vendredi 11 août 2017

Guerre froide médiatique

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L'ex-ambassadeur russe aux USA fustige «le sentiment d'exceptionnalisme absolu des Américains»

https://francais.rt.com/international/41723-ex-ambassadeur-russe-etats-unis-fustige-sens-exceptionnalisme-absolu-americains

 Pour Sergueï Kislyak, les relations russo-américaines resteront difficiles tant que les Etats-Unis s'arrogeront le droit de définir ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Il dénonce en outre la hargne dont sont victimes RT et Sputnik.

Sergueï Kislyak a terminé en juillet dernier sa mission en tant qu'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis et n'est donc plus contraint de s'astreindre à le retenue qu'impose la fonction. Une liberté de parole dont le diplomate a décidé de faire bon usage pour commenter les nouvelles sanctions contre Moscou votées par les deux chambres du Congrès américain et promulguées par Donald Trump le 2 août.

Interrogé par la chaîne de télévision Rossiya 24, il a refusé d'interpréter cet épisode comme un retour à la guerre froide et a offert sa propre lecture de la situation : «Le problème dans nos relations [avec les Etats-Unis] est le sentiment d'exceptionnalisme absolu des Américains et leur prétendu droit de dire à tout le monde ce qui est bon et ce qui est mauvais.»

Et Sergueï Kislyak de s'émouvoir, dans ce contexte, du sort réservé par les Américains – et plus largement les Occidentaux – aux médias à vocation internationale de son pays. «Les uns après les autres, des outils sont créés pour contrer RT et Sputnik», a noté le diplomate. «Ces deux médias sont presque vus comme une menace d'invasion hybride dans beaucoup de pays», a-t-il constaté, avant de conclure d'un laconique : «C'est surprenant.»

 

En France, RT est une cible privilégiée d'Emmanuel Macron, qui le considère comme un média de propagande. Un point de vue partagé par le Parlement européen qui a de son côté voté une résolution visant à «contrer la propagande russe» en novembre dernier. Aux Etats-Unis, une sénatrice l'a notamment accusé de «discréditer la démocratie américaine» en faisant de la «désinformation», et a estimé qu'ils étaient aussi dangereux que la «propagande nazie», tandis que le renseignement américain a accusé RT, dans un rapport moyennement convaincant, d'avoir contribué à la supposée ingérence russe dans l'élection américaine.

Résolution contre les médias «russes» : l'Union européenne ne supporte plus qu'on la critique

https://francais.rt.com/international/29485-union-europeenne-ne-supporte-plus-critique

Le rapport du parlement européen lance de graves accusations contre des médias «russes», mais ce qu'il préconise pour lutter contre la «propagande du Kremlin» devrait bien plus inquiéter les citoyens. Voici les points essentiels de ce texte à charge.

La prose du parlement européen a de quoi décontenancer. Mais la question traitée est en définitive assez simple et pourrait même paraître à usage interne, fournissant des éléments de langage prêt à l'emploi : comment priver de liberté ceux que l'on accuse d'être les ennemis de la liberté, quand on se dit soi-même démocrate ?

Tel est le premier paragraphe du «rapport sur la communication stratégique de l’Union visant à contrer la propagande dirigée contre elle par des tiers», votée par le parlement européen ce 23 novembre 2016 et qui vise à contrer le «soft power» médiatique de la Russie :

«Considérant que l’Union européenne s’est engagée à ce que son action sur la scène internationale repose sur des principes tels que la démocratie, l’état de droit et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que la liberté des médias, l’accès à l’information, la liberté d’expression et le pluralisme des médias, ce dernier principe pouvant cependant être limité dans une certaine mesure, comme le précise le droit international, notamment la convention européenne des droits de l’homme; que les acteurs tiers visant à discréditer l’Union ne partagent pas les mêmes valeurs».

Le premier attendu de la résolution votée par le parlement européen annonce déjà la couleur et les contorsions rhétoriques que le lecteur devra décortiquer ensuite pour s'y retrouver. Et il lui faudra relire plusieurs fois certains paragraphes afin de discerner les cas où tel principe universel s'applique et dans quels cas son universalité se trouverait restreinte. Une universalité non-universelle, en quelque sorte, si l'on suit le texte.

Ainsi, dès les premières lignes, le citoyen européen assidu et à l'écoute de son parlement apprend que la liberté d'expression et le pluralisme des médias ne sont un luxe accordés qu'à ceux qui s'en montrent dignes et en font un usage raisonné, usage évalué, normé, soupesé et soumis au contrôle de ceux-là mêmes qui décident de qui est démocrate et de qui ne l'est pas.

En résumé : pas de démocratie pour les non-démocrates, pas de liberté pour les ennemis de la liberté : «les acteurs tiers» – traduire la Russie – qui ne «partagent pas les mêmes valeurs, ne sont donc pas autorisés à «discréditer l'Union». Embêtant lorsque l'on croit deviner qu'au nombre des valeurs requises figure apparemment la non-critique de l'Union européenne. De quoi avoir la migraine.

Syllogismes hasardeux


La prose de la résolution du parlement européen est un bijou de haute voltige rhétorique. Il y est question de droit international, de droits de l'homme. Pêle-mêle. Des grands principes – absolument respectables – qui ne sont utilisés qu'à sens unique, avec des accents qui parfois font penser à ceux d'un pervers narcissique, figure bien connue de la presse féminine, lequel est connu pour faire porter à sa victime la responsabilité de la violence qu'il lui fait subir. Et, bien qu'il soit difficile de ne pas passer pour l'agresseur en répliquant à l'agresseur, il est des formulations dans cette résolution qui sont des cas d'écoles d'inversion accusatoire.

Et ceux des eurodéputés qui ont voté le rapport incriminant sans ambages la Russie d'accuser cette dernière de vouloir entraîner un «découplage stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires d’Amérique du Nord, de paralyser le processus décisionnel, de discréditer les institutions de l’Union et les partenariats transatlantiques – dont le rôle dans l’architecture de sécurité et économique européenne est reconnu – aux yeux et dans l’esprit des citoyens de l’Union et des pays voisins».

Pour le parlement européen, qui vit apparemment dans un autre monde, et s'autocongratule quitte à verser dans le déni de réalité, les traités commerciaux transnationaux ne souffrent aucune controverse. Pas plus que le rôle de l'organisation militaire et poltique de l'Alliance atlantique, sous l'égide des Etats-Unis, qui a procédé à une militarisation sans précédent depuis le dernier conflit mondial, de l'Europe de l'Est, ne saurait être questionné. Leur rôle est donc «reconnu». Et les «citoyens de l'Union» seraient donc unanimes.

Inversions accusatoires

Mais le léviathan-pervers-narcissique se posant tout de même en victime : «Le Kremlin a intensifié sa confrontation avec l’Union; [...] le Kremlin a intensifié sa guerre de propagande, la Russie jouant un rôle plus actif dans l’environnement médiatique européen, afin de créer dans l’opinion publique européenne un soutien politique en faveur de l’action russe et de nuire à la cohérence de la politique étrangère de l’Union».

Alors qu'une partie significative des opinions publiques s'érigent contre les traités libre-échangistes tels que le TAFTA ou le CETA que l'opposition de la Wallonie a manqué de compromettre, que dès qu'un référendum est octroyé à la population, le résultat se révèle un camouflet pour l'Union européenne, à l'instar du Brexit, le parlement européen ne veut pas voir le phénomène lui-même mais ceux qui le relayerait. Le mécontentement des agriculteurs européens, frappés par les sanctions contre la Russie n'existent que parce que rapportés par des médias «de propagande» pour le parlement européen.

Ce dernier se déclarant, logiquement, «gravement préoccupé par le développement rapide de l’activité inspirée par le Kremlin en Europe, y compris la désinformation et la propagande visant à maintenir ou à accroître l’influence de la Russie et à affaiblir et à diviser l’Union européenne».

Se félicitant de ses «réussites»,  la résolution conseille à l’Union européenne de «mettre en avant un message positif axé sur ses succès, ses valeurs et ses principes, obtenus avec détermination et courage, et doit tenir un discours offensif et non défensif». Quitte même à recourir au système éducatif et universitaire.

Critiquer l'Union européenne, c'est être négationniste

Dénonçant une supposée «falsification de l'Histoire», mélangeant les négationnistes de tout poil, Daesh et les médias d'information – pardon de «désinformation», le parlement européen propose même de se mêler d'éducation, quitte à tout mélanger là aussi et à ressusciter la lutte contre le communisme (l'URSS a disparu en 1991) : «Il est nécessaire de sensibiliser aux crimes commis par les régimes communistes au moyen de campagnes publiques et dans les systèmes d'éducation [...] pour contrer le discours du Kremlin», estiment ainsi ceux des eurodéputés qui ont voté pour la résolution. L'Union européenne se chargerait donc de dicter l'Histoire officielle et contester celle-ci serait du négationnisme.

La résolution, soit dit en passant, qui n'a pas force de loi, puisque, comme on le sait, le parlement européen n'a pas l'initiative des lois européennes, il n'est qu'une chambre d'enregistrement. Ils leur est permis d'interpeller la Commission, là où se trouve le vrai pouvoir, comme naguère, les parlements pouvaient, avec le tact dû, en appeler à tel ou tel despote éclairé. Le vrai pouvoir revenant à la commission européenne, cet aréopage d'inconnus, lesquels sont nommés et non pas élus. Le divorce entre les citoyens européens et l'Union européenne ainsi que le «déficit démocratique» des institutions, des problèmes reconnus par l'Union européenne elle-même, mais qui sont des sujets interdits pour les autres, restent toujours sur la table.

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jeudi 10 août 2017

Médias de grand chemin

PROJET REFLEXION presse

 

Médias de grand chemin

Un article à méditer:

Le vrai rôle des médias de masse

Par Slobodan Despot — 13 décembre 2016

Désinformation

http://arretsurinfo.ch/le-vrai-role-des-medias-de-masse/


Extraits:

La rumeur parcourt l’«antisphère» depuis l’élection de Trump: les médias officiels sont morts! Ils ont tout misé sur Hillary ils ont donc tous perdu et plus personne le leur accorde le moindre crédit. Circulez, y a plus rien à en tirer!

C’est évidemment une vue de l’esprit. Les médias ne sont pas là pour dire le vrai, ils sont là pour organiser notre vie. Ils sont, dans un sens général (englobant donc aussi les «antimédias»), le filtre par où nous recevons les 95% de notre connaissance du monde qui nous entoure. Le paysan du XIXe siècle pouvait encore se prévaloir d’un rapport presque direct à la réalité, construit par une expérience immédiate patiemment accumulée tout au long de sa vie et validé par une tradition immémoriale. Le paysan d’aujourd’hui n’a, de ce lointain ancêtre, que le nom. Pour acquérir un bien agricole en UE, il doit franchir une vingtaine d’étapes administratives qui supposent davantage de familiarité avec la bureaucratie qu’avec les bêtes. Son contact avec la terre est lui-même médiatisé par les roues de son tracteur. De l’observation du ciel et des vents, il ne tire plus rien, ayant des applications météo gratuites dans son smartphone. Un smartphone sur lequel il tue le temps comme n’importe qui en labourant à la vitesse du pas les sillons interminables de ses champs de taille démesurée qu’impose l’agriculture industrielle.

(...)

Dans l’Occident moderne, en effet, l’altruisme émotif n’est pas une vertu, ni même une option: c’est une obligation. C’est un camouflage imposé pour sortir de chez soi, tout comme la burqa pour les femmes en Arabie Saoudite ou dans les quartiers sous charia d’Angleterre. Et, de même que leur voile intégral recouvre parfois des jeans serrés, voire des dessous de dentelle provocants, de même notre altruisme de façade recouvre une sécheresse de cœur encore jamais vue dans cette espèce dont nous sommes issus et qui s’appelait l’humanité.

(...)

Un seul mot malheureux peut mettre fin à une carrière par ailleurs exemplaire. Le discours des responsables politiques ou économiques est soigneusement lissé par les spin doctors afin de ne jamais laisser dépasser le moindre coin de bois rugueux sous la nappe satinée des euphémismes et des platitudes. Il importe de ne rien dire qui fasse sens!Lorsque vous franchissez cette limite, lorsque vous exprimez du sens, vous tombez dans la marmite du «populisme»

(...)

L’altruisme des sangsues

Au refaçonnage en laboratoire de la réalité biophysique correspond le remplacement de la réalité éprouvée par une réalité de synthèse au travers des médias. En ce sens, le processus est agnostique et apolitique. N’importe ce que vous pensez, pourvu que vous pensiez artificiel: c’est pourquoi, par exemple, le grotesque nazisme ukrainien ne dérange absolument pas les médias de grand chemin! N’importe ce que vous croyez voir, pourvu que vous le voyiez à travers nos lucarnes. Tout ce que nous sentons, tout ce que nous pensons est passé au crible des médias et des valeurs qu’ils colportent. Les contradictions ne leur font pas peur, au contraire. Elles contribuent à désorienter le cobaye — et donc à le rendre encore plus dépendant. Les médias ne servent pas à informer la meute, ils servent à la dresser.

(...)

D’où cette insistance sur le culte de l’Autre en tant que négation du Même (de soi), couplée à la dérive émotionnelle qui court-circuite les garde-fous rationnels. Tandis qu’on nous intime d’être altruistes dans le contexte général, il nous est permis et recommandé d’être cupides comme des sangsues dans notre vie privée («Vos intérêts», «Faire fructifier votre argent», «profiter de vos avantages», etc.). En couplant la générosité abstraite à la mesquinerie concrète, on façonne des masses d’humains écervelés, abreuvés de slogans de fraternité et de partage, mais mus par un égocentrisme strict excluant tout esprit de sacrifice et toute confiance en l’autre, conditions premières d’une identité collective.

(...)

C’est pourquoi les mouvements identitaires (= défense du Même) sont proscrits, c’est pourquoi le réalisme politique, social ou éducatif est a priori décrié, c’est pourquoi les individus au langage franc et à l’engagement sacrificiel sont inévitablement poussés vers l’«extrême droite». N’échappent à la mise au ban que les grégaires et les veules qui acceptent de brouter l’herbe entre leurs quatre pattes sans s’intéresser au destin du troupeau.

Et c’est aussi pourquoi la faillite totale du système médiatique sur la victoire de Trump n’était pas une simple erreur d’appréciation. C’était littéralement une «erreur système»: la faillite momentanée d’une matrice informatique mise en place non pour rendre compte de la réalité, mais pour la fabriquer.

Slobodan Despot Antipresse n° 54 | 12 décembre 2016

© 2015 Association L’Antipresse  

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«Je n’ai plus peur»: des Syriens expliquent comment l’arrivée des Russes a changé leur vie

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«Je n’ai plus peur»: des Syriens expliquent comment l’arrivée des Russes a changé leur vie

https://fr.sputniknews.com/international/201708071032551759-syrie-zone-desescalade-militaires-russes/

«Les combats ont cessé depuis plusieurs semaines. Les gens retournent peu à peu à une vie paisible. Nous savons que des soldats russes sont ici et c’est très important pour tous»: des Syriens racontent ce qui a changé dans leur vie depuis l’instauration de la zone de désescalade dans la province de Deraa.

Depuis la mise en place en juillet de la zone de désescalade dans la province de Deraa, les habitants retrouvent le quotidien qu'ils menaient auparavant, grâce aux militaires russes qui veillent à leur sécurité.

Ainsi, des soldats russes déployés au poste de contrôle à Deraa contrôlent environ 1.000 véhicules et 1.500 personnes par jour.

«On fouille les voitures pour vérifier que personne ne transporte de munitions ou d'armes. On communique bien avec tout le monde, les Syriens sont aussi bienveillants avec nous», a raconté Artour Kartoev, agent de police militaire russe.

Il a en outre raconté que le nombre de véhicules qui passent à travers le poste de contrôle augmentait tous les jours, car les Syriens se sentent plus rassurés et ont moins peur des pilonnages des terroristes.

La population locale comprend la nécessité des contrôles de sécurité et des inspections régulières et est très reconnaissante aux militaires russes pour cette paix retrouvée.

«Je fais la navette plusieurs fois par jour. Je n'ai plus peur. Pas de problème pour me rendre au travail ou aller au magasin. Mes voisins et mes connaissances sont très contents. Les combats ont cessé depuis plusieurs semaines. Les gens retournent peu à peu à une vie paisible. Nous savons que des soldats russes sont ici et c'est très important pour tous», a commenté Halid Arifaj, un conducteur vivant à Deraa.

À l'issue de la rencontre des Présidents russe et américain début juillet, à Hambourg, on a appris que Moscou, Washington et Amman avaient convenus de la mise en place, à partir du 9 juillet, d'une zone de désescalade dans le sud-est de la Syrie. La zone concernée englobe les provinces de Deraa, de Quneitra et de Soueïda.

Plus tard, le ministère russe de la Défense a annoncé, samedi 22 juillet, qu'un accord avait été conclu sur la sécurisation de la Ghouta orientale, près de Damas, en Syrie.

Les «frontières» de la zone prévue pour être sécurisée ont été définies comme des «lieux de déploiement de forces chargées de faire respecter un cessez-le-feu», a précisé le ministère. Des accords relatifs à «des routes d'acheminement d'une aide humanitaire à la population et pour une liberté de mouvement des résidents» ont aussi été conclus.

Lundi 24 juillet, l'État-major général de l'armée russe a annoncé avoir déployé dans la zone deux postes de contrôle et quatre postes d'observation.

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Chute de la popularité d'Emmanuel Macron : «Sa politique apparaît profondément anti-nationale»

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Chute de la popularité d'Emmanuel Macron : «Sa politique apparaît profondément anti-nationale»

https://francais.rt.com/opinions/41831-chute-popularite-emmanuel-macron-politique-apparait-profondement-anti-nationale

Avec sept points en moins en un mois, la cote de popularité du président français semble en chute libre. Le philosophe Aymeric Monville y voit les conséquences d'une politique pleine de contradictions, aux services d'intérêts non-nationaux.



RT France : Emmanuel Macron a perdu sept points de popularité en un mois passant à 36%. Comment expliquer cette chute de popularité ?

Aymeric Monville (A. M.) : Elle semble vertigineuse. Au début de son mandat, celle de François Hollande avait été très faible. Elle rappelle plutôt celle de Jacques Chirac en 1995. Cette année-là, nous étions presque dans une situation pré-révolutionnaire, car la France connaissait alors ses plus grandes grèves depuis 1968. Il ne faut pas non plus oublier qu'Emmanuel Macron a été élu avec 15% des inscrits et a obtenu 85% des députés. Tout cela relève d'une certaine contradiction, qu'il essaie de compenser par un surcroît d'autoritarisme.

En outre, il a complètement renouvelé le personnel politique mais ce renouvellement n'a pas du tout marqué l'opinion de manière positive. Car certains nouveaux députés ont fait preuve d'une incompétence crasse. De fait, sa majorité a un vrai problème de légitimité face à l'opinion publique. Les mesures prises par Emmanuel Macron sont également empreintes de contradictions. Vous ne pouvez prôner une loi interdisant aux députés d'employer des membres de leurs familles tout en cherchant à créer un statut spécial pour votre épouse. Vous ne pouvez pas baisser l’impôt sur la fortune en ne taxant pas les biens mobiliers, comme les yachts, tout en baissant les aides au logement de manière aussi brutale.

RT France : Quels sont, selon vous, les profils socio-professionnels les plus concernés par ce mécontentement envers le président français ?

A. M. : Les nouveaux sondages montrent aussi que cette baisse de popularité est générale et s'étend à toutes les couches de la population. Emmanuel Macron s'était, avant même son élection, aliéné les ouvriers et les employés. Il est aujourd'hui en train de s'aliéner la jeunesse avec les coupes sur les aides au logement et sa volonté de réformer le bac et l'entrée à l'université. Or, on sait bien que les situations révolutionnaires se développent lorsqu'il y a une sorte de lien entre la classe ouvrière – au sens large – et la jeunesse.

Les maires sont également très mécontents de la baisse de subventions aux collectivités locales de 13 millions d'euros. Ce qu'Emmanuel Macron appelle le «pacte girondin» n'est ni plus ni moins qu'un démembrement de nos départements sur le modèle des Lander allemands. Le jacobinisme est très ancré en France, y compris à droite avec l'héritage gaulliste et bonapartiste. Il ne faut pas oublier, aussi, le mécontentement de l'armée suite à la démission du chef d'Etat-major. On retient là qu'Emmanuel Macron est prêt à participer au budget de l'OTAN et à la défense européenne mais diminue les crédits de la défense nationale.

A force de ne pas aimer le pays, le pays finit par ne plus vous aimer non plus

Au delà d'un certain nombre de couacs et d'erreurs de communication, on voit se matérialiser une visée générale qui a pour but de défendre des intérêts qui ne sont pas nationaux mais plutôt liés à des grands groupes internationaux, à l'Union européenne et à l'OTAN. Cela finit nécessairement par se voir. Sa politique paraît profondément anti-nationale.

On peut dire que nous sommes dans une période pré-révolutionnaire. Le mécontentement est généralisé dans l'opinion publique, mais les élites restent aveugles. Il est évident qu'Emmanuel Macron partage avec la plupart de ses congénères un mépris profond pour ce qu'est l'histoire du peuple français, particulièrement anti-libéral. L'histoire de France s'est faite quasiment en opposition avec le grand rival anglo-saxon. Le sens de l'Etat colbertiste, à droite, ou du progressisme et de l'esprit révolutionnaire, à gauche, fait que le libéralisme ne passe pas en France. Or les élites françaises se disent qu'il faut tout faire pour réformer la France, la changer, la modifier. Fondamentalement, ils n'aiment pas ce pays. Sans oublier qu'ils subissent les pressions d'une élite globalisée qui déteste l'exception française. Or, à force de ne pas aimer le pays, le pays finit par ne plus vous aimer non plus C'est l'évidence même.

Un statut de Première dame, un symbole d'américanisation de plus que les Français ne supportent pas

RT France : Pourquoi pensez-vous que l'idée d'un statut pour la Première dame soit l'objet d'une telle opposition ? Est-ce lié à la chute de popularité du président ?

A. M. : C'est, à mon sens, tout à fait lié. C'est un symbole d'américanisation de plus que les Français ne supportent pas. Les Français sont très attachés au rejet de l'américanisation. On a déjà vu s'installer le processus des primaires, importé des Etats-Unis, ainsi que la transformation du paysage politique en deux grands partis, à l'instar des républicains et des démocrates. On ajoute à cela cette façon dont Emmanuel Macron chante la Marseillaise, la main sur le cœur, tel un pasteur évangélique alors que cela ne fait pas du tout partie des traditions françaises. Enfin, ce statut de Première dame est calqué sur le modèle américain. Tout cela est vécu par les Français comme une forme d'agression et de colonisation. Il faut avoir en tête ce que l'historien Fernand Braudel appelait le «temps long». Le peuple français s'est fondé sur une notion de cohésion de l'Etat, sur l'idée d'une république une et indivisible. Tout ce qui rappelle la concurrence libre et non-faussée du néolibéralisme apparaît alors comme un corps étranger et la nation est en train de le rejeter littéralement.

RT France : Emmanuel Macron peut-il encore remonter dans les sondages à l'automne ?

A. M. : Cette chute de popularité est d'autant plus étonnante que nous sommes en période de vacances. Il y a donc peu de chance que cela s'améliore. En septembre, il y aura sans doute d'immenses manifestations dans les rues. Le rapport de forces s'annonce déjà très dur. Les manifestations à Paris sont de plus en plus violentes, y compris celles du 1er mai, d’ordinaire plutôt bon enfant et familiales. Les forces de police encadrent et coupent de plus en plus les cortèges. L’état d'urgence a beaucoup servi de prétexte pour interdire les manifestations et les réprimer. Or, l'état d'urgence va être pérennisé, il va être inscrit dans le droit commun. Depuis la loi El Khomri, 2000 syndicalistes ont été poursuivis. Tout est réuni pour que nous voyions la situation s'envenimer. La comparaison avec les grandes grèves de décembre 1955 qui avaient suivi l'élection de Jacques Chirac s'impose tout naturellement.

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Fiscalité sur les géants du web: Paris et Bruxelles se renvoient la balle

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Fiscalité sur les géants du web: Paris et Bruxelles se renvoient la balle

http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/fiscalite-sur-les-geants-du-web-paris-et-bruxelles-se-renvoient-la-balle-1232644.html

La France et la Commission européenne font le même constat: les impôts dérisoires acquittés par les géants du numérique en Europe sont un problème. Mais Bercy préconise l'harmonisation fiscale, quand Bruxelles veut jouer sur un tout autre levier. Décryptage.

Paris et la Commission européenne s'accordent sur le problème: les géants du numérique, champions de l'optimisation fiscale, paient trop peu d'impôts en Europe au regard de leur activité. Dernier exemple révélé dans Le Parisien de lundi: Airbnb aurait versé moins de 100.000 euros d'impôt sur les sociétés en France, pourtant son deuxième marché mondial, grâce à de judicieux montages fiscaux. Mais côté solution, Bercy réclame des mesures au niveau de l'Europe quand le Commissariat européen aux Affaires économiques renvoie les États-membres à leurs responsabilités.

Bruno Le Maire, le ministre européen de l'Économie, a  expliqué lundi qu'à "l’échelle européenne, l’harmonisation fiscale est désormais la priorité". Objectif: "mettre fin aux divergences des législations nationales, exploitées par les entreprises dans un but d’optimisation, ainsi qu’à la concurrence entre États". Sachant qu'en France, les entreprises sont censées s'acquitter de 33,3% d'IS, un des taux les plus élevés du continent, qu'Emmanuel Macron a promis de ramener à 25%.

Bruxelles rejette l'harmonisation fiscale

Définir un même taux d'impôt sur les sociétés dans tous les pays membres de l'Union, le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, ne veut pas en entendre parler. En revanche, il appelle les gouvernements européens à mettre en place une "assiette commune" pour l'impôt sur les sociétés. C'est-à-dire de définir une même "base" sur laquelle tous les pays européens taxeraient les sociétés.

 Aujourd'hui, partout en Europe, une entreprise paie son IS sur ses bénéfices. Mais elle en déduit au préalable des amortissements, diverses charges, crédits d'impôts et autres exonérations, qui varient en fonction de la loi fiscale de chaque pays.

Mesurer l'activité réelle de l'entreprise dans chaque pays

Depuis 2011, l'Europe travaille ainsi sur le projet ACCIS, pour Assiette Commune Consolidée pour l'impôt sur les sociétés. Il vise à instaurer "une nouvelle manière de taxer les entreprises dès lors qu'elles ont une activité en Europe", explique la spécialiste de l'évasion fiscale au sein de l'ONG Oxfam, Manon Aubry. Avec ACCIS, il était question au départ "de calculer les bénéfices réalisés dans toute l'UE par l'entreprise. Et de redispatcher les droits à taxer de chaque pays membre, non plus en fonction des bénéfices qu'y déclare l'entreprise, mais avec une clé de répartition qui mesure son activité réelle dans le pays", détaille-t-elle. Une répartition dont déciderait l'UE elle-même.

Et couper l'herbe sous le pied des génies de l'optimisation

Cette clé de répartition, dont le calcul est encore en débat* au sein de l'Union, pourrait prendre en compte le chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays, le nombre d'utilisateurs au niveau national, le nombre de salariés... Un moyen de couper l'herbe sous le pieds de multinationales qui, aujourd'hui, peuvent minimiser leurs impôts en reversant leurs recettes de toute l'Europe à leur filiale irlandaise, par exemple. L'Irlande où le taux d'impôt sur les sociétés est de vingt points inférieur à celui de la France.

Mais si cette "assiette commune" et cette clé de répartition étaient définies, "on pourrait dire à la France 'vous avez le droit d'imposer telle part des bénéfices d'Airbnb, l'Allemagne telle autre, la Pologne telle autre. Ensuite, chaque pays pourrait taxer sa part au taux qu'il veut", conclut Manon Aubry.

Une harmonisation par le bas?

Voilà pour le principe qui, dans l'idée, convient à l'Organisation de lutte contre la pauvreté. Problème: "dans les faits, la Commission propose désormais uniquement de se mettre d'accord sur une assiette commune", et plus de répartir à la place des entreprises les parts à taxer. En outre, l'ONG craint que Bruxelles ne nivelle par le bas la base taxable, en harmonisant les amortissements, crédits d'impôts, et règles de défiscalisation dans toute l'Europe de la manière la plus avantageuse possible pour les entreprises, pas pour les Finances publiques.

C'est bien le cours des choses, à en croire la porte-parole d'Oxfam. "Ces dernières années, le gâteau à taxer se réduit à la faveur de la multiplication des exemptions, les taux d'imposition ont baissé de dix points en 25 ans, si bien que les recettes de l'IS ont drastiquement fondu en Europe", déplore Manon Aubry.

En France, selon les calculs d'Oxfam et de l'OFCE, ramener le taux d'IS français à 25% comme le promet Emmanuel Macron amputerait les finances publiques de 17 milliards d'euros. Pour comparaison, pointe la porte-parole d'Oxfam, "la baisse des aides au logement décidée par le gouvernement en juillet va rapporter 300 millions d'euros".

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mercredi 9 août 2017

Un drone iranien aurait frôlé un chasseur américain dans le Golfe

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Un drone iranien aurait frôlé un chasseur américain dans le Golfe

Un incident impliquant un drone iranien et un F-18 américain s’est produit dans le Golfe persique, d'après les médias américains. Il fait suite à plusieurs autres incidents impliquant les forces iraniennes et américaines enregistrés dans le secteur ces dernières semaines.

https://fr.sputniknews.com/international/201708081032572682-iran-us-navy-avion-F18-golfe-persique/

Un drone iranien QOM-1 s'est approché mardi à une distance de 31 m d'un avion F/A-18E Super Hornet de l'US Navy alors qu'il s'apprêtait à apponter sur le porte-avions USS Nimitz actuellement en mission dans le Golfe persique, a annoncé un représentant du ministère américain de la Défense cité par la chaîne de télévision CNN.

Le pilote du F-18 a dû effectuer plusieurs manœuvres pour éviter le drone qui ne n'aurait pas été armé.

Les militaires américains se sont adressés aux opérateurs du drone en utilisant une fréquence radio d'urgence, les enjoignant à prendre leurs distances. Le drone a fini par s'éloigner.

Les responsables américains ont dénoncé un acte «dangereux et non professionnel».

Plusieurs incidents impliquant les forces iraniennes et américaines se sont produits ces dernières semaines dans le secteur.

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On ne peut même plus faire une croisière dans le golfe persique sans être dérangés!

Puisqu'on parle de l'Iran, voir aussi:

Après l'Etat islamique, un empire iranien ? Henry Kissinger s'inquiète de l'expansion chiite

https://francais.rt.com/international/41807-apres-etat-islamique-empire-iranien-kissinger

L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger a assuré que l'Iran pourrait profiter de l'effondrement de Daesh au Moyen-Orient pour étendre son influence en créant une ceinture territoriale allant de Téhéran à Beyrouth.

«L'adage traditionnel selon lequel l'ennemi de votre ennemi peut être considéré comme votre ami ne s'applique plus. Dans le Moyen-Orient contemporain, l'ennemi de votre ennemi peut aussi être votre ennemi», constate Henry Kissinger dans un article publié le 2 août sur le site américain CapX intitulé Ordre et chaos dans un mouvement en mutation.

«La guerre contre l'Etat islamique peut servir d'illustration. La plupart des puissances, dont l'Iran chiite et les Etats sunnites les plus importants, s'accordent sur la nécessité de détruire Daesh. Mais quelle entité est censée hériter de son territoire ? Une coalition sunnite ? Ou une sphère d'influence dominée par l'Iran ? Répondre à cette question est difficile car la Russie et les pays de l'OTAN soutiennent des parties opposées», assure le prix Nobel de la Paix*. 

«Si le territoire de l'Etat islamique est occupé par les Gardiens de la révolution iraniens ou les milices chiites formées et dirigées par l'Iran, le résultat pourrait être la création d'une ceinture territoriale allant de Téhéran à Beyrouth, marquant ainsi la création d'un empire iranien radical», redoute-t-il. 

*Henry Kissinger, diplomate controversé pour son rôle présumé dans diverses ingérences américaines comme la destitution du président chilien Salvador Allende en 1973 au profit du général Pinochet, ou encore la campagne de bombardement illégale du Cambodge lors de la guerre du Vietnam, a perdu de son influence au fil des années.

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Récemment, il avait notamment conseillé à Donald Trump de lever les sanctions contre la Russie et de reconnaître la Crimée comme faisant partie de la Fédération de Russie.

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Voilà au moins qui démontre que rien n'est simple en ce moment à Washington dans les cercles dirigeants, les uns préférant négocier avec les russes, y compris sur la question iranienne ou ukrainienne et les autres souhaitant en découdre et s'entendre avec la Chine prioritairement, peut- être pour régler l'affaire coréenne ou celle des BRICS...Affaire à suivre.

P.G.

 

 

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Roundup : les documents qui accablent Monsanto

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Roundup : les documents qui accablent Monsanto

http://www.libreactu.fr/roundup-les-documents-qui-accablent-monsanto/

Des documents publiés mardi 1er août dans le cadre d’un procès intenté à San Francisco contre Monsanto révèlent comment le géant américain de l’agriculture cherche à influencer les scientifiques et les médias concernant son produit phare, le Roundup.

Cette série d’e-mails a été divulguée par un cabinet d’avocats impliqué dans l’affaire, en voici quelques extraits accablants :

En 2015 notamment, Henry I. Miller, un chercheur pro-OGM de l’Université de Standford (et figure de la fameuse FDA) s’attaque dans le magazine Forbes aux conclusions d’une étude de l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer, dépendante de l’OMS, qui qualifiait le glyphosate de « cancérogène probable ». Or les e-mails révèlent que c’est Monsanto qui a demandé au chercheur si il souhaitait rédiger un article pour répondre à cette étude, ce à quoi il a répondu : « je le ferais si je pouvais avoir comme base un brouillon de très haute qualité »(1).

C’est donc Monsanto qui a rédigé la quasi intégralité de cet article « scientifique ». Forbes a retiré l’article de son site internet au lendemain de la divulgation de ces e-mails et affirme n’avoir eu aucunement connaissance de la collaboration entre le le Pr. Miller et Monsanto.

Un autre document (2) montre que l’ancien rédacteur en chef de «Food and Chemical Toxicology», A. Wallace Hayes, était rémunéré comme consultant par Monsanto. Hayes avait notamment retiré une étude capitale et hautement dommageable pour Monsanto qui montrait que le Roundup et le maïs génétiquement modifié pouvaient être à l’origine de cancers et de morts prématurées chez les rats. Un e-mail surréaliste (3) envoyé à Hayes révèle les arguments de Monsanto contre cette étude : « Le traitement des animaux n’était pas éthique, ils auraient dû être euthanasiés bien avant que la tumeur ait atteint 25% du poids de corps de l’animal… » ou encore « Le professeur Séralini n’a pas révélé ses conflits d’intérêts. En particulier son passé à critiquer publiquement les OGM dans des articles aujourd’hui discrédités qui expliquent son analyse biaisée. » Un argumentaire des plus comique quand on connaît les conflits d’intérêts entre Monsanto et certains experts scientifiques.

Enfin de nombreux e-mails (4) font état de vifs débats internes sur les effets du Roundup. On y lit notamment de la part de la toxicologue responsable des produits à base de glyphosate : « On ne peut pas dire que le Roundup n’est pas cancérogène, nous n’avons pas fait les tests nécessaires sur la formulation pour affirmer cela. » Elle reprend ensuite la sémantique qui doit être utilisée : « Nous n’avons aucune raison de penser que le Roundup pourrait causer le cancer. »

Elle affirme ensuite qu’il est impossible d’affirmer que le Roundup est inoffensif pour la faune, la flore et le corps humain. En effet selon elle il cause d’importants dégâts sur les trois. Il faut donc utiliser la phrase suivante : « Quand le Roundup est utilisé selon les précautions d’emploi, celui-ci ne devrait avoir aucun effet secondaire irraisonnable sur l’Homme, la faune et son environnement. »

Ces arguments ne doivent pas être sans vous rappeler le fameux « Il n’y a aucune évidence scientifique qui permet d’affirmer que le (produit, médicament ou aliment transformé de votre choix) est dangereux pour la santé et/ou l’environnement » répété en boucle par les lobbys de l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique et souvent repris par les professionnels de santé et les médias.
Ces e-mails confirment en réalité ce que nous sommes très nombreux à dénoncer depuis de longues années sur la stratégie de manipulation de masse des lobbys qui prennent le temps de soigneusement discréditer leurs détracteurs, en utilisant le plus souvent des arguments fallacieux qui entrent petit à petit dans l’inconscient collectif à grands coups de campagnes de communication très médiatisées et appuyées par des « experts » qui n’ont strictement rien d’indépendants. Aujourd’hui vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

Sources :

L’ensemble des e-mails révélés par BHAG : https://www.baumhedlundlaw.com/toxic-tort-law/monsanto-roundup-lawsuit/monsanto-secret-documents/
(1) http://baumhedlundlaw.com/pdf/monsanto-documents/22-Internal-Email-Demonstrating-Monsanto-Ghostwriting-Article-Criticizing-IARC-for-Press.pdf
(2) http://baumhedlundlaw.com/pdf/monsanto-documents/10-Monsanto-Consulting-Agreement-with-Food-and-Chemical-Toxicology-Editor.pdf
(3) http://baumhedlundlaw.com/pdf/monsanto-documents/9-Email-from-Monsanto-Collaborator-to-Food-and-Chemical-Toxicology-Journal.pdf
(4) http://baumhedlundlaw.com/pdf/monsanto-documents/27-Internal-Monsanto-Email-You-Cannot-Say-That-Roundup-is-not-a-Carcinogen.pdf

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Le Département d’Etat américain estime qu’Israël est un « facteur de violence »

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Le Département d’Etat américain estime qu’Israël est un « facteur de violence »

Par Alison Weir — 07 août 2017

Les pro-israéliens exigent la démission de Tillerson

Le 19 juillet, le département d’Etat a publié son rapport annuel Country Reports on Terrorism 2016. (Rapport officiel sur le terrorisme)  [pdf ici]

La partie intitulée “Israel, the West Bank, Gaza and Jerusalem” qui comporte sept pages est très israélo-centrée. Elle est presque entièrement écrite d’un point de vue israélien et ses informations émanent principalement d’Israël. Le terrorisme militaire de cet Etat n’y est pas remis en cause, pas plus que n’est évoquée l’oppression systématique des Palestiniens.

A titre d’exemple, le mur israélien y est décrit comme une « clôture » de séparation alors que de nombreuses portions de cet édifice consistent en un gigantesque mur de béton érigé en terre palestinienne, flanqué de tours de guet. Le rapport omet également de mentionner que sa construction a entraîné la destruction de nombreuses maisons palestiniennes et la confiscation de leurs terres agricoles très fertiles.

Le rapport élude le fait que l’occupation de la Palestine par Israël et la construction des colonies réservées aux seuls juifs est illégale en droit international. Les mouvements Palestiniens qui résistent à cette occupation sont qualifiés par ce rapport « d’organisations terroristes » en dépit du fait que la résistance est un droit légalement reconnu. Le rapport oublie aussi de préciser que les Palestiniens ont tué beaucoup moins de civils que ne l’a fait l’armée israélienne. (En 2016, au moins 115 Palestiniens dont 36 enfants, et 12 Israéliens dont un enfant, ont été tués par une personne du camp adverse – voir des détails ici.)

Ne sont pas non plus évoquées les opérations régulières de l’armée israélienne en Cisjordanie et à Gaza, au cours desquelles ont lieu toutes sortes d’exactions nocturnes : populations terrorisées, battues, emprisonnées – à hauteur d’une douzaine de personnes par semaine – ainsi que des vols et destruction de leurs biens personnels.

Les partisans d’Israël condamnent le rapport

Malgré ces omissions et bien d’autres encore, quelques groupes et individus ont farouchement condamné ce rapport, principalement à cause de deux phrases qui se trouvent dans la dernière partie du texte :

– « Parmi les facteurs alimentant la violence, on peut citer  :  l’absence d’espoir que la Palestine puisse devenir un état indépendant, l’implantation de colonies israéliennes en Cirsjordanie, la violence des colons dans cette région, le sentiment que le gouvernement israélien est en train de modifier le statut quo sur le Haram Al Sharif (Mont du Temple), les opérations de l’Armée de défense Israélienne (IDF) ressenties comme de graves agressions par les Palestiniens. »

« Sous le mandat du président Abbas (de 2005 à aujourd’hui), l’Autorité palestinienne a pris des mesures significatives  pour que les administrations cisjordaniennes sous sa tutelle  ne créent ni ne diffusent aucune propagande incitant à la violence. » 

Le B’nai B’rith International a publié la déclaration suivante : « Il est étonnant que l’Etat américain reprenne à son compte, tel  un perroquet,  le récit mensonger des Palestiniens. Si ce rapport n’émanait pas du Département d’Etat, son langage incendiaire et accusatoire pourrait facilement être attribué à une source palestinienne. »

L’association Zionist Organization of America a condamné le rapport et demandé la démission du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

Morton A. Klein, président de cette association, et  Elizabeth Berney, ont publié une « monographie » qualifiant le rapport de « sectaire, tendancieux, antisémite et truffé d’imprécisions hostiles à Israël. » Les auteurs de la monographie fustigent ce qu’ils estiment être selon eux « des plaintes mensongères et exagérées contre la violence de colons israéliens contre des Arabes palestiniens, allégations s’appuyant sur des affabulations émises par les Nations Unies et par Yesh Din, une ONG anti-israélienne qui reçoit des subventions de George Soros ».

Selon ces sources, des colons israéliens suspects auraient incendié les  demeures de personnes proches de la famille Dawabsheh, elle-même victime d’un incendie criminel par des colons en 2015, qui « s’était soldé par la mort de trois Palestiniens« .

Les victimes étaient un enfant âgé de dix-huit mois et ses parents. Des  médias israéliens avaient dit que les participants à un mariage juif orthodoxe avaient fêté cet  acte funèbre, un des danseurs poignardant plusieurs fois la photo du bébé.

Dans sa monographie, Klein priait le député illinois Peter Roskam, co-président du Republican Israel Caucus (Assemblée républicaine israélienne) et une personnalité israélienne écoutée, d’écrire une lettre au Secrétaire d’Etat, lui demandant de corriger les soi-disant « nombreux passages erronés » de son rapport.

Klein s’oppose à Tillerson depuis le début. « En principe, argumente-t-il, les personnes à la tête de compagnies pétrolières n’ont pas de  sympathie pour Israël. Ce qui m’inquiète.  » Klein n’est pas le seul à être inquiet, comme le révèle l’article du Forward intitulé: « La désignation par Trump du PDG d’Exxon, Rex Tillerson, au poste de Secrétaire d’Etat effraie les milieux juifs »

Plus anti-israélien qu’Obama

De nombreux articles accusent Tillerson d’être plus sévère envers Israël qu’Obama.

Adam Eliyahu Berkowitz, qui a immigré en Israël et vit sur le plateau du Golan écrit dans  Breaking Israel News que  le nouveau rapport utilise un « langage encore plus hostile à Israël que celui du précédent rapport. » Jordan Scharchtel, qui travaillait auparavant pour l’organisation The Israel Project fait le commentaire suivant dans la revue  Conservative Review: « Rex Tillerson a adopté un ton cinglant à l’égard d’Israël dans son rapport de cette année sur le terrorisme, plus cinglant encore que celui de l’époque Obama, qui n’était déjà pas tendre » .

Toujours selon Schachtel : « Dans le rapport précédent, il était dit que selon les Palestiniens,  le terrorisme résulte parfois de la frustration générée par ‘l'occupation’. Mais ce rapport était beaucoup moins accusateur, il montrait bien que ce point de vue était celui de responsables palestiniens, et non pas celui du gouvernement américain. »

Dans un précédent article, Schachtel déplorait que  “Le secrétaire d’Etat soit probablement le membre du cabinet Trumple plus hostile à l’Etat Juif . »

Au cours d’une couversation avec des journalistes, précisait-il, Tillerson a refusé de reconnaître que le lieu le plus sacré de Jérusalem se trouve en Israël. Il a soutenu que, géographiquement le Mur Occidental se trouvait bien à Jérusalem, mais a refusé de reconnaître la souveraineté d’Israël sur ce mur. »

En fait, Jérusalem ne fait pas partie d’Israël. Le Département d’Etat a publié à ce propos la déclaration suivante :

« Depuis 1948, la position officielle adoptée par  chaque gouvernement, est qu’aucun Etat ne possède  la souveraineté sur la ville de Jérusalem. La question du  statut de cette ville sera résolue dans des négociations statutaires ultérieures entre les Israéliens et les Palestiniens. » Ces propos tenus par un  fonctionnaire représentant le Département d’Etat ont été rapportés la semaine dernière dans la Conservative Review. 

« Tillerson fait partie de l’ensemble de personnes qui conseille au Président Trump de ne pas déménager l’Ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem« , écrit encore  Schachtel. Le conseiller à la Sécurité Nationale de Trump .R. McMaster a également refusé de répondre à des questions concernant Jérusalem, en disant qu’il s’agissait d’une décision politique. Sean Spicer, l’attaché de presse ministériel,  se serait également abstenu de dire que le Mur Occidental se trouvait en Israël. (Depuis, Spicer a démissionné et Mc Master pourrait bien le suivre ).

Dans une tribune publiée dans Israël National News intitulée “The Jews did not start this, Mr. Tillerson«  (Ce n’est pas les Juifs qui ont commencé, M. Tillerson) , le romancier  Jack Engelhard, qui vit à New York,  écrit : « Le Président Trump doit avoir une conversation avec Rex Tillerson. Ce dernier a publié un rapport accusateur contre Israël à propos de …TOUT. Personne ne l’a vu venir. Moi en tout cas, je ne l’ai pas vu. J’apprécie Trump. Mais pas Tillerson, depuis le début. »

Englehard déplore que le problème ne se limite pas au Département d’Etat. Même topo pour le Conseil Œcuménique des Eglises, les Nations Unies, l’Union Européenne, le New York Times…. et l’ensemble de l’appareil médiatique… ici là-bas, partout. « Ils disent que les émeutes au Mont du Temple, c’est de notre faute. Ils disent que tout est de notre faute ». « Il y a des jours où le monde entier ne se préoccupe de rien d’autre que des Arabes de Palestine. »

Cet auteur qui s’est vu attribuer le prix de littérature Ben Hecht Award for Literary Excellence poursuit ainsi : « Les Juifs sont-ils heureux ? Question absurde. Personne ne s’en soucie. Nous sommes seuls. » (Engelhard est l’auteur de Indecent Proposal – qui a été adapté cinématographiquement à Hollywood).

Tillerson a également été moins hostile envers  l’Iran que ne l’auraient souhaité les partisans d’Israël, apportant sa caution au respect, par ce pays, de l’accord sur le nucléaire de 2015. L’AIPAC (American Israel Public Affairs Commitee) a endossé une attitude plus intransigeante à l’égard de l’Iran qui est vu depuis toujours comme une menace pour Israël. Certaines sources indiquent que c’est pour ces positions, et parce qu’il a gardé des fonctionnaires d’Obama au sein du  Département d’Etat, que des initiés de la Maison Blanche et du Congrès attaquent Tillerson.

Selon une source anonyme citée par Adam Kredo sur le site pro-israélien Washington Free Beacon : « Certaines personnes de confiance ont essayé de ‘nettoyer’ la maison, mais à chaque tentative, Tillerson est allé trouver personnellement le Président pour garder le personnel de l’ère Obama. »

Des informations plus récentes font état d’un départ imminent de Tillerson pour l’ensemble de ces raisons.

Alison Weir |  JULY 26, 2017 | AMERICANSKNEW.ORG

Alison Weir est directrice de If American knew, If Americans Knew , présidente du Council for the National Interest, et auteur de l’ouvrage  Against Our Better Judgment: The Hidden History of How the U.S. Was Used to Create Israel.

Article original: https://israelpalestinenews.org/state-department-finds-israel-driver-violence-israel-partisans-furious-demand-tillerson-resign/

Traduit par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur Info

Source: http://arretsurinfo.ch/le-departement-detat-estime-quisrael-est-un-facteur-de-violence/

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mardi 8 août 2017

Venezuela: A peine installée, la Constituante limoge la procureure générale dissidente

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Venezuela: A peine installée, la Constituante limoge la procureure générale dissidente

https://www.les-crises.fr/venezuela-a-peine-installee-la-constituante-limoge-la-procureure-generale-dissidente/

La nouvelle Assemblée constituante du Venezuela, aux pouvoirs illimités, a marqué un grand coup dès le début de ses travaux samedi en limogeant la procureure générale Luisa Ortega, une des principales adversaires du président socialiste Nicolas Maduro.

« C’est une dictature ! », selon Luisa Ortega

La procureure avait indiqué un peu plus tôt aux journalistes que des unités de la Garde nationale bolivarienne (GNB) ayant pris position autour des bureaux du Parquet général dans le centre de Caracas, l’avaient empêchée d’y accéder. « Non seulement ils arrêtent les gens arbitrairement, mais ils les font juger par la justice militaire, et maintenant ils ne laissent pas entrer la procureure générale dans son bureau. C’est une dictature ! » avait-elle dénoncé.

Nommée en 2007 par le défunt président Hugo Chavez, Luisa Ortega a promis de continuer « à lutter pour la liberté et la démocratie au Venezuela ». De son côté, la Constituante a annoncé que la procureure serait remplacée provisoirement par un proche du pouvoir, le « défenseur du peuple » Tarek William Saab.

Le Venezuela bientôt mis à l’écart du Mercosur ?

Réunis à Sao Paulo, les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay ont quant à eux décidé de suspendre politiquement le Venezuela du Mercosur, le marché commun sud-américain, « pour rupture de l’ordre démocratique ».

Le Venezuela est déjà mis à l’écart du Mercosur depuis décembre, pour des raisons commerciales. Mais le marché commun a cette fois invoqué la « clause démocratique », une première depuis 2012.

La Constituante va siéger pour une durée maximale de deux ans

Reste que ce samedi, en fin de journée (heure française), le président Nicolas Maduro a assuré que le Venezuela ne serait « jamais » exclu du Mercosur. « Jamais. Notre âme, notre cœur, notre vie sont Mercosur », a lancé le chef de l’Etat socialiste sur une radio argentine, assurant que les tentatives des gouvernements brésilien (« fomenteurs de coup d’Etat ») ou argentin (des « misérables ») étaient vouées à l’échec.

Pour rappel,installée officiellement vendredi, la Constituante a fait savoir au début de ses travaux ce samedi matin qu’elle siégerait pour une durée maximale de deux ans. Comme l’a promis le président Nicolas Maduro, elle doit apporter la « paix » et redresser l’économie de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève en 2019.

Source : 20 minutes, AFP, 05/08/17

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Un commentaire intéressant signé “Duguesclin” sur le site “les crises”:

 

Au Venezuela seulement 40% des électeurs se sont déplacés pour voter la constituante, grâce à ce que nos médias appellent “le chantage au vote”. Par conséquent selon François-Xavier Ferland de francetvinfo, ce résultat est complètement illusoire.
http://www.francetvinfo.fr/monde/venezuela/election-de-l-assemblee-constituante-au-venezuela-plus-de-40-de-participation-le-resultat-d-un-chantage-au-vote_2307831.html
En France une assemblée qui est élue par 2/3 de 40% d’électeurs, n’est pas illusoire, cette assemblée qui a tous les pouvoirs est très démocratique, puisqu’elle soutient le camp atlantiste.
Au Venezuela, avec 40% d’électeurs, la constituante est une dictature puisqu’elle s’oppose au camp atlantiste.

Un autre signé “Alberto”

P.G.

 

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Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée un monde agricole en crise

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Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée un monde agricole en crise

Les leaders syndicaux agricoles réclament des prix plus justes et une meilleure répartition des aides européennes. Le président promet des mesures à la mi-octobre.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/08/07/emmanuel-macron-recoit-a-l-elysee-un-monde-agricole-en-crise_5169706_823448.html#E8oc8I6fLiYm0Vvq.99

 

Son absence lors du lancement des Etats généraux de l’alimentation, le 20 juillet, avait été remarquée. Près de trois semaines plus tard, le président Emmanuel Macron recevait lundi 7 août dans la matinée la plupart des représentants du monde agricole. Seule Christiane Lambert était absente ; la présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole, avait déjà été reçue à l’Elysée le 18 juillet*.

Au centre des entretiens la répartition des aides européennes ou encore la revendication pour les producteurs, durement frappés par la crise, d’un « juste » prix face aux exigences de la distribution ou de l’industrie agroalimentaire. « Il faut faire en sorte que, demain, nous ne perdions plus de paysans », a ainsi plaidé Jérémy Decerle, des Jeunes agriculteurs, à la sortie de son entretien avec Emmanuel Macron. Le responsable syndical a rappelé au président que la France avait perdu un quart de ses paysans au cours des dix dernières années et appelé à des mesures pour relancer « l’attractivité » d’un secteur qui traverse depuis plusieurs années une crise profonde.

Le président a informé les représentants du monde agricole qu’il présenterait lui-même, mi-octobre, les conclusions de la première phase des Etats généraux de l’alimentation sur la création et la répartition de la valeur, censée répondre aux difficultés financières rencontrées par certains agriculteurs. Le chef de l’Etat s’est engagé, selon les responsables syndicaux, à les revoir fin septembre.

Un « plan Marshall » pour l’agriculture

« Nous sortons de trois ans de crise pour l’élevage, les céréaliers aussi depuis deux ans », a expliqué, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), qui revendique le titre de deuxième syndicat agricole. Il souhaite que les Etats généraux de l’alimentation permettent de « réorienter l’alimentation », mais, selon lui, cela ne peut se faire sans modifier la politique agricole commune européenne (PAC), « ultralibérale ».**

L’entourage du président a indiqué que ce dernier souhaitait « agir en amont des prochaines négociations commerciales pour permettre un meilleur partage de la valeur ajoutée et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier ». « Le président souhaite se concentrer sur la prochaine PAC, un dossier prioritaire sur lequel la France sera force de proposition », affirme l’Elysée***.

La CR, qui voudrait un « plan Marshall » pour l’agriculture, a également demandé à M. Macron d’intégrer le Haut Conseil de la coopération agricole pour « lutter contre les dérives de certaines coopératives » qui « ne défendent plus les intérêts de leurs adhérents ». Le but affiché étant d’éviter certaines crises rencontrées dans le passé, comme dans la production laitière depuis deux ans, ou le porc en 2015.

Les aides européennes au menu des discussions

Les syndicats ont également abordé la question de la répartition des aides européennes, tant la décision, cette semaine, du ministre Stéphane Travert de rééquilibrer les budgets a suscité de fureur, aussi bien dans le monde agricole que chez les ONG environnementales. M. Travert a décidé de transférer une partie des aides européennes du « pilier 1 » de la PAC (aides à l’hectare) vers le « pilier 2 » (développement rural, aide à l’agriculture de montagne, installation des jeunes agriculteurs, aide au bio). [1]

La Confédération paysanne souhaite également que soit « enclenchée la transition de l’agriculture » vers un modèle plus durable.

Le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), pour sa part, souhaite mettre l’accent sur la crise de l’élevage et la situation épineuse des producteurs de palmipèdes face à la grippe aviaire, et demander une révision de la loi de modernisation de l’économie.

Les Etats généraux de l’alimentation doivent durer plusieurs mois, avec la tenue notamment de quatorze ateliers, du 29 août jusqu’à la fin de novembre. ****

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*Significatif: un traitement à part pour la FNSEA, premier partenairedu gouvernement.

** Modifier la PAC, c'est comme modifier les traités, toujours les mêmes mensonges...

***La France va poliment faire des propositions à ses “partenaires” qui l'enverront promener et Macron, comme ses prédecesseurs reviendra penaud.

****Toute cette dernière partie de l'article est un catalogue de désaccords entre organisations corporatistes sans aucune vision d'ensemble. Aucun intérêt, à mon avis.

[1] Pour mieux essayer de comprendre les “divergences” entre secteurs, et le poids des uns et des autres, lire l'article ci- dessous:

P.G.

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Le changement de répartition des aides agricoles européennes suscite la polémique

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a annoncé des transferts d’aide de la politique agricole commune pour soutenir le développement rural.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/28/le-changement-de-repartition-des-aides-agricoles-europeennes-suscite-la-polemique_5166180_3234.html#vzKFieHxVi7CqxRe.99

La répartition des aides agricoles européennes est un sujet sensible. Le nouveau ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, vient d’en faire l’expérience. Dans un communiqué publié jeudi 27 juillet, il a annoncé « un transfert à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du pilier I de la politique agricole commune [PAC] vers le pilier II pour satisfaire les besoins identifiés sur le pilier II d’ici 2020 ».

 

Une manière de combler en partie le manque de financement des mesures destinées à la politique de développement rural. M. Travert avait indiqué mercredi, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale qu’il se retrouvait devant une « impasse financière de près de 853 millions d’euros ».


Des besoins estimés jusqu’en 2020, qui résultent d’une conjonction de facteurs selon le ministère : extension du périmètre des bénéficiaires de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), montée en puissance de la filière bio ou de dispositifs comme l’assurance récolte mais aussi renforcement de la part de l’Union européenne dans les co-financements, sachant que les mesures du second pilier sont abondées par les régions.

Des décisions qui s’appliqueront en 2018

Autre décision prise par M. Travert. Le « paiement redistributif » du premier pilier reste figé à 10 %. Cette mesure négociée par l’ancien ministre Stéphane Le Foll à Bruxelles, lors de la définition de la PAC 2014-2020, vise à soutenir les petites et moyennes exploitations. L’idée étant de mieux répartir les subsides du pilier I, doté de 7,44 milliards d’euros, destinés au soutien direct aux agriculteurs, avec en particulier le paiement à l’hectare. Le dispositif prévoyait de majorer l’aide versée aux 52 premiers hectares. Une majoration qui devait croître dans le temps. Passant de 5 % de l’enveloppe globale en 2015 à 20 % en 2019.

En 2016, le taux a atteint 10 %. Mais la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les céréaliers réunis au sein de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) ne souhaitaient pas qu’il augmente encore. En 2016, ils ont fait état de la difficulté des céréaliers après une très mauvaise récolte pour obtenir une stabilisation à 10 % en 2017. Ils ont à nouveau demandé de surseoir à la hausse. Le gouvernement a donc tranché en leur faveur, maintenant le niveau une nouvelle fois à 10 % pour 2018.

Ces décisions qui s’appliqueront en 2018 vont être notifiées à Bruxelles. La France devait le faire avant le 1er août. Concrètement, le prélèvement de 4,2 % devrait dégager potentiellement 312 millions d’euros pour contribuer à soutenir, l’an prochain, les mesures de développement rural. Selon le ministère, cette enveloppe supplémentaire sera entièrement consacrée au surcoût du financement de l’ICHN.

Immédiatement après la publication de la décision du ministère, les réactions ont fusé. La FNSEA s’est insurgée contre « un hold-up inacceptable sur les soutiens à l’agriculture » pointant du doigt le prélèvement de 4,2 % et fustigeant le précédent gouvernement pour avoir « laissé en héritage une énorme ardoise de 853 millions d’euros ». Elle estime que le gouvernement aurait du « trouver les ressources dans le budget national ». « Les agriculteurs n’ont pas à supporter une nouvelle fois les conséquences d’une mauvaise gestion budgétaire de l’Etat », estime le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA). Même son de cloche chez les céréaliers avec l’AGPB, les producteurs d’oléagineux (FOP), les producteurs de betteraves tous vent debout contre ce reversement.

Les éleveurs laitiers réunis au sein de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL) l’ont aussi dénoncé estimant « qu’ils contribueront pour un tiers à cette ponction, pour près de 130 millions d’euros ». Les chambres d’agriculture ont aussi affirmé dans un communiqué avoir milité pour que le transfert d’aides ne soit pas opéré. Elles demandent « aux régions et aux agences de l’eau de prendre leur part dans le financement des mesures de développement rural ».

Pour sa part, le syndicat Confédération agricole, parle de « trahison gouvernementale ». Il s’inquiète de la décision prise par le gouvernement « qui porte un coup fatal à l’emploi agricole, en ne majorant pas davantage les 52 premiers hectares, et donc en défavorisant les fermes les plus pourvoyeuses d’emploi ». Il estime également les moyens mobilisés insuffisants pour faire face aux besoins de financement de l’ICHN, de la bio et des mesures agro-environnementales.


Une position partagée par la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) qui chiffrait à 3 % minimum le transfert nécessaire entre le premier et le second pilier de la PAC pour financer l’essor de la seule agriculture biologique. Evoquant un « jeudi noir pour l’agriculture biologique », elle affirme « que la décision du ministre ne prévoit aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ».

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Posté par ddupr à 10:12 - - Permalien [#]
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