vendredi 22 juin 2018

Une association voit le jour pour défendre le projet d'autoroute A147 entre Limoges et Poitiers

Le collectif "Unis pour entreprendre" passe à la vitesse supérieure et crée une association pour sensibiliser le grand public.

ACT AUTOROUTE LIMOGES POITIERS

« C'est le début d’une histoire, j’espère qu’on va pouvoir l’écrire en entier. En tout cas, on aura tout fait pour, et on ne lâchera rien… », explique Pierre Massy, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Limoges.

L’histoire, c’est celle du collectif Unis pour entreprendre, constitué en février 2018, qui a reçu le soutien de plus de 1.400 acteurs de l’économie locale et des élus locaux. Son combat : une autoroute concédée entre Limoges et Poitiers pour désenclaver le territoire.

La balle est dans le camp de l'État

Le collectif souhaite maintenant sensibiliser le grand public et passer à la vitesse supérieure. Il vient pour cela de créer l’association Autoroute A147-Grand Ouest.

La prochaine échéance ? « Rencontrer Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports, lors de sa venue à Limoges le 29 juin, et lui demander qu’elle lance le débat public, confie Pierre Massy qui présidera l’association avec la chambre d’agriculture et la chambre de métiers et de l’artisanat. On s’adaptera à son planning… On ne va pas faire le forcing, on va attendre qu’elle nous invite…

Mobiliser le plus largement possible

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Et après ? « On n’a malheureusement pas de calendrier… mais si les choses fonctionnent normalement, entre le lancement du débat public et le passage des premières voitures, c’est entre dix et douze ans. Cela veut dire qu’à l’échelle 2030 on peut imaginer être bien avancés… »

En attendant, l’association appelle les particuliers à se mobiliser à ses côtés. « Ce projet d’autouroute concédé, c’est bon pour le développement économique, pour le développement culturel mais aussi pour la sécurité, ajoute Christian Ducher, le président de l’Automobile Club du Limousin. On ne peut plus perdre de temps. Il faut donc confier au privé la réalisation de cette autoroute. » Une démarche sécuritaire que soutient également la Fédération française des motards en colère.

Anne-Sophie Pédegert /https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/transport/2018/06/18/une-association-voit-le-jour-pour-defendre-le-projet-d-autoroute-a147-entre-limoges-et-poitiers_12891947.html

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Ce président, il a oublié d'évoquer deux choses importantes :
- ce sera bon pour le porte-monnaie des entreprises privées qui obtiendront la concession type Vinci, Eiffage, etc !!
- et ce sera surtout encore une fois une privatisation de notre territoire au profit des parasites qui se gavent sur notre dos !
Rappelons que l'autoroute Bordeaux-Pau, qui a été privatisée, coûte, pour l'automobiliste, 27,60 euros pour 216km !
L'autoroute Limoges-Poitiers ferait environ 130 km ; le coût pour l'automobiliste approcherait donc les 20 euros, soit 40 euros aller et retour !!

Et comme dirait un maire UPR, "Non, Monsieur le président de la Chambre de Commerce, nos territoires et nos routes ne sont pas à vendre"
!   S.R.. 

jeudi 21 juin 2018

Le procès de l’hypermondialisation

TRIBUNE LIBRE / Christian Chavagneux 06/06/2018

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Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre.

Dans un récent sondage d’OpinionWay pour le Printemps de l’économie 2018, 60 % des Français expriment une mauvaise opinion de la mondialisation. Et 58 % des "CSP+", les plus diplômés, partagent cet avis, de même que la moitié des moins de 35 ans. Les Français ne représentent d’ailleurs pas un cas à part. Selon un sondage réalisé en début d’année pour la Fondation Bertelsmann, 61 % des habitants des pays riches pensent que la mondialisation accroît les inégalités et la moitié estime qu’elle n’est pas bonne pour les salaires. Pour autant, le même sondage montre une opinion déclarant majoritairement que la mondialisation offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

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Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs*. Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne (BCE), résume bien le sentiment général. Il avance quatre raisons pour lesquelles la globalisation fait peur. Elle est instable : ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale : sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande. De Donald Trump aux Etats-Unis au Brexit du Royaume-Uni, et ailleurs, les dirigeants politiques favorables à moins de mondialisation ont d’ailleurs le vent en poupe.

Face à ces constats, la majorité des économistes, soit par idéologie, soit parce que ceux-ci sont soucieux de ne pas laisser prise aux discours nationalistes [ce qui ne serait pas de l'idéologie? NdR], a souvent choisi de défendre la mondialisation. Ce n’est plus le cas.

Une remise en cause intellectuelle

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« Je pense que la mondialisation a contribué à déchirer les tissus sociaux », attaque l’économiste Dani Rodrik. La théorie économique dominante reconnaît que la globalisation a des effets sur la répartition des revenus mais avance qu’ils sont faibles. Faux, rétorque l’Américain Paul Krugman, qui se demande alors : « qu’avons-nous manqué ? ». Réponse : une montée bien plus importante que prévue des importations en provenance des pays émergents avec des effets forts et persistants sur l’emploi dans les pays développés. Si Krugman cite des études américaines, la Banque d’Angleterre montre qu’avec la mondialisation, les régions britanniques qui concentraient une plus grande part d’industrie textile au début des années 1980 ont connu par la suite une plus faible croissance de l’emploi et un retrait plus marqué des personnes du marché du travail. Et l’effet se fait toujours sentir aujourd’hui.

Une étude de la Banque de France estime que sur la période 2001-2007, les importations chinoises en France ont provoqué une perte d’environ 90 000 emplois dans les régions de production manufacturière, soit 13 % du déclin sur la période, ce qui est loin d’être insignifiant. Mais aussi 190 000 en dehors de ce secteur, la baisse de l’emploi induisant une diminution de la demande locale, qui fait largement sentir ses effets sur les secteurs a priori protégés de la concurrence internationale.

Une récente recherche du Fonds monétaire international (FMI) aboutit à trois résultats importants : participer à la mondialisation accroît la richesse d’un pays ; mais plus son niveau d’intégration internationale est élevé plus les gains qu’il tire d’une poursuite de l’intégration diminue ; et les gains de la mondialisation profitent aux plus riches et accroissent les inégalités. Les économistes ont donc rejoint les citoyens pour exprimer leurs doutes face à la mondialisation. Surtout, les acteurs économiques semblent également engagés dans une nouvelle dynamique qui laisse moins de place à la globalisation.

Moins de délocalisations

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Le recul est frappant dans le domaine de la finance. De l’équivalent d’un peu plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial à leur apogée en 2007, les mouvements de capitaux internationaux n’en représentent plus que 5 % aujourd’hui. Une partie de ce recul tient à la réduction des échanges financiers intra-européens, avec une baisse des prêts entre les banques et une hausse de la détention domestique des dettes publiques. Aujourd’hui, la finance européenne se démondialise.

Au-delà, le professeur de Cambridge Finbarr Livesey a récemment publié un ouvrage qui résume plusieurs tendances structurelles poussant à un recul de la mondialisation productive. Afin de répondre plus vite à la demande, les entreprises veulent produire de plus en plus localement. En plus de soutenir cette évolution, le développement des imprimantes 3D permet de fabriquer davantage de pièces d’un seul tenant, contribuant à réduire les échanges de produits intermédiaires, ce qui pourrait entraîner une baisse de 20 % du commerce international. La montée des salaires dans les pays émergents conjuguée à l’automatisation des chaînes de production poussent également à de moindres délocalisations. Alors que le secteur automobile est parmi les plus mondialisés, les véhicules Tesla sont fabriqués aux Etats-Unis par des robots.

La fin de la global company ?

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Après avoir longtemps baissé, les coûts de transport stagnent, voire tendent à remonter. Ils représentent désormais une charge bien plus importante que les tarifs douaniers. A cela s’ajoutent les coûts environnementaux. Le transport maritime mondial émet en gros autant de CO2 que l’Allemagne. L’avenir est plutôt au développement d’une économie circulaire (écoconception des produits, réparation, recyclage, etc.) locale.

Stratégies marketing, évolutions techniques et montée des coûts poussent à une moindre mondialisation et même à des relocalisations. Cela ne signifie pas que la mondialisation touche à sa fin. Les entreprises des pays émergents continuent à s’internationaliser. Dans son analyse sur « le retrait de la global company », The Economist souligne que grâce à l’e-commerce, des « multinationalettes » vont voir le jour. Mais le temps de l’hypermondialisation, d’une internationalisation toujours croissante de la production et de la finance, semble appartenir au passé.

https://www.alternatives-economiques.fr/proces-de-lhypermondialisation/00084968

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*"Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs" : étrange époque où les gens ne font plus le lien entre causes et conséquences, symbolisée par le "en même temps" macronien.

affiche france en marchePar contre, la tendance générale relevée dans cet article montre bien à quel point Macron et ses amis représentent un monde archaïque, contrairement à la "modernité" affichée.   P.G.

Linky: après le reportage d'Envoyé spécial, Enedis et l'Etat doivent sortir du déni...

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Un débat qui préoccupe la société civile et bon nombre d'adhérents et sympathisants de l'UPR. Quelle que soit son opinion sur cette affaire, il n'est pas inutile de connaître les arguments des uns et des autres. Si vous contestez l'argumentaire ci- dessous, vos critiques et contre- articles sont les bienvenus, ils seront publiés afin d'éclairer la connaissance de ce dossier.   P.G.

TL LINKY

TRIBUNE LIBRE / Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

- Près de 700 communes et des centaines de milliers d'habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

- Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d'intimider les habitants et d'installer les Linky par la force ou la ruse

- Comme la Belgique ou l'Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d'EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l'intimidation voire la force, à d'innombrables habitants qui n'en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que "si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l'électricité", ou "nous allons appeler la police", ou "vous devrez payer le compteur" ou encore "vous allez payer des pénalités", etc. Tout ceci est inventé - il n'existe légalement aucune mesure de rétorsion - mais c'est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

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Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d'Enedis... accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d'Enedis et de l'Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de "complotistes" ou d'arriérés terrorisés par le "Progrès".

En effet, il ne suffit pas qu'un objet soit nouveau pour qu'il soit bénéfique... même s'il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu'il s'agit bien là d'une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

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Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d'intervenir après que Direct énergie ait commencé à s'accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que "lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n'est pas chargé de vérifier si l'installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini" et que "des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d'Enedis afin d'augmenter la puissance de son compteur".

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Il n'est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l'écho d'incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d'innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d'innombrables reprises, les factures qui s'envolent, etc.

A tout cela s'ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L'affaire Direct énergie, déjà évoquée, mais aussi l'affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

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Quant à la question des ondes, c'est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l'Organisation mondiale de la santé s'interroge. Mais l'expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu'il s'agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d'être protégé est... de garder les compteurs ordinaires. Il est d'ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés... par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l'Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

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Ce n'est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c'est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir... vite.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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Vidéos


https://www.youtube.com/watch?v=SyB8VPufB-s

 

Poutine est il prêt à utiliser l'arme nucléaire ? Son avis sur une troisième guerre mondiale

https://www.youtube.com/watch?v=twhubuy8mN8

 

 

SAPIR

Jacques Sapir à propos de la position de F. Asselineau sur l'élection Italienne sur TVL (16/06/18)

https://www.youtube.com/watch?v=DcbBnnfXMWc

 

 

 

 

vue autrement

VINCENT LAPIERRE sur l'UPR : La VÉRITÉ

https://www.youtube.com/watch?v=ow3qM7JWefE

 

 

 

 

TF MAMOUDOU

Mamoudou Gassama : La Gonzolitique en action !

https://www.youtube.com/watch?v=E7ZH24wtuoE

 

A l'UPR c'est tous des FACHOS !

https://www.youtube.com/watch?v=mg33nwVMrPc

 

 

LORDON FRANCE CUL

Frédéric Lordon sur la même ligne que l' UPR et François Asselineau

https://www.youtube.com/watch?v=7Q3nma2V6jU

 

 

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Chomsky signataire d’un appel « progressiste » pour la poursuite de l’implication militaire américaine en Syrie

TRIBUNE LIBRE /  Whitney Webb

TL CHOMSKY SYRIE

Publié le 26 avril 2018 sur Mintpressnews sous sous le titre Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit de l’anglais par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Dans la mesure où les personnalités les plus progressistes n’appellent jamais ouvertement à une intervention militaire américaine accrue dans un pays extérieur, cette pétition montre que la propagande en faveur de la guerre en Syrie – surtout celle en lien avec la cause kurde – a très habilement réussi à retourner l’opinion de la gauche pacifiste et progressiste sur le sujet.

Lundi dernier, le magazine New York Review of Books a publié une lettre ouverte et une pétition pour se joindre aux pressions occidentales exercées sur la Turquie, pour contraindre cette dernière à mettre fin à l’occupation d’Afrin. La pétition s’opposait aussi à toute incursion ultérieure de la Turquie en Syrie et soutenait l’autonomie du Rojava – cette région du Nord de la Syrie qui s’auto-administre depuis, qu’en 2012, des factions kurdes y ont pris le pouvoir avec l’appui des Etats-Unis. Le texte émane du Comité d’urgence pour le Rojava et a été signé depuis par des personnalités connues, telles que Noam Chomsky et Judith Butler, qui se sont ralliées à son projet de mutualisation des efforts en vue de soutenir les revendications des groupes kurdes.

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Ces revendications portent entièrement sur la politique du gouvernement américain. Elles insistent pour que ce dernier « impose des sanctions économiques et politiques à la Turquie… interdise les ventes et livraisons d’armes entre la Turquie et les pays de l’OTAN… fasse en sorte que le Rojava soit représenté dans les négociations de paix … » et, ce qui semble  le plus paradoxal, « continue de soutenir les Forces Démocratiques Syriennes », ce groupe majoritairement constitué de Kurdes qui a joué les intermédiaires pour l’administration américaine et est suspecté d’avoir procédé à des opérations de nettoyage ethnique en vue de faire aboutir son projet d’Etat ethno-nationaliste kurde au nord de la Syrie.

Les trois premières revendications du groupe paraissent raisonnables, en ce sens qu’elles demandent de sanctionner la Turquie pour son invasion illégale du territoire syrien. Mais elles sont aussi fantaisistes, dans la mesure où l’administration américaine n’a l’intention, ni d’interrompre les ventes d’armes, ni de sanctionner la Turquie, – qu’elle a besoin de courtiser pour empêcher un rapprochement d’Ankara avec la Russie. A ce titre, les Etats-Unis ont prouvé – en refusant de soutenir les Kurdes pendant la bataille d’Afrin – que leur « alliance » avec les Kurdes était purement opportuniste et passait après le maintien de leurs liens  avec la Turquie.

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La troisième revendication a également peu de chances d’aboutir, puisque, la Turquie a estimé d’emblée inacceptable la participation des Kurdes de Syrie aux pourparlers de paix et conditionné sa participation à ces derniers sous forme d’ultimatum : «C’est nous ou eux ». Sans compter les précédentes tentatives d’inviter les Kurdes dans les discussions qui ont été rejetées par des nations occidentales, dont les Etats-Unis, dans leur volonté de ne pas déplaire à la Turquie.

Plus récemment encore, devant l’absence de réaction internationale à l’événement, les Kurdes eux-mêmes ont refusé en début d’année de participer aux négociations sur l’occupation turque d’Afrin. Et même avant cette occupation, les Kurdes de Syrie s’étaient déclarés « non tenus » de respecter les décisions qui pourraient être prises durant les pourparlers, réduisant de ce fait les chances d’aboutir à la paix.

Mais au-delà du caractère irréaliste des trois premières revendications de la pétition, c’est surtout la suivante – celle portant sur la poursuite d’une assistance militaire américaine aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) – qui est de loin la plus inattendue : en signant cette pétition, des personnalités connues pour leur progressisme revendiquent la poursuite de l’occupation américaine en Syrie et l’accroissement de l’aide militaire et financière aux FDS, qui leur servent de forces intermédiaires sur le terrain.

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Qui se serait attendu à ce que des progressistes aussi engagés appellent un jour publiquement au prolongement d’une occupation militaire américaine ?

La pétition montre également l’effet redoutable que la propagande pour la guerre en Syrie – et surtout celle qui a trait aux Kurdes – a exercé sur la gauche pacifiste.

De fait, les Kurdes de Syrie font l’objet d’un traitement romancé dans la presse occidentale qui les présente comme les “fondateurs de la démocratie la plus avancée au monde” et les pionniers  de l’égalité de genre et des droits des homosexuels. Mais si les Kurdes ont bien instauré des mesures politiques d’avant-garde, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Et surtout, « l’aide » américaine au Rojava, que la pétition souhaite voir renforcée, ne bénéficie vraiment ni aux progressistes, ni même aux Kurdes.

Kurdes et FDS : deux entités distinctes

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Depuis la montée en puissance de l’Etat Islamique dans le conflit syrien, les médias occidentaux mettent les Kurdes sur un piédestal et n’ont de cesse de les présenter comme les seuls opposants « véritables » du groupe terroriste. Mais on est peu à peu passé de l’éloge des milices kurdes locales à celui des Forces Démocratiques Syriennes, alors que ces deux entités ne sauraient être plus éloignées.

Bien qu’elles se vantent de compter un nombre important de Kurdes dans leurs rangs, les FDS ne sont pas expressément kurdes et sont en fait l’organisation parapluie de plusieurs milices. Ce qui ne serait pas gênant en soi ; ce qui l’est, c’est l’identité de nombre de ses combattants arabes. L’un des groupes combattant sous la bannière des FDS est par exemple le Conseil militaire de Deir Ezzor (Deir Ezzor Military Council (DMC) – il s’agit d’une organisation dont les combattants,  auparavant affiliés à l’organisation Etat islamique ou à Al-Nosra (groupe affilié à Al-Qaïda) ont été ensuite « retenus » par l’armée américaine dans le nord de la Syrie après s’être rendus aux FDS et autres forces soutenues par l’armée américaine à Raqqa. De plus, des tribus antérieurement alliées avec l’Etat islamique se sont jointes à ces forces aux côtés des FDS au cours de l’année écoulée.

 

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En plus d’abriter dans leurs rangs d’anciens membres de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes, les FDS collaborent également régulièrement avec l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie en s’attaquant à des cibles syriennes et russes. Bien qu’apparemment « ennemis », les Kurdes et l’Etat islamique se sont déjà montrés circulant les uns parmi les autres en toute connivence; et il est même arrivé que les Kurdes coopèrent avec l’Etat islamique sous la coordination des forces spéciales américaines. Ce qui explique peut-être pourquoi, après s’être emparées de Raqqa en juin dernier, les FDS ont laissé les terroristes de l’Etat islamique quitter tranquillement la ville. [1]

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Cette collaboration avec des groupes tels que l’Etat islamique – collaboration que les médias occidentaux ont travestie en un combat contre le terrorisme – a d’ailleurs entraîné des défections importantes de Kurdes au sein des FDS – notamment son ex porte-parole, Talal Silo, qui a accusé l’organisation de pactiser secrètement avec les terroristes.

A côté de ces liens troublants et de leur collaboration avec l’Etat islamique les FDS ont, conjointement avec l’armée américaine, participé à des crimes de guerre en Syrie, et sont accusés d’opérations de nettoyage ethnique qu’ils justifient par leur projet de création d’un Etat ethno-nationaliste kurde dans des zones du nord de la Syrie majoritairement peuplées d’Arabes.

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C’est ainsi qu’au cours de la bataille de Raqqa, les FDS – en lien avec la coalition dirigée par les Etats-Unis – ont commis des crimes de guerre, notamment en recourant à des armes chimiques et en coupant l’approvisionnement en eau de la ville, qui reste  privée d’eau un an après sa « libération ». Les FDS ont également joué un rôle central dans l’opération qui, selon plusieurs estimations, a fait 8000 morts et chassé hors de chez elles plus de 160 000 personnes. Cette opération a rendu 80 pour cent de la ville complètement inhabitable et six mois après la fin des combats, on évalue à 6,000  le nombre de corps encore ensevelis sous les gravats.*

Des journalistes tels que Andrew Korybko ont fait valoir que la population civile de Raqqa était directement visée dans la mesure où il était hautement improbable que ses habitants arabes ou non kurdes, vivant dans une ville dont la population est majoritairement arabe, acceptent de leur plein gré de vivre dans un petit Etat dominé par les Kurdes où ils seraient considérés comme des citoyens de seconde zone, et préféreraient conserver leur statut, au sein de la République Arabe Syrienne. En clair, plutôt que l’Etat islamique, que l’on a laissé s’enfuir et que l’on a ensuite réincorporé au sein des FDS, l’opération visait en partie des civils susceptibles de résister à l’annexion de Raqqa par des Kurdes soutenus par les Américains. Ce qui n’a pas empêché les Nations Unies de déclarer que l’élimination de la population arabe de Raqqa par les FDS avait été une  « nécessité militaire » et ne constituait donc pas une opération de « nettoyage ethnique ».

Les progressistes ont-ils bien évalué les enjeux de cette pétition ?

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La question des FDS mise à part, demander à l’Amérique de continuer à soutenir ce groupe revient à lui demander de prolonger son occupation illégale de la Syrie. Comme déjà expliqué sur le site Mintpress, cette occupation vise à la partition du pays et à mettre le nord-est de la Syrie hors de contrôle du gouvernement central.

Bien que cette partition ait également été un objectif de certains nationalistes Kurdes alliés aux Etats-Unis, qui ont voulu se servir de la division de la Syrie comme d’une rampe de lancement pour un « Kurdistan » indépendant, les Etats-Unis ont clairement indiqué au cours des mois précédents que cette partition du nord-est syrien ne bénéficierait pas autant aux Kurdes qu’aux Sunnites Wahhabites, dont l’idéologie se confond pratiquement avec celle de l’Etat islamique.

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Au début de la semaine dernière, le Wall Street Journal nous informait que John Bolton, nouveau conseiller de Trump à la Sécurité Nationale, travaillait avec les Etats alliés du Moyen Orient à la création d’une « coalition islamique » qui remplacerait les troupes américaines actuellement stationnées dans le nord-est de la Syrie par une armée constituée de soldats venus de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de l’Egypte. Cette coalition constituerait une « force de stabilisation » militaire permanente dans la région.

Non contente d’envoyer des militaires arabes mettre de l’ordre dans le Rojava, l’Administration Trump a également sollicité une mise de fonds saoudienne dans la reconstruction de la région. L’Arabie Saoudite – réputée pour son traitement déplorable des minorités ethniques et religieuses et son financement de groupes terroristes tels que l’Etat islamique – et ses alliés du Golfe ne risquent pas de servir la cause des nationalistes kurdes, et encore moins leur “démocratie » directe progressiste ou leur promotion de l’égalité de genre et du droit des homosexuels. Monarchie dictatoriale bien connue  pour sa  répression des femmes et des minorités et pour la mise à mort de membres de la communauté LGBT, l’Arabie Saoudite se situe vraiment aux antipodes des idées que les progressistes occidentaux se font des Kurdes. C’est néanmoins à elle que les Etats-Unis confient les rênes pour gouverner la région de Syrie qu’ils occupent actuellement.

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De fait, en revendiquant la poursuite de la présence militaire américaine en Syrie pour appuyer les FDS, le Comité d »urgence pour le Rojava sape en réalité la cause des Kurdes « progressistes » qu’ils voudraient aider, et favorise au contraire une nouvelle tentative américaine de nation building (reconstruction de nation), qui va probablement aboutir à une enclave wahhabite peu différente d’un « califat » dirigé par l’Etat islamique.

Les efforts du Comité d’urgence pour le Rojava rejoignent d’autres tentatives plus importantes visant à défendre et à prolonger l’engagement militaire américain illégal en Syrie. Certes, cette pétition est destinée aux progressistes occidentaux, qui se sont historiquement opposés aux occupations militaires américaines illégales et aux guerres. Mais le ralliement de membres connus du camp des progressistes à cette pétition prouve que la poussée en faveur d’une intervention « humanitaire » en Syrie est plus forte que jamais.

Whitney Webb

Whitney Webb est rédactrice à MintPress News et collabore avec le site de Ben Swann’s, Truth in Media. Elle intervient sur différents sites tels que l’institut Ron Paul

[1] C’est Arrêt sur info qui souligne en gras

Article original: Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit par Sylvie Jolivet

Crédit image Noam Chomsky: Andrew Rusk/Flickr

Source: https://arretsurinfo.ch/chomsky-signataire-dun-appel-progressiste-pour-la-poursuite-de-limplication-militaire-americaine-en-syrie/

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*Voir notre publication: Raqqa : Guerre d’anéantissement, par Amnesty International

P.G.

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L'éclatement de l'Espagne

Alors que l'exécutif espagnol vient de changer de main, le géopolitologue Alphonse Moura revient sur la situation, hautement problématique, dans laquelle se trouve le nouveau gouvernement.

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Après la récente chute de Mariano Rajoy et l'intronisation de Pedro Sánchez, ce dernier s'est déjà distingué sur la scène européenne : l'Italie et Malte n'ont pas voulu accueillir le bateau Aquarius mais Madrid a volé au secours des malheureux. Les Espagnols font bonne figure. Disent-ils «Je suis Aquarius»?

Alphonse Moura est géopolitologue, maître en Sciences politiques et Relations internationales par l'Institut d'études politiques de l'Université catholique portugaise

Nous pouvons légitimement nous interroger sur le bien fondé de ces expéditions d'ONG qui sont à la recherche des clandestins (oui, des clandestins et non des «migrants», comme la novlangue voudrait l'imposer) pour les amener en Europe. Que viennent faire ces pauvres diables en Europe? Solidarité avec les extra-Européens, austérité pour les Européens? A-t-on oublié le sort des Grecs? Chômage, précarité et appauvrissement accompagnent quotidiennement Portugais, Espagnols, Napolitains, Siciliens... et la situation est particulièrement grave chez les jeunes.

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Les clandestins sont souvent aidés, notamment par George Soros et sa Open Society, et ceux qui nous disent qu'il faut être solidaires sont les mêmes qui œuvrent constamment à la destruction des systèmes sociaux européens, les précarisant, les libéralisant. Tout cela est logique : ce faux humanisme entraîne une baisse du niveau de vie des Européens les plus démunis qui devront aimbablement accepter la concurrence des clandestins. Ces derniers feront le même boulot pour moins cher, Marx nous avait prévenu : l'immigration est l'armée de réserve du capitalisme.

La générosité de Sánchez a deux buts. Le premier : se démarquer de la politique du Partido Popular. Le second : cacher les problèmes internes en mettant en avant les questions internationales. La stratégie est bonne, il joue la carte de l'ouverture socialiste contre le passéisme du centre-droit – qui a des électeurs bien sûr moins accueillants que le centre-gauche. Néanmoins, rien ne nous laisserait penser que Rajoy n'aurait pas eu la même attitude : on sait très bien que l'Espagne a été la plus fidèle alliée de l'Allemagne pendant le long règne d'Angela Merkel. Mais peu importe, il faut, communication oblige, présenter l'accueil de l'Aquarius comme un geste que le précédent gouvernement n'aurait pas été trop enclin à faire.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol essaie d'occuper les journaux et les écrans avec un événement d'ordre supérieur, qui se veut bien plus important que l'architecture même de l'Espagne. Détourner le curseur et espérer que l'environnement s'améliore de lui-même, la réalité étant assez peu plaisante : se retrouver en charge des affaires espagnoles après avoir bénéficié de l'aide des indépendantistes pour chasser Rajoy est une situation pour le moins épineuse. S'appuyant sur 84 députés socialistes, ce gouvernement est l'exécutif le plus minoritaire depuis la mise en place des cadres constitutionnels en vigueur, après la fin du franquisme. Sa légalité est forte mais sa légitimité est tout sauf solide.

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En effet, si on s'attarde sur l'actuelle Constitution espagnole, celle de 1978, on verra que l'avenir est incertain, voire angoissant. La Catalogne et le Pays basque semblent imparables dans leur quête émancipatrice : juridiquement, l'indivisibilité de la nation est contredite par les articles sur les communautés autonomes (comunidades autónomas). Et au-delà de ces insuffisances constitutionnelles, le dogme décentralisateur, diffusé par l'Union européenne pour promouvoir les régions contre l'Etat-central, accentue la tension entre Madrid et Barcelone. Sans une remise en question de l'encadrement juridique actuel il sera difficile de trouver la stabilité nécessaire et les forces capables de mettre un coup d'arrêt aux mouvements centrifuges.

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Quand il était dans l'opposition, les critiques de Sánchez à l'égard de Rajoy et des mesures prises durant la tentative indépendantiste catalane furent très révélatrices. L'ancien chef du gouvernement a en réalité été très modéré au regard d'une situation où une partie de son territoire voulait faire sécession. Mais, hélas, la modération est bien peu utile quand on est face aux grands défis de l'Histoire, cette Histoire que les Européens ont voulu croire qu'elle était finie après la chute du mur de Berlin. L'explosion démographique en Afrique et la rébellion catalane sont les deux faces d'une même pièce, d'un même processus, d'un même déracinement.

L'été offrira à Pedro Sánchez une fenêtre pour se préparer. Espérons qu'il comprenne la hauteur de sa mission, pour le bien de l'Espagne, et de l'Europe. 

https://francais.rt.com/opinions/51729-eclatement-espagne-alphonse-moura

mercredi 20 juin 2018

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

Alexandre Leraître et David Gendreau, réalisateurs du documentaire Guerre fantôme : la vente d'Alstom à General Electric étaient les invités du JT ce 19 juin sur RT France.

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Alors que General Electric pourrait devoir payer une amende de 34 millions d'euros pour ne pas avoir tenu son engagement à créer un millier d'emplois en France, les deux réalisateurs ont commenté cette menace du gouvernement et sont revenus pour RT France sur les enjeux de la vente d'Alstom au groupe américain.

Amende «dérisoire» pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards d’euros

General Electric n'a pas tenu ses promesses : pas de surprise ? «Tout le monde le savait parmi les gens qui connaissaient bien le sujet», a affirmé l'un des deux journalistes qui ont côtoyé aussi bien les syndicats que les employés d'Alstom dans le cadre de leur enquête. Et son collègue d'ajouter : «Ça va leur coûter moins cher de payer une amende dérisoire de 34 millions d’euros sachant qu’ils font un chiffre d’affaires annuel d’à peu près 100 milliards d’euros.»

Citant des sources syndicales, David Gendreau a par ailleurs souligné que beaucoup de sites du groupe étaient aujourd'hui menacés en France.

Rachat d'Alstom : «Déstabilisation des Américains pour contrôler un secteur stratégique»

Insistant sur ce qu'il assimile à «la vente de [la] souveraineté nucléaire [de la France] aux Américains», Alexandre Leraître a rapidement tenu à rappeler les enjeux majeurs liés au rachat d'Alstom par General Electric : «On a vendu [aux Américains] la maintenance des turbines de toutes nos centrales nucléaires, la maintenance des turbines du porte-avion CDG, des systèmes de radars, de la dissuasion nucléaire navale au niveau des sous-marins.» Confirmant les propos de son collègue, David Gendreau a ajouté : «On a perdu une grosse partie de notre indépendance avec cette affaire.»

Les journalistes n'ont pas manqué de rappeler que l’actuelle politique étrangère américaine de Donald Trump prouvait que Washington était capable de «mettre un pays sous embargo». Alexandre Leraître a souligné que les Etats-Unis avaient déjà pris de telles mesures contre la France lors de la guerre en Irak, à laquelle Paris avait refusé de participer, affirmant que l'affaire Alstom pourrait dorénavant permettre à Washington de «faire pression sur la diplomatie française».

Déplorant une dynamique de désengagement de l'Etat français, les journalistes n'ont pas caché leur inquiétude de voir les Américains prendre le contrôle de secteurs stratégiques à coups de «déstabilisations».

L'Etat ne regrette rien... «par atlantisme» ?

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Interrogé sur d’éventuels regrets que pourrait éprouver l’Etat français au vu des conséquences de la vente d’Alstom, David Gendreau a rappelé que la commission d’enquête montée à ce sujet «n’a[vait] mené à rien» poursuivant ainsi : «On n’a pas l’impression qu’ils prennent la mesure [de l'enjeu], par atlantisme peut-être.»

Alexandre Leraître a par ailleurs affirmé avoir des retours expliquant qu’il existait des consignes de discrétion : «Ils veulent qu’on en parle le moins possible.»

Les journalistes ont enfin affirmé que des menaces pesaient sur la souveraineté de la France au vu de certaines affaires en cours autour notamment des entreprises Airbus ou Naval Group. Avec la mise en avant d'histoires de corruption puis la saisie de la justice américaine chargée d'enquêter sur celles-ci, le mode opératoire des affaires en cours se rapprocherait en effet de l'affaire du rachat d'Alstom.

AUTEURS LA GUERRE FANTOME

https://francais.rt.com/entretiens/51748-general-electric-amende-derisoire-vente-souverainete-nucleaire-americains

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Raqqa : Guerre d’anéantissement, par Amnesty International

Source : Amnesty International, 05.06.2018.

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Il y a un an, une coalition menée par les États-Unis lançait une offensive pour chasser le groupe armé État Islamique (EI) de la ville de Raqqa. Des attaques aux conséquences catastrophiques pour les civils. Enquête.

L’opération menée par la coalition, sous la direction des États-Unis, du 6 juin au 12 octobre 2017, pour chasser l’EI de sa « capitale » autoproclamée, Raqqa, a fait des milliers de morts et de blessés parmi la population civile et a détruit la majeure partie de la ville. Des habitations, des bâtiments et des infrastructures ont été réduits à l’état de ruines ou trop endommagés pour pouvoir être réparés.

Les forces américaines, britanniques et françaises de la coalition ont conduit des dizaines de milliers de frappes aériennes, et les forces américaines ont reconnu avoir procédé à 30 000 tirs d’artillerie pendant l’offensive sur Raqqa. Plus de 90 % des frappes aériennes ont été menées par les forces américaines.

Un quartier de Raqqa détruit

LES CIVILS PRIS AU PIÈGE

À la veille de cette campagne militaire, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, promettait une « guerre d’anéantissement » de l’EI.

Les affirmations de la coalition selon lesquelles sa campagne de bombardements aériens de précision lui a permis de « libérer » la ville de l’EI en faisant très peu de victimes civiles ne résistent pas à un examen approfondi.

En septembre 2017, au plus fort du conflit, le général de corps d’armée Stephen Townsend, commandant américain de la coalition, a écrit qu’il n’y avait « jamais eu une campagne aérienne plus précise dans toute l’histoire des conflits armés », ce qui est en forte contradiction avec les témoignages des habitants de Raqqa.

Les habitants se sont trouvés piégés tandis que les combats faisaient rage dans les rues de Raqqa entre les militants de l’EI et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) sous direction kurde, soutenus par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie incessants de la coalition. L’EI a placé des mines sur les voies de sortie de la ville et a tiré sur les personnes qui essayaient de s’enfuir. Plusieurs centaines de civils ont été tués chez eux ou dans les lieux où ils s’abritaient, ou ont trouvé la mort alors qu’ils tentaient de fuir.

Un haut responsable militaire américain a même déclaré que jamais autant d’obus n’avaient été tirés sur un même lieu depuis la guerre du Vietnam. Les tirs d’obus n’étant précis qu’à 100 mètres près, il n’est pas étonnant que les victimes civiles aient été si nombreuses. Cette tragédie est en outre aggravée par l’absence d’enquêtes, plusieurs mois après les faits. Les victimes méritent que justice leur soit rendue.

Un jeune homme et son bébé à Raqqa

DE POSSIBLES CRIMES DE GUERRE

Les frappes de la coalition sur lesquelles nous avons pu enquêter ne sont que quelques exemples. Des preuves solides montrent que les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de la coalition ont tué et blessé des milliers de civils, touchés notamment par des attaques disproportionnées ou aveugles qui sont contraires au droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.

Durant les quatre années où il a contrôlé la ville, l’EI a commis de nombreux crimes de guerre. Mais ces violations ne dégagent pas la coalition de son obligation de prendre toutes les précautions possibles pour limiter les dommages infligés aux civils.

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Nous avons écrit aux autorités américaines, britanniques et françaises en charge de la défense pour leur demander des informations complémentaires sur les cas sur lesquels nous avons pu enquêter et sur d’autres attaques. Nous les avons interrogées sur les tactiques de la coalition, ses moyens et ses méthodes d’attaque, le choix de ses cibles et les précautions prises lors de la planification et de la mise en œuvre des opérations.

Nous demandons désormais aux membres de la coalition de mener des enquêtes impartiales et approfondies sur les allégations de violations et sur les victimes civiles, ainsi qu’à reconnaître publiquement l’ampleur et la gravité des pertes de vies civiles et des destructions de biens de caractère civil à Raqqa.

Nous leur demandons aussi de rendre publiques leurs conclusions de même que toutes les informations sur les frappes pour évaluer dans quelle mesure ils ont respecté le droit international humanitaire.

https://www.les-crises.fr/raqqa-guerre-daneantissement-par-amnesty-international/

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Quel plan de sortie de l’euro pour l’Italie ?

Source : Hypotèses, 06-06-2018

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L’actualité remet sur le devant de la scène le problème de la sortie de l’euro de l’Italie. SI les bienfaits d’une telle sortie, notamment en termes de possibilité de faire baisser le taux de change de la nouvelle monnaie et ainsi de stimuler la croissance, sont clairement identifiés[1][2], il faut se poser la question de la mise en place concrète de ce projet.

Les mini BOTS en question

Des économistes proches du nouveau gouvernement italien ont parlé de mettre en circulation comme une monnaie les bons du trésor italien.[3] Ainsi une nouvelle monnaie existerait en parallèle de l’euro et serait directement placée sous le contrôle du Trésor italien, ce qui pourrait éventuellement servir à remplacer l’euro si la BCE décide de couper l’alimentation en euro des banques italiennes.

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Cependant, comme l’a montré Jacques Sapir[4], l’existence de cette monnaie parallèle, quand bien même elle serait reconnue par l’Etat, ne garantirait pas qu’elle puisse se substituer à l’euro, car pour cela il faudrait qu’elle circule dans l’économie italienne, ce qui est la caractéristique et la fonction d’une monnaie. Les mini BOTS, s’ils étaient mis en place, fonctionneraient en effet comme une nouvelle monnaie, mais sur un plan différent de l’euro, car ils ne seraient rien d’autre que des promesses d’euros, sur le modèle des actifs financiers qui sont tous des promesses de paiement. Mais tout comme les actifs financiers ne circulent bien qu’en période de confiance, et tendent à disparaître en période de turbulence et de crise, ces mini BOTS auraient certainement du mal à s’imposer par eux-mêmes comme une monnaie utilisée par tous. De plus dans leur essence, ils ne se substitueraient pas à l’euro puisqu’ils seraient en fait des promesses d’euro. Paradoxalement, Ils auraient donc en fait besoin de l’euro pour fonctionner, et c’est là une faiblesse en cas de coupure brutale de l’alimentation en euros par la BCE. Ils fonctionneraient un peu à l’image des billets au temps de l’étalon-or, au long du 18e et du 19e siècle, quand les billets étaient en fait la matérialisation de promesses de paiement en monnaie métallique réellement existante dans les banques. Ces billets étaient en fait des promesses de paiement en monnaie métallique, leur solidité dépendait donc de la monnaie métallique elle-même, même si des siècles d’utilisation et de confiance ont fini par les faire considérer comme une monnaie eux-mêmes, ce qu’ils n’étaient pas à l’origine. Mais cette mutation s’est produite dans le temps long et dans une période de confiance, et l’on peut donc dire que les mini-BOTS seraient une bonne idée pour le moyen et long terme, mais ne seraient peut-être pas suffisamment solides pour se substituer à l’euro à court terme.

Les deux sources d’alimentation de la monnaie : le crédit bancaire et les dépenses du Trésor public

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A court terme en effet, les deux fonctions que doit impérativement remplir une monnaie si elle veut circuler immédiatement, sont celles de satisfaire le crédit et les dépenses de fonctionnement de l’Etat. La monnaie, on ne le dira jamais assez, est créée avant tout par les banques privées lorsqu’elles accordent des crédits, aux particuliers et aux entreprises. Lorsqu’elle accorde un crédit, une banque émet une créance à son actif et crée de la monnaie ex nihilo sur le compte en banque de son client au passif. La différence entre la masse des crédits anciens remboursés et la masse des crédits nouveaux accordés constitue donc la masse monétaire en circulation dans une économie donnée, à l’image d’un bain qui contient une quantité d’eau donnée en fonction d’une arrivée d’eau et d’une évacuation d’eau. L’arrivée d’eau, ce sont les crédits nouveaux, l’évacuation d’eau, ce sont les crédits anciens remboursés, la quantité d’eau, c’est la masse monétaire. C’est donc le besoin de crédit de l’économie qui est à l’origine de la circulation de la monnaie. Or, ce qui va se passer si l’Italie subit la même attaque qu’a subie la Grèce en 2015, c’est justement que la BCE va couper cette alimentation en crédit des banques en les empêchant de se refinancer elles-mêmes auprès de la BCE. La BCE coupe l’arrivée d’eau du bain, et fait immédiatement se vider l’eau du bain. Voilà ce qui est arrivé à la Grèce en 2015. Dans ces conditions, il est impossible à une économie de fonctionner et tout s’arrête de façon dramatique. Les banques ferment, la monnaie cesse de circuler, l’économie s’asphyxie littéralement.

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Mais cette situation de crise, qui, on le voit, est une action politique scandaleuse et illégale de la BCE, est paradoxalement une opportunité pour un gouvernement préparé et déterminé. Car alors l’euro cesse de remplir son rôle, il ne répond plus au besoin de crédit courant, il laisse la place vacante pour une autre monnaie. Mais pour fonctionner, c’est-à-dire pour circuler, cette monnaie doit répondre au besoin de crédit courant, et c’est pourquoi Jacques Sapir insiste sur la nécessité de la faire passer par le système bancaire[5]. L’institution-clé est alors toute trouvée, elle a un nom, une adresse, et une organisation administrative bien huilée : c’est la Banque d’Italie, située à Rome au Palais Koch, et dirigée par son gouverneur Ignazio Visco[6]. Il est à noter que ce gouverneur est nommé par le Parlement et qu’Ignazio Visco devrait justement arriver à la fin de son mandat, ce point risque d’avoir une grande importance. La Banque d’Italie, pour l’heure, fait certes partie de l’euro-système, mais il est clair qu’en cas d’agression de la BCE visant à le briser politiquement, le gouvernement italien serait tout à fait fondé à réaffirmer son autorité sur la Banque d’Italie pour assurer le fonctionnement normal du système bancaire, et notamment le refinancement des banques privées, c’est-à-dire la réouverture du robinet monétaire. Du moment que cette décision est prise et que son bon déroulement est assuré en termes administratifs, une monnaie circulerait de nouveau dans le système bancaire et dans l’économie italienne, mais de façon indépendante par rapport à la BCE. Qu’on appelle une telle monnaie euro, lire ou n’importe quel autre nom, que les pays la reconnaissent ou non, et que son statut juridique soit fixé ou non, toutes ces choses n’auront plus grande importance au plan économique, car de ce point de vue elle sera de facto, la monnaie souveraine de l’Italie.

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Mais il y a un deuxième canal par lequel une monnaie est indispensable et peut circuler rapidement entre les acteurs, ce sont les dépenses de fonctionnement courant de l’Etat, et notamment la paye des fonctionnaires. Ces dépenses courantes relèvent du Trésor public italien, institution qui a également une adresse et une organisation administrative bien établie. A l’heure actuelle, depuis le traité de Maastricht justement et l’introduction de l’euro, le Trésor est obligé de financer sa dette en ayant recours aux marchés financiers obligataires, ce qui lui oblige à payer de forts taux d’intérêts, matérialisés par les fameux spreads qui semblent gouverner l’Italie. Mais il est à noter qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Avant le traité de Maastricht, le Trésor avait la possibilité, tout comme une banque privée, de se refinancer auprès de la banque centrale à un taux proche de zéro, même si cette possibilité n’était pas toujours activée. Aussi les taux d’intérêts payés sur la dette publique pouvaient-ils être plus faibles et payés directement à la banque centrale, ce qui limitait le pouvoir des marchés sur la vie économique du pays. De ce point de vue les dépenses du Trésor pouvaient en fait être une forme de création monétaire, et la collecte des impôts par ce même Trésor était une forme de destruction monétaire. C’est d’ailleurs pourquoi on considérait le Trésor comme étant en partie une banque.

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Dans le cas d’une agression de la BCE, le Trésor Public italien peut donc être un important levier de circulation d’une nouvelle monnaie si on l’autorise de nouveau à se refinancer auprès de la Banque d’Italie. Concrètement, si la BCE coupe l’alimentation du pays en euro, il faut autoriser le Trésor à assurer ses dépenses courantes, ce qui introduira naturellement de façon assez massive une circulation monétaire dans le pays à travers les salaires des fonctionnaires et les subventions de fonctionnement des administrations publiques. Comme pour le crédit des banques privées, si une telle monnaie circule dans les administrations publiques et dans les comptes des fonctionnaires, elle comblera un vide et deviendra la monnaie souveraine de l’Italie de facto. Cependant, si seul le Trésor assure cette circulation sans l’appui du crédit des banques privées, un biais important favorisera à l’excès les fonctionnaires et les administrations publiques, ce qui pourrait créer des distorsions dramatiques entre les Italiens.

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En cas d’agression de la BCE, la question stratégique pour le gouvernement italien sera donc en priorité le contrôle et la bonne gestion de la Banque d’Italie, puis du Trésor Public comme force d’appoint essentielle, afin de faire circuler une monnaie efficacement et souverainement, et ainsi la substituer à l’euro dont la place aura été laissée vacante par la politique antidémocratique de la BCE.

Le bras de fer à venir peut donc être celui de tous les dangers, mais aussi celui de toutes les opportunités pour le nouveau gouvernement italien.

[1] Voir l’étude de Philippe Murer, Jacques Sapir et Cédric Durand : Les scenarii de dissolution de l’euro, https://www.fondation-res-publica.org/etude-euro/#.WxqyD2VMf-Y

[2] Voir l’article d’Alberto Bagnai sur son blog : http://goofynomics.blogspot.com/2015/06/nominal-devaluation-and-real-wages.html

[3] https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301706243001-italie-la-tentation-des-mini-bots-2177702.php

[4] Voir sa dernière note sur son carnet : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-litalie-et-la-question-des-monnaies-paralleles-une-voie-de-sortie-de-leuro-par-jacques-sapir/

[5] Voir sa dernière note sur son carnet : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-litalie-et-la-question-des-monnaies-paralleles-une-voie-de-sortie-de-leuro-par-jacques-sapir/

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_d%27Italie

Source : Hypotèses, 06-06-2018

https://www.les-crises.fr/quel-plan-de-sortie-de-leuro-pour-litalie-par-hypotheses/

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« Livraisons Amazon le dimanche, il faut démanteler cette entreprise !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 18 Juin 2018

TL SANNAT AMAZON

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous souvenez-vous du débat enflammé il y a quelques années autour du travail dominical ?
Vous rendez-vous compte que ce débat n’existe plus depuis des mois ?
Plus personne n’en parle… Silence assourdissant.

Au même moment, Amazon annonce que désormais, le groupe livre le dimanche aussi dans 11 villes de France métropolitaine à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Nice, Grenoble, Toulon, Montpellier, Aix-en-Provence et Reims et leurs environs.

« La livraison le dimanche avait été lancée il y a deux ans dans quatre villes, et fonctionnait uniquement le dimanche soir. Désormais, en plus d’être disponibles dans d’autres villes, les livraisons peuvent avoir lieu dès 9 heures du matin. Cette livraison est gratuite pour les abonnés Prime, et entre 7,99 et 9,99 euros pour les autres clients. »

La guerre de l’ouverture le dimanche a été perdue par les commerces !

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Il faut savoir que tout ce débat autour de l’ouverture dominicale des magasins avait pour enjeu l’achat dit « impulsif » créneau sur lequel les magasins traditionnels misaient pour contrer les nouveaux acteurs du e-commerce à savoir avant tout l’immense Amazon.

Depuis, la loi a été considérablement assouplie, et les ouvertures des magasins le dimanche sont possibles mais, plus grave pour les commerçants traditionnels, Amazon, désormais, livre le dimanche aussi dans les plus grandes villes de France, et nul doute que cela sera progressivement étendu à tout le territoire national.

La logistique du groupe américain est remarquable et repose sur un recours massif à ce que l’on appelle les « louageurs » dans le jargon du transport. Les « louageurs » sont des indépendants, des micro-entrepreneurs qui ont leur camionnette. Ils facturent à la pièce et au colis livré. C’est eux que vous voyez courir. S’ils courent, c’est parce qu’ils ne sont pas salariés. Pas d’efficacité, pas de salaire ! Ce n’est pas le salaire de la peur, ce n’est plus le salariat. C’est le précariat.

Il n’y a aucune règle de temps de travail pour un indépendant. Le travail dominical des livreurs Amazon ne subit donc aucune entrave légale ou presque.

D’ailleurs, cette pression a déjà poussé La Poste / Chronopost à s’aligner en proposant la livraison le dimanche de 9h à 13h dans quatorze villes de France en plus de Paris et sa proche banlieue.

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Je ne reviendrai pas sur les ravages sociaux, et familiaux, d’une telle marchandisation à outrance de la société.

Il va falloir démanteler Amazon et Trump a raison !

Je ne suis pas un communiste viscéral. Je considère que la propriété privée et les moyens privés de production sont la base du capitalisme, seul système viable, car répondant aux besoins innés de liberté et de créativité de l’espèce humaine.

Dire cela ne signifie pas pour autant que nous devons laisser faire la loi du plus fort, ou la jungle économique se développer.

Il y a un évident besoin, une nécessité à la régulation.

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Depuis des lustres, il existe des lois antitrusts, et d’ailleurs elles trouvent leurs origines aux États-Unis, pays pas franchement socialiste !

« Une loi antitrust est une loi visant à limiter ou réduire la concentration économique. On peut aussi la définir comme une loi qui s’oppose à l’entrave de la libre concurrence pratiquée par des groupements de producteurs visant à bénéficier d’un monopole. »

Il n’est pas possible de laisser Amazon ravager tout l’écosystème commercial mondial, car ici nous parlons de ravages mondiaux, pas uniquement en France ou encore aux États-Unis. Si nous laissons faire Amazon, alors ce groupe sera le seul commerçant qui restera dans 20 ans. Il n’y aura pas d’autres alternatives.
Certains diront, oui mais c’est punir le bon élève. Si Amazon peut réussir, c’est parce qu’ils sont les meilleurs, et les médiocres qui n’y arrivent pas, c’est normal qu’ils disparaissent.

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Cet argument n’est vrai que jusqu’au moment où une entreprise connaît un tel succès, une telle réussite, qu’elle en menace la société dans son ensemble.

Amazon menace l’emploi de milliers de petits commerçants et notre tissu de commerces traditionnels (en France comme ailleurs).

Amazon menace, par son poids, tous les fabricants et fournisseurs qui en seront dépendants.

Amazon, par son poids et sa taille, son internationalisation, menace l’équilibre fiscal de nations entières.

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Amazon menace également évidemment aussi la démocratie, car Amazon vendra ce qu’ils voudront, ce qui plaira ou pas à Amazon. Un seul distributeur et c’est la soumission.

Cela ne va pas plaire aux actionnaires, cela ne plaira pas aux fonds de pension, et autres « hedge », mais c’est une nécessité.

Cela fait partie intégrante du capitalisme.

La vocation de chaque entreprise est de grossir au plus vite et le maximum. Cela veut dire que le mécanisme de concentration menant aux monopoles est intrinsèque au fonctionnement même du système capitaliste.

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C’est un excès, une maladie du système, et le système sécrète ses propres défenses immunitaires avec les lois anti-monopole.

Les monopoles doivent toujours être interdits, et quand ils se produisent, démantelés, car sinon, ils rendent le système totalement inefficace.*

Vendez les actions Amazon !

Amazon, comme Microsoft, sera démantelé. Et c’est souhaitable. Cela veut dire qu’en tant qu’épargnant ou investisseur, vous n’avez plus intérêt à acheter ou conserver des actions Amazon.

Cela arrivera demain ou dans 10 ans, mais cela arrivera, car le monde entier ne pourra pas tolérer de passer sous la coupe réglée d’une seule multinationale pratiquant de manière massive l’optimisation fiscale.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/livraisons-amazon-le-dimanche-il-faut-demanteler-cette-entreprise-ledito-de-charles-sannat/

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De mon point de vue, certains monopoles doivent être maintenus ou réinstallés, à condition d'être dans la mains de l'Etat, lorsqu'ils  sont nécessaires au bien- être de la sociéte et/ou lorsqu'ils servent à protéger les intérêts stratégiques de la Nation. A ce sujet, voir notre publication: Les enjeux réels de la privatisation de la SNCF . Voir aussi https://russeurope.hypotheses.org/files/2012/09/Sap-NaturalMonop-copie.pdf   P.G.

"Dans la théorie économique, une branche d'activité est en situation de monopole naturel sur un territoire plus ou moins vaste, lorsque les économies d'échelle y sont très fortes. Cette situation se présente le plus souvent lorsque l'activité de la branche est fondée sur l'utilisation d'un réseau au coût très élevé, ce qui tend à donner un avantage déterminant à l’entreprise dominante puis, après disparition des concurrents, conduit à une situation de monopole.

Théoriquement, il serait alors optimal, pour maximiser l'utilité collective, de n’avoir dans cette branche d’activité qu'un seul opérateur agissant de manière altruiste, c'est-à-dire satisfaisant la demande au moindre coût et pratiquant des tarifs égaux à ses coûts marginaux. L'unicité du producteur permet de maximiser les économies d'échelle, tandis que la tarification au coût marginal permet d'une part de proposer aux consommateurs un signal prix pertinent et d'autre part prévient le comportement prévu par la théorie classique pour une entreprise monopolistique cherchant à maximiser son profit : fixation d'un prix supérieur au coût marginal et réduction de l'offre, avec appropriation d'une « rente de monopole ».

Cette analyse économique est utilisée par les pouvoirs publics pour justifier des actions dans la branche d'activité concernée, par le biais du service public, de régulation du secteur, ou de nationalisation d'entreprises. L’évolution de la théorie économique a conduit à la fin du XXe siècle à une modification des actions des pouvoirs publics, et en particulier à des déréglementations et des privatisations, aux États-Unis et au Royaume-Uni à partir des années 1980, dans l’Union européenne à partir des années 1990."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monopole_naturel