jeudi 1 mars 2018

Bassam Tahhan sur les rebelles de la Ghouta : imaginez «10 000 terroristes en banlieue» de Paris

Universitaire, normalien et spécialiste de géopolitique, le Franco-Syrien Bassam Tahhan détaille ce que les médias occidentaux nomment «rebelles» : une nébuleuse de groupes armés djihadistes réfugiés dans les vergers de Damas.

TL BASSAM REBELLES

Les combats de la Ghouta ont un air de déjà vu. Comme lors du siège d'Alep en décembre 2016, des rebelles sont qualifiés de «modérés» par la presse occidentale, des civils pris au piège, et des accusations répétées à l'encontre du gouvernement de Damas, qualifié de «régime», qui bombarderait des civils.

Mais le Franco-Syrien Bassam Tahhan, ex-professeur d'arabe à l'Ecole polytechnique et ancien directeur de séminaire de géopolitique à l'Ecole de Guerre, livre une analyse différente. «Continuer à dire sur nos chaînes et nos radios [que] ce sont des rebelles modérés, c'est être complice du terrorisme, c'est grave», a-t-il déploré sur le plateau de RT France ce 26 février 2018, détaillant ce que le terme générique de «rebelles» recouvrait en réalité, selon lui.

PINOCCHIO

«[Dans la Ghouta] vous avez des groupes terroristes bien confirmés comme [le Front] al-Nosra, et le groupe Tahrir al-Cham, affilié à al-Nosra, c'est connu. Mais [en outre], il y a Jaïch al-Islam, c'est-à-dire l'Armée de l'Islam», énumère-t-il, rappelant que ce groupe de rebelles était soupçonné en 2015 – par le controversé Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui sert de source quasi-unique aux médias occidentaux aujourd'hui pour décrire les pertes civiles dans la Ghouta – d'avoir déjà utilisé des civils et des soldats syriens comme boucliers humains en périphérie de Damas. Pour l'analyste, le qualificatif de «rebelles modérés» employé pour désigner des combattants djihadistes est en réalité une «fake news».

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Quant au nombre de combattants anti-Damas dans la région de la Ghouta, Bassam Tahhan l'estime à environ 10 000, faisant remarquer que ces populations avaient reflué vers le fief de la Ghouta à mesure que l'armée régulière syrienne progressait.

Il rappelle en outre que les civils retenus en otage par les groupes islamistes ne sont pas libres de quitter la zone : « [Certaines fatwas ont été émises selon lesquelles] tout civil qui n'appuie pas ces rebelles takfiristes [...] est frappé d'anathème et peut être la cible [des djihadistes] : on peut réduire leurs femmes en esclavage et confisquer leurs biens».

Evoquant la situation à Alep en 2016, Bassam Tahhan se souvient : «Chaque fois qu'il y a eu des corridors humanitaires, les terroristes ont tiré sur les civils.»

Afin de mieux comprendre, le spécialiste de géopolitique de recourir à une comparaison en France : «Mettez-vous à la place du gouvernement de Damas : à Paris, dans la banlieue, [par exemple] Gentilly [il y aurait] peut-être 10 000 terroristes qu'on appelle "rebelles" d'une manière polie

https://francais.rt.com/entretiens/48336-bassam-tahhan-sur-rebelles-ghouta

Voir la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=eSXguHFF7PU

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mercredi 28 février 2018

En désaccord avec le traitement médiatique du conflit syrien, Nöel Mamère quitte Le Média

Noël Mamère a annoncé le 26 février qu’il quittait Le Média en signe de protestation face au traitement réservé au conflit syrien dans le JT du 23 février et en soutien au récent départ de la présentatrice Aude Rossigneux.

ACT MAMERE PROPAGANDE

Un mois après son lancement par des proches de La France insoumise, Le Media, dont l’objectif affiché est de présenter l’actualité sous une forme alternative, connaît ses premières dissensions. Après le départ de la présentatrice Aude Rossigneux, qui a dénoncé un «traitement violent et brutal» en référence à la décision de son employeur de mettre fin à sa période d’essai, Noël Mamère a également décidé de quitter la webtélé.

«Je considère que la tournure qu'est en train de prendre cette confrontation […] ne me plaît pas. Je suis venu librement au Média pour procéder à ces interviews mais je n'y suis pas venu pour me retrouver dans cette atmosphère que je déplore, et qui me contrarie beaucoup», a déclaré l’ancien député écologiste de la Gironde sur France Culture quelques heures après avoir annoncé son départ le 26 février. 

Le traitement du conflit syrien, l’autre pomme de discorde

Une première raison avancée qui est suivie par une seconde, d'une autre nature : «Je n'accepte pas qu'on établisse un parallèle dans le conflit syrien meurtrier, entre les responsabilités du "boucher de Damas" et celles de ses opposants.» Une attaque à peine voilée contre l'analyse du chroniqueur spécialiste du Moyen-Orient du Média, Claude El Khal, au sujet de la situation dans la région syrienne de la Ghouta orientale, thème principal du journal télévisé de 20h diffusé le 23 février.

Dans sa chronique, le journaliste libanais présentait les différentes perspectives existant sur le conflit syrien, mettant face à face la version défendue par les partisans du président syrien et celle soutenue par ses opposants.

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Abordant la situation dans la Ghouta orientale, il a ainsi rappelé la présence de combattants islamistes issus du Front al-Nosra, groupe rebelle lié à al-Qaïda, ou encore de l’Armée de l’islam. Par ailleurs, il a dénoncé un double discours chez les gouvernements et les médias occidentaux qui utilisent encore à profusion le terme «rebelles» pour désigner les combattants issus du Front al-Nosra, pourtant officiellement considéré comme une organisation terroriste par de nombreux pays.

Il a en parallèle dénoncé les victimes civiles résultant des bombardements «quels que soient ceux qui bombardent» et a estimé que «le gouvernement de Bachar el-Assad et ses alliés sembl[ai]ent bien décidés à reprendre chaque parcelle du territoire syrien quel que soit le coût en vies humaines».

Enfin, il a souligné que les informations et images rapportées par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, incarné par une seule personne vivant en Grande-Bretagne, largement relayées par les agences de presses occidentales, ne pouvaient être vérifiées car elles n'émanaient que des combattants qui tiennent la Ghouta et ne montraient jamais «les djihadistes d'al-Nosra». Refusant de la même manière d'utiliser les documents fournis par les agences de presse du gouvernement syrien, comme Sana, il a décidé de ne pas diffuser d'images du conflit pour éviter de faire «du sensationnalisme», mais au contraire faire «de l'information». «Cette guerre est sanglante. Nous ne souhaitons pas y participer», a-t-il conclu.

La Ghouta orientale, l'un des derniers bastions islamistes en Syrie

Située dans la banlieue Est de Damas, la Ghouta est le dernier bastion islamiste dans cette région. Un territoire encore contrôlé par différents groupes islamistes notamment Jaïch al-Islam, le Front al-Nosra, Ahrar al-Sham ou encore Faylaq al-Rahmane, qui ne cessent de mener des bombardements contre les civils à DamasLe 18 février, les forces gouvernementales syriennes ont lancé une vaste opération militaire afin de mettre fin à ces frappes et de reconquérir la zone.

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Les pays occidentaux accusent les autorités syriennes de vouloir massacrer les civils, mais Damas répond que les djihadistes retiennent en otage la population. Le 23 février, les groupes rebelles de la Ghouta avaient en effet fait part de leur refus de toute évacuation des civils de la zone.

La Russie a ensuite annoncé la mise en oeuvre d'une trêve quotidienne à partir du 27 février, qui devait permettre d'instaurer des corridors humanitaires. Mais l'ONU a confirmé la reprise des combats.

https://francais.rt.com/international/48352-desaccord-traitement-conflit-syrien-depart-mamere-media

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Réforme de la SNCF (1) : premiers tirs de barrage médiatiques

TRIBUNE LIBRE / Source : ACRIMED, Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot, 23-02-2018

TL ACRIMED PRESSE RAIL

Jeudi 15 février 2018, Édouard Philippe recevait le « Rapport sur l’avenir du transport ferroviaire » de Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d’Air France. Au programme de ce document, qui doit servir de base de travail pour une future loi sur les « mobilités » : mise en concurrence du rail, remise en cause du statut de cheminot, plans de départ volontaires, suppression des petites lignes jugées non rentables… Un cocktail drastique de mesures libérales qui, pour les syndicats, remettent en cause le service public ferroviaire au profit du secteur privé. Et qui n’a pas manqué de susciter l’approbation (presque) unanime des grands médias. En témoigne cet état des lieux de la presse et des journaux télévisés, premier volet d’une série sur le traitement médiatique du projet de la libéralisation du rail.

Depuis la remise du rapport Spinetta, le jeudi 15 février 2018, la presse s’est emparée de la question de la libéralisation du rail préconisée par l’ancien PDG d’Air France. À commencer par le Journal du dimanche. La rédaction de l’hebdomadaire semble attendre avec impatience ce qu’elle nomme… « la bataille du rail ». Une mise en scène guerrière qui, au mépris des salariés concernés et mobilisés, privilégie la personnalisation des conflits sociaux avec, d’un côté, les membres du gouvernement et, de l’autre, les dirigeants syndicaux. Le JDD ne pouvait donc s’empêcher d’afficher en « une » du 18 février ce qu’il perçoit comme le premier round d’un match de catch entre Élisabeth Borne, la ministre des Transports, et Philippe Martinez :

Et au moment de s’attaquer au fond, le JDD choisit clairement son camp. Le 17 février, il donne la parole à Élisabeth Borne qui, dans une interview ponctuée de questions plus impertinentes les unes que les autres, introduit le refrain qui inonde colonnes et chaines de télévision et radio depuis une semaine : « “Le statu quo n’est pas possible” ». En d’autres termes, c’est le grand retour de la nécessité de la réforme. Au gré de ce que l’on pourrait appeler des « questions-boulevard » ou questions rhétoriques, l’interview du JDD se fait le relais du gouvernement en lui offrant sur un plateau un pur entretien de communication. Extrait de cette effronterie journalistique :

– « Les réformes se sont succédé sans résultat. Pourquoi celle que vous portez peut-elle réussir ? »

– « Le rapport Spinetta va-t-il inspirer le gouvernement ? »

– « Que répondez-vous au leader de la CGT, Philippe Martinez, quand il parle de “casse du service public” ? »

– « Le rapport Spinetta propose un changement de statut pour SNCF Réseau, qui deviendrait une société anonyme (SA). Quel est l’intérêt ? »

– « Quel va être votre calendrier ? »

Dans un article du même numéro intitulé « Comment le gouvernement compte réformer la SNCF », le JDD redonne à nouveau largement la parole au gouvernement en toute complaisance. À l’inverse, les propos – directs ou rapportés – de la CGT et de son dirigeant, Philippe Martinez, sont accueillis plus fraîchement sous la plume du journaliste :

Le leader de la CGT Philippe Martinez a donné le ton dès vendredi (sur France Inter) en dénonçant d’avance une “casse sociale”. Sans attendre la discussion avec le gouvernement, son syndicat appelle à la grève pour le 22 mars – et lui-même brandit cette menace explicite : “Si les salariés de la SNCF sont en grève, il n’y a pas de train et on ne peut plus se déplacer”. […] La mise en scène d’un face-à-face avec une CGT arc-boutée sur la défense de dispositifs présentés (et ressentis par une partie des Français) comme des privilèges corporatistes ne semble pas pour lui déplaire. “Nous sommes face à ce qui a été diagnostiqué par le Président pendant toute la campagne : un corps intermédiaire conservateur et bloquant”, souligne-t-on à l’Elysée, où un conseiller qualifie la relation avec Philippe Martinez de “dialogue poli, mais dialogue de sourds”.

La rédaction du journal dominical ne manque pas d’arguments pour légitimer la « nécessité de la réforme ». À commencer par l’exposé de l’état de déliquescence de la SNCF (un diagnostic du reste partagé par nombre de salariés et de syndicats… qui n’en tirent pourtant pas les mêmes conclusions politiques !). Ainsi d’un reportage pseudo-embarqué intitulé « Pourquoi la SNCF va mal », publié le 20 février sur le site internet, dont la caricature prêterait à rire si elle n’était pas le reflet d’une vaste campagne de la rédaction en faveur du rapport Spinetta :

Jeudi 15 février, quai du RER C, station Pereire-Levallois. Au moment précis où l’ancien président d’Air France, Jean-Cyril Spinetta remet son rapport au gouvernement sur l’avenir du transport ferroviaire, les haut-parleurs annoncent la couleur. “En raison d’un incident technique survenu à la station Porte-de-Clichy, les trains doivent circuler en alternance sur une seule voie. Nous nous excusons de la gêne occasionnée…” Les voyageurs prennent leur mal en patience en guettant des rames bloquées dans d’autres gares du parcours. La galère, la routine : les incidents de ce type sont innombrables sur le réseau francilien géré par la SNCF. La lecture du rapport Spinetta en donne la vraie mesure.

Sans commentaire…

Pour Le Monde ? C’est inéluctable.

Le JDD n’est pas le seul journal à acclamer les projets de libéralisation du rail du rapport Spinetta. Le Monde a également décidé de se jeter lui aussi dans la fameuse « bataille du rail ». Le « journal de référence » reprend une rhétorique qui lui est chère – la réforme est « inéluctable » – et répartit d’ores et déjà les bons et les mauvais points, selon que les protagonistes sont « lucides » ou entêtés.

L’entrée en matière de l’interview de Jean-Cyril Spinetta publiée le 15 février donne le ton : « Pour l’auteur du rapport sur la SNCF commandé par le gouvernement, la situation est préoccupante et le système doit se réformer “dans l’intérêt de tous” ». Étonnant !… Comme le JDD, Le Monde livre un entretien tout en complaisance, comme en témoigne la première question : « Comment ressort-on de presque trois mois d’immersion dans le ferroviaire ? »

L’interview est suivie d’un article qui, sous couvert « de synthèse », introduit la philosophie générale avec lequel Le Monde appréhende cette grande réforme, que l’on perçoit dans les commentaires que le journaliste accole aux différents points du rapport :

L’heure du grand chamboule-tout approche pour la SNCF. Une étape décisive a été franchie, jeudi 15 février, avec la remise du « Rapport sur l’avenir du transport ferroviaire » de Jean-Cyril Spinetta au premier ministre Edouard Philippe. Hormis les retraites, tout est sur la table et l’ensemble des préconisations du texte de 120 pages constitueront, si elles sont mises en œuvre, la plus grande transformation qu’ait connue le rail français depuis la création de la SNCF en 1937. […] Inéluctable, l’ouverture à la concurrence est une obligation légale de la France qui est tenue de transposer dans sa loi, au plus tard à la fin de cette année, les directives européennes.

« I-né-luc-table » vous dit Le Monde !

Un parti-pris qui sera assumé sans discrétion deux jours plus tard dans l’éditorial du journal, prônant la responsabilité :

Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » est-il la première étape d’une réforme de la SNCF différée depuis plus de vingt ans ou bien un nouveau ballon d’essai lancé par le gouvernement avant qu’il se résolve, comme ses prédécesseurs, à reculer devant de probables mouvements sociaux ? En tout cas, le document remis le 15 février par l’ex-patron d’Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer, celle d’un système ferroviaire à bout de souffle, maintenu sous oxygène par un Etat qui n’en a décemment plus les moyens.

Comme à l’accoutumée, le quotidien – qui fait mine de découvrir l’eau tiède – use d’un ton solennel pour justifier la suite de son argumentation : puisque « nul ne peut plus ignorer » cet état de fait, il faut réformer. Mais réformer selon ce que dit le gouvernement : il n’y a pas d’autre voie… Et de brandir l’étendard de la dette et de la dépense publique (nous y reviendrons également) comme autant d’arguments d’autorité qui justifient qu’« il-ne-peut-en-être-autrement » :

Comment ainsi justifier 10,5 milliards d’euros de concours publics, alors que chaque année la dette continue de gonfler de 3 milliards ? Comment celle-ci, qui a déjà atteint 46 milliards, pourrait-elle passer à 62 milliards en 2026, sans que l’on entrevoie une quelconque sortie de ce cercle vicieux ? Comment continuer à dépenser 1,7 milliard d’euros chaque année pour des lignes qui transportent seulement 2 % des voyageurs ? Pour résoudre cette équation devenue impossible, le rapport propose deux principes de bon sens – qualité qui a justement fait cruellement défaut ces dernières décennies : la « cohérence des choix publics » et la « responsabilisation des acteurs. »

La « lu-ci-di-té » et le « bon sens » vous dit encore Le Monde !

Rien d’étonnant à ce que de telles évidences, mobilisées par la rhétorique d’un journalisme aux ordres, débouchent sur autant de prescriptions que de louanges envers un Président qui « risque » et « ose », lui :

Emmanuel Macron prend le pari que la France de 2018 a changé, et que les propositions de réforme qui avaient conduit, il y a vingt-trois ans, aux fameuses « grèves par procuration » d’une partie de la population ont fini par infuser dans les esprits. C’est un pari risqué, mais s’il n’est pas tenté, c’est notre système ferroviaire qui pourrait être le grand perdant.

Rideau !

Les syndicats peuvent-ils bloquer la France ?

Le Parisien n’est pas en reste, mais dans un autre registre : la crainte des mobilisations. On se souvient, au moment du mouvement de 2016 contre la Loi Travail, de toute la bienveillance du quotidien envers les grévistes et les manifestants. Petit piqûre de rappel en images :

Si le quotidien se montre pour l’instant plus discret, les articles qu’il consacre au projet de réforme de la SNCF nous laissent dire… que son approche n’a pas changé ! En témoigne sa « une » du 20 février 2018 :

La rédaction, visiblement plus préoccupée par les déboires de grands bourgeois se chamaillant pour un héritage, réussit tout de même à bien « angler » le sujet consacré à la SNCF : « Les syndicats peuvent-ils bloquer la France ? » (20 février). Une angoisse que l’on retrouve dès l’entame du papier dans les pages intérieures :

Les syndicats de cheminots ont-ils les moyens de mettre leurs menaces de grève à exécution ?

Et de poursuivre :

Les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise publique – les plus dures, la CGT et Sud-Rail, comme les plus réformistes – la CFDT et l’Unsa – ont adopté un ton martial : haro sur le gouvernement en cas d’application de ce rapport. Certaines prédisent même un nouvel automne 1995. […] Le gouvernement compte bien, en tout cas, s’appuyer sur l’opinion publique pour faire céder les cheminots. Les syndicats pourront-ils y remédier ?

Le Parisien croise les doigts… Si le journaliste cite un syndicaliste de Sud-Rail, son témoignage est contrebalancé par « un fin connaisseur des relations sociales de l’entreprise » (sic), dont on ne connaît pas l’identité ni la profession exacte – si ce n’est qu’il est « fin connaisseur » – et dont les propos sont cités en exergue :

Certains rêvent de répéter l’histoire, mais le contexte est différent. Les cheminots avaient le soutien de l’opinion publique en 1995. Pas en 2018 !

Sur le web, le ton est à l’identique. Ainsi qu’en témoigne l’introduction de l’article « Risque maximum de conflit social à la SNCF » (6 février) :

Attention, bombes sociales à la SNCF. Si vous avez prévu de voyager en train dans les prochains mois, méfiez-vous : l’agenda social 2018 de la compagnie ferroviaire s’annonce explosif et risque de déclencher des grèves d’ampleur.

Si l’on ajoute à cela deux autres articles respectivement publiés les 15 et 16 février, Le Parisien offre un bon exemple de journalisme gouvernemental ânonnant, toujours sous couvert de « rendre compte » du rapport de façon neutre, la reprise in extenso – et sans les questionner – des arguments marchands et de l’arsenal langagier néolibéral. En plus de témoigner d’une certaine obsession pour… le statut des cheminots. Florilège de citations issues de ces deux articles :

– « Une manière de faire sauter le tabou du sacro-saint statut des cheminots qui alourdit automatiquement la masse salariale de la SNCF 2,4% chaque année contre 2% chez un transporteur sans statut. Pour en finir avec cette charge supplémentaire, plusieurs scénarios sont possibles. » (sic)

– « Les deux plus gros tabous de la SNCF vont-ils sauter ? »

– « [Le statut des cheminots est] une vraie bible sociale qui a un coût. Selon le rapport, le statut, couplé aux frais de structure importants et à un excédent de personnel, provoquerait “un écart potentiel de compétitivité d’au moins 30 % par rapport aux règles du marché”. »

– « Le statut sacro-saint du cheminot »

– « Le rapport insiste sur la nécessité de soulager SNCF Réseau de sa dette colossale. »

Ad libitum.

Nous nous contenterons, pour boucler le panorama de la presse écrite, de quelques exemples d’articles se joignant au concert des précédents. Aux Échos :

Nous reviendrons très prochainement sur le cas de Pascal Perri, un « expert » surexploité par les médias au cours des derniers jours…

Et à l’Opinion :

Et dans les JT ? Un même concert à l’unisson !

Le jour même de la remise du rapport Spinetta, le 20h de France 2 du 15 février ouvre sur la « révolution » qui s’annonce pour la SNCF. Un premier sujet revient rapidement sur les grandes lignes du « big bang » préconisé par l’ancien patron d’Air France. Puis un reportage enthousiaste est dédié à l’exemple allemand de privatisation des petites lignes.

Le journaliste évoque des trains « spacieux, modernes », une clientèle « soignée » par des sociétés privées qui reprennent même l’exploitation des lignes non rentables (par altruisme, on imagine). Les témoignages des passagers interrogés sont unanimes, et livrent un bel échantillon de pédagogie libérale : « quand il y a de la compétition, ça marche mieux parce que chacun fait plus d’effort ! » explique une première dame. Un second passager : « et comme ça les prix restent abordables car quand il y a un seul opérateur, il peut fixer les prix comme il l’entend ». Le journaliste témoigne : « les prix restent raisonnables, le service ne change pas ». En ce qui concerne les cheminots, explique la voix-off, c’est également le cas. Le conducteur interrogé est catégorique « il y a jamais eu de problème […] en général les conditions de travail dans le privé ne sont pas moins bonnes ».

Mais, s’émeut le journaliste – car il y a un mais – « l’Allemagne est loin d’avoir libéralisé totalement ses chemins de fer, sur les grandes lignes la Deutsche Bahn est toujours en situation de quasi-monopole ». Et d’interroger le patron d’un opérateur privé qui s’en indigne. On apprend tout de même, à la fin du reportage, que l’Etat allemand verse tous les ans 8 milliards d’euros aux régions pour subventionner les opérateurs privés, sans quoi ces derniers ne pourraient pas être rentables.

Le « modèle allemand » de privatisation du rail a décidément du succès auprès des journalistes de télévision. Le JT de TF1 du 19 février lui dédie également un reportage. Cette fois-ci, c’est la dimension comptable qui l’emporte. « La Deutsche Bahn a renoué avec les bénéfices » annonce Gilles Bouleau non sans admiration. De manière fort originale, le reportage se déroule… dans un train. On y vante les mérites de l’ICE, « un train rapide sur une ligne entièrement nouvelle ». Rien de bien nouveau sous le soleil pourtant, puisque l’ICE allemand n’est autre que l’homologue du TGV français… Mais l’information la plus importante, ce sont les résultats de la Deutsche Bahn, et ses bénéfices quatre fois supérieurs à la SNCF, « le résultat d’une profonde mutation ».

Le porte-parole de la compagnie confirme, enthousiaste : « Notre objectif est de faire du profit […] nous devons gagner de l’argent avec nos activités commerciales ». Cependant – à la différence du reportage de France 2 – le syndicaliste interrogé évoque des conditions de travail plus difficiles pour les cheminots. Enfin, apprend-on en fin de reportage, la Deutsche Bahn demeure en dessous de la SNCF pour ce qui est du nombre de passagers. En d’autres termes, la SNCF transporte plus de personnes pour moins de profit. La différence entre une logique privée et (ce qu’il reste d’) une logique de service public peut-être ?

Outre l’émerveillement des journalistes de France 2 et de TF1 pour le « modèle allemand », on peut s’étonner de leur absence de curiosité pour les autres exemples de privatisation du rail. Car le modèle britannique, par exemple, est au moins tout aussi évocateur. D’autres émissions, comme C dans l’air sur France 5, n’ont pourtant pas manqué d’évoquer son bilan catastrophique : accidents multiples – plus de 70 morts entre 1995 et 2005 – retards fréquents, suppressions d’effectifs, coût exorbitant et particulièrement pour les passagers avec l’augmentation des prix (jusqu’à 300€ par mois pour un abonnement mensuel sur une ligne régionale contre 90€ auparavant).

Avançons une explication bienveillante quant à la cécité des journalistes de France 2 sur les problèmes posés par la libéralisation du rail : peut-être est-ce simplement qu’ils n’ont pas su trouver les bons « experts » ? Car le choix des intervenants auxquels la chaîne publique fait appel pose une grave question de pluralisme, voire de légitimité. Ainsi pour évoquer le « totem » du statut des cheminots, les journalistes font-ils appel à Agnès Verdier-Molinié. Cette dernière est présentée comme une économiste alors que sa légitimité scientifique, ainsi que celle de l’IFRAP, le think-tank qu’elle dirige, sont largement contestéescomme nous l’évoquions dans un précédent article.

Autre exemple à l’occasion d’un reportage sur la disparition des petites lignes de chemin de fer préconisée par le rapport Spinetta. Cette fois, c’est (l’omniprésent) Pascal Perri qui est interrogé. Ancien journaliste et chef d’entreprise, titulaire d’une thèse en géographie et auteur de deux livres sur les « scandales » des monopoles d’EDF et de la SNCF, celui qui est présenté comme « économiste » livre son sempiternel message : la libéralisation est nécessaire, les petites lignes coûtent trop cher pour quelques passagers, leur suppression est justifiée et il faudrait privilégier les transports routiers. « Privilégier le car plutôt que le train, c’est ce que préconisent certains, avec un argument écologique : sur ces petites lignes régionales circulent encore des locomotives diesel » conclut la journaliste. Elle oublie de préciser que c’est précisément un des arguments… de Jean-Cyril Spinetta. Pour le pluralisme des « experts », on repassera…

***

Cette revue rapide des journaux télévisés des grandes chaînes ainsi que de plusieurs grands quotidiens témoigne de l’accueil favorable, voire du soutien affirmé, qu’ont reçu les propositions du rapport Spinetta dans de nombreux médias. Et pourtant, ce n’est qu’un début : pour rendre compte de l’intensité des « tirs de barrage » médiatiques en faveur de la libéralisation du rail, nous nous pencherons également, dans de prochains articles, sur les débats et interviews télévisés et radiophoniques. Avec une attention toute particulière pour le rôle des « experts » qui, à l’instar de Pascal Perri, n’ont de cesse de répéter sur toutes les ondes et à toute heure le mot d’ordre : la réforme est nécessaire !

Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot
https://www.les-crises.fr/reforme-de-la-sncf-1-premiers-tirs-de-barrage-mediatiques-par-frederic-lemaire-et-pauline-perrenot/

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Aides publiques et privées à la presse : tout pour les médias les plus riches !

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL PRESSE AIDES

Les chiffres 2016 de l’aide publique ont été confirmés début février 2018 par le ministère de la Culture et ils sont éloquents. Une remarquable synthèse – analysant aussi les aides privées – a été effectuée sous la signature de Laurent Mauduit le 13 février 2018 sur Médiapart. Nous en extrayons quelques chiffres en sus de ceux du ministère de la Culture.

Les aides publiques : Arnault et Drahi bien placés

 

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Les aides versées par l’État sont un maquis, entre aides directes, aides à la distribution, aides à la modernisation sociale. Si on additionne ces aides par groupes de presse on obtient pour l’année 2016 (les chiffres ont été arrondis) en Millions d’€ :

Groupe Arnault/LVMH  12M (Les Échos, Le Parisien)

Groupe Ouest France     9M (Ouest France)

Groupe Drahi                   7M (Libération, L’Express)

Groupe Dassault             6M (Le Figaro)

Groupe Le Monde           6M (Le Monde)

Groupe Crédit Mutuel       5M (un empire de la PQR)

L’Humanité                       3.5M (le plus aidé au numéro)

Il est facile de constater que les aides vont principalement aux milliardaires qui possèdent une bonne partie de la presse et à une banque. L’Humanité est un cas à part, le titre est en perdition et vit depuis longtemps d’abandons de créances et de subventions.

Aides privées : Drahi et Arnault en tête, Le Monde troisième

Du côté du privé, Google est le généreux mécène. Menacé de redressements fiscaux en 2012, Google a crée en 2013 un fonds d’aide au développement de la presse écrite en France afin de « soutenir le journalisme de qualité » (sic). Ce fonds doté de 60Md’€ (une paille par rapport aux impôts exigibles si Google relevait du droit commun de taxation des entreprises) couvrait la période 2013/2015 et a été prolongé en 2016. Les chiffres sont disponibles pour cette dernière année, arrondis en K€:

Groupe Arnault      900K€

Groupe Drahi          670K€

Groupe Le Monde  620K€

(sans compter……..260K€ pour les Inrocks de Matthieu Pigasse)

Groupe Safa          520K€

Groupe Lagardère 440K€

Ces chiffres n’incluent pas ce qu’a dépensé Google pour créer le Decodex du Monde, la somme demeurant secrète. Un nouveau fonds Google, européen cette fois, dit DNI doit succéder au fonds destiné à la France.

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Pour sa part Facebook ne demeure pas inactif. D’un côté le réseau social finance les activités de ses partenaires pour « traquer les fake news ». De l’autre, il verse sur des périodes de six mois des sommes allant de 100 à 200K€ par mois à ses partenaires de la presse écrite pour rédiger du contenu, notamment vidéo, une bonne manière de tenir en laisse ces mêmes partenaires. Et en empochant au passage la plus grande partie de la valeur ajoutée.

Au passage on apprend que la fondation Bill Gates finance entièrement Le Monde Afrique, portail africain du Monde, ce dont le quotidien du soir ne se vante pas.

Et si une toute petite partie de cette manne allait à des sites qui décryptent les médias et leur environnement ? Comme Acrimed ou bien l’Observatoire du Journalisme ? Allez, c’était une plaisanterie.

https://www.ojim.fr/aides-publiques-et-privees-a-la-presse-tout-pour-les-medias-les-plus-riches/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-02-27

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Macron veut priver Pologne et Hongrie d'aides européennes, car elles «ne respectent pas les valeurs»

Alors que Bruxelles cherche à faire des économies pour pallier le départ du Royaume-Uni, le président français a proposé de conditionner le versement des fonds européens au respect des «valeurs» de l'UE, pointant du doigt la Hongrie et la Pologne.

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Le Brexit devrait laisser un trou d'environ 10 à 13 milliards d'euros par an dans le budget de l'Union européenne : de quoi raviver les tensions entre les Etats membres et notamment entre les pays occidentaux et les pays de l'Est. A l'occasion d'un premier sommet européen consacré à la question budgétaire post-Brexit qui se tenait le 23 février à Bruxelles, le président français Emmanuel Macron a brandi la menace d'une éventuelle diminution des versements de l'UE aux pays ne respectant pas la ligne politique fixée par les 28 Etats, qui ne seront bientôt plus que 27.

Le chef de l'Etat estime en effet que la Pologne et la Hongrie tirent excessivement profit des règles européennes dans leur propre intérêt. «Ils nous prennent un peu pour des imbéciles», a-t-il déclaré au sujet de Viktor Orban et Mateusz Morawiecki, respectivement Premier ministre hongrois et Président du conseil des ministres polonais.

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Si le président français tente bien évidemment de s'imposer comme le porte-voix de la refondation de l'UE sur la scène européenne, son irritation reflète bien les tensions qui s'accroissent depuis plusieurs mois entre Bruxelles et ces deux pays. Alors qu'une procédure contre la Pologne a été déclenchée par la Commission européenne le 20 décembre 2017, l'UE estimant que Varsovie commettait une «violation grave» de l'Etat de droit avec sa réforme judiciaire, Emmanuel Macron a fortement condamné les choix politiques du gouvernement polonais, allant jusqu'à  évoquer des sanctions : «Il serait de bon sens de suspendre le versement de fonds [...] quand les gens ne respectent pas les valeurs» européennes.

Quant à Viktor Orban, Emmanuel Macron lui a réservé ses propos les plus durs. Si les différends entre Bruxelles et Budapest sur la question des quotas de migrants font régulièrement surface dans le débat politique, le chef de l'Etat français a élargi sa critique de la ligne politique hongroise à la question économique. «Quand on détricote l'Europe, quand on utilise les fonds [européens] pour faire du dumping social et fiscal, on prend les contributeurs nets un peu pour des imbéciles : la solidarité se justifie parce que nous avons des valeurs et des projets communs. Ce n'est pas un self-service», s'est agacé Emmanuel Macron.

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La perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'UE impose aux 27 pays restants de rogner sur certaines dépenses. Si la Politique agricole commune (PAC) devrait en faire les frais, les fameux fonds de cohésion et les aides territoriales, supposés égaliser les niveaux économiques des différents Etats membres, devraient être les premières dépenses réduites : ils représentent près d'un tiers du budget de l'UE. Or, la Hongrie et la Pologne comptent parmi les premiers bénéficiaires de ces aides, touchant respectivement 25 milliards et 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020.

https://francais.rt.com/economie/48287-macron-veut-priver-pologne-hongrie-aides-europeennes-valeurs

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Ce que contient la loi asile et immigration

Un résumé assez complet de la loi. E. H (UPR 87)

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Rétention administrative étendue, accélération des demandes d'asile... Les mêmes mesures peuvent déplaire à gauche et à droite, pour des raisons opposées.

La loi asile et immigration mécontente. Elle témoigne du funambulisme auquel se livre le gouvernement. Les mêmes mesures apparaissent inhumaines à gauche et dénuées d'efficacité à droite. Le texte raidit les mesures existantes, plus qu'il ne semble en inventer de nouvelles. En revanche, celles qui sont les plus favorables aux réfugiés paraissent à contre-courant de la nécessité d'endiguer le flux des candidats à l'immigration.

● 24 heures pour vérifier le droit au séjour

Jusqu'ici, les forces de l'ordre qui souhaitaient vérifier l'identité des personnes interpellées pour défaut de papiers pouvaient user de la retenue administrative durant 16 heures seulement. Désormais, elles disposeront de 24 heures pour mener leurs investigations. Cette mesure vise à mieux maîtriser les remises en liberté et à éviter que des individus dangereux ne soient relâchés, sachant cependant que le séjour irrégulier n'est pas un délit en France. Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes déplore «le non-rétablissement du délit pour séjour irrégulier supprimé par Manuel Valls en 2015».

● Une rétention administrative étendue dans la durée

Pour les personnes devant être expulsées, elle était jusque-là de 45 jours. Elle devrait passer à 90 jours renouvelables trois fois, à raison de périodes de quinze jours. Cette extension a pour but de faciliter l'organisation des départs et de faciliter la négociation entre la France et les pays des ressortissants avec l'espoir de rendre plus effectives les mesures d'éloignement. Mais pour Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, allonger les durées de rétention ne suffit pas: «Il manque un renforcement des procédures de rétention afin de permettre un meilleur éloignement, puisque aujourd'hui seuls 5 % des déboutés le sont réellement

● Accélérer les demandes d'asile

C'est l'un des points qui suscitent l'ire des avocats qui rappellent la fragilité des demandeurs d'asile. Aujourd'hui, ces derniers ont 120 jours pour adresser leur demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Puis un mois pour faire appel de la décision de refus auprès de la Cour nationale du droit d'asile. Demain, ces délais seront respectivement portés à 90 et 15 jours. Des délais jugés «infiniment trop courts», par Me Olivier Brisson, membre du réseau d'avocats Elena, spécialisé dans le droit d'asile. «Si cela est encore tenable pour ceux hébergés en centre d'accueil, les demandeurs qui n'ont qu'une domiciliation administrative n'auront pas le temps de préparer leur recours», car ils n'ont pas d'accès direct à leur courrier ni aux associations qui pourraient les aider. «Certains ne verront peut-être jamais un juge», souligne un bon connaisseur du dossier.

● Des demandes d'asile plus suspensives

Désormais les demandes d'asile n'empêcheront plus de délivrer des obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour les demandeurs de pays sûrs, comme l'Albanie ou le Kosovo, ou ceux dont on estime qu'ils ont un profil dangereux. En ligne de mire, la recrudescence de la délinquance en bande organisée mais aussi la lutte contre le terrorisme.

● La vidéoconférence pour tous

C'est un point de rupture avec les avocats du droit d'asile. La loi donnera la possibilité de tenir des audiences de l'asile en visioconférence pour éviter aux demandeurs de se déplacer jusqu'à Paris. Certains juges y sont favorables à condition qu'ils soient accompagnés de leurs avocats. Ces derniers estiment que cela déstabilisera les plus fragiles.

● Le rejet de l'asile vaut obligation de quitter la France (OQTF)

C'est une mesure qui avait été proposée en 2015 par le Sénat et sa majorité de droite. Certains spécialistes n'y sont pas opposés à condition qu'une procédure d'urgence soit également instituée, sur le modèle des référés suspension.

● Une carte de séjour étendue

Désormais les réfugiés bénéficiant de la protection au titre de la subsidiarité - menacés dans leur pays - et les apatrides pourront disposer d'une carte de séjour de quatre ans - au lieu d'un an actuellement - et qui, à terme, deviendra un titre de résident.

● La réunification familiale élargie aux frères et sœurs

Ce point fait littéralement bondir la droite, qui y voit «l'ouverture des vannes de l'immigration à travers un regroupement familial élargi». Le texte prévoit en effet dans son article 3 que les mineurs réfugiés qui jusqu'ici pouvaient faire venir leurs parents pourront désormais faire aussi venir leurs frères et sœurs afin que «la réunification familiale ne se fasse pas au détriment de l'unité familiale».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/02/20/01016-20180220ARTFIG00304-la-loi-asile-et-immigration-un-exercice-de-funambulisme.php

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Dossier syrien (1) La Guerre Syrienne pour les Nuls - Trois versions

TRIBUNE LIBRE / Chris Kanthan
Sott.net
ven., 16 fév. 2018

DS SYRIE 1

Bien que la guerre en Syrie soit presque terminée, de nombreux Américains ne comprennent toujours pas ce qui s'est passé au cours des sept dernières années, car le récit dominant est un mélange embarrassant de propagande, de demi-vérités et de mensonges. Trois versions du conflit sont présentées ici et le lecteur peut choisir celle qui lui paraît la plus logique.

Version Disney

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Il était une fois, un pays appelé Syrie qui était dirigé par un dictateur impitoyable nommé Bachar Al-Assad. C'était un homme cruel qui gazait son propre peuple. Ses actions causèrent une guerre civile en Syrie. L'Amérique et l'Europe ont fait de leur mieux pour mettre fin à la guerre civile dévastatrice, et ont même généreusement accepté de nombreux réfugiés syriens. Finalement, l'Amérique s'est rendue en Syrie, a battu ISIS, et tente maintenant de rétablir la stabilité.

La version ci-dessus est très populaire auprès de nombreux Américains et Européens ainsi qu'auprès des médias occidentaux.

Version Enseignement du secondaire

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Opprimé par le régime brutal d'Assad, le peuple syrien aspirait à la liberté et à la démocratie. Un jour, les gens ont commencé à protester dans une petite ville. En réponse, Assad a tué de nombreux manifestants pacifiques. Cependant, cela s'est retourné contre lui et tout le pays a été submergé de protestations. Bientôt, une guerre civile éclate et des millions de réfugiés fuient la Syrie.

L'Amérique a été scandalisée et, pour des raisons humanitaires, a décidé d'aider les Syriens qui combattaient Assad. Quand Assad a gazé son propre peuple, l'Amérique est intervenue et a retiré toutes ses armes chimiques. Malheureusement, après quelques années, Assad s'est débrouillé pour à nouveau gazer des civils innocents. Ensuite, l'Amérique s'est rendue en Syrie, a battu ISIS, et essaie maintenant de rétablir la stabilité.

La version ci-dessus est présentée dans la plupart des médias grand public mondiaux.

Version universitaire

academic

En termes simples, la " guerre civile " syrienne est une guerre illégale par procuration menée contre la Syrie. Au mépris des lois internationales, de nombreux pays envoient depuis sept ans des armes et des mercenaires terroristes en Syrie (si vous voulez mieux comprendre qui veut renverser Assad et pourquoi, lisez mon article : "Chaos in Syria: Part 1 - Three Motives and Seven Countries").

2011

Début 2011, les forces spéciales US/Royaume-Uni ont utilisé la base militaire jordanienne pour organiser des manifestations contre Assad dans une ville frontalière appelée Daraa. Avec les capacités d'organisation des Frères musulmans et les profondes poches de l'Arabie saoudite, des manifestations violentes se répandent en Syrie. Bientôt, une milice organisée et armée, connue sous le nom d'armée syrienne libre (FSA) est créée par les étrangers.

Après la chute de Kadhafi fin 2011, le département d'État américain et les services de renseignement américains ont organisé l'expédition de tonnes d'armes meurtrières, telles que les missiles Stinger et le gaz Sarin, de la Libye détruite vers la Syrie, via la Turquie. Malgré toute cette aide, la force mandataire américaine connue sous le nom de FSA n'a pas pu gagner la guerre. À ce moment-là, l'OTAN et les Néoconservateurs voulaient bombarder la Syrie, mais la Russie et la Chine ont opposé leur veto à la motion à l'ONU, de sorte que la guerre impériale par tromperie est passée à la phase suivante.

2012

Au début de 2012, quelqu'un a composé le numéro d'Al-Qaïda (appelé QA ou IQA dans les documents gouvernementaux). Zawahiri, le plus haut dirigeant d'AQ, a appelé à l'aide et des terroristes islamistes expérimentés du monde entier se sont précipités en Syrie par l'intermédiaire de l'agence internationale de recrutement djihadiste d'Arabie saoudite. La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a reçu un courriel de sa conseillère en chef disant que "Al-Qaïda est de notre côté".

Al-Qaïda s'est rebaptisée Al Nusra, et des armes redoutables comme des lance-grenades, des mortiers, des chars d'assaut et des missiles antichars ont commencé à affluer en Syrie via la Turquie et la Jordanie.

Syria weapons

La CIA a dépensé 100 000 $ pour entraîner chaque rebelle. Des milliards de dollars des contribuables américains ont été gaspillés une fois de plus pour soutenir les mêmes groupes terroristes qui ont attaqué les États-Unis le 11 septembre 2001.

En regardant les médias occidentaux, le citoyen moyen n'avait aucune idée que nous soutenions Al-Qaïda ni de l'ampleur de l'armement de ces "rebelles".

Les médias et les politiciens occidentaux se sont également tenus à leurs arguments et ont qualifié tous ces combattants de "rebelles modérés". Cependant, beaucoup d'entre eux sont des islamistes impitoyables qui utilisent des kamikazes, décapitent même des enfants et commettent des atrocités innommables. Ce sont aussi des fanatiques religieux qui cherchent et tuent des chrétiens et des chiites. Je le décris en détail dans mon livre Deconstructing the Syrian War.

Une note de service du Pentagone mettait en garde contre cette politique imprudente et prédisait précisément la montée de groupes comme ISIS. De toute évidence, la Maison-Blanche et d'autres fonctionnaires ont ignoré (ou même accepté avec joie) la note de service.

2012 a également été l'année où la crise des réfugiés est devenue un grave problème international. A la fin de l'année, près de 200 000 personnes avaient fui la Syrie. Dans les années à venir, il augmenterait à cinq millions.

2013

Après que la FSA et AQ n'eurent pas réussi à évincer Assad, les puissances qui ont l'autorité (en anglais les "powers-that-be") ont commencé à recruter des extrémistes sunnites en Irak. En avril 2013, ISIS a été officiellement créé. L'année suivante, ces mercenaires barbares s'empareront d'une grande partie de la Syrie orientale.

Syria jihadists

- Leader de Al Qaeda/ISIS qui a envoyé sa propre fille de 9 ans comme kamikaze.

- Décapitation par des "rebelles modérés".

C'était aussi l'année où la ligne rouge d'Obama a été franchie - l'utilisation d'armes chimiques par Assad. Les experts de l'ONU qui se sont rendus sur le site ont vite découvert que ce sont probablement les rebelles qui avaient utilisé les armes chimiques. Le reportage fut rapidement noyé par la machine de propagande occidentale.

2014 - 2016

Les deux années suivantes ne furent que des répétitions de la brutalité quotidienne de la guerre, ISIS faisant d'énormes avancées à l'Est. Chaque fois que les rebelles commençaient à perdre, ou bien d'autres armes arrivaient, ou bien Israël s'envolait vers la Syrie et bombardait l'armée syrienne.

Fin 2015, le gouvernement syrien a sollicité l'aide de la Russie. En un mois, les forces aériennes russes ont affaibli ISIS en détruisant la plupart des pétroliers qu'ISIS utilisait pour transporter le brut vers la Turquie. A la fin de l'année 2016, le gouvernement syrien avait le dessus - Alep était libéré d'Al-Qaïda, et ISIS manquait d'argent et de moral.

Assad visits Western countries

- Assad avec sa femme lors d'une rencontre avec la reine britannique.
- Assad rencontrant Jimmy Carter et Nancy Pelosi.

2017 s'est avéré être une grande année pour Assad. En mars, ISIS avait perdu plus de trois cents villes au profit de l'armée syrienne.

Al-Qaïda faisait face à une défaite similaire, perdant une grande ville après l'autre.

De plus, Trump avait cessé d'armer les rebelles en février. Fin mars, Trump et Tillerson abandonnèrent le slogan "Assad doit partir".

Enfin, Assad se préparait pour une conférence de paix UE-ONU les 4 et 5 avril.

C'est à ce moment-là - alors que les événements avaient tourné en faveur du gouvernement syrien - que l'attaque chimique présumée a eu lieu dans une zone contrôlée par les rebelles. De plus, c'est arrivé le jour même où la conférence de paix a commencé.

Sans aucune enquête, dans l'heure qui a suivi la sortie des photos et des vidéos, les bellicistes occidentaux ont déclaré Assad responsable. Aucun médecin ou expert indépendant n'a été envoyé sur le site. Quiconque prenait le temps d'analyser de façon critique la situation pouvait voir que l'attaque chimique était soit un canular, soit une fausse attaque.

2018

Après que la Russie ait efficacement battu ISIS, les Etats-Unis n'ont pas simplement quitté la Syrie, puisque le véritable objectif est de balkaniser ce pays et de préparer une guerre contre l'Iran. Les Globalistes essaient donc maintenant d'utiliser les Kurdes comme un outil de remplacement dans cette démarche. Il est probable que les Etats-Unis auront des bases militaires en Syrie pour longtemps. Tant que le gouvernement américain continuera à emprunter de l'argent, ces aventures folles continueront.

Dans leur quête d'objectifs géopolitiques hégémoniques, les élites sèment encore plus de chaos dans le monde et endommagent irrémédiablement la boussole morale des Occidentaux. La règle de la mafia mondiale semble être la suivante: si vous jouez selon nos règles, nous serons gentils avec vous. Si ce n'est pas le cas...

Ce sont les trois versions de la guerre civile syrienne. Laquelle les Américains choisiront-ils de croire ?

P.S. Voici quelques liens à lire si vous souhaitez obtenir une version doctorale du conflit syrien:

a. 1956: CIA plot to overthrow the Syrian government (Le complot de la CIA pour renverser le gouvernement syrien)

b. 1983: CIA document on plans to obliterate Syria to enable an oil pipeline (Document de la CIA sur des plans pour anéantir la Syrie et installer un pipeline pour le pétrole)

c. 1986: CIA document on how to use Muslim Brotherhood to fuel a sectarian (Sunni v. Shiite) civil war in Syria (Document de la CIA sur l'utilisation des Frères musulmans pour alimenter une guerre civile sectaire (Sunni c. Chiite) en Syrie)

d. 2001: Wesley Clark told that USA will take out 7 countries in 5 years (Libya, Syria etc.) (Wesley Clark a dit que les USA vont éliminer 7 pays dans 5 ans (Libye, Syrie etc.))

e. 2005: CNN Interview. Christiane Amanpour tells Assad that the western governments are plotting a regime change in Syria (Interview à CNN où Christiane Amanpour dit à Assad que les gouvernements occidentaux préparent un changement de régime en Syrie)

f. 2006: State Dept cable: Detailed discussion of various strategies to enable regime change in Syria (Discussion détaillée des différentes stratégies visant à permettre un changement de régime en Syrie)

g. 2009: State Dept Email: Saudi Arabia is worried that a Shiite crescent is turning into a full moon (referring to a possible Iran-Iraq-Syria-Lebanon coalition) (L'Arabie saoudite craint qu'un croissant chiite ne se transforme en une pleine lune (en se référant à une éventuelle coalition Iran-Iraq-Syrie-Liban))

h. 2009: State Dept Cable: Saudi Arabia is the #1 source of funding of terrorism worldwide (L'Arabie saoudite est la première source de financement du terrorisme dans le monde.)

i. 2012 State Dept Email: Conquest of Syria means a weakened Iran and this is important for Israel (La conquête de la Syrie signifie un Iran affaibli, ce qui est important pour Israël.)

j. 2012: State Dept Email: Use Saudi Arabia, Qatar and Turkey to arm/train rebels (Utiliser l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour armer/entraîner les rebelles)

k. 2014: Hillary Clinton admits in an email that Saudi Arabia and Qatar fund ISIS (Hillary Clinton admet dans un courriel que l'Arabie Saoudite et le Qatar financent ISIS)

l. 2015: Joe Biden says Saudi Arabia and Qatar arming/funding Al Qaeda in Syria (Joe Biden dit que l'Arabie saoudite et le Qatar armement/financement d'Al-Qaïda en Syrie)

m. 2016: John Kerry in a leaked audio recording explains how the US trained/armed the opposition and was hoping to use ISIS to force Assad into negotiation (John Kerry dans un enregistrement audio qui a fui explique comment les Etats-Unis ont entraîné/armé l'opposition et espéraient utiliser ISIS pour forcer Assad à négocier.)

n. Israel's Mossad chief admits helping Al Qaeda and says that it's because Al Qaeda never attacks Israel (Le chef du Mossad d'Israël admet avoir aidé Al-Qaïda et dit que c'est pour cela qu'Al-Qaïda n'attaque jamais Israël.)

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Chris Kanthan (Profile)

Chris Kanthan est l'auteur d'un nouveau livre, Deconstructing the Syrian war. Chris habite dans la baie de San Francisco, a voyagé dans 35 pays, et écrit sur des sujets concernant les affaires du Monde, la politique, l' économie et la santé. Son autre livre est intitulé Deconstructing Monsanto.. Follow him on Twitter: @GMOChannel

https://fr.sott.net/article/31878-La-Guerre-Syrienne-pour-les-Nuls-Trois-versions

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mardi 27 février 2018

Pourquoi Emmanuel Macron s'attaque maintenant à la réforme explosive de la SNCF

Edouard Philippe, le Premier ministre, a présenté ce lundi 26 février les contours de la réforme de la SNCF, un sujet socialement inflammable. Voici les quatre raisons qui obligent à s'atteler, dès aujourd'hui, à l'une des réformes les plus risquées de ce quinquennat. 

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L'avenir des petites lignes SNCF dépendra des régions et des territoires, ont déclaré mardi Edouard Philippe et Elisabeth Borne, répondant aux craintes exprimées après la recommandation du rapport Spinetta d'examiner la pertinence de les maintenir.

Les syndicats de la SNCF étaient prévenus. A l’été dernier, Emmanuel Macron a surpris tout le monde en traçant dans un entretien accordé au magazine interne de la SNCF - Les Infos Le Mag - publié début juillet, les premiers contours de sa grande réforme de la SNCF. Le chef de l’Etat y développe notamment sa vision de la «SNCF du XXIe siècle», qu’il voit comme un «opérateur intégré qui dira: je sais vous emmener en train puis en car, puis vous louer un taxi ou une solution de covoiturage ou de vélo en ville, etc.»

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Les ambitions du nouveau locataire de l’Elysée pour la SNCF ne s’arrêtent pas là. Emmanuel Macron annonce de but en blanc sa volonté de supprimer le régime spécial des retraites des cheminots dès… 2018. En échange de cet effort, le président propose «un grand deal»: absorber la dette liée au financement du réseau, d’un montant d’environ 44 milliards d’euros à fin juin. Cette annonce avait déjà suscité un tollé auprès des syndicats: «c’est du pur populisme et un feu de paille qui tombe pile poil dans une rentrée sociale tendue pour éviter d’avoir à parler des vrais sujets du moment qui sont la loi travail et les 7 millions de chômeurs et de salariés précaires en France», fustigeait Bruno Poncet secrétaire fédéral de SUD-rail auprès de Challenges.

Sans surprise, le chef de l’Etat maintient le cap. Elu sur un programme de transformation du pays, Emmanuel Macron fait le pari que les Français sauront reconnaître ses qualités de réformateur pour transformer un pays que le président juge bloqué.

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«Nous avons fait de ce mandat, un mandat de réformes en nous attaquant en priorité à tout ce qui ne fonctionne pas: le bac, l’enseignement supérieur, le travail, la formation et la SNCF rentrent bien sûr dans cette liste non exhaustive, justifie Stanislas Guerini, député (LREM) En Marche. Nous savons que ces sujets difficiles réclament du temps et c’est pour cela que nous nous y attelons en début de mandat. Le pire risque sur ces grands sujets, c’est le statut quo.»

Autres motivations selon Gilles Legendre, député de Paris LREM et poids lourd de la majorité: «Il y a au moins trois raisons qui nous obligent à engager maintenant la réforme de la SNCF: d’abord la situation financière de l’entreprise publique n’est plus tenable, les pertes affichées par la SNCF nécessitent de tout remettre à plat et vite. Deuxièmement Bruxelles nous impose un calendrier réglementaire avec un passage à la concurrence pour les TGV dès le début de l’année prochaine, puis pour les TER ensuite. Il faut donc bien s’y préparer. Enfin il faut bien reconnaître que ni les clients, ni les collaborateurs de cette grande entreprise ne sont aujourd’hui satisfaits. Les clients sont de moins en moins bien servis avec des prix qui se sont envolés, et des temps de parcours qui se sont dégradés

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  • Profiter d'un boulevard politique

Le contexte politique est assez confortable pour engager ces réformes risquées. Où est l'opposition à Emmanuel Macron? Pour l'instant, elle est plutôt inaudible. A droite, le virage identitaire de Laurent Wauquiez fracture complètement les Républicains coupés en deux. De plus, sur le fond la droite n'est globalement pas opposée à une réforme de la SNCF. De son côté le Front national va jouer la carte de la défense du service public. Mais le prochain congrès en préparation et les divisions internes suite à la présidentielle rendent quasi inexistante le parti de Marine Le Pen.

Reste la France insoumise. Depuis la fin de l'année, les camarades de Jean-Luc Mélenchon se font plus discrets. Après avoir été très bruyants lors des ordonnances sur les Code du travail, les insoumis ont peiné à rebondir après l'échec de la mobilisation contre le texte.

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Le leader du mouvement avait d'ailleurs avoué sur France info l'impuissance de la France insoumise à contrer les projets d'Emmanuel Macron. Mais attention, cette réforme de la SNCF pourrait rebooster le moral des insoumis. Reste à voir, s'ils vont pouvoir s'entendre avec la CGT pour monter un front uni. Ce qui n'avait pas été le cas en septembre dernier.

  • Déminer la contestation

Le gouvernement compte réformer la SNCF tambour battant. La méthode est la même que pour la réforme du Code du travail adoptée en septembre dernier après deux mois de concertations éclair mais très intenses. A une grosse différence près : le président avait annoncé la couleur pendant sa campagne présidentielle. Ce qui n'est pas le cas pour la réforme de la SNCF. Quoi qu'il en soit, le calendrier ultra-serré, a un objectif: aller vite pour déminer la contestation et éviter qu'elle ne dure des mois comme cela avait été le cas lors de la réforme du marché du travail de François Hollande en 2016. Mais pas sûr que l'exécutif réussisse à éviter la confrontation avec les partenaires sociaux. Les fédérations de la CGT, de l'Unsa, de Sud et de la CFDT se sont donné rendez-vous mardi 27 février, pour entériner ou non le principe d'une grève unitaire. La CFDT-Cheminots proposera aux trois autres syndicats représentatifs de lancer un appel à la grève reconductible à partir du 12 mars, a dit à Reuters son secrétaire général, Didier Aubert.

De leurs côtés, la CGT et FO ont déjà prévu de manifester le 22 mars contre les recommandations du rapport Spinetta. Cette date est aussi celle choisie par sept syndicats de fonctionnaires sur neuf (hormis la CFDT et l'Unsa) pour protester contre les annonces chocs du gouvernement sur la fonction publique (plan de départ volontaire, augmentation du nombre de contractuels…). La mobilisation lors de cette journée déterminera le rapport pour la suite. Est-ce que la coagulation des " mécontentements " va prendre ? Difficile à dire, mais dans tous les cas ce début d'année est marqué par un climat social dans le pays plus tendu. Le gouvernement a dû réagir rapidement en janvier pour éteindre la contestation dans les prisons et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Par ailleurs, l'exécutif doit faire face aux mécontentements des Français sur la question du pouvoir d'achat lié, entre autres, à la hausse de la CSG.

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Enfin, on a toutes les raisons de penser que la CGT va aller au conflit. Pour elle, l'enjeu est très important. Le syndicat de Montreuil veut montrer qu'il est toujours capable de mobiliser les foules, ce qui n'avait pas été le cas à l'automne dernier pour protester contre les ordonnances sur le Code du travail. Surtout 2018 est une année électorale importante avec les élections professionnelles dans la fonction publique. Lors du dernier scrutin en 2014, la CGT était arrivée en tête avec 23,1% des suffrages devant la CFDT avec 19,3% des voix. Montrer les muscles contre le réformateur Macron, jugé "arrogant, vindicatif" par Philippe Martinez, leader cégétiste, est une façon pour la centrale de Montreuil de prendre le leadership de la contestation en espérant consolider sa première place dans la fonction publique, après l'avoir perdue dans le privé.

  • Préparer la réforme des retraites

Dans le cadre de la réforme des retraites par points, prévue pour la mi-2019, Emmanuel Macron souhaite unifier les différents régimes. Pas simple dans un pays qui compte plus de 30 caisses de retraite différentes. L'exécutif souhaite s'attaquer au tabou des régimes spéciaux des cheminots. Le supprimer pour les nouveaux entrants à la SNCF constituera, si l'exécutif ne recule pas en cours de chemin, l'un des marqueurs forts de la volonté réformatrice d'Emmanuel Macron.

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Pour rappel, jusqu'en 2016, les conducteurs de train pouvaient partir à la retraite dès 50 ans et à 55 ans pour les autres cheminots. Ce qui représente un écart de 7 ans de moins par rapport à la moyenne nationale. Certes, cet écart diminue mais il sera toujours important en 2024: les conducteurs pourront arrêter de travailler à 52 ans et les cheminots à 57 ans. Autre différence notable: le calcul de la retraite qui s'effectue sur les six derniers mois de leur activité professionnelle. "Nous engagerons la réforme du statut des cheminots dans le cadre de la réforme globale des retraites l'année prochaine, ce n'est pas un report, c'est une question de méthode", justifie Stanislas Guerini. 

  • Anticiper l'ouverture à la concurrence

C'est une obligation imposée par l'Europe: la France est obligée d'ici à la fin de l'année de transposer, dans son droit, les directives européennes qui encadrent l'ouverture à la concurrence. Intitulé "4e paquet ferroviaire", le texte, adopté fin 2016 à une courte majorité par le Parlement européen, prévoit la libéralisation des transports de voyageurs dans toute l'Union européenne.

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Le rapport de Jean-Cyril Spinetta distingue deux types d'ouverture à la concurrence: celle des trains TER subventionnés par les régions et celle des TGV et trains Intercités. Quoi qu'il en soit, ces deux chantiers colossaux doivent être lancés en 2019 pour que les opérateurs concurrents à la SNCF puissent exploiter le réseau ferroviaire français à partir de 2021. L'un des points les plus chauds des négociations qui vont s'ouvrir, va être la question du transfert des salariés de la SNCF aux nouveaux opérateurs. Avec la fin du statut des cheminots, c'est l'autre casus belli des syndicats. De fait, les cheminots ne devraient guère goûter d'être transférés dans une entreprise privée alors qu'ils étaient jusqu'à présent fonctionnaires.

https://www.challenges.fr/entreprise/transports/pourquoi-emmanuel-macron-s-attaque-maintenant-a-la-reforme-explosive-de-la-sncf_570133

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"le chef de l’Etat maintient le cap. Elu sur un programme de transformation du pays": le programme de Macron est simplement la mise en oeuvre des directives européennes (art. 121 du TFUE).

"L'avenir des petites lignes SNCF dépendra des régions et des territoires": la manoeuvre est habile, elle dilue les responsabilités nationales et européennes et elle renforce l'"autonomie" des euro- régions, ce qui est conforme au projet européen de destruction des Etats.

"l'impuissance de la France insoumise à contrer les projets d'Emmanuel Macron": L'opposition "de gauche" soutient la "construction européenne", ce qui brouille son message. Quant à la CGT, membre de la Confédération européenne des syndicats (CES), elle aussi est en faveur de la "construction européenne", et davantage motivée par ses prochains résultats aux élections professionnelles, dont dépendront ses subventions...

Enfin, "la droite" libérale est en accord à la fois avec les directives européennes et la régression des acquis sociaux.

Tristes perspectives pour l'équilibre social de la nation, sa souveraineté et ses services publics...  P.G.

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VIDEOS DU JOUR

Une série vidéo à ne pas manquer!

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Débat - UPR - LREM - LFI pour la 2eme circonscription de Guyane (Législative partielle 2018)

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Débat avec les soutiens des candidats à la législative partielle de la 2eme circonscription de Guyane

Avec François Asselineau de l'UPR (Union Populaire Républicaine)

Danièle OBONO de LFI (La France Insoumise)

Alix MADELEINE de LREM (La République En Marche)

Facebook : https://www.facebook.com/nop2022/

Twitter : https://twitter.com/Nop_2022 Discord du Rameau : https://discord.gg/g7uqwQ9

https://www.youtube.com/watch?v=9f4hmHTRcu0&feature=share


 

Peut-on avoir encore confiance en la politique - Conférence François Asselineau 22 février 2018

En attendant la version officielle et complète:

https://www.youtube.com/watch?v=mTvVayOtRrY

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"Le 17 février 2018, François Asselineau présentait à Noiseau dans le Val de Marne (94) une conférence intitulée « _Peut-on avoir encore confiance en la politique_ ». Sujet fort intelligemment traité amenant chacun à se poser certaines questions qu'on néglige trop souvent, peut-être à cause d'une presse complaisante à l'égard de bien de personnages politiques plus doués pour la comédie que pour la gestion d'un pays." Jean Molliné


 

François Asselineau : la Russie

FA HERODOTE

https://www.youtube.com/watch?v=0uoSIZLmBO8
Ajoutée le 18 févr. 2018

François Asselineau : le Japon

https://www.youtube.com/watch?v=VWRZO_cID0g

François Asselineau : la France et l'Europe

 

HERODOTE 3

 

https://www.youtube.com/watch?v=yUp1tMybXZ0

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La petite commune de Beynac en Haute-Vienne vend son presbytère pour refaire son centre-bourg

La petite commune de Beynac (Haute-Vienne) a connu des débuts d’années plus joyeux. Par manque d’argent, le village aux 700 âmes doit se séparer de son presbytère, où plus aucun abbé n’a besoin de se loger. Les fonds récoltés permettront de réaliser, enfin, un projet qui date de 2012.

ACT BEYNAC HV

En fin d’année dernière, l'équipe municipale de Beynac a pris une décision difficile : vendre le presbytère de 160 m² dans lequel certains avaient fait leur catéchisme.

« On fait pas ça de gaieté de cœur, on a beaucoup hésité », lance soudain le maire, désolé, Jean-Claude Couty. Mais sa commune, qui a bien pensé à la rénovation puis la mise en location, n’a plus les moyens de garder la demeure.

Après avoir exploré « un peu toutes les pistes », l'édile, s’est résigné à appeler une agence immobilière. Au bout du fil, Barbara Salingre n’a pas caché sa surprise.

« C’est la première fois qu’on me demandait d’intervenir sur un bien communal. Sentir qu’une page d’histoire doit se tourner pour des questions d’argent, ça serre la gorge. J’ai suggéré au maire de trouver des alternatives, mais ils n’ont vraiment pas le choix. Ils sont forcés de le faire s’ils veulent concrétiser leurs projets en attente », regrette l’agent immobilier chargé de la vente.

PRESBYTERRE BEYNAC

Les précieux 168.000 € espérés, « amélioreront le village, ça, c’est sûr ! On souhaite aménager le bourg depuis 2012. La vente nous permettra d’en financer une partie. Et puis nous avons un atelier municipal avec un garage mal adapté, on pourrait l’améliorer… »

 

https://www.lepopulaire.fr/beynac/religion-spiritualite/institutions/2018/02/23/la-petite-commune-de-beynac-en-haute-vienne-vend-son-presbytere-pour-refaire-son-centre-bourg_12749151.html

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Et voilà !
Et voilà comment ce gouvernement et le précédent (ce qui est la même chose,) au service de l'UE et de la mondialisation, ne reversent pas les impôts que nous payons aux communes !
Et voilà comment le regroupement des communes au sein des communautés de communes (dans ce cas CC du Val de Vienne regroupée autour d'Aixe-sur-Vienne), imposé par l'UE, ruine les petites communes, parents pauvres de ces sinistres entités qui sont un déni de démocratie ! S.R.

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