jeudi 6 juillet 2017

La Gauche et l'Empire

PROJET REFLEXION

Régis Debray analyse la crise de la gauche

https://www.youtube.com/watch?v=pTqZXAtpAe8

 

Ce ne sera pas faute de les avoir prévenus! Il avait déjà tout expliqué:

 

Pourquoi la Gauche est dans les choux; de 44 à 68, la reconstuction, les trente glorieuses: le « tout à l'Etat », version à l'Ouest avec Keynes,version communiste à l'Est avec Lénine; après 68, le « tout à l'égo », l'individu porté par la technique; souvent les idéologues oublient que la pillule a plus fait pour le mouvement des femmes que le féminisme, en tous cas, l'une ne va pas sans l'autre; le paradoxe, c'est qu'à la fin d'une période, on a une flambée de tout ce qui va mourir: en 68, on va en Californie par la Chine; c'est pareil aujourd'hui: la flambée individualiste révèle une demande d'Etat, de régulation; la gauche parle plus de liberté que d'égalité; elle oublie la laïcité au profit du multi- culturel; elle oublie l'Etat, bien sûr, quant à l'indépendance nationale, c'est un gros mot; et donc au fond, elle rallie l'Empire; nous avons aujourd'hui, pour la 1° fois en France, un parti socialiste pro- impérialiste!; il n'y a plus de pensée stratégique, de vision historique du monde; une gauche qui a choisi d'être moralisante pour ne pas bouleverser l'ordre établi...

 

Il est aussi question des gaullistes et des communistes, de l'Europe et des pays de l'Est qu'il rebaptise « Amérique de l'Est » etc

 

A voir et revoir!

P.G.

GM&S: «Nous ne sommes pas loin d'une solution», affirme Bruno Le Maire

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GM&S: «Nous ne sommes pas loin d'une solution», affirme Bruno Le Maire

http://www.20minutes.fr/economie/auto/2100203-20170706-gm-loin-solution-affirme-bruno-maire

Le ministre a cependant réitéré son appel à la levée immédiate du blocage du site de PSA à Sept-Fons dans l’Allier…

Alors que la situation est toujours tendue à Sept-Fons dans l’Allier où des salariés de GM & S bloquent toujours ce jeudi le site de PSA, Bruno Le Maire veut rester optimiste. Le ministre de l’Economie a annoncé jeudi qu’une solution était sur le point d’être trouvée pour la reprise de l’équipementier GM & S, en grandes difficultés financières.

Bruno Le Maire donne rendez-vous mardi à tous les acteurs du dossier

« Nous travaillons depuis des jours, nous ne sommes pas loin d’une solution », a-t-il déclaré sur BFM TV. Le ministre a cependant réitéré son appel à la levée immédiate du blocage du site de PSA, qui est selon lui une « condition à la reprise du dialogue ». « C’est votre intérêt, c’est l’intérêt des salariés de GM & S », a-t-il souligné. Si le blocage se poursuit, « nous prendrons toutes les décisions nécessaires », a-t-il ajouté.

Selon Le Figaro, Bruno Le Maire a, par ailleurs, donné rendez-vous mardi 11 juillet aux acteurs du dossier (représentants des salariés, Renault et PSA et le repreneur potentiel), soulignant toutefois que « tous les emplois ne pourront pas être sauvés ».

Des discussions entre la DRH de PSA et des syndicalistes

PSA est avec Renault l’un des deux grands clients de GM & S. Bercy est en discussions depuis plusieurs semaines avec les deux constructeurs automobiles sur leurs engagements d’investissement et de commandes, ainsi qu’avec le seul possible repreneur, le groupe stéphanois d’emboutissage GMD.

L’ambiance était calme jeudi matin aux trois points de blocage situés aux entrées principales du site de PSA, a constaté une correspondante de l’AFP. Les barricades sont constituées de deux palettes et trois pneus.

Un camion d’azote liquide, destiné à refroidir les installations de fonderie de Sept-Fons (PSA), était bloqué par les salariés de GM & S. Trois représentants de la CGT sont allés discuter dans l’enceinte de l’usine avec la DRH du groupe PSA, qui tente de les convaincre de laisser passer le camion.

« Ce qui compte c,'est la pérennité du site »

Le ministre de l’Economie a par ailleurs convié l’ensemble des parties prenantes du dossier (représentants des salariés, repreneur, donneurs d’ordres…) à une réunion mardi.

GM & S Industry, basé à La Souterraine (Creuse), a été placé le 30 juin en liquidation judiciaire, avec seulement trois semaines pour améliorer la seule offre de reprise déposée, par l’entreprise GMD qui propose de sauver 120 emplois sur 277.

« On peut toujours faire mieux mais je n’ai pas l’habitude de vendre des illusions aux gens », a commenté Bruno Lemaire. « Ce qui compte c,'est la pérennité du site », a fait valoir le ministre.

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Commentaires

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Les employés manifestent et sont furieux. C'est logique. Mais..

Les responsables syndicaux s'abstiennent toujours d'évoquer les causes, ils se limitent aux conséquences. Pourquoi cette usine d'emboutissage enregistre-t-elle moins de commandes? Parce que ses fabrications ont été délocalisées dans d'autres pays européens ou dans des pays tiers. N'oublions pas non plus que si à Sochaux il y avait 90 000 employés il y a plusieurs années, ils ne sont plus aujourd'hui que 6000. Il en est de même pour Renault.

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Le député de la Creuse Jean- baptiste Moreau (En Marche) s'est fendu de quelques paroles, il a exprimé sa "vision" du dossier, du vide, de vagues promesses sur la pérennité du site (comme son ministre), que voulez- vous qu'il fasse?

Redisons- le: la désindustrialisation de la France est un problème structurel lié à la libre circulation des capitaux (dogme indépassable de la construction européenne, article 63 du TFUE) et à l'absence de politique nationale cohérente en matière d'industrie, de développement (planification) et d'aménagement du territoire.

P.G.

PLANIFICATION, subst. fém.
GESTION. ,,Méthode consistant à choisir des objectifs et à proposer des moyens pour y parvenir`` (Tern. 1971). Planification économique, culturelle, de l'enseignement, régionale, sociale.
ÉCON. Science qui a pour objet d'assurer, selon une progression croissante, la satisfaction des besoins du pays par une utilisation optimale de ses ressources, au moyen de documents prospectifs appelés Plans

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Les députés LREM ont reçu la consigne d'applaudir le Premier ministre

EDOUARD APPLAUDISSEMENTS

«Un peu timides à Versailles», les députés LREM ont reçu la consigne d'applaudir le Premier ministre

https://francais.rt.com/france/40577-peu-timides-versailles-deputes-lrem-ont-ete-encourages-a-applaudir-le-premier-ministre

Un député a confirmé que des consignes avaient été adressées aux députés de la majorité parlementaire pour qu'ils démontrent un vigoureux soutien au Premier ministre, Edouard Philippe, lors de son discours à l'Assemblée nationale.

«[Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement et ministre chargé des relations avec le Parlement] nous a dit qu’on avait été un peu timides [le 3 juillet] à Versailles [lors du discours du président de la République]. Et qu’il ne fallait pas hésiter à nous exprimer pendant le discours», a confié le 4 juillet Dimitri Houbron, député de La République en marche (LREM), au journal Le Figaro

 

Et la consigne a été respectée. De (très) nombreuses salves d'applaudissements – y compris à des moments inopportuns, comme lorsque le Premier ministre évoque le problème du taux d'échec de 60% des bacheliers en licence – de parlementaires de la majorité ont en effet rythmé le discours de politique générale du Premier ministre, Edouard Philippe, suscitant suspicions et moqueries de la part de certains internautes. 

Une journaliste de Libération, Laure Bretton, avait pour sa part déjà rapporté le 4 juillet que Christophe Castaner, mais également Richard Ferrand, patron du groupe LREM à l'Assemblée nationale et ex-ministre de la Cohésion des territoires, avaient demandé aux élus d'afficher un soutien appuyé au chef du gouvernement. 

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Commentaires

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Un soutien sans intelligence qui rappelle les applaudissements sur injonction pendant les réunions de campagne d'Emmanuel Macron, par le truchement de téléphones portables. On n'a pas fini de rigoler pendant cette législature! On comprend mieux pourquoi l'équipe en Marche avait évité tout débat sérieux pendant les législatives.

P.G. 

Une illustration parmi d'autres du profil de certains nouveaux députés LREM:

En colère, la députée En Marche mord son chauffeur de taxi 

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https://www.valeursactuelles.com/politique/en-colere-la-deputee-en-marche-mord-son-chauffeur-de-taxi-85905

Divergence d’opinion. La députée LREM de la 8e circonscription de Paris, Laëtitia Avia, aurait mordu à l'épaule un chauffeur de taxi, vendredi 23 juin, raconte le Canard enchaîné dans son édition à paraître demain.

Elle vient pourtant d'être citée en exemple par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée, aujourd'hui 4 juillet. La nouvelle députée LREM, Laëtitia Avia, aurait mordu un taxi, le 23 juin dernier, pour une banale histoire de carte bleue et de terminal bancaire défectueux..

La députée reconnaît la morsure

Selon le Canard enchaîné, les policiers municipaux de Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne, ont été appelés sur les lieux d'une altercation entre un conducteur de taxi et sa cliente, vendredi 23 juin, vers 23h30. À l'arrivée des policiers sur place, "la cliente du taxi, sur un ton condescendant, nous annonce verbalement son identité ainsi que sa qualité de parlementaire", explique les policiers dans leur rapport. Il s'agit de Laëtitia Avia.

 

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Edouard Philippe: les vaccins infantiles "deviendront obligatoires" en 2018

EDOUARD DISCOURS PG

Edouard Philippe: les vaccins infantiles "deviendront obligatoires" en 2018

http://www.bfmtv.com/politique/edouard-philippe-les-vaccins-infantiles-deviendront-obligatoires-en-2018-1201294.html

le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi que l'ensemble des "vaccins pour la petite enfance" aujourd'hui seulement "recommandés" par les autorités de santé deviendraient obligatoires dès l'an prochain.

Aujourd'hui seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires: diphtérie, tétanos et poliomyélite, et huit autres, dont la coqueluche, l'hépatite B ou la rougeole, sont seulement recommandés. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait dit le 16 juin réfléchir à une telle obligation, pour lutter contre le faible taux de couverture de certains vaccins et la réapparition de certaines maladies comme la rougeole.

SCLEROSE

La Cour de Justice de l’Union européenne s’est prononcée, ce 21 juin, en faveur d’un lien de cause à effet entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue de la sclérose en plaques (SEP). Maladie neurologique affectant le système nerveux central. Un avis qui ne repose pas sur des faits scientifiques mais sur « des indices graves, précis et concordants ».

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A ce jour, aucune étude scientifique n’établit clairement le lien entre le vaccin contre l’hépatite B* et la survenue d’une sclérose en plaques (SEP). Mais l’affaire de M. J. W., vacciné contre cette infection virale entre la fin 1998 et le milieu 1999 et diagnostiqué pour une SEP en novembre 2000, pourrait faire avancer les choses dans ce sens.

Pour comprendre, retour dans la passé. La famille de cet homme aujourd’hui décédé a en effet saisi la Cour d’appel de Paris. Cette autorité a « rejeté le recours, jugeant qu’un tel lien de causalité n’avait pas été démontré ». La famille a saisi la Cour de Cassation qui s’est tournée vers la Cour de Justice de l’Union européenne. Dans le cadre de la loi sur les produits défectueux*, le juge est en droit de « se baser sur des indices graves, précis et concordants pour établir le défaut d’un vaccin et le lien de causalité entre le vaccin et la maladie ». Un texte adapté à la situation de M. J. W en parfait état de santé avant l’administration du vaccin. Quelques centaines de dossiers sont instruits en ce sens.

« Des indices suffisants »

Ainsi, « l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés (…) de cette maladie à la suite de telles administrations peuvent (…) constituer des indices suffisants pour établir une telle preuve », s’est prononcée la Cour de justice de l’Union européenne ce mercredi 21 juin. D’autant plus lorsque l’immunisation et la survenue d’une maladie sont proches dans le temps. Et ce « en l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux » comme ce fut le cas de M. J. W.

Pour autant, cette décision ne fait pas jurisprudence. Les patients devront eux-mêmes construire leur dossier et fournir les arguments suffisamment solides pour que le juge les considèrent comme « graves, précis et concordants ».

*fabriqués par Sanofi Pasteur et GlaxoSmithKline

http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/23/2599730-sclerose-plaques-justice-europeenne-met-cause-vaccin-contre-hepatite-b.html

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Macron à Bruxelles : chronique d’un échec (Jacques Sapir)

MONTAGE EURO SAPIR

De notre point de vue, cet article n'apporte rien de fondamental dans le débat.

Les analyses de Sapir sont toujours intéressantes. Mais depuis quelques temps, il semble tourner en rond, pour ne pas utililiser une autre formule qui serait moins élégante.

La lecture de cet article est utile cependant pour nous permettre de développer notre esprit critique, surtout vis- à vis de ceux qui ont l'air d'être proches de nos analyses, mais qui ne le sont pas tant que ça...

Sa critique de la stratégie Macron s'inscrit toujours dans la limite de la pensée unique, celle où une autre Europe serait souhaitable.

P.G.

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Extraits:

(...)

Macron à Bruxelles : chronique d’un échec (Jacques Sapir)

Emmanuel Macron a développé un discours qui cherche à présenter comme compatibles des mesures minimales de protection dans le cadre de l’UE et une alliance avec l’Allemagne visant à faire progresser l’UE sur le chemin du fédéralisme. Dans la logique de ce discours c’est en étant associées que la France et l’Allemagne pourront convaincre leurs partenaires de mettre en œuvre les mesures de protection, concernant les travailleurs détachés ou les investissements, que la France réclame. Ce discours part du principe qu’un intérêt général théorique peut être défini avant que ne s’engage le moindre débat, et que cet intérêt peut s’imposer par la seule force de sa simple logique.

Emmanuel Macron a rapidement été confronté à la réalité des relations internationales. Lors du Conseil des 22 et 23 juin 2017 rien n’a été fait sur la question des travailleurs détachés, sujet sur lequel la France avait demandé un durcissement immédiat de la réglementation. La France ne fut d’ailleurs nullement soutenue par l’Allemagne, et ceci contrairement à ce qui avait été prétendu à la veille de ce Conseil. Le bilan est un peu meilleur sur la question de la protection des investissements. Le Conseil a accepté de se saisir de ce sujet, mais uniquement pour rappeler que les règles de l’OMC s’imposent et qu’aucune réglementation européenne ne peut s’y opposer. Enfin, sur la question du « Buy European Act », une idée qui avait figurée dans le programme d’Emmanuel Macron, il s’est heurté là aussi à une fin de non recevoir.

Emmanuel Macron s’est donc fendu d’une magnifique déclaration dans la langue de bois la plus pure en affirmant à la fin de ce Conseil : « Je veux dire ici combien à la fois le fait que nous ayons très étroitement préparé ensemble nos remarques à ce Conseil, que nos interventions aient été constamment en ligne et que nous puissions en rendre compte en commun est à mes yeux important. C’est en tout cas ce que je m’attacherai à faire, dans les années à venir, parce que je pense que quand l’Allemagne et la France parlent de la même voix, l’Europe peut avancer ; ce n’est parfois pas la condition suffisante mais c’est en tout cas la condition nécessaire. » Autrement dit, il accepte de se mettre sous la coupe de l’Allemagne et nous dit, mais est-ce étonnant alors que Paris va concourir pour les jeux olympiques de 2024, que l’important n’est pas de gagner mais de participer. C’est, certes, une belle logique sportive, mais elle n’a rien à voir dans une situation où les intérêts supérieurs du pays et de ses habitants sont en cause.

Macron face à la réalité de l’UE

Emmanuel Macron s’est heurté de plein fouet à la réalité. Et celle-ci est d’une part que l’UE est aujourd’hui* dans un état de paralysie avancé, et que d’autre part cet état de paralysie correspond à ce qui intéresse l’Allemagne et cette dernière ne fera rien pour s’y opposer ou pour le changer. Cette paralysie de l’UE implique le maintien d’un statu-quo qui est hautement favorable à l’Allemagne. Elle lui garantit que rien ne viendra combattre la politique mercantiliste qu’elle met en œuvre à l’intérieur de l’UE en se fournissant en produits et en hommes au moindre coût, et que l’UE ne se constituera nullement en autorité capable de contester la politique internationale de l’Allemagne**. Elle est gagnante sur les deux tableaux, et l’erreur fondamentale d’Emmanuel Macron a été, et reste, d’ignorer cet état des choses.

(...)

On voit se profiler la logique réelle de l’Union européenne. Cette dernière n’a actuellement pas d’autres buts, et pas d’autres fonctions, que d’imposer les conditions économiques voulues par l’Allemagne aux autres pays**. Et, ces conditions économiques aboutissent à mettre les Etats sous la tutelle des marchés financiers et des grands groupes économiques, une situation qui correspond parfaitement aux intérêts actuels de l’Allemagne**. Cette politique a pour symbole et pour instrument l’Euro, dont il est évident qu’il fonctionne économiquement comme une subvention pour l’Allemagne et politiquement comme un instrument disciplinaire dans les mains de l’Allemagne** faisant en sorte que ce dernier pays n’ait pas à payer le prix pour sa domination qui ruine les autres pays. Toute politique vis-à-vis de l’UE qui ignorerait ces réalités est condamnée à l’échec**.

Ce qui pose le problème de comment faire avancer les intérêts nationaux dans le cadre de l’UE. Si l’on considère que les intérêts nationaux de la France sont les mêmes que ceux de l’Allemagne, la réponse est simple. Et, en un sens, c’est ce que suppose implicitement l’attitude d’Emmanuel Macron. Pourtant, on connait bien toutes les différences et divergences qui existent, tant à l’échelle de la société (le taux de naissance) ou à l’échelle des structures des systèmes productifs. Cette position n’est guère réaliste. Une autre interprétation est qu’il pourrait exister une convergence entre les positions de la France et de l’Allemagne. Mais, cette convergence implique la définition d’un but commun. Or ce but doit être défini politiquement au travers d’un débat, et ce débat n’a jamais eu lieu. On est donc renvoyé à l’idée qu’Emmanuel Macron et ses conseillers ont adopté les intérêts allemands comme étant les intérêts français, sans tenir compte des différences et divergences citées. Mais si tel n’est pas le cas, si les intérêts de la France divergents de ceux de l’Allemagne, comment faire avancer ces intérêts ? Par ailleurs, dans ces intérêts, quels sont les intérêts que l’on peut définir comme « vitaux » et ceux sur lesquels des compromis sont possibles ? Faute de s’être livré cet exercice de définition des intérêts, la politique européenne d’Emmanuel Macron souffre d’un défaut irrémédiable. Et l’on retrouve ici le principe fondamental de la politique européenne d’Emmanuel Macron : chercher l’accord de l’Allemagne. Mais, ceci interdit à Emmanuel Macron de pouvoir définir les intérêts de la France, et surtout d’établir la distinction entre intérêts vitaux et intérêts non vitaux, car seul un conflit ouvert pourrait permettre de le faire.

(...)

L’erreur fondamentale d’Emmanuel Macron

On mesure ici l’erreur fondamentale que commet Emmanuel Macron en cherchant à priori un accord à tous prix avec l’Allemagne. C’est cette erreur qui explique l’échec qu’il a subi lors du Conseil européen des 22 et 23 juin. Et il ne pouvait en être qu’ainsi.

La question du levier politique qui pourrait (et qui devrait) être mobilisé par la France pour faire avancer ses intérêts se pose alors. Ce levier ne peut être qu’une crise imposant une autre logique que celle inscrite dans les traités. Mais, cette crise contient en elle la possibilité d’une rupture de l’Union européenne***. Cette possibilité doit être acceptée comme telle, sinon, on se condamne d’emblée à l’immobilisme, et cet immobilisme est exactement ce qui convient à l’Allemagne.

Seule, une crise ouverte peut permettre de s’affranchir des règles internes de l’UE et provoquer un débat sur des règles alternatives***. Mais, cette crise ne pourra être profitable que si nos partenaires sont persuadés de notre détermination, si certains intérêts ne sont pas reconnus, de sortir de l’UE. Pour établir cette détermination, et construire la crédibilité de notre position il convient de mettre en cause ce qui constitue aujourd’hui le cœur de la logique de l’UE (mais non le cœur de l’UE elle-même), soit l’Euro. La mise en cause ouverte et publique de la monnaie unique est le seul instrument qui soit à notre disposition pour forcer nos partenaires à accepter une refonte de l’Union européenne. L’atout qui est entre nos mains est que sans la France, l’Union européenne n’a plus guère d’intérêts pour l’Allemagne, mais aussi pour des pays comme l’Italie et l’Espagne. La France est politiquement, mais aussi économiquement et géographiquement (on l’oublie trop souvent), au cœur du projet de l’Union européenne***. Qu’elle sorte de ce projet et ce dernier est mort. Il ne resterait alors aux autres pays que de rejoindre une « zone Mark », avec les effets de sujétion économique et politique qui en découleraient, ou construire des formes alternatives d’union, mais ces dernières les confronteraient directement à la politique française.

Dans le débat, et le conflit, qu’entraînerait une décision unilatérale de sortir de l’Euro, décision qui entraînerait rapidement un effet « boule de neige » pour les autres pays, il deviendrait possible de redéfinir les intérêts et les priorités de la France et des autres pays. Des formes de compromis découleraient de cela, et il conviendrait d’être alors constructif sur ces compromis. Mais, ceci constitue la seule, et sans doute la dernière, chance de transformer l’Union européenne et de dépasser la situation de blocage dans le statu-quo, situation qui correspond au choix, qu’il soit implicite ou explicite, de l’Allemagne.

L’histoire n’attend pas…

Emmanuel Macron est un homme intelligent. Mais, surmontera-t-il ses préjugés qui lui font croire que la survie de l’UE dans son état actuel est la moins mauvaise des solutions, de cela on peut en douter. S’il persiste dans sa politique, il ira d’échec en échec, et les français avec. Au-delà de cette question, au-delà de l’avenir immédiat de notre économie et de l’ampleur du chômage qui ronge notre société, il y a aussi la question des formes de coordination, tant économiques que politiques, entre les pays européens.

Mais, l’histoire n’attend pas. Emmanuel Macron devrait se souvenir de l’histoire de la crise du système soviétique en Europe et en URSS, une histoire dont il n’a de connaissance que livresque. La volonté de faire survivre à tous prix le système dans l’état où il se trouvait dans les années 1960 a été la cause politique profonde de sa mort. Ce qui est aujourd’hui en cause n’est rien d’autre que les formes de coordination entre les pays européens.

(...)

http://www.les-crises.fr/europe-en-crise-cherche-strategie-francaise-par-jacques-sapir/

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*Sapir ne partage pas notre analyse selon laquelle la paralysie dont il parle est la caratéristique même de la construction européenne, et ce, dès l'origine ("stratagème des chaînes").

**Cette focalisation sur l'Allemagne, source essentielle des dysfontionnements de l'UE et de la main- mise des marchés financiers sur l'économie européenne, empêche de prendre de la hauteur économique et géopolitique sur le processus d'intégration européenne, à mon avis. Elle laisse entendre par ailleurs qu'il suffirait de faire entendre raison à Mme Merkel pour que les choses changent en profondeur.

***La rupture est ici entendue uniquement comme levier pour « renégocier les traités », ça ne vous rappelle rien? Question bête: comment les Allemands seraient- ils un jour impressionnés par des menaces de rupture proférées par des gens qui sont si visiblement viscéralement attachés au dogme de la construction européenne? 

mercredi 5 juillet 2017

Les fortes contraintes qui pèsent sur le budget 2018 vont amener l'exécutif à étaler les réformes promises par Emmanuel Macron.

EDOUARD AUSTERITE

Les fortes contraintes qui pèsent sur le budget 2018 vont amener l'exécutif à étaler les réformes promises par Emmanuel Macron.

https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/030420359783-fiscalite-les-reformes-qui-vont-etre-menees-en-2018-et-celles-qui-vont-etre-remises-a-plus-tard-2099144.php#xtor=CS1-60

 

L'alerte de la Cour des comptes sur le déficit pose la question de la mise en oeuvre du programme fiscal d'Emmanuel Macron. Qu'il s'agisse de fiscalité du patrimoine ou de taxe d'habitation, le président de la République affichait un programme ambitieux de baisses d'impôt. Mais toutes les promesses ne pourront pas être tenues pour 2018. « Toutes les propositions faites par le président de la République pendant sa campagne seront respectées, ensuite il faut les inscrire dans un calendrier », a déclaré le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, en marge d'un déplacement à New York, à la veille d'un séminaire gouvernemental ce samedi, à Nancy.

En clair, il va falloir y aller par étapes pour ne pas compromettre le retour durable du déficit sous les 3 % du PIB, alors que « l'équation du budget 2018 est encore plus complexe que celle du budget 2017 », selon Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes. Le point sur les mesures jugées prioritaires pour l'exercice 2018 et celles dont l'application pourrait être reportée à 2019.

les mesures confirmées

Le chantier le plus avancé à ce stade est sans doute la bascule de cotisations salariales vers la CSG. C'est « la mesure fiscale prioritaire », a déclaré Bruno Le Maire dans un entretien au « Figaro ». « Il faut que le travail paie. » Objectif : soutenir le pouvoir d'achat des salariés et élargir davantage aux retraités le financement de la protection sociale. En théorie, la suppression des cotisations salariales maladie et chômage ne devrait pas peser sur le budget de l'Etat, puisqu'elle serait financée par une hausse de 1,7 point de CSG. « Cette bascule est bien engagée pour 2018 », confirme-t-on à Matignon.

L'opération reste néanmoins périlleuse sur le plan budgétaire, puisqu'elle revient à déplacer 22 milliards d'euros de prélèvements.

L'autre mesure qui semble difficile à reporter est l'exonération de taxe d'habitation pour 80 % des Français. Cet allégement de 10 milliards d'euros constitue un engagement politique fort du président. Son déploiement devrait intervenir sur trois ans. Emmanuel Macron n'a jamais donné de calendrier précis, mais son équipe, durant la campagne, avait évoqué un déploiement dès 2018 pour une réforme complétée en 2020. Pour dégager des marges de manoeuvre budgétaires, le gouvernement pourrait exonérer seulement une petite partie des ménages en 2018, avant d'élargir la mesure. Là aussi, la ligne de crête est étroite : le Premier ministre, Edouard Philippe, a présenté cette suppression de taxe d'habitation comme une mesure de compensation pour les retraités lésés par la hausse de CSG.

Concernant les entreprises, la trajectoire de l'impôt sur les sociétés - avec le retour programmé du taux à 25 % à la fin du quinquennat - ne devrait pas être remise en question. Elle fait partie des éléments forts mis en avant par Bruno Le Maire à New York pour justifier de l'attractivité retrouvée de la France face aux investisseurs américains. La piste qui tiendrait actuellement la corde serait un maintien de la disposition votée sous Hollande, visant à appliquer un taux de 28 % jusqu'à 500.000 euros de bénéfices pour toutes les entreprises.

Celles qui sont en suspens

Mi-juin, ceux qui ont rempli leurs déclarations d'ISF pour 2017 espéraient sans doute que ce soit la dernière. Mais l'avenir de cette réforme forcément polémique paraît bien flou aujourd'hui. Emmanuel Macron avait promis durant la campagne de recentrer l'impôt sur la fortune sur les actifs immobiliers. Ce nouvel « impôt sur la fortune immobilière » (IFI) doit conserver le barème et les taux de l'actuel ISF, mais toutes les valeurs mobilières, y compris l'assurance-vie, sortiraient de l'assiette d'imposition. Forcément, cela aurait un coût pour les finances publiques, estimé à au moins 2 milliards d'euros. Si bien qu'à Bercy, on se dit peu pressé de conclure en 2018 une réforme jugée moins prioritaire et qui pourrait attendre 2019. La perspective inquiète les milieux patronaux : ces derniers considèrent que le début du quinquennat constitue la seule fenêtre politique pour s'attaquer à l'ISF.

La même incertitude pèse sur l'autre réforme promise sur la fiscalité du capital, le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital (prélèvements sociaux compris). Le scénario le plus probable pour l'instant est que cette « flat tax » ne soit mise en place qu'en 2019. Couplé à l'augmentation de la CSG, ce report implique une hausse temporaire de la fiscalité du capital, alors que la France affiche déjà un niveau d'imposition particulièrement élevé par rapport à ses voisins. Plusieurs problèmes sont encore à régler, comme la fiscalité de l'assurance-vie et celle des plus-values lors de la revente d'une start-up.

Celles dont le report est certain

Officiellement, rien n'a encore été décidé pour la transformation du CICE (crédit d'impôt sur la compétitivité et l'emploi) en baisses de charges pérennes pour les entreprises. Mais, en déclarant vouloir « ouvrir des discussions avec les entrepreneurs » sur le sujet, Bruno Le Maire a clairement signifié son report. A Bercy, on ne cache plus que le coût de la réforme (20 milliards) est hors d'atteinte dans le cadre de l'élaboration du budget 2018 et compromettrait la crédibilité budgétaire du nouvel exécutif vis-à-vis de ses partenaires européens.

Quant à l'exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires, elle a totalement disparu du débat public. Coûteuse (3 milliards d'euros), elle n'aurait pas les faveurs de tout le monde à Bercy en raison des effets d'aubaine qu'elle peut générer. Enfin, une autre disposition évoquée pendant la campagne ne l'est plus du tout. Il s'agit de la possibilité pour les couples de déclarer leurs revenus de manière séparée. Son coût avait été évalué aux alentours de 1,5 milliard d'euros.

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Pierre- Yves Rougeyron: dernier bilan post- législatives et perspectives

PY CC9

Pierre Yves Rougeyron Curée de campagne 10

https://www.youtube.com/watch?v=sd4y2OfJOsc

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LES EUROPÉISTES PIÉTINENT LA SÉPARATION DES POUVOIRS

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4 juillet 2017 : le parlement européen de Strasbourg est quasiment vide pour écouter le Premier ministre maltais : 96 % des eurodéputés (environ 720 sur 751) n’ont pas fait le déplacement), ce qui déclenche le scandale provoqué par Jean-Claude Juncker.

4 juillet 2017 : Le président de la Commission européenne insulte publiquement le Parlement européen et les eurodéputés

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a pris la parole ce mardi 4 juillet 2017 pour s’indigner que les eurodéputés, réunis pour un débat en session plénière à Strasbourg, n’étaient qu’une trentaine sur 751.

Il a qualifié publiquement, et à plusieurs reprises, le parlement européen et l’ensemble des parlementaires européens de « ridicules » : « Je salue ceux qui se sont donné la peine de se déplacer ici, mais le fait qu’une trentaine de députés seulement [sur 751] assistent à ce débat démontre à suffisance que le Parlement n’est pas sérieux, et je voulais le dire aujourd’hui ». « Le Parlement européen est ridicule, très ridicule », a-t-il martelé en français. « Vous êtes ridicules », « le Parlement est totalement ridicule », a-t-il ensuite insisté en anglais.

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Cette sortie de Jean-Claude Juncker a déclenché un vif échange avec le président de l’assemblée, l’Italien Antonio Tajani. Celui-ci lui a vertement répliqué que ce n’était pas à la Commission européenne de contrôler le parlement mais au contraire au parlement européen de contrôler la Commission européenne.

Cet échange peut être visionné ici :

Juncker: ‘The European Parliament is ridiculous. Very ridiculous’

https://www.youtube.com/watch?v=Fi2mgWa__pU

Commentaires : les 3 vérités révélées par ce scandale

Cet échange Juncker-Tajani est proprement incroyable dans ce qui est théoriquement une institution démocratique.  Il serait proprement inimaginable, par exemple, de voir la Reine d’Angleterre ou son Premier ministre venir dire aux parlementaires britanniques qu’ils sont « ridicules » et que « le Parlement de Westminster est totalement ridicule ».

Le scandale de Strasbourg est donc particulièrement instructif car il met à jour 3 vérités essentielles :

1re vérité : Il n’y a pas de « solidarité européenne » et les États de l’UE ne sont pas perçus comme égaux par les européistes eux-mêmes

En ce 4 juillet 2017, il s’agissait d’un débat matinal consacré au bilan de la présidence de l’UE par Malte, présidence qui s’est achevée fin juin. M. Muscat, le Premier ministre maltais, avait fait spécialement le déplacement pour assister en personne à ce débat. Il a ainsi pu constater le désintérêt total que les parlementaires européens portent à son petit pays puisque 96 % d’entre eux n’avaient pas jugé nécessaire de venir écouter le chef du gouvernement maltais.

Dans le scandale qu’il a provoqué, Jean-Claude Juncker a d’ailleurs souligné que le parlement européen aurait été plein si c’était Mme Merkel ou M. Macron qui avaient été présents en lieu et place du Premier ministre maltais…

Preuve est ainsi une nouvelle fois apportée que la « solidarité européenne » est à géométrie variable et qu’au sein des 28 États-membres de l’UE, nonobstant tous les grands principes affichés par les européistes, certains États sont « plus égaux » que d’autres.

C’est d’ailleurs cette hiérarchie implicite et ce sentiment d’une inégale dignité des États-membres de l’UE qui font que les présidents de la République française qui se succèdent depuis Valéry Giscard d’Estaing proclament régulièrement que la construction européenne ne fonctionnerait et n’avancerait que sur la base du prétendu « moteur franco-allemand ».

Emmanuel Macron a repris à son tour ce thème à son compte.

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Parmi plusieurs déclarations similaires, le candidat Macron a affirmé, le 24 mars dernier, qu’il fallait relancer le « moteur franco-allemand » de la construction européenne : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/24/97001-20170324FILWWW00031–macron-veut-relancer-le-moteur-franco-allemand.php

J’ai déjà eu l’occasion de démonter précisément cette ineptie du prétendu « moteur franco-allemand », qui est historiquement faux et qui a pour effet principal de faire se dresser contre la France les 26 autres États-membres de l’UE qui n’ont pas la « chance » de faire partie de ce du prétendu « moteur franco-allemand ».  Je renvoie ici à ma conférence « Qui gouverne vraiment la France et l’Europe ? », en particulier la partie 2 de cette conférence, à partir de 10’54 »

2e vérité : comme l’Assemblée nationale française, le parlement européen est essentiellement une chambre d’enregistrement, ce qui pousse les députés à devenir de simples profiteurs cyniques

Le fait que 96 % des eurodéputés n’aient pas fait le déplacement prouve aussi à quel point le parlement européen est en réalité dépourvue de véritables pouvoirs.

Tout comme l’Assemblée nationale en France, le parlement européen est – pas entièrement mais pour l’essentiel – une chambre d’enregistrement des décisions prises par la Commission européenne et formellement avalisées par le Conseil des chefs d’État et de gouvernement.

Du coup, une écrasante majorité d’eurodéputés préfèrent faire la grasse matinée ou partir en week-end dès lors que le débat en séance leur apparaît spécialement inintéressant.

3e vérité : les européistes bafouent constamment le principe de séparation des pouvoirs.

Le fait que le président de la Commission européenne ait osé insulter publiquement et à plusieurs reprises le parlement européen et les parlementaires européens témoigne enfin du sentiment de toute puissance de l’oligarchie européiste qui a pris les commandes.

Non seulement la Commission européenne cumule à la fois des prérogatives de l’exécutif et du législatif dans une architecture institutionnelle qui bafoue le principe fondamental, posé par Montesquieu, de la séparation des pouvoirs, mais elle se permet même de critiquer publiquement l’institution censée représenter le pouvoir législatif au sein de l’Union européenne.

Conclusion : la dérive totalitaire des euro-atlantistes

Le dérapage institutionnel commis ce matin par Jean-Claude Juncker au parlement de Strasbourg n’est pas sans rappeler la dérive observée en France, où Macron s’est invité hier – 3 juillet 2017 – au parlement français, réuni en Congrès à Versailles, pour asséner aux parlementaires un discours verbeux et rempli d’idée générales.

Rappelons que, jusqu’à la réforme de la Constitution française de 2008 voulue par Nicolas Sarkozy, la tradition républicaine voulait que le chef de l’État ait interdiction d’entrer dans les enceintes de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ni Charles de Gaulle, ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d’Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac ne mirent jamais les pieds au Palais-Bourbon ou au Palais du Luxembourg pendant toute la durée de leur mandat présidentiel. Il s’agissait de l’application stricte du principe de la séparation des pouvoirs et de la déférence protocolaire témoignée par le chef de l’État au pouvoir législatif.

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3 juillet 2017 : Emmanuel Macron inflige un discours verbeux d’une heure trente devant les parlementaires réunis spécialement en Congrès à Versailles pour l’occasion. Jusqu’à la réforme constitutionnelle de 2008, voulue par Nicolas Sarkozy et adoptée dans le dos des Français, le chef de l’Etat avait l’interdiction de pénétrer dans l’enceinte des assemblées, par respect strict de la séparation des pouvoirs. De fait, ni Charles de Gaulle, ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d’Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac ne s’adressèrent jamais personnellement devant l’Assemblée nationale ou le Sénat ou le Congrès. Scandale supplémentaire : Macron s’est exprimé devant le drapeau européen alors que celui-ci n’a aucune valeur constitutionnelle puisque l’article 3 de notre Constitution pose que « L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge » et ne mentionne nulle part le drapeau bleu aux douze étoiles d’or.

Seul le Premier ministre se rendait dans les Assemblées, notamment à l’occasion des « séances de questions au gouvernement » pour rendre compte aux parlementaires, détenteurs de la souveraineté nationale, des agissements du gouvernement.

Notons que, depuis la réforme constitutionnelle de 2008, cette prise de parole directe du chef de l’Etat dans les assemblées était resté exceptionnelle. Nicolas Sarkozy ne l’avait utilisé qu’une seule fois, en juin 2009, et François Hollande qu’une seule fois également, juste après les attentats de Paris le 16 novembre 2015.

Or Emmanuel Macron a laissé entendre que cette procédure exceptionnelle pourrait devenir quasiment banale, selon un rythme annuel. Il s’agit donc bien d’une dérive qui témoigne au passage que le président de la République entend prendre la place attribuée jusqu’alors au Premier ministre, devenu de ce fait un simple exécutant.

Contrairement à ce qu’affirme Jean-Luc Mélenchon, les dérives actuelles ne sont donc pas inhérentes à la Constitution de la Ve République, telle qu’elle avait été ratifiée par 82 % des votants et 2/3 des inscrits en 1958, mais à la dénaturation de cette Constitution par une série de décisions plus funestes les unes que les autres prises à partir des années 90.

Le traité de Maastricht – ratifié en septembre 1992 et entré en vigueur en janvier 1993 – a eu pour effet de retirer l’essentiel des choix stratégiques aux pouvoirs exécutif et législatif français, placés l’un et l’autre sous l’autorité des traités européens et des décisions prises par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et l’OTAN. Du coup , le président de la République a eu de plus en plus tendance à s’emparer de décisions de second ordre relevant théoriquement du Premier ministre et du gouvernement.

 

  • La réforme du quinquennat de septembre 2000 a eu pour effet de confondre davantage encore les rôles du président de la République et du Premier ministre, qui se marchent désormais ouvertement l’un et l’autre sur les pieds.

 

  • La réforme de la Constitution française de 2008 ouvrant la possibilité au président de la République de s’adresser personnellement au parlement a eu pour effet d’affaiblir la séparation de l’exécutif et du législatif.

 

Or je rappelle que la séparation des pouvoirs est l’une des pierres angulaires de notre État de droit puisque la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 pose, dans son article 16 que « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

En 2017, la République française est ainsi devenue une démocratie de façade, où tous les plus grands principes républicains hérités de la Révolution française et de deux siècles d’histoire sont ignorés, confondus ou piétinés. Je renvoie ici les lecteurs à ma conférence « Où est passée la République française ? »

Si la France bafoue les principes mêmes qu’elle a inventés en 1789, comment s’étonner que le président de la Commission européenne, l’ancien Premier ministre de cette monarchie héréditaire qu’est le Grand-Duché du Luxembourg, en fasse autant ?

François ASSELINEAU

4 juillet 2017

4 juillet 2017 : Macron se couche devant l’Allemagne et accepte une Europe qui ne protège pas

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L’affaire des perturbateurs endocriniens prouve encore une fois que ce sont les États qui peuvent protéger les peuples et que c’est l’Europe qui les menace.  

 

22 juin 2017 : Macron prétend être le champion d’une « Europe qui protège »

 

Il y a moins de deux semaines – le 22 juin dernier – Emmanuel Macron se rendait à son premier Conseil européen à Bruxelles pour y prendre la pose marketing du « sauveur de l’Europe », abondamment relayée par une presse complaisante.

 

Se proclamant « Européen convaincu », le nouveau chef de l’État avait affirmé être le champion d’une « Europe qui protège », selon lui le seul « rempart aux populismes ».

Seulement voilà : Patatras ! Moins de quinze jours après, le même Macron a décidé de se coucher servilement devant l’Allemagne.

 

4 juillet 2017 : Macron se couche devant l’Allemagne et accepte une Europe qui ne protège pas

En ce 4 juillet 2017, la Commission européenne a en effet obtenu, après plus d’un an de blocage, un vote favorable des États-membres à son projet très controversé de définition réglementaire des perturbateurs endocriniens (PE), ces substances chimiques, omniprésentes dans l’environnement humain, qui représentent un enjeu sanitaire majeur.

Et ce vote favorable a été obtenu à la majorité qualifiée (requise au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l’UE) et cela UNIQUEMENT À CAUSE DU REVIREMENT DE LA FRANCE  :

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Le texte de la Commission européenne avait été inspiré par l’Allemagne, qui militait pour une réglementation peu contraignante pour son industrie.

Mais la France, sous la présidence de François Hollande, s’y était opposée depuis plus d’un an, aux côtés du Danemark et de la Suède, car la position de l’institution de Bruxelles était considérée comme une menace pour la santé publique et l’environnement par les sociétés savantes et les organisations non gouvernementales.

Trois sociétés savantes (l’Endocrine Society, la Société européenne d’endocrinologie et la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique) avaient en effet adressé le 15 juin dernier une lettre aux vingt-huit ministres de l’Union, leur enjoignant de rejeter la proposition de Bruxelles, au motif que celle-ci ne permet pas d’assurer « le haut niveau de protection de la santé et de l’environnement requis » par les traités européens et qu’ils « échoueront probablement à identifier les perturbateurs endocriniens qui causent des dommages chez l’homme aujourd’hui ».

Les scientifiques demandaient qu’une échelle graduée soit mise en place, distinguant les perturbateurs endocriniens « suspectés », « présumés » et « avérés » – à la manière de la classification des substances cancérogènes.

Or cette échelle, qui aurait permis une réponse réglementaire graduée, en fonction du niveau de preuve disponible pour chaque substance, n’a finalement pas été incluse dans les critères adoptés. En outre, le texte adopté conserve une clause, ajoutée à la demande expresse de Berlin, permettant, en contravention avec les objectifs du texte, d’empêcher un retrait des pesticides « conçus spécifiquement pour perturber les systèmes endocriniens des insectes ciblés ». Et ce, alors qu’ils sont aussi susceptibles d’atteindre ceux d’autres espèces animales, dont les humains.

 

Commentaires : ce sont les États qui protègent les peuples et l’Europe qui les menace

Le ministre « de la transition écologique et solidaire », Nicolas Hulot, a avalé sa première couleuvre sans trop de problèmes, en déclarant que l’Allemagne avait « obtenu cette exemption parce que [son] industrie tient évidemment à les conserver le plus longtemps possible ».

Au même moment, la « Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme » désavoue son fondateur en annonçant quant à elle « une définition au goût amer », à l’unisson de plus de 70 ONG européennes qui appellent le Parlement européen à rejeter les critères adoptés….

Pour tenter de sauver la face, M. Hulot a assuré que les experts français plancheraient sur ces pesticides et que « si leur dangerosité est avérée, nous les sortirons unilatéralement du marché ».

Cette position de M. Hulot est un hommage du vice à la vertu : sur l’affaire des perturbateurs endocriniens, comme sur l’affaire de l’huile de moteur dans les aliments, comme sur l’affaire de la réintroduction des farines animales, comme sur l’affaire du SMIC, comme sur l’affaire des travailleurs détachés, comme sur l’affaire des délocalisations, comme sur tant d’autres affaires dans tous les domaines, les événements prouvent une nouvelle fois que ce sont bel et bien les États qui protègent les peuples et que c’est l’Europe qui empêche de protéger les peuples.

[ Source : http://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/07/04/perturbateurs-endocriniens-la-france-cede-a-l-allemagne_5155485_1652666.html#BCtMrxfTEDZ66BHC.99 ]

Conclusion :  la défense de l’écologie et la « construction européenne » sont contradictoires. Il faut choisir.

Loin d’avoir accouché d’une « Europe qui protège », Macron s’est couché devant Merkel, sans doute pour entretenir le bobard du « moteur franco-allemand ».

La santé des Français passe par pertes et profits, comme dans tant d’autres affaires, au profit des lendemains qui chantent de la prétendue « construction européenne ».

Le dénouement de cette nouvelle affaire des perturbateurs endocriniens prouve une nouvelle fois que l’on ne peut pas être à la fois pour la prétendue « construction européenne » et pour la défense de l’écologie.

Ceux qui prétendent le contraire sont obligés – tels EELV ou Mélenchon – de faire des contorsions sémantiques en promettant bien entendu « une autre Europe écologique et solidaire ». Mais ces bobards ne changent rien à la réalité des rapports de force et des appétits financiers et industriels qui prévalent ailleurs qu’en France, et notamment en Allemagne.

Pendant la campagne présidentielle, j’avais expliqué que l’on ne peut pas substantiellement changer d’Europe et que les blocages européens proviennent de l’irréductible divergence d’intérêts entres les États-membres. Et les médias, si complaisants avec les promesses de « changer l’Europe » prodiguées par les Macron, Fillon, Le Pen, Mélenchon, Dupont-Aignan, etc. devenaient aussitôt agressifs et diffamatoires à mon encontre.

Pourtant, les événements se chargent de faire apparaître qui disait la vérité et qui mentait aux Français.

Entre la défense de l’environnement et la prétendue « construction européenne », il faut choisir. L’UPR a choisi de proposer aux Français de quitter l’Union européenne au plus vite.
LREM, LR, le FN, FI, et tous les autres ont choisi d’y rester, tout en promettant de changer l’Europe comme on nous le promet depuis six décennies.

François ASSELINEAU

4 juillet 2017

 

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mardi 4 juillet 2017

Sélection de la semaine - 2 juillet 2017 (2)

REVUE PRESSE GENERIQUE

France - austérité

Vinci se prépare à la privatisation de Roissy et d'Orly
Valls s'y était opposé, Macron va le faire: l'Etat va vendre tout ou partie de ses 51% d'actions des aéroports de Paris. La grande braderie du patrimoine de notre pays continue, conformément aux demandes d'économies exprimées dans les GOPE.
Déficit public: +9 milliards d'euros en 2017
La France n'est donc une nouvelle fois pas dans les clous des 3% de déficit (3,2%), à imputer aux gouvernements Hollande où l'on pouvait retrouver Macron à Bercy. 9 milliards, c'est en outre exactement la contribution nette de la France à l'UE chaque année.
Philippe s'engage en conséquence dans de l'austérité
Le déficit public est toujours l'excuse parfaite pour continuer la politique d'austérité demandée par les GOPE. La première piste exposée par le Premier ministre est encore une fois le gel du point d'indice des fonctionnaires, déjà gelé depuis 2010.

Equateur

Retrait de 16 traités bilatéraux d'investissement restant
L'Equateur a voulu dénoncer ces traités bilatéraux afin de placer le bien-être humain au-dessus du bien-être de l'économie.

Ukraine

Cyberattaque massive
Cette attaque a touché banques, entreprises, un aéroport et le gouvernement, rendant les ordinateurs inutilisables.

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