mercredi 20 juin 2018

Europe : les partis politiques français, critiques mais rarement sortants

La quasi-totalité des partis français critique l’Union européenne. Les uns veulent aller de l’avant, d’autres faire marche arrière ou en sortir.

ACT PARTIS EUROPE

À un an des élections européennes, les projets des partis sont loin d’être rédigés. D’ores et déjà, trois grands blocs semblent néanmoins se dessiner. Un premier bloc prône une transformation fédérale de l’Union européenne. Cette idée renvoie à la « souveraineté européenne » et à l’« Europe souveraine, unie et démocratique » que défend Emmanuel Macron.

Du trans-nationalisme au souverainisme, d’un extrême à l’autre

Ce dernier a toutefois subi un premier revers avec le rejet, par le Parlement européen, de sa proposition de listes transnationales aux élections européennes. Il n’en demeure pas moins que la liste LREM-MoDem, est, avec 27 % des intentions de vote, en tête des sondages (1).

À l’opposé, un deuxième bloc milite pour une sortie immédiate de l’Union européenne, un « Frexit » sur le modèle du Brexit. Mais les partis souverainistes qui le préconisent enregistrent un total d’intentions de vote marginal : 1 % pour Les Patriotes de Florian Philippot (ancien vice-président du FN) comme pour l’Union populaire républicaine (UPR) de François Asselineau.

Un troisième bloc, très hétérogène, cherche la voie d’une « autre Europe » sans quitter l’UE. On y trouve d’abord les partis qui critiquent l’actuelle construction européenne et ambitionnent de la réformer dans le sens qu’ils souhaitent (plan A). Il s’agit d’un pari audacieux, puisque les traités européens ne peuvent être révisés qu’à l’unanimité.

Entre souveraineté et volonté de rester dans l’UE

L’idée d’une sortie n’est éventuellement envisagée qu’en cas d’échec de cette refondation (plan B). C’est la stratégie du Rassemblement national (ex-FN) de Marine Le Pen (17 % des intentions de vote) et de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan (6 %), qui veulent donc aboutir au même résultat que Les Patriotes et l’UPR – le recouvrement de la souveraineté française –, mais par un autre moyen.

Enfin, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (14 %) et Génération-s de Benoît Hamon (3 %) ne rejettent pas forcément le contenant européen mais le contenu des politiques néolibérales de l’Union européenne. Reste à savoir si une autre politique économique est ou non possible dans le cadre des traités européens.

Les partis historiques pour une nouvelle Europe

Dans ce troisième bloc, on trouve ensuite les partis qui ont été les acteurs de la construction européenne, même si leur aile la plus fédéraliste – représentée au PS par Michel Rocard, Jacques Delors ou François Hollande, à LR par Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin – a été siphonnée par LREM. Ces formations sont très divisées sur l’Europe, et le flou demeure sur ce que sera leur programme.

On y trouve le PS (7 % des intentions de vote), qui organise le 9 juin un conseil national destiné à engager le processus interne vers le scrutin, avec une convention programmatique en octobre, et Les Républicains (15 %), qui ne contestent pas le principe d’une intégration supranationale – notamment l’existence d’une monnaie unique – mais veulent redonner aux nations certaines compétences.

Partant de là, deux visions se concurrencent. Les uns (Laurent Wauquiez, Virginie Calmels, LR) veulent une Europe en « cercles concentriques », partant d’un noyau dur et allant jusqu’à une simple zone de libre-échange. Les autres (le club Force républicaine de Bruno Retailleau) préfèrent une Europe « à géométrie variable », chaque nation choisissant « à la carte » les compétences qu’elle délègue à l’échelon européen.

Laurent de Boissieuhttps://www.la-croix.com/France/Politique/Europe-les-partis-politiques-francais-critiques-mais-rarement-sortants-2018-06-08-1200945406?from_univers=lacroix

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Un changement majeur se produit sous nos yeux: la presse "mainstream" semble renoncer à présenter le FN comme un parti souhaitant sortir de l'UE, même si on maintient que cela resterait son objectif final... On laisera probablement à Philippot le soin de représenter l'extrémisme "populiste" compte tenu de sa filliation avec "l'extrême droite", mais les intentions de vote contraignent les journalistes à mentionner l'UPR. On notera également que de plus en plus de journalistes reprennent le socle critique des arguments de François Asselineau, décréditant de fait les partisans d'une "autre Europe" : "un pari audacieux, puisque les traités européens ne peuvent être révisés qu’à l’unanimité". ou "Reste à savoir si une autre politique économique est ou non possible dans le cadre des traités européens."  P.G.

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«Il faut prévoir un mécanisme de sortie de l’euro pour l’Italie»

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Les temps changent: de plus en plus de spécialistes découvrent ce que l'UPR explique depuis sa création en 2007, tout en essayant d'éviter le pire (de leur point de vue): une décomposition de l'Union européenne.  P.G.

TRIBUNE LIBRE / Source : Le Matin Dimanche, Nicolas Pinguely, 10-06-2018

TL MECANISME SORTIE EURO

(...)Rencontre avecl’ancien banquier Jean-Michel Naulot,  un spécialiste de la finance, auteur du livre «Éviter l’effonrdrement» (Éd. Seuil), qui a également rempli deux mandats au Collège de l’AMF, l’autorité française de contrôle des marchés.

L’Italie inquiète les investisseurs. Est-ce une menace pour l’euro ?

La situation s’est passablement détériorée en matière d’endettement en Italie. Ça ne pourra pas durer comme cela. La dette publique du pays atteint l’équivalent de 135% du PIB. Comme l’a dit le président de la Banque centrale eiuopéenne (BCE), il faut ajouter à cela l’équivalent de 20% du PIB correspondant aux encours italiens «Target 2» qui sont dus à la BCE. Ces montants ont plus que doublé depuis la dernière crise de l’euro, passant de 200 à 440 mtlliards d’euros. Et la Banque centrale allemande en est le principal bailleur de fonds.

Que préconisez-vous ?

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À l’image du récent appel de 154 professeurs d’économie allemands, je pense qu’il faut prévoir un mécanisme de sortie de la zone euro. Une procédure de sortie à froid de l’euro, que Valéry Giscard d’Estaing avait lui-même envisagé avec sa formule «une sortie amicale de la zone». C’est une erreur fondamentale de ne pas l’avoir prévue à l’origine. Un pays ne respectant pas les règles de la zone devrait pouvoir être sorti pa les autres membres. Un pays qui voudrait retrouver de la flexibilité économique devrait aussi être autorisé à sortir. L’Italie pourrait en bénéficier si elle en faisait la demande.

Pourquoi les concepteurs de l’euro ne l’ont pas prévu ?

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Il s’agissait au départ d’une position idéologique, et non pas économique. C’est un problème aujourd’hui car la réalité économique a repris le dessus. Prenez la production industrielle depuis le début des années 2000 : en Allemagne elle est en augmentation de 35%, alors qu’une contraction de près de 210% est survenue» en Italie. Dès lors, il faut soit prévoir des transferts financiers pour amortir le choc, comme dans n’importe quelle zone monétaire, soit envisager d’autres solutions pour que l’Italie retrouve de la souplesse budgétaire et de la compétitivité.

L’Allemagne acceptera difficilement de financer la Péninsule. Un retour de la lire, qui signifierait au passage une dévaluation de 30% doit-il être envisagée à brève échéance ?

Il est probablement trop tôt pour cela, à moins qu’une violente crise ne survienne dans la zone euro. A court terme, je pense qu’il est indispensable que l’Europe redonne une liberté d’action budgétaire à Rome. On verra par la suite ce qui adviendra.

Une dévaluation n’augmenterait-elle pas mécaniquement la dette italienne ?

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Je pense qu’on laisserait les encours de type «Target 2», représentant 440 milliards d’euros, se résorber avec le temps. Avec la dévaluation, l’Italie trouverait un nouvel équilibre, surtout si, comme il se doit, la BCE jouait pleinement son rôle de Banque centrale en assurant la stabilité fmancière. Il appartient aux gouvernements de faire de la politique, pas à la Banque centrale. Le devoir de cette dernière est d’assurer la liquidité du système bancaire en toutes circonstances, quelle que soit l’orientation du gouvernement. Ce qui n’a pas été le cas pendant la crise grecque en juin 2015.

Quid de la dette publique de plus de 2250 milliards d’euros ?

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Même s’il y a parfois débat, j’estime que la Lex monetae devrait s’appliquer pour la dette publique. Cela signifie que le remboursement se ferait dans la devise du pays. La dette serait donc transformée en lires et remboursée en lires. Cela serait d’ailleurs facilité par le fait que la dette italienne est essentiellement détenue par des banques et investisseurs locaux.

Les taux d’intérêt italiens ont grimpé de 1,8% à plus de 3% ces dernières semaines,en parallèle avec l’arrivée d’un gouvernement populiste. Inquiétant ?

Ce phénomène est naturellement inquiétant car un envol des taux vers 5% provoquerait vite l’asphyxie de l’économie. De manière plus globale, une gigantesque bulle s’est gonflée sur les marchés obligataires.

Comment s’est gonflée cette bulle ?

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Ma conviction est qu’il y a eu trop de laxisme monétaire. Les taux sont restés trop bas trop longtemps, et ce des deux cotés de l’Atlantique, ce qui a poussé les acteurs publics et privés à se surendetter. Il est parfaitement absurde d’avoir des taux à zéro OU négatifs en Europe alors que la croissance avoisine 2%. Lorsque les taux sont à zéro on ne peut que faire des bêtises. Ce n’est pas tout. Aux Etats-Unis, la politique de relance par le déficit de Trump, à hauteur de 600 milliards de dollars, qui survient en fin de cycle, est très inquiétante. Elle est mise en place au moment où la Banque centrale américaine va commencer à délester son bilan de 600 milliards de dollars.

Quel est le risque ?
Les taux vont prendre l’ascenseur. Les États-Unis vont devoir trouver de nouveaux investisseurs pour 1200 milliards de dollars. En vertu de l’offre et de la demande, les taux d’intérêt américains ne peuvent que monter. Comme les marchés sont interconnectés, les taux européens vont suivre. Une hausse du loyer de l’argent n’est pas une bonne nouvelle pour les possesseurs d’obligations (ndlr ; le prix des obligations évolue inversement auc taux). La bulle obligataire risque alors d’éclater, ce qui serait aussi très négatif pour des marchés actions se retrouvant entraînés dans la crise.

https://www.les-crises.fr/il-faut-prevoir-un-mecanisme-de-sortie-de-leuro-pour-litalie-par-jean-michel-naulot/

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mardi 19 juin 2018

La décomposition de l’UE

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

TL SAPIR EUROPE DECOMPOSITION

L’Union européenne se décompose. Très clairement, la question des « migrants » a joué le rôle d’un détonateur. Sur cette question s’additionnent les erreurs politiques, un discours à prétention morale qui s’avère être fondamentalement moraliste, et une énorme hypocrisie.

On en a la preuve avec le cas de l'Aquarius, ce navire affrété par l'ONG SOS-Méditerranée. Mais, sur le fond, cette question n'a fait que refléter les contradictions internes qui se sont développées au sein de l'UE. En un sens, on peut penser que rares sont les dirigeants qui « croient » encore en une UE fédérale.

Macron au Forum de Saint-Pétersbourg
© Sputnik . Ramil Sitdikov
Cette décomposition pourrait aboutir à diverses solutions, et même si le nom « Union européenne » devait survivre, il est clair que ce ne serait plus l'UE telle qu'elle fut imaginée et mise en pratique depuis le vote du fameux « Acte Unique » de 1986. Nous assistons à l'écroulement de plus de trente années de « construction européenne ».

Un contexte chargé

Il y a eu tout d'abord le Brexit, voté en 2016, et que d'aucuns espéraient voir inverser par on ne sait quel traquenard « légal ». Or, avec le vote récent au Parlement britannique où Mme Theresa May l'a emporté sur la fraction pro-UE, il est clair que le BREXIT aura bien lieu. Le Royaume-Uni quittera donc bien l'Union européenne (UE). Les élections générales de ces 6 derniers mois, en Hongrie, en Autriche, mais aussi en Slovénie, ont porté (ou maintenu) au pouvoir des gouvernements clairement eurosceptiques, souhaitant une modification profonde des règles de l'UE. Enfin, l'action de l'actuel gouvernement italien, résultant d'une coalition entre le M5S et la Lega a aboutit à mettre en lumière ces contradictions.

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La décision du Ministre de l'intérieur Italien, M. Matteo Salvini, de refuser au navire Aquarius, le droit de débarquer les migrants recueillis a causé un scandale. Les bonnes âmes se sont élevées contre cette décision. Mais, celle-ci a respecté d'une part le droit international maritime, et le fait que l'ONG en question n'ait pas attaqué le gouvernement italien en témoigne, et d'autre part les cas d'urgences humanitaires ont été respectés. En dépit de déclarations souvent fracassantes, M. Salvini a accepté que les femmes enceintes et les personnes gravement malades soient débarquées, et les Garde-Côtes italiens continuent leurs missions de sauvetage. L'Aquarius est escorté par un navire des Garde-Côtes italiens, ce que reconnaît l'ONG SOS-Méditerranée elle même.

Hypocrisies franco-allemandes

Ce qui est donc en cause, c'est une politique caractérisée par un aveuglement au réel et une immense hypocrisie de l'UE, mais aussi de l'Allemagne et de la France. C'est cette hypocrisie en particulier qui a fait porter à l'Italie le poids presque exclusif de l'accueil des « migrants » depuis ces trois dernières années.

La reculade du Président français, M. Emmanuel Macron, qui — après avoir dénoncé l'attitude de l'Italie en des termes de morale plus que de politique — a été obligé de baisser de ton est significative. Il est revenu à une position plus raisonnable, mais au prix d'une humiliation internationale. Les deux dirigeants ont affiché une entente d'autant plus cordiale que l'on sait que l'on était passée au bord de la crise.

Drapeau de l'UE
© REUTERS / Tony Gentile
Mais, cette crise s'est invitée en Allemagne où Angela Merkel a été obligée de composer avec son propre Ministre de l'intérieur M. Horst Seehofer. Ce dernier, soutenu par une majorité des députés de la CDU-CSU, souhaite que l'Allemagne passe un accord avec la Grèce et l'Italie sur la question des migrants, un accord qui permettrait à l'Allemagne de rejeter tous migrants non préalablement enregistrés. On apprenait une réunion des trois ministres de l'intérieur de l'Allemagne, de l'Autriche et de l'Italie sur la question de l'immigration illégale. Cela montre la volonté des gouvernements de se coordonner. Mais, et cela n'aura échappé à personne, il s'agit d'une coordination inter-gouvernementale entre des Etats souverains, coordination qui contourne allègrement les procédures et les habitudes de l'UE et qui, probablement, mettra en cause ses règles. Signe des temps?

Le poids de l'économie dans cette décomposition

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On pourrait croire que la question des « migrants » épuise l'ordre du jour de l'UE. Ceci est loin d'être le cas. Le gouvernement italien, toujours lui, vient d'annoncer qu'il proposerait au Parlement de na pas ratifier le CETA, ce traité de Libre-Echange signé entre le Canada et les pays de l'UE. Une décision qui pourrait bien provoquer à terme l'annulation de ce traité. Cette décision du gouvernement italien, contradictoire avec la volonté de la Commission Européenne de décider, en lieu et place des Etats, sur les questions commerciales, réaffirme le rôle premier, et fondateur, de la souveraineté des Etats. De même, le gouvernement italien a laissé entendre qu'il pourrait s'opposer au renouvellement des sanctions contre la Russie. Ici encore, on est en présence d'une décision prise au consensus. Si un pays brise ce consensus, d'autres suivront.

Les questions économiques, et commerciales, tiennent donc une place importante dans le processus de décomposition de l'UE. Un processus qui a été mis en exergue par la décision de l'Allemagne de refuser la plus grande partie des propositions faites par le Président Français, Emmanuel Macron. La publication récente par l'OFCE d'un texte sur le rôle délétère de l'Euro vis-à-vis des économies tant françaises qu'italiennes le confirme (1). De fait, on constate que le « couple franco-allemand » n'existe pas, si ce n'est dans les délires des éditocrates français. [ce qu'explique François Asselineau depuis des années! NdR] Les formes prises par les « récits » de la crise engendrée par l'Italie, au premier lieux desquels les scandaleuses « unes » de la presse allemande mais aussi les lots extrêmement blessants qu'Emmanuel Macron avait utilisés, sont à la fois un symptôme de la décomposition de l'Union européenne, mais en constituent aussi une de ses causes.

De la souveraineté des Nations

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Cette décomposition de l'UE est cependant un processus de long terme. Dans ce contexte, le geste de Matteo Salvini à propos de l'Aquarius, que l'on l'approuve où non, a provoqué une césure importante. Il a démontré qu'un pays pouvait s'affranchir des règles de l'UE* et démontré tout à la fois l'inexistence de la « souveraineté européenne », ce mythe si cher à Emmanuel Macron et l'existence de sa propre souveraineté.

Ce geste aura des conséquences. Il contribue à redonner aux italiens une confiance dans le gouvernement de leur pays et dans les capacités de ce dernier. Mais, ce geste est aussi important pour les autres pays de l'Union européenne. Car, si l'Italie peut recouvrer sa souveraineté, peut dans un moment de crise décider que c'est elle qui fixe l'ordre du jour des problèmes à traiter tout autant que la nature des solutions, ce qui est une définition de la souveraineté, alors d'autres pays retiendront la leçon.


(1) Villemot S., Ducoudré B., Timbeau X., « TAUX DE CHANGE D'ÉQUILIBRE ET AMPLEUR DES DÉSAJUSTEMENTS INTERNES À LA ZONE EURO », in, Revue de l'OFCE, n°156 (2018)

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806161036825136-unionne-europeenne-migrants/

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*"Il a démontré qu'un pays pouvait s'affranchir des règles de l'UE": la conclusion me semble un peu rapide, attendons quand même de voir la suite. L'affaire des "migrants", n'en déplaise à certains, n'est pas l'élément central des difficultés à venir, ce que Sapir reconnait par ailleurs. Par contre, on voit bien que les temps changent, et c'est une très bonne nouvelle.  P.G.

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Une provocation de plus contre la Russie ?

Les États-Unis et l’Otan continuent de provoquer la Russie contre eux-mêmes, la demande de la Norvège de doubler le contingent américain sur son territoire en étant le dernier exemple en date, écrit Ted Galen Carpenter, expert américain de la politique étrangère dans un article publié par la revue The National Interest.

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Actuellement, la Norvège compte 330 militaires américains qui s’y trouvent sur une base de rotation. Si la demande du gouvernement norvégien est satisfaite, le contingent américain augmentera jusqu’à 700 personnes.

Ces nouveaux militaires devraient être déployés dans le nord de la Norvège, à quelques centaines de kilomètres de la frontière avec la Russie, à la différence de ceux qui se trouvent dans la partie centrale du pays.

Les troupes américaines déployées sur une base de rotation permettent aux Norvégiens de tenir formellement la promesse donnée à Moscou en 1949 au moment de l’adhésion de la Norvège à l’Alliance atlantique. À cette époque, les autorités du pays avaient en effet promis de ne pas déployer de bases américaines sur le territoire de leur pays.

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La ministre norvégienne des Affaires étrangères Ine Marie Eriksen Soreide, en demandant de doubler le contingent américain a rappelé qu’il serait déployé sur la base de rotation.
Du point de vue de l’expert américain, il s’agit d’un « tour cynique », incapable de tromper quiconque, et d’autant moins Vladimir Poutine et son entourage.

Les autorités norvégiennes ont déclaré que leur demande ne visait pas la Russie. L’expert Carpenter estime que cette déclaration est mensongère, du moment que la demande a été faite seulement quelques jours après que neuf pays du flanc oriental de l’Otan aient demandé à l’organisation de muscler sa présence dans la région.
En outre, l’Otan prévoit en octobre de mener sur le territoire norvégien l’exercice Trident Juncture 18 qui devrait impliquer 35 000 militaires, 70 navires et 130 avions.

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La ministre norvégienne affirme néanmoins qu’elle ne voit pas de « raison sérieuse » pour la Russie de réagir à ces actions d’Oslo.

Les leaders de l’Otan continuent d’affirmer que les actions de l’Alliance ne visent pas les intérêts de la Russie. Mais la conduite de l’Otan contredit ces déclarations, estime l’expert américain.

« Les USA et l’Otan devraient s’en tenir à une approche plus réaliste. N’importe quelle nation percevrait une telle conduite de l’Otan près de ses frontières comme inamicale et même menaçante. La poursuite de ces actions accompagnée du refus cynique d’admettre leur caractère hostile, peut facilement induire en erreur et provoquer une confrontation catastrophique. », a souligné l’expert.

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L’Otan ne cesse d’avancer vers les frontières de la Russie, violant ainsi la promesse qu’elle avait elle-même faite au Kremlin en 1990, consistant à ne pas s’élargir à l’Est. La Russie, elle, qualifie l’expansion de provocation et affirme qu’il est dangereux de déstabiliser l’équilibre des forces sur le continent européen. Vladimir Poutine a de son côté assuré que l’État russe n’envisageait pas de se livrer aux hostilités, mais restait déterminé à défendre ses intérêts de manière civilisée. Selon lui, c’est l’expansion de l’Otan et le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe qui représente une menace pour la sécurité de la Russie et de ses citoyens.

 


 

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Source :

https://fr.sputniknews.com/international/201806171036833412-otan-norvege-troupes/

https://francais.rt.com/international/34901-8-000-militaires-otan-exercies-frontières-russie

https://aphadolie.com/2018/06/18/otan-une-provocation-de-plus-contre-la-russie-video/

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Secret des affaires : dernière ligne droite et quelques leçons

TRIBUNE LIBRE / 12 juin 2018 par Olivier Petitjean

TL SECRET DES AFFAIRES

L’Assemblée nationale s’apprête à adopter définitivement le secret des affaires, malgré les alarmes de la société civile. À court terme, c’est un nouveau moyen pour les entreprises pour traîner lanceurs d’alerte, associations ou journalistes devant les tribunaux. À long terme, c’est l’instauration d’un véritable « droit au secret » pour les milieux d’affaires, qui met en danger tout le fragile édifice de régulation des multinationales.

L’Assemblée nationale doit voter ce 14 juin sur la dernière version de la loi transposant en France la directive européenne sur le « secret des affaires ». En dépit des alertes lancées par les syndicats, les journalistes, les chercheurs et le milieu associatif (lire notre article), et d’une pétition ayant rassemblée plus de 550 000 signatures, le texte n’apporte aucune garantie supplémentaire pour apaiser les craintes. Sauf divine surprise, le secret des affaires devrait bientôt être officiellement inscrit dans le droit français.

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À court terme, cette loi crée un moyen de pression et de représailles supplémentaire pour les milieux d’affaires sur les salariés ou sur les observateurs extérieurs qui voudraient avertir l’opinion de leurs pratiques douteuses. À long terme, le risque est potentiellement encore plus sérieux. Avec le secret des affaires, les entreprises ont réussi à se tailler un véritable droit d’exception en matière d’information.

Le gouvernement et sa majorité parlementaire ont réussi à donner à toute l’affaire une impression d’inévitabilité. Après tout, il ne s’agissait que de transposer une directive européenne, sans possibilité de revenir dessus. Et les exceptions prévues par le texte, au bénéfice des lanceurs d’alerte et des journalistes notamment, suffiraient selon eux à prévenir les abus. [Notons quand même que l'auteur semble trouver normal de transposer une directive européenne, c'est vraiment ancré dans toutes les têtes, y compris les plus "critiques"...NdR]

Droit d’exception pour les entreprises

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En réalité, les lobbys qui ont poussé le secret des affaires ont obtenu exactement ce qu’ils cherchaient : la création d’un droit au secret par défaut pour les entreprises, par rapport auquel chacun - salarié, lanceur d’alerte, syndicaliste, journaliste, militant associatif, chercheur, etc. - pourra désormais avoir à se justifier devant un tribunal.

Il était encore possible, dans le cadre de la transposition, de revenir sur ce renversement du droit commun en restreignant l’invocation du secret des affaires aux seules situations de concurrence économique ["une autre transposition est possible", le nouveau slogan de la gauche critique? NdR]

. Le gouvernement et la majorité l’ont catégoriquement refusé, tout comme les instances européennes l’avaient refusé lors de l’examen de la directive il y a deux ans. Ce qui montre bien que l’intention n’est pas, comme le prétendent les promoteurs du secret des affaires, de lutter contre l’espionnage industriel, mais bien de créer une arme de dissuasion massive utilisable contre n’importe qui.

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Dans le même esprit, gouvernement et majorité ont également catégoriquement refusé que le secret des affaires soit du ressort exclusif des tribunaux de grande instance, plutôt que des tribunaux de commerce, plus proches personnellement et idéologiquement des milieux d’affaires. Ils ont certes créé une possibilité de sanction pour poursuites abusives, mais elle sera difficile à faire valoir, et les amendes encourues ne sont pas dissuasives pour les firmes.

Comment on est-on arrivé là ?

L’histoire de l’adoption du secret des affaires est une illustration, à bien des égards terrible, du pouvoir qu’ont certains acteurs de mettre à l’ordre du jour et faire passer une mesure sans utilité, ne répondant à aucun besoin réel. Car il existe déjà un arsenal législatif suffisant pour lutter contre l’espionnage industriel, et les promoteurs du secret des affaires n"ont jamais été capables de citer des exemples probants de concurrence déloyale qui n’ait pas pu être poursuivie faute d’une législation adéquate.

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Conçu dans un petit cercle de spécialistes autoproclamés de « l’intelligence économique » qui ont échoué à plusieurs reprises à le faire adopter en France, puis porté au niveau européen par une coalition de multinationales françaises et américaines aidées d’un cabinet d’avocats d’affaires qui ont convaincu la Commission d’en tirer une directive, le secret des affaires a été poussé loin des regards du public (lire notre article, largement basé sur une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory). Parlementaires européens et société civile n’ont pris connaissance de ce projet de directive que très en aval, lorsqu’il était trop tard pour en remettre le principe même en cause. Le même scénario s’est rejoué deux ans plus tard en France.

Si les dirigeants politiques ont laissé faire, c’est sans doute que le secret des affaires leur donnait l’impression de soutenir à bon compte l’industrie européenne. Comme si les problèmes de cette dernière n’étaient liés qu’aux pratiques « déloyales » de ses concurrents, notamment chinois, et non à la politique de sous-investissement et de délocalisations poursuivie par de nombreuses firmes du vieux continent.

Prochaines étapes

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Les milieux d’affaires disposaient déjà d’un ensemble de moyens légaux pour cibler plus ou moins agressivement les journalistes d’investigation, les associations ou les chercheurs qui avaient le malheur de leur déplaire. On verra, à court terme, dans quelle mesure le secret des affaires contribue à amplifier le phénomène des « procédures bâillons » intentées par les entreprises contre leurs critiques. Il pourrait accélérer la tendance récente de ces dernières à délaisser le terrain de la seule diffamation (traditionnellement utilisée contre journalistes et ONG) pour tester de nouveaux motifs juridiques, si possible devant les tribunaux de commerce (lire nos articles ici et ).

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À moyen et long terme, le secret des affaires pourrait devenir un véritable « joker » dont les grandes entreprises pourront se servir pour éviter toutes les questions dérangeantes, voire échapper à certaines obligations réglementaires. On en voit déjà un premier exemple, aujourd’hui même, avec la directive européenne sur la transparence fiscale en cours de finalisation. Les grandes entreprises du vieux continent devront désormais se soumettre à un reporting financier et fiscal « pays par pays » public - sauf si... divulguer ces informations pourrait nuire à leur « compétitivité ». Beaucoup craignent que les dispositions sur le devoir de vigilance soient les prochaines en France à être contournées via ce droit d’exception.

Olivier Petitjean

http://multinationales.org/Secret-des-affaires-derniere-ligne-droite-et-quelques-lecons

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La Colombie, les escadrons de la mort et les droits de l’homme vus par les USA

TRIBUNE LIBRE / Par Dan Kovalik
Paru sur RT sous le titre Colombia, the death squads & the US’ human rights double standard

TL COLOMBIE PROPAGANDE US

Presque quotidiennement, nous sommes bombardés par des « informations » sur des problèmes au Venezuela. Et de fait, problèmes il y a, par exemple des pénuries de nourriture et de médicaments, et une inflation galopante. Mais quelque chose est occulté.

Ce qui est occulté par la presse est l’impact des sanctions sur la situation au Venezuela et la façon dont ces sanctions empêchent le Vénézuela de résoudre ces problèmes.

Ce que la presse omet aussi est que la voisine de palier du Venezuela, la Colombie, fait face à des problèmes humanitaires encore plus pressants. C’est la première alliée des USA dans la région et, étrangement, la toute nouvelle « partenaire mondiale » de l’OTAN en Amérique Latine. Et, les USA sont très largement responsables de ses problèmes aussi, mais de façons différentes.

TOUS LES JOURS

La fait est que, sur plusieurs plans, la Colombie connaît l’une des pires situations quant aux droits de l’homme de la planète, mais vous ne le sauriez jamais en regardant vos infos du soir à la télé.

D’abord, la Colombie détient le record des personnes disparues de toutes les Amériques – même plus que tous les pays du Cône Sud conjugués au cours des années de la « Guerre sale » – à plus de 60 000 personnes.

De plus, la Colombie compte le plus grand nombre de personnes déplacées par des conflits de la Terre, à plus de 7 millions – juste derrière la Syrie. Et un nombre disproportionné de ces personnes déplacées sont indigènes ou afro-descendantes.

Ajoutons que la Colombie se classe cinquième dans le monde pour le nombre d’enfants déplacés par des conflits, avec deux millions de filles et de garçons déplacés. De façon choquante, elle se classe 3ème dans le monde pour le nombre d’enfants assassinés, avec 715 enfants tués au cours de la seule année dernière. Ces statistiques ont mené l’organisation Save the Children à conclure que la Colombie est « l’un des pires pays au monde où être un enfant ou un adolescent ».

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La Colombie compte aussi parmi les pires pays au monde pour y être un activiste tel qu’un défenseur des droits de l’homme, un leader de syndicat, un chef indigène ou un chef afro-colombien. Ainsi, même après la signature d’un traité de paix entre le gouvernement colombien et les guérilleros des FARC en 2016, des activistes sont assassinés à un rythme alarmant. Plus de 200 activistes ont été tués depuis janvier 2017. En outre, 2017 a été la pire année de l’histoire du pays pour les militants des droits de l’homme en Colombie, avec un nombre record de 120 meurtres.

Bien sûr, les USA portent une lourde responsabilité dans cette horrible situation, parce qu’ils ont été les commanditaires de la guerre brutale de la Colombie contre son propre peuple, pendant des décennies, et qu’ils ont fourni des milliards de dollars en aides matérielles à cet effort de guerre. De fait, depuis 2000, les USA ont donné 10 milliards de dollars à la Colombie, principalement en assistance militaire, dans le cadre de son programme de contre-insurrection connu sous le nom de ‘Plan Colombia’. Au cours des années du Plan Colombia, l’armée colombienne a tenté de drainer plus d’assistance militaire américaine en massacrant des civils et en les faisant ensuite passer pour des guérilleros d’extrême gauche. Selon de récentes évaluations, l’armée aurait massacré 10 000 civils dans cette macabre opération de « faux positifs ».

ESCADRONS DE LA MORT 1

Mais les USA sont également derrière une force encore plus sombre que l’armée colombienne – à savoir, les escadrons de la mort paramilitaires colombiens. Bien que ceux qui vivent dans les endroits reculés de la Colombie soient douloureusement conscients de la présence et de la brutalité des paramilitaires, ces derniers sont aujourd’hui un secret bien gardé dans les zones plus aisées des grandes villes de Colombie et encore plus hors des frontières de la Colombie. De fait, les gouvernements américain et colombien démentent l’existence même de ces groupes paramilitaires, et la presse complice se fait également fort de garder le secret.

Récemment, le défenseur des droits de l’homme le plus important de Colombie, le Père Javier Giraldo (Compagnie de Jésus), a parlé du phénomène paramilitaire, dont il est expert. Comme il l’explique, « Nous avons des bras clandestins ou semi-clandestins de l’État, qui sont ces groupes paramilitaires. Aujourd’hui, il n’est plus toléré d’en faire mention en tant que tels, mais je continue de les appeler paramilitaires, parce que c’est le terme approprié. »

ESCADRONS DE LA MORT 2

Le Père Giraldo décrit les origines des escadrons de la mort paramilitaires, une force développée par les USA avant même l’émergence des guérilleros d’extrême gauche en 1964. Comme il l’explique :

« En 1962, quand Guillermo León Valencia était président, une mission de l’armée des USA, d’une école militaire spéciale de Caroline du Nord, est arrivée en Colombie… Ils ont analysé la situation en Colombie et laissé des instructions secrètes, qui donnaient l’ordre au gouvernement colombien de commencer à entraîner des groupes mixtes de civils et de militaires, et de les préparer à des activités terroristes paramilitaires pour combattre les sympathisants du communisme. *

«…  Le président Valencia, le jour de Noël 1965, a édicté le Décret 3398 qui changeait le nom du Ministère de la guerre en Ministère de la défense et autorisait la formation de milices civiles comme auxiliaires des forces armées. C’est la base légale des paramilitaires. »

« … Les États-Unis ont commencé à diriger tout l’appareil de sécurité de la Colombie et de ses agences… d’abord avec 400 officiers de l’armée des USA, aujourd’hui avec au moins 800. Les milices paramilitaires créées à cette époque, avec tous leurs soutiens légaux, ont été réaffirmées. »

ESCADRONS DE LA MORT 3

Bien sûr, comme le Père Giraldo l’a expliqué en de nombreuses occasions, les « sympathisants du communisme » ciblés par les paramilitaires sont les leaders syndicaux, les défenseurs de droits de l’homme, les leaders paysans et les prêtres catholiques qui prennent la défense des pauvres. Pour les prêtres catholiques, plus de 80 d’entre eux ont été assassinés depuis 1984 pour le crime d’avoir pris le parti des pauvres.

A cause de l’augmentation des meurtres de ces leaders sociaux et des déplacements forcés de masse après le désarmement des FARC, il devient plus évident que jamais que les paramilitaires ont la part du lion des violations des droits de l’homme en Colombie. Mais encore une fois, vous n’en sauriez rien en lisant votre presse habituelle ou en regardant les infos du soir à la télévision. Et les Colombiens qui souffrent sous le joug de ces paramilitaires sont douloureusement conscients de l’omerta dont ils font l’objet.

Encore récemment, quand j’étais en Colombie pour le premier tour des élections présidentielles, notre délégation a rencontré des résidents de la bourgade de Suarez (Département Cauca), qui venaient de perdre trois des leurs à cause de la violence paramilitaire. Un des membres de la communauté nous a demandé d’un ton désespéré, « Qu’est-ce que nous pouvons faire pour que le monde soit au courant de la poursuite de l’existence des paramilitaires ? » Je lui ai répondu que c’est ce que nous tentons de faire, mais que peu de gens nous écoutent.

COLOMBIE ELECTIONS 1

Pendant notre séjour en Colombie, un coordinateur de campagne pour un candidat à la présidence, Gustavo Petro, a été assassiné par des paramilitaires à la veille des élections. Le groupe paramilitaire connu sous le nom « Aguilas Negras » (les aigles noirs) avait menacé les partisans de la candidature de Petro quelques jours avant le vote du 27 mai.

Si la crise humanitaire et politique recevait ne fût-ce qu’une partie de l’attention portée par les médias à son voisin, le Venezuela, les gouvernements des États-Unis et de la Colombie auraient au moins une motivation pour améliorer la situation et poursuivre les groupes paramilitaires qui continuent de hanter le pays. Le silence presque complet sur le degré affolant de violence en Colombie est l’une des clés de la perpétuation de cette violence. De fait, les paramilitaires ont toujours dépendu de leur capacité à opérer dans l’ombre, et la presse occidentale se fait un devoir de les aider à cet égard.

Dan Kovalik enseigne le Droit humanitaire international à université de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il a écrit ‘The Plot to Attack Iran.’

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

* Note de la traduction : La tactique des milices paramilitaires a été appliquée par les USA contre le « communisme » ailleurs en Amérique du Sud. Par exemple, en Bolivie, dans les années 1970-80, l’un de ces groupes paramilitaires (et de trafiquants de drogue, tout comme en Colombie) était dirigé par un nom bien connu en France, l’ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, qui avait été exfiltré en Argentine, puis en Bolivie après la guerre. Voir l’article Cocaïne : Klaus Barbie, les USA et la connexion nazie

http://www.entelekheia.fr/2018/06/09/la-colombie-les-escadrons-de-la-mort-et-les-droits-de-lhomme-vus-par-les-usa/

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public

TRIBUNE LIBRE / Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

PROP MACRON NETANYAHOU

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

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Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

DEMORAND FRANCE INTER

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

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Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

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Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***

D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13].

FRANCE ISRAEL 2018 2

Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].

Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

https://www.les-crises.fr/netanyahou-a-paris-linformation-tres-selective-du-service-public-par-pauline-perrenot/

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lundi 18 juin 2018

Les enjeux réels de la privatisation de la SNCF [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE (Vidéo) / Pierre- Yves Rougeyron

TL SNCF ROUGEYRONhttps://www.youtube.com/watch?v=KUmwFenD4Ec

Extraits:

*L'ouverture à la concurrence (privatisation rampante): un serpent de mer qui revient par petites touches par tous les gouvernements aux ordres de l'UE.

*Le rapport Spinetta: objectif, tester le mouvement social/ noyer l'opinion avec le statut des cheminots (faire monter la "haine de classe" dans un public de droite & centre- droit); cacher les conséquences de la privatisation à terme: l'augmentation de l'insécurité sur le trafic ferroviaire et l'augmentation des prix.

*Il y a aussi un règlement de compte "énarchique" derrière: Macron voudrait provoquer la chute de Guillaume Pépy: utile à savoir pour ceux qui pensent que la privatisation mettra un terme au "pantouflage". Rappel: quand on a privatisé des grands groupes, on les a laissés dans les mains d'anciens haut fonctionnaires d'Etat qui ont tout simplement multiplié leurs gains! (Opérations assez proches de ce que certains oligarques russes ont fait). Ceux qui pensent "privatisations" et entendent "entrepreneurs" doivent avoir deux réalités dans la tête: la figure de l'entrepreneur telle qu'ils la vivent est une figure du XIX° siècle (les grands patrons sur un modèle fordiste n'existent plus, il n'y a plus de "capitaines d'industrie"!); ensuite l'ouverture à la concurrence en réalité n'est pas une logique entrepreunariale, c'est une logique de rente pour des fonds de pension qui vont se gaver sur l'outil de travail d'autrui, qui vont le vendre à la découpe etc, ça n'a jamais été autre chose depuis les années 80/90..."la grande méchante entreprise publique composée de fainéants fonctionnaires qui serait reprise par de courageux capitaines d'industrie est un mythe qui malheureusement a fait beaucoup de mal à l'intelligence politique de la droite française.

Keynes CIT 1*Air France (même auteur du rapport initial), autoroutes...La logique de rente laisse à l'Etat français tout ce qui n'est pas rentable.

Un peu d'histoire de la SNCF et de sa dette, référence à Maurice Allais:

*La rupture avec Hayek s'est faite, outre sur la question des prix administrés, sur la question des "monopoles naturels": il y a des activités qui par leur servitude et par la nécessité que le corps social en a, sont par nature des monopoles qui doivent être dans la main de l'Etat.

*Le transport en fait partie: vous avez 2 parties dans le transport, fret & transport de personnes d'une part, et l'aspect entretien du réseau qui est un investissement permanent très coûteux, qui nécessite énormément de technicité (sécurité ferroviaire). cf la catastrophe de Brétigny sur Orge (matériel de moins en moins entretenu).

 

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*La SNCF a dès le début pris en charge les dettes des compagnies privées dont elle a pris la place. Le développement du réseau ferroviaire dans les années 50/60 a été par cette marque du génie français qu'était le circuit du Trésor (circuit d'argent gratuit au sein de l'économie française qui allait vers les grands investissements et qui orientait l'épargne d'une partie de la population vers ces investissements.: nos grands- parents ont eu des bons SNCF dans leur bas de laine!) On a laissé tomber ça parce qu'il fallait faire l'Europe, mais c'est ce qui nous a permis de faire la grande modernisation du territoire français qui a eu lieu dans les années 50, surtout les années 60 et jusqu'au début des années 70.

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Elle va s'arrêter sous la demande de 2 hommes: Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre et dans le cadre de la SNCF ça va se passer de la manière suivante: la dette SNCF, qui est fondamentalement une dette qui est liée au remplacement et au renouvellement du réseau, prise en charge par l'Etat au nom, entre autres, de l'Aménagement du Territoire, à partir de Giscard et Barre, c'est fini: on délaisse le réseau,  on abandonne les petites gares qui ne sont pas rentables. Conséquence, vous plongez dans l'isolement des parts de régions entières, avec tout ce que ça implique (risques sociaux, sociétaux et sécuritaires...) On a décidé de faire lentement pourir la situation, jusqu'au moment où on s'est senti assez forts pour annoncer l'ouverture à la concurrence (directive du 1° "paquet ferroviaire" 1991 de l'Union européenne qui a fixé un agenda d'ouverture progressive).

*Et en plus Macron fait du zèle pour des raisons de "petite cuisine" de réseau de clientèle...."On est dans le cas des Etats qui n'ont plus de souveraineté, le règne des bandes et des gangs".

ETAT SOCIAL

La nationalisation de la SNCF avant guerre et son financement par le circuit du Trésor appuyé par l'épargne des Français a permis l'essor du transport, mais a été également utilisé comme modèle pour l'aérospatiale, le nucléaire...

On a mis fin à ce système pour se conformer à des normes anglo- saxonnes (modèle UE) tout en demandant aux entreprises privées de respecter des obligations d'entretien et des charges de service public et d'aménagement du territoire. Le passage du "mode marché" de la dette qui date de ces année- là, est lié à "l'eurocratisme", pas forcément au "modèle américain" (le rail aux Etats- Unis est public). "La grande force des Américains est qu'ils arrivent à vendre chez les autres des idées quils n'appliquent pas chez eux..."

Absence de vision stratégue et politique (depuis le départ du général De Gaulle).

*Stratégie de pourissement à partir de la directive de 1991, parce qu'on ne dit pas la vérité au Français: le déficit annuel de la SNCF est au 2/3 les intérêts de la dette. Et vous avez les coûts du fait d'un réseau que vous n'entretenez pas, ce qui va induire des coûts indirects beaucoup plus élevés! Donc, vous allez devoir expliquer ce que ça va engendrer, une catastrophe en termes sécuritaires, et en termes de coût individuel pour les transports. Quelle va être votre stratégie pour que les gens acceptent? Vous continuez à ne pas investir et vous attendez que ça devienne tellement insupportable que les populations consentent par "horizontalisation des luttes"  (vous allez dressser les braves gens contre les cheminots; par ingénierie sociale vous allez produire une demande de privatisation, en investissant le moins sur les TER par exemple, qui sont utilisés par la majorité des gens, les trains que vous prenez tous les jours, pas de grève sur le Thalys, utilisé par les oligarques pour se rendre à Bruxelles, on ne touchera pas aux grandes lignes...).

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*Les syndicats sont liés à la Confédération européenne des syndicats. Un grand syndicaliste de FO vient d'être nommé au conseil économique européen, "un organisme où la Commission récompense ses laquais"...il a été insulté par sa base: dans les syndicats, la prise de conscience commence, "grâce à certaines personnes qui ont bien expliqué ce fait, je pense à François Asselineau tout particulièrement".

(...)

Vous l'aurez compris, un entretien à ne pas manquer!   P.G.

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Défense : la France s’offre corps et âme à l’Europe [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, Paris veut accélérer les coopérations et la consolidation européenne dans le domaine de la défense. Mais la plupart des pays européens n’hésitent pas à acheter américain ou profitent du volontarisme européen de la France pour renforcer leurs industries. L'Europe de la défense sera l'un des thèmes du Paris Air Forum qui se tiendra le 21 juin au Toit de la Grande Arche de La Défense à Paris.

ACT PARLY DEFENSE

L'objectif est clair. La France, qui a décidé de jouer la carte de l'Europe de la défense, a un grand dessein pour le Vieux-Continent. La future loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 "prend ce parti et mise résolument sur l'Europe de la défense", avait annoncé en février dernier à l'Assemblée nationale la ministre des Armées, Florence Parly. Sous l'impulsion d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Élysée, la France a donc pris l'initiative de développer une politique volontariste de coopération européenne et internationale. Et Paris veut encore accélérer dans le cadre de la LPM. "Nous avons de nombreux projets de coopération européenne dans le domaine de la défense et la coopération franco-allemande est un axe prioritaire", avait précisé la ministre. Des coopérations de préférence équilibrée. Ainsi, le nombre de programmes en coopération avec des pays européens devra être augmenté de 36 % par rapport à la précédente LPM.

La recherche systématique de coopérations européennes

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"Nous avons de nombreux programmes nouveaux à lancer pour moderniser nos équipements, avait expliqué en février de son côté aux députés le délégué général pour l'armement, Joël Barre. Nous rechercherons systématiquement, pour leur réalisation, une coopération européenne : parce que cela répond à une orientation politique, parce que c'est une nécessité économique, parce que cela facilite l'interopérabilité de nos forces en opération et parce que c'est un moyen de soutenir la consolidation industrielle à l'échelle de l'Europe".

Sont notamment concernés le programme de drone MALE européen (avec l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie), les futurs programmes de missiles FMAN et FMC (avec le Royaume-Uni), les travaux nécessaires au remplacement du char Leclerc (MGCS avec l'Allemagne), avions de patrouille maritime PATMAR futur (avec l'Allemagne), le programme SLAMF (avec le Royaume-Uni), le SCAF-Avion-NG ou la surveillance de l'espace exo-atmosphérique (avec l'Allemagne). Des pistes de coopération sont par ailleurs en cours d'exploration pour le programme de pétrolier ravitailleur FLOTLOG avec l'Italie et pour le programme de missile MAST-F avec l'Allemagne.

Les Européens veulent-il vraiment l'Europe de la défense ?

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Pourquoi un tel objectif ? "Nos alliés et nos voisins européens en particulier, qui sont confrontés aux mêmes menaces et aux mêmes dangers que nous, devraient pouvoir s'unir autour de ces projets rassembleurs et ainsi faire naître une autonomie stratégique européenne", avait expliqué Florence Parly. En conséquence, avait-elle précisé, "notre autonomie stratégique (...) doit contribuer à faire émerger une autonomie stratégique européenne".  Encore faut-il faire converger les besoins opérationnels des armées. Ce qui n'est pas une mince affaire, y compris entre la France, dont les armées font la guerre, et l'Allemagne, dont les soldats restent pour le moment en soutien. C'est d'ailleurs pour cela que Florence Parly a plaidé lundi lors l'inauguration du salon de l'armement terrestre Eurosatory pour "une grammaire des équipements".

"Il ne faut pas se contenter de bâtir des industries communes, il faut créer une grammaire des équipements, a-t-elle expliqué à Eurosatory. Nous ne pouvons nous contenter de dire qu'il faut des interventions communes, le répéter à l'envi, et continuer à avoir des équipements qui ne fonctionnent pas ensemble, qui ne se parlent pas, qui ne communiquent pas. Nos armements doivent se comprendre".

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L'intention de la France est louable et généreuse mais les Européens veulent-ils vraiment une vraie Europe de la défense ? Ainsi, en novembre dernier, la Suède a été capable en une semaine de choisir le système de défense anti-aérien américain Patriot (Raytheon) au détriment d'un système européen (franco-italien) beaucoup moins cher, puis de s'engager dans une coopération militaire renforcée entre pays européens (Coopération structurée permanente). Incroyable cynisme de la Suède. Or c'est loin d'être un cas isolé. Les ex-pays de l'est (Pologne, Roumanie....), achètent à tour de bras du "Made in USA". Sans oublier tous les pays européens qui ont acheté le F-35 (Danemark, Pays-Bas, Norvège, Italie, Grande-Bretagne), l'un des programme les plus coûteux de l'histoire de l'armement (près de 400 milliards de dollars), ou qui le veulent (Belgique, Finlande).

Même l'Allemagne hésite de temps en temps entre des matériels internationaux et européens à l'image de l'armement du Tigre. Berlin semble aujourd'hui préférer le missile israélien Spike au détriment d'un missile franco-allemand proposé et développé par MBDA (MAST-F). Ce qui oblige la France à proposer toujours plus de contreparties pour emporter l'adhésion de ses partenaires européens. Beaucoup trop ? Est-ce que sera également le cas lors du rapprochement entre Naval Group et Fincantieri ?

Arrogance, quelle arrogance?

 

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Les coopérations européennes se font-elles au détriment des intérêts industriels français ? "L'objectif, dans ces coopérations industrielles, n'est évidemment pas de nous affaiblir", avait assuré Florence Parly. Mais la France, qui a investi depuis plus de 50 ans dans son outil de défense (opérationnel, technologique, industriel), a souvent été en avance par rapport à ses partenaires européens (spatial, aviation de combat, électronique). Une avance industrielle et technologique trop souvent perçue par ses alliés comme de l'arrogance - la fameuse arrogance française que les Européens assènent pour masquer leurs insuffisances. A l'exception de Londres, qui coopère régulièrement d'égal à égal avec Paris. C'est le cas à travers MBDA. Et ça marche même si la France a beaucoup moins investi dans la filière missile ces dix dernières années que la Grande-Bretagne.

L'Allemagne a très bien su tirer parti ces dernières années des initiatives françaises, en arrachant aux industriels tricolores des compétences et des savoir-faire, notamment dans le domaine spatial, pour les relocaliser sur le sol allemand (OHB), comme le regrette un grand industriel interrogé par La Tribune. La coopération et la consolidation européennes ne sont "pas simples, mais nous avançons dans cette voie", avait d'ailleurs reconnu à l'Assemblée nationale, Joël Barre.

Des industries trop morcelées?

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Pour justifier de telles coopérations et la consolidation du secteur, la France estime, à l'image de Florence Parly, que les "industries de défense nationale sont souvent trop petites par rapport à leurs grands compétiteurs mondiaux. Il y a donc un besoin urgent de consolidation à une échelle européenne". Une antienne rabâchée depuis les années 90. Lundi à Eurosatory, Florence Parly a une nouvelle fois rappelé "le morcellement du paysage industriel européen" qui est "un frein à notre développement. Il empêche les industries d'atteindre des tailles critiques, de pouvoir peser pleinement face à des concurrents américains et asiatiques toujours plus forts".

"Je ne vois aucun panache à tenter de survivre seul, quand nous pouvons réussir ensemble. Unir nos forces, c'est remporter des marchés, faire les meilleurs équipements au meilleur prix", a-t-elle estimé.

Faut-il toutefois rappeler que Dassault Aviation, Naval Group, Thales, MBDA, voire Nexter n'ont pas eu besoin de l'effet de taille pour devenir avec l'aide d'un Etat stratège des leaders technologiques dans le domaine de la défense et maîtriser sans apport étranger des programmes aussi complexes que les sous-marins SNLE, SNA, le Rafale, le char Leclerc, les satellites d'observation et de télécoms militaires ou encore le radar de surveillance de l'espace Graves (ONERA)... Faut-il également noter qu'Airbus et Thales sont tout de même dans le top 10 des plus grands groupes de défense mondiaux, selon le classement 2017 du magazine américain DefenseNews. Naval Group pointe lui à la 23e place. Loin, très loin devant Fincantieri (54e). Ce qui a changé, c'est la situation financière et budgétaire française qui ne permet plus de lancer en solo des grands programmes sur l'ensemble du spectre. C'est là, la principale faiblesse de la France...

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/defense-la-france-s-offre-corps-et-ame-a-l-europe-781419.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180612

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Pour ce qui est des coopérations avec le Royaume Uni, il faudra epliquer à Macron et ses complices que l'alibi de la défense européenne a du plomb dans l'aile, à moins qu'il ait des informations que nous n'avons pas sur la fin éventuelle du Brexit...

Pour le reste, de plus en plus de journalistes comprennent, comme on le voit dans cet article,  que les arguments économiques ne tiennent pas, en témoignent les réusites antérieures de la France, ou les décisions stratégiques industrielles des "européens", et que de surcroît la plupart des "européens" se fichent pas mal des plans sur la comète de notre Jupiter. Quant aux Allemands, ils doivent bien rigoler de pouvoir se gaver face à ces idéologues incapables de défendre leurs intérêts nationaux et industriels! Pour reprendre la conclusion de l'article, la principale faiblesse de la France, ce n'est pas sa situation financière, c'est la trahison de ses dirigeants et de ses élites.   P.G.

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Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre...[réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

FA FRANCE LIBRE DRAPEAU

Un adhérent de l’UPR, habitant de Sainte-Terre, en Gironde, a accroché à sa fenêtre un drapeau français à la croix de Lorraine, symbole de la France Libre créée par Charles de Gaulle le 18 juin 1940 et symbole de la Résistance. Notre adhérent a ainsi été le premier à participer à la grande campagne que lance l’UPR pour pavoiser la France de drapeaux de la France Libre (désormais en vente dans notre Boutique UPR : https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html)

Le maire « socialiste » de cette bourgade de 2 000 habitants a cependant prétendu interdire à notre adhérent d’arborer le drapeau de la Résistance ! Il lui a adressé une lettre recommandée pour le lui faire décrocher, au motif qu’il n’avait pas à afficher ses opinions politiques !

L’affaire a connu un certain retentissement dans la presse. Le Figaro, Valeurs Actuelles, Sud-Ouest, notamment, lui ont donné de l’écho.

Nous remercions aussi Natacha Polony, qui a pris la défense de notre adhérent sur LCI, en précisant bien qu’il s’agissait d’une initiative d’un adhérent de l’UPR (et non d’un de ces spécialistes de la récupération politique que l’on a vu aussitôt se manifester pour s’approprier notre campagne…).

VID NATACHA FRANCE LIBRE

VOIR LA VIDÉO AVEC NATACHA POLONY ICI :https://www.upr.fr/actualite/le-ministere-de-linterieur-donne-raison-au-militant-

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

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APPEL AU PAVOISEMENT GÉNÉRAL !

J’appelle maintenant tous les adhérents et sympathisants de l’UPR qui en ont la possibilité d’arborer à leur fenêtre le même drapeau de la France Libre, et cela à travers toute la France métropolitaine et l’Outre-mer.

Il est possible de se procurer le drapeau de la France Libre sur notre boutique UPR – dans un format de 100 cm x 70 cm – au tarif modique de 10 €.
Il suffit de cliquer ici :
https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html

Vive la République !
Vive la France Libre !

François Asselineau
22 mai 2018

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
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