lundi 9 octobre 2017

Des centaines de milliers d'opposants à l'indépendance de la Catalogne défilent à Barcelone

Des centaines de milliers d'Espagnols ont défilé dans les rues de Barcelone pour manifester leur hostilité à l'indépendance de la province, une semaine après le référendum d'autodétermination interdit qui a déclenché une grave crise politique.

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«Vive la Catalogne ! Vive l'Espagne !», scandait la foule de manifestants opposés à l'indépendance de la Catalogne, qui ont battu le pavé à Barcelone, le 8 octobre, en brandissant des drapeaux espagnols.

Il s'agissait de la première grande manifestation anti-indépendantiste dans la capitale régionale depuis le début de la crise, avec pour mot d'ordre : «Ça suffit ! Retrouvons la sagesse !» Selon la police municipale, 350 000 Espagnols – venus de Catalogne et d'ailleurs – ont participé à la manifestation, de 930 à 950 000 selon les organisateurs.

«La démocratie espagnole est là pour rester et aucune conjuration indépendantiste ne la détruira», a lancé à la foule le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, de nationalités espagnole et péruvienne, qui participait à la mobilisation.

Les manifestants, arborant aussi des drapeaux catalans ou européens*, se voient comme la majorité silencieuse qui n'a pas eu voix au chapitre depuis que les autorités indépendantistes ont organisé le référendum du 1er octobre, interdit par la justice espagnole.

«C'est très important pour nous de montrer que nous aussi, nous sommes nombreux. On n'entend que les autres», expliquait par exemple à l'AFP, vêtu du maillot de l'équipe de football de l'Espagne et des drapeaux espagnol et catalan, un manifestant de 37 ans, venu en voiture de Tarragone, à 100 kilomètres au sud-ouest.

Vers une déclaration unilatérale d'indépendance le 10 octobre ?

Estimant avoir remporté le référendum avec 90% de «oui» à l'indépendance, les séparatistes envisagent de faire sécession dans les jours qui viennent, peut-être lors de la séance du parlement régional le 10 octobre, durant laquelle le président catalan Carles Puigdemont doit intervenir.

Pour l'heure, l'impasse est totale entre le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, et les autorités séparatistes. Carles Puigdemont réclame une «médiation internationale». Mais Mariano Rajoy n'envisage pas de dialogue tant que les séparatistes n'auront pas retiré leur menace de rupture.

https://francais.rt.com/international/44319-marche-contre-independance-catalogne-barcelone


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN

Si on observe les images, force est de constater que les drapeaux européens sont peu nombreux en comparaison du nombre impressionant de drapeaux espagnols et catalans (v. ci- dessus). Il faut tout le talent d'un journaliste pour mettre en valeur certains détails visiblement insignifiants! Mais je vois le mal partout, ça doit être mon côté "complotiste"...

P.G.

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Christine Angot, capricieuse médiatique

Les téléspectateurs de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés, sont de drôles de privilégiés. Samedi 30 septembre 2017, ils ont assisté à une émission dont ils savaient à l’avance qu’ils ne verraient pas le clou du spectacle : « le clash entre Christine Angot et Sandrine Rousseau », ainsi que le rapporte la majorité des médias ce même samedi.

ARG ANGOT RUQUIERSurprenante formule car de vrai clash il n’y a pas eu. Seulement l’habituelle colère d’une enfant gâtée du monde de la culture libérale-libertaire. France 2 a donc décidé de ne pas donner à voir cette séquence lors de la diffusion de l’émission. Ce qui a été diffusé, clash en moins, peut se voir ici.

Cachez donc ce caprice que je ne saurai voir

À lire les médias qui rapportent les faits, comme 20 Minutes, Le Huffington Post, RTL, Le Figaro, L’Express, CNews…, le plateau d’ONPC a connu 30 minutes de gamineries capricieuses. Un « vif échange » oppose Christine Angot à l’invitée Sandrine Rousseau, ancienne cadre l’EELV maintenant engagée dans la lutte contre les agressions sexuelles. Sandrine Rousseau a publié un témoignage racontant la manière dont elle a été traitée par Denis Baupin. Des fuites de téléspectateurs disent que l’ancienne responsable écologiste a terminé l’émission en larmes, suite à ce qui ne fut pas en réalité un « vif échange » mais bien une agression — laquelle eut valu exclusion du PAF pour toute personne moins politiquement intégrée. Christine Angot aurait prononcé ces mots : « Je vous interdis de dire ce que vous dites ! Vous ne pouvez pas parler au nom de toutes les femmes, vous auriez dû dire “je”. On ne peut parler que de son viol ». Nous n’aurons donc pas le ton avec lequel ces mots ont été prononcés. Un ton sans doute violent, on peut l’imaginer si l’on se souvient de l’agressivité gênante qui avait été celle de l’écrivain à l’égard de François Fillon, alors candidat à la présidence de la République. Lors de l’enregistrement d’ONPC, Angot aurait jeté tout ce qui traînait devant elle, après avoir attaqué une Sandrine Rousseau qui était, rappelons-le, l’invitée d’une émission dont l’écrivain est devenu chroniqueuse en septembre, en récompense de ses invectives contre Fillon.

Christine, au nom de quelle secte parles-tu ?

François Fillon avait laissé entendre que son interlocutrice était sectaire, conservant cependant une certaine retenue devant une personne l’accusant sur la base d’attaques non confirmées par la justice. Il est vrai que le choix des mots est signifiant. Lors de la séquence retirée de l’émission ONPC du samedi 30 septembre 2017, Angot dit : « Je vous interdis de dire ce que vous dîtes », niant ainsi la liberté d’expression de son interlocutrice. Puis elle affirme « vous auriez dû dire ». Interdiction et obligation, les deux formules traduisent autant l’état d’esprit de l’écrivain que celui des milieux bobos parisiens auxquels elle appartient, de plus en plus habitués à intimer, interdire et obliger autrui. Au nom de la « liberté » et de la « tolérance ». Cela a été analysé par nombre d’observateurs, dont les philosophes Alain Finkielkraut et Jean-Claude Michéa.

Christine n’en est pas à son coup d’essai

Cette agressivité en forme de volonté d’interdire à l’autre d’être ce qu’il est n’est pas une première de la part de Christine Angot. Il y avait eu clash avec Zemmour, puis avec Natacha Polony. Dans chacun de ces cas, l’écrivain avait une actualité personnelle, tout comme lors de son offensive anti Fillon – elle mettait alors en scène l’un de ses romans au théâtre, ce que David Pujadas n’a pas manqué de signaler tandis qu’elle quittait le studio. Récemment, Alexis Corbière, député de la France Insoumise, a aussi été soumis à la vindicte dogmatique de l’écrivain, éructant « Je suis une artiste ! Je suis une artiste ! » quand l’homme politique venait d’utiliser le mot « d’intellectuelle » à son égard. Pourquoi cette violence ? Angot prétendait convaincre les téléspectateurs que le mouvement de Corbière aurait été soutenu par Dieudonné, uniquement parce que l’une de ses candidates aurait « accueilli » ses voix. Ce qui ne fut d’ailleurs aucunement le cas. Corbière parle d’amalgame. Angot dit « Il faut être clair ». Corbière l’informe qu’il ira vérifier « si elle s’est un jour prononcée contre Dieudonné ». Clash mal préparé, Alexis Corbière est un anti Dieudonné historique, militant de l’interdiction des spectacles de l’humoriste. Le clash se termine donc plutôt calmement : on est entre parisiens de gauche.

Christine ou Je Suis vraiment Partout ?

Bien sûr, de mauvaises langues remarqueront que le clash du samedi 30 septembre 2017 survient la semaine où sort sur les écrans le dernier film de Claire Denis, avec Juliette Binoche en égérie du tout Paris végan-bobo-bonzaïo-révolutionnaro-macroniste en tête d’affiche. « Un beau soleil intérieur », film dont le scénario a justement été écrit par Christine Angot. Ces mêmes mauvaises langues auront beau jeu de souligner qu’un peu de buzz ne pouvait guère mieux tomber. Ce qui ne sera évidemment pas le cas de l’OJIM. Reste que face à de tels moments médiatiques, où la vulgarité de Ruquier comme de Christine Angot éclate au grand jour, une personnalité influente du PAF nous disait devant une telle palinodie, — en souriant et sous couvert d’anonymat — être maintenant « convaincue qu’interdire la fessée sera une énorme ânerie ».

https://www.ojim.fr/christine-angot-capricieuse-mediatique/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=98b12ecdd4-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-98b12ecdd4-71509009


 L'émission de Ruquier est tristement célèbre pour ses "coupes sombres".

Les militants de l'UPR se souviennent du passage de François Asselineau à "On n'est pas couchés", de la façon dont il fut traité, avec arrogance et mépris, notamment par Aymeric Caron, et surtout de la "post- production" invraissemblable qui fut diffusée. A l'époque, ça n'avait pas ému les médias...

P.G.

VID FA RUQUIER

https://www.youtube.com/watch?v=5Lg9SUMH99s

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Lafarge accablé pour ses arrangements avec Daesh en Syrie

 «On acceptait le racket ou on partait»

L’enquête continue sur le versement présumé d’importantes sommes par le géant du ciment à des groupes terroristes en Syrie, notamment en 2013, en pleine expansion de Daesh (*). Certains dirigeants mettent en avant des intérêts économiques supérieurs…

ARG LAFARGE TERRORISMEUn an après l’ouverture d’une enquête préliminaire en octobre 2016 par le parquet de Paris, puis d’une information confiée depuis à trois juges d’instruction en juin dernier, le dossier contre le cimentier Lafarge devient accablant. La direction, basée en France, est suspectée d’avoir eu connaissance et d’avoir validé des paiements effectués par sa filiale syrienne, Lafarge Cement Syria (LCS), à des groupes armés terroristes afin de pouvoir continuer à exploiter un site en Syrie. Les enquêteurs soupçonnent en outre le géant franco-suisse du ciment d’avoir produit de fausses pièces comptables.

«Soit on acceptait le racket, soit on partait», a fait valoir en guise de défense un responsable de Lafarge, anonymement cité par l’AFP. Mais l’argument paraît un peu court, les auteurs dudit racket n’étant pas de simples voyous mais des terroristes de l’organisation Daesh. Ce qui ferait techniquement de l’entreprise Lafarge un soutien du terrorisme islamique. Même ligne de défense un peu surréaliste de la part de l’ex-président du groupe de 2007 à 2015, Bruno Lafont, aux enquêteurs des douanes judiciaires. «Pour moi, les choses étaient sous contrôle. Si rien ne me remontait, c’est que rien de matériel ne se produisait», assurait-il en janvier 2017, selon une source proche du dossier.

Mauvais timing

Tout commence en 2010, avant le début de la guerre civile en Syrie et l’extraordinaire émergence de l’Etat islamique. En octobre de cette année, Lafarge inaugure l’usine flambant neuve de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, qui lui a coûté 680 millions de dollars. Un investissement a priori sûr dans une république laïque dont les liens commerciaux avec la France sont anciens. Mais à peine six mois plus tard, les premiers troubles, prémices du chaos dans lequel allait être plongée la Syrie, éclatent.

A partir de 2013, la production de la cimenterie s’effondre et Daesh, en pleine expansion territoriale depuis son berceau irakien, devient incontournable dans la région. Mais contrairement au pétrolier Total ou à d’autres multinationales, le cimentier décide de rester.

Un seul intermédiaire entre Lafarge et Daesh

Cependant, pour se maintenir dans le pays, le cimentier va devoir mettre la main à la poche. Pour assurer la sécurité de ses employés – et donc maintenir l’exploitation de son site – LCS verse à un intermédiaire, «entre 80 000 et 100 000 dollars» par mois, d’après Bruno Pescheux, ex-directeur de la cimenterie entre 2008 et 2014. Mais l’intermédiaire n’est pas un simple porteur de valises. Il s’agit en effet d’un ex-actionnaire minoritaire de l’usine, un certain Firas Tlass. Celui-ci répartit ensuite les fonds entre différentes factions armées, toujours selon Bruno Pescheux. La part du gâteau pour Daesh stricto sensu aurait ainsi représenté environ 20 000 dollars par mois.

En contrepartie, l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi édite en mai 2014 un laissez-passer, avec la mention suivante : «Prière d’autoriser le ciment venant de Lafarge à passer les barrages». Le 29 juin de la même année, le jour-même où l’organisation autoproclame «le califat» et devient un quasi-Etat, une rencontre aurait même été organisée entre un de ses cadres et le responsable de la sécurité de la cimenterie.

Bénédiction du Quai d’Orsay ?

Selon les révélations de l’enquête, l’affaire remonte même jusqu’au sommet de l’Etat. Cette volonté de rester aurait reçu l’aval des autorités françaises, alors que Laurent Fabius était ministre des Affaires étrangères. «Le quai d’Orsay nous dit qu’il faut tenir, que ça va se régler […] On allait voir, tous les six mois, l’ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit : « Maintenant il faut que vous partiez »», a plaidé un autre dirigeant de Lafarge, Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel.

D’autres responsables, d’après l’AFP, auraient en outre souligné l’importance de conserver un avantage stratégique afin d’être en première ligne pour participer à la reconstruction de la Syrie une fois la guerre terminée. Ces dirigeants pensaient-ils que les multinationales étaient au-dessus des lois contre le financement du terrorisme, lesquelles ne concerneraient que les particuliers ?

RT – 6 oct. 201

[*] Ndlr: Le groupe terroriste Daesh est issu de l’État islamique d’Irak (EII) créé en 2006; il a commencé à s’étendre et sévir en Syrie en 2013 sous l’appellation État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Et dès juin 2014 sous l’appellation Etat islamique

Lire aussi: http://arretsurinfo.ch/un-ancien-dirigeant-de-lafarge-reconnait-avoir-finance-letat-islamique-avec-laval-de-la-france/

Source: https://francais.rt.com/economie/44262-on-acceptait-racket-ou-on-partait-lafarge-daesh-syrie

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Le sinistre Jupitre a choisi son camp

Avec son fatal « pauv’con », Sarkozy pouvait au moins invoquer la maladresse d’une spontanéité un peu « populo-vulgaire » pour justifier sa grossière et ravageuse erreur.

ARG MACRON ETOILEAvec son « Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes», Macron lui, ne le peut plus. Ne serait-ce que parce que l’excuse malhonnête a déjà trop servi. Ça n’est pas une maladresse, ça n’est pas une erreur, ça n’est même pas spontané. C’est délibéré et ça poursuit un objectif.

Il ne lui reste plus qu’à invoquer la désormais sempiternelle « sortie du contexte » (de sa fameuse « pensée complexe », sans doute)… mais pour aggraver son cas, ou galvaniser son camp.

Complètement désinhibé, ce petit malotru insulte délibérément ses « sujets« , précisément parce qu’il croit – il l’a appris dans ses études – qu’en les « sujétisant », il se « jupitérise ».

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Le pipeline turco-kurde de la Russie à l’UE fait de Moscou le médiateur du Moyen-Orient

Rosneft a révélé qu’elle était en négociations avec le gouvernement du Kurdistan irakien pour construire un pipeline dans la région d’ici 2019, pour commencer à exporter du gaz vers la Turquie et vers l’Union européenne une année plus tard.

ARG KURDISTAN PIPELINECela éclaire ce que la compagnie russe, qui appartient au gouvernement, avait à l’esprit quand elle a signé un accord majeur avec la région autonome, en juin, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. L’itinéraire exact du pipeline est encore incertain, mais il progressera probablement par voie terrestre à travers la Turquie, puis se liera avec l’infrastructure du Turkish Stream près de la frontière de l’UE ou débouchera en Méditerranée orientale avec un terminal d’exportation de GNL, ce dernier pouvant faciliter les expéditions versIsraël dans un renforcement du partenariat déjà étroit de la Russie avec Tel-Aviv. Toutes ces possibilités sont très intéressantes et ajoutent une nouvelle couche de profondeur stratégique à la diplomatie énergétique russe au Moyen-Orient.  Il est cependant important de se concentrer sur le court terme pour savoir pourquoi cette annonce est intervenue exactement une semaine avant le vote controversé de l’indépendance des Kurdes et juste un jour après que la Russie a rétabli le service de vol direct avec l’Irak, dont le gouvernement régional kurde fait nominalement partie.

Rien de tout cela n’a été un hasard, car plusieurs messages forts ont été envoyés à la communauté internationale à un moment crucial de l’histoire du Moyen-Orient.

La première est que la Russie s’occupe du Kurdistan irakien comme s’il était déjà un pays indépendant, contournant Bagdad dans la conduite de sa diplomatie énergétique bilatérale avec cet « État » en rupture, en dépit de la reconnaissance officielle de la souveraineté du gouvernement central sur l’ensemble de l’Irak et de ses ressources. La raison pour laquelle la Russie semble le faire peut ressembler à une occasion irrésistible d’améliorer indirectement ses relations avec l’UE en fournissant du gaz venant du Kurdistan et transitant par la Turquie passant par le projet de Corridor gazier sud-européen qui pourrait fonctionner à la fois pour le bénéfice stratégique de Moscou et aussi de celui des Kurdes en donnant à deux de leurs adversaires une raison de reconnaître leur indépendance future. Cela conduit au prochain point, c’est-à-dire que les lourds investissements stratégiques de la Russie dans le secteur de l’énergie kurde font de Moscou un des principaux acteurs de l’avenir du territoire, ce qui permet à la Russie de mettre en scène une intervention diplomatique pour devenir le médiateur entre Erbil et Bagdad ainsi qu’entre les Kurdes et leurs trois voisins internationaux, dans le but de protéger leurs intérêts.

Cela s’harmonise avec la vision de politique étrangère des progressistes en Russie qui considèrent le rôle géostratégique de leur pays comme étant la force d’équilibrage suprême du supercontinent eurasien. À cette fin, ils ont cherché à « ranger » les alliés traditionnels américains de leur côté en encourageant leur « alignement multilatéral », ou la diversification de leur politique étrangère avec Moscou. Les Kurdes irakiens ne sont que le dernier exemple de ce qui se passe, après la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ce qui prouve que le « Pivot vers l’Asie » de la Russie est en fait un « Pivot vers la Oumma » alors que Moscou travaille activement à remplacer le vide de leadership laissé par des États-Unis sur le départ dans ce « Grand Moyen-Orient ».

Andrew Korybko | 25 septembre 2017

Article original en anglais : Oriental Review

Source: http://versouvaton.blogspot.ch/2017/10/le-pipeline-turco-kurde-de-la-russie.html

http://arretsurinfo.ch/le-pipeline-turco-kurde-de-la-russie-a-lue-fait-de-moscou-le-mediateur-du-moyen-orient/

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Brèves d'antipresse

UE | Main basse sur l’épargne

Ce fut pendant longtemps un dada des sites conspirationnistes, mais voici que la rumeur se retrouve confirmée par le petit télégraphe de la finance, le quotidien Le Temps: des lois sont votées en Europe permettant de saisir une partie de l’épargne afin de renflouer les institutions financières.

MC SUISSE FAMILLECertes, on invoque le surendettement irrattrapable des Etats et sa conséquence «ubuesque»: l’apparition des taux d’intérêts négatifs, mais la révolution fondamentale n’est pas nommée: l’abolition de la propriété privée et l’autorisation du pillage.

Autrement dit: la «poire pour la soif» que vous avez minutieusement mise de côté sur vos 30’000 euros annuels hors impôts en rognant sur la moindre dépense pourra désormais légalement être prélevée pour éponger les spéculations erratiques des princes de la finance qui gagnent autant chaque jour

http://log.antipresse.net/post/ue-main-basse-sur-lepargne


 

La Suisse, avec son armée de milice, est l’un des pays les plus armés au monde.

Pratiquement chaque foyer y abrite une arme de guerre. Pourtant, les fusillades de masse y sont rarissimes et la criminalité par armes à feu très contenue. Pourquoi? Contrastant avec le militantisme anti-armes pavlovien à feu de certains médias de service public suite au massacre de Las Vegas, Le Temps publie une analyse équilibrée de la culture des armes en Suisse en interrogeant le criminologue Martin Killias ainsi que le président de la Société suisse des officiers, Denis Froidevaux. Comme aux Etats-Unis, il existe dans ce pays une culture des armes, mais son esprit et diamétralement opposé.

«La culture des armes en Suisse, dont les vecteurs sont l’histoire, la tradition, les sociétés de tir et l’armée de milice, est fondamentalement différente de celle des Etats-Unis. La responsabilité individuelle donnée à un jeune de 20 ans à qui l’on remet une arme de service n’est certainement pas étrangère à ces chiffres.» (Denis Froidevaux)

http://log.antipresse.net/post/armes-pourquoi-les-suisses-tuent-si-peu


 

SUISSE | Sus au whiskyslamisme!

La presse internationale le rapporte avec délices: un habitant de Zurich a été interpellé par ses voisins pour avoir arboré un drapeau de l’Etat Islamique à sa fenêtre, flanqué même d’un drapeau… italien.

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«“Devons nous avoir peur ? D’abord ce drapeau italien, puis ce drapeau noir. Êtes-vous un sympathisant de l’État islamique ?", a-t-il pu lire dans un message signé par “des voisins inquiets".»

La Suisse, on le sait, la vigilance «citoyenne» rend les services de renseignement pratiquement inutiles (ce qu’ils s’attachent à prouver de temps en temps). En l’occurrence, il y a eu un petit bug: c’est un drapeau d’une célèbre marque de bourbon qui a été confondu avec celui des coupeurs de têtes. C’est vrai, quoi: quelle idée a-t-il eu, ce Jack Daniel, de choisir un drapeau noir et blanc comme le fanion islamiste?

http://log.antipresse.net/post/suisse-sus-au-whiskyslamisme

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dimanche 8 octobre 2017

Histoire mondiale de la France: guerre au « roman national » !

Sortie en fanfare, soutien massif des médias, passages répétés de ses coordinateurs à la télévision et à la radio. Rien n'a manqué à cette Histoire mondiale de la France pour devenir un succès éditorial.

ARG HISSTOIRE DE FRANCE LIVRE

On annonce cinquante mille exemplaires vendus en quelques semaines. C'est exceptionnel pour un ouvrage collectif écrit par des universitaires pour la plupart inconnus du grand public.

La raison tient moins à la qualité de l'ouvrage qu'à son caractère militant et politique, en pleine campagne des présidentielles...

<em>Histoire mondiale de la France</em>

Publiée sous la direction de Patrick Boucheron, spécialiste du Moyen Âge italien et professeur au collège de France, l'Histoire mondiale de la France (Seuil, 2016) rassemble en huit cent pages les contributions de cent vingt-deux historiens.

Cela donne au total cent quarante-six chroniques de quatre page chacune. Elles traitent chacune d'un aspect de l'Histoire de France à travers une date de convenance, rarement l'une des dates que l'on a apprises à l'école. Ainsi, plutôt que de nous raconter la victoire de Charles Martel sur les Arabes près de Poitiers en 732, on nous présente un partage de butin par des pillards musulmans quelque part près de Perpignan en 719.

C'est le choix du directeur de publication qui a souhaité rompre avec l'histoire traditionnelle, que l'on a coutume d'appeler « roman national » et que lui appelle avec une moue de mépris « légendaire national ».

Le titre de l'ouvrage veut souligner que notre pays a toujours vécu en résonance avec le reste du monde. Est-ce vraiment une révélation ?

Du style gothique ou « français » à la laïcité et la séparation des Églises et de l'État, en passant par L'Esprit des Lois, la Déclaration des Droits de l'Homme et du CitoyenLa Démocratie en Amérique de Tocqueville et Les Misérables de Victor Hugo, la France a apporté à l'humanité des richesses immenses. Et parmi les héros du fameux « roman national » (saint Louis, Jeanne d'Arc, Jacques Cartier, Napoléon, Marie Curie...), en est-il un ou une qui ne soit pas l'expression en bien ou en mal de cette ouverture sur le monde ? Au demeurant, toutes les grandes nations ne sont-elles pas dans cette même ouverture, l’Angleterre comme l’Espagne, la Suède comme l'Italie, les Pays-Bas etc etc ?

Patrick Boucheron, professeur au Collège de France (DR)Pourtant, tous les exemples ci-dessus sont absents de L'Histoire « mondiale » de la France. Ce n'est pas un hasard.

Dès l'introduction, Patrick Boucheron annonce la couleur : son livre part d'une ambition politique, « mobiliser une conception pluraliste de l'histoire contre l'étrécissement identitaire qui domine aujourd'hui le débat. Par principe, elle refuse de céder aux crispations réactionnaires l'objet "histoire de France" et de leur concéder le monopole des narrations entraînantes ».

On l'aura compris. L'éminent professeur veut damer le pion aux Éric Zemmour, Stéphane Bern, Franck Ferrand, Max Gallo, Dimitri Casali et autre Laurant Deutsch, coupables de n'être pas issus de l'Université et de réaliser des ventes astronomiques avec des ouvrages qui s'inscrivent dans une tradition séculaire. Ces auteurs à succès se voient reprocher une orientation droitière, voire monarchiste. Intolérable dans la France du XXIe siècle, qui se veut ouverte et accueillante à l'Autre - à tous les autres.

Polémiques et enjeux

Dans un débat avec Patrick Boucheron, l'historien Patrice Guéniffey, connu pour ses travaux sur la Révolution, reproche à son entreprise de ne pas faire sens : « C'est une Histoire émiettée faite de fragments que rien ne relie. Elle est à l'image de la France souhaitée par Boucheron et ses pareils : en morceaux. Au lieu d'aider à l'intégration, elle contribue à la séparation des communautés. Elle nourrit le sentiment de la désaffiliation et le ressentiment qui en est le produit. »

En filigrane de cette polémique, de l'aveu des deux historiens, il y a la question migratoire : est-il encore possible d'intégrer en masse des populations d'autres continents ? Si oui, est-ce en leur faisant aimer le « récit national » ou au contraire en déconstruisant ledit récit ?

Pierre Nora (DR)L'académicien et grand historien Pierre Nora a discerné l'enjeu dans son commentaire de l'ouvrage : « Boucheron a parfaitement vu le retournement qui s'est opéré, en une trentaine d'années, entre le moment où la recherche de l'identité, comme l'apparition des mémoires, s'opérait dans le cadre d'une histoire nationale et celui où l'hégémonie des mémoires des groupes devenait muticulturalisée, tandis que l'attachement à l'identité se faisait défensif. Il en tire une conclusion militante. Pour l'exprimer d'une façon caricaturale mais qui dit les choses comme elles sont, cette conclusion consiste à insinuer qu'entre les habitants de la grotte Chauvet, cette humanité métisse et migrante, et la France des sans-papiers, même combat ! » (*).

Résultat inégal et souvent affligeant

Le résultat est très inégal comme il se doit pour un ouvrage collectif de cette ampleur. Chaque auteur s'exprime avec sa sensibilité et son style, lequel a rarement à voir avec celui de Jules Michelet, le grand ancêtre auquel se réfère curieusement Patrick Boucheron alors que l'approche cocardière et très « roman national » de l'historien romantique s'oppose à celle de nos auteurs New Age.

Parmi les contributions les plus singulières, notons l'article synthétique et lumineux de Jean-Paul Demoule sur l'apparition de l'agriculture en Europe vers 5800 av. J.-C., soit trois mille ans après sa naissance au Moyen-Orient.

Notons aussi celui de... Patrick Boucheron sur l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. L'art. 111 de l'ordonnance exige que les arrêts notariaux et judiciaires soient, par souci de clarté, rédigés en « langage maternel français et non autrement ». Foin du latin, que peu de gens comprennent. S'agit-il pour autant de n'employer que le français de cour ? Non, soutient Patrick Boucheron, pour qui le « langage maternel » inclut aussi les langues régionales !

Dans un souci excessif de démonstration, l'article relatif à René Descartes est affligeant. Il ne dit rien de ce qui fait l'intérêt de sa pensée mais s'étend sur ses voyages d'Amsterdam à Stockholm pour conclure qu'il s'agit d'un philosophe avant tout européen, à l'image d'Érasme ! C'est oublier que son Discours de la Méthode (1637) est le premier ouvrage de philosophie écrit en français et non en latin, ce qui n'est pas rien.

Plus contestable encore l'article sur la Terreur révolutionnaire. L'auteur noie le concept dans un flou artistique, ce qui lui permet d'affirmer que tout est Terreur. Aussi bien les discussions de l'époque des Lumières sur le point de savoir si la justice doit être dissuasive ou simplement punitive que les opérations de police des Anglais dans leur colonie d'Irlande !

Laissons la conclusion à Shakespeare : « Beaucoup de bruit pour rien ».

André Larané
https://www.herodote.net/Guerre_au_roman_national_-article-1621.php

Extrait de l'édito de la Revue "Eléments" n°168:
L’idéologie du progrès a joué de ce point de vue (la déconstruction, ndr) un rôle essentiel, car elle véhicule avec elle le rejet méprisant du passé : ce qui est d’hier est nécessairement de moindre valeur que ce qui sera demain. Il faut donc donner tort à ceux dont le souvenir fait injure à ce que nous croyons. Comme à l’époque soviétique quand on retouchait les photos officielles, on réécrit les œuvres du passé, on censure Molière et Shakespeare, on change les noms des rues, on déboulonne les statues (Américains) ou on les fait sauter (djihadistes).

« Du passé, faisons table rase » : toutes les idéologies totalitaires ont formulé le vœu que le monde (re)commence avec elles. Dans cette optique, le passé constitue un constant reproche, un poids dont il faut se libérer. Parallèlement, on incite à ne se souvenir que de ce dont il faudrait se repentir.
(...)
http://www.revue-elements.com/elements-En-marche-vers-l-uberisation.html

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La Dépêche du Midi et le traitement radical de la question sociale…

À la ville (à Paris), La Dépêche du Midi est l’organe d’expression du Parti Radical de Gauche, généreux, défenseur du Code du Travail et de la législation. À la campagne – enfin en province – c’est le journal de la famille Baylet qui multiplie les suppressions d’emploi, les petits arrangements avec l’info (surtout si elle est défavorable), les pilonnages d’ennemis politiques locaux… et ne se refuse pas de brutaliser le Code du Travail.

ARG PRESSE OJIMComme le révèle Le Canard Enchaîné, La Dépêche du Midi est en délicatesse avec trois jeunes journalistes qui animaient depuis 3, 5 et 7 ans le site thématique de la Dépêche dédié au rugby, rugbyrama.fr. Et ce n’était pas une mince affaire : ils ont produit plus de 16 000 articles à eux trois, fait des choix éditoriaux, géré une vingtaine de pigistes et fait passer l’audience du site de 5,1 à 8,1 millions de visiteurs uniques… tout ça sous les auspices et les ordres de la direction centrale du média.

Bref, des éléments constitutifs d’une relation de travail typique de journalistes avec leur média. Sauf qu’ils n’avaient pas de carte de presse. Et ils étaient payés en conséquence. Cependant leur site devait être fusionné dans une nouvelle structure, où le flou de leur statut aurait pu les desservir malgré leurs excellents états de service. Bien conseillés – probablement par un syndicat – et introduits, ils ont fait en mai dernier tous trois une demande de carte de presse, qui a été acceptée immédiatement. Et ont demandé à leur direction une augmentation ainsi qu’une régularisation de leur statut.

La réponse de la direction ne les a pas déçus : « vous avez engagé de votre propre chef une procédure de demande de carte de presse. Le fait même que vous avez pris cette initiative sans en parler à votre employeur démontre la divergence de points de vue qui nous oppose ». Conséquence logique : ils ont été virés le 1er septembre pour cause réelle et sérieuse. La solution est propre à la famille politique de M. Baylet : radicale, puisque la totalité de l’équipe de rugbyrama a été saquée. Mais de gauche : oui aux travailleurs soumis, non aux journalistes reconnus et libres.

https://www.ojim.fr/20222-2/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=98b12ecdd4-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-98b12ecdd4-71509009

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Immobilier : les APL "accession" vont disparaître dès 2018

Les APL accession, qui facilitent l'emprunt immobilier pour les ménages aux revenus modestes, devraient être supprimées dès le 1er janvier 2018.

logement-social-la-cour-des-comptes-suggere-des-economiesC'est un dispositif assez méconnu mais pourtant potentiellement très avantageux pour ses bénéficiaires. L'APL accession permet aux primo-accédants aux revenus modestes de se faire rembourser une partie de leurs mensualités de crédit immobilier. Malheureusement, il vit ses dernières heures...

Passée inaperçu lors de la présentation du budget 2018 mercredi dernier, la suppression de l'APL accession a été repérée par le courtier en crédit Vousfinancer ce lundi 2 octobre, et cette mesure sera regrettée par les futurs accédants. Selon les calculs effectués par le courtier, l'APL accession pouvait presque réduire de moitié le taux d'endettement de certains de ses bénéficiaires.

  • Un parent isolé avec 2 enfants et un revenu net imposable annuel de 15.000 euros en 2015 et une mensualité de 500 euros pouvait toucher 236 euros, et ainsi voir son taux d'endettement passer de 41 à 20%.
  • Pour un couple avec 2 enfants dont le revenu net imposable est de 20.000 euros pour le ménage, les APL font baisser les mensualités de 600 à 462 euros, le taux d'endettement passant ainsi de 36 à 27%.

Ces APL sont versées dans le cadre d'un prêt d'accession sociale ou d'un prêt conventionné, et elles sont donc soumises à des conditions de revenus. Ce dispositif permet l'accès à la propriété de personnes n'ayant pas les revenus suffisants pour le faire, car comme on le voit avec les exemples cités ci-dessus, sans les APL, les ménages passent au dessus du seuil d'endettement maximal, estimé à 33% (un tiers des ressources).

Un dispositif inefficace ?

Et les personnes concernées par les APL accession sont bien plus nombreuses qu'on le croit, car cette année, "45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer - et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25.000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL", précise le courtier. Et 13% des prêts financés par le courtier en 2017 peuvent donner potentiellement droit à ces APL.

Pour justifier la suppression du dispositif dès le 1er janvier 2018, le gouvernement a parlé d'un effort en faveur de le politique d'accession à la propriété qui serait désormais "prioritairement porté sur le PTZ, qui sera prorogé". Sachant que le prêt à taux zéro, qui existait déjà, a été prolongé mais réduit sur certaines zones, la fin du dispositif des APL accession doit surtout s'expliquer par une logique d'économie budgétaire.

Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer, rejette en tout cas l'idée d'un dispositif moins efficace que les autres: "L'APL accession est l'une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF." Les banques peuvent ainsi les prendre en compte dans leur plan de financement et ainsi accorder plus facilement des prêts à des ménages qui n'auraient pas eu droit à un financement sans ce dispositif.

Voir l'article- source publié le 2 octobre:

Le PLF 2018 prévoit la suppression de l’APL accession : Un coup dur pour les primo-accédants passé inaperçu

Paris, le 2 octobre 2017C’est un coup dur pour les primo-accédants passé quasi-inaperçu… Le projet de loi de finances 2018 prévoit de supprimer l’APL Accession, un dispositif peu connu mais très efficace qui accorde une aide mensuelle sous conditions de ressources aux primo-accédants. Fin 2014, le gouvernement Hollande avait déjà tenté de réformer ces aides avant finalement d’y renoncer compte-tenu de l’impact potentiel. Pour Vousfinancer, courtier en crédit immobilier, la suppression de cette aide va exclure du marché de nombreux emprunteurs modestes qui n’auront plus la possibilité d’acheter sans l’APL, leur taux d’endettement devenant trop important.

Alors que la baisse des APL location de 5 € par mois a fait grand bruit, une autre mesure est passée presque inaperçue, malgré son impact important pour les jeunes ménages : sans que l’on s’y attende, le projet de loi de finances 2018 (article 52) prévoit la suppression de l’APL accession, cette aide personnalisée au logement accordée sous conditions de ressources aux emprunteurs qui deviennent propriétaires via un Prêt conventionné (PC) ou un Prêt Accession Sociale (PAS), des prêt accordés sur des durées allant jusqu’à 30 ans avec des frais de dossiers et de garanties réduits. Motif avancé : « l’article porte extinction du bénéfice de l’APL pour les accédants à la propriété, le Gouvernement assignant un objectif équivalent à des instruments de politique publique plus efficients ». « L’APL accession est l’une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF et vient donc réduire la mensualité de crédit payée par l’emprunteur, jusqu’à 50 % dans certains cas ! Prise en compte par les banques dans le plan de financement, elle permet donc à des ménages dont l’endettement aurait été trop élevé sans cette aide de devenir propriétaire » explique Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer.

Par exemple, un couple avec 2 enfants ayant des revenus nets de 20 000 € par an, achetant un bien ancien en zone A avec un prêt à l’accession sociale pour une mensualité de 600 € peut prétendre actuellement à 145 € d’APL par mois, réduisant sa mensualité à 455 € et son taux d’endettement à 27 %. Sans l’APL, le couple devrait verser une mensualité de 600 € ce qui ferait grimper son taux d’endettement à 36 %, rendant le projet non finançable. Voici quelques autres simulations pour l'un achat d'un logement ancien en zone A.

Revalorisée en 2013 lors de la modification du zonage et de la hausse des plafonds de revenus, l’APL accession avait failli être modifiée en 2015 et n’être accordée qu’en cas de « baisse des revenus de plus de 30 % », avant que le gouvernement ne se ravise finalement et maintienne le dispositif en l’état…  Cette nouvelle volonté de la supprimer tout bonnement cette fois-ci, pourrait exclure de l’accès à la propriété un certain nombre de jeunes emprunteurs. « La suppression de l’APL accession risque d’avoir un impact très négatif sur les primo-accédants qui pâtissent déjà de la hausse des prix dans les zones tendues et bientôt du recentrage du prêt à taux zéro. En outre supprimer l’APL accession pourrait contraindre certains ménages à rester locataires, et donc de continuer à bénéficier des APL locations, annulant de fait les économies potentiellement réalisées… A un moment où les primo-accédants semblaient de retour, ce type de mesure pourrait casser la dynamique enclenchée en pénalisant surtout les ménages les plus modestes » conclut Jérôme Robin, président et fondateur de Vousfinancer.

En 2017, 45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer – et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25 000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL. En 2017, 13% des prêts financés par le courtier donnent droit aux APL.

A propos de Vousfinancer

Fondé en 2008 par Jérôme Robin, Vousfinancer, réseau de courtiers en crédits immobiliers, accompagne de façon personnalisée, les particuliers dans la recherche de la meilleure solution de financement pour leur projet immobilier.

La stratégie de Vousfinancer se base sur la rencontre avec un seul et unique interlocuteur expert en financement, la transparence (montage du dossier financier réalisé avec le client), et la garantie de trouver rapidement (moins d’une semaine) la solution globale la plus adéquate (assurance de prêt, taux, garanties, mensualités, durées, coût du crédit, frais de dossiers, partenaires bancaires). Vousfinancer propose également des solutions pour les crédits professionnels et le rachat de crédits.

Chiffres clés : 170 agences, 600 collaborateurs, 2 milliard d’euros de crédits financés en 2017

https://www.vousfinancer.com/franchise/presse/communiques/le-plf-2018-prevoit-la-suppression-de-lapl-accession-un-coup-dur-pour-les-primo-accedants-passe-inapercu


 

Commentaire d'une de nos adhérentes en Haute- Vienne:

Macron a décidé dans la loi de finances 2018 de supprimer l'APL pour les primo accédants dès le 1er janvier 2018 !
Et je peux voir la catastrophe de cette mesure puisque mon fils est concerné.
Il vient d'acheter une toute petite maison (63 m2) et son prêt lui a été accordé, compte tenu de l'APL qu'il pouvait obtenir.
Sans cette APL, il dépassait le plafond d'endettement et il n'aurait pas eu son prêt.
La vente ne sera finalisée qu'au mois de novembre et donc sa demande d'APL sera pour le 1er janvier !
C'est une véritable catastrophe et je n'ose lui annoncer !!

 

Le système de protection sociale en chantier

Mieux protéger les Français, en rationalisant le fonctionnement de la Sécurité sociale et en adaptant les droits à l'époque moderne : c'est le pari d'Emmanuel Macron. Il risque de bousculer les acteurs du secteur.

ARG FINANCE 1Attention aux secousses. Emmanuel Macron a promis de profondes transformations durant la campagne électorale. La Sécurité sociale, cette vieille dame de soixante-douze ans, doit tout simplement être « refondée ». Il s'agit de mettre un peu au carré l'architecture baroque d'un système qui se construit depuis des décennies. En s'attaquant d'abord aux maillons faibles - les régimes critiqués par leurs affiliés.

Ainsi, au mois de janvier, la « marque » Régime social des indépendants va disparaître. Le service des prestations et le calcul des cotisations des artisans, commerçants et libéraux seront progressivement transférés aux caisses d'assurance-maladie ou de retraite du régime général, en deux ans. Les droits n'ont pas été réformés, les risques d'exécution ne sont pas négligeables, bref, c'est l'aventure. Les mutuelles étudiantes qui ne sont pas encore adossées au régime des salariés du privé vont suivre le même chemin, contre leur gré.

Mais cela n'est rien en regard du big bang qui se prépare avec les retraites. Le futur haut-commissaire en charge de cette réforme monumentale aura pour objectif de faire adopter une loi-cadre dès 2018. Les régimes spéciaux comme ceux des cheminots ou des électriciens vont être supprimés. Oubliées, les annuités du régime général : tout le monde sera à la même enseigne dans le futur système par points, où 1 euro cotisé rapportera les mêmes droits à chacun, quelle que soit sa profession ou sa branche.

Un modèle plus universel

Reste à imaginer des bonifications pour les parents de familles nombreuses, pour les métiers harassants, etc. Quoi qu'il en soit, les privilèges des uns et la malchance des autres ne seront pas reproduits à l'identique dans le futur schéma. Il y aura une homogénéisation des droits, et pas seulement une rationalisation de l'organisation. On ira un cran plus loin que pour le RSI et les mutuelles étudiantes. Il y a là de quoi occuper les techniciens de la retraite pendant plus d'un quinquennat, mais aussi de quoi mettre le feu dans la société.

A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste*, en gommant exceptions et imperfections héritées du passé, le chef d'Etat souhaite le moderniser. Les besoins de protection d'un Français du XXIe siècle ne sont pas les mêmes qu'en 1945. Alors que le modèle salarial unique s'efface, rendu plus flou par la multiplication des contrats précaires, les carrières heurtées, les passages d'un régime à l'autre, alors que les familles se désintègrent et se reforment à l'infini, il devient urgent de protéger les personnes et non plus les statuts. C'est pourquoi la protection sociale à la française navigue vers un modèle un peu moins assurantiel, un peu plus universel.

Ainsi, toutes les femmes doivent bénéficier d'un congé maternité aussi protecteur qu'au régime général. Par ailleurs, les salariés démissionnaires et les indépendants privés de travail auront droit aux allocations-chômage, eux aussi. Et tant qu'à rendre l'assurance-chômage universelle... pourquoi pas supprimer la part salariale des cotisations chômage ? Cela fait de toute façon partie des plans de l'exécutif, dans le cadre de l'opération de gain de pouvoir d'achat promise aux actifs pour 2018 : la contribution sociale généralisée, qui comme son nom l'indique pèse sur tous, y compris les retraités et même sur les revenus du capital, va augmenter. Cette hausse fera plus que compenser l'effacement des charges salariales chômage et maladie.

Le signal est on ne peut plus clair. Puisqu'il ne suffit pas de le vouloir pour réussir à gagner sa vie en travaillant, tout le monde doit payer pour ceux qui sont privés de travail ou d'une bonne santé. A vrai dire, la transition a déjà eu lieu en matière d'assurance-maladie. Ce droit est désormais « universel » et attaché à la personne, avec des cartes Vitale individuelles dès l'âge de 16 ans, voire 12 ans.

La prochaine conquête en matière de santé est l'accès à des droits qui demeurent en partie théoriques. Que signifie la protection universelle maladie quand le quart des assurés renoncent à se faire soigner, parce qu'il n'y a pas de médecin disponible, ou bien parce que les soins sont trop coûteux ? Le gouvernement précédent a commencé à apporter des réponses : aides à l'installation des professionnels dans les déserts médicaux ; plafonnement du prix des prothèses dentaires ; encadrement renforcé des tarifs des complémentaires santé ; extension de la couverture des salariés à travers la généralisation des contrats collectifs.

Une facture de 4,4 milliards d'euros

Les résultats sont mitigés. Il n'y a de toute façon pas assez de monde sur le pont pour soigner des patients plus nombreux, plus vieux, plus « chroniques ». On ne sait pas très bien encore si les plafonds auront un effet sur l'accès aux soins. Quant à la réforme des contrats collectifs, elle a permis de gagner 400.000 nouveaux assurés, mais en laissant sur le bord de la route les individus les plus fragiles.

Comment rectifier le tir ? Emmanuel Macron a défendu en campagne l'idée d'un reste à charge zéro sur les prothèses auditives et dentaires ainsi que sur les lunettes, parce que c'est là que le renoncement aux soins est le plus prégnant. Dans le viseur, non pas des catégories professionnelles (salariés, fonctionnaires, retraités...), mais des besoins concrets de l'individu. Pragmatique, cette façon de procéder va secouer tous les acteurs du secteur. Assurance-maladie obligatoire ou complémentaire, professionnels de santé, tout le monde devra mettre la main à la poche pour régler la facture. Cette dernière sera salée : 4,4 milliards d'euros... sans compter les soins supplémentaires devant lesquels les assurés ne reculeront plus.

Quel sera le degré de liberté de chacun pour y parvenir ? Cela fait partie des inconnues. L'Assurance-maladie va être au régime, avec plus de 4 milliards d'économies prévues dès 2018 par rapport à la croissance tendancielle des dépenses, et aura donc peu de marge de manoeuvre. Côté soignants, il ne suffira sans doute pas d'exhorter à modérer les tarifs pour qu'ils le fassent. Côté complémentaires, Emmanuel Macron a prévu d'encadrer leurs prestations avec des contrats types qui ressemblent fort aux contrats mis en place en 2015 pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS). Ce énième changement des règles du jeu ne fera certainement pas le bonheur de tous.

Solveig Godeluck, Les Echos

https://www.lesechos.fr/thema/030548628491-le-systeme-de-protection-sociale-en-chantier-2113786.php


 

*"A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste": cette présentation est logique compte tenu de l'orientation de ce journal, mais elle repose sur le fameux postulat néo- libéral: le fait qu'il y a des secteurs plus protecteurs pour certaines catégories de travailleurs est une injustice sociale! (La justice sociale étant bien entendu pour les plus extrémistes, d'aligner tout le monde sur le moins- disant social). Ce type d'argument a l'avantage de brouiller les pistes, mais ne trompe que ceux qui veulent y croire. Plus malin est l'argumentaire sur l'individu au détriment des statuts...

P.G.

Posté par ddupr à 09:15 - - Permalien [#]
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