lundi 18 juin 2018

L’unification du système des retraites « risque d’aggraver les inégalités » [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Faut-il un système unifié des retraites ? La réponse de Jean-Marie Harribey, économiste, coprésident du conseil scientifique de l’association Attac et membre des Économistes Atterrés.

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Selon Emmanuel Macron, avec sa réforme des retraites, un euro de cotisation donnera les mêmes droits à tout le monde. Mais c’est doublement faux.

Premièrement, dans un tel système, on évacue toute notion de redistribution et de solidarité. On pousse à son maximum la contributivité de l’individu à sa future retraite : un euro de cotisation sera égal à un euro de pension dans le meilleur des cas.

Ce système, par points ou par comptes notionnels – dans lequel on divise le montant des cotisations versées par l’espérance de vie de l’individu lorsqu’il part à la retraite –, perpétuera voire aggravera les inégalités.

Si on laisse les gens libres de prendre leur retraite quand ils le veulent, les salariés ayant eu les travaux les plus pénibles et étant les moins bien payés seront incités à travailler le plus longtemps possible, pour avoir une retraite la plus décente possible. Sinon, ils auront une retraite très faible. L’affirmation selon laquelle la réforme permettrait une meilleure justice et une meilleure solidarité est donc fausse.

Évolutions

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Deuxièmement, le gouvernement prétend que notre système actuel serait mal préparé pour affronter les secousses démographiques et économiques. Mais c’est le cas de tous les systèmes de retraite. Les systèmes par points ou par comptes notionnels sont confrontés de la même manière à ces évolutions.

Par exemple, au moment de la crise économique de 2008, le système par comptes notionnels de la Suède a volé en éclats, à tel point que le pays est obligé aujourd’hui d’introduire le recul de l’âge de départ à la retraite. Et selon les dernières informations, les inégalités ont en plus explosé.

Plus vous rapprochez le système de retraites de la contributivité à 100 % – je cotise un euro, je perçois un euro –, plus vous instillez dans la tête des gens que c’est leur propre argent qu’ils récupèrent lorsqu’ils partent à la retraite.

Or, c’est faux. Tous les revenus sont engendrés par l’activité productive du moment. On ne peut pas sortir les pensions d’un congélateur, où on les aurait mises il y a 30 ou 40 ans, lorsque l’on a commencé à travailler.

Accompagner le mouvement

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Donc aucun système de retraite n’est à l’abri d’un chamboulement démographique ou économique. Si jamais il n’y a plus personne pour travailler au moment où je pars à la retraite, j’ai beau avoir versé des cotisations, je ne les retrouverai pas, car ces cotisations ont été utilisées pour verser des pensions pendant que moi je travaillais.

Si la population vieillit et si la proportion de personnes âgées augmente, ce qui sera sans doute le cas dans les décennies à venir, il n’y a que deux solutions : soit on condamne ces personnes à la misère, soit on accompagne ce mouvement, c’est-à-dire que la société assume ces besoins collectifs. Changer de système de retraites n’est pas la solution miracle.

Recueilli par Julien Da Sois
https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Lunification-systeme-retraites-risque-daggraver-inegalites-2018-05-31-1200943418

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Contre-feux républicains [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

TL CONTREFEUX REPUBLICAINS

En France, les Républicains ne sont pas à la fête. Certes, personne ne remet en cause la République comme régime politique. Mais les principes qui la fondent sont en revanche malmenés, voire contestés, aussi bien par le pouvoir en place que par une partie croissante du monde politique.

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Oui, le « modèle républicain», fait l’objet d’attaques insidieuses ou frontales. Et l’exemple vient d’en haut. En libéral assumé, Emmanuel Macron s’en prend logiquement aux protections (droit du travail, assurance chômage) et au patrimoine collectif (privatisations, réforme de la SNCF), au risque de fissurer la cohésion sociale. Mais sa volonté transformatrice ne se limite pas à la sphère économique et sociale. A l’instar de Thatcher, le président pense que la société n’existe pas. Seuls valent les individus, qu’il convient d’armer pour la compétition et la concurrence. D’où une défiance pour les corps intermédiaires (syndicats, élus locaux, parlementaires, associations) qui, traditionnellement, contribuent à organiser l’action collective. D’où aussi une tentation, celle de renvoyer les individus ainsi plongés dans le grand bain libéral à une ultime bouée, la communauté supposée première, c’est à dire ethnico-religieuse.
Deux petits faits récents illustrent cette tentation.
On se souvient peut être du discours du chef de l’Etat au couvent des Bernardins. Ce jour là, plus chanoine de Latran que Président de la République laïque, Emmanuel Macron se faisait fort de réparer le lien « abîmé » entre l’Eglise et l’Etat, et encourageait les catholiques à s’engager dans la vie publique en tant que tels. En contradiction flagrante avec le principe de séparation dont il est pourtant censé être le garant, le président présente comme une blessure ce que l’immense majorité des Français considèrent pourtant comme une libération : la neutralité de l’Etat, la liberté absolue de conscience, la protection des incroyants comme des croyants, le droit au blasphème, etc.
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron malmène ainsi un élément fondateur du pacte républicain. Déjà, lors de ses vœux aux autorités religieuses, le président avait, devant les représentants des cultes qui n’en demandaient pas tant, fustigé une « radicalisation de la laïcité », menace qui semble avoir échappé à la plupart de nos concitoyens, contrairement à la radicalisation religieuse (notamment celle de l’Islam politique) qui elle, est bien réelle.

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Ce faisant, le président semble encourager le regain de religiosité qu’on observe dans la plupart des sociétés. Comme si, dans le monde épuisant et déprimant du tout-concurrence dont il accompagne l’avènement, la foi seule apparaissait comme le dernier réconfort.
Le 22 mai dernier, Emmanuel Macron a franchi une étape supplémentaire dans son raisonnement libéral-communautariste. Lors de la présentation du mort-né plan Borloo, le chef de l’Etat a contesté en bloc la logique de la “politique de la ville”, pointant du doigt ses incontestables échecs (l’aggravation des phénomènes de ghettoïsation urbaine) et aveugle à tous ses mérites (lutte pour le maintien du lien social, efforts accrus en faveur de l’éducation, du sport, de la diffusion de la culture, rénovation du bâti). Au détour d’une phrase, entre deux réflexions blessantes envers les élus locaux, le président croit bon de plaisanter sur l’auteur et le récipiendaire du rapport : « ce n’est pas deux mâles blancs qui vont donner des leçons sur la banlieue ».

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Cette allusion aux “mâles blancs” se veut disruptive et moderne. Elle constitue en réalité une inquiétante derive sémantique et idéologique, puisqu’elle officialise une racialisation qui ne dit pas son nom. À la fois condescendante et régressive, l’expression laisse à penser qu’il n’y a pas de “blanc” en banlieue (ce qui témoigne d’une navrante méconnaissance que ne saurait excuser le recours à la caricature à des fins pédagogiques). Si les « blancs » ne sont pas légitimes pour parler des quartiers populaires, c’est que ceux-ci sont, dans son esprit, réservés aux “noirs” et aux “arabes”. La couleur de peau qualifie ou disqualifie. Ici, Macron se rend coupable d’une double assignation à résidence, territoriale et symbolique.

Religions et communautés (réelles ou fantasmées) sont donc convoquées à la rescousse de l’individu libéral, solitaire et atomisé. Dans cette démocratie identitaire, le particulier éclipse l’universel, et la citoyenneté censée élaborer un projet collectif se retrouve prisonnière des différentialismes.

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Face à cette régression, on attendrait de la gauche qu’elle réagisse avec force et vigueur. Mais elle est elle-même traversée, sur ce sujet, par de puissantes contradictions.
Par une curieuse ruse de la raison, la stigmatisation macroniste du “mâle blanc” rejoint celle d’une partie du camp « progressiste » qui a fait de ce stéréotype de genre et de couleur une des figures du mal (« petit blanc » devenant, au fil du temps, une sorte d’insulte définitive).
Ce cheminement a vu des intellectuels et des militants abandonner la lutte des classes au profit de la survalorisation de la “diversité” et de l’exaltation du multiculturalisme. Le grand sociologue américain Christopher Lash a minutieusement décrit cette évolution au sein du Parti Démocrate dans les années 70 et 80.
Mais la France n’a pas été épargnée par cette recherche d’un « peuple de substitution » dont parle Michéa. Au départ, il y a la critique, légitime, de « l’universalisme abstrait » qui, au nom de principes sublimes, méconnaît la réalité des rapports de force dans la société française. Ainsi, la République de la fin du 19ème siècle s’accommode fort bien de la colonisation, voire l’exalte. Cent ans plus tard, elle ferme les yeux sur les discriminations dont sont victimes les descendants des colonisés, et justifie la relégation de certaines populations sous prétexte de refuser la différence des droits. Pour les contempteurs de l’universalisme abstrait, la “promesse républicaine” n’est qu’une figure de style pour occulter l’éternelle domination des mêmes. Cette critique rejoint en partie celle des marxistes qui fustigent « l’égalité formelle », celle de la démocratie bourgeoise. Mais elle l’enrichit de concepts nouveaux, puisque l’exploitation n’est pas seulement classiste, mais aussi ethnico-culturelle.

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Reste que l’effet déceptif lié à cette promesse républicaine non tenue ne se traduit pas forcément par une remise en cause des fondements de la république. Au contraire. Les grands mouvements antiracistes des années 80 par exemple, se revendiquaient précisément de l’universalisme. Et c’est en son nom qu’ils exigeaient des progrès concrets dans l’égalité des droits.
Le tournant idéologique a lieu plus tard, il y a une vingtaine d’années. Certains militants de gauche, plutôt que de tenter d’homogénéiser des aspirations apparemment divergentes (travailleurs français et d’origine immigrée, ouvriers de la France périphérique et précaires banlieusards, etc.) ont préféré épouser des revendications religieuses et/ou identitaires prêtées à celles et ceux qui, à l’évidence, étaient le plus touchés par les injustices.
Le résultat est catastrophique : le petit jeu de la concurrence des dominations aboutit à une logique de scissiparité sans fin du corps social qui rend impossible l’élaboration de mots d’ordre unifiants. Au point de légitimer des pratiques de « non mixité » (c’est l’exemple des réunions « réservées aux racisés ») qui minent l’idée magnifique et moderne de Fraternité.
Ainsi, croyant agir au nom de la justice, les différentialistes de gauche se comportent en réalité comme de véritables idiots utiles du communautarisme libéral. Le soutien apparemment paradoxal de certaines organisations ouvertement féministes et laïques (dernièrement, et à notre grande surprise, l’UNEF) à des traditions et à des symboles qui fleurent bon la bigoterie et le patriarcat (par exemple le port du hidjab) témoigne de cette dérive navrante.

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A l’autre bout de l’échiquier politique, une partie de la droite s’égare elle aussi. Sans faire sienne l’aversion séculaire de l’extrême droite pour “La Gueuse”, elle n’hésite pas à recourir à la rhétorique du « pays réel ». Sens Commun ressuscite la « France fille aînée de l’Eglise » et la campagne d’un François Fillon (poursuivie par Laurent Wauquiez) jouait parfois la carte d’une identité nationale moins républicaine que religieuse et ethnique.
Face à toutes ces attaques, il est donc temps d’allumer, partout, des contre-feux. En reprenant à notre compte une conception militante de la République : à la fois une forme de gouvernement et un contenu philosophique qui en est indissociable, résultat de deux siècles de lutte.
Le magnifique préambule de la Constitution de 1946 en dessine les contours : l’adhésion au pacte républicain implique de reconnaître qu’en sus du respect des libertés fondamentales, le citoyen se voit doté de droits sociaux, protégé de la tutelle de tous les clergés, émancipé par l’école.

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La nation se confond avec la “République une et indivisible” : on peut considérer qu’il s’agit là, en partie, d’une fiction. Mais, comme souvent quand il s’agit des cultures politiques et des identités nationales, c’est une fiction nécessaire qui convient à un peuple épris d’égalité jusqu’à l’obsession. Et qui, quoi qu’on en dise, a permis, pendant des générations, l’assimilation des importantes vagues d’immigration successive. Le « creuset français », servi par les puissants outils d’intégration qu’ont été l’école et le service militaire, renforcé par le droit du sol hérité de la tradition révolutionnaire, n’est pas un mythe. Et contrairement à ce que prétendent les déclinistes et autres identitaires de droite comme de gauche, il fonctionne toujours!
La République Française privilégie systématiquement le commun au particulier. Elle est un projet politique, conscient et performatif, de résistance à l’empiètement permanent de la sphère privée sur la sphère publique. Évidemment, cela ne se passe pas sans heurt. La séparation des Eglises et de l’Etat, la relégation -partielle- de la religion dans la sphère privée, s’était opérée dans la violence. De même, le combat contre tous les particularismes n’a pas été exempt de brutalité. Les choses ont certes évolué : prise en compte de ce que Jaurès appelait les “petites patries”, décentralisation, etc. Mais, pour ne prendre qu’un exemple, il n’y a qu’en France que le débat autour des “langues régionales” soulève encore autant de passion.

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Aujourd’hui encore, le refus des “statistiques ethniques” ou la réfutation d’un « droit à la différence » (auquel les républicains opposent avec constance le “droit à l’indifférence “) surprend bien des observateurs étrangers. Tant mieux!
Assumer notre singularité historique, défendre et promouvoir une conception exigeante du “vouloir vivre ensemble”, c’est une des tâches politiques du moment.
Être pleinement républicain, mais aussi agir en républicain : il nous appartient d’imaginer les réponses qui permettront de donner une matérialité à cette promesse d’égalité, jamais achevée. Mixité sociale à l’école, aménagement du territoire, vraie politique d’intégration, extension du domaine des Biens Communs et des services publics, lutte contre le chômage de masse, nouvelles protections sociales : les chantiers pour de futures conquêtes sont innombrables. Il n’y a pas de temps à perdre.
Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

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Dommage que la question de la souveraineté ne soit pas abordée ici: la perte du "modèle républicain" n'est pas seulement le fait d'une idéologie libérale et différencialiste. Elle a des sources anglo- saxonnes, et est constamment  promue par l'Union européenne. Notre simple appartenance à cet ensemble politique est en soi, selon moi,  une négation de la République.   P.G.

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France : La loi Agriculture et Alimentation méprise la santé, l’environnement et le bien-être animal… [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Encore des promesses en l’air, un mépris des citoyens comme jamais vu aussi ouvertement et, des consommateurs toujours aussi voraces, qui font les mauvais choix. Vous savez que l’appel au boycott est interdit, pourquoi ? Parce que ça marche et ça, les gavés de fric en sont conscients. Les pétitions sont inutiles, donc, il reste les bons choix à faire pour que ça change, pour que notre argent ne serve pas à cautionner l’empoisonnement de la Nature, celui de nos enfants, le massacre des animaux, tout en engraissant les millionnaires de la mal-bouffe, avec la complicité du gouverne-ment…. et la nôtre.

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La loi Agriculture et Alimentation était attendue par tous ceux qui croient encore dans la capacité de la majorité des élus de la République française à légiférer pour un environnement et un cadre de vie plus sain et respectueux du vivant. Evidemment, le résultat des votes est extrêmement décevant et même écoeurant.

Ce devait être la loi du renouveau, la loi d’une alimentation « saine et durable ». Finalement, il n’en sera rien. « Les lobbys ont gagné » dénonce, écoeurée, la députée européenne Michele Rivasi. Et elle n’est pas la seule : c’est la douche froide pour de nombreuses associations engagées pour le respect de l’environnement, de notre santé et des animaux, même si elles s’y attendaient. Et pourtant de nombreux citoyens s’étaient mobilisés, mais il en faut plus pour dérouter la logique productiviste et consumériste de nos sociétés.

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« Après près d’un an de travaux lancés dès l’annonce de l’organisation des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), les organisations de la société civile désespèrent de voir un texte législatif aussi vide et contraire à l’esprit des EGA. C’est pourtant l’ensemble des acteurs agricoles, sociaux, économiques et environnementaux de la société française qui ont été mobilisés par le gouvernement. Alors que les consensus obtenus lors des ateliers sur les EGA à la fin 2017 promettaient de réelles avancées, quasiment aucune d’entre elles n’a été reprise dans ce projet de loi. A quoi bon ces 35 000 heures de mobilisation et de travaux pour accoucher d’une souris et ignorer les conclusions partagées par une majorité d’acteurs ? L’esprit des EGA semble bien loin ! Comment expliquer tous ces renoncements face aux engagements pris par le Président de la République, que ce soit durant la campagne présidentielle ou face à l’ensemble des acteurs lors de son discours à Rungis ? », s’indigne un important collectif d’associations[1].

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« Regardez ce qui se passe, vous avez des députés de la République en Marche qui obéissent aux consignes. Peu importe si ces consignes vont à contre-sens de l’intérêt général, de la santé des enfants, de la bienveillance et du bien-être animal. Le gouvernement en réalité continue de préserver les profits de lobbys industriels particuliers contre l’intérêt général de la population. » s’indigne Michele Rivasi, député Europe Ecologie.

« Sur la malbouffe, alors qu’en France nous avons déjà un enfant sur six en surpoids ou obèse, et que la Stratégie nationale de santé publique pour 2018-2022 prévoit de protéger les enfants du matraquage publicitaire, les députés LREM ont rejeté l’obligation de l’étiquetage nutritionnel Nutri-Score et l’interdiction de la publicité pour des produits trop gras, trop salés ou trop sucrés ciblant les moins de 16 ans, sous prétexte de ne pas remettre en cause « l’équilibre économique des chaines de télévision » et qu’il faut plutôt « responsabiliser les acteurs de l’industrie agroalimentaire » comme l’a rappelé le Ministre Stéphane Travert explicitement » ajoute Michele Rivasi.

Même rejet concernant l’introduction d’un repas végétarien dans les cantines scolaires. De plus l’appellation « steak végétal » a été interdite, à quand l’interdiction des noms « chips de betterave » ou « rillettes de thon » ?

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Concernant le pesticide glyphosate, la France devait l’interdire selon les déclarations du président Macron, malgré le renouvellement – pour 5 ans – de son autorisation par la Commission européenne, fin 2017. « Machine arrière toute », il reste autorisé. L’association Agir pour l’Environnement a dressé la liste des députés qui ont voté contre cette interdiction.

Inutile d’attendre davantage du côté de l’épandage de pesticides près des habitations : les débats ont écarté toute avancée, même minime, sur ce point…

Loi Agriculture et Alimentation : le bien-être animal est tout simplement méprisé

Sur le bien-être animal, c’est l’hécatombe. L’Assemblée a voté :

  • contre l’interdiction des cages pour les poules pondeuses et les lapins ;
  • contre l’interdiction de broyer vif les poussins mâles et les canetons femelles, ils continueront donc d’être détruits de manière industrielle dès la naissance ;
  • contre l’utilisation du sexage des oeufs dans la filière ponte,
  • contre l’étourdissement des volailles, des cochons et des animaux destinés à l’abattage ;
  • contre l’interdiction des fermes usines qui pourront accueillir toujours plus d’animaux ;
  • contre la limitation de la durée de transport des animaux vivants,
  • contre la mise en place du contrôle vidéo dans les abattoirs…

Cela se passe de commentaires.

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Jean-Luc Mélenchon président du groupe « La France insoumise » a rappelé, lors de son intervention à l’Assemblée nationale dimanche 27 mai 2018 que « le système agricole actuel, parce qu’il répond à des logiques industrielles, rend intenable la prédation de l’homme sur la nature et finit par considérer les animaux comme des choses et non des êtres sensibles. Traitant à la fois des questions écologiques, économiques, morales et culturelles liées à l’agriculture, il a expliqué pourquoi il fallait désormais avancer vers une agriculture paysanne et une modification de nos pratiques alimentaires. Enfin, il a affirmé que notre empathie pour les animaux n’était pas de la mièvrerie mais l’une des preuves les plus brillantes de notre humanité. »

Loi Agriculture et Alimentation : quelques timides avancées

Maigre consolation, quelques mesures adoptées vont dans le bon sens sans révolutionner un système mortifère :

  • le dioxyde de titane (E171) sous forme de nanoparticule, est suspendu ;
  • l’amendement pour rendre obligatoire un étiquetage environnemental plus clair et plus transparent sur les aliments a été adopté contre l’avis du ministre ;
  • un élargissement de la définition des néonicotinoïdes, ouvrant la voie à l’interdiction de substances actives similaires ;
  • l’obligation, d’ici 2022, d’avoir 50 % de produits sous signes de qualité, dont 20 % de bio, dans les cantines ;
  • l’autorisation des « préparations naturelles peu préoccupantes » (dont le fameux purin d’ortie et autres préparations à base de plantes utilisées en agriculture) ;
  • fin de l’utilisation d’eau en bouteille plastique dans certaines écoles ;
  • mise en place obligatoire des doggybag dans les restaurants d’ici 2021.

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Comment pouvait-on attendre d’autres décisions d’un gouvernement qui, comme ses prédécesseurs, méprise la question environnementale ? Même avec un Nicolas Hulot aux manettes du « Ministère de la transition écologique et solidaire », qui n’en a que le nom, le greenwashing n’a jamais été aussi éclatant et édifiant…

Les citoyens déçus se jetteront une nouvelle fois sur les pétitions, quasiment tout le temps inutiles, pour tenter de faire bouger les lignes d’une République en Marche vers le mur, celui de la honte et de l’archaïsme.

Il serait peut-être temps de nous mobiliser, à notre niveau, sans attendre la becquée des puissants ?

Notes

  1. Action contre la Faim / ActionAid France / Agir Pour l’Environnement / Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières / Amis de la Terre France / Association française des Diététiciens Nutritionnistes / Association Max Havelaar France / Attac France / BLOOM / CCFD-Terre Solidaire / Commerce Equitable France / CIWF France / CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) / Comité français pour la solidarité internationale / Coordination SUD / CRID / Criigen / Eau et Rivières de Bretagne / Fédération Artisans du Monde / Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (FADEAR) / Fédération Nationale d’Agriculture Biologique / Fermes d’Avenir / Filière Paysanne / Fondation pour la Nature et l’Homme / Foodwatch / France Nature Environnement / Générations Futures / Greenpeace France / Ingénieurs Sans Frontières AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) / Justice Pesticides / LPO / Miramap / Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique / Nature et Progrès / OGM dangers / Oxfam France / Plateforme pour une petite pêche / REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) / RENETA (Réseau National des Espaces-Test Agricoles) / Réseau Action Climat / Réseau CIVAM / Réseau Cocagne / Réseau Environnement Santé / RESOLIS / SOL / Syndicat National d’Apiculture / Terre & Humanisme / Terre de Liens / UFC que choisir / Union Nationale de l’Apiculture Française / WECF France / WWF France.

(...)

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/06/03/france-la-loi-agriculture-et-alimentation-meprise-la-sante-lenvironnement-et-le-bien-etre-animal/

Voir aussi:

Loi agriculture et alimentation : des renoncements et de timides avancées

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Un vrai «agrimarathon» de l’extrême. Nuit et jour, week-end compris, dans une ambiance parfois survoltée, les députés examinent depuis mardi le projet de loi agriculture et alimentation, pour un vote en première lecture prévu mercredi. A l’ouverture des débats, qui auront duré pas moins de cinquante heures face à une pluie de près de 2 500 amendements, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert (ex-PS), qui porte le texte, a jugé ce dernier «équilibré» et vanté «un changement de paradigme», notamment pour rendre l'«esprit de conquête» à l’agriculture. Le rapporteur Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse et éleveur, le trouve «ambitieux» et à même de répondre aux «réalités du terrain».

Mais au bout d’une semaine de discussions, marquées par une très forte mobilisation des élus et des lobbys, beaucoup dénoncent un projet de loi maintenant le statu quo d’une agriculture industrielle et ne permettant pas, ou alors très à la marge, d’engager l’agriculture dans un vrai changement de modèle, plus respectueux des agriculteurs, de l’environnement et de la santé.

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«Sur ces questions d’agriculture, de santé, d’alimentation, c’est le lobby de l’agrochimie, c’est le lobby de l’élevage concentrationnaire, c’est le lobby de la malbouffe qui a gagné. C’est lui qui tire les ficelles de ce gouvernement avec le pantin Stéphane Travert qui est aux manettes», s’est emporté lundi l’eurodéputé Yannick Jadot sur LCP. Et d’estimer que «dans ce débat, Emmanuel Macron a très clairement tranché entre Stéphane Travert et Nicolas Hulot […], entre notre santé, l’environnement et le pire de l’agriculture». Petit passage en revue des principaux renoncements et des très timides avancées apportées cette semaine par les députés, parfois contre l’avis du gouvernement, à un texte jugé «sans grande ambition» par 50 organisations de la société civile. Il n’y est pas fait mention, par exemple, de la promesse présidentielle d’interdire le glyphosate en trois ans.

Pas mal de renoncements

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Les associations de défense de la cause animale ne cachent pas leur colère. Les débats sur le bien-être animal ont agité l’hémicycle jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi, pour déboucher sur une série de renoncements, alors que le candidat Macron avait promis d’instaurer la vidéosurveillance dans les abattoirs et d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. «Interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses, castration à vif des porcelets, broyage des poussins (mâles), contrôle vidéo dans les abattoirs… Toutes les mesures en faveur des animaux ont été rejetées. Reste une opération de communication bien orchestrée», dénonce l’association L214 dans un communiqué. «Dans le discours des députés, le bien-être animal, le souci des éleveurs et des ouvriers d’abattoirs ont été répétés en boucle. Dans les faits, l’obéissance aux filières de production intensive a été flagrante», tacle Brigitte Gothière, la cofondatrice de l’ONG.

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En guise de cache-misère, les députés ont voté l’interdiction de l’installation de tout nouvel établissement d’élevage de poules pondeuses en cage. Une «supercherie», selon L214, puisqu’il n’y a de toute façon «plus de nouvelles installations depuis longtemps». Le vote d’une simple «expérimentation volontaire» de la vidéosurveillance dans les abattoirs a, lui, été qualifié sur Twitter par le député (non-inscrit) Olivier Falorni de «rideau de fumée grotesque».

A l’issue de vifs échanges, tous les amendements visant à introduire des repas végétariens dans la restauration collective ont été rejetés, après des avis défavorables du gouvernement. Un «blocage archaïque au regard des enjeux sanitaires et écologiques», a dénoncé Greenpeace, pour qui «il ne s’agit pas d’interdire la consommation de viande mais d’effectuer un rééquilibrage nécessaire et urgent entre protéines animales et végétales». Même rejet des amendements cherchant à interdire les contenants en plastique dans les cantines au nom du principe de précaution face aux perturbateurs endocriniens, mesures auxquelles le ministre de l’Agriculture était défavorable. Contre l’avis du gouvernement (décidément !), les députés ont en revanche interdit l’utilisation d’eau plate en bouteilles plastique dans les cantines scolaires en 2020, avec dérogations possibles en cas d’eau du robinet non potable.

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Dimanche, l’Assemblée a aussi rejeté les amendements proposant d’interdire dans la loi des publicités pour des «produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de 16 ans». Là encore, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, s’y est opposé, en soulignant «le rôle de régulateur du CSA» qui peut «travailler sur les contenus», «sans que nous ayons besoin d’inscrire des choses par trop contraignantes dans la loi». Même rejet d’amendements visant à rendre obligatoire la mention du Nutri-score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires.

De très timides avancées

 

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Contre l’avis du gouvernement, les députés ont renforcé l’étiquetage de certains aliments. Il s’agit d’y faire figurer à partir de janvier 2023 différentes mentions telles que «nourri aux OGM», le mode d’élevage, l’origine géographique, ou encore «le nombre de traitements par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais». Ce dernier point a été salué par l’ONG Générations futures, qui demande aussi que soit indiqué le nom des molécules utilisées. Cette ONG s’est aussi félicitée de l’adoption d’un amendement gouvernemental demandant la suspension du dioxyde de titane E171, additif souvent utilisé – en particulier dans les bonbons – sous forme de nanoparticules. Les députés ont par ailleurs imposé la mention du pays d’origine d’un vin «en évidence sur l’étiquette» à partir de 2019, contre l’avis du gouvernement, là encore. Ils ont aussi voté un amendement de l’ex-socialiste Delphine Batho pour l’inscription dans le code rural et de la pêche maritime de la volonté de «promouvoir les produits n’ayant pas contribué à la déforestation importée» : une notion consistant à pointer la déforestation via l’importation de produits tels que l’huile de palme ou le soja.

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Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, les députés ont voté pour l’obligation progressive, d’ici juillet 2021, des «doggy-bags», pratique très courante outre-Atlantique, qui permet aux clients de restaurants de repartir avec les restes de leur repas. «Trop de réglementation tue l’initiative», a regretté lundi l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), en soulignant que le gaspillage alimentaire est «l’affaire de tous» : «Sur les 10 millions de tonnes jetées chaque année en France, 2 millions de tonnes sont gaspillées à la maison et 700 000 dans la restauration commerciale.» Les députés ont par ailleurs souhaité en savoir plus sur la définition de la «durée de vie d’un produit alimentaire» et demandé un rapport sur le sujet.

Côté «équilibre des relations commerciales», l’Assemblée a voté un renforcement des sanctions pour les groupes agroalimentaires et de grande distribution qui ne publient pas leurs comptes annuels. Histoire d’éviter de réitérer ce qui s’est passé en septembre, quand des dirigeants du numéro 1 français de la viande, Bigard, ou du géant laitier Lactalis avaient refusé de divulguer les comptes de leurs groupes respectifs. Les députés ont aussi adopté un durcissement des sanctions contre les acheteurs qui ne respecteraient pas leurs obligations contractuelles vis-à-vis des agriculteurs. Les députés veulent aussi interdire l’emploi du terme «gratuit» dans les promotions alimentaires et ont autorisé le gouvernement à encadrer par ordonnance les promotions dans la grande distribution.

Coralie Schaub

http://www.liberation.fr/france/2018/05/28/loi-agriculture-et-alimentation-des-renoncements-et-de-timides-avancees_1654769

 

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Et Moreau, le député de la Creuse, rapporteur de la loi, est content !!
Et dire qu'il est député d'un département rural ! On aurait pu croire qu'il comprenait le monde paysan, qu'il savait ce qu'était le bien vivre, qu'il savait qu'une vache à qui l'on parle produit plus de lait !
Et dire qu'il était soi-disant agriculteur ! Comment un agriculteur peut accepter que l'on broie vif des poussins ?
Par ces renoncements, Macron, Travert, Moreau et les députés (enfin les quelques présents) se sont mis au service des multinationales et de l'UE !!! Et des représentants de la Nation qui "roulent" pour l'étranger, ils méritent quoi ?
Ils méritent tous du goudron et des plumes !
Car pour que même les médias "officiels" parlent de renoncement et de trahison des promesses, c'est que cette loi fait honte !
Moreau doit donc démissionner au lieu de pavoiser !
Et on ne l'entend pas sur la hausse du diesel, non justifié par les cours du baril, qui tue les agriculteurs et ruine aussi les travailleurs (qui doivent utiliser leur voiture pour le trajet) et les consommateurs (cette hausse sera répercutée sur les prix) ! Honte à lui !!
                     S.R.

dimanche 17 juin 2018

Italie: Commedia dell’Arte? [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Fernand Le Pic

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L’Italie, qui est tout entière une base militaire américaine, peut-elle se payer le luxe d’un gouvernement antisystème? Peut-être, si les intérêts de l’Alliance sont préservés et si les fameux 2% du budget alloués à la Défense sont maintenus. Mais alors, que restera-t-il des ambitions frondeuses de la coalition gagnante? Ne s’agirait-il que d’une Commedia dell’Arte?

Le dimanche 4 mars 2018, les eurosceptiques faisaient le plein des voix en Italie. Dans ce scrutin à un tour, le mouvement «5 étoiles» devenait le premier parti du pays avec 32,6% des voix. Pour mémoire, un an plus tôt en France, Macron n’avait obtenu que 24% des voix au premier tour.

Chronologie d’une ascension, ou l’intenable déni de démocratie

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S’associant à la coalition menée par la Ligue (ex-Ligue du Nord) totalisant 37% des voix, le mouvement pouvait entamer les tractations pour former un gouvernement. Elles furent longues et difficiles. Elles aboutirent tout de même, comme on le sait, le 27 mai. Mais le Président de la République Sergio Mattarella mit son véto. Motif: le professeur Paolo Savona, proposé au poste de ministre de l’économie, était soupçonné de vouloir faire sortir l’Italie de la zone Euro, alors même que l’intéressé s’était fendu de plusieurs communiqués assurant du contraire.

Giuseppe Conte, le premier ministre désigné de la coalition et novice en politique, démissionnait, tandis que Sergio Mattarella nommait dans la foulée un ancien fiscaliste en chef du FMI pour composer un gouvernement «technique». On partait donc pour de nouvelles élections possibles dès l’été voire l’automne, que le président suggéra même de ne tenir qu’au début 2019. On criait avec raison au déni de démocratie, au coup d’État et, en exagérant un peu, à la haute trahison. La coalition, disposant d’une majorité de près de 70% au parlement, menaça même d’engager une procédure de destitution du président présenté comme un agent des banques et de Berlin.

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Histoire d’enfoncer le clou, Bruno Lemaire, ministre français à veste réversible, expliquait déjà aux Italiens que si leur vote souverain était certes respectable, les impératifs européens le surpassaient quoi qu’il arrive. En d’autres termes, un vote n’est pour lui que l’expression d’une opinion mais non d’une décision opposable à Bruxelles. On retiendra. Et comme si cela ne suffisait pas, le commissaire européen au budget Günther Oettinger ajouta que la réaction négative des marchés au résultat du vote italien devait absolument se comprendre «comme un signal pour ne pas faire entrer des populistes de droite ou de gauche au gouvernement».

Bref, on était bien parti pour un coup de sang populaire. Mais voilà que le président Mattarella lui préféra un coup de théâtre. Le jeudi 31 mai, il acceptait finalement d’avaliser le même gouvernement présenté par la coalition gagnante après que Paolo Savona eut accepté de se voir reléguer au ministère des Affaires européennes, un poste qu’il occupa déjà sous le gouvernement Berlusconi de 2005. On le remplaçait à l’économie par le professeur Giuseppe Tria, moins offensif sur l’Euro, tandis que le très européen Enzo Moavero Milanesi était maintenu aux Affaires étrangères.

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Un président à l’ombre du Gladio

Mais était-ce bien là le véritable enjeu?

Le président d’un système parlementaire, censé rester en dehors des arbitrages politiques, aura certainement outrepassé ses droits en refusant un ministre pour des motifs qui sont justement politiques. Est-ce à dire qu’il ne dispose d’aucune prérogative politique? Ce serait faux de le croire. Il est un domaine où l’article 87 de la constitution italienne lui confère un pouvoir politique direct, c’est celui des Forces armées. Il en est le chef et préside en outre le Conseil suprême de défense. Et le président Mattarella n’est pas un nouveau venu dans cette arène. Premier vice-président du Conseil (du 21 octobre 1998 au 22 décembre 1999), officieusement chargé des questions de renseignement, c’est lui qui mena les négociations, conjointement avec le ministre de la défense de l’époque, Carlo Scognamiglio, visant à installer en Italie une chaîne de montage du F–35 produit par l’avionneur américain Lockheed Martin. Un choix qui continue de peser lourdement sur les finances italiennes puisqu’on évalue l’investissement local à environ 14 milliards de dollars pour la fabrication d’un total de 30 F–35B italiens et 60 F–35A italiens, ainsi que 29 F–35A pour la Royal Netherlands Air Force. Un avion coûteux et de surcroît peu fiable.

Ce qui nous intéresse ici, c’est que grâce à cette expérience aéronautique, Mattarella a pu construire une relation très solide avec les États-Unis.

Les bases US-OTAN en Italie

Il fut d’ailleurs aussi ministre de la Défense en titre (du 22 décembre 1999 au 11 juin 2001) dans les gouvernements D’Alema et Amato. Au cours de son mandat, il transforma les carabinieri en une force paramilitaire autonome et fit abolir le service militaire. Or, on sait que le passage aux armées professionnelles, qui devint le nouveau standard européen, fut le préalable indispensable à la projection de troupes en terres étrangères. Il préparait en fait l’Italie à intégrer les nouvelles missions de l’OTAN, déguisées en opérations de maintien de la paix, notamment en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo et dans l’ex-République yougoslave de Macédoine, opérations dont il fut un ardent promoteur. Il se retrouva d’ailleurs à devoir rendre des comptes en justice sur la mort de soldats italiens contaminés par l’uranium appauvri des bombes sales américaines lâchées sur l’ex-Yougoslavie. Oui, les États-Unis ont bien fait la guerre à l’Europe qui ne leur plaît pas, et Sergio Mattarella en sait donc quelque chose. C’est sans doute pour cela qu’il mentit effrontément à la cour d’appel de Rome déclarant que les soldats étaient prévenus et protégés, ce qui s’est avéré totalement faux.

Le Sicilien Mattarella est en réalité un fidèle et zélé serviteur de l’OTAN, qui peut toujours compter sur lui. Pourtant, il aurait bien pu lui en vouloir après l’élimination de son frère aîné Piersanti Mattarella, président de la région Sicile, criblé de balles à Palerme le 6 janvier 1980.

Récemment, le procureur général de Palerme,Roberto Scarpinato, expliquait publiquement que l’assassinat de ce disciple d’Aldo Moro, éliminé lui-même deux ans plus tôt sur ordre des Américains, impliquait les mêmes commanditaires, liés au réseau Gladio. A l’avant-garde de la lutte contre la mafia, Piersanti se déclarait favorable à une alliance politique avec les communistes, lesquels s’opposaient notamment au déploiement des Euromissiles américains sur la base encore américaine de Comiso, en Sicile. Leur chef local, Pio La Torre, fut lui aussi assassiné en 1982.

Aldo Moro et Piersanti Mattarella

Lorsqu’il se murmure que Sergio doit son destin politique au fait d’avoir accepté la mort de son frère sans avoir posé de questions, cela mérite en effet réflexion. Et que l’OTAN voie d’un très mauvais œil l’arrivée d’authentiques eurosceptiques au gouvernement italien, cela n’a rien de surprenant. Même si certains doutent que les concernés en soient vraiment et considèrent que «5 étoiles» pourrait servir de tête de pont aux réseaux Soros[1].

Le budget militaire comme baromètre

En premier lieu, l’OTAN veut le maintien et l’entretien des 113 bases et autres champs de tir et dépôts d’armes incluant entre 60 et 90 têtes nucléaires B–61, que l’alliance et les États-Unis en propre se partagent sur la Péninsule.

En fait, l’Italie en soi est une immense base militaire américaine, les méga-installations d’Aviano, de Naples, de Bari ou de Sigonella n’étant que les parties émergées de l’iceberg.

Ensuite l’Italie s’est engagée à respecter le quota de 2% de dépenses militaires dans son budget, voulu par l’OTAN depuis le sommet d’Irlande en 2014 et martelé par Donald Trump. Le chef du Pentagone James Mattis est d’ailleurs venu le rappeler en personne à Mme Roberta Panetti, ministre de la défense italienne, à Rome. C’était le 12 février 2018. Une visite qui certes n’a pas fait la une des grands médias, mais en pleine campagne électorale, le symbole était fort. D’autant que la précédente législature avait déposé un projet de loi visant à augmenter les pouvoirs du chef d’État-major italien et l’interopérabilité sur fond de croissance budgétaire garantie aux armées, et qu’il fallait s’assurer de son maintien à l’ordre du jour.

Idem pour les visites répétées en Italie de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN. Il ne faudrait tout de même pas oublier que l’Italie dirige aussi en 2018 la «Spearhead Force», c’est-à-dire le fer de lance de la force de réaction rapide de l’OTAN.

On rappelle enfin avec insistance dans les cénacles militaires qu’il ne faudrait pas non plus que les eurosceptiques se trompent de camp s’agissant de la Russie.

Elisabetta Trenta en uniforme (FINUL Liban)

Tout cela pèsera sur les épaules dElisabetta Trenta, la nouvelle ministre de la Défense. Cette spécialiste du renseignement et officier de réserve cumule les diplômes et les formations militaires. Elle a été notamment formée dans les écoles de l’OTAN aux opérations post-conflits, c’est-à-dire essentiellement à des opérations psychologiques («Psyops») destinées à faire croire que l’on va «reconstruire». Polyglotte, elle parle cependant le russe et se débrouille en arabe. Si on garde à l’esprit que le chef des armées reste le fidèle Sergio Mattarella, c’est en surveillant de près les options du ministère de la Défense, notamment quant à la poursuite du programme F35 et à la hausse du budget militaire en direction des 2%, que l’on saura si la dramatisation du véto sur Paolo Savona n’était qu’un écran de fumée destiné à poursuivre le military business as usual, ou non.

NOTE

  1. Voir notamment l’intérêt que lui porte Jamie Bartlett, le patron de Demos, une filiale de recherche d’Open Society.

 

https://medium.com/antipresse/italie-coup-detat-ou-co%C3%BBt-d-otan-affeac07f612

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Le scénario du pire pour le Brexit ressemble à un film catastrophe (Vidéo) [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

En cas d’échec des négociations entre l’UE et la Grande-Bretagne, cette dernière sera confrontée à une crise économique d’une gravité inouïe, se matérialisant par des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburants. C’est la conclusion d’un rapport rédigé commandé par le ministre britannique du Brexit, David Davis.

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Cette étude était destinée à l’Inter-Ministerial Group on Preparedness, un groupe interministériel créé pour travailler sur la préparation du Brexit. Selon un certain nombre de témoins, les scénarios brexit sont si explosifs que seuls quelques ministres en ont été informés, et que les dossiers sont “conservés dans un coffre-fort”.

« Armaggedon »

Les auteurs de cette étude ont extrapolé 3 scénarios possibles suite au Brexit : un scénario positif, un intermédiaire, et un véritable scénario catastrophe, surnommé « Armageddon », censé décrire de manière pessimiste ce qui pourrait se produire si le Royaume-Uni ne parvient pas à s’entendre avec l’UE, ce qui aboutirait à le soumettre aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

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Il prévoit que les étagères des supermarchés de Cornouailles et d’Écosse se retrouveraient totalement dégarnies dans les deux jours qui suivront le Brexit, tandis que les hôpitaux commenceraient à manquer de médicaments au terme de seulement 2 semaines. Des avions de compagnies aériennes devraient être affrétés, ou les appareils de la RAF devraient être réquisitionnés pour apporter des médicaments urgents aux quatre coins du pays, et ce dernier pourrait également être confronté à une pénurie de carburants.

« Douvres en plein chaos »

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Le port de Douvres (Dover) s’effondrerait totalement, et ce dès le premier jour du Brexit, y compris dans le scénario intermédiaire. Les inquiétudes concernant un possible chaos dans le port de Douvres, qui est le théâtre d’un intense trafic de poids lourds en provenance de plusieurs pays d’Europe, ont d’ailleurs motivé la décision de créer une ou plusieurs zones d’attente pour ces camions, en prévision des contrôles douaniers qui devront être rétablis dès le premier jour du Brexit.

Le gouvernement a indiqué que la Grande-Bretagne ouvrirait ses frontières si aucun accord ne pouvait être conclu. Sajid Javid, le ministre britannique des Affaires Intérieures, s’est montré rassurant, expliquant que la Grande-Bretagne se prépare à toutes les éventualités. « Je dois dire que je ne reconnais absolument rien de tout cela. Je suis très impliqué dans les  préparatifs en cas de “no deal” [aucun accord trouvé, ndlr] autant que je le suis pour obtenir un accord. Je suis certain que nous trouverons un accord. », a-t-il déclaré dans une émission de la BBC.

« Il faut publier les documents »

Mais certains officiels soulignent qu’il n’est pas évident que les pays membres de l’UE fassent de même, en particulier la France. Ils notent que des pays de l’Union européenne pourraient aussi être affectés par des pénuries suite à la fin du commerce avec la Grande-Bretagne, mais que ces dernières se matérialiseraient beaucoup plus tard.

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Layla Moran, une politicienne britannique du parti des libéraux démocrates, qui est aussi porte-parole de l’organisation Best for Britain, opposée au Brexit, a exhorté le gouvernement britannique à publier ces documents. « Il est maintenant clair que le gouvernement britannique nous mène à la catastrophe. Ce qui est pire, c’est qu’il le sache lui aussi ».

« Hystériques »

Un porte-parole du département pour la sortie de l’Union européenne a écarté ces scénarios, affirmant qu’ils étaient “complètement faux”. « Nous avons beaucoup travaillé et réfléchi à nos décisions sur la base des plans en cas d’absence d’accord, surtout en ce qui concerne les ports, et nous savons que rien de tout cela ne se réaliserait ». Un ministre en faveur du Brexit a quant à lui jugé que ces rapports étaient “hystériques”.

 

Port de Douvres

Port de Douvres

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Procédure_de_retrait_du_Royaume-Uni_de_l%27Union_européenne

https://fr.express.live/2018/06/06/le-scenario-du-pire-pour-le-brexit-ressemble-un-film-catastrophe

https://www.courrierinternational.com/article/brexit-le-gouvernement-sattend-des-penuries-en-serie-en-cas-de-no-deal

https://aphadolie.com/2018/06/09/le-scenario-du-pire-pour-le-brexit-ressemble-a-un-film-catastrophe-video/

https://www.youtube.com/watch?time_continue=191&v=dKIphl5GoXw

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Ils ne reculeront devant rien pour tenter de détourner le Brexit, à défaut de pouvoir l'annuler. Après le scénario catastrophe d'un retour de la "guerre d'Irlande", voici donc le retour de la catasrophe économique, souvenez vous des mises en garde alarmistes juste avant le referendum. Le moment est sans doute jugé propice face à un gouvernement divisé et fragile dans sa détermination, dans un contexte d'inquiétude croissante au sein de l'oligarchie euro- atlantiste après les élections italiennes...     P.G.

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Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL BG LOI FAKE

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Interview véridique du chien du Président par la presse autorisée

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

 

TOUS LES JOURS

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence.

 

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Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/verite-et-mensonge.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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L' "Occident" c’est du passé [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Moon of Alabama

TL SOMMETS G7 OCS

Publié le 9 juin 2018 sous le titre The ‘West’ Is Past

Traduction : Dominique Muselet

(...)

Avant de se rendre au sommet, M. Trump a joué un mauvais tour à ses collègues en invitant la Russie à rejoindre le G-7/G-8 sans conditions. La Russie a été expulsée après que la Crimée a voté pour rejoindre sa patrie. Mme Merkel, qui avait négocié l’accord de Minsk avec la Russie, était furieuse. Elle veut utiliser cette invitation comme monnaie d’échange dans de futures négociations. (C’est idiot. La Russie n’a aucune envie de rejoindre le format du G-7/G-8).

Il y a maintenant de nombreux domaines dans lesquels les États-Unis et leurs alliés ne sont pas d’accord : le changement climatique, l’accord avec l’Iran et le commerce ne sont que les plus importants.

Avant de quitter le sommet, Trump a de nouveau parlé à tout le monde à la manière d’un chef mafieux:

Alors qu’il se préparait à quitter tôt le sommet du G-7 à Charlevoix, au Canada, pour se rendre à Singapour avant sa rencontre prévue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants étrangers ; il a exigé que leurs pays réduisent les barrières commerciales qui gênent les États-Unis sous peine de perdre l’accès au marché de la plus grande économie mondiale.

« Ils n’ont pas le choix. Je vais être honnête avec vous, ils n’ont pas le choix », a déclaré M. Trump aux journalistes lors d’une conférence de presse, ajoutant que les entreprises et les emplois avaient quitté les États-Unis pour échapper aux barrières commerciales à l’étranger. « Nous allons régler cette situation. Et si nous n’y arrivons pas, alors, nous ne traiterons plus avec ces pays. »

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Les dissensions de la réunion du G-7 offraient un contraste saisissant avec l’autre réunion, plus importante, qui s’est tenue aujourd’hui, à savoir le 18ième sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Qingdao, en Chine :

Un feu d’artifice éblouissant a illuminé la ville de Qingdao et les visages des invités qui ont traversé le vaste continent eurasien jusqu’à la côte de la mer Jaune pour le 18e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), samedi soir.

Il s’agit du premier sommet de ce type depuis que l’Inde et le Pakistan sont devenus membres à part entière de l’organisation en juin 2017. […]

L’esprit de Shangaï l’esprit de confiance mutuelle, d’intérêt commun, d’égalité, de concertation, de respect des diverses civilisations et de poursuite d’un développement commun a été affirmé dans la Charte de l’Organisation de Shanghai, une organisation régionale globale fondée en 2001 par la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, puis élargie à huit États membres.

Ce week-end, Xi présidait le sommet pour la première fois en tant que président chinois, en présence des dirigeants d’autres États membres de l’OCS et de quatre États observateurs, ainsi que des leaders de diverses organisations internationales.  […]

L’OCS est devenue une organisation couvrant plus de 60 % de la surface du continent eurasien, près de la moitié de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial.

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Deux étasuniens « réalistes », Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski, ont toujours dit que l’Occident devait séparer la Chine de la Russie s’il voulait conserver sa position de leader mondial. Nixon s’était rendu en Chine dans ce but.

Des années plus tard, les États-Unis se sont imaginé qu’ils avaient « gagné » la guerre froide. Ils se sont sentis invincibles, la « seule superpuissance » et ont voulu « diriger le monde entier ». Ils se sont réveillés après l’invasion de l’Irak. La puissante armée américaine était battue à plat de couture par les « nègres du désert » qu’elle méprisait tant. Quelques années plus tard, les marchés financiers américains étaient en lambeaux.

La brutalité des efforts pour encercler toujours davantage la Russie a mené à l’alliance sino-russe qui dirige maintenant l’OCS et bientôt, peut-être, le monde. Il n’y aura pas de photo comme celles que j’ai postées ci-dessus du sommet de l’OCS. Le président chinois Xi appelle le président russe Poutine « mon meilleur ami ».

L’ « Occident » a perdu en Eurasie.

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Les États-Unis ne sont plus désormais qu’un petit caïd de cour d’école qui s’en prend aux membres de son gang parce que ses anciennes victimes sont devenues trop grosses.

Trump se rend à Singapour pour rencontrer Kim Jong-un. Contrairement à Trump, le leader suprême de la Corée du Nord sera bien préparé. Il est probable qu’il l’emportera facilement sur Trump pendant les négociations. Si Trump essaie de le menacer comme il menace ses « alliés », Kim fera ses valises et partira. Contrairement aux « alliés » des Etasuniens, il n’a pas besoin de ployer le genou devant Trump. Il peut compter sur la Chine et la Russie. Elles sont désormais les puissances qui peuvent diriger le monde.

L’ « occident » est fini. L’avenir est à l’est.

Moon of Alabama

Original en anglais

URL: https://arretsurinfo.ch/loccident-cest-du-passe/

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Anastasie au pays des Lumières [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

La loi sur les fausses informations portée par le gouvernement Philippe va loin. Entre la suppression du dialogue et le règne du subjectivisme généralisé, l’essayiste Jean Bricmont estime qu’une telle mesure mènera à un «totalitarisme de la naïveté».

TL BRICMONT LOI FAKE NEWS

TRIBUNE LIBRE / Jean Bricmont
Publié le 7 juin 2018 sur Russia Today 

Le gouvernement a décidé d’introduire une nouvelle loi pour combattre la diffusion de fausses informations («fake news» en franglais).  Il existe déjà dans la loi sur la presse de 1881 des dispositions réprimant l’insulte, la diffamation et le fait de provoquer des paniques artificielles. Mais aujourd’hui le gouvernement veut aller beaucoup plus loin, puisqu’il définit les «fausses informations» comme une «allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable». Ce projet va en effet très loin.

Exit

 

Psychanalyse

Tout d’abord, un sceptique pourrait demander quels sont les « éléments vérifiables » prouvant l’existence de Dieu, de la vie après la mort ou de l’efficacité des prières. Exit les religions. Qu’en est-il des « éléments vérifiables » rendant vraisemblable l’efficacité de l’homéopathie, ou les prédictions de l’astrologie ? Exit les pseudo-sciences. Bien avant Michel Onfray, de nombreux scientifiques se sont posés des questions sur les «éléments vérifiables» qui justifieraient la psychanalyse et, en général, ils n’en ont pas trouvés. Faut-il aussi la bannir au nom de la lutte contre les fausses nouvelles?

Mais que faire alors du plus gros de la philosophie française contemporaine dont le plus illustres représentants (Derrida, Foucault, Althusser, Badiou, Bernard-Henri Lévy et même Bouveresse) ont eu en général une attitude favorable à la psychanalyse et qui, même quand ils étaient critiques vis-à-vis de celle-ci (Deleuze et Guattari) ne l’étaient pas sur la base d’absence éléments vérifiables en sa faveur mais en proposant d’autres théories tout aussi peu justifiées ?

Ce n’est pas tout. Que faire des théories scientifiques qui sont avancées sans s’appuyer sur des éléments vérifiables ? On peut penser à la théorie des cordes en physique ou à diverses hypothèses en cosmologie.

Impossibilité du dialogue

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Finalement, qu’en est-il de la presse «mainstream» ? Dans toutes les affaires récentes (affaire Skripal, usage de gaz en Syrie, «meurtre» en Ukraine du journaliste russe Babtchenko, ou encore responsabilité du tir de missile ayant abattu un avion malaisien au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014), il y a un conflit entre le point de vue dominant en Occident et le point de vue russe ou malaisien ou syrien, lesquels sont partagés par une bonne partie du reste du monde.

On en est peut-être plus à «vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà»,mais au moins à «vérité d’un côté de la Méditerranée,erreur de l’autre» ou «vérité en deçà de la frontière russo-polonaise, erreur au-delà» ce qui, en quelques siècles, ne nous a pas fait fort avancer vers l’universel. La seule façon de résoudre nos différents avec le reste du monde, c’est la discussion libre. Comme la loi contre les fausses nouvelles a, semble-t-il, pour but principal de contrer ce que le gouvernement considère comme de la propagande pro-russe, il y a fort à craindre qu’elle ne fasse que renforcer la frontière mentale «russo-polonaise».

Il a suffi que le journaliste un peu hétérodoxe André Bercoff pose des questions à propos du sauvetage providentiel de l’enfant suspendu à un balcon par Mamadou Gassama pour que le CSA soit saisi, qu’il soit mis en accusation par Laurent Joffrin pour «susciter des doutes» et quasiment convoqué pour se justifier de l’accusation de  «complotisme» devant son (en principe) confrère Jean-Marc Morandini.

 

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D’abord il est assez extraordinaire de reprocher à un journaliste le fait de poser des questions et d’inciter au doute. Indépendamment de cette affaire de sauvetage, il me semblait naïvement que c’était justement cela une des fonctions principales du journalisme. Et que la démarche rationnelle et scientifique pourrait se résumer ainsi : de même qu’il vaut mieux avoir dix coupables en liberté qu’un innocent en prison, il vaut mieux avoir dix doutes excessifs qu’un dogme infondé.

Par ailleurs, il est vrai que ce que les médias dominants appellent les «théories du complot», et qui vont d’interrogations légitimes sur les récits médiatiques et sur les assertions gouvernementales aux spéculations les plus fantaisistes, prolifèrent sur les réseaux sociaux. Mais existe-t-il une seule personne sensée qui peut croire que cette façon de traiter monsieur Bercoff va en quoi que ce soit faire reculer cette prolifération ?

Totalitarisme de la naïveté

 

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Finalement, la ministre de la culture, madame Françoise Nyssen, souhaite faire de l’audiovisuel public un média engagé qui permettra de combattre les idées «hautement réactionnaires» des Français, entre autre concernant la diversité. Tout d’abord, ce que LREM considère comme réactionnaire (défendre les services publics ou la souveraineté nationale) est exactement ce qui aurait été considéré comme progressiste il y a quelques décennies, ce qui fait que le terme mériterait d’être défini. Mais plus fondamentalement, est-il légitime de demander à des adultes de payer des impôts ou des redevances pour être rééduqués ?

Loin de moi l’idée que le gouvernement veuille consciemment instaurer un régime totalitaire. Le problème vient plutôt du subjectivisme généralisé de la culture contemporaine où les discours sur les valeurs ont permis de mettre de côté les questions touchant aux faits et à l’objectivité. On le voit assez dans la méfiance généralisée face aux progrès scientifiques et techniques. Certes, le droit n’a pas le même type d’objectivité que les sciences naturelles. Mais il cherche à établir des règles fondées en raison qui permettent de protéger l’individu face à l’arbitraire du pouvoir. Toute la réflexion classique sur la liberté d’expression, remontant au XVIIIe siècle, repose sur cette idée.

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Les gens qui nous parlent sans arrêt de leurs valeurs ne font en réalité que mettre en avant leur propre supériorité morale. Et c’est bien cela qui est à la base de la corruption du droit à laquelle on assiste dans l’affaire de la loi sur les fausses nouvelles, des réactions hystériques face au «complotisme» de monsieur Bercoff,  et de la bonne conscience de madame Nyssen. A partir du moment où un groupe d’individus se persuade qu’il incarne le Bien à cause de ses «valeurs», il ne perçoit même plus les limites légitimes que l’on peut mettre à son pouvoir. C’est ce qu’on pourrait appeler le totalitarisme de la naïveté.

Par Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

https://arretsurinfo.ch/anastasie-au-pays-des-lumieres/

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L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Extrait d'un article, un des plus importants et visionnaires de Keynes, et qui date de 1933. Le texte original, “National Self-Sufficiency”, a été publié par The Yale Review, vol.22, n˚ 4 (juin 1933), p. 755-769..

hist keynes

Toute ressemblance avec une situation existante ne serait nullement fortuite.

Pour télécharger l'article complet, voici le lien : ce texte en pdf ici

L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix

D’abord, la question de la paix. Nous sommes aujourd’hui pacifistes avec une telle force de conviction que si les tenants de l’internationalisme économique pouvaient l’emporter sur ce point, ils retrouveraient vite notre appui. Mais il n’est pas évident que concentrer ses efforts sur la conquête de marchés étrangers, introduire dans les structures économiques d’un pays les ressources et l’influence de capitalistes étrangers et dépendre étroitement des politiques des autres pour sa propre vie économique garantisse la paix entre les nations. L’expérience et la prévoyance nous permettraient même d’affirmer le contraire. La protection par un pays de ses intérêts à l’étranger, la conquête de nouveaux marchés, le développement de l’impérialisme économique, sont les éléments incontournables de la politique de tous ceux qui veulent maximiser la spécialisation internationale et la diffusion géographique du capital, où que soit installé celui qui le possède. Si l’on pouvait éviter les fuites de capitaux, les politiques intérieures seraient plus faciles à déterminer. Il y a un véritable divorce entre les propriétaires et les vrais gestionnaires lorsque, par suite de la forme juridique des entreprises, leur capital est réparti entre d’innombrables individus qui achètent des actions aujourd’hui, les revendent demain et n’ont ni la connaissance ni la responsabilité de ce qu’ils ne possèdent que peu de temps. C’est déjà grave à l’intérieur d’un pays, mais les mêmes pratiques étendues à l’échelle internationale deviennent intolérables en période de tension – je ne suis pas responsable de ce que je possède et ceux qui gèrent mon bien n’ont pas de comptes à me rendre. Un calcul financier peut montrer qu’il est avantageux pour moi d’investir quelque part dans le monde où l’efficacité marginale du capital est maximale ou bien le taux d’intérêt le plus élevé. Mais on voit à l’expérience que le fait que le propriétaire soit éloigné de la gestion est préjudiciable aux relations entre les hommes, et que cela provoque tôt ou tard des tensions et des inimitiés qui finissent par réduire à néant les calculs financiers.

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Je me sens donc plus proche de ceux qui souhaitent diminuer l’imbrication des économies nationales que de ceux qui voudraient l’accroître. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, le voyage, doivent par nature être internationaux. Mais produisons chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible, et surtout faisons en sorte que la finance soit nationale. Cependant, il faudra que ceux qui souhaitent dégager un pays de ses liens le fassent avec prudence et sans précipitation. Il ne s’agit pas d’arracher la plante avec ses racines, mais de l’habituer progressivement à pousser dans une direction différente.

Pour toutes ces raisons, j’ai donc tendance à penser qu’après une période de transition, un degré plus élevé d’autosuffisance nationale et une plus grande indépendance économique entre les nations que celle que nous avons connue en 1914 peuvent servir la cause de la paix, plutôt que l’inverse. De toute façon, l’internationalisme économique n’a pas réussi à éviter la guerre, et si ses défenseurs répondent qu’il n’a pas vraiment eu sa chance, son succès ayant toujours été incomplet, on peut raisonnablement avancer qu’une réussite plus achevée est fort improbable dans les années qui viennent.

(...)

Autres chapitres à lire:

Coûts et avantages du patriotisme économique

Les méfaits de la course à la rentabilité à tout prix

John Maynard Keynes, 1933

https://www.les-crises.fr/de-l-autosuffisance-nationale/

Keynes CIT 1

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samedi 16 juin 2018

La riposte de Limoges à Brive: "entrepreneurs stories now by Limoges" !

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Plan social chez Anovo à Brive : les salariés accrochent leurs blouses aux grilles de l'usine

Cet après-midi, jeudi, les salariés d’Anovo sont sortis quelques minutes devant leur usine, s’asseyant sous les blouses blanches qu'ils ont accrochées aux grilles du site en plein plan social.

La direction de cette entreprise spécialisée dans la maintenance d’outils de télécommunication, a annoncé la suppression de 95 postes sur 182.

Pour l’instant, les salariés n’ont pas déposé de préavis de grève mais ils comptent bien maintenir la pression pour obtenir des « sommes permettant des reconversions dans de bonnes conditions ». Les négociations dans le cadre de ce Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) vont commencer la semaine prochaine.

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« Nous en voulons à Ingram, notre groupe, mais aussi à Orange, notre principal donneur d’ordres, qui, par sa politique tarifaire, ne permet pas à un site comme le nôtre de vivre », lance Eric Meilhac, élu CGT.

Les salariés étaient déjà sortis de l'usine pour exprimer leur colère et leur inconpréhension au lendemain de l'annonce des suppressions de postes à Paris, le 30 mai dernier. 

Emilie Auffret

https://www.lamontagne.fr/brive-la-gaillarde/economie/emploi/2018/06/14/plan-social-chez-anovo-a-brive-les-salaries-accrochent-leurs-blouses-aux-grilles-de-l-usine_12887215.html

Trois choses à savoir sur l'événement "Now 2018" qui aura lieu le 28 juin à Limoges

Créer un événement fédérateur d'énergies, en réunissant tous les acteurs économiques du territoire : c'est ce qu'à voulu faire Limoges Métropole en organisant la première édition de "Now 2018".

1- Une soirée au Zénith de Limoges ouverte à tous

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De l’agriculteur au start-upper, du commerçant à l’artisan, toutes les forces vives sont conviées à venir échanger avec les différents intervenants locaux et nationaux de la soirée, le 28 juin au Zénith de Limoges.

« Cet événement a pour objectifs, à la fois de faire émerger de nouvelles propositions d’actions en faveur du dynamisme de l'agglomération avec la création d’un livre blanc, mais également de donner aux entrepreneurs et décideurs locaux la fierté de ce territoire riche et porteur d’avenir, » confie Gérard Vandenbroucke, président de la Communauté d’Agglomération Limoges Métropole

« Notre Agglomération a des atouts : innovation, recherche, entreprises reconnues mondialement (luxe, électronique imprimée, silver économie...), ajoute-t-il. Ce qui nous manque parfois c’est la confiance et l’audace : j’ai souhaité que cet événement nous permette de prendre conscience, grâce à des témoins extérieurs et renommés, que notre territoire a toute la capacité et le potentiel pour rayonner sur la scène nationale et internationale. Cet avenir prometteur commence maintenant, "now" pour reprendre le nom de l'événement. »

2- Une soirée rythmée animée par Jeanne Dussueil

L’événement sera animé par la journaliste Jeanne Dussueil. Ancienne journaliste pour FrenchWeb et Challenges, actuellement chroniqueuse sur BFM Business, elle a ouvert en 2013 Globaliz, nouveau média spécialisé dans l’actualité liée aux secteurs de l’économie, la société, la politique, l’innovation et l’emploi.

3- Six thématiques et six talkers locaux et nationaux

Au cours de la soirée, six talkers locaux et nationaux viendront sur scène pour délivrer, chacun à leur tour, un message fort sur la thématique dont ils sont les spécialistes.

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Carlos Diaz (entrepreneuriat) : depuis 2016, le limougeaud dirige avec Pierre Gaubil et Géraldine LeMeur "The Refiners", un accélérateur installé dans la Silicon Valley pour aider des start-ups françaises à développer leur activité aux Etats-Unis.

Bernard Blaizeau (artisanat) : il a repris en 2004 l’atelier de couture C2000 qui travaille pour de prestigieuses maisons haute-couture. Bernard Blaizeau a aussi créé à Limoges sa propre maison de couture, Lou Kasatché, en 2009, boulevard de Fleurus à Limoges. Gardien d’un patrimoine vivant et ambassadeur du Limousin avec l’association Luxe et Excellence.

Stéphane Gilbert (environnement) : en 2014 il a créé l’entreprise Aquassay à Limoges, une société de services à l’industrie spécialisée en efficacité hydrique. Aquassay accompagne les industriels dans leur transition vers l’efficacité hydrique : moins consommer, mieux produire, moins rejeter.

Marc Touati (économie) : économiste spécialiste de la finance. De janvier 2008 à juin 2012, il a été Directeur Général chargé de la recherche économique et financière de Global Equities. Il  est également un écrivain à succès, avec cinq bestsellers

Pierre Sabatier (silver économie) : Il est président et directeur des études du cabinet indépendant de recherche économique et financière, PrimeView, qu’il a fondé en 2008. Son sujet de prédilection est l’impact du vieillissement des populations sur nos modèles de développement (Etats, entreprises, marchés financiers…)

Stéphane Mallard (intelligence artificielle) : il est  "digital evangelist" chez Blu Age. Son job ? Entre l’Europe et les Etats-Unis, il analyse les aspects les plus disruptifs de la révolution digitale.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/innovation/2018/06/15/trois-choses-a-savoir-sur-l-evenement-now-2018-qui-aura-lieu-le-28-juin-a-limoges_12885662.html

 

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Anovo : mais de quoi se plaignent les employés ?
Nous sommes bien dans "la mondialisation heureuse" !!!

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Quant à l'événement "Now by Limoges" dont l'affiche s'étale en très grand format dans les rues de Limoges, rappelons une chose : LA LOI !
Mais comment peut-on tolérer que des collectivités territoriales bafouent ainsi la loi ? Cette affiche est strictement illégale !



Loi n° 94-665 du 4 août 1994

Article 1
Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.
Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics.
 
Article 2
Dans la désignation, l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de la langue française est obligatoire.
Les mêmes dispositions s'appliquent à toute publicité écrite, parlée ou audiovisuelle.

Article 3
Toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l'information du public doit être formulée en langue française.
 

Article 5
Quels qu'en soient l'objet et les formes, les contrats auxquels une personne morale de droit public ou une personne privée exécutant une mission de service public sont parties sont rédigés en langue française. Ils ne peuvent contenir ni expression ni terme étrangers lorsqu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française.

S.R.

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