mardi 27 mars 2018

« Le sacrifice du matin »

TRIBUNE LIBRE / par | 26 Mar 2018

TL ARNAUD BELTRAME HOMMAGE

Ce qui domine, c’est évidemment l’émotion.
Ce qui reste, c’est la beauté d’un geste et la décision d’un homme.
Ce qui reste, c’est l’histoire, la grande et la petite.

Ce qu’a fait le colonel Beltrame n’est pas uniquement un acte héroïque, c’est bien plus que cela.

C’est un sacrifice.

Le sacrifice du matin.

Cette expression n’est pas de moi. C’est le titre de l’ouvrage écrit par Pierre Guillain de Bénouville, l’un des plus grands résistants pendant la dernière guerre mondiale aux côtés d’un Henri Frenay ou d’un Jean Moulin.

« Ce livre héroïque est la symphonie de la Résistance. » Ce jugement de François Mauriac définit ce livre exceptionnel, dont rien n’a terni l’éclat…

Que dit-il ? En substance, que  » la résistance fut, en vérité pour chacun de ceux qui y participèrent, le matin d’une nouvelle vie et les résistants ne demandent pas autre chose à ceux qui ne furent pas avec eux dans l’action que d’unir au sacrifice du matin le sacrifice du soir ».

Se sacrifier pour les autres, se sacrifier par amour, par engagement, pour les autres, pour le pays pour des idées qui nous dépassent.

Ce sacrifice permet de poser quelques réflexions.

D’un côté, un homme qui se sacrifie pour en sauver d’autres (qu’il ne connaît pas), de l’autre, un homme qui, lui, tue aveuglément. Ceux qui ne voient pas la différence entre ces deux actes, entre les deux hommes, ne verront jamais rien.

Les deux vont mourir, l’un en sauvant, l’autre en tuant. Ceux qui pensent que tout se vaut, que tout est « égal », que tout est pareil, ne penseront jamais convenablement.

Tout ne se vaut pas. Cruel contraste.

D’un côté, un homme qui s’engage au nom d’une transcendance que l’on peut nommer croyance catholique, ou France, ou Patrie, bien commun, service du public, des gens, de ses concitoyens.

De l’autre, une classe politique inepte. Vendue. Massivement corrompue, inféodée à des pouvoirs supranationaux et qui vendent consciencieusement les intérêts supérieurs de notre pays et donc de son peuple (dans toute sa diversité).

Terrible différence entre « eux » et « lui ».

D’un côté, des féministes et autres bien-pensants qui hurlent au « machisme » à l’égalitarisme dégoulinant « homme-femme », à la « modernité » de la « pâââritééé » qu’il convient de dire en bêlant tant il est impossible de déroger à cette mode sans risquer tous les qualificatifs les plus odieux, alors qu’il n’en est rien. Homme et femme ne seront jamais identiques, et cette différence est fondamentale. Père et mère, aussi importants et complémentaire, mais surtout le véritable amour pour une femme c’est d’accepter parfois… Le sacrifice, celui où l’on dit « les femmes et les enfants d’abord », parce que tout ne se vaut pas, que les femmes et les enfants sont notre part d’éternité. Au moment des choix, au moment où soufflent les vents, certains choisissent de prendre la place d’une femme otage. La vie d’un homme vaut moins que celle d’une femme.

Il n’y a pas d’égalité (sauf celle de droit bien évidemment).

Les féministes refusent aux hommes ce qu’il y a de plus beau, à savoir d’accepter volontairement de se sacrifier par amour pour elles.

Terrible paradoxe

Le méchant était fiché « S », quelle honte me direz-vous, c’est l’échec des services de renseignements, encore un autre terroriste connu des services de police et de gendarmerie. Vous pouvez le voir comme cela. En réalité, si nous inversons le raisonnement, nous nous rendrons compte que tous ceux qui commettent un acte terroriste sont fichés S. Cela veut dire que le travail qui a été fait par notre renseignement est d’une immense qualité. Nous avons parfaitement su identifier ceux qui peuvent s’avérer potentiellement dangereux.

C’est très rassurant. Les estimations vont de 10 à 20 000 fichés S. Le problème n’est ni le renseignement, ni le fichage. Le problème c’est l’action politique qui en découle. Que veut-on faire de ces renseignements ? Manifestement pas grand-chose. Nous attendons, enfin pas nous, « eux », c’est les petits sans grandeur qui nous dirigent. Ils attendent, ils ne prennent aucune décision.
D’un côté, un homme doté d’un exceptionnel pouvoir de décision et de conviction. De l’autre, des nains hésitants.

Terrible contraste encore.

D’un côté, un homme à la foi inébranlable dans sa religion catholique et dans son pays, de l’autre des nihilistes sans foi ni loi – et je ne parle pas du terroriste qui a bien une foi – mais de nos dirigeants qui nous dirigent vers les abîmes pour tous.

Terrible contraste entre la force de ceux qui croient et la puissance de la transcendance de certaines idées et le nihilisme consumériste de nos masses décérébrées.

Le sacrifice de cet officier, dans la plus pure tradition de la grandeur de la France, renvoie à ce que sont tous les autres, c’est à dire pas grand-chose.

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Terriblement dérangeant de voir ainsi pointées, par l’exemplarité des actes d’un homme, nos bassesses et lâchetés quotidiennes.

Peut-être que le colonel Beltrame ne le savait pas, mais en s’offrant en sacrifice pour notre pays, pour chacune et chacun de nous, sans rien attendre, il nous a montré d’une manière éclatante, éblouissante, la différence entre être un Homme et donner des leçons de bien-pensance sur le petit écran, à la radio, ou dans la presse écrite. Il nous montre aussi la nécessaire humilité dont il faut savoir faire preuve sur les grands sujets.

Il nous a montré, par sa grandeur, la petitesse de ceux qui aujourd’hui sont aux commandes de notre pays et ne manqueront pas de parader devant son cercueil.

C’est eux (et ceux qui les ont précédés en « responsabilités ») qui ont rendu nécessaire le sacrifice de cet homme qui n’a pas failli quand il a fallu choisir.

C’est eux qui ont rendu possible le Bataclan, Nice, et toutes les tueries qui endeuillent que trop régulièrement notre pays, et celles à venir, hélas, déjà prévisibles.

Enfin, il est également important de dire que nous avons à faire face à une guerre idéologique. À cette guerre idéologique qui repose sur l’idéologie de l’islam radical, nous ne pouvons pas qu’opposer les armes, la prison, ou la répression évidemment indispensable. Comme dans toute guerre idéologique, nous devons gagner les âmes et les cœurs. À une idéologie aussi forte, il faut opposer une pensée toute aussi forte.

Il est évident que les imbéciles qui pensent que la « laïcité » ou le « consumérisme » sont suffisants se trompent terriblement.

Le colonel Beltrame, lui, a su opposer sa croyance à une autre idéologie mortifère en montrant l’évidente supériorité du sacrifice par amour, à la tuerie par la haine.

Son sacrifice est un acte retentissant.

Nous passerons des heures sombres, mais je ne doute pas que partout en France, le geste de cet officier saura inspirer les « gueux » que nous sommes et qui sauvons les nations par rapport aux « riches » qui les vendent.

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Il a fait le sacrifice du matin, à nous tous de nous unir à lui dans le sacrifice du soir, pour que demain, un autre jour se lève sur la France, plus pacifié que la veille.

Au colonel Beltrame. La Patrie reconnaissante et la population aussi.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/le-sacrifice-du-matin-ledito-de-charles-sannat/

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Mensonges et amalgames

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL CGT UE

Déclaration du PRCF.   23 mars 2018

La lecture d’un communiqué sur le site confédéral de la a heurté un grand nombre de militants et pas seulement au PRCF.

Si tout le monde comprend et approuve la dénonciation par la CGT des fascistes et de l’ extrême-droite, des racistes et des xénophobes, y compris leur exclusion manu militari des cortèges syndicaux par les S.O. ouvriers, il y a dans ce texte une formule inacceptable et un amalgame hallucinant.

Voici la phrase :

C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au «  », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. ”

Comment mêler les fascistes et les organisations (sans aucune précision quand à l’orientation politique de celles-ci !) qui sont favorables au Frexit progressiste, c’est-à-dire antifasciste, patriotique, populaire et internationaliste, en vue de renationaliser les grandes entreprises stratégiques, d’étendre les droits des travailleurs, de développer la démocratie, de défendre la paix, de sortir de l’OTAN et des logiques de guerre, de relancer une véritable coopération internationale libérée de la « concurrence libre et non faussée » imposée par Maastricht ? Et cela la veille d’un mouvement social que nous souhaitons d’ampleur, alors que c’est l’ qui, avec sa directive ferroviaire et ses appels constants à la réduction des dépenses publiques, impose à la fois la privatisation du rail et la réduction de notre fonction publique territoriale, hospitalière et d’État? Mais il est vrai qu’en 2005 le bureau confédéral voulait voter oui à la constitution européenne avant d’être mis en minorité par le CCN de la CGT…

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Cet amalgame est doublement mensonger puisque le FN n’a jamais proposé le Frexit , au mieux l’inconsistante « sortie concertée de l’euro » qui, dans la dernière période, a été carrément abandonnée.

Enlisée dans un européisme vomi par l’immense majorité des travailleurs, effrayée par la montée des idées de Frexit progressiste dans le monde du travail et dans les syndicats de classe, la direction confédérale de la CGT étroitement soumise à la Confédération européenne des syndicats, cette courroie de transmission de Bruxelles, en devient aveugle et sourde, voire insidieusement menaçante à l’égard d’une série de progressistes, voire de syndicalistes CGT hostiles à l’UE.

Qui en est encore favorable à l’ UE ? En tous les cas pas les communistes. Communistes portugais, grecs, italiens, allemand, espagnols, britanniques, tous sont pour sortir de ce carcan mortifère qu’est l’ UE. L’UE et son euro de misère. De plus en plus de forces progressistes s’orientent vers une approche plus lucide et donc de classe de l’ UE.

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Ne reste pour défendre l’ UE et l’euro, que le traître Tsipras, le « progressiste radical » qui est en train d’interdire la grève en Grèce sur sommation explicite de l’UE, et P. Laurent, le secrétaire national de la section hexagonale du PGE, qui accepte d’un cœur léger que le Parti de gauche français quitte le PGE (parce qu’il refuse de siéger à côté de Tsipras) tout en acceptant Syriza, ce parti de briseurs de grève, dans la direction de la « Gauche » européenne…

Après ce que nous avons vu en Grèce, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et ô combien chez nous, comment un syndicat ou un parti politique se réclamant de la gauche peuvent-ils continuer à bêler après “Europe sociale” au moment même où l’État-major du grand capital, à savoir l’ UE, impose ses diktats régressifs et son augmentation des budgets de guerre à tous les peuples européens ? Avec qui la direction de la CGT veut-elle défendre cette UE conçue contre le monde du travail ? Avec Barroso ? Avec Juncker ? Avec Orban ? Avec Merkel ? Avec le gouvernement autrichien à participation néonazie ? Les travailleurs ont déjà dit à toutes les élections ce qu’ils voulaient : sortir de l’ UE. Le Frexit par la porte de gauche, celle de l’indépendance nationale, de la coopération internationale, des renationalisations, de l’antifascisme et de l’antiracisme.

Nous posons d’ailleurs une question à la CGT : va-t-elle exclure à titre posthume Benoît Frachon, Marcel Paul, Georges Séguy, Henri Krazucki, qui ont combattu frontalement, sur des bases de classe anticapitaliste, la « construction » européenne et atlantique du capital en montrant qu’elle était entièrement antinomique de la paix, de la démocratie, de la souveraineté des peuples et du progrès social ?

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Qui ne voit, à part les auteurs de cette déclaration de chasse aux sorcières, que les forces ouvrières et populaires, syndicales et politiques, sont de jour en jour plus nombreuses à appeler, comme le fait le PRCF depuis sa fondation, à briser les chaînes de l’ UE ? Nous ne parlons évidemment pas des bureaucrates dont la survie financière est liée au financement européen. A moins évidemment que le honteux amalgame pré-maccarthyste de la confédération ne repose sur la prise de conscience effrayée que les idées de Frexit progressistes sont appelées à devenir majoritaire dans la classe travailleuse et qu’en conséquence, à défaut de combattre franchement l’euro-directive qui cadre la privatisation macronienne de la SNCF, le bureau confédéral ait avant tout décidé de « sanctuariser » la sacro-sainte « construction européenne », la monnaie unique et ce qui l’accompagne nécessairement : les critères d’austérité de Maastricht.

Bref, en tant que patriotes ET internationalistes, en tant que Résistants antifascistes et/ou fils et filles de Résistants antifascistes, en tant très souvent que MILITANTS SYNDICAUX, y compris pour beaucoup d’entre nous, adhérents de longue date de la CGT ou de la FSU, nous ne nous laisserons pas intimider. Nous avons même conscience de défendre l’honneur de la CGT en demandant qu’on arrête avec des amalgames scandaleux qui, pour défendre la funeste « construction » européenne, en arrivent sournoisement à appeler à la chasse aux sorcières dans les manifs. Toujours la fascisation prend pour prétexte l’exclusion des militants communistes et syndicalistes les plus conséquents, ceux qui ne pactisent pas avec une construction européenne qui menace désormais du dedans les confédérations syndicales.

Nous appelons les autres organisations de gauche favorables au Frexit progressiste à s’exprimer dans le même sens que nous ; virons le FN et ses surgeons philippiens des manifs, mais ne laissons pas criminaliser les tenants du Frexit progressiste.

Nous exigeons des éclaircissements et des excuses sur cet amalgame scandaleux de la direction de la CGT.


LE BUREAU CONFEDERAL CGT DOIT RESPECTER LE VOTE DE LA CGT ET DU PEUPLE ONTRE LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN

Sous le titre juste “l’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux, ni nulle part ailleurs”, le communiqué confédéral CGT du 21 mars 2018 fait un amalgame scandaleux entre d’une part “différents mouvements favorables au ‘frexit'” et d’autre part le “front national”/”les patriotes”/les “organisations identitaires, xénophobes et racistes (qui) se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte”. C’EST HONTEUX ET INACCEPTABLE.

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Est-ce ici l’occasion de revanche du Bureau Confédéral contre le vote pour le “frexit” au TCE du CCN de la CGT en 2005 ? Est-ce un gage de soumission de plus à cette antenne institutionnelle de la Commission Européenne et de la Table Ronde des Industriels Européens qu’est la CES ?

Sur quelle décision démocratique de la CGT se fonde cet amalgame entre fascisme pro-européen réel “des front national/patriotes/identitaires” et véritable position progressiste, révolutionnaire de classe pour la sortie de l’euro/UE/OTAN, position défendue par bon nombre de syndicalistes de classe au sein de la CGT ?

Le Bureau confédéral ose-t-il ranger parmi les fascistes le CCN qui a voté le “frexit” au TCE en 2005?

Qu’est ce donc ce soutien non assumé, donc hypocrite, à la construction du bloc impérialiste européen qui saccage par la guerre derrière l’impérialisme US des pays entiers (Irak, Libye, Syrie, etc), voire le continent africain (opération Barkhane sur tout le long du Sahara/Sahel), s’aligne systématiquement sur les crimes sans fin et sans nom du sionisme colonialiste israélien et détruit par les décisions de la commission européenne, caisse de résonance des grandes multinationales capitalistes européennes, tous nos conquis sociaux et démocratiques dans nos différents pays ?

Depuis quand fait-on passer subrepticement à la CGT des positions non débattues par les instances démocratiques ?

Est-ce là un alignement, non dit et non assumé, sur cette officine eurocratique appelée “confrontation” à laquelle certains dirigeants et ex-dirigeants jamais trop éloignés du Bureau Confédéral adhèrent pour faire “partager” au syndicalisme français l’horreur chauvine, raciste du projet fédéral européen comme moyen politique de construire un bloc impérialiste européen à la fois allié et concurrent des prédateurs US contre les peuples ?

Cela ne rappelle-t-il pas la sauvage domination criminelle du capitalisme, né en Europe, et exporté dans le monde à coups de génocide des Amérindiens, de traite des esclaves noirs et de colonialisme ?

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Ne voit-on pas ce que coûte aux travailleurs et aux peuples en Europe la dite construction de l’impérialisme européen : la faillite imposée à la Grèce, les politiques et lois anti-sociales des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis 1981, la montée électorale des fascistes, etc ?

IL FAUT QUE CESSE CET AMALGAME INFAMANT ENTRE LES FASCISTES ET LES DÉFENSEURS DU DROIT DE SORTIR DE CETTE PRISON DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES QU’EST L’UNION EUROPÉENNE

Assumez un débat franc et net, au lieu de vous cacher derrière des amalgames perfides, sur l’impérialisme européen en construction et ses dégâts ici et partout ailleurs.

Diagne Roland, membre des CE : CGT Educ’Action Nord, FERC, UL CGT Tourcoing, UD CGT du Nord


Pour ceux qui douteraient de ce qu’est le rôle de l’Union Européenne, au moment où tous les syndicalistes, les cheminots de la CGT sont mobilisés contre la privatisation de la SNCF, la libéralisation du Rail, la suppression du statut, il est important et indispensable de rappeller que la réforme Borne Macron de la SNCF est la traduction de l’obligation de la transcription en droit français d’ici décembre 2018 des directives européennes du 4e paquet ferroviaire. D’où la méthode violente de la réforme par ordonnances pour tenir ce délais et éviter les sanctions de la Commission Européenne. Alors, privatisation de la SNCF et Union Européenne, ou Services Publics par le Frexit progressiste, les travailleurs peuvent faire leur choix !

L’achèvement de l’espace ferroviaire unique européen : le 4e paquet ferroviaire

L’objectif est de renforcer la compétitivité du transport ferroviaire et de faciliter la libre circulation des voyageurs et des services de transports avec l’achèvement de la mise en place de l’espace ferroviaire unique européen.

Le quatrième « paquet ferroviaire » se compose de six textes présentés par la Commission européenne en janvier 2013. Trois textes concernent le volet technique . Les autres textes constituent le « volet politique » en raison des questions de gouvernance et d’ouverture à la concurrence qu’elles traitent.

Le pilier technique a été publié le 26 mai 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique a été publié le 23 décembre 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique : ouverture à la concurrence de toute l’activité transport de voyageurs

Cet ensemble de textes législatifs européens orientera les évolutions du système de transport ferroviaire pour les prochaines années, puisqu’il parachève la libéralisation des marchés ferroviaires en prévoyant l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des services domestiques de transport ferroviaire de voyageurs et en réformant les règles de gouvernance des groupes ferroviaires et de régulation des marchés ferroviaires.

Le pilier politique traite principalement de deux aspects :

  • la gouvernance des groupes ferroviaires, avec notamment des mesures de sauvegarde de l’indépendance du gestionnaire d’infrastructure plus fortes et de nouveaux pouvoirs donnés au régulateur ;
  • l’ouverture à la concurrence des services de transport domestique de voyageurs, en 2021 au plus tard pour les services commerciaux et fin 2023 au plus tard pour les services conventionnés.

Les dispositions concernant la gouvernance et l’ouverture à la concurrence des services commerciaux doivent être transposées d’ici décembre 2018.

Les dispositions concernant la mise en place d’appels d’offre systématiques pour les contrats de service public, elles, sont directement applicables dès décembre 2023.

Le pilier technique

Ce pilier s’intéresse à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaire, ainsi qu’à l’Agence de l’UE pour les chemins de fer (ancienne Agence ferroviaire européenne) qui devient un acteur clé des dispositifs d’autorisation des matériels roulants et des entreprises ferroviaires.

Il renforce l’harmonisation européenne des procédures d’autorisation portant sur les matériels et sur les opérateurs en confiant dès 2019 de nouvelles missions à l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (règlement n°2016/796). Il s’agit notamment de réduire les formalités administratives liées aux procédures d’autorisation et leurs coûts, tout en préservant le haut niveau de sécurité atteint .

L’interopérabilité ferroviaire (directive n02016/797) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des véhicules ferroviaires, la fixation d’exigences essentielles à respecter, qui se traduisent sous la forme de règles détaillées que l’on appelle des « spécifications techniques d’interopérabilité ». L’interopérabilité ferroviaire requiert également de limiter au strict nécessaire l’existence de règles nationales pour des raisons historiques ou liées à la spécificité d’un ou plusieurs réseaux sur un territoire national. Enfin l’interopérabilité ferroviaire est également garantie par des procédures de vérification et d’évaluation de la conformité pour différents sous-systèmes ou constituants d’interopérabilité en déterminant les organismes et les procédures afférents.

La sécurité ferroviaire (directive n°2016/798) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des entreprises ferroviaires et des gestionnaires d’infrastructures, la définition du partage des responsabilités entre les différents acteurs, la mise au point d’objectifs, d’indicateurs et de méthodes dites de « sécurité communes » pour limiter là aussi les règles nationales au strict nécessaire, l’existence d’autorités nationales de sécurité et d’organismes chargés des enquêtes sur les incidents et accidents et la définition de principes communs pour la gestion et la surveillance de la sécurité ferroviaire.

L’Agence ferroviaire européenne, jusqu’ici dotée principalement de missions d’assistance technique pour la Commission européenne, devient l’autorité responsable :

  • de la délivrance des autorisations liées à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaires
  • du système européen gestion du trafic ferroviaire (ERTMS)
  • de la réduction du nombre de règles nationales techniques et/ou de sécurité
  • de la mise en place à terme d’un registre européen des véhicules

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/mensonges-et-amalgames/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Casse de la langue française : ensemble, nous accusons !

TRIBUNE LIBRE / Communiqué de l’A.FR.AV et du C.O.U.R.R.I.E.L.au nom d’un collectif de 12 associations de et de 28 signataires, le 20 mars 2018, Journée mondiale de la langue française et de la Francophonie.

ACT LANGUE APPEL

Contournant les associations de défense de la langue française et méprisant leurs alertes, les gouvernements successifs se posèrent en grands défenseurs de la langue française et de la Francophonie, tout en favorisant directement ou indirectement la substitution systématique de l’anglais à notre langue. Le gouvernement actuel, pourtant soucieux de se démarquer de ses prédécesseurs n’a fait, par ses actes, que renforcer ce mouvement. Arrêtons cette imposture.


Arrachage et substitution linguistiquesChaque jour en effet, le français recule dans notre pays devant le tout-anglais outrageusement favorisé par les milieux financiers, par de grandes entreprises privées et publiques, par nombre de Grandes Écoles et d’Universités, par certains responsables publics de la recherche scientifique, sans parler de tous ceux que Michel Serres nomme « les collabos de la pub et du fric ».

 

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Ainsi le C.S.A., chargé de faire respecter les quotas de chanson francophone dans les médias, a-t-il demandé — et obtenu —la réduction desdits quotas au profit de la chanson anglophone ;

ainsi le cinéma français subventionné par l’État a-t-il obtenu le privilège de tourner en anglais en France même ;

ainsi la de 1994 est-elle piétinée de cent manières par des services publics et par des entreprises dans lesquelles l’État détient pourtant un poids déterminant ;

ainsi Renault et PSA ont-ils illégalement (car « le français est la langue du travail », dispose la loi !) basculé toute leur documentation interne à l’anglais ;

ainsi les J.O. de Paris ont-ils été honteusement « vendus » en anglais par Mme Hidalgo et par M. Cazeneuve ;

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fait encore plus grave, l’actuel chef de l’État promeut l’anglais à l’étranger (« pour être compris de tous », a-t-il ajouté à Berlin, lors de la campagne électorale, niant ainsi la vocation internationale de l’une des  langues officielles de l’O.N.U., des J.O., du B.I.T., etc.), voire en France (discours de Versailles, le 22 janvier dernier) quand il ne parraine pas directement des slogans ou des événements (« Choose France ! », « France is back », « One Planet’s Summit », « Make our planet great again ! »…) qui humilient notre langue sur son sol natal, bafouent la Constitution et encouragent le tout-anglais agressif que pratiquent des radios et des télévisions de large audience (« The Voice », « The Voice Kids », « The Wall », etc.).

Ne parlons pas de cette pollution permanente de l’espace citoyen que constitue l’actuelle communication gouvernementale truffée d’anglicismes managériaux incompréhensibles…

Une politique linguistique inavouable et mortifère

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Dénonçons cette politique linguistique délétère qu’appuient cyniquement l’UE (en dépit du « BREXIT » !) et les partisans des traités de libre-échange  transatlantiques. Nous n’en sommes plus aux seuls emprunts lexicaux, si nombreux et si indigestes soient-ils, ni même au « franglais » jadis moqué par Étiemble. Il s’agit désormais d’une ligne inavouable de substitution linguistique de l’anglo-américain au français, notamment dans l’intitulé des produits et des enseignes. Tout se passe comme si les autorités françaises nationales, et parfois régionales, acceptaient, voire stimulaient, l’imposition progressive de l’anglo-américain comme la langue du travail et des échanges au détriment des langues nationales : car l’italien, l’allemand, etc. sont visés eux aussi (par ex., Volkswagen a renoncé à utiliser l’allemand, langue scientifique et technique s’il en fut, pour sa documentation interne !).

Comment ne pas penser que cette « dé-segmentation » lexicale galopante du marché du travail européen et mondial, dont nul n’a jamais débattu à armes égales à l’échelle nationale et transnationale, vise bien plus que des effets linguistiques ?

Fausse modernité et vraie ringardise 

Que signifie par ailleurs l’appel insidieux et permanent des autorités actuelles à « dé-ringardiser » (sic) la langue française et la francophonie, comme si notre langue n’évoluait pas en permanence, en prouvant l’inventivité de ceux qui daignent l’utiliser sous toutes ses facettes, nationales et internationales ?

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Quelle arrogance pour l’actuel président que de se présenter comme l’incarnation de la « modernité » contre une langue, pourtant, que son histoire a si souvent placée à la pointe des luttes contre les préjugés, pour les Lumières et pour les progrès de toute l’humanité ! La modernité n’est pas une nouveauté pour les Français. Ils ont participé et participent encore aux évolutions techniques, industrielles et intellectuelles du monde depuis mille ans, fréquemment en précurseurs, toujours en acteurs.

Le français, « langue de la République » et langue internationale porteuse de diversité.

Que signifie en outre cette volonté récurrente de « dénationaliser » la langue française en opposant la « langue de la République » (article IIa de la Constitution) à la francophonie internationale, comme si l’enracinement du français en France et dans chaque autre pays de la Francophonie pouvait décemment être opposé à la diversité planétaire de ses implantations actuelles ? En réalité, la langue française a moins besoin d’être « dé-ringardisée » ou de devenir « langue-monde » que d’être enfin vraiment défendue et promue par la Francophonie et par chacun des pays qui s’y réfèrent contre l’entreprise visant à imposer une langue mondiale unique, ce « business Globish », qui porte en lui un terrible danger de pensée, d’économie, de politique et de « culture » uniques et « globalitaires ».

Le français promu « seconde langue mondiale » ou… peu à peu relégué au rôle de langue seconde en France même ?

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Plus gravement encore, comment penser que le chef de l’État veuille réellement faire du français la « seconde langue mondiale » quand, à bien des égards, les pratiques linguistiques dont il donne lui-même l’exemple délétère peuvent conduire à reléguer notre langue dans un rôle de langue secondaire, dévaluée voire folklorique, en France même ?

« L’anglais est désormais la lingua franca, c’est comme ça. Il faut savoir parler anglais si on veut agir et bouger dans la mondialisation. » vient de déclarer Édouard Philippe, Premier ministre, à Lille le 23 février 2018. Même avec une vision purement économique, la langue des exportations c’est celle du client !

affiche du COURRIEL

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Langue unique, danger pour la nation et pour l’humanité – Relayant la colère de nombreux amis de la francophonie sur les cinq continents, nous ne nous rendrons pas complices de cet arrachage culturel aux terribles conséquences civiques. C’est pourquoi nous alertons le peuple français : laisser reléguer et humilier la langue française, c’est laisser briser l’esprit même de la nation ; car la France sans sa langue, ou la francophonie sans la France, ne seraient plus que des couteaux sans manche dont on a jeté la lame. « Le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue » soulignait Stendhal !

En effet, briser la langue du peuple, ce premier service public de France, c’est aggraver les fractures sociales, culturelles et sociétales existantes au profit d’une « élite » méprisante qui fait du tout-anglais une marque de distinction mondiale au mépris du droit élémentaire de comprendre, que reconnut à notre peuple l’Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539). Cette imposition du tout-anglais attente en outre à la diversité mondiale des cultures et des langues, laquelle n’est pas moins indispensable à l’égalité des peuples, à la respiration de la pensée et à la liberté des individus, que ne l’est la biodiversité pour l’avenir de la biosphère. Une saine internationalisation des échanges ne saurait procéder de l’imposition d’une langue et d’un modèle socioculturel ; elle doit respecter au contraire le principe internationaliste et hautement dialectique posé par Umberto Eco : « la langue de l’Europe, c’est la traduction ».

« Le plus grand des crimes, c’est de tuer la langue d’une nation avec tout ce qu’elle renferme d’espérance et de génie » (Charles Nodier).

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Délier notre (nos) langue(s) ! C’est pourquoi nous nous adressons à tous les citoyens, à tous les mouvements politiques, syndicaux, associatifs, culturels qui chérissent la liberté, l’égalité et la fraternité. Face au char d’assaut « globalitaire » du tout-anglais et à tout ce qu’il porte sur les plans culturel, socio-économique, financier, voire militaire,  appelons au respect de la loi et de la Constitution l’exécutif tenu de les protéger ; revendiquons le renforcement et l’application ferme de la loi Toubon ! Le sort des langues, des peuples et des civilisations ne peut être légitimement tranché par la « loi mondiale du marché ». Refusons les diktats oligarchiques qui condamnent à mort langues et cultures en prétendant parler au nom du et des peuples.

Contre la langue unique qui déferle, défendons notre langue, et avec elle toutes les langues du monde. Oui, défendons notre langue ! et avec elle le droit à la parole, à l’écoute, à l’estime de soi. À être ce que l’on ne veut plus que nous soyons, un peuple libre, maître de son destin.

Signataires :
Guy Chausson, président de l’Association lotoise des Amis de la langue française ; Christian Darlot, chercheur scientifique, Philippe Deniard, président du Cercle Littéraire des Écrivains Cheminots [CLEC], Marc Favre d’Échallens, président de Droit de Comprendre [DDC], Georges Gastaud et Matthieu Varnier respectivement philosophe et roboticien, président et secrétaire général de l’Association CO.U.R.R.I.E.L., Marcel Girardin, conseiller municipal ; Olivier Gohin, professeur agrégé des Facultés de droit ; Philippe Loubière, docteur ès lettres, Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française [Asselaf] ;
Jacques Maillard, physicien, Yves Mansuy, retraité de la fonction publique ; Daniel Miroux , président de l’Alliance Champlain ; Laurent Nardi, professeur de français ; Régis Ravat, délégué CGT à Carrefour-Nîmes ; Philippe Raynaud, Lucien Berthet et Jean-François Martignoles, président, secrétaire, et délégué Haute-Savoie de Défense de la langue française en Pays de Savoie ; Thierry Saladin, médecin, secrétaire de l’Association francophonie avenir (Afrav)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/casse-de-la-langue-francaise-ensemble-nous-accusons/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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26 mars 1944 : la bataille des Glières

HIST MAQUIS GLIERES

26 mars 1944

La bataille des Glières

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Le dimanche 26 mars 1944, trois bataillons de la 157e division de la Wehrmacht, appuyés par l'aviation et l'artillerie, prennent d'assaut le plateau des Glières, à 1400 mètres d’altitude, en Haute-Savoie, occupé depuis près de deux mois par un groupe de 450 résistants.

Cette bataille met fin au premier « maquis » de la Résistance. Son retentissement est immense tant sur les ondes de la BBC, à Londres, que sur celles de Radio Paris.

Alban Dignat
Maquisards du plateau des Glières (Haute-Savoie, hiver 1943-1944)

Guerre psychologique

Tandis que se rapproche la perspective d'un débarquement allié sur les côtes de la Manche, la Résistance se met en ordre de bataille. Tom Morel, un lieutenant d'active, constitue un maquis sur le plateau des Glières dès le 31 janvier 1944 pour accueillir les parachutages alliés et servir de base de repli aux résistants. Il rassemble des hommes de toutes origines : des combattants de l'Armée secrète de la Résistance, des officiers et sous-officiers des chasseurs alpins, des francs-tireurs et partisans (FTP) communistes, des républicains espagnols et de simples réfractaires du STO (Service du Travail Obligatoire).

Ainsi le plateau devient-il le premier territoire métropolitain à échapper à l'autorité du gouvernement de Vichy. Celui-ci ne se trompe pas sur la force du symbole et met aussitôt tout le département en état de siège. C'est le début d'une guerre franco-française.

Des miliciens donnent la chasse aux maquisards sur le plateau des Glières (1944)La redoutable Milice de Joseph Darnand, le secrétaire d'État au Maintien de l'ordre, fait une rafle à Thônes le 5 février et, une semaine plus tard, le plateau est encerclé par des supplétifs de la police de Vichy, les Groupes Mobiles de Réserve (GMR). Cela n'empêche pas l'aviation alliée de larguer 90 tonnes d'armes au-dessus du maquis en trois parachutages, du 14 février au 10 mars.

Le 9 mars, les résistants occupent le siège de la Garde mobile à Entremont. Dans sa confrontation avec le chef des policiers, le lieutenant Tom Morel est abattu d'une balle à bout portant. Les résistants se retirent en emmenant avec eux soixante prisonniers.

Pour la première fois, les Allemands, sollicités par Joseph Darnand, se disposent à intervenir militairement contre ceux qu'ils appellent les « terroristes ».

Sur le plateau, les chefs du maquis jugent que leur mission est accomplie et qu'il convient de se retirer avant que le dégel ne permette aux Allemands de monter. Mais Jean Rosenthal, un agent de Londres envoyé sur place, les convainc de tenir coûte que coûte pour l'honneur de la Résistance et de la France libre du général de Gaulle. Il est vrai que celui-ci a besoin de se valoriser pour être reconnu par ses puissants alliés anglo-saxons. 

Fin de partie

Le 26 mars 1944, le commandant allemand du secteur envoie deux patrouilles en reconnaissance vers les hauteurs du plateau. L'une d'elles est facilement repoussée mais l'autre arrive à contourner les défenses du maquis. Il s'ensuit un bref affrontement durant lequel deux « maquisards » sont tués et un autre blessé.

Maquisards à l'affût sur le plateau des Glières (hiver 1943-1944)Les Allemands donnent l'assaut aussitôt après, avec le concours de la Milice française. Le capitaine Maurice Anjot, qui a remplacé Tom Morel à la tête du maquis, juge que ses hommes ont tenu les positions assez longtemps et que l'honneur est sauf. Il décide d’évacuer le plateau avec tous ses hommes.

Dans la retraite, cependant, 210 résistants sont capturés par l’ennemi ou ses alliés de la Milice ou la police de Vichy. Une centaine sont fusillés, parfois après avoir été torturés.

La « bataille des Glières » devient  un enjeu dans la guerre des ondes que se livrent la France Libre de De Gaulle et le gouvernement collaborationniste de Vichy.

Philippe Henriot, le propagandiste de Radio Paris, évoque la liquidation du maquis par la police sans faire état de la participation allemande ! De son côté, Jean Rosenthal, dans son désir de bien faire, télégraphie à Londres une information selon laquelle 400 Allemands auraient été tués et 300 blessés dans les affrontements avec le maquis.

Sur Radio Londres, par la voix de Maurice Schumann, on peut encore entendre ceci le 7 avril 1944 : « À Glières, 500 Français ont résisté à 12.000 Allemands pendant 14 jours ». Il n'en reste pas moins que le maquis des Glières aura convaincu les chefs alliés de l'utilité de la Résistance française dans leur combat contre le nazisme.

https://www.herodote.net/26_mars_1944-evenement-19440326.php

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Affaire Skripal : la France et d'autres pays annoncent l'expulsion de diplomates russes

18 pays occidentaux ont déclaré leur intention d'expulser plus de 100 diplomates russes en réaction à l'empoisonnement d'un ancien agent double russe sur le sol britannique dont Moscou dément être responsable. La Russie promet une réponse.

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Plusieurs pays parmi lesquels la France, les Etats-Unis et l'Allemagne, ont annoncé ce 26 mars leur décision d'expulser des diplomates russes, en réaction à l'empoisonnement de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique, le 4 mars. Le Royaume-Uni a imputé à Moscou, qui s'en défend, la responsabilité de cet empoisonnement.

Les pays européens ayant décidé d'expulser des diplomates russes ce 26 mars sont la France (4 diplomates), l'Allemagne (4), la Pologne (4), l'Italie (2), la Lituanie (3), la Lettonie (1), l'Estonie (1), la République Tchèque (3), la Finlande (1), le Danemark (2), la Croatie (1), les Pays-Bas (2), la Suède (1), la Roumanie (1), l'Albanie (2) et l'Ukraine (13).

De plus, les Etats-Unis ont décidé d'expulser 60 diplomates russes, qualifiés d'«espions», à savoir 48 «agents de renseignement connus» du consulat de Russie de Seattle et 12 de plus de la mission russe de l'ONU.

Le Canada a également décidé d'expulser quatre diplomates russes.

Enfin, la Slovaquie a annoncé «étudier les mesures à venir», déclarant qu'il y avait «plus d'une option».

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, a salué la «réponse extraordinaire» des «alliés» du Royaume-Uni. «La réponse extraordinaire de nos alliés constitue le plus grand mouvement d'expulsion d'agents russes de l'histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée», a-t-il écrit sur Twitter.

Moscou dénonce une «provocation»

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Ce même jour, Moscou a, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a déclaré qu'elle prendrait des mesures de rétorsions proportionnelles à l'encontre des pays ayant décidé d'expulser des diplomates russes. La Russie a qualifié ces expulsions d'«inamicales», de «provocation», expliquant que les Etats concernés suivaient «de façon aveugle» les «principes d'unité» de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). En outre, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a fait savoir que Vladimir Poutine prendrait une «décision définitive» quant aux mesures de rétorsion.

Londres a désigné Moscou le 14 mars comme responsable de l'empoisonnement de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal le 4 mars à Salisbury. Le Royaume-Uni avait alors décidé d'expulser déjà 23 diplomates russes et annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence et accuse Londres de ne «pas vouloir entendre les réponses», avait ordonné en représailles l'expulsion de diplomates britanniques et la fin des activités du British Council sur son territoire. Le 23 mars, les 28 Etats de l'Union Européenne, emboîtant le pas au Royaume-Uni, avaient à leur tour jugé «très probable» la culpabilité de la Russie dans cette affaire, bien que certains pays comme l'Italie ou la Grèce aient tenu à exprimer une position plus tempérée.

https://francais.rt.com/international/49158-affaire-skripal-allemagne-va-expulser

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lundi 26 mars 2018

La loi instaurant un « secret des affaires » passe en toute discrétion à l’Assemblée

La France s’apprête à transposer en catimini la directive européenne sur le secret des affaires, avec examen à l’Assemblée le 27 mars dans le cadre d’une procédure accélérée. Cette directive avait été adoptée il y a presque deux ans malgré les protestations de la société civile. Sous prétexte de lutter plus efficacement contre l’espionnage industriel, ce texte crée un droit général au secret pour les entreprises, qui leur permet potentiellement de traîner devant les tribunaux quiconque porterait à la connaissance du public une information sur leurs activités sur laquelle elles auraient préféré maintenir l’omerta.

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C’est donc une épée de Damoclès qui pèse désormais sur les lanceurs d’alerte, les salariés et leurs syndicats, les journalistes, les chercheurs et les associations de protection des consommateurs et de l’environnement. Dévoiler un montage d’optimisation fiscale, comme dans le cas récent du groupe Kering de François Pinault (7ème fortune de France), révéler des difficultés économiques qui pourraient provoquer des licenciements massifs, comme dans le cas de Conforama, ou enquêter sur l’utilisation de produits toxiques dangereux pour les salariés et les consommateurs, pourraient ainsi tomber sous le coup du « secret des affaires ».

Certaines exceptions ont certes été introduites dans la directive pour protéger la liberté d’expression et l’intérêt général. Mais les institutions européennes ont en revanche catégoriquement refusé de restreindre la portée de ce texte aux seules situations concurrentielles, autrement dit aux cas où un acteur économique chercherait effectivement à acquérir des informations commerciales sensibles pour son propre gain. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus, alors même que certaines firmes, comme le groupe Bolloré ou Veolia, ont de plus en plus tendance à vouloir museler leurs critiques aux travers de « procédures bâillon » (lire notre article).

Après l’adoption d’une directive européenne, les États membres ont théoriquement deux ans pour la transposer dans leur droit national.

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La date fatidique tombe dans les premiers jours de juin 2018. En France, la loi de transposition doit être examinée par l’Assemblée nationale le 27 mars, dans le cadre d’une procédure accélérée et passablement étrange, à l’initiative des députés de La République en marche (LREM) [1]. « La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen, soulignent dans une lettre ouverte un collectif regroupant syndicalistes, journalistes, lanceurs d’alerte, associations, chercheurs et simples citoyens (parmi lesquels les journalistes de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales). Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. »

Insécurité juridique pour les défenseurs de l’intérêt général

Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen. Elle ne propose pas de sanctions pénales allant jusqu’à la prison ferme, comme c’était le cas par exemple de la proposition initialement inscrite dans la loi... Macron, de 2015, lorsque l’actuel Président était ministre de l’Économie de François Hollande (lire notre article). Elle n’en comporte pas moins des reculs, notamment le fait d’obliger même ceux qui auraient involontairement violé un « secret d’affaires » à réparer le préjudice pour l’entreprise.

Surtout, loin de « clarifier le droit » sur la protection des secrets commerciaux comme le clament ses partisans, cette nouvelle loi sur le secret des affaires ne fait que créer de nouvelles contradictions entre les exigences de la liberté d’expression, du droit à l’information et de l’intérêt général d’une part, et celles du secret des affaires d’autre part. Contradictions qui devront être tranchées au cas par cas par les tribunaux. ONG, syndicats et journalistes craignent que les entreprises se tournent de plus en plus vers les tribunaux de commerce, qui leur sont bien plus favorables. Le jugement récemment rendu par le tribunal de commerce de Paris censurant un article du magazine de Challenges sur les difficultés économiques de l’enseigne Conforama (lire notre article), alors même que la directive sur le secret des affaires n’était pas encore transposée dans le droit français, augure d’un bien mauvais présage.

Le fruit d’un patient travail de lobbying

Le secret des affaires est à bien des égards une invention française. Des propositions de loi en ce sens, préparées par un petit milieu de spécialistes autoproclamés de « l’intelligence économique », ont été présentées à plusieurs reprises ces dernières années à l’Assemblée nationale ou au Sénat, sans succès. La dernière tentative date de 2015 et de la loi Macron, dans laquelle avaient été introduits subrepticement des articles sur le secret des affaires. Le locataire actuel de l’Élysée avait alors reculé devant la levée de boucliers. Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes.

Un travail d’enquête approfondi mené par l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory montre comment un petit groupe de multinationales essentiellement françaises et états-uniennes (Alstom, Michelin, Solvay, Safran, Nestlé, DuPont, GE et Intel...) ont orchestré l’élaboration de la directive en relation étroite avec la Commission européenne et des cabinets d’avocats d’affaires internationaux (lire notre article). Grâce aux jeux de pouvoir à Bruxelles, ils ont fini par obtenir gain de cause.

Une fois adopté à l’Assemblée, le texte passera ensuite devant le Sénat, qui risque fort de vouloir le durcir. Comme lors de l’examen de la loi Macron en 2015, et comme lors de l’adoption de la directive européenne en 2016, la mobilisation de la société civile sera nécessaire pour éviter le pire.

Olivier Petitjean

Notes

[1C’est habituellement toujours le gouvernement qui prépare les lois de transposition des directives européennes. Pour la première fois, cette transposition passe par une proposition de loi portée initialement par un groupe de députés La République en marche. Cette proposition de loi sera pourtant examinée à l’Assemblée dans le cadre d’une niche réservée aux projets de lois du gouvernement...

https://www.bastamag.net/La-loi-instaurant-un-secret-des-affaires-passe-en-toute-discretion-a-l

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"La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen",[Une version de "gauche" du "en même temps" macronien!]

"Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen",..."Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes":

En gros, le secret des afaires est "à bien des égards" une initiative française, et le rôle des institutions européennes est secondaire: on reste pantois devant un tel aveuglement!

L'idée sous- jacente à mon avis est d'expliquer qu'un gouvernement "de gauche" saurait transposer humainement et dans un sens social les directives européennes...

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Le Canada bannit la formule de politesse «madame» et «monsieur» dans l’administration publique

Radio-Canada apprend que les employés de Service Canada, point d’accès unique vers l’administration, devront «utiliser un langage neutre au niveau du genre». Finies les expressions comme «madame», «monsieur», «père» et «mère». Décadence ou progrès ?

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C’est une nouvelle mesure inclusive que vient d’instituer le Canada. Après avoir réécrit les paroles de son hymne (en remplaçant des termes comme «fils» par «tous») ou instauré administrativement le genre «neutre» pour ceux (ou celles) qui le désirent, le gouvernement s’est lancé dans une nouvelle réforme sémantique.

Les employés de Service Canada, point d’accès unique vers les services et les prestations du gouvernement, doivent maintenant «utiliser un langage neutre au niveau du genre» : terminés les mots «monsieur», «madame», «père» et «mère» lors d’une première interaction avec les clients, apprend le média Radio-Canada le 21 mars.

Ainsi, Radio-Canada a obtenu copie d’une note destinée aux gestionnaires et chefs d’équipe qui doivent passer consigne aux personnels d’administration. La note précise ainsi le nouveau vocabulaire à employer. Ainsi la relation client ne devra plus débuter par «madame» ou «monsieur». Les fonctionnaires s’adresseront aux administrés par leur nom complet ou leur demander de « quelle façon ils préfèrent que l’on s’adresse à eux ». Quant aux termes «père» et «mère», il faudra dorénavant leur préférer le simple «parent».

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Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social Jean-Yves Duclos, responsable de Service Canada, précise que, malgré tout, si le client le souhaite, il pourra toujours se faire appeler par «monsieur» ou «madame», le langage neutre étant, selon lui, une marque de respect.

Le service communication de Service Canada estime que ces ajustements étaient nécessaires pour « s’adapter aux réalités du XXIe siècle ».

Toutefois, des fonctionnaires, qui se sont déjà aventurés dans la pratique, ont été confrontés aux premières limites du dispositif :

« Certains clients se sentent moins respectés. », a fait savoir l’un d’eux sous couvert d’anonymat, dont les propos ont été relayés par Radio-Canada. « Des personnes d’un certain âge s’attendent à ce que nous soyons polis. Là, il faut les appeler par leur prénom et leur nom, et ça, ça les chicote. », poursuit-il.

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Et cette nouvelle langue a provoqué quelques imbroglios, selon ce fonctionnaire : « Ça nous arrive de parler à des gens et de dire : « Quel est le nom de votre parent numéro 1? » Et on a droit à des silences, les gens ne comprennent pas. »

Désormais, le service informatique de Service Canada doit aussi modifier les formulaires et les différents systèmes pour que les termes de l’ancien monde soient remplacés par ceux du monde d’un genre nouveau.

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Source :

https://www.marianne.net/monde/au-canada-termes-madame-et-monsieur-proscrits-service-public

https://www.ouest-france.fr/monde/canada/canada-les-termes-madame-ou-monsieur-exclus-du-service-public-5637970

https://francais.rt.com/international/49065-canada-bannit-formule-politesse-madame-monsieur-dans-l-administration-publique

https://aphadolie.com/2018/03/24/canada-les-termes-madame-et-monsieur-proscrits-du-service-public/

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Accusé d'avoir cautionné l'agression d'étudiants grévistes, le doyen de la fac de Montpellier démissionne

Philippe Pétel avait semblé prendre la défense des individus cagoulés - évoquant des "étudiants" dont il était "fier" - qui avaient attaqué les grévistes de la faculté de droit, ce 23 mars. Egalement accusé d'avoir laissé entrer les agresseurs dans l'amphithéâtre de l'université de Montpellier, il a démissionné quelques heures plus tard.

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"La démission du doyen est un premier élément qui doit contribuer à l'apaisement du site". Par cette déclaration, le président de l'université de Montpellier Philippe Augé a bien résumé à quel point la situation de Philippe Pétel était devenue intenable. Accusé d'avoir laissé se produire une agression en règle d'étudiants grévistes et d'avoir défendu ces actes de violence dans un entretien télévisé surréaliste, le doyen de la faculté de droit a démissionné ce vendredi 23 mars au soir.

Rappel des faits : dans la nuit du jeudi au vendredi, des étudiants grévistes occupent un amphithéâtre et décident d'y rester toute la nuit avant une assemblée générale, dans le cadre de manifestations contre le nouveau système d'orientation Parcoursup. Soudain, un groupe de dix individus cagoulés, encore non identifiés, munis de bâtons et de palettes de bois, pénètrent dans l'enceinte et frappent les grévistes qui quittent l'amphithéâtre en catastrophe. Plusieurs sont hospitalisés. Dans ce sinistre règlement de comptes, le rôle du doyen est trouble : plusieurs étudiants l'ont accusé d'avoir laissé entrer les agresseurs, avant de fermer les portes de l'université aux forces de l'ordre.

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Les soupçons de l'implication de Philippe Pétel ont été nourris par l'interview télévisée qu'il a accordée à France 3, dans laquelle Philippe Pétel nie avoir fait entrer les étudiants "qui ont voulu se défendre", refuse de les condamner... et semble les féliciter : "Les étudiants ont voulu se défendre, je ne peux pas les en blâmer. Les étudiants en droit qui étaient là étaient tous contre l'occupation. (...) Je suis assez fier de mes étudiants. Je les approuve totalement", avait-il déclaré. Si le montage opéré par France 3 ne permet pas de comprendre s'il parle bien de l'agression en elle-même, le doyen de l'université ne condamne en tout cas absolument pas les violences dont d'autres étudiants ont été victimes.

Cautionner l'expédition punitive d'une milice contre des grévistes pacifiques n'était sans doute pas la meilleure idée pour apaiser les esprits... ni pour rester en poste à l'université. L'affaire est désormais entre les mains de la justice : le président de l'université de Montpellier a porté plainte contre X, et le parquet a ouvert une enquête pour "faits de violence en réunion avec arme". Les circonstances de l'intrusion devront également être élucidées. La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, après avoir condamné "avec la plus grande fermeté ces actes de violence", a quant à elle dépêché une équipe de l'Inspection générale qui doit se rendre sur place ce lundi.

https://www.marianne.net/societe/accuse-d-avoir-cautionne-l-agression-d-etudiants-grevistes-le-doyen-de-la-fac-de-montpellier

 

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Lucie Aubrac, héroïne de la Résistance

L'une des dernières grandes figures de la Résistance est morte mercredi 14 mars dans la région parisienne à l'âge de 94 ans. Elle avait été un élément clé du mouvement Libération à Lyon et joué un rôle majeur dans l'évasion de son mari lors d'un transfert, après son arrestation avec Jean Moulin et d'autres chefs de la Résistance.

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L'une des dernières grandes figures de la Résistance, Lucie Aubrac, est morte mercredi 14 mars dans la région parisienne à l'âge de 94 ans. Sa vie, marquée par un engagement de tous les jours, et plus précisément durant les années noires de l'Occupation, aura définitivement fait d'elle une incarnation du courage et de la capacité à se révolter. Son action en 1943 à Lyon, alors capitale de la Résistance, a été portée à l'écran en 1997 par Claude Berri dans Lucie Aubrac, jouée par Carole Bouquet. Un film qui restitue bien l'arrestation à Caluire des dirigeants de la Résistance – dont Jean Moulin et Raymond Aubrac, le mari de Lucie –, mais donne peu de renseignements sur la biographie de cette femme de tête née le 29 juin 1912 dans une famille de vignerons mâconnais modestes.

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Lucie Bernard, son nom de jeune fille, n'avait pourtant pas attendu les heures sombres pour prendre conscience de la montée des fascismes en Europe. Excellente élève, passionnée d'histoire, elle devient professeur agrégée dans les années 1930. Dès cette époque, elle est spontanément, naturellement une militante. Inscrite aux Jeunesses communistes, son engagement est total.

Lorsque la guerre éclate, elle est en poste à Strasbourg. Elle vit avec un jeune ingénieur des ponts et chaussées issu de la bourgeoisie juive, Raymond Samuel. Ce dernier a fait une partie de ses études aux Etats-Unis, pays qu'il apprécie tout en restant très proche des analyses marxistes. Ils se marient le 14 décembre 1939 alors que la France s'est installée dans la drôle de guerre.

A l'heure de la défaite de juin 1940, quand Raymond Samuel se retrouve prisonnier de l'armée allemande, Lucie parvient une première fois à le libérer de la prison de Sarrebourg (Moselle), en août, profitant d'une confusion générale. Tous deux gagnent alors Lyon.

Le régime de Vichy s'est installé, la collaboration s'impose violemment et le premier statut contre les juifs est adopté. Le couple, qui dispose de deux visas, pourrait partir aux Etats-Unis. Ce serait la sagesse : ils sont fichés comme communistes et il est juif. Ils refusent ce confort, non par défi mais par patriotisme. Par esprit de résistance.

Ils seront parmi les premiers en France à constituer un réseau d'entraide solide, à rédiger des tracts et à les distribuer. A l'automne 1940, Lucie Samuel rencontre Emmanuel d'Astier de la Vigerie, fondateur du réseau clandestin Libération. Ils décident de lancer ensemble un journal. C'est durant ces rencontres que Lucie et Raymond Samuel deviennent insensiblement des clandestins. Elle est professeur et mère de famille; elle est aussi complètement impliquée dans la vie du mouvement Libération.

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En 1941, tous leurs efforts sont tournés vers la rédaction et l'impression du journal, arme de propagande. En 1942, ils cherchent à élargir leur réseau et à trouver des armes, de l'argent, des caches. Le tout avec un mélange d'improvisation et d'organisation. De sang-froid et de fièvre.

Pour tout le monde, ils s'appellent Lucie et Raymond Samuel. Ils donnent le change. Leurs voisins ne se doutent de rien. Elle part chaque jour donner ses cours au lycée de jeunes filles Edgard Quinet; lui travaille assidûment. Mais en réalité, les contacts rapides, les rendez-vous clandestins se multiplient. Sous le nom de François Vallet, Raymond Samuel est arrêté le 15 mars 1943 alors qu'il va rencontrer un camarade, Maurice Kriegel Valrimont, alias Maurice Fouquet, dans un appartement de Lyon. Dans le même coup de filet, une vingtaine de personnes sont arrêtées. La police française ne parvient pas à percer la véritable identité de Raymond Samuel. Il explique qu'il se livre au marché noir (achat et revente illégaux de sucre). Le juge signe une ordonnance de libération le 10 mai 1943.

Mais ce qu'ignore Raymond Samuel à ce moment-là, c'est le rôle de sa femme. Lucie s'est rendue en personne chez le procureur pour lui tenir ce langage : "Je représente ici l'autorité du général de Gaulle, qui est le chef de Vallet. Si demain, au palais de justice, vous ne signez pas favorablement sa mise en liberté, si le 14 au matin Vallet n'est pas libre, vous ne verrez pas le soleil se coucher le 14 au soir." Une dizaine de jours plus tard, le mouvement Libération, avec un commando intégrant Lucie et Raymond, libérera plusieurs autres résistants de ce groupe : Kriegel Valrimont, Serge Ravanel et François Morin, en se faisant passer pour des agents de la Gestapo. A chaque fois, Lucie Aubrac manifeste un courage et un esprit de décision exemplaires.

"Il faut savoir être fou", disait-elle. Il lui arrivait aussi d'ajouter : "Sans les femmes, la Résistance ne pouvait rien faire." Elle en était un élément de preuve. La Résistance pouvait en tout cas prendre les couleurs d'un "grand jeu enfantin et mortel", selon la formule de d'Astier de la Vigerie.

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Lors de l'arrestation de Caluire, près de Lyon, le 21 juin 1943, quand Jean Moulin, chef de la Résistance fut arrêté avec sept autres dirigeants dont Raymond Aubrac, l'aspect mortel l'emporta. Mais encore une fois, Lucie parvient, après quatre mois de patience, à faire libérer son mari au cœur de Lyon.

Le couple vit alors de cache en cache, recherché, traqué. Lucie Aubrac parvient, grâce à ses contacts, à gagner Londres le 8 février 1944 avec son petit garçon. Elle accouche d'une petite fille quelques jours plus tard. Son combat aurait pu s'arrêter là. Mais Lucie Aubrac participa à la Libération et siégera à l'Assemblée consultative. Par la suite, elle ne cessa jamais de militer, d'enseigner, de faire la pédagogie de ce que furent l'ignominie de la collaboration et la fraternité de la Résistance. De sa voix forte, avec une détermination inoxydable, elle racontait, expliquait. Devenue militante d'Amnesty international, prenant cause pour les sans papiers, elle résumait son credo d'une phrase : "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent."

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2007/03/15/lucie-aubrac-heroine-de-la-resistance-est-morte_883263_3382.html#PuRHEVBQI57VoxgM.99

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Barbara Lefebvre : "La génération J'ai le droit, ce sont les incivilités du quotidien"

Barbara Lefebvre, professeur, dénonce l'abandon culturel de toute une génération.

Vous utilisez le terme de génération “J'ai le droit”. Qu'appelez-vous ainsi ?

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C'est une expression qui tente de résumer la tyrannie de l'individualisme dans nos sociétés occidentales modernes. C'est une génération de parents et d'élèves qui considère que leurs droits individuels prévalent sur l'intérêt général. “J'ai le droit de penser et de dire ce que je veux”. Ce sont les incivilités du quotidien, ceux qui hurlent dans leur téléphone ou écoutent leur musique sans écouteurs dans les transports en commun.

Beaucoup de gens ont aujourd'hui une grande difficulté à supporter les cadres, les codes sociaux ou comportementaux. Bien sûr, la grandeur des sociétés occidentales, c'est de reconnaître la singularité des individus, mais c'est initialement pour le projeter dans le commun. Aujourd'hui, on glorifie les identités particulières au détriment du bien commun. Ce triomphe du “Moi” fait le jeu à la fois du modèle ultralibéral, avec le culte du consumérisme et du communautarisme qui détermine l'individu par une identité de naissance à préserver absolument.

Comment cela se manifeste-t-il à l'école ?

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Les élèves, et pas que dans les établissements difficiles, ont du mal à être dans un rapport vertical face à l'enseignant. Ils se lèvent en plein cours, interrompent les professeurs. Or, l'école est le premier lieu de la contrainte sociale. L'élève doit y vivre selon des principes et des règles qui construisent un collectif. Hélas, cet idéal craque sous nos yeux. L'école souffre de deux rejets : une double crise de l'autorité et de la culture. La récusation de l'autorité est le résultat d'un long processus né avec les utopies des Lumières, mais elle a éclaté au moment de mai 1968. Les enfants gâtés du baby-boom, aveuglés par les promesses des Trente Glorieuses ont cru qu'ils pouvaient tout envoyer valser…

Depuis 20 ou 30 ans, on a encouragé l'idée que la société est au service de l'individu et que l'individu n'est plus au service de la société. Dans les Territoires perdus de la République lorsqu'on soulignait la contestation de certains enseignements à l'école, cela illustrait déjà cette crise du consentement. Si la parole du maître n'a plus valeur de vérité, tout enseignement devient impossible. L'explosion des réseaux sociaux a accentué la domination du “je” tout-puissant et du complotisme. Et l'école est malheureusement devenue le lieu où les croyances prennent le pas sur le savoir.

Vous dénoncez une faillite culturelle généralisée, et celle de l'Éducation nationale en premier lieu. À qui la faute ?

Aux théories pédagogiques issues des années 60/70 qui ont renoncé à transmettre un héritage classique. Ce phénomène né à l'université et érigé en science a décrété que la culture était l'outil de domination de la classe bourgeoise. Cette lecture politique a conduit à la déconstruction des savoirs, des rapports hiérarchiques, tout ce qui faisait l'autorité. Depuis 30 ans, la formation des enseignants est sous le joug de ses pseudos scientifiques au langage jargonnant et prétentieux.

L'enseignement du français a été le premier instrument de ce déracinement culturel. On l'apprend désormais comme une langue de communication et non plus comme une langue littéraire. Cela a conduit beaucoup d'élèves à l'illettrisme, et plus globalement à une acculturation générale qui fait que les jeunes ne peuvent plus entrer dans la littérature. Quand votre champ lexical se réduit comme peau de chagrin et que vous ne maîtrisez plus l'orthographe et la syntaxe, vous ne pouvez pas accéder à une identité commune.

Avec ce livre, on vous accuse de “délire réac”. Pourtant vous militez pour l'égalité des chances à l'école. N'est-ce pas paradoxal ?

J'ai tenté de témoigner de vingt ans d'expérience sur le terrain, et je ne suis pas une prof qui s'est mise à l'abri en université. Les conservateurs sont ceux qui se prétendent progressistes. Car leur modèle a échoué et envoie au casse-pipe les enfants des catégories populaires et défavorisées qui n'auront pas les clés pour avancer dans un monde de plus en plus compétitif. Au fond, ces gens ont une vision très élitiste de la culture alors que la culture sert à émanciper le peuple.

L'école est le lieu de la conservation, et conservation ne signifie pas putréfaction. L'école ne doit servir d'idéologie, sa priorité doit être la culture. Mais à l'allure où l'on va, la culture classique restera l'apanage de l'élite. Car ne vous leurrez pas, cette acculturation ne touche pas les enfants de ceux qui ont détruit l'école.

L'école actuelle organise l'inégalité des chances, mais pas dans le sens qu'on voudrait nous le faire croire. Je sais que Jean-Michel Blanquer défend l'idée de la culture classique, mais il est dans un gouvernement qui a des objectifs économiques. Tous les ministres de l'éducation nationale ont été défaillants. Avec Najat Valaud-Belkacem, on avait une école à visée morale et malheureusement Emmanuel Macron en a une vision utilitariste qui ne regarde l'école que comme le moyen de façonner les actifs de demain.

“Génération J'ai le droit – la Faillite de notre éducation” (Éditions Albin Michel), 18 euros, 236 pages.

http://www.midilibre.fr/2018/02/25/barbara-lefebvre-la-generation-j-ai-le-droit-ce-sont-les-incivilites-du-quotidien,1632384.php#fT717xZmrTFYPxMi.99

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