dimanche 26 novembre 2017

Glyphosate: la Suisse refuse son interdiction!

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L’excellent magazine de consommation Bon à savoir rend compte de l’étrange décision du Conseil fédéral suisse de classer le Glyphosate sans danger sans attendre la prise de position des pays voisins.

«On peut donc s'étonner que, à quelques jours d'une décision aussi importante, la Suisse fonce sans attendre et tête baissée, pariant sur le verre à demi vide. Visiblement sans tenir compte des études récentes démontrant que, même à doses extrêmement minimes, les perturbateurs endocriniens (qui passent à 80% par l'alimentation, en particulier via les pesticides) engendrent un véritable cocktail explosif quand ils sont associés les uns aux autres...»

Diffusant l’article sur les réseaux sociaux, la rédactrice en chef Zeynep Ersan Berdoz ajoute une question «quiz» qui pourrait aider à comprendre cette soudaine témérité des placides Helvètes: «Au fait... dans quel pays se trouve le siège européen de Monsanto?» (Z. E. B. sur son Facebook, le 171120)

http://log.antipresse.net/post/glyphosate-la-question-a-un-milliard?mc_cid=b6970f6567&mc_eid=3a5e263339

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Réduction des dépenses : Blanquer annonce un nouveau baccalauréat pour 2021

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a confirmé qu'une réforme en profondeur du baccalauréat était prévue pour 2021, notamment afin d'en réduire le coût. Parmi les pistes possibles : une réduction à quatre épreuves principales.

ACT BAC

L'austérité budgétaire mise en place par le gouvernement d'Edouard Philippe n'épargnera pas l'école. Invité sur le plateau de BFMTV le 16 octobre, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il envisageait une réforme du baccalauréat pour 2021.

La refonte de l'épreuve annoncée par le ministre vient confirmer ce qu'avait déjà évoqué le Premier ministre Edouard Philippe en juillet, lors de sa déclaration de politique générale. Il avait alors clairement expliqué que cette réforme visait notamment à faire des économies. «Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat», avait-il martelé face aux députés.

La question du coût de l'épreuve fait débat : si la rue de Grenelle avance celui de 500 millions d'euros, nombre de syndicats ont toujours accusé le ministère de maquiller les chiffres. Une étude publiée en 2013 par le principal syndicat de chefs d'établissement évoquait la somme de 1,5 milliard d'euros. A titre de comparaison, l'Italie dépense environ 70 millions d'euros pour organiser un examen équivalent.

Une promesse commune à Macron, Fillon et Hollande

De son côté, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'une «concertation» débuterait dans peu de temps et qu'elle permettrait de dégager de grands axes de réforme pour 2018. Mais le programme d'Emmanuel Macron avançait déjà quelques pistes. L'objectif : diminuer drastiquement le nombre d'épreuves pour ne retenir que quatre matières principales. Le contrôle continu serait alors intégré à la note finale.

De telles mesures figuraient d'ailleurs dans le programme de François Fillon, qui pointait également du doigt le coût jugé trop élevé de l'épreuve pendant la campagne présidentielle. Ces mesures faisaient aussi partie du programme de François Hollande en 2012. Il n'avait finalement pas ouvert ce chantier lors de son quinquennat.

Jean-Michel Blanquer a également avancé la nécessité de faire du baccalauréat une épreuve plus équitable. «Des bacheliers, y compris parmi les plus méritants, se retrouvent exclus par tirage au sort des filières universitaires qu’ils ont choisies ! Où est l’égalité ? Où est le mérite ? Où est la République ?», s'est-il interrogé. Il n'a néanmoins pas précisé comment la réduction du nombre des épreuves devait permettre l'amélioration de l'orientation et de l'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur.

Source: RT.


 

BASE 14 995X225Comme le souligne cet article: Fillon et Hollande avaient le même projet: Macron ne fait qu'appliquer les directives européennes, comme ses petits copains.

P.G.

Démission de Hariri et nouveaux plans de guerre

S’il est incontestable que la restitution faite par les médias de la démission « forcée » de Saad Hariri est incomplète, il reste à s’interroger sur sa véracité. Etant donné l’assujettissement de Hariri au bloc constitué par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, sa démission « forcée » ressemble davantage au licenciement d’un cadre d’entreprise qui n’a pas répondu aux attentes de sa hiérarchie. Sommé de quitter ses fonctions, Hariri a suivi cet ordre à la lettre, allant jusqu’à publier un communiqué dicté par les Saoudiens, accusant le Hezbollah et l’Iran de semer la discorde dans la région, et faisant état d’un complot d’assassinat dirigé contre lui.

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C’est pourtant bien l’Arabie Saoudite qui sème la discorde, en accusant le Hezbollah et l’Iran d’être à l’origine de cette démission, avec l’intention manifeste de plonger le Liban dans le chaos. Comme cela était à prévoir, Netanyahou a immédiatement sauté sur l’occasion, en déclarant que cette démission était un appel à la « communauté internationale » pour qu’elle prenne des mesures contre l’attitude agressive de l’Iran ; une déclaration qui  n’a été prise par personne pour argent comptant, pas même par les Sunnites libanais. Le Hezbollah a réagi de façon mesurée ; c’est finalement l’Arabie Saoudite qui ressort de l’affaire dans la plus mauvaise posture. Vue depuis l’Iran, la démission de Hariri était un complot manigancé par Trump et le Prince héritier Muhammad bin Salman.

Hariri, quant à lui, n’est pas rentré au Liban, où il aurait pu défier les Saoudiens en reprenant son poste, mais s’est rendu en France, où il a été accueilli à l’Elysée par le président Macron. Aussitôt après s’être entretenu avec Hariri, Macron s’est entretenu avec Trump par téléphone de la « menace » iranienne et des modalités pour y faire face. Selon le Président libanais, Michel Aoun, Hariri aurait annoncé son retour à Beyrouth pour le 22 novembre, date anniversaire du jour où le Mandat français au Liban a pris fin. Les différents partis libanais, dont le Hezbollah, continuent de considérer Hariri comme le Premier Ministre. Reste à savoir de quelle façon les événements vont s’orchestrer après son retour.

Que cache toute cette affaire ? Quel est le lien entre la démission (forcée ou non) de Saad Hariri et le reste de l’actualité saoudienne, notamment l’arrestation de plusieurs personnalités influentes du royaume et la confiscation de leurs biens, dont la valeur avoisine quelques 800 milliards de dollars ? Refuser de voir un lien entre ces événements ferait la part trop belle à la coïncidence.

Prétendre que cette purge au sein de la noblesse saoudienne entre dans le cadre d’une opération de lutte contre la corruption est un leurre, puisque celle-ci est constitutive de la gouvernance saoudienne, tant sur le plan intérieur que sur celui de sa politique étrangère. Si l’argument de la corruption ne sert que de couverture, pourquoi ces princes ont-ils été limogés ? Ne serait-ce pas plutôt le signe de leur contestation des erreurs politiques de leur pays, en Syrie et au Yémen, et de leur opposition à ce qui, est clairement en train de passer d’un projet à une réalité : une guerre contre l’Iran menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite ? Ils ne seraient pas les seuls à considérer que le Prince Muhamad bin Salman est irréfléchi, imprudent et prêt à mettre dangereusement en cause la stabilité du royaume saoudien, et à estimer que son accession au trône serait littéralement une ineptie.

Des signaux émis par Israël au cours des six derniers mois annoncent clairement l’imminence d’un nouveau conflit. Il est également acquis que ce pays recevra l’appui, non seulement des Etats-Unis, mais aussi de l’Arabie Saoudite. Cette dernière a, conjointement avec Israël, poussé à la guerre contre l’Iran à plusieurs reprises ces dix dernières années, mais les Etats-Unis ont repoussé le déclenchement d’un conflit armé ouvert, leur priorité restant la Syrie : si  l’Etat syrien était anéanti, l’axe de l’alliance stratégique Iran – Syrie – Hezbollah devait lui aussi s’effondrer. Ce plan B a été en partie contrecarré par le refus du Conseil de Sécurité de l’ONU, grâce aux vétos russe et chinois, d’autoriser une guerre aérienne en Syrie dans la droite ligne de l’attaque précédemment menée en Libye. Il a donc fallu en venir au Plan C, qui consistait à s’appuyer sur une guerre d’usure, menée par des intermédiaires takfiri (branche issue d’une scission des Frères Musulmans),  organisée, financée et armée principalement par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, la Grande-Bretagne et la France, et coordonnée avec l’appui d’un ensemble de pays allant des Balkans à l’Asie Centrale. Sept ans plus tard, ce plan C est dans une impasse. « L’axe de la réaction » (Etats-Unis, Israël , Arabie Saoudite) a subi un revers cuisant de la part de « l’axe de la résistance » (Iran, Syrie et Hezbollah). L’intervention russe a été décisive, entraînant sa victoire et une humiliation sans précédent des Etats-Unis.

La liste des revers subis par « l’axe de la réaction » ne s’arrête pas là. L’échec de la tentative d’indépendance des Kurdes au nord de l’Irak lui a aussi porté un coup sévère. Les Etats-unis et Israël attisaient depuis plusieurs dizaines d’années ces velléités d’indépendance, considérant que cette partie nord de l’Irak constituait un centre stratégique pour leurs opérations militaires et de renseignement au Moyen-Orient. Les initiatives de « zone d’exclusion aérienne » et de « zone de sécurité » prises par les Américains et les Britanniques dans les années 1990/1991 ont été les premières étapes de ce morcellement planifié de l’Irak, pays dont l’unité ne correspondait plus aux visées impérialistes. L’invasion de 2003 et l’imposition d’une constitution dictée par les Etats-Unis ont, en affaiblissant le gouvernement central, favorisé l’autonomie des Kurdes. Le plan était que cette autonomie aboutisse à l’indépendance, offrant ainsi une nouvelle base aux Etats-unis et à Israël pour intervenir au Moyen-Orient.

Même les Etats-Unis étaient opposés à ce référendum convoqué par Masoud Barzani : considérant qu’ils avaient déjà obtenu ce qu’ils voulaient, ils estimaient que les risques de troubles qu’entraînerait ce référendum prématuré étaient supérieurs à son enjeu.

Des prévisions qui se sont avérées justes. La Turquie et l’Iran ont réagi viscéralement, suspendant les vols et fermant les passages de frontières : l’armée irakienne a repris Kirkouk et l’ensemble du territoire conquis par les Peshmerga en 2014. Barzani a démissionné de son poste de président du Gouvernement Régional du Kurdistan (KRG) : Jalal Talabani, le chef de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) est mort il y a peu, privant  les Kurdes de dirigeant, et les laissant s’entre-déchirer sur la question de savoir qui est  responsable de cette débâcle. L’iraq se reconstruit actuellement en tant qu’Etat unitaire. Le développement des Unités de Mobilisation Populaire  (PMF) qui sont majoritairement chiites, constitue un puissant renfort pour l’armée régulière. De plus, le gouvernement de Bagdad travaille en étroite coopération avec la république Islamique d’Iran.

Le paradoxe est que ces défaites ont dangereusement accru le risque d’une nouvelle attaque de l’ « axe de la réaction » contre l’ « axe de la résistance ». Car il est hors de question que la Russie, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah puissent sortir victorieux du conflit. C’est à peine si le chef d’Etat-Major israélien, Gabi Eisenkot, a eu besoin de déclarer, comme il l’a fait récemment, que l’entente israélienne avec le Royaume d’Arabie saoudite était totale, face à l’influence croissante de l’Iran – qu’il a même qualifiée d’ « hégémonie » – au Moyen-Orient. Dans l’incapacité d’ imposer son diktat à l’une des régions les plus pauvres du monde, le Yémen, l’Arabie Saoudite serait un piètre allié d’Israël dans une confrontation armée contre des ennemis aussi dangereux que le Hezbollah et l’Iran. Mais elle est riche et, selon Hasan Nasrallah, s’est engagée à mettre plusieurs milliards de dollars dans une nouvelle guerre contre le Hezbollah.

Dans la mesure où Israël a toujours une prochaine guerre à l’étude, le point central est de savoir « quand » elle sera déclenchée plutôt que de se demander si elle aura lieu. Le pays a procédé ces derniers mois à des exercices militaires terrestres et aériens d’une envergure sans précédent dans sa récente histoire militaire, avec une  préparation spécifique à un affrontement contre le Hezbollah, incluant notamment l’entraînement au combat dans des tunnels. Il a averti plusieurs fois ces dernières années qu’il appliquerait la « stratégie Dahiyeh » lors de sa prochaine offensive au Liban, et se livre actuellement à un travail de propagande expliquant que le Liban n’existe plus qu’en tant qu’enclave du Hezbollah contrôlée par l’Iran.

Rappelons que Dahiyeh est  à la fois la banlieue majoritairement peuplée de Chiites de Beyrouth et le QG du Hezbollah, qui a été anéanti lors du raid aérien de 2006. Au vu du nombre considérable de victimes civiles qu’Israël entend ainsi infliger lors d’un prochain conflit, l’Iran et la Syrie auraient du mal à limiter leur implication aux seuls moments de leurs interventions, et Israël, les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite se retrouveraient avec leurs trois principaux ennemis directement à portée de tir. Le refus américain de retirer ses troupes et de démanteler dès à présent ses bases aériennes en Syrie, dans la mesure où l’Etat Islamique a été « défait » – même s’il leur sert encore d’alibi  –  a probablement un lien avec ces préparatifs en vue du conflit à venir.

La bataille que mène Israël au Moyen-Orient depuis 1948 pour exister atteint maintenant un point critique. Le pays peut imaginer qu’il a devant lui tout le temps nécessaire pour finir d’avaler la Cisjordanie, mais il ne dispose pas de cet avantage sur le front régional. Si l’Iran est à présent plus puissant qu’il ne l’était avant les guerres d’Irak et de Syrie, il le sera encore plus d’ici deux à trois ans. Il dispose d’une immense armée régulière, a mené une guerre très destructive contre l’Irak (1980-89) et s’est considérablement impliqué dans la défense de la Syrie, tant au niveau de la planification que durant les combats eux-mêmes ; et il s’est doté d’un arsenal conséquent de missiles de courte et longue portée, de fabrication nationale.

Par comparaison, Israël n’a pas combattu une armée régulière depuis 1973 : en 2000, ses troupes ont été chassées du Liban par une armée de guérilla, et lorsqu’il a tenté de récupérer ses territoires perdus dans une nouvelle offensive lancée en 2006, son armée de terre s’est trouvée dans l’incapacité de prendre le moindre village, y compris ceux situés à deux pas de la ligne de démarcation. Ses offensives contre Gaza ont consisté en assauts menés contre une population majoritairement civile et sans défense.

Dans la mesure où, depuis 1948, il assoit sa sécurité, non pas sur la diplomatie, mais sur une complète domination militaire, allant de la possession d’armes nucléaires à l’artillerie conventionnelle de base, Israël ne peut tolérer la situation actuelle, qui voit ses ennemis continuer à consolider leur puissance. Hostile à tout accord diplomatique qui pourrait déboucher sur un réel accord de paix, Israël doit partir en guerre. Il se dit plus fort et mieux préparé qu’en 2006, mais l’Iran et le Hezbollah le sont aussi. A lui seul, le Hezbollah dispose d’une énorme provision de missiles capables d’atteindre n’importe quel point de la Palestine occupée : « Dôme de fer », le système anti-missiles d’Israël pourra en arrêter quelques-uns, mais pas tous.

Si la guerre a lieu, Israël endurera sans doute des pertes civiles sans précédent dans son histoire ; mais les politiciens et généraux qui entourent Netanyahou sauront argumenter en disant que ce danger existentiel exige des sacrifices. Les Etats-Unis viendront en renfort d’Israël, mais il ne faut pas s’attendre à ce que la Russie reste assise à regarder ses alliés du Moyen-Orient se faire anéantir. Le journaliste Abd al Bari Atwan nous a averti que cette guerre, si elle devait avoir lieu, serait la plus destructrice que la région ait connue et dégénérerait en un conflit global. Il  a également mis en doute la capacité d’Israël de survivre à ce conflit, après l’avoir déclenché. Nous sommes réellement face à un scénario d’apocalypse.

Comme d’habitude, les Palestiniens se trouvent pris en tenailles dans ce  conflit. Mahmoud Abbas est incité de toutes parts – et même par l’Arabie Saoudite – à se rallier à l’ « initiative de paix » de Trump-Kushner-Israël. Ce qui le conduirait à adopter publiquement les positions anti-iraniennes, anti-Hezbollah et anti-chiites des Saoudiens, à un moment où il a engagé une procédure de réconciliation avec le Hamas, qui, lui, a refusé de prendre position contre le Hezbollah. Plusieurs de ses hauts dirigeants se sont rendus récemment à Téhéran. Pour le moment, tous les yeux sont tournés vers Hariri et son retour à Beyrouth : comment va-t-il s’expliquer, reprendra-t-il son poste de Premier Ministre, et sous quelles conditions ?

Par Jeremy Salt | 21 novembre 2017

Anciennement journaliste, Jeremy Salt est maintenant enseignant au Département des Sciences Politiques et de l’Administration Publique de l’Université Bilkent d’Ankara, où il dispense des cours sur l’histoire contemporaine et la propagande au Moyen-Orient. Son dernier ouvrage s’intitule « The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands » (Berkeley: University of California Press, 2008.) (La destruction du Moyen-Orient – Le désordre occidental dans les pays arabes)

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RSF Suisse demande d’annuler une conférence sur les casques blancs

Genève : RSF demande au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques blancs.

ACT LIBERTE PRESSE POLICE PENSEE

Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les «rebelles syriens». Sous le titre «They don’t care about us» (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.

Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-contre), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait «atteinte à l’image du Club suisse de la presse». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de «la propagande russe».

RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse de la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-dessous). «Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse

Guy Mettan, qui a souvent été «attaqué» pour ses engagements «prorusses», assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. «D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes.» (TDG)

La lettre de RSF adressée à Guy Mettan

Genève, le 23 novembre 2017,

Monsieur le Directeur, cher Monsieur,

Nous avons eu connaissance de l’événement organisé par le Club suisse de la Presse le 28 novembre prochain: «They don’t care about us». About white helmets true agenda.» Nous avons également été interpellés sur notre «soutien» à cette conférence, le nom de notre organisation apparaissant dans la liste des membres médias.

Nous nous dissocions totalement de cet événement et ne souhaitons en aucune manière être associés à une conférence qui accueille une soi-disant journaliste, Madame Vanessa Beeley,qui justifie l’utilisation dela torture par le régime syrien afin de le préserver. Quand bien même elle n’a jamais été publiée dans un média indépendant, il est étonnant qu’elle soit référencée au moins deux cents fois dans les médias russes de propagande (SputnikNews, Russia Today).

De plus, il est pour le moins inacceptable d’inviter Monsieur Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights, une association qui, selon nos informations, agit comme un outil de propagande russe. Il est probable que vous n’avez pas eu connaissance de ces éléments d’information, nous tenons le cas échéant les liens utiles à cet effet.

Quoi qu’il en soit, nous vous invitons à renoncer à ce projet qui portera atteinte à l’image du Club suisse de la Presse. Selon votre décision, nous nous réservons l’opportunité d’étudier de conserver notre carte de membre.

Dans l’attente de vos nouvelles, nous vous adressons, Monsieur le Directeur, cher Monsieur, nos salutations les meilleures,

Gérard Tschopp et Christiane Dubois

La réponse de Guy Mettan à RSF

Chère Madame, Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier qui a retenu toute mon attention.

En ma qualité de membre fondateur de Reporters sans frontières aux côtés de François Gross dans les années 1980, je dois avouer que j’ai été atterré par sa teneur. Je peux comprendre que le fait de donner la parole à des voix dissidentes puisse susciter de la réprobation. Mais de là à exiger l’annulation de cette conférence de presse, il y a un pas dont je n’aurais jamais pensé que vous puissiez le franchir.

D’une part, cela me semble une atteinte grave à la liberté d’expression et en totale contradiction avec la «liberté d’informer et d’être informé partout dans le monde» que RSF prétend défendre dans sa charte et qui figure en toutes lettres sur votre papier à en-tête. Cela reviendrait ensuite à prendre les journalistes et les rédacteurs en chef pour des imbéciles incapables d’analyser les faits et les arguments qu’on leur présente et de se forger une opinion par eux-mêmes.

Par ailleurs, depuis 20 ans que j’exerce mes fonctions au Club suisse de la presse, j’ai toujours été soumis à des pressions afin d’empêcher des gens de s’exprimer. Mais jusqu’ici ces pressions sont toujours venues de régimes autoritaires ou dictatoriaux, tels que la Chine, l’Arabie saoudite, l’Egypte ou le Bahrein. C’est la première fois qu’une organisation de défense des journalistes d’un pays démocratique m’adresse une telle demande. Il va sans dire que je ne peux y donner suite. Ce serait déshonorer un métier qui, je l’espère, est toujours le vôtre.

Plutôt que de pratiquer la censure, je ne peux donc que vous proposer de participer à cette conférence de presse, comme je l’ai d’ailleurs suggéré aux partisans des Casques blancs, et de poser les questions que vous jugerez utiles aux intervenants. Pour ma part, fidèle à l’esprit d’ouverture et de recherche de la vérité qui caractérise le Club suisse de la presse depuis sa fondation, je suis naturellement prêt à accueillir une rencontre de presse avec les organisations qui soutiennent les Casques blancs afin qu’ils puissent faire valoir leur point de vue. Mais ils n’y ont pas donné suite pour l’instant.

Vous me permettrez de ne pas vous répondre en ce qui concerne les attaques personnelles que vous avez adressées à notre consœur Vanessa Beeley et à M. De Noli. Elles sont indignes du journalisme.

Enfin, je vous transmets par courrier séparé quelques-uns des innombrables messages de soutien que je reçois d’un peu partout dans le monde et qui me confortent dans la conviction que la liberté d’expression est désormais davantage menacée chez nous que chez les «autocrates» que vous prétendez dénoncer.

Avec mes messages confraternels

Guy Mettan

Source : Tribune de Genève, 23/11/2017

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L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

Article proposé par P.M. (UPR 23)


 

Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

ARG OTAN UKRAINE

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré. »

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle. L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ». Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition ‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu. Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT] Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle  pourrait à tout moment le redevenir.

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre. Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins. Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

Wolfgang Jungmann

http://lesakerfrancophone.fr/lotan-demande-une-conversion-a-leconomie-de-guerre

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Mohammed ben Salmane officialise des décennies de rapprochement entre l’Arabie saoudite et Israël

Les Saoudiens ne tarderont sans doute pas à voir le drapeau israélien hissé sur un toit à Riyad

ARG ISRAEL ARABIE

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) ne manque aucune occasion de choquer l’opinion publique – peut-être pas si involontairement que cela – locale et mondiale.

L’entretien que le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Gadi Eisenkot, a accordé la semaine dernière au site d’informations saoudien Elaph (en langue arabe) est un autre signe du changement significatif de la politique saoudienne, régionale et internationale, depuis que le prince héritier est parvenu au sommet du pouvoir dans son propre pays.

Rapprochement entre Saoudiens et Israéliens

L’entretien a été publié et signalé dans Haaretz et, le même jour, Middle East Eye a révélé en exclusivité que la monarchie jordanienne était extrêmement préoccupée de voir les Saoudiens si empressés de faire la paix et normaliser les relations avec Israël, aux dépends des Jordaniens et des Palestiniens.

La Jordanie a signé son propre traité de paix avec Israël en 1994 mais semble néanmoins craindre un retour de bâton si les Saoudiens devaient conclure un accord qui supprimerait le droit au retour des Palestiniens.

Mais il serait inexact de supposer que le rapprochement entre Saoudiens et Israéliens a commencé avec l’ascension de MBS. Pendant quelques années, plusieurs Saoudiens, agissant ostensiblement à titre personnel, ont été chargés de la tâche d’explorer et de tâter le terrain ou, du moins, en ont-ils reçu le feu vert.

Deux d’entre eux, en particulier, ont rencontré des responsables israéliens à différents niveaux et dans diverses enceintes internationales. Ils ont même fait plusieurs visites en Israël : l’ancien chef du Renseignement saoudien, le prince Tourki ben Fayçal, et l’ancien général saoudien, Anwar Eshki.

Certains vont même jusqu’à faire remonter à 1981 l’année où le prince héritier Fahd ben Abdelaziz s’est mis en tête de commercer avec Israël, car c’est en novembre cette année-là qu’il a, lors de la conférence au sommet arabe de Fès (Maroc), proposé son plan de paix en huit points.

C’était un peu moins de trois ans après que l’Égypte provoque la division du monde arabe en signant unilatéralement son propre traité de paix avec Israël, à Camp-David en 1978. Le plan de paix de Fahd ne s’est jamais concrétisé parce qu’il n’est pas parvenu à obtenir l’aval de la majorité arabe.

Il a fallu vingt ans de plus pour que les Saoudiens obtiennent le consensus de presque tous les Arabes sur ce qui était initialement une initiative de paix du prince héritier saoudien, Abdallah ben Abdelaziz. Ce projet devint alors le Plan de paix arabe.

Or, ce plan – où les Arabes offraient à Israël pleine reconnaissance et normalisation en échange d’un retrait israélien des frontières tracées avant juin 1967 – n’a jamais été véritablement accepté par Israël, du moins non sans de trop nombreuses réserves.

Réussite de la contre-révolution

La hâte actuelle de l’Arabie saoudite de normaliser ses relations avec Israël fait suite à des changements spectaculaires sur la scène politique.

Tout d’abord, les Saoudiens, premiers responsables – avec les Émirats arabes unis – du déraillement de la tentative de démocratisation du monde arabe, jubilent du succès de leur contre-révolution à rétablir l’ordre, tel qu’ils le définissent et le promeuvent – ordre qui leur garantit l’emprise sur le pouvoir et le monopole des ressources.

Suite à la défaite du Printemps arabe et à l’effondrement du soi-disant camp de la résistance – coalition qui, avant le Printemps arabe, comprenait l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le Hamas, le djihad islamique et d’autres factions de l’OLP – les Palestiniens ont été « lâchés » au milieu d’une crise sans précédent et les factions de leur mouvement de libération, le Hamas en particulier, ont désormais du mal à exister.

C’est alors qu’arriva Donald Trump, dont l’entrée à la Maison-Blanche marqua le début d’une nouvelle ère dans la politique américaine, promesse d’une approche différente du Moyen-Orient. Faire de la politique comme on fait des affaires, voilà qui semble convenir aux familles royales arabes de la région du Golfe, ainsi qu’aux chefs militaires égyptiens.

La première transaction commerciale conclue avec l’administration Trump fut l’adoubement par l’Amérique de MBS comme futur roi d’Arabie saoudite, en échange de centaines de milliards d’investissements saoudiens aux États-Unis. L’accord a également ouvert la voie à une normalisation des relations des pays du Golfe avec Israël.

L’accord, négocié par le prince héritier Mohammed ben Zayed d’Abou Dabi (appelé aussi MBZ), fut consommé lors du sommet de Riyad, où les dirigeants de presque 50 pays musulmans se sont rassemblés pour rencontrer le nouveau président américain. Depuis, Trump a transmis le dossier à son gendre, Jared Kushner, connu pour ses liens commerciaux, politiques et idéologiques privilégiés avec Israël.

Un prétexte utile

L’Iran et ses mandataires dans la région ont offert au prince héritier saoudien une série de prétextes extrêmement utiles pour lui permettre d’avancer bille en tête vers la conclusion d’un accord avec Israël.

Après avoir lamentablement échoué tant au Yémen qu’en Syrie et en Irak, l’Arabie saoudite a perdu énormément de terrain au profit des Iraniens, qui, à maintes reprises, se sont vantés de leurs succès et de tirer désormais les ficelles dans le gouvernement des capitales de quatre pays arabes : le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen.

L’Arabie saoudite n’hésite plus à souligner sa vision commune avec Israël au sujet de l’Iran et du Hezbollah. Leur hostilité commune envers l’Iran, considéré comme la plus grave menace pesant sur l’Arabie saoudite et Israël, aurait plus que jamais rapproché les deux régimes.

En septembre, il se disait même que le mystérieux prince saoudien de haut rang qui rendit visite à Israël n’était autre que le prince héritier lui-même. Pourtant, ce qui motive le plus les Saoudiens à fraterniser avec Israël, c’est encore le désir fébrile de MBS de devenir roi, avec la bénédiction du maître de la Maison-Blanche.

Le prince s’est montré disposé à faire tout le nécessaire pour répondre à cet urgent besoin, quel qu’en soit le prix. Il est fort probable que le train de mesures prises localement pour freiner toute opposition potentielle ne soit pas sans rapport avec cette quête de normalisation avec Israël.

Première collaboration importante

En retirant de la scène intellectuels, érudits, universitaires, académiciens, princes de haut rang, ainsi que magnats des affaires et des médias, tout en enlevant tout pouvoir aux institutions religieuses traditionnelles, MBS est convaincu qu’a été ôté de son chemin tout obstacle éventuel.

Tout cela n’est pas étranger non plus au fiasco de la détention du Premier ministre libanais, Saad Hariri, ni à l’annonce de sa démission à partir de la capitale saoudienne, Riyad.

Manifestement, les Saoudiens se sont hâtés de fomenter une crise qui pourrait, à leur avis, déboucher sur une confrontation israélo-iranienne au Liban et permettre, peut-être, la première collaboration significative entre le royaume et Israël.

Pendant une allocution télévisée, le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé ceci : des sources crédibles l’ont averti que son organisation avait reçu des informations selon lesquelles l’Arabie saoudite venait d’offrir des milliards à Israël en prévision de la prochaine guerre contre le Hezbollah.

Parmi les événements spectaculaires de ces dernières semaines, citons la convocation à Riyad du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à qui on aurait signifié sans ambages qu’il devrait choisir entre soit collaborer à l’initiative de paix du président Trump, soit tout bonnement démissionner.

On pense qu’il s’agit d’une faveur accordée par MBS à Kushner – chargé de préparer le terrain pour préparer l’initiative de paix de Trump.

Les Palestiniens soumis au chantage

Les Palestiniens se trouvent dans une situation des plus embarrassantes. L’empressement du prince héritier saoudien à normaliser ses relations avec Israël semble les avoir pris de court, et ils ne sont pas les seuls.

Si des sources proches d’Abbas ont nié avoir reçu un ultimatum lors de sa brève visite à Riyad, en privé, l’Autorité palestinienne avouait craindre le pire.

Ces craintes ne tardèrent pas à se concrétiser. L’ultimatum saoudien fut bientôt confirmé et l’administration Trump lui apporta un soutien de taille.

Dans un acte flagrant de chantage, le Département d’État a informé les Palestiniens que leur autorisation d’occuper leur bureau de l’OLP ne serait pas renouvelée, sauf à remplir deux conditions : s’engager dans le processus de paix avec Israël et s’abstenir de poursuivre ce pays devant la Cour pénale internationale de La Haye.

Le cours des événements indique clairement que l’ultimatum posé par l’administration Trump – avertissant l’Autorité palestinienne (AP) qu’elle serait ostracisée pour en avoir appelé au droit international et aux institutions internationales – n’aurait pas pu l’être sans coordination avec les Saoudiens et les Israéliens.

Avant que les Palestiniens se remettent de leur choc, le ministre israélien de l’énergie, Yuval Steinitz, parla publiquement de l’étroite coopération entre Saoudiens et Israéliens, sans doute pas vraiment par hasard.

Bien que l’accent ait été mis sur la tentative de contester l’expansionnisme iranien, voici le message destiné aux Palestiniens : avec ou sans vous, « nous décollons ». Les remarques de Steinitz confirment ce que le chef d’état-major israélien a déclaré en début de semaine au site Elaph quant à la coordination sécuritaire et aux liens intimes tissés entre Israéliens et Saoudiens.

Selon certaines rumeurs, l’Arabie saoudite pourrait, dès la semaine prochaine, procéder au couronnement officiel de MBS, suite à l’abdication de son père. Les Saoudiens ne tarderont sans doute pas à voir le drapeau israélien hissé sur un toit à Riyad.

– Azzam Tamimi est un universitaire et activiste politique palestino-britannique.

Article original

Source: MEE

http://arretsurinfo.ch/mohammed-ben-salmane-officialise-des-decennies-de-rapprochement-entre-larabie-saoudite-et-israel/


 

BASE 15 995X225Je rappelle que ce type d'information a pour but d'éclairer les sympathisants et militants de ce qui se passe dans cette région, à chacun de juger en fonction de ses propres sources. Comprendre le monde actuel et surtout les arguments qu'on n'entend pas sur Radio- Paris est le devoir de toute personne qui souhaite s'impliquer dans les affaires publiques de façon honnête, à une époque de tensions internationales où la propagande fait rage dans chaque camp, et, au bout du compte, de tenter de rendre service à la France par une meilleure connaissance des dossiers. Tout contre- argument ou contre- article est bienvenu, comme vous le savez depuis la création de ce site: il suffit d'envoyer vos propositions à la délégation régionale.

P.G.

 

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samedi 25 novembre 2017

Devenons des insoumis linguistiques !

, auteur du papier ci dessous, est Philosophe, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (P.R.C.F.), président du Collectif Unitaire Républicain pour l’Initiative, l’Émancipation et la Résistance Linguistiques (CO.U.R.R.I.E.L.). Auteur entre autres de Marxisme et universalisme, Delga, 2015, et de Lumières communes, traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique (Delga, 2016).

une tribune publiée par le blog La Sociale


ARG LANGUE PRCF

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la , cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dominante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ».
Antonio Gramsci, linguiste, dirigeant communiste et antifasciste italien.

(...)

Alors que l’entreprise d’arrachage du français et des autres langues nationales au profit du Business Globish franchit un seuil critique en France et en Europe, force est de reconnaître que, jusqu’ici, la résistance des forces progressistes à cette inavouable politique oligarchique reste faible, retardataire, dispersée, voire… inexistante. Si l’on excepte le PRCF, qui en fait un pilier de sa proposition stratégique de Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste, et l’association internationaliste CO.U.R.R.I.E.L. qui fournit en permanence un travail d’analyse et de mobilisation progressiste en matière de résistance linguistique, le mouvement ouvrier et populaire n’a pas encore vraiment saisi que cette stratégie linguistique d’arrachage des langues nationales d’Europe et de substitution du tout-anglais au français (et à l’allemand en Allemagne, à l’italien en Italie, etc.) constitue un enjeu stratégique, Gramsci dirait : « hégémonico-culturel », pour l’oligarchie euro-atlantique, pour le MEDEF, pour l’UE-OTAN, sans parler du « PMU », ce Parti Maastrichtien Unique polycéphale composé des LR, des Euro-Ecologistes « verts », des LREM macroniens et du parti « socialiste ».

Pourtant, l’attentat linguistique est systématique, visant tous les secteurs « de prestige » de la société :

  • Publicité et enseignes commerciales, les PME et TPME étant souvent « conseillés » en ce sens par les institutions patronales
  • Journaux, revues (« Society », « We demain », « So Foot »…)et médias, où les émissions et les chaînes illégalement titrées en anglais pullulent dans l’indifférence quasi-totale du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel,
  • Chanson,où les quotas radiophoniques de chanson francophone ont été récemment  abaissés (à la demande du CSA, censé pourtant protéger la chanson francophone !) et où la « France » officielle s’affiche le plus souvent en anglais ou plutôt, en franglais bas de gamme, au concours annuel de l’Eurovision,
  • Recherche scientifique, où certaines revues subventionnées par l’argent public ne se donnent même plus la peine de publier en français, voire excluent les articles en français alors que l’aptitude à lire et à comprendre ce qu’il finance de ses deniers est un droit élémentaire du citoyen-contribuable,
  • Ecole et Université où les gouvernants (ceux-là même qui, avec Claude Allègre, ont réduit les horaires de LV au lycée !) poussent à enseigner en anglais les disciplines les plus diverses et à pratiquer dès la Maternelle le « bain linguistique » anglophone alors qu’à cet âge, l’accès des bambins à la langue maternelle française n’est pas encore structuré (si bien que le seul résultat probable sera seulement de déstabiliser le français des jeunes francophones sans leur permettre d’accéder plus tard, par la connaissance approfondie de leur langue, et par l’apprentissage méthodique d’autres langues, un véritable plurilinguisme),
  • Entreprises privées et publiques, où nombre de cadres supérieurs sont cyniquement recrutés en tant que « English Mother Tongue » (« anglais langue maternelle », ce qui, soit dit en passant, institue une préférence nationale à l’envers lors de l’embauche !) et où, imitant Volkswagen, qui a renoncé à l’allemand, des multinationales comme Airbus, PSA, Renault, basculent carrément toute leur documentation interne à l’anglais avec la complicité manifeste du gouvernement français représenté, voire majoritaire, dans certains conseils d’administration.
  • Sport, avec l’entêtement du comité « Paris 2024», soutenu par Anne Hidalgo, de « vendre » « Paris-J.O. » en anglo-américain sans crainte de prostituer et d’humilier notre langue, notre capitale, notre pays et notre héritage culturel (dont fait partie la refondation des J.O. de l’ère moderne par un Français…),
  • Politique, avec Fillon, Hamon et Valls faisant assaut d’anglais devant les caméras se « se vendre » aux électeurs, avec Macron humiliant la France, l’Allemagne et leurs langues respectives en choisissant Berlin pour discourir en anglais dans le cadre de l’élection présidentielle française et truffant ses interventions publiques de toutes sortes de termes franglish incompréhensibles au commun des citoyens…
  • Défense « nationale » où, subordination totale à l’OTAN et à la « défense européenne » obligent, l’anglais devient la langue de travail officielle de l’armée « française » en violation flagrante de la Constitution !

Les enjeux de classe et géostratégiques de cet arrachage linguistique géant, qui induit déjà des effets structurels inquiétants sur notre langue (non seulement sur son vocabulaire mais sur sa syntaxe et sur sa phonétique), sont colossaux sur les plans politique, social et sociétal : il s’agit notamment pour la classe dominante mondiale de…

  • pulvériser les Etats-nations existants, dont la langue est l’identifiant le plus directement sensible aux citoyens, au profit d’un Empire euro-atlantique redistribué en « Grandes Régions » (où l’on feindrait de favoriser, tout en le maintenant dans le ghetto linguistique des activités « festives » et « domestiques »,une langue régionale ou « transfrontalière » pour mieux désétablir les langues nationales et pour, incidemment, installer le tout-anglais à l’entreprise et sur la place publique) ; et avec la casse des Etats-nations, c’est la production nationale (en France, en Italie, etc.), les acquis sociaux, les services publics nationaux, les statuts publics, l’Education nationale et les conventions collectives nationales construits dans le cadre national qui seraient arasés, sans parler de la capacité des mouvements ouvriers à construire, voire tout bonnement à dire, des mobilisations « tous ensemble et en même temps » contre les contre-réformes eurolibérales ;
  • durcir la stratification sociale européenne et mondiale avec, tout en haut, une « élite » oligarchique de P.-D.G., de grands actionnaires, d’hyper-rentiers, de « jet setters » et de très hauts cadres dont l’anglo-américain « langue maternelle » serait le code distinctif universel ; tout en bas de la pyramide, ceux qui ne parleraient « que » leur langue nationale de plus en plus déclassée, reléguée et « empatoisée », donc devenue de moins en moins capable de dire les évolutions technoscientifiques ; et au milieu, des couches moyennes se distinguant du bas peuple par leur accès minimal au globish, c’est-à-dire à une non-langue, voire à une novlangue « managériale » définitivement découplée de la culture des pays anglo-saxons*, sans être pour autant capables de rallier l’« élite » ; quant aux travailleurs immigrés venus de pays francophones d’Afrique, inutile de dire qu’ils seraient définitivement marginalisés et doublement pénalisés sur le plan linguistique…
  • installer une novlangue mondiale unique, vecteur de marché, de pensée, d’économie, de politique uniques : celles de l’UE, du CETA, du « TAFTA » (sous telle ou telle forme imprévisible) et de l’OTAN ; tant il est vrai qu’une langue ne sert pas seulement à communiquer mais qu’elle permet avant tout de structurer la pensée et l’échange des locuteurs. Or, rien de plus « marketé » et plus fortement porteur d’idéologie « managériale » et « consumériste » que le Business-Globish ! Quoi de plus sourdement « globalitaire », de plus « capitalo-formatant » et de plus sourdement exterministe qu’une telle entreprise européenne et mondiale, capable à terme de détruire l’un des fondements anthropologiques de l’humanisation, la pluralité des langues et des cultures et l’échange fécond qu’elle permet ou, du moins, qu’elle peut permettre en principe, en termes d’égalité et d’altérité ?

Pourtant, la pitoyable affaire du slogan olympique en anglais inscrit sur la Tour Eiffel en 2016 a tellement heurté l’opinion publique française que de nombreux média ont, par exception, relayé le communiqué commun que l’association CO.U.R.R.I.E.L. avait d’emblée proposé aux autres associations. Plus de 80% des citoyens sondés ont d’ailleurs condamné cet attentat linguistique qui insulte tous les Francophones du monde, sans parler des étrangers qui nous font l’honneur d’étudier notre langue sur les cinq continents ; à tous, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Bernard Cazeneuve, l’ex-premier ministre qui a cautionné cette cérémonie néocoloniale, ont honteusement signifié qu’à leurs yeux, l’anglais, ou plutôt le Globish bas de gamme, est désormais la seule vraie « langue universelle ».

Mais la contrepartie de ce début d’insoumission linguistique populaire est aussi, hélas, que le FN, qui n’avait jamais aucun soutien actif à la langue française*, entend désormais dévoyer le patriotisme linguistique des Français et des autres Francophones au profit de sa sordide idéologie xénophobe. Raison de plus pour…

  •  …  ne pas abandonner ce sujet vital à l’extrême droite, comme d’autres sujets lui ont déjà été si longtemps délaissés en vertu d’un faux internationalisme : drapeau tricolore, Marseillaise, souveraineté nationale, Frexit progressiste…
  • … qu’ensemble, les militants progressistes, politiques, syndicaux ou associatifs, qui ont jusqu’ici fait fort peu de choses ensemble sur ce front du combat de classe, retrouvent l’élan politique, culturel et linguistique qui était celui de la gauche populaire à l’époque de Victor Hugo, puis à celle du Front populaire, des Lettres françaises, de Barbusse, de Prévert, d’Eluard, d’Aragon ou de Jean Ferrat.
  •   … que, sur des bases conjointement patriotiques et internationalistes, les mouvements progressistes, et d’abord ceux qui sont opposés à l’UE, au Pacte transatlantique et à l’OTAN, combattent la langue unique, vecteur de la destructive idéologie néolibérale unique dont le tout-globish est le « facilitateur » européen et mondial.
  • … que les syndicalistes de classe, s’emparent de cette question avant que des millions de salariés ne deviennent des parias linguistiques dans l’entreprise… ou à la porte des entreprises !
  • … que les militants de la vraie gauche cessent de marcher, à la suite d’Europe-Ecologie-les Verts, dans l’escroquerie antirépublicaine de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, qui, sous couvert de défendre les langues régionales (ce patrimoine indivisible de toute la Nation), détruit la citoyenneté française universaliste, déstabilise l’officialité de la « langue de la République », met l’argent public à la disposition des euro-séparatismes réactionnaires… et continue chemin faisant d’ignorer l’apprentissage laïque de l’arabe première ou seconde langue dans nos collèges et lycées publics.
  •   … que les défenseurs de la nature et de sa foisonnante « biodiversité », défendent aussi la diversité des langues ébranlée par le tout-anglais et par la sous-culture capitaliste « made in Hollywood » dont il est l’un des vecteurs : car il n’y a de langue et de culture véritables que s’il existe des langues, des cultures, et des échanges équitables entre elles. Souvenons-nous de la parole réellement internationaliste et authentiquement européenne (et non pas européiste !) de feu le grand écrivain italien Umberto Eco : « la langue de l’Europe, c’est la traduction ! ».

Creuset du lien social, terrain et instance de clarification des affrontements de classes, « langue de la République » au titre de l’article II de la Constitution, sédimentation en devenir de toute notre histoire nationale dans ses contradictions, premier service public du pays et ciment de la Francophonie internationale, bien commun par excellence de la France, du Québec, des pays de l’Afrique francophone, d’Haïti, de la composante francophone de la Belgique et de la Suisse, trésor et ressource d’avenir de la culture mondiale, rempart national et mondial face à la barbarie de la novlangue et de la « non-langue » euro-mondialisée unique, la langue française est en grave danger. Ne prétextons plus jamais d’un pseudo-internationalisme, qui ne fait que repeindre en rose l’euro-mondialisme oligarchique au sein du mouvement ouvrier, pour délaisser cette grande question politique et sociale. Dans toutes nos luttes contre le MEDEF, contre l’UE et contre les gouvernements successifs qui les servent, « reprenons langue » et tendons aussi la main aux résistances linguistiques des pays voisins ; faute de quoi un jour prochain viendra où les mots nous manqueront pour crier d’une seule voix « Tous ensemble ! » face aux casseurs d’acquis et de peuples souverains !

Faux amis du français, de la République française et des francophones, les dirigeants et les députés FN, Marion Le Pen en tête, fréquentent assidument, de Bruxelles à Strasbourg en passant par Anvers, les nationalistes flamands qui persécutent les Francophones de Belgique et qui affichent arrogamment leurs visées irrédentistes sur la ci-devant Flandre française…

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/devenons-insoumis-linguistiques/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

BASE 14 995X225Bon courage pour convaincre le camp "progressiste"! Une petite suggestion à mes amis communistes: peut- être faudrait- il réinterroger le concept de progrès...A la lumière de Michéa, par exemple... Surtout quand on voit les résultats concrets!   P.G.

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La mauvaise chute de Tariq al-Capone

J'ai toujours considéré inélégant de tirer sur l'ambulance. Mais que faire lorsqu'on est en guerre et qu'on se rend compte que l'adversaire utilise les ambulances pour exfiltrer ou relocaliser ses troupes? On l'aura deviné, je parle du panier à salade qui a évacué M. Tariq Ramadan de l'arène des idées pour le transférer sur le terrain du procès de mœurs. Malgré la gravité des accusations qui pèsent sur lui, certains en éprouvent comme une frustration. Comme si Frère Tariq, tel Fantômas, s'était encore une fois tiré d'affaire avec son habileté d'anguille.

ARG FRERE TARIQ

Voici quelques jours, mon ami Christophe Calame publiait sur les réseaux sociaux quelques phrases de journal consacrées à l'affaire. «La formule était cinglante — «Tariq Ramadan est tombé, comme sont tombées Mossoul et Raqqa» — mais hélas incomplète. Tariq Ramadan est tombé comme Mossoul et Raqqa seraient tombées non en tant que bastions de l'État islamique, mais, par exemple, en tant que lupanars (ce qu'elles étaient sans doute aussi, mais collatéralement).

Loin de moi l'idée de considérer le viol comme une faute collatérale. Je laisse ce mépris aux copains et défenseurs parisiens de M. Strauss-Kahn. Mais Tariq Ramadan est «tombé», tel Al Capone piégé par le fisc, à cause d'un sous-produit de son industrie, et non à cause du «cœur du business» qu'il serait urgent de démonter.

La focalisation sur le comportement privé du petit-fils de Hassan al-Banna (et petit-neveu du «réformiste libéral» et dissident Gamal al-Banna dont il ne se réclame guère) risque d'escamoter son action publique et la subversion rétrograde qu'il a efficacement contribué à répandre. Bref, ce magistère idéologique (n'allons pas l'appeler spirituel, car on peine à déceler une quelconque spiritualité dans sa rhétorique) qui continue d'intimider une part significative de l'opinion et d'en électriser une autre. Et qui a sans doute efficacement prolongé son impunité sur un chemin parsemé d'abus inaperçus par des yeux qui regardaient ailleurs et de dénonciations non entendues par des oreilles soudain fermées à la détresse féminine. Quand il ne s'agissait de pure et simple indolence, comme celle de Mme Brunschwig-Graf qui, alors ministre de l'instruction publique du canton de Genève, s'était refusée à agir «sur la base de rumeurs» — mais qui ne s'est nullement empressée non plus de faire vérifier lesdites rumeurs. (Fort heureusement, elle allait par la suite devenir présidente de la Commission fédérale contre le racisme, et donc en mesure de sévir contre ceux qui auraient eu l'idée de creuser ces rumeurs et d'en tirer d'abusives conclusions.)

Des vertus de la présomption d'innocence

Des mois, voire des années durant, les responsabilités pénales hypothétiques du professeur genevois vont donc occulter ses responsabilités morales établies. Car, en attendant son verdict, M. Ramadan bénéficie de toutes les protections que lui confère l'État de droit, à commencer par la présomption d'innocence que défendront jusqu'à la dernière miette de vraisemblance certains des avocats les plus prestigieux et les plus coûteux du barreau genevois.

Que Frère Tariq soit condamné ou non au terme du processus n'est même pas si important que ça. On savoure d'ores et déjà l'ironie de l'histoire qui a fait de cet islamiste sophistiqué le héros d'une nouvelle affaire Dreyfus. Les camps sont formés et ne démordront pas de leurs positions. En cas de condamnation, ceux qui ont d'emblée crié au «complot sioniste» n'y verront bien entendu que la confirmation de leur thèse. En France, la polémique entre la tribu Médiapart (pro-TR) et la tribu Charlie Hebdo (anti-TR) a rapidement enflé jusqu'à l'accusation d'appel au meurtre!

En attendant, plus personne ne songera à s'occuper du message central du gourou.

Mais quel est-il, au fait? Dans le brouhaha de ces derniers jours, on l'a complètement perdu de vue. Pour peu qu'on ait jamais eu envie de le voir, de le décomposer et de le résumer. Ce travail-là eût été une affaire d'intellectuels et d'universitaires — en particulier lorsqu'il s'agit, comme ici, d'un intellectuel particulièrement bien verni. Mais les intellectuels du domaine francophone semblent fort réticents à croiser le fer avec Frère Tariq. Ils préfèrent laisser cette périlleuse besogne à des politiques bien moins outillés pour cela. Quand ils ne pétitionnent pas en sa faveur.

Petite parenthèse: de l'impunité des «grands intellectuels»

La levée de boucliers en faveur de Frère Tariq est à l'opposé diamétral du lynchage public de Harvey Weinstein, alors que les deux étaient accusés, à peu près, des mêmes forfaits. C'est que l'un est un «grand intellectuel» dénoncé par des femmes sans éclat tandis que l'autre n'est qu'un jouisseur et un faiseur de fric accusé par des stars. Et peu importe si l'intellectuel ne laisse qu'un sillage de brumes et de louvoiements alors que le jouisseur, tout poisseux qu'il est, a produit certains des meilleurs films de ces dernières décennies.

C'est étrange, chez les intellos, ce besoin de se décerner des alibis, aurait observé Michel Audiard. On songe à la vague de compassion dont a bénéficié parmi ses pairs cet autre enfumeur de haut vol, le philosophe marxiste Louis Althusser, lorsqu'il étrangla sa femme. Ce crime sordide, qui n'aurait valu à un homme ordinaire que honte et répudiation publique, a fait d'Althusser un mythe, surtout parmi ceux qui ne l'avaient jamais lu. Le médiocre rimailleur Cantat, en orchestrant son come-back, s'est sans doute cru lui aussi membre de la caste des druides lévitant au-dessus de la loi commune. Mais il s'est pris les pieds dans le tapis: il n'avait pas pondu suffisamment de théories obscures pour que le meurtre sauvage de Marie Trintignant lui soit tout à fait pardonné.

Coincer l'escobar

Mais revenons au message central de Frère Tariq, à son rôle dans le dispositif. Il n'est jamais aisé de cerner la tactique d'un jésuite: nos amis catholiques en savent quelque chose avec leur dernier pape (et le premier issu de la Compagnie de Jésus). Or Frère Tariq est, par son habileté rhétorique et ses procédés, l'autre grand jésuite qu'il nous reste. Il mérite même, stricto sensu, l'appellation d'escobar, ce substantif que nous a légué Blaise Pascal en exposant dans ses Provinciales l'hypocrisie du pompeux jésuite espagnol Antonio Escobar y Mendoza (1589-1669).

«ESCOBAR, subst. masc. — Personnage hypocrite, sachant utiliser d'adroits subterfuges pour arriver à ses fins ou les justifier.»

Nous n'avons plus hélas de logiciens suffisamment lucides et déterminés pour disperser comme un Pascal la jésuiterie orchestrée par Tariq Ramadan et son entourage de frères musulmans. Nous n'avons même plus, du reste (et c'est plus grave), suffisamment de foi en la logique. Il nous faut nous débrouiller tout seuls avec nos modestes moyens intellectuels et notre aversion pour l'esbroufe, cet instinct précieux que toute notre éducation supérieure s'emploie à endormir.

En pareil cas, le mieux est de ramener le cas à ses éléments fondamentaux. Quelles sont les fins de Tariq Ramadan? Rendre l'ordre social et politique de l'islam légitime en Europe — et bien entendu légal dans un deuxième temps. Et ses adroits subterfuges? Essentiellement, le double langage, «la duplicité des polémistes jésuites, qui usent de deux poids et deux mesures selon qu'ils ont affaire à leurs amis ou à leurs ennemis».

Il n'est qu'à comparer la dissonance entre les propos tenus par Frère Tariq à l'attention de sa clientèle européenne et ceux qu'il réserve au «B2B», à sa communication intraislamique. D'autres l'ont relevée, il suffit de prendre la peine de lire.

Pour amadouer son public infidèle et le convaincre de la compatibilité de l'ordre politique islamique avec l'état de droit européen, Ramadan convoque une vaste et superficielle bibliographie de philosophes occidentaux, mais en évitant soigneusement de mettre en question ses propres dogmes fondamentaux. Il insinue, sous-entend, calomnie (au sens pascalien). Détail hautement significatif: le retour perpétuel de la phrase «vous me faites dire ce que je n'ai pas dit» — due sans doute à la malveillance de ses détracteurs, mais également à la cautèle dont il entoure ses propres positions.

Pour lever cette brume, pourtant, il y a un procédé simple: mettre le maçon au pied du mur. Lui demander, par exemple, de préciser si le meurtre pour Dieu demeure toujours plus halal que le meurtre par emportement, comme il l'illustre dans un livre de 1995, faisant passer avec art la violence djihadiste pour une non-violence «théologique».

Plus concrètement encore, insister pour obtenir du rhéteur une condamnation sans équivoque (par oui ou par non) de la lapidation des femmes, en tant que symbole des pratiques les plus incompatibles qu'on puisse imaginer avec un ordre social moderne. C'est cette condamnation fondamentale qu'aucun adversaire de Ramadan n'a jamais pu obtenir. Tout juste a-t-il concédé l'idée d'un «moratoire» sur les châtiments corporels — et l'a traduite par un appel monocorde conçu pour ne pas être entendu là où il aurait dû l'être.

Imagine-t-on un responsable politique européen, un intellectuel, un prof par surcroît, proposer un «moratoire» (et non un rejet net et absolu) sur les pratiques pédophiles?

Il est étrange que tous ses interlocuteurs aient passé outre cette hypocrisie fondamentale sans jamais lui opposer la politique de la chaise vide. Une femme lapidable, pourtant (avant ou après le fameux «moratoire»), est par excellence aussi une femme violable. L'argument a étrangement échappé aux féministes indignées, qui ont préféré dénoncer la «culture du viol» qui serait la marque de «l'homme» en général, plutôt que la signature du prédicateur moraliste en particulier, quelle que soit sa religion.

Dans le monde dit musulman, heureusement, tout le monde n'a pas cette myopie de dindes et d'autruches. Certain.e.s ont très clairement établi le rapport entre un comportement et l'idéologie qui le sous-tend. A commencer par les victimes elles-mêmes.

Slobodan Despot

Source: Antipresse.


 

BASE 14 995X225

"le rapport entre un comportement et l'idéologie qui le sous-tend": ça concerne également Weinstein, à mon humble avis, ce n'est simpement pas la même. Pour le reste je partage entièrement la formule:

Une femme lapidable, pourtant (avant ou après le fameux «moratoire»), est par excellence aussi une femme violable

P.G.

 

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Emmanuel Macron accueilli par un concert de sifflets et de huées au Congrès des maires

Les édiles de France ne partagent pas la vision d'Emmanuel Macron pour les communes et ne se privent pas de le lui faire savoir. Comme pendant la campagne électorale, le chef d'Etat a été copieusement sifflé à son arrivée au Congrès des maires.

ACT MACRON MAIRES

La hache de guerre est loin d'être enterrée entre Emmanuel Macron et les maires de France. Venu faire son allocution au centière Congrès des maires de France le 23 novembre, le chef d'Etat avait visiblement prévu l'accueil glacial des édiles, qui ne l'avait déjà pas épargné pendant la campagne électorale.

L'organisation n'avait en effet pas lésiné sur le niveau de décibel de la musique à son arrivée, mais cela n'a pas suffit pour couvrir le concert de sifflets et de huées réservé au président.

Les ors de l'Elysée, où quelques 1 000 maires avaient été conviés la veille, n'ont manifestement pas été suffisants pour les convaincre du bien fondé de l'action du chef de l'Etat à l'endroit des communes.

A l'inverse, le vice-président de l'Association des maires de France, André Laignel (PS), a fait un discours très applaudi. Dénonçant une avalanche de décisions défavorables aux collectivités locales prises depuis l'été, «sans concertation», il a affirmé que les maires étaient «sacrifiés», avant de conclure sous une ovation que la «décentralisation [était] en danger».

https://francais.rt.com/france/45889-emmanuel-macron-accueilli-par-concert-sifflets-huees-congres-maires


 

BASE 14 995X225

Ce ne sera pas faute de les avoir prévenus!

Voir et revoir la conférence de François Asselineau sur les "euro- régions"!

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vendredi 24 novembre 2017

Agenda UPR Limousin: réunion régionale le 16 décembre

A Treignac (Corrèze) les 3 réunions départementales du Limousin se tiendront conjointement dans la salle municipale: nous attendons à ce jour la confirmation de M. le Maire, qui nous a déjà accordé de pouvoir nous réunir dans ces locaux par le passé.

projet reunion régionale

A l'issue de ces réunions, une partie commune nous permettra de

- faire le point sur la situation de nos délégations respectives;

- rendre compte des réunions nationales des 17, 18 et 19 novembre (C.N, DR et Congrès);

- distribuer le nouveau matériel militant (affiches et banderoles);

- dialoguer entre militants et responsables...

Nous en profiterons pour organiser un repas de Noël un peu en avance.

Un courrier sera envoyé pour confirmation et détails de l'organisation, mais il est prudent de se rendre d'ors et déjà disponible, nous espérons une participation importante des militants, adhérents et sympathisants de l'UPR en Limousin, qui a besoin de tous pour se développer!

P. Gombert, délégué régional.

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