lundi 30 avril 2018

«Tu l’as eu» ce «fils de p***» : la vidéo choc de soldats israéliens tirant sur des Palestiniens

Dans une vidéo publiée par une ONG, trois soldats sont filmés en train de débattre de la meilleure façon de disperser des Palestiniens. L’un d’eux affiche sa préférence pour les tirs à balles réelles, pourtant ils useront des balles en caoutchouc.

ACT SOLDATS ISRAELIEN TIRS

Israeli soldiers cheer after shooting a Palestinian protester in the village of Madama

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=ey48uTfIeww

(sous- titres en anglais)

Se donnant pour but de recenser «les tirs illégaux sur des manifestants désarmés», le Centre israélien d’information pour les droits de l’Homme, une ONG également connue sous le nom de B’Tselem, a publié une vidéo le 24 avril 2018 sur YouTube, où l’on voit trois soldats en opération commenter leurs tirs de balles en caoutchouc en direction de manifestants palestiniens. Grâce à une prise de son de très bonne qualité, peut-être à leur insu, il est possible d’entendre très distinctement leurs propos. «Il nous faut un bon tir qui fasse mouche et ce sera plié. Ça leur apprendra à lancer des pierres», juge l’un des soldats, alors que la discussion porte sur la meilleure façon de neutraliser les manifestants.

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Un autre déplore la seule utilisation de balles en caoutchouc.«Une seule vraie balle et tout ça serait fini», commente-t-il. Un soldat prend d’abord pour cible un homme portant un vêtement rouge, avant de mettre en joue un autre individu vêtu de blanc. «Dès qu’il se découvre, je te jure, je vais le…», commence un des autres soldats, accroupi en position de tir. «Frère, tu les atteindras à peine», coupe un autre. Après débat, le soldat arrête toutefois son choix, tire une balle en caoutchouc et fait mouche. «Tu l’as eu !» s’exclame son camarade. «Fils de pute», s’écrit le tireur en exultant.

Selon la description l’accompagnant, la vidéo a été tournée le 13 avril, dans le village de Madama, à quelques kilomètres au sud-ouest de Naplouse en Cisjordanie. Ce même 13 avril, à Gaza, Tsahal tirait à balle réelle sur des manifestants palestiniens dans le cadre de la «Marche du retour»faisant un mort. Le vendredi suivant, le 20 avril, quatre Palestiniens mourraient sous les balles de l’armée israéliennes.

Source: https://francais.rt.com/international/50182-tu-as-eu-fils-pute-tirs-soldats-israeliens-palestiniens

Lire aussi: http://www.chroniquepalestine.com/ahmed-abu-hussein-journaliste-palestinien-assassine-par-israel/

https://arretsurinfo.ch/tu-las-eu-ce-fils-de-p-la-video-choc-de-soldats-israeliens-tirant-sur-des-palestiniens/

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La dangereuse idylle de Macron avec Trump

TRIBUNE LIBRE /

TL MACRON US CANICHE

Publié le 25.04.2018 sous le titre Macron’s Dangerous Trump Bromance

Traduit par Dominique Muselet

Toutes ces poignées de main, marques d’affection et accolades entre Trump et Macron cette semaine était crispantes au possible. Mais pas parce que deux mâles étaient cordiaux et affectueux.

Non, ce qui explique notre gêne, c’est de voir le leader français se conduire comme un pitoyable caniche du tyran de la Maison-Blanche.

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Le « moment des pellicules » a peut-être été l’incident le plus révélateur. À un moment donné, dans le Bureau ovale, le président américain s’est interrompu au milieu d’une phrase pour se pencher vers son homologue français et se mettre à brosser son épaule en disant qu’il enlevait ses « pellicules ». Macron a continué à sourire comme si de rien n’était.

Ce que Trump a dit ensuite était significatif : « Nous voulons qu’il soit parfait…. Il est parfait. » Pas besoin d’être Freud pour voir dans le réflexe de l’Américain le signe que le président français n’est guère plus qu’un hochet, un laquais, un parfait petit caniche pour Washington. Qui fait ce qu’on lui dit.

MACRON TRUMP

Au cours de la visite d’État de trois jours, Donald Trump et Emmanuel Macron ont donné l’impression d’être les meilleurs amis du monde et sur un plan d’égalité. C’est certainement l’impression que le leader français voulait donner. Il veut être vu comme le meilleur allié européen des États-Unis, l’homme politique européen qui comprend le mieux Trump, et celui qui gère le mieux l’ingérable américain.

Macron veut ainsi « make France great again ». Il veut que la France redevienne une puissance mondiale de même envergure que les États-Unis. Depuis que Macron a été élu président en mai dernier, son objectif déclaré a été de restaurer la puissance de la France.

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Cela a semblé réussir à merveille cette semaine. Macron a été le premier dirigeant international à être accueilli par Trump en visite officielle d’État. La « relation spéciale » britannique avec Washington est passée au second plan ; et la chancelière allemande Angela Merkel, dont la visite suit celle de Macron vendredi, n’aura droit qu’à une réunion de travail d’une journée à la Maison-Blanche. Mais si on laisse de côté les apparences  et qu’on regarde au-delà de cette aimable mise en scène on voit bien que la prétention de Macron de se mettre sur le même plan que Trump en tant que « leaders de la liberté mondiale » est grandement exagérée. La preuve nous en a été administrée lorsque Macron a capitulé devant l’opposition de Trump sur l’accord nucléaire iranien. Sauver cet accord en gardant Trump à bord était censé être la principale mission de Macron à Washington.

La veille de son arrivée, Macron a donné une interview à Fox News et a affirmé qu’il n’y avait « pas de plan B » à l’accord nucléaire iranien signé en 2015 par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie et la Chine. Macron a été présenté comme le leader européen qui allait persuader Trump de s’en tenir à l’accord nucléaire actuel.

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Mais cette semaine, malgré toutes les démonstrations d’affection à son « ami Emmanuel », Trump a continué de rejeter fermement l’accord avec l’Iran, et à laisser entendre qu’il va s’en débarrasser le mois prochain. Et quelle a été la réponse de Macron ? Il a dit que la France travaillait maintenant avec les États-Unis pour « renégocier un nouvel accord » avec l’Iran. Et voilà comment Macron a tenu tête à Trump !

L’Iran affirme qu’il n’y aura pas de renégociation du Plan d’action global conjoint (JCPOA), comme on l’appelle officiellement. Le JCPOA a été ratifié par le Conseil de sécurité de l’ONU après que l’Iran et les six puissances mondiales l’ont signé en juillet 2015. La Russie et la Chine ont également déclaré qu’il ne peut y avoir de retour en arrière sur l’accord. Les Européens le disaient aussi – au moins jusqu’à cette semaine avant le revirement embarrassant de Macron. Il sera très intéressant de voir ce que Merkel dira à ce sujet lorsqu’elle arrivera à Washington plus tard dans la semaine.

MACRON FA GIROUETTE

Ce que la rencontre entre Trump et Macron montre cette semaine, c’est que le président français n’est rien d’autre qu’un bon petit toutou. On l’a peut-être abreuvé, en grande pompe et avec tous les honneurs, de discours fleuris sur le fait qu’il était « l’allié le plus ancien de l’Amérique ». Mais en pratique, le show des deux leaders puissants qui se tiennent côte à côte n’est que de la communication ringarde. Mais c’est aussi ce qui fait de Macron un supplétif particulièrement dangereux pour Trump. L’homme politique français est évidemment prêt à faire n’importe quoi pour flatter Washington.

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La prétention de Macron à diriger l’Europe est une illusion pernicieuse. Certains médias l’ont même qualifié de « conseiller occulte de Trump » – laissant entendre que le jeune président français avait une influence à la Svengali** sur son aîné étasunien. Dans les jours qui ont précédé le barrage de missiles illégaux des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France contre la Syrie, le 14 avril, c’est vers Macron que Trump s’est tourné pour discuter des mesures à prendre.

Macron aurait transmis à Trump les  « renseignements français » sur l’atrocité chimique présumée du 7 avril à Douma, près de Damas. Macron aurait également entortillé Trump pour qu’il ordonne les frappes militaires la semaine suivante. Il est maintenant clair que l’incident des armes chimiques du 7 avril était une provocation sous faux drapeau mise en scène par des militants soutenus par l’Occident. En d’autres termes, les « renseignements » français étaient soit erronés, soit plus probablement inventés. Mais le résultat a été que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont commis un grave crime de guerre en attaquant la Syrie.

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C’est pourquoi Emmanuel Macron devrait nous flanquer la chair de poule. Il est prêt à dire n’importe quoi pour séduire le président américain afin d’améliorer son standing international (...). Son langage corporel exubérant trahit son aspiration à devenir un homme d’État sur la scène internationale.

Macron, comme son « papa » américain, a décidé de déchirer unilatéralement un traité international conclu avec l’Iran, par d’autres puissances mondiales et l’ONU. Afin de justifier sa mauvaise foi et sa reculade scandaleuses, Macron relaie la calomnie de Trump sur le fait que l’Iran commandite le terrorisme, déstabilise la région et développe illégalement des missiles balistiques. Macron dit qu’il faudra conclure un « nouvel accord  » avec l’Iran, pour réduire la présence iranienne en Syrie, et soi-disant au Yémen et au Moyen-Orient.

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Le « conseiller occulte » n’est pas un leader européen indépendant qui a des principes. C’est un arriviste prêt à flatter les pires instincts de Trump et à profiter de son ignorance pour son profit personnel. Même si pour cela il faut envenimer les conflits en Syrie et au Moyen-Orient.

Par Finian Cunningham

*Bromance est un mot-valise anglais composé de l’abréviation de brother (bro), voulant dire frère, et de romance qui signifie idylle en français

** Svengali est un personnage de fiction du roman Trilby de George du Maurier, paru en 1894. Hypnotiseur, Svengali incarne l’archétype du personnage maléfique manipulateur, capable d’amener les gens à faire ce qu’il désire.

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"Toujours suivre les règles, c'est du bullshit" : le message de Macron aux zadistes… euh, aux jeunes Américains!

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

TL MACRON BULLSHIT

En clôture de son voyage aux Etats-Unis, Emmanuel Macron a repris ses accents gandhiens face à la jeunesse américaine, les enjoignant de s’affranchir des règles. Un conseil que ne devraient pas manquer d'apprécier les étudiants grévistes ou les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes…

MACRON CAMELEON 1

Macron le caméléon. Expert dans l'art de s'adapter à son auditoire, le président de la République s'est livré ce mercredi 25 avril à l'un de ses exercices de prédilection : un échange avec les étudiants d'un pays étranger. A la fin de sa visite aux Etats-Unis, comme il l'avait déjà fait en Inde, le chef de l'Etat a répondu pendant une heure aux questions de jeunes Américains, au sein de la George Washington University.

S'exprimant en anglais, Emmanuel Macron a joué pleinement de son image à l'étranger, celle d'un président moderne et dynamique. Par moment, ses propos ressemblaient d'ailleurs plus à une de ces conférences TedX données par des entrepreneurs "inspirants" qu'à une prise de parole de chef d'Etat. En témoigne un passage, relayé par le compte Twitter de l'Elysée, dans lequel le président invite la jeune génération à "décider pour elle-même" et à "toujours questionner ses frustrations".

"Si vous n'arrivez pas à trouver la bonne explication à ces frustrations, n'abandonnez pas, exhorte Emmanuel Macron. Allez plus loin. Et ne croyez pas ceux qui disent 'Ce sont les règles du jeu, ne questionnez pas les règles du jeu, cela a toujours été comme ça, vous devez suivre ces règles'. C'est du bullshit (des conneries, ndlr) !". Un message aux accents audacieux, accueilli par des rires puis une salve d'applaudissements des étudiants.

Éloge de la règle avec les zadistes

MACRON KRISHNA

Un message qui a aussi de quoi faire sourire en France, ou grincer des dents selon le point de vue, quand on le compare avec la posture adoptée par le président sur la scène nationale. Paternaliste, quand il lance devant Jean-Pierre Pernaut cet avertissement aux étudiants qui bloquent les universités : "S'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser, parce qu'il n'y aura pas d'examens en chocolat dans la République". Inflexible, lors de son entretien avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, quand il évoque les zadistes de Notre-Dame-des-Landes en ces termes : "Il y a des gens, ils ont une idée formidable, une idée fumeuse : ils paient pas les terres, ils ne se conforment à aucune règle, ils produisent du lait : il n'y a aucune règle… Les règles de santé publique, c'est pas les leurs, ils ont un projet alternatif, c'est formidable, on ne paye plus rien, il n'y a aucune règle !".

Mais dès qu'il rencontre la jeunesse du monde, notre Clemenceau en langue originale se fait Gandhi en version anglaise, comme lorsqu’il avait lancé le 10 mars à la jeunesse indienne, justement : "Un dernier conseil : ne respectez jamais les règles". A bon entendeur…

https://www.marianne.net/politique/video-suivre-les-regles-du-bullshit-le-message-de-macron-aux-jeunes-americains?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

MACRON FA GIROUETTE

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Altice écope d’une amende de 124 millions d’euros au Portugal

L’empire de Patrick Drahi, l’homme de la fortune du câble, commence à vaciller. Assis sur une dette colossale – plus de cinquante milliards d’euros -, Patrick Drahi a construit son groupe à marches forcées avec le soutien des banques et sans doute de discrets mais efficaces coups de pouce politiques en France comme en Israël ou aux États-Unis. Mais les difficultés de SFR, dont les fournisseurs comme les employés ont été passés à la paille de fer, l’échec de la politique de convergence des contenus inquiètent les prêteurs.

TL DRAHI LARBINS

Trésorerie négative et chute du cours de l’action

L’action d’Altice, la holding du groupe, était encore supérieure à 23 euros le 9 juin 2017, très exactement 23,26 €. Dix mois plus tard, le 26 avril 2018 l’action côte 8,26 € soit une chute de 65%.

Des amendes en pagaïe

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Altice avait pris la mauvaise habitude de flirter avec la ligne jaune juridique, se faisant parfois rattraper par la patrouille lors de ses emplettes et de ses cessions. Les amendes tombent en cascade, 15 M€ (Outremer Télécom), 80 M€ (achat de SFR et Virgin Mobile), 40 M€ (non respect d’accords avec Bouygues).

Cette fois ci c’est l’autorité de la concurrence de l’Union Européenne qui sort un carton rouge. En 2015 Altice rachète Portugal Telecom, mais va plus vite que la musique et s’installe aux commandes sans attendre le verdict du gendarme européen de la concurrence. 124,5 M€ d’amende pour le groupe qui a fait appel.

Standard and Poor’s dégrade la note d’Altice Europe

DRAHI BOUFFE

Le 19 avril 2018, l’agence de notation Standard dégrade la dette d’Altice Europe (les activités américaines qui vont mieux ont été séparées) de B+ à B avec perspectives stables. L’agence considère que le groupe va dégager en 2018 une trésorerie négative de 800M€ avec une dette six fois supérieure au bénéfice annuel escompté. La vente d’actifs en Suisse, Bénélux, République Dominicaine n’a pas été considérée comme suffisante. On parle maintenant de céder… Portugal Telecom. Ce n’est pas la cession en cours du journal Point de vue à son équipe dirigeante qui devrait changer grand chose au cash flow en France.

Libération et L’Express ont du souci à se faire

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Les mauvais résultats du quotidien et de l’hebdomadaire ont entraîné une réflexion stratégique d’Altice France pour ses médias. Nous répercutions le 13 avril 2018 un entretien d’Alain Weill PDG d’Altice France au Figaro. Alain Weil y annonçait – sans que quasi personne ne reprenne l’étonnante nouvelle – la fin du papier pour ces deux médias. Nous citons :

« La décision a été prise pour Libération et L’Express d’engager un projet de transformation digitale important. Le mot d’ordre est « digital first ». Désormais, toutes les équipes seront tournées vers le site, qui sera à très forte valeur ajoutée. Nous allons pousser les abonnements numériques. Cela fonctionne très bien aux États-Unis. Enfin, il y aura une petite équipe qui extraira des contenus et fabriquera un journal papier ». (Les mots en gras sont soulignés par nous)

Un peu d’analyse sémantique simple. Enfin veut dire à la fin du processus enclenché pour le digital first. Quand ? Ce n’est pas dit, mais douze mois semblent un délai lointain. Il y aura une petite équipe, autrement exprimé une équipe résiduelle. Cette petite équipe, extraira des contenus et fabriquera un journal papier. Là c’est clair, la grande équipe mettra en ligne un journal digital de qualité, à partir de cette matière première du contenu sera extrait, comme on extrait le jus d’une orange. Chacun comprendra que cette extraction résiduelle n’a pas un grand avenir devant elle.

https://www.ojim.fr/altice-ecope-dune-amende-de-124-millions-deuros-au-portugal/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-04-27

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dimanche 29 avril 2018

TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !

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TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !
(Trajet de la place de la République à la place du Châtelet).
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L’Union populaire républicaine (UPR) appelle ses adhérents et sympathisants à se rassembler place de la République à Paris le 1er mai, à partir de 13h30, à l’occasion de la Fête du travail. Le cortège se mettra en marche à 14h30.
 
 
François Asselineau, entouré de plusieurs maires, prendra la tête du cortège de l’UPR qui défilera jusqu’à la place du Châtelet en scandant notamment le mot d’ordre « Fête du travail, faites le Frexit »
L’UPR souhaite rappeler par ce slogan que la création d’emplois durables en France et la suppression du chômage de masse passent inéluctablement par la sortie de l’euro et de l’UE – le « Frexit » – dont François Asselineau s’est imposé comme le représentant pendant l’élection présidentielle de 2017.
 
L’UPR rappellera aussi que le « Frexit » est la seule voie possible pour sauver et pour faire renaître nos services publics à la française, dont la SNCF, qui sont condamnés par les traités européens, notamment par l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et par les mesures d’austérité sans fin appliquées pour « sauver l’euro ».

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L’UPR défilera également pour demander aux médias audiovisuels de grande diffusion  et de presse papier nationale de donner à l’UPR l’espace d’expression auquel elle a légitimement droit. Les 6 élections législatives partielles auxquelles l’UPR a participé depuis juin 2017 ainsi que l’élection territoriale de Polynésie française ont confirmé que l’UPR représente un peu plus de 1 % des électeurs français. En application du droit, l’UPR a donc droit à une proportion équivalente d’espace d’expression dans les médias pour défendre le « Frexit », au lieu de 0,00 % comme c’est le cas aujourd’hui.
 
En organisant cette première grande manifestation sur la voie publique, l’UPR permettra d’ailleurs aux journalistes et à tous les observateurs de prendre la mesure de sa capacité de mobilisation et de la comparer avec objectivité à celle des autres partis politiques français.

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L’UPR défilera enfin pour s’opposer à la violation du droit international et de la Constitution française par M. Macron qui a décidé – seul et sans raison prouvée – d’aller bombarder la Syrie, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, ni vote du Parlement l’y autorisant. L’UPR demandera à nouveau, à l’occasion du 1er mai, la destitution de M. Macron par le Parlement en application de l’article 68 de la Constitution.
 
Pour le 1er mai, l’UPR a imprimé 30 000 tracts qui ont commencé à être distribués en amont de la manifestation, et a confectionné un char sur lequel se dérouleront de nombreuses animations pendant le défilé.
 
François Asselineau sera à la disposition des journalistes présents pour répondre à leurs questions, soit sur la place de la République entre 14h15 et 14h30 avant le départ du cortège, soit sur la place du Châtelet à la fin de la manifestation, aux alentours de 18h00.
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Pour interroger François Asselineau ou contacter le service presse : presse@upr.fr

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L'UPR Limousin sera bien sûr dans le cortège. Pour les covoiturages, contactez vos délégués départementaux!   P.G.

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« Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage »

Ce 27 avril, Emmanuel Macron célèbre le 170e anniversaire du décretde l’abolition de l’esclavage en France, signé en 1848 sous l’impulsion de Victor Schœlcher.

L’historien Marcel Dorigny, qui fait paraître deux ouvrages sur la question (1) rappelle le long processus de sortie de l’esclavage et le sens de cette commémoration.

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La Croix : Comment l’abolition de l’esclavage s’est-elle peu à peu imposée ?

Marcel Dorigny : Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage, à cause des puissants intérêts économiques et politiques, ceux des négociants qui pratiquaient la traite et ceux de l’élite sociale qui détenait le pouvoir au sein de la société coloniale.

À partir de la fin du XVIIIe siècle pourtant, les économistes libéraux, dont Dupont de Nemours ou Condorcet en France et Adam Smith au Royaume-Uni, condamnent ce système jugé archaïque et peu propice aux innovations, à l’introduction des machines et à la division du travail. L’efficacité économique oblige donc à en sortir. Aux États-Unis par exemple, il s’agit de généraliser la révolution industrielle déjà à l’œuvre au Nord en libérant les forces de travail du Sud.

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Mais c’est surtout la résistance constante des esclaves qui fut déterminante, et ce dès le début, comme le soulignent ces trois dates : 1492, Christophe Colomb découvre les Antilles ; 1503, le premier navire négrier y amène des Africains ; 1506, gronde la première révolte. La société esclavagiste n’a jamais été paisible, contrairement à l’imagerie coloniale où des esclaves heureux côtoient leurs maîtres.

Cette résistance peut être passive – moindre intensité au travail – ou culturelle – pratiques religieuses d’origine africaine contre la christianisation obligatoire selon le Code Noir. Elle peut s’exprimer par le refus de la natalité – infanticide et avortement – ou par le marronnage, lorsque les esclaves s’enfuient et créent parfois de véritables contre-sociétés. Enfin, elle se mue aussi en révolte armée comme à Saint Domingue, où les esclaves emportent l’abolition de l’esclavage en 1793 et l’indépendance de la colonie.

Comment l’action des abolitionnistes s’articule-t-elle à ces faits de résistance ?

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M. D. : Les abolitionnistes sont nourris de la pensée des Lumières qui ont refusé l’esclavage au nom des principes humanistes comme de l’engagement de certains religieux qui, en dehors des églises officielles, l’ont dénoncé : les Quakers aux États-Unis ou l’Abbé Grégoire en France. Mais au-delà de ces positions anti-esclavagistes, cherchant la manière d’en sortir concrètement, ils ne font pas l’apologie de la révolte armée. Pour eux, l’abolition doit être progressive, graduelle, sur plusieurs générations. Cette transition lente est nécessaire pour ne pas ruiner l’économie coloniale et maintenir l’ordre.

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Lorsque les soulèvements existent, les abolitionnistes les accompagnent pourtant, voire les devancent. Pour les plus lucides comme Victor Schœlcher, abolir l’esclavage est une urgence absolue pour anticiper l’inévitable et sauver les colonies. À l’exception de Haïti, l’abolition a d’ailleurs lieu dans le cadre colonial et les mêmes structures agraires esclavagistes. Au sein des grands domaines, les anciens esclaves sont employés comme salariés. Face aux nombreux refus, les colons inventeront un délit de vagabondage et finiront par aller chercher une main-d’œuvre libre et sous contrat ailleurs, en Afrique puis en Inde.

Quel peut être le sens de cette commémoration, 170 ans après ?

M. D. : Après 1848, l’oubli s’est imposé. L’histoire de l’esclavage a été refoulée, aussi bien du côté des descendants des colons que de ceux des esclaves jusque dans les années 1960, lorsque l’écroulement du système colonial a fait naître la reconnaissance d’une identité spécifique. En France, la remontée de cette mémoire est encore plus récente, elle date du bicentenaire de la Révolution Française, que François Mitterrand avait placé sous l’égide des Droits de l’homme et qui a provoqué beaucoup de débats, colloques et expositions sur l’esclavage, maintenu en 1789.

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Dans l’élan du 150e anniversaire du décret, la loi Taubira, a été votée à l’unanimité en 2001, après avoir été refusée par le Sénat un an auparavant. Qualifiant la traite et l’esclavage de crimes contre l’humanité, elle insiste sur la transmission scolaire et publique de cette histoire et dans ce but, instaure une Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition le 10 mai, jour de l’adoption de la loi. Le 27 avril, date de l’abolition légale de l’esclavage, avait été contesté par des associations antillaises car elle laissait entendre que l’abolition avait été simplement l’œuvre d’un homme blanc. Espérons que ce 170e anniversaire ne fasse pas renaître cette polémique et n’efface pas la célébration du 10 mai, date d’avenir et d’unité.

Recueilli par Béatrice Bouniol
https://www.la-croix.com/France/Politique/Il-fallu-95-ans-sortir-lesclavage-2018-04-27-1200934906?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180427&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=1006955&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

Jean Claude Juncker: vidéo et images

Il est bon de se rappeler qui est au sommet de l'UE
et donc qui nous gouverne grâce à la traîtrise des gouvernements successifs !  S.R.

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vive l'europe


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https://www.youtube.com/watch?v=WXZbfwjuAFw

 

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Ce petit garçon qui se cramponne à son père mort ne deviendra jamais le « visage de la guerre au Yémen »

Une photo d'une horreur indicible prise après des frappes saoudiennes sur un mariage au Yémen dimanche dernier montre un petit garçon se cramponnant au cadavre de son père. Mais il y a fort à parier que cet enfant ne sera jamais présenté comme le « visage de la guerre » dans les médias mainstream.

TL YEMEN ENFANT

Sur des photos et des séquences vidéos de l'après-bombardement, qui a eu lieu dans un village isolé de la province de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, le jeune garçon, probablement âgé de 7 ou 8 ans, se cramponne au corps d'un homme, agrippant sa chemise et répétant « non, non, non » tandis que des secouristes tentent de l'éloigner. Des personnes sur le terrain ont déclaré à Ruptly que l'enfant affirmait avec insistance que son père était simplement endormi et qu'il ne tarderait pas à se réveiller pour le ramener dans leur village, non loin du village bombardé.

Il est probablement resté là pendant des heures, à en juger par certaines photos prises durant la nuit, ainsi qu'au matin. Un caméraman de Ruptly a déclaré que le corps de l'homme avait été évacué en dernier, et que l'enfant était resté à ses côtés jusqu'au bout.

Voici une petite prédiction. Ce garçon ne figurera jamais en prime time dans les médias mainstream, même si sa frêle silhouette et sa pathétique témérité enfantine sont à fendre le cœur. Aucune présentatrice bien payée et impeccablement maquillée ne dira sur un ton larmoyant que ces images sont insupportables. Aucun correspondant ne confrontera le ministre des Affaires étrangères saoudien, en lui montrant les photos et en lui disant droit dans les yeux : « Ceci est un crime de guerre, Monsieur. » Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la tragédie de ce petit garçon ne servira pas à dénoncer un régime criminel qui massacre des civils en toute impunité.

MBS MACRON

Pour retenir l'attention de l'Occident, les enfants victimes de bombardements doivent venir d'un autre pays. D'un pays où les bombes qui tuent des civils ne sont pas fournies par les USA ou par l'Angleterre. Où les signes flagrants de malnutrition ne constituent pas une accusation silencieuse contre l'Arabie saoudite, qui bloque l'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en carburant pour les gens qui s'opposent à l'invasion. Les « bonnes » victimes se trouvent en Syrie, pas au Yémen.

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Les médias mainstream semblent avoir adopté une approche très sélective, pour ce qui est des enfants victimes de la violence terroriste. À leurs yeux, nombre d'entre eux ne méritent tout simplement pas la compassion ou la moindre couverture médiatique. Une zone d'ombre recouvre la Bande de Gaza, où des enfants ont été blessés et tués la semaine dernière par des soldats israéliens gardant la barrière de séparation. Une zone d'ombre recouvre également l'Est de l'Ukraine en rébellion, où des dizaines d'enfants furent tués par des tirs d'obus en 2014, lorsque les autorités installées à la suite du coup d'État à Kiev déployèrent l'armée pour faire plier les rebelles. Idem pour tout autre endroit du monde où la violence est commise par le « bon camp ».

La cinquantaine de personnes tuées au mariage yéménite viendront s'ajouter aux statistiques de guerre, et figureront dans le dernier rapport de l'ONU ou d'Amnesty International. Il est peu probable qu'elles affectent la capacité de l'Arabie saoudite d'acquérir des armes occidentales, de recevoir des renseignements de la part des Occidentaux concernant les bombardements, ou d'être ravitaillée en carburant.

On peut se demander ce que deviendra ce petit garçon plus tard.

https://fr.sott.net/article/32298-Ce-petit-garcon-qui-se-cramponne-a-son-pere-mort-ne-deviendra-jamais-le-visage-de-la-guerre-au-Yemen-IMAGES-CHOQUANTES

MONTAGE ARABIE ALLIES YEMEN

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Le naufrage de l’ordre libéral mondial

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Note de la traduction : pour ce texte, j’ai suivi l’exemple d’Emmanuel Todd, qui dans une récente interview, substitue avec justesse le mot « populaire » à « populisme », un terme employé par les médias grand public, au mépris total de sa définition, pour désigner la démagogie. Comme l’auteur, un Russe, ne dénigre en aucune façon le populisme (qui a une place historique particulière dans la genèse du socialisme de l’Union Soviétique, et qu’il emploie dans son sens originel de discours politique favorable au peuple), j’espère qu’il ne m’en voudra pas. Ainsi donc, dans le texte, le mot « populaire » remplace « populisme ».


TRIBUNE LIBRE / Par Leonid Savin

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Paru sur Oriental Review sous le titre The Death Of The Liberal World Order


Il y a quelques semaines, le président du think tank Council on Foreign Relations, Richard Haass, a publié un article intitulé « Ordre mondial libéral, RIP ». Il y établit que la menace actuelle contre l’ordre mondial libéral ne provient pas d’Etats-voyous, de régimes totalitaires, de fanatiques religieux ou de gouvernements obscurantistes (des termes spéciaux employés par les libéraux en référence à des pays qui ne s’alignent pas sur le modèle de développement capitaliste), mais de son architecte principal – les États-Unis d’Amérique.

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Haass écrit : « Le libéralisme recule. Les démocraties ressentent les effets de la montée des mouvements populaires. Les partis des extrêmes politiques gagnent du terrain en Europe. Le vote britannique en faveur de la sortie de l’Union atteste de la perte d’influence de l’élite. Même les USA subissent des attaques sans précédent de la part de leur propre président contre les médias du pays, les cours de justice et les institutions de maintien de l’ordre. Les systèmes autoritaires, y compris la Chine, la Russie et la Turquie ont acquis de l’influence. Des pays comme la Hongrie et la Pologne semblent indifférents au sort de leurs jeunes démocraties…"

« Nous assistons à l’émergence d’ordres régionaux. Les tentatives de construction de cadres mondiaux sont en train d’échouer. »

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Haass avait déjà publié des affirmations alarmistes, mais cette fois, il emploie cette rhétorique pour souligner la nature mondiale du phénomène. Bien qu’entre les lignes, on puisse aisément lire, d’abord un certain degré d’arrogance – l’idée que seuls les libéraux et les mondialistes savent vraiment comment administrer la politique étrangère – et ensuite, un certain complotisme.

« Les autres grandes puissances d’aujourd’hui, y compris l’UE, la Russie, la Chine, l’Inde et le Japon pourraient être critiquées pour ce qu’elles font, pour ce qu’elles ne font pas ou pour les deux. »

Cette liste pourrait probablement s’étendre à un certain nombre de pays d’Amérique latine, plus à l’Égypte qui signe des contrats de ventes d’armes avec la Corée du Nord en violation des sanctions de l’ONU, et au nouvel axe chiite Iran-Irak-Syrie-Liban.

Mais Haass est navré parce que c’est Washington elle-même qui change les règles du jeu et semble totalement indifférente à ce que vont faire ses alliés, partenaires et clients dans divers coins du monde.

« La décision de l’Amérique d’abandonner le rôle qu’elle joue depuis sept décennies marque ainsi un tournant. L’ordre mondial libéral ne peut pas survivre de lui-même, parce que les autres manquent soit d’intérêt, soit de moyens de le maintenir en vie. Le résultat en sera un monde qui sera moins libre, moins prospère et moins paisible, pour les Américains comme pour les autres. »

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Un confrère de Haass au CFR, Stewart Patrick est d’accord avec lui sur le fait que les USA sont en train d’enterrer l’ordre mondial libéral. Ils ne le font toutefois pas seuls, mais avec la Chine. Si les USA avaient auparavant entretenu l’espoir que le processus de mondialisation allait graduellement transformer la Chine (et possiblement la détruire, comme dans le cas de l’Union Soviétique plus tôt), alors les Américains doivent avoir été très surpris de ce qui s’est en fait produit. Le pays s’est modernisé sans s’occidentaliser, une idée qui avait été également préconisée par le leader de la révolution islamique iranienne, l’Ayatollah Khomeini.

Aujourd’hui, la Chine étend son influence en Eurasie dans le respect de son modèle, et elle est généralement bien accueillie par ses pays partenaires.

Mais cela a été un processus douloureux pour les USA, parce qu’elle grignotait progressivement et irrévocablement son hégémonie.

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« Son ambition à long terme est de démanteler le système des alliances des USA en Asie, pour le remplacer par un ordre régional de sécurité plus bienveillant (dans la vision de Pékin), dans lequel elle aurait une place d’honneur, et idéalement une sphère d’influence proportionnelle à sa puissance. L’initiative Belt and Road (nouvelle Route de la soie) fait parie intégrante de cet effort, en offrant non seulement des investissements (hautement bienvenus) dans des infrastructures pour les pays voisins, mais aussi la promesse d’une plus grande influence politique dans le Sud-Est, le Sud et l’Asie Centrale. Sur un ton plus agressif, la Chine continue de réclamer scandaleusement pour elle-même la presque intégralité de la Mer de Chine méridionale, où elle continue à bâtir ses îles artificielles, et aussi à mener des actions de provocation contre le Japon dans la Mer de Chine orientale, » écrit Patrick.

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Quant aux USA, « Les États-Unis, pour leur part, sont un titan las, qui ne veut plus assumer la charge du leadership mondial, que ce soit économiquement ou géopolitiquement. Trump traite les alliances comme un racket mafieux de protection et l’économie mondiale comme une arène de compétition à somme nulle. Le résultat en est un effilochage de l’ordre libéral international sans champion prêt à investir dans le système lui-même. »

On peut tomber d’accord avec les analyses des deux auteurs sur le changement de comportement d’un secteur de l’élite américaine, mais il est lié à beaucoup plus que Donald Trump (qui est si imprévisible qu’il s’est entouré de créatures du marécage même qu’il disait vouloir drainer) ou la classe populaire nord-américaine. Il faut regarder bien au delà.

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Dans son livre Nation of Devils:  Democratic Leadership and the Problem of Obedience, Stein Ringen, un politicien norvégien fort d’une longue carrière dans des institutions internationales, note, « Aujourd’hui, l’exceptionnalisme démocratique américain est défini par un système qui est dysfonctionnel à tous les niveaux nécessaires à des règlements amiables et à la loyauté… Le Capitalisme s’est effondré dans une crise due à une orgie de dérégulations. L’argent s’ingère dans la politique et mine la démocratie elle-même. » Et, en citant son confrère Archon Fung de la Harvard Kennedy School, « La politique américaine n’est plus caractérisée par le vote de l’électeur moyen, si cela avait jamais été le cas. Aujourd’hui, dans l’Amérique contemporaine, le capitaliste moyen règne, et les partis démocrate et républicain ajustent leurs politiques à des intérêts d’argent pour les attirer. » Et finalement, Mr Ringen ajoute, « Les politiciens américains réalisent qu’ils ont sombré dans un bourbier de corruption, mais ils sont piégés. »

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Trump ne fait que refléter la dysfonction et les contradictions internes de la politique américaine. C’est le Gorbachev américain, mais qui a lancé la perestroïka au mauvais moment. Il doit être malgré tout concédé que si Hillary Clinton était devenue présidente, l’effondrement des USA n’en aurait été que plus douloureux, surtout pour les citoyens du pays. Nous aurions vu des réformes encore plus calamiteuses, un afflux accru de migrants, un déclin encore plus prononcé de la base industrielle du pays, et encore plus d’incitations à de nouveaux conflits. Trump tente de garder le corps de la politique nationale américaine à peu près en vie à l’aide de rustines, mais ce qu’il lui faut est une restructuration majeure, avec des réformes politiques de grande portée qui permettraient à ses citoyens de penser qu’ils peuvent jouer un rôle dans la destinée du pays.

Ces développements se sont étendus à de nombreux pays d’Europe, un continent qui, à cause de son engagement transatlantique, était déjà vulnérable et susceptible de turbulences géopolitiques dans le contexte actuel – dont l’émergence, au passage, est une des principales conséquences des politiques néolibérales elles-mêmes.

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Stein Ringen continue sur ce sujet, « Les services financiers mondiaux exercent un pouvoir de monopoles sur les politiques nationales, sans une seule entrave de la part de la moindre apparence de pouvoir politique mondial. La confiance s’évapore, l’Union Européenne, la plus grande expérience historique en démocratie supranationale, est en train d’imploser… »

Il est intéressant de noter qu’une panique s’est emparée l’Europe de l’Ouest et les USA – la maison-mère de l’atlantisme, bien que diverses versions de cette recette de libéralisme aient été appliquées dans d’autres régions – par exemple, Singapour et le Brésil. Mais ils ne semblent pas aussi paniqués là-bas que dans l’Occident. C’est probablement parce que le modèle occidental de néolibéralisme n’accorde pas de liberté réelle de commerce, d’expression ou d’activité politique, mais impose plutôt un régime de soumission inscrit dans un cadre clairement défini. De sorte que la destruction du système actuel implique la perte de tous les dividendes précédemment acquis par les élites politiques libérales de l’Occident, qu’elles obtenaient en spéculant en bourse, par les mécanismes des paiements en devises étrangères (le système du dollar) et à travers les instruments des institutions supranationales (l’ONU, l’OMC et la Banque mondiale). Et, bien sûr, il y a des différences fondamentales dans la variété des cultures mondiales.

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Dans son livre Le Dieu caché, Lucien Goldmann tire quelques conclusions intéressantes, qui suggèrent que les fondations de la culture occidentale ont des origines rationalistes et tragiques, et qu’une société immergée dans ces concepts qui a « aboli Dieu et la communauté… [voit rapidement]… la disparition de toutes les normes externes qui peuvent guider l’individu dans sa vie et ses actions ». Et, parce que de par sa nature intrinsèque, le libéralisme doit continuer, mécaniquement, à « libérer » l’individu de toute forme de structure (classes sociales, église, famille, société et genre, jusqu’à libérer l’homme de sa propre individualité), en l’absence de normes communes dissuasives, il est très logique que le monde occidental ait été destiné à se trouver en crise. Et la montée de mouvements populaires, de mesures protectionnistes et des politiques conservatrices dont Haass et d’autres mondialistes libéraux parlent ne sont rien de plus que des exemples de l’instinct d’auto-préservation de ces nations.

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Aucun besoin de concocter des théories du complot sur l’ingérence de la Russie ou de Poutine dans les élections américaines (que Donald Trump a également niée, se contentant de noter que le seul soutien de la Russie s’est porté sur Hillary Clinton, et il est absolument vrai qu’une partie de son financement provenait de Russie). Les décisions politiques prises par l’Occident obéissent à la logique interne de la crise actuelle : comme toujours, les élites occidentales ont besoin d’un bouc émissaire. Ce bouleversement géopolitique a commencé en Occident à cause de la nature du projet occidental lui-même, qui portait les germes de sa propre destruction.

Mais comme des scénarios de développement alternatifs existent, ils érodent le système actuel. Et d’autres projets politiques commencent à remplir le vide idéologique qui résulte de l’échec de la vision libérale – à la fois dans la forme et sur le fond.

Il est donc assez probable que la crise actuelle du libéralisme enterrera définitivement le système de l’hégémonie unipolaire occidentale.

Et les mouvements populaires naissants, et le protectionnisme régional peuvent servir de base à un nouvel ordre mondial multipolaire.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/le-naufrage-de-lordre-liberal-mondial_58648333

Traduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia

samedi 28 avril 2018

En politique comme dans les entreprises, “les médiocres ont pris le pouvoir”

TRIBUNE LIBRE / par Alain Deneault

Sous le règne de la médiocratie, la moyenne devient une norme, le compromis domine : idées et hommes deviennent interchangeables. Il faut résister à la révolution anesthésiante, alerte le philosophe Alain Deneault.

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C’est d’une « révolution anesthésiante » qu’il s’agit. Celle qui nous invite à nous situer toujours au centre, à penser mou, à mettre nos convictions dans notre poche de manière à devenir des êtres interchangeables, faciles à ranger dans des cases. Surtout ne rien déranger, surtout ne rien inventer qui pourrait remettre en cause l’ordre économique et social.

« Il n’y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l’incendie du Reichstag, et l’Aurore n’a encore tiré aucun coup de feu, écrit le philosophe Alain Deneault qui enseigne la pensée critique en science politique à l’Université de Montréal. Pourtant, l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »Explications.

Qu’entendez-vous par « médiocratie » ?

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En français, il n’existe pas d’autre mot que celui de « médiocrité » pour désigner ce qui est « moyen ». « Supériorité » renvoie à ce qui est supérieur, « infériorité » à ce qui est inférieur, mais « moyenneté » ne se dit pas. Il y a pourtant une distinction sémantique entre la moyenne et la médiocrité, car la moyenne relève le plus souvent d’une abstraction : revenu moyen, compétence moyenne, c’est-à-dire une place au milieu d’une échelle de valeurs. La médiocrité, en revanche, est la moyenne en acte.

La médiocratie désigne ainsi un régime où la moyenne devient une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. C’est l’ordre médiocre érigé en modèle. Il ne s’agit donc pas pour moi de stigmatiser qui que ce soit, mais plutôt de comprendre la nature de cette injonction à être médiocre qui pèse aujourd’hui sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l’être.

Quelle est cette injonction ? D’où vient-elle ?

La médiocratie vient d’abord de la division et de l’industrialisation du travail qui ont transformé les métiers en emplois. Marx l’a décrit dès 1849. En réduisant le travail à une force puis à un coût, le capitalisme l’a dévitalisé, le taylorisme en a poussé la standardisation jusqu’à ses dernières logiques. Les métiers se sont ainsi progressivement perdus, le travail est devenu une prestation moyenne désincarnée.

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Aux yeux d’un grand nombre de salariés, qui passent de manière indifférente d’un travail à un autre, celui-ci se réduit à un moyen de subsistance. Prestation moyenne, résultat moyen, l’objectif est de rendre les gens interchangeables au sein de grands ensembles de production qui échappent à la conscience d’à peu près tout le monde, à l’exception de ceux qui en sont les architectes et les bénéficiaires.

A l’origine de la médiocratie, vous insistez également sur la montée en puissance de la « gouvernance »…

C’est le versant politique de la genèse de la médiocratie. D’apparence inoffensive, le terme de gouvernance a été introduit par Margaret Thatcher et ses collaborateurs dans les années 80. Sous couvert de saine gestion des institutions publiques, il s'agissait d'appliquer à l'Etat les méthodes de gestion des entreprises privées supposées plus efficaces.

La gouvernance, qui depuis a fait florès, est une forme de gestion néolibérale de l'Etat caractérisée par la déréglementation et la privatisation des services publics et l'adaptation des institutions aux besoins des entreprises. De la politique, nous sommes ainsi passés à la gouvernance que l'on tend à confondre avec la démocratie alors qu'elle en est l'opposé.

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Dans un régime de gouvernance, l'action politique est réduite à la gestion, à ce que les manuels de management appellent le « problem solving » : la recherche d'une solution immédiate à un problème immédiat, ce qui exclut toute réflexion de long terme, fondée sur des principes, toute vision politique du monde publiquement débattue. Dans le régime de la gouvernance, nous sommes invités à devenir des petits partenaires obéissants, incarnant à l'identique une vision moyenne du monde, dans une perspective unique, celle du libéralisme.

Etre médiocre, ce n'est donc pas être incompétent ?

Non. Le système encourage l'ascension des acteurs moyennement compétents au détriment des super compétents ou des parfaits incompétents. Ces derniers parce qu'ils ne font pas l'affaire et les premiers parce qu'ils risquent de remettre en cause le système et ses conventions. Le médiocre doit avoir une connaissance utile qui n'enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. L'esprit critique est ainsi redouté car il s'exerce à tout moment envers toute chose, il est ouvert au doute, toujours soumis à sa propre exigence. Le médiocre doit « jouer le jeu ».

Que voulez-vous dire ?

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« Jouer le jeu » est une expression pauvre qui contient deux fois le même mot relié par un article, c'est dire son caractère tautologique. C'est une expression souriante, d'apparence banale et même ludique. Jouer le jeu veut pourtant dire accepter des pratiques officieuses qui servent des intérêts à courte vue, se soumettre à des règles en détournant les yeux du non-dit, de l'impensé qui les sous-tendent. Jouer le jeu, c'est accepter de ne pas citer tel nom dans tel rapport, faire abstraction de ceci, ne pas mentionner cela, permettre à l'arbitraire de prendre le dessus. Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues.

La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu'ils sont corrompus. Quand des sociétés pharmaceutiques s'assurent que l'on guérisse à grands frais des cancers de la prostate pourtant voués à ne se développer de manière alarmante que le jour où ceux qui en sont atteints auront 130 ans. Quand l'université forme des étudiants pour en faire non pas des esprits autonomes mais des experts prêts à être instrumentalisés.

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Le recteur de l'Université de Montréal l'a affirmé sur le ton de l'évidence à l'automne 2011 : « Les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises. » Des entreprises qui justement siègent au conseil d'administration de l'université, même si celle-ci demeure largement financée par l'Etat. Le recteur de notre principale université francophone rejoignait ainsi, presque mot pour mot, les propos de Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, affirmant en 2004 que sa chaîne vendait « du temps de cerveau disponible » à Coca-Cola.

Jouer le jeu, c'est aussi, où que l'on soit, adopter le langage de l'entreprise privée…

Dans l'ordre de la gouvernance, le service public disparaît et sa terminologie avec. Le patient d'un hôpital, l'usager du train ou du métro, le spectateur d'une salle de concert, l'abonné d'un musée, tous deviennent des « clients ». A la radio d'Etat, au Québec, un journaliste culturel m'a récemment demandé si j'étais « consommateur de théâtre ». Et la bibliothèque nationale, quand je suis en retard pour rendre les livres que j'ai empruntés, m'envoie un courriel qui commence par « Cher client ». Ces mots ne sont pas anodins. Ils sont révélateurs. Ils en disent long sur la révolution anesthésiante que nous vivons aujourd'hui.

Vous placez l'expert au centre de la médiocratie. Pourquoi ?

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L'expert est souvent médiocre, au sens où je l'ai défini. Il n'est pas incompétent, mais il formate sa pensée en fonction des intérêts de ceux qui l'emploient. Il fournit les données pratiques ou théoriques dont ont besoin ceux qui le rétribuent pour se légitimer. Pour le pouvoir, il est l'être moyen par lequel imposer son ordre.

L'expert s'enferme ainsi dans les paramètres souhaités par telle entreprise, telle industrie, tel intérêt privé. Il ne citera pas Coca-Cola dans une étude sur l'obésité parce que la marque a financé l'étude. Il affirmera que les variations climatiques ne sont pas liées à l'activité industrielle parce que Exxon Mobil subventionne ses recherches. Il nous faudrait un nouveau Molière pour faire subir aux experts le sort que l'auteur du Malade imaginaire a réservé aux médecins de son temps.

La médiocratie ne pousse-t-elle pas aussi à l'affadissement du discours politique ?

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Sans surprise, c'est le milieu, le centre, le moyen qui dominent la pensée politique. Les différences entre les discours des uns et des autres sont minimes, les symboles plus que les fondements divergent, dans une apparence de discorde. Les « mesures équilibrées », « juste milieu », ou « compromis » sont érigées en notions fétiches. C'est l'ordre politique de l'extrême centre dont la position correspond moins à un point sur l'axe gauche-droite qu'à la disparition de cet axe au profit d'une seule approche et d'une seule logique.

Dans ce contexte médiocre, règne la combine. Les gouvernants se font élire sur une ligne politique et en appliquent une autre une fois élus, les électeurs profitent des municipales pour protester contre la politique nationale, votent Front national pour exprimer leur colère, les médias favorisent ces dérapages en ne s'intéressant qu'aux stratégies des acteurs. Aucune vision d'avenir, tout le jeu politique est à courte vue, dans le bricolage permanent.

Comment résister à la médiocratie ?

Résister d'abord au buffet auquel on vous invite, aux petites tentations par lesquelles vous allez entrer dans le jeu. Dire non. Non, je n'occuperai pas cette fonction, non, je n'accepterai pas cette promotion, je renonce à cet avantage ou à cette reconnaissance, parce qu'elle est empoisonnée. Résister, en ce sens, est une ascèse, ce n'est pas facile.

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Revenir à la culture et aux références intellectuelles est également une nécessité. Si on se remet à lire, à penser, à affirmer la valeur de concepts aujourd'hui balayés comme s'ils étaient insignifiants, si on réinjecte du sens là où il n'y en a plus, quitte à être marginal, on avance politiquement. Ce n'est pas un hasard si le langage lui même est aujourd'hui attaqué. Rétablissons-le.

A lire

 Gouvernance, le management totalitaire, d'Alain Deneault, éd. Lux (2013)

La Médiocratie, d'Alain Deneault, éd. Lux (2015)

http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir,135205.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1524467942

https://www.les-crises.fr/en-politique-comme-dans-les-entreprises-les-mediocres-ont-pris-le-pouvoir-par-alain-deneault/

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A voir absolument!    P.G.

Alain Denault chez Taddéi au sujet de «La Médiocratie»

https://www.youtube.com/watch?v=Kus6n75VbAk

Alain Deneault : les multinationales ont-elles pris le pouvoir ?

https://www.youtube.com/watch?v=RjMrDkoz5Jw

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