jeudi 26 octobre 2017

Macron «n'a pas daigné nous voir» : les représentants de GM&S repartent dépités de l'Elysée

Les représentants des salariés du sous-traitant automobile n'ont pas rencontré à l'Elysée le président Emmanuel Macron comme ils l'espéraient. Leur visite s'est bornée à reprendre connaissance des mesures déjà prévues.

ARG GMS

«Ils nous ont dit : "Circulez il n'y a rien à voir"», a déploré Vincent Labrousse, délégué CGT de l'équipementier GM&S cité par l'AFP. Et de constater : «Nous n'avons eu aucune avancée [...] Cette réunion est la pire depuis le début de notre combat.» Les représentants des salariés de l'entreprise creusoise espéraient rencontrer Emmanuel Macron ce 23 octobre 2017. Mais leurs espoirs ont été douchés. Ils n'ont finalement été reçus que par trois conseillers de l'Elysée. Se déclarant «déçus» et «amers», les syndicalistes ont estimé n'avoir rien obtenu de nouveau.

A l'Elysée, on souligne l'ambiance «sereine» de la rencontre et on met en avant que lesdits conseillers avaient fait le tour des mesures d'accompagnement mises en place pour maintenir l'activité sur le site de GM&S à La Souterraine. Mais pour les salariés, le compte n'y est pas. Ceux-ci ont ainsi déposé le 20 octobre dernier devant le tribunal administratif de Limoges un recours en annulation du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) dont ils critiquent notamment les critères de sélection des 156 personnes licenciées. Ils réclament aussi des primes supra-légales aux indemnités de licenciement, évoquant une somme allant jusqu'à 75 000 euros par personne. «[Les conseillers de l'Elysée] n'ont pas voulu en entendre parler», a encore regretté Vincent Labrousse, lui-même concerné par le plan de licenciement.

Fin de non-recevoir pour ceux qui «foutent le bordel»

La déconvenue des représentants du personnel de l'emboutisseur creusois fait écho à la phrase controversée d'Emmanuel Macron saisie par une caméra le 4 octobre dernier. Alors que les salariés de GM&S et plusieurs élus manifestaient à l’occasion de la visite du chef de l'État à Égletons (Corrèze), le président avait alors critiqué, en aparté, «ceux qui foutent le bordel», conseillant aux manifestants ainsi désignés de chercher un poste dans une entreprise du département. Des propos critiqués par la gauche et la CGT.*

Emmanuel Macron avait ensuite tenté de désamorcer la polémique, expliquant qu'il avait visé ceux qui bloquent tout pour toucher «la supra-légale», une prime de licenciement supplémentaire. «Je ne l'accepte pas. Et donc je dis les choses comme elles sont», avait-il encore martelé.

https://francais.rt.com/economie/44895-macron-na-pas-daigne-recevoir-gms


 Commentaire:

"Des propos critiqués par la gauche et la CGT": une critique légitime mais superficielle, car ni la gauche ni la CGT ne veulent sortir de l'Union européenne.

BASE 14 995X225Ils prétendent s'opposer à la libre circulation des mouvements de capitaux (article 63 du TFUE) mais font semblant d'ignorer qu'il faut l'unanimité des Etats membres pour changer les traités (article 48). Comme c'est le fond de l'affaire pour mettre en place une politique anti- délocalisations, et que c'est la base du logiciel "construction européenne" (= libre- échange & marché commun), on a comme un problème...

P.G.

 

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De l'agent orange au glyphosate, comment Monsanto a tout fait pour couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs

Une enquête du "Monde" a montré comment le géant des produits phytosanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l'herbicide Roundup. Et ce n'est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées.

ARG MONSANTO

Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d'affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate présent dans le désherbant Roundup. Les Etats-membres de l'Union européenne devaient décider, mercredi 25 octobre, du renouvellement, ou non, du glyphosate pour les dix prochaines années. Mais la firme ne se résume pas au glyphosate. Monsanto, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s'est d'abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l'entreprise s'est diversifiée dans la fabrication d'herbicides, puis les biotechnologies. Et les scandales ont commencé à fleurir.

Franceinfo revient en cinq histoires sulfureuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d'être rachetée par un autre géant de l'agrochimie, l'allemand Bayer.

Le scandale de "l'agent orange"

Dans les années 1940, Monsanto fabrique l’herbicide 2,4,5-T. Ce produit contient des dioxines et intéresse dans les années 1960 l'armée américaine, qui y voit une arme chimique potentielle, relate Courrier international. Les forces américaines sont, à l'époque, tenues en échec au Vietnam. Entre 1965 et 1973, des avions de l’US Air Force déversent, au-dessus des forêts du pays, 80 millions de litres du puissant herbicide, appelé désormais "l'agent orange". Il est fabriqué par Monsanto, ou encore Dow Chemical. L'objectif : éliminer la végétation où se cachent les combattants du Vietcong.

Les conséquences sont désastreuses pour la nature et pour des millions habitants, mais aussi pour des milliers de vétérans du Vietnam : cancers, malformations congénitales, maladies du système nerveux. Les dégâts se font sentir plusieurs années après les épandages, car "la dioxine [présente dans "l'agent orange"] étant une molécule très stable, elle tend à rester dans l'environnement", explique France Inter.

"Personne à l'époque n'imagine que tout cela était dû aux poisons venus du ciel", confie à la radio Tran To Nga, française d'origine vietnamienne. D'ailleurs, la propagande américaine distribue à cette période des tracts affirmant l’innocuité du produit, souligne Le Monde diplomatique

Or la dangerosité de l'herbicide était connue des géants de l'agrochimie depuis les années 1940. Les premières victimes étant les ouvriers des usines fabriquant l'herbicide. "Ils ont souffert d’inflammations cutanées, de douleurs inexplicables des membres, des articulations et d’autres parties du corps, d’affaiblissement, d’irritabilité, de nervosité, de baisse de la libido", selon Peter Sills, auteur de Toxic war : the story of agent orange. 

En 1949, une usine de Monsanto à Nitro, en Virginie (Etats-Unis) est touchée par une explosion, détaille Le Monde. Plus de deux cents ouvriers développent à leur tour des chloracnés. La cause de ce trouble : les dioxines contenues dans  "l'agent orange". Dans les années 1970, des vétérans américains du Vietnam ouvrent une class action (une action collective) contre les producteurs de l'herbicideDurant ce procès, Monsanto présente des études scientifiques censées prouver l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les maladies des soldats.

Or, au début des années 1990, il est démontré que ces études étaient biaisées, poursuit Le Monde. Au final, Monsanto et six autres producteurs de l'herbicide sont condamnés "pour empoisonnement" à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Aujourd'hui, la firme se dédouane de toute responsabilité. Elle souligne que le produit était fabriqué pour le gouvernement. "C'est lui qui a déterminé quand, où et comment l'utiliser", précise-t-elle dans un communiqué (en anglais).

Les grandes dissimulations autour des PCB

Autre époque, autre produit chimique. En 1935, Monsanto rachète la Swann Chemical Company, qui a mis au point les polychlorobiphényles (PCB). Pendant plus de quarante ans, Monsanto a déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés, issus de son usine de fabrication des PCB, dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur d'un quartier de la ville d'Anniston peuplé de Noirs, en Alabama (Etats-Unis), comme l'a montré le documentaire de Marie-Monique Robin Le Monde selon Monsanto.

En 2001, 3 600 habitants de la ville, qui souffrent de cancers, attaquent le géant de l'agrochimie. Pendant le procès, des notes confidentielles révèlent que Monsanto a dissimulé la dangerosité du produit. "En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", rapporte alors The Washington Post (anglais).

Par ailleurs, une étude menée par Monsanto en 1975 montre que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. Mais la firme change les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène".

La firme connaissait donc la dangerosité de son produit, dès la fin des années 1960. Mais l'entreprise a arrêté totalement de commercialiser les PCB seulement en 1977, rappelle The Guardian (anglais), qui s'est penché sur plus de 20 000 mémos internes, mis en ligne début août. Contacté par The Guardian, Scott Partridge, le vice-président de la stratégie de Monsanto a rétorqué "qu'à l'époque où Monsanto fabriquait des PCB, c'était totalement légal et approuvé. Monsanto n'a donc aucune responsabilité dans la pollution causée par le rejet par ceux qui ont déversé des PCB dans l'environnement".

La firme a été reconnue coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La multinationale a été condamnée à verser 700 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville d'Anniston.

Les pressions pour défendre l'hormone de croissance bovine

Si Monsanto n'aime pas les scandales, la firme déteste encore plus ceux qui les provoquent. Les deux journalistes américains Jane Akre et Steve Wilson, de Fox News, en ont fait les frais. Après avoir enquêté sur les dangers du Posilac, l'hormone de croissance bovine, rBGH, fabriquée dans les années 1980 par Monsanto, les deux journalistes du groupe Murdoch ont été licenciés. Leur reportage n'a jamais été diffusé, comme le raconte Marie-Monique Robin dans Le Monde selon Monsanto.

Quel est le problème avec la rBGH ? Cette hormone transgénique, injectée aux vaches, permet d’augmenter la production laitière de 15 à 20%. La vente de cette hormone, sous le nom de Posilac, est autorisée aux Etats-Unis en 1994. Mais rapidement, des mammites chez les vaches (infection des pis), des fragilités osseuses et des malformations chez les veaux, sont constatés, détaille Marie-Monique Robin. Pour faire face à ces symptômes, les éleveurs multiplient les traitements à base d'antibiotiques sur leurs bêtes. Conséquences : des traces de ces antibiotiques sont retrouvées dans le lait.

Le Canada est le premier pays à refuser la commercialisation du Posilac en 1999 malgré les pressions de Monsanto. Le documentaire raconte en effet comment la firme américaine a proposé un à deux millions de dollars à des agents de l'agence gouvernementale, Health Canada, pour qu’ils homologuent le produit.

Un an après, l'Europe lui emboîte le pas. L'hormone de croissance bovine y est interdite définitivement. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) établit que les résidus dans les viandes de bovins traités aux hormones présentent des risques pour la santé humaine, rappelle La Croix.

Monsanto a longtemps défendu son hormone de croissance, assurant qu'il n'y avait "aucune différence entre le lait des vaches recevant un complément de Posilac et le lait des vaches qui n'ont pas reçu de Posilac". Finalement au courant de l'année 2008, la firme renonce à la fabrication du Posilac, comme le relate The New York Times (en anglais). Monsanto justifie alors cette décision par son souhait de se concentrer sur les semences agricoles.

Des procès pour protéger ses OGM

Dans les années 1990, Monsanto reçoit les autorisations pour commercialiser ses semences génétiquement modifiées et résistantes au glyphosate. Parmi elles : le soja Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready. "L'emprise de Monsanto est déjà quasi-totale aux Etats-Unis : plus de 90 % du soja et 80% du maïs sont produits à partir de ses semences. Les agriculteurs sont ainsi prêts à payer deux fois plus cher que pour des graines normales, avec la promesse d'obtenir une meilleure résistance aux insectes, à la sécheresse... et aux herbicides produits par Monsanto !" racontent Les Echos.

Les semences sont protégées par les brevets pendant vingt ans. Durant cette période, Monsanto conserve son monopole et peut engranger un maximum de bénéfices. C'est pourquoi la firme va défendre ardemment ses OGM aux dépens parfois de petits agriculteurs. "Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé 'frauduleusement' ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées", relate Le Monde.

Ainsi en 2013,  la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto, dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana. Ce dernier était accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines de soja transgéniques. Le fermier de 75 ans a été condamné à verser 85 000 dollars au géant de l'agrochimie, relaie The Huffington Post.

Monsanto justifie sur son site ses différentes actions en justice : "Sans la protection des brevets, les entreprises privées n’auraient guère intérêt à poursuivre dans cette voie et à réinvestir dans l’innovation. Monsanto investit plus de 2,6 millions de dollars par jour en recherche et développement, investissements qui bénéficient en dernier ressort aux agriculteurs et aux consommateurs." 

Des rapports scientifiques manipulés sur les effets du glyphosate 

Le désherbant Roundup, mis sur le marché en 1974, a également fait la fortune de Monsanto. En 2014, 826 000 tonnes de glyphosate ont été vendues sur la planète, selon une étude de l'Environmental Sciences Europe (en anglais), ce qui en fait le numéro 1 mondial des herbicidesEt pour implanter son produit, le géant de l'agrochimie n'a pas lésiné sur la publicité. En 1990, ce spot publicitaire met en scène un agriculteur qui explique que "Roundup il y a pas mieux pour désherber" et qu'il "n'hésite pas à en mettre partout" dans les champs.

Sept ans plus tard, cet autre clip publicitaire a envahi les écrans de télévisions. Le Roundup est présenté comme le premier désherbant "biodégradable", qui "ne pollue ni la terre, ni l'os de Rex".

Pour cette dernière publicité, Monsanto a été condamné deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour "publicité mensongère", comme le rappelle Le Monde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé officiellement en 2015 le glyphosate comme cancérogène pour l’animal et  "cancérogène probable" pour l’homme.

Mais Monsanto n'a pas tardé à répliquer. Sa stratégie ? Le "ghost-writing", ou "écriture fantôme", comme l'a révélé Le Monde dans son enquête sur les "Monsanto papers", publiée mardi 4 octobre. "Nous sommes face à un énorme scandale sanitaire", estime Marie-Monique Robin, dans son documentaire, Le Roundup face à ses jugesdiffusé sur Arte, mardi 17 octobre. Des scientifiques, rémunérés par la multinationale, ont signé des textes montrant que le glyphosate n'est pas cancérigène. Or les grandes agences réglementaires (EPA aux Etats-Unis, EFSA et ECHA en Europe), chargées d’évaluer la dangerosité d’un produit avant et après sa mise sur le marché, se sont basées sur les données fournies par Monsanto. Contacté par franceinfo, Monsanto France assure que "dans la situation où des scientifiques Monsanto ont pu être impliqués pour aider à la rédaction de ces documents, leur participation était complètement appropriée, circonscrite et clairement énoncée."

La firme refuse par ailleurs systématiquement de venir s'expliquer sur le glyphosate devant les députés européens. "Les eurodéputés essayent de faire le procès du glyphosate", a expliqué à franceinfo Monsanto France. Mais en coulisses, les soutiens s'activent. A commencer par la Glyphosate Task Force qui regroupe des industriels. Certains syndicats agricoles sont également des partisans de ce produit. En septembre dernier, la FNSEA (premier syndicat agricole français) a ainsi organisé une manifestation sur les Champs-Elysées, à Paris, pour défendre l'herbicideLes Etats-membres de l'Union européenne devaient se prononcer le 25 octobre sur un prolongement, ou non, de dix ans de mise sur le marché du glyphosate.*

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/de-l-agent-orange-au-glyphosate-comment-monsanto-a-tout-fait-pour-couper-l-herbe-sous-le-pied-de-ses-detracteurs_2405936.html


 

*Voir notre publication précédente: Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

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http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/26/35805339.html

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Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

L’Union Européenne a décidé ce mercredi de reporter le vote sur la prolongation de l’utilisation du glyphosate. Une nouvelle réunion devra se tenir à une date qui n’a pas encore été communiquée.

FL STRATAGEME MONSANTO

La Commission va « réfléchir »

Les représentants des Etats membres de l’UE, réunis dans un comité d’experts pour décider du sort du glyphosate, herbicide controversé dont la licence expire en décembre, n’ont pas voté ce mercredi, a annoncé la Commission européenne.

L’instance qui, lors d’une annonce surprise ce mardi après-midi, avait expliqué qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans au lieu de dix ans, va « réfléchir » après avoir pris note des positions des différentes délégations. Elle fixera « sous peu » une nouvelle date de réunion, a-t-elle indiqué dans un court message.

http://www.20minutes.fr/monde/2157599-20171025-glyphosate-union-europeenne-reporte-vote

Pour être validée, la proposition de la Commission doit recueillir une majorité qualifiée – 55 % des Etats membres représentant 65 % de la population – majorité difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE.

Plusieurs Etats membres, France, Autriche, Italie en tête, ont en effet affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore dix ans. Mercredi matin, la Belgique a rejoint le camp des opposants, refusant des « délais trop longs ». En début d’après-midi, le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner a indiqué que Paris prônait un renouvellement de la licence du glyphosate pour quatre ans afin de permettre un consensus.

Disparition progressive

Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très critiqué par les défenseurs de l’environnement. Il a récemment été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Le sujet devient de plus en plus pressant, la licence du glyphosate expirant prochainement. Le Parlement européen veut, lui, l’éliminer progressivement des sols de l’UE. Mardi, les eurodéputés ont voté avec une large majorité une résolution non contraignante demandant la disparition du glyphosate dans l’UE d’ici à 2022. Les eurodéputés demandent également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.


Cette résolution visait à mettre la pression sur la Commission européenne, qui avait dans un premier temps proposé le renouvellement pour dix ans de la licence d’exploitation de l’herbicide dans l’UE. Mais, dans la foulée du vote de la résolution, la Commission européenne avait annoncé mardi après-midi qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/renouvellement-de-la-licence-du-glyphosate-bruxelles-decide-de-reporter-le-vote_5205690_3244.html
Voir aussi:

Bras de fer en Europe sur le glyphosate

Les Etats membres débattaient mercredi matin de la réautorisation de cette substance que la France voudrait limiter à trois ans.


Journée forte en rebondissements mardi 24 octobre, à la veille du vote – finalement reporté – des Etats membres sur l’avenir du glyphosate. Elle s’est terminée par l’annonce surprise de la Commission européenne : celle-ci, soumise à de multiples pressions, a revu sa position à la baisse, passant d’une réhomologation de dix ans pour l’herbicide le plus vendu au monde à un renouvellement de « cinq à sept ans ». Bruxelles a ainsi fait un pas vers ce que devait être la probable position de la France lors de la discussion, mercredi. Cette dernière, à l’instar d’autres pays européens, menait en effet campagne contre le renouvellement pour dix ans.

Selon nos sources, la préférence française pourrait finalement se porter sur une nouvelle autorisation de mise sur le marché de trois ans assortie de mesures d’encadrement visant à restreindre progressivement l’usage du glyphosate. Même s’il est suivi par une majorité suffisante d’Etats, ce choix ne permettra pas, de toute façon,d’interdire brusquement l’herbicide – classé « cancérogène probable pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Dans les faits, à l’échelon européen, cette stratégie repousse simplement la décision de trois ans dans l’Union. Elle ne garantit pas une interdiction progressive de la substance « d’ici la fin du quinquennat » d’Emmanuel Macron, comme l’avait indiqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 25 septembre.

« Nous voulons que toute décision soit faite autour d’une majorité de nos Etats membres la plus grande possible », a expliqué le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, mardi, à Strasbourg. Si ce changement de braquet intervient à la veille de la réunion de représentants des Etats membres qui doit, à Bruxelles, examiner le cas du glyphosate, c’est que la Commission européenne s’est sentie contrainte de réagir après notamment un vote du Parlement européen intervenu mardi en milieu de journée.

« Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience », affirme Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire

Réunis en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté une résolution − certes sans valeur contraignante − demandant l’interdiction progressive de l’herbicide en cinq ans (par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions). En d’autres termes, une sortie définitive (« phase-out »). De plus, les eurodéputés réclament l’interdiction du glyphosate dans les usages non professionnels et dans les espaces publics – ce qui est déjà le cas en France depuis le 1er janvier – dès le 15 décembre.

La pression de la société civile était, elle aussi, forte sur Bruxelles. Plus d’un million de personnes ont ainsi signé une pétition d’initiative citoyenne européenne pour soutenir l’interdiction du glyphosate, en demandant à l’Union européenne de bannir non seulement la substance à la base entre autres du Roundup de Monsanto, mais aussi de réformer le processus d’approbation des pesticides.

Côté français, on se réjouit de ce petit coup de théâtre. « Sans la position de la France, l’Etat le plus proactif contre les dix ans, la Commission n’aurait pas changé de position », fait-on valoir du côté du gouvernement. Et Nicolas Hulot affichait, mardi soir, sa satisfaction. « Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience sur les problèmes de santé, environnementaux, à commencer par les pesticides, a confié au Monde le ministre de la transition écologique et solidaire. Je ne dis pas qu’on a gagné, mais ce n’est clairement plus un sujet que l’on peut ajourner. »

Pourtant, des désaccords se sont exprimés jusqu’au dernier moment au sein même du gouvernement. Si Nicolas Hulot militait pour un renouvellement de l’autorisation réduit au minimum, trois ans maximum, son collègue de l’agriculture, Stéphane Travert, penchait pour une durée plus longue – cinq à sept ans –, afin de laisser aux agriculteurs la possibilité de développer des alternatives à l’emploi de cet herbicide. Tandis qu’Agnès Buzyn, leur homologue en charge de la santé, a déclaré surCNews que, compte tenu de sa probable nocivité, « il est impératif de faire en sorte qu’il ne soit plus utilisé ».

Réfléchir à des alternatives

Le président de la République avait rappelé le cadre, lors de son discours de conclusion de la première phase des Etats généraux de l’alimentation, au marché international de Rungis, le 11 octobre. « Je vais vous le dire franchement, le bon débat n’est pas de savoir s’il faut sortir du glyphosate dans dix ans ou dans cinq ans, c’est comme si je vous disais que politiquement on sait régler la rapidité et la réalité de nos innovations technologiques, avait-il exposé à cette occasion. Je pense que le bon débat, c’est d’abord de dire qu’au niveau européen reporter à dix ans la problématique du glyphosate n’est pas une bonne idée parce que c’est prendre une responsabilité face à l’Histoire. »

Le dossier du glyphosate est devenu politiquement explosif. Tandis que l’opinion publique se montre de plus en plus sensible aux dangers des pesticides pour sa santé, la FNSEA défend, quant à elle, farouchement le glyphosate – un produit efficace et peu cher –, au nom de la lutte contre la distorsion de concurrence avec d’autres pays producteurs.

Le 22 septembre, elle envoyait environ 250 agriculteurs français manifester sur les Champs-Elysées sur ce mot d’ordre. A l’Assemblée nationale, le 18 octobre, les députés français ont décidé, de leur côté, de créer une mission d’information sur les produits phytosanitaires.

Cependant, le ministre de l’agriculture lui-même doit commencer à réfléchir à l’après-glyphosate. Une lettre de mission est partie de son ministère, lundi, demandant à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de travailler à des alternatives à la substance tant décriée. A moins d’avoir recours à des techniques de désherbage mécaniques, il n’existe pas, pour l’heure, de produit de substitution.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a reçu pour mission de mener de nouvelles études sur les effets sanitaires du glyphosate.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/bras-de-fer-en-europe-sur-le-glyphosate_5205620_3244.html#UXgJaMDTwBLfey25.99

Ils ne sont même pas d'accord entre eux au niveau français. Désaccords également entre le parlement européen et la Commission. Enfin, désccord entre états membres. Illsustration du fonctionnement habituel de ce "machin" auto- bloquant, qui ne peut aboutir qu'à un compromis qui mécontentera tout le monde, pour le plus grand profit de Monsanto & co.

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Le Brexit a la peau dure : les 7 types de sorties pour le Royaume-Uni

Theresa May agace de plus en plus outre-manche. Elle qui avait fait campagne pour le « Bremain » (comprenez, pour rester dans l’UE) en 2016 est en train de perdre les soutiens des conservateurs adeptes d’un Brexit dur mais aussi du soutien populaire qui, rappelons-le, a voté en faveur du Brexit et souhaite donc sortir de l’UE in fine.

1brexit

Les Français sont un peu perdus par rapport à ce qu’il se passe au Royaume-Uni depuis plusieurs mois. Il faut dire que la presse mainstream française couvre les informations de manière assez scandaleuse, s’emparant de chaque couac pour pointer les effets (supposés) catastrophiques d’un pays quittant l’UE. La réalité est toute autre, les Britanniques ont voté pour quitter l’organisation de Bruxelles, et il serait impensable aujoud’hui pour eux de revenir sur cette décision historique. Certains soutiens au Bremain commencent d’ailleurs à changer leur position par rapport au Brexit. De plus en plus de citoyens britanniques sont furieux du comportement agressif, pour ne pas dire insultant de la Commission et des leçons de son président, Jean-Claude Juncker.

L’UE a fait le choix d’une stratégie de négociation agressive et sans concession. L’agressivité dans des négociations de tout type, qu’elles soient commerciales ou politiques, est tout à fait contre-productive et ainsi abouti à des effets diamétralement opposés à ceux qui étaient attendus en première instance. Jean-Claude Juncker l’a répété plusieurs fois, le Royaume-Uni « doit payer » des sommes considérables pour sa sortie du fait du calendrier budgetaire de l’UE qui est quinquénnal et se terminera en 2020 mais la Grande-Bretagne doit également compenser le manque à gagner abyssal (environ 10 milliards d’euros par an !) au budget de l’UE. C’est le nœud du problème aujourd’hui, l’argent, mettant les négociations dans l’impasse. Le Royaume-Uni doit payer pour sortir mais doit aussi « payer » pour l’affront fait à la construction européenne. C’est le message clairement délivré par les européistes. Ils veulent à tout prix éviter un effet domino en Europe, qui pourrait avoir des conséquences apocalyptiques, non pas pour les pays déserteurs cette fois-ci mais pour Bruxelles et l’UE elle-même.

Quant à la stratégie britannique, eh bien, c’est le flou. La presse a parlé de hard Brexit et de soft Brexit. Theresa May a fait le choix de la seconde option, rendant fou de rage Boris Johnson, le secrétaire aux Affaires étrangères qui souhaiterait faire du Royaume-Uni, un pays libre et souverain pour aboutir à un modèle de type « libre-échange total ». Afin de clarifier au maximum la situation actuelle, résumons les différents types de Brexit envisagés. Il en existe sept (du plus « soft » au plus « hard ») :

1 – Un arrangement de transition : le Brexit repoussé.
C’est la voie entreprise par Theresa May depuis son discours de Florence. Les modalités donneraient plus de temps au Royaume-Uni pour avoir un meilleur accord. Cependant, cette phase de transition ajoute deux ans au processus de sortie, compromettant une sortie effective du Royaume-Uni, une fois le délai écoulé. Le pays continuerait de payer encore pour 4 ou 5 ans, ce dont les Britanniques ne veulent plus.

2 – Un accès au marché unique : le modèle norvégien.
Les États-membres à l’Espace Economique Européen (EEE) participent au marché unique. Des harmonisations législatives sont effectives mais les Etats dans cette situation doivent contribuer au budge de l’UE, une part certes relative mais de facto, c’est un assouplissement de l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

3 – Un accès restreint au marché unique : le modèle suisse.
L’Association européenne de libre-échange (AELE) est une alternative à l’UE, les deux ont d’ailleurs des accords entre elles. La Suisse bénéficie d’un accès au marché unique grâce à une série de traités bilatéraux. La Suisse a choisi ce modèle, a un accès limité (ce qui est en soi pourrait être un point négatif pour le commerce britannique) ; les services financiers britanniques pourraient faire l’objet d’un traité bilatéral spécifique. L’inconvénient majeur est que la Suisse a adopté les « quatre libertés » et dans les faits a rejoint l’espace Schengen.

4 – Une union douanière : le modèle turc.
Les Etats-membres d’une telle union ne chargent pas les taxes sur l’import des produits négociés entre l’UE et l’Etat tiers. Un tarif commun est par ailleurs négocié. Seule la Turquie a ce type de profil. Les avantages sont certains : moins de bureaucratie et il n’y aurait pas de frontière « dure » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande (objet de tensions certaines). Cependant, ce modèle ne couvre pas les services, les Etats-membres à une union douanière ne sont pas compétents pour négocier indépendamment des accords commerciaux.

5 – Un accord général de commerce : le modèle canadien.
Le CETA récemment signé entre l’UE et le Canada est un modèle à prendre en compte et une voie possible compte tenu de la flexibilité qu’un tel accord peut offrir. Le Royaume-Uni pourrait avoir accès au marché européen en signant un tel accord tout en restant libre de signer d’autres accords avec des pays tiers.

6 – Les règles de l’OMC : pas d’accord.
Sans accord avec l’UE, le Royaume-Uni redeviendrait un membre de l’OMC à part entière (l’UE a un siègle à l’OMC et parle au nom des 28), au même titre que les Etats-Unis, le Brésil ou encore la Russie. Le Royaume-Uni serait tout à fait libre pour négocier des accords commerciaux dans les limites (flexibles) des règles de l’OMC.

7 – Libre-échange total : le modèle singapourien.
Sans accord avec l’UE, le Royaume-Uni retourne aux règles de l’OMC puis baisse complètement ses droits de douane à l’import. Le pays devient ultra flexible sur le marché mondial, n’ayant aucune allégeance. Cependant, baisser ses droits de douane à l’import peut être asymétrique sur le marché mondial, ce qui engendrerait un démantelement de l’industrie manufacturière britannique.

Comme on l’a vu plus haut, l’impasse actuelle est dû au fait que l’UE demande au Royaume-Uni de payer certaines sommes considérables pour quitter l’Union. Les Britanniques jugent ces sommes extravagantes, l’UE campe sur ses positions. Nous sommes arrivés au moment critique dans le cycle des négociations, s’il y a un accord sur l’argent à payer, le Royaume-Uni et l’UE pourront passer à l’étape suivante : celle d’un nouvel accord commercial ou bien pas d’accord du tout.

https://www.soverain.fr/brexit-a-peau-dure-7-types-de-sorties-royaume-uni/

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Macron apporte un soutien appuyé à l'Egypte malgré les droits de l'homme

Le président français Emmanuel Macron a insisté mardi sur "le combat commun" de la France et de l'Egypte en matière de lutte antiterroriste, refusant de "donner des leçons" sur la question des droits de l'homme à son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en visite officielle à Paris.

ACT EGYPTE MACRON SISSI

Ce dernier, qui rencontrait le chef d'Etat français pour la première fois depuis son élection, a pour sa part vivement rejeté les accusations d'atteinte aux droits de l'homme relayées par de nombreuses ONG, qui pointent son bilan "catastrophique".

"La France se tient aux côtés de l'Egypte, car la sécurité de ce pays ami, c'est aussi notre propre sécurité", a insisté le président français à l'issue d'un déjeuner à l'Elysée.

M. Macron s'est ainsi placé dans la continuité de la politique française, qui perçoit Le Caire comme le principal rempart contre le terrorisme au Moyen-Orient.

Pour lui, il ne faut donc "pas donner des leçons" sur les droits de l'homme "hors de tout contexte". "Le président Sissi a un défi: la stabilité de son pays, la lutte contre les mouvements terroristes, contre un fondamentalisme religieux violent".

L'Egypte est régulièrement visée par des attentats meurtriers, dont le dernier a provoqué la mort de nombreux policiers vendredi dans le désert occidental. La plupart d'entre eux sont revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) ou des mouvements locaux lui ayant prêté allégeance.

Le combat contre le terrorisme doit "impérativement être mené dans le respect de l'Etat de droit et des droits de l'homme" [1], a déclaré M. Macron. Mais il réitéré son principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays: "de la même façon que je n'accepte qu'aucun autre dirigeant ne me donne des leçons sur la manière de gouverner mon pays (...), je crois à la souveraineté des Etats", a-t-il dit. [2]

Ces déclarations ont suscité une vive réaction de Human Rights Watch. "De quel contexte parle le président? Celui d'une lutte anti-terroriste entachée d'atrocités, utilisée pour réprimer des opposants pacifiques, et au final inefficace?", a déclaré à l'AFP la directrice France de HRW, Bénédicte Jeannerod, estimant que M. Macron "tournait le dos aux droits humains".

De nombreuses ONG accusent le gouvernement du président Sissi d'être responsable de la "pire crise des droits humains qu'ait connue l'Egypte depuis des décennies". Elles dénoncent régulièrement les arrestations massives, les condamnations à mort, l'usage à grande échelle de la torture et les persécutions contre les homosexuels. [3]

"Je suis responsable de la sécurité de 100 millions de personnes", a fait valoir M. Sissi, visiblement agacé d'être interpellé sur les droits de l'homme. "Nous sommes contre la violence et avec les droits de l'homme", a-t-il insisté, en affirmant que ses forces de sécurité "ne pratiquaient pas la torture".

Selon son entourage, le président français a évoqué avec M. Sissi une quinzaine de cas individuels de militants et journalistes égyptiens opprimés.

Pour MM. Macron et Sissi, la lutte contre le terrorisme doit être renforcée en Libye, un pays frontalier de l'Egypte qui n'arrive pas à sortir du chaos près de six ans après la chute du dictateur Mouammar Kadhafi.

"Ils sont d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de solution militaire" à la crise, a précisé l'Elysée. Le Caire est l'un des principaux soutiens du maréchal Khalifa Haftar, qui s'oppose au gouvernement d'entente nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale. [4]

Jusqu'à la fin de sa visite jeudi, M. Sissi va continuer à discuter de contrats économiques, notamment d'armement, même si aucune annonce d'envergure n'est attendue. Depuis 2015, l'Egypte en a conclus pour plus de six milliards d'euros, comprenant notamment 24 avions de combat Rafale, une frégate, deux porte-hélicoptères Mistral et des missiles.

M. Sissi doit être reçu par le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui a effectué de nombreux déplacements au Caire ces dernières années et entretient une relation amicale avec lui.

http://www.boursorama.com/actualites/macron-apporte-un-soutien-appuye-a-l-egypte-malgre-les-droits-de-l-homme-179b7225e4a3407157ca84d21b867997


 

BASE 14 995X225Commentaires:

 [1] "Le combat contre le terrorisme doit "impérativement être mené dans le respect de l'Etat de droit et des droits de l'homme ":cf. la denière loi anti-terroriste votée en France...

[2] "je crois à la souveraineté des Etats": la seule souveraineté que Macron ne défend pas, c'est celle de la France...(cf ses propos sur la "souveraineté européenne").

[3] "De nombreuses ONG accusent le gouvernement du président Sissi d'être responsable de la "pire crise des droits humains qu'ait connue l'Egypte depuis des décennies": on les entend moins quand il s'agit d'autres pays (Arabie Saoudite, Qatar...) ou alors ils sont moins relayés par les médias (ça dépend des ONG): l'indignation est légitime quand elle s'applique de manière inconditionnelle, et non à géométrie variable...

[4] En général le terme "communauté internationale" désigne, dans les médias de l'oligarchie, les Etats- Unis et ses alliés...

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mercredi 25 octobre 2017

Manifestations, voitures brûlées : Linky, le compteur électrique d'ENEDIS face à la fronde

15 voitures d’ENEDIS (ex-ERDF) ont été brûlées à Limoges le 24 octobre. En cause, le nouveau compteur communicant Linky qu’elle veut installer en France. Pose forcée, dégâts, ondes, surveillance : politiques et associations fustigent l'appareil.

59ef49ef488c7be07a8b456715 voitures d’ENEDIS incendiées le 23 octobre à Limoges, des inscriptions «Linky dégage» retrouvées à proximité : c'est un petit appareil électrique d’apparence anodine qui déchaîne à ce point les passions. ENEDIS, alors nommé ERDF, s'était mis en demeure de répondre à la directive européenne no 2009/72 qui impose aux pays de l'Union européenne d'installer des compteurs électriques intelligents chez au moins 80 % des consommateurs du marché intérieur. ERDF a alors inventé Linky, un compteur connecté par réseau avec le fournisseur d'électricité qui stocke les données de consommations. La compagnie en a posé sept millions depuis 2015, et a déclenché une opposition inédite.

La fronde nationale anti-Linky

Car les consommateurs ne décolèrent pas. En cause : la création selon eux d'une nouvelle pollution électromagnétique et les données de consommation, susceptibles d'être utilisées par ENEDIS. Et aussi le coût de 5 milliards d'euros d'investissements qui sera un jour reporté sur la facture des abonnés. Des collectifs régionaux ou des associations s'engagent dans le combat anti-Linky, comme Robin des toits ou Next-up, ainsi qu'une nuée de complotistes. En tout 360 communes anti-Linky sur 36 734 se sont opposées à sa mise en place. D’autres maires signalent que sur leur commune, les administrés sont libres de refuser la pose. Nicolas Dupont-Aignant a aussi pris position publiquement contre ce compteur.

Des rassemblements se sont organisés dans toute la France

Harcèlement pour la pose ?

Les problèmes ont démarré dès les opérations de pose fin 2015 par les prestataires d’ENEDIS, qui, payés à la prestation, sont accusés par les opposants à Linky de faire du zèle, voire même de harcèlement. «Parfois ils posent les compteurs malgré l'avis des gens, on leur dit de les influencer pour qu’ils acceptent», explique Etienne Cendrier, porte-parole de l'association Robin des Toits, qui milite contre Linky, interrogé par RT France. «On est tombé sur des documents comportant des conseils pour les poseurs de compteurs, qui disent qu’il ne faut pas qu’ils se laissent intimider par les consommateurs.» On pourrait imaginer que le militant exagère, mais ce papier existe bel et bien. Le maire d’Yerres Olivier Clondong, qui détient ce document interne d’ENEDIS rédigé à l’intention des prestataires, l’avait montré dans un reportage de BFM TV. «Ne pas tenir compte des affiches, casser le cadenas si besoin» faisaient partie des instructions données au prestataire. De vraies méthodes de délinquants, que la société a cessé de préconiser depuis, selon BFM TV.

Par ailleurs, pour les habitants qui en acceptent la pose, celles-ci ne se ferait pas sans son lot de problèmes.

Une enquête de UFC Que Choisir auprès des ménages équipés révèle que 69 % des usagers jugent leur compteur Linky «inutile et générateur de dysfonctionnements». Sur 2 000 personnes possédant ce nouveau compteur, 26% se plaignant d'au moins un dysfonctionnement.

En outre, sur 300 000 poses, huit incendies se sont déclenchés à la suite de la pose des compteurs.

Sur les réseaux sociaux, on trouve ainsi de nombreux témoignages de mauvaises expériences des consommateurs. 

L’un d’eux se plaint que des pannes dans le système de chauffage.

D'après un autre, les prestataires se lanceraient parfois dans des installations intempestives sans accord du client.

Quant au service client, il serait aux abonnés absents selon certains.

Rayonnement électromagnétique

Un aspect qui fâche les consommateurs est le rayonnement électromagnétique qui serait provoqué par le compteur. En effet il utilise le courant porteur en ligne (CPL) qui fait transiter localement des données numériques par l'intermédiaire du réseau électrique. «Les fils électriques reliés au compteur Linky ne sont pas prévus pour ça, alors ça bave. Les fils en cuivre rayonnent un peu, dès qu’on le fait marcher en CPL, toute la journée» assure Etienne Cendrier. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé ces ondes des radiofréquences dans la catégorie «cancérogène possible».

Toutefois l'association n'a jamais mesuré ce rayonnement. Mais Gladys Laroche, la chargée des relations extérieure d'ENEDIS avait affirmé dans un reportage du 13h de France 2 le 21 avril 2016 que le compteur était un des appareils qui produisait le moins de rayonnement électromagnétique «moins qu’une télévision, qu’une ampoule».

Mais c’est plutôt le futur développement lié à Linky qui inquiète. «A terme on nous mettra un émetteur radio Linky optionnel sur les compteurs qui dialoguera avec différents éléments de nos habitats : chauffe eau, réfrigérateur […] tout va se mettre à rayonner, ce sont des endroits extrêmement exposés, des pièges à ondes», s'inquiète Etienne Cendrier.

Autre argument avancé par le militant, le compteur Linky aurait rendu «des appartements invivables» à certaines personnes électro-sensibles.

Big Linky is watching you 

Linky est un compteur dit intelligent. Il dispose d’une technologie permettant de connaître sa consommation en temps réel, la «charge électrique», selon ENEDIS afin de faire des économies. Les données permettent de savoir combien de personnes sont présentes dans le logement, les horaires d'absence, de réveil : une mine d'informations sur la vie privée.

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a appelé à la vigilance concernant la courbe de charge. «Les données de consommation appartiennent au client. On ne peut rien faire sans son consentement, qui doit être formellement tracé» a expliqué Jean-Lorain Genty, un membre de l’équipe nationale du programme Linky sur le site silicon.fr. Mais avec l'aval du consommateur, ENEDIS pourra disposer de millions de données sensibles, susceptibles d'être piratées.

L'entreprise pourrait être tentée de récupérer les données et de les exploiter pour notamment suivre en temps réel les réseaux, équilibrer l'offre et la demande, permettre aux clients d'homogénéiser leur consommation, maîtriser les pics de demande durant l'hiver par exemple.

Deux conceptions s'opposent : d'une part la maîtrise du réseau par mégadonnées, qui pourrait servir aux collectivités, aux gestionnaires de copropriétés, au plan climat, et d'autre part la crainte des consommateurs concernant leur vie privée. «En tant que citoyen je ne veux pas que mes données soient vendues par ENEDIS pour être récupérées par des entreprises qui me proposent des produits», s'exclame Etienne Cendrier. «Selon ce que dit ENEDIS, tout pourrait être régulé à distance, on pourrait déclencher le chauffage juste avant de rentrer. En soi tout le monde est pour les économies d'énergie. Mais en réalité pour eux l'idée c’est de libéraliser le coût de l'énergie grâce au big data. On entrera dans l'ère de l'énergie à coût variable», conclut-il.

Economie ou pas ?

Quant aux économies supposées, promises par ENEDIS, le porte-parole de Robin des Toits n'est guère convaincu : «On nous avait promis des économies extraordinaires alors qu’on constate plutôt des augmentations sur les factures.»

En Allemagne, une étude commandée au cabinet Ernst & Young par le ministère de l’Economie allemand sur les compteurs communicants en août 2013 a révélé que les coûts de mise en œuvre dépassaient nettement les économies réalisées par les consommateurs.

https://francais.rt.com/france/44922-linky-compteur-electrique-que-tout-le-monde-combat

Posté par UPR Creuse à 18:02 - - Permalien [#]
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21 véhicules incendiés sur un site Enedis de Limoges

21 véhicules sont partis en fumée dans la nuit de lundi à mardi 24 octobre, sur le site Enedis de l'avenue de la révolution, à Limoges. La piste d'un acte volontaire est privilégiée.

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Une enquête est ouverte après l'incendie d'une vingtaine de véhicules d'Enedis, dans la nuit de lundi à mardi 24 octobre, à Limoges. Le feu a pris vers 1h30 du matin, au 19 bis avenue de la Révolution et les pompiers de la Haute-Vienne sont restés mobilisés une bonne partie de la nuit pour en venir à bout. Cet incendie rappelle celui survenu dans l'enceinte de la gendarmerie de Limoges, en septembre dernier. Celui-là avait été revendiqué par une mouvance d'ultra gauche, baptisée "RAGE" pour "Révolte anarchiste des Gendarmes exilés".

Une lettre de revendication

Mardi après-midi, nos confrères du Populaire du Centre ont reçu un mail de revendication signé DECCLIN pour Des Élus Contre les Compteurs Linky.

"Linky dégage"

Une inscription "Linky dégage" avait effectivement été retrouvée ce matin à proximité des lieux du sinistre. L'enquête a été confiée à la section de recherche de la police judiciaire de Limoges. Une équipe de police technique et scientifique a été dépêchée sur place pour tenter de trouver des indices.

Les compteurs Linky déjà visés par l'ultra-gauche en Rhône-Alpes

En mai et en juin dernier, à Grenoble (Isère) puis à Crest (Drôme), des véhicules d'Enedis avaient déjà été brûlés. Des militants libertaires et anticapitalistes ont à chaque fois revendiqué les incendies. Ils dénoncaient par exemple ""toutes les sociétés qui ne peuvent exister sans soumission de l'être humain, que ce soit au travers des smartphones, des compteurs Linky ou par le travail".

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/19-vehicules-incendies-sur-un-site-enedis-de-limoges-1508827103


 

Une fois de plus, au- delà d'une indignation légitime, la question qui se pose est qui se cache derrière ce type d'actions, et surtout, pour servir quels intérêts, au bout du compte? Qui manipule ces bandes de crétins et dans quel but? Alors que nombre de citoyens et même de municipalités se mobilisent de manière responsable et démocratique contre l'installation de ces compteurs...

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Posté par ddupr à 08:45 - - Permalien [#]
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La réaction en chaîne catalane : récit d’une nostalgie

La campagne pour l’indépendance menée par la Catalogne a déclenché une réaction en chaîne de soutien viral des médias sociaux qui a ressuscité l’effrayante rhétorique de la guerre civile mais les conséquences les plus dangereuses de cet effet domino sont encore à venir si finalement la quête des séparatistes aboutit.

ARG EURO REGIONS

Récit d’une nostalgie

La cause de l ‘« indépendance » catalane a pris d’assaut le monde, jetée sous le feu des projecteurs par le référendum largement médiatisé en début de semaine et la réponse énergique de Madrid à cette mesure inconstitutionnelle. Les partisans du monde entier ont été stimulés par les événements récents et ont commencé à les décrire en termes de guerre civile, comme une bataille entre la démocratie et le fascisme. En outre, ils accusent le gouvernement Rajoy d’être franquiste, alors que la Constitution post-Franco de 1978 a rendu une autonomie à la Catalogne encore plus robuste qu’auparavant et a même accordé ce privilège au reste du pays.

Bien que l’on puisse présumer que l’Espagne a naturellement conservé certains des membres franquistes de ses bureaucraties permanentes – militaires, de renseignement et diplomatiques (« État profond ») – après la mort du chef éponyme de leur mouvement, il est exagéré de qualifier la Constitution et le gouvernement actuel de franquistes au sens qu’a pris ce mot en terme de stéréotype. L’utilisation abusive de ces termes polarisants, datant de l’ère de la guerre civile, démontre que les séparatistes tentent de capitaliser sur la nostalgie révolutionnaire que réveille, chez leurs partisans nationaux et étrangers, l’expérience anarcho-communiste de 1936-1939, via un simulacre de scénario qu’ils jouent différemment selon leur auditoire.

Double simulacre

En ce qui concerne les Catalans eux-mêmes, le scénario est destiné à les forcer dans un faux choix binaire entre « se tenir debout, comme leurs ancêtres contre le fascisme » ou « trahir leur patrie pour les franquistes ». En ce qui concerne les partisans étrangers des séparatistes catalans, ils sont censés s’exciter et déverser leur haine contre Madrid en manifestant leur soutien passionné pour Barcelone dans les médias sociaux, saisissant l’occasion de comparer, de façon inappropriée, le Madrid moderne au Kiev post-Maidan en faisant valoir l’argument d’Alt-Media selon lequel la Catalogne a autant droit à son indépendance que la Crimée à sa réunification avec la Russie.

Il s’agit d’une fausse équivalence, dont l’analyse n’est pas le but de cet article. En effet, il est important, dans ce contexte, d’attirer l’attention sur la réaction polémique en chaîne qu’entretiennent les séparatistes et leurs partisans, dans l’élaboration d’un récit pro domo intéressé à servir leur cause. Il y a beaucoup de personnes bien intentionnées qui soutiennent Barcelone, donc il ne faut pas en déduire que la plupart d’entre elles ne croient pas sincèrement à cette interprétation des événements, mais il s’agit simplement de souligner comment la croisade d’« indépendance » de la Catalogne exploite la mémoire historique et la nostalgie révolutionnaire afin de faire avancer l’argument de ses organisateurs selon lequel la région doit se séparer de l’Espagne.

Scénarios espagnols

Répression centralisée

Alors que la plupart des gens pourraient être amenés à penser que la crise catalane concerne uniquement Barcelone et Madrid, le fait est qu’elle concerne toute l’Espagne et qu’elle est en passe d’avoir des réverbérations géopolitiques dans toute l’Europe. En ce qui concerne l’Espagne, politiquement instable, la campagne séparatiste de la Catalogne a déjà franchi le Rubicon du non-retour après le référendum et la réaction de Madrid, donc il n’y aura pas de retour au statu quo précédent. Cela signifie que seuls trois scénarios sont possibles : une répression centralisée, le fédéralisme identitaire et le séparatisme. Le premier pourrait voir l’État appliquer l’article 155 de la Constitution, en imposant temporairement une gouvernance directe sur la région, avec pour conséquence la possibilité de catalyser une guerre civile de faible ampleur si les Catalans avaient recours à la tactique des insurgés terroristes pour résister.

Fédéralisme identitaire

Le scénario suivant est le fédéralisme identitaire qui exigerait la révocation ou la réforme de l’article 145 en transformant l’État centralisé en une fédération, ou une confédération, de régions qui pourraient théoriquement fonctionner comme des États quasi indépendants avec leurs propres moyens économiques, militaires et leurs propres politiques étrangère. Essentiellement, ce serait la transplantation du modèle bosniaque en Espagne, mais avec des privilèges supplémentaires accordés à chaque membre constitutif. Comme pour le scénario centralisé de la répression, il est probable que cela conduira à la violence et ne se produira que comme une « solution de compromis » à tout conflit prolongé. Madrid ne veut pas perdre le contrôle du pays et voir la péninsule ibérique, dans le sud-ouest de l’Europe, « balkanisée » comme son homologue dans le sud-est de l’Europe, raison pour laquelle ce résultat ne se produira probablement jamais en temps de paix.

Sécession

Enfin, la dernière possibilité de régler la crise catalane serait que la région rétive devienne « indépendante » de l’Espagne et soit reconnue par au moins un pays ou plus, ce qui, selon toute vraisemblance, pourrait être l’un des pays baltes et / ou des Balkans, avant tout le monde. L’Espagne ne pourrait pas survivre dans son format politico-administratif actuel avec la perte d’environ 20% de son PIB, de sorte que l’État failli devrait soit être radicalement réformé suite à un coup d’état militaire « stabilisateur », soit complètement s’effondrer en une collection de « pays » comme l’ex-Yougoslavie l’a fait il y a une génération. Quant à la Catalogne, elle pourrait devenir une base pour l’intervention étrangère (OTAN / Ouest / Amérique), aboutissant alors à une guerre civile à multiples facettes.(...)

Réactions géopolitiques en chaîne 

La prévision n’est jamais une science exacte, c’est en réalité un art. Cela dit, rien ne garantit que l’un des scénarios susmentionnés se déroulera, bien que, si cela se produit, il aura inévitablement des conséquences géopolitiques très sérieuses qui pourraient déclencher une réaction en chaîne dans toute la région et au-delà. La répression centralisée pourrait mener à une guerre civile qui serait soit confinée à la Catalogne, soit engloutirait d’autres régions traditionnellement souveraines comme le Pays basque ou la Galice, sans parler du reste du pays en général. Ceci étant dit, et acceptant l’hypothèse que les conséquences se propagent inévitablement au moins au Portugal et à la France, cette séquence d’événements n’est pas ce qui est le plus explosif sur le plan continental car ce sont les scénarios du fédéralisme identitaire et de l’indépendance qui sont les plus dangereux.

Les « Pays catalans »

Avant d’aller plus loin, ces deux scénarios – fédéralisme identitaire ou indépendance – garantiraient que la crise catalane devienne existentielle pour l’Espagne. Le royaume nominal ne peut pas se transformer en fédération sans changer sa Constitution, et même si cet événement improbable devait se produire, la Catalogne pourrait chercher à réorganiser les frontières intérieures du pays dans une tentative nationaliste d’engloutir les territoires que ses partisans les plus chauvins considèrent comme constituant les « pays catalans ». Ce concept extrémiste veut que les frontières actuelles de la Catalogne ne représentent pas l’espace géo-culturel historique du peuple catalan. Il faut donc les étendre à tout ou partie des régions espagnoles d’Aragon, des îles Baléares et de Valence, ainsi que le pays d’Andorre et le département français des Pyrénées-Orientales (également connu sous le nom de Roussillon ou Catalogne française du nord).

La plupart des habitants de ces régions ne veulent pas faire partie d’une Grande Catalogne, mais les hyper-nationalistes en charge de l’État identitaire fédéralisé ou indépendant pourraient recourir à des subterfuges, ou à la force, pour faire valoir leurs revendications, même s’ils ne le font pas tout de suite. Le concept des « pays catalans » est donc très dangereux car cela signifie que la question catalane aura inévitablement des conséquences géopolitiques internes importantes pour l’Espagne et peut-être aussi pour la France si les séparatistes qui contrôlent actuellement Barcelone arrivent à leurs fins. Encore une fois, le scénario du fédéralisme identitaire ne résulterait probablement que d’une guerre provoquée par une répression centralisée et représenterait une « solution de compromis » (temporaire) au séparatisme pur et simple, avec toutefois les dangers latents qui se révéleraient avec le temps.

Mimétisme régional

Régions européennes recherchant soi-disant leur indépendance selon le journal britannique Independent

Les régions européennes prétendent être indépendantes de leurs États hôtes. Qu’il s’agisse de fédéralisme identitaire ou de séparatisme, l’un ou l’autre de ces résultats pourrait encourager les mimétismes régionaux dans l’ensemble de l’UE. Le journal du Royaume-Uni, The Independent, a publié récemment une carte très trompeuse affirmant avoir identifié tous les autres mouvements politiques de type catalan en Europe, en déduisant évidemment qu’ils pourraient être les prochains, si les séparatistes de Barcelone réussissaient. Le point saillant de cette remarque n’est pas que chacun d’entre eux se lèvera avec ferveur pour la révolution de couleur comme le font les Catalans, mais que certains d’entre eux seront sans doute inspirés pour faire avancer leur programme de fracturation de leur pays hôte, contribuant ainsi à la « régionalisation de l’Europe ». Outre les exemples espagnols mentionnés sur la carte, une réaction en chaîne pourrait également se produire en Écosse, dans le nord de l’Italie, en Bavière allemande et peut-être même dans certaines parties de la France.

La minorité hongroise vivant hors de son pays depuis le traité du Trianon de 1920 pourrait être favorable à la réunification de la patrie, ce qui pourrait déstabiliser la situation politiquement précaire en Europe centrale et dans les Balkans. Cela pourrait aussi faire du premier ministre Orban, s’il est encore en service à ce moment-là, une cible facile pour les attaques de la gauche libérale des médias aux ordres, qui le traiteront de « nouvel Hitler  » pour vouloir l’union avec ses compatriotes à l’étranger. Tout ce que ces mimétismes régionaux devraient provoquer, indépendamment de la validité de leurs revendications et de leurs mouvements sociopolitiques, est l’organisation de référendums anticonstitutionnels hautement médiatisés afin de provoquer une réaction énergique qui pourrait à son tour légitimer une révolution de couleur dans ladite région périphérique. Le résultat n’est pas nécessairement le séparatisme, mais le fédéralisme identitaire, car cette fin est essentiellement la même au sens structurel.

L’Eurofédéralisme

La déconcentration des États, autrefois unifiés, en identités fédéralisées de facto selon des lignes ethnico-régionales, ferait une promotion intéressante à la cause de l‘« Eurofédéralisme » que Gearóid Ó Colmáin a décrite dans son dernier article intitulé « Indépendance catalane : un outil du capital contre le travail ». Son travail s’inspire de la proposition de 1992 du milliardaire européen Freddy Heineken de fédéraliser l’Europe selon des lignes régionales, ce qui était probablement l’inspiration non déclarée de la suggestion politique de 2008 de l’universitaire belge Luk Van Langenhove dans « Power To The Regions, But Not Yet Farewell To The Nation State ». Le grand dessein ici est, pour l’essentiel, de diviser pour régner, quoique adapté à l’UE post-Brexit.

L’auteur du présent texte en a parlé, dans un contexte différent, dans son article de l’été 2016 pour The Duran intitulé « Post-Brexit EU : Entre démolition régionale et dictature totale », dans lequel il a été postulé que le bloc pourrait être dévolu, à l’avenir, à des organisations dirigées par l’État et axées sur les régions. Ce qui se passe au contraire, c’est que Bruxelles pourrait se préparer à une nouvelle dévolution au-delà des États membres eux-mêmes, à des régions individuelles à l’intérieur des États – et parfois même entre eux. Cela représente une modification par rapport à ce que l’auteur écrivait dans son précédent travail intitulé « Le fédéralisme identitaire : de ‘E Pluribus Unum’ à ‘E Unum Pluribus’ », qui semblait avoir conclu à tort que l’UE n’irait pas de l’avant avec ce scénario de peur d’inviter davantage d’immigration de masse en provenance du Sud (dans le cas de l’Espagne, d’Afrique du Nord et de l’Ouest), créant ainsi des opportunités géostratégiques pour la Russie et la Chine.

Après révision, avec la sagesse du recul et à la lumière des événements récents, en particulier avec la perspicacité acquise par l’auteur à travers ses recherches sur l’agression civilisationnelle, il semble maintenant que ce même scénario de l’UE s’effondrant en une constellation d’entités régionales soit expérimenté par nulle autre que par Bruxelles elle-même, comme ultime stratagème de division et de contrôle pour gérer le bloc dans l’ère post-Brexit. Cela ne signifie pas que le processus sera poussé à l’extrême tant qu’il est encore « contrôlable » mais que l’UE semble en effet bricoler cela dans le cadre de son approche adaptative progressive à l’émergence de l‘ordre mondial multipolaire.

Conclusions

La Catalogne est globalement significative en raison de la réaction en chaîne que ses séparatistes ont initié en promouvant le scénario d’une décentralisation « contrôlée » de l’ordre actuel des États membres de l’UE en un « hybride » plus souple, et politiquement égal d’entités nationales et régionales. Si la Catalogne est un exemple réussi, que ce soit dans des instances identitaires fédéralisées ou séparatistes, cela pourrait avoir un puissant effet de démonstration ailleurs dans l’UE en encourageant d’autres mouvements à l’imiter, réorientant ainsi ce qui aurait pu être des forces semi-multipolaires, en entités aux allures faussement indépendantes dans une UE, ou même une OTAN, de facto renforcée.

C’est très possible parce que le précédent catalan indiquerait clairement que ni l’intégrité territoriale, ni la Constitution des États membres de l’UE ne sont à l’abri des désirs mondialistes de révolutions de couleur séparatistes, et peut-être même de guerres hybrides d’avant-garde, portant ainsi un coup dur aux souverainistes de droite – publiquement diffamés comme nationalistes dans les médias aux ordres – qui sont à l’avant-garde de la politique européenne de nos jours. Après tout, la soi-disant « question catalane » était censée avoir été réglée par la Constitution de 1978 qui donnait à la région l’autonomie la plus large qu’elle ait jamais connue dans son histoire, donc si cela peut être inversé, la boîte de Pandore a bien été ouverte dans toute l’Europe.

Un autre point à creuser est la virulence avec laquelle la cause des séparatistes catalans se propage à travers les médias de masse et alternatifs mondiaux, car cela fournit un aperçu crucial de la façon dont, à l’avenir, d’autres mouvements pourraient atteindre un tel soft power en si peu de temps. Cela aide si ce sont des destinations touristiques que beaucoup d’étrangers ont visitées, développant une affinité pour la culture locale et ses environs, ou s’il y a la mémoire d’une guerre civile ou d’autres conflits anciens – peu importe leur ancienneté, leur décontextualisation on leur non-pertinence aujourd’hui – qui pourraient être manipulés pour légitimer la cause fédéraliste ou séparatiste.

En tout état de cause, l’étude de cas en Catalogne, dans toutes ses dimensions, est très instructive pour montrer comment, dans son déclin, l’ordre du monde unipolaire cherche à s’adapter à la multipolarité, et à son état à un moment donné. Cet exemple est un indicateur correct pour évaluer la dynamique du processus.

Andrew Korybko

http://lesakerfrancophone.fr/la-reaction-en-chaine-catalane-recit-dune-nostalgie

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Brexit : les banques lancent leurs pronostics sur un "no deal"

L'incertitude générée par la lenteur des négociations pousse plusieurs banques implantées à Londres à relocaliser leurs activités sur le continent. Certaines, à l'image de Rabobank et de JP Morgan tentent d'imaginer l'issue des négociations ainsi que le coût du Brexit pour l'économie britannique.

ACT BREXIT PEUR

Cinq sessions de discussions plus tard, Britanniques et Européens demeurent dans l'impasse. Vendredi, à l'occasion d'une deuxième partie de sommet européen sans le Royaume-Uni, à Bruxelles, les 27 devaient ajourner leur évaluation des progrès réalisés depuis l'ouverture des négociations, en juin. Et repousser l'ouverture de la deuxième phase des discussions, relative à la future relation entre les deux rives de la Manche, que les plus optimistes n'envisagent désormais pas avant décembre. Dans le même temps, le gouvernement britannique assure que le pays se prépare à quitter, s'il le faut, l'Union européenne sans accord.

Face à cette incertitude, plusieurs banques implantées à Londres ont d'ores et déjà annoncé la relocalisation de leurs services sur le continent. Certaines s'essaient d'ailleurs au "jeu" des pronostics, à l'image de JP Morgan. "La possibilité d'un 'no deal' ayant pris une part active du débat politique britannique ces deux dernières semaines, notre confiance (...) a été un peu ébranlée", explique Malcolm Barr, économiste de la banque américaine, dans une note à ses clients citée par l'agence Reuters. Résultat, alors que les négociations portent toujours sur les termes du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, l'établissement bancaire estime la probabilité d'une absence d'accord à 25%, contre 15% auparavant.

"Trois mécanismes suggèrent cependant des limites à l'hypothèse que le Royaume-Uni emprunterait le chemin du 'no deal', tempère la note, publiée lundi.Tout d'abord les actions des entreprises, dans la manière dont elles anticipent un 'no deal'. Ensuite, la prise de conscience publique des implications d'un 'no deal', au moment où cette possibilité est de plus en plus discutée. Enfin, l'attitude des députés britanniques, étant donné qu'une majorité tend à adopter une approche pragmatique plutôt qu'idéologique face au Brexit."

Pour Rabobank, un "hard Brexit" coûterait 12.900 euros par habitant

De son côté, Rabobank a tenté, dans un rapport, d'anticiper l'impact des différents scénarios sur l'économie britannique. Selon les calculs de l'établissement néerlandais, un "hard Brexit" coûterait quelque 400 milliards de livres (18% de croissance du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030, soit 11.500 livres (12.900 euros) par habitant. Un handicap dû en partie à des volumes d'exportations en baisse de 30% et à un capital de recherche et développement en diminution de 12%, affirme la banque. Les autres scénarios déboucheraient sur une perte de croissance de 12,5% du PIB (9.500 livres par habitant) dans le cas d'une signature d'accord de libre-échange d'ici au 29 mars 2019 et de 10% du PIB (7.500 livres) dans l'hypothèse d'un "soft Brexit", où le pays quitterait l'union douanière mais resterait dans le marché unique.

Pour l'heure, le gouvernement britannique a totalement exclu la troisième option, qui l'empêcherait de limiter la libre circulation des personnes et donc de réduire l'immigration.[???, source? ndr]

A noter par ailleurs que les conclusions de Rabobank sont beaucoup plus pessimistes que celles rendues par le think tank du Parlement européen, lundi. Après avoir établi une moyenne des résultats d'études menées par plusieurs organismes et institutions, dont l'OCDE qui appelle ce mardi à l'annulation du processus pour "sauver l'économie", le rapport conclut qu'un "soft Brexit" coûterait 33,8 milliard d'euros (1,3% du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030 contre 108,6 milliards d'euros (4,21% du PIB) en cas de "hard Brexit". Le Trésor britannique, lui, se situe entre les deux. A en croire les estimations communiquées, une sortie sans accord coûterait 193 milliards d'euros (7,5% du PIB) au pays.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-les-banques-lancent-leurs-pronostics-sur-un-no-deal-754360.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171018


 

La guerre des pronostics fait rage et les pressions sont considérables sur le gouvernement britannique. Faute de pouvoir s'opposer au Brexit, il est crucial pour l'oligarchie d'obtenir un "soft brexit", comme pour le traité de Lisbonne qui avait remplacé avantageusement le traité constitutionnel rejeté par les Français et les Néerlandais...

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Trois choses à savoir sur le 19e Congrès du Parti communiste chinois

Le Congrès du Parti communiste chinois, qui se tient tous les 5 ans, est l'occasion pour le secrétaire général Xi Jinping de consolider son pouvoir avant le début de son second mandat. Alors que la Constitution pose une limite de deux mandats présidentiels, l'homme fort du pays pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat.

 

59a7be7d09fac256678b4567Le Palais du peuple à Pékin accueillait mercredi un rendez-vous crucial pour la vie politique chinoise : le 19e Congrès du Parti communiste chinois (PCC). Le gouvernement a lancé une vaste campagne de propagande, recouvrant les rues de Pékin avec des affiches à l'effigie de l'homme fort du pays : Xi Jinping, qui s'apprête à rempiler pour un second - et supposé dernier - mandat.

■ Qu'est-ce que le Congrès ?

Le Congrès du PCC est un événement majeur de la vie politique chinoise. Il se déroule tous les cinq ans, à huis clos, et dure généralement une semaine. Cette année, 2.287 délégués étaient attendus à Pékin. Ils sont tous cadres du PCC et membres civils, militaires ou universitaires. Parmi eux, 24 % sont des femmes - soit 3 % de plus qu'au 18e Congrès de novembre 2012, précise Asialyst.

Son but : dicter la ligne directrice à appliquer aux quelque 80 millions de membres du PCC pour les cinq prochaines années. Dans les premiers jours, le leader chinois Xi Jinping a délivré un bilan complet de son premier quinquennat - des réformes économiques à la politique étrangère. Il doit ensuite annoncer son agenda pour son deuxième quinquennat. Lors du dernier Congrès, les réformes dictées étaient axées sur la lutte anti-corruption et la "guerre à la pollution".

Parti communiste chinois Statista

(Un graphique de notre partenaire Statista)

■ Quelles instances vont être renouvelées ?

Les principales instances s'apprêtent à accueillir de nouvelles têtes. Tout d'abord, les 205 membres du Comité central doivent être élus. Ils désigneront ensuite les 25 membres du Bureau politique, en charge du PCC. Parmi eux, 7 constituent le Comité permanent du bureau politique - instance suprême. Le président Xi Jinping, ainsi que le Premier ministre Li Keqiang, y siègent.

C'est donc un rendez-vous stratégique pour Xi Jinping, qui pourrait placer des fidèles dans ces hautes instances. Parmi les prétendants aux postes clés, figurent Chen Min'er (57 ans), chef du Parti de la ville géante de Chongqing, et Li Zhanshu (67 ans), directeur de l'office général du comité central - l'équivalent du secrétaire général de l'Elysée.

■ Quel est l'enjeu pour Xi Jinping ?

Le Congrès du PCC est l'occasion pour le secrétaire général de consolider davantage son pouvoir. Il a déjà posé les jalons nécessaires lors de son premier mandat, en obtenant en octobre dernier les pleins pouvoirs. Xi Jinping a été désigné "noyau dur" du PCC - un titre honorifique auquel seul Mao Zedong et Deng Xiaoping (à la tête de la Chine entre 1978 et 1992) ont eu droit avant lui. Xi Jinping est donc officiellement chef du parti, président de la République et commandant en chef des forces armées. Souvent comparé au Grand Timonier, il a adopté une vision très centralisée du pouvoir en développant un certain "culte de la personnalité".

"[Xi Jinping] veut créer un style de leadership très personnalisé pour faire penser qu'il n'y ait pas d'alternative à lui pour faire avancer le pays", explique au Washington Post Rana Mitter, professeur d'histoire et de politique chinoise moderne à l'Université d'Oxford. "Le point de comparaison est Vladimir Poutine, qui dirige également un style très centralisé."

Limité par deux mandats présidentiels, Vladimir Poutine a placé Dmitri Medvedev à la tête de la Russie en 2008, afin de récupérer le pouvoir en 2012. Certains experts estiment que Xi Jinping pourrait suivre les pas de son homologue russe. A 64 ans, celui que les Chinois surnomment "Oncle Xi" doit rempiler pour un second et dernier mandat. Mais il pourrait se servir du Congrès pour lui permettre de se préparer à un troisième mandat - et détenir le pouvoir jusqu'en 2027. Cela reviendrait à supprimer la règle tacite d'âge de départ à la retraite, qui instaure une limite de 68 ans. Il faudrait également modifier la Constitution, prévoyant une limite à deux mandats.

http://www.latribune.fr/economie/international/trois-choses-a-savoir-sur-le-19e-congres-du-parti-communiste-chinois-754516.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171018


 

Tout est bon dans certains journaux pour taper sur Poutine au passage, comme au bon vieux temps de la guerre froide, en faisant comme si le président russe était encore le secrétaire général d'un parti communiste au pouvoir, et le système électoral russe comparable au système chinois. Il suffit pour cela de prendre comme source la presse américaine...

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P.G.

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