mardi 12 juin 2018

Quand les "jeunes agriculteurs" découvrent l'Union européenne et le libre- échange...

Blocage de Total : «Quelles solutions veulent-ils mettre en place?» s'interroge un jeune agriculteur

ACT BLOCAGE JEUNES AGRICULTEURS

Les agriculteurs bloquent le site de la raffinerie Total de Grandpuits depuis le 10 juin pour protester contre la concurrence de l'huile de palme importée par la compagnie pour produire du biocarburant. Le reporter de RT France les a rencontrés.

Le 10 juin à 23h, plus d'une centaine d'agriculteurs ont se sont rendus à Grandpuits en Seine-et-Marne pour empêcher les camions de carburant de se réapprovisionner dans une raffinerie de Total. Ils s'insurgent contre l'autorisation donnée par le gouvernement à la compagnie pétrolière d’importer 300 000 tonnes d'huile de palme par an de Malaisie et d'Indonésie, pour la fabrication de biocarburant. Mus par leur colère, ils ont charrié des mottes de terre pour bloquer le passage des véhicules. Le matin du 11, deux camions ont dû faire demi-tour.

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Cette décision controversée condamne les producteurs de colza à ne plus être concurrentiels, selon les protestataires. «Demain, si moins de colza est cultivé, l’éleveur n’aura plus assez de colza. Ils vont réimporter du soja OGM. Nous agriculteurs en France, avons l'interdiction de produire des OGM. On nous interdit des choses, mais on va réintroduire des plantes de l'étranger», fulmine Mathieu Beaudoin, le vice-président des Jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne, au micro du reporter de RT France Jonathan Moadab.

«Quelles solutions veulent-ils mettre en place pour que nous agriculteurs ne perdions pas de 20 à 40 euros la tonne ?», interroge-t-il. Et le syndicaliste de rappeler que la culture de colza est la seule qui soit rentable pour eux, au contraire, par exemple, du blé. «Si on perd les 40 euros de la tonne, très clairement : moi le premier, j'arrête la culture du colza», menace-t-il. Les différences de normes de production entre les cultures françaises et asiatiques sont telles que les cultivateurs français seraient gravement lésés, selon lui.

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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a réagi en jugeant leur mouvement illégal et en affirmant qu’il ne changerait rien à l’accord. Ces déclarations alimentent la détermination des manifestants qui ont bloqué 13 raffineries ou dépôts de carburant dans toute la France. Ils avaient prévu de cesser leur action le 13 juin, mais pourraient choisir de prolonger leur mouvement.

https://francais.rt.com/france/51488-blocage-total-quelles-solutions-veulent-ils-mettre-en-place

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Extrait de la dernière chronique de Charles Sannat:

Le problème c’est que la cohérence, cela vaut pour le gouvernement et… pour la FNSEA !

Oui, j’aime bien relever les paradoxes, appuyer là où cela fait mal, titiller les parties (je parle du gouvernement d’un côté et des syndicats agricoles de l’autre, n’allez pas vous imaginer autre chose, je suis un garçon sérieux). C’est mon côté poil à gratter génétique.

La cheftaine de la FNSEA donc appelait de manière fort grandiloquente à « faire le choix de l’Europe », ce qui voulait dire à voter Macron lors des présidentielles.

Parfait.

Voilà un choix « responsable ».

Voilà la voix de la « raison ».

Voilà le chemin de la « sagesse » blablablablablabla…

Sauf que l’Europe est là pour couillonner les paysans, et les organisations syndicales pour faire avaler la pilule aux petits paysans d’en bas.

C’est l’Europe qui organise les accords de libre-échange qui ont pour conséquence de permettre d’importer plein de produits qui viennent directement concurrencer nos propres productions. C’est le cas pour l’huile de palme, comme pour la viande aux hormones d’Argentine ou du Canada.

N’oubliez pas cette terrible citation. Terrible de vérité : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. » La FNSEA est en plein dedans.

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Les combines pour devenir milliardaire et le rester

De Nutella à Chanel en passant par Dassault 

Les combines pour devenir milliardaire et le rester

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Ils ont amassé des fortunes et incarnent les « premiers de cordée » chers à Emmanuel Macron. « Ils », ce sont les multi-milliardaires européens : Bernard Arnault (LVMH), Amancio Ortega (Zara), Stefan Quandt (BMW), les familles Bettencourt (L’Oréal) ou Kamprad (Ikea)… Comment ont-ils réussi à devenir ultra-riches et à le demeurer malgré les crises ? Evasion fiscale, opacité, accaparement des bénéfices, entre-soi familial : voici les huit combines pour devenir milliardaires et le rester.

« Au niveau mondial, les inégalités ont fortement augmenté depuis 1980 », alertait il y a quelques mois un rapport sur les inégalités mondiales coordonné entre autres par l’économiste français Thomas Piketty, auteur du désormais célèbre Capital au XXIe siècle. Les riches sont donc de plus en plus riches, et le patrimoine passe toujours plus des mains de la collectivité, vers celles de propriétaires privés. Nouvelle illustration de cet accaparement sans précédent depuis un demi-siècle : selon la chaîne économique Bloomberg, les treize premières grandes fortunes françaises se sont enrichies beaucoup plus vite que leurs homologues d’autres pays. Depuis janvier, ils ont gagné 23 milliards d’euros [1].

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Ainsi, le patrimoine personnel de Bernard Arnault et de sa famille atteint plus de 50 milliards d’euros. Le patron de Zara, Amancio Ortega, culmine à 55 milliards. Les héritiers de Liliane Bettencourt ont eux-aussi de quoi se réjouir, avec 33 milliards. Parmi les plus grandes fortunes européennes, on trouve aussi les propriétaires de Chanel (les frères Wertheimer), ceux d’Hermès (la famille Dumas) mais aussi les propriétaires allemands des supermarchés à bas prix Aldi et Lidl, tout comme la famille Mulliez, qui possède le groupe Auchan.

Les deux branches de la famille italienne qui a construit l’empire industriel Ferrero – et sa marque Nutella – sont aussi bien placées, tout comme le patron du groupe italien du luxe Luxottica (Leonardo Del Vecchio), ainsi que les Suédois propriétaires de H&M (Stefan Persson) et d’Ikea (Ingvar Kamprad). En Allemagne, la famille propriétaire de BMW ainsi que celle, beaucoup moins connue, de l’entreprise industrielle Schaeffler font aussi partie des grandes fortunes du continent, avec plus de 15 milliards d’euros chacune. Comment ont-ils fait pour accumuler autant, et de surcroît pour continuer d’amasser les millions par dizaines en dépit des crises économiques mondiales ?

Combine numéro 1 : régner en famille

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Les plus grandes fortunes européennes se construisent – et se transmettent – d’abord en s’assurant d’un contrôle étroitement familial d’une entreprise ou d’un groupe fleuron. C’est la règle suivie par les milliardaires français. Le cas de la famille Bettencourt, qui a fait si souvent les gros titres pour sa proximité avec les hautes sphères politiques, est exemplaire. Liliane Bettencourt est décédée l’année dernière, mais sa fille, Françoise Bettencourt Meyers, a pris la relève à la tête de L’Oréal. Petite fille du fondateur Eugène Schueller, elle est aujourd’hui présidente de la holding familiale Téthys, du conseil de surveillance de L’Oréal, et de la filiale d’investissement Téthys Invest. Le mari de Françoise Bettencourt, Jean-Pierre Meyers, est vice-président du conseil d’administration du groupe, et siège dans nombre de ses instances. Leur fils Jean-Victor Meyers, à peine trentenaire, est entré au conseil de surveillance de L’Oréal en 2012.

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Chez LVMH, Antoine et Delphine Arnault, enfants de Bernard, sont administrateurs de l’entreprise. Ils touchent à ce titre de généreuses rémunérations : plus d’un million d’euros chacun. Chez Hermès, la fortune du propriétaire Axel Dumas est estimée à plus de 30 milliards d’euros. Ses descendants sont toujours aux manettes, et le groupe familial possède plus de 65 % du capital de l’entreprise. À la tête de la famille, Axel Dumas descend en ligne directe du fondateur Émile-Maurice Hermès. Au moins sept autres descendants directs font partie du conseil de surveillance.

Les Mulliez, qui règnent sur le groupe Auchan et des dizaines d’autres enseignes, seraient à la tête d’une fortune de 26 milliards d’euros. La famille y est si centrale que l’Association familiale Mulliez – un groupement d’intérêt économique dont font partie les seuls membres de la famille – détient la totalité du groupe. Les Bolloré aussi dirigent en famille : au père, Vincent, la direction du groupe éponyme, aux enfants celle d’une partie des filiales. Yannick Bolloré est à la tête du groupe de communication Havas, Cyrille dirige la branche Transport et logistique, très implanté en Afrique, Sébastien siège aux directions de plusieurs filiales et la benjamine, Marie, dirige la filiale Blue Solutions, en charge notamment des « Autolib ».

Ce capitalisme familial ne perdure pas qu’en France. Le groupe allemand Henkel, qui produit entre autres la marque de lessive Persil – mais aussi des dizaines d’autres marques de produits ménagers et cosmétiques – appartient à la même famille depuis sa création en 1876. La famille Henkel détient plus de 60 % du capital, et 42 milliards d’euros de patrimoine. Encore plus fort, la famille qui possède le groupe Schaeffler, une entreprise allemande de technologies industrielles, la contrôle à 100 % [2]. La fortune personnelle de Georg Schaeffler est estimée à 20 milliards d’euros.

Combine numéro 2 : encaisser un maximum de dividendes

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Les dividendes, c’est la part des bénéfices d’une entreprise qui est reversée à ses actionnaires. Au sein des grandes entreprises, celle-ci augmente d’année en année et atteint désormais des sommets (voir notre récent article : « CAC 40 : les dividendes des actionnaires ont augmenté trois fois plus vite que les salaires »). C’est autant d’argent qui n’est pas orienter vers les investissements, ni ne sert à rémunérer ceux qui produisent la plus-value, les salariés. Chez Zara, le groupe de prêt-à-porter, 59 % des bénéfices ont ainsi été reversés aux actionnaires, dont près des deux tiers reviennent à la famille Ortega, déjà milliardaire. En 2016, les détenteurs du capital de Zara ont reçu 1,8 milliard d’euros de dividendes, dont 1,1 milliard pour Amancio Ortega et 93 millions pour sa fille.

LVMH, en 2016, a versé 45% de son bénéfice à ses actionnaires, soit plus de 2 milliards d’euros. C’est 500 millions de plus qu’en 2012. Sur cette somme, près d’un milliard est allé directement abonder le patrimoine de Bernard Arnault et de sa famille. Chez BMW, les actionnaires se sont attribués en 2016 « le plus haut dividende de son histoire », comme le vante le rapport annuel. Soit 2,3 milliards d’euros. La famille Quandt-Klatten (les frères et sœurs Stefan Quandt, 17 milliard d’euros de fortune, et Susanne Klatten, 20 milliards), qui détient 46 % du capital, a donc reçu au titre de cette même année un peu plus d’un milliard d’euros de dividendes. Uniques actionnaires de Schaeffler, Georg Schaeffler et sa mère ont quant à eux perçu la totalité des 328 millions d’euros de dividendes versés par le groupe en 2016.

Combine numéro 3 : être créatif… dans les montages juridiques

Géant français de la grande distribution, Auchan est le royaume de la famille Mulliez. À sa tête, Gérard Mulliez possède une fortune personnelle de quelque 26 milliards d’euros. La famille possède des dizaines d’autres entreprises, comme Pimkie ou Décathlon. Mais le groupe n’est pas côté en bourse : il n’a donc pas à publier ses résultats. Pas plus que l’Association familiale Mulliez, qui détient l’ensemble de ces entreprises. Cette forme de gouvernance originale, dont on imagine qu’elle doit déboucher sur des dîners agités, a une autre conséquence : en cas de licenciements dans une des entreprises détenue par l’association, le « groupe » échappe à ses obligations de reclassement !

Les syndicats d’Auchan ont tenté de faire valoir à plusieurs reprises le fait que l’association cachait bien un groupe « de fait ». En vain. « Il faudrait que l’emploi soit géré à l’échelle de l’association. Si cette dernière était reconnue comme un groupe, il y aurait alors d’évidentes possibilités de reclassement des salariés, vu la taille de l’ensemble. Il n’y aurait peut-être même plus de licenciement ! », explique Guy Laplatine, délégué CFDT au groupe Auchan. Mais les Mulliez s’en préservent bien. Résultat : plus de 200 salariés des magasins Pimkie vont être prochainement licenciés (lire notre article), et ne peuvent espérer être reclassés au sein du groupe Auchan, qui emploie pourtant 80 000 personnes en France, et plus de 300 000 dans le monde.

Combine numéro 4 : entretenir l’opacité

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La même stratégie de « transparence zéro » est suivie chez les deux leaders européens du supermarché discount : Aldi, groupe détenu par la famille Albrecht – Karl et Theo ont accumulé 40 milliards d’euros –, et Lidl – détenu par Dieter Schwarz, 15 milliards d’euros au compteur. « Le groupe Schwarz est un entrelacs d’entreprises, de fondations et de centaines de sociétés et ressemble à une véritable « boîte noire » », souligne la fédération syndicale allemande des services Verdi. « Les sociétés centrales sont le groupement d’entreprises Schwarz KG (où se trouvent les droits de vote) et la fondation Dieter Schwarz (où se trouvent les actions). En dessous, il y a la société de participation de Schwarz. Quant au centre de pouvoir, c’est le groupement d’entreprises Schwarz, holding qui contrôle le reste. »explique encore le syndicat.

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On retrouve un degré de complexité comparable chez Ikea, le géant suédois du meuble. Son fondateur, Ingvar Kamprad, est mort en janvier dernier, à 91 ans. Il détenait l’une des plus grosses fortunes européennes, qui devrait revenir à sa famille. Avant de mourir, Ingvar Kamprad a lui-aussi bâti autour de ses magasins de meubles un hydre de holdings, de sociétés et de fondations, basés aux Pays-Bas, au Luxembourg et au Liechtenstein. « En 1982, Ingvar Kamprad a divisé Ikea en deux groupes légalement distincts : le groupe Inter Ikea, aujourd’hui organisé autour d’un holding basé au Luxembourg, l’Inter Ikea holding, qui a lui-même été placé sous la propriété de la fondation Interogo, formée au Liechtenstein en 1989, décryptait en 2016 un rapport des Verts au Parlement européen [3]. De l’autre côté, il y a le groupe Ikea, rattaché à une société néerlandaise, INGKA Holding, que Kamprad a placée sous la propriété d’une fondation néerlandaise, Stichting INGKA. »

Il y a de quoi s’y perdre, comme lorsqu’un client chemine, entre cuisines, chambres et salons au sein des magasins du groupe [4]. Ce n’est pas tout. Le rapport des Verts au Parlement européen poursuit : « Le groupe Inter Ikea possède les magasins et au moins depuis 2012 la marque Ikea. Mais la famille Kamprad possède encore une autre entreprise : le groupe Ikano, qui s’est séparé d’Ikea en 1988. Le groupe est contrôlé par les trois fils d’Ingvar Kamprad à travers un holding basé au Curaçao. », une île paradisiaque qui est aussi un paradis fiscal, tout comme le sont le Luxembourg et le Liechtenstein.

Combine numéro 5 : contourner le fisc

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L’opacité sert aussi à cela : contourner l’impôt, ou à minima exploiter les failles des réglementations fiscales. Ikea fait partie des entreprises ayant refusé, en 2013, d’être auditionnées par la commission de l’Assemblée nationale française sur l’optimisation fiscale. En décembre, la Commission européenne ouvrait aussi une enquête au sujet du traitement fiscal avantageux dont profite le groupe aux Pays-Bas. Depuis le début des années 80, l’entreprise fonctionne en système de franchises : « Tous les magasins Ikea dans le monde paient une redevance égale à 3 % de leur chiffre d’affaires à Inter Ikea systems, une filiale d’Inter Ikea établie aux Pays-Bas. », explique la Commission européenne dans un communiqué. Les revenus qui en sont issus devraient être imposés dans ce pays. Or, ajoute la Commission, « deux décisions fiscales anticipées, accordées par l’administration néerlandaise en 2006 et 2011, ont considérablement réduit [ses] bénéfices imposables ». En vertu du premier accord, les bénéfices ont été transférés au Luxembourg, où ils n’ont pas été soumis à l’impôt. Puis après 2011, le fisc néerlandais a autorisé Ikea à transférer une part importance de ses bénéfices au Liechtenstein, pour un résultat identique. Coût total estimé de l’opération, pour les finances publiques des États de l’UE : un milliard d’euros de perdus entre 2009 et 2014, dont plusieurs dizaines de millions non acquittés en France [5].

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Une autre enquête des Verts européens a épinglé Zara, dont les flux financiers privilégiés sont les Pays-Bas, voyageant aussi en Irlande et en Suisse. Résultat : 585 millions d’euros d’impôts économisés pour l’entreprise et son richissime patron Amancio Ortega, entre 2011 et 2014 [6]. Autre cas : celui du groupe Kering, du milliardaire français François Pinault (plus de 20 milliards d’euros de patrimoine). En mars dernier, Médiapart révélait une évasion fiscale d’environ 2,5 milliards d’euros depuis 2002, « pour l’essentiel au préjudice de l’Italie, mais aussi de la France et du Royaume-Uni », via des filiales basées toujours au Pays-Bas, au Luxembourg et en Suisse.

Le groupe français d’armement Dassault a lui été cité dans l’affaire des Paradise Papers pour ses filiales sur l’Île de Man, un paradis fiscal notoire [7]. Celles-ci lui auraient permis de participer à un système de fraude à la TVA sur les jets privés. « Dassault Aviation a mis en place sept sociétés de location-financement à l’île de Man, uniquement entre 2008 et 2012, s’est défendu le groupepour répondre aux besoins de financement de clients dans un contexte de crise financière. » Quelques mois plus tôt, son « boss » Serge Dassault, décédé le 28 mai dernier à 93 ans, avait été condamné à cinq ans d’inéligibilité politique et deux millions d’euros d’amende pour avoir dissimulé des dizaines de millions d’euros au fisc pendant quinze ans.

Combine numéro 6 : mettre les salariés sous pression

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Début mars, les salariés de Zara de la ville basque espagnole de Gipuzkoa se mobilisent contre la précarité de leurs conditions de travail : avec des contrats à temps partiel de 15 à 25 heures par semaine, les salariés des enseignes Zara en Espagne, essentiellement des femmes, ont du mal à joindre les deux bouts. Car travailler pour un milliardaire ne signifie pas être bien payé. Au contraire. Que ce soit chez Zara, H&M, Ikea, Aldi, Lidl, les conditions de travail, pour les salariés comme pour les sous-traitants, figurent parmi les plus précaires. « Chez Aldi, ce sont avant tout des contrats à temps partiels qui sont proposés, si bien qu’une caissière arrive rarement à un salaire de 38 heures par semaine », fait savoir le syndicat allemand des services Verdi.

De son côté, Ikea a pris l’habitude… d’espionner ses salariés. « Ikea France a bel et bien instauré « un système (…) à grande échelle » pour se renseigner sur des candidats à l’embauche et sur certains salariés déjà en place », rapportait le journal Le Monde il y a quelques semaines. Un système s’appuyant notamment sur la consultation, illicite, de fichiers de police. Au début de l’année, le parquet a demandé le renvoi d’Ikea France et de quinze personnes, dont deux anciens patrons de la firme, devant le tribunal correctionnel. « Travailler avec nous est plus qu’amusant, c’est gratifiant. Nos lieux de travail sont informels et humains »promet Ikea à ses futurs collaborateurs…

Combine numéro 7 : abuser de la sous-traitance

Dans le prêt-à-porter, les filières de fabrication reposent essentiellement sur la sous-traitance, en Europe de l’Est, Turquie, Asie, ou Amérique latine. Au Brésil, en 2011, trois ateliers de couture d’un fournisseur de Zara, basé à São Paulo, ont été prises en flagrant délit de conditions de travail comparable à du travail esclave par le ministère du Travail brésilien. Des dizaines de travailleurs, essentiellement boliviens et péruviens, y étaient employés. Le contrôle a relevé « des contrats illégaux, du travail d’enfants, des conditions dégradantes, des journées pouvant aller jusqu’à seize heures, des retenues illégales sur salaires, l’interdiction de quitter le lieu de travail… », précise l’ONG Reporter Brasil, qui a suivi les inspecteurs du travail [8]. Les agents ont libéré quinze personnes, dont un enfant de 14 ans, de ces conditions de travail forcé.

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Parfois, les salariés n’ont même pas de salaire. Depuis plusieurs mois, en Turquie, une centaine de salariés d’une usine sous-traitante pour des grandes marques de textile, dont Zara, luttent ainsi pour être tout simplement payés pour leur travail [9].

Zara, comme les français Auchan et Carrefour, fait partie des 32 marques qui commandaient du travail à l’usine textile du Rana Plaza à Dakha, au Bangladesh. L’immeuble s’est effondré le 24 avril 2013, causant la mort de 1 138 personnes, et plus de 2 000 blessés. Zara a largement contribué au fonds d’indemnisation des victimes. Tout comme H&M, l’un des plus gros donneurs d’ordre des sous-traitants de l’industrie textile au Bangladesh. Mais selon l’ONG Clean Clothes, les usines sous-traitantes d’H&M y sont encore très peu sures pour leurs employés. 70 % des sites ne disposeraient toujours pas de sortie de secours en cas d’incendie.

Règle d’or : influencer la politique et les électeurs

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Outre les collusions entre responsables politiques et grandes fortunes, celles-ci mènent de nombreuses actions de lobbying auprès des institutions. Le registre européen des lobbies, qui oblige les grandes entreprises à inscrire leur nombre de lobbyistes en poste auprès des institutions européennes ainsi que leurs dépenses en lobbying, en donne une première idée. Ikea dépense plus de 500 000 euros par an de lobbying à Bruxelles, où elle emploie sept personnes entièrement dédiées à défendre ses intérêts, sur des sujets comme la taxation des entreprises, la protection des données ou le droit du travail. LVMH, L’Oréal, Lidl, H&M, tout comme Hermès, Auchan… la plupart de nos groupes vedettes investissent des centaines de milliers d’euros – quand la somme ne se compte pas en millions – dans cette activité à très fort retour sur investissement [10].

En Allemagne, l’influence passe également par des dons directs aux partis. En 2017, les milliardaires Susanne Klatten et Stefan Quandt, patrons de BMW, ont offert 200 000 euros, en tout, aux partis allemands de droite CDU (le parti d’Angela Merkel) et FDP (libéraux), auxquels s’ajoutent 100 000 euros à la CDU en 2016. De 2010 à 2017, les mêmes ont octroyé en tout plus d’un million d’euros à la CDU, plus de 700 000 euros au parti de droite bavarois CSU (allié de la CDU), plus de 550 000 euros au parti libéral FDP et, tout de même, 450 000 euros au parti social-démocrate allemand SPD [11]. Mieux ne vaut pas mettre tous ses œufs – Fabergé – dans le même panier.

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Mais ce sont peut-être les milliardaires de la famille Dassault qui pratiquent l’influence politique le plus efficacement : Serge Dassault, récemment décédé, a été sénateur de 2004 à 2017, quand son fils Olivier Dassault est député depuis 1988 (avec une interruption de 1997 à 2002). La famille peut aussi compter sur le pouvoir d’influence de son groupe de presse, celui du Figaro. Bernard Arnault, patron milliardaire de LVMH, possède lui Les Échos et Le Parisien. Et trois autres milliardaires français (qui restent certes sous les 10 milliards de patrimoine), Patrick DrahiXavier Niel et Vincent Bolloré, ont eux aussi diversifié leurs empires industriels pour devenir des magnats de la presse. En Allemagne, le grand patron de presse Axel Springer, éditeur du très populaire Bild Zeitung (vendu à plus d’1,6 million d’exemplaires chaque jour) est lui aussi le détenteur d’une fortune personnelle de plus de 4 milliards d’euros. On est jamais mieux servi, et informé, que par soi-même.

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Rachel Knaebel

 


 

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Source :

https://www.bastamag.net/De-Nutella-a-Chanel-en-passant-par-Dassault-les-combines-pour-devenir

 

Référence :

1] Lire ici (en anglais) : France’s Richest Are Making Money Faster Than Everyone Else This Year.

 

[2] 80 % pour Georg Schaeffler, 20 % pour sa mère Maria-Elisabeth Schaeffler.

 

[3] Voir aussi sur le site de la chambre du commerce du Liechtenstein.

 

[4] Voir aussi la description de la structure de l’entreprise sur le site du groupe.

 

[5] Selon des recherches menées par le groupe des Verts au Parlement européen. Pour la seule année 2014, les caisses françaises auraient perdu 24 millions d’euros, l’Allemagne 35 millions, et le Royaume Uni plus de 11 millions.

 

[6] On trouve aussi une société Zara invest AG au Liechtenstein, voir ici.

 

[7] Voir ici.

 

[8] Voir les comptes-rendus de cette ONG ici et ici.

 

[9] Sur ce sujet, voir ici et ici.

 

[10] Les données pour ces différentes entreprises sont disponibles sur le site Lobbyfacts. On y apprend que LVMH a dépensé plus d’un million d’euros de lobbying à Bruxelles, en une seule année. L’Oréal est à plus de 200 000 euros, Lidl à plus de 175 000 euros, H&M dépense plus de 200 000 euros, le groupe français Hermès 50 000 euros, tout comme Auchan, et l’Italien Ferrero, 200 000 euros.

 

[11] Source : Bundestag.

https://aphadolie.com/2018/06/07/les-combines-pour-devenir-milliardaire-et-le-rester/

Italie : l’union par la souveraineté

TRIBUNE LIBRE/ Source : Monnaie Prix, 03-06-2018

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L’Italie s’est donc finalement dotée du gouvernement de coalition qu’on prétendait lui interdire. Ce gouvernement s’est finalement formé avec Paolo Savona, l’économiste anti-euro qui fut refusé par le Président Mattarella au poste de Ministre des Finances, qui a été nommé aux affaires européennes. Aux finances, c’est finalement Giovanni Tria, un économiste à l’origine assez libéral mais devenu euro-critique et favorable à une relance des investissements publics par le financement de la création monétaire, qui a été nommé. Tria, c’est vraiment le plus important, est tout à fait conscient du dysfonctionnement de l’euro, il a compris que l’euro désindustrialisait les pays qui l’ont adoptés au bénéfice de l’Allemagne, parce que ces pays ne peuvent plus ajuster leur compétitivité par le taux de change, comme il le faisaient avant le traité de Maastricht.

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Or l’Italie et la France, pour ne parler que de ces deux pays, ont un fonctionnement social très différent de l’Allemagne, et ont notamment une organisation plus favorable aux salariés. Cela ne les a pas empêché, jusque dans les années 90, de se développer aussi bien et même plus rapidement que l’Allemagne au plan industriel, parce que leur productivité était meilleure, et que, grâce à une monnaie un peu plus faible, leurs produits étaient plus compétitifs à l’étranger. Il faut souligner que le niveau d’une monnaie, son taux de change donc, n’a pas une cause unique. Il y a des avantages et des inconvénients à avoir une monnaie plus ou moins forte. Dans le cas de la France et de l’Italie, cela produisait un peu plus d’inflation qu’en Allemagne, avec des conditions sociales plus favorables aux salariés, et une meilleure compétitivité prix des produits. Fondamentalement, le niveau du taux de change était plus favorable à l’investissement et au développement industriel et moins favorable aux épargnants. Inversement, l’Allemagne menait et mène encore une politique moins favorable aux salariés, ce qui lui permet d’avoir moins d’inflation tout en restant compétitive au niveau des prix. C’est une politique plus favorable aux possesseurs de capital, et qui permet l’investissement seulement dans la mesure où elle gagne des parts de marché sur ses voisins. Avec l’euro qui empêche la régulation entre les pays par le taux de change, l’Allemagne l’emporte systématiquement sur ses voisins et défait donc l’équilibre économique et social européen qui prévalait jusque dans les années 90.

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Cela Tria l’a compris, aussi ne sera-t-il pas surpris que l’Allemagne défende bec et ongle l’euro, quitte à utiliser la BCE pour cela. On peut donc penser que Tria saurait répondre à une telle attaque, comme elle a eu lieu en Grèce en 2015, qui consiste, rappelons-le, à couper l’alimentation en euro d’un pays. Il est d’ailleurs possible que l’administration italienne ait déjà commencé à s’organiser pour répondre à une telle attaque en se préparant faire circuler les bons du trésor, c’est-à-dire la dette italienne, comme une monnaie nouvelle. C’est la philosophie des mini-BOTS, dont on a parlé en Italie pendant la campagne. Si cette méthode était mise en oeuvre de façon massive, elle permettrait de faire circuler une monnaie parallèle à l’euro à partir du Trésor public italien, qui se transformerait alors en banque, comme il l’a souvent été dans l’histoire des différents pays du monde. De plus dans ce cas, les investissements publics pourraient être naturellement financés à taux zéro, cela permettrait donc de déconnecter la dette italienne nouvellement émise des marchés financiers. Mais cette question ne se posera qu’au moment où les Italiens décideront de mettre en place une politique d’investissement contra-cyclique, ce qui est dans leur accord de gouvernement. Alors la crise de l’euro commencera, car ils devront défendre leur souveraineté face à l’Allemagne. Ce sera l’heure de vérité.

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Pour l’heure, c’est plutôt sur la politique migratoire que Matteo Salvini, le nouveau Ministre de l’Intérieur, ouvre un premier front en désirant remettre en cause l’accord de Dublin sur la politique migratoire de l’UE. Il affirme que pour sauver les vies en Méditerranée, il faut empêcher les départs de bateaux depuis le Maghreb, et augmenter le nombre de rapatriements d’illégaux, sauf pour les migrants venant de pays en guerre. Il veut réduire les fonds d’aide européens dédiés à l’accueil des migrants, et s’attaque aux ONG qu’il accuse d’être complices des passeurs. Sur ce dossier, il risque dores et déjà d’y avoir une première confrontation avec l’Allemagne, mais un compromis sera certainement trouvé, contrairement au problème de l’euro.

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Mais de façon intéressante, il faut noter l’excellent accueil qui est réservé à Salvini, l’ancien sécessionniste du Nord de l’Italie, en Sicile, en plein coeur de ce Mezzogiorno qu’il voulait « larguer » dans sa jeunesse, et qui a voté massivement pour le M5S. A Catane, Salvini a été accueilli par des foules compactes qui ont applaudi avec enthousiasme à ses discours. Cela n’est pas un fait anodin. A un moment où les régionalismes semblent plus puissants que jamais en Europe, que ce soit en Ecosse, en Catalogne ou en Corse, on constate que les deux Italie (pour ne pas parler de la troisième Italie entre Gênes et Rome) sont plus unies que jamais elles ne l’ont été depuis la fin de la guerre civile, depuis « la victoire mutilée » lors de la Première guerre Mondiale ou le Risorgimento et l’unification au 19ème siècle par Garibaldi et Cavour. Elle sont unies derrière ce gouvernement de coalition, à contre-courant de ce qui se passe en Europe, parce que ce gouvernement défend la souveraineté de l’Italie toute entière, face aux forces qui la remettent en question. Voilà une autre leçon, et pas la moindre, que nous adresse l’actualité en Italie : c’est la lutte pour la souveraineté et la justice sociale qui peuvent seules venir à bout des divisions politiques et culturelles du peuple.

Source : Monnaie Prix, 03-06-2018

https://www.les-crises.fr/italie-lunion-par-la-souverainete/

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On aimerait partager l'optimisme de l'auteur, mais le maintien de l'Italie dans l'UE et dans l'OTAN risque de montrer très vite les limites de la coalition, à moins que la confrontation ne les amène à tenter d'aller plus loin, mais à quel prix? Il y a une différence entre une sortie ordonnée et concertée et une sortie sur fond ce crise économique, financière, politique et géopolitique. D'autant qu'il n'y a pas, à ma connaissance, de "plan B"...   P.G.

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Les Rojavistes à Millau compte-rendu

TRIBUNE LIBRE / Vincent Lenormant

TL ROJAVA DEBAT

Salut à tous

Je suis parti à la rencontre de 3 volontaires révolutionnaires ayant combattu au sein des YPG, dans le cadre d'une tournée organisée par Alternative Libertaire pour permettre à ces camarades de "donner leur point de vue sur la dynamique émancipatrice, ses limites, son potentiel, et l’indispensable solidarité internationale."

http://www.alternativelibertaire.org/?Tournee-AL-2018-Kurdistan-Revolution-Autogestion

J'avais imprimé un petit texte que j'ai commencé par distribuer à tout le monde :

Depuis 4-5 ans, certaines organisations se revendiquant de l’anarchisme soutiennent les combattants des YPG/YPJ au point d’envoyer argent et combattants en Syrie.
Rappelons donc quelques faits :

1) les YPG/YPJ kurdes sont la composante majoritaire des Forces Démocratiques Syriennes, créées, armées et commandées par les USA.

2) le « Rojava » est en dehors du Kurdistan. Il suffit de regarder n’importe quelle carte des zones de peuplement kurde pour le constater.

3) l’objectif affiché des FDS est de séparer la zone située au nord de l’Euphrate du reste de la Syrie. Les FDS ont permis aux USA de construire de nombreuses bases militaires dans le nord de la Syrie, où sont également présentes les forces spéciales françaises, en toute illégalité.

4) On trouve dans ces régions de nombreux gisements de pétrole et de gaz.

5) les USA se servent de l’idéologie libertaire pour recruter des supplétifs afin de couper la Syrie en deux et créer un nouvel état dont ils seront maîtres

6) Israël est également favorable au « Rojava ». Même si la propagande rojaviste présente l’Iran et la Syrie (et bien sûr la Russie) comme les pires menaces pour cette région sans évoquer Israël ou l’Arabie Saoudite, on peut légitimement considérer que ce sont ces pays-là, chapeautés par les USA, qui ont le plus nui aux peuples du Moyen-Orient.

Comment accepter les armes et l’autorité du pays qui a causé la mort d’un million d’Irakiens, et qui a financé en Syrie des groupes djihadistes ?

Inciter de jeunes anarchistes à partir se battre en Syrie sous les ordres des USA et aux côtés de l’armée française est une ignominie. En Syrie, ils obéiront à des ordres et ne connaîtront pas leurs véritables objectifs. Il n’y a pas de place pour le « communisme libertaire » actuellement en Syrie ; il n’y a que la guerre, ses morts pour rien, ses manipulations, ses tromperies.

YPG

Tout le monde a lu cela avec beaucoup d'attention, j'ai entendu des espagnols en parler en disant que tout prenait sens, que c'était évident. Mais personne n'est venu m'en parler à ce moment.

La soirée a commencé avec la projection d'un film-publireportage sur le Rojava, où l'on voit très bien que le Rojava ne remet en cause ni le capitalisme, ni la propriété des moyens de production, ni les traditions claniques, et qui n'évoque jamais le soutien US.

Ensuite les 3 révolutionnaires sont entrés en scène. Deux français entre 20 et 25 ans, chétifs, avec des têtes de lycée Sainte-Croix-du-Privilège-Blanc, et un étasunien aussi jeune mais un peu moins malingre. J'avais assisté il y a un an à un "live facebook" en direct du Rojava, je crois qu'un des français et le zunien y étaient. Ils parlaient comme des hipsters et ont passé beaucoup de temps à exhiber leurs armes avec jubilation.

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Les 3 guerriers ont alors commencé un discours très, très long, ne laissant la place à aucune intervention. Ils ont commencé par parler des femmes, puis de l’organisation du PYD et du "Rojava". Ca a bien duré deux heures, pendant lesquelles on a pu apprendre par exemple que les commandants des YPG étaient exemptés de travaux ménagers, pas par privilège, mais parce qu'ils n'ont pas le temps.

A la toute fin, ils ont dû passer aux questions. Je leur ai donc demandé ce qu'ils pensaient de mon texte, et s'ils voulaient y répondre. Le plus malingre des français m'a alors dit que je n'étais qu'une PETITE MERDE, et probablement un "assadiste". J'ai pris sur moi pour ne pas réagir violemment et le laisser seul avec sa crasse. Il a peut-être compris la seconde d'après qu'il valait mieux éviter de passer pour un petit faf devant les spectateurs médusés... en tous cas ses camarades ont essayé de faire comme s'ils étaient ouverts au dialogue. Ils m'ont alors fermement affirmé que les FDS n'étaient pas une création des USA, mais du PYD. Ils ont poursuivi en disant qu'à Afrin ils s'étaient battu contre la Turquie donc contre l'OTAN. Après quelques autres questions incrédules d'autres participants, le débat fut rapidement clos.

Plusieurs personnes vinrent alors me féliciter ou me poser des questions, et même le patron du bar qui accueillait l'événement, dont je craignais la réaction, m'a payé un coup et a laissé mes papiers sur son comptoir toute la soirée.

N'hésitez pas à partager ou faire de même !

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/les-rojavistes-a-millau-compte-rendu.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Dommage en effet qu'il n'y ait pas eu de débat, car, au- delà de l'instrumentalisation de supplétifs "gauchistes" par les Américains, ce qui n'est pas une nouveauté, il y a quand même la question kurde qui est rarement évoquée, et qui explique bien des alliances désastreuses dans la région...   P.G.

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Au congrès de la CFDT, des réformistes le coeur à marée basse

Lors de ce congrès, les militants sont apparus déstabilisés par Macron pour qui ils avaient votés en nombre, déçus par les réformes en cours. Les cheminots eux, ont été applaudis en nouveaux héros. Un tournant pour la CFDT qui peine encore à endosser sa responsabilité de premier syndicat dans le privé ?

ACT CONGRES CFDT

Ils sont déçus, amers et inquiets pour l'avenir. Et le font savoir à leurs dirigeants. Réunis en congrès à Rennes depuis le 4 juin, les 2300 délégués et militants de CFDT qui portent habituellement avec fierté leur réformisme en bandoulière, tirent un bilan chagrin des réformes en rafale du code du travail auxquelles ils sont exposés depuis quatre ans. Atterrés par cette régression sociale, ils demandent en nombre à leur secrétaire général Laurent Berger de durcir le ton, d"oser le changement" de méthode face à Emmanuel Macron. Tout en saluant le travail de leur confédération puisque la CFDT est devenue dans le secteur privé, le premier syndicat du pays. Une fierté... et une responsabilité.

"Numéro un, pour quoi faire?"

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"Numéro un mais pour quoi faire ?", interroge en effet Grégoire (Intérieur et collectivités locales). Gagner sur les autres ne suffit pas ! " "Comment convaincre de nouveaux militants de nous rejoindre, quand nous ne sommes même pas capables de préserver les acquis sociaux que nous avions ?", renchérit une camarade. Patrick du secteur transport prévient: "Si en octobre, le gouvernement ne tient pas son engagement sur le socle conventionnel promis aux chauffeurs routiers, nous entrerons à notre tour dans un mouvement intersyndical dur."

Sur le terrain, les délégués CFDT vivent d'abord comme une injustice les conséquences des ordonnances travail. Lorsqu'ils négocient ces nouveaux conseils sociaux d’entreprise (CSE), des employeurs se saisissent trop souvent de cette fusion imposée des délégués du personnel, des comités d'entreprise et des CHSCT pour réduire leur nombre de mandats et leurs heures de délégation. Et veulent appliquer au plus juste le droit du travail. "Des camarades vont devoir reprendre leur poste de travail sans protection dans la durée. Ils ne profiteront même pas des nouvelles possibilités de formation, 12 jours payés par an pour valoriser la carrière des élus, que nous avons obtenus dans la loi", se désole une employé des services santé. A cette frustration, se surajoutent, le cas échant, un sentiment d'isolement, des difficultés à expliquer les positions de leur confédération aux salariés et un manque de moyens (même si la CFDT ouvre plus largement l'accès à son trésor de guerre, sa caisse nationale d'action sociale de 126 millions d'euros de réserves de résistance). "Macron incarne un pouvoir vertical qui frappe vite, le risque c'est de faire monter les extrêmes. Plus que jamais nous devons proposer des progrès sociaux...", insiste Francis, syndicaliste à la Poste.

D'aucuns regrettent donc que le projet de résolution (...)  ignore la revendication d'un passage aux 32 heures pourtant votée en 1992 et 1995 et jugée efficace pour partager le travail, tout comme comme l'octroi du chèque syndical qui faciliterait les recrutements de nouveaux adhérents, dans une époque plus individualiste.

Ne rien lâcher sur la SNCF

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Dans cette ambiance soucieuse, sous des applaudissements nourris, c'est le secrétaire général des cheminots CFDT, Didier Aubert, avec sa voix de stentor, sa bonhommie hâbleuse, qui a rassuré en résumant leurs états d'âme en tribune : "Face à un gouvernement qui ne veut pas négocier, il faut savoir élever le rapport de force. La grève continuera aussi longtemps que nous n'aurons pas signé un protocole de sortie avec les employeurs du ferroviaire, et la direction de la SNCF", assume-t-il. D'autant plus déterminé que 95% des 91 000 cheminots sur 145 000 qui ont récemment participé au Vot'action ont glissé un bulletin contre la réforme. Et 90% des roulants, employés, cadres de la SNCF, ont effectué depuis le 2 avril, début de la mobilisation, au moins un jour de grève. Serein, Aubert annonce une nouvelle journée sans cheminots pour le 12 juin, veille d'une table ronde l'Etat, les employeurs du ferroviaire et les syndicats dont ils attendent beaucoup. "Si nous n'obtenons pas satisfaction, nous nous organiserons pour le début de l'été", ajoute-t-il... sans oublier de remercier Laurent Berger pour son aide confédérale.

https://www.marianne.net/politique/au-congres-de-la-cfdt-des-reformistes-le-coeur-maree-basse?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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lundi 11 juin 2018

Un «néonazi» à l'Assemblée nationale : de Rugy assume de recevoir le co-fondateur de Svoboda

Critiqué par Jean-Luc Mélenchon mais aussi par Olivier Berruyer, le président de l'Assemblée nationale française a réagi à la venue d'Andry Parouby à Paris. Président de la Rada ukrainienne, celui-ci a fondé le Parti social-nationaliste d'Ukraine.

ACT DE RUGY PAROUBY

«Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres», a commenté le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, interpellé sur Twitter par le rédacteur en chef du site Les Crises, Olivier Berruyer, au sujet de la réception d'Andry Parouby à l'Assemblée nationale le 11 juin.

Co-fondateur en 1991 du Parti social-nationaliste d'Ukraine (mouvement néonazi et antisémite désormais appelé Svoboda) et actuel président de la chambre des députés ukrainiens (Rada), Andry Parouby sera en effet de passage dans la capitale française, où il devrait également s'entretenir avec Gérard Larcher, président du Sénat.

Une réception qu'Olivier Berruyer juge «scandaleuse». Répondant au tweet de ce dernier, François de Rugy a affirmé : «La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années.»

«Auriez-vous également reçu dans les années 30 Hermann Göring, élu président du Reichstag "à l'issue d'élections libres" ?», a rétorqué le blogueur.

Ce à quoi le président de l'Assemblée a répondu : «Allez-vous aussi me reprocher de relancer l’échange entre l’Assemblée nationale et la Douma ?»

ECHANGE DE RUGY BERRUYER

La France insoumise monte au créneau

Auparavant, Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi reproché à François de Rugy de recevoir Andry Parouby. Sur Twitter, le 10 juin, le leader de La France insoumise a ainsi écrit : «Demain, de Rugy reçoit solennellement le néonazi antisémite ukrainien [fondateur de] Svoboda ! Voilà où mène l'atlantisme forcené.»

Le député LFI Alexis Corbière avait en outre demandé à François de Rugy d'annuler son rendez-vous.

Andry Parouby a quitté le Parti social-nationaliste d'Ukraine en 2004, année de son changement de nom pour devenir Svoboda, parti fasciste qui a participé au coup d'Etat de 2014 en Ukraine. Après son passage à Paris, Andry Parouby doit se rendre au Royaume-Uni pour rencontrer notamment le ministre de la Défense britannique.

https://francais.rt.com/france/51477-neonazi-assemblee-nationale-rugy-recoit-andry-parouby-cofondateur-svoboda

TWEET MARC PERE

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On attend avec imaptience les réactions indignées de BHL... 

Les "antifas" dénonceront- ils désormais la présence des écolos dans les cortèges?  P.G.

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Les trois "premières" de la nouvelle préfète de la Creuse Magali Debatte

ACT INSTALLATION PREFET CREUSE

Le jour même de son entrée en fonction, Magali Debatte dit « nous » quand elle parle de la Creuse et des Creusois. Une priorité:  redynamiser en expérimentant afin de faire de ce département "une  vitrine des nouvelles politiques rurales". Pour le sujet du moment, le cannabis thérapeutique, l'enthousiasme est plus mesuré.   

Première affectation en tant que préfet 

Ingénieure militaire, Magali Debatte, 48 ans, a débuté sa vie professionnelle sur la base de l'île Longue à Brest ( la base des sous-marins nucléaires). Elle a bifurqué vers une carrière de haut-fonctionnaire il y a quinze ans en occupant successivement plusieurs postes axés sur l'aménagement du territoire. C'est son premier poste de préfet. Magali Debatte a ses attaches familiales dans une petite ville du Nord, le Cathau-Cambrésis et était jusqu'à sa nomination en Creuse, secrétaire générale pour les affaires régionales auprès du préfet de la région Hauts-de-France. Auparavant, Magali Debatte a occupé plusieurs postes dans l'administration centrale du ministère de l'Intérieur et deux postes de sous-préfet ( Maine-et-Loire et Sarthe) . Pour elle, une nomination en Creuse représente un défi : « C'est mon premier poste de préfet et je dois faire mes preuves ». Elle a bien noté l'exigence d' « innovation » attachée au PPC (Plan particulier pour la Creuse) et elle se dit « enthousiasmée » par le challenge. La nouvelle préfète est consciente qu' « ici, il est beaucoup attendu de l' Etat »'et qu'en retour ce territoire  bénéficiait d'une « attention particulière de l'Elysée ». : « On attend de nous de l'imagination ».

Magali Debatte, dans son bureau de la préfecture de la Creuse

Première impression en arrivant dans la Creuse 

 «  Ca fait quinze jours que je lis des fiches sur le département. Je suis arrivée ce week-end et j'ai fait beaucoup de route dimanche à travers la Creuse  : j'ai été frappée par des paysages somptueux et par la qualité du bâti rural. Il me semble évident qu'il faut protéger et valoriser ce patrimoine. Ce qui m'a étonné aussi, c'est le maillage très serré de petites routes : il y a toujours plusieurs façons d'aller d'un point A à un point B...avec le GPS ».

En revanche, quand on lui parle des 80 km/heure qui seraient particulièrement pénalisants pour un département comme celui-cî , elle sort sa fiche :  « Le temps moyen d'accès aux équipement publics est de vingt minutes en Creuse, les 80km/heure ne feront pas perdre de temps ».

Magali Debatte, nouvelle préfète, cérémonie de prise de fonction, lundi

Première priorité

« Je suis en charge de la redynamisation de ce territoire. Ma mission c'est de libérer ses ressorts, son énergie et que cela se traduise en projets. La Creuse a vocation a expérimenter des mesures inédites. A devenir un territoire vitrine faisant la démonstration de nouvelles politiques rurales (…) La méthode promue par le gouvernement est elle aussi nouvelle :  nous devons être innovants, imaginatifs, institutions et population mêlées,  sur le mode de la co-construction». Le plan particulier pour la Creuse (PPC) a été engagé, deux enjeux  dominent : « L'agriculture et la santé, ou plus largement les services à la personne».

Avec Philippe Ramon, le chargé de mission dédié au PPC, Magali Debatte entend endosser le rôle d' « un Etat chef d'orchestre : il faut faciliter, accompagner, susciter. » Un comité de pilotage  du PPC aura lieu en fin de semaine : « Toutes les propositions doivent converger en juillet et j'aimerais que l'on puisse réaliser les arbitrages à la fin du mois pour une signature dans le courant du second semestre". Quant aux moyens de concrétiser ces projets : « On les aura ! », lance la représentante de l' Etat.  Magali Debatte pense notamment "à la Caisse des dépôts et à l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat »

Les circuits courts plutôt que le cannabis thérapeutique

  Questionnée sur la proposition la plus en vue du PPC, soit l'expérimentation de la production de cannabis thérapeutique dans le département , Magali Debatte a confirmé qu'elle figurait bien dans les propositions du Plan particulier pour la Creuse, sans faire preuve d'un enthousiasme débordant pour cette idée : « Je ne suis pas sûre qu'il y ait un modèle économique derrière, que ça puisse créer une filière, en revanche, ça fait parler de nous au niveau national et c'est positif » . Pour la nouvelle préfète, au niveau agricole, le plan particulier est particulièrement pertinent pour accompagner des projets « qui  ne détruisent pas les paysages, développent les circuits court et favorisent le bien-être animal ».

[tout le contraire de la loi Agriculture & Alimentation qui vient d'être votée et de la politique menée par le gouvernement sous la contrainte de l'UE. Voir notre publication: France : La loi Agriculture et Alimentation méprise la santé, l’environnement et le bien-être animal… NdR]

Julien Rapegno

https://www.lamontagne.fr/gueret/institutions/politique/2018/06/04/les-trois-premieres-de-nouvelle-prefete-de-la-creuse-magali-debatte_12873391.html

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Alors, pour cette personne, qui n'est pas de la région et qui est préfet pour la première fois,  les Creusois ne se déplacent donc que pour aller dans un service public ????

Et en dehors de l'agriculture et de la santé, il y a des projets pour la Creuse ?
Pas d'artisanat, pas de petites et moyennes entreprises ?

En résumé, du pipotron, du bla bla bla, de la démagogie et des promesses très très vagues !   S.R.

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Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSE

FRANCE | Tir à vue sur Dassault

Il y a milliardaire et milliardaire, souligne Philippe Migault dans un bel hommage à l’industriel Serge Dassault qui vient de décéder. Il était de bon ton dans l’intelligentsia française de se moquer du fils de Marcel et de minimiser les réussites de sa prestigieuse entreprise. Le contraste avec la sympathie du même milieu pour un autre milliardaire juif, George Soros, est saisissant. Pourquoi cette iniquité?

«Il avait été interné à la sinistre prison de Montluc, puis au camp de Drancy par les nazis, tandis que son père était déporté à Buchenwald. Mais curieusement on n’a pas entendu une seule des grandes voix de gauche, si promptes à évoquer les heures sombres, rappeler à la décence ceux qui ont continué à mettre Serge Dassault au pilori alors qu’il était décédé. Il y a apparemment des juifs et des milliardaires qui méritent d’être défendus et d’autres qu’on peut livrer à la vindicte, même post-mortem.»

Serait-ce parce que Dassault incarnait «une certaine France», celle qu’on est pressé de voir disparaître?

«Par ses positions volontiers gaulliennes, par le groupe qui portait son nom, il incarnait cette persistance des vieux Etats-nation. Il incarnait cette France, cette excellence française, qui ne veut pas mourir. Cette France qui, tout en vendant ses avions d’affaire comme des petits pains aux Etats-Unis, ne plie pas le genou devant Washington et soutient ses intérêts face à Boeing et à Lockheed-Martin. Cette France qui non seulement continue à poursuivre un idéal de grandeur, mais ne bat pas sa coulpe, s’estime en mesure de poursuivre seule des objectifs élevés et ne doute pas d’elle. Cette France qui, tournant le dos à l’Europe lorsqu’elle estime que ses intérêts le justifient, démontre non seulement qu’elle est capable de rester, seule, au plus haut niveau, mais aussi qu’elle fait mieux, seule, que les Européens ensemble.»

Source: Stratpol.

http://log.antipresse.net/post/france-tir-a-vue-sur-dassault?mc_cid=99a44bf359&mc_eid=3a5e263339

MOLDAVIE | Un scénario de bande dessinée!

Pour les aspirants de West Point, il fallait faire simple. Comment leur expliquer les raisons qu’ils auraient de se battre dans une terre lointaine, dont ils ignorent probablement jusqu’à l’existence?

Par des comics, voyons! Avec des crayons et de la couleur, on résume la situation. En blanc, la Moldavie qui se réunifie avec la Roumanie après des années de «négociations». En rose orangé, le territoire de la Roumanie où sont massés les gentils tanks américains. En vert, les méchants tanks russes attendent sur sol ukrainien (!), pour intervenir et empêcher cette réunification. Bref, la fake news comme instruction stratégique!

Pour simplifier, la Transnistrie, pays russophone indépendant, coincé entre la Moldavie et l’Ukraine, a passé à la trappe. En 1992, elle avait fait sécession de la Moldavie pour éviter d’être englobée dans une grande Roumanie. Autre détail qui a son importance, la partie sud de la Bessarabie qui borde la mer Noire et qui appartient à l’Ukraine (en jaune sur la carte), est devenue terre roumaine. Il n’est pas précisé si c’est avec l’accord de l’Ukraine.

Il y a un peu de vrai dans ce scénario qui pourrait être le prélude à de grandes manoeuvres. Le 25 mars dernier, les unionistes manifestaient en nombre à Chisinau, capitale de la Moldavie, pour fêter le centenaire du rattachement à la Roumanie de la Bessarabie, qui jusqu’en 1918 était une marche de l’Empire russe. Mais le rêve d’appartenir à une grande Roumanie n’est pas celui d’une majorité de Moldaves. Depuis 2016, leur nouveau président, Igor Dodon, s’est engagé à chercher une voie indépendante et neutre entre l’Union européenne et l’Union eurasiatique.

Il n’est pas exclu qu’il trouve un jour des tanks amis sur son chemin.

Source: Sputnik Moldavie.

http://log.antipresse.net/post/moldavie-un-scenario-de-bande-dessinee?mc_cid=99a44bf359&mc_eid=3a5e263339

DELIRE | Google véganise ses emojis

Dans un tweet du 6 juin, la cheffe du design des emojis chez Google annonce une révolution culturelle dans la prochaine édition d’Android:

«On parle beaucoup d’inclusion et de diversité au sein de Google, alors si vous voulez encore une preuve qui montre que c’est une priorité pour Google, je vous inviter à tourner votre attention vers l’émoji salade — nous avons retiré l’œuf dans Android P beta 2, pour que cela soit une salade vegan plus inclusive.»

Belle évolution: au début de l’internet, on traquait les emojis à croix gammée. En 2018, c’est la chasse à l’œuf! Au nom de la «salade plus inclusive»!

Mais cela ne témoignerait-il pas d’une volonté d’exclusion des non-vegans et des carnivores? La twittosphère est en ébullition autour de ce débat fondamental.

http://log.antipresse.net/post/delire-google-veganise-ses-emojis?mc_cid=99a44bf359&mc_eid=3a5e263339

USA | La fraternité par les bombes

La porte-parole du Département d’Etat, Heather Nauert, a une conception décidément très ouverte de la fraternité des peuples. Le 5 juin, commentant l’état actuel des relations américano-allemandes, elle a déclaré:

«Nous avons des relations très étroites avec le gouvernement allemand. Si l’on regarde dans les histoires, c’est le 71e anniversaire du discours annonçant le Plan Marshall. Demain, c’est l’anniversaire de D-Day (le débarquement de Normandie). Nous avons de toute évidence une longue histoire avec le gouvernement de l’Allemagne, et nous avons de forts liens avec le gouvernement d’Allemagne.»

CQFD: qui aime bien, châtie bien!

http://log.antipresse.net/link/usa-la-fraternite-par-les-bombes?mc_cid=99a44bf359&mc_eid=3a5e263339

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Vidéos du jour

VIDS NATACHA SIGE PENSEUR SAUVAGE

Réponse à Tatiana Ventôse (le Frexit, et après ?)

Notre ami "Penseur sauvage" répond à une "youtubeuse" qui affirmait que l'UPR n'avait pas de programme, en dehors de la triple sortie.

https://www.youtube.com/watch?v=7OXavqICbtM&feature=share&app=desktop

 

Vincent Lapierre à l'UPR – ouille !

Il a raison au moins sur un point: l'intervention des "représentants du BN" est très peu professionnelle et donne une image désatreuse de l'UPR. Ce qu'il ne dit pas, c'est que le groupe "Egalité & Réconciliation" a insulté ouvertement François Asselineau par la voix de son président Alain Soral. Difficile dans ces conditions de se présenter comme un média bienveillant, même s'il est vrai que Vincent Lapierre n'est pas Soral, et que son travail est connu pour être plutôt honnête, quoiqu'on pense de l'orientation idéologique d'E&R.  Avant de se poser en victime de la "liberté d'expression", il devrait comprendre que les réactions intempestives de son patron peuvent provoquer des gênes, voire de l'hostilité!

Mais il est vrai qu'il y a la manière, comme on dit. De même pour ces militants qui s'enflamment sur les réseaux sociaux, donnant une image sectaire de notre parti: on doit pouvoir expliquer ses positions avec courtoisie et respect, franchise et fermeté, en respectant ses interlocuteurs. A plus forte raison quand on est responsable. A leur décharge, rappelons que nos militants ne sont pas des professionnels de la politique et que les gens ne se bousculent pas pour prendre des responsabilités. Facile ensuite de critiquer. Bref, il faudra faire mieux la prochaine fois, en terme de communication. Nous en parlerons sans doute lors de notre prochain conseil national, qui se tient le 16 juin, ça tombe bien.   P.G.

https://www.youtube.com/watch?v=5pvEWXMXmek

REPORTAGE VINCENT LAPIERRE 3

L'UPR - Les Reportages de Vincent Lapierre

https://www.youtube.com/watch?v=p9sjlhtJr2Q

 

 

Plus sérieusement, une vidéo dans laquelle Natacha Polony met les pieds dans le plat sur la question du rapport des Allemands à l'euro.

POLONY SANS FILTRE

N. Polony - L’Allemagne prépare la sortie de l'Euro ?

https://www.youtube.com/watch?v=FQDnlPnyjng

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dimanche 10 juin 2018

Bons ou mauvais médias : des députés veulent "labelliser" la presse !

Dans les deux propositions de loi contre la manipulation de l'information, discutées ce jeudi 7 juin au Parlement, plusieurs amendements proposent une "labellisation" ou "certification" des médias par l'Etat. Entre excès de zèle et amateurisme, certains députés semblent bien décidés à apposer un sigle sur les sites Internet français...

ACT FRANCE EN MARCHE LOI

"Information 100% certifiée par l'Etat français". L'éventualité de ce label vous interroge, où vous met carrément mal-à-l'aise ? L'énoncé est évidemment provocateur, mais il semble que les parlementaires LREM et MoDem souhaitent souscrire à une formule de ce type. Car la loi contre les fausses informations, examinée à partir de ce jeudi au Parlement, est truffée d'amendements prônant la "labellisation" ou la "certification" des sources d'informations. Comme lorsqu'un label est présent pour indiquer la provenance d'un fromage, les députés souhaiteraient pouvoir doter les sites Internet et autres organes de presse d'un sigle permettant leur identification. Faire la part des choses, en somme, entre les sites d'informations fiables, qui diffusent de vraies infos, et les autres. Selon certains députés, ce label devrait être distribué par rien de moins… que l'Etat lui-même.

BON POINT

Ces amendements sont multiples : au moins cinq d'entre eux tentent d'inscrire l'existence d'un label dans la loi. Un groupe issu de la majorité La République en marche réclame ainsi la création d'une "obligation de signalétique" qui doit permettre d'identifier quels sont "les sites de confiance" et ceux "de moindre crédibilité". Ces bons et mauvais points devraient être distribués selon des "modalités" et des "critères" qui "seront définis par décrets", c'est-à-dire directement... par la puissance publique ! Pour compléter ce contrôle, les députés proposent même une "procédure de labellisation certifiée" qui serait "confiée au Conseil supérieur de l'audiovisuel" (CSA). Actuellement, le rôle de cet organisme est de garantir l'exercice de la liberté de communication à la télévision et à la radio. [ce qu'il ne fait pas! NdR]

logo_csa

Si cet amendement était adopté, il reviendrait donc à l'Etat de déterminer quel site d'actualité - et donc qu'elle information - est suffisamment fiable pour obtenir son label. Il n'en a pas fallu davantage pour que, sur Twitter, plusieurs journalistes s'indignent, en appelant à la douloureuse figure de Big Brother, ou d'un nouveau ministère de la Vérité. "C'est un problème, vous ne pouvez pas confier un impératif de certification au CSA, déplore Patrick Eveno, président de l'Observatoire de la déontologie de l'information. Dans un état libre de droit, il ne lui revient pas de trancher ce qui est fiable de ce qu'il ne l'est pas en matière d'informations sur Internet".

Becassine

Pour contrer cette critique, d'autres députés se défendent de vouloir labeliser l'information… tout en proposant de délivrer "une signalétique visible et appropriée des contenus publiés par des services de presse en ligne". "Ce n'est pas un label. Il s'agit simplement d'un signe qui pourrait permettre aux lecteurs de s'y retrouver dans les sites qu'ils visitent et qui serait valorisant pour les journalistes", se défend auprès de Marianne la députée MoDem Sophie Mette, assurant aussitôt "avoir eu une très bonne intention" en proposant ce texte.

... un label indirectement remis par l'Etat

Avant même l'ouverture des discussions au Parlement, son amendement d'origine a été directement escamoté. En cause, la présence d'un élément particulièrement saisissant, qui avait déjà suscité l'ire, indique-t-on au MoDem, de "plusieurs personnes, plusieurs journalistes". Dans cette première version, les députés centristes proposaient que cette fameuse "signalétique" soit délivrée par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). Aujourd'hui, cette dernière a un rôle essentiellement fiscal : elle reconnaît quelles publications bénéficient des avantages postaux et fiscaux attribuées à la presse. C'est elle, aussi, qui attribue leur carte de presse aux journalistes français. Bien qu'elle constitue une autorité administrative indépendante, son président et certains de ses membres sont nommés par un arrêté du ministre chargé de la Communication.

Là encore, en proposant que le choix d'un sigle revienne à la CPPAP, les députés MoDem suggéraient donc, en somme, que l'Etat français identifie quelles sources d'informations étaient crédibles, et quelles autres ne l'étaient pas. "Ça a été mal perçu mais il s'agissait bien d'une maladresse, indique-t-on. Nous l'avons rectifiée en indiquant simplement qu'il fallait une signalisation. Nous voyons bien le problème que proposerait une attribution d'un sigle par l'Etat". Et au MoDem d'ajouter, très mal-à-l'aise : "On vous assure que nous n'avons jamais eu l'intention de labelliser l'information". De quelle manière serait alors défini le fameux sigle de bonne conduite médiatique, si aucun organisme public ne s'en mêle ? "Nous n'y avons pas encore vraiment réfléchi, concède Sophie Mette, un peu confuse. Peut-être que l'amendement ne sera pas adopté, alors il est encore trop tôt pour y penser !"

Un label pour "exercer un vrai contrôle déontologique"

LA VERITE EST AILLEURS

Après quelques hésitations, la députée finit par lâcher une idée, celle d'une commission extérieure à l'Etat, constituée de professionnels des secteurs des médias : "Rien n'est encore écrit, précise-t-elle. Tout est encore possible et ouvert, en tout cas en ce qui concerne cette proposition !" Une idée qui rejoint notamment celle de Reporters sans frontière, qui réclamait, début avril, la création d'un label européen pour faire le tri entre les vraies et les fausses informations : "Ce serait une bonne idée pour permettre une certification des méthodes production de l'information", se réjouit Paul Copin, juriste de l'association. RSF imagine pour sa part un système de labellisation qui rejoindrait celui des autres industries, passant par exemple par l'Association française de normalisation (AFNOR) : "Cela nous d'avoir permettrait une garantie de fiabilité", poursuit-il.

Mais pour Patrick Eveno, aucune des solutions proposées aujourd'hui en matière de certification ne fait l'affaire : "On est en train de construire une vraie usine à gaz, regrette-t-il. Les propositions de Reporters Sans Frontières ou celle des députés ne sont pas les bonnes, pour la simple raison qu'elles demandent d'exercer un contrôle a priori, sur un contenu qui n'a pas encore été produit. C'est absurde !"

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Alors que son adoption devait intervenir le jeudi 7 juin, la loi sur les "fake news" a finalement été repoussée à plus tard et devrait probablement être votée en juillet. Après huit heures de discussion dans un hémicycle assez clairsemé, la séance a été levée à 1 heure du matin. Il reste encore une centaine d'amendements à étudier dans les deux textes qui constituent ce nouvel arsenal législatif (une loi ordinaire, et une autre organique, portant sur la période présidentielle). Ce dernier vise à contrecarrer la diffusion d'une "fausse information", terme dont la définition a cristallisé les critiques cette semaine.

La rapporteuse de la loi, Naïma Moutchou (La République en marche) a ainsi fait voter une nouvelle définition ce jeudi : "Toute allégation ou imputation d'un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information". Preuve du manque de consensus dans la majorité, la ministre de la Culture, François Nyssen, qui juge cette définition trop générale, a expliqué espérer que la navette avec le Sénat permettrait une définition "plus satisfaisante".

https://www.marianne.net/medias/bons-ou-mauvais-medias-des-deputes-veulent-labelliser-la-presse?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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