dimanche 15 octobre 2017

Un "plan d'action" sur le CETA présenté la semaine prochaine, annonce Macron

RUNGIS, Essonne (Reuters) - Un plan d'action traduisant "en actes" les recommandations de la commission d'experts sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) sera présenté la semaine prochaine, a déclaré mercredi Emmanuel Macron.

ACT CETACe traité, que l'UE et le Canada négocient depuis 2009, est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre et devra être approuvé par les parlements nationaux pour être définitivement mis en oeuvre.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron, qui est favorable au CETA, s'était dit prêt à reconsidérer sa position si l'impact du traité était jugé négatif par la commission d'évaluation qui a été mise en place en juillet.

Dans un rapport publié le 8 septembre, cette dernière a estimé que le traité devrait avoir un impact "légèrement défavorable" sur le climat et a émis neuf recommandations au gouvernement.

"Toutes les conclusions sont en train d'être tirées et un plan d'action sera présenté par le Premier ministre et les ministres concernés la semaine prochaine", a déclaré Emmanuel Macron lors d'un discours au marché de Rungis (Essonne).

Ce plan comportera "des mesures très claires d'action, de contrôle, d'encadrement", a-t-il ajouté. "Toutes les réponses aux questions soulevées par les experts seront rapportées et traduites en actes".

"Je sais l'inquiétude que le CETA peut lever", a poursuivi le chef de l'Etat. "En temps voulu, la France aura à ratifier ce traité mais nous nous assurerons que toutes les préconisations du rapport seront suivies des faits".

La mise en oeuvre du CETA "sera parfaitement conforme aux normes européennes sur la santé et l'environnement pour empêcher toute concurrence déloyale sur le marché européen", a-t-il assuré.

Pour ses partisans, le traité constitue un tournant dans la défense du libre-échange face à une vague protectionniste et permet de faire disparaître les tarifs douaniers sur près de 99% des marchandises entre les deux partenaires.

Ses détracteurs estiment eux que ce traité constitue un risque de régression en matière de normes sociales et environnementales de l'Union européenne.

(Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1CG2K4/un-plan-d-action-sur-le-ceta-presente-la-semaine-prochaine-annonce-macron.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171012

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Faillite bancaire : une garantie des dépôts européenne a minima

En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, créé en 1999, est chargé de l'indemnisation des déposants en cas de faillite bancaire. Les comptes courants et d'épargne sont couverts jusqu'à 100.000 euros par client et par établissement, mais pas l'assurance-vie ou les espèces et objets au coffre.

ACT DEPOTS BANCAIRESBruxelles a présenté un nouveau projet de mécanisme de partage des risques en cas de faillite bancaire, moins ambitieux, face aux réticences de l’Allemagne. Un système européen de garantie des dépôts complèterait les dispositifs nationaux qui couvrent jusqu’à 100.000 euros, une fois réglé le problème des créances douteuses trop élevées.

Revoilà l'idée d'un fonds de garantie des dépôts européen, "un chaînon manquant essentiel de l'union bancaire" selon la Commission européenne. Bruxelles a dévoilé ce mercredi de nouvelles propositions visant à mettre en place un système assurant la même protection à tous les Européens en cas de faillite bancaire, son projet initial étant au point mort depuis novembre 2015.

Face aux réticences de l'Allemagne, qui ne veut surtout pas devoir payer pour les déboires des banques les plus vulnérables (typiquement italiennes, espagnoles ou grecques), la Commission européenne a mis sur la table un mécanisme de partage des risques "plus progressif" et "plus limité", et conditionné au nettoyage du bilan des banques les plus exposées aux créances douteuses.

"Tous les déposants au sein de l'union bancaire devraient bénéficier du même niveau de protection, quelle que soit leur situation géographique", insiste la Commission.

Nettoyer les bilans des créances douteuses

Dans une première phase, le système européen de garantie des dépôts (SEGD, ou EDIS pour European Deposit Insurance Scheme, en anglais) "fournirait uniquement une couverture de liquidité aux systèmes nationaux de garantie des dépôts", de façon temporaire, "si une banque est en crise", une sorte de prêt qui serait remboursé par la suite par le secteur bancaire.

Dans une seconde phase dite de "co-assurance", à partir de 2020, le système européen unique comblerait aussi les pertes si le fonds de garantie national ne peut rembourser tous les déposants. L'accès à ce fonds commun serait conditionné au passage d'un test de qualité des actifs des banques, tenues de réduire dans leur bilan le montant de leurs "prêts non performants" (NPL, en anglais), au plus tard en 2021. Car le niveau de ces créances irrécouvrables a diminué depuis la crise, mais reste élevé en Europe.

NPL et capitaux banques Euro vs US Japon

[Ratios de fonds propres des banques en Europe, au Japon et aux Etats-Unis et pourcentage des prêts non performants sur le total des prêts depuis 2009. Crédit : Commission européenne]

Garantie de 100.000 euros maximum

Actuellement, tous les pays de l'Union sont tenus d'avoir leur propre fonds de garantie des dépôts qui protège à hauteur de 100.000 euros maximum par client et par établissement (un seuil harmonisé par une directive de 2010).

En France, c'est le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), créé en 1999, qui est chargé de l'indemnisation des déposants en cas de faillite bancaire. Les comptes courants et d'épargne sont couverts, y compris les livrets A ou LDD par une garantie de l'Etat, mais pas l'assurance-vie ou les espèces et objets au coffre, ni les dépôts auprès d'établissements de paiement, de type Compte-Nickel ou PayPal.

Si les dernières faillites bancaires remontent au milieu des années 1990 en France, avec le dépôt de bilan de Pallas Stern en 1995 et la déroute du Crédit Martiniquais en 1998, le FGDR est intervenu à quatre reprises depuis sa création par exemple dans l'affaire de l'Européenne de Gestion Privée (EGP) et dans la faillite du courtier lillois Dubus.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a réagi aux annonces de la Commission :

« C'est un projet important pour renforcer notre résilience collective face aux crises et pour créer un marché bancaire plus intégré, plus solide, en capacité de mieux répondre aux attentes de notre économie et de nos concitoyens. Je suis déterminé à faire progresser rapidement cette stratégie de renforcement de l'Union bancaire dont l'aboutissement contribuera aussi à la consolidation de la zone euro défendue par le Président de la République. »

L'Allemagne inflexible ?

Ces derniers mois, les quasi faillites de deux banques vénitiennes et de Banco Popular en Espagne ont laissé de nombreux petits porteurs sur le carreau. Intesa Sanpaolo a annoncé mardi la création d'un fonds de 100 millions d'euros pour ses clients qui auraient perdu tout leur investissement, et donc leurs économies, lors du sauvetage des établissements de Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca (à raison de 15.000 euros par personne maximum).

Les derniers chiffres de la BCE ont montré que les banques italiennes détiennent à elles seules 28% des créances douteuses de toute l'UE, près de 250 milliards d'euros.

Aussi l'Allemagne, par la voix de Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, n'a-t-elle pas caché qu'il n'était pas question que les banques allemandes paient pour les méridionales qui seraient moins vertueuses. La Commission a supprimé la dernière étape prévue dans son projet initial, en 2024, qui revenait à une mutualisation des risques dans toute l'UE. La proposition de la Commission doit être approuvée par le Parlement et les Etats membres.

Berlin semble toujours inflexible. Un porte-parole du ministère allemand des Finances a déclaré à l'AFP que la position du gouvernement d'Angela Merkel "n'a pas bougé. [...] Les propositions de la Commission ne suffisent jusqu'ici absolument pas".

Lors de son discours sur l'état de l'Union, le 13 septembre, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait souligné que :

"L'union bancaire ne peut fonctionner que si la réduction et le partage de ces risques vont de pair. [...] Il ne pourra y avoir de garantie des dépôts commune qu'à partir du moment où chacun se sera mis en ordre sur le plan national."

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/faillite-bancaire-une-garantie-des-depots-europeenne-a-minima-753770.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171012

 

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Lafarge en Syrie : Fabius pourrait être entendu par la justice pour son «éventuelle responsabilité»

Des anciens salariés de Lafarge ont demandé que l’ancien ministre des Affaires étrangères français soit auditionné par la justice dans le cadre des affaires que le cimentier faisait avec Daesh en Syrie.

ACT FABIUS 1

Représentés par l’ONG Sherpa, qui a mis en lumière le scandale de la collaboration du cimentier franco-suisse Lafarge avec l’Etat islamique en Syrie, des anciens employés de l’entreprise ont demandé que Laurent Fabius, alors en responsabilité, soit entendu par la justice afin de déterminer son éventuelle implication dans ce dossier.

D’après France info, qui a révélé cette information, l’organisation souhaite aussi faire entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie.

«La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire. […] L’Etat doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité», a déclaré Marie-Laure Guislain, à propos de l’ex-ministre des Affaires étrangères français.

Plusieurs responsables ont pointé la responsabilité de la diplomatie française dans le maintien du cimentier en Syrie après la prise de contrôle du territoire où se trouvait l’usine par l’Etat islamique. Lafarge aurait versé à l’organisation terroriste 20 000 euros par mois contre  un laisser-passer pour ses camions.

«Le quai d’Orsay nous dit qu’il faut tenir, que ça va se régler […] On allait voir, tous les six mois, l’ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit : « Maintenant il faut que vous partiez »», avait relevé devant les enquêteurs Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel.

Mais, d’après France info, le ministère contesterait cette information. «Nous avons alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie», a-t-on déclaré à la radio d’Etat.

L’information judiciaire ouverte pour financement d’une organisation terroriste devrait permettre d’y voir plus clair.

RT – 13 oct. 2017

http://arretsurinfo.ch/lafarge-en-syrie-fabius-pourrait-etre-entendu-par-la-justice-pour-son-eventuelle-responsabilite/

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samedi 14 octobre 2017

GM&S : Retrouver du travail à 150km ? Gérard Collomb ne voit «pas le problème» grâce au TGV

Venu sur le plateau de BFMTV en TGV, le ministre de l'Intérieur a estimé que les longues distances ne sont pas problématiques. Si les salariés de GM&S ne peuvent parcourir 150km pour un nouvel emploi, ce serait avant tout une question de «liaison».

ACT COLLOMB GMSCela partait sans doute d'une bonne intention : afin d'amortir le choc qu'avait pu susciter la sortie d'Emmanuel Macron le 5 octobre dernier au sujet du «bordel» causé par des manifestants de GM&S, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, a voulu livrer son analyse de la situation dans laquelle se trouvent les salariés du groupe sur le plateau de BFMTV le 8 octobre. Quelque peu maladroit, son commentaire a réamorcé une polémique qui était en train de s'estomper.

«Il y a des endroits où on ferme les usines, mais des endroits où on crée des emplois, et ces emplois ne sont pas pourvus. Pourquoi ils ne sont pas pourvus ?», s'est interrogé le ministre en évoquant le sort des salariés de GM&S à La Souterraine (Creuse), qui devront retrouver du travail, quand la fonderie Constellum d'Ussel (Corrèze) peine à recruter. «Pour plusieurs raisons [...] ici, c'est vraisemblablement un manque de liaison», a-t-il poursuivi.

Derrière le terme un peu vague de «liaison», le ministre de l'Intérieur voulait en réalité évoquer la question de la mobilité. Le département de la Creuse, où se trouve le site de GM&S, est en effet mal connecté aux autres régions françaises par le réseau de transports publics. C'est là qu'il faudrait, selon Gérard Collomb, chercher l'une des racines du problème du chômage. 

Pour étayer son propos, l'ancien maire de Lyon ajoute : «Ce n'est pas le problème de 180 kilomètres. Si vous êtes reliés par une autoroute ou une voie ferrée qui vous permet d'y aller... Je viens de Lyon, je n'ai pas de problème pour venir chez vous parce qu'effectivement, il y a des liaisons.»

Le ministre ne précise cependant pas que les billets de TGV comme les péages d'autoroutes coûtent parfois cher et que, s'il est venu donner une interview un dimanche à Paris en sa qualité de ministre, les salariés de GM&S devront faire au moins dix trajets par semaine pour aller travailler quotidiennement. Son analyse ne prend pas non plus en compte le fait que, même performant, un réseau de transport ne résout pas le problème de l'extrême concentration des activités économiques et particulièrement industrielles dans certaines villes.

Une réaction jugée «déconnectée des réalités»

Pour de nombreux internautes, la solution proposée par Gérard Collomb tendrait à prouver que ce dernier serait «déconnecté des réalités».

Pour d'autres, c'est surtout la question du coût de la solution proposée par le ministre qui interroge sur ses propres pratiques.

L'indignation est partagée par plusieurs internautes qui soulignent les conditions avantageuses dont jouit Gérard Collomb en tant que ministre pour se déplacer.

Pour ironiser sur la sortie du ministre, d'autres feignent de le prendre au pied de la lettre et se prennent à rêver d'une ligne de TGV entre Creuse et Corrèze.

La ville d'Ussel, où se trouve la fonderie Constellium, est distante de 150 kilomètres de La Souterraine, comme le rappellent d'autres internautes irrités par la déclaration de Gérard Collomb.

Retrouver du travail à 150km : un sacrifice nécessaire?

Le commentaire de Gérard Collomb s'inscrit dans la droite ligne de la remarque faite par Emmanuel Macron qui, au-delà de la polémique qu'elle a provoquée, révélait surtout une vision du monde du travail que le président de la République s'emploie à défendre. Selon celle-ci, le fait que la fonderie Constellium, située en haute Corrèze, peine à pourvoir quelques 18 postes vacants rend difficilement compréhensibles les plaintes des salariés de GM&S qui, dans le département voisin, se retrouvent au chômage.

«Il reste 18 postes à pourvoir à Ussel. Nous sommes prêts à examiner tous les CV, y compris ceux qui viendraient de GM&S», confirme à La Montagne Jean-Baptiste Foisel, responsable de la fonderie corrézienne Constellium. Son carnet de commandes tourne pourtant à plein régime et un plan d'investissement de 3,5 millions d'euros, qui devrait permettre d'augmenter les capacités de production, a déjà été annoncé. Constatant une inadéquation entre offre et demande au sein d'une même région, Gérard Collomb comme Emmanuel Macron en conclut donc logiquement que l'absence de mobilité des salariés est un frein au développement économique et un facteur du chômage.

Cette question de fond semble éludée par la polémique à laquelle se livrent Emmanuel Macron et Gérard Collomb d'un côté, et de l'autre, ceux que leurs propos ont choqué. Pour ces derniers, la mobilité a ses limites et refuser de faire 300 kilomètres de trajet par jour n'est pas un caprice. D'autant que le problème est loin de se limiter à la seule question du transport. «On peut proposer des choses à des gens qui sont à 140 km d’Ussel, mais pour eux, c’est souvent très difficile d’envisager un déménagement... Il faut se pencher sur leur mobilité : l’hébergement, la scolarisation des enfants, le travail du conjoint... », concède Jean-Baptiste Foisel.

Néanmoins, Constellium a d'ores et déjà entamé des discussions avec les collectivités locales et la région, afin de permettre à des salariés de travailler sur le site, même s'ils devaient venir d'un autre département. La mise à disposition par la commune d'Ussel, hors saison touristique, de logements situés à proximité de l'usine est même à l'étude. De telles solutions résoudraient le problème du transport : reste à savoir si les salariés de GM&S consentiront à concevoir leur lieu de résidence comme une contingence pouvant s'adapter aux nécessités de la production ou s'ils préféreront encourager une meilleure répartition de l'activité économique dans leur région.

https://francais.rt.com/economie/44357-gms-retrouver-travail-150km-gerard-collomb-voit-probleme-tgv

 

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Vaccination obligatoire, les questions qui piquent

A l'heure où le gouvernement français s'apprête à voter une loi étendant l'obligation vaccinale à 11 vaccins, il n'est pas inutile de faire le point sur les faits, parfois méconnus du grand public, afin de pouvoir se forger une opinion en connaissance de cause.

ARG VACCINS ETUDE MANIF

 

Propos liminaire

On ne peut que déplorer que tant du côté des défenseurs de cette loi, que du côté des anti-vaccins, les positions sont raidies au point que plus personne ne prend la peine d'écouter les arguments d'en-face, et qu'on sombre régulièrement dans la caricature et l'invective d'un côté, dans l'anathème et la sophistique de l'autre.  Cet article a été ardu à réaliser, parce que le sujet est vaste, généralement très mal cadré (on répond à des questions qui ne devraient pas se poser), les sources sont plutôt difficiles d'accès, et la majorité des médias dominants a, comme de coutume, couvert ce dossier en prenant résolument fait et cause pour la position défendue par le gouvernement[1].

Au-delà de la dangerosité réelle ou supposée des sels d'aluminium utilisés comme adjuvant dans les vaccins, la première question à se poser est celle de l'utilité, ou plutôt, de l'impérieuse nécessité, en termes de santé publique, qui justifierait l'étendue de l'obligation vaccinale.

Dans la mesure où la campagne du gouvernement a été largement axée sur le cas particulier de la rougeole, et puisque nous disposons de statistiques détaillées, tant au niveau français qu'au niveau européen et mondial, c'est principalement sous l'angle de cette maladie que nous présenterons une réfutation des arguments, basée sur des sources fiables.

Ainsi, nous commencerons par la maladie (la rougeole), pour continuer par une analyse comparée de la couverture vaccinale, pour terminer sur le sujet tant controversé de la dangerosité (ou pas) des sels d'aluminium.

La rougeole - maladie infantile bénigne ou fléau redoutable ?

La réponse est double, et il convient de contextualiser pour mieux en comprendre les raisons.  Chez nous, en occident, il s'agit plutôt d'une maladie infantile bénigne, et c'est encore ainsi qu'on pouvait en lire la description dans Le Concours médical de 1976.

Aujourd'hui, les autorités sanitaires définissent comme une « une infection virale hautement contagieuse et potentiellement grave ».  Cette perception radicalement différente de la dangerosité de la maladie est probablement à attribuer au fait qu'il y a quarante ans, la médecine avait d'autres chats à fouetter, et quelques soucis plus urgents en matière de santé publique.  Il faut dire aussi qu'on revenait de loin : en 1906, les décès dus à la rougeole s'établissaient à près de 3.700 par an en France pour tomber naturellement à une vingtaine, en 1983, date de l'introduction de la première campagne de vaccination (ROR).  Soit une diminution de 9995% en 77 ans, grâce aux antibiotiques, aux mesures prophylactiques, et à l'amélioration des conditions de vie.

Vous aurez noté que « bénigne » ou « potentiellement grave » ne signifie rien, en soi.  On peut parfaitement mourir des suites de complications d'une maladie bénigne, et d'une manière générale, même respirer est une activité potentiellement dangereuse.  Il convient donc de quantifier cela au moyen des statistiques de mortalité, respectivement en Occident et dans le reste du monde.

Mortalité de la rougeole dans les pays industrialisés

ÂgeMortalité (/100.000)
< 1 43
5-9 10
20 > 85

Soit, à l'âge ou les enfants ont le plus de chances de l'attraper (5-9), une mortalité de 1/10.000[2].  Si ce n'est pas négligeable, ce n'est pas non plus la grippe espagnole (avec une mortalité tournant autour de 3%).  Il faut ajouter que les enfants de moins d'un an dont la mère a fait (complètement) la rougeole sont en principe protégés durant cette période par les anticorps transmis par celle-ci.

Dans les pays en voie de développement

En Afrique, mais aussi en Asie et plus généralement dans les pays pauvres, le taux de mortalité oscille entre 3% et 6%, ce qui en fait une des principales causes de mortalité infantile dans ces régions[2].

Donc invoquer sans cesse la rougeole comme « une des premières causes de mortalité infantile » est d'une mauvaise foi consommée, et on ajoute l'outrage à l'insulte.  Parce que si cette affection tue des quantités d'enfants, ce n'est pas en Europe, ni même en Occident, mais bien en Afrique et plus généralement dans tous les pays du tiers monde.  La raison en est simple, ce n'est pas la rougeole seule, qui tue, mais le manque d'accès aux soins, la malnutrition et une hygiène déplorable, qui se conjuguent pour favoriser des complications, trop souvent fatales.  Et qu'on le veuille ou non, c'est bien l'occident, qui meurt de trop bouffer, qui ne sait pas trouver les moyens nécessaires pour résoudre les problèmes les plus élémentaires dans ces pays, mais trouve bien, chaque fois qu'il le veut, les moyens d'aller y faire la guerre à grands frais pour y piller les matières premières à vil prix, laissant les populations exsangues, parfois sans même un accès à l'eau potable.  En d'autres termes, c'est la misère qui tue, bien plus que la maladie.

Prévalence de la maladie, en France, en 2017

On nous parle de « résurgence de la maladie »,  quand ce n'est pas carrément « d'épidémie ».  Qu'en est-il exactement ?

Cas de rougeole par mois - Déclarations obligatoires, France, Janvier 2008 – Août 2017

Dans ce graphique produit par l'INVS, les données spécifiques à la période 10/2011 jusqu'à 08/2017 ont été extraites et replacées spécifiquement dans un graphique situé en haut à droite, ce qui permet de recaler l'échantillonnage et de recalculer l'échelle verticale sur base du pic le plus important de l'échantillon (aux environs de mars 2015).  Il n'en reste pas moins que les valeurs les plus élevées n'excèdent pas 140 pour un mois donné sur cette période, et que la moyenne est nettement en dessous.  Ou comment transformer les Vosges en Himalaya par la magie des échelles et des échantillons bien choisis.  Après tout, qui regarde les légendes ?

Voyons un peu ce qu'en dit l'Agence de la Santé Publique France

Situation épidémiologique en France

En France, depuis l’épidémie de 2008-2012 au cours de laquelle près de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés dont 10 décès, le nombre de cas a diminué au cours des trois années suivantes, avec 260 à 360 cas déclarés chaque année. En 2016, seulement 79 cas de rougeole ont été déclarés témoignant d’une circulation moindre du virus de la rougeole, mais l’augmentation du nombre de cas depuis le début de 2017 fait craindre une recrudescence de la maladie au cours du printemps. La circulation du virus est active dans plusieurs départements et la Moselle est actuellement le plus affecté avec un foyer de plus de 50 cas. Au total, 2 cas d’encéphalite et 7 pneumopathies graves sont à déplorer depuis le début de l’année sur le territoire. Comme en Roumanie, 85 % des cas français sont observés chez des personnes non vaccinées, dont des enfants de moins d’un an (15 %) particulièrement à risque de complication, et qui, en raison de leur jeune âge, ne peuvent être protégés qu’indirectement par la vaccination de leur entourage.

Donc une à deux victimes par an, ce qu'on pourrait comparer à un autre problème de santé publique, les 50.000 morts annuels liés à l'alcool...

L'étrange épidémie (extrêmement) meurtrière de rougeole en Roumanie

Dans un article du Parisien, daté du 12 juillet 2017, on pouvait lire ceci :

La rougeole fait 35 morts en un an en Europe, l’OMS recommande la vaccination

Alors qu’en France le gouvernement souhaite rendre obligatoire huit vaccins supplémentaires, dont celui de la rougeole, l’Organisation mondiale de la Santé s’alarme de la recrudescence de cette maladie en Europe.

L’infection a fait 35 morts durant les douze derniers mois sur le continent, dont 31 en Roumanie. Le dernier décès déploré est celui d’un garçon de 6 ans, en Italie, où 3300 cas de rougeole ont été recensés et où un autre décès a été attribué à la maladie depuis juin 2016. Une personne est également morte en Allemagne et une autre au Portugal.

35 décès dus à la rougeole... dont 31 en Roumanie ?!

Vous avez bien lu, 35 morts au total, dont 31 pour la seule Roumanie.  C'est assez gênant, quand on sait que le vaccin RRO (rougeole - rubéole - oreillons) est obligatoire en Roumanie.  Ça ne veut pas dire que le vaccin ne serait pas efficace, mais peut-être, simplement que la couverture vaccinale serait insuffisante en dépit de l'obligation.  On ne peut s'empêcher de noter par ailleurs que la Roumanie est un des pays les plus pauvres d'Europe, et que certaines populations (Roms) ont peut-être encore un accès insuffisant au système de soins de santé. 

Quoiqu'il en soit, si l'on compare la Roumanie, où l'obligation vaccinale existe, avec le reste des pays européens dont la moitié n'ont aucune obligation vaccinale, pour un total de 4 morts sur la même période, on comprend que la couverture vaccinale effective est probablement moindre en Roumanie.  La population roumaine s'établit à 19,9 Mhab, et celle du reste de l'UE à 491,9 Mhab.  On a d'une part 31/19,9=1,56 décès/Mhab contre 4/491,9=0,08 décès/Mhab, soit une mortalité 191 fois supérieure en Roumanie comparée au reste de l'UE.

Invoquer la nécessité de l'obligation vaccinale pour atteindre un taux de 95% de vaccination qui serait de nature à éliminer le virus à l'état sauvage en Europe est ridicule tant que le virus reste endémique dans d'autres pays, y compris de l'UE.  Cela pourrait même provoquer à terme des épidémies bien plus mortelles chez des individus vaccinés et dont l'immunité tendrait à disparaître, les amenant à déclarer la maladie dans une tranche d'âge où les complications sont nettement plus fréquentes et létales (8,5 fois).

Extrait de « Vaccinations, les vérités indésirables » édité aux éditions Dangles

Par Michel Georget
Agrégé de Biologie, professeur honoraire des classes préparatoires aux grandes écoles biologiques

Persuadés qu'une dose d'un puissant vaccin atténué protégerait toute la vie, les Etats-Unis ont planifié une vaccination à grande échelle en 1965 et obtenu rapidement une chute spectaculaire des cas ; mais, vers la fin des années 1980, leur nombre a commencé à réaugmenter fortement avec une létalité plus élevée et un déplacement vers les très jeunes nourrissons et les adultes comme l'avait prédit le Pr Bastin 10 ans auparavant. Cela a conduit les responsables américains à recommander un rappel depuis 1989.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un phénomène identique s'observe actuellement en France et en Suisse, d'où la campagne actuelle pour inciter à faire un rappel à l'âge de 6 ans, en attendant peut-être un second rappel vers 15 ans.

Cette modification de l'épidémiologie de la rougeole n'est paradoxale qu'en apparence. Elle s'explique très bien par le fait que l'immunité vaccinale est moins durable que celle conférée par la maladie. L'évolution se fait alors en deux phases :

- Dans un premier temps, la vaccination confère une certaine immunité. Le virus sauvage continuant à circuler, les réinfections des sujets vaccinés jouent le rôle de rappel et renforcent cette immunité. Le groupe des sujets réceptifs diminue donc et le nombre des cas chute.

- Dans la période qui suit, la circulation du virus sauvage s'étant réduite en raison du moindre nombre de malades, les réinfections deviennent plus rares et le rappel qu'elles produisaient disparaît. L'immunité vaccinale s'évanouissant au fil des ans, il apparaît progressivement une population d'adultes non protégés, parmi lesquels des femmes qui ne transmettront plus d'anticorps au cours de leurs grossesses. Les nouveau-nés deviennent donc réceptifs au même titre que les adultes.

Étrange que les autorités sanitaires, pas plus que la presse, ne relaient ces simples réalités scientifiques ?  Qu'est-ce qu'on propose, dans ce cas ?  Encore plus de vaccins ?

Analyse comparative des couvertures vaccinales en Europe

Dans cette section, nous comparerons les différentes obligations vaccinales dans 27 pays de l'UE, plus l'Islande et la Norvège, étude compilée dans un document intitulé « Mandatory and recommended vaccination in the EU, Iceland and Norway : results of the VENICE 2010 survey on the ways of implementing national vaccination programmes » publié en mai 2012 par l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). 

Toutefois, le tableau ne se prêtant pas bien à des comparaisons, je l'ai remis en forme en transformant des abréviations en chiffres, en ne conservant que la qualification la plus élevée,  attribuant un code de couleur à chaque valeur, puis en triant le tableau dans l'ordre des pays ayant la plus importante couverture à la moins importante sur base des totaux (dernière ligne). 


A noter que les données prises en compte pour la France sont celles qui seront d'application au 1er janvier 2018.  Par contre, le tableau n'intègre pas la récente modification en termes d'obligation vaccinale en Italie.

Pour rappel, voici les 11 vaccins qui seront obligatoires en France dès le 1er janvier 2018 :

Diphtérie Coqueluche Rubéole Pneumocoque
Tétanos Rougeole Hépatite B Méningocoque C
Poliomyélite Oreillons Haemophilus influenzae (Hib)

Tableau de comparaison des politiques vaccinales dans l'UE, plus l'Islande et la Norvège

PointsAbréviationSignification
5 MA Obligatoire pour tous
4 MR Obligatoire pour les groupes à risque
3 RA Recommandé pour tous
2 RR Recommandé pour les groupes à risque
1 R Recommandé
0 A Absence de recommandation

Politique vaccinale comparée - partie 1

Partie 1/2LVFRPLSKCZBGSIHUGRROITBELUEEMT
Diphtérie 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Hib 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 4 4 2 2 4 3 2 0 2 2 3 2
Hepatite B 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 4 3 3 3
Papillomavirus 5 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 0
Grippe 2 2 2 4 2 2 2 2 2 2 2 2 2 3 3
Méningocoque C 2 5 2 2 2 0 2 0 3 0 3 3 3 2 0
Pneumocoque 5 5 4 5 4 5 2 3 3 0 3 3 3 2 2
Rougeole - Oreillons - Rubéole 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Coqueluche 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Poliomyélite 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 5
Rotavirus 5 0 3 0 0 3 3 0 0 0 0 3 3 2 0
Tétanos 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Tuberculose 5 4 5 5 4 5 2 5 3 5 2 0 2 3 3
Varicelle 5 2 2 0 2 0 2 0 3 0 3 2 3 2 2
Totaux 66 56 56 56 54 53 51 49 47 45 43 40 40 39 39

Politique vaccinale comparée - partie 2

Partie 2/2ATIRCYDEESGBLTFINLDKPTISNOSE
Diphtérie 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hib 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 0 2 0 0
Hepatite B 3 3 3 3 3 2 3 2 2 2 3 2 2 2
Papillomavirus 1 1 0 1 1 1 0 0 1 1 1 0 1 1
Grippe 2 2 2 2 2 2 2 3 2 2 2 2 2 2
Méningocoque C 3 3 3 3 3 3 2 0 3 2 3 3 0 0
Pneumocoque 3 3 3 3 3 3 2 3 3 3 2 2 3 3
Rougeole - Oreillons - Rubéole 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Coqueluche 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Poliomyélite 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Rotavirus 3 0 0 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0 0
Tétanos 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Tuberculose 0 3 2 0 0 2 3 2 2 0 3 0 2 2
Varicelle 2 2 3 3 3 2 2 0 0 2 0 2 0 0
Totaux 37 37 36 35 35 35 34 33 33 32 32 31 28 28

Ci-dessous, sous forme graphique, le total des points additionnés pour chaque pays

Abréviations ISO des noms de pays

ISOPAYSISOPAYS
LV Lettonie AT Autriche
FR France IR Irlande
PL Pologne CY Chypre
SK Slovaquie DE Allemagne
CZ République Tchèque ES Espagne
BG Bulgarie GB Grande-Bretagne
SI Slovénie LT Lituanie
HU Hongrie FI Finlande
GR Grèce NL Pays-Bas
RO Roumanie DK Dannemark
IT Italie PT Portugal
BE Belgique IS Islande
LU Luxembourg NO Norvège
EE Estonie SE Suède
MT Malte    

Remarques

La France arrive(ra) deuxième, juste derrière la Lettonie en termes d'obligations (total), ex-aequo avec la Pologne et la Slovaquie.

16 pays, dont 14 de l'UE n'ont aucune obligation de vaccination (s'étendant à toute la population), soit la moitié de l'Union Européenne.

Aucune obligation vaccinale généralisée
Luxembourg Chypre Lituanie Portugal
Estonie Allemagne Finlande Islande
Autriche Espagne Pays-Bas Norvège
Irlande Royaume-Uni Dannemark Suède

Un seul pays n'a qu'une seule obligation vaccinale (s'étendant à toute la population), la Belgique, pour la polio.

Les pays ayant la plus large obligation vaccinale sont tous des pays baltes ou d'Europe de l'Est, à l'exception de la France, dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi.

ISOPAYSnVac
LV Lettonie 14
FR France 11
SK Slovaquie 11
BG Bulgarie 11
PL Pologne 10
HU Hongrie 10
CZ République Tchèque 9
SI Slovénie 9

Pour le dire autrement, aucun autre pays de l'Europe « historique » n'impose d'obligation vaccinale généralisée, à l'exception de la Belgique, et seulement pour la polio, depuis 1967.

Est-ce que cela veut dire que les Anglais, les Allemands ou les Espagnols ne sont pas vaccinés ?  Bien sûr que non !  La majorité des parents en Europe vaccinent leurs enfants sur base des recommandations des autorités après consultation avec leur médecin généraliste ou le pédiatre.  Et dans bien des cas, j'imagine que cela se limitera au fameux vaccin polio plus éventuellement le trivalent (Rougeole - Rubéole - Oreillons).

Sels d'aluminium comme adjuvant : vraiment inoffensifs ?

Le problème est que nous nous trouvons en face d'une question éminemment pointue à laquelle seuls pourraient répondre des toxicologues et des médecins, après y avoir consacré une étude scientifique sur un échantillon significatif, et publié les résultats ainsi que le protocole dans une revue scientifique à comité de lecture.  À partir du moment où les seules études disponibles traitent des effets secondaires, et sont issues des retours lors des essais cliniques, ou après la commercialisation des vaccins; et que d'autre part ces documents émanent des fabricants eux-mêmes, on peut raisonnablement douter de leur objectivité, même sans préjuger de leur bonne foi.

Le fait est que la tendance actuelle est à discréditer ou à pousser sous le tapis tous les travaux menés par des scientifiques qui n'iraient pas dans le sens souhaité.  Ainsi, Ce n'est pas la théorie qui est jugée, mais la crédibilité des scientifiques selon qu'ils défendront la thèse dominante, ou pas.

Heureusement, de temps à autre, il est des avis dont on ne peut pas faire comme s'ils n'existaient pas.  Ainsi en est-il des résultats de l'étude du Professeur Romain Gherardi, chef du service de pathologies neuromusculaires à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.  Selon cette étude, financée par l’Agence du médicament, la présence d’aluminium dans des vaccins pourrait, dans certains cas, entraîner un risque pour la santé.

De l'aluminium, il y en a partout, jusqu'à l'eau ou le dentifrice. Pourtant, nous nous portons bien...
Nous en mangeons même tous les jours ! Sauf que 99,7 % de cet aluminium ressort par voies basses et 80 % des 0,3 restants, soluble, est éliminé par les reins. C'est la grande différence avec le vaccin où, du fait de l'injection dans le muscle, il passe entièrement la barrière cutanée. Sous une forme d'agrégats insolubles, il est propulsé à l'intérieur de notre organisme où il s'installe.

Avec quelles conséquences ?
Nos études montrent qu'à trop rester dans les cellules, il peut provoquer un burn-out immunitaire, c'est-à-dire fatiguer notre système immunitaire, voire le dérégler. Nous faisons le lien entre la myofasciite à macrophages (une lésion musculaire, mais tous les chercheurs ne sont pas d'accord sur ses causes NDLR), et la multiplication du syndrome de fatigue chronique associée à des troubles cognitifs.

Le DT-polio en contient, des millions d'enfants sont vaccinés et il y a très peu de problèmes !
L'immense majorité ne présente en effet aucune atteinte clinique du système nerveux. Mais l'augmentation du nombre d'injections risque d'augmenter mécaniquement le nombre de problèmes. Notre étude pointe également qu'il y aurait une prédisposition génétique, d'où la nécessité de poursuivre nos recherches pour confirmer, comprendre et y remédier. (...)

Plus inquiétant, sans doute, le fait que les autorités n'ont montré aucun signe laissant penser que le sujet les intéressait alors même que le rapport dit qu'il faut approfondir les études. « En finançant l'essai, l'ANSM s'est donné bonne conscience et puis basta. »

Les vaccins qui contiennent des sels d'aluminium utilisés comme adjuvants

Vaccins contenant du sel d'aluminium
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite
Coqueluche
Hépatite B
Pneumocoques
Méningocoque C
Papillomavirus humain

Conclusion

Nul besoin d'être médecin soi-même pour comprendre que l'empressement du gouvernement à légiférer pour étendre l'obligation vaccinale ne trouve aucune justification dans une urgence sanitaire quelconque.   L'alcool, le cancer, et les maladies cardio-vasculaires font infiniment plus de dégâts que des maladies comme la rougeole, sans que cela n'émeuve plus que ça l'exécutif qui parle de réduire toujours plus les dépenses de soins de santé : le « coût » de la sécurité sociale.

Ainsi, je citerai le Prof. Gherardi : « Ce que les gens détestent c'est d'être contraints sans être convaincus. Si on leur disait 'ok, certains posent problème mais on va faire des recherches et trouver des solutions' ils seraient beaucoup moins méfiants. ».  Et j'ajouterais que si les gens n'ont pas été convaincus, c'est parce que le discours des autorités n'est pas convaincant !

Les drôles d'accointances de la Ministre de la santé

Les différentes missions rémunérées par l'industrie pharmaceutique de Mme Agnès Buzyn ne sont pas vraiment de nature à rassurer les plus sceptiques quant à la neutralité de son point de vue, pour dire le moins :

De 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme10. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la leucémie myéloïde chronique : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb)10. Elle entre au conseil consultatif (advisory board) de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu'elle occupe jusqu'en mars 201110 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d'organismes publics, ce que Le Canard enchaîné a qualifié de « léger conflit d'intérêt ».  Source : Wikipedia

Intégrité physique

La raison pour laquelle aucun pays européen « historique » n'avait légiféré pour imposer une obligation vaccinale (en dehors de la polio et de la diphtérie) est simple à comprendre.  Il s'agit à proprement parler d'une atteinte à l'inviolabilité, l'intégrité du corps humain.  Bien sûr, nous dira-t-on, la loi prévoit pareilles exceptions :

La jurisprudence des hautes cours européennes tolère les atteintes limitées au principe de l'intégrité physique commises dans un but de prévention prophylactique (vaccins), c'est à condition qu'elles soient :

  • 1. effectuées pour la protection de la vie,
  • 2. proportionnées à leur but (CEDH, 9.10.77 ; C. É., 26.11.1), (3)
  • 3. soumises à enquête officielle.

Source : Wikipedia

Mais il me semble que les conditions 2 et 3 restent largement à établir !


Post Scriptum

La nouvelle loi de couverture vaccinale ne peut pas être totalement disjointe de la crise des migrants qui sévit en Europe depuis 2011/2012.  Parce que si des maladies comme la tuberculose, la polio ou la diphtérie ont pratiquement disparu chez nous, elles restent parfois endémiques dans les pays d'origine des migrants.  Quand vous voulez vous rendre dans l'un de ces pays, vous devez impérativement être vacciné contre un certain nombre de pathologies spécifiques.  Mais quand ce sont les pathologies qui viennent à vous ? 

Source : wikipedia

Notes

[1] À l'exception notable du Parisien qui à plusieurs reprises, a présenté des points de vue plus équilibrés.

[2] INVS - Surveillance de la rougeole en France Bilan et évolution en vue de l’élimination de la maladie.  Page 8, 2.2.4 (Létalité).

Commentaires

Bonjour,

Bonjour,

Très bon article !

j'ai quelques petites remarques a faire :

- la mortalité de la grippe espagnol s'expliquerait par d'autre facteur que la "virulence" de cette grippe, voir http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/27/09/71/2012-2013/Juin-2013/Grippe_...

- il y a un amalgame entre "obligation vaccinale généralisée" et "étendu a toute la population" : c'est faux, les obligations portent sur la vaccination infantile. Aucun vaccin n'est obligatoire de manière généralisée pour les adultes. La nuance est importante car lorsqu'on regarde les couverture vaccinales adultes, on se rend compte qu'elles sont bien trouées (couverture vaccinale france diphtérie 34% polio 42% et tétanos 71% ... !). Cet amalgame est d'ailleurs très largement utilisé par les autorités de santé. Contre nous, citoyen.

Au plaisir.

Grippe

Merci pour votre gentil compliment,

Oui je sais pour la grippe, elle était terriblement atypique, on pense aujourd'hui que c'était la résultante du croisement de deux souches, de sorte qu'elle était infiniment plus létale, et bizarrement, seulement dans une tranche d'âge donnée.  Elle a tué nettement plus que la grande guerre, en fait.

L'amalgame n'existait pas dans mon esprit, en tout cas : pour moi on parle bien de la vaccination des enfants.

Le vaccin contre le Tétanos ne sert à rien et SURTOUT pas pour des mômes qui ne risquent pas d'être en contact avec le virus avant plusieurs années (contact avec les chevaux, etc.).

Chez nous en Belgique, lorsque quelqu'un se blesse avec une ferraille en contact avec la terre, on lui fait le vaccin (ou pas).  Et on n'a pas plus de cas qu'ailleurs.

L'idée de la "couverture vaccinale" de nature à éradiquer la maladie est une hérésie, parce qu'on a pas la plus petite intention d'offrir les vaccins gratuitement à l'humanité entière...

Du coup (réfugiés), on se retrouvera avec des malades qui débarqueront au sein de populations vaccinées (depuis longtemps), à l'immunité douteuse, et on se paiera des épidémies nettement plus létales qu'aujourd'hui, ne serait-ce que parce que ce seront principalement les adultes qui en feront les frais.

Re,

Re,

Ok pour ton esprit, c'est surement clair, mais pour les lecteurs on peut avoir l'impression que couverture vaccinale infantile = couverture vaccinale population entière. Ce n'est pas un reproche pour toi mais pour tout le monde, je vois très peu cette distinction...

Pour la grippe je t'invite a lire l'article de Nexus, ca viendrait plutot de l'aspirine le problème de la "grippe espagnole"...

Pour le tétanos, dans cette étude on apprends que la couverture vaccinale ADULTE aux USA CANADA et FR sont respectivement de 62% 42% et 71%. Pourtant il y a une plus grosse incidence en France (0.13/million) qu'au canada ou aux USA (0.1/million)

Ca fait ~125millions de non/mal vaccinés pour 43 cas de tétanos par an...

la source des couvertures vaccinales : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3840285/

les incidences :
- épidémiologie tétanos france : http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infecti...
- épidémiologie tétanos USA : https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6012a1.htm
- épidémiologie tétanos canada : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/immunisation/maladies-p...

Aspirine...

Okay, je vais jeter un coup d'oeil là-dessus demain, merci d'avoir attiré mon attention.

Pour nous, en Belgique, il est évident que 'vaccination obligatoire' concerne bien nos grumeaux, les rejetons, je n'avais jamais pensé que cela pourrait prêter à confusion.

Pour le tétanos : c'est une farce.  Aucun intérêt de vacciner la "population", seulement au cas par cas, et en cas de "rencontre" avec le virus (possible).

Le dernier cas était, si je me souviens, une paysanne piquée par le bec d'une poule...  Pauvre femme.

Merci pour cet article très

Merci pour cet article très complet, qui couvre l'ensemble de la question. J'ajouterais simplement que les pays où la vaccination est devenue obligatoire ont souvent observé l'effet inverse en termes de couverture. Une obligation crée la suspicion et donc pousse les gens à trouver des moyens de ne pas être vaccinés. Cela crée une sorte d"industrie" médicale anti-vaccination et au final, l'effet est totalement contre-productif...

Cordialement,
Vincent

Merci !

Merci à vous pour ce gentil compliment.  Vous savez, l'appréciation (exprimée) des lecteurs est notre seule récompense. 

De telles dérives sont à craindre, en effet.  Vous savez je ne suis pas contre les vaccins, quoique pour des "machins" aussi ridicules que la rougeole, ça n'ait que peu de sens...

Ce qui pose problème ici, c'est l'absence de motiviation, d'impérieuse nécessité en termes de santé publique, conjuguée à la dangerosité des sels d'alu dont personne n'a prouvé à ce jour, qu'ils soient inoffensifs pour le système immunitaire.


https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/vaccination-obligatoire-questions-qui-piquent_1345183883

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Les petits lutins ont encore frappé (critique de l'article précédent)

Les décodeurs, ce sont ces petits lutins hydrocéphales qui vivent, quelque part dans un « Monde » fantasmagorique, tels les Hobbits de la Comté, et qui consacrent leur existence entière à scruter l'actualité, et à redonner à l'Authentique Vérité Vraie toute la place qui lui revient de droit. (critique de l'article précédent: http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/14/35766901.html)

 

ARG DECODEX 2°PARTIEBon, parfois, ça dérape sec, aussi, mais que voulez-vous, tout reclus qu'ils sont dans leur « Monde », ils n'ont pas forcément un accès facile aux sources, ou à toutes ces diableries, là, comment dites-vous ?  Ah oui, l'Internet.  Ils ont bien quelques terminaux minitel à la bibliothèque, mais ils semblerait que ceux-ci soient momentanément en dérangement depuis quelques années déjà.

Du coup, c'est dans leur infinie sagesse et leur inépuisable savoir qu'ils doivent chercher les réponses aux questions que personne, tout d'abord, n'aurait jamais pensé à leur poser.  Non, il suffit que cela soit un « sujet d'actualité », et s'il est « controversé », alors il y a certainement matière à remettre un avis bien définitif, à l'argumentation forcément implacable.  Chacun sait que les lutins sont infaillibles...  C'est axiomatique.

Cette fois, nos intrépides petits bachi-bouzouks sylvestres s'attaquent à du lourd, le sujet controversé de l'indépendance catalane.  Les justifications ?  Mais non, ça, c'est pour les faibles, et une fois de plus, ils sauront nous montrer par A+B=C(oupas) que la Vérité Vraie n'a pas à tenir compte de vétilles comme la « réalité » ou le « droit ».  Il suffit qu'elle soit affirmée par l'Autorité.

Les huit questions que pose une éventuelle déclaration d’indépendance de la Catalogne

Comme nous le verrons, ce n'est pas du tout l'indépendance de la Catalogne qui pose ces questions, mais bien nos petits lutins, et tant qu'ils y étaient, ils se sont dit qu'ils pourraient y répondre, aussi.  Faut croire qu'on a pas mal de temps libre, au pays des petits lutins.  Pas au point d'aller potasser de temps à autre l'abondante documentation, mais assez bien tout de même.

Regardons cela de plus près

1 Une déclaration unilatérale d’indépendance a-t-elle une valeur légale ? NON

La question est sans objet parce qu'il s'agit d'un truisme, une lapalissade.  Existe-t-il un seul exemple d'un État qui aurait inscrit dans sa constitution les modalités de sa dislocation ?  Donc, cela ne peut être qu'illégal, dans tous les cas.

Pour la communauté internationale, la situation est embarrassante. La Catalogne se prévaut du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », principe de droit international qui a permis à des Etats de se déclarer indépendants après avoir été colonisés (comme la Rhodésie) ou opprimés (comme le Kosovo). Mais ce droit n’a jamais été appliqué à des Etats démocratiques. Par ailleurs, la notion de peuple catalan est complexe à définir.

Il n'y a aucun « embarras » ici, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est issu d'un texte non-contraignant en droit (la Charte des Nations-Unies) qui n'a strictement aucune valeur légale. Il s'agit d'une déclaration de principe, un idéal vers lequel il faudrait tendre.  Et vous l'aurez remarqué, chaque fois que ce « droit » a été appliqué, c'était par les États eux-mêmes (ONU), dans la stricte application de leur propre agenda (Kossovo, par exemple).  Parce que si l'argument de l'oppression était fondé, d'où viendrait que l'on n'a pas reconnu le droit des russophones de Crimée à être rattachés à la Russie ?  D'une manière générale, en droit, les obligations pour le peuple sont libellées de manière on ne peut plus claire, et les droits, quant à eux, sont laissés opportunément dans un flou juridique, sujets à toutes sortes d'interprétations en fonction du contexte.   Eh oui, il ne faudrait pas que la plèbe s'imagine qu'elle pourrait faire valoir ses « droits », sinon où irait-on ? 

2 Aura-t-elle des conséquences concrètes ? EN THÉORIE, OUI

Ici, on démarre en mode « Madame Irma, voyante extralucide ».  Nous le verrons, la voyance est une des spécialités de l'auteur, Anne-Aël Durand.  Elle sait tout faire : le marc de café, les lignes de la main, la boule de cristal, et même les osselets.  Plus sérieusement, et dans la mesure où les conséquences seront (ou pas) le fait d'actions concrètes dont on ne sait dans quelle mesure elles se produiront, est-ce que cette question n'est pas juste un peu ridicule ?  Quoi qu'à bien y regarder, y répondre est encore plus ridicule.

3 Le gouvernement central de Madrid va-t-il l’empêcher ? PROBABLEMENT

Ici vous voyez à l'oeuvre une deuxième caractéristique de l'article.  On continue en mode Mme Irma, mais quant aux prédictions, disons qu'on n'est pas trop affirmatif, non plus.  N'était-il pas plus judicieux de répondre tout simplement que le gouvernement central allait en tout cas essayer de l'empêcher ?  Parce que les choses étant ce qu'elles sont, si la Catalogne déclare unilatéralement son indépendance,  il ne restera plus au gouvernement central qu'une seule alternative : reconnaître l'indépendance et en tirer les conclusions, ou y envoyer l'armée pour mater la rébellion dans le sang.  Accessoirement, on se retrouverait du jour au lendemain avec une guerre civile terrifiante au coeur de l'Europe.

4 L’Union européenne peut-elle servir de médiateur ? C’EST FLOU

Flou ou bien légèrement contradictoire, tout simplement ?  Vous souvenez-vous de la petite déclaration sibylline de Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne ?

« mais il est évident que si un oui à l’indépendance de la Catalogne voyait le jour, nous respecterions ce choix ».

Ce qui s'appelle prendre parti, ou serait-ce complotiste, comme point de vue ?  La réalité est celle d'un double standard.  D'une part, des pays terrifiés à l'idée de leur propre désintégration sous l'effet des forces centrifuges du régionalisme, et dans le même temps, une commission qui assume totalement l'idée des euro-régions, tellement pratique pour rendre l'opposition démocratique inaudible au niveau européen.

Assez savoureuse, aussi, la petite phrase disant que « La plupart des dirigeants européens n’ont fait aucune déclaration officielle sur le référendum, par crainte d’être taxés d’ingérence ».  Ah ben oui, tiens, on ne voudrait surtout pas que la Commission s'immisce dans les affaires intérieures d'un État souverain, ou se permette de les menacer, comme dans le cas du Brexit, par exemple...   Et là nous mettons le doigt sur une troisième caractéristique des médias dominants : ils nous prennent pour des poissons rouges, littéralement.

5 Une Catalogne indépendante pourrait-elle rester dans l’UE ? EN THÉORIE, NON

Et là, bardaf, c'est l'embardée.  La réponse est pourtant simple et ne laisse place à aucun doute, c'est nonL'indépendance de la Catalogne signifierait la naissance d'un nouvel État souverain qui devrait dans un premier temps être reconnu par l'Assemblée Générale des Nations-Unies, puis, le cas échéant, poser sa candidature en vue d'une adhésion à l'Union Européenne.

A noter que l'élargissement de l'Union Européenne doit impérativement faire l'objet d'un vote à l'unanimité des États membres.  Et mon petit doigt me dit que l'Espagne résiduelle, réduite à une peau de chagrin économique ne serait pas très encline à approuver cette adhésion.

6 Peut-elle garder l’euro comme monnaie ? OUI, MAIS…

Encore une fois, une réponse parfaitement floue alors que la réalité est que la Catalogne pourra bien utiliser la monnaie qu'elle veut, y compris l'Euro si tel est son souhait.  Elle pourrait tout aussi bien instaurer une peseta qui aurait l'avantage de permettre à l'État nouvellement créé de procéder à une dévaluation afin d'amortir le choc économique que représentera l'émancipation du giron de l'Espagne.  L'argument consistant à dire « Mais elle n’aurait, dans ce cas, aucun appui de la Banque centrale européenne » n'est pas pertinent pour trois raisons :

  • La Catalogne ne sera pas membre de l'Union Européenne au moins les dix premières années;
  • La Catalogne est la région la plus riche d'Espagne, après la région de Madrid;
  • Qui voudrait de l'appui de la Banque centrale européenne ?  Pour avoir une Troïka, comme en Grèce ?  Pour réduire les pensions, vendre les joyaux de l'État à vil prix et imposer toujours plus d'austérité sans qu'on puisse jamais voir le bout du tunnel ? 
7 La Catalogne est-elle un Etat viable économiquement ? EN THÉORIE, OUI

La question est ridicule.  On parle de la deuxième région la plus riche d'Espagne, et l'une des plus riches d'Europe.  Elle contribue pour 20% du PIB national.  Pour quelle mystérieuse raison cette viabilité pourrait-elle être remise en cause ?  Vous connaissez, vous, ne serait-ce qu'une seule région de la taille de la Catalogne qui ne serait pas « viable » économiquement ? 

8 L’indépendance peut-elle plomber l’économie catalane ?  DISCUTABLE 

Le poids de la dette publique catalane est selon moi, largement surévalué, ou alors il faudrait décréter tous les États ayant une dette approchant ou dépassant les 100% du PIB en faillite, or on s'aperçoit que c'est le cas de la majorité des États les plus prospères du monde, à commencer par les USA.

L'idée que l'Espagne transférerait, « comme ça », une partie de sa dette à la Catalogne...  est un peu optimiste, pour dire le moins (c'est oublier que la Catalogne aura son mot à dire là-dessus, et qu'il n'existera plus à ce moment de lien de subordination entre la région et l'État central).  La raison en est simple : la Catalogne contribue nettement plus qu'elle ne profite en termes d'argent public, elle ne contribue donc pas à l'endettement, mais au contraire, à apurer les dettes des régions les plus pauvres du pays.

La supposée fuite des entreprises en raison de l'instabilité politique sont juste une poupée de chiffon que l'on agite devant les Catalans pour les faire rentrer dans le rang.  Banco Sabadell et CaixaBank veulent délocaliser ?  Ok, j'ai moi-aussi une petite question : qui sont leurs clients ?

S'il y a en effet une économie qui risque d'être plombée comme une caille le jour de l'ouverture de la chasse, c'est bien l'économie de l'Espagne résiduelle, qui elle, va plonger dans le trente-sixième dessous.

Conclusion

Cet article illustre parfaitement la citation d'Audiard qui avait donné son titre à un célèbre film : « c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ».

Questions sans objet, truismes, affirmations péremptoires totalement fausses, supputations oiseuses, tout à l'avenant.  Il faut vraiment être doté d'une sérieuse dose de culot pour écrire un pareil monceau d'inepties.  Amusant quand on sait que ce sont les mêmes qui reprochent à des médias alternatifs d'être imprécis ou de publier des informations non vérifiées.

Post-Scriptum : message personnel pour Anne-Aël Durand

Chère Madame,

Pourriez-vous intercéder auprès du lutin-rédac-chef de votre service afin que je puisse moi aussi arborer fièrement ma petite pastille décodex orange ? (Ou rouge, ce serait encore mieux, mais je n'ai pas de prétention à obtenir tout de suite pareille reconnaissance, d'autres sont probablement plus dignes que moi).

Voyez-vous, tous mes amis l'ont, et c'est quand même, quoi qu'on en dise, une décoration fort prisée, le signe infaillible qu'on réussit à être le poil à gratter, le caillou dans la godasse, le furoncle sur la fesse du cycliste... de la presse dominante.

Je vous promets de m'en montrer digne.  Pas comme Ruffin, qui a été brutalement rétrogradé à la catégorie « fréquentable », j'imagine pour de bonnes raisons !  D'ailleurs, puisqu'on en parle, n'hésitez-pas à me les faire connaître, que je puisse savoir ce qu'il ne faut jamais, jamais faire, sous peine de se voir radier du club.  Bon, déjà, je ne risque pas d'être élu au parlement français, j'imagine que c'est un bon point pour moi ?

Vous remerciant par avance,

Votre fidèle lecteur,

Philippe Huysmans

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/les-petits-lutins-ont-encore-frappe_769268625

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Les huit questions que pose une éventuelle déclaration d’indépendance de la Catalogne

1° partie: ce qu'il faut penser: les analyses du Ministère de la Vérité:

La Généralité a publié vendredi les résultats officiels du référendum d’autodétermination controversé.
Le Monde | 04.10.2017 à 11h35 • Mis à jour le 06.10.2017 à 18h58 | Par

ARG DECODEX 1°PARTIELe référendum d’autodétermination organisé dimanche 1er octobre en Catalogne a plongé l’Espagne dans une crise sans précédent. Le président de la région, Carles Puigdemont, a prévu de s’adresser au Parlement catalan mardi 10 octobre, date à laquelle il pourrait présenter les résultats officiels (donnant le « oui » vainqueur à 90,18 %), ce qui ouvrirait la voie à une déclaration unilatérale d’indépendance. Que se passera-t-il ensuite ? Le point sur les questions qui se posent :

  • Une déclaration unilatérale d’indépendance a-t-elle une valeur légale ?

NON

Pour la coalition au pouvoir en Catalogne, c’est l’aboutissement logique du référendum d’autodétermination, qui figurait dans son programme dès 2015. La consultation populaire organisée dimanche a rassemblé 2,26 millions de votants (43 % de participation), malgré les mesures dissuasives de Madrid avant le vote et les interventions musclées de la police le jour du scrutin, qui ont causé de nombreux blessés. Le gouvernement catalan se sent aussi légitimé par la journée de manifestation de mardi.

Pour l’Espagne, au contraire, cette déclaration « unilatérale » n’a aucune base légale. En effet, la loi instaurant le référendum a été suspendue par la Cour constitutionnelle, car elle violait le principe fondamental de l’« unité indissoluble de la nation espagnole » (article 2 de la Constitution de 1978).

Pour la communauté internationale, la situation est embarrassante. La Catalogne se prévaut du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », principe de droit international qui a permis à des Etats de se déclarer indépendants après avoir été colonisés (comme la Rhodésie) ou opprimés (comme le Kosovo). Mais ce droit n’a jamais été appliqué à des Etats démocratiques. Par ailleurs, la notion de peuple catalan est complexe à définir.

  • Aura-t-elle des conséquences concrètes ?

EN THÉORIE, OUI

En même temps que la loi sur le référendum, le Parlement catalan a voté, en septembre, une loi de transition pour préparer la fondation de la République catalane, « déconnectée » de la monarchie espagnole. Elle prévoit d’instaurer tous les attributs d’un Etat, en particulier l’indépendance fiscale, revendication majeure des indépendantistes.

La nationalité serait accordée à tous les citoyens inscrits sur les listes électorales en 2016 (avec la possibilité de conserver aussi la nationalité espagnole) et les fonctionnaires seraient automatiquement intégrés dans la nouvelle administration. Une cour suprême amnistierait les responsables condamnés pour avoir soutenu le processus indépendantiste.

Dans les six mois, une Assemblée constituante serait élue et chargée de rédiger une constitution, qui devrait être approuvée par référendum six mois plus tard, soit en octobre 2018.

  • Le gouvernement central de Madrid va-t-il l’empêcher ?

PROBABLEMENT

Le ministre de la justice espagnol a assuré, dès le lendemain du référendum, que l’Etat espagnol ferait « tout ce que permet la loi » si les Catalans déclaraient leur indépendance. Le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, conservateur) a déjà tenté d’empêcher la tenue du scrutin.

Le roi d’Espagne est sorti de sa réserve, mardi soir, et a apporté son soutien au gouvernement, en dénonçant, à la télévision, la « conduite irresponsable » des autorités catalanes qui « se sont situées totalement en marge du droit et de la démocratie ».

Durant la semaine, la Cour constitutionnelle a interdit la session parlementaire catalane prévue lundi. Parallèlement, le gouvernement a suggéré aux séparatistes de dissoudre leur parlement et de convoquer de nouvelles élections pour résoudre la crise.

La justice a aussi convoqué vendredi le chef de la police catalane, les Mossos d’esquadra, et les dirigeants des mouvements séparatistes poursuivis pour « sédition ». Ils ont toutefois été libérés sans contrôle judiciaire.

Reste encore dans l’arsenal du gouvernement une arme lourde, l’article 155 de la Constitution, qui l’autorise à prendre la direction d’une communauté autonome si ses dirigeants « portent gravement atteinte aux intérêts de l’Espagne ». S’il hésite encore à enclencher ce dispositif jamais utilisé, le chef du gouvernement espagnol peut aussi invoquer la loi de sécurité nationale pour prendre le contrôle des forces de police régionale.

Politiquement, Mariano Rajoy peut compter sur le soutien des « partis constitutionnalistes », qui rejettent l’indépendance catalane : sa formation, le PP, son allié Ciudadanos et les opposants du Parti socialiste (PSOE). Mais si Ciudadanos plaide pour l’application immédiate de l’article 155, le PSOE et le PP l’envisagent plutôt comme un dernier recours.

C’EST FLOU

Dès lundi, Carles Puigdemont a appelé l’Union européenne à superviser une « médiation internationale » entre Madrid et Barcelone. Mais, jusqu’à présent, la Commission européenne refuse de s’ériger en arbitre de ce qu’elle considère comme un « dossier interne » à l’Espagne. L’exécutif européen n’a « pas un rôle à jouer à ce stade » et « fait confiance au premier ministre Mariano Rajoy », a déclaré, lundi, le porte-parole de la Commission, en appelant à « passer rapidement de la confrontation au dialogue ». Le Parlement européen a toutefois organisé un débat d’urgence mercredi.

La plupart des dirigeants européens n’ont fait aucune déclaration officielle sur le référendum, par crainte d’être taxés d’ingérence. Emmanuel Macron a confirmé que M. Rajoy était l’unique interlocuteur de la France. La question est d’autant plus sensible que d’autres pays membres, comme le Royaume-Uni avec l’Ecosse, ou la Belgique avec la Flandre, sont eux-mêmes confrontés aux volontés sécessionnistes de certaines régions.

  • Une Catalogne indépendante pourrait-elle rester dans l’UE ?

EN THÉORIE, NON

C’est ce que souhaiterait le gouvernement catalan, qui a mené un intense lobbying en ce sens à Bruxelles, mais rien n’est moins sûr. En effet, dans le cas où la Catalogne proclamerait son indépendance, elle ne serait plus liée par les traités signés par l’Espagne et devrait donc lancer un processus d’adhésion à l’Union européenne. L’élargissement à des « pays tiers », prévu dans l’article 49 du traité sur l’Union européenne, est une procédure longue et complexe.

Surtout, une telle adhésion nécessite une ratification par l’ensemble des pays européens, y compris l’Espagne – ce qui paraît très improbable. Mais d’autres pays pourraient aussi mettre leur veto à une décision qui risque de créer des précédents. Le représentant du gouvernement catalan à Bruxelles, Amadeu Altafaj, espère pourtant que l’Union saura se montrer pragmatique.

  • Peut-elle garder l’euro comme monnaie ?

OUI, MAIS…

Comme pour l’adhésion à l’Union européenne, la Catalogne devrait négocier son appartenance à la zone euro ou sa participation à l’espace Schengen. Elle pourrait toutefois tenter de conserver l’usage de l’euro comme monnaie officielle, comme l’ont fait plusieurs pays qui ne sont pourtant ni membres de l’Union européenne ni de la zone euro : Andorre, le Kosovo, le Monténégro, Monaco, Saint-Marin et le Vatican. Mais elle n’aurait, dans ce cas, aucun appui de la Banque centrale européenne.

  • La Catalogne est-elle un Etat viable économiquement ?

EN THÉORIE, OUI

Le produit intérieur brut de la Catalogne représente 20 % de celui de l’Espagne et dépasse celui du Portugal. C’est aussi la région la plus riche du pays, au coude-à-coude avec Madrid, et son taux de chômage (13,2 %) est nettement inférieur à la moyenne nationale (17,2 %). Dotée d’une frontière avec la France et d’une large ouverture vers la Méditerranée, la Catalogne assure 25 % des exportations espagnoles, grâce au secteur bancaire, à l’agroalimentaire, à la chimie et à l’automobile. C’est aussi la première région touristique, avec 18 millions de visiteurs par an et le siège de grandes entreprises (Mango, CaixaBank, Puig, etc.).

Ce dynamisme économique est un argument important des séparatistes catalans, qui se plaignent d’être « volés par l’Espagne ». La différence entre leur contribution et ce qu’ils reçoivent de l’Etat est estimée à 10 milliards d’euros par le gouvernement espagnol et à 16 milliards d’euros par la Catalogne.

  • L’indépendance peut-elle plomber l’économie catalane ?

DISCUTABLE

La dette publique catalane, l’une des plus élevées des régions espagnoles, est classée dans la catégorie « spéculative », justement en raison des risques de troubles politiques, ce qui l’empêche de se financer directement sur les marchés. Barcelone doit donc se tourner vers Madrid, qui lui a déjà versé, par le Fonds de liquidité autonome, plus de 63 milliards d’euros. En outre, l’Espagne n’hésiterait pas, si la Catalogne se déclarait indépendante, à lui transférer une partie de son propre endettement : la dette catalane dépasserait alors largement 100 % de son PIB.

Les risques liés à l’instabilité politique font plonger les marchés, et le spectre d’une sortie de l’Union européenne inquiète les entreprises catalanes. « Tous mes clients, dont l’activité se déroule principalement hors de la Catalogne, ont prévu de transférer leur siège social à Madrid en cas de sécession », a confié au Monde un avocat fiscaliste. L’établissement financier Banco Sabadell a annoncé son départ pour Alicante, et la CaixaBank, première banque espagnole devrait transférer son siège aux Baléares, alors que le gouvernement espagnol vient de publier un décret facilitant les déménagements d’entreprise.

Difficile d’évaluer les conséquences à long terme de l’indépendance. Le ministre de l’économie espagnol, alarmiste, évoque une chute de 30 à 35 % du PIB en Catalogne, alors que d’autres économistes évoquent une stabilité du PIB à court terme et une hausse de 7 % à long terme. Selon le Fonds monétaire international (FMI), les effets de la crise risquent de se propager au pays entier : « Les tensions et l’incertitude liées à la Catalogne pourraient peser sur la confiance et les décisions d’investissement » en Espagne, a affirmé vendredi une responsable locale du FMI.

Correction, le 4 octobre à 17 h 30 : l’Ecosse n’a pas sa propre monnaie mais simplement la faculté d’émettre des billets écossais dans la devise commune du Royaume-Uni, la livre sterling.


http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/04/les-huit-questions-que-pose-la-future-declaration-d-independance-de-la-catalogne_5195953_4355770.html

A suivre: la critique complotiste...P.G.

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Le syndrome séparatiste

Carles Puigdemont vient de proclamer “le droit de la Catalogne à l’indépendance” sous les applaudissements des élus régionaux. L’expérience historique enseigne pourtant que ce genre d’aventure se termine rarement dans l’allégresse. Arraché à la Serbie à coups de B52, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2009. Sous perfusion de l’UE et de l’OTAN, cet Etat-fantoche a été livré par l’émissaire onusien Bernard Kouchner à une clique mafieuse, l’UCK, qui doit son impunité à cette rente géopolitique. En attendant, la Serbie a été bombardée et dépecée. Quant à la population du Kosovo, elle ne tire aucun avantage d’une indépendance qui a fait de nombreuses victimes.

ARG KOSOVO CATALOGNE KURDVoilà pour l’Europe. Mais en Afrique, c’est pire. La sécession du Sud-Soudan parrainée par Washington a provoqué un désastre sans précédent. D’une pauvreté inouïe, dévasté par la guerre civile, ce nouvel Etat n’a plus que ses yeux pour pleurer. Les multinationales convoitaient ses richesses minières et pétrolières, le Département d’Etat voulait affaiblir le gouvernement de Khartoum, les dirigeants des ethnies méridionales rêvaient d’indépendance, c’était l’équation gagnante ! Hélas le rêve est devenu cauchemar, et les morts se comptent par dizaines de milliers. Kosovo, Sud-Soudan : décidément le séparatisme, lorsqu’il parvient à ses fins, peine à offrir des lendemains qui chantent.

On répliquera sans doute que l’indépendance du Kurdistan irakien pourrait faire la démonstration inverse. Ce peuple sans Etat, floué par l’inique traité de Lausanne (1923), prendrait alors une revanche historique ! C’est bien le projet du PDK dirigé par le clan Barzani, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Ni l’Irak, ni l’Iran, ni la Turquie n’accepteront ce démembrement d’un Etat souverain, fût-il appuyé en sous-main par le puissant protecteur US. Quant à l’alliance avec Israël, on se demande si les Kurdes réalisent que Tel Aviv les soutient comme la corde soutient le pendu. Prudents, les Kurdes syriens dialoguent de leur côté avec Damas, qui s’est dit prêt à négocier une fois scellé le sort de Daech.

Véritable cas d’école, la situation des Kurdes syriens illustre l’impasse du séparatisme. Car si d’aventure ils décidaient de proclamer leur indépendance, ils ouvriraient les portes de l’enfer. Pris en tenailles entre les forces turques et syriennes, cet Etat non viable d’1,5 million de Kurdes serait rapidement rayé de la carte. Sans doute ont-ils fini par comprendre que l’autonomie kurde n’est négociable qu’à condition de renoncer au séparatisme et que leur avenir est d’appartenir à une Syrie souveraine et réconciliée. Mais comme au Kosovo et au Sud-Soudan, les velléités séparatistes sont manipulées par des puissances qui ont intérêt à déstabiliser les Etats souverains. Le sort des Kurdes dans la région est entre leurs mains, et ils auraient tort de le confier à leurs faux amis impérialistes.

Le séparatisme, au fond, est un syndrome qui atteint des populations blessées par l’histoire à qui de faux médecins inoculent de faux remèdes. Les Catalans qui rêvent d’indépendance ont sans doute de bonnes raisons d’en vouloir au gouvernement central espagnol. Ils ont légitimement conservé la mémoire des années noires de la répression franquiste. Mais l’Espagne de 2017 n’est pas franquiste, et la sécession de la Catalogne la déstabiliserait, la blesserait. Violer la loi de l’Etat espagnol, qui est un Etat souverain, n’est pas un acte anodin. Le séparatisme catalan porterait un coup redoutable à la souveraineté nationale en Europe du Sud, et ce sont les “peuples d’Espagne” qui en feraient indistinctement les frais.

Région développée qui pèse 19% du PIB espagnol, la Catalogne n’est pas le Kosovo. Nourri par la mémoire historique et l’irrédentisme culturel, son séparatisme ne manque pas de panache. Mais il ne faut pas se raconter d’histoires, c’est aussi un égoïsme de riches. Les dirigeants de la Catalogne s’imaginent que sa puissance économique irriguera sa souveraineté politique. Une fois libéré du fardeau espagnol, soulagé du poids de la solidarité nationale, le dynamisme catalan fera des prodiges ! C’est un secret de polichinelle, que même l’extrême-gauche ne peut ignorer  : la bourgeoisie locale entend tirer profit de l’indépendance pour instaurer un modèle néo-libéral. Il n’est pas sûr que les jeunes et les ouvriers partagent ce projet, et on compte sans doute sur l’illusion lyrique du 10 octobre pour résoudre toutes ces contradictions.

Mais ce n’est pas tout. Les dirigeants de Barcelone veulent quitter l’Espagne sans quitter l’UE, ils veulent fonder une “nouvelle nation en Europe”, mais ce projet n’a pas de sens. Car si l’UE acceptait l’adhésion d’un Etat sécessionniste, elle signerait son arrêt de mort. Il est vrai que les européistes ont plus d’un tour dans leur sac, et que certains rêvent d’un démembrement des Etats-nations au profit des Euro-régions. Mais ce serait faire l’aveu que l’UE est une machine à broyer les Etats souverains, tandis qu’elle survit péniblement en accréditant la fiction inverse. Le jour où une région sécessionniste est admise dans l’UE, qui pourra encore nier que l’UE sert à évider la souveraineté nationale par le haut tout en la faisant imploser par le bas ? Le syndrome séparatiste, en frappant l’Europe, aura-t-il pour vertu de faire tomber les masques ?

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/le-syndrome-separatiste_186888390


 

Comme je l'ai déjà souligné, beaucoup d'européistes préfèrent la "technique Monnet": un séparatisme de fait, culturel, fiscal, économique...Une transformation lente du droit des Etats et l'installation progressive d'une souveraineté européenne. P.G.

Posté par ddupr à 08:24 - - Permalien [#]
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vendredi 13 octobre 2017

Les Etats-Unis et Israël quittent l’Unesco, accusée d’être « anti-israélienne »

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision d’inscrire la vieille ville de Hébron au patrimoine mondial.

918353a_PAR01_UNESCO-ELECTION-USA_1012_11Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi 12 octobre, leur retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), accusant l’institution d’être « anti-israélienne ».

Quelques heures après, Israël a également décidé de se retirer de l’Unesco, en raison du parti pris anti-israélien, selon lui, de l’organisation onusienne devenue un « théâtre de l’absurde ». Peu après l’annonce du retrait américain, l’Etat hébreu avait salué le début d’une « nouvelle ère aux Nations unies : celle où quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

Washington conservera toutefois un statut d’observateur en lieu et place de leur représentation à l’agence onusienne sise à Paris, a précisé le département d’Etat américain. Le retrait ne sera effectif qu’à compter du 31 décembre 2018, conformément aux statuts de l’Unesco, a-t-il ajouté :

« Cette décision n’a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants. »

Arrêt du financement américain en 2011

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Cette décision, qualifiée d’« affront à l’histoire », « discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable », avait alors déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Les Etats-Unis, grand allié d’Israël, avaient déjà pris leurs distances avec l’Unesco. Ils avaient ainsi arrêté de participer à son financement en 2011 après que l’agence a admis la Palestine parmi ses Etats membres. Mais ils continuaient depuis à siéger au conseil exécutif de l’Unesco, composé de 58 membres.

Selon le département d’Etat, un statut d’observateur permettrait de continuer d’apporter la « vision » et « l’expertise » américaines « sur certains dossiers importants gérés par l’organisation », notamment « la protection du patrimoine mondial, la défense de la liberté de la presse » et la promotion des sciences et de l’éducation.

Regrets « profonds » de l’Unesco

La directrice générale de l’organisation, Irina Bokova, a réagi dans un communiqué, regrettant « profondément » la décision américaine, et se disant « convaincue » que ses missions répondent « aux préoccupations du peuple américain » :

« L’universalité est essentielle à la mission de l’Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l’homme et de la dignité humaine. »

Une position partagée par la France, canditate à la tête de l’Unesco, qui « regrette » ce retrait américain « dans une période où le soutien de la communauté internationale à cette organisation est primordial » et estime que cette décision donne « une signification nouvelle » à sa candidature.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2017/10/12/les-etats-unis-se-retirent-de-l-unesco_5199987_3210.html#O5oceBumYwkvHqSw.99

Posté par UPR Creuse à 08:33 - - Permalien [#]
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Pierre Musso : « Les capacités de décision ont été largement transférées aux machines »

Pierre Musso est professeur en sciences de l’information et de la communication à Télécom ParisTech, ainsi qu’à l’université de Rennes II. Depuis une quinzaine d’années, il critique sans concession le capitalisme et le rôle des technologies dans sa dynamique. Dans son dernier ouvrage, intitulé « La religion industrielle. Monastère, Manufacture, Usine : Une généalogie de l’entreprise », l’intellectuel décrypte les ressorts historiques et symboliques de l’entreprise et explique pourquoi les politiques de la mondialisation néolibérale louent son efficacité managériale. 
 

ARG SOCIETE INDUSTRIELLELe Comptoir : À l’instar du penseur critique de la technique Lewis Mumford, vous dites que l’horloge est la machine-clé de l’âge industriel et que les monastères, avec leur organisation rationnelle du travail, préfigurent les entreprises modernes. Pourriez-vous revenir sur ces racines de la religion industrielle : en quoi est-elle fondamentalement liée à l’Occident chrétien ?

Pierre Musso : Lewis Mumford remontait vers 1050 pour observer les grandes révolutions de l’Occident sur le terrain de l’industrie. Il a noté que les deux grands virages intellectuels et pratiques se situaient autour de la révolution grégorienne, avec le grand schisme entre Occident et Orient vers 1054, et 1150. L’horloge mécanique précise, qui date des XIIe-XIIIe siècles, apparaît dans cette période de la révolution grégorienne. Mumford a bien vu que l’horloge était une technologie essentielle, car toute l’histoire de l’industrie – “industrie” dans le sens large d’“entreprise”  – est bâtie sur la mesure du temps, le rythme et la cadence. Les pouvoirs, pas seulement économique mais aussi politique (notamment l’État, quand il se développera à partir des XIIe-XIIIe siècles et surtout au XVe), deviennent maîtres de l’horloge, gestionnaires du temps.

Ma différence avec d’autres auteurs, y compris Mumford, c’est que je ne pense pas que seules la rationalité et la technologie ont joué un rôle-clé dans la naissance de la religion industrielle. Le mystère majeur de l’Occident, l’incarnation, a lui aussi été fondamental. Toute action industrielle est à la fois une pensée du cerveau pour concevoir, imaginer, mais aussi un travail sur la nature, une action pour réaliser et incarner. Cette représentation de l’Homo faber est liée à la vision du monde de l’Occident chrétien, qui s’est formé sur le mythe fondateur de l’incarnation, le récit du Christ, de l’homme-dieu, d’un grand créateur qui met le monde en mouvement.

Les civilisations d’Orient ou de l’Antiquité grecque et romaine étaient étrangères à l’idée du progrès et de la productivité.

Sous l’Antiquité grecque et romaine, les anciens privilégiaient la contemplation. Leur vision du monde était celle d’un cosmos immobile. Bien sûr, ces civilisations connaissaient aussi de grands architectes et de grandes réalisations techniques, mais elles faisaient une distinction entre la technè et la nature, entre le travail et la contemplation. Les travaux étaient réalisés par les esclaves, alors que l’homme libre était celui qui réfléchissait, qui participait à la vie de la cité. Le christianisme va au contraire valoriser le travail, notamment manuel. C’est un grand virage. On trouve cette revalorisation déjà chez saint Augustin, saint Thomas, et dans la règle de saint Benoît qui va se traduire dans le monastère : ora et labora, la prière et le travail. Dans les monastères, il faut être d’autant plus efficace dans son travail, avec l’horloge, la mesure, la rationalité, que cela libérera du temps pour la prière.

Quant à l’Orient, il était en avance sur l’Occident dans bien des domaines, y compris les sciences et les techniques. La Chine avait inventé la boussole, l’imprimerie, la poudre à canon, mais, jusqu’au XXe siècle, elle n’a pas suivi le chemin de l’Europe vers l’industrialisation. Car cette idée n’entrait pas du tout dans la culture chinoise et dans sa vision du monde. Dans une lettre envoyée au roi dl’Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, l’empereur chinois lui dit : « nous n’avons pas besoin de toutes vos innovations, pour nous ce qui compte c’est la stabilité du monde. » Il y a un hiatus entre leur vision du monde fondée sur la contemplation, et celle de l’Occident chrétien fondée sur la transformation voire la domination du monde dans la Genèse. L’idée de création, de mise en mouvement, voire de domination de la nature peut trouver sa source dans la Genèse, même si les textes de la Genèse sont ambivalents (on peut trouver des éléments qui vont dans le sens de la domination de la nature et la valorisation du travail, et des éléments inverses). L’entreprise industrielle procède de la croyance que Dieu a donné la Terre à l’Homme ; donc, s’il en découvre les lois, il pourra la dominer. Cette conception nourrira la science moderne du XVIe siècle.

Votre généalogie de la religion industrielle va beaucoup plus loin que le récit dominant sur l’histoire de l’industrialisation – qui se limite souvent aux XVIIIe et XIXe siècles, aux Lumières, à l’essor de l’économie politique, à l’arrivée de la machine à vapeur… Vous montrez clairement que l’industrie n’est pas qu’un phénomène matériel, mais aussi une vision du monde qui s’est progressivement diffusée, et qu’une approche philosophique est nécessaire pour la comprendre. Pourquoi une lecture de l’industrialisation qui se limite aux 250 dernières années est-elle réductrice ?

Ce qu’on a qualifié de façon trop simpliste de “révolution industrielle” a bien été une grande mutation anthropologique, avec notamment une explosion de la croissance démographique dans le monde depuis les années 1800. Beaucoup d’historiens, de sociologues, d’économistes ont donc adopté l’hypothèse de la rupture. Ils sont souvent positivistes et partent des faits : le développement de la mécanisation, des chemins de fer, des usines, l’urbanisation, l’évolution des relations entre les villes et les campagnes, la concentration ouvrière dans les cités industrielles… D’autres historiens sont allés en amont, notamment jusqu’à la révolution scientifique du XVIe siècle, pour montrer que l’industrialisation n’a pas été une rupture brutale mais qu’elle se situait dans une continuité et avait de multiples causes.

Pour ma part, dans mon livre, je ne suis pas dans une approche positiviste mais philosophique, et je soutiens qu’il faut considérer l’industrie comme la construction d’une vision du monde. Je contredis la thèse dominante qui vise à expliquer la révolution industrielle par le “désenchantement” du monde : selon cette thèse, c’est seulement une fois que les pouvoirs politique et économique se sont défaits du pouvoir théologique, une fois que le monde a été laïcisé, que l’économie politique a pu se développer. Au contraire, je soutiens que la religion n’a pas disparu mais s’est métamorphosée.

Qu’est-ce qui fait qu’une société tient ? Selon les anthropologues, c’est son système de croyances. Toute société repose sur des mythes, des croyances collectives, des fondations qui sont symboliques. Quelle est la croyance, le mystère au-delà de la rationalité, qui fait tenir une société ? En quelque sorte le clou qui maintient le tout ? En Occident, c’est le grand mystère de l’Incarnation, qui a mis presque mille ans pour être élaboré. L’Homme devient Dieu, et l’homme-dieu peut à son tour créer le monde, modifier la nature, la dominer. Ce mythe de l’incarnation, de l’humanité transformatrice qui par la technoscience va transformer le monde et faire l’histoire, nous le trouverons clairement exprimé chez Descartes et Bacon au XVIIe siècle.

La religion industrielle est l’aboutissement d’un double processus de rationalisation croissante et d’incarnations successives : il y a alliage d’un mythe de l’incarnation et d’une rationalité techno-scientifique. Au-delà de la rationalité technique, dont l’horloge, la comptabilité, les traités techniques qui se sont développés dans les monastères, il y a la question du mystère de l’incarnation.

L’Occident se croit laïc, débarrassé du religieux. Et pourtant, si on porte un regard anthropologique non plus sur les autres civilisations mais sur l’Occident lui-même, on identifie bien un système de croyances très élaboré. Or identifier notre propre système de croyance, c’est fondamental pour commencer un travail critique. Marx disait : « la critique de la religion est la condition préliminaire de toute critique. »

Quels sont les fondements de cette “religion industrielle”, le cadre de dévotion qu’elle fournit ?

On trouve sa formulation moderne au début du XIXe siècle, avec les socialistes comme Saint-Simon, Fourier, Cabet, Owen, Leroux, auxquels va se greffer Auguste Comte (un disciple de Saint-Simon, même s’il rompt ensuite avec lui). Cette religion industrielle repose sur six piliers. Le premier, c’est l’incarnation dans l’humanité : le mystère de l’incarnation s’est transféré dans l’humanité, grand être collectif qui transforme le monde, fait l’histoire et a la capacité d’imiter Dieu par son action. L’idée d’humanité une et universelle est très récente, elle apparaît à la fin du XVIIIe. Le deuxième pilier, c’est l’idée que la science devient la nouvelle théologie : la science doit guider l’humanité. C’est l’apport majeur du positivisme. Le troisième pilier, c’est la conception de l’histoire, une et universelle, qui apparaît elle aussi à la fin du XVIIIe siècle. Le quatrième, c’est la valeur du travail abstrait, mesuré, qui vient directement d’Adam Smith et de l’école écossaise. Le concept sera repris par tous les économistes du XIXe siècle, notamment Jean-Baptiste Say. Le cinquième pilier, c’est le mythe du Progrès : l’idée que l’humanité, dans l’histoire, va vers le progrès terrestre futur, par son travail, par la science, par la transformation du monde. On retrouve cette croyance chez Turgot, chez Condorcet, et dans tout le XIXe siècle. Le sixième pilier, c’est l’idée de révolution industrielle elle-même, un mythe construit largement par l’Angleterre ; mythe fondateur comme l’a été pour nous la Révolution française. Ce mythe fonctionne de façon très efficace : grâce à la technoscience, à la mécanisation, à la machine à vapeur de James Watt, une révolution industrielle a lieu, entraînant mécaniquement une nouvelle société, la société industrielle. Ce mythe fonctionne à la répétition. Aujourd’hui encore, chaque fois qu’une grande innovation scientifique a lieu, une “nouvelle révolution industrielle” est annoncée : après la machine à vapeur de Watt, l’électricité, maintenant l’ordinateur et le numérique… Nous sommes censés entrer dans un nouveau monde grâce à l’innovation.

Les premiers socialistes ont parachevé la formulation de la religion industrielle. Mieux vaudrait les appeler “industrialistes” que socialistes, dites-vous à leur propos. L’industrialisme étant constitutif du socialisme, peut-on espérer pouvoir construire un « socialisme sans le Progrès » (pour reprendre le titre d’un livre de Dwight Macdonald) ? Un socialisme qui remettrait en cause le fétichisme de la croissance, l’obsession du développement des forces productives ? Ou le socialisme est-il consubstantiellement lié à la société industrielle ?

D’abord, je ne pense pas qu’il existe un socialisme, mais qu’il faut envisager les socialismes. En ce qui concerne les socialismes modernes, ceux qui se sont développés après la Révolution française – le mot « socialisme” a émergé autour de 1830 avec Pierre Leroux –, il est vrai que leur matrice est intimement liée à l’industrie. Les socialistes du XIXe siècle qu’on a évoqués, jusqu’à Marx et après, ont pensé leur système à partir de l’entreprise, de l’usine, de la manufacture. Ils ont associé le socialisme et la production : Saint-Simon disait que la vérité de la politique, c’était l’économie politique. Les pères de l’anarchisme allaient dans le même sens : William Godwin et Proudhon voulaient supprimer l’État pour mettre à la place une organisation rationnelle de la production.

Les socialismes sont donc liés à l’industrialisation, mais ils sont ambivalents et portaient aussi l’idée profonde d’association. Ils considéraient l’entreprise, l’usine, comme un lieu de société où les ouvriers exploités s’émanciperaient en constituant une communauté fraternelle de sociétaires. Les premiers socialistes voulaient fonder un nouveau christianisme : non seulement ils donnaient à la classe ouvrière une mission quasi-messianique, mais ils pensaient la fraternité et l’association dans le travail, dans l’usine, comme une nouvelle forme de communauté comparable aux communautés de l’Église. Le phalanstère de Fourier par exemple renvoyait au monastère, un monastère différent bien sûr, laïcisé, avec des familles.

Les socialistes de cette période, qui avaient à la fois l’idée de production liée à l’industrialisation, et l’idée d’association, ont élaboré une nouvelle religion. Dans cette métamorphose du christianisme, le Dieu devient terrestre : l’Humanité divinisée réalisant elle-même la transformation du monde par le travail, la science, la technique, l’industrie, pour aller vers le Progrès.

Le « socialisme sans le Progrès », c’est un chantier politique intéressant. De nouvelles formes de socialisme ont porté un projet qui s’en rapproche, comme André Gorz et les éco-socialistes. Mais il faut aller au-delà de la seule critique du Progrès : le Progrès n’est qu’un des piliers de cette croyance collective qui a donné lieu à l’élaboration de la religion industrielle, dont les socialismes sont l’une des variantes, critique par rapport au capitalisme ou au libéralisme. C’est toute l’articulation des piliers qui est à repenser pour remettre en cause la religion industrielle.

Votre livre s’achève sur une étude du management et de la cybernétique, considérés comme l’apogée de la religion industrielle. À l’heure où les réseaux techniques prétendent devenir “intelligents”, où les gouvernements technocratiques sont voués à l’objectif de produire plus et de répondre aux besoins des entreprises, où les marchandises circulent à travers un monde toujours plus urbanisé et où les machines et les écrans envahissent nos existences quotidiennes, diriez-vous que la religion industrielle est de plus en plus totale ?

Non seulement la société n’est pas devenue post-industrielle, contrairement à ce qu’ont annoncé certains sociologues, mais elle est plutôt devenue hyper-industrielle. Nous sommes davantage dans la sur-modernité que dans la “post-modernité”. L’accélération des innovations technologiques que nous subissons actuellement, cette course folle due au fait que le moteur de la croissance économique en Occident, c’est l’innovation, engendre deux phénomènes majeurs qui caractérisent la sur-modernité : d’une part la technologisation généralisée et d’autre part l’accélération.

Aujourd’hui, les capacités de décision ont été largement transférées aux machines, avec l’informatisation qui est une mutation technoscientifique majeure. Il n’y a qu’à voir les marchés financiers pilotés par les algorithmes. Le projet cybernétique, qui avait été théorisé par des scientifiques américains comme Norbert Wiener à la fin des années 1940, prend forme. Wiener disait qu’après la barbarie de la Seconde Guerre mondiale, le politique s’était montré incapable de gérer le monde. Conclusion : puisque l’humanité ne parvient pas à éviter de telles crises, il faut transférer aux machines la capacité de décider, de gérer les sociétés. On est complètement là-dedans aujourd’hui, dans cette organisation scientifique de l’humanité : nous transférons des capacités de décision aux réseaux d’ordinateurs, les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) recueillent et traitent des données massives sur les populations, des systèmes automatiques de machines prétendent remplacer les hommes dans des domaines de plus en plus nombreux

Au nom du paradigme cybernétique, il faudrait toujours plus de technologie, de vitesse, de mouvement. Nous sommes en plein dans le dogme de l’efficacité. La révolution managériale, depuis le taylorisme élaboré aux États-Unis à la fin du XIXe siècle jusqu’au management contemporain, a mis l’efficacité au centre. Dernièrement je lisais un discours d’Emmanuel Macron à Bercy pendant sa campagne, où il disait que la véritable alternance, c’était l’efficacité. L’efficacité en soi. Le politique s’efface, la seule préoccupation, c’est que tout fonctionne. Avec la rencontre de la cybernétique et du management, le cyber-management, l’Homme est gouverné par une seule mesure, la rationalité technoscientifique. Nous sommes enfermés dans une seule dimension, la normativité des comportements dans une société hyper-industrielle uniquement préoccupée d’efficacité et de quantification, ce qu’avait déjà identifié Marcuse dans L’Homme unidimensionnel. Ce phénomène s’est accentué avec l’informatisation.

Or le propre de l’être humain, c’est qu’il a besoin de se projeter dans le symbolique. L’expression du symbolique passe par le langage, qui permet de séparer les choses et les mots. L’être humain, c’est le seul animal qui sait qu’il va mourir, et qui se demande comment occuper l’espace de cette énigme fantastique qu’est une existence : pourquoi vivons-nous, pourquoi allons-nous mourir ? Et comment vivre ? Pendant des siècles, la rationalité cohabitait avec le mystère de l’incarnation. Aujourd’hui le mystère a été absorbé, on ne répond plus à la question du “pourquoi”, mais seulement à celle du “comment” : comment être plus efficace, comment faire fonctionner au mieux l’organisation, avec plus de performance, de vitesse, en développant la technoscience devenue centrale. D’où la déréliction actuelle :  l’hyper-puissance sans le sens, c’est le drame de nos sociétés. La technoscience contemporaine est si puissante qu’elle peut détruire la planète, mais la question métaphysique du “pourquoi ?” est évacuée.

L’Occident s’enferme dans le modèle cyber-managérial où l’on gouverne les hommes par les nombres. Si ce modèle entre dans une crise majeure et commence à se fissurer, c’est précisément à cause de cette vision du monde unidimensionnelle. Quand il n’y a plus que la question du “comment” : comment aller plus vite, comment gérer mieux, et que la question du “pourquoi” est marginalisée voire évacuée, ce n’est pas supportable. L’Homme a besoin de symbolique.

Nos représentants politiques, ne cessent de regretter le pessimisme des Français, leur “déclinisme”, et s’efforcent de réactiver la foi dans le Progrès. La religion industrielle, qui portait une promesse d’avenir radieux par l’essor des forces productives, de la science et des techniques, n’est-elle pas en train d’être mise en doute ?

Si nous considérons la religion industrielle comme une structure fiduciaire, on ne peut pas faire de distinction entre les élites et le peuple. C’est un cadre de pensée collectif, partagé, même s’il n’est pas vécu de la même façon : pour certains, il est théorisé et pratiqué, notamment dans le monde de l’entreprise ou du pouvoir politique. Le discours du management, de l’efficacité, de la cybernétique est constamment rénové par des élites économiques et politiques qui sont l’équivalent du clergé pour la religion classique. Le clergé de la religion industrielle porte le credo du management et de la révolution numérique.

Le vécu peut donc différer selon les catégories sociales, mais on s’inscrit tous dans un cadre de pensée commun. Le Progrès n’en est qu’un des éléments. Si on se focalise sur le mythe du Progrès, on rate l’identification d’un cadre de pensée plus global. C’est comme si, pour critiquer un système philosophique, on se concentrait sur un seul aspect. Le mythe du Progrès est un morceau important, mais il s’inscrit dans une architecture d’ensemble. La difficulté, c’est d’identifier l’ensemble de cette religion industrielle pour faire émerger un travail critique. Cette religion reste le seul cadre de pensée architecturé qui structure l’Occident. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des éléments de crise, de fissuration, y compris dans la conscience des limites et des faiblesses de cette société hyper-industrielle. Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne : quand un système de pensée paraît avoir totalement triomphé, c’est souvent qu’il est au bord du gouffre. La crise, le déclin de l’Occident peuvent être une opportunité pour relativiser la vision du monde occidental et la repenser. Ce qui nécessite de faire un travail généalogique afin d’identifier ses fondements mêmes, au-delà des mythes de la modernité. L’oiseau de Minerve se lève à la tombée de la nuit : la philosophie nous enseigne que nous ne prenons pleinement conscience d’un système de pensée et de pouvoir que lorsqu’il a atteint sa pleine maturité et qu’il s’apprête à décliner.

Pierre Thiesset

https://comptoir.org/2017/10/10/pierre-musso-les-capacites-de-decision-ont-ete-largement-transferees-aux-machines/

Posté par UPR Creuse à 08:10 - - Permalien [#]
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