lundi 11 décembre 2017

Accor vend 62 hôtels F1 pour le Samu social

Le groupe hôtelier a dévoilé un plan de modernisation des hôtels F1, sa chaîne économique. Particularité, le groupe cède 62 établissements qui seront utilisés par le Samu social dans un contexte de crise du logement d'urgence.

ARG MIGRANTS UE F1

En décidant de reprendre en main son offre d'hôtellerie à bas coût, Accor en profite pour céder 62 de ses 237 hôtels F1 sur le territoire français à une filiale de la Caisse des Dépôts, dans le cadre du renforcement des infrastructures de logement d'urgence. La gestion opérationnelle sera confiée au groupe SNI et c'est le Samu social qui aiguillera les populations visées par ces établissements.

Environ un tiers des hôtels cédés sont situés en Île-de-France, où les besoins sont les plus forts. Depuis plusieurs années, le Samu social, et de nombreux services publics et associations ont en effet souvent recours à l'hôtellerie pour le logement d'urgence, et la pratique pose de plus en plus problème, les clients payants et ceux qui sont logés gratuitement faisant difficilement bon ménage.

La Caisse des Dépôts a donc saisi l'occasion d'acquérir les hôtels et de les affecter au Samu social via une de ses filiales, le groupe SNI. Joint par téléphone, le secrétaire général du groupe, Vincent Mahé, détaille: «les immeubles seront adaptés à leur nouvelle destination sociale et rénovés. Le bâti sera adapté à l'accompagnement social et des cuisines collectives seront installées». Si le montant de la vente est inconnu, l'enveloppe de travaux est de 30 millions d'euros.

Pour réaliser cette acquisition, le groupe SNI a été rejoint par d'autres investisseurs institutionnels. Les partenaires envisagent déjà d'acheter d'autres hôtels. Ils se rémunéreront en facturant à l'État chaque nuitée d'accueil d'urgence. «Et pour l'État, ce système est beaucoup plus attractif financièrement», souligne Vincent Mahé. L'alternative est en effet de payer au prix fort les nuits auprès d'hôteliers privés.

L'afflux massif de migrants depuis 2015, mais aussi l'aggravation de la situation économique et sociale pour de nombreux chômeurs, personnes âgées ou dépendantes, a accentué la pression sur les services publics du logement. Le gouvernement a lancé un plan de création de 13.000 places, mais recourt massivement à l'hôtellerie (41.000 nuitées avaient été achetées par l'État pour le seul mois de juin 2016, d'après un rapport parlementaire).

Plan de modernisation de l'offre économique

Accor a décidé de se séparer de ces actifs dans le cadre d'un plan de modernisation de son offre économique. Bien connus des Français pour leur emplacement le long des grands axes, les hôtels Formule1, nés en 1985 et devenus «F1» en 2008, appartiennent à quelques franchisés et pour la plupart à une structure d'investissement dédiée, dont le groupe Accor veut devenir le principal actionnaire.

Une augmentation de capital de 51 millions d'euros doit lui permettre de mener à bien une transformation des hôtels restants, avec des chambres partagées jusqu'à six personnes, un restylage total et un service Premium, avec salle de bain personnelle et non collective comme c'est le cas actuellement. En plus de 30 ans, la chaîne d'hôtels F1 a longtemps profité de sa place de leader, qu'elle doit défendre aujourd'hui sur un marché devenu particulièrement concurrentiel et qui évolue en même temps que les nouvelles tendances du voyage en France.

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/10/20005-20170310ARTFIG00013-accor-vend-62-hotels-f1-pour-le-samu-social.php

Voir aussi:

L’Etat va acheter des hôtels pour y loger des immigrés, pendant que des Français dorment à la rue

La Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB, Council of Europe Development Bank) va accorder un prêt de 100 millions d’euros à une société civile immobilière (SCI) française pour contribuer « à créer de nouvelles capacités d’accueil et d’hébergement d’urgence pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes vulnérables« .

La SCI qui va bénéficier de ce prêt s’appelle Hémisphère Holding. Ses statuts ont été signés le 21 octobre 2016 (trois mois seulement avant l’obtention du prêt européen) et son capital est de… mille euros. 999,90 euros déposés par Gestion Ampère et dix centimes par la Société nationale immobilière. Or Gestion Ampère est une filiale de la Société nationale immobilière. Et la Société nationale immobilière, c’est l’Etat.

La Société nationale immobilière, filiale de la Caisse des Dépôts, est propriétaire de plusieurs centaines de milliers de logements à travers toute la France. Et c’est d’elle que dépend Adoma, « premier opérateur national » de demandeurs d’asile.

Le prêt de 100 millions d’euros de la Banque de développement du Conseil de l’Europe vise précisément à " financer un programme mis en œuvre par Adoma à la demande de l’Etat français" .

Pour résumer, l’Etat français, via la Société nationale immobilière, a fait créer avec un capital de mille euros la SCI Hémisphère Holding qui a aussitôt obtenu un prêt de 100 millions d’euros pour financer le projet Adoma d’aide aux demandeurs d’asile en achetant des hôtels pour les y loger !

Ce qui correspond à la déclaration de Bernard Cazeneuve lors de sa visite dans un centre d’hébergement Emmaüs le 23 décembre 2016 :

" Un appel d’offre pour le rachat d’hôtels à des fins d’hébergement, actuellement en cours, devrait permettre de créer 5.000 places supplémentaires en convertissant des hôtels de tourisme."

Grâce à l’argent de la Banque de développement du Conseil de l’Europe, l’Etat français va donc développer l’accueil des immigrés dans des hôtels dont il deviendra propriétaire pendant que des Français dans la misère continuent de dormir à la rue ou dans des taudis.

http://www.medias-presse.info/letat-va-acheter-des-hotels-pour-y-loger-des-immigres-pendant-que-des-francais-dorment-a-la-rue/70801/

 

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Commentaire d'une de nos adhérentes, qui nous a suggéré cette publication:

"Et pendant ce temps, la France ruine ses habitants et n'a aucune volonté pour aider ceux qui n'ont pas les moyens de vivre !!
Et pour une fois je vais parler de moi !
L'Etat vient de m'envoyer la somme qu'il me donnera pour ma retraite, dans quelques mois, à 66 ans (et oui, pour nous ce n'est pas 62 ans !!)
La somme est faramineuse : 424 euros par mois BRUTS !!!
Et surtout qu'on ne m'accuse pas de racisme : une famille ne peut laisser mourir ses propres enfants pour élever ceux des autres !
Voilà, c'était ma minute de colère !"

Colère compréhensible: le message politique envoyé est désastreux pour la cohésion sociale et nationale de la France. On ne peut mener des politiques d'austérité (imposées de surcroît par des institutions supra- nationales) et détruire de facto le pacte social républicain tout en affichant une politique de "générosité" envers des ressortissants non autohtones, en situation illégale par ailleurs. Aucun peuple ne peut accepter une telle situation, et cela n'a rien à voir avec le racisme, le "populisme", la xénophobie ou que sais- je encore, même si certains ne manqueront pas d'exploiter la situation. Ce sont les responsables de ces politiques qui s'abritent derrière de grands principes humanistes quand ça les arrange qui doivent être combattus et démasqués!      P.G.

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dimanche 10 décembre 2017

Un peuple européen est-il possible ?

TRIBUNE LIBRE

TL LORDON

Un peuple européen est une idée magnifique diront certains. Pour quelques personnes, il existe déjà et se réunit autour d’une idée novatrice et moderne : l’Union européenne. Malheureusement, on ne décrète pas un peuple à coup de signatures sur un papier ou en avançant une simple idée de construction politique. Les ingrédients de constitution d’un peuple sont un brin plus compliqués et la définition juridique, seule, ne suffit pas. Il faut donc faire appel à la philosophie politique, elle peut nous apporter des éléments de réponse mais pas forcément ceux que Bruxelles imaginerait. Le Peuple européen – vous noterez donc le singulier de la formule – est fondamental pour que joue la démocratie au sein du périmètre où est établi ce peuple donné. Or, si les peuples européens sont bien identifiés dans la conscience collective, en est-il de même s’agissant d’une quelconque singularité européenne dans le domaine ? Un Finlandais se sent-il aussi proche d’un Portuguais qu’un Français avec un Belge ? Alors oui, ils partagent certaines valeurs – comme, diront certains, – le drapeau européen, les "valeurs" de l’UE et une (une seule ?) culture européenne. Mais est-ce suffisant ? Rien n’est moins sûr. Pour reprendre la formule du général De Gaulle: "on ne fait pas une omelette avec des oeufs durs"!     P.G./soverain

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À propos de l’auteur 

Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS, chercheur au Centre de sociologie européenne. Il a beaucoup écrit sur l’UE et sur la souveraineté économique et politique. Dans cet article, publié dans le Monde Diplomatique il y a plus de trois ans, il réfléchit à la notion de peuple européen.

Un peuple européen est-il possible ?

Par Frédéric Lordon, avril 2014

Pour ne pas succomber tout à fait à la gageure de prétendre ajouter quoi que ce soit de pertinent à l’énormité de ce qui s’est déjà dit à propos de la nation, il est possible d’emprunter des voies plus conceptuelles, par exemple en repartant de ce ferme rappel que fait Baruch Spinoza dans le Traité théologico-politique : « La nature ne crée pas de nations (1). » On notera d’abord qu’on ne saurait rompre plus catégoriquement avec les conceptions essentialistes ou ethnicisantes. On y verra ensuite une nouvelle plutôt bonne : rien, en cette matière, n’est fixé pour l’éternité, car si ce n’est pas la nature mais, disons pour faire court, l’histoire qui les fait, cela signifie que, de même qu’ils se font, les peuples peuvent se défaire, et aussi se refaire. Rien n’interdit en particulier de considérer l’hypothèse de la formation d’un peuple de peuples — c’est même, comme l’a montré notamment Eric Hobsbawm (2), une configuration communément pratiquée par l’histoire. Donc, si évidemment elle ne va pas de soi, l’idée que se fasse un peuple européen n’a rien non plus d’essentiellement absurde.

La nature ne crée pas de nations, dit Spinoza, mais pas davantage les adhésions de la rationalité contractualiste, selon le modèle de l’association volontaire, libre et transparente qui a donné leur caractère aux schémas variés du « contrat social ». Alors quoi ? « Puisque les hommes sont conduits par l’affect plus que par la raison, il s’ensuit que la multitude s’accorde naturellement et veut être conduite comme par une seule âme sous la conduite non de la raison mais de quelque affect commun (3). » Les communautés politiques, les communautés nationales sont fondamentalement des communautés passionnelles.

Il y a cependant plusieurs pièges dans cet énoncé. Il faut prendre garde en premier lieu au singulier : l’affect commun qui offre à la communauté (la multitude assemblée) son principe cohésif est un affect composite — ou un composé affectif. Il a pour objet des manières : manières de sentir, de penser et de juger — de juger du bien et du mal, du convenable et du répréhensible, du licite et de l’illicite. L’affect commun est donc, pour sa part, au principe d’un ordre moral collectif.

Mais de quelle extension ? Juger du bien et du mal, mais de quoi ? En quelles matières ? De quel ensemble délimité d’actions ? Spinoza ne dit certainement pas que doivent être communes les manières de juger de tout ! Le Traité théologico-politique dit même explicitement le contraire, qui est conçu pour défendre la liberté des opinions — c’est-à-dire leurs divergences. Il n’y a par conséquent nul totalitarisme de l’affect commun, nulle visée d’homogénéisation absolue de la multitude. Au demeurant, le point de vue statonationaliste (4) strict a tendance à systématiquement sous-estimer la variance culturelle et morale interne, y compris dans le cas d’Etats-nations réputés très unitaires, diversité culturelle corrélée, entre autres, à la diversité géographique. (…)

Dire qu’il n’y a pas de totalitarisme de l’affect commun, c’est reconnaître d’emblée que la complexion passionnelle collective est nécessairement une articulation du divers et du commun. Mais une articulation hiérarchique : une articulation du divers sous le commun. Ainsi, à côté de (sous-)affects communs proprement régionalistes, il y a des (sous-)affects communs de position sociale, définis notamment en termes d’intérêts matériels — ce qu’on pourrait appeler des affects communs de classe. L’entité d’ensemble ne tient que si l’affect commun global l’emporte sur les affects communs locaux, l’affect d’appartenance au tout sur les affects d’appartenance aux parties.

Par exemple, certaines régions de France tolèrent des dynamiques d’involution économique, d’attrition culturelle et de désertification sans qu’il s’ensuive la formation de violentes passions réactionnelles locales, en tout cas rien qui puisse remettre en cause l’affect commun global (national) auprès des populations concernées. Ainsi, la Creuse ou l’Ardèche acceptent au sein de la France des déclins, et même des abandons, qu’aucune nation n’accepterait au sein d’une Europe intégrée, et il n’en est ainsi que par la balance dans chaque cas entre affects communs globaux et (sous-)affects communs locaux [1]. Inversement, ce qui persiste de transferts financiers interrégionaux automatiques, liés au poids dominant du budget central, conduit objectivement les régions les plus riches à soutenir les plus pauvres, mais sans que ces contributions soient vécues par les contributeurs comme une charge contingente dont ils auraient été injustement lestés, par là propre à nourrir une protestation acrimonieuse. Faute de poser le problème en ces termes, les discours qui en appellent avec des trémolos à la « solidarité » (financière) des peuples européens (« Nous devrions nous montrer solidaires avec la Grèce »), ou au contraire qui stigmatisent l’« égoïsme » de l’Allemagne, se condamnent au dernier degré de l’inanité politique — par dissolution dans un consternant bouillon moraliste. (…)

Quel est, ou quels sont les objets sur lesquels pourrait se précipiter l’affect commun constitutif d’un peuple européen ? L’hypothèse esquissée ici propose d’envisager que l’un de ces objets pourrait être l’idée de souveraineté populaire, c’est-à-dire cela même qui se trouve profondément en crise dans la présente Union et qui, inversement, pourrait être le levier de sa régénération. (…) En effet, on peut tenir la souveraineté populaire, autrement dit l’affirmation des collectivités comme maîtresses de leur propre destin, pour le fait fondamental de la modernité politique, sinon même pour sa définition [2], telle qu’elle s’est historiquement développée sur le continent européen. En paraphrasant Spinoza, on pourrait dire qu’elle est l’affect politique primaire de ces sociétés, leur passion politique princeps. On peut alors se demander si cette idée de la revendication de souveraineté populaire n’est pas partagée au point d’être constitutive d’un imaginaire politique européen et, partant, la matière possible d’un affect commun suffisant.

La question de sa suffisance est évidemment névralgique. (…) En d’autres termes, sachant et les différences et les rapprochements déjà produits par l’histoire, une revendication de souveraineté populaire à l’échelle européenne peut-elle constituer le pas supplémentaire suffisant à produire un affect commun capable lui-même d’induire la formation des sous-affects communs politiques transversaux, qui l’emporteraient sur les sous-affects communs vétéro-nationaux, et seraient dominés par l’affect commun néonational européen ? Ce qui n’est pas autre chose que la question des conditions passionnelles de l’acceptation de la loi majoritaire.

Tout l’enjeu est donc de savoir si certaines idiosyncrasies nationales actuelles, objets de puissants affects communs locaux, toléreraient de se trouver contestées sous une loi de la majorité européenne — ce qui pourrait être le cas si elle concernait des domaines de politique commune. Au hasard : la politique économique, et notamment la politique monétaire. Soit l’expérience de pensée consistant à imaginer la remise en discussion des principes de la politique monétaire, c’est-à-dire le statut de la Banque centrale européenne, donc l’éventualité qu’elle ne soit plus indépendante, l’existence et le niveau des cibles d’inflation, l’impossibilité ou la possibilité d’un financement monétaire des déficits publics, les contraintes d’équilibre des budgets, etc.

Question : l’Allemagne, qui a imposé ses obsessions et ses propres dogmes monétaires à l’ensemble de la zone euro, accepterait-elle, en ces matières qui ont pour elle un caractère de quasi-sainteté, de se plier à une loi de la majorité européenne qui la contredirait ? C’est la question des affects communs locaux qui est ici posée. Tout va bien tant que ces idiosyncrasies peuvent être accommodées dans des dispositifs de subsidiarité. Le problème se noue quand elles touchent à des domaines d’intérêt commun — notoirement le cas de la politique économique et de la politique monétaire. [3]

Pour ceux qui considèrent que les configurations politiques intermédiaires, y compris la forme cosmopolitique de la fédération d’Etats-nations, ne sont pas viables, mais qui n’abandonnent pas pour autant de penser la perspective de l’Etat européen, c’est là typiquement le genre de question très concrète qu’il faut impérativement se poser, sauf à demeurer dans le registre des généralités bon marché — « la paix » — qui vouent les expérimentations politiques ultérieures à des destins catastrophiques. Inutile de préciser que toute réponse négative condamne d’emblée l’idée même d’intégration politique européenne. Or, avec la politique économique, on tient à la fois l’un des sujets les plus importants de la vie commune européenne… et l’un des plus susceptibles de donner lieu à un cas de résistance locale indépassable, au moins à moyen terme.

Si puissante qu’elle soit, et elle l’est sûrement, c’est donc probablement trop demander à l’idée moderne de la souveraineté démocratique, idée du décider-en-commun, que d’induire à elle seule un affect commun suffisant pour faire une Europe politique, et cela même s’il est vrai que des siècles d’histoire européenne ont également produit d’autres sortes de communs culturels qui pourraient venir l’étayer. L’Union européenne ne cesse pas d’ailleurs de tenter de mobiliser ces communs de renfort — de l’« humanisme »… à la « chrétienté » ! — où elle voudrait voir la ressource passionnelle d’une communauté politique possible. Mais le compte est loin d’y être s’il s’agit de garantir à des politiques communes les conditions de possibilité passionnelles d’une loi de la majorité européenne. (…)

C’était donc un peu mentir que d’annoncer le seul projet de reformuler conceptuellement le problème de l’Etat européen sans intention de le trancher dans un sens ou dans un autre. Car la reformulation produit d’elle-même ses cas de solution. Entre lesquels il va falloir choisir.

Ou bien conserver le périmètre actuel de l’Europe — les Vingt-Huit de l’Union ou les Dix-Sept de la zone euro — mais renoncer à une intégration politique réelle, qui, par définition, devrait inclure toutes les questions de politique économique, et cela alors que les plus importantes de ces questions se trouvent exposées à un veto manifeste de l’un des pays et, par là même, soumises à l’interdit de réintégrer le périmètre de la délibération politique ordinaire gouvernée par une loi de la majorité transversale. Dans cette configuration, pas d’Etat européen, pas d’intégration politique européenne — ce qui ne veut pas dire plus d’Europe du tout, mais une Europe ramenée à des ambitions plus modestes, et conçue comme un tissu de coopérations diverses, sans visée de construction d’une souveraineté, par conséquent sans empiétement sur les souverainetés nationales.

Ou bien une leçon un peu moins pessimiste à tirer de cette épreuve décisive que constitue la question monétaire conduirait à penser qu’on peut peut-être faire Etat européen… mais pas avec n’importe qui. Et, manifestement, pour l’heure, pas avec l’Allemagne.

 

Notes :

(1) Spinoza, Traité théologico-politique, dans Œuvres III, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Epiméthée », Paris, 2012 (1re éd. : 1670).

(2) Eric Hobsbawm, Nations et nationalisme depuis 1780, Gallimard, Paris, 1992.

(3) Spinoza, Traité politique, dans Œuvres V, PUF, 2005 (1re éd. : 1677).

(4) Le point de vue qui correspond à la logique de l’Etat-nation.

Source :

https://www.soverain.fr/peuple-europeen-possible/

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[1] Encore que...Lorsque la Creuse accepte un certain déclin, c'est parce qu'il y a toujours une promesse sous- jacente liée au pacte républicain et national: celui d'une prise en charge compensatoire transitoire et - surtout- la possibilité d'un ré-équilibrage ultérieur: le département est en celà le symbole même de l'égalité des territoires, ce qui explique sans doute que les "européistes" n'ont pas encore osé le faire disparaître, malgré les injonctions de Bruxelles (voir la conférence de F.A. sur les "euro-régions").

[2] En prenant pour critère le seul concept de souveraineté populaire au détriment de tout autre "affectio societatis" , on risque, de mon point de vue, de reproduire l'erreur commise par certains "extrémistes" pendant la Révolution française, une tentative de nature totalitaire d'un effacement de toute autre mémoire historique.

[3] La difficulté du projet fédéraliste tient dans cette impasse: la subsidiarité était relativement acceptée dans le "marché commun" mais les choses ont commencé à mal tourner à partir notamment du Traité de Maastricht, qui a mis en avant des éléments plus directement politiques. L'auteur en a bien conscience et se démarque du projet de fédération, mais pourquoi vouloir absolument maintenir la perspective d'un ensemble européen, de quelque nature que ce soit?

En rsumé, il me semble que l'auteur est amené à constater que même avec une approche résolument moderne et exclusive de la souveraineté, la construction d'un espace politique européen n'est pas raisonnablement envisageable, même "à moyen terme". Bienvenue au club! Reste à en tirer les leçons politiques et tirer un trait définitif sur cette utopie, au sens strict du terme.   P.G.

UPR PARIS Infos

VID FA TVL

Après avoir été l'invité de Radio insoumise il y a quelques semaines, le Président de l'UPR a été interrogé ce vendredi 9 décembre par Elise Blaise, sur TV Libertés.
https://www.upr.fr/…/retrouvez-lintervention-de-francois-as…

ACT MIGRANTS UPR PARIS

Souvenez-vous : en juin dernier la Commission européenne avait mis en garde la Pologne, la République tchèque et la Hongrie contre leur manquements dans l’accueil des réfugiés/immigrés (les “migrants”, en novlangue) -> https://www.francetvinfo.fr/…/l-ue-sanctionne-la-pologne-la…

Eh bien, les menaces ont été mises à exécution hier : ces trois pays vont être déférés par la Commission devant la Cour de justice de l’Union européenne. -> https://francais.rt.com/…/46306-quotas-migrants-hongrie-pol…

Conclusion : les altereuropéistes d’extrême-droite, qui vantent les modèles hongrois et polonais, en seront pour leur frais de salive et d’encre, avec leur projet d’« Europe des nations ». La politique migratoire, en vertu des articles 79 et 80 du TFUE, est sous la tutelle de l’Union européenne (elle fait partie des « compétences partagées »). Le Front national ment à ses électeurs lorsqu’il prétend qu’il pourra redonner à la France le contrôle de ses frontières tout en restant dans l’Union européenne. Mais, à bien y réfléchir, sur quel sujet le Front national ne ment-il pas ?

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Grande réunion publique à Pontoise le jeudi 14 décembre, 20 h. Venez nombreux!

 

À Dôme de Pontoise.

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ENTRETIEN N°55 – SMIC – Ecole – Audiovisuel – Brexit – Corse – Jérusalem – Johnny Hallyday

Le président de l’UPR François Asselineau analyse l’actualité récente au 6 décembre 2017.

VID FA TVL ENTRETIEN 55

00:20 : Certains experts préconisent un gel du SMIC pour améliorer la compétitivité française. Quel est votre avis sur la question ?
04:11 : Que pensez-vous de la dernière étude concernant le niveau des écoliers français ?
12:13
: Les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’audiovisuel public ont suscité la polémique, quelle est votre analyse ?
22:31 : Nouveauté sur la scène européenne : La commission européenne publie un document contre les paradis fiscaux.
25:38 : Nouveauté sur la scène européenne : L’affaire du Brexit.
30:20
: Nouveauté sur la scène européenne : La catalogne.
35:12
: Que pensez-vous des déclarations de Trump, reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël ?
44:34 : Hommage suite à la mort de Johnny Hallyday
47:34 : Réunion publique à Pontoise le 14 décembre pour la législative partielle du Val-d’Oise avec Lionel MABILLE, François ASSELINEAU, Vincent BROUSSEAU.

 

https://www.upr.fr/actualite/france/entretien-n55-smic-ecole-audiovisuel-brexit-corse-jerusalem-johnny-hallyday

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Energie : GE supprime 12.000 postes dans le monde

Le groupe américain a annoncé ce jeudi un plan de suppressions d'emplois massifs dans sa division Power.

ACT GE US

GE coupe à la hache dans ses effectifs. Ce jeudi, le groupe américain a annoncé 12.000 suppressions de postes sur le périmètre mondial de la division Power, soit près de 20 % des effectifs de celle-ci (67.000 salariés). Cette entité recouvre notamment sa production de turbines pour les centrales électriques, ainsi que les activités dans les réseaux électriques ou la conversion d'énergie. Ce plan vise « à réduire ses coûts structurels de 1 milliard de dollars », a indiqué le groupe dans un communiqué. La division Power, la plus importante de General Electric, représente un tiers du chiffre d'affaires global, à 36,8 milliards de dollars l'an dernier.

Confrontée à un recul de la demande plus important que prévu, la division énergie a souffert ces dernières années. GE fabrique les équipements des centrales électriques à gaz ou à charbon alors que les investissements se déplacent vers les énergies renouvelables. « Les marchés de l'énergie traditionnels, notamment le gaz et le charbon, connaissent un ralentissement », poursuit GE, citant à la fois les ventes de produits et les services.

L'an dernier, GE avait  déjà fait état d'un plan de suppression de 6500 postes dans sa division énergie, peu après le rachat des activités d'Alstom. En début de semaine, la direction de GE avait annoncé aux représentants du personnel des ex-activités Energie d'Alstom, rachetées fin 2015, un plan de suppression de 4.500 postes en Europe sur leur périmètre, comme l'avait révélé « Les Echos ».

« Ne pas se désolidariser »

La moitié des réductions d'effectifs annoncées jeudi concerneront l'Europe, en particulier l'Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni. Engagé par un accord signé avec l'Etat français, GE ne prévoit pas de nouvelles coupes dans l'Hexagone - un projet vise déjà 350 personnes dans l'hydraulique. « Mais on ne va pas se désolidariser de ce qui se passe en Europe, prévient un syndicaliste français. Si l'Etat ne marque pas GE à la culotte, on sait que ce sera pour 2019 ou 2020 en France ».

Le plan de GE s'inscrit dans une vaste restructuration du groupe annoncée mi-novembre par le nouveau patron du groupe . John Flannery a dû revoir ses prévisions de résultat à la baisse et s'est même résolu à toucher au sacro-saint dividende. Il compte recentrer le conglomérat sur l'aéronautique, la santé et l'énergie, tandis que l'essentiel des autres activités (transport, éclairage) seront cédées. L'objectif global est « de réduire les coûts de 3,5 milliards de dollars en 2017 et 2018 », indique l'industriel américain.

Le plan n'a toutefois pas convaincu les marchés, qui l'ont jugé trop peu ambitieux. Le cours de Bourse a ainsi reculé de 10 % en un mois, faisant  perdre à GE sa couronne de plus grand groupe industriel américain en Bourse , et de près de 45 % depuis le début de l'année.


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030994618461-energie-ge-supprime-12000-postes-dans-le-monde-2136565.php#2FqpKTAQJH91KE2r.99

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Martin Schulz relance l'idée des Etats-Unis d'Europe

Lors du congrès du SPD le 7 décembre, Martin Schulz a émis le vœu fédéraliste de refonder l'Union européenne en Etats-Unis d'Europe. L'ex-président du Parlement souhaite que les Etats écrivent une nouvelle constitution européenne pour 2025.

ACT SCHULTZ UE

Lors du congrès de son parti le 7 décembre, Martin Schulz, président du Parti social-démocrate allemand (SPD), a plaidé pour l'antienne des Etats-Unis d'Europe. Concept qui avait déjà germé en 1925 lors du congrès du SPD à Heidelbgerg. Reprise ensuite après la seconde guerre mondiale par Jean Monnet, l'idée des Etats-Unis d'Europe promeut la casse des Etats-nations pour promouvoir une seule et même entité : l'Europe. Dans une conception tout autre, au XIXe siècle, Victor Hugo avait lui aussi promu les Etats-Unis d'Europe, mais sans l'effacement des particularités nationales.

Pour appuyer son discours, Martin Schulz a émis l'idée que les Etats européens se penchent sur l'écriture d'une nouvelle constitution pour 2025. Le leader de la gauche allemande prévient : ceux qui refuseront de se prêter au jeu, seront exclus du nouvel objet politique à construire. Une conception qui devrait satisfaire Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Ce dernier avait notamment déclaré, suite au refus d'effacer la dette grecque, dans Le Figaro du 28 janvier 2015 : «Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.»

Martin Schulz menace les Etats qui s'écartent de ses valeurs européennes

Martin Schulz met ainsi en garde certains pays du groupe de Visegrad comme la Hongrie. Des Etats qui sont actuellement renvoyés devant la Cour de justice de l'Union européenne pour avoir refusé de se conformer aux accords européens sur les quotas de migrants à accueillir. 

Martin Schulz espère également dominer les réticences de certaines nations, souvent rétives à la perspective fédérale... et particulièrement la France pour son «non», lors du référendum de 2005, sur la création d'un traité établissant une constitution pour l'Europe.

«Seule une Europe forte peut forcer les géants comme Facebook et Google à respecter nos règles et les droits basiques», a-t-il déclaré.

En outre, Martin Schulz a souhaité la création d'un ministère européen des finances pour lutter contre l'évasion fiscale.

Un appel du pied clair à Emmanuel Macron, président de la République française, qui en a fait l'un de ses chevaux de bataille pour son mandat.  

Endosser un statut de leader pour mieux négocier avec Angela Merkel ?

Contesté par l'électorat lors des législatives de septembre, le SPD a atteint un score historiquement bas (20,5%). Martin Schulz espère-t-il, en se posant en chantre du fédéralisme, retrouver une légitimité sur la scène politique ?

Son autorité dans la conviction européenne pourrait également viser à déstabiliser Angela Merkel qui peine actuellement à fonder une coalition majoritaire au Parlement. Le SPD, qui négocie actuellement avec la droite allemande, pourrait tenter d'imposer son programme européen à Angela Merkel. L'actuelle chancelière se retrouverait dans une position difficile, puisqu'elle a besoin du SPD pour former une alliance politique et ainsi empêcher de nouvelles élections.

https://francais.rt.com/international/46315-martin-schulz-relance-idee-chimerique-etats-unis-europe

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"Reprise ensuite après la seconde guerre mondiale par Jean Monnet, l'idée des Etats-Unis d'Europe promeut la casse des Etats-nations pour promouvoir une seule et même entité : l'Europe": le journaliste omet un "détail": le projet d'Europe nouvelle promue par un certain... Adolf Hitler! Assisté de son juriste Walter Hallstein, qui fut le 1° président de la Commission européenne après la guerre.  P.G.

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Que cache l’indignation affichée par Bruxelles contre l’évasion fiscale ?

La condamnation de la fraude et de l’évasion fiscales permet de passer sous silence leur véritable cause, en l’occurrence la libre circulation des capitaux, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures.

ACT UE FISC RUPTURES

Elle n’est pas peu fière, la Commission européenne, d’avoir publié sa «liste noire» de dix-sept pays ou entités soupçonnés de favoriser l’évasion fiscale. Parmi les Etats nommés, on trouve du reste la Corée du Sud. Tiens, pour une fois, la Corée du Nord n’est pas dans le viseur. Un oubli, très certainement…

Car Bruxelles soigne sa com’. Après la publication des «révélations» connues sous le terme (forcément) anglais de «Paradise papers», l’Union européenne entendait montrer sa vertu, d’autant que les grands médias n’ont pas manqué d’afficher leur indignation face à ce scoop incroyable : la fraude et l’évasion fiscales séviraient aux quatre coins de la planète via des paradis fiscaux.

Plus encore que dans les affaires précédentes (printemps 2016, automne 2016), un torrent éditorial a donc déferlé, listant les secrets des multinationales concernées, couvrant d’opprobre les milliardaires impliqués. Et les responsables politiques, toutes tendances confondues – en France et ailleurs – ont été prompts et (presque) unanimes à s’insurger.

Pourtant, face à un tel consensus, il convient de préserver l’esprit critique. Et d’abord de souligner que l’indignation face à des pratiques «choquantes» substitue le terrain de la morale à celui de la politique – ce qui est le moyen le plus sûr d’égarer les peuples.

Ensuite, l’insistance récurrente quant à la nécessité de combattre cet «envers de la mondialisation» interroge : est-ce bien de l’«envers» qu’il s’agit ? Au fond, le message subliminal adressé aux manants est le suivant : si seulement nous arrivions à endiguer et à civiliser la «cupidité» des grandes firmes et l’«avidité» des milliardaires, nous pourrions enfin profiter de la mondialisation heureuse.

Or il faut rappeler cette vérité qui ne fait l’objet d’aucun grand titre : l’évasion fiscale ne pourrait en aucune manière exister, du moins à cette échelle, si la libre circulation des capitaux n’avait pas été érigée en table de la loi, dans les traités européens en particulier. Qui se souvient qu’avant la décennie 1980, tout mouvement de capitaux était strictement réglementé et devait être déclaré ? L’Union européenne a dynamité cet «archaïsme».

Dès lors, l’indignation officielle contre l’évasion fiscale pourrait être une sorte de leurre, obscurcissant délibérément la véritable nature du phénomène : un choix politique de «liberté» que les oligarques mondialisés entendent maintenir quoi qu’il arrive.

En outre, nous laisse-t-on entendre, tout pourrait aller bien mieux si les multinationales et les hyper-riches contribuaient raisonnablement aux budgets publics via l’impôt. Mais une question n’est jamais posée : comment se constituent les milliards de profits et de fortunes ? Pour ne citer qu’un exemple, le richissime Xavier Niel, propriétaire de Free (et actionnaire de référence du Monde) est couvert de honte parce qu’il aurait mis à l’abri ses petites économies sous les tropiques. Mais lorsqu’un documentaire a récemment mis au jour la véritable origine de sa fortune – l’exploitation pure et dure de milliers de salariés, véritables esclaves modernes – le retentissement médiatique a été légèrement plus modeste… Et pour cause : ce n’est pas seulement légal, c’est le fondement même du système.

Car le problème n’est pas d’abord ce que reversent – ou pas – les détenteurs de capitaux, mais la capacité de ceux-ci à prospérer sur la seule base de l’exploitation du travail de ceux qui n’ont que leurs bras et leur tête pour vivre. Mettre le projecteur de l’indignation sur la conséquence peut constituer le plus sûr moyen d’escamoter la nature profonde du problème. Déjà, dans l’Opéra de quat’sous, Bertolt Brecht faisait s'interroger son héros : «Qu'est-ce que le cambriolage d'une banque comparé à la fondation d'une banque ?»

Enfin, ici et là, d’aucuns expliquent : si nous n’endiguons pas l’évitement fiscal des oligarques, le «populisme» risque de se développer encore. Mais tenter de surfer sur la colère populaire pour mieux la détourner de l’essentiel – n’est-ce pas là, précisément, une bonne définition du «populisme» ?

A force de jouer avec le feu (de l’indignation), les apprentis sorciers médiatiques pourraient, un jour, avoir quelques surprises.

Pierre Lévy

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

https://francais.rt.com/opinions/46274-que-cache-indignation-affichee-par-bruxelles-evasion-fiscale

samedi 9 décembre 2017

Les migrants, le populisme et le chant du cygne de l’Union européenne ?

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a rejeté «  dans leur intégralité » les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d’accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

ARG MIGRANTS UE

La crise migratoire en Europe est un enjeu politique majeur de la décennie. Des millions[1] de personnes arrivant principalement d’Afrique et du Moyen-Orient, ont traversé la Méditerrannée ou sont passées par la frontière gréco-turque, passage supposé plus sûr quant aux risques multiples que représente la traversée d’une mer pouvant parfois être périlleuse et semée d’embûches. Le risque est multiplié par un facteur énorme compte tenu de l’état de certaines embarcations.

L’origine de ces flux migratoires colossaux revêt une dimension multifactorielle : crises économiques dans les pays les plus pauvres, conflits inter-ethniques, guerres néocoloniales. Cependant, ce sont principalement deux évènements catastrophiques sur le pourtour méditerrannéen qui ont accéléré d’une manière certaine la crise migratoire : les guerres lybienne et syrienne. La première a été décisive dans l’organisation de ces flux puisque la Lybie est une porte d’entrée sur l’Europe. La déstabilisation du régime a fait sauter le verrou migratoire de façon certaine[2]. La guerre en Syrie est venue alimenter les flux migratoires compte tenu de l’intensité du conflit au Proche-Orient, jetant des centaines de milliers de personnes sur la route.

Cependant, cette crise migratoire d’ampleur – jamais vue depuis la Seconde guerre mondiale –  a cristallisé les craintes, les passions et l’hostilité. Les médias ont vendu à l’opinion publique les vertus d’un tel afflux de personnes sur l’Europe. On connaît la narrative employée depuis les années 1970 avec le regroupement familial : l’immigration est bonne en tout point. Cette vision de la chose ne pouvait qu’alimenter encore plus les a priori et les peurs dans l’opinion publique. Les peuples européens sont également touchés par les crises multiformes. Accueillir des millions de personnes sur les territoires des pays européens ne peut objectivement se réaliser avec des fleurs autour du cou sur un chemin exclusivement pavé de bonnes volontés. Les pays de l’Union européenne souffrent, c’est une évidence de le dire. Gérer une telle crise migratoire dans ce contexte explosif n’est pas aisé car elle cristallise les tensions et les peurs.

C’est donc, d’après nos dirigeants, un défi majeur à relever pour l’Union européenne. Et cette dernière est venue apporter plusieurs réponses, notamment en imposant des quotas aux pays membres de l’UE en 2015. Cependant, ces quotas n’ont pas été accueillis avec le même enthousiasme dans les différentes contrées d’Europe, certains pays refusant catégoriquement ces contingents[3], forçant Merkel à reculer sur cette idée en septembre 2016. Par ailleurs, on peut noter une montée croissante d’un ressentiment en Europe et plus particulièrement dans les pays de l’Europe centrale et de l’Est qui sont de plus en plus hostiles à l’arrivée massive d’immigrants sur leur territoire.

Un immigrant est une personne venant s’établir dans un pays qui n’est pas le sien. L’étranger en situation irrégulière désigne un statut juridique, qualifiant la situation d’un étranger présent sur le territoire national d’un État, tout en étant dépourvu de titre de séjour en règle. Par facilité ou raccourci idéologique, la presse mainstream utilise le terme de « migrant », qui selon certaines définitions pourrait cependant être pertinent, étant donné que le terme de migrant est souvent utilisé dans des logiques de migrations humaines ou des déplacements de populations.

C’est alors que le populisme fait son entrée en scène. Pourquoi parlons-nous ici de populisme ? Nous utilisons ce terme pour qualifier la réaction des populations européennes par rapport à l’arrivée massive[4] d’immigrants sur leurs territoires. Divers mouvements politiques dits « populistes » montent inéxorablement dans l’opinion, que ce soit le UKIP en Angleterre[5], le FN en France, l’AfD en Allemagne, le FPÖ en Autriche, le PVV aux Pays-Bas, le Fidesz hongrois ou encore le PiS polonais. Tous ces partis politiques partagent la même hostilité – à des degrés divers –  à  l’égard de l’immigration illégale.  En ces temps de crises multiformes, ces partis prônent la préférence nationale voire la fermeture des frontières nette. Cependant, au nom de la solidarité européenne et de la convergence économique mais aussi in fine, sociale et sociétale[6], l’UE demande à tous ses Etats-membres d’accepter ces flux migratoires ou du moins d’accepter de gérer les effets et conséquences.

Une communauté nationale cherche avant toute chose le consensus populaire et l’affectio societatis comme volonté commune de former un peuple, si possible, le plus homogène tout en préservant les droits des minorités. La logique intellectuelle des fédéralistes européens est donc cohérente quand ils fixent la convergence comme clé de voûte nodale de leur projet de « souveraineté européenne ». Par conséquent, les demandes répétées de Bruxelles de gestion en termes de politique d’immigration vont dans ce sens. En activant la solidarité européenne sur un autre terrain que celui de l’économique, la construction européenne se heurte à un obstacle bien plus imposant que celui des droits de douanes. On touche, en effet, aux affects et donc au consensus au sein des populations européennes.

Alors même qu’un cadre juridique supranational existe au sein de l’UE, les pays européens veulent traiter ce défi majeur de manière souveraine, c’est-à-dire de façon démocratique. La convergence économique de l’Europe, avec les résultats que l’on connaît, a été un défi majeur du XXe siècle. En 1992, quand l’UE faisait un bon de géant vers l’union politique avec le traité de Maastricht, le défi de la crise migratoire de cette décennie pose un défi immense et réel à la viabilité du projet politique de l’UE. C’est donc ce défi qui nous invite à nous interroger sur le cadre existant de l’UE en la matière et par conséquent, l’espace de décision politique à l’échelon national qu’il reste. Est-il devenu trop réduit pour gérer cette crise ? L’UE est-elle au niveau ? La crise migratoire est-elle le chant du cygne de la construction européenne ?

Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort ; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre[7]

 


[1] « L’Europe et les migrants, faits et chiffres ». Le Parisien, 19 mars 2017. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes sont arrivées en 2015, dont plus de 850.000 via les côtes grecques, venant en large majorité de Syrie (56%), d’Afghanistan (24%) et d’Irak (10%).

[2] « Libye : Kadhafi et l’arme de l’immigration clandestine vers l’Europe », Jeune Afrique, le 7 juin 2011. Kadhafi au plus fort de la guerre avait déclaré :  « Vous aurez l’immigration, des milliers de gens qui iront envahir l’Europe depuis la Libye. Et il n’y aura plus personne pour les arrêter ».

[3] En septembre 2015, 80 % des Slovaques, 75 % des Polonais seraient hostiles à l’accueil des migrants selon plusieurs sondages. « L’Europe de l’Est antimigrants : «Un lourd héritage d’une conception ethnico-linguistique de la nation» », Libération, le 15 septembre 2015.

[4] J’emploie volontiers le terme « massif » pour des raisons quantitatives ou bien « des millions de personnes » déplacées pourraient-elles représenter une quantité néglibeable ? Je pose la question.

[5] Du fait de la victoire du Brexit au référendum, le UKIP est retombé dans les sondages.

[6] La convergence économique et l’harmonisation des législations nationales au sein de l’UE ne peut qu’aboutir à une harmonisation sociale et sociétale. C’est en tout cas le projet des fédéralistes européens.

[7] Georges-Louis Leclerc de Buffon

https://www.soverain.fr/migrants-populisme-chant-cygne-de-lunion-europeenne/

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La "crise des migrants a révélé au grand public l'élargissement des compétences de l'Union européenne dans des domaines autres que la sphère strictement économique, ravivant ainsi les inquiétudes exprimées lors du référendum de 2005; le rôle des partis "populistes" a consisté à faire croire qu'on pouvait régler certains problèmes, dont l'immigration, tout en restant dans le cadre des institutions européennes, avec un réel succès jusqu'à présent. La décision de la CJUE va indéniablement compliquer leur tâche, et peut- être ouvrir les yeux de beaucoup de citoyens sur la nécessité d'une souveraineté authentique, quelles que soient par ailleurs leurs opinions sur ces sujets "de société", mettant en jeu la fameuse "affectio societatis".     P.G.

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Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

ACT CAHUSAK NOEL

Justice.

Jérôme Cahuzac (photo AFP) est condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, conformément aux réquisitions. Il a été reconnu coupable de fraude fiscale, de blanchiment de fraude fiscale et d'omission de déclaration de patrimoine ce matin par le tribunal correctionnel de Paris.

Son ex-épouse, Patricia Cahuzac, est quant à elle condamnée à deux ans de prison ferme.

Son banquier, François Reyl, ainsi que son intermédiaire, Philippe Houman, sont condamnés à un an de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende. Quant à la banque Reyl, elle est condamnée à 1 875 000 euros d'amende.

http://www.liberation.fr/direct/element/jerome-cahuzac-condamne-a-trois-ans-de-prison-ferme_53552/

savoie-des-detenus-tournent-un-clip-de-rap-dans-la-prison-d-aiton

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Législatives : le Conseil constitutionnel valide l'élection de Manuel Valls, contestée par une candidate de La France insoumise

Manuel Valls reste à l'Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel a validé définitivement, vendredi 8 décembre, l'élection de l'ancien Premier ministre comme député de la première circonscription de l'Essonne. Battue de justesse au deuxième tour des législatives par Manuel Valls, la candidate de La France insoumise Farida Amrani avait déposé un recours devant le Conseil constitutionnel. Les Sages ont finalement rejeté la requête.

 

ACT VALLS PERE NOEL

Une soirée électorale sous tension

A Evry, l'annonce des résultats le soir du second tour, le 18 juin, avait été émaillée de tensions, de bousculades et de protestations. L'ancien Premier ministre avait annoncé sa victoire, à 139 voix d'écart, dans un climat survoltéFarida Amrani et ses soutiens avaient immédiatement dénoncé des irragularités. Elle a ensuite porté plainte contre X pour "fraude électorale" devant le parquet d'Evry.

https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/legislatives-le-conseil-constitutionnel-valide-l-election-de-manuel-valls-

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Tout le monde connait l'impartialité du Conseil contitutionnel, son honnêteté et son indépendance, grâce à un mode de désignation de ses membres éliminant toute possibilité de soupçon, à part bien sûr quelques complotistes malveillants.  P.G.

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