samedi 19 août 2017

Suprémacisme idéologique (1)

ARG ALT RIGHT 1

 

Un article du Ministère de la Vérité suivi d'une réponse “subversive”

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1/ Etats-Unis : qu’est-ce que l’« alt-right » et le « suprémacisme blanc » ?

A la suite des événements de Charlottesville, le président américain a estimé que les torts étaient partagés entre l’« alt-left » et l’« alt-right ». Petit lexique de ces termes utilisés.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/16/etats-unis-qu-est-ce-que-l-alt-right-et-le-supremacisme-blanc_5173096_4355770.html#jQ4Rw7mYA0rixLZq.99

 

Lors d’une conférence de presse à la tour Trump, à New York, mardi 15 août, Donald Trump a renvoyé dos à dos les membres de la droite suprémaciste qui s’étaient donné rendez-vous à Charlottesville (Virginie) samedi 12 août et les manifestants antiracistes venus dénoncer le rassemblement. Le président des Etats-Unis a évoqué la mouvance « alt-right » et un prétendu mouvement de l’« alt-left » dans son discours.

 

 

  • Qu’est-ce que l’« alt-right » ?

L’alt-right est une mouvance d’extrême droite née à la fin des années 2000, mais qui s’appuie sur des références racistes relativement classiques. Ce terme a été créé par l’identitaire Richard B. Spencer, dont l’objectif est de défendre une culture occidentale blanche – qui serait menacée –, et qui prône la création d’un « Ethno-Etat » blanc et la mise en place d’un « nettoyage ethnique » qualifié de « paisible ». Les militants de l’alt-right luttent également contre les droits des femmes, des immigrés, des homosexuels et des transsexuels.


Outre le suprémacisme blanc, l’alt-right puise ses références dans d’autres mouvements, comme le Tea Party américain, les courants d’extrême droite française et s’appuie sur des militants très actifs sur des forums comme Reddit, 4chan ou 8chan. Lors de la dernière campagne présidentielle, ces réseaux ont soutenu avec ferveur Donald Trump, qui s’en est par la suite mollement défendu.

  • Qui sont les « suprémacistes » ?


Le suprémacisme blanc est une idéologie raciste et constitue une des tendances de l’extrême droite américaine. Elle part du principe que les Blancs constituent une « race supérieure ». Selon ces militants extrémistes, les Blancs seraient condamnés à l’extinction face à l’augmentation des personnes de couleur dans la société américaine. Leur but assumé, outre le maintien de leurs privilèges aux Etats-Unis au détriment des autres, est la création d’un prétendu « Etat blanc ».


Le slogan dit des« 14 mots »,inventé par David Lane, membre de l’organisation terroriste suprémaciste The Order, illustre cette vision : « Nous devons sécuriser l’existence de notre peuple et un futur pour les enfants blancs. » Ce dogme s’inspire largement du « racisme scientifique », pseudoscience qui pense déterminer des critères objectifs de supériorité de la « race blanche ».

 

  • Le Ku Klux Klan

Le Ku Klux Klan est une organisation suprémaciste blanche des Etats-Unis fondée par six officiers sudistes, en 1865 dans le Tennessee. La formation ne s’est jamais constituée en parti politique. Néanmoins, elle faisait pression pour défendre les intérêts des esclavagistes et des ségrégationnistes dans le Sud. Les membres usaient de tous les moyens pour arriver à leur fin : de l’intimidation, en mettant le feu à des croix à proximité des personnes qu’ils voulaient intimider, au lynchage public, ainsi qu’au meurtre. Malgré le secret entourant les exactions du KKK, une étude datant de 2015 fait état de près de 4 000 Afro-Américains tués entre 1877 et 1950 dans les Etats du Sud.

Au fil des années, l’idéologie de l’organisation a évolué, ne se limitant plus au racisme anti-Noirs. A partir du XXe siècle, elle s’en prend également aux catholiques, aux orthodoxes, aux juifs, aux homosexuels et aux immigrés. A son apogée, dans les années 1920, le Ku Klux Klan comptait 4 millions de membres. Le Southern Poverty Law Center en dénombre entre 5 000 et 8 000 de nos jours.


Accusé d’entretenir un flou quant à ses relations avec le KKK durant sa campagne, Donald Trump s’est vu féliciter par l’ancien chef du Ku Klux Klan, David Duke, pour ses propos, condamnant le « terrorisme de gauche ».

 

  • Les néonazis américains

Les mouvements néonazis américains se réclament directement du national-socialisme d’Adolf Hitler. Tout comme le Ku Klux Klan, ses militants s’en prennent majoritairement aux Noirs, aux juifs ainsi qu’aux homosexuels. Dans un pays qui a combattu l’Allemagne nazie, voir défiler des militants avec des drapeaux arborant la croix gammée peut étonner, mais la conception américaine de la liberté d’expression permet à ces mouvements d’avoir pignon sur rue. Les représentants de différents groupuscules étaient présents à Charlottesville, en Virginie, vendredi 11 et samedi 12 août.

James Fields, l’homme qui a foncé dans la foule des contre-manifestants et causé la mort de Heather Heyer et fait plusieurs dizaines de blessés, est un sympathisant d’un de ces groupes néonazis, Vanguard America.


Qui est Robert E. Lee ?

Robert Edward Lee, né en 1807 et mort en 1870, est un personnage historique américain controversé et commandant des armées confédérées pendant la guerre de Sécession (1861-1865). Figure emblématique des sudistes, ses partisans aiment à le présenter comme un fin stratège militaire et un grand humaniste, luttant contre l’esclavage. Pourtant, la guerre de Sécession opposait les Etats du Nord, l’Union, ayant aboli l’esclavage, aux Etats du Sud, la Confédération, cherchant à le maintenir. Ainsi, en tant que confédéré, Robert Lee (le général Lee) possédait plusieurs dizaines d’esclaves dans sa propriété en Virginiequ’il traitait avec grande cruauté (châtiments corporels, séparation des familles, etc.), bien loin de l’image véhiculée par un révisionnisme historique porté par les nostalgiques de cette époque.


L’« alt-left », une expression utilisée à l’extrême droite

 

Avant son utilisation, mardi 15 août, par Donald Trump, le terme « alt-left » était réservé à quelques réseaux et sites extrémistes et néonazis. L’expression, employée notamment par le site antisémite The Daily Stormer, sert à décrire de manière péjorative l’opposition à Donald Trump, tel que les antiracistes de Black Lives Matter ou les mouvements de gauche.

Selon Mark Pitcavage, un analyste de la Ligue antidiffamation cité par le New York Times, une ONG luttant contre l’antisémitisme outre-Atlantique, ce mot ne correspond à aucun groupe organisé à proprement parler. Utilisé sur Reddit par l’alt-right, les journalistes de la chaîne conservatrice Fox News, la NRA et maintenant à la Maison Blanche, le but est de créer une équivalence fantasmée entre l’extrême droite et l’extrême gauche, mettant sur un même plan les deux idéologies.


2/ Les déconneurs ont encore frappé

Par Philippe Huysmans — 17 août 2017

 

LA FINE ÉQUIPE DES BRAS CASSÉS OEUVRANT AU DÉPARTEMENT « INQUISITION » DU MONDE S’EST FENDUE D’UN ARTICLE SUPPOSÉ NOUS ÉCLAIRER SUR LES FAITS EN MARGE DES VIOLENTES MANIFESTATIONS À CHARLOTTESVILLE QUI AVAIENT FAIT UNE VICTIME.

Alors, déjà, un bon point pour eux, ils sont maintenant parfaitement capables d’identifier des nazis défilant aux flambeaux, même de nuit.  Ça n’a pas toujours été le cas, j’espère qu’il ne s’agit pas d’une simple rémission passagère mais bien d’une guérison complète.

Après, ça dérape très vite, par contre.  À lire ces pioupious[1], on finirait par croire que les nazis, les suprémacistes blancs et autres KKK se sont battus contre eux-mêmes, ou l’ombre que projetait leurs torches.  Oui monsieur, puisqu’on vous le dit, seuls les extrémistes de droite ont participé à la baston… Ok, mais contre qui ?

Et il faut attendre la fin de l’article pour en comprendre la raison.  Vous vous souvenez sans doute de la polémique qu’avait provoqué Trump en rejetant les responsabilités à la fois sur l’alt-right*… et l’alt-left* ?  Seulement voilà, c’est pas de jeu, l’alt-left, ça n’existe pas :



Selon Mark Pitcavage, un analyste de la Ligue antidiffamation cité par le New York Times, une ONG luttant contre l’antisémitisme outre-Atlantique, ce mot ne correspond à aucun groupe organisé à proprement parler. Utilisé sur Reddit par l’alt-right, les journalistes de la chaîne conservatrice Fox News, la NRA et maintenant à la Maison Blanche, le but est de créer une équivalence fantasmée entre l’extrême droite et l’extrême gauche, mettant sur un même plan les deux idéologies.  Source : Les décodeurs

Et toc !  Ça vous en couche un coin, hein !  Donc au mieux, les manifestants d’extrême gauche ne représentaient rien, et au pire, n’avaient même pas le droit de manifester puisqu’ils représentaient une alt-left qui n’existe pas.  Si ça se trouve ils n’étaient même pas en règle de cotisation et d’assurance.  Moi je dis, c’est ballot.  Une journée de perdue à se colleter avec des bas-de-plafond suprémacistes pour rien !

Ce que le Monde passe sous silence

Si en effet l’appellation alt-left utilisée par Donald Trump constitue une première, et donc une sorte de néologisme, les violences, elles, ont bel et bien perpétrées par les deux camps qui ont semé la désolation dans la ville.  Et ceux-là sont connus partout dans le monde depuis les années ’30, sous le nom d’antifas.  Ils partagent les mêmes méthodes violentes que ceux qu’il prétendent combattre et s’avèrent souvent être d’authentiques fascistes.  C’est actuellement l’arme de prédilection du pouvoir pour couper court à toute tentative d’émergence d’une gauche véritable, ou de l’idéologie anarchiste.  Raison pour laquelle la violence est, dans leur cas tolérée, voire encouragée.

Parce que, tout de même, les autorités savaient pertinemment bien que les gros beaufs suprémacistes allaient débouler en ville, et ils ne pouvaient pas ignorer qu’une contre-manifestation des antifas était, elle-aussi, prévue.  Cela ne pouvait donc tourner qu’à l’affrontement, et dégénérer.  La responsabilité des autorités, en pareil cas, est de maintenir une distance de sécurité entre les deux groupes de manifestants, en s’interposant, et en canalisant celles-ci.  Pourquoi ceci n’a-t-il pas été fait, c’est la première question à se poser.

Le Monde… en fait des tonnes

La propension des médias de gôche bobo-solférinienne à dépeindre l’Amérique de 2017 comme s’il s’agissait de Munich en 1936 est proprement sidérante.  Si les mouvements suprémacistes aux USA ont bel et bien eu leur heure de gloire, ils ne sont plus aujourd’hui que l’ombre d’eux-mêmes, les chiffres sont éloquents :

Ku Klux Klan

Il comptait jusqu’à 4 millions de membre à son apogée, en 1925.  Ils ne seraient plus aujourd’hui que 4.000, après que leurs effectifs furent tombés à 3.000 autour de 1978.  À noter que les estimations actuelles sont données non pas par des agences officielles, mais par l’Anti-Defamation League qui est elle-même une émanation du B’nai B’rith.   Si l’on ramène ça à la population du pays en 2016 (323,1 millions), cela nous donne 0,001238007 %, soit une personne sur cent mille, environ.

American Nazi Party

Au mieux, on peut estimer que ce parti politique (qui ne compte aucun élu), pèse au plus 200 ou 300 adhérents à travers tout le pays, puisque, selon Wikipedia, le National Socialist Movement (un autre mouvement d’inspiration nazie) était, d’après le New York Times (2011), « le plus important mouvement suprémaciste avec 400 membres répartis dans 32 États ».  Totalement anecdotique.

Les « non classés »

Une partie des laissés-pour-compte de la société américaine, notamment dans la ceinture de rouilleet dans les États du Sud représentent le véritable vivier de l’intolérance et du suprémacisme blanc.  Qu’y a-t-il d’étonnant à celà ?  Partout ou le chômage et la misère sont endémiques parmi certaines couches de la population, l’extrême droite fait florès.  Et comme à chaque fois, on a les responsables tout trouvés !  Les étrangers, les immigrants, qui viennent manger le pain des Français Américains.

Selon moi, ça n’en fait pas des nazis, sauf à penser que l’électorat de Marine Le Pen serait, lui-aussi, constitué d’authentiques nazis bouilleurs de chatons.

Par Ph. Huysmans |17 Août 2017

Notes

[1] Pioupiou : subst. masc.  Vieilli, fam. Simple soldat, généralement dans l’infanterie. Synon.troufion (pop.).[Le soleil] qui brunit nos pioupious en Afrique (Balzac,Lettres Étr., t.2, 1844, p.395).Une histoire de troupiers, la touchante idylle d’un pioupiou, la grosse souffrance naïve d’un soldat (Le Livre,Bibliogr., VI,1885,p.169 ds Fonds Barbier).Je le voyais sur des photographies, déguisé en pierrot, en garçon de café, en pioupiou (Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p.28).

Source: https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/les-deconneurs-ont-encore-frappe_1199293970

 

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vendredi 18 août 2017

Les déplacés syriens, dernière carte de l’Occident contre Damas et le Hezbollah

ARG REF LIBAN

 

 

Les déplacés syriens, dernière carte de l’Occident contre Damas et le Hezbollah

Par Soraya Hélou — 16 août 2017

 (...)

 

Si l’on jette un coup d’œil sur les développements en Syrie, on constate que le projet occidental de renverser le régime syrien a totalement échoué. En six ans, les Occidentaux et leurs alliés régionaux ont tout essayé pour renverser le régime syrien, d’abord par les manifestations populaires, puis en  transformant la confrontation en conflit armé, d’abord à travers «l’Armée Libre de Syrie», puis à travers les groupes terroristes «al-Nosra» et «Daech», sans parler de toutes les autres organisations, dont on oublie désormais le nom, parce qu’elles n’ont pas fait long feu, s’empressant de fusionner ou de se combattre les unes les autres.

Même l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Damas Robert Ford, qui a joué un rôle crucial dans la formation des groupes de «l’opposition syrienne» au début du conflit dans ce pays a reconnu récemment, dans un entretien, que les Etats-Unis et leurs alliés n’ont plus «de levier» en Syrie. Les seules forces sur lesquelles ils peuvent encore compter sont les Kurdes. Mais toutes les autres formations ont provoqué des catastrophes dans le pays et les Etats-Unis ont dû arrêter le programme d’aides aux forces de «l’opposition», cédant ainsi à la demande russe.

Pour toutes ces raisons, les pays occidentaux et l’ONU pensent que la dernière carte utilisable qui leur reste est celle des déplacés syriens dans les pays voisins de la Syrie et en particulier au Liban. Si ces déplacés rentrent chez eux, non seulement le crédit ira à l’Etat syrien représenté par le président Bachar al-Assad mais de plus, ils feront perdre une carte de pression sur Damas et ses alliés, sachant que jusqu’à présent, c’est l’Occident, à travers les organisations de l’ONU qui finance la plus grande partie des dépenses des déplacés syriens hors de chez eux.

En termes plus clairs, le maintien des déplacés syriens au Liban a trois objectifs pour les Etats-Unis et leurs alliés: premièrement, il leur permet de tenir l’Etat libanais en menaçant de suspendre les aides ou de les réduire en cas de décision libanaise qui ne va pas dans le sens de leur politique. Deuxièmement, ils peuvent constituer potentiellement un vivier de forces hostiles au Hezbollah, et l’étincelle d’une nouvelle discorde entre sunnites et chiites, si un jour la décision de déstabiliser le Liban est de nouveau prise. Troisièmement, ce sont autant de voix dont sera privé Damas en cas d’organisation d’élections anticipées en Syrie. Pour ces trois raisons, les Etats-Unis et leurs alliés multiplient les avertissements pour empêcher le Liban d’entamer un dialogue avec Damas au sujet du retour progressif des déplacés. Mais avec le dernier accord conclu avec «al-Nosra», le processus est entamé et il ne devrait plus s’arrêter, n’en déplaise à tous ceux qui y sont opposés…

Par Soraya Hélou | 15-08-2017 

Source: french.alahednews

 

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Le discutable bilan de trois ans de coalition anti-Daech

ARG TERR

 

Le discutable bilan de trois ans de coalition anti-Daech

18 août 2017

L’attentat de Barcelone prouve que Daech conserve une importante partie de sa capacité terroriste, malgré les trois années de campagne de la coalition mobilisée contre lui.

C’est le 8 août 2014 que Barack Obama lance les premiers bombardements aériens contre Daech en Irak. Cela fait déjà plus d’un mois qu’Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé son soi-disant « califat » de Mossoul et que la terreur jihadiste s’est abattue sur les populations, visant tout particulièrement Yézidis et Chrétiens. Les Etats-Unis, restés passifs durant l’offensive-éclair de Daech en juin, jusqu’aux portes de Bagdad, n’interviennent finalement que pour sauver de l’avancée jihadiste le Gouvernement régional du Kurdistan du Nord de l’Irak. Washington n’a donc fait mouvement qu’au moment où Daech menaçait, non plus les seuls Arabes, quelle que soit leur confession, mais aussi les alliés kurdes de l’Occident.

TROIS ANS DE BOMBARDEMENTS AERIENS

Ce n’est que très progressivement que se constitue une coalition anti-Daech dont les Etats-Unis demeurent à la fois les contributeurs principaux et les décideurs ultimes. Les frappes sur l’Irak sont étendues en septembre 2014 au territoire syrien, avec la mise en place le mois suivant par le Pentagone d’une « task-force » interarmées pour cette opération baptisée « Inherent resolve » (Détermination solide). La France assure aujourd’hui 7 à 8% des frappes de la coalition dans le cadre de sa propre opération « Chammal » (littéralement « Nord » en arabe). C’est l’état-major américain qui assigne les cibles à l’aviation française, libre, jusqu’au dernier moment, de sa décision de les bombarder effectivement. Les 70 Etats membres officiels de la coalition y participent à des titres très divers, et parfois symboliques. La devise de la coalition est « One Mission, Many Nations » (Une mission pour de nombreuses nations).

Au 9 août 2017, la coalition avait, selon le Pentagone, conduit 24566 frappes, dont 13331 en Irak et 11235 en Syrie. L’ONG Airwars, qui s’est spécialisée dans le recensement des victimes de tels bombardements, estime à au moins 4887, et peut-être jusqu’à 7528, le nombre de civils tués en Irak et en Syrie par la coalition durant la même période. Ces pertes civiles se sont très sensiblement aggravées lors de la récente bataille de Mossoul. La coalition a alors eu recours à des obus au phosphore blanc, ce qui relève, selon Amnesty International, du « crime de guerre ».

Quant aux pertes dans les rangs de Daech, rien le permet de les évaluer sérieusement, car la coalition a publié à ce sujet des chiffres tout bonnement délirants (20.000 jihadistes tués durant la première année d' »Inherent Resolve » et 25.000 durant la deuxième). Mais le véritable bilan de la coalition se situe au-delà de ces querelles de chiffres.

UNE RECONQUETE TRES LABORIEUSE

Il aura fallu trois ans à la coalition, dont neuf mois de combats urbains acharnés, pour reprendre à Daech cette ville de Mossoul qu’il avait lui-même conquise en seulement quelques jours de juin 2014. Et la cité syrienne de Rakka, où Daech avait été proclamé en avril 2013, demeure entre ses mains, même si elle est encerclée de toutes parts. Daech conserve toujours le contrôle territorial de plusieurs poches du territoire irakien, ainsi que d’une bonne partie de la vallée syrienne de l’Euphrate. Une mobilisation internationale aussi laborieuse contre le seul Daech ne peut que faire le jeu de sa propagande et de son recrutement*.

Plus grave encore, les Etats-Unis ont décidé que la coalition ne s’appuierait nulle part sur les populations locales, pourtant les premières victimes de la terreur jihadiste, mais sur des « libérateurs » étrangers à leur communauté ou à leur langue. En Irak, les forces gouvernementales, souvent accusées d’exactions, sont épaulées par des milices pro-iraniennes animées d’une profonde haine anti-sunnite. En Syrie, les groupes révolutionnaires ont été officiellement abandonnés par Washington au profit de la branche locale du PKK, le mouvement de guérilla kurde lancé en Turquie trois décennies plus tôt.

LA DECISION AUX MAINS DE TRUMP

L’intervention occidentale contre Daech a aussi encouragé le GRK à lancer le processus d’indépendance des provinces kurdes du Nord envers Bagdad. De manière générale, la coalition a creusé encore plus profondément le fossé entre Arabes et Kurdes (avec le risque très sérieux de conflit entre milices chiites et kurdes en Irak), ainsi qu’entre Sunnites et Chiites. Alors qu’il n’est pas de réponse durable au défi jihadiste sans stabilisation politique de la Syrie et de l’Irak, la coalition a compliqué au-delà du raisonnable la recherche d’une telle solution. Les Etats-Unis, incapables de trancher entre la conciliation et la confrontation avec l’Iran, ont opté pour collaborer de fait avec lui en Irak et pour le ménager en Syrie, tout en le désignant à la vindicte publique, d’où une confusion sans précédent sur le terrain.

Les Etats-Unis ont officiellement dépensé au moins 14 milliards de dollars durant ces trois années d’opérations de la coalition anti-Daech. Cela donne une idée du coût exorbitant de cette campagne à l’échelle de l’ensemble des 70 Etats participants. Et cela ne prend évidemment pas en compte le coût de la reconstruction espérée, qui se chiffre en milliards pour la seule ville de Mossoul. On n’ose imaginer ce que des sommes aussi considérables auraient produit si elles avaient été investies dans le développement d’une Syrie et d’un Irak gagé sur des institutions enfin démocratiques. Mais Washington et ses alliés ont préféré replâtrer l’autoritarisme irakien, s’accommoder de la dictature Assad* et encourager l’expansionnisme kurde. Une telle politique reste, n’en déplaise aux autres membres de la coalition, définie souverainement par la Maison Blanche, hier sous Obama, aujourd’hui avec Trump.

L’attentat perpétré à Barcelone, le 17 août 2017, démontre tragiquement le danger que continue de représenter Daech. Il survient en outre après que les autorités australiennes ont déjoué un projet d’attentat contre un avion de ligne, téléguidé par Daech à partir du Moyen-Orient. La menace terroriste demeure pourtant largement abstraite aux Etats-Unis, tandis qu’elle est bel et bien réelle pour leurs alliés. Le sentiment d’urgence qui prévaut en Europe face à une telle menace n’est pas de mise outre-Atlantique. Le site de la coalition a ainsi déjà prévu l’espace d’annonce des bombardements antijihadistes jusqu’en décembre 2017, ce qui prouve, s’il en était besoin, que personne à l’Etat-Major américain n’envisage une victoire à court terme contre Daech.

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Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris). Il a aussi été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Ses travaux sur le monde arabo-musulman ont été diffusés dans une douzaine de langues.

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*L'auteur ne mentionne nullement la Russie et son rôle, notamment contre Daech, mais aussi à l'origine de la décision américaine de

« s’accommoder de la dictature Assad »...P.G.

 

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Un Schengen pour les militaires

PDV JUNKER OTAN

 

Un Schengen pour les militaires

Par Fernand le Pic — 15 août 2017

 

Antipresse  N° 89 | 13.8.2017

Par Fernand Le Pic


Ça circule beaucoup en Europe: libre circulation, migration… Mais voici que l’OTAN a décidé de ce joindre au mouvement. Ces «migrants en uniforme» réclament désormais une liberté de circulation totale sur le continent.

Le lieutenant-général Frederick «Ben» Hodges dirige encore pour quelque temps le corps d’infanterie de l’armée américaine stationné en Europe, l‘USAREUR pour les intimes, avec sous ses ordres un effectif permanent d’environ 30000 fantassins, paras et autres forces, notamment dans le renseignement et la désinformation militaires. Son quartier général se situe à Wiesbaden, haut lieu du pont aérien vers Berlin durant la Guerre froide.

Cela fait bientôt deux ans que notre général Ben Hodges trépigne. Il se plaint tous azimuts des très désagréables entraves administratives qui gênent le passage aux frontières intra-européennes de ses soldats et convois, tous bourrés d’armes et de munitions. Il en fit un long plaidoyer devant le bureau polonais du CEPA (Center for European Policy Analysis), un énième think-tank américain sponsorisé par Lockheed Martin, BAE Systems, ou encore Textron Systems (groupe offrant ses services, entre autres, dans la logistique et les infrastructures militaires).

Certes, il conçoit qu’il y ait bien ici ou là des résidus de souverainetés locales et même des frontières législatives, comme il en existe à l’intérieur des États-Unis, mais tout de même! Toutes ces formalités lui paraissent «étonnamment pesantes». Il faut donc que cela cesse, et vite.

Alors il exige des Européens que ces derniers lui accommodent fissa un statut de libre circulation militaire équivalent à celui de Schengen pour les civils. Rien que ça. Il va même jusqu’à prendre modèle sur les facilités offertes aux masses d’immigrants illégaux qui déferlent sur l’Europe depuis quelques années. «Plus que tout, nous avons besoin d’une zone militaire de type Schengen, ce qui permettrait à un convoi militaire de se déplacer à travers l’Europe aussi rapidement qu’un migrant» ose-t-il lancer sans vergogne. C’est vrai que, question réseaux migrateurs, on s’y connaît au sein de l’armée américaine. Même qu’on théorise. Par exemple, Kelly Greenhill, l’une de ces si discrètes têtes pensantes du Pentagone, a réussi à présenter à la prestigieuse Naval Postgraduate School de Monterey (Californie) toute l’efficacité de la «coercition par le déplacement de populations». Une étude dont elle a tiré un livre devenu un classique chez les généraux: L’Arme de migration massive. Un titre qui donne à méditer sur l’instrumentalisation militaire du phénomène.

Mais revenons à Ben Hodges. Pourquoi donc est-ce un général trois étoiles qui s’occupe ainsi de questions plutôt politiques et dévolues normalement au circuit diplomatique civil? C’est encore lui qui donne la réponse: parce que Trump n’a pas encore fini d’installer tous ses ambassadeurs en Europe et que les simples chargés d’affaires qui sont là en attendant n’ont pas les pouvoirs nécessaires pour traiter ce type de dossiers. “Ça fait mal de ne pas avoir d’ambassadeur” déclarait-il la larme à l’œil lors d’une inspection de ses troupes en Bulgarie, le 19 juillet dernier.

On peut au moins en tirer une première leçon (même si on le sait déjà): derrière tout sujet que le Département d’État impose à l’ordre du jour de ses «alliés», se cache un agenda du Pentagone. La preuve: dès que le Département d’État n’est plus là pour jouer les faux nez, c’est toujours une coupe militaire à la West Point qui surgit. Quoi qu’il en soit de ce rideau qui se décroche tous les jours un peu plus, Ben Hodges peut se réjouir. Les politiques européens ont obtempéré au quart de tour à ses injonctions.

A commencer par Radosław Sikorski, l’ancien ministre polonais de la défense puis des Affaires étrangères, un peu en disgrâce depuis qu’il s’est fait piéger par des enregistrements peu amènes envers Washington. Histoire de se racheter, il se fit prestement l’écho de cette exigenceNous avons besoin d’un espace Schengen pour les chars américains», confirma-t-il dès octobre 2015.

Le slogan est très vite repris par les «tanks» de résonance washingtoniens. La suédoise Elisabeth Braw, de l’Atlantic Council, pond un long article dans «Foreign Affairs» de juin 2016, soutenant le principe d’un «Schengen pour l’OTAN». Hannes Hanso, ministre de la défense d’Estonie emboîte le pas pour une «politique de portes ouvertes en faveur de l’OTAN». En février 2016, la Serbie, non-membre de l’OTAN, avait déjà accordé la liberté de mouvement à l’OTAN ainsi que l’immunité diplomatique à ses troupes, tandis qu’en mai, c’était au tour de la Suède, également non-membre de l’OTAN, de ratifier une loi permettant d’alléger les formalités de passages militaires à ses frontières.

En 2017, c’est à la «vieille Europe» de s’y colleter. Le message passera par l’une des plus fidèles supplétives du Pentagone: Jeanine Hennis-Plasschaert, notre fringante ministresse de la défense hollandaise, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler (cf. Antipresse N° 79: «L’OTAN adore les femmes»). Elle déclara au mois de juin dernier, lors d’un énième sommet nuageux de l’OTAN, que les troupes européennes «devaient être en mesure de se déplacer rapidement partout où il existe une menace« . Elle reprenait évidemment à son compte la nécessité de créer un «espace Schengen militaire», ajoutant que devaient y être éligibles «tous les membres de l’OTAN» (Turquie incluse donc, ainsi que, vraisemblablement, les affidés «non-article 5» du «Partenariat pour la paix», dont la Suisse?), sans oublier «tous les alliés de l’Union européenne». Rien que ça! Voilà qui risque de faire pas mal de monde au portillon. On devrait bientôt se retrouver face à une belle quantité de militaires lâchés sur nos routes et nos campagnes, et provenant des horizons les plus divers. Des migrants en uniformes en quelque sorte.

En tirant le fil de cette information d’apparence plutôt technique et anodine, n’était la scandaleuse accélération du déni de nos frontières, on découvre que la Jeanine fait le job. Elle en a déjà touché un mot à l’Italienne Federica Mogherini (Haute représentante de l’UE pour la politique étrangère et de défense) et à l’Espagnol Jorge Domecq (chef de l’Agence européenne de défense), tout cela sous les yeux attendris de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN. Évidemment, tout le monde va suivre, et c’est l’ami Juncker qui devrait l’entériner très officiellement dans sa déclaration annuelle sur «l’état de l’Union», le mois prochain, entre deux apéros. Une titraille («l’état de l’Union») dont on ne résiste toutefois pas, la mort dans l’âme, à relever à quel point elle singe, si piteusement, le jargon et la procédure du Congrès américain.

Mais ce «Schengen militaire» ne doit pas être confondu avec la reprise qu’en firent Roberta Pinotti, ministre de la défense (également une Nato’s girl évoquée dans l’Antipresse n°79) et Paolo Gentilini, ministre des affaires étrangères d’Italie, en août 2016. Face au Brexit qui venait de passer et à l’arrivée possible de Trump au pouvoir, dont la campagne anti-otanienne fit grand bruit, le Landerneau politico-militaire européen s’affola. Il craignit d’avoir à s’occuper de sa sécurité collective tout seul. Il fallut s’organiser au plus vite. C’est là que nos deux Italiens, fouillant dans le Traité de Lisbonne, y découvrirent qu’on pouvait monter une première force militaire commune avec seulement quelques pays bien équipés et volontaires, sans passer par la case d’unanimité à 27 (hors Royaume-Uni), et donc sans risque de véto intempestif. Après quoi, il suffisait d’y ajouter graduellement tous les autres pays candidats qui voudraient suivre le mouvement. Dans leur esprit, l’analogie avec Schengen ne visait que ce paramètre d’adhésion progressive. Alors que Merkel et Hollande commençaient à faire cavalier seul dans cette direction, ils s’empressèrent de se rappeler à leur bon souvenir via une tribune publiée par Le Monde. C’était il y a un an presque jour pour jour, et son titre était sans ambiguïté: « L’Italie appelle à un Schengen de la défense». Mais on ne pique pas comme ça ses idées au pragmatique soldat Ben Hodges, et comme en matière militaire européenne, c’est l’Amérique qui décide, le Schengen de la défense continuera de signifier qu’on doit laisser circuler le boss où il veut et quand il veut, un point c’est tout.

Oui mais pourquoi maintenant? On ne peut avancer que des hypothèses. La première est de continuer de nourrir la propagande antirusse dans la conscience collective otanienne. La seconde, c’est de vraiment préparer des opérations léthales. Mais il en existe sûrement une autre, beaucoup plus terre à terre. Explorons.

Le «Schengen militaire» façon Ben Hodges va nécessairement se traduire par de gros investissements d’harmonisation des infrastructures et d’achat de matériels de transport, le tout bien ficelé aux normes américaines, en particulier dans les anciens pays du Pacte de Varsovie. Interrogé le 20 juin 2017 sur la contribution obligatoire d’affidés de l’OTAN à concurrence des fameux 2% de leur PIB, Ben Hodges le confessait presque benoîtement. Pour lui, des contributions en nature pourraient fort bien y satisfaire: «Qu’ils [nous] achètent des systèmes de transport de matériel lourd (HETs ) afin de permettre le mouvement de nos équipements et matériels sur le continent européen, par exemple», proposa-t-il. «Qu’ils nous garantissent l’accès ferroviaire  (…) avec suffisamment de rails pour déplacer une brigade». «Qu’ils nous achètent du carburant, des munitions. Qu’ils nous fournissent des sites de stockage ». Et de conclure: «Je n’ai pas besoin de plus de chars allemands ni de bataillons d’artillerie britanniques supplémentaires. Mais qu’ils améliorent leurs infrastructures et garantissent notre liberté de mouvement. Voilà comment ils peuvent s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis de l’Alliance ».

En deux mots: derrière la levée des entraves frontalières, on ne se contentera pas de déplacements dans les broussailles, comme le vulgus migrantum. Il nous faut nos voies romaines à nos normes, pour nos véhicules et des dépôts pour nos ressources et nos munitions. Toutes choses que nous vous exporterons à prix d’or bien entendu. D’une pierre deux coups: frontières réduites à la mode jivaro, souveraineté évaporée et fournitures made in USA par cargos entiers.

Décidément, pour quelqu’un qui part à la retraite dans quelques semaines, Ben Hodges se sera démené sans faillir depuis deux ans. Ce qui nous amène à la formulation de notre troisième hypothèse: notre lieutenant général se concocte tout simplement sa porte de sortie vers le privé. Pourquoi pas comme grand ponte de tel think-tank qui orientera si facilement ses sponsors-fournisseurs américains vers le terrain de jeu tout neuf que le soldat Hodges, bardé de décorations, vient justement de leur préparer?

Bingo! Le fameux Centre for European Policy Analysis, basé à Washington et Varsovie, qui avait accueilli en 2015 ses premières récriminations relatives aux entraves frontalières, annonce qu’il lui offre une belle chaire toute neuve, rien que pour lui. Il y dirigera notamment la recherche en matière de «défense territoriale et équilibre militaire» au sein de l’Europe. De quoi certainement arrondir douillettement ses 14’000 dollars mensuels de retraite d’officier.

Antipresse  N° 89 | 13.8.2017

Source: Antipresse

Lorsque les Etats-Unis soutenaient les islamistes radicaux en Bosnie et au Kosovo

PDV YOUGOSLAVIE

 

Lorsque les Etats-Unis soutenaient les islamistes radicaux en Bosnie et au Kosovo

Par Marc Jean — 17 juin 2017

 

http://arretsurinfo.ch/lorsque-les-etats-unis-soutenaient-les-islamistes-radicaux-en-bosnie-et-au-kosovo/

 

J’ai lu plusieurs ouvrages dénonçant le rôle des Etats-Unis dans la déstabilisation des Balkans et les conflits dévastateurs qui ont suivi. Alexandre del Valle dans  »Guerre contre l’Europe » (1) analyse la politique étrangère souvent cynique des Etats-Unis dans les Balkans, au plus grand profit de l’intégrisme islamiste. Un ouvrage plus récent,   »Guerre sainte de l’Amérique », de F. William Engdahl (2), révèle les complicités des Etats-Unis avec les radicaux islamistes dans les conflits depuis l’Afghanistan, en passant par le Caucase, jusqu’aux Balkans.

L’ambassadeur du Canada en Yougoslavie, James Bissett, écrivait en 2001 : « Depuis 1998, la Central Intelligence Agency (CIA) avec l’aide du Special Air Service (SAS) britannique livrait des armes à l’armée de libération du Kosovo (UCK) et leur assurait une formation militaire, dans le but d’une insurrection armée. […] et, une fois la région embrasée, l’intervention de l’OTAN deviendrait possible et justifiée » (3).

Effectivement, cela n’a pas tardé ; les événements allaient bientôt  » justifier » l’entrée en guerre de l’OTAN contre la Serbie, en violation de ses propres statuts, mais aussi de la charte des Nations Unies. (4)

Un prétendu  » nettoyage ethnique  »

Pour  » justifier » l’intervention de l’OTAN, le président Bill Clinton a prétendu que les Serbes avaient mis en œuvre un nettoyage ethnique et qu’une catastrophe humanitaire menaçait le Kosovo. Les Etats-Unis ont menti effrontément en comparant les événements du Kosovo à l’holocauste. La chaîne CNN soulignait que le « Président Clinton voulait convaincre l’opinion américaine du bien fondé de sa décision d’engager des militaires américains en Yougoslavie. Il a accusé les Serbes de procéder à un nettoyage ethnique au Kosovo, en le comparant à la destruction massive des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. L’échec des efforts diplomatiques allait ainsi rendre l’engagement militaire inévitable ». (5)

La comparaison avec le nazisme est le moyen le plus efficace pour convaincre l’opinion publique de la nécessité pour les Etats-Unis d’intervenir militairement, alors même que la majorité des citoyens américains ignoraient jusqu’à l’existence même du Kosovo. Cet argument avait déjà été utilisé avec succès lors de la guerre bosno-serbe quelques années plus tôt. Comme nous l’explique Engdahl dans l’ouvrage mentionné plus haut.

Pendant la guerre civile bosno-serbe, le dirigeant bosniaque Iztbegovic chargea une société de lobbying américaine, PRRuder Finn, de convaincre l’opinion américaine du bien fondé de sa cause. La plupart des citoyens américains confondaient la Bosnie avec quelque lointain pays africain…

Le 23 juin 1992, le gouvernement d’Izetbegovic ratifia un contrat avec la société de relations publiques PRRuder Finn pour mettre en œuvre un lobbying auprès des médias états-uniens, britanniques et français ; mais aussi en direction des membres du Congrès et de personnalités influentes, comme Al Gore, Margaret Thatcher…ainsi que 17 sénateurs américains. Ruder Finn allait ainsi fournir les médias de l’establishment – tels le New York Times, le Washington Post, USA Today, le Wall Street Journal – en articles décrivant les Serbes comme les  » nouveaux nazis ». (6)

Enorme manipulation de l’ensemble des médias

Les organisations juives américaines représentaient la première cible à convaincre. La partie n’était pas gagnée d’avance. Le souvenir des atrocités commises envers les juifs pendant la seconde guerre mondiale par les unités fascistes croates oustachies et par les membres bosniaques musulmans de la division SS Handschar constituait à cet égard un obstacle qui aurait normalement dû inciter à manifester plus de sympathie envers les Serbes qu’envers les Bosniaques.

Cette remarque est d’ailleurs tout aussi valable pour les médias français qui, malheureusement, ont fait preuve d’un aveuglement anti-serbe déplorable. On se souvient des critiques virulentes de certains intellectuels, parmi eux Bernard Kouchner et l’inénarrable BHL, qui n’avaient de cesse de criminaliser les Serbes.

Ruder Finn va réussir un coup de communication extraordinaire en faisant paraître dans le quotidien new yorkais Newsday un reportage sur des prisonniers présentés comme preuve de l’existence de camps de concentration serbes. Ce reportage a réussi à faire définitivement basculer les organisations juives du côté des Bosniaques. Et l’ensemble des médias a bien entendu relayé cette narration des  » bons Bosniaques » victimes des  » méchants Serbes », assimilés aux nazis. Ainsi des expressions comme « épuration ethnique », « camp de concentration », ont immanquablement rappelé les images de l’Allemagne nazie et des chambres à gaz d’Auschwitz.

Dès lors, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, l’opinion publique s’est majoritairement ralliée aux Bosniaques ; aucune voix discordante ne s’exprimerait plus sur ce sujet. Rendons néanmoins hommage à Jacques Merlino (6), rédacteur en chef Adjoint à France 2. Il fut le seul à défendre un point de vue objectif sur la question. Cette unanimité des médias dans la condamnation récurrente du  » méchant » serbe, en l’occurrence le Président Milosevic, nous rappelle leur condamnation unanime du président Assad dans le conflit syrien.

Les seuls  » méchants » sont les Serbes, les crimes des milices bosniaques et kosovares sont passés sous silence

Nos médias ne révéleront jamais la présence de mercenaires saoudiens, yéménites, algériens, égyptiens et pakistanais dans la guerre en Bosnie. Plusieurs unités de moudjahidines vont participer aux combats, dont une troupe de 6000 hommes désignée comme l’unité d’élite Handschar en souvenir de la 13ème division de montagne SS qui avait été formée en 1943 avec l’appoint des Bosniaques et avait massacré avec férocité, les Serbes, les Juifs et les Roms.

C’est ainsi que, au cœur de l’Europe, les Etats-Unis ont été complices d’une guerre confessionnelle dirigée contre les populations chrétiennes, serbes principalement. Cette politique criminelle de l’Administration Clinton, menée avec la complicité des Britanniques, et le laisser faire des autres dirigeants européens, aura des conséquences dramatiques pour les populations serbes du Kosovo.

Deux années après la guerre du Kosovo, l’ancien ambassadeur canadien en Yougoslavie pouvait écrire :

 » Après la campagne de bombardement de la Yougoslavie, l’OTAN est restée l’arme au pied et a assisté passivement aux massacres, aux exactions et au pillage commis par les bandes de l’UCK. C’est comme si on leur avait donné carte blanche. Un nettoyage ethnique visant les communautés non albanaises s’est déroulé sous les yeux des 40 000 militaires de l’OTAN. Par ailleurs, l’OTAN a refusé d’appliquer la résolution 1244 votée par le conseil de sécurité prévoyant le désarmement des miliciens de l’UCK. Elle s’est contentée de constituer avec ces bandes armées  un  »corps  de défense du Kosovo », chargé d’instaurer la paix et la sécurité dans la région ! ». (7)

Il faut relever le courage des militaires français qui sont venus en aide aux populations serbes en les protégeant des exactions de l’UCK. Le colonel Jacques Hogard (8) a dénoncé la collusion entre des militaires britanniques et des miliciens de l’UCK qui avaient tendu une embuscade à un convoi de civils serbes en fuite. Seule son intervention vigoureuse a permis de dégager le convoi. Nous renvoyons nos lecteurs à notre dernière contribution sur le sujet (9).

Aujourd’hui les Serbes rescapés de l’épuration ethnique de 1999, sont parqués dans des enclaves et entourés d’une population hostile. Ils sont en butte à de nombreuses tracasseries et menaces de la part de leurs voisins kosovars, sans que la police n’intervienne. Les défenseurs des droits de l’homme sont bien silencieux lorsqu’il s’agit des droits de la minorité serbe.

Le vrai objectif de la guerre du Kosovo

Nous savons aujourd’hui que la protection des Kosovars prétendument menacés d’un génocide n’était qu’un prétexte pour arracher ce pays à la Serbie et bien entendu y implanter une base américaine comme le démontre le colonel Hogard dans son ouvrage. F.Willian Engdahl confirme que le Pentagone, sitôt la Serbie à genoux, a engagé la construction de l’une des plus grandes bases militaires US : Camp Bondstell, à proximité de Gjilan, d’une superficie de plus de 3 km2. Y sont stationnés plus de 7000 militaires bénéficiant d’un aéroport et d’un centre ultra-moderne de communications. De quoi assurer une présence stratégique dans la région des Balkans à proximité des frontières russes. C’était le but de la guerre du Kosovo.

Il y a dès lors tout lieu de craindre que les engagements du ministre néerlandais des Affaires étrangères – selon un communiqué du 16 février 2016 – quant à la mise en place d’un  » tribunal spécial pour les crimes de guerre commis par des membres de la guérilla indépendantiste kosovare » resteront au stade des effets d’annonce.

Aujourd’hui, seule l’association française  » Solidarité Kosovo » manifeste son soutien aux Serbes du Kosovo en leur apportant une aide matérielle pour leur permettre de survivre dans leurs enclaves. (10)

Marc JEAN  | 14 juin 2017 | Droits réservés

(1)   Editions des Syrtes, 2000

(2) Amerikas heiliger Krieg, F. William Engdahl, Kopp Verlag, Rottenburg, 2014 (non traduit en français).

(3)  » We created a monster », Toronto Star, 31 Juillet 2001: http://web.archive.org/web/20080510052014/http://www.deltax.net/bissett/a-monster.htm

(4) Stephen Erlanger, Early Count Hints at Fewer Kosovo Deaths, The New York Times, 11/11/1999

(5) http://en.wikipedia.org/wiki/Ruder_Finn

(6) arretsurinfo.ch/jacques-merlino-les-verites-yougoslaves-ne-sont-pas-toutes-bonnes-a-dire/

(7) James Bissett,  » We created a monster », Toronto Star, 31 Juillet 2001

(8) L’Europe est morte à Pristina, Jacques Hogard, Editions Hugo&Cie,Paris,2014

(9) arretsurinfo.ch/la-faillite-de-leurope-au-kosovo-on-a-fait-la-part-belle-aux-kosovars-et-pietine-les-droits-des-serbes/

(10)­  Solidarité Kosovo : www.solidarite-kosovo.org

Articles du même auteur: http://arretsurinfo.ch/authors/marc-jean/

Source: http://arretsurinfo.ch/lorsque-les-etats-unis-soutenaient-les-islamistes-radicaux-en-bosnie-et-au-kosovo/

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Les conséquences d’une sortie de l’Euro

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Les conséquences d’une sortie de l’Euro

https://sansapriori.net/2017/08/16/2083-les-consequences-dune-sortie-de-leuro/

par Jacques Sapir · 16 août 2017

Le décalage entre le taux de change réel de l’Allemagne et celui de la France, tel qu’il a été mesuré dans les études du FMI[1] auxquelles ont a déjà fait référence[2], pose de nouveau le problème de l’Euro, et donc d’une possible sortie de ce dernier.
Si cette sortie s’accompagne d’une dissolution de la zone Euro, ce qui est la plus probable des solutions car on ne voit pas l’Italie et d’autres pays rester dans l’Euro une fois que la France en serait sortie, il convient d’envisager les conséquences économiques de la nouvelle situation.
Quels seraient les nouveaux taux de change ?

Dans le cas d’une dissolution de la zone Euro, que celle-ci soit consensuelle ou qu’elle soit provoquée par une sortie unilatérale de la zone Euro, on peut penser que les nouvelles parités de change s’établiraient, au bout de quelques mois, autour des niveaux des taux de change réels estimés par le FMI.

Ampleur des appréciations/dépréciations des taux de change en cas de dissolution de la zone Euro

 

Ajustement Moyen

Ajustement Maximal (avec overshooting)

Ecart avec Allemagne (normal – maxi)

Ecart avec France (normal – maxi)

France

-11,00%

-16,00%

26 – 43%

Italie

-9,00%

-20,00%

24 – 47%

+2% -4%

Espagne

-7,50%

-15,00%

22,5% – 42%

+3,5/+1%

Belgique

-7,50%

-15,00%

22,5% – 42%

+3,5/+1%

Pays-Bas

9,00%

21,00%

6% – 6%

+20/ +37%

Allemagne

15,00%

27,00%

+26/ +43%

Source : écart des taux de change réels dans le FMI External Sector Report 2017 et consultations d’experts des questions de change réalisées au début d’août 2017

 

Dans le cas d’une forte spéculation (qui pourrait être combattue par un contrôle des mouvements de capitaux à court terme*), l’Italie, en raison de la fragilité de son système bancaire, serait la plus touchée. De même, l’ampleur de la dette souveraine de la Belgique et la proximité avec la France, entraînerait un quasi-alignement des mouvements des taux de change avec la France.

Retenons de cela que les prix nominaux entre la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique et l’Allemagne seraient en forte variation, d’une moyenne de 23% à un maximum de 43%. Cette variation serait due en priorité à la réévaluation du « nouveau Deutschmark » bien plus qu’à la dépréciation des monnaies des 4 pays considérés. Les taux de change entre ces 4 pays ne bougeraient que peu. Par rapport au « reste du monde » (i.e. la « zone Dollar » et les pays n’utilisant pas l’Euro), le décalage serait bien moindre, de 10% à 15% en moyenne.

 

Effets économiques

 

Les effets de telles variations se divisent en 2. Un effet sur l’indice des prix, lié aux prix des produits importés et un effet sur le volume des exportations (qui s’accroît) et sur celui des importations (qui décroît). Ces effets ont été estimés dans le FMI World Economic Report d’octobre 2015, dans son chapitre 3[3].

Ici, il faut tenir compte de la différence entre la situation de la France et celle de l’Italie, l’Espagne et la Belgique. La France est un des pays les moins intégrés dans l’UEM. Elle ne réalise, en moyenne, que 55% de ses échanges avec les autres pays de l’UEM. Par contre, le niveau d’intégration de l’Italie, de l’Espagne et de la Belgique est bien plus élevé, variant entre 65% et 70%.

Dans ces conditions, la hausse des prix (sur 18 mois)

  • en France serait entre 3% et 4,5% (cumulés sur la période), hausse qui viendrait s’ajouter à l’inflation actuelle d’environ 1% (par an).

  • Pour l’Italie, le taux serait de 3,5% à 5,4% (toujours cumulé sur 18 mois).

C’est un pic d’inflation, mais qui reste transitoire, comme le montre l’évolution actuelle des prix au Royaume-Unis après une dépréciation de la Livre Sterling de près de 26% en un an[4].

Quant aux prix des carburants, rappelons que ceux-ci sont payés en Dollars des États-Unis et que les taxes représentent une grande partie du prix à la pompe. Même pour le carburant le moins taxé, et compte tenu du montant de ces taxes, la hausse ne serait que 1/3 du montant de la dépréciation vis-à-vis de la zone Dollar, soit environ 5%…

Les effets sur l’accroissement des exportations, et donc la croissance du PIB, seraient bien plus spectaculaires.

  • On peut estimer cet accroissement à +2,25% / + 3,5% du PIB.

  • Cet accroissement viendrait s’ajouter à la croissance actuelle, comprise entre 1% et 1,3%.

Nous aurions bien l’équivalent du « choc de compétitivité » tant cherché par les gouvernements successifs de ces dernières années via des baisses de charges, et qui ne s’est jamais manifesté.

  • Cet accroissement du PIB engendrerait une baisse importante du chômage avec des effets positifs sur l’UNEDIC et les régimes de retraites, qui permettrait de réduire progressivement les cotisation patronales et salariales, perpétuant alors le « choc de compétitivité » dans les années suivant la sortie de l’Euro.

 

Effets financiers

 

Les effets, ici, doivent être étudiés entre effets sur les entreprises et effets sur les ménages et bien entendu pour l’État.

Pour les entreprises, l’étude de Durand-Villemot de janvier 2017 montre que l’effet d’une dépréciation consécutive à la sortie de l’Euro est nul[5].

En ce qui concerne les ménages, la dépréciation aurait lieu après la conversion au taux de 1 pour 1 des montants en Euro en montant en « nouveau Franc ». L’impact pour les ménages serait donc uniquement celui du surplus d’inflation provoqué par la dissolution de l’Euro, donc compris entre -3% et -4,5% (sur 18 mois). On est donc très loin des estimations « à la louche » présentant une perte égale à la dépréciation. Et, la raison de cette différence, est que les ménages consomment des biens et services (loyers par exemple) qui ne seraient pas dépréciés car issus de production « en France ».

Pour les finances publiques, et l’on sait que le principe de la lex monetae s’appliquerait comme il s’est appliqué lors du passage à l’Euro[6], se poserait alors la question des taux d’intérêts des nouvelles dettes émises pour couvrir le déficit budgétaire et pour refinancer les emprunts arrivant à expiration.

 

Il est ici évident que, pour une période d’environ deux ans, la Banque de France, rétablie dans ses prérogatives, devrait assurer le financement de ces nouvelles dettes. Mais, au vu de l’importance des fonds en quête de placement, et du niveau actuel de la dette allemande (qui d’ailleurs se réduit progressivement), le retour des investisseurs sur la dette française peut être tenu pour acquis au-delà de ce délai de deux ans.

On le voit, les effets économiques et financiers d’une dissolution de la zone Euro (UEM) sont largement positifs. Le chômage, en particulier, baisserait de manière significative (de 1,5 millions à 2,5 millions) et l’équilibre des comptes sociaux serait rétabli sans qu’il soit utile et nécessaire d’imposer de nouveaux sacrifices aux salariés.
Le choix de rester dans l’Euro est un choix essentiellement politique, qui sous-tend un objectif implicite, jamais présenté aux Français, de dissolution de la Nation dans un cadre fédéral. Il est plus que temps de remettre en cause ce choix et de forcer le gouvernement à un débat honnête sur cette question, au nom de laquelle il sacrifie aujourd’hui la vie et le futur de millions de gens.

 

2017-08-16-recap

 

Notes

[1] Voir http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2017/07/27/2017-external-sector-report et http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2016/12/31/2016-External-Sector-Report-PP5057

[2] Voire la note publiée le 29 juillet 2017 sur Russeurope, https://russeurope.hypotheses.org/6180

[3] Voir : http://www.imf.org/en/Publications/WEO/Issues/2016/12/31/Adjusting-to-Lower-Commodity-Prices

[4] https://fr.news.yahoo.com/inflation-stable-en-grande-bretagne-094517610.html

[5] http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/balance-sheets-effects-of-a-euro-break-up/

[6] Voir la directive de l’UE : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:31997R1103


source/ http://russeurope.hypotheses.org/6218

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*La durée du contrôle des mouvements de capitaux ne peut pas être estimée à ce stade et relève d'une décision souveraine dans le cadre bien sûr d'une sortie de l'UE, ce que J. Sapir n'envisage pas...Dommage. P.G.

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jeudi 17 août 2017

Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

natacha abnb

 

Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

https://sansapriori.net/2017/08/11/2072-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs/

LA CHRONIQUE DE NATACHA POLONY – Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

En France, huit professeurs agrégés en fin de carrière contribuent autant, par leurs impôts, aux hôpitaux, aux routes et aux écoles, qu’une multinationale américaine qui ruine un pan entier de notre économie.

Airbnb a payé, en 2016, 92.000 euros d’impôts.

  • Pourtant, la France est son deuxième marché, après les États-Unis. Un pays qui accueille 80 millions de touristes par an, quelle manne potentielle!

  • D’ailleurs, est-ce un hasard: si les touristes sont revenus en France, après le désastre de deux années marquées par les attentats, ils dépensent moins chez nous qu’ailleurs.

  • Et le sentiment d’insécurité qu’ils éprouvent du fait des pickpockets et des pilleurs divers et variés ne suffit pas à expliquer les économies qu’ils font.

  • Mais un appartement loué sur une plateforme numérique revient tellement moins cher que quelques nuitées dans un hôtel écrasé par les charges et les contraintes et qui doit répercuter le coût de l’Urssaf et des taxes sur la note du client.

Chez Airbnb, en revanche, on ne paie pas de charges. Et très peu d’impôts. Par un système de facturation depuis la filiale irlandaise, la commission de 12 % perçue sur la location ne passe jamais par la France.

L’entreprise ne crée aucun emploi, ni aucune richesse en France. Elle en détruit. Et les particuliers qui arrondissent leurs fins de mois en louant leur appartement n’ont pas conscience qu’ils créent un chômage dont les conséquences se verront sur leur propre fiche de paie, à travers les prélèvements, et sur leur feuille d’impôt, puisqu’il leur appartiendra de financer les infrastructures avec lesquelles Airbnb gagne des millions sans jamais en reverser aucun à la collectivité.

«Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs»

Certains s’imaginent encore que ce système économique a quoi que ce soit à voir avec le libéralisme.

  • Une concurrence parfaitement déloyale,

  • la déstabilisation de secteurs économiques qui contribuent à la richesse nationale par des emplois, des savoir-faire et le paiement de leurs impôts,

  • l’instrumentalisation du droit,

  • l’absence de toute décence et la prédation érigée au rang d’art de vivre,

voilà qui aurait scandalisé les penseurs du libéralisme classique, mais qui semble tout à fait acceptable aux zélateurs actuels de l’économie dérégulée.

Ceux-là tentent de nous faire croire que refuser ce système à la fois injuste et destructeur reviendrait à prôner la collectivisation soviétique des moyens de production.

C’est confondre la liberté d’entreprendre avec le droit de piller. C’est oublier, surtout, que ce modèle ne relève d’aucune nécessité, mais bien de choix politiques.

Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

Ce qui nous est présenté comme une meilleure utilisation du capital existant – en l’occurrence un appartement que nous n’occupons pas forcément tous les jours de l’année – repose sur la transformation de toute activité humaine et de toute propriété en une occasion de profit. Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs.

«La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an»

Mais n’oublions pas un acteur essentiel de ce jeu de dupes. Face au scandale provoqué par la révélation du montant dérisoire de l’impôt acquitté par Airbnb, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a appelé les pays membres de l’Union à mettre en place une «assiette commune» de l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de se mettre d’accord sur les données fiscales, et donc sur le montant d’impôt que doit payer chaque entreprise dans le pays où il exerce son activité.

Mais hors de question d’harmoniser les taux d’impôt sur les sociétés.

Mieux, ladite assiette commune risque fort de préserver les exemptions dont bénéficient les multinationales et qui leur permettent de payer nettement moins d’impôts que n’importe quelle PME.

La Commission européenne se réveille après des années d’optimisation fiscale forcenée par les géants du numérique américains, mais ne voudrait tout de même pas les fâcher trop[1].

La destruction des économies européennes va pouvoir se poursuivre encore longtemps.

La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an. Sans compter la fermeture d’hôtels, les emplois détruits, l’argent dépensé par les touristes, non pas en nuitées et petits déjeuners vendus par des artisans, mais en produits bas de gamme achetés en supermarché.

Quelques propriétaires d’appartements, bien sûr, se seront enrichis. Ce système aura même encouragé la spéculation immobilière en permettant à certains de se lancer dans l’investissement locatif. Certains quartiers de Paris se sont déjà vidés, et les colocataires subissent les nuisances d’inconnus peu enclins à préserver les parties communes. Ceux qui voulaient croire que la mort de notre industrie serait compensée par le triomphe des services devront sortir de leurs doux rêves.

Il n’est d’autre solution que de reconstruire, face à cette économie de la prédation, une économie réelle, reposant sur des circuits courts et récompensant la création de valeur. Une économie qui protège de la concurrence déloyale en compensant ces distorsions par un soutien actif. Une économie au service d’un modèle de société pour que la société ne soit pas soumise à une économie régie par les prédateurs.

lien[]

  1. http://premium.lefigaro.fr/societes/2017/05/24/20005-20170524ARTFIG00013-harmonisation-fiscale-l-europe-pietine.php

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 12/08/2017.

source/http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2017/08/11/31007-20170811ARTFIG00182-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs.php

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Les "néo- conservateurs" américains: origines et stratégies...

MONTAGE NEOCONS PDV

 

Extraits de l'article: 

L’histoire de la prise de contrôle par les néocons sur les États-Unis

Par Elizabeth Gould, Paul Fitzgerald — 09 juin 2017

http://arretsurinfo.ch/lhistoire-de-la-prise-de-controle-par-les-neocons-sur-les-etats-unis/

 

L’idéologie étrange, psychologiquement conflictuelle et politiquement créatrice de division, communément appelée néoconservatisme, peut revendiquer de nombreux parrains. Irving Kristol, le père de William Kristol, Albert Wohlstetter, Daniel Bell, Norman Podhoretz viennent immédiatement à l’esprit et il y en a beaucoup d’autres. Mais à la fois dans sa théorie et dans sa pratique, le titre de père fondateur du programme néoconservateur d’une guerre sans fin qui domine la pensée de la Défense et la politique étrangère américaines pourrait être attribué surtout à James Burnham.

Ses écrits des années 1930 ont fourni un vernis intellectuel oxfordien raffiné au Parti socialiste des travailleurs et, en tant que conseiller proche du communiste révolutionnaire Léon Trotsky et de sa Quatrième Internationale, il a appris les tactiques et les stratégies d’infiltration et de subversion politique de première main. Burnham s’est révélé dans son rôle d’« intellectuel trotskyste » jouant de sales tours à ses ennemis politiques, en concurrençant les mouvements marxistes, en détournant leur loyauté et en pillant leurs meilleurs talents.

Burnham a renoncé à son allégeance à Trotsky et au marxisme sous toutes ses formes en 1940, mais il emporterait avec lui leurs tactiques et leurs stratégies d’infiltration et de subversion et transformerait leur méthode du matérialisme dialectique pour l’utiliser contre eux. Son ouvrage de 1941, The Managerial Revolution, lui apportera célébrité et fortune, et l’établira comme un prophète politique astucieux, sinon tout à fait précis, relatant l’émergence d’une nouvelle classe de l’élite technocratique. Son ouvrage suivant, The Machiavellians, marque son éloignement de l’idéalisme marxiste au profit d’un réalisme très cynique et souvent cruel, dans sa croyance en l’inévitable échec de la démocratie et la montée de l’oligarchie. En 1943, il mettra tout cela dans une note pour le Bureau américain des services stratégiques, l’OSS, dans lequel son anti-stalinisme trotskyste trouvera sa voie dans la doctrine de l’agence. Et dans son livre de 1947, The Struggle for the World, Burnham développera sa dialectique de confrontation/d’antagonisme contre l’Union soviétique en une politique permanente, apocalyptique de guerre sans fin. En 1947, la transformation de James Burnham, passé d’un communisme radical à un conservatisme partisan du Nouvel Ordre mondial américain, était complète. Son Struggle for the World avait effectué un tournant français* sur la révolution communiste permanente de Trotsky et l’avait transformée en un plan de bataille permanent, en faveur d’un empire américain mondial. Tout ce qu’il fallait pour compléter la dialectique de Burnham était un ennemi permanent, et cela exigera une campagne psychologique sophistiquée pour maintenir la haine de la Russie en vie pendant des générations.

*tactique d'infliltration trotskyste de la SFIO (P.G.)

L’ascension des Machiavelliens

En 1939, Sidney Hook, collègue de Burnham à l’Université de New York et son camarade philosophe marxiste, avait contribué à fonder un Comité anti-stalinien pour la liberté culturelle comme élément d’une campagne contre Moscou. Pendant la guerre, Hook avait aussi abandonné le marxisme et, comme Burnham, il s’est retrouvé en quelque sorte dans l’étreinte chaleureuse de la communauté américaine du renseignement de droite, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. Hook était considéré par le Parti communiste comme un traître et une « vipère contre-révolutionnaire » pour ses activités et, en 1942, il transmettait des informations sur ses camarades au FBI.

La vente des vertus de la culture américaine aux élites européennes appauvries et dépossédées était fondamentale pour construire l’empire américain après la guerre et les écrits précoces de Burnham ont été la source d’inspiration à partir desquelles serait construite une nouvelle contre-culture de la « Liberté ». En tant que vétérans de la guerre trotskyste interne, Burnham and Hook étaient experts dans l’art de l’infiltration et de la subversion, et avec The Machiavellians : Defenders of Freedom de Burnham comme modèle, ils ont entrepris de peindre en couleurs sombres tout ce que faisaient ou disaient les Soviétiques.

Comme Burnham l’exprimait clairement dans ses Machiavellians, sa conception de la Liberté signifiait autre chose que la liberté intellectuelle ou les libertés définies par la Constitution américaine. Ce qu’elle signifiait vraiment était la conformité et la soumission. La Liberté de Burnham ne s’appliquait qu’aux intellectuels (les machiavelliens) désireux de dire au peuple la dure vérité sur les réalités politiques impopulaires auxquelles il faisait face. C’étaient les réalités qui inaugureraient le meilleur des mondes de la classe des entrepreneurs s’engageant à refuser aux Américains la démocratie même dont ils pensaient jouir déjà. Comme Orwell l’observait en 1946 dans ses Second Thoughts, à propos des croyances machiavelliennes de Burnham : « Le pouvoir peut parfois être gagné ou maintenu sans violence, mais jamais sans fraude, parce qu’elle est nécessaire pour utiliser les masses… »

En 1949, la CIA s’occupait activement à tromper les masses en soutenant secrètement la gauche soi-disant non communiste et se comportait comme si elle n’était que l’émanation spontanée d’une société libre. En mettant la gauche au service de son empire en expansion, la CIA exécutait un tournant français en son sein, en y choisissant les meilleurs et les plus brillants, ce qu’a institutionnalisé la création de l’État de sécurité nationale. Assisté par le Département britannique de recherche et d’information, l’IRD, la CIA a recruté d’anciens agents de désinformation soviétiques formés avant la guerre, qui avaient organisé des groupes activistes non communistes à Moscou, et les a mis au travail. Comme Frances Stoner Saunders l’écrit dans son livre, The Cultural Cold War [La Guerre froide culturelle], « ces anciens propagandistes en faveur des Soviétiques ont été recyclés, blanchis de toute tache de communisme, accueillis par les stratèges gouvernementaux qui voyaient dans leur conversion une occasion à ne pas manquer de saboter la machine de propagande soviétique dont ils avaient autrefois huilé les rouages ».

(...)

Le Congrès pour la liberté culturelle : coûte que coûte 

S’appuyant sur le pouvoir inexploité de la Quatrième Internationale, la campagne a débuté le 26 juin 1950, au Titania Palace dans Berlin occupé. Nommé d’après l’idée de Hook de 1939 d’une commission culturelle, le « Manifeste de la liberté » en quatorze points du Congress for Cultural Freedom (Congrès pour la liberté culturelle) visait à identifier l’Occident avec la liberté. Et puisque tout ce qui concerne l’Occident était dit libre, il allait sans dire que tout ce qui venait de l’Union soviétique ne l’était pas.

Organisée par Burnham et Hook, la délégation américaine représentait un who’s who des intellectuels américains de l’après-guerre. Les billets pour Berlin étaient payés par le Bureau de la coordination politique de Wisner, au travers d’organisations de premier plan ainsi que par le Département d’État, qui aidaient à organiser le voyage, les dépenses et la publicité. Selon l’historien de la CIA Michael Warner, le financeur de la conférence considérait que l’argent était bien dépensé avec un représentant du ministère de la Défense la qualifiant de « guerre non conventionnelle optimale ».

(...)

Brouillant les pistes des responsabilités d’une façon jamais vue depuis le sénateur McCarthy au sommet de la Peur rouge dans les années 1950, le Countering Disinformation and Propaganda Act [Loi sur la lutte contre la désinformation et la propagande], signé sans fanfare par Obama en décembre 2016, a officiellement autorisé une bureaucratie chargée de la censure, comparable seulement au Ministère de la Vérité décrit par George Orwell dans son roman 1984. Nommé The Global Engagement Center, [Centre d’engagement mondial], le but officiel de cette nouvelle bureaucratie est de « reconnaître, comprendre, mettre en lumière et contrer la propagande étatique et non étatique étrangère et les efforts de désinformation visant à saper les intérêts de sécurité nationale des États-Unis ».Le but réel de ce cauchemar orwellien est de déformer tout ce qui conteste le récit pro-guerre néoconservateur de Washington et d’intimider, harceler et emprisonner quiconque tente de le faire. Comme cela a été montré par le tir de missiles Tomahawk du président Trump sur une base aérienne du gouvernement syrien, c’est une recette pour la guerre mondiale et, qu’on le veuille ou non, cette guerre a déjà commencé.

Cette dernière attaque contre le récit prétendument faux de la Russie nous ramène en 1953 et aux débuts de la guerre culturelle entre l’Est et l’Ouest. Ses racines sont liées au Congrès pour la liberté culturelle, au passage de James Burnham de la Quatrième Internationale de Trotsky au conservatisme et à la montée des machiavelliens néoconservateurs comme force politique. Comme l’ouvrage de James Burnham, The Struggle for the World, le soulignait, la Troisième Guerre mondiale avait déjà commencé avec la révolte des marins grecs dirigée par les communistes de 1944. Dans la pensée manichéenne de Burnham, l’Occident était assiégé. La politique d’endiguement de la Guerre froide, menée par George Kennan, n’était pas différente de la politique d’apaisement de Neville Chamberlain. La détente avec l’Union soviétique revenait à se rendre. La paix n’était qu’un masque de la guerre et cette guerre serait menée par la politique, la subversion, le terrorisme et la guerre psychologique. L’influence soviétique devait être combattue dans la mesure du possible. Cela signifiait subvertir l’Union soviétique et ses intermédiaires et, si nécessaire, saper également les démocraties occidentales.

La véritable ironie des efforts déployés actuellement par Washington pour monopoliser la « vérité » et attaquer les récits alternatifs, ne manifeste pas seulement un mépris flagrant de la vraie liberté de parole. La véritable ironie est que tout le « Manifeste de la liberté » utilisé par les États-Unis et la Grande-Bretagne depuis la Deuxième Guerre mondiale n’a jamais été libre ; c’était un mélange du programme exhaustif de guerre psychologique tirée du Psychological Strategy Board (PSB) de la CIA [Bureau de stratégie psychologique], menée tant contre les amis que les ennemis.

(...)

Comme l’historien Christopher Lasch l’a écrit en 1969, à propos de la cooptation par la CIA de la gauche américaine, « l’État moderne […] est un moteur de propagande, fabriquant des crises tout en affirmant être le seul instrument capable de les traiter efficacement. Cette propagande, pour réussir, exige la coopération d’écrivains, d’enseignants et d’artistes, non pas comme des propagandistes payés ou des opportunistes de la censure d’État, mais comme des intellectuels ‘libres, capables de contrôler leurs propres instances et d’imposer des normes acceptables de responsabilité au sein des diverses professions intellectuelles ».

La clé pour tourner ces intellectuels « libres » contre leurs propres intérêts était le programme doctrinal de la CIA pour la transformation culturelle occidentale contenue dans le document PSB D-33/2. Le PSB D-33/2 prédit « un mouvement intellectuel à long terme pour briser les schémas doctrinaux mondiaux » en « créant la confusion, le doute et la perte de confiance » afin d’« affaiblir objectivement l’attrait intellectuel de la neutralité et prédisposer ses adhérents à l’esprit occidental » ; « prédisposer les élites locales à la philosophie défendue par les planificateurs », tandis qu’utiliser les élites locales « aiderait à masquer l’origine américaine de l’effort, de manière à ce qu’il apparaisse comme un développement local».

En se déclarant comme un antidote au totalitarisme communiste, un critique interne du programme, l’officier du PSB Charles Burton Marshall a vu le PSB D-33/2 lui-même comme effroyablement totalitaire, interposant « un large système doctrinal » qui « accepte l’uniformité comme substitut à la diversité », embrassant « tous les champs de la pensée humaine – tous les champs des intérêts intellectuels, de l’anthropologie aux créations artistiques, à la sociologie et à la méthodologie scientifique », concluant : « C’est presque aussi totalitaire que l’on puisse être. »

L’élitisme machiavellien de Burnham se cache dans tous les coins d’ombre du document. Comme l’a raconté Frances Stoner Saunder, dans son livre The Cultural Cold War, « Marshall a également exprimé son désaccord par rapport à la dépendance du PSB à l’égard de ‘théories sociales irrationnelles’ qui soulignaient le rôle d’une élite d’une manière ‘qui rappelle Pareto, Sorel, Mussolini, etc.’ Ne sont-ce pas là les modèles utilisés par James Burnham dans son livre The Machiavellians? Peut-être y avait-il une copie à portée de main, lorsque le PSB D-33/2 était en cours de rédaction. Plus vraisemblablement, James Burnham lui-même était utilement à portée de main. »

Burnham était plus que seulement à portée de main, lorsqu’il s’est agi d’implanter secrètement une philosophie fasciste d’élitisme extrême dans l’orthodoxie américaine de la Guerre froide. Avec The Machiavellians, Burnham avait composé le manuel qui a tissé ensemble la vieille gauche trotskyste et une élite anglo-américaine de droite. La descendance politique de cette union volatile serait appelée néoconservatisme, dont la mission secrète serait de renverser partout l’influence russe/soviétique.

(...)

Aujourd’hui, le traité politique de Dante, De Monarchia, utilisé par Burnham pour expliquer sa compréhension médiévale de la politique, pourrait être heureusement remplacé par la Divine comédie du même Dante, une comédie paranoïaque pleines d’erreurs, dans laquelle la porte de l’enfer s’ouvre devant chacun et devant tous, y compris les élites, peu importe leur statut. Ou, comme ils disent en Enfer, Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate. Vous qui entrez ici, laissez toute espérance.

Par Paul Fitzgerald et Elizabeth Gould | 24-27 avril  2017 | Truthdig

Paul Fitzgerald and Elizabeth Gould sont les auteurs de Invisible History: Afghanistan’s Untold Story, Crossing Zero The AfPak War at the Turning Point of American Empire et The Voice. Leurs sites : invisiblehistory et grailwerk

Article original publié initialement par Truthdig:

Part 1: American Imperialism Leads the World Into Dante’s Vision of Hell
Part 2: How Neocons Push for War by Cooking the Books
Part 3: How the CIA Created a Fake Western Reality for ‘Unconventional Warfare’
Part 4: The Final Stage of the Machiavellian Elites’ Takeover of America

Traduit par Diane pour le Saker francophone

 

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Le battage médiatique contre la Corée du Nord a-t-il pour but de relancer la guerre des étoiles de Reagan?

PDV TRUMP KIM

 

Le battage médiatique contre la Corée du Nord a-t-il pour but de relancer la guerre des étoiles de Reagan?

Par Moon of Alabama — 15 août 2017

 

http://arretsurinfo.ch/le-battage-mediatique-contre-la-coree-du-nord-a-t-il-pour-but-de-relancer-la-guerre-des-etoiles-de-reagan/

Depuis que Trump a menacé la Corée du Nord (la RPDC), du « feu et de la fureur » des Etats-Unis, la raison est revenue aux personnes dotées d’un minimum de bon sens. Les experts ont largement cessé de parler d’attaques préventives sur la Corée du Nord, attaques qui n’ont d’ailleurs jamais été sérieusement envisagées. La Corée du Nord a de nombreux moyens de riposter à une frappe ; des moyens qui pourraient causer des dommages catastrophiques à la Corée du Sud et au Japon et, partant, aux intérêts américains en Asie.

Il est possible de dissuader la Corée du Nord d’utiliser ses armes nucléaires de la même manière qu’on en dissuade tous les États dotés d’armes nucléaires. Malheureusement, le conseiller en sécurité nationale McMaster n’a pas encore compris ce simple fait:

STEPHANOPOULOS: Mais votre prédécesseur, Susan Rice, a écrit cette semaine que les États-Unis pouvaient tolérer les armes nucléaires en Corée du Nord de la même manière que nous avons toléré les armes nucléaires en Union soviétique dans une bien plus grande mesure pendant la guerre froide. A-t-elle raison?
MCMASTER: Non, elle a tort. Comment la théorie classique de la dissuasion pourrait-elle s’appliquer à un régime comme le régime de la Corée du Nord? Un régime qui fait preuve d’une brutalité indescriptible envers son propre peuple? Un régime qui constitue une menace permanente pour ses voisins dans la région et qui peut maintenant constituer une menace, une menace directe, pour les États-Unis avec ses armes de destruction massive? Un régime qui emprisonne et menace quiconque semble s’opposer à lui, y compris les membres de sa propre famille, en utilisant du gaz Sarin dans un aéroport public?

La dissuasion classique a marché contre l’Union soviétique aussi bien que contre la Chine de Mao. (Et à l’inverse, elle a également marché contre les États-Unis.) Comme la Corée du Nord, ces deux régimes étaient prétendument des régimes qui réprimaient brutalement les dissidents internes et menaçaient leurs voisins et les adversaires militaires des États-Unis. S’ils pouvaient être dissuadés, alors la Corée du Nord peut également l’être.

Pour ramener l’équipe Trump à la réalité, la Chine a réaffirmé qu’elle garantirait la sécurité de la Corée du Nord. Un porte-parole non officiel du Parti communiste chinois, a écrit dans un éditorial de The Global Times:

« Il faudrait que la Chine précise également que si la Corée du Nord lance, la première, des missiles qui menacent le sol américain, et que les États-Unis ripostent, la Chine restera neutre» […].
« Mais si les États-Unis et la Corée du Sud se livrent à des frappes préventives et tentent de renverser le régime nord-coréen pour changer le modèle politique de la péninsule coréenne, la Chine les empêchera de le faire ».

Toute guerre non provoquée contre la Corée du Nord deviendrait donc une guerre avec la Chine et personne ne veut sérieusement se lancer dans une telle aventure. La seule voie raisonnable est de négocier un nouvel équilibre entre les intérêts nord-coréens et américains.

Les États-Unis continuent à mener des manœuvres à grande échelle avec la Corée du Sud et à faire voler des bombardiers stratégiques à capacité nucléaire près des frontières nord-coréennes. Cela force l’armée de la Corée du Nord à maintenir un niveau d’alerte élevé et coûteux, pour se prémunir contre de potentielles attaques surprises. L’une des raisons pour laquelle la Corée du Nord a développé l’arme nucléaire est de diminuer la nécessité d’être toujours prête à se défendre dans une guerre conventionnelle.

La Corée du Nord a offert plusieurs fois de mettre fin à tous ses essais de missiles et d’armes nucléaires si les États-Unis arrêtaient leurs grandes manœuvres près de ses frontières. L’administration Trump a rejeté ces offres, mais la Corée du Nord vient d’augmenter la pression avec ses tests récents.

La semaine dernière, la Corée du Nord a de nouveau offert de limiter ses efforts si les États-Unis mettaient fin à certaines de leurs provocations. Elle a annoncé un éventuel test de quatre missiles en direction de la base des États-Unis sur l’île de Guam. Les bombardiers américains stratégiques qui volent près de la Corée du Nord décollent habituellement de Guam. Peu de personnes ont remarqué que l’annonce était assortie d’une condition et d’une offre:

Les bombardiers stratégiques nucléaires venant de Guam qui volent au-dessus de la Corée du Sud mènent ouvertement des exercices de guerre réelle avec toute la force nécessaire pour frapper les bases stratégiques de la RPDC. Cette situation extrême force la KPA (armée nord-coréenne, ndt) à surveiller constamment Guam, l’avant-poste et la tête de pont des Etats-Unis pour envahir la RPDC, et à prendre les mesures nécessaires, des mesures concrètes de grande envergure, pour empêcher cela.
Dans la matinée du 8 août, les pirates aériens de Guam sont apparus dans le ciel au-dessus de la Corée du Sud pour mettre en scène une série d’exercices simulant une guerre réelle dignes d’un fou furieux. […]
[Les États-Unis] devraient immédiatement arrêter leurs provocations militaires irresponsables contre la Corée du Nord sinon elle sera obligée de faire un choix militaire inévitable.

En d’autres termes: arrêtez les vols en provenance de Guam sinon nous allons tester nos missiles en ciblant des zones proches de l’île. Les États-Unis n’ont aucune défense capable de détruire quatre missiles lancés simultanément vers Guam. Si la Corée du Nord mettait sa menace à exécution, les États-Unis perdraient la face. S’ils essayaient d’intercepter les missiles et qu’ils échouaient, ils perdraient encore plus la face. Je suis convaincu que les vols stratégiques des bombardiers de Guam au-dessus de la Corée du Sud cesseront bientôt.

Plusieurs commentateurs ont affirmé que les États-Unis exagéraient les capacités nord-coréennes. Que la confirmation par les services de Renseignements de l’existence de têtes nucléaires miniaturisés en Corée du Nord est un mensonge, que les missiles nord-coréens ne sont pas assez puissants pour atteindre les États-Unis ou que les têtes nucléaires utilisées par la Corée du Nord dans les essais récents ne sont pas suffisamment solides pour protéger leur charge nucléaire en rentrant dans l’atmosphère. Mais la Corée du Nord a exhibé une tête nucléaire miniaturisée en mars 2016. La portée d’un missile est variable et dépend en grande partie de la taille de la charge utile et du temps de combustion, et l’échec du test du 16 avril 2017 vient de la trajectoire inhabituelle que la Corée du Nord avait choisie pour le test. Il y a plus de 50% de chance que la Corée du Nord dise la vérité quand elle prétend pouvoir frapper les États-Unis. Il faut se résoudre à l’évidence et accepter l’idée que la Corée du Nord est désormais un État doté d’armes nucléaires et que ses multiples missiles nucléaires sont en capacité d’atteindre les États-Unis.

Ceux qui disent que les agences de renseignement des États-Unis exagèrent les capacités nord-coréennes mentent probablement. Mais ils ont une raison de le faire: essayer d’empêcher l’administration Trump, le Pentagone et les marchands d’armes d’en profiter pour faire avancer leurs objectifs et/ou leurs intérêts.

Un expert en marketing de défense antimissile a déclaré aujourd’hui que les moteurs des lanceurs de missiles nord-coréens utilisés dans les essais récents ont été achetés dans des usines d’Ukraine ou de Russie. Les propagandistes patentés du New York Times ont repris sa déclaration pour alimenter leur parti-pris anti-russe:

Mr. Elleman n’a pas pu exclure la possibilité qu’une grande entreprise de missiles russes, Energomash, qui a de solides liens avec le complexe ukrainien, ait joué un rôle dans le transfert de la technologie des moteurs RD-250 vers la Corée du Nord. Il a déclaré que les moteurs RD-250 restants pourraient également être stockés dans des entrepôts russes.

Mais les moteurs en question sont d’une taille et d’une force différentes de celles des moteurs R-250 et les événements ne peuvent pas s’être déroulés dans le temps comme ils le prétendent. Le gouvernement ukrainien a nié tout transfert de missiles ou de plans. L’article a été réfuté en l’espace de quelques heures par deux experts éminents. Mais impliquer la Russie, même si c’est saugrenu, est toujours une bonne chose si l’on veut vendre plus d’armes.

Un des dadas du Pentagone est le système de défense antimissile de moyenne portée THAAD qui va maintenant être installé en Corée du Sud. Ceci, alors que le Pentagone est incapable de défendre la Corée du Sud même contre les missiles nord-coréens de courte portée. Le système antimissile cible clairement la Chine.

L’admirateur de Reagan qui règne actuellement à la Maison Blanche pourrait bientôt relancer l‘Initiative de défense stratégique de Reagan, surnommée la «  guerre des étoiles », lancée en 1984. L’Initiative incarnait le rêve coûteux et irréaliste des lasers et autres gadgets dans l’espace. Dans le cadre de l’Initiative, les militaires américains ont injecté des centaines de milliards dans un système de défense global contre les missiles balistiques, qui aurait protégé les États-Unis contre les missiles intercontinentaux. Le programme a été enterré au début des années 1990. Un des rejetons de la guerre des étoiles a survécu. C’est le National Missile Defense (bouclier anti-missile) avec ses 40 intercepteurs en Alaska et en Californie. Il n’a jamais bien fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais bien. Si le bouclier fonctionnait comme promis, il n’y aurait aucune raison de craindre les missiles intercontinentaux nord-coréens. La défense antimissile est en grande partie un moyen frauduleux de transférer des milliards de dollars des contribuables américains à divers conglomérats de fabricants d’armes.

Je m’attends à ce que la « menace » nord-coréenne soit bientôt utilisée pour lancer l’« Initiative de défense stratégique – Suite », dans un nouvel effort pour militariser l’espace en jetant des milliards de dollars dans des projets de « défense » futuristes complètement inutiles. Cela consolera le Pentagone des succès que la Corée du Nord vient de remporter en dépit des décennies de tentatives des Etats-Unis pour la soumettre.

Moon of Alabama | 14 août 2017

Article original en anglais: Hyping North Korea To Relaunch Reagan’s Star Wars?

Source: http://arretsurinfo.ch/le-battage-mediatique-contre-la-coree-du-nord-a-t-il-pour-but-de-relancer-la-guerre-des-etoiles-de-reagan/

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Confirmation des thèses de l'UPR: Sanctions US -Toute l’Europe est traitée comme une colonie américaine

MONTAGE UE US BARREAUX

 

Confirmation des thèses de l'UPR

Sanctions US -Toute l’Europe est traitée comme une colonie américaine

  • 15 août 2017

http://arretsurinfo.ch/sanctions-us-toute-leurope-est-traitee-comme-une-colonie-americaine/

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Le 24 juillet, le tribunal local de Leipzig a désigné un liquidateur judiciaire pour l’entreprise locale de construction métallique IMO. Existant depuis 120 ans, cette entreprise employant 320 personnes est spécialisée dans les constructions en acier et réalisait, jusqu’à récemment, des affaires avec la Russie. Maintenant elle est ruinée. Les sanctions contre la Russie avaient entraîné pour l’entreprise des pertes de revenus et de profits ne pouvant plus être compensées. Si les nouvelles sanctions contre la Russie – adoptées le 25 juillet par la Chambre des représentants des Etats-Unis avec seulement 3 voix d’opposition et le 27 juillet par le Sénat avec seulement 2 voix d’opposition – entraient effectivement en vigueur et étaient appliquées, de nombreuses entreprises européennes pourraient tomber en faillite à l’instar d’IMO à Leipzig. Car, cette fois-ci, un projet important à bien des égards pour la Russie et les autres pays européens – le gazoduc Nord Stream II menant directement de la Russie à travers la mer Baltique à l’Allemagne – serait affecté. La décision de la Chambre des représentants et du Sénat (= Congrès) permettra au président des Etats-Unis d’imposer de sanctions contre toutes les entreprises participant à des projets énergétiques russes, dont Nord Stream II, explicitement mentionné.

La politique américaine a agi unilatéralement et sans consulter ses partenaires européens. Les critiques européennes concernant la nouvelle décision du Congrès sont massives. Même le gouvernement allemand a déjà déclaré en juin – à cette époque, les plans pour de nouvelles sanctions étaient connus – que ces nouvelles sanctions seraient «contraires au droit international». Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, avait ajouté: «Il n’est pas acceptable d’abuser des sanctions pour évincer du marché le gaz russe afin de mieux pouvoir vendre le gaz américain.» En fait, les Américains veulent imposer aux Européens le gaz liquéfié venant des Etats-Unis plutôt que celui venant de Russie. Le 18 juillet, Gabriel avait plaidé, contrairement au Congrès américain, dans une interview accordée au magazine Focus en faveur de la levée progressive des sanctions contre la Russie.

Les entreprises européennes concernées ont aussi pris la parole. Dans une tribune pour le «Frankfurter Allgemeine Zeitung» (24/07/17), Rainer Seele, directeur général du groupe énergétique autrichien OMV participant au projet de gazoduc, a écrit: «Le gaz liquéfié américain (LNG) est naturellement en concurrence avec le gaz russe – rien à objecter à cela. Mais il doit être clair, et le ministre allemand des Affaires étrangères Gabriel le dit clairement: l’approvisionnement énergétique de l’Europe est toujours et encore une affaire européenne et non pas l’affaire des Etats-Unis […]. L’Amérique ainsi que la Pologne et les pays Baltes n’ont aucun droit de veto et de blocus contre les relations russo-européennes dans le domaine du gaz, y compris les gazoducs.»* Non seulement pour l’OMV, mais également pour d’autres entreprises participant à ce projet de pipelines telles que BASF, E.ON, Wintershall et Shell, la mise en œuvre des sanctions du Congrès américain signifierait des pertes de plusieurs milliards. Matthias Warnig, directeur de la Société de développement du gazoduc Nord Stream II, a ajouté dans le «Handelsblatt» allemand (19/07/17): «Si les sanctions sont effectivement mises en œuvre, les effets sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz seraient considérables. A ce stade, tous les pipelines exportant du pétrole ou du gaz de Russie y sont soumis.»

Willy Wimmer, ancien secrétaire d’Etat allemand au ministère de la Défense, s’exprime clairement. Selon lui, les nouvelles sanctions du Congrès américain représentent aussi une guerre économique contre l’Europe*. Dans une interview accordée à l’agence de presse russe Spoutnik (26/07/17), il a déclaré: «Aux Etats-Unis, ces sanctions se dirigent visiblement contre leur propre président qu’on veut emmuré. Mais elles se dirigent également contre l’Europe* qu’on veut étouffer sur le plan économique.» Il observe depuis longtemps «que les Etats-Unis étendent leur propre législation sur les territoires étrangers. C’est un comportement typiquement colonialiste

Et à l’adresse des responsables de l’UE: «Si l’UE ne peut pas se décider maintenant, parce qu’elle ne l’ose pas ou pour quelque autre raison*, elle va perdre toute confiance aux yeux du public européen et de ses électeurs. Il ne s’agit pas seulement de la survie économique de l’UE, mais aussi de l’honneur politique. Il n’est pas acceptable que nous soyons gouvernés par des mesures arbitraires de Washington. […] Nous voyons sur toute la largeur des relations avec Washington que nous sommes soumis à des éléments faisant apparaître au minimum une guerre économique. […] Si l’Union européenne fait maintenant des génuflexions devant ces sanctions, elle risque de perdre tout son avenir économique.»

Finalement, il faut souligner que cette nouvelle décision de sanctions est une déclaration de guerre des Etats-Unis envers la Russie. Les débats au Congrès sont un mauvais exemple démontrant la démagogie et l’agressivité avec laquelle la Russie est «diabolisée» aux Etats-Unis. Les réactions officielles prudemment formulées par la Russie montrent que cela est perçu ainsi. Leonid Sluzki, chef de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, a déclaré le 26 juillet: «L’extension des restrictions sape la possibilité de reconstruire les relations russo-américaines et les rend plus difficiles, pour un certain temps au moins […]. Les possibilités de dénouer le nœud gordien dans le dialogue entre les Etats-Unis et la Russie sont extrêmement limitées.»

Horizons et Débats | 7 août 2017

Source: Zeit-fragen.ch

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*"L’Amérique ainsi que la Pologne et les pays Baltes n’ont aucun droit de veto et de blocus contre les relations russo-européennes dans le domaine du gaz, y compris les gazoducs.": je ne sais pas ce que vous pensez de cette formule, mais pour moi, c'est un problème de logique: sachant que la Pologne et les pays baltes font partie de l'UE, ce n'est pas de relations “russo- européennes qu'il s'agit, mais bien de défense d'intérêts nationaux! Il n'y a pas d'intérêts européens, et cette affaire le révèle parfaitement. La crainte de certains européistes est que le scandale ouvre les yeux des citoyens

-sur l'ingouvernabilité de l'UE (divergences majeures d'intérêts nationaux, système auto- bloquant)

-sur la domination américaine de l'ensemble, ce que nous expliquons à l'UPR depuis des années!

P.G.

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