vendredi 13 juillet 2018

«Le politiquement correct se radicalise au rythme où la société diversitaire se décompose»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Dans une charge contre le multiculturalisme et le politiquement correct, le sociologue québécois puise dans l'actualité récente des exemples éloquents : suppression du mot «race» de la Constitution, passages piétons aux couleurs de la gay pride à Paris... Un entretien sans concession.


Mathieu Bock-Côté est sociologue et chargé de cours à HEC Montréal. Il a publié Le Multiculturalisme comme religion politique (Éditions du Cerf, 2016).


FIGAROVOX.- Sur fond de moralisation de la question migratoire et de radicalisation féministe, les députés ont voté en commission le retrait du terme «race» de l'article 1er de la Constitution et y ont également introduit l'interdiction de «distinction de sexe». Que cela vous inspire-t-il?

Mathieu BOCK-CÔTÉ.- Cela faisait un bon moment que la proposition d'un retrait du terme «race» de la Constitution traînait dans le paysage politique. On rappelle avec raison que François Hollande en avait fait la promesse lors de l'élection présidentielle de 2012. Le raisonnement est le suivant: si les races n'existent pas, comme on le dit aujourd'hui, pourquoi les mentionner? Ils y voient l'aboutissement constitutionnel d'un antiracisme authentique. Pourquoi pas?

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Mais il y a néanmoins un paradoxe étonnant sur lequel on doit se pencher: c'est au moment où on veut bannir le mot race que la question raciale resurgit au cœur de la vie politique, à travers l'action des groupuscules identitaires d'extrême-gauche, dont les Indigènes de la République sont emblématiques. La mouvance indigéniste entend achever la décolonisation en dénationalisant la France, ce qui implique à la fois sa soumission et sa conversion à un multiculturalisme qui veut non seulement réintroduire la race dans le débat public, mais qui veut en faire la catégorie fondatrice de la citoyenneté et de la représentation. Elle pousse à une racialisation des appartenances qui accule ensuite au séparatisme racial revendiqué, comme on le voit avec la multiplication des «rencontres non-mixtes pour personnes racisées» dans le milieu universitaire, pour emprunter les termes de la novlangue diversitaire. En fait, si on se penche un peu sur les textes de référence de cette mouvance, on constate qu'elle cultive un racisme antiblanc décomplexé. S'il y a une tentation raciste en France, elle vient de là. La mouvance indigéniste excite le repli communautariste et cherche à fissurer le noyau intime de la nation. Mais cela ne semble pas troubler exagérément les grands médias, qui accueillent les représentants de cette mouvance à la manière de grands démocrates. La haine raciale est officiellement proscrite, sauf lorsqu'elle vise ceux qu'on nous invite à appeler les «Blancs» parce qu'il s'agirait simplement d'une critique des «dominants» par les «racisés». La mauvaise conscience occidentale a de l'avenir.

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Qu'on me permette un mot sur cette sociologie racialiste qui s'impose de plus en plus dans l'université. Faut-il mettre le Français, l'Allemand, l'Écossais, l'Anglais, le Russe, le Letton, le Québécois et le Néerlandais dans la même catégorie parce qu'ils sont «Blancs»? Faut-il faire de même avec le Malien, l'Haïtien, le Kenyan et l'Afro-Américain parce qu'ils sont «Noirs»? Cette racialisation débile des appartenances est incroyablement régressive: elle pousse à l'abolition de l'histoire et de la culture pour naturaliser les groupes humains en grandes catégories zoologiques. Mais puisque cette proposition vient de la gauche, ou du moins, d'une certaine frange de la gauche radicale, on l'accueille favorablement, ou du moins, sans trop la condamner.

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Alors devant cela, je me demande quel est le sens de ce vote des députés, qui me semblent incroyablement détachés du réel politique, auquel ils devraient pourtant porter attention. Que pensent les députés qui se sont ralliés à cet amendement de cette effrayante racialisation des appartenances?

Ce progressisme langagier peut-il vraiment réduire ou corriger les injustices et les inégalités?

Allons-y d'une évidence: le langage évolue, et d'une époque à une autre, il y a une forme de tri naturel qui n'est rien d'autre qu'un mouvement de civilisation des mœurs. Dans notre monde, on ne dit plus nègre, on ne dit plus rital, on ne dit plus youpin, et globalement, c'est très bien. L'histoire de la politesse nous rappelle que ce qui peut se dire ou ne pas se dire d'une époque à l'autre varie et on peut se réjouir que certaines insultes hier prisées méritent aujourd'hui à ceux qui les emploient une très mauvaise réputation. Il arrive aussi que ce souci de «politesse» bascule dans l'euphémisation du réel, lorsque le sourd devient le malentendant ou l'aveugle, le non-voyant. On ne sait pas trop ce qu'on gagne à parler ainsi, sinon à déréaliser le langage et à l'enfermer dans un univers autoréférentiel.

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Mais ce n'est plus de cela dont il s'agit ici dans cette orwellisation du langage qui caractérise aujourd'hui la langue médiatique. Souvent, il s'agit de masquer le réel, tout simplement, comme c'est le cas avec la référence obsédante au vivre-ensemble, au moment même où la société se décompose et s'effiloche. Il peut aussi inverser le sens du réel. Il faudrait se souvenir de Jacqui Smith, l'ancienne ministre de l'intérieur britannique, qui en 2008, avait affirmé qu'il fallait parler non plus d'attentats islamistes, mais anti-islamiques, parce qu'ils seraient contraires à la vocation naturellement pacifique de l'islam. De la même manière, quand un homme comme Jacques Toubon joue avec les chiffres et les définitions pour laisser croire que l'immigration massive n'a pas eu lieu en France depuis 40 ans, comme on l'a vu récemment, il s'engage dans un travail de falsification de la réalité qui pousse le commun des mortels à croire que les autorités cherchent moins aujourd'hui à agir sur le réel qu'à le dissimuler. Cette idéologisation du langage devrait nous pousser à relire Milosz et Koestler, qui ont consacré des pages lumineuses à l'aveuglement idéologique.

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La guerre culturelle, qui s'est substituée à la lutte des classes, est d'abord une bataille pour déterminer la signification de notre univers symbolique et pour transformer les codes et repères qui constituent le monde commun. On veut déterminer les paramètres de la perception commune et décider quels phénomènes sociaux ou aura le droit de voir ou non. Comment se représente-t-on la société? Comment a-t-on le droit de la représenter? En fait, le politiquement correct est un dispositif inhibiteur installé au cœur de l'espace public qui a pour fonction de refouler dans ses marges ceux qui affichent leur dissidence avec l'orthodoxie diversitaire. Et le politiquement correct se radicalise au rythme où la société diversitaire se décompose, comme s'il fallait à tout prix empêcher qu'on en tienne compte. De ce point de vue, le multiculturalisme est un régime idéocratique et autoritaire.

Je vous donne un exemple: on parle beaucoup, depuis quelques années, d'une «libération de la parole xénophobe» et il est bien vu de s'en inquiéter. Il y aurait même une montée de l'intolérance en Europe, et la démocratie serait mise en péril par la tentation du repli identitaire - on connaît ce lexique. Mais on peut voir les choses autrement: depuis une quarantaine d'années, on a assisté à la criminalisation progressive du sentiment national, au point où même la forme la plus bénigne de patriotisme a été assimilée à une inquiétante dérive nationaliste. À travers cela, c'est le besoin d'enracinement qu'on a moralement disqualifié. Il n'est plus légitime, pour un peuple, de vouloir assurer sa continuité historique ou de défendre ses frontières devant l'immigration massive sans qu'on présente de telles aspirations comme autant de symptômes de la progression de l'extrême-droite dans la vie publique.

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Alors s'agit-il vraiment d'une libération de la parole xénophobe, ou du simple éclatement d'une digue idéologique et médiatique qui censurait le sentiment national? S'agit-il d'un retour du racisme 70 ans après la deuxième guerre mondiale ou d'un refus enfin affirmé de xénophobiser tout ce qui relève de près ou de loin de la nation? À tout le moins, on comprend que toute bataille politique suppose une bataille pour définir la réalité, mais celle-ci n'est pas infiniment malléable et elle finit par regagner ses droits, que nous la regardions en face ou non.

Plus anecdotique, Anne Hidalgo a décidé d'installer de manière permanente des passages piétons LGBT après qu'un passage piéton «arc-en-ciel» a été recouvert d'insultes homophobes. Dans le même temps, l'Assemblée nationale est pour la première fois pavoisée aux couleurs LGBT. Cette politique en direction des minorités, sous prétexte de lutte contre les discriminations, ne trahit-elle pas finalement l'idéal égalitaire et anti-communautaire républicain?

Je ne suis pas certain que cela soit si anecdotique. Ces insultes contre les homosexuels sont inadmissibles, évidemment, et il est bien qu'on le dise, qu'on le répète, même. Ils relèvent d'une bêtise crasse, abjecte et militante qui devrait avoir honte d'elle-même.

Mais on voit ici comment le politiquement correct récupère ces insultes pour les instrumentaliser: on cherche ainsi à faire croire qu'elles seraient symptomatiques d'une renaissance du démon de l'homophobie qui hanterait la France. Il faudrait urgemment se mobiliser contre lui pour le chasser de la cité. Cela correspond à la sociologie diversitaire qui soutient que les sociétés occidentales se définiraient aujourd'hui essentiellement par une structure patriarcale, homophobe, raciste et sexiste qu'il faudrait faire tomber urgemment. Pouvons-nous raison garder? On constate ici que le système médiatique est prêt à récupérer n'importe quel événement pour maintenir en vie ce grand récit de l'hostilité occidentale à la différence.

Et cela peut aller plus loin. Si la France suit la pente nord-américaine, c'est au nom de la lutte contre l'homophobie, et demain, contre la transphobie, qu'on voudra de nouveau la convertir à la théorie du genre ou qu'on militera pour la reconnaissance d'un troisième sexe normalisé dans les formulaires administratifs, et cela, pour en finir avec la représentation binaire de la différence sexuelle. Et comme on doit s'y attendre, à ce moment, ceux qui ne participeront pas aux applaudissements obligatoires seront rangés dans le camp des réactionnaires. Cela devrait nous amener à réfléchir à la «lutte contre les discriminations», à laquelle en appellent tous les politiques, sans prendre la peine de réfléchir au cadre théorique dans lequel elle s'inscrit et qui la justifie. La moindre différence est désormais pensée comme une discrimination illégitime à combattre.

Autre chose. Il faudrait se questionner sur ce qui, dans le logiciel médiatique, permet de transformer un fait divers en fait politique. Ces insultes sont comprises comme un événement politique exigeant une réponse politique. Mais quelle est la matrice idéologique qui transforme les faits divers en faits politiques, et comment fonctionne-t-elle? Pourquoi, par exemple, le scandale de Telford est-il traité comme un fait divers n'ayant aucune signification particulière? Pourquoi avons-nous parlé avec tant de pudeur des agressions sexuelles à grande échelle de Cologne? Pourquoi la hausse de l'insécurité causée par l'immigration massive est-elle tue, ou même niée, au point même où ceux qui en font mention passent pour des agitateurs racistes et des prêcheurs de haine?

En fait, tout ce qui remet en question la grandeur de la société diversitaire est abordé avec une gêne extrême: on craint que si l'information se rend au peuple, ce dernier n'en tire des conclusions indésirables. Alors on ira même jusqu'à criminaliser les porteurs de mauvaises nouvelles, comme on le voit avec les procès idéologiques à répétition, qu'ont subi bien des intellectuels et journalistes français ces dernières années.

De manière plus large, est-on en train d'assister en France à un nouveau tournant politiquement correct? Régis Debray a-t-il raison de parler d'américanisation de l'Europe?

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Je ne suis pas particulièrement porté à l'anti-américanisme mais je constate qu'il est aujourd'hui nécessaire de critiquer une nouvelle forme d'impérialisme idéologique qui vient d'Amérique et qui pousse chaque nation à la déculturation. Ce n'est pas être anti-américain que de ne pas vouloir devenir américain et de ne pas vouloir plaquer sur la France des catégories historiques et sociologiques qui n'ont rien à voir avec elle. Pour parler du politiquement correct, on pourrait peut-être même parler, pour s'inscrire dans l'histoire culturelle américaine, d'une forme de puritanisme idéologique, qui consiste à vouloir purger une société de toutes ses aspérités culturelles et symboliques, pour les rendre conformes au dogme diversitaire. Il faut refouler les mauvais sentiments que nous inspire la postmodernité et envoyer sans cesse à ses contemporains des signes ostentatoires de vertu, pour emprunter la formule de Vincent Trémolet de Villers. On le fera en dénonçant rituellement, et sur une base quotidienne, s'il le faut, les phobies qui polluent notre monde, quitte à en inventer des nouvelles, comme la grossophobie! Ceux qui prendront la peine de s'intéresser à ce que devient aujourd'hui l'université américaine et aux types de controverses qui l'animent seront sincèrement horrifiés.

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Mais on peut aussi voir dans l'idéologie diversitaire qui a fait du politiquement correct son régime de censure médiatique une poursuite de la tentation totalitaire qui hante la modernité et qui se présente aujourd'hui sous un nouveau visage. De nouveau, on rêve à un monde réconcilié, réunifié et absolument transparent à lui-même. Un monde sans identités, mais aussi sans carnivores, sans fumeurs, sans buveurs, sans dragueurs, sans aventuriers et sans relations particulières, c'est-à-dire un monde sans amitié, absolument programmé, lisse, amidonné - un monde qui aurait fait mourir d'ennui un Joseph Kessel et qui donnerait des envies d'exil à un Sylvain Tesson. Nous recommençons à rêver de l'homme nouveau, mais il s'agit cette fois de l'homme sans préjugés, délivré de ses appartenances, de sa culture, de ses désirs et du vieux monde auquel il était encore lié. Le politiquement correct a pour vocation d'étouffer la part du vieux monde encore vivante en lui pour lui permettre d'enfin renaître après son passage dans la matrice diversitaire, purifié et prêt à embrasser une nouvelle figure de l'humanité, délivrée de cette préhistoire morbide qu'aura été l'histoire de l'Occident. Car pour que l'humanité nouvelle advienne, on doit d'abord en finir avec l'Occident en général et l'Europe en particulier. Si on ne comprend pas cela, on ne comprend fondamentalement rien au progressisme d'aujourd'hui.

Ce politiquement correct a été embrassé depuis longtemps en Amérique du Nord. Quand est-il né exactement? Comment a-t-il imposé son hégémonie culturelle?

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En un mot, il naît sur les campus américains, à partir de la fin des années 1960, et se développe jusqu'aux années 1980, où il commence à s'institutionnaliser dans l'université, avant de devenir médiatiquement hégémonique avec les années 2000. C'est le fruit des Radical Sixties et d'un croisement bien particulier entre le néomarxisme et les formes les plus toxiques de la contre-culture. Très schématiquement, il repose sur une critique radicale de la civilisation occidentale, accusée d'avoir construit une figure aliénante de l'homme, qu'il faudrait déconstruire en s'appuyant sur les différentes minorités qui auraient subi son hégémonie. Il faut dès lors attaquer ou censurer ce qui était encore hier la norme majoritaire de nos civilisations, et valoriser ce qui était marginalisé ou laissé de côté. Sur le plan philosophique, le politiquement correct repose sur une inversion radicale du système normatif de notre civilisation, qui doit désormais neutraliser et déconstruire son noyau existentiel, pour se définir désormais à partir de ceux et celles qu'elle aurait historiquement exclu, qui sont désormais investis d'une charge rédemptrice quasi-religieuse.

Concrètement, le politiquement correct repose aujourd'hui sur une culture de la surveillance généralisée: tout ce qui entre en contradiction avec l'orthodoxie diversitaire est dénoncé et monté en scandale par des groupuscules à la psychologie milicienne qui se comportent comme des professionnels de l'indignation - et il s'agit d'une profession rentable. Pas une semaine ne se passe sans qu'on ne dénonce telle ou telle rémanence du vieux monde et sans qu'on nous répète que nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour accoucher de la société diversitaire idéale. Le politiquement correct carbure aux scandales, de temps en temps réels, la plupart du temps artificiels, qu'il sait mettre en scène pour garder la société vigilante contre l'éternel retour du monde d'hier, même sous la forme apparemment neutralisée de la nostalgie. Jamais il ne baisse la garde, jamais il ne veut la baisser. Souvent, il devient ridicule, comme on l'a vu avec la controverse de l'écriture inclusive, et alors, il feint de s'arrêter, mais c'est pour reprendre sa croisade dès que le cycle de l'actualité a repris son cours. De ce point de vue, toute critique du politiquement correct implique une critique du fonctionnement du système médiatique et une explicitation de ses biais inavoués.

N'a-t-il pas été ébranlé par l'élection de Donald Trump? La gauche intellectuelle américaine a-t-elle entamé un début d'auto-critique sur ce sujet?

Au contraire. La gauche intellectuelle américaine se radicalise. Elle ne doute plus d'elle-même. Devant Trump, qui incarne de manière caricaturale et convenons-en, souvent détestable tout ce qu'elle exècre, elle est ivre de vertu et fait valoir encore plus sa splendeur morale. Jamais elle n'a moins douté que maintenant. Avec un grand esprit de sérieux, elle se demande doctement si l'Amérique ne bascule pas vers le fascisme. On devrait être capable de critiquer la présidence souvent inquiétante de Trump sans verser dans une telle outrance - mais la gauche idéologique est-elle capable de s'imaginer un adversaire qui ne soit pas un ennemi du genre humain? Sa tentation, à laquelle toujours elle cède, c'est la croisade morale pour chasser de la cité ceux qui ne souscrivent pas à ses dogmes. Elle ne croit pas au pluralisme politique: elle distingue entre l'avant-garde, qu'il faut célébrer, et dans laquelle elle se reconnaît, et l'arrière-garde, assimilée au bois-mort de l'humanité, dont il ne faut pas s'encombrer et qui est de toute façon condamnée par le sens de l'histoire. Au fond d'elle-même, elle croit à la vertu politique de l'ostracisme. Ce qui la menace, toutefois, c'est qu'une part de plus en plus importante de la population se fiche désormais des campagnes de salissage médiatique. Plus encore: plus les médias désignent à la vindicte publique un homme ou une idée, plus cette frange de la population s'y identifie. La société se polarise comme jamais.

Cette idéologie étrangère à la culture européenne, en particulier française, peut-elle s'imposer durablement sur le vieux continent? Ne risque-t-elle pas de nourrir, comme aux États-Unis, une réaction «populiste»?

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On sous-estime le poids de la révolte contre le politiquement correct dans ce qu'on appelle la poussée populiste contemporaine. Le commun des mortels s'exaspère avec raison contre le contrôle tatillon du langage, contre le culte immodéré des minorités quelles qu'elles soient, contre les délires idéologiques comme l'écriture inclusive, contre un certain féminisme radical qui n'en finit plus d'en appeler à la charge contre le patriarcat alors que nos sociétés n'ont jamais été aussi égalitaires, contre la mouvance trans et queer qui veut déconstruire les fondements même de la différence sexuelle, et ainsi de suite. Le commun des mortels sent qu'on veut transformer radicalement sa culture et naturellement, il se braque. Il y a des limites à faire semblant de rien devant un tel matraquage idéologique. Nos sociétés, avec raison, sont prêtes à s'ouvrir à une pluralité de modes de vie, c'est la grandeur des sociétés libérales, mais n'ont pas particulièrement envie d'être transformées en un grand camp de rééducation idéologique à ciel ouvert avec des sermonneurs sur toutes les tribunes qui les accusent d'être arriérées. Permettez-moi aussi une petite réflexion sur le «populisme». Le «populisme» est un gros mot, très rarement défini, dont on fait usage pour disqualifier moralement et politiquement ceux qui affichent leur dissidence avec l'orthodoxie diversitaire. On s'alarme de sa montée sans jamais nous dire exactement de quoi il s'agit. Et on peut croire que la dénonciation désormais rituelle du populisme dans les médias contribue à cette exaspération populaire, qui pousse aux révoltes électorales comme l'élection de Trump, le Brexit ou l'élection italienne.

Alain Finkielkraut insiste sur la nécessité de refuser «le politiquement correct» sans pour autant verser dans «le politiquement abject». Dans un contexte de crise de l'Occident, cet équilibre va-t-il devenir de plus en plus précaire? Comment le préserver malgré tout?

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Je partage le même souci qu'Alain Finkielkraut. Le politiquement correct comme le politiquement abject sont les deux faces d'une même médaille et ils s'expriment souvent d'une manière absolument détestable sur les médias sociaux. Mais je vous avouerai mon pessimisme: je crois de moins en moins en l'avenir de la courtoisie démocratique, nécessaire à la conversation civique, même si je la crois absolument nécessaire. Pour que la politique soit civilisée, ou du moins, pour qu'on contienne sa charge polémique, elle doit s'inscrire dans un monde commun, qui transcende nos désaccords les plus profonds. Ce cadre, c'était la nation. Quand elle se décompose, c'est une psychologie de guerre civile qui remonte à la surface. Je ne suis pas certain que nous puissions contenir, du moins pour un temps, la radicalisation de la rhétorique politique. Sur internet, je l'ai dit, plusieurs se complaisent dans la fange. La vie publique devrait exiger une certaine décence. Elle suppose aussi une pluralité légitime de points de vue: aucun camp ne devrait réclamer pour lui le monopole du vrai, du bien et du juste.

Mais je suis convaincu d'une chose: plus le discours dominant fonctionnera au déni de réel et plus il diabolisera ceux qui cherchent à en rappeler l'existence, plus il poussera à la révolte de grandes couches de la population et dégagera un boulevard pour des entrepreneurs politiques qui sauront canaliser cette exaspération. En fait, cette recomposition est déjà commencée. Reste à voir quel visage elle prendra.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/06/29/31003-20180629ARTFIG00371-bock-cote-le-politiquement-correct-se-radicalise-au-rythme-o-la-societe-diversitaire-se-decompose.php

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jeudi 12 juillet 2018

Paris : vous n’allez pas reconnaître la gare du Nord

La partie de Monopoly sur les gares parisiennes a commencé. La direction de la SNCF a décidé de vendre la plus importante gare d’Europe au groupe Auchan pour 46 ans. Le projet ? Naturellement un nouveau centre commercial.

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Le projet de rénovation de la plus grande gare d’Europe a été validé ce lundi matin. 600 M€ vont être investis pour transformer cette gare, d’ici à 2023. A terme, la SNCF n’y sera qu’un actionnaire minoritaire, associé à Ceetrus (groupe Auchan).

Le projet qui doit voir la gare du Nord tripler de volume, dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024 a été validé ce lundi matin, lors d’un conseil d’administration extraordinaire de SNCF Mobilités. Et c’est avec le groupe Auchan (Ceetrus) que l’entreprise ferroviaire a finalement choisi de s’associer.

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La gare du Nord deviendra ainsi la première dont l’actionnaire majoritaire sera une entreprise privée, pour une durée de 46 ans. En attendant, 600 millions d’euros vont être investis dans cette gare, où l’arrivée et le départ des trains ne seront plus qu’une activité... parmi de nombreuses autres.

Tour d’horizon.

Découvrez la gare du Nord en...2024

Une nouvelle «rue » centrale baignée de lumière. Si la halle originelle va globalement rester identique, l’entrée «Transilien », avec ses murs en verre, va être profondément transformée. Cette entrée va en effet devenir une «rue » centrale dans la gare, surmontée d’un toit transparent, sous lesquels vont être «plantés » des arbres. On aura donc un couloir de plus de 300 mètres très lumineux, d’où il devrait être facile d’accéder aux différents quais : Eurostar, TGV, RER et Transilien.

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Des jardins et une piste d’athlétisme sur les toits. La nouvelle gare du Nord va voir devenir plus verte, avec 7 000m² d’espaces verts et 3 200m² de panneaux solaires. Ce futur jardin public, situé sur les toits de la gare du Nord, côtoiera également des espaces dédiés au sport, au coworking et enfin, une piste de « trail » longue de 1 km, qui vous permettra de faire votre jogging sur le toit de la gare, offrant une vue imprenable sur la capitale.

Une salle de concert et des espaces culturels. En 2023, la surface dédiée aux commerces, aux restaurants et aux services, aura été multipliée par cinq, pour atteindre 50 000 m². Ainsi, trois autres restaurants, plutôt chics, doivent ouvrir dans la gare. Mais aussi de nouveaux espaces culturels, avec notamment une salle de concerts de 2 000 spectateurs qui sera gérée par Live Nation, ainsi qu’une zone d’exposition, tournée essentiellement sur les arts numériques.

Un parking vélo géant et trois fois plus d’escalators. Et les usagers du quotidien dans tout ça ? Le projet de la SNCF vise également à améliorer sensiblement les flux de circulation dans cette gare, qui verra passer chaque jour 800 000 passagers en 2024, et 900 000 en 2030. D’abord en leur accordant plus de place, puisque les espaces de circulation vont plus que doubler de surface, passant de 15 000 à 37 000 m².

Et parce que la gare du Nord est avant tout une gare «verticale », il y aura beaucoup plus d’ascenseurs (55 contre 20 actuellement) et d’escalators (105 contre 45). Il est également prévu de construire un immense garage à vélos de 1 200 places à l’entrée de la gare, sur la rue de Dunkerque. Enfin, la gare routière, va être également agrandie et complètement réaménagée.

La SNCF ne sera plus «chez elle » à gare du Nord. Pour la première fois dans l’histoire de la SNCF, quand la rénovation de la gare du Nord sera achevée, elle n’y sera plus vraiment chez elle. D’abord engagée avec le promoteur Ceetrus (ex Immochan) dans le cadre d’une société d’économie mixte, la SNCF sera à terme actionnaire minoritaire (à 34%) au sein d’une société anonyme aux côtés de Ceetrus, qui pour les 46 prochaines années, sera le véritable «taulier » de la gare du Nord.

http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/vous-n-allez-pas-reconnaitre-la-gare-du-nord-09-07-2018-7813650.php

AFFICHE PRIVATISATION GARE DU NORD

Posté par UPR Creuse à 07:46 - - Permalien [#]
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Des familles de policiers vivent dans la peur

L’agression d’un couple de policiers devant leur fille de trois ans à Othis n’est pas un phénomène isolé selon Perrine Sallé, qui milite dans une association de défense des familles travaillant au sein des forces de l’ordre.

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Les familles dont les membres travaillent dans les forces de l’ordre et de sécurité sortent de l’ombre. Le 9 juillet, une mobilisation a été organisée à Paris pour soutenir les proches des policiers, militaires et CRS subissant les conséquences de l’impopularité de leur profession. « La haine de l’uniforme se propage aux familles. », déplore Perrine Sallé, ex-compagne de policier et porte-parole de l’Association femmes des forces de l’ordre en colère (Affoc), qui s’est confiée à RT France.

La mobilisation du Trocadéro s’est déroulée alors qu’un couple de policiers s’est fait passer à tabac ce 5 juillet devant leur petite fille de trois ans à Othis (Seine-et-Marne), car la policière avait contrôlé les agresseurs peu de temps auparavant. « On a recensé sept enfants harcelés et tabassés car ils sont fils ou filles de CRS ou de policiers. Ils se font injurier. Ils sont obligés de mentir sur la profession des parents. Les familles vivent dans une peur perpétuelle. », détaille Perrine Sallé.

Menaces, insultes, agressivité : les forces de l’ordre et leurs familles alertent

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« Les enfants entendent : « Ton père, il finira brûlé comme un nugget. » », « Tu vas devenir orphelin. » ou encore « On va l’égorger comme à Magnanville », poursuit la militante. Comment réagissent les responsables scolaires ? « Il n’y a aucune réaction de la part des professeurs et un sentiment d’impunité de la part des délinquants. », estime encore la porte-parole de l’Affoc, qui poursuit : « Des enfants doivent partir en vacances anticipées, d’autres ont été déscolarisés. Il y a eu des hospitalisations de petits, qui tombent en dépression, ou sont victimes de terreurs nocturnes. »

Les compagnes de membres des forces de l’ordre, lorsqu’elles se font repérer, peuvent aussi être la cible de l’agressivité de délinquants.

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« On se fait insulter dans la rue. », témoigne Perrine Sallé. Lorsqu’elle est intervenue dans des discussions sur les réseaux sociaux pour défendre les familles de policiers, elle s’est aussitôt fait menacer de mort. « Mais quand on dénonce des injures sur les pages anti-flics, anti-uniformes, qui appellent au tabassage et au meurtre des familles, il n’y a aucune censure malgré les signalements. Pourtant certaines comptent jusqu’à 56 000 membres. », s’indigne-t-elle.

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Au point que certains policiers, pour éviter qu’on les identifie, font expédier leur courrier libellé « Ministère de l’Intérieur » à une adresse différente de celle de leur domicile. Cette peur est rarement exprimée dans les médias, selon la militante. « Les policiers et les militaires sont soumis au devoir de réserve et ne s’expriment pas. », développe Perrine Sallé. « Puisqu’ils ne peuvent pas s’insurger, personne ne se rend compte de ce qu’ils vivent. », déplore-t-elle. « Leur hiérarchie utilise en outre des moyens de pression contre le forces de l’ordre qui ont envie de dire que ça se passe mal. Pourtant ce n’est pas pour entacher l’institution mais pour que la situation s’améliore. », estime-t-elle également.

« Si nous-mêmes familles sommes en danger et que ceux qui garantissent la sécurité sont menacés, comment penser qu’ils vont assurer leur mission ? », interroge la porte-parole. La jeune femme a écrit quatre fois au ministère de l’Intérieur, sans obtenir de rendez-vous. « Il faut faire comprendre que cette situation est à risque pour tout le monde et nous attendons de vraies mesures. », conclut-elle.

 

Policières

 


 

Source :

https://www.facebook.com/FdFdOeC/

https://francais.rt.com/france/52309-ton-pere-finira-brule-comme-nugget-familles-policiers-vivent-peur

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"On risque l'insurrection"​ : même Alain Minc trouve que Macron exagère

Interrogé par "Libération" ce lundi 9 juillet, Alain Minc demande au gouvernement une politique plus sociale. Si même le théoricien du "cercle de la raison" et de la "mondialisaiton heureuse" le dit...

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Si même lui s'y met… Ce lundi 9 juillet, le consultant libéral Alain Minc se livre dans les colonnes de Libération. Il adresse un sévère avertissement à Emmanuel Macron, dont il juge la politique… économiquement trop à droite. "Les inégalités engendrées par le système de marché accroissent le risque d’un spasme sociétal, d’une révolte dont la forme est imprévisible", tremble l'énarque, qui a pourtant soutenu le fondateur d'En Marche en 2017. Avant de clairement s'inquiéter : "On ne peut pas continuer comme cela, l’inégalité est trop forte. On risque l’insurrection". Et, comme chacun sait, les insurrections, ce n'est pas bon pour le commerce.

Cela n'étonnera personne, Alain Minc a une idée précise des rectificatifs à apporter à la politique économique du gouvernement. L'augmentation ciblée des impôts n'en fait pas partie. "En Europe, les'1%' reçoivent 8% du revenu (…). Une telle inégalité est insoutenable. Mais si l’on cherche à y remédier par les mécanismes classiques de la redistribution égalitaire, on a besoin de sommes énormes, qui seront prélevées sur la classe moyenne, ce qui n’est guère plus satisfaisant", se justifie cette figure de l'élite financière française. L'ex-inspecteur des finances préfèrerait mettre en place un intéressement des salariés à la réussite des entreprises : "Il faut instaurer le principe de l’équité : réserver la redistribution à ceux qui en ont le plus besoin en révisant les méthodes de l’Etat-providence. Quant aux salariés, ils doivent bénéficier d’un partage du capital, sous la forme d’une distribution d’actions qui leur garantit un patrimoine". Une réforme qui profiterait surtout - par définition – aux salariés des entreprises les plus prospères.

Mondialisation plus si heureuse ?

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Jusqu'à présent, Alain Minc ne passait pas vraiment pour un héraut de la redistribution des richesses. Conseiller de nombreux patrons du Cac 40, comme François Pinault ou Vincent Bolloré, il est l'inventeur de concepts définitifs tels que le "cercle de la raison" pour qualifier la Fondation Saint-Simon, repaire de libéraux de gauche et de droite, ou la "mondialisation heureuse" à propos de l'internationalisation de l'économie.

A croire qu'un début de fébrilité commence à gagner certaines élites. Il est vrai que la popularité d'Emmanuel Macron s'est sérieusement érodée, pour tomber à 31% d'approbation en juin. Le 4 juin dernier, les économistes Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, qui ont inspiré le programme d'En Marche, ont adressé au Président une note dénonçant "l’image d’un pouvoir indifférent à la question sociale".

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De là à affirmer qu'une révolution est en germe, il y a un pas qu'on ne franchira pas. C'est qu'Alain Minc ne s'est pas toujours signalé par sa prescience économico-politique. En 2016, il voyait Hillary Clinton élue à la présidentielle américaine, "Dieu merci, en faisant de la politique classique". En janvier 2008, neuf mois avant le krach boursier, il annonçait dans une émission de télévision qu'une crise financière d'ampleur était évitée. "Ce que je voudrais quand même ajouter (...), c'est quand même l'incroyable plasticité du système. Parce que, on nous aurait dit que, au fond, le système financier serait régulé avec un doigté tel qu'il évitera une crise qui aurait pu être quand même de l'ampleur des très grandes crises financières qu'on a connues dans le passé... (…) L'économie mondiale est plutôt bien gérée". On ne se refait pas.

https://www.marianne.net/economie/risque-l-insurrection-meme-alain-minc-trouve-que-macron-exagere?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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mercredi 11 juillet 2018

Les Français en liesse après la qualification des Bleus pour la finale du Mondial

De Paris à Marseille en passant par Lyon ou encore Bordeaux, les Français ont massivement investi les rues pour célébrer la victoire de la France face à la Belgique,. Pour la troisième fois, le pays renoue avec une finale de Coupe du monde.

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Après 90 minutes de stress, les Français ont laissé éclater leur joie : ce 10 juillet, les Bleus se qualifiaient pour la finale de la Coupe du monde de football en Russie, en battant 1-0 la Belgique, à Saint-Pétersbourg.

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Aux cris de : «On est en finale ! On est en finale ! On est, on est, on est en finale !», ils étaient nombreux à brandir drapeaux tricolores et fumigènes, dans les rues des grandes villes du pays.

Dans la capitale comme en province, de nombreux écrans géants avaient été installés pour permettre au plus grand nombre d'assister au match.

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L'avenue des Champs Elysées n'a pas fait exception : des milliers de Franciliens se sont rendus sur la plus célèbre des avenues du monde pour célébrer la victoire des hommes de Didier Deschamps. 

Les Bleus affronteront en finale de la Coupe du monde, le vainqueur de la demi-finale Angleterre-Croatie qui aura lieu le 11 juillet.

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Un des rares moments où les Français peuvent afficher leur fierté nationale sans se faire traiter de "fachos", espérons que la flamme ne s'éteindra pas de sitôt! Dans ces moments là, voir une multitude de drapeaux français sans l'exécrable drapeau aux étoiles d'or est un pur moment de bonheur!   P.G.

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Crise au Royaume-Uni : après ​le ministre du Brexit David Davis, Boris Johnson démissionne

Après le ministre du Brexit David Davis la veille, c'était autour de Boris Johnson de démissionner ce lundi 9 juillet.

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Un double camouflet de taille pour la Première ministre Theresa May, deux jours après l'adoption par son gouvernement d'un plan pour un "Brexit doux" qui doit encore être confirmé par le Parlement britannique.

Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a annoncé sa démission dans l'après-midi de ce lundi 9 juillet. Flamboyante figure du camp du "Leave" , l'ancien maire de Londres avait rejoint le gouvernement de Theresa May après le référendum de 2016 ayant entériné le Brexit. Ce week-end, il avait comparé le fait de défendre le plan de "Brexit doux" proposé par Theresa May à "cirer une merde". Son départ fait suite à celui du "ministre du Brexit" David Davis, parti du gouvernement dans la soirée de dimanche.

Theresa May pensait peut-être arriver enfin au bout de ses peines quand elle a annoncé, vendredi, qu'elle était parvenue à rassembler son gouvernement derrière un "Brexit doux", qui assurerait le maintien d'une relation commerciale étroite avec l'Union européenne. Deux jours plus tard, la démission ce dimanche 8 juillet de son ministre chargé de mener la négociation à Bruxelles compromet fortement les plans de la Première ministre et replonge le Royaume-Uni dans la crise.

Le jeu de chaises musicales a commencé : le démissionnaire a été remplacé ce lundi par le conservateur Dominic Raab, jusqu'ici secrétaire d'Etat au Logement, a annoncé le 10 Downing Street. Cet eurosceptique, ancien membre de la campagne pro-Brexit, fait partie de la jeune génération montante du parti de Theresa May.

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David Davis, était le "Monsieur Brexit" du gouvernement depuis le référendum de juin 2016. Dans sa lettre de démission, il dénonce la voie de négociation imposée par Theresa May. Selon lui, les "règles communes" avec l'UE, adoptées par le gouvernement réuni en séminaire vendredi, "laissent le contrôle de larges parts de (leur) économie à l'Union européenne". Il déplore que ce "Brexit doux" ne permette pas de respecter la volonté de rupture avec Bruxelles que les Britanniques ont exprimée à travers leur vote et qu'il encourage l'UE à faire "de nouvelles demandes en vue de concessions" de la part du Royaume-Uni. Dans cette configuration, le contrôle du parlement britannique, qui ne s'est pas encore prononcé sur le plan proposé par le gouvernement May, est selon lui "illusoire". "Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" avec l'UE, assure-t-il. Or, explique-t-il : "L'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, pas seulement un conscrit réticent".

Risque de démissions en série

Cette démission a été suivie par celle d'un de ses adjoints en charge de la sortie du pays de l'Union européenne, Steve Baker, mais surtout par celui ce lundi d'un autre mastodonte du gouvernement, Boris Johnson, également adepte d'une ligne dure sur le Brexit. Dans les jours à venir, Theresa May va donc non seulement devoir nommer des remplaçants, mais aussi convaincre ces nouveaux venus d'adhérer à son plan.

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La situation est d'autant plus à risque pour la Première ministre que David Davis, maintenant hors du gouvernement, pourrait fédérer derrière lui une large partie des eurosceptiques du pays. Même s'il a assuré refuser cette position de leadership, beaucoup le voient devenir le fer de lance de plusieurs élus conservateurs critiquant le "Brexit doux". "Bravo", a ainsi salué Nigel Farage, ancien patron du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP). "Pour que le Brexit réussisse, nous devons nous débarrasser de cette horrible et duplice Première ministre".

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De nombreux députés Tories ont également annoncé ces derniers jours qu'ils retiraient leur soutien à Theresa May, souhaitant la remplacer par un défenseur d'une sortie beaucoup plus dure de l'Union européenne. Interrogées dans les médias ce lundi sur la crise politique provoquée par le départ de David Davis, plusieurs figures du mouvement conservateur britannique ont ainsi émis le souhait de la voir remplacée. Mais David Davis lui-même, questionné par la BBC, a estimé qu'elle devait rester en poste : "Je l'apprécie, a-t-il expliqué. C'est une bonne Première ministre". La locataire de Downing Street pourrait pourtant devoir gérer une motion de défiance dans les jours à venir.

https://www.marianne.net/monde/crise-au-royaume-uni-apres-le-ministre-du-brexit-david-davis-boris-johnson-demissionne?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En matière d'UE, la trahison n'est jamais loin dans les milieux politiques, comme les Français l'ont appris à leurs dépens en 2008 (mise en oeuvre du Traité de Lisbonne), et les "faux nez" de l'opposition aux traités européens ne manquent pas, ceux qui font semblant d'être contre tout en oeuvrant pour le contraire.  A titre d'énième illustration, voir cette vidéo qui vient de sortir:

MELANCHON ELKRIEF BFM

Melenchon refuse clairement de sortir de l UE et de l euro dans son plan B

https://www.youtube.com/watch?v=_TgOqrW7c8w

Mélanchon récidive en réaffirmant que le "plan B" n'est en aucun cas une sortie possible de l'Union européenne!

P.G.

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GUETTA, C’EST PAS MOI.

TRIBUNE LIBRE / Par Floréal, Prcf.

TL GUETTA FLOREAL

Ce 6 juillet, toute la rédaction matinale d’Inter emmenée par Mme Salamé et M. Demorand, auxquels s’était ajoutée la directrice de chaîne en personne, pleurait à chaudes larmes le départ de l’inamovible Bernard Guetta, l’homme qui n’a cessé durant 27 ans ( !!!) de fixer le cap de l’Europe fédérale, du Oui à la constitution européenne, des ingérences à répétition de l’UE-OTAN en Libye, en Ukraine, en Syrie ; l’homme qui n’a tiré aucune leçon des énormes hécatombes qu’ont produites ces ingérences ; le grand amoureux de la paix ( !) et de l’indépendance des peuples ( !!) qui chaque matin, tançait les gouvernements maastrichtiens parce qu’à ses yeux, ils n’allaient jamais assez loin dans l’euro-dissolution de notre pays (pardon : dans la « mise en place d’une Europe politique ») et dans l’alignement empressé sur Clinton, sur Obama, sur Sainte Angela, « l’honneur de l’Europe » (car prôner l’alignement français sur Trump est désormais plus compliqué : il est fâché avec Merkel et l’esclave le plus veule doit presque se poser des questions quand il lui faut servir à la fois deux maîtres qui s’affrontent…).

Plusieurs comportements suscitaient la pitié ce matin à l’audition de "la France-Inter".

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Tout d’abord, celui de Guetta lui-même qui disait naïvement, et disons-le, sottement, « ne rien comprendre » à ce qui suscite le désamour massif actuel des peuples européens à l’égard de cette si belle Europe de la prospérité, de la paix et du progrès social que lui avaient promis les zélotes de Maastricht et de l’euro-Constitution. Bien sûr, l’ayatollah des Nouveaux Croyants risquait l’hypothèse que, peut-être, les peuples n’aiment pas perdre massivement, fût-ce au nom de « L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE ! », leurs acquis sociaux si difficilement gagnés dans le cadre des États-nations constitués. Mais bien entendu, le réflexe pavlovien revenait aussitôt et la réponse attendue arrivait vite : pour sauver les acquis sociaux, il faudrait… mais oui, vous avez deviné : PLUS D’EUROPE POLITIQUE, voyons ! Comme si chaque pas en avant de la construction européenne n’avait pas été suivi de DIX pas en arrière en matière de délocalisations, de privatisations, de casse des protections sociales, d’humiliation des peuples traités comme de sales gosses insensibles aux beautés de la belle Europe néolibérale. Comme si les gouvernants européens, Macron en tête, étaient des résistants potentiels aux gros actionnaires européens qui paient leurs campagnes , ainsi qu’aux USA qui, très souvent, ont financé leurs études. Comme si les traités supranationaux ne stipulaient pas cette merveilleuse « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » qui fixe le cap de la dé-protection sociale, de l’américanisation totale de la langue et des modes de vie, de la thatchérisation de toutes les conquêtes civilisatrices du mouvement ouvrier ! Bref, soit ce Monsieur ment, soit il se ment, soit… c’est une bille politique et géopolitique, les trois réponses ne s’excluant d’ailleurs pas forcément …

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Plus grave encore, Guetta a avoué ce matin qu’il n’avait jamais cultivé « l’objectivité », ce qui est pourtant son devoir le plus élémentaire en tant que journaliste d’une part, et que journaliste du service public par ailleurs. Toujours, a-t-il avoué, il fut un « journaliste engagé » pour la « construction » européenne. Y compris en 2005 quand il terminait tous ses éditos sentencieux, non pas par « il faut détruire Carthage » (on a les Caton qu’on peut !), mais par : il serait catastrophique de voter non à l’Europe. Et là, notre critique s’adresse moins à lui, qui a peut-être fini par se convaincre à force d’euro-rabâcher, qu’aux directeurs de chaînes successifs nommés par les pouvoirs maastrichtiens successifs, lesquels ont choisi puis RECONDUIT PENDANT 27 ANS un éditorialiste international qui proclamait chaque matin, sans nulle considération pour les Français en désaccord avec lui, son positionnement UNILATÉRAL ; car si Guetta avoue qu’il était « engagé », c’est-à-dire clairement d’un bord contre un autre, alors pourquoi et au nom de quoi les directeurs successifs d’Inter, et leurs vrais maîtres, les présidents de la République successifs, l’ont-il choisi lui et lui seul, et non pas tel autre journaliste faisant la part des choses, nuançant le propos, essayant au moins d’être « objectif », ne présentant pas son idéologie va-t-en-guerre comme le comble de l’attachement à « la gauche », bref, un journaliste respectant la MAJORITÉ DES FRANÇAIS payeurs de redevance qui ont voté NON à l’euro-constitution et à qui, chaque matin Guetta a dit en quelque sorte : « VOUS EN BOUFFEREZ QUAND MÊME ! » ?

Et si on veut du débat et de « l’engagement », comment se fait-il qu’il n’y ait toujours qu’une couleur représentée sur chacun des grands sujets matinaux d’Inter, Léa Salamé affichant sa sainte horreur de la France insoumise, Guetta sa détestation de l’ex-URSS, de Cuba, du Venezuela bolivarien et de la Russie, Bernard Seux (Les Échos) vantant chaque matin le néolibéralisme patronal et pointant sans trêve les « archaïsmes » du mouvement syndical français ? Curieux « engagement », curieux goût du « décryptage », qui se situe toujours DU CÔTÉ DU MANCHE, toujours du côté des puissants et de l’ordre brutal que recouvrent les mots « euro », « UE » et « OTAN » ; surtout quand on regarde ce qui arrive, non seulement aux migrants chassés de chez eux par les guerres néocoloniales de l’Occident et littéralement noyés par ledit Occident, mais aux peuples grec, portugais, italien et, de plus en plus, au peuple français (mais rassurons-nous, « on est en demi ! »), en matière de macro-chômage, de macro-précarité, de macro-paupérisation et pire encore, de macro-abrutissement des couches populaires et de la jeunesse !

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Pire que pire maintenant : les larmoiements radiodiffusés de « la France-Inter » en grand deuil au matin de ce 6 juillet : certes, ça fait longtemps que le standard d’Inter trie politiquement ses intervenants (ou plutôt, ses faire-valoir, puisqu’ils n’ont jamais le droit de répondre à la réponse et qu’un enfant sage sur deux de cette radio croit bon de commencer en disant, à la manière de Mireille Matthieu remerciant « son public » : « je vous félicite pour la qualité de vos émissions » !), et l’auteur de ces lignes en sait quelque chose lui qui, en dix ans, n’a jamais pu poser à l’antenne la moindre question sur la politique de substitution linguistique du tout-anglais transatlantique à notre langue nationale en perdition. Mais n’empêche, combien ces larmoyants Guettophiles matinaux étaient-ils piteusement emblématiques de ce qu’est devenue une bonne partie de la France-qui-se-croit-de-gauche, tel cet émouvant auditeur matutinal qui pleurait au téléphone pour saluer « Bernard », toute pudeur bue ! ce gentil auditeur, sans doute partisan d’une « guerre de gauche » à outrance en Syrie, ne perdait pas en l’occurrence un journaliste, il perdait un directeur de conscience, un grand-prêtre de cette très sainte Religion euro-œcuménique qui fédère aujourd’hui tous les privilégiés de France et toute la théorie de  leurs affidés bien-pensants…

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Reconnaissons-le cependant, Guetta avait un mérite : il « écrivait » ses papiers et était un des rares journalistes du service public (France-Culture est encore pire qu’Inter de ce point de vue) à savoir lire et à faire des liaisons correctes alors que le débraillé linguistique, que l’avalanche des anglicismes paresseux, que les phrases absurdes du style « les universités vont désormais pouvoir trier leurs-H-étudiants » font désormais florès sur Inter dans la parfaite indifférence du CSA (Cancres Supervisant l’Audimat ?)… Maigre satisfaction toutefois, car à quoi bon parler un français châtié si par ailleurs on appuie fanatiquement un processus global qui détruit la France et qui relègue sa langue de lumière(s) au 36ème dessous ?

Bref, le géo-croisé Guetta va ENFIN prendre sa retraite, contrairement à tant de gens qui, grâce à sa maudite Europe, auront été licenciés et renvoyés à l’enfer des minima sociaux bien avant de parvenir à la date-limite et d’obtenir une super-retraite dorée…

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Laissons la veulerie sangloter. Et demandons-nous si Duclos et Thorez pourraient encore aujourd’hui, étant donné l’état mental d’une bonne partie de « la France-Inter » (l’autre partie n’ayant jamais la parole), lancer encore la fameuse formule qui concluait le vibrant appel diffusé par le PCF clandestin le 10 juillet 40 :  « jamais, non jamais, le peuple de France ne sera un peuple d’esclaves ».

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/guetta-cest-pas-moi-par-floral-prcf-2/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mardi 10 juillet 2018

XIe-XXIe siècles Mille ans d'Histoire belge

La Belgique, État improbable, n'en finit pas de s'interroger sur son identité, son passé, son présent et son avenir.

HIST FRANCE BELGIQUE

Curieux État il est vrai, guère plus étendu que la Bretagne (30 000 km2) mais trois fois plus peuplé (10 millions d'habitants), né en 1830 de la scission des Pays-Bas.

À défaut d'une d'une langue commune, les Belges partagent un art de vivre original, tissé d'humour et d'épicurisme. Au carrefour de toutes les cultures ouest-européennes, ils ont en commun la bande dessinée et le football, la bière et le cyclisme, les Brueghel, Paul Rubens et René Magritte, Hans Memling et Charles Quint... ce qui n'est pas rien !

La Belgique à travers les âges

Les Belges sont cités pour la première fois dans le compte-rendu de Jules César sur La Guerre des Gaules. Depuis cette date, il y a 2000 ans, ils ont connu bien des avatars sans jamais perdre leur spécificité : germaniques par un bout, romans par l'autre. En 1830 naît la Belgique sur un air d'opéra...

Désordres féodaux

Au Moyen Âge, la Belgique, qui n'est encore qu'un concept géographique et non national, est divisée entre d'innombrables seigneuries plutôt prospères et dynamiques, plus ou moins indépendantes : comté de Flandre, duchés de Brabant et de Hainaut, évêché de Liège...

- Conformément au traité de Verdun (843), les comtés de Flandre, de Boulogne et d'Artois, à l'ouest, font allégeance aux rois capétiens, mais avec réticence car ils tiennent à commercer librement avec les Anglais, ennemis traditionnels des Capétiens. Le comte de Flandre figure au premier rang des ennemis de Philippe Auguste à la bataille de Bouvines (1214).

Avec la bataille de Courtrai, le roi Philippe IV le Bel tente de remettre les Flamands dans le droit chemin mais il doit y renoncer... Il faudra attendre Louis XIV et le traité d'Aix-la-Chapelle de 1668 pour que la Flandre méridionale, autour de Lille, Boulogne et Arras, entre dans le giron français !

- À l'est de l'Escaut, on quitte le domaine capétien pour entrer dans le duché de Basse-Lorraine. Il fait partie du Saint Empire romain germanique et s'étend jusqu'au Rhin.

En 1339, profitant de la guerre entre France et Angleterre, la Flandre, le Hainaut et le Brabant-Limbourg se lient par un pacte pour consolider leur indépendance. Ainsi s'efface la frontière de l'Escaut.

Charles Quint réunit les Dix-Sept Provinces

En 1369, Marguerite de Male, comtesse de Flandre, épouse le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Leur petit-fils Philippe le Bon acquiert le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, puis les comtés de Hainaut, Zélande, Hollande et Frise, et jusqu'à l'évêché de Liège, jusque-là indépendant.

Ainsi les Pays-Bas et la Belgique se trouvent-ils pour la première fois unis sous la férule d'un même souverain, le duc de Bourgogne. Après la mort tragique de Charles le Téméraire, cet héritage fabuleux passe à Maximilien 1er de Habsbourg, époux de Marie de Bourgogne, fille unique du dernier duc de Bourgogne.

Le petit-fils de Maximilien, l'empereur Charles Quint n'aura de cesse de consolider ses possessions occidentales. Né près de Gand et de culture française, Charles Quint est attaché à ses « Dix-Sept Provinces » des Pays-Bas plus qu'à aucune autre de ses immenses possessions. À ce titre, il peut être considéré comme le premier souverain belge !

Plus prospères qu'aucune autre région d'Europe grâce à l'industrie du drap, au commerce, à la pêche, à l'agriculture... les Dix-Sept Provinces connaissent une très grande effervescence intellectuelle et culturelle.

Ainsi accueillent-elles avec ferveur l'imprimerie et la Réforme protestante. Il s'ensuit des persécutions et des déchirements qui ternissent la fin du règne de Charles Quint et le règne de son fils et successeur, le roi d'Espagne Philippe II.

À la fin du XVIe siècle, la religion protestante (version calviniste) s'impose dans les provinces du Nord tandis que le Sud (la Belgique et le Nord de la France actuelles) reste bon gré mal gré fidèle au catholicisme et à l'Espagne. C'est la scission. Le Nord calviniste devient indépendant sous le nom de Provinces-Unies.

Au sud, les Jésuites assurent le triomphe de la Contre-Réforme catholique. Malgré les conditions douloureuses de leur naissance et leur implication dans les guerres européennes, les Pays-Bas espagnols (l'actuelle Belgique) s'épanouissent sous la gestion quelque peu débonnaire des Habsbourg d'Espagne puis d'Autriche. On conserve le souvenir de leur plus prestigieux enfant, le peintre baroque Pierre Paul Rubens.

Champ de bataille européen

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Par les traités d'Utrecht (1713) et de Rastatt (1714), les Pays-Bas espagnols tombent dans l'escarcelle des Habsbourg d'Autriche. En 1792, les révolutionnaires français, en guerre contre Vienne, n'ont qu'une hâte, c'est d'occuper les Pays-Bas autrichiens, menaçants car très proches de Paris.

Pour la maîtrise d'Anvers, Bruxelles, Liège et la Belgique, Anglais et Français vont se faire la guerre jusqu'à la défaite totale des seconds, en 1815, à Waterloo (en Belgique !).

Les Anglais obtiennent la création d'un État-tampon au nord de la France, le royaume des Pays-Bas. Mais cette construction artificielle, dans laquelle les Bruxellois et wallons se sentent humiliés, ne dure guère. Elle aboutit à la nouvelle scission de 1830 et à la naissance de la Belgique moderne.

Le nouvel État, dirigé par un roi et une bourgeoisie très francophile, magnifié par d'illustres écrivains de langue français (y compris ceux d'origine flamande : Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Charles de Coster... Jacques Brel), va laisser croire au monde entier qu'il est lui-même à dominante francophone (c'est en français qu'il va administrer et éduquer sa colonie du Congo).

Tensions communautaires

En 1914 comme en 1940, le malheureux pays retrouve sa vocation de champ de bataille de l'Europe. En lot de consolation, après la Seconde Guerre mondiale, sa capitale Bruxelles a l'honneur d'accueillir le siège de l'OTAN et mieux encore [sic] les principales institutions européennes.

Considérée à tort par beaucoup comme une relique médiévale, la monarchie demeure depuis les origines le principal facteur d'unité de la Belgique, sinon le seul ! Léopold 1er (roi des Belges de 1831 à 1865) oriente sans réticence la Belgique vers un régime parlementaire.

Son fils et successeur Léopold II (1835-1909) favorise l'industrialisation du royaume et finance de ses deniers l'expansion ultramarine et la conquête du Congo, au demeurant très critiquée.

Albert 1er (1909-1934) suscite l'admiration par son engagement personnel pendant la Grande Guerre sur le front de l'Yser. Son successeur Léopold III (1934-1951) a une attitude beaucoup plus équivoque après l'invasion allemande de 1940. Il demeure en Belgique, en résidence surveillée au château de Laeken, contre l'avis de son gouvernement, réfugié à Londres.

La question royale divise le pays à la Libération : appelés à se prononcer par référendum en mars 1950 sur le retour du roi sur le trône, les Flamands répondent Oui à 70% et les Wallons Non à 57% ! Léopold III met tout le monde d'accord en abdiquant au profit de son fils. Baudouin 1er monte sur le trône le 16 juillet 1951, à 20 ans. Son frère lui a succédé à sa mort, le 31 juillet 1993, sous le nom d'Albert II.

Albert II ayant décidé de démissionner pour raisons de santé le 21 juillet 2013, à 79 ans, son fils né en 1960 lui a succédé sous le nom de Philippe 1er, avec la lourde responsabilité de maintenir l'unité menacée par les tensions communautaires... 

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=222&ID_dossier=322

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Dysfonctionnements et tensions au sein du SDIS 87

Les sapeurs-pompiers de la Haute-Vienne sont à cran depuis de nombreux mois. Volontaires et professionnels tirent la sonnette d’alarme.

ACT POMPIERS 87

Le feu qui couvait depuis de nombreux mois chez les sapeurs pompiers de Haute-Vienne est en train de se propager dans les rangs. Après les pompiers professionnels, qui dénonçaient en début de semaine, via leur syndicat FO SIS 87, « des problèmes de management à l’origine de mal-être », c’est au tour des pompiers volontaires, et de leur syndicat FSU, de critiquer ouvertement les choix de la direction.

« On tire trop  sur la corde »

« Cela fait maintenant un an que nous dénonçons cette nouvelle forme de management et la mise en place d’une nouvelle gestion d’alerte des volontaires. Celle-ci met en danger les secours en zone rurale, avec des délais d’intervention qui s’allongent », explique Bernard Buisson, secrétaire de la section en Haute-Vienne.

SDIS 87

En plus du système d’alerte, le syndicaliste déplore une mauvaise gestion des effectifs. « Tout est fait pour décourager le volontariat. On envoie en zone rurale des professionnels pour combler les manques de recrues. Et pour pallier le manque de professionnels sur Limoges, on y envoie des volontaires en les appâtant avec des primes. C’est incompréhensible », déplore Bernard Buisson, volontaire depuis trente ans au centre de secours de Saint-Yrieix-la-Perche.

Selon le syndicaliste, les centres de Châlus et de Nexon seraient en sous-effectif. « Les volontaires ont besoin de concilier leur activité de pompiers avec leur travail et leur vie de famille. Avec ce mode de gestion, on tire trop sur la corde », ajoute-t-il.

Et le « tir à la corde » ne date pas d’hier. Entre décembre 2015 et janvier 2016, un audit sur les risques psychosociaux au sein du SDIS 87 avait été réalisé. Il concernait à l’époque les professionnels.

Un audit alarmant

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Et les conclusions étaient déjà des plus alarmantes. Il était fait état de « conditions de travail ayant renforcé la démotivation et la remise en question des compétences de chacun ». « Certains croulent sous le travail, sans soutien hiérarchique, d’autres recherchent le travail dans d’autres services ». Le document, que nous nous sommes procuré, faisait également le constat « d’absence de contre-pouvoir au sein du SDIS 87, générant des problèmes de management à tous les échelons ».

Sur le plan humain, cette description explosive s’était traduite par des problèmes de santé, des burn-out et des tentatives de suicide chez plusieurs agents. À la suite de l’audit, la direction du SDIS 87 avait été renouvelée. Deux ans plus tard, les sapeurs-pompiers ne semblent toujours pas sortis de la crise.

Pierre Vignaud

https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/2018/07/06/dysfonctionnements-et-tensions-au-sein-du-sdis-87_12915673.html

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Non, ce n'est pas incompréhensible !
C'est simplement un élément de plus dans la destruction de la France et de ses services publics.
On vide, on désorganise et à terme on supprime pour confier les tâches au privé qui en fera payer le prix fort aux Français.
Sauf si nous réagissons à temps ; mais pour cela il faut comprendre le mécanisme et... seul l'UPR l'explique !   S.R.

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Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma

TRIBUNE LIBRE / Moon of Alabama

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Publié le 7 juillet 2018 sous le titre Syria – Mainstream Media Lie About Watchdog Report On The ‘Chemical Attack’ In Douma

Traduction : Dominique Muselet

Certains médias traditionnels mentent purement et simplement en communiquant les conclusions du  rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » présumée à Douma.

Le Washington Post écrit :

Un organisme d’inspection international a conclu que du chlore avait été effectivement utilisé dans la ville de Douma la veille du jour où les forces rebelles se sont rendues.

Dans un premier rapport publié vendredi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déclaré que ses inspecteurs avaient découvert des traces de « divers produits chimiques organiques chlorés » sur deux sites qu’elle a inspectés.

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L’OIAC n’a pas du tout conclu que « du chlore avait été effectivement utilisé ». Il a trouvé quelques composés chimiques dont les principaux éléments sont le chlore, le carbone et l’hydrogène dans diverses configurations. Il existe des centaines, voire des milliers, de « produits chimiques organiques chlorés ». Un tuyau en plastique fabriqué à partir de polychlorure de vinyle (PVC = (C2H3Cl)n) est composé des mêmes éléments. On pourrait l’appeler un « produit chimique organique chloré ». La combustion d’un produit en PVC libère divers composés dont beaucoup seront eux-mêmes des « produits chimiques organiques chlorés ». Mais trouver des résidus d’un tuyau en plastique ou de matériaux d’isolation brûlés dans une maison ne signifie pas que du gaz de chlore a été utilisé à cet endroit. Plusieurs des composés trouvés par l’OIAC résultent de l’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau. On peut en trouver dans l’eau chlorée et à peu près partout où on utilise de l’eau chlorée.

La BBC a commis une « erreur » similaire. Elle a titré « La guerre de Syrie : L’attaque de Douma était du gaz de chlore – organisme d’inspection ».

Il a fallu que beaucoup de lecteurs protestent dans les médias sociaux et beaucoup de temps (plusieurs heures) pour que la BBC consente à corriger son « erreur ». Elle titre maintenant: « Guerre de Syrie: ‘Chlore possible’ sur le site de l’attaque de Douma – organisme d’inspection. C’est mieux, mais c’est tout de même encore un mensonge. Ni le rapport de l’OIAC, ni sa note technique (pdf) n’utilisent nulle part l’expression « chlore possible ». de plus la BBC n’a pas mis de note explicative pour indiquer que le titre original avait été modifié.

Le Daily Beast titre : Organisme d’inspection : Du chlore a été utilisé dans l’attaque chimique de la Syrie

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déterminé que du chlore avait été utilisé dans l’attaque chimique dans la ville syrienne de Douma, mais n’a trouvé aucune preuve que des agents neurotoxiques étaient impliqués.

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C’est un mensonge pur et simple. Le rapport de l’OIAC ne dit pas que du chlore a été utilisé. Il ne mentionne le chlore que deux fois et seulement à propos d’attaques précédentes.

The Independent, AlJazeerah, l’Australien ABC News et d’autres diffusent le même mensonge à leurs lecteurs.

Si tant d’organes de presse ont fait cette « erreur » c’est peut-être parce que l’agence de presse britannique Reuters a été la première à répandre cette fausse information :

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Reuters a depuis lors changé le titre et le texte de cet article et écrit « produits chimiques chlorés » à la place de « chlore », mais n’a joint aucune note pour expliquer ce changement. De plus, il ne précise pas qu’on trouve des « produits chimiques chlorés » à peu près partout.

On peut douter que ces « erreurs » aient été commises par simple négligence. Les auteurs veulent plus probablement  créer la fausse impression que la Syrie est responsable d’une « attaque chimique » qui ne s’est pas produite. S’ils disaient la vérité, il leur faudrait aussi expliquer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une large attaque de missiles de croisière contre la Syrie sans aucune raison valable.

Moon of Alabama

Article original: Syria – Mainstream Media Lie About Watchdog Report On The ‘Chemical Attack’ In Douma

Traduction : Dominique Muselet

Source: https://arretsurinfo.ch/syrie-les-medias-grand-public-mentent-a-propos-du-rapport-de-loiac-sur-lattaque-chimique-a-douma/

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