vendredi 13 octobre 2017

De la servitude volontaire: facebook

J’ai vu récemment que Frédéric Beigbeder se plaignait de ce que Facebook avait censuré une photo qu’il avait postée sous le prétexte qu’on y voyait un téton de Mireille Darc. Je crois me souvenir qu’en son temps, un autre phare de la pensée occidentale, à savoir Yann Moix, s’était plaint de la suspension de son compte, ce qui l’empêchait de partager ses idées et de dialoguer avec le monde. Ici et là j’ai pu lire des réactions indignées sur Twitter de gens probablement sincères mais d’une désarmante naïveté.

ARG FACEBOOKVoyez-vous, Facebook n’est pas un service public et ne vous fait rien payer. Ce que fait l’ami Zuckerberg, c’est de mettre à la disposition de qui le souhaite sa plateforme pour y étaler ses états d’âmes.  Facebook ne doit strictement rien à ses utilisateurs, sinon l’assurance que le service fonctionne correctement du point de vue technique, et encore. Les utilisateurs ont tendance à l’oublier, mais lorsqu’ils acceptent les conditions d’utilisation de FB, ils cèdent leurs données (qui n’ont jamais si bien porté leur nom) à l’entreprise qui peut en faire ce que bon lui semble, sans autres limites que celles imposées par la loi californienne, puisque c’est en Californie que se situent les serveurs. Notez au passage que la Californie ne reconnaît pas le droit à l’image que nous connaissons en France, et il s’ensuit que n’importe laquelle de vos photos peut être utilisée ou vendue par Facebook. Pour le dire simplement, vous n’avez aucun droit sur votre profil et sur tout ce que vous postez. Zuckerberg est chez lui et fait ce qu’il veut, que cela vous plaise ou non, et sa situation de monopole vous empêche d’aller voir si la concurrence n’a pas mieux à proposer.

Facebook est un exemple particulièrement frappant de servitude volontaire, chaque utilisateur s’enchaînant en fournissant de son plein gré les données qui le lient au tyran, tyran idéologique qui agit sans brutalité mais avec pugnacité et efficacité. Pensez comme Zuckerberg ou allez vous faire voir, après tout, vous êtes libres. Sous ses allures sympathiques, Facebook est une immense machine à formater les esprits et à collecter des données, lesquelles constituent un trésor d’une valeur absolument colossale et peuvent le cas échéant être utilisées contre vous. Si vous utilisez Facebook, vous n’avez pas le droit de vous plaindre, vous avez été prévenus du pacte faustien que vous avez signé. L’idéal est bien sûr de ne pas avoir de profil, car le paradoxe de ce géant est qu’il ne tient sa force dictatoriale que du consentement imbécile de la masse d’une population narcissique en diable qui n’est au fond enchaînée par nulle autre chose que son ego. Si les utilisateurs partent, le château de cartes s’écroule – à ceci près que les données collectées au fil des années restent conservées dans les serveurs et peuvent toujours avoir une certaine utilité.

À chaque fois que vous faites quelque chose, le mieux est encore de vous poser une simple question : de qui nourrissez-vous le rêve en agissant ainsi ? Quand vous utilisez Facebook, vous nourrissez le rêve de Zuckerberg, et en plus le prix a payer est immense comparé à ce que vous pouvez en retirer. Essayez plutôt de nourrir votre rêve à vous, quel qu’il soit. Et si vous devez absolument utiliser Facebook, rappelez-vous toujours que c’est un maître capricieux qui vit de ce que vous lui donnez mais ne transige jamais avec sa morale, qui n’est peut-être pas la vôtre.

https://paulfortune1975.wordpress.com/2017/10/08/de-la-servitude-volontaire/

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En France, le séjour irrégulier d'un étranger n’est plus un délit

" La Cour de cassation a décidé, jeudi 5 juillet, que le séjour irrégulier d'un étranger ne pouvait plus suffire à son placement en garde à vue, ce qui va obliger le gouvernement à créer un nouveau dispositif pour les sans-papiers susceptibles d'être soumis à une procédure d'expulsion.

59cbbd6e488c7b57638b4567La décision est historique. Tout d'abord, c'est une véritable révolution juridique : le séjour irrégulier n'est plus un délit. D'autre part, l'impact de cette décision sera considérable, selon les associations d'aide aux étrangers. Chaque année, 60 000 personnes étaient placées en garde à vue pour ce délit.

Désormais donc, un sans-papiers ne peut plus être considéré comme un délinquant. S'il doit toujours être raccompagné à la frontière, puisqu'il n'est pas dans une situation légale en France, un étranger en situation irrégulière doit l'être dans un cadre administratif et non plus pénal. "


Et la petite citation qui va bien pour enfoncer le clou:

" Pour la première fois depuis 70 ans, c’est le regard de l’ensemble de la société française qui a vocation à changer sur les sans-papiers puisque (…) le sans-papiers ne peut plus être assimilé à un délinquant. "
Patrice Spinosi Avocat de l'association d'aide aux étrangers Cimade.

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Dans l'indifférence générale, le Qatar s'apprête à prendre la tête de l'Unesco !!

" Le Qatar à la tête de l'UNESCO ? Mais non je rêve!

ARG QATARJe l’ai cité en juin 2015 dans mon article «Mediapart, la qatarie ?», non pas parce qu’il aurait une quelconque ressemblance physique avec Edwy Plenel, mais parce que c’était lui — en plus d’être ministre de la culture et des arts — qui était au commande du conseil consultatif de la revue «Doha magazine». Celle qui avait traduit en arabe et distribué gratuitement, en plusieurs milliers d’exemplaires, le plaidoyer «Pour les musulmans» du directeur de Mediapart. Son nom est Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari. Depuis 2016, il est conseiller de l’émir du Qatar et très proche du régime des mollahs iraniens. Le monde entier risque de l’avoir à la tête du temple international de la culture à Paris : l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).

Depuis lundi, se tient à Paris l’élection (à 5 tours au maximum) du nouveau directeur de cette instance onusienne très importante. 58 pays membres de son conseil exécutif y participent. Le premier tour, qui s’est déroulé ce lundi à bulletin secret, a donné le candidat du Qatar en tête du scrutin, avec 19 voix, suivi de l’ex-ministre française de la culture Audrey Azoulay, 13 voix, puis la candidate égyptienne, 11 voix, puis la candidate libanaise, 9 voix et enfin le candidat chinois, avec 5 voix. Pour que le Qatar puisse prendre les commandes internationales de la culture, il lui faut 30 voix. 19 sont déjà acquises. Au deuxième tour, le candidat qatari a gagné une voix de plus!
La campagne électorale semble être très rude dans les coulisses. Elle se passe aussi sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse arabe et internationale. La couverture médiatique française de cette élection à enjeux reste modeste. «Qui sera le prochain directeur ? Poker menteur à l’UNESCO», titre L’Obs. «Élections à la tête de l’UNESCO sur fonds de querelles diplomatiques», titre France 24. «UNESCO : l’ex-ministre Azoulay coiffée au poteau par un qatari ?», titre Le Point. «L’UNESCO est-elle à vendre ?», peut-on lire aussi dans le Huffpost. Sur Twitter, plusieurs Hashtag pullulent comme celui-ci : #Save_Unesco_from_Terrorism
La candidature du Qatar ne passe pas. Par-ci, on rappelle l’implication certaine du Qatar dans le financement du terrorisme islamiste. Celui-là même qui a déstabilisé bien des régions et causé la destruction de nombreux sites culturels et monuments historiques, patrimoine de l’Humanité, en Irak, en Syrie et au Sahel. Une implication que reprochent de nombreux pays arabes à l’émirat, à tel point qu’ils ont décidé de lui infliger, depuis quelques mois, des pressions diplomatiques et des sanctions économiques pour qu’il se détache de l’islamisme et surtout des Frères Musulmans. Par-là, on rappelle la puissance financière de la diplomatie du carnet de chèques utilisée à outrance par le Qatar. On craint que la machine à billet ne tourne à plein régime comme lors de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Le nom du nouveau directeur (ou de la nouvelle directrice) sera connu dans les jours à venir. Un nom qui sera validé (ou pas) par l’ensemble des 195 membres de l’ONU. D’ici là, alors que le slogan français de l’UNESCO est «Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes», avec une direction qatarie, on peut se demander légitimement ce qu'il resterait de ce slogan.
Si le Qatar est aux commandes de l’UNESCO, ce sont les Frères Musulmans et les Ayatollahs iraniens qui inspireront la politique culturelle, scientifique et artistique de ce temple universel ! "
Mohamed Lazraoui
http://corto74.blogspot.fr/
Et pour ceux qui ont un peu de courage, je vous invite à visiter le site de l'organisation ISESCO, Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture ICI ou LA , c'est quasiment inconnu, visiblement implanté partout, avec de gros moyens. La quasi totalité des Etats musulmans du monde - y compris les frères ennemis Iran / Irak ainsi que ceux appliquant la charia - ont adhéré à cette organisation dont le but est la diffusion et l'implantation de l'Islam par le biais de la culture , de l'éducation et de la science dans la Oumma et dans le monde ... Une sorte d'Unesco bis à la sauce muzz.

A voir aussi, sur les relations entre la France et le Qatar, sur notre site national:

FA QATAR CONF

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Compteurs Linky : le maire de Bayonne demande que les habitants puissent refuser l’installation

Le capteur Linky est une arnaque qu’on veut imposer de force aux Français. La décision du maire de Bayonne, semblable à celle d’environ 400 communes en France, est une excellente nouvelle.

ARG LINKY ROBOTLe maire UDI de Bayonne, Jean-René Etchegaray, a demandé par courrier à Enedis (ex-ERDF), qui déploie les compteurs électriques connectés Linky, « de ne pas changer les compteurs chez les personnes qui refusent cette installation », a indiqué mercredi la mairie.

A l’issue du conseil municipal du 19 juillet, « l’ensemble des sensibilités politiques s’est retrouvé pour dire qu’il n’est pas admissible de forcer les usagers qui y sont opposés à accepter la pose de nouveaux compteurs. Un agrément certain doit être exprimé », écrit au directeur territorial d’Enedis le maire de la commune, qui compte quelque 48.000 habitants.

« Je souhaite (…) que vous validiez le principe de ne pas changer le compteur chez les personnes qui refusent cette installation en ayant dit de façon claire, par courrier ou de vive voix, leur opposition à votre intervention », ajoute-t-il dans ce courrier en date du 21 juillet.

Ces nouveaux compteurs dits “intelligents” permettent de relever à distance et en direct la consommation d’électricité d’un abonné. Ils sont installés par Enedis, filiale d’EDF chargée du réseau électrique basse et moyenne tension.

Les compteurs numériques connectés Linky, dont cinq millions d’exemplaires ont déjà été installés depuis décembre 2015, sont contestés dans environ 400 villes et communes. Ceux qui s’opposent à son installation redoutent des risques sanitaires, un surcoût, une intrusion dans leur vie privée ou encore l’utilisation de données personnelles.

Selon l’Agence nationale des fréquences (ANFR), la probabilité que les compteurs “intelligents” comme Linky puissent avoir des effets nocifs pour la santé est « très faible ». L’ANFR précise cependant qu’« il n’existe pratiquement aucune littérature scientifique traitant des effets sanitaires spécifiques de l’exposition aux compteurs communicants ».

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2017/08/04/compteur-linky-maire-bayonne-demande-habitants-puissent-refuser-installation/

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jeudi 12 octobre 2017

Contre les sanctions internationales, la bataille de l’information

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la banalisation des sanctions, armes de guerre dans les relations internationales, marque une régression vers les temps barbares de l’humanité et rend impérieuse l’existence d’une information à contre-courant.

ARG ONU INFOSS’il fallait récompenser le pire, il conviendrait d’inventer un nouveau Prix Nobel : celui des auteurs de sanctions internationales. Hélas, les lauréats potentiels ne manquent pas. Il ne se passe guère de mois sans qu’un pays ne soit «puni», ou que sa stigmatisation soit prolongée.

Ainsi, d’ici la fin de l’année, l’Union européenne devrait reconduire les mesures prises contre la Russie. Celles-ci furent initialement décidées en 2014, et sont renouvelées tous les six mois depuis lors. Mais ce n’est qu’un exemple. La mise en œuvre de sanctions s’est banalisée dans l’ordre mondial actuel. On peut même considérer que celles-ci en sont devenues une caractéristique structurelle majeure.

Les initiateurs de sanctions (diplomatiques, économiques, financières, commerciales, militaires…) se placent souvent sous couvert des Nations unies. La charte de celles-ci, en son chapitre VII, prévoit la possibilité d’actions coercitives (y compris armées, du reste) «en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression». En réalité, c’est peu de dire que l’interprétation de cette condition est de plus en plus extensive, pour ne pas dire fantaisiste.

En outre, diverses institutions, telles l’OTAN ou l’UE, ne rechignent pas à décréter leurs propres sanctions de manière discrétionnaire, que leurs Etats membres sont tenus de suivre.Pour ne prendre que le seul exemple de la France, celle-ci applique des restrictions contre près d’une trentaine de pays.

Les sanctions sont bien entendu dissymétriques, c’est-à-dire toujours exercées des forts sur les faibles. Elles sont souvent criminelles dans leurs conséquences ; toujours hypocrites dans leur justification ; et totalement illégitimes dans leur principe. Et ce, quelle que soient leurs formes, l’opinion qu’on a des régimes ciblés, ou les prétextes mis en avant.

Ajoutons qu’elles sont parfois inefficaces au regard des objectifs proclamés, et peuvent même s’avérer contre-productives en renforçant, sur le long terme, les pays visés. Mais sur ce point, on laissera leurs auteurs se débrouiller avec les effets boomerang qu’ils pourraient bien causer.

Dissymétriques ? Cela tombe sous le sens : personne n’imagine le Zimbabwe sanctionner les Etats-Unis, ni la Pridniestrovie (Transnistrie) mettre sous embargo l’Union européenne.

Criminelles ? Dans bien des cas, le mot n’est pas trop fort. Pour prendre le cas tout récent du garrot encore resserré sur la République démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), chaque litre de pétrole non livré à ce pays peut entraîner des dégâts mortels en matière d’alimentation et de santé. Et qui ne se souvient des sanctions infligées – sous couvert de l’ONU ! – à l’Irak ? On estime qu’elles causèrent la mort d’un demi-million d’enfants ; mais, au-delà de ce chiffre effroyable, qui évaluera les conséquences à moyen et long terme sur ce pays martyrisé ?

Hypocrites ? Fréquemment mises en œuvre au nom du «bien» proclamé (les droits de l’Homme, l’humanitaire, les «valeurs»…), elles constituent en réalité une arme de guerre, mais qui n’ose pas dire son nom. Ainsi, après l’échec retentissant de l’action militaire américaine contre Cuba (1961, débarquement de la Baie des cochons), Washington imposait, à peine quelques mois plus tard, un sévère embargo contre l’île rebelle – qui, pour une part, dure toujours.

Enfin – et surtout – les sanctions sont illégitimes dans leur essence même. Car elles constituent une pression visant à influer de l’extérieur sur la politique d’un pays, en foulant aux pieds le principe de souveraineté. Ce dernier donne à chaque peuple – et à lui seul – la légitimité pour décider de son avenir, de sa politique, de ses dirigeants.

La souveraineté nationale est comme le bannissement de la torture : dès lors qu’on accepte – toujours pour une «bonne» raison – de faire une exception, alors la porte est ouverte au pire.

Certes, la mise en œuvre de sanctions est aussi vieille que l’histoire de l’humanité : punitions collectives, vengeances tribales, menaces et diktats impériaux jalonnent les conflits depuis l’Antiquité.

Mais précisément, à travers un cheminement douloureux et jamais rectiligne, des règles émergeaient de nature à limiter progressivement la barbarie et la loi de la jungle. Les rapports internationaux incluaient petit à petit des principes acceptés par les uns et les autres. Les contradictions et conflits n’en étaient certes pas abolis, mais une conception plus civilisée des rapports internationaux ouvrait la voie à la coexistence, voire à la coopération, entre pays indépendamment de leur régime, de leur puissance et de leur taille.

A cet égard, le préambule de la Charte des Nations unies, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, posait l’un d’entre eux, fondamental : la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, c’est-à-dire, concrètement, la non-ingérence des plus puissants chez les plus modestes. Certes, il s’agissait d’une ligne d’horizon plus que d’un objectif réaliste à court terme. Mais il était fondateur.

Dans le monde post-guerre froide, la banalisation des sanctions représente une régression potentielle vers les temps barbares de l’humanité : on trouve à nouveau normal d’infliger des punitions collectives. Même si ces dernières ne menacent pas toutes ouvertement la vie de milliers de gens, cela ne change rien au principe : qu’un pays de la zone euro puisse se voir infliger une sanction en cas d’indiscipline budgétaire (et qu’on se soit habitué à cette épée de Damoclès) en dit long sur le retour en arrière civilisationnel.

Face à cela, la souveraineté nationale est d’abord la réponse à l’aspiration des peuples (au sens politique du terme) à décider eux-mêmes de leur avenir. Mais c’est aussi la pierre angulaire d’un ordre international plus stable et pacifique. Car dès lors que la menace, la force, le chantage (qui fonde toute sanction) prennent le pas sur la liberté des Etats et le respect de leur indépendance, c’est la loi de la jungle et le chaos mondial qui guettent. 

Cette loi de la jungle, c’est l’essence même de la mondialisation : pour le plus grand profit des multinationales et des oligarchies hors sol, et au détriment toujours plus brutal des peuples, et plus particulièrement, en leur sein, des salariés qui sont les véritables créateurs de richesses.

Cependant, régression, domination, sanctions et guerres – tout cela n’est pas inévitable. Face aux puissances qui disposent de ces armes mondialisées, la bataille de l’information peut être décisive, en rétablissant la vérité, en donnant du grain à moudre à l’esprit critique, en rappelant les enjeux.

Pour cela, on ne saurait évidemment s’en remettre aux médias dominants. Mais sans doute pas non plus aux projets de médias alternatifs, surtout s’ils se proposent d’être «humanistes», «antiracistes», «féministes», «écologistes»… et qu’ils omettent de faire allusion aux enjeux internationaux (cette lacune, incroyable mais significative, apparaît par exemple dans le «Manifeste pour la naissance d’un nouveau média citoyen» rédigé par un collectif de personnalités).

Face aux sanctions, aux guerres ouvertes ou insidieuses, à la soumission des peuples, la bataille de l’information et des idées ne fait que commencer.

Pierre Lévy

https://francais.rt.com/opinions/44412-contre-sanctions-internationales-bataille-information

Voiture de police incendiée : jusqu'à sept ans de prison prononcés contre des militants antifas

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé le 11 octobre des peines allant jusqu'à sept ans de prison ferme contre sept personnes impliquées dans l'attaque et l'incendie d'une voiture de police en mai 2016 à Paris, sous les protestations de leurs partisans rassemblés devant la salle.

59dde81b09fac282298b4567S'il a relaxé deux jeunes hommes qui étaient poursuivis pour participation à un attroupement violent, le tribunal a condamné le militant antifasciste Antonin Bernanos, prévenu le plus scruté de cette affaire retentissante, à cinq ans de prison dont trois ferme pour «violences aggravées». L'étudiant de 23 ans n'a toutefois pas été incarcéré immédiatement.

La peine la plus lourde, sept ans ferme, a été prononcée contre Joachim Landwehr, reconnu coupable d’avoir lancé le fumigène ayant causé l’incendie de la voiture. Mais ce dernier ne s’est pas présenté au procès et l’on suppose qu’il se trouve actuellement en Suisse, pays dont il est citoyen.

Des manifestants s'étaient donné rendez-vous devant le tribunal correctionnel pour soutenir les prévenus. Un important dispositif policier avait été déployé pour l'occasion.

Les audiences ont été rythmées par les clameurs de dizaines de personnes massées à l'extérieur de la salle, scandant des slogans tels que «Flics, violeurs, assassins» ou «Tout le monde déteste la justice».

«Ils pourront à nouveau se livrer à des actes de violence»

Le porte-parole du syndicat de police Alliance a exprimé ses réserves concernant ce verdict. «Cela pourrait sembler satisfaisant, mais ce n'est que de l'apparence si l'on regarde les faits. Celui qui est condamné à sept ans de prison est toujours en fuite. [...] Concernant Antonin Bernanos, c'est trois ans fermes mais sans mandat de dépôt, il y aura donc obligatoirement un aménagement de peine. Aujourd'hui il est libre et demain il pourra à nouveau participer à des manifestations et se livrer à des actes de violence», a-t-il déploré.

Des images qui ont fait le tour du monde

Les faits survenus le 18 mai 2016 avaient marqué les esprits. Une voiture de police avait été attaquée puis incendiée, près de la place de la République à Paris, lors d'une contre-manifestation qui avait dégénéré en marge d'un rassemblement contre la «haine anti-flics». Les images du véhicule en flamme avaient été diffusées dans de nombreux pays.

Les images de l'agression montraient plusieurs personnes cagoulées attaquant une voiture de police, l'une brisant une fenêtre, une autre frappant un policier à l'intérieur, une autre encore cassant la vitre arrière avec un plot. Enfin, un individu lançait un fumigène allumé dans la voiture, provoquant son embrasement et forçant les agents à en sortir.

https://francais.rt.com/france/44456-voiture-police-incendiee-sept-ans-prononces-antifas

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Agenda UPR Limousin

Philippe Gombert, délégué UPR du Limousin:

OUTIL COMMUNIQUE DRChers adhérents et sympathisants de l'UPR en Limousin,

Nous avons deux réunions importantes ce weekend. Vendredi soir, en Creuse (Boussac) à l'nitiative de la délégation départementale de la Creuse, et samedi après- midi à Limoges, à l'initiative de la délégation départementale de la Haute- Vienne. Une réunion en Corrèze est en préparation.

Il s'agit rien de moins que de préparer notre IV° congrès et d'organiser la présence de nos militants à l'université d'automne de l'UPR des 18 et 19 novembre 2017 à  Vallères, 37190.

Il s'agit également de faire un point d'étape entre nous après une période difficile pour notre parti. Ce n'est un secret pour personne, notre score aux dernières élections -présidentielle & législatives- a été un coup dur pour beaucoup de nos militants.

En Limousin, comme dans toute la France, notre engagement dans cette campagne a été intense, dans un environnement souvent hostile et dans des conditions difficiles, avec peu de moyens. Nous avons réussi l'exploit de présenter des candidats dans presque toutes les circonscriptions, à la différence des autres partis politiques, et nous avons doublé le nombre de nos adhérents, y compris dans nos 3 départements.

Pour la première fois depuis la signature du Traité de Rome, un parti politique français de taille significative a porté l'espoir d'une véritable libération de la France: la sortie unilatérale et sans équivoque de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN, et ceci sans aucune aide politique ou financière, grâce à l'engagement désintéressé de ses militants, provoquant la stupeur dans le monde politique et médiatique.

Notre faible score (moins de 1%) à l'élection présidentielle a découragé certains de nos militants, ce qui est compréhensible quand on a fourni des efforts considérables, et je tiens à remercier chacun pour ce travail admirable.

Pourtant, ces résultats étaient prévisibles: qui pouvait croire qu'un parti politique inconnu du grand public, après une censure médiatique de près de 10 ans, sans moyens et face à l'hostilité d'une oligarchie qui détient tous les pouvoirs, et une opinion publique façonnée par une propagande sans précédent,  pourrait d'un coup de baguette magique renverser le système?

C'est donc moins notre défaite que notre pourcentage qui a découragé. Avons- nous commis des erreurs? Certainement. Des questions sont apparues sur notre communication, notre organisation interne, la formation de nos cadres, notre degré de "professionnalisation", etc. C'est bien légitime. Ce qui l'est moins, à mon avis, c'est de mettre en cause la sincérité ou la compétence de ceux qui ont conduit la campagne. Il est facile de critiquer ceux qui se sont impliqués comme des dingues à une époque où les volontaires pour prendre les responsabilités n'étaient pas nombreux.

L'actualité ne cesse de nous donner raison, je suis convaincu que la France a besoin de l'UPR, plus que jamais. Je compte sur votre présence.

 

P.G.

 

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Il est grand temps de réviser la directive sur les travailleurs détachés

Pour Patrick Bernasconi et Georges Dassis, du CESE, la révision de la directive sur les travailleurs détachés est urgente et et indispensable dans une union qui doit constamment viser une harmonisation vers le haut.

Patrick Bernasconi est le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Georges Dassis est le président du Comité social et économique européen, le CES européen.

ARG TRAVAILLEURS DETACHESLa Commission européenne a mis sur la table du Parlement européen et du Conseil de l’Union, en mars 2016, une proposition de révision de la fameuse directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.

En août 2017, Emmanuel Macron, le président de la République française, a remis cette question des travailleurs détachés au cœur du projet européen. Lors de son déplacement en Europe centrale, il a relancé le débat autour de la réforme de cette directive, une condition, selon lui, du maintien de « l’unité européenne ».

Comme représentants de la société civile organisée en France et en Europe, nous nous en réjouissons. Depuis 2015, le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen n’ont cessé de se mobiliser pour encourager une refonte du statut des travailleurs détachés, en y consacrant deux avis, en septembre 2015 et  en décembre 2016.

Chaque année, le nombre de travailleurs détachés n’a cessé de croître, engendrant des dysfonctionnements entre pays. Le CESE français, notamment, a mis en évidence des fraudes massives, le recours à une main d’œuvre sous-payée et privée de droits ou encore la création de fausses entreprises.

La révision de cette directive est donc urgente et indispensable, mais s’oppose encore à une certaine résistance. Au niveau européen, elle divise les entreprises, notamment parce qu’elle effraye celles des États membres où les salaires sont les plus bas.

En 2016, plusieurs ministres du Travail ont d’ailleurs repris des propositions formulées par le CESE français dans une tribune en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous, d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil dès le premier jour du détachement, et d’une lutte contre les entreprises créées uniquement pour profiter des écarts de coûts salariaux entre les pays de l’UE.

Mais le projet n’a pas pu voir le jour en raison d’une opposition vigoureuse des chefs d’État et de gouvernement de onze pays, au motif qu’il s’agissait, pour eux, d’une question d’ordre national. C’est pourtant bien d’une directive européenne qu’il s’agit.*

L’Union doit tendre à une amélioration constante, pour tous. Elle doit viser une harmonisation, mais vers le haut. Jamais vers le bas.*

Nous avons donc la conviction qu’il faut mettre en place une meilleure protection des travailleurs et réduire le dumping social, qui engendre aussi un dumping entrepreneurial. Le principe selon lequel un même travail effectué au même endroit devrait être rémunéré de manière identique est la clef de voûte du socle des droits sociaux en Europe.*

Nous encourageons le Conseil de l’Union et le Parlement européen à aller plus loin. Les partenaires sociaux et les conventions collectives doivent servir de point de référence pour déterminer le niveau de rémunération des travailleurs concernés. Nous réclamons que soit assuré le caractère temporaire du détachement. Nous voulons davantage de coopération entre les États, avec mise en commun des données dont ils disposent afin de déjouer les fraudes et d’empêcher la concurrence déloyale. Nous insistons pour que la directive demeure applicable au secteur routier. Nous voulons que des mesures concrètes soient prises pour que les travailleurs détachés soient affiliés à un régime de sécurité sociale en temps utile, c’est-à-dire un certain temps avant le détachement, et nous pensons qu’il serait opportun de créer une « carte européenne du travailleur détaché » afin de faciliter les contrôles et de simplifier les procédures.

Les pouvoirs publics nationaux, y compris quand ils se réunissent au niveau européen, devraient répondre aux attentes de la société civile organisée. Une ambition : changer la perception de l’Union par les citoyens.

Elle doit en effet cesser d’apparaître comme responsable ici de la régression et là de la stagnation des conditions de vie et de travail, pour être perçue, à nouveau, comme un facteur efficace de progrès économique, social et environnemental pour tous.

http://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/il-est-grand-temps-de-reviser-la-directive-sur-les-travailleurs-detaches/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINComme l'avait dit Bossuet, "Dieu se rit de ceux qui déplorent les malheurs publics dont ils chérissent les causes". Ce plaidoyer pour une Europe impossible est pathétique. Les dysfonctionnements reconnus ici et déplorés à juste titre auraient pour cause une forme d'égoïsme des Etats, ce qui est méconnaître la nature réelle de l'UE: une juxtaposition d'intérêts nationaux divergents censée aboutir à un compromis, ce qui n'arrive jamais, sauf sous une forme insatisfaisante pour toutes les parties. Ces appels désespérés sont d'autant plus pathétiques que leurs auteurs ont bien conscience des effets désastreux des politiques communautaires sur l'opinion publique dans les pays membres, mais faute d'imagination, ils persistent à déplorer la situation et à en appeler à la sagesse des institutions européennes. Ce qui n'arrivera pas, bien sûr. Et ils feront partie, en bout de course, de ceux qui nous expliqueront qu'il faut, d'urgence, une "autre Europe", enfin sociale! Comme le disait François Asselineau: "c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves". Avec de telles protestations, l'oligarchie peut dormir tranquille...

P.G.

 

 

« Haïr les riches ne rend pas moins pauvre »

L’édito de Charles SANNAT

Je vais ici tordre le cou à toutes les inepties économiques bien-pensantes aussi bien à l’égard des riches… que des pauvres !

Je tiens à préciser que je ne suis pas “riche” et que je m’en porte fort bien. Je ne suis pas franchement vénal, ni particulièrement ostentatoire, préférant la discrète sobriété et la simplicité volontaire dans un monde où beaucoup souffrent. Ceci étant posé…

ARG RICHESCommençons par les « riches ».

Dans ce bas monde, il est de bon ton de vomir les riches et de les taxer encore plus. Si cela peut être techniquement possible à défaut de l’être éthiquement dans un monde fermé, c’est totalement stupide et contre-productif dans un monde ouvert où le méchant riche peut aller se faire tondre où bon lui semble pour moins cher.

Évidemment, c’est exactement ce qu’il se passe et nos « riches » compatriotes partent par milliers se faire plumer vers des cieux au moins plus ensoleillés car quand on est légèrement vêtu, mieux vaut une bonne température ambiante.

 

Alors, nos riches votent avec leurs pieds. Certes, ce n’est pas très patriote, mais franchement, maintenant tout le monde s’en fiche de la patrie, d’ailleurs tout le monde veut que vous vous en foutiez, vous devez être un citoyen du « monde », un « européen », alors soyons cohérents. Vous ne voulez plus d’appartenance nationale. Dont acte, allons payer nos impôts là où ils sont le moins chers. Je ne dis pas que c’est bien. Je dis que cette attitude est la conséquence logique de la destruction des nations, du patriotisme dans ce qu’il a de positif et donc du pacte social où au sein des pays les gens tentent de prendre soin les uns des autres.

On vous dit aussi que plus il y a de riches mieux c’est car, selon la théorie du ruissellement, plus il y aura de riches plus les miettes seront grosses pour ceux d’en bas. C’est en partie vrai, mais en partie seulement. Soyons honnêtes, si on laisse les gens décider de ce qui va ruisseler, il y aura quelques gouttes, mais parfois, il faut aussi évidemment savoir imposer.

Sauf que tout est question de proportion !

Non les pauvres et les riches ne sont pas plus gentils les uns que les autres

Lorsque je regarde les débats, je vois surtout des pauvres qui cherchent sans vergogne à faire la poche de ceux qu’ils considèrent comme plus riches qu’eux, ce qui est très relatif, en essayant d’avoir le maximum pour le minimum d’effort, tandis qu’objectivement nos riches sont plutôt punis avec constance pour créer de la richesse en subissant des taux d’imposition hallucinants dont les « pauvres » n’ont aucune conscience et de surcroît, leur indifférence est totale.

Être pauvre ne fait pas de vous systématiquement un être sympathique. Être riche ne fait de vous le diable, et inversement ! Chaque catégorie ayant son lot de sombres imbéciles.

Et l’idée et la conclusion de tout cela c’est qu’il est impératif de trouver des solutions fiscales équilibrées et pragmatiques.

Nous avons besoin de nos riches et de nos petits bourgeois. Le débat sur les « yachts » de 30 mètres de long est un débat économiquement crétin et stupide pour la simple et bonne raison que ce n’est tout au plus que quelques centaines de personnes qui achètent ce genre de navire. Leur mettre une taxe ne permettra jamais de financer le RSA de tous nos pauvres. C’est aussi illusoire que bête.

La seule façon de redistribuer c’est de pouvoir collecter suffisamment. Tout le reste, c’est de la littérature. 

Pour collecter suffisamment, il faut qu’il y ait beaucoup de moutons à tondre pour avoir beaucoup de laine.

Si vous tondez trop vos moutons et qu’ils meurent tous de froid, vous serez bien avancés.

De la même façon, si vous les laissez choisir le paysan qui les tondra, ils iront chez celui qui leur laissera le plus de laine sur le dos.

Tout cela est d’une logique évidente, et nul n’est besoin d’être un prix Nobel d’économie pour le comprendre.

C’est dans cette optique que l’ISF est un impôt d’une crétinerie insondable dans un monde ouvert et dans un pays où les taxes atteignent déjà 80 % d’une création de richesse réalisée par un entrepreneur.

De surcroît, si l’ISF à 1,8 % peut être supportable avec des taux d’intérêt à 5 % quand les taux sont négatifs ou égaux à zéro, l’ISF est une taxe sur votre patrimoine de 2 % chaque année… c’est sûr qu’en 20 ans vous serez à peu près ruinés.

Alors oui, il faut tordre le coup à l’ISF qui est un impôt injustifié éthiquement parlant, stupide économiquement parlant et contre-productif dans un monde ouvert, et qui est une terrible punition dans un contexte de taux zéro.

Alors oui, il faut dire que les pauvres ne sont pas « que » des braves types, et que les riches ne seront pas forcément plus vertueux si on les laisse choisir le montant de leurs impôts.

Alors oui, il faut dire que l’un et l’autre, le riche et le pauvre, ne doivent pas être opposés car ils font tous partie d’une même communauté de destin, à ceci près que techniquement parlant, ce n’est pas le riche qui a besoin du pauvre, mais bien le pauvre qui a besoin des sous du riche !

Alors les pauvres de tous les pays, et du nôtre en particulier, seraient bien inspirés de se calmer un peu dans leur haine antiriches car il faut dire la réalité.

La réalité est que la France est un pays dans lequel il fait nettement moins bon vivre d’année en année, et je parle de tous nos problèmes sociaux qui s’empilent et qui vont des zones de non-droit, dirons-nous pudiquement, aux actes terroristes quasi quotidiens et réalisés par des « déséquilibrés isolés » mais de plus en plus nombreux…

Alors rajoutez en plus des impôts énormes, et les gens partent, les riches partent, et les pauvres, sans riches, finiront par se rendre compte qu’ils ont tué la poule aux œufs d’or.

Que personne ne veuille le comprendre et le dire me laisse pantois.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

https://insolentiae.com/hair-les-riches-ne-rend-pas-moins-pauvre-ledito-de-charles-sannat/


Ce qui est bien avec Charles sannat, c'est qu'il sait mettre les "pieds dans le plat", même si on ne partage pas toujours son point de vue: les débats sur riches/pauvres n'ont aucun sens si on ne réfléchit pas aux notions de "monde ouvert/monde fermé", de "patriotisme" et donc de valeurs des uns et des autres, de frontières et de contrôle des mouvements de capitaux...  P.G.

Quelques commentaires d'internautes:

OUTIL COMMENTAIRES D INTERNAUTES*Bien sûr,si personne n’achète de yacht,ce sera la fermeture de quelques chantiers et des ouvriers sans travail. Idem pour l’entretien et le personnel à bord .
Et les exemples sont multiples .La haute couture,les voitures de luxe,les stylos et montres hors de prix ,les résidences haut de gamme et leurs piscines,etc, etc. Il faut bien des “riches” pour consommer tout cela et par voie de conséquence faire vivre des “pauvres”.

*Haïr les riches ne rend pas moins pauvre mais qu’est-ce que ça fait du bien ! et puis… qui sait ?

“ce n’est pas le riche qui a besoin du pauvre, mais bien le pauvre qui a besoin des sous du riche”.
Oui, bien sûr, et les sous du riche viennent d’où ? Du travail des presque pauvres.
Alors nous faire croire que le riche est riche parce que c’est une sorte de droit divin, c’est aussi oublier de préciser que s’il y a tant de pauvres dans les pays industrialisés, c’est aussi à cause de la vénalité des riches qui veulent toujours plus de profits et ne se gênent pas pour licencier en masse même quand leur bénéfices sont records.
Il est loin le temps où Ford augmentait ses employés pour qu’ils puissent acheter ce qu’ils produisaient.

Ensuite, les 1,8% sortent de nulle part, c’est 1,5% pour 10 millions, une décote est appliquée en dessous allant jusqu’à 0,8%, donc on est loin des 100% même en 20 ans.

*Je serais d’accord avec vous si la redistribution était “pure”, c’est à dire gagnant gagnant. Les riches s’enrichissant et enrichissant les pauvres. Or ce n’est actuellement pas ce qui se passe, les riches s’enrichissent à une vitesse exponentielle, les pauvres sont de plus en plus nombreux et la petite classe moyenne s’appauvrit. J’oserais dire que plus on est riche plus on a de facilités à s’évader sinon de s’exonérer de la redistribution. C’est ce qui semble se passer en France, point besoin de s’expatrier hors de nos frontières, “l’évasion” fiscale légale est uns sport français. N’étant pas économiste je ne peux certifier l’exactitude de mon opinion, aussi j’aimerais connaître la votre sur cet aspect des choses.
Bien cordialement

*Bonjour Mr Sannat, je suis assidûment vos chroniques, et la dernière sur “les riches” provoque ma réaction. En effet, votre éloge du riche est une insulte à ces millions de travailleurs qui s’éreintent chaque jour et qui ne profitent que bien peu du fruit de leur labeur( je vis en Bretagne, “el dorado” de l’agroalimentaire, et je vous assure que les milliers de personnes qui y travaillent méritent mieux qu’un “smic”..).Vous savez fort bien que notre “modèle” économique accroît les inégalités! Je ne souhaite pas ruiner celui qui entreprend et qui réussit ( je parle des petites entreprises, y compris l’artisanat, même si cette activité est plutôt bien pénalisée fiscalement). Par contre les inégalités vont devenir insoutenables, cet écart qui ne cesse de se creuser entre une “minorité” très riche et la majorité atteindra un seuil de rupture. Les états ( ce qu’il en reste en effet..) ont aligné leurs exigences fiscales vers le bas, la “théorie” du ruissellement est mise en avant, la concurrence mondialisée achève l’édifice. Vous n’ignorez pas les mécanismes qui permettent aux riches d’échapper à l’impôt, et là, les états sont soudain impuissants! Le budget de notre état est alimenté en priorité par la TVA, c’est un vrai scandale! cette imposition par la taxe sur la consommation est une honte … cela est d’autant plus révoltant que les “riches” vont être exonérés de leur part à la solidarité. Quant à ceux qui quitteraient notre pays pour des cieux plus propices à leur patrimoine, un état vraiment souverain devrait pouvoir leur appliquer des sanctions à la hauteur de leur manque de respect de notre devise républicaine, gravée encore au fronton de nos bâtiments publics, mais pour encore combien de temps ?

*Les pauvres ont plus besoin des riches que les riches n’ont besoin des pauvres ?

Ce n’est vrai qu’en partie.
Tout homme a des besoins vitaux primaires : se nourrir, se vêtir, s’abriter des intempéries. Quand il n’y aura plus de pauvres ouvriers agricoles et de pauvres petits agriculteurs, ni non plus de petits artisans acculés à la faillite, le riche, à moins d’une reconversion complète, pourra se nourrir de ses pièces d’or et se vêtir de ses billets dans son manoir au toit percé. Le couvreur exerçant encore dans sa région préfèrera aller réparer le toit du seul paysan encore en activité, qui lui le paiera en grain ou en pommes de terre.

 

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Le déclin du courage

Extraits du discours prononcé par Alexandre Soljénitsyne, prix Nobel de littérature(1970) à Harvard le 8 juin 1978. Il condamne alors les deux systèmes économiques -le communisme et le capitalisme. Il dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.


ARG SOLJENITSYNE« Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l’occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d’aujourd’hui contient une part de vérité ; je vous l’apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors.(…)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d’Indépendance.)Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments.

Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n’auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s’est choisie l’organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j’appellerais légaliste. Les limites des droits de l’homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l’Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l’aide d’un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout.

Si quelqu’un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n’en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n’entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu’aux extrêmes limites des cadres légaux.

J’ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu’une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n’allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s’en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l’homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d’une structure sociale légaliste.

Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l’Ouest, de défendre non pas tant les droits de l’homme que ses devoirs.

D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (…)

L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (…)

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (…) Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l’Etat, avons-nous le souvenir d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s’en tirera toujours. Etant donné que l’on a besoin d’une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d’avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d’Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse ; d’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information. (…) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu’il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d’idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n’ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d’être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l’engouement à la mode. Sans qu’il y ait, comme à l’Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d’apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l’apparition d’un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m’est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes … peut-être un professeur d’un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l’entendre, car les médias n’allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (…)

Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative. (…) Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’Etat et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé.

Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique.

Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L’humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (…)

Je ne pense pas au cas d’une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, d’envie, de vanité, et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter … toujours plus haut. »

Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978