jeudi 9 novembre 2017

Assemblée : finalement, Jean-Luc Mélenchon accepterait un drapeau européen... à 29 étoiles

Clarification utile de Mélenchon: ce qui le gêne à l'Assemblée nationale, ce n'est pas le drapeau européen en lui-même! C'est le fait que le drapeau européen fasse référence à un symbole marial. Il veut malgré tout promouvoir un symbole de l'UE dans l'hémicycle... juste avec un autre drapeau.
La France insoumise, contre l'UE... vraiment? D.P.


 

ACT MELUCH UE

Le 7 novembre, Jean-Luc Mélenchon met fin au long débat qui l'a opposé au gouvernement depuis sa première entrée à l'Assemblée en tant que député dès le mois de juin : il accepterait finalement un drapeau européen à 29 étoiles dans l'Hémicycle.

Elu député à l'Assemblée nationale pour la première fois le 18 juin 2017, Jean-Luc Mélenchon s'était étonné deux jours plus tard, devant les caméras, de la présence du drapeau européen à côté du drapeau français. Visiblement agacé, il avait soufflé : «Eh, franchement... On est obligés de supporter ça ?», pointant du doigt l'objet de sa colère. Et d'ajouter : «Attends, c'est la République française ici... C'est pas la Vierge Marie.»

Il semblerait que le député de Marseille et patron du groupe Les Insoumis soit finalement revenu sur sa première impression et ait décidé de se ranger à une ligne plus ouverte à l'égard des institutions européennes.

«Il nous faut un drapeau qui nous rassemble», tonne l'Insoumis

Dans une vidéo diffusée le 7 novembre par La Chaîne parlementaire, on voit effectivement l'ancien député européen, de juillet 2009 à juin 2017, expliquer que le drapeau à douze étoiles ne correspondait pas à la situation européenne au moment de la création de l'emblème. «Il nous faut un drapeau qui nous rassemble», a-t-il opposé. Ce à quoi il a ajouté : «Si on nous mettait un drapeau à 29 étoiles, j'admettrais qu'il y ait un drapeau qui représente l'Union européenne. Ce n'est pas le cas.»

Pour mémoire, l'Union européenne compte actuellement 28 états membres et n'en comptera plus que 27 quand le processus de sortie du Royaume-Uni sera achevé.

Une brouille qui dure... Qui dure...

Le 10 octobre, réagissant à la proposition des Insoumis de retirer le drapeau européen de l'Assemblée, le président de la République, Emmanuel Macron avait déclaré : «Au moment où certains en France ont des débats, où on se rétrécit et voudrait enlever le drapeau européen, je veux vous dire que lors du prochain Conseil européen, j'affirmerai officiellement que la France reconnaît le statut de l’hymne européen et du drapeau européen, ce qui ne permettra pas à certains d'enlever le drapeau européen de l'hémicycle français ou de tout autre lieu

Le député des Bouches-du-Rhône avait alors riposté sur son blog personnel : «Monsieur le Président, vous n’avez pas le droit d’imposer à la France un emblème européen confessionnel. Il n’est pas le sien et la France a voté contre son adoption sans ambiguïté.»

https://francais.rt.com/france/45383-ue-finalement-jean-luc-melenchon-accepterait-drapeau-29-etoiles-assemblee

meluch 4

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mercredi 8 novembre 2017

La reine d’Angleterre, Trudeau et Tillerson éclaboussés par les « Paradise Papers »

Et si nous parlions uniquement de la corruption en Russie, en Chine ou encore je ne sais pas moi, au hasard, en Arabie saoudite. C’est vrai que nous sommes des parangons de vertu… Que nous donnons des leçons au monde entier et puis au hasard de quelques fuites, alors, on perçoit que presque tous nos dirigeants, récompenses de lois passées contre la volonté de leurs peuples, se gavent ou sont gavés par de gentils donateurs qui donnent dans des endroits discrets appelés “paradis fiscaux”.

ACT VEAU D OR DOLLAR

Alors comme à chaque fois, l’Europe brandit sa réaction de rigueur, à savoir une nouvelle “liste noire”, et le cirque recommence. On dit qu’on fait une liste noire, que l’on fera ou pas mais qui ne changera rien et que l’on s’empressera d’oublier dès que l’opinion publique tournera les yeux.

Comme tous les scandales, celui-ci durera une semaine et puis nous passerons vite à autre chose et il ne se passera rien d’autre. La reine d’Angleterre continuera à gérer sa fortune comme bon lui semble et les autres planqueront leurs pots-de-vin…

Charles SANNAT

Les noms de membres de la monarchie britannique, des dirigeants canadien et australien Justin Trudeau et Malcolm Turnbull, mais aussi du secrétaire d’État US Rex Tillerson figurent dans les « Paradise Papers », nouveau dossier sur l’activité des sociétés offshore publié dimanche par le Consortium international des journalistes d’investigation.

La reine du Royaume-Uni plaçant sa fortune aux Îles Caïman et Rex Tillerson administrant une société enregistrée aux Bermudes pour exploiter du pétrole au Yémen — parue un an et demi après le fameux dossier « Panama Papers », la nouvelle enquête journalistique internationale vient faire la lumière sur des schémas d’optimisation fiscale. Intitulée « Paradise papers » et couvrant une période de 50 ans, elle est basée sur près de 13,4 millions de documents sur des activités dans les paradis fiscaux, dont ceux provenant apparemment du cabinet d’avocats Appleby, enregistré aux Bermudes, et cite les noms de quelque 120 personnalités politiques et de multinationales.

À en croire les révélations, le duché de Lancaster, domaine privé et source de revenus des souverains britanniques, a placé 7,5 millions de dollars dans un fonds aux Îles Caïmans. Ce dernier a pour sa part investi des fonds de la monarchie dans la société qui contrôlait la tristement célèbre BrightHouse, qui vend des meubles et des équipements électroménagers à crédit à un taux d’intérêt de près de 100 % et dont l’activité a été reconnue illégale en octobre dernier.

Un représentant de la reine Élisabeth II a confirmé que des investissements dans ce fonds avaient bien eu lieu, soulignant, toutefois, que le duché ignorait les détails sur le sort ultérieur de ces fonds.

Les documents citent en outre les noms de représentants d’autres monarchies, dont le roi Salmane d’Arabie saoudite et Noor al-Hussein, veuve du roi Hussein de Jordanie.

D’après les informations divulguées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Stephen Bronfman, ancien trésorier de campagne de Justin Trudeau, ami de ce dernier (et d’après des données non officielles son conseiller informel), est impliqué dans un trust aux Îles Caïmans. D’après l’ICIJ, Bronfman a investi sur un quart de siècle des millions de dollars par le biais de la société Claridge lui appartenant et de l’entreprise de son parrain Leo Kolber, ce qui lui aurait permis d’éviter l’impôt au Canada, aux États-Unis et en Israël.
Un représentant de Bronfman a déjà réagi à ces informations, précisant que les transactions de la société étaient légales et n’étaient pas liées à une question de fiscalité.

Les « Paradise papers » indiquent en outre que le Premier ministre australien Malcolm Turnbull avait dirigé pendant les années 1990 la Star Technology Systms Limited, enregistrée aux Îles Vierges britanniques, que Rex Tillerson avait administré à la fin des années 1990 une société enregistrée aux Bermudes pour exploiter du pétrole au Yémen, le conseiller économique de la Maison-Blanche Gary Cohn a été à la tête de 20 sociétés établies aux Bermudes et affiliées à Goldman Sachs entre 2002 et 2006, et ainsi de suite. Le dossier mentionne en outre des milliardaires russes, de grandes fortunes françaises et des vedettes du monde du show business dont le leader de U2, Bono, Madonna et Keira Knightley.

https://insolentiae.com/la-reine-dangleterre-trudeau-et-tillerson-eclabousses-par-les-paradise-papers/

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« Sur le dossier syrien, la domination d’une école de pensée marque la fin du pluralisme »

Spécialiste reconnu de la Syrie, Fabrice Balanche est aujourd’hui exilé aux États-Unis pour poursuivre ses recherches. Écarté d’un poste de maître de conférences à Sciences Po Lyon en 2014, il regrette le poids de l’idéologie en France à propos de l’islam et du Moyen-Orient. Entretien.

ARG SYRIE FABIUS IDEOLOGIE

Le Lanceur : Le tribunal administratif a reconnu que votre candidature pour un poste de maître de conférences profil “Monde arabe : histoire, géographie, institutions et gouvernance” à Sciences Po Lyon avait été écartée de manière irrégulière en 2014. Vous faites le lien avec vos analyses sur la révolution syrienne, pourquoi ?

Fabrice Balanche : Au départ, ce sont deux directeurs de thèse qui ont voulu m’écarter pour des raisons clientélistes, pour placer leurs poulains. Mais le reste de la commission a dû être convaincu, car si l’on comparait les dossiers, il était clair que je ne méritais absolument pas d’être placé derrière cinq jeunes candidats. Je pense que les arguments utilisés pour cela ont pu être politiques. Mes analyses sur la Syrie vont à l’encontre d’une certaine posture idéologique, qui s’avérait être la ligne du ministère des Affaires étrangères à propos de la révolution syrienne. Selon moi, mon écartement a été fait par lâcheté pour les uns et par sympathie idéologique pour les autres. Quand Laurent Fabius était ministre des Affaires étrangères, il ne devait pas y avoir de voix discordantes. Il y a eu une période où, dès que je faisais une conférence à Lyon sur la Syrie, une personne des Affaires étrangères débarquait pour faire une conférence concurrente.

Éric Dénécé, le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) évoque une énorme falsification de l’information sur la Syrie. Vous partagez ses propos ?

Les langues se délient aujourd’hui du fait des positions beaucoup plus réalistes de François Fillon sur la Syrie. Finalement, l’histoire a donné raison à ceux qui, comme moi, disaient que le régime de Bachar al-Assad n’allait pas tomber. Non pas parce que nous sommes pro-Assad, mais parce que dès le départ nous avons fait des analyses sérieuses sur la résilience du régime et sur la situation géopolitique. Laurent Fabius a balayé cela et a écarté ceux, au-delà du ministère, qui avaient une analyse différente, se disant que les diplomates sont disciplinés et tiennent aussi à leur carrière. Certains d’entre eux ont préféré se tenir à l’écart et demander des postes ailleurs que dans la division Afrique du Nord-Moyen Orient pour ne pas être en porte-à-faux avec le ministre et ne pas non plus trahir leur morale et leur déontologie. Les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot le décrivent bien dans leur livre Les Chemins de Damas. D’un autre côté, des personnalités comme François Burgat ou Jean-Pierre Filiu ont placé leurs élèves : ils ont les postes, les bourses et peuplent les médias. Ils sont pourtant en dehors de la réalité et projettent leur idéologie sur la Syrie. Jean-Pierre Filiu, ancien trotskiste, voit dans le printemps arabe la révolution communiste de sa jeunesse.

L’opposition syrienne, grâce à Al-Jazeera et au Qatar, est passée maître dans l’art de la propagande et de la communication”

Pourquoi ne pas voir cette révolution chez les Kurdes qui combattent Daech en Syrie ?

D’abord car le PYD est un mouvement marxiste et cela les gêne. C’est aussi un mouvement kurde, donc ethnique, et pour eux le communautarisme n’existe pas. Sur la révolution syrienne, ils estimaient que les chrétiens, les alaouites et les sunnites étaient ensemble contre un régime dictatorial et que les problèmes communautaires, s’ils existent, sont créés par le régime. C’est faux. Le communautarisme est un puissant paramètre de l’organisation de la société en Orient. Il ne faut pas le juger, c’est un fait. Lors de la révolution syrienne, en dehors du cercle restreint des intellectuels syriens qui sont évidemment “acommunautaires”, le reste de la population s’était surtout organisée en fonction de sa communauté. Il n’y avait pas de chrétiens dans les groupes armés de l’opposition au régime, et pas d’alaouites non plus. S’il y a eu une petite escouade de Druzes, ils se sont fait mettre en prison par les autres rebelles au bout d’un an et ensuite ils ont été condamnés à mort. Ils ont échappé à leur exécution par l’intervention des Américains. Cela a été complètement caché en France et, dès le départ, les chiffres ont été exagérés de manière éhontée.

C’est-à-dire ?

Quand on a entendu par exemple qu’il y avait 500.000 manifestants contre le régime à Hama, comment est-ce possible dans une ville de 300.000 habitants, sachant que seuls les hommes manifestent et que 40% de la population a moins de 15 ans ? Au maximum, si tous les hommes entre 15 et 70 ans avaient manifesté, le chiffre tombe à 90.000. Les chiffres répétés ont été ceux de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un instrument de propagande basé au Royaume-Uni et créé par le businessman Rami Abdel Rahman. Désormais, cet observatoire a une équipe plus étoffée, notamment parce qu’il a été largement subventionné par la France et la Grande-Bretagne et qu’il a obtenu des subventions de l’Union européenne. Les images des “casques blancs” en train de sauver des personnes prises au piège dans les décombres par les bombardements à Alep font aussi partie de cette instrumentalisation, ils ont d’ailleurs été épinglés en train de faire des mises en scène. L’opposition syrienne, grâce à Al-Jazeera et au Qatar, est passée maître dans l’art de la propagande et de la communication.

L’ONU se décrédibilise complètement en bidonnant les chiffres”

Quel était l’intérêt de gonfler les chiffres, selon vous ?

Le Qatar a mis sa chaîne de télévision au service de l’opposition syrienne. Tout un tas de sites Internet est sponsorisé par le Qatar, comme ce fut le cas pour l’OSDH dans les premières années. En 2016, il n’y avait pas 250.000 ou 300.000 personnes dans Alep Est, contrairement à ce qu’on entendait dans les médias. En juin 2014, j’étais allé faire une enquête sur les réfugiés syriens dans le sud de la Turquie. Les humanitaires de Médecins sans frontières qui s’occupaient des dispensaires et de l’aide médicale pour les quartiers rebelles estimaient à 200.000 personnes la population d’Alep Est. Comment voulez-vous que le chiffre ait augmenté entretemps ? La zone était bombardée quotidiennement, la nourriture manquait et la population savait que l’encerclement total était proche. Le décompte de la population civile évacuée d’Alep Est effectué par la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) en décembre 2016 est d’environ 100.000 personnes. Lorsque Georges Malbrunot, qui est allé à Alep, a demandé à un fonctionnaire de l’ONU pourquoi les chiffres étaient gonflés, la réponse a été qu’il fallait bien aider les insurgés”. L’ONU se décrédibilise complètement en bidonnant les chiffres. Comment peut-on ensuite avoir confiance ? Comment Jean-Marc Ayrault peut-il répéter ces chiffres ? À un moment donné, pour être crédible et ne pas ressembler à Bachar al-Assad, il faut avoir un langage de vérité.

Considérez vous que le “maire” d’Alep Est, régulièrement invité à Lyon, est légitime ?

Lyon avait une coopération décentralisée avec Alep, qui a été suspendue lorsque le conflit a débuté. L’opposition au régime et les associations françaises qui la soutiennent ont fait pression sur le conseil régional – à l’époque de Jean-Jack Queyranne – et sur la mairie de Lyon, pour que la coopération décentralisée Lyon-Alep soit réactivée, mais avec l’opposition. À ce titre, en novembre 2016, BritaHagi Hasan, le soi-disant maire d’Alep, a reçu les honneurs de la mairie du 1er arrondissement de Lyon. Celle qui est dirigée par Nathalie Perrin-Gibert, cofondatrice du GRAM avec Renaud Payre… l’actuel directeur de l’IEP de Lyon. BritaHagi Hasan ne vivait pas à Alep mais à Gaziantep, en Turquie. Il est proche du Gouvernement de transition syrien, financé par le Qatar et noyauté par les Frères Musulmans. On en a fait un contre-maire d’Alep que l’on promène en France et qui est très utile aux politiciens français qui soutiennent la “révolution syrienne”. Il a été notamment reçu par François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Elisabeth Guigou, la présidente de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Il a menti sur le nombre de civils dans Alep Est, prétendu que les djihadistes n’existaient pas à Alep Est, ignoré les tirs de mortier des rebelles sur Alep Est, etc. Mais qu’importe, il a dit ce que les défenseurs béats de la “révolution syrienne” voulaient bien entendre et il a occupé l’espace médiatique pour éviter que d’autres témoignages sur les exactions commises par les rebelles à Alep Est ne surgissent. Il n’est pas question d’exonérer le régime et la Russie de leurs crimes de guerre, mais il faut simplement essayer d’être objectif dans une démocratie comme la France.

À mon avis, Benoît Hamon n’a pas lu L’Assommoir d’Emile Zola”

Pourquoi la bataille d’Alep a-t-elle pu trouver un écho médiatique plus large que la guerre qui se déroule au Yémen ?

Le focus sur la Syrie fait oublier le Yémen alors que les Saoudiens sont en train de détruire ce pays en bombardant des villes, avec la complicité et le silence des Occidentaux. La crise humanitaire dépasse tout ce qu’on voit en Syrie. Mais, comme c’est l’Arabie saoudite qui dirige les opérations, personne ne critique. Les Saoudiens disent que les rebelles houthis sont l’équivalent du Hezbollah et que l’Iran les finance. À la base, ce n’était pas le cas. C’était une révolte classique d’une périphérie contre le centre pour demander un rééquilibrage des pouvoirs, avec également des considérations tribales. Aujourd’hui, il est vrai de dire que les Iraniens sont allés aider les houthis. Ils leur ont donné des armes, en faible quantité, de manière à maintenir le conflit et à ouvrir un nouveau front contre l’Arabie saoudite pour qu’elle lâche sur la Syrie. Lorsque l’Arabie saoudite se décidera à lâcher sur la Syrie, les houthis seront lâchés par les Iraniens. Mais c’est aussi, dans une moindre mesure, la même chose que ce qu’il se passe dans le sud-est de la Turquie contre les Kurdes. Depuis un an, le président Erdogan a rasé des quartiers, voire des villes entières. Et tout le monde se tait. Pourquoi ? Parce que l’Europe n’a qu’une peur : qu’il ouvre les portes de l’Europe aux migrants.

Quel est le poids de l’idéologie dans les sciences humaines et sociales enseignées dans les universités françaises ?

Aujourd’hui, cela fait plus de vingt-cinq ans que l’Union soviétique s’est écroulée. Dans les années 1980, quand j’étais étudiant, le poids idéologique me paraissait moindre car ce qu’il se passait en Union soviétique n’était plus caché. Il était plus difficile de soutenir le marxisme comme dans les années 70 et les idéologues marxistes ont, de ce dont je me souviens, fait plutôt profil bas. C’était plutôt l’heure de gloire des libéraux avec l’école de Chicago, plutôt dans les sciences économiques. À mon avis, il y a une résurgence de l’idéologie marxiste ou néo-marxiste dans les sciences humaines et sociales depuis les années 2010, puisqu’une génération a passé depuis la chute de l’URSS. Il y a aussi ce que l’on appelle le droit-de-l’hommisme qui concerne beaucoup de personnalités au sein des universités. Plus spécifiquement dans mon domaine, qui est le Moyen-Orient et l’islam, il y a un poids énorme de ce que Gilles Kepel a appelé l’islamogauchisme. C’est-à-dire les anciens soixante-huitards et néo-marxistes qui voient dans le musulman de banlieue le prolétaire du XIXe siècle et dans le Printemps arabe la révolution communiste de leur jeunesse. L’un des finalistes de la primaire socialiste, Benoît Hamon, est tout à fait dans cette ligne. Ainsi, à propos des cafés de banlieue où les femmes sont persona non grata, il a tout simplement affirmé qu’elles étaient aussi interdites dans les bars ouvriers du XIXe siècle. À mon avis, il n’a pas lu L’Assommoir d’Émile Zola. Ces idéologues ont eu leur heure de gloire puisqu’ils étaient finalement en phase avec la politique étrangère française, pour qui il fallait soutenir la révolution syrienne. C’est un phénomène assez rare selon moi. Pendant la guerre d’Algérie, par exemple, il y avait la position de l’État français et les universitaires étaient complètement contre. Seule une minorité était pour l’Algérie française.

Vous travaillez désormais pour le Washington Institute for Near East Policy. Vos analyses passent-elles sans problème aux USA ?

Mes articles sont argumentés, donc oui. Les États-Unis sont aussi sur la ligne anti-Bachar al-Assad et c’est normal. Les valeurs démocratiques ne sont pas compatibles avec ce que prône le dirigeant syrien. Cependant, si l’objectif est de mettre fin à toutes les dictatures de la planète, cela va donner beaucoup de travail à la minorité de démocraties qui existent dans le monde. À un moment donné, il faut prendre en compte la realpolitik pour stabiliser ces conflits. D’autre part, les États-Unis sont un grand pays avec beaucoup d’institutions de recherche, publiques, privées, et de différentes obédiences. Si un chercheur ne se plaît pas dans telle université, il peut facilement aller dans une autre. C’est différent en France.

Ça n’aurait pas été possible pour vous d’aller dans une autre université française ou de rejoindre un thinkthank ?

Finalement, la mobilité est difficile en France car les professeurs d’université sont fonctionnaires. Certes, c’est l’avantage de la liberté de parole, mais ça manque de flexibilité. Lorsque des postes sont ouverts, s’il y a un candidat local, ce n’est presque pas la peine d’essayer car c’est verrouillé. Ensuite, nous ne sommes pas très bien payés. J’ai 48 ans, 25 ans de carrière, une agrégation, un doctorat, une habilitation à diriger les recherches et je gagne en France 3.000 euros net par mois. C’est un salaire qui permet de vivre correctement à Lyon, mais difficilement à Paris. À l’IRIS [l’Institut de relations internationales et stratégiques], un de mes amis gagnait seulement 2.000 euros par mois à Paris en étant officiellement directeur de recherche et en assumant des cours. Il a fini par partir pour Madrid.

Ça ne me dérange pas qu’il y ait des marxistes et des libéraux à l’Université. Mais aujourd’hui, il y a un monopole d’une certaine école de pensée sur la recherche”

Y a-t-il également selon vous une problématique au niveau de l’expertise en France ?

Les “experts” qui travaillent en dehors de l’Université sont encore moins bien rémunérés. Ils peuvent donc être plus sensibles aux enveloppes. Or, s’ils se mettent à avoir une expertise vraiment indépendante, qui va à l’encontre des Affaires étrangères ou du ministère de la Défense, qui sont les principaux pourvoyeurs de contrats de recherche non académiques, ils seront remerciés. Il n’y a pas tellement de financement privé en France pour les think tanks. Continuons avec l’exemple de l’Iris, il était en faillite il y a quelques années et a été renfloué financièrement par le Qatar, ce qui a conduit Pascal Bonniface, son directeur, a changer de ton quant à l’émirat. Quand vous êtes invité au Qatar pour une conférence, pour le Doha Forum par exemple, on vous fait voyager en business class, sur Qatar Airways, c’est très agréable, surtout que vous êtes accueillis dans de somptueux hôtels et que vous repartez avec une petite enveloppe pour vos frais. Si vous êtes consultant, on peut vous donner une consultation bidon pour justifier les 10.000 ou 20.000 euros qu’on va vous offrir. L’Ifri[Institut français des relations internationales], c’est différent, ils ont davantage pignon sur rue et possèdent des locaux, ce qui leur assure au moins la stabilité foncière. Raymond Barre avait créé cela dans les années 70 pour avoir un think tank comparable à ceux qui existent aux États-Unis. L’Ifri reçoit une dotation de l’État, mais il doit courir tout de même après les contrats pour rémunérer son personnel.

Qu’en est-il des autres pays ?

Les Allemands ont à Berlin une importante fondation publique, l’Institut pour les affaires internationales et la sécurité, où je dirais que l’expertise est des plus objective. Avec l’expérience du nazisme, les Allemands ont décidé de séparer la recherche de l’État. Les fondations des partis politiques allemands ont beaucoup d’argent et financent donc des recherches. On peut alors penser que ces recherches ont un parti pris puisqu’elles sont liées à des partis politiques, mais, puisque tous les partis politiques ont leur fondation, cela équilibre les résultats. En France, le fait qu’une école de pensée domine et se voit attribuer les crédits de recherche marque la fin du pluralisme. Moi, ça ne me dérange pas qu’il y ait des marxistes et des libéraux à l’université. Au contraire, c’est dans le débat que l’on va progresser. Mais, quand il y a le monopole d’une certaine école de pensée sur la recherche, ça ne va plus, et c’est ce qu’il se passe aujourd’hui. Ce que je dénonce, c’est que, si nous en sommes là sur l’islam, le Moyen-Orient et le terrorisme en France, c’est aussi à cause de certains universitaires qui préfèrent avoir tort avec Jean-Paul Sartre que raison avec Raymond Aron. On en est toujours là en France, on préfère avoir tort avec Jean-Pierre Filliu que raison avec Gilles Kepel.

http://www.lelanceur.fr/fabrice-balanche-sur-le-dossier-syrien-la-domination-dune-ecole-de-pensee-marque-la-fin-du-pluralisme/

Source : Afrique-Asie, Fabrice Balanche, 29-01-2017

https://www.les-crises.fr/fabrice-balanche-sur-le-dossier-syrien-la-domination-dune-ecole-de-pensee-marque-la-fin-du-pluralisme/

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Beurre : près de la moitié de la demande non satisfaite fin octobre

Près de la moitié (48%) de la demande de beurre n'a pas été satisfaite en grande surface en France entre le 23 et la 29 octobre, selon une étude publiée lundi par le cabinet Nielsen.

ACT BEURRE

La disponibilité du beurre chute "drastiquement". "La disponibilité des références de beurre chez les distributeurs continue de chuter drastiquement. Le phénomène s'accélère à court terme : en moyenne, le taux de rupture atteint même 48%", durant la semaine du 23 au 29 octobre, soit "près de la moitié de la demande potentielle de beurre (qui) n'a pas été satisfaite" à cette période, affirme dans un communiqué le cabinet, spécialisé dans les études de consommation.

La tension sur le marché du beurre ne cesse donc de s'accentuer puisque la semaine précédente, celle du 16 au 22 octobre, 30% de la demande de beurre n'avait pas été satisfaite, selon cette même source.
"Le phénomène de stockage semble toujours d'actualité chez les consommateurs qui achètent nettement plus de beurre qu'à l'accoutumée... lorsqu'ils en trouvent !", ajoute Nielsen. Ainsi, sur cette même période, "le chiffre d'affaires des beurres a grimpé de 41% par rapport à la même semaine l'an passé".

Une pénurie désormais bien visible. La pénurie de beurre en France, évoquée depuis la rentrée par les boulangers puis dans les médias et désormais visible dans les supermarchés, est la conséquence de plusieurs facteurs.

Selon le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière, elle découle "d'un déséquilibre offre-demande sur l'ensemble du marché du beurre", mais également de "problèmes d'approvisionnement en supermarchés", qui témoignent "de relations commerciales extrêmement difficiles entre la distribution française et ses fournisseurs".

Le prix du lait invoqué par les agriculteurs.Selon certains syndicats agricoles - JA et FDSEA -, la cause du non-approvisionnement en beurre des grandes surfaces est à chercher du côté du prix du lait.

"Aujourd'hui, les grandes surfaces ne veulent pas payer aux transformateurs - à qui on vend notre lait - le juste prix. On est en panne de négociation. Et le beurre, au lieu d'être orienté sur le marché intérieur, va sur les marchés plus rémunérateurs", a ainsi expliqué samedi un agriculteur à Grandris (Rhône), en marge d'une manifestation devant un hypermarché.

http://www.europe1.fr/economie/beurre-pres-de-la-moitie-de-la-demande-non-satisfaite-fin-octobre-3484823


 

Commentaire de Charles Sannat (https://insolentiae.com/beurre-pres-de-la-moitie-de-la-demande-non-satisfaite-fin-octobre/)


 

Cet article d’Europe 1 confirme ce que je peux constater dans les rayons, à savoir que la pénurie s’aggrave. D’ailleurs, elle n’est pas la même dans tout le pays.

Je constate de manière empirique que le beurre alimente encore les rayons parisiens, mais nettement moins les rayons provinciaux.

Aujourd’hui, je trouve facilement du beurre à Paris. Pas en Normandie ! Or il me semble voir plus de vaches dans le bocage normand que dans les plaines de Saint-Denis ou de la Défense !!

(...)

La réalité c’est que le beurre n’est plus orienté sur le marché intérieur, mais sur les marchés rémunérateurs.

Il faudrait vendre la plaquette de beurre de 250 grammes 3 € pour les retrouver dans nos rayons, ce qui sera le cas l’année prochaine avec les nouvelles négociations entre producteurs et grandes surfaces qui ne voulaient pas augmenter le prix qui avait été négocié en cours de route…

Tout cela n’est qu’une histoire de gros sous et prochainement d’inflation alimentaire. Accrochez-vous et stockez un peu de riz d’avance.

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Un Donald Trump séducteur en visite en Corée du Sud

Le Président américain Donald Trump n’est pas aimé de l’immense majorité des Sud-Coréens, qui s’inquiètent – y compris dans les rangs des services secrets – d’être les premières victimes d’un conflit que pourrait déclencher l’imprévisible chef d’Etat américain.

ACT TRUMP COREE

Par ailleurs, il avait inutilement moqué son homologue sud-coréen en affirmant, cet été, qu’il était inutile de rechercher l’apaisement avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). Sans doute faut-il voir dans sa volonté de reconquérir les coeurs sud-coréens la raison principale du ton nettement plus conciliant adopté par le Président Donald Trump, soucieux de séduire un allié de premier plan dans son bras-de-fer avec la Corée du Nord, au premier jour de sa visite des 7 et 8 novembre 2017 en République de Corée (Corée du Sud). 

C’est aux cris de « Nous sommes contre la guerre ! » et « Il faut négocier la paix ! » que les progressistes sud-coréens ont défilé à Séoul le 5 novembre 2017, deux jours avant le début de la visite de Donald Trump dans leur pays. Moins nombreux, les conservateurs ont pour leur part manifesté pour afficher leur soutien à la politique américaine et à l’alliance Séoul-Washington.

Mais le 7 novembre 2017 le président américain ne s’était pas laissé aller à l’une de ses formules à l’emporte-pièce qui font les choux gras des commentateurs de son compte Twitter. Au contraire, l’heure était à l’apaisement et à la célébration de l’unité entre les Etats-Unis et la Corée du Sud qui aurait, selon Washington et Séoul, fait plier Pyongyang…

Séducteur, Donald Trump a donc dit ce que les Sud-Coréens attendaient d’entendre : qu’il serait souhaitable de revenir à une solution négociée, en affirmant également – lors de sa visite à Camp Humphreys : « On trouve toujours une solution, il faut qu’on trouve une solution« . Il a également réaffirmé l’engagement de défense des Américains envers les Sud-Coréens. Enfin, alors que l’accord de libre-échange est en cours de renégociation, le Président américain s’est dit confiant que les discussions aboutissent à un accord équitable – sans préciser ce que restait le contenu d’un tel accord. Dans ce contexte, le Président Moon Jae-in a pu réaffirmer publiquement son souhait d’empêcher une nouvelle guerre de Corée sans apparaître en porte-à-faux avec un Donald Trump naguère ouvertement va-t-en-guerre.

En contrepoint, plusieurs mesures ont cependant été annoncées dans le sens d’une poursuite de la course aux armements, y compris nucléaires : la charge utile des missiles sud-coréens ne sera désormais plus limitée et les Sud-Coréens se doteront de moyens nouveaux, dont des sous-marins nucléaires – ce qui entre d’ailleurs en contradiction avec le principe selon lequel il ne serait pas réintroduit d’armes nucléaires au Sud de la péninsule. Le ton change, mais les intentions bellicistes demeurent. Il en faudra ainsi encore beaucoup pour amener les Etats-Unis à envisager sincèrement des négociations de paix, seules à même de permettre une désescalade des tensions qui ont atteint cet été un degré de dangerosité sans précédent depuis au moins 1994.

source: http://www.amitiefrancecoree.org/2017/11/un-donald-trump-seducteur-en-visite-en-coree-du-sud.html

http://reseauinternational.net/un-donald-trump-seducteur-en-visite-en-coree-du-sud/

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Les Etats Unis: notre meilleur ennemi !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » nous rappelle fort à propos Oscar Wilde. Ils en portent les stigmates dans leur relation avec le reste du monde (« the rest of the world ») comme ils qualifient avec arrogance tout ce qui n’est pas « made in USA ».

HIST USA CDG

À cet égard, l’ouvrage d’Eric Branca (historien et journaliste) nous fournit un éclairage particulièrement documenté sur la relation mouvementée entre le général de Gaulle et ses homologues d’Outre-Atlantique de 1940 à 19691. Tout y passe : dénigrement, calomnie, bassesse, procédés déloyaux, campagnes de déstabilisation appuyées sur quelques idiots utiles pendant la guerre (Jean Monnet, Alexis Léger et autres membres de l’entourage du maréchal Pétain) et durant les premières vingt années de la Ve République (de droite comme de gauche et du centre sans parler des syndicats et autres intellectuels allant prendre leurs instructions auprès des ambassadeurs des États-Unis à Paris, parfois moyennant espèces sonnantes et trébuchantes).

« Tout au long de son mandat, de Gaulle et les États-Unis se livrèrent une « guerre froide » dans la Guerre froide. Relations tendues alors que, pensait-on, la victoire contre les forces de l’Axe lors de la Seconde Guerre Mondiale avait rapproché, une fois de plus, des amis de 190 ans ! C’était mal connaître le lourd passif entre le général et ses différents interlocuteurs américains à l’exception notable de Richard Nixon »2. Cette citation résume à la perfection la haine farouche que vouent les Américains à l’homme du 18 juin 1940.

La Seconde Guerre Mondiale pourrait être caractérisée comme le temps des humiliations pour celui qui refuse « l’étrange défaite ». Au moment où la France a bel et bien roulée du haut de l’histoire jusqu’au fond de l’abîme, le général de Gaulle est mis à l’écart, humilié, jugé trop indépendant par rapport aux Américains et trop défenseur de la France libre. Les Américains entretiennent les meilleures relations avec le régime de Vichy jusqu’en 1944. Le chef de la France libre comprend rapidement que pour être l’ami des États-Unis, il ne faut pas être souverain. Il faut savoir s’aplatir, le ridicule en prime. De Gaulle résiste pied à pied, fait de la surenchère, se fâche, tempête mais prépare petit à petit la période de la Libération de la France. Il parvient à s’opposer à la mise en place d’une administration américaine de plein exercice (sorte de mise sous tutelle) en nommant ses représentants dans les départements, en refusant une monnaie d’occupation et toutes autres mesures vexatoires préparées par Washington pour signifier que la France ne compte plus sur la scène internationale autrement qu’en se plaçant sous l’aile protectrice du grand frère. Voilà pour l’avouable. Mais il y a aussi l’inavouable sur lequel Éric Branca s’étend longuement comme l’arme de la diffamation qui va tourner à plein avec le retour aux affaires du général de Gaulle en 1958.

La période de l’après-guerre pourrait être caractérisée comme le temps des mises au point salutaires et de la revanche. Le général de Gaulle n’a rien oublié. Il résume ainsi son état d’esprit à l’égard de l’Amérique devant Alain Peyrefitte : « Les Américains savent bien ou en tout cas devraient savoir, qu’on ne s’appuie pas sur ce qui est mou. On s’appuie sur ce qui est ferme… Dans tous les pays sous-développés, ils ont eu la tentation de s’appuyer sur des planches pourries qui leur sont favorables – et d’autant plus favorables que ce sont eux qui les ont pourries. Pourtant, ils devraient comprendre que le meilleur allié des États-Unis, ce n’est pas celui qui s’aplatit devant eux, c’est celui qui sait leur dire non ! ».

Le premier président de la Ve République rend coup pour coup : réconciliation franco-allemande, construction européenne excluant la Grande-Bretagne*, remise en cause de la primauté du dollar comme unique moyen de paiement international, retrait de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, critique de la guerre du Vietnam, d’Israël après la guerre des six jours, poursuite de son programme nucléaire militaire pour conforter l’indépendance de la France… Mais, il est un allié solide et fiable lors des grandes crises comme celle du mur de Berlin et des missiles de Cuba. Ceci n’empêche pas les multiples réseaux américains en France de tenter de décrédibiliser la politique et la personne même du général : procès en sénilité, en arrogance, en complice de l’Union Soviétique…

Tout est fait en mai 1968 pour le discréditer, pour obtenir son départ du pouvoir en utilisant les procédés les plus déloyaux, les plus vils. Et, les Américains s’y connaissent en la matière. Tous les opposants (de droite, du centre, de gauche) reçoivent un appui plus ou moins visible pour instruire le procès en incompétence de celui qui a dit non à la capitulation de la France en 1940. Mais, le général ne lâchera rien, fera tout pour faire remonter la pente à la France, pour que sa voix soit de nouveau écoutée et suivie sur la scène internationale. Et, il parviendra avec brio en dépit des peaux de bananes américaines mises régulièrement sur son chemin. Dès l’arrivée de Georges Pompidou, les Américains retrouvent à l’Élysée des interlocuteurs moins intransigeants. Nicolas Sarkozy « l’Américain » répudie celui dont il se prétend l’héritier en réintégrant pleinement sa place au sein de l’Alliance atlantique alors que personne ne lui demandait de le faire. Tout rentre ainsi dans l’ordre. François Hollande ne remet pas en cause cette décision après l’avoir critiquée lorsqu’il était dans l’opposition. Quant à Jupiter, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne paraît pas être de l’étoffe du général de Gaulle pour s’opposer à la machine américaine.

Au-delà de son intérêt historique indéniable, cet ouvrage en présente un autre plus actuel qui tient à la nature réelle de la relation franco-américaine. Il nous rappelle que « jouer le bon élève et le meilleur allié des États-Unis ne paie pas »3. Nous en avons eu un petit échantillon au moment où Jacques Chirac met en garde Washington contre les risques d’une nouvelle intervention en Irak sans mandat express du Conseil de sécurité des Nations unies en 2003.

Le discours de Dominique de Villepin entraîne une hystérie anti-française (« french bashing ») jusque et y compris au restaurant du Congrès qui rebaptise en frites de la liberté les frites françaises. Qui avait raison et qui avait tort avec le recul du temps ? La réponse est dans la question. Cette recherche historique devrait donner matière à réflexion à certaines de nos élites néo-conservatrices et atlantistes fascinées par la théorie de la servitude volontaire chère à Etienne de la Boétie. Dominique de Villepin nous rappelle fort à propos qu « il y a aujourd’hui en France, une tentation moralisatrice, militariste, occidentaliste qui ressemble à ce que fut le néoconservatisme aux États-Unis » (2015).

Dans la langue washingtonienne, allié signifie automatiquement aligné, pour tous ceux qui ne l’auraient pas encore compris. Nous avons aussi une excellente illustration du fait que le passé éclaire souvent le présent et parfois l’avenir. Ce que certains de nos dirigeants ont tendance à oublier et devraient méditer en ces temps de revanche de l’histoire et de la géographie. L’ami américain peut parfois, voire très souvent se révéler comme notre meilleur ennemi.

Guillaume Berlat

image: http://prochetmoyen-orient.ch/wp-content/uploads/2014/11/horizontalsep.png


1 Éric Branca, L’ami américain. Washington contre de Gaulle 1940-1969, Perrin, 2017.
2 Florence Barraco, Quand les États-Unis faisaient la guerre à de Gaulle, www.lepoint.fr , 4septembre 2017.
3 Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, éditions du Cerf, 2017, p. 81.

source: http://prochetmoyen-orient.ch/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

http://reseauinternational.net/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

BASE 14 995X225*"construction européenne excluant la Grande-Bretagne" : en fait, il s'agissait de tenter une construction européenne (à six!) sous influence française. Le Général s'apercevra vite que c'est impossible, du fait notamment de la soumission de l'Allemagne aux intérêts américains...  L'enjeu idéologique du moment (notamment chez les soi- disants "gaullistes") est de faire croire que De Gaulle était un fervent défenseur de la construction européenne, voire un "père fondateur" (founding father, terme américain) pour justifier leur soumission.   P.G.

Soros et l’Union Européenne: un partenariat dont les médias ne parlent pas

L’Open Society de Soros, selon un rapport interne divulgué par DCLeaks, peut influencer environ un tiers des eurodéputés. No Borders et Migrants Welcome, LGBT comme politique publique prioritaire, globalisation et conditionnement psychologique à la « Tolérance » exclusive. Pourtant, parler de l’influence de Soros dans les structures européennes et dans les pays européens est considéré comme relevant au mieux du fantasme, au pire de la psychiatrie grâce à la très utile théorie du complot.

ACT SOROS

Un chat est un chat et l’influence de Soros en Europe est réelle, assumée … et tue. Retour sur un élément expliquant largement la radicalisation de la politique européenne ces dernières années: la liste des députés européens favorables à Soros.

Que l’Open Society de Soros joue un rôle politique au niveau des Etats est un fait établi et très bien connu. (...)

Il faut dire que le poids politico-financier de Soros n’est pas négligeable:

A 87 ans passés, le milliardaire américain George Soros a transféré 18 milliards de dollars à sa fondation Open Society, soit l’essentiel de sa fortune. Un simple jeu d’écriture, toutefois, puisque l’argent passe de la Soros Fund Management, le fonds d’investissement qui gère les intérêts du milliardaire ainsi que ceux de l’Open Society Foundations (OSF), directement à cette dernière. Sur le papier, la quasi-totalité des avoirs de Georges Soros, moins un bas de laine estimé à 7 milliards d’euros, appartient désormais en propre à OSF, qui irrigue à son tour une pléthore d’associations. Ce qui en fait par ailleurs la seconde ONG la plus riche aux Etats-Unis après celle de Bill Gates et de son épouse, la Bill and Melinda Gates Foundation.

En Europe, c’est la Hongrie qui porte l’étendard du combat contre Soros en voulant fermer sa pseudo université et s’attire ainsi tous les feux de l’Union européenne, problème central dont nous avons parlé ici. Pour autant, le Président hongrois ne se laisse pas faire et a rappelé une information datant du début de l’année, mais qui, il est vrai, n’a pas été particulièrement médiatisée. Et l’on comprend pourquoi.

Des hackers de DCLeaks ont publié un rapport de 177 pages sur les liens personnels entre l’Open Society de Soros et les membres du Parlement européen:

L’on y trouve la liste de 226 membres du Parlement européen, chaque nom étant accompagné d’un « dossier » personnel, liés à l’Open Society de Soros. Sur 751 élus européens. 226. Ça laisse songeur . (...)

Pour la France, sont notamment cités les noms de:

  • au Bureau du Parlement européen: GUILLAUME Sylvie et MORIN-CHARTIER Elisabeth;
  • au Comité des affaires étrangères (AFET):  ALLIOT-MARIE Michèle;
  • au sous-comité des droits de l’homme, notamment sur les droits de minorités (DROI): VERGIAT Marie-Christine
  • au Comité du commerce international: JADOT Yannick, DE SARNEZ Marielle
  • au Comité des affaires économiques et monétaires: GOULARD Sylvie, LAMASSOURE Alain, JOLY Eva

Chaque membre sur lequel Soros a une possibilité de contact positif, selon ce rapport, est doté d’une fiche personnelle. Pour une liste complète, voir le rapport.

Que reste-t-il de l’Union Européenne?

Il est surprenant que cela ne provoque aucun scandale, qu’il n’y ait aucune demande de commission d’enquête…

Karine Bechet-Golovko:

source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/11/soros-et-lunion-europeenne-un.html


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/soros-et-lunion-europeenne-un-partenariat-dont-les-medias-ne-parlent-pas/#d8ItzHSYzs4Io6MD.99


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mardi 7 novembre 2017

Histoire du « Nouvel ordre mondial »

Pierre Hillard retrace l’histoire d’un courant idéologique qui imprime sa marque aux actuelles tentatives de regroupement d’Etats au sein de blocs régionaux et tente de les orienter vers une forme de gouvernance mondiale. Son objectif n’est pas de prévenir les conflits, mais d’étendre la puissance financière et commerciale du monde anglo-saxon.

ARG HILARD

Il théorise et revendique le projet d’un « Nouvel ordre mondial » érigé sur les ruines des Etats-nations.
Bien sûr, il ne s’agit pas d’assimiler tous les efforts visant à mettre fin aux divisions nationales à une volonté de domination. Mais il est indispensable d’étudier ce projet de globalisation politique afin de ne pas le laisser transformer l’idéal de l’unité humaine en un cauchemar totalitaire.

Extrait:

"Avec la ratification du Traité de Lisbonne par les 27 Etats européens, l’élection d’Herman van Rompuy à la présidence du Conseil européen et de Catherine Ashton comme Haut-représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, le 19 novembre 2009, marque un tournant décisif dans les ambitions mondialistes. L’Union européenne (l’UE) se voit dotée progressivement d’un visage politique et d’un « numéro de téléphone » pour reprendre l’expression d’Henry Kissinger. Certes, de nouveaux réglages — une forme de rodage — s’avèrent nécessaires afin de véritablement asseoir cette union régionale. En effet, des rivalités continuent à perdurer entre le président du Conseil européen, le président de la Commission européenne et la présidence tournante de six mois. Cette situation agace profondément l’administration Obama [1]. Cependant, dotée de la personnalité juridique et d’une complète primauté du droit européen sur le droit national, l’Union européenne peut prétendre devenir un acteur de la scène internationale. Il serait faux d’affirmer que cette nouvelle vocation se fera dans une complète indépendance par rapport au reste du monde. En fait, les élites européistes soutenues par l’oligarchie financière avancent en liaison et en communion d’esprit avec toutes les autres formes d’unions régionales en cours d’élaboration sur la planète.

En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste programme conduisant à l’émergence de blocs continentaux dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant appelé à constituer une gouvernance mondiale." .../...

Lire l'article complet sur

http://www.voltairenet.org/article164176.html


 

BASE 14 995X225S.R. (UPR 87).

Vous trouverez également sur You Tube de nombreuses vidéos et interviews de cet auteur qui mérite, quoiqu'on pense de certains de ses partis pris, d'être connu et étudié, notamment de par le sérieux de ses recherches dont il donne toujours les sources. P.G.

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Gérard Longuet justifie l'évasion fiscale : l'Etat «gaspille» l'argent, selon lui

En pleine affaire des Paradise papers, le 6 novembre, la chaîne "Public Sénat" interrogeait Gérard Longuet sur l'évasion fiscale. Loin de condamner les évadés, l'ancien ministre a choisi de justifier la démarche : «Totalement morale», selon lui.

ACT LONGUET FRIC

Le 6 novembre, la chaîne de télévision Public Sénat a choisi d'interroger l'ancien ministre de la Défense de François Fillon, Gérard Longuet, au sujet des révélations de l'affaire des Paradise papers, une enquête journalistique internationale sur l'évasion fiscale.

Etonnamment, ce dernier n'a alors absolument pas pris le parti de l'Etat ou des citoyens qui s'acquittent dûment de leurs impôts, bien au contraire. Il a estimé que l'évasion fiscale relevait d'une «dialectique entre celui qui impose et celui paie», étayant son propos d'une métaphore guerrière : «Comme le glaive et le bouclier, il y en a un qui frappe et un autre qui se protège.»

«Totalement moral»

Légèrement pris à rebours par l'attitude de l'ancien ministre, la journaliste lui a demandé de préciser ses propos sur l'optimisation fiscale : «Est-ce que c'est moral ? Est-ce que c'est une bonne chose ?» Ce à quoi il a répondu :«Totalement moral. Quand on vous prend 80 à 90% de vos revenus, c'est normal de défendre les 10 ou 20% qui restent.»

Le sénateur de la Meuse a également estimé que l'impôt en France était «confiscatoire» et a précisé : «Si des centaines de milliards d'euros ne viennent pas dans les caisses de l’État, tant mieux, parce que l'État le gaspille assez largement et dépense de l'argent inutilement», avant de conclure : «Que l'État se remette d'abord à vérifier ses dépenses avant de prendre dans l'argent des autres.»

Pour mémoire, l’optimisation fiscale coûterait 350 milliards d'euros aux Etats, dont 120 milliards à l’Union européenne.

https://francais.rt.com/france/45354-gerard-longuet-justifie-evasion-fiscale


BASE 14 995X225Pour mémoire également, la fraude fiscale, dont une bonne partie est effectivement légale grâce aux traités européens, coûterait 80 milliards à la France.

Longuet, un grand serviteur de l'Etat français...

P.G.

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Les Allemands vont-ils devoir retourner aux urnes ? Le scénario qui effraie Angela Merkel

Plus de six semaines après les législatives, les partis qui dominent le Bundestag ne parviennent toujours pas à former une coalition. Face à une CDU d'Angela Merkel affaiblie, les libéraux évoquent l'hypothèse d'un nouveau vote.

ACT MERKEL REICH

Alors que les négociations entre les trois principaux partis allemands patinent, le chef du Parti libéral allemand (FDP) Christian Lindner pourrait faire trébucher Angela Merkel et brandit la menace de convoquer de nouvelles élections législatives. «Nous n'avons pas peur de nouvelles élections», a-t-il martelé dans le quotidien allemand Berliner Morgenpost le 5 novembre 2017.

Sortie affaiblie des dernières élection législatives allemandes le 24 septembre, Angela Merkel a toutes les peines du monde à former une coalition politique, une «coalition jamaïcaine», selon le jargon politique allemand, en raison des couleurs des trois partis concernés qui rappelle le drapeau de la Jamaïque. Et la chancelière a dû revoir ses ambitions. Angela Merkel s'estimerait désormais heureuse de pouvoir former un gouvernement... avant Noël. Mais pour le FDP, plusieurs points d'achoppement demeurent avant de rejoindre les rangs de la coalition, dont la question qui a parcouru toute la campagne des législatives, celle de l'immigration. «Nous voulons une loi sur l'immigration [...] qui ouvre la porte aux [migrants] qualifiés et bien plus stricte avec les demandeurs d'asile», a ainsi déclaré Christian Lindner dans la même interview.

De son côté, Angela Merkel, affaiblie par la crise migratoire, a mis en garde ce 6 novembre contre la tenue de nouvelles élections législatives, appelant les trois partis à la mise en place d'un gouvernement «stable». Car de nouvelles élections en Allemagne pourraient donner l'occasion au parti souverainiste anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD) de surfer sur sa dynamique actuelle, laquelle l'a amenée à 13% des suffrages le 24 septembre dernier.

Théoriquement, l'article 63 du texte constitutionnel allemand permet, dans un cas d'impossibilité à élire un chancelier – et donc à former une coalition – de dissoudre le Bundestag, avec pour conséquence la tenue de nouvelles élections fédérales. Au pouvoir depuis novembre 2005, Angela Merkel n'en prendra sans doute pas le risque : cela signifierait politiquement la fin de son mandat. Il lui faudra donc composer avec ces futurs alliés encombrants. Alors que le FDP semble déjà prêt à recourir au chantage pour peser sur la chancelière et que les Verts se montrent inflexibles dans les négociations, la coalition, avant même d'être formée, a donc déjà des jours tumultueux devant elle.

https://francais.rt.com/international/45346-allemands-vont-ils-devoir-retourner-aux-urnes

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