui par les USA l'an dernier. Il a promis de quitter le sol syrien aussitôt les forces Kurdes écrasées.
L'avenir nous en dira plus…

http://log.antipresse.net/post/syrie-les-francais-causent-trop?mc_cid=f993a6159a&mc_eid=3a5e263339

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Wauquiez défend son alternative à l'Europe «fédéraliste» et «technocratique» de Macron

Lors d’une interview accordée à six quotidiens européens, le nouveau président des Républicains s'en est pris à la politique européenne d’Emmanuel Macron. Selon lui, le chef de l’Etat ne prend pas les décisions adéquates pour réformer l'UE.

ACT WAUQUIEZ MACRON

Le 21 décembre 2017, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a tiré à boulets rouges sur le projet européen porté par le locataire de l'Elysée. «L'Europe de Macron est fédéraliste, technocratique. Il veut créer douze nouvelles institutions européennes et quatre nouvelles taxes. C'est une fuite en avant», a-t-il déploré lors d’une interview accordée aux quotidiens Die Welt (Allemagne), The Daily Telegraph (Royaume-Uni), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie), Le Soir (Belgique) et La Tribune de Genève (Suisse).

Face à la vision macronienne du projet européen qu'il voue aux gémonies, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes appelle à «une refonte radicale» des accords de Schengen portant sur la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne. Selon lui, il n’est pas concevable que la France subisse certaines décisions prises par d'autres Etats de l'UE, s'agissant de politique migratoire. «Je ne peux pas accepter que, quand un Etat membre décide de régulariser des irréguliers, cette décision affecte tous les autres Etats», a-t-il ajouté.

«Je veux plus d'Europe là où ça va, et moins là où ça ne va pas», a par ailleurs affirmé Laurent Wauquiez, sans pour autant fournir de plus amples détails sur les contours de cette correction du fonctionnement de l’UE. Seul piste évoquée, permettre aux nations européennes d'agir à des niveaux distincts : celui des six Etats fondateurs, celui des membres de la zone monétaire (Eurozone) et enfin, celui du périmètre de l’actuelle UE. Une organisation de l'UE en strates qu'il nomme «théorie des cercles concentriques».

Le leader des Républicains a en outre appelé à ne pas tourner le dos au Royaume-Uni et a furtivement abordé la situation en Catalogne. Selon lui, l'UE ne devrait en aucun rester sans réaction face à la potentielle indépendance de la Catalogne qui pourrait découler du scrutin du 21 décembre, au risque d'encourager les mouvements autonomistes.

https://francais.rt.com/international/46721-laurent-wauquiez-critique-europe-federaliste

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Il faudrait suggérer à Wauquiez de lire les traité européens, il y apprendrait que la politique migratoire est une prérogative de l'Union, et que ça n'a rien à voir avec l'espace Schengen. Il découvrirait également que sa proposition de "cercles concentriques" devrait être ratifiée à l'unanimité des 27 états membres, ce qui la rend hautement improbable...  P.G.

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Le Sénat adopte les ordonnances sur le code du travail grâce à la droite, le groupe LREM s'abstient

Le projet de loi ratifiant les ordonnances a été voté à main levée par la majorité de droite du Sénat. Alors que les élus de gauche ont voté contre, ceux du groupe La République en marche se sont abstenus, déplorant le retrait de certaines mesures.

ACT SENAT DROITE CODE

Le Sénat a approuvé le 24 janvier au soir, à une large majorité, la ratification des cinq ordonnances réformant le code du travail, première grande réforme sociale du quinquennat Macron, décriée à gauche et par les syndicats.

Déjà adopté par l'Assemblée nationale, le projet de loi ratifiant les ordonnances a été voté à main levée par les sénateurs. De manière étonnante, il a dû son adoption à la mobilisation des groupes Les Républicains, Union centriste, Indépendants et Rassemblement démocratique et social européen se sont prononcés pour. En effet, les sénateurs du groupe La République en marche (LREM) se sont abstenus, quand ceux des groupes socialistes et communistes ont voté contre.

Patricia Schillinger (LREM) a expliqué que l'abstention de son groupe visait à protester contre le retrait, par la majorité sénatoriale de droite, de certaines dispositions présentes dans le texte initial. Les sénateurs LREM savaient toutefois qu'ils ne prenaient qu'un risque limité en ne se prononçant pas : comme les députés, les sénateurs avaient adopté à une très large majorité, l'été dernier, le projet de loi habilitant le gouvernement à prendre ces ordonnances. Tout en se félicitant du travail accompli, Philippe Mouiller (LR) aurait voulu «aller plus loin, notamment sur l'évolution des seuils sociaux»

Dominique Watrin (CRCE, groupe majoritairement communiste) et Jean-Louis Tourenne (Parti socialiste) ont dénoncé tous les deux «des mesures régressives réduisant la protection des salariés». «L'édifice présenté a le mérite de la cohérence, mais repose sur des fondations instables», a jugé Jean-Louis Tourenne. La mobilisation dans la rue contre ces ordonnances, à l'automne dernier, n'avait pas permis à la gauche, déjà très divisée au sortir des élections présidentielle et législatives, de mettre en échec cette première réforme phare du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Un texte amplifié

Parmi les modifications apportées, les sénateurs ont notamment favorisé la mobilité internationale et européenne des apprentis en s'inspirant des recommandations du député européen Jean Arthuis dans son rapport sur le développement d'Erasmus pro. En matière de licenciement, ils ont proposé que les modèles de lettre de licenciement soient fixés par arrêté et non par décret en Conseil d'État.

En ce qui concerne les ruptures conventionnelles collectives, ils ont apporté des précisions quant au contrôle exercé par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE). Ce contrôle permettra, selon eux, de s'assurer que l'employeur mette tout en œuvre pour que les salariés, volontaires pour bénéficier d'une rupture conventionnelle collective, disposent des moyens nécessaires à leur accompagnement et à leur reclassement.

Enfin, sur proposition de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, les sénateurs ont adopté à l'unanimité un amendement adaptant le droit du travail à Saint Martin après le passage dans cette île de l'ouragan Irma. Il s'agit de sécuriser les ruptures des contrats de travail imposées par la situation et de faciliter la reprise de l'activité économique dans les meilleurs délais.

Le gouvernement ayant décidé l'urgence sur le texte, il fera maintenant l'objet d'une commission mixte paritaire chargée de trouver une version commune aux deux chambres. Son adoption définitive, prévue le mois prochain, doit donner une valeur législative aux ordonnances prises par le gouvernement en septembre et qui sont déjà applicables, tous les décrets d'application ayant été publiés.

https://francais.rt.com/economie/47559-ordonnances-travail-adoptees-senat-grace-droite-groupe-lrem-abstient

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Sanctions : la France, une «copie fidèle du gouvernement suprémaciste des USA», selon le Venezuela

Le gouvernement du Venezuela a rejeté le 27 janvier les déclarations «inacceptables» du président français Emmanuel Macron. Celui-ci avait dénoncé la veille «la dérive autoritaire» de Caracas et souhaité un accroissement des sanctions européennes.

ACT VENEZUELA MACRON

«Le gouvernement du Venezuela rejette énergiquement les déclarations inacceptables [du président français] dans lesquelles il disqualifie le gouvernement démocratique du Venezuela», déclare le ministère vénézuélien des Affaires étrangères dans un communiqué publié le 27 janvier. Il s'agit d'un «acte hostile et inamical de la part du leader d'une nation avec laquelle le Venezuela a entretenu des liens historiques et fraternels», poursuit-il.

Dans le même communiqué, Caracas reproche à la France de devenir une «copie fidèle du gouvernement suprémaciste des Etats-Unis».

Emmanuel Macron vent debout contre le gouvernement vénézuélien

Le président français avait exprimé le 26 janvier le souhait que l'Union européenne, notamment, accroisse ses sanctions contre le Venezuela, dont il dénonce la «dérive autoritaire», lors d'une conférence de presse à Paris avec son homologue argentin Mauricio Macri.

Ces appels aux sanctions d'Emmanuel Macron faisaient suite, notamment, à une récente décision de la justice vénézuélienne. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, la Cour suprême de justice du pays a ordonné à l'autorité électorale d'exclure la Table de l'Unité démocratique (MUD), une importante coalition d'opposition, du scrutin présidentiel qui doit avoir lieu avant le 30 avril. La plus haute autorité judiciaire autorise néanmoins le Conseil national électoral (CNE) à prolonger de six mois la période de réinscription des principaux partis d'opposition, leur laissant la possibilité d'y participer à titre individuel.

La coalition avait prévu de tenir des primaires pour s'accorder sur un candidat commun pour la présidentielle. Mais, dans sa décision du 25 janvier, la Cour suprême de justice a proclamé que la coalition violait l'interdiction de la «double affiliation» politique et ne pouvait donc pas être autorisée à concourir au scrutin, selon l'agence Reuters.

Les Etats-Unis ont de leur côté aussi adopté plusieurs trains de sanctions financières à l'encontre du Venezuela, notamment depuis une vague de manifestations en 2017, marquées par des violences.

https://francais.rt.com/international/47632-sanctions-contre-venezuela-france-copie-fidele-gouvernement-supremaciste-usa

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Macron en donneur de leçons, avec toute son arrogance, dans le seul souci de complaire à ses maîtres américains, pauvre France!

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Consonances kagébétistes et retour de James Bond : l'UE tacle la «propagande» russe

Le commissaire européen Julian King s'est acharné sur «la campagne de désinformation pro-Kremlin». L'historien John Laughland se demande si son intervention ne devrait pas elle-même «inquiéter tout Européen soucieux des libertés fondamentales».

TL JL UE KREMLIN

Le 17 janvier, les propos du commissaire européen, Sir Julian King, devant le Parlement européen le 17 janvier, expliquant que «la campagne de désinformation pro-Kremlin est une stratégie orchestrée, qui fournit les mêmes articles de désinformation dans le plus grand nombre de langues possibles, à travers le plus grand nombre de canaux possibles, et aussi souvent que possible» sonne le glas des libertés en Europe.

Pourquoi ?

Certes, ses propos ne brillent pas par leur originalité. Au contraire, nous entendons de telles affirmations à propos de RT et de Sputnik tous les jours sur les lèvres de différents dirigeants européens. Il est de notoriété que le président de la République française, Emmanuel Macron, a annoncé, dans ses vœux à la presse, son intention de légiférer contre les fake news en période électorale. Il a notamment pointé du doigt les médias russes. Aux Etats-Unis, le délire bat son plein sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle, y compris à travers une soi-disante pénétration des réseaux sociauxLes caricatures qui ont été faites de ce genre de fantasmes par Stanley Kubrick dans Docteur Folamour en 1964 ne font rien pour les dégonfler.

Mais, cette fois, ce ne sont pas les Russes qui doivent s'inquiéter. De toute manière, RT les combat avec vigueur, par exemple dans l'entretien accordé par la présidente de RT, Margarita Simonyan, à la chaîne américaine CBS le 7 janvier. Bien au contraire, les propos de Monsieur King sont dangereux pour les Européens – non pas à cause de leur contenu mais à cause de la fonction qu'il occupe. Car Julian King est depuis 2016 commissaire européen pour l'Union de la sécurité.

Le fait que le «commissaire pour la sécurité» – décidément, Bruxelles ne craint pas les consonances kagébétistes de ce titre – intervienne solennellement devant le Parlement européen pour condamner une campagne de propagande devrait profondément inquiéter tout Européen soucieux des libertés fondamentales. Car la contre-propagande, ou la communication stratégique, ne doit jamais relever du domaine des autorités sécuritaires. Elle relève au contraire de la direction générale de la communication de la Commission européenne, présidée par Jean-Claude Juncker, dirigée par un fonctionnaire de Bruxelles.

Les compétences de Monsieur King concernent, pour citer l'organigramme de la Commission européenne qui n'existe qu'en langue anglaise, le contre-terrorisme, la lutte contre la radicalisation, la lutte contre le crime organisé, la sécurité des transports, la cyber-sécurité et la sécurité industrielle. Permettre à une telle personne de s'occuper de l'information, ou même de la désinformation qui est imputée à la Russie, traduit une confusion conceptuelle grave, de la part des autorités européennes, entre le crime, la sécurité et le débat légitime.

Cette confusion n'est pas récente ; au contraire, elle est enracinée dans le paysage intellectuel de l'UE. Les 22 et 23 novembre 2016, deux résolutions jumelles ont été votées au Parlement européen, respectivement sur l'Union européenne de la défense. La première résolution a été rédigée par une commission présidée par un ancien ministre estonien des Affaires étrangères ; la seconde par une ancienne ministre polonaise des Affaires étrangères. Par le biais de l'expression équivoque «guerre hybride», qui est utilisée pour désigner tant la vraie guerre que la propagande, ces deux résolutions font un bloc : la sécurité de l'UE est, selon elles, menacée par la propagande russe. L'UE doit prendre des mesures sécuritaires pour la combattre. Julian King ne dit pas autre chose.

Nous pouvons laisser de coté le fait que, dans la résolution sur la propagande qui menacerait l'UE, la Russie est évoquée 33 fois et la propagande islamiste seulement 4 fois. Pour les rédacteurs de ces résolutions, la Russie représente un plus grand danger pour l'Europe que l'islamisme. Affirmer que la propagande hostile représente un danger existentiel revient à dire que tous ceux qui auraient des doutes sur la construction européenne, ou sur la politique européenne à l'égard de la Russie, sont des agents de l'étranger. Avec cette logique, l'UE va vite évoluer vers un Etat policier.

Même dans l'hypothèse d'une lutte idéologique pour l'âme de l'Europe, qui en réalité n'existe que dans la paranoïa des eurocrates, la propagation d'idées et d'arguments fait partie du combat politique normal. Si l'UE décide de confier la tâche de la contre-propagande au Commissaire pour la sécurité, elle va entamer une voie à sens unique vers le totalitarisme. Désormais, toute dissidence sera assimilée à de la sédition, comme au bon vieux temps de la dictature soviétique. L'attaque contre la Russie n'est qu'un prétexte pour une attaque contre les réfractaires européens, qui sont peut-être la majorité de la population : interrogé sur la question de savoir si les Français voteraient comme les Britanniques pour quitter l'UE, Emmanuel Macron a répondu : «Oui, probablement.» Quand les médias russes sont visés, les libertés européennes sont en danger.

Il est absurde que nous en soyons là. Même au point culminant de la guerre froide, quand le monde était profondément divisé entre deux visions idéologiques rivales, chaque bloc incarnant une vision opposée du monde entre le communisme et le capitalisme, et quand Moscou disposait d'un vaste réseau de sympathisants communistes partout en Europe, qui étaient constitués en partis politiques avec des vraies chances d'accéder au pouvoir – un réseau qui, aujourd'hui, est presqu'inexistant – la propagande soviétique n'était pas illégale. Elle était combattue non pas par les lois, et encore moins par le dispositif sécuritaire, mais par une contre-propagande occidentale, d'ailleurs très efficace.

Considérer qu'une idée, ou même une fausse information, serait une menace qui doit être neutralisée par le dispositif sécuritaire ouvre la porte à tous les abus possibles, d'autant plus que les affirmations du commissaire King sont elles-mêmes fausses. Julian King a soutenu devant le Parlement européen que l'équipe Stratcom, qui veille sur la «propagande russe», aurait recueilli «plus de 3 500 exemples de désinformation pro-Kremlin répétés dans de nombreuses langues et à différentes reprises». Cette affirmation est un mensonge : l'écrasante majorité des cas recueillis par Stratcom vient des médias nationaux russes, en langue russe et destinés au public russeIl suffit de lire le Disinformation Report, la revue hebdomadaire de la désinformation, pour le constater. Indépendamment du fait qu'aucun Européen n'est contraint de regarder les chaînes RT ou Sputnik, il est évident qu'une fausse information disséminée au sein du public russe ne relève pas d'une campagne de désinformation destinée à l'étranger. 

Pire encore, la présence de Sir Julian King au sein de la Commission européenne, et les tâches qui lui ont été confiées, sont le fruit d'un sinistre marchandage entre Londres et les capitales européennes. Nous savons que, depuis le référendum sur le Brexit du 23 juin 2016, Londres met sa puissance militaire et ses compétences en matière de renseignement dans la balance pour compenser son départ des structures bruxelloises. Pour un spécialiste en matière de sécurité, cité dans The Independent en 2016, le but de la nomination de King était en effet de mettre les célèbres services britanniques de renseignement, MI5 et MI6, connus selon lui pour leur supériorité sur leurs équivalents français, à disposition de l'UE toute entière, afin de permettre au Royaume-Uni de poursuivre et d'approfondir sa collaboration avec le continent.

Ce qui est sûr c'est que Julian King a consacré la quasi-totalité de sa carrière à la sécurité. Diplômé d'un petit collège d'Oxford et de l'ENA, Julian King a été en mission aux Nations unies pendant la guerre en Irak ; il a travaillé sur l'OTAN, sur la Turquie, sur la Politique étrangère et de défense commune au sein de l'UE ; il a été directeur général du ministère britannique pour l'Irlande du Nord. Tout cela implique une étroite collaboration avec les services de renseignement sinon une appartenance à ceux-ci.  

Julian King affirme, comme tant d'autres dirigeants européens, que la Russie vise à déployer la désinformation à des buts militaires, mais ce genre de propos exagéré n'est en réalité qu'un cas d'école de ce que Paul Reiwald appelait «la propagande projective». Cette dernière consiste à «prêter à l'ennemi ses propres défauts et à lui attribuer les actes qu'on est en train de commettre soi-même, ce qui permet l'accusation et justifie à l'avance les moyens que l'on serait amené à prendre, à titre de précaution ou de légitime défense». L'affirmation que la Russie aurait décidé de «transformer l'information en arme de guerre» n'est qu'une astuce pour cacher que les dirigeants européens s'apprêtent à faire la même chose.

Autrement dit, la politique de lutte contre la désinformation est une victime des manœuvres institutionnelles des services britanniques et du Royaume-Uni en général qui veut se rendre indispensable à la nouvelle Europe qu'il va quitter. Agiter l'épouvantail d'une menace russe qu'il incombe de combattre par des moyens sécuritaires est un moyen d'obtenir un dispositif législatif et policier non seulement pour combattre la contestation interne montante en Europe mais aussi pour rendre la Grande-Bretagne utile à l'UE

Par conséquent, nous pouvons dire, à l'instar des affiches du film Bon Baisers de Russie (1963) qu'après le Brexit : James Bond est de retour. Cette fois-ci, hélas, il y aura moins de glamour et moins d'humour.

https://francais.rt.com/opinions/47609-consonances-kagebetistes-retour-james-bond-propagande-russe

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Résurgence du nationalisme et UE qui «s'effondre» : Soros inquiet de perdre la bataille idéologique

Dans une interview au Financial Times, le milliardaire philanthrope George Soros, s'alarme du fait que la nationalisme, tel qu'il est selon lui porté par Moscou, soit désormais «l'idéologie dominante dans le monde», tandis que l'UE «s'effondre».

ACT SOROS FT

Le milliardaire américano-hongrois George Soros, à la tête de la fondation Open Society (OSF) intervenant dans la vie politique de nombre de pays, notamment en finançant des ONG pro-UE ou pro-migrantss'alarme d'être en train de perdre la bataille idéologique qu'il mène à travers elle.

Dans une interview accordée au Financial Times le 15 janvier 2018, le philanthrope dresse un constat emprunt d'amertume : «L'idéologie dominante dans le monde est aujourd'hui le nationalisme.» «C'est l'Union européenne qui est sur le point de s'effondrer. Et la Russie est un pouvoir en pleine renaissance, basé sur le nationalisme», affirme-t-il, voyant dans ce constat la source de la recrudescence des blâmes et accusations à son endroit, notamment en provenance des pays d'Europe de l'Est.

Soros vilipendé en Hongrie... 

Dans sa Hongrie natale, George Soros est accusé par le Premier ministre conservateur Viktor Orban de chercher à déstabiliser son gouvernement, qui s'oppose au système de quotas de migrants voulus par l'Union européenne (bien qu'il soit actuellement chahuté par son opposition, après la publication de statistiques selon lesquelles la Hongrie a accueilli 1 291 réfugiés en 2017).

Le chef du gouvernement hongrois a lancé une vaste consultation sur la question en décembre dernier, qui visait directement le «plan» supposé de George Soros, destiné selon Viktor Orban à promouvoir l'immigration en Europe d'«un million de réfugiés par an»

L'OSF milite en tout cas, de manière générale, pour une «société ouverte». La fondation de George Soros ne fait d'ailleurs pas mystère de son intense travail de lobbying pour faire avancer ses idéaux auprès des eurodéputés, dont elle a répertorié ses «alliés fiables» dans un document.

...comme aux Etats-Unis

S'il est fortement attaqué dans son pays d'origine, le milliardaire s'est également fait de farouches contempteurs dans son pays d'adoption. En mars 2017, des membres du Congrès américain écrivaient au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson pour dénoncer les pratiques d'ingérence de l'OSF, pointant du doigt son activité d'agitation et de propagande en Macédoine, en vue, selon eux, d'un changement de régime. Les mêmes élus soupçonnent également George Soros d'avoir voulu influencer l'élection présidentielle américaine, puis d'avoir déclaré la guerre à Donald Trump, une fois ce dernier élu.

Mais le milliardaire de 87 ans n'a pas l'intention de baisser les armes, bien au contraire : il a décidé de faire un don de 18 milliards de dollars de sa fortune personnelle à l'OSF en octobre dernier, pour qu'elle poursuive ses combats. «Je me sens plus que prêt à me battre et à défendre ce qui est juste», conclut l'inusable financier dans les colonnes du Financial Times.

https://francais.rt.com/international/47396-resurgence-nationalisme-ue-qui-seffondre-soros-inquiet-perdre-bataille-ideologique

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Et encore un financier de l'UE et de ceux qui soutiennent l'UE !!
Ces hommes sont pires que les pires dictateurs ou tyrans,
car ils avancent masqués derrière des associations ou fondations de bienfaisance !
S.R.

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dimanche 28 janvier 2018

[Vidéo] “L’UE est morte, vive l’Europe ! Introduction à la souveraineté” Jacques Sapir, Coralie Delaume.

Source : Critique de la Raison Européenne, Youtube, 23-01-2018

VID SAPIR DELEAUME

Conférence de Coralie Delaume et Jacques Sapir à Sciences Po Lille le 19 janvier 2018, introduite par Etienne Campion, président de CRE Sciences Po Lille. Coralie Delaume est essayiste et auteur de “Europe, les États désunis” et “La fin de l’Union européenne”.

Elle traite de l’impasse actuelle dans laquelle a mené la construction européenne. Jacques Sapir est économiste et auteur de nombreux livres dont “Souveraineté Démocratie, Laïcité”.

Il traite de l’origine du concept de souveraineté, de ses modalités d’application, et de son rapport intrinsèque au politique.

https://www.les-crises.fr/video-lue-est-morte-vive-leurope-introduction-a-la-souverainete-jacques-sapir-coralie-delaume/

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