mercredi 18 octobre 2017

Pénurie de beurre : les entreprises en danger

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises.

ARG BEURRELes étals, les chariots, les plans de travail, vides ou presque depuis la rentrée. Alors quand la livraison de beurre arrive le travail peut enfin commencer. Cette entreprise du Cher fabrique des pâtes haut de gamme, feuilletées, sablées, brisées. À cause de cette pénurie de beurre, la majorité des 10 employés est au chômage partiel depuis deux semaines déjà. La perte est nette pour les salariés. Conséquence directe : les clients ne sont plus approvisionnés. En janvier cette boutique parisienne a vendu les 1 500 pâtes livrées par l’entreprise du Cher. Le mois dernier, elle en a reçu tout juste 500.

Des causes multiples

En cause, plusieurs facteurs. La demande internationale pour le lait explose, du coup certaines coopératives exportent et fournissent moins les entreprises françaises. En cause aussi, une moins bonne production l’an dernier, et les éleveurs sont de moins en moins nombreux. Aujourd’hui, l’entreprise de pâte feuilletée François est en danger, comme beaucoup d’autres PME en France qui ont besoin de beurre pour travailler.

http://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/penurie-de-beurre-les-entreprises-en-danger_2419789.html


 

Voir aussi:

Pénurie de beurre dans les épinards… L’énorme mensonge que l’on vous cache !

par | 17 Oct 2017

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises… Voilà ce que nous explique officiellement France Télévision dans son reportage ci-dessus.

Pourtant, à y regarder de plus près, je ne vois aucune donnée financière, je dis bien aucune qui impliquerait une pénurie de beurre.

Certes les cours du lait montent, mais ils ne sont pas plus élevés qu’il y a 3 ans, et s’il y avait véritablement pénurie de lait alors les prix monteraient beaucoup plus.

Alors question : pourquoi les rayons des supermarchés se vident-ils en beurre ?

À mon sens, les industriels préfèrent tout simplement vendre le beurre à l’étranger car cela rapporte plus.

Vous avez là sous les yeux des rayons vident faute à la “mondialisation” et à la libre circulation des produits.

Vous n’aurez plus de beurre parce qu’il est plus rentable de le vendre ailleurs. Voilà le bilan de politiques économiques absurdes menées depuis des décennies.

Mais on continuera à vous faire vomir le “protectionnisme” en hurlant au fascisme.

Voilà donc les graphiques que je voulais vous montrer et la source c’est le site Web-agri.fr ici.

Des cours du lait qui montent mais qui n’explosent pas… 

Des cours du beurre qui explosent… au niveau international !

Plus grave, ce qu’il se passe avec le beurre aujourd’hui se passera avec la viande, les volailles et tout ce qui constitue votre alimentation quotidienne, car si on laisse le marché totalement libre, y compris pour quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation, alors la nourriture ira forcément aux plus offrants… et vous n’aurez plus rien à manger.

Voici donc un autre signal faible mais réel de la fragilité de notre modèle et qui montre bien que nos systèmes sont au bord de la rupture.

Imaginez… Et si la famine n’était pas qu’un lointain souvenir ?

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/penurie-de-beurre-dans-les-epinards-lenorme-mensonge-que-lon-vous-cache/

Portrait vidéo : Laurent Joffrin, socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

Laurent Joffrin, de son vrai nom Laurent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vincennes. Il est le fils de Jean Mouchard, éditeur, propriétaire des Éditions François Beauval, devenu homme d’affaires, puis gestionnaire de fortune, aujourd’hui à la retraite, et de Chantal Michelet, décédée en 1955. Personnalité de la droite nationale, Jean Mouchard fut durant une dizaine d’années l’un des principaux collecteurs de fonds du Front National par le biais de la COTELEC (cotisation électorale). L’engagement de son père auprès de Jean-Marie Le Pen a renforcé les idées politiques de Laurent Joffrin, à l’opposé des siennes : « Entre l’âge de 12 et 18 ans, j’ai passé mon temps à convaincre mon père, à argumenter, à tenter de lui démontrer qu’il avait tort » (Le Nouvel Économiste, du 21 au 27 novembre 2003). Sa carrière se caractérise par des allers et retours incessant entre Libération et Le Nouvel Observateur.

VID JOFFRIN OJIMhttps://www.ojim.fr/portrait-video-laurent-joffrin-socialiste-liberal-compatible-a-tous-les-pouvoirs/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=d4e148bdf8-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-d4e148bdf8-71509009


Un portrait à charge, mais largement mérité de mon point de vue compte tenu de l'arrogance du personnage. Quelque soit l'angle idéologique qu'on adopte, force est de constater que certains "journalistes" ont trouvé le moyen de se faire cordialement détester! Je me souviens des critiques acerbes que Joffrin suscitait du temps de la splendeur du site "Acrimed" et de journaux comme PLPL, dans les années 90/2000, déjà...

P.G.

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Airbus joue sa survie, la France et l’Allemagne à sa rescousse

Emmanuel Macron et Angela Merkel sont unis pour sauver le constructeur aéronautique, en danger de mort. Cela pourrait passer par la nomination d’une nouvelle direction. Un article de notre partenaire La Tribune. [EURACTIV].

ACT AIRBUSLe dossier est explosif, très explosif. Trop peut-être. Il est fort probable qu’il fasse pschitt malgré tout. Selon les informations que La Tribune a recueillies durant son enquête, tout le monde se tient chez Airbus entre les nouveaux « parias » du groupe et les nettoyeurs mais aussi au niveau des États. Car ce dossier ne concerne pas n’importe quelle société  en Europe : Airbus est l’une des entreprises industrielles les plus emblématiques du Vieux Continent, sinon la plus emblématique. Airbus est même la fierté de la France et de l’Allemagne, le symbole de leur coopération.

Mais aujourd’hui Airbus est en danger de mort, des enquêtes sont ouvertes en Grande-Bretagne et en France sur des éventuels faits de corruption. Les États-Unis sont quant à eux en embuscade. Sa survie va donc dépendre de l’équilibre des forces entre d’un côté l’Allemagne et la France, et de l’autre les États-Unis. Il y aura bien sûr des concessions de part et d’autre de l’Atlantique et certainement des habillages de communication habiles pour faire croire à la sévérité des sanctions. Au sein du groupe, personne n’a également intérêt à aller au bout de l’histoire car chacun sait où est son intérêt (financier) à éviter de déclencher le premier les hostilités même si un grain de sable peut toujours se glisser. Explications sur un dossier où la morale est bannie…

Le bal des hypocrites chez Airbus

Chez Airbus, il y a donc d’un côté les « parias » du groupe, très clairement tous issus du feu service SMO (Strategy Marketing Organization), anciennement dirigé par Marwan Lahoud et, avant lui, par Jean-Paul Gut. Une équipe qui dispose d’un réseau et d’une influence incroyables à travers le monde et qui est capable de vendre de la glace à des Esquimaux. À tel point que des passerelles très fortes existent entre les grands commerciaux de SMO (160 personnes environ) et les services secrets français, assure-t-on à La Tribune. Les commerciaux rendent compte de leurs affaires et des négociations dans des pays dits compliqués aux seconds, qui en retour, les aident ponctuellement. Des échanges en quelque sorte de bon procédé. Ce système fait partie tout simplement de l’influence française dans les coulisses du monde.

SMO a donc fait gagner des milliards d’euros de commandes au groupe et des millions de primes, indexées sur les contrats signés, aux dirigeants d’Airbus. C’était le bon temps où chacun croquait sa part avec gourmandise et insouciance. Trop. Car des centaines de millions de commissions aux intermédiaires ont été validées pendant des années par la direction financière d’Airbus, voire par les plus hauts dirigeants du groupe quand le montant des contrats grimpait à des sommets himalayens, explique-t-on à La Tribune.

Bien sûr, les chèques destinés aux intermédiaires ont également été signés par la direction financière du groupe, précise-t-on. Y compris ceux qui portaient des « valises de billet » pour arroser les milieux politiques ou autres pour obtenir des commandes dans certains pays sensibles. Une pratique courante et nécessaire pour la plupart des groupes qui commercent dans ces pays. Pas question donc de les déclarer à l’UK Export Finance (UKEF) ou même à la Coface, qui exigent les noms des intermédiaires et le montant des commissions pour accorder un financement à l’export. Mais ce temps est désormais révolu depuis les enquêtes lancées en 2016 par le Serious Fraud Office (SFO), l’agence britannique anti-fraude, puis le Parquet national français (PNF).

Aussi tous ceux qui ont fait gagner des milliards au groupe et des millions à leurs dirigeants et/ou ont servi Marwan Lahoud sont devenus des parias dans le groupe. De tolérés par Tom Enders, qui ne les a jamais vraiment trop appréciés mais en avait besoin (voir l’enquête de Mediapart), ils ont été bannis du jour au lendemain à la suite des audits internes confiés à partir de 2014 à des cabinets d’avocats américains. Leurs investigations se concentreraient sur la période 2011-2017. « Il y a eu des errements, des dysfonctionnements. C’est grave », nous confie une source en interne. Résultat, la plupart des dirigeants de SMO ont quitté un à un le groupe, nantis de gros chèques assortis de clauses de confidentialités très strictes. Des départs que la direction justifie pour la majorité d’entre eux par l’opération d’intégration du groupe lancée en septembre 2016 par Tom Enders. Ils n’avaient plus leur place dans la nouvelle organisation… Ce qui fait sourire les connaisseurs du dossier. Ainsi, après Anne Tauby, directrice du Marketing et de la Globalisation du groupe, c’est au tour du directeur de la région Asie-Pacifique Pierre Jaffre d’être le prochain sur la liste de Tom Enders et de son directeur juridique d’Airbus John Harrison, appelé en renfort en 2015 par le PDG d’Airbus pour faire le nettoyage.

Et surtout, les bannis, rompus aux méthodes du business mondial, n’ont évidemment pas oublié d’emporter avec eux dans leurs cartons des documents compromettants pour la direction pour se protéger. Bien sûr, ils n’ont aucune raison de les faire sortir tant que… l’équilibre de la terreur n’est pas rompu. Jusqu’ici ce qui est sorti dans la presse ne représente qu’une infime partie de l’iceberg même si « 99% des contrats ont été faits dans les règles », rappelle un ancien de la maison. Mais les petites mains du SMO à l’image de certains juristes, qui n’ont pas été aussi bien traitées par la direction que certains responsables, tiendront-elles leur langue si leur vie professionnelle est à jamais brisée ? À voir…

Les dirigeants d’Airbus, dont Tom Enders, qui s’est soumis selon nos informations, aux enquêtes internes du groupe en confiant son téléphone et ordinateur professionnels aux enquêteurs, plaident quant à eux l’ignorance sur des faits éventuels de corruption. « Il y a deux niveaux de responsabilité : ceux qui ont eu de mauvais comportements et ceux qui ont des responsabilités managériales dans le groupe », fait-on valoir en interne. Très clairement, la direction la joue en reprenant la formule tristement célèbre : « responsable mais pas coupable ». Une ligne de conduite fragile si des documents compromettants venaient finalement à sortir… En outre, le SFO demande à Airbus des coupables, qui ne sont pas protégés des poursuites pénales par l’accord passé entre le groupe et l’agence britannique. Qui va payer pour tout le monde? Certains des bannis sont prêts à rendre coup pour coup.

Que vont faire les États-Unis?

Les États-Unis vont-ils s’inviter dans ce dossier? C’est la question qui trotte dans toutes les têtes des acteurs de cette affaire d’État(s). Mais ils y sont déjà comme le révèle Le Monde. En revanche, ce qu’ont pu faire impunément les États-Unis avec Alstom, il n’est pas sûr qu’ils puissent infliger le même châtiment à Airbus sans coup férir. Pour sauver le constructeur européen, joyau industriel européen, « la France est prête à rendre coup pour coup si les États-Unis recommencent à faire du terrorisme économique » avec ce  dossier, assure-t-on à la Tribune.

Les États-Unis vont donc devoir analyser les conséquences d’une attaque contre Airbus et en jauger les avantages et les inconvénients. Car après Alstom, Technip, Total, BNP ou encore Crédit Agricole qui ont courbé l’échine face aux États-Unis, Airbus serait la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. Trop, c’est trop. Clairement, le dossier Airbus peut basculer dans une guérilla potentiellement mortifère des deux côtés de l’Atlantique dans le cadre de la guerre économique que se livrent les États-Unis et l’Europe. D’autant que le comportement du département de la justice américain (DoJ) est de plus en plus considéré en Europe comme un comportement de « voyou », fait-on valoir en France.

Pour les États-Unis, la question est de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle. La France a fait passer le message, calqué sur celui de la dissuasion nucléaire : vous attaquez, nous ripostons. Car la France a un nouvel outil, la loi Sapin 2, qui permet cette riposte. Des dossiers seraient déjà constitués. Enfin, si Airbus disparaît, les États-Unis pourraient se retrouver en duopole avec les Chinois. Le veulent-ils vraiment? À suivre.

Macron et Merkel, unis pour sauver Airbus

En France, le dossier est personnellement pris en main par Emmanuel Macron après avoir longtemps été sous-estimé par François Hollande. Le président et son plus proche entourage ont pris conscience de l’extrême gravité de la situation et seraient prêts à en découdre. « C’est l’un des dossiers les plus sensibles et les plus secrets » du moment explique-t-on à La Tribune. C’est également un dossier régulièrement évoqué dans les échanges fréquents entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui a des relations extrêmement froides avec Tom Enders. « C’est leur sujet prioritaire. Les deux États sont déjà intervenus sur le thème : ‘il faut mettre fin à ce bordel qui menace la pérennité du plus gros acteur industriel en Europe’ », décrypte-t-on.

Chez Airbus, qui s’est dénoncé auprès du SFO pour fuir la justice américaine, on assure que le sérieux de l’enquête de l’agence britannique permettra de maintenir les États-Unis en dehors du dossier. Faut-il rappeler que le gouvernement Blair avait enterré en 2006 une enquête du SFO sur le très sulfureux contrat Al-Yamamah avec l’Arabie Saoudite. Il avait invoqué la « relation stratégique essentielle » entre les deux pays et expliqué que l’enquête pourrait nuire à la sécurité nationale. Peu de temps après, Londres signait un très important contrat militaire avec Riyad. Comme quoi la raison d’État et l’hypocrisie font bon ménage…

Pour autant, chacun a bien conscience qu’il faudra sortir de ces affaires par le haut… avec forcément des compromis à la clé. Selon une source proche du dossier au sein de l’État, une réflexion serait engagée sur une opération « main propre » à la tête d’Airbus, qui impliquerait le départ de tout le comité directeur du groupe, Français compris. Problème, qui pour les remplacer? La question n’est pas encore, semble-t-il, résolue. Mais le moment de vérité approche. Alors, pschitt ou bang bang ?

http://www.euractiv.fr/section/economie/news/airbus-joue-sa-survie-la-france-et-lallemagne-a-sa-rescousse/

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L’artiste russe Pavlenski arrêté à Paris pour avoir mis le feu à la Banque de France

L’artiste performeur russe Piotr Pavlenski a été arrêté par la police, lundi 16 octobre à l’aube, pour avoir mis le feu à une antenne de la Banque de France place de la Bastille à Paris. Peu après 4 heures du matin, l’artiste a aspergé d’essence deux fenêtres encadrant l’entrée du bâtiment, puis y a mis le feu.

ARG FEU RUSSE BDFLa police est arrivée rapidement sur les lieux et a emmené M. Pavlenski et la femme qui l’accompagnait au commissariat voisin, vers 4 h 15. Tous deux ont été placés en garde à vue pour dégradations volontaires de biens par l’effet d’une substance incendiaire.


Pavlenski, réfugié en France depuis le mois de janvier, a utilisé la même méthode que pour les actions qui l’ont rendu célèbre en Russie : convoquer, au dernier moment, des photographes et des caméras. « Nous étions quatre ou cinq, dont deux cartes de presse, relate le photographe Marc Chaumeil, de l’agence Divergence Images. Je ne le connaissais pas avant, et un contact m’a proposé hier de venir à Bastille dans la nuit. »

Piotr Pavlenski a distribué aux journalistes présents un communiqué de quelques lignes, censé expliquer cette action baptisée Eclairage :

« La Bastille a été détruite par le peuple révolté ; le peuple l’a détruite comme symbole du despotisme et du pouvoir. Sur ce même lieu, un nouveau foyer d’esclavage a été bâti. (…) La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques. (…) La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l’incendie mondial des révolutions. »

Un soutien des Pussy Riot

Les photos prises sur les lieux rappellent fortement la dernière action d’envergure menée en Russie par l’artiste : l’incendie, en novembre 2015, de la porte principale de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes.

Cette action lui avait valu de passer sept mois en détention préventive, avant d’être finalement condamné à une simple amende. L’artiste, qui se revendique de « l’art politique », avait transformé son procès en performance en invitant des prostituées à y témoigner, pour moquer la soumission de la justice russe au pouvoir politique.

Piotr Pavlenski, 33 ans, qui s’inscrit dans la tradition déjà ancienne de l’actionnisme russe, est aussi connu pour s’être enroulé nu dans du fil barbelé ou s’être cloué les testicules sur les pavés de la place Rouge, une « métaphore de l’apathie, de l’indifférence politique et du fatalisme de la société russe ».

Il s’était aussi cousu les lèvres en soutien aux Pussy Riot, un groupe de jeunes femmes condamnées à deux ans de camp pour avoir « profané » la cathédrale du Christ-Sauveur, à Moscou, au cours d’une prière punk. Interné à plusieurs reprises en asile psychiatrique, aucune expertise ne l’a jamais déclaré fou.

Procédure judiciaire en Russie

C’est une tout autre affaire qui a finalement précipité son départ de Russie, en janvier. L’artiste et sa femme, Oksana Chaliguina, ont obtenu début mai le statut de réfugiés politiques en France, où ils avaient fui avec leurs deux enfants à la suite du déclenchement d’une procédure judiciaire pour agression sexuelle, en décembre 2016. A l’origine des accusations, une jeune comédienne du Teatr.Doc, qui dit avoir été violentée, blessée et avoir eu ses vêtements lacérés par Pavlenski et sa compagne.

Ces accusations avaient causé la stupeur dans les milieux artistiques et d’opposition russes, le Teatr.Doc étant lui-même considéré comme proche de l’opposition. M. Pavlenski, lui, a toujours contesté les faits, et a dénoncé dans les poursuites une persécution politique. Après son interpellation à l’aéroport de Moscou, en décembre 2016, il avait raconté :

« On nous a expliqué qu’on avait en gros deux possibilités (…), aller en prison dans un camp pour dix ans, avec tout le loisir d’expliquer aux autres prisonniers qu’on avait été victimes d’une sale intrigue, ou partir de Russie. »

Refus des aides sociales

Depuis son installation en France, la famille Pavlenski vivait pauvrement, changeant souvent d’appartement. En mai, dans un entretien à Radio Svoboda, l’artiste avait expliqué avoir refusé toute aide sociale et tout logement, disant travailler « pour les gens et pas pour l’Etat ». Il estimait aussi, en pleine campagne présidentielle, qu’« on laisse le choix aux gens entre libéralisme et fascisme ».

Dans un autre entretien, accordé en septembre à la radio allemande Deutsche Welle, il expliquait squatter un appartement et voler de la nourriture dans les magasins, disant « vivre comme la plupart des Français ».

Quelle qu’elle soit, la réaction des autorités françaises fera les choux gras de la presse russe, trop heureuse de moquer une éventuelle bienveillance passive, ou à l’inverse de pointer une sévérité qui était justement critiquée quand l’artiste opérait en Russie.

Pour l’heure, l’enquête a été confiée à la sûreté territoriale par le parquet de Paris, et la Banque de France a fait part à Franceinfo son intention de porter plainte.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/10/16/l-artiste-russe-pavlenski-arrete-a-paris-apres-avoir-mis-le-feu-a-la-banque-de-france_5201602_3246.html#DEODPCfCpXX6AyVF.99


 

Voir aussi
Ce réfugié politique russe qui brûle la Banque de France !
par | 17 Oct 2017

Voilà donc l’état de nos propres contradictions résumé à travers un article du Monde qui explique en substance que cet artiste russe a obtenu l’asile en France et le statut de réfugié car il était sous la menace de gros problèmes liés, je cite, “au déclenchement d’une procédure judiciaire pour agression sexuelle, en décembre 2016. À l’origine des accusations, une jeune comédienne du Teatr.Doc qui dit avoir été violentée, blessée et avoir eu ses vêtements lacérés par Pavlenski et sa compagne”.

Du coup, ce charmant artiste est donc vite venu en France pour poursuivre ses performances et incendier la Banque de France…

Le tout après que Macron vienne de nous expliquer qu’il allait virer ceux qui se tiennent mal.

Du coup, l’artiste russe, on en fait quoi ?

On se le garde pour le voir mettre le feu chez nous et on sera laxiste, ou on le renvoie chez Poutine où il va passer un mauvais quart d’heure ?

Le problème avec les idéologies et le manque de pragmatisme, c’est qu’on va se garder un “harceleur” (voir plus) de femmes au moment où on se demande si siffler une fille c’est bien ou mal.

Notre pays ne tourne tout simplement plus rond, et quand on en arrive à autant de paradoxes sur un seul cas, c’est que nous avons cessé de penser collectivement convenablement.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/ce-refugie-politique-russe-qui-brule-la-banque-de-france/

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Trop cool la nouvelle matinale d’Europe 1 de Patrick Cohen !

Un changement de Matinale, ce n’est jamais anodin pour l’une des principales radios de France. Europe 1 a fait un gros coup lors du mercato médiatique d’été en faisant venir la voix idéologisée de France Inter en la personne de Patrick Cohen. Alors ? Le changement, c’est maintenant ? Coup gagnant pour Europe Matin ?

ARG OJIM EUROPE1Pas de tromperie sur la marchandise avec cette matinale nouvelle formule. L’accroche dit vrai : « Chaque matin, deux heures d’informations solides avec Patrick Cohen : des journaux complets avec la rédaction d’Europe 1, l’actualité politique française avec Hélène Jouan ou internationale avec Vincent Hervouet, l’économie avec Axel de Tarlé et la revue de presse de Marion Lagardère. Débats, réflexions et des invités qui font l’actualité. Mais aussi deux heures d’humeur et d’humour avec Philippe Vandel et Matthieu Noël, sans oublier le réveil de Julie et les facéties de Nicolas Canteloup ». En effet, ce cahier des charges est respecté. Ou presque. L’auditeur reçoit son quota d’informations, les différents chroniqueurs sont expérimentés, les invités ont le temps de s’exprimer (...), Patrick Cohen s’est libéré (de France Inter), la bonne humeur et l’humour règnent. Alors ? (...)


 

Rien, ou presque, de mon point de vue. Je vous laisse lire la suite ici:

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https://www.ojim.fr/cool-nouvelle-matinale-deurope-1-de-patrick-cohen/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=d4e148bdf8-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-d4e148bdf8-71509009

Personnellement, lorsque j'écoute Europe 1, il me prend en général une envie irrésistible de jeter mon poste par la fenêtre dès les premières minutes. Je n'ai pas retrouvé ce sentiment en lisant l'article. Peut- être sont- ils moins sensibles à la manière dont est traitée la question européenne sur cette antenne (comme sur les autres d'ailleurs). Pourtant l'Observatoire du Journalisme fournit en général, outre des critiques souvent pertinentes,  des informations précieuses pour tous ceux qui veulent comprendre l'asservissement des médias en France. Comme en témoigne cette infographie sur Europe 1, riche d'enseignements que voici, en images ci-dessous:

P.G.


 

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Suppressions de postes à GE : les salariés et la direction attendus à Bercy

Alstom et les fragiles promesses de GE

C'était en 2014. Lors du rachat des activités énergie d'Alstom, GE s'était engagé par accord écrit à créer 1.000 emplois nets en France d'ici à 2018.

 

LOGO FL A5Il fallait bien amadouer l'opinion publique française et le président de l'époque, François Hollande.Trois ans plus tard, le compte n'y est pas... et n'y sera peut-être jamais.
Car entre-temps, le groupe a déclenché un premier plan social en 2016 et projette maintenant de supprimer 350 postes supplémentaires à Grenoble.
Au total, les effectifs industriels de GE en France ont même baissé, passant de 14. 628 postes en novembre 2015  à 14.228 un an plus tard, soit 400 postes de moins.
Conclusion : il faudrait créer 1.400 postes nets d'ici 2018 pour respecter la parole donnée. Mission impossible?

Bercy veut encore y croire. Nous, pas trop...S.R. (UPR87)


 

 

 

Lors du rachat des activités Energie d’Alstom, General Electric s’est engagé à créer 1.000 emplois nets supplémentaires en France. Une promesse mise en doute par les plans sociaux.

ARG GE« Il n'est pas question de laisser tomber General Electric Grenoble. Au contraire, nous aiderons, nous soutiendrons, nous trouverons des solutions ». Alors que les salariés du site de Grenoble (GE Hydro) ainsi que des représentants de la direction étaient reçus à Bercy ce lundi, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a martelé sur franceinfo ce lundi que « General Electric devra tenir ses engagements » pris auprès de l'Etat français. Pourtant le doute s'installe.

Il y a trois ans, pour calmer les critiques autour du rachat des activités Energie d'Alstom par General Electric (GE), François Hollande avait, au nom de l'Etat, paraphé un accord avec GE, par lequel ce dernier s'engageait notamment à créer 1.000 emplois nets dans les activités industrielles de GE en France d'ici fin 2018.

Deux ans après la clôture de l'opération, l'opération semble de plus en plus compromise« C'était déjà difficilement tenable avec le premier plan social de GE début 2016, et maintenant il faut rajouter les 350 postes de l'hydraulique à Grenoble ... », résume un élu CFDT.

Annonces multiples et objectifs ambitieux

Selon le syndicat, les effectifs industriels de GE et Alstom en France étaient de 14.628 postes en novembre 2015, et ils n'étaient plus que 14.228 un an plus tard. Ce qui supposerait, pour respecter l'accord, de réaliser 1.400 créations nettes d'emplois d'ici fin 2018.

« Notre plan se déroule comme prévu et aujourd'hui, nous pouvons dire que nous sommes à mi-chemin. Nous continuons de mettre tout en oeuvre pour atteindre cet objectif », assure de son côté GE, indiquant que le plan social de début 2016 a freiné un temps les possibilités de nouvelles embauches. Le gouvernement a en tout cas indiqué mercredi qu'il serait « extrêmement attentif à ce que General Electric respecte tous ses engagements, et notamment la création nette de 1.000 emplois. »

Début 2016, GE avait annoncé 765 départs en France, finalement ramenés à moins de 590 salariés, indique la direction. Pour faire croître ses effectifs, le conglomérat a multiplié les annonces avec des objectifs ambitieux à fin 2018 : lancement d'une « fonderie digitale » (250 postes), centre de services partagés à Belfort (250 postes), vivier de jeunes talents (240 postes), création de 310 postes industriels.

Mais il reste du chemin à parcourir : à Belfort, les services partagés (en partie rapatriés de Hongrie) occupent « 130 à 140 personnes », selon un élu. GE a aussi réinternalisé une centaine de postes jusqu'alors sous-traités sur le site. « Ils ont juste changé de bleu de travail », poursuit cet élu. Quant à l'activité d'impression 3D annoncée dans la région, « on n'en entend plus parler ». Et à Paris, la fonderie digitale occupait une cinquantaine de personnes fin 2016, selon un élu.

Usine de pales d'éoliennes à Cherbourg

GE estime que le « plan de transformation » de l'activité hydraulique à Grenoble sera quant à lui « compensé » par la construction d'une usine de pales d'éoliennes à Cherbourg, avec « l'embauche de 550 personnes à terme (à pleine charge) ». Le projet, lié au rachat du danois LM Wind cette année, table sur une ouverture « au second semestre 2018 », et succède à un projet d'Alstom non abouti. Or, l'accord signé entre l'Etat et GE prévoyait que les projets d'usines liés aux parcs d'éoliennes en mer attribués à Alstom n'entraient pas dans le décompte des engagements de GE.

Dans ce jeu de bonneteau, le cabinet Vigeo a été désigné comme juge de paix, mais ses audits annuels ne sont pas publics. Un « comité de pilotage » des engagements a par ailleurs été créé entre l'Etat et GE, mais les représentants du personnel n'en font pas partie.

Réputation

A l'échelle d'un groupe comme GE, les promesses valent davantage pour la réputation que pour leur montant. Car en cas de non-respect, les sanctions financières seront modestes : 50.000 euros par emploi non créé, pour un montant plafonné à 50 millions d'euros, précise l'accord de 2014 entre l'Etat et GE. Un montant qui serait alloué « à un fonds de revitalisation ».

Après fin 2018, les engagements de GE sur l'emploi tomberont, et ceux sur les sites aussi. L'accord avec l'Etat stipulait ainsi que GE s'engageait « à ne fermer aucun des sites de fabrication actuels d'Alstom en France avant le troisième anniversaire de la clôture de l'opération ».


https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030695550452-le-doute-sinstalle-sur-le-respect-des-promesses-de-ge-2121780.php

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mardi 17 octobre 2017

Expulser tous les condamnés étrangers sans papiers, une mesure contraire au droit européen

Lors de son entretien télévisé, dimanche, le chef de l’Etat a défendu l’application unilatérale de la « double peine ».

ACT LE MONDE MACRON« Je souhaite que tout étranger en situation irrégulière qui commet un acte délictueux soit expulsé », a déclaré le chef de l’Etat, lors de son entretien télévisé, dimanche 15 octobre. En clair, Emmanuel Macron a validé une demande constante de la droite et de l’extrême droite : l’application unilatérale de la « double peine ».

Autorisée par l’article 23 de l’ordonnance du 2 novembre 1945, la double peine peut être administrative ou judiciaire. L’expulsion est prononcée soit par le ministère de l’intérieur ou le préfet grâce à un arrêté d’expulsion, soit par le tribunal par le biais d’une interdiction du territoire français (ITF), l’un ou l’autre pouvant être limité dans le temps ou définitif.

Pour rester dans le droit, ce sujet réclame pourtant une application beaucoup plus nuancée que ce que propose Emmanuel Macron. L’article 23 ayant subi au fil des années de nombreuses modifications, tous les étrangers condamnés ne sont pas expulsables. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) l’a rappelé à plusieurs reprises à la France.

Paris a été régulièrement condamné par cette instance – dont sept fois en 2015. La CEDH a estimé que le droit à un procès équitable et le respect de la vie privée et familiale, articles 6 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, n’avaient pas été respectés. Si aujourd’hui une partie de la droite et de l’extrême droite aspire à généraliser la double peine, c’est davantage pour séduire leur électorat que pour une application réelle.

Un ambassadeur nommé

Cette volonté de ne voir sur le territoire français que des personnes autorisées à y séjourner reste un leitmotiv d’Emmanuel Macron, qui l’avait déjà mis en exergue dans ses promesses de campagne. Le renvoi des déboutés de la demande d’asile, comme la reconduite ailleurs en Europe des demandeurs d’asile qui ont laissé trace de leur passage dans un autre pays européen (les « dublinés ») font partie de ses priorités aujourd’hui. Un sujet auquel s’est déjà attelé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.

A l’occasion de son interview télévisée, le chef de l’Etat a répété son calendrier, rappelant : « Dès les prochains jours, nous prendrons des décisions d’organisation. (…) On a une organisation moins efficace que nos voisins et des relations moins satisfaisantes avec les pays d’origine. » La durée de rétention administrative, qui permet de préparer le renvoi d’une personne, est allongée à quatre-vingt-dix jours dans le projet de loi immigration qui sera en lecture au printemps 2018. La mesure vise évidemment à améliorer le taux de renvois.

Un ambassadeur a par ailleurs déjà été nommé pour inciter les pays à conclure des accords de réadmission avec la France. Et dans le même temps, sur le terrain, s’opère un maillage plus serré à Paris ou dans les Hauts-de-France pour observer quels migrants n’ont « pas vocation à rester sur le territoire ». L’hébergement promis de toutes les personnes à la rue se fait en effet en parallèle du contrôle de leur situation administrative. Ces renvois sont, selon le chef de l’Etat, un préalable avant d’offrir un meilleur accueil aux réfugiés.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/10/16/expulser-tous-les-condamnes-etrangers-sans-papiers-une-mesure-contraire-au-droit-europeen_5201332_1654200.html#QJDCli0GLZ5Edb2I.99

Voir aussi:

Comment fonctionne la double peine pour les étrangers, jamais vraiment supprimée ?

Le rétablissement de la « double peine » pour les étrangers est souvent réclamé. Mais contrairement à une idée répandue, le principe n’a, en réalité, jamais disparu.

Beaucoup de personnalités politiques se sont prononcées à plusieurs reprises pour le rétablissement de la double peine pour les étrangers en France, à l’instar de Nicolas Sarkozy après l’attentat de Nice et celui de Saint-Etienne-du-Rouvray. Pourtant, elle n’a jamais été véritablement supprimée et existe donc toujours. En quoi consiste le régime de la double peine ?

Un principe daté de 1945

La « double peine » désigne le fait qu’un étranger – c’est-à-dire une personne qui n’a pas la nationalité française – ayant commis un délit ou une infraction sur le territoire français puisse en être exclue si « sa présence menace l’ordre public ».

En plus de la peine judiciaire, qui peut passer par de l’emprisonnement ou une amende, le condamné subit une mesure administrative complémentaire, l’interdiction judiciaire du territoire français, qui vise à l’exclure temporairement ou définitivement du territoire (à l’issue de son emprisonnement, le cas échéant).

Environ trois cents crimes et délits sont concernés : meurtre, viol, trafic de stupéfiants, vol aggravé, recel, blanchiment, espionnage, terrorisme, contrefaçon, etc. Si l’étranger expulsé revient sur le territoire, il risque une nouvelle peine de prison.

Autorisée par l’article 23 du 2 novembre 1945, la double peine peut être administrative ou judiciaire. L’expulsion est prononcée soit par le ministère de l’intérieur ou le préfet à l’aide d’un arrêté d’expulsion, soit par le tribunal par le biais d’une interdiction du territoire français (ITF), l’un ou l’autre pouvant être limité dans le temps ou définitif. D’autres mesures d’éloignement peuvent être prises pour renvoyer un étranger, comme l’obligation de quitter le territoire français (OQTF), mais elles concernent plus largement des étrangers en situation irrégulière.

Mais, ces dernières années, de nombreuses voix se sont élevées à son encontre, dénonçant une atteinte au droit de séjour, à l’égalité devant la loi pénale ou encore à l’unicité de la peine. L’article 23 a ainsi été modifié plusieurs fois par de nouvelles lois.

Des exceptions…

L’arrêté d’expulsion est limité une première fois par la loi Defferre du 21 octobre 1981, qui instaure huit catégories « protégées » d’étrangers, qui, en prouvant leurs attaches profondes à la France, peuvent opposer un recours au renvoi. Ne peuvent donc pas être, en cas de démêlés avec la justice, renvoyés vers leur pays d’origine des étrangers qui remplissent les critères suivants :

  • les mineurs,
  • les étrangers qui habitent en France depuis l’âge de 13 ans (résidence habituelle) ou depuis plus de vingt ans (résidence régulière, sauf étudiants),
  • les étrangers qui ne sont pas en situation de polygamie,
  • les étrangers qui sont parents d’un enfant qu’ils élèvent ou dont ils contribuent « à l’entretien » depuis au moins deux ans,
  • les étrangers qui justifient d’au moins trois ans de mariage avec une personne de nationalité française,
  • les étrangers qui perçoivent une rente accident du travail ou maladie professionnelle pour une incapacité permanente de plus de 20 %,
  • les étrangers qui nécessitent une prise en charge médicale qui ne serait pas assurée dans le pays de renvoi,
  • les étrangers qui possèdent un droit de séjour permanent en tant que citoyen de l’Union européenne.

Ces critères ne s’appliquent pas si les faits reprochés à la personne étrangère relèvent d’une atteinte aux droits fondamentaux : incitation à la haine, terrorisme, faux-monnayage, participation à un groupe de combat.

En mars 2003, après plusieurs propositions de loi, le groupe de travail instauré par Nicolas Sarkozy propose une réforme, adoptée en novembre. La protection contre l’expulsion est étendue aux personnes étrangères arrivées en France avant l’âge de 13 ans et à celles qui y résident depuis plus de vingt ans. Là, les expulsions se transforment en assignation à résidence, comme le raconte Libération en 2004.

… mais pas de suppression

La double peine n’est donc pas supprimée ; son cadre d’application est renforcé. En 2013, le ministère de l’intérieur décompte ainsi 14 076 mesures d’éloignement forcé dans un rapport sur les étrangers en France. Parmi ces mesures, on retrouve les étrangers « en situation irrégulière qui sont sous le coup d’une OQTF, d’un arrêté de reconduite à la frontière, d’un arrêté d’expulsion préfectoral ou ministériel, d’une mesure de réadmission ou condamnés à une peine d’interdiction du territoire ». La double peine s’applique donc bien.

Ainsi, en 2010, on compte 3 750 interdictions du territoire français sur 13 456 condamnations pénales, pouvant être assorties d’une peine complémentaire, selon le rapport du 22 février 2012 fait dans le cadre de la proposition de loi tendant à renforcer l’effectivité de la peine complémentaire.

Aujourd’hui, une partie de la droite et de l’extrême droite appelle à généraliser la double peine, ce qui reviendrait à supprimer les exceptions existantes. Mais pour cela, il faudrait enfreindre plusieurs articles de la convention européenne des droits de l’homme, dont l’article 8 sur le respect de la vie privée et familiale.

La France a été retoquée à plusieurs reprises par la cour européenne des droits de l’homme (CEDH) au sujet de la double peine. Sur l’année 2015, elle a notamment constaté six violations du droit à un procès équitable (article 6) et une violation de l’article 8.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/28/comment-fonctionne-la-double-peine-pour-les-etrangers_4975968_4355770.html#bOC6Fx4iZsoozCTv.99

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«Un esprit malin» : les services de renseignement voulaient recruter le terroriste Mohammed Merah

L'ex-patron du renseignement intérieur toulousain a expliqué devant la cour d'assises de Paris, où comparait le frère du djihadiste Mohammed Merah, que sa direction centrale imaginait recruter le terroriste un mois avant qu'il ne passe à l'action.

ACT PROCES MERAHC'est après un voyage de Mohammed Merah au Pakistan, entre août et octobre 2011, que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait voulu voir le jeune Toulousain pour parler de son précédent parcours  en Afghanistan, selon l'ex-directeur de l'antenne du renseignement intérieur de Toulouse lors de son audition le 16 octobre au cours du procès du frère de Mohammed Merah pour complicité d'acte de terrorisme.

Mohammed Merah, fiché comme son frère Abdelkader par les services de renseignement depuis 2006, avait déjà fait l'objet d'une enquête après son arrestation par la police afghane le 22 novembre 2010 à Kandahar.

Convoqué le 14 novembre pour un «débriefing préventif», Mohammed Merah est alors interrogé par deux spécialistes parisiens. Mais rien de suspect ne ressort des deux heures trente d'entretien. 

«Son caractère dangereux n'est pas paru évident. Il leur a semblé naturel et ils ont jugé que l'on pouvait s'orienter, compte-tenu de son esprit curieux et voyageur, vers un recrutement», a expliqué à l'audience le policier, précisant que le terme alors utilisé était celui «d'approche».

L'ex-policier a confié avoir été en désaccord avec cette analyse, estimant que Mohammed Merah restait troublé. 

Les deux examinateurs emportent le dossier et promettent une note d'expertise, qui sera remise le 21 février 2012, un mois avant le premier assassinat de Mohammed Merah.

«Mohammed Merah a un esprit ouvert, malin»

Il y est notamment écrit : «Mohammed Merah a un esprit ouvert, malin. Il n'entretient aucune relation avec un réseau terroriste, il a un profil voyageur.» La note se conclut par une demande de vérification de la fiabilité de Merah.

«C'est une approche de recrutement», a décrypté le témoin, ajoutant : «Mon refus a été net et catégorique et j'en ai fait part à ma hiérarchie.»

Après deux assassinats de militaires et une tentative d'assassinat à Montauban le 15 mars, du fait de Mohammed Merah, l'ex-patron du renseignement toulousain explique avoir alerté sa hiérarchie à plusieurs reprises de sa conviction qu'il s'agissait d'un acte djihadiste.

Il donne les noms de 12 suspects potentiels dont celui de Mohammed Merah mais il n'est pas écouté, la piste d'un acte commis par un groupe d'extrême droite étant alors privilégiée.

Il faudra attente les quatre assassinats de l'école juive le 19 mars pour que la piste salafiste soit enfin prise au sérieux.

https://francais.rt.com/france/44637-merah-a-esprit-malin-dcri-recruter-terroriste-toulouse

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Ecoles de commerce : formatage de la pensée et mépris de classe

Les écoles de commerce sont souvent présentées comme les piliers de la société contemporaine, leurs élèves comme “l'élite de la nation”. Elles permettent aux étudiants de s'initier à l'art mystérieux et sacré du “management, de devenir des “acteurs du changement” pour “libérer les formidables opportunités” que contient notre “start-up nation”. Derrière cette novlangue managériale se cache une bien triste réalité : les écoles de commerce ont pour fonction de préparer leurs élèves à devenir des rouages du système économique dominant. Pour cette raison, toute forme de réflexion critique ou de remise en question doit être écartée; il s'agit de convertir les élèves en agents dociles du néolibéralisme. 

ARG ECOLE COMMERCE1) Le contenu des cours : du vide…et beaucoup de propagande

La plupart des élèves venant de classes préparatoires qui entrent en école de commerce sont déçus par le manque de stimulation intellectuelle des cours qu'ils reçoivent. Entre les cours de mathématiques financières de niveau terminale, les cours de « management » vide de sens et l'apprentissage du “globbish” visant davantage à acclimater les élèves au jargon « managérial » qu’à leur transmettre une connaissance approfondie des langues anglaise, irlandaise ou américaine, beaucoup jugent le niveau très décevant par rapport aux cours des classes préparatoires dont ils sont issus. À titre d'exemple, un cours d’anglais de première année intitulé « english words to manage a french meeting » (mots en anglais pour animer une réunion avec des français) vise à faire apprendre aux élèves une série de concepts tels qu'«efficient disrupter » , « notable practise » ou « change entrepreneur ».

2) La fonction des écoles de commerce: convertir les futurs entrepreneurs au dogme néolibéral


Au-delà de ce manque d’intérêt pédagogique, la fonction de ces cours est de pousser les futurs cadres à adhérer à l’idéologie du marché roi et du capitalisme financier. Nulle part il ne sera question de pousser les élève à développer une réflexion critique. En dépit du discours officiel des écoles de commerce qui prétend qu'elles « [apprennent] aux élèves à remettre en cause les modèles existants », leurs cours visent à enseigner aux élèves la manière de créer de la valeur pour les actionnaires dans les cours de finance, à manipuler les consommateurs pour les faire acheter en cours de marketing ou à « apprendre à motiver les équipes » via des techniques de manipulation (présentées en cours comme des « théories de la motivation »). Il s’agit d’étudier ces techniques uniquement sur le mode du par coeur et sous l'angle de l'efficacité, sans aucune mise en perspective théorique ou réflexion critique sur les conséquences de ces méthodes. Dans un cours d’économie intitulé « la formidable aventure de l’économie collaborative », les entreprises comme Uber et Deliveroo sont présentées comme des « entreprises socialement responsables et permettant une meilleure solidarité entre les citoyens »… plutôt comique, quand on sait les conditions dans lesquelles travaillent les chauffeurs Uber...
Ainsi, l’entreprise est systématiquement présentée sous un angle positif, les stages proposés aux étudiants sont souvent décrits comme de « formidables opportunités » et absolument rien n’est dit sur la violence suscitée par ces méthodes, sur l’explosion des burn out (dont sont aussi pourtant victimes les anciens élèves d’école de commerce actuellement cadres), ou sur des modèles d’entreprises alternatives comme les SCOP.
Les écoles de commerce prétendent préparer les élèves à « être acteurs de changement ». Très concrètement, il s'agit simplement de préparer l'adaptation des entreprises face à « un monde qui change » autrement dit s’adapter au changement sans remettre sa nature en question (“tout changer pour que rien ne change”). Ainsi, la « digitalisation » est systématiquement présentée comme une “formidable opportunité; pas un mot n'est dit de la disparition à venir de dizaines de métiers qu'elle entraînera.

 

3) Les écoles de commerce sont un rouage du système économique et financier dont elles font l'apologie

Il faut comprendre que les écoles de commerce entreprennent ce formatage à la demande des entreprises dont une large majorité est issue du Cac 40; en effet, ces entreprises d’une part proposent nombre de stages et d’emplois aux étudiants et, d'autre part, financent les écoles de commerce via les chambres de commerce et d’industrie. Il ne faudrait tout de même pas que les futurs cadres remettent en cause le pouvoir des actionnaires sur les décisions qu’ils auront  à prendre !

Ce formatage idéologique fonctionne également très bien car les écoles de commerce poussent à un  entre-soi; pendant la période extra-scolaire, les étudiants d’école de commerce sortent bien souvent entre eux, et ne fréquentent que rarement les élèves issus de l'université. Cet entre-soi est favorisé par les dirigeants des écoles de commerce; j’avais surpris une conversation entre plusieurs membres de la direction, expliquant que les horaires de déjeuner du midi étaient pensés pour que les élèves ne croisent pas trop les étudiants de la FAC au restaurant universitaire...

4) Les écoles de commerce et le mépris de classe


Enfin, on ne peut qu'être frappés par le mépris social à peine masqué de la part de certains professeurs, en particulier lors des cours de relation sociales et de droit du travail. Les adhérents de la CGT et de FO sont désignés comme des tire-au flanc tout juste bons à « faire des barbecues lors des manifestations ». Un professeur de droit du travail se vantait en ces termes d’avoir défendu des employeurs ayant licencié des femmes enceintes : « il faut parfois être malin pour se débarrasser de certains éléments et monter des dossiers pour les licencier »... La dernière loi travail El Khomri a par ailleurs cyniquement été présentée comme « une formidable avancée pour les employeurs »...

En conclusion, le formatage de la pensée opérée par les cours qui diffuse cette idéologie selon laquelle « le monde, c’est le management, et uniquement le management » (vision qu'affectionne notre directeur lorsqu'il évoque notre « start-up nation ») et l'entre-soi qu'induisent les écoles de commerce permettent de façonner l'esprit de la plupart des étudiants, allant jusqu'à leur faire oublier cette faculté de penser de manière autonome qu'ils avaient acquis en classes préparatoires...

Henry Baskerville
(Henry Baskerville est étudiant en école de commerce)

http://la-sociale.viabloga.com/news/ecoles-de-commerce-formatage-de-la-pensee-et-mepris-de-classe

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A voir cette semaine

Europe : les médias sont-ils à la hauteur ? Natacha Polony et Alexandre Devecchio

 

VID NATACHA CREL'association CRE (Critique de la Raison européenne a été créée en 2013 à Sciences Po, en réaction à la façon dont on parle de l'Union européenne dans les universités ("pensée unique"). Dans le même esprit fut créé le Comité Orwell, à destination, cette fois, du milieu médiatique.Un étudiant présente Natacha Polony comme quelque part "entre Jean- Pierre Chevènement (ou Jean- Luc Mélanchon?) et Nicolas Dupont- Aignan", ce qui fait rire la salle, le ton est donné. Alexandre Devecchio explique que ce qui l'a incité à devenir journaliste, ce n'est pas Eric Zemmour, ni même Natacha, mais Serge July dans un édito de Libération à la suite du referendum de 2005, intitulé "chef d'oeuvre masochiste", dans lequel on retrouve le trypique parfait de la "police de la pensée": extraits: "un désastre général et une épidémie de populisme", (le slogan de départ de Libé était "la cause du peuple"...), Il y avait aussi "ce sont des cris de douleur, d'angoisse, de peur, de colère que l'électorat de gauche a poussé dans les urnes" Après le populisme, la psychiatrisation.et vient ensuite la "reductio ad lepenum": la xénophopie!

La conférence fait le point, 10 ans après le referendum, sur le comportement des médias sur cette question.
Nous sommes en 2015- 2016, mais c'est toujours d'actualité.
Ajoutée le 1 avr. 2016
https://www.youtube.com/watch?v=5uyAFGGT_VI

A voir (ou à revoir) également:

Natacha Polony face à Glucksmann sur l'interview de Macron, H.Weintein, B.Cantat et l'islam 15/10

Au menu cette semaine : l'affaire Harvey Weintein aux Etats Unis, l'exposition de Bertrand Cantat en couverture des Inrocks, l'interview ce soir du Président de la République Le Grand Face à Face 15/10/2017 Ali Baddou, Natacha Polony et Raphaël Glucksmann

Ajoutée le 15 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=o1NMnctnxzk

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