mercredi 11 octobre 2017

Après la Catalogne, un référendum en Italie pour l'autonomie de la Lombardie et de la Vénitie

Si le référendum en Catalogne demandait son indépendance totale, la consultation organisée le 22 octobre prochain en Lombardie et en Vénétie réclame une plus grande autonomie pour ces deux régions, notamment sur le plan fiscal.

Qualifiées d’essentielles pour les moteurs de l’économie italienne puisqu’elles participent à hauteur d’un quart du PIB transalpin, la Lombardie et la Vénétie versent l’équivalent d'environ 75 milliards d’euros par an à l’Etat. Une participation excessive pour la plupart des institutions régionales, toutes tendances confondues, qui souhaitent que la majeure partie de cette contribution reste dans les caisses lombardes et vénitiennes afin de financer l’économie régionale. Utilisée auparavant comme un slogan politique par la Ligue du Nord, parti régionaliste, eurosceptique et populiste de droite, l’idée d’un nord « saigné par les régions moins riches » n’est plus aussi répandue aujourd’hui. Mais avec ce référendum prévu pour le 22 octobre, le concept a été récupéré à des fins électorales.

FL LOMBARDIE

Une forte participation à cette consultation, autorisée par la Cour
constitutionnelle, permettrait aux organisateurs d’entamer des
discussions avec le pouvoir central. Selon un sondage publié ce lundi 2
octobre au matin, 51% des Italiens estiment que les régions devraient
négocier directement avec l’Etat une nouvelle répartition des rôles,
ressources et pouvoir. Toujours selon cette enquête, quatre électeurs
sur dix de la Ligue du nord seraient plutôt sceptiques quant au
bien-fondé de cette consultation notamment en raison de son coût, estimé
à 50 millions d’euros. Un mauvais signal pour les dirigeants du parti
qui considèrent ce référendum comme une sorte de test politique à six
mois des législatives.

https://www.marianne.net/monde/apres-la-catalogne-un-referendum-en-italie-pour-l-autonomie-de-la-lombardie-et-de-la-venitie


 

Mêmes causes, mêmes effets... Le démantèlement des états- nations se poursuit inexorablement, petit à petit, sous l'effet conjugué de l'euro, des politiques d'austérité imposées par Bruxelles (GOPE), et de la compétition des territoires. Les réformes territoriales s'enchaînent, l'objectif étant, en France comme ailleurs en Europe, d'obtenir une "souveraineté" fiscale pour les euro- régions, qui pourront progressivement négocier directement avec la Commission européenne, sans passer par l'échelon national. Une politique bien plus habile que les déclarations unilatérales d'indépendance de certains.

P.G.

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Le FN opère un tête-à-queue sur l’Europe

Le parti frontiste tente d’infléchir sa position en termes de souveraineté monétaire mais la rhétorique utilisée traduit un net retour à une vision identitaire de l’UE.

1019456355Elle paraît bien loin, au Front national, l’époque des discours accusant l’Union européenne (UE) de tous les maux et prônant l’indispensable sortie de l’euro. Depuis quelques semaines, dans toutes les bouches frontistes, les mêmes mots concertés les ont remplacés : chacun se vit désormais « européen mais » – pour l’Europe, mais contre l’UE ; pour la « civilisation » européenne, mais contre celle de Bruxelles.

A force de se le répéter, le FN semble désormais pris d’un sentiment européen bien à propos, au point de vouloir « élaborer un projet de traité simplifié », dixit sa présidente, Marine Le Pen. Celle-ci a même offert à son ex-meilleure ennemie, l’Europe, une grande part de son discours de Poitiers, le 1er octobre, avec un mot d’ordre nouveau : réformer, de l’intérieur à présent, la bête tant honnie.

Une ligne de crête difficile à tenir, estime le politologue Jean-Yves Camus : « Comment organisent-ils la préférence nationale ou établissent-ils la souveraineté monétaire sans sortir ? Et comment gèrent-ils les flux migratoires en restant dans l’Europe, tout en disant qu’ils ne feront pas ce qu’elle nous dit ? »

Sans compter, ajoute le spécialiste du parti d’extrême droite, qu’il sera bien plus compliqué pour la France de s’affranchir des règles européennes, comme le font la Pologne ou la Hongrie – sur le plan de l’économie, des frontières, des droits humains… –, sans un ferme retour de bâton de Bruxelles contre l’un des moteurs de sa construction.

« Clarification »

A ces arguments de taille, les réponses manquent encore dans les tirades frontistes en construction. Reste que le parti se devait de revoir sa position après la défaite présidentielle. Le nouveau secrétaire général, Steeve Briois, l’admet : « On avait des progrès à faire sur certains sujets. » En première ligne des failles de la dernière campagne, justement : le discours sur l’Europe.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/10/07/le-fn-et-l-europe-je-t-aime-moi-non-plus_5197568_823448.html#l5fSEdBQYKGGO4Yv.99


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Macron veut reconnaître le statut du drapeau européen

En réponse aux critiques émises par Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître officiellement le statut de l’étendard européen.

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La France va reconnaître solennellement le statut du drapeau européen lors du prochain Conseil européen les 19 et 20 octobre, a promis Emmanuel Macron, mardi 10 octobre, en réaction aux critiques émises par Jean-Luc Mélenchon sur la présence du drapeau à l’Assemblée.

« Au moment où certains en France sont en train d’avoir des débats () et voudraient enlever le drapeau européen, je voudrais vous dire que lors du prochain Conseil européen, je ferai la déclaration solennelle qui fera que la France rejoindra seize autres Etats qui l’ont déjà fait. »

« J’affirmerai officiellement que la France reconnaît le statut de l’hymne européen et du drapeau européen, ce qui ne permettra pas à certains d’enlever le drapeau européen de l’hémicycle français ou de tout autre lieu », a-t-il dit lors d’un débat à l’université Goethe de Francfort, en Allemagne. « Il sera bien maintenu parce que je ferai cette déclaration () Le combat que nous menons le mérite largement », a-t-il ajouté.

« Franchement, on est obligé de supporter ça ? »

Le 20 juin, au lendemain de son élection, le député de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, en visite à l’Assemblée nationale, avait dénoncé la présence du drapeau à douze étoiles sur fond bleu. « Franchement, on est obligé de supporter ça ? », avait-il lancé. « C’est la République française ici, pas la Vierge Marie. Je ne comprends pas », avait-il ajouté.

Au début du mois d’octobre, le groupe LFI avait demandé le retrait du drapeau de l’Union européenne, installé à côté du français derrière le fauteuil du président de l’Assemblée nationale depuis 2007. Un amendement rejeté le 4 octobre par la commission des lois de l’Assemblée.

A l’heure actuelle, seuls seize des vingt-huit pays de l’Union européenne ont reconnu officiellement le drapeau et l’hymne européens en signant une déclaration commune – la 52e – annexée au traité de Lisbonne. Ils y déclarent que le drapeau et l’hymne européens, entre autres, « continueront d’être, pour eux, les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci ».

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/10/10/macron-veut-reconnaitre-le-statut-du-drapeau-europeen_5199031_823448.html?

Quelques jours après le dépôt de l'amendement, le président de l'Assemblée nationale, François De Rugy (LREM) avait ainsi fait applaudir le drapeau, sous l'œil agacé de l'ancien candidat à la présidentielle. Dans la foulée, une députée de la formation d'extrême droite la Ligue du Sud avait par ailleurs suggéré qu'on remplace la bannière étoilée par le drapeau de la monarchie, rapporte Le Figaro.
http://www.francetvinfo.fr/politique/la-republique-en-marche/macron-va-reconnaitre-le-drapeau-europeen-pour-qu-il-ne-puisse-pas-etre-retire-de-l-assemblee-nationale_2412827.html#xtor=CS2-765-[facebook]-

18301780_1501995639842927_6409346040458797019_nMacron s'apprête donc à violer la constitution...

FREXIT!

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Le maire de Bourganeuf n'autorise pas une table de l'UPR sur le marché

Contrairement aux maires de Felletin et de Boussac, le maire de Bourganeuf, Jean- Pierre JOUHAUD n'autorise pas les militants de l'UPR en Creuse à tenir un modeste stand sous forme de table de camping avec quelques tracts dessus, afin de leur permettre d'échanger avec la population.

 

ARG CREUSE TABLE MARCHEVoici le message que nous avons reçu:

"Monsieur,

Par courrier en date du 21 septembre dernier, vous avez sollicité la permission de poser une table de camping sur le marché municipal hebdomadaire de notre commune.

Je suis au regret de vous informer que le règlement intérieur de notre marché hebdomadaire, dans son article 13, interdit « les étals à vocation politique, religieuse ou sectaire ».

Vous comprendrez par conséquent que je ne peux  pas accéder à votre demande.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-Pierre  JOUHAUD

Maire de Bourganeuf"

Ce n'est pas très élégant de s'abriter derrière un règlement dont on est responsable, directement ou indirectement (je ne connais pas le statut juridique de ce marché, communal ou privé par concession). Quoiqu'il en soit, il est facile pour un maire, même quand le règlement est un peu trop strict, de faire preuve de bienveillance: nous ne sommes ni une secte, ni une religion. C'est ce qu'a fait Franck Foulon, maire de Boussac, sachant que de notre côté, nous veillons à ne pas déranger les commerçants. Par ailleurs, je rappelle que, selon notre constitution, les partis politiques participent à la "vie démocratique de la nation". 

Au- delà se pose la question de savoir comment on fait pour s'adresser aux gens quand on n'a pratiquement aucun accès aux médias.

Une occasion manquée à mon avis  pour ce maire "de gauche" de montrer qu'il peut être aussi tolérant et ouvert que les autres maires cités plus haut, plutôt classés "à droite".

N.B. Nous avons fait la même demande au maire de La Souterraine, et à ce jour, nous n'avons reçu aucune réponse.

Philippe Gombert, délégué UPR de la Creuse.

 

 

 

 

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Gauche révolutionnaire : la grande manipulation

Depuis une dizaine d’années, les courants libertaires, trotskistes, «antifas» qui forment la gauche révolutionnaire ont été retournés pour servir des objectifs de guerre.

Vincent Lenormant | 4 Octobre 2017

 

ARG ANTIFA JIHAD BREIZLa gauche révolutionnaire désigne l’ensemble des formations politiques qui sont en principe favorables à une révolution pour mettre fin au capitalisme, en s’appuyant sur des précédents historiques comme la Commune de Paris ou la Guerre d’Espagne ; en France, ces groupes se nomment NPA, Alternative Libertaire, CNT, Fédération Anarchiste… Leurs militants ne sont pas très nombreux, mais ils bénéficient d’une bonne image chez toute une population sensible aux idées libertaires, trotskistes, antifascistes, révolutionnaires. Nous allons voir comment ces groupes ont été manipulés, épurés, restructurés pour servir des objectifs de guerre, de la simple propagande jusqu’au recrutement de combattants.

La guerre en question, c’est avant tout celle de Syrie, qui a commencé par ce qu’on n’ose plus appeler « Printemps Arabe », tant ces événements furent une catastrophe pour le monde Arabo-musulman, avec l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans en Tunisie et en Egypte et la destruction de la Lybie et du Yémen. Au début des années 2000, la gauche révolutionnaire était encore fidèle à ses positions traditionnelles : anti-capitalisme, anti-impérialisme, anti-sionisme. La guerre d’Iraq en 2003 avait été l’occasion de manifestations qui la dénonçaient pour ce qu’elle était : une guerre d’agression, sous des prétextes mensongers. Et les manifestants ne se faisaient traiter d' »Husseinistes », d’admirateurs de Saddam, que par les néoconservateurs habituels. En 2004, le journal d’Alternative Libertaire dénonçait les projets étasuniens pour le « Grand Moyen-Orient », c’est-à-dire « la déstabilisation, la chute des régimes locaux, et un « remodelage » des territoires. Citation : «Bush a précisé la portée de la guerre qui se préparait : “ Un Irak libéré pourra montrer comment la liberté peut transformer cette région qui revêt une importance extrême, en apportant espoir et progrès à des millions de personnes (…) Pour d’autres nations de la région, un nouveau régime en Irak servirait d’exemple spectaculaire et impressionnant de la liberté. En ce qui concerne les pouvoirs en place, l’avertissement est clair : […] La question qui se pose maintenant est “qui sera le suivant ?”  L’extrême droite chrétienne milite pour un règlement définitif de la question palestinienne qui passe par l’installation de régimes à la botte des USA en Syrie et au Liban, et qui donne carte blanche à la droite israélienne pour organiser la purification ethnique des territoires occupés. »

Un tel article serait aujourd’hui inimaginable dans ce journal, son auteur serait traité de conspirationniste, d’ami des dictateurs, de « rouge-brun » ou carrément de fasciste. En 2004 toujours, le même journal dénonçait un début de collusion entre extrême-gauche et « islamisme », sans vraiment comprendre toutefois ce que signifiait cet « islamisme ». Ce mot est utilisé par ceux qui ne comprennent pas la nature du phénomène, comme par ceux qui veulent semer la confusion entre l’islam et la secte wahhabite. Le wahhabisme a été rendu tout-puissant au cours du XXème siècle par les Etats-Unis, qui ont fait de la famille Saoud leur principal allié arabe au Moyen-Orient. Dans le silence général en Occident, les Saoud ont cherché à se poser en leader du monde arabo-musulman ; ils ont construit des mosquées dans le monde entier où est enseignée leur doctrine obscurantiste et dévoyée, leur logique sectaire. Depuis des décennies, ils modifient les consciences, détruisent les cultures. Cela n’a rien à voir avec la religion : il s’agit d’impérialisme culturel et de fascisme.

Les Occidentaux se sont alliés aux Saoud car ils étaient les plus anti-communistes, les plus fanatiques, les plus à même de mettre les musulmans au pas, et les plus serviles. Parallèlement, les Frères Musulmans et Al Qaïda, tous deux liés à la CIA, ont tissé un réseau international, politique pour le premier et militaire pour le second. Les Frères Musulmans sont une sorte de franc-maçonnerie musulmane, ils ont été abondamment financés par le Qatar et la Turquie (Erdogan lui-même en est membre).

On peut se gratter la tête et traiter de fou celui qui dénonce la collusion entre les groupes terroristes pseudo-islamistes et le Pentagone, tant les media dominants font tout pour nous empêcher de comprendre, mais au bout d’un moment les faits et les preuves s’accumulent, et la plus évidente est la complicité et l’alliance totale entre l’OTAN, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et Israël (les Saoud et Israël ne font même plus semblant de ne pas s’entendre), sous le commandement des Etats-Unis. Les militants dévoyés de la pseudo-gauche ont adopté le réflexe de protéger les Etats-Unis en disant que la Russie ou la Chine sont, eux aussi, des pays impérialistes, et qu’ils ne sont pas moins dangereux. C’est tout simplement faux. Le budget militaire des Etats-Unis est égal à la somme de tous les budgets militaires de tous les autres pays du monde. Ils possèdent des bases partout (plus de 800 hors de leur territoire), et il serait bon de prendre conscience qu’ils mettent le monde à feu et à sang, qu’ils sont les seuls à avoir utilisé l’arme atomique, qu’ils n’hésitent pas à utiliser des armes chimiques ou radioactives, et que rien que depuis les début les années 2000 ils ont détruit des pays, massacré des millions de personne, pour le seul profit de l’oligarchie qui contrôle l’armée impériale qu’est l’OTAN. Ils ont clairement la prétention de dominer le monde et ils ont clairement choisi la guerre comme moyen d’y parvenir. Et pourtant en France les gens ne tremblent pas d’effroi à la simple évocation de la CIA. Le mot «CIA» évoque le mystère, le cinéma, le complot et immédiatement l’autocensure vient : il ne faut pas croire aux théories du complot. Il s’agit de conditionnement et de contrôle de la pensée. Personne ne veut s’avouer manipulé, même si tout le monde peut comprendre l’intérêt du «neuro-marketing» par exemple, et assister à sa mise en œuvre.

Il va de soi que les gens qui nous gouvernent et les chefs militaires s’intéressent de près à la manipulation des consciences et des opinions, et qu’ils financent la recherche scientifique allant dans ce sens. La guerre mondiale en cours au Moyen-Orient est l’occasion pour eux de faire des essais grandeur nature. Certaines choses ont marché, en particulier l’autocensure qu’ils ont réussi à installer au sein de la gauche révolutionnaire.

PHASE I : L’EPURATION

5 ans après les articles précités, en 2009, Alternative Libertaire avait adopté une nouvelle ligne : la tendance était à "la chasse aux «conspis". Le journal publie donc une série d’articles désolants d’ignorance et/ou de mauvaise foi, dans lesquels sont amalgamés les gens qui remettent en cause la version officielle du 11 septembre et ceux qui croient aux illuminatis ou aux extra-terrestres : tous des imbéciles qui dérivent vers l’extrême-droite.

A cette époque, de nombreux sites apparaissent, des sites étranges qui dressent des listes. Le mouvement «antifa», bizarrement, ne s’intéresse plus vraiment au FN ou aux néo-nazis, mais décide d’opérer un tri au sein de la gauche ; des gens comme Etienne Chouard, Michel Collon, Annie Lacroix-Riz ou Jean Bricmont sont soudainement considérés comme des fascistes, les «antifas» viennent faire le coup de poing lors de leurs apparitions publiques, ils sont calomniés, leurs auditeurs insultés et ridiculisés, traités de «conspirationnistes», «confusionnistes», «campistes», «rouge-bruns», «amis des dictateurs»… Le point commun entre toutes les personnalités incriminées, c’est bien sûr leur anti-impérialisme et leur critique des media dominants. Dans une logique pour le coup véritablement confusionniste, les faux «antifas» vont répandre l’idée que si vous vous opposez à la guerre en Libye, c’est que vous êtes un admirateur de Qadhafi. Si vous n’êtes pas avec les «rebelles syriens», c’est que vous adorez Assad. Si vous critiquez les Etats-Unis, vous êtes un idolâtre de Poutine. Dans tous les cas vous êtes assimilé au fascisme. Le site « confusionnisme.info » va exceller dans ce registre, jusqu’à ce que l’UPR, cible de leurs calomnies, révèle le vrai visage de l’animatrice de ce site, et sa proximité avec les néoconservateurs étasuniens.

Il a suffi aux manipulateurs d’aller dans le sens d’un sectarisme déjà présent dans ces milieux : «pas de dialogue avec l’extrême-droite». C’est un véritable terrorisme intellectuel qui fut instauré, et internet a été très utilisé dans ce but ; il est certainement moins cher et plus simple de troller des forums que d’infiltrer des agents. Résultat : toute parole dissidente fut assimilée à l’extrême-droite. C’est une stratégie de la boule puante. Le dialogue devint impossible, et de nombreux militants furent mis de côté, tandis que les autres surveillaient leur langage. Sur les forums internet affiliés à la gauche révolutionnaire, comme le forum anarchistele forum anarchiste révolutionnairele forum libertaire, la chasse était ouverte. Bientôt le simple fait d’évoquer la CIA devint impossible ; ça tombait bien : la guerre allait commencer.

On pourra objecter que c’est une vision complètement farfelue et paranoïaque d’imaginer que la CIA ou d’autres puissent s’intéresser aux groupuscules libertaires français, qui ne représentent que quelques centaines de militants. Mais si on considère le projet global, qui est de faire passer des guerres d’agression impérialistes pour des révolutions, on comprend mieux l’intérêt : il s’agit de prendre le contrôle de tous les groupes de gauche révolutionnaire, dans tous les pays occidentaux, pour y rendre inaudible l’anti-impérialisme et, par solidarité révolutionnaire, leur faire applaudir la guerre. Car le mouvement révolutionnaire brise un tabou intéressant : il rend acceptable le fait que dans un pays, une minorité prenne le pouvoir par la violence. La violence et la destruction y sont considérés comme un mal nécessaire pour passer à une société censée être plus juste. Quant à savoir si les responsables de cette manipulation sont la CIA, le Mossad, le MI6 ou tout simplement les Opérations Psychologiques de l’armée étasunienne (qui ne cachent pas du tout leurs buts et leurs moyens), impossible de le savoir, mais c’était dans l’intérêt de l’alliance OTAN/Saoud/Israël qui a provoqué cette guerre.

 

ob_7e81fb_buck2Au sujet du 11 septembre, est-il vraiment si farfelu de se demander pourquoi les États-Unis maintiennent avec l’Arabie Saoudite des liens aussi étroits, alors que toute l’enquête incrimine ce pays ? Et pourquoi l’ensemble des pays occidentaux qui se prétendent en « guerre contre le terrorisme » ne cessent d’étaler leur amitié et de vendre des armes au principal pourvoyeur idéologique et financier du terrorisme pseudo-islamiste ?

PHASE II : LA RÉVOLUTION DES FRÈRES MUSULMANS

L’immolation par le feu d’un commerçant tunisien en décembre 2010 est-elle le fruit d’un complot ? Sans doute pas, mais ce qui est sûr et certain, c’est que ce fut le prétexte au lancement d’une opération préparée de longue date (le remodelage du Grand Moyen-Orient, comme le dénonçait Alternative Libertaire en 2004). Toute la pseudo-gauche, du PS à la Fédération Anarchiste, va s’enthousiasmer pour le « Printemps Arabe ». Seuls quelques grincheux déjà mis au ban de la gauche, ostracisés, ridiculisés, vont être sceptiques, se demander si les États-Unis ne seraient pas encore en train de rejouer l’air des Révolutions de Couleur (Ukraine, Géorgie, Kirghizistan…). Et ceux, très rares, qui comprenaient un peu ce que signifiait l’«islamisme», ne pouvaient que craindre l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans ou d’autres forces alliées au fascisme wahhabite.

Les groupes de gauche révolutionnaire, NPA et Alternative Libertaire en tête, ne vont pas se contenter d’applaudir les révolutions, ils vont réclamer une solidarité internationale et distiller une propagande insidieuse. Comme pour Milosevic, Hussein, Qadhafi il s’agit d’abord de faire passer Bachar al-Assad, l’ophtalmologue, pour le nouvel Hitler, un sadique prenant plaisir à mutiler des enfants. Il suffira pour cela d’emboîter le pas à la gigantesque machine de propagande destinée au grand public, à partir d’attentats sous faux drapeau, d’images fabriquées… Ce n’est pas l’objet de cet article de décortiquer la fabrication du récit officiel de la guerre syrienne, cet article-là s’y intéresse plus en profondeur.

Dans les media de la gauche révolutionnaire, la propagande va s’articuler autour de plusieurs idées-force :

1) La banalisation des Frères Musulmans et la relativisation de la menace sectaire.

Pour les besoins de la propagande, il va falloir dire que les Frères Musulmans ne sont pas si dangereux, qu’ils peuvent même être des alliés. En mars 2011, dans un article hallucinant avec le recul historique, Alternative Libertaire nous apprend qu’ils «semblent aujourd’hui sur la voie sinon d’une sécularisation, du moins d’une scission très nette entre démocrates et partisans d’un mouvement islamiste plus strict». En Egypte et en Tunisie, les Frères sont présentés comme composante indispensable de la révolution, tiraillés entre conservatisme et démocratie. Alternative Libertaire accepte et fait accepter l’idée que les Frères peuvent faire partie d’un révolution démocratique, sociale et libertaire.

Il est bon de rappeler que dans les années 70, ils ont mené une vaste campagne de terrorisme en Syrie, faisant des centaines de morts. C’était déjà l’expression de l’impérialisme des Etats-Unis et des Saoud. La réponse du pouvoir au début des années 80 syrien fut brutale : c’est ce qu’on appelle aujourd’hui le massacre de Hama. Une note de la DIA évoque 2000 victimes dans les rangs des Frères Musulmans, mais les chiffres ont été gonflés pour les besoins de la propagande de guerre. Les propagandistes vont donc régulièrement parler du massacre de Hama comme du massacre de 40000 civils, par sadisme de la part du pouvoir syrien, sans jamais évoquer les crimes des Frères Musulmans qui en sont la cause : « Hama, ville syrienne, théâtre en 1982 d’un massacre de sa population perpétré par Hafedh El Assad », « Le régime de Bachir al Assad utilise tous les moyens, militaires et policiers, pour liquider les opposants, comme à Hama en 1982 », etc, etc… Comment dire que les Frères étaient « individuellement présents » mais « discrets » au début des événements alors qu’il s’agissait de la principale force d’opposition dans le pays, une force internationale avec des financements internationaux ? Fin 2012, alors que les djihadistes ont depuis longtemps fait leur apparition en Syrie, le NPA dira encore que « les islamistes ou frères musulmans » n’ont que « peu d’écho et de présence militante sur le terrain. »

Certains auteurs n’hésiteront pas à qualifier d’« islamophobes » ceux qui pointent du doigt le danger pseudo-islamiste, et Gillbert Achcar, en 2013, ira jusqu’à dire que « même si le soulèvement était guidé par des forces islamiques, cela ne devrait pas changer notre position ». Voilà le NPA prêt à soutenir la victoire des barbus.

Rappelons-nous que la Syrie n’est pas peuplée uniquement de sunnites, mais que sa population est une mosaïque de peuples et de croyances diverses, Chiites, Druzes, Chrétiens… Par conséquent l’arrivée d’un pouvoir religieux et sectaire serait une catastrophe pour les Syriens. Dès 2012, à Alep, les « insurgés » ont mis en place des tribunaux islamiques. Quel peut-être le sort d’un chrétien devant un tribunal d’inspiration wahhabite ? Combien de Chiites, d’Alaouites, de Chrétiens ont été massacrés par les « rebelles » ?

Dans une stratégie de renversement de situation qui est une constante pour les propagandistes, ils ont également cherché à dire que le sectarisme était du côté du pouvoir baathiste, et ils ont même martelé qu’Assad était allié à Daech pour écraser la révolution. La libération de prisonniers politiques issus des Frères par Assad, à des fins de négociation, a été l’occasion pour eux de dire qu’Assad avait créé de toutes pièces le djihadisme. Sur le site Juralib, un article totalement halluciné présentera Daech comme une création d’Assad et de Poutine, tout en regrettant que la France n’ait pas participé à la Guerre d’Iraq. Rappelons que Daech a commencé à perdre du terrain seulement au moment ou l’armée russe est venue en aide à la Syrie, en septembre 2015. Jusque là, la Coalition menée par les États-Unis n’a rien fait contre eux, ils ont été soignés par Israëlsoutenus quasi-ouvertement par la Turquie elle même membre de l’OTAN, et il y a de plus en plus de preuves de la complicité entre les forces spéciales américaines et Daech.

Cette stratégie d’inversion des faits a atteint son paroxysme dans une interview de Robin Yassin Kattab où celui-ci dit en substance :
géopolitique = conspirationnisme.
Impérialisme = Russie et Iran.
Dire que la rébellion syrienne c’est Al Qaida = islamophobie.
Lutter contre le terrorisme = être de droite. Anti-impérialisme = soutien aux dictatures. Révolution syrienne = guerre d’Espagne. Assad = djihadisme = fascisme. Dans la même publication, sur le site Lundi Matin, on pourra lire également qu’Assad est pire que Daech. Il faudra le demander aux Syriens confrontés aux attentats aveugles qui ensanglantent tous les jours leur pays.

2) L’appel à la violence, le refus du dialogue

Dès le mois d’avril 2011, sur le site du NPA, on pourra lire que « certains opposants et observateurs estiment qu’il est trop tard pour ces tentatives [de dialogue]. » « La population ne se laissera plus amadouer par la dictature en place, alors même qu’une partie du peuple syrien se méfiait jusqu’ici de la perspective d’une révolution violente ». Pas de place pour le dialogue donc, la gauche révolutionnaire veut que le sang coule en Syrie. Les éditorialistes ne vont cesser de nous dire ce que veut le peuple syrien : la chute du régime. Le peuple n’a plus peur, il accepte de verser son sang. « Ceux qui sont aujourd’hui dans la rue ne reviendront jamais en arrière et ne veulent rien négocier. Pour eux, le seul mot d’ordre reste «le peuple veut la fin du régime». A partir de là, les propagandistes vont demander des armes pour les « rebelles » : « nous avons besoin d’armes, d’entraînement aussi « , mais il faudra éviter de dire d’où viennent ces armes et à qui exactement elles vont être distribuées. Fin 2012, alors que des dizaines de milliers de djihadistes du monde entier affluent vers la Syrie, qu’ils sont entraînés aux frontières turques et jordaniennes, le NPA dira que " Les prétendues aides militaires ne proviennent que du Qatar, d’Arabie saoudite et de la Libye. Elles sont infimes et destinées aux petits groupes «islamistes» marginalisés" . La CIA vient tout juste d’arrêter son programme d’aide aux « rebelles », et quand bien même évoquer ce programme était impossible à cette époque sans être taxé de conspirationnisme, c’est à présent tout à fait officiel. Mais nous sommes en 2012 et le NPA veut des armes pour les « rebelles » : « On ne saurait pas être contre, à condition toutefois de préciser certaines conditions. […] Des systèmes d’armement sophistiqués exigent parfois un personnel hyperspécialisé et créent donc une forme de dépendance extérieure. Ce n’est pas ce que demandent les rebelles syriens, qui ont avant tout besoin d’armes antichar et de missiles antiavions pour se protéger des assauts meurtriers de l’artillerie et des avions de chasse du régime. Ces conditions étant précisées, on pourra dire: chiche! »

Chiche. Les armes ont été livrées, les « rebelles » entraînés, la guerre de Syrie atteint les 500000 morts. Le NPA est-il satisfait ? En 2014, Gilbert Achcar, celui qui sait mieux ce que « le peuple veut » que les Syriens eux-mêmes, va se lancer dans un appel à la guerre totale : en Syrie selon lui,
« 
il est illusoire d’espérer provoquer le renversement du despote par de simples manifestations « , la famille régnante « ne peut être renversée que par les armes ». Il faut donc « une révolution qui l’emporte au moyen d’une insurrection populaire armée débouchant sur une guerre civile avec formation de zones libérées qui s’étendent progressivement jusqu’à la victoire finale ». « La révolution syrienne ne pourra se développer qu’en se transformant en guerre civile ». « La grande faillite des démocrates et progressistes de l’opposition syrienne, c’est qu’ils n’ont pas saisi d’emblée l’inéluctabilité de la guerre civile« .


La guerre civile, la pire horreur qui puisse arriver à un pays, devient vertueuse dans la bouche d’Achcar. Il faudra lui payer un voyage à Alep, pour qu’il explique directement aux Syriens que c’était pour leur bien.

3) Protéger les Etats-Unis, Israël et les Saoud

Les propagandistes ont tout fait pour cacher et protéger les véritables responsables de la guerre, l’alliance OTAN/Israël/CCG. Au début des événements, ils ont d’abord voulu faire croire que celle-ci protégeait Assad, afin de semer la confusion chez les anti-impérialistes. Alternative Libertaire savait en 2011 que les puissances occidentales « ne maîtrisaient plus rien ». Le NPA, lui, nous expliquait « la relative prudence des puissances occidentales, des saoudiens et surtout d’Israël face aux événements. Pour eux, Assad est un « mal connu », et, malgré tout, un pilier de l’ordre régional. Ce qui peut venir après lui est beaucoup plus terrible pour eux« . Par conséquent, " le maintien du régime syrien est la meilleure option possible pour Israël" . Le NPA ira jusqu’à présenter ce mensonge comme une évidence : " pourquoi l’Occident et Israël craignent-ils tellement de perdre le régime de Bachar al-Assad? " . La réponse arrive quelques mois plus tard : " La victoire de la Révolution syrienne ouvrira un nouveau front de résistance contre les puissances impérialistes, alors que sa défaite les renforcerait" . Le mois suivant : " Sous prétexte qu’Assad s’est moins aligné sur les USA et Israël que d’autres régimes arabes […], ou craignant une montée de l’intégrisme religieux, certains à gauche ne soutiennent pas l’insurrection syrienne. C’est un contre-sens ! La place des anti-impérialistes et anticapitalistes, c’est d’agir aux côtés des révolutionnaires arabes" .

Achcar toujours, va prétendre en 2012 que « les événements en cours signalent un fort déclin de l’hégémonie américaine », " L’influence que peuvent avoir les États-Unis sur le processus en cours en Libye est très limitée " . L’année suivante, il déclare sans rire « Washington ne souhaite le démantèlement d’aucun Etat. Il veut une « transition ordonnée » – que le pouvoir change de mains, mais en garantissant la continuité fondamentale de la structure de l’Etat » (après que les États-Unis aient détruit les États somalien, afghan, iraquien, libyen…). Et bien sûr, " Les puissances occidentales ne vont apporter de soutien substantiel – en particulier militaire – à aucune force de l’opposition, parce qu’elles ne font confiance à aucune de ses composantes" .

Les auteurs précités ne sont évidemment pas tous des agents, même si en ce qui concerne Gibert Achcar, Ghayat Naisse, Joseph Daher ou l’hystérique Ziad Majed on est en droit de le penser. Ce qu’on peut constater et tenter d’étudier, avec le recul historique, c’est un édifice immense de contrôle de la pensée, d’interdiction de la parole dissidente par la censure et par l’autocensure, un édifice qui dépasse largement le cadre de notre étude (la gauche révolutionnaire en France), puisqu’il s’est avant tout manifesté dans les media dominants, à destination du grand public. C’est dans Le Monde qu’on trouvera la propagande la plus vile, en particulier sous la plume de Jean-Pierre Filiu, qui a par ailleurs écrit le scénario d’une bande dessinée de propagande (la bande dessinée est un bon angle pour toucher le public de gauche.) On sait maintenant que Le Monde prenait ses ordres directement de l’Élysée ou du quai d’Orsay, mais est-ce une surprise ? Un militant de gauche devrait pouvoir comprendre que les media subventionnés par l’État sont au service de l’État, et qu’en cas de guerre, la liberté de la presse n’a plus aucun sens puisque c’est la sécurité nationale et le secret défense qui priment.

Cela n’empêchera pas bien sûr les groupes de gauche révolutionnaire de se référer exclusivement aux media dominants pour étayer leur argumentation, et de rejeter tout point de vue alternatif. Chez le NPA, AL et consorts, il est de bon ton de considérer toute info provenant de Russia Today comme mensongère (la voix du Kremlin, quelle horreur !), mais de ne jamais douter d’une info provenant du Monde ou du New York Times.

Le paroxysme de l’absurdité a été atteint en décembre 2016, quand tous les media dominants ont hurlé au génocide de la population alépine par les sauvages armées « de Bachar et de Poutine ». A ce moment-là, Philippe Poutou lui-même a été mis a contribution pour s’indigner devant ce « massacre » : « les massacres ont commencé dans Alep-est. Toutes les informations sont concordantes. » Le NPA ne manquera de culpabiliser la gauche : « la vérité choquante est que le peuple syrien dans sa lutte pour son émancipation n’a pas trouvé une solidarité internationale à la hauteur de ses sacrifices. Il reste seul devant l’enfer des armes d’un régime sanguinaire, et il montre un courage extraordinaire, de ses jeunes, des masses populaires révoltées, qui font face à la barbarie extrême du régime et de ses alliés. » Ces jeunes, ces masses populaires révoltées, c’était en fait des milliers de djihadistes venus des quatre coins de la planète, qui tenaient la population d’Alep-Est en otage, avaient mis en place des tribunaux pseudo-islamiques, volé, violé, torturé, massacré, terrorisé. Mais pour le NPA, ce sont des « héros« . Il faudra donc aussi leur payer un voyage à Alep, pour qu’ils puissent demander directement aux Alépins s’ils regrettent le temps où des barbus semaient la terreur dans leurs quartiers et violaient leurs filles.

Le NPA, Alternative Libertaire mais aussi l’UJFP, Cedetim, Émancipation, Ensemble, le Forum Palestine Citoyenneté, L’Insurgé, Nasskoune, l’Union syndicale Solidaires se sont réunis en 2013 au sein d’un collectif : « Avec la Révolution Syrienne » afin d’aider activement les « rebelles syriens » qu’ils présentent comme des militants pacifiques et démocrates, alors que les combattants sont payés avec des fonds provenant de l’étranger, qu’ils possèdent des tanks, et que les plus puissants d’entre eux sont des djihadistes prêts à mourir pour Dieu. Le collectif ARS va répandre la bonne parole de propagandistes comme Joseph Daher pour faire croire à une administration libertaire des zones rebelles ; il faut pour cela réussir à imaginer des zones libres habités par des libertaires progressistes qui font vivre la démocratie directe en harmonie avec les djihadistes coupeurs de têtes qui les protègent.

C’est en 2013-2014 que l’idéologie communiste libertaire va commencer à être vraiment mise à contribution. Une certaine Leila « Shrooms » Shami, se présentant comme militante anarcho-féministe, va faire l’éloge d’Omar Aziz, présenté comme une anarchiste syrien ayant théorisé le fonctionnement de conseils locaux en s’inspirant de Rosa Luxembourg ou de la Commune de Paris. Pourtant, si on lit le texte en question, l’auteur reconnaît l’autorité du Conseil National Supérieur créé par les Frères Musulmans en Turquie, et demande aux conseils de s’y soumettre et de se mettre au service de l’Armée Syrienne Libre. On aura vraiment du mal à y trouver la moindre trace d’anarchisme. On trouve sur Youtube une interview où la caméra ne vient jamais filmer le visage de Leila Shami, mais on peut entendre sa voix, la voix d’une anglophone ne sachant pas prononcer l’arabe, aux côtés de Charles Lister, intermédiaire entre les Etats-Unis et les groupes armés rebelles d’une part et propagandiste dans toute la presse mainstream, lié au Qatar. Le mythe des conseils démocratiques des « rebelles modérés » sera répété sans cesse par le collectif ARS ainsi que par les media qui y sont liés. Le collectif tient ses conférence sous le drapeau de l’ASL, le drapeau du colonisateur français (les Français ont peut-être oublié les massacres commis par la France en Syrie au temps du mandat, mais pas les Syriens. Et il faut être bien mal avisé pour imaginer que les Syriens voient dans l’état français un « libérateur ».)

PHASE III : LE ROJAVA

A partir de 2014 une nouvelle opération est lancée : le Rojava. Les militants libertaires, sans abandonner leur soutien à la rébellion islamo-communarde, vont devenir fascinés par les Kurdes des YPG-YPJ, la branche syrienne du PKK. Le leader du PKK, en prison en Turquie, est censé avoir adopté l’idéologie communiste libertaire, un « municipalisme » dont l’inspirateur serait l’anarchiste étasunien Murray Bookchin. La rébellion Kurde déclare mettre en place dans ses territoires une société libertaire, égalitaire, anticapitaliste et écologique. Dès lors, il est urgent de les soutenir et d’inciter les gens à partir se battre. A partir de 2014, des anarchistes du monde entier affluent vers la Syrie, empruntant le même chemin que les djihadistes qui les ont précédés. Il est difficile d’imaginer que cela représente plus de quelques milliers de combattants, mais, comme pour les djihadistes, cela permet aux États d’origine de se débarrasser d’un certain nombre de radicaux et de mettre leur colère à profit.

Or il est évident que le Kurdistan n’est rien d’autre que le Plan B des États-Unis, après l’échec des djihadistes. Un Kurdistan indépendant en territoire syrien et iraquien leur permettrait de démembrer et donc d’affaiblir ces deux états, et mettre la main sur de gigantesques ressources énergétiques. L’Iran, qui héberge une large population kurde, serait menacé. Il faut absolument garder en tête que les habitants du nord de la Syrie ne sont pas majoritairement Kurdes. Le Rojava est en dehors du Kurdistan, les Kurdes se trouvant essentiellement en Turquie. En Iraq les Kurdes sont soutenus par Israël. On peut penser que la Turquie est opposée à la création d’un Kurdistan mais on peut aussi penser qu’il pourrait en profiter pour y déporter ses Kurdes tout en en repeuplant le sud de la Turquie avec les Syriens. Et effectivement les YPG/YPJ sont soupçonnés de procéder à des déplacements de population.

Pour brouiller les cartes, les États-Unis ont créé les Forces Démocratiques Syriennes qui regroupent les Kurdes avec des combattants arabes, mais concrètement les YPG/YPJ sont largement majoritaires et procèdent à une « kurdisation » forcée de la région. Le pouvoir est au parti, le PYD. Le paradis libertaire est censé régner dans des zones organisées depuis toujours de manière tribale, en guerre, sous le contrôle de soldats armés et commandés par les États-Unis. C’est dur à avaler et de nombreux articles vont tenter de faire passer la pilule, au nom du réalisme et au moyen, encore et toujours, de la culpabilisation : « Il est incroyablement facile — sinon honteux, à certains égards — de s’asseoir dans le confort de nos maisons occidentales et de critiquer la « trahison » d’un mouvement au nom de sa « collaboration » avec l’impérialisme lorsque la vie de tant de personnes est, littéralement, en jeu. […] Le révolutionnarisme et la solidarité de fauteuil, uniquement conditionnés par les notions de « pureté » n’ont aucun sens dans le monde réel », pourra-t-on lire dans Ballast.

Les États-Unis ont implanté une bonne dizaine de sites militaires au sein des communes libres du Rojava, ils ont pu envoyer des milliers de soldats : ils ont donc envahi la Syrie, en toute discrétion. Les derniers événements montrent clairement que les Kurdes sont actuellement plus en guerre contre l’État syrien que contre Daech. Ils ont réussi à reprendre de vastes territoires riches en pétrole à Daech sans que ceux-ci ripostent, afin d’empêcher l’armée syrienne d’en reprendre possession. Daech a ensuite lancée une grande offensive contre l’armée-syrienne, permettant aux Kurdes de s’emparer d’encore plus de puits de pétrole et de gaz. On a vu un chef de tribu auparavant daechiste se mettre au service des Kurdes. Il est encore trop tôt pour savoir ce qui se passe vraiment au Rojava, mais il y a de quoi se méfier et être prudent.

Les groupes de gauche révolutionnaire vont déclarer apporter un soutien critique, mais dans les faits, ils promeuvent ultra-activement les YPG/YPJ, par des levées de fond et une propagande incitant les militants à franchir le pas et passer à l’action : aller se battre en Syrie, tirer sur des Arabes avec des armes étasuniennes.

On pourra suivre les aventures d’un communiste libertaire dans les YPG, rêver en voyant des combattants poser devant tous les symboles de l’anarchisme et de l’antifascisme, les drapeaux rouges et noirs, les A cerclés… Le site Lundi Matin nous expliquera précisément la marche à suivre pour s’engager et rejoindre le front.

Voilà comment les États-Unis ont réussi à envoyer des anarchistes du monde entier se faire tuer en Syrie pour leurs intérêts. C’est un tour de force qui ne doit pas faire une grande différence sur le plan purement militaire, mais qui est très intéressante pour eux sur le plan psychologique : soutien de la gauche « radicale » à la création d’un « nouvel Israël » où le PKK deviendra peut-être « la gauche Kurde », mais où le pouvoir sera toujours au mains des atlantistes et sionistes.

Reste à savoir ce que signifie le retournement de la gauche révolutionnaire pour la France. Il n’est effectivement pas rassurant de voir un site de propagande comme Lundi Matin se faire passer pour la voix des anarchistes et appeler à l’émeute et à la violence. Cette violence éclatera tôt ou tard du fait de la situation désastreuse de la France, et il est évident que dans les tiroirs du Pentagone, des plans sont déjà prêts.

Vincent Lenormant | 4 Octobre 2017

Source: http://www.librairie-tropiques.fr/2017/10/gauche-revolutionnaire-la-grande-manipulation.html

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mardi 10 octobre 2017

L'avenir de l'Europe se joue à Barcelone

Rarement l'Histoire a été aussi imprévisible qu'en cette veille de (non)-déclaration d'indépendance de la Catalogne.

ARG ESP CAT DRAPEAUXLe sort de l'Espagne et de l'Union européenne se joue sur la décision qu'annoncera le soir du 10 octobre 2017 le président de la Généralité, Carles Puigdemont, parfaitement inconnu il y a trois ans et devenu le chef de file des jusquauboutistes catalans.

Pour l'anthropologue Emmanuel Todd, la revendication identitaire catalane peut s'expliquer par une société anciennement organisée autour de la famille-souche : les garçons demeurent sous l'autorité du père de famille et l'aîné se réserve l'héritage. Ces principes d'autorité et d'inégalité débouchent dans le domaine politique sur de fortes revendications identitaires, comme en Suisse alémanique et en Écosse, autres pays de famille-souche.

 

Où l'on voit que la Catalogne n'est pas l'Écosse

Justement, le contraste est saisissant entre le déroulement du référendum du 1er octobre 2017 en Catalogne et celui du 18 septembre 2014 en Écosse, qui s'est déroulé dans le calme et le respect du droit et a abouti de justesse au rejet de l'indépendance.

C'est que le gouvernement de Londres est l'héritier d'une tradition libérale indéfectible et nul ne doute que si le référendum écossais avait été favorable à l'indépendance, il aurait accepté celle-ci sans ciller. Rien de tel avec le gouvernement de Madrid, héritier d'une tentation centralisatrice aussi ancienne. [1]

En 1707, c'est de de façon concertée que l'Écosse et l'Angleterre ont uni leurs destins au sein d'un Royaume-Uni de Grande-Bretagne. Sept ans plus tard, c'est à l'issue d'un siège éprouvant que les Barcelonais ont renoncé à leurs velléités autonomistes. 

Ces velléités vont ressurgir au XXe siècle avec la victoire électorale de la Lliga regionalista en 1901 et  la création d'une Généralité de Catalogne autonome en 1932. Pendant la guerre civile (1936-1939), les Catalans seront à la pointe du combat contre les nationalistes de Franco mais leurs anarchistes, « organisées » au sein du POUM, vont donner du fil à retordre aux brigades staliniennes engagées aux côtés des républicains espagnols. [2]

On peut heureusement douter d'une répétition de l'Histoire. Les indépendantistes et les légalistes d'aujourd'hui ne sont pas prêts à mourir pour leurs idées. Ils ont trop à perdre et l'enjeu n'en vaut pas la peine. Reste que la crise peut coûter très cher tout à la fois à la Catalogne, à l'Espagne et à l'Union européenne. L'annonce par la plus puissante banque catalane, la Caixa, de son départ pour Palma de Majorque donne un aperçu du désordre à venir. 

Comment en est-on arrivé là ? Comment la région la plus riche d'Espagne et l'une des plus prospères d'Europe a-t-elle pu tout d'un coup se ruer vers une indépendance à très hauts risques ?

La rançon d'une excessive rigueur

La chronologie est très éclairante :

Le 11 janvier 1980, la jeune démocratie espagnole a accordé une large autonomie à la Catalogne ainsi qu'à la Galice et au Pays basque. Ces autonomies se sont consolidées au fil des décennies, jusqu'au Statut de 2006, accordé à la Catalogne par le gouvernement socialiste de Luis Zapatero. L'Espagne vivait alors dans l'euphorie du crédit bon marché grâce à des taux d'intérêt alignés sur ceux de l'Allemagne. 

Miracle de la zone euro et de la monnaie unique instituée en 1999/2002 : malgré leurs faiblesses structurelles, l'Espagne et les autres États méditerranéens pouvaient emprunter à des taux très bas sur les marchés financiers car les investisseurs faisaient confiance à l'Allemagne et aux solides États de l'ancienne zone mark pour soutenir le taux de change de l'euro.

Mais en 2007, dans l'année qui suit le Statut d'autonomie de la Catalogne, patatras ! des firmes de prêt immobilier font faillite aux États-Unis. C'est la crise des « subprimes ». Tandis que les États-Unis et le reste du monde vont rapidement la surmonter, la zone euro la subit de plein fouet et manque d'y succomber. C'est que les difficultés des banques européennes mettent à nu l'anomalie congénitale de la monnaie unique.

Auparavant, les pays ayant une forte propension à consommer en étaient retenus par leur monnaie (celle-ci voyait sa valeur glisser jusqu'à ce que les exportations rééquilibrent les importations). Même chose en sens inverse pour les pays ayant une forte propension à exporter plutôt que consommer (l'Allemagne en premier lieu).

Désormais, avec la monnaie unique et la suppression du régulateur monétaire, les déséquilibres commerciaux explosent et s'installent dans la durée. Pour compenser la monnaie perdue en paiement des importations et préserver la paix sociale, les gouvernements n'ont d'autre recours que de s'endetter à l'étranger (c'est une façon de rapatrier cette monnaie).

Aveugles sur cette évidence qui contrevient à leurs croyances et à leurs envies, les gouvernants se convainquent que les déficits publics sont la cause de leurs maux. [3] Ils ne voient pas qu'ils sont simplement la conséquence d'un système monétaire anormal, ainsi que nous l'avons exposé et ainsi que s'obstinent à le répéter différents économistes de haut rang (Joseph Stiglitz, Paul Krugman...).

Revenons-en à l'Espagne : 

Déstabilisé par la crise, le gouvernement de Madrid met en place une très sévère politique de rigueur, tout comme les gouvernements d'Athènes, de Lisbonne, de Rome et de Paris. Il augmente la pression fiscale et coupe dans les dépenses (dans les années 1930, on appelait cela « déflation »). Il s'en prend aussi à l'autonomie fiscale accordée aux Catalans et obtient son abrogation par la Cour constitutionnelle en 2010. Dès lors, les impôts des riches Catalans peuvent être en partie réorientés vers les régions en souffrance. En 2016, on évalue ce transfert entre dix et seize milliards d'euros sur un PIB catalan de 224 milliards.

Et c'est ainsi qu'a ressurgi avec une vigueur renouvelée le spectre indépendantiste. Aux vieilles revendications culturelles et linguistiques, largement satisfaites, s'est ajoutée la revendication d'autonomie fiscale jusqu'à provoquer le référendum de ce 1er octobre 2017.

Entre insoumission et résignation

La Catalogne n'a pas été la seule à manifester son insoumission face au nouvel ordre européen. En 2013, en Bretagne, la révolte fiscale des Bonnets rouges a un moment ébranlé le gouvernement français, lui aussi soucieux de satisfaire les injonctions comptables de Bruxelles, Francfort et Berlin. Un peu plus tard, saignée à blanc par une troïka financière, la Grèce s'est révoltée mais craignant plus que tout d'être expulsée de l'Union européenne et renvoyée à un médiocre statut d'État balkanique ou oriental, elle s'est finalement inclinée. Plutôt mourir avec l'euro que vivre sans.

En France, les citoyens et les partis politiques, par lassitude, s'accommodent du système monétaire et de ses conséquences. [4] La révolte est désormais silencieuse et non moins brutale. C'est par dizaines de milliers que les jeunes Français diplômés quittent chaque année le pays pour des cieux plus cléments. L'Allemagne ? Que nenni. (...). Ce mouvement a pris une telle ampleur que, selon le démographe Hervé le Bras, le solde migratoire de la France serait désormais quasi nul !

Parions que l'Union européenne résorbera le choc catalan comme les autres. Elle en tirera la leçon qu'à tout prendre, de grands États dociles valent mieux que des régions insoumises. Elle sortira de l'épreuve simplement un peu plus affaiblie et un peu moins démocratique comme à chaque fois, jusqu'à décourager ses plus chauds partisans, comme le journaliste Jean Quatremer. Mais qu'importe pourvu que vive la monnaie unique.

Rappelons que tous les acquis européens (Parlement européen, zone Schengen, Erasmus, Arianespace, Airbus...) sont antérieurs à 1988.[5] Depuis cette date, l'Union européenne n'a rien réalisé d'autre que la monnaie unique, la déréglementation (on se souvient de la crise de la « vache folle » causée il y a vingt ans par l'assouplissement d'une norme sous la pression des industriels) et l'ouverture des marchés à la mondialisation (CETA). Toute son énergie est consacrée à ces tâches. Il est hélas normal qu'elle y réussisse. 

Joseph Savès
https://www.herodote.net/L_avenir_de_l_Europe_se_joue_a_Barcelone-article-1677.php

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN[1] "le gouvernement de Madrid, héritier d'une tentation centralisatrice aussi ancienne": la formule me semble maladroite à ce stade, c'est faire peu de cas des "tentations centralisatrices" de l'Angleterre, autrement redoutables à certains moments, sans même parler du rôle de la "City"...Demandez aux Irlandais ce qu'ils en pensent!

[2] 1° erreur historique: les anarchistes catalans n'étaient pas organisés au sein du POUM, mais de la CNT- FAI...
[3]"les gouvernants se convainquent que les déficits publics sont la cause de leurs maux": c'est surtout la Commission européenne qui les contraint à réduire ces déficits (la fameuse "règle d'or" des 3%)! L'auteur le reconnaît un peu plus loin: "le gouvernement français, lui aussi soucieux de satisfaire les injonctions comptables de Bruxelles, Francfort et Berlin".
[4]"En France, les citoyens et les partis politiques, par lassitude, s'accommodent du système monétaire et de ses conséquences": par lassitude ou soumission?
[5] 2° erreur historique: Airbus, Ariane et même l'Espace Schengen n'ont rien à voir avec la construction européenne. Voir les conférences de François Asselineau...
Conclusion: ce qui m'a semblé intéressant dans cet article est la thèse selon laquelle la monnaie "unique" détruit également et nécessairement la cohésion interne des états- membres.
P.G.

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Ruffin rassure Bourdin sur la sortie de l'UE !

"Ça veut pas dire qu'on sort de l'union Européenne, hein, quand on enlève un symbole !". Merci M. Monsieur Ruffin pour ce petit rappel en effet très cohérent avec la ligne incohérente des Insoumis

VID RUFFIN BOURDIN

Ruffin rassure Bourdin sur la sortie de l'UE !

Ajoutée le 7 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?sns=fb&v=IxOoR7syGYc&app=desktop

 

meluch 4

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Theresa May sommée de publier un rapport secret assurant que le Brexit peut encore être évité

Une conseillère de la reine d'Angleterre a publiquement demandé à Theresa May de révéler une note juridique que le gouvernement aurait commandée à des experts. Celle-ci démontrerait que le Brexit peut encore être annulé...

ARG MAY BLAIR BREXITTheresa May traverse une période plus que délicate depuis les élections anticipées du 9 juin dernier, qui ont privé les conservateurs de leur majorité absolue au Parlement. Alors que les négociations sur le Brexit piétinent et qu'une fronde s'organise au sein du parti de Theresa May, c'est un rapport secret concernant un possible maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE) qui plonge le Premier ministre dans la tourmente.

Le 7 octobre, The Guardian se faisait l'écho d'une lettre ouverte adressée au Premier ministre par Jessica Simor, conseillère de la reine et juriste éminente. Cette dernière demande à ce que soit publié un mystérieux «rapport» remis par des experts au gouvernement, dont l'existence lui aurait été révélée par «deux très bonnes sources» proches des négociateurs du Brexit. Jessica Simor invoque le Freedom of Information Act (loi sur la liberté d'information) de 2000, qui oblige les pouvoirs publics à communiquer tous les documents administratifs non classés.

D'après Jessica Simor, la révélation de cette note juridique pourrait avoir l'effet d'une bombe et expliquerait que Theresa May ne souhaite pas en révéler la teneur. «Il démontre que la notification de l'article 50 [du Traité sur l'Union européenne, permettant à un Etat membre de la quitter] peut être retirée à tout moment avant le 29 mars 2019, autorisant ainsi le Royaume-Uni à demeurer dans l'UE dans des conditions favorables», assure la juriste.

L'espoir renaît chez les anti-Brexit

Les conclusions de la note confirmeraient donc que le Brexit peut encore être annulé. «Cela abonde dans le sens des analyses de Lord Kerr, l'un des rédacteurs de l'article 50, de Jean-Claude Piris, ancien directeur général du service juridique du Conseil européen et de Martin Selmayr, avocat et chef de cabinet du président de la Commission européenne [Jean-Claude Juncker]», estime Jessica Simor. Si toutes ces personnalités sont des anti-Brexit déclarés, c'est néanmoins en leur qualité d'experts du droit qu'ils se seraient exprimés quand, par le passé, ils ont chacun livré des conclusions similaires à celle de la fameuse note secrète. «Il est essentiel que le grand public et ses représentants aient accès à ce document le plus vite possible», s'inquiète Jessica Simor.

Si le contenu de ce rapport est aussi brûlant, c'est en partie parce que le gouvernement assure depuis plusieurs mois que le Brexit, fort de sa légitimité acquise par le référendum et par la ratification du Parlement, est désormais inéluctable : il resterait donc aux parlementaires à choisir entre un accord médiocre avec l'UE... ou pas d'accord du tout. Face à des pays européens bien décidés à négocier le plus durement les conditions auxquelles le Royaume Uni sortira de l'UE, Theresa May semble avoir de la peine à s'imposer comme leader et à asseoir son autorité de négociatrice. 

Il ne fallait pas davantage que cette polémique pour redonner du poil de la bête aux opposants politiques de Theresa May, qui entendent bien faire échouer le Brexit«L'idée que l'article 50 est irréversible est un mythe forgé par les partisans du Brexit afin d'empêcher les Britanniques de changer d'avis», a réagi l'ancien vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg, après la publication de la lettre ouverte de la conseillère de la reine. Même son de cloche du côté des travaillistes. «Le Brexit se révèle bien plus complexe qu'annoncé et ne tient pas ses promesses, comme celle des 350 millions [de livres sterling] supplémentaires pour le système de santé», a constaté Chuka Umunna, député travailliste et figure phare de l'opposition à Theresa May. «Légalement, rien n'est inévitable et le Royaume-Uni garde le droit de changer d'avis», a-t-il encore martelé.

La fronde gagne même les rangs conservateurs. Après la conférence du parti chaotique qui s'est déroulée à Manchester le 4 octobre dernier, le député Grant Shapps, ancien ministre du Développement international, avait finalement confirmé l'existence d'un groupe de 30 députés exigeant le départ de Theresa May. Alors que les éditoriaux se multiplient dans la presse pour demander sa démission, le Premier ministre semble vouloir maintenir le cap. «Ce dont le pays a besoin, c'est d'un leadership calme et c'est exactement ce que j'assure, avec le soutien complet de mon gouvernement», assurait-elle encore la veille de la publication de la lettre de Jessica Simor.

Des négociations âpres qui mettent Theresa May sous pression

Un an après le référendum, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont commencé le 19 juin 2017 les négociations sur le Brexit. Londres et Bruxelles doivent se mettre d'accord sur les conditions de leur divorce d’ici fin mars 2019. Depuis, les embûches se sont multipliées, le Royaume-Uni soupçonnant certains Etats membres de l'UE de chercher à obtenir les conditions les plus défavorables pour les Britanniques, voire à se venger du référendum par lequel ces derniers ont choisi de quitter l'UE en juin 2016.

Le Premier ministre britannique, Theresa May, avait dévoilé en janvier 2017 un plan pour le Brexit contenant 12 priorités. Les aspects les plus importants concernaient la sortie du marché unique et de l'union douanière. Une telle approche, qualifiée de «Brexit dur», lui avait valu une certaine popularité parmi les conservateurs. «Pas d'appartenance partielle à l'UE, pas de statut de membre associé à l'UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d'autres pays», avait-elle martelé.

Alors que l'essor des mouvements critiques ou hostiles à l'égard de l'UE se confirme un peu partout sur le continent, cette dernière n'entend pas céder sur ses principes. Bruxelles continue par exemple d'exiger le paiement des 50 à 60 milliards d’euros que Londres s’était engagé à payer au titre de contribution au budget de l'UE sur les prochaines années. Une commission de la Chambre des Lords avait pourtant affirmé en mars dernier que le Royaume-Uni n'aurait plus aucune obligation légale de contribuer au budget européen.

Alors que le bras de fer ne fait que commencer, Theresa May devra prouver qu'elle est à même de pouvoir le poursuivre. La pression qu'elle subit est d'autant plus forte que ses opposants ont déjà réussi à faire monter les enchères : ce n'est plus seulement son avenir politique, déjà incertain, qui est en jeu, mais bien le Brexit lui-même.

https://francais.rt.com/international/44317-theresa-may-sommee-publier-rapport-secret-assurant-brexit-encore-evite

Voir aussi:

Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n'ait pas lieu»

16 juil. 2017

L'ancien Premier ministre britannique estime que l'opinion publique a évolué sur la question de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Il entrevoit la possibilité de son abandon. Une telle option est d'ailleurs pour lui cruciale pour l'avenir de son pays.

Farouche opposant au Brexit, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair n'a pas abandonné la partie. Un an après le oui au référendum des Britanniques, et alors que le Parlement a voté fin mars le déclenchement de l'article 50 – qui acte le début du processus de sortie –, l'ex-chef du gouvernement estime que l'opinion publique a changé de cap sur la question.

«Je pense qu'il est désormais possible que le Brexit n'ait pas lieu», a-t-il confié dans une interview à Sky News le 15 juillet. «Je pense qu'il est absolument nécessaire qu'il n'ait pas lieu», a-t-il poursuivi, jugeant que chaque jour qui passait apportait les preuves des dommages autant économiques que politiques causés par le Brexit.

Ces propos de l'ancien Premier ministre ne sont guère surprenants, Tony Blair ayant clamé en mai dernier son intention de s'investir davantage contre le Brexit, se disant déterminé à se «salir les mains» pour le combattre.*

Si les élection législatives de juin ont affaibli la position de Theresa May pour ses futures négociations avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Londres peut néanmoins se satisfaire du souhait de plusieurs pays de conclure des accords commerciaux bilatéraux post-Brexit avec le Royaume-Uni. Le président américain Donald Trump s'était même montré, le 8 juillet, très enthousiaste à ce sujet.

https://francais.rt.com/international/41063-tony-blair-il-est-possible-necessaire-brexite-ait-pas-lieu


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINTous ces grands démocrates prêts à trahir la volonté des électeurs par des arguties juridiques. Mais si on les prend au mot, on se demande bien pourquoi la "magna carta" de 1215 n'a pas encore été abrogée, sans parler de l'habeas corpus...les électeurs ont sans doute évolué depuis lors!

Politiciens de droite comme de gauche, journalistes, lobbyistes influents mettent la pression pour bafouer la démocratie et rejoindre le club de leur chère Union européenne, qui, il est vrai, n'est, elle, pas démocratique. Logique.

Quant à Tony Blair, le fossoyeur du travaillisme anglais,  prêt à "se salir les mains" pour empêcher le Brexit, on peut lui faire confiance, c'est un habitué...

P.G

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La Pravda étasunienne. Comment la CIA a créé le concept de théorie du complot

Par Ron Unz – Le 5 septembre 2017 – Source Unz Review (...)

ARG THEORIE DU COMPLOTDe toute évidence, une grande partie de tout ce qui a été décrit par nos dirigeants gouvernementaux ou présentés dans les pages de nos journaux les plus respectables – des attentats du 11 septembre au cas local le plus insignifiant de petite corruption urbaine – pourrait être objectivement classée dans la catégorie « théorie du complot », mais ces mots ne seront jamais utilisés pour ce cas-là. L’utilisation de cette expression fortement chargée est plutôt réservée à ces théories, qu’elles soient plausibles ou fantaisistes, qui ne possèdent pas le cachet d’approbation de l’establishment.

Autrement dit, il existe de bonnes « théories du complot » et de mauvaises « théories du complot », les premières étant celles promues par les experts des émissions de télévision traditionnelles et n’étant donc jamais définies comme telles. (...)

On a déjà assisté à des changements radicaux dans les croyances publiques américaines, simplement sur la base d’une association implicite. Dans les premières semaines et mois suivant les attentats de 2001, tous les organes médiatiques américains ont été enrôlés pour dénoncer et vilipender Oussama Ben Laden, le prétendu cerveau de l’islamisme, comme étant notre plus grand ennemi national, avec son visage barbu apparaissant sans fin à la télévision et dans les journaux, devenant bientôt l’un des visages les plus reconnaissables au monde. Mais alors que l’administration Bush et ses principaux alliés médiatiques préparaient une guerre contre l’Irak, les images des tours brûlantes ont alors été plutôt juxtaposées avec des photos du dictateur moustachu, Saddam Hussein, pourtant un ennemi de Ben Laden. En conséquence, au moment où nous attaquions l’Irak en 2003, les sondages  révélaient que 70% des citoyens américains croyaient que Saddam était personnellement impliqué dans la destruction de notre World Trade Center. À cette date, je ne doute pas que de nombreux millions d’Américains, patriotes mais faiblement informés, auraient dénoncé et vilipendé avec colère comme un « théoricien du complot un peu dingue », quiconque aurait la témérité de suggérer que Saddam n’était pas impliqué dans le 11 septembre, alors même qu’aucun dirigeant n’a jamais osé explicitement proférer une affirmation aussi fausse.

(...)Pendant les décennies précédant [la 2° guerre mondiale], l’un de nos savants et intellectuels publics les plus importants fut l’historien Charles Beard, dont les écrits influents mettaient fortement l’accent sur le rôle néfaste de diverses conspirations menées par l’élite dans l’élaboration de la politique américaine, au profit de quelques-uns et aux dépens du plus grand nombre, avec des exemples allant de l’histoire des États-Unis la plus ancienne jusqu’à l’entrée de la nation dans la Première Guerre mondiale. De toute évidence, les chercheurs n’ont jamais prétendu que tous les événements historiques majeurs avaient des causes cachées, mais il était largement admis que c’était le cas pour certains d’entre eux et tenter d’enquêter sur ces possibilités était considéré comme une entreprise académique parfaitement honorable.

Mais Beard était un adversaire important de l’entrée américaine dans la Seconde Guerre mondiale et a donc été marginalisé dans les années qui ont suivi, jusqu’à sa mort en 1948. De nombreux jeunes intellectuels publics d’une tendance similaire ont également subi le même sort, ont été discriminés et se sont vus refuser tout accès aux médias traditionnels. Parallèlement, les perspectives totalement opposées de deux philosophes politiques européens, Karl Popper et Leo Strauss, progressaient dans les milieux intellectuels américains et leurs idées sont devenues dominantes dans la vie publique.

Popper, le plus influent, a présenté des objections vastes et très théoriques à la possibilité même que des conspirations de haut niveau puissent exister, affirmant qu’elles seraient difficiles à mettre en œuvre compte tenu de la faillibilité des agents humains ; ce qui pourrait apparaître comme un complot serait en réalité dû à des acteurs individuels poursuivant leurs objectifs personnels. Plus important encore, il considérait les « croyances complotistes » comme une maladie sociale extrêmement dangereuse, facteur majeur de la montée du nazisme et d’autres idéologies totalitaires mortelles. Sa propre histoire, d’origine juive et ayant fui l’Autriche en 1937, a sûrement contribué à la force de ses sentiments sur ces questions philosophiques.

Strauss, une figure fondatrice de la pensée néo-conservatrice moderne, était tout aussi sévère dans ses attaques contre l’analyse complotiste, mais pour des raisons opposées. Dans son esprit, les conspirations menées par l’élite étaient absolument nécessaires et bénéfiques, une défense sociale cruciale contre l’anarchie ou le totalitarisme, mais leur efficacité dépendait évidemment du fait que les regards indiscrets des masses ignorantes ne s’y fixent pas. Son principal problème avec les « théories du complot » n’était pas qu’elles étaient toujours fausses mais qu’elles pouvaient souvent être vraies et, par conséquent, leur propagation était potentiellement perturbatrice pour le bon fonctionnement de la société. Donc, par légitime défense, les élites ont besoin de supprimer activement ou, au moins, de gêner les recherches non autorisées sur les conspirations présumées.

Pour la plupart des Américains, même éduqués, des théoriciens comme Beard, Popper et Strauss ne sont probablement que de vagues noms mentionnés dans les manuels, et c’était certainement vrai dans mon cas. Popper est probablement l’un des fondateurs de la pensée libérale moderne, avec un individu aussi influent politiquement que le financier libéral de gauche George Soros qui prétend être son disciple intellectuel. Les penseurs néo-conservateurs qui ont dominé totalement le Parti républicain et le mouvement conservateur au cours des dernières décennies empruntent aussi souvent leurs idées à Strauss.

Ainsi, grâce à un mélange de pensée poppérienne et straussienne, la tendance américaine traditionnelle à considérer les conspirations menées par l’élite comme un aspect réel mais néfaste de notre société a été progressivement stigmatisée comme étant paranoïaque ou politiquement dangereuse, posant les conditions de son exclusion du discours respectable.

En 1964, cette révolution intellectuelle était en grande partie achevée, comme en témoigne la réaction extrêmement positive à l’article célèbre du politologue Richard Hofstadter qui critiquait le soi-disant « style paranoïaque » dans la politique américaine, qu’il dénonçait comme la cause sous-jacente de cette grande croyance populaire en des théories du complot peu plausibles. Dans une large mesure, il s’attaquait à des hommes de paille, racontait et ridiculisait les croyances en des complots les plus extrêmes, tout en ignorant ceux qui avaient été prouvés comme réels. Par exemple, il a décrit comment certains des anti-communistes les plus hystériques affirmait que des dizaines de milliers de troupes communistes chinoises étaient cachées au Mexique, préparant une attaque contre San Diego, alors même qu’il n’admettait pas que, pendant des années, des espions communistes avaient effectivement servi à proximité du plus haut niveau gouvernemental étasunien. Même les individus les plus portés sur la théorie du complot ne prétendent pas que tous les présumés complots soient vrais, simplement que certains d’entre eux peuvent l’être.

Les quelques fois où je pensais à ce sujet, mon raisonnement était simple et fondé sur ce qui semblait être un solide bon sens. Tout complot à la base d’un événement public important doit certainement avoir de nombreux « agents » différents y participant, qu’il s’agisse de personnes impliquées ou de décisions prises, pouvant aller jusqu’à 100 ou plus. Maintenant, compte tenu de la nature imparfaite de toute tentative de dissimulation, il serait certainement impossible que tout cela puisse rester caché. Donc, même si un complot a initialement une chance de 95% de ne pas être détecté, cinq indices majeurs resteraient à la vue des enquêteurs. Et une fois que le nuage bourdonnant des journalistes les aurait remarqués, des preuves si flagrantes de complot attireraient certainement un essaim supplémentaire d’enquêteurs motivés, remontant la piste jusqu’à son origine, avec de plus en plus d’éléments progressivement découverts jusqu’à ce que le montage tout entier s’effondre. Et même si tous les faits cruciaux ne sont pas mis à jour, la simple conclusion selon laquelle il y a effectivement eu complot serait au moins rapidement établie.

Cependant, il y avait une hypothèse tacite dans mon raisonnement que j’ai réalisé depuis lors comme étant tout à fait fausse. De toute évidence, de nombreuses conspirations potentielles impliquent des fonctionnaires gouvernementaux puissants ou des situations dans lesquelles leur divulgation représenterait une source d’embarras considérable pour ces personnes. Mais j’avais toujours supposé que même si le gouvernement échouait dans son rôle d’enquêteur, les chiens de guerre dévoués du Quatrième pouvoir allaient toujours et sans relâche chercher la vérité, la gloire et les prix Pulitzer. Cependant, une fois que j’ai progressivement commencé à me rendre compte que les médias n’étaient en réalité que « notre Pravda américaine » et cela peut-être depuis des décennies, j’ai soudain réalisé le défaut dans ma logique. Si ces cinq ou dix ou vingt ou cinquante indices initiaux étaient simplement ignorés par les médias, que ce soit par paresse, incompétence ou quelles qu’en soient les raisons, absolument plus rien ne pouvait empêcher que des complots réussis ne se produisent et restent insoupçonnés, même les plus mal conçus et évidents.

Je vais faire de ce constat un principe général. Un contrôle substantiel des médias est presque toujours une condition préalable absolue à toute conspiration réussie. Plus le degré de contrôle des médias est fort plus les complots peuvent être visibles. Donc pour évaluer la plausibilité d’une conspiration, la première question à examiner est : qui contrôle les médias locaux et jusqu’à quel point.

Considérons une simple expérience par la pensée. Pour diverses raisons, ces jours-ci, l’ensemble des médias américains est extraordinairement hostile à la Russie, certainement beaucoup plus qu’ils ne l’étaient vis-à-vis de l’Union soviétique communiste pendant les années 1970 et 1980. Par conséquent, je dirais que la probabilité d’une conspiration russe à grande échelle se déroulant dans la zone opérationnelle de ces organes médiatiques est pratiquement nulle. En effet, nous sommes constamment bombardés d’histoires de présumées conspirations russes qui semblent être des « faux positifs », des accusations fortes reposant pourtant apparemment sur une faible base factuelle ou étant même totalement ridicules. Alors même que le pire genre de complot antirusse se déroule ouvertement sans déclencher le moindre commentaire ou enquête médiatique importante.

(...)

Dans une certaine mesure, la création d’Internet et la vaste prolifération de médias alternatifs, y compris mon propre petit site, ont quelque peu modifié cette image déprimante. Il n’est donc pas surprenant qu’une fraction très importante de la discussion qui domine ces sites concerne exactement ces sujets régulièrement condamnés comme des « théories du complot un peu dingues » par nos principaux organes médiatiques. De telles analyses non censurées doivent sûrement être une source d’irritation et d’inquiétude considérables pour les fonctionnaires du gouvernement qui ont longtemps compté sur la complicité des médias pour permettre à leurs graves méfaits de passer inaperçus et rester impunis. En effet, il y a plusieurs années, un haut responsable de l’administration Obama a soutenu que la libre discussion que l’on peut avoir sur Internet au sujet des diverses « théories du complot » était tellement dangereuse que des agents du gouvernement devraient être recrutés pour « s’infiltrer cognitivement » et les perturber, une version high-tech des opérations hautement controversées de contre renseignement entreprises par le FBI de J. Edgar Hoover.

http://lesakerfrancophone.fr/la-pravda-etasunienne-comment-la-cia-a-cree-le-concept-de-theorie-du-complot

 

Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote

Un homme d'affaires employé par le parti du chancelier autrichien (SPÖ) avait mis en place de fausses pages Facebook de soutien à son adversaire de droite. Entre théories du complot et révélations, ce scandale pourrait coûter cher à la gauche...

58a2d58cc36188722b8b47a0L'Autriche traverse une période politique des plus troublées. Un scandale sans précédent impliquant le Parti social-démocrate (SPÖ) devrait confirmer le triomphe annoncé du Parti populaire (ÖVP, droite libérale) et permettre au Parti de la liberté (FPÖ, droite radicale) d'obtenir la deuxième place lors des élections fédérales qui auront lieu le 15 octobre prochain.

Tout a commencé par des révélations choc parues dans le magazine Profil et le journal Die Presse en septembre dernier. Ces médias ont mis à jour une opération «sous faux drapeaux» imputée au Parti social-démocrate dont l'objectif était de discréditer le candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), en diffusant de fausses informations à son sujet.

Sur la page «Wir für Sebastian Kurz» («Nous soutenons Sebastian Kurz»), de nombreux propos racistes et antisémites ont été publiés afin de véhiculer une image xénophobe de l'électorat du Parti populaire et rebuter ainsi une bonne partie de l'électorat de droite.

Sur la page «Die Wahrheit über Sebastian Kurz» («La vérité sur Sebastian Kurz»), qui s'affichait comme appartenant à la mouvance identitaire, l'objectif était au contraire de dissuader les électeurs d'extrême droite de se rallier au Parti populaire, en diffusant de fausses informations destinées à faire passer le parti pour laxiste en matière d'immigration.

Mais derrière ses fausses pages Facebook de soutien au candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), se cachait en réalité un entrepreneur israélien du nom de Tal Silberstein, qui n'est autre qu'un ancien conseiller du chancelier social-démocrate Christian Kern (SPÖ), qui brigue un nouveau mandat.

La gauche reléguée à la troisième place selon les sondages

Sitôt le pot aux roses découvert, le scandale a pris une ampleur nationale contraignant, Georg Niedermühlbichler, le numéro 2 du Parti social-démocrate et directeur de campagne du chancelier-candidat Christian Kern, à démissionner le 2 octobre. Avant de quitter son poste, ce dernier avait néanmoins juré ne pas avoir été mis au courant de l'opération organisée par Tal Silberstein. «Notre parti n'a ni eu connaissance, ni commandé ni financé cette opération», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse le jour même.

Le chancelier social-démocrate doit désormais affronter ce que la presse autrichienne n'a pas tardé à appeler «une catastrophe nucléaire». Sa candidature était déjà fortement fragilisée par le fait qu'il avait dû remplacer au pied levé son prédécesseur, démissionnaire après l'éviction de son parti du second tour de la présidentielle en 2016. Le voici désormais soupçonné d'avoir voulu combler son retard en ayant recours à des procédés malhonnêtes et illégaux en dépit de ses multiples déclarations précisant qu'il n'était au courant de rien.

Les tentatives de la gauche pour redresser la barre demeurent pour l'instant infructueuses. Un temps donné deuxième dans les sondages, le SPÖ a en effet amorcé un lent déclin dans les études d'opinion, perdant plusieurs points, pour se stabiliser autour de 22%. Un résultat inférieur à celui du Parti populaire (ÖVP) qui se situe aux alentours de 33% mais aussi à celui de la droite populiste du FPÖ qui receuille autour de 25% des intentions de vote.

Alors qu'elle visait au moins la seconde place, la gauche se retrouve désormais à batailler pour ne pas passer derrière le FPÖ, ce parti anti-immigration qui avait échoué de peu à s'emparer de la présidence en 2016. «Kern n’a plus aucune chance», commentait Wolfgang Bachmayer, patron d’un des principaux instituts de sondage autrichiens dans le quotidien Kurier du 6 octobre.

Contre-attaques et théories du complot : centre-gauche et droite libérale se déchirent

Depuis que cette affaire a été rendue publique, le SPÖ comme l'ÖVP n'ont pas de mots assez durs l'un envers l'autre. Au cours de la cinquantaine de débats organisés entre les différents candidats, Sebastian Kurz, celui de la droite libérale, a accusé à de multiples reprises le Chancelier-candidat d'avoir voulu «ruiner le processus démocratique».

De son côté, le SPÖ avait dans un premier temps pris soin de condamner et de se désolidariser de l'opération mise en place par Tal Silberstein. Mais depuis quelques jours, il semble avoir changé de stratégie. Il contre-attaque en sortant une autre affaire de sa manche, révélée le 5 octobre dernier par le Kurier : des membres du Parti populaire (ÖVP) auraient été mis au courant de l'existence de ces fausses pages Facebook et auraient proposé de l'argent à leurs administrateurs, encadrés par Tal Silberstein, pour révéler l'affaire.

Plusieurs membres du Parti social-démocrate vont même plus loin, dans ce que certains journaux autrichiens, à l'instar du Kronen Zeitung, qualifient de «théorie du complot». Ils s'étonnent en effet de ce que les pages Facebook incriminées aient continué à fonctionner jusqu'en septembre, alors que Tal Silberstein, arrêté pour des soupçons de blanchiment d'argent en Israël au mois d'août, avait été remercié par le SPÖ à cette époque. Pourquoi a-t-il continué à défendre les intérêts du Parti social démocrate ?

Le maire de Vienne, Michael Häupl, a été l'un des premiers membres du SPÖ à émettre des soupçons, s'interrogeant notamment le 2 octobre sur une déclaration de Sebastian Kurz. Au cours d'un ancien débat télévisé, ce dernier avait évoqué «les douze collaborateurs» de Tal Silbertein – un nombre qui n'avait alors encore jamais été relayé par la presse. «Il a l'air bien renseigné... Cela pose des questions», s'est étonné Michael Häupl.

Alors que près de 6,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes le 15 octobre prochain, la bataille entre les sociaux-démocrates (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP) réjouit le Parti de la liberté (FPÖ), qui a mené une campagne très discrète, se contentant de rappeler que gauche social-démocrate et droite libérale gouvernaient le pays ensemble au sein d'une même coalition.

Après leur éviction du second tour de la présidentielle en 2016 (elle avait opposé les candidats du FPÖ et des écologistes), le parti anti-immigration espère conforter sa position de nouveau parti incontournable. En arrachant la deuxième place, il pourrait même contraindre l'ÖVP à faire alliance avec lui pour former un gouvernement de coalition...

https://francais.rt.com/international/44338-scandale-fausses-pages-facebook-racistes-gauche-autrichienne-effondre-vote

Voir aussi:

Chancelier autrichien : des concessions à Londres sur le Brexit seront une «capitulation» pour l'UE

14 févr. 2017

En conférence de presse, le chancelier autrichien Christian Kern s'en est pris avec véhémence au Royaume-Uni, qui tenterait de négocier le Brexit pour obtenir des faveurs des pays de l'UE dans différents secteurs. Selon lui, cela n'arrivera pas.

«Les membre d'un club doivent avoir de meilleures conditions que ceux qui ne font pas partie de ce club. Nos amis britanniques doivent prendre conscience que rien ne sortira de ces négociations. Dans le cas contraire, ce serait une capitulation de l'Europe.»

Tels furent les mots prononcés par le chancelier autrichien Christian Kern lors d'une conférence de presse le 13 février.

Alors que le Premier ministre britannique Theresa May se prépare à faire valoir l'article 50 à la fin du mois de mars pour commencer les négociations de deux ans sur les termes d'un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les personnalités politiques de l'UE commencent à prendre positions sur ces pourparlers.

En effet, lors de la même conférence, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre les tentatives du Royaume-Uni d'accéder à un  traitement spécial pour certaines industries telles que les télécommunications, les produits chimiques et l'acier, selon Bloomberg.

Pour Jean-Claude Juncker, de tels engagements pourraient compromettre l'unité de l'UE au cours des négociations sur le Brexit. «Il est dans notre intérêt commun qu'il n'y ait pas de dispositions spéciales», a-t-il ajouté.

La veille, sur les ondes de la radio allemande Deutschlandfunk radio, le président de la Commission européenne avait exhorté l'Europe à présenter un front uni dans les négociations avec le Royaume-Uni qui, selon lui, pourrait proposer des clauses différentes aux pays de l'UE.  

«Est-ce que les Hongrois et les Polonais veulent exactement la même chose que les Allemands et les Français? J'en doute sérieusement», a-t-il déclaré.

https://francais.rt.com/international/33952-chancelier-autrichien-sur-brexit-londres-doit-comprendre-que-toute-negociation-est-inutile

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