lundi 18 septembre 2017

JO 2024 à Paris : pourquoi le rêve olympique peut se terminer en cauchemar financier…

France en faillite, baisse des aides, destruction des emplois, chômage de masse, austérité, faire toujours plus d’économies, payer plus de taxes et impôts, PME/PMI qui mettent la clé sous la porte, délocalisations, désertification, suicides des paysans (pas que), misère, et tout ce qui reste du temps de cerveaux disponibles pour faire l’éloge des JO 2024 en occultant bien sûr, le coût faramineux de cet événement, la pollution qui va forcément avec.

ARG JO PARISTous les pays qui ont eu le « bonheur » d’avoir organisé ces jeux, ont eu le plus grand mal à s’en remettre, toutes les infrastructures construites pour l’occasion sont abandonnées à leur triste sort. N’y a-t-il pas mieux à faire qu’à s’endetter encore plus ? Le budget prévisionnel sera largement dépassé comme pour, Rio, Tokio, Athènes etc.. A qui ça va profiter? Certainement pas à nos finances en berne… Panem et cirsences…

Comme attendu, Paris organisera en 2024 les Jeux Olympiques d’été, qu’elle veut plus écolo que jamais. Mais derrière un discours de façade très écologique, la réalité économique risque de ne pas être beaucoup plus verte qu’ailleurs, avec de monstrueux dépassements de budget. Tour d’horizon des principaux motifs d’inquiétude, qui continuent d’interroger sur la pertinence de tels événements sportifs.

 

C’était le secret le moins bien gardé de l’Histoire du sport : ce mercredi 13 septembre, Paris a officiellement été désignée ville hôte des jeux Olympiques d’été de 2024 lors de la cérémonie de désignation organisée par le CIO à Lima (Pérou). Une victoire sans péril, depuis le retrait de toutes les villes candidates – successivement Boston, Hambourg, Rome puis Budapest – jusqu’à l’accord avec Los Angeles, qui organisera de son côté l’édition suivante, en 2028. Un triomphe sans gloire, tant la candidature parisienne n’a suscité ni intérêt ni engouement.

« Depuis que l’on en débat à Paris, personne ne m’a interpellé sur le sujet dans la rue, constate David Belliard, conseiller municipal et président du groupe écologiste à la Ville de Paris. Il n’y a aucune ferveur populaire pour les Jeux Olympiques. » Une apathie générale dont n’ont guère profité les opposants, éparpillés et inaudibles dans le débat public : « Le contexte de la candidature était très compliquée, entre les attentats, la loi travail puis les élections présidentielles… », plaide Danielle Simonnet, seule autre élue (Parti de gauche, devenue France Insoumise) à s’être opposée, aux côtés d’EELV, au vote du Conseil de Paris entérinant la candidature en mars 2015.

La « grande consultation » des Parisiens n’a jamais eu lieu

Un an plus tôt, Anne Hidalgo s’était pourtant faite élire à la mairie de Paris sans prendre aucun engagement sur le projet, laissant même entendre plus tard son opposition de principe : « Les JO, c’est très joli, mais il n’y a pas une ville qui s’y soit retrouvée sur le plan financier. » Une position qu’elle avait d’ailleurs pris soin de rappeler par écrit au président de la République François Hollande, fervent soutien des olympiades. « Cette responsabilité nouvelle d’une candidature de Paris aux Jeux de 2024 n’était pas inscrite dans mon programme municipal. Son impact financier sur la collectivité ne doit pas menacer la mise en œuvre des réalisations de la mandature », avait-elle expliqué.

Face à ce revirement, alors qu’un sondage Ifop révèle à l’époque que 72% des parisiens souhaitent un référendum, la maire promet « une grande consultation en 2016 ». Elle ne viendra jamais. Un déni démocratique, selon les opposants : « On ne peut pas mettre en jeu de telles sommes qui engagent la population sans la consulter » dénonce Marc Perelman, architecte et professeur des Universités, membre du collectif « Non aux JO 2024 à Paris ».

Les premiers Jeux verts, « les plus durables de l’histoire »

Pour faire passer la pilule, les promoteurs activent alors un autre levier : l’écologie. Après avoir organisé les deuxièmes JO dits de « l’ère moderne » en 1900, et un siècle exactement après la dernière édition accueillie en 1924, Paris célèbrera cette fois les premiers Jeux verts, « les plus durables de l’histoire » selon Tony Estanguet, coprésident du Comité de candidature Paris 2024. Matériaux biosourcés, énergie verte, alimentation durable et certifiée, transports propres, gestion et recyclage des déchets : après trois échecs successifs pour les éditions 1992, 2008 et 2012, les organisateurs lustrent la vitrine.

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… ou une vaste opération de greenwashing ?

La candidature parisienne peut s’appuyer sur quelques points forts, en particulier son système de transport : « Le réseau est déjà très dense et l’aménagement global est prévu pour être le plus compact possible, avec 80% des sites dans un rayon de 10 km autour du village olympique, poursuit Didier Lehénaff. En limitant la dispersion, on réduit de manière substantielle les émissions de gaz à effet de serre, dont plus de 50% sont liés aux transports dans ce genre d’événement. » De surcroît, avec 90% des installations sportives déjà existantes, l’impact en termes de construction doit être limité. « C’est vrai que le risque de voir pousser des éléphants blancs est moindre » reconnaît de son côté Marc Perelman. Des « éléphants blancs », comme ces stades vides et envahis d’herbes folles, héritage des JO d’Athènes en 2004.

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Des sponsors pas vraiment écolos

Un affichage qui pourrait bien cacher une réalité un peu moins verte, au moment de l’événement : « L’afflux touristique n’est pas pris en compte dans les calculs, note Marc Perelman. On ne voit pas bien comment le bilan écologique pourrait être à ce point maîtrisé avec les 3 millions de visiteurs attendus en l’espace de quelques jours. » Pour David Belliard, cette entreprise de communication est un renversement complet du raisonnement à avoir vis-à-vis de cette candidature : « on baisse peut-être de 55% les émissions de gaz à effet de serre, mais avait-on seulement besoin d’en créer ? Par nature, les Jeux Olympiques créent des nuisances, c’est donc l’opportunité-même de les faire qu’il faut critiquer. » Ce que d’aucuns appellent tout simplement du greenwashing.

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La malédiction financière des JO

Car derrière le logo se cache la planche à billets. Pas une mince affaire dans l’histoire des Jeux : hormis Los Angeles en 1984, aucune édition des JO d’après-guerre n’a été rentable. Le plus souvent, le dépassement du budget s’est même révélé faramineux : 179% en moyenne entre 1960 et 2012, selon une étude publiée par Oxford [2]. L’économiste du sport Wladimir Andreff en a tiré une théorie intitulée « la malédiction du vainqueur de l’enchère ». Il livre une explication structurelle d’une telle situation.

« Les membres du CIO qui devront se prononcer votent à chaque fois pour la candidature la plus grandiose, la plus mirifique… et donc la plus chère. […] Celui qui gagne est celui qui surenchérit le plus. Il va payer beaucoup plus cher que ce que rapportent les Jeux, notamment parce qu’on ne sait pas exactement combien ceux-ci rapportent. La ville va donc présenter un budget apparemment raisonnable, mais ce qu’elle va mettre en vitrine sera en fait beaucoup plus cher. Londres a par exemple sous-estimé le coût des Jeux paralympiques, celui de la sécurité, et a minoré le niveau de plusieurs taxes dans le dossier de candidature », explique-t-il dans une interview accordée à Alternatives Economiques.

Un budget de 6,8 milliards qui pourrait plus que doubler

C’est ainsi qu’avec un budget prévisionnel de 4,8 milliards d’Euros, les JO de Londres avaient finalement représenté un coût total de 11 milliards… Quant à ceux de Tokyo, prévus en 2020, le budget a d’ores et déjà été revalorisé de 4,9 à 13,2 milliards. Pour l’heure fixé à 6,8 milliards d’euros, le budget parisien peut-il connaître pareille explosion ? « La sécurité à Londres, c’est une facture d’un milliard d’euros supplémentaire, et ce avant la période des attentats ! Je vous laisse imaginer la situation, aujourd’hui, à Paris », souligne Danielle Simonnet. Tokyo, elle, vient de réévaluer cette dépense initialement prévue à 405 millions d’euros à plus de 3 milliards

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Exonérations de taxes pour le CIO

Une chose est sûre : le CIO devrait bien profiter de la même exonération des taxes que l’UEFA lors de l’Euro 2016 organisé en France [3]. L’amendement voté à cet effet en 2014 étend le principe à tous les événements sportifs internationaux attribués à la France avant la fin de l’année 2017… Une concession qui soulève la colère de l’élu écologiste : « Alors que le CIO fait face à une pénurie de candidatures, les organisateurs de Paris 2024 étaient en position de force pour engager une négociation financière. »

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Un centre aquatique olympique inutile ?

Côté organisateurs, on fait valoir que l’investissement public représente moins de 25% du financement total. Sur le budget prévisionnel de 6,8 milliards d’euros, les fonds publics représentent 1,5 milliards, le reste étant réparti entre le CIO, le sponsoring, divers fonds privés, et les recettes de billetterie. « On connaît la recette des partenariats public-privé, rétorque Danielle Simonnet. C’est socialisation des pertes et privatisation des profits. » D’autant que les investissements prévus sont sujets à caution, à l’image du centre aquatique en Seine-Saint-Denis, principale infrastructure sportive restant à construire et qui a vocation à être pérennisée par la suite.

« Cela ne correspond pas aux besoins de la population : nous n’avons pas besoin d’une grande piscine olympique, mais de plusieurs piscines de quartier », poursuit l’élue France Insoumise, qui craint un syndrome « Stade de France », en bien mauvaise posture économique. Dans le contexte actuel, c’est la pertinence même de ces investissements qui se trouve pointée du doigt. « C’est tellement contradictoire avec la situation sociale française, regrette Marc Perelman. D’un côté, on supprime les contrats aidés et on sacrifie un certain nombre de politiques sociales essentielles, mais de l’autre, on se lance dans la course folle des dépenses pour un événement sportif qui dure quinze jours ? » Les scènes de joie et les discours d’auto-congratulation de la délégation française, à Lima, lors de la confirmation de la victoire de la candidature Paris 2024 risquent fort d’être de courte durée. Mais ça aussi, ce n’est plus un secret pour grand-monde.

Lire l’article complet

Barnabé Binctin pour BastaMag

http://lesmoutonsenrages.fr/2017/09/15/jo-2024-a-paris-pourquoi-le-reve-olympique-peut-se-terminer-en-cauchemar-financier/#more-106927

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Macron, le « pont aérien » et la tragédie de Saint-Martin

Emmanuel Macron s’est donc rendu sur l’île de Saint-Martin, dans les Antilles pour témoigner aux habitants de la solidarité de la Nation.

ARG MACRON ST MARTINCe voyage a donné une nouvelle dimension tant aux critiques qui ont porté sur la (relative) impréparation du gouvernement français face à l’ouragan catastrophique « Irma », qu’à la polémique qui semble accompagner désormais chaque déclaration officielle du Président Macron. Il aurait, en effet, déclaré à l’occasion de ce voyage que la France avait mis sur pied un des plus grands ponts aériens depuis la seconde guerre mondiale[1]. Il s’agit, bien entendu d’une énorme bêtise. Mais, l’écho qu’elle a eu, et surtout la volonté semble-t-il irrépressible d’Emmanuel Macron de se mettre en scène ainsi de manière « héroïque » pose un problème plus général tant quant à l’attitude du Président que quant à l’attitude de la presse qui relaie ses propos avec une complaisance et une absence de critiques qui ne grandissent pas les journalistes.

Les limites de l’action de la France et la stupidité de la déclaration du Président

L’affirmation concernant le pont-aérien est, bien évidemment, une stupidité. Les moyens de la France, sur place, étaient limités : quelques avions cargos de petit tonnage et un Airbus A-400M qui a quitté la métropole à la fin de la semaine dernière pour arriver aux Antilles. Dans la mesure où l’on savait, au vu de la force de l’ouragan, force qui fut exceptionnelle, que les infrastructures portuaires seraient fortement endommagées, on peut s’étonner que plus de moyens de transport aériens n’aient pas été pré-positionnés aux Antilles. En fait, même si la piste principale de l’aéroport de Saint-Martin était inutilisable, un avion comme l’A-400M peut larguer à basse altitude de lourdes charges[2]. Le pré-positionnement de 2 de ces appareils, par exemple à la Guadeloupe, aurait permis de ravitailler rapidement la population, chaque appareil pouvant faire environ 3 rotations sur Saint-Martin par jour et pouvant apporter environ 37 tonnes à chaque rotation. Les CASA CN-235 qui sont utilisés ne sont, quant à eux, capables de transporter 6 tonnes à chaque rotation.

Les efforts de la France ont été faibles, si on les compare aux ponts aériens depuis 1945. L’exemple du pont aérien de Berlin[3], lors de la crise de 1948-1949 est évidemment le plus notable. Les aviations du Commonwealth et des Etats-Unis (la France n’y participa que marginalement) ont transporté 1250 tonnes de vivres et 3750 tonnes de carburant par jours lors de ce pont aérien. Il ne fut pas le seul. L’aviation française avait assuré, avant que ne débute le début de la bataille, le ravitaillement du camp retranché de Dien-Bien-Phu en 1954, et avait effectué plusieurs ponts aériens d’importance, que ce soit à des fins militaires ou à des fins civiles (transfert de population) en Indochine de 1952 à 1954. Notons aussi le pont aérien organisé par les églises (tant l’église catholique que les églises protestantes) lors de la « Guerre du Biafra » en 1968-9[4]. Lors du terrible tremblement de terre qui ravagea l’Arménie à la fin des années 1980, les soviétiques mirent sur pied un pont aérien qui transporta des centaines de tonnes de vivres et de matériel par jour. En fait, de nombreuses catastrophes naturelles donnent lieu à des déploiements aériens qui sont largement supérieurs à ceux que la France a consentis pour Saint-Martin.

Bref, la déclaration du Président Emmanuel Macron relève de la grosse bêtise, comme il arrive, de temps à autres, à des responsables politiques d’en faire. Mais, la véritable question est de savoir pourquoi il l’a faite et pourquoi les médias français ont-ils gobés cet énorme bobard.

Un manque d’anticipation face à la catastrophe ?

La question du « pourquoi » de cette déclaration est posée d’emblée. On peut penser que le Président Macron a voulu faire taire les critiques, nombreuses, qu’a suscité la gestion de cette crise par le gouvernement français. Il faut savoir que la gestion de crise n’est pas chose facile. Elle exige de l’anticipation (qui semble avoir manqué) et des moyens en réserves pour faire face à une situation d’urgence. Le plus critiquable, ici, est sans doute le manque d’anticipation. Il semble que le gouvernement des Pays-Bas, qui cogère avec la France une partie de l’île s’y soit mieux pris. Il a su, en particulier, éviter une grande partie des pillages qui sont venus ajouter la peur à la désolation sur la partie française de l’île[5].

La catastrophe étant survenue, et il convient de dire que l’on a été face à une situation similaire à une guerre nucléaire, les effets des radiations en moins. En effet, les dégâts enregistrés sur l’île de Saint-Martin sont comparables à ceux qu’aurait provoqués une charge nucléaire explosant à moyenne altitude (effet de souffle dit « air-burst »).

La destruction des services publics a constitué le point crucial dans cette catastrophe. En théorie, l’armée française dispose des matériels, qu’il s’agisse de groupes électrogènes de grande puissance, de système de filtration des eaux ou de matériels du génie pour les travaux de déblaiements. Ces matériels auraient pu être rapidement transportés sur l’île, s’ils avaient été pré-positionnés dans les Antilles et si des moyens de transport lourds (les A-400M) avaient été disponibles. Rappelons qu’il n’est pas nécessaire qu’un A-400M se pose sur la piste pour livrer de lourdes charges. Rappelons aussi que de pont aérien il ne semble pas être question pour transporter des dizaines de sauveteurs qui sont bloqués sur l’île de la Guadeloupe[6].

Dès lors, se pose la question de savoir pourquoi ce pré-positionnement n’a pas été fait et pourquoi des moyens supplémentaires n’ont pas été rapidement déployés dès que l’importance de la catastrophe est devenue évidente. Certainement, ici, la question du manque d’anticipation de l’ampleur de la catastrophe a joué. Mais, il faut aussi savoir que les réductions de crédits dont l’armée souffre depuis plusieurs années, et qui ont été dénoncées par le Général Pierre de Villiers au début du mois de juillet (dénonciation qui lui a coûté son poste de Chef d’Etat-Major des Armées), limitent drastiquement la disponibilité de ces divers matériels.

Au-delà de la polémique, qui n’est pas dépourvue – c’est la règle de la vie démocratique – de pensées politiciennes, il faudra qu’une commission d’enquête parlementaire face le bilan de ce qui a été fait et de ce qui ne l’a pas été et qui aurait dû l’être. C’est important tant pour la démocratie en France que pour tirer les leçons de ce qu’il faut bien appeler un échec de la gestion de crise et éviter qu’il ne se reproduise. Car, et c’est le moins que l’on puisse en dire, tout n’a pas été fait pour réduire les souffrances des populations.

Ce que révèle cette déclaration

Donc, le Président Macron a réagi, de manière très maladroite et en fait puérile, à un débat qui devra de toute manière avoir lieu. Mais, cela n’explique pas pourquoi il s’est senti obligé de qualifier, lors de son arrivée à la Guadeloupe, les opérations de l’un des plus grands ponts aériens depuis 1945. Il y a dans cette déclaration même une outrance, une emphase, qui interroge quant à la psychologie du Président. Cette volonté de se mettre en avant à tout prix, et même à celui de proférer une énorme contre-vérité, inquiète. Elle traduit une certaine instabilité psychologique. Mais, il y a aussi dans cette déclaration de quoi se poser des questions quant à l’équipe de communicants qui l’entoure. Car, on peut penser qu’il y avait des personnes parfaitement au courant de la réalité des choses dans l’entourage du Président. Le fait qu’ils aient laissé passer cette déclaration, qu’ils n’aient pas soit informés le Président des réalités, soit lui aient signalés les dangers de se livrer à de telles déclarations, interroge aussi sur la nature de la communication mise en place autour d’Emmanuel Macron et sur les liens qui unissent le Président à son entourage.

Cette déclaration interroge enfin sur le comportement des journalistes qui l’ont reprise de manière globalement a-critique. C’est à croire que l’histoire de la seconde moitié du XXème siècle est délibérément ignorée dans les écoles de journalisme et dans les universités. En réalité, la reprise de cette déclaration illustre un état d’esprit de nombreux journalistes qui combine la révérence face au pouvoir, la servilité politique et parfois l’incompétence la plus crasse. Voilà qui pose problème. Imaginons qu’une autre personnalité politique ait proféré les mêmes énormités. Cette personne aurait été, et non sans raisons, l’objet de critiques assassines. On aurait glosé sur son incompétence. Rien de tel n’est survenu pour Emmanuel Macron, comme si sa parole était parole d’Evangile. Oui, l’attitude des journalistes pose un véritable problème de démocratie en France.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’Etat fasse désormais le maximum pour atténuer les souffrances des populations dans les îles, et qu’il débloque, sans rechigner, l’argent nécessaire à l’aide d’urgence comme à la reconstruction. Le Président Macron serait aussi bien inspiré de rétablir les crédits de fonctionnement à l’armée, ces crédits qui ont été supprimés par M. Darmanin, le Ministre du budget et qui ont provoqué la crise avec le général Pierre de Villiers. Il serait enfin bien inspiré de s’abstenir de telles déclarations aussi tonitruantes qu’erronées à l’avenir ; ces déclarations le ridiculisent et soulignent sa fragilité dans les fonctions qu’il occupe, ce qui constitue un problème pour tous les Français.

Jacques Sapir

 

Notes

[1] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ouragan-irma-emmanuel-macron-est-arrive-en-guadeloupe_1942660.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter&link_time=1505218104#xtor=CS3-5083

[2] Ce que l’on appelle le Low-Altitude Parachute-Extraction System ou LAPES. Ce système est certifié sur les Airbus A-400M utilisé par l’Armée de l’Air depuis 2016 (avion MSN33).

[3] Miller, R. G. (2000), To Save a City: The Berlin Airlift, 1948–1949, College Station, Texas A&M University Press, Harrington, D.F., (2012), Berlin on the Brink: The Blockade, the Airlift, and the Early Cold War, University of Kentucky Press, Lexington

[4] Ce pont aérien fut organisé sous l’égide de la Joint Church Aid, qui loua des avions à des compagnies indépendantes comme Balair (qui employait des C-97ex-USAF et des Transall ex-Luftwaffe), CanairRelief et Transavia Holland. Draper, M.I. (2000) Shadows: Airlift and Airwar in Biafra and Nigeria 1967-1970, Hikoki Publications, Londres.

[5] http://www.ouest-france.fr/monde/ouragan/irma/irma-pillages-agressions-et-bandes-armees-le-chaos-regne-saint-martin-5236697

[6] http://www.ouest-france.fr/monde/ouragan/irma/irma-des-secouristes-bloques-en-guadeloupe-il-est-ou-le-grand-pont-aerien-5243471


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Ces guerres et conflits incessants où lentement l’Orient vainc l’Occident

Le monde n’est pas un lieu de justice ni d’équité, et chacun a déjà pu comprendre qu’il s’agit plutôt d’une arène où s’affrontent sans pitié, des forces opposées. Loin d’un endroit paradisiaque, il tient pour le plus grand nombre, d’un enfer.

ARG MONDE MUSULMANDepuis la première intervention américaine contre l’Irak en 1991 quand il fut question de chasser S. Hussein du Koweït jusqu’à la guerre actuelle en Syrie – les USA emmenant avec eux une coalition fluctuante en fonction des terrains d’opérations et des intérêts de chaque participant – une chose apparaît de manière claire : les cibles sont toutes de culture arabe et/ou musulmane*.

Faut-il rappeler qu’après cette première intervention menée par le père Bush, il y eut la seconde en 2003 sous prétexte de liens avec les attentats du 11 septembre à New-York – jamais démontrés – et où l’administration du fils Bush désigna sans la moindre preuve le régime irakien comme foyer de fabrication d’armes de destruction massives, jamais trouvées par les experts officiels qui ont pourtant passé le pays au peigne fin des années durant ? Et dont C. Powell avoua en 2013 qu’il s’agissait d’un mensonge fomenté par la CIA[1], cette sordide officine d’assassins en cols blancs qui trempent dans tous les sales coups, dont celui de former des mercenaires afin de renverser les régimes qui ne conviennent pas à Washington et/ou Tel-Aviv, tel récemment celui de B. Al Assad de Syrie.[2]

Suivit quelques années plus tard la guerre de 2011 contre le régime de M. Khadafi en Libye, puis celle toujours en cours en Syrie ainsi que la dernière en date et (trop) peu médiatisée au Yémen.

Sans oublier la guerre contre les Talibans en Afghanistan ; ni les accrochages réguliers en Palestine occupée ; ni ceux à la frontière libanaise, ces derniers étant ordonnés par la colonie israélienne toujours soutenue par l’administration américaine et ses vassaux européens. Et ces jours-ci, faut-il revenir sur le drame effroyable des Rohingyas du Myanmar, ignorés de la plupart des médias mainstream qui préfèrent nous bassiner avec les faits-divers nauséeux dont ils regorgent ?

Et si l’on change de continent, les choses ne semblent pas aller mieux en Afrique où là aussi, des conflits prenant les musulmans pour cibles se sont multipliés ces dernières années, avec en prime, la partition du plus grand pays du continent où existent maintenant un Soudan du Nord et un Soudan du Sud.

Le décompte des victimes colorées de ces conflits s’écrit en millions de morts ; en millions de blessés ; en millions de familles démembrées, sans parler des infrastructures anéanties et qui nécessiteront des décennies de reconstructions.

Pour quels résultats en termes « sécuritaires » puisque c’est désormais le leitmotiv des responsables politico-médiatiques qui nous enfument avec ces propos lénifiants ? Une insécurité plus grande que jamais ; une militarisation de la société à travers des plans « vigies-pirates » et autres mesures liberticides en fonction des pays concernés ; une multiplication d’attentats aveugles perpétrés par des sympathisants d’Al Qaïda ou autre organisation du même acabit alimentant la perception d’injustice faite aux « musulmans » ; un sentiment de peur généralisée entraînant une tension entre « communautés », doublé d’un repli identitaire exacerbé à chaque nouvel épisode ; une méfiance grandissante à l’égard du monde politico-médiatique qui trompe régulièrement les citoyens par leurs déclarations, disons « orientées » pour rester poli, ce qui équivaut à de la désinformation, etc…

Voilà ce que l’on peut constater après bientôt 30 années (!) de guerres impitoyables menées au M-O par un Occident qui n’est parvenu à aucun résultat tangible dans ces pays qu’il ravage sous de fallacieux prétextes depuis le temps des colonies. Un seul gagnant et toujours le même : le lobby de l’armement, dont les usines tournent à plein régime et peuvent ainsi régulièrement renouveler leurs stocks et inventer de nouveaux outils pour tuer mieux, plus et de manière plus rapide. Une technologie de pointe au service de la mort. Merci pour elle… et pour nous, citoyens anonymes, vivant dans une angoisse grandissante pour nous et nos enfants !

Pourtant, chacun devrait se rappeler que les apparences sont souvent trompeuses, et en parallèle, ces guerres d’un prix exorbitant vu la technologie sophistiquée qu’elles requièrent, ruinent lentement mais sûrement les économies des pays qui s’y sont engagés, au point de démanteler les infrastructures sur lesquelles ils fonctionnent. Nos gouvernements trouvent toujours l’argent pour s’en aller faire la guerre, mais coupent de plus en plus dans les budgets sociaux. Et finalement, les Etats-unis ainsi que leurs alliés n’en tirent à terme ni bénéfice réel, ni sécurité renforcée, ni encore moins prestige, tant ils sont définitivement honnis et désignés par une majorité toujours plus grande de citoyens comme Etats « voyous », « prédateurs », « criminels » n’ayant aucune moralité dès qu’il s’agit d’aller piller les matières premières de pays lointains et surtout plus faibles au niveau militaire. A vaincre sans péril…

Une chose semble pourtant se dessiner de manière de plus en plus évidente : l’Occident perd du terrain au profit d’un Orient qui peut paraître terrassé, écrasé, délabré par une technologie qu’il ne possède pas (encore) mais qui conserve une résilience insoupçonnée. Malgré ici-et-là, quelques trahisons de circonstances, tels des accords improbables autant qu’éphémères entre l’Egypte, la Jordanie ou même l’Arabie saoudite avec l’occupant israélien que rien n’autorise à penser qu’il sera encore en place sous sa forme actuelle pour longtemps. Et ces écarts provisoires seront traités comme il sied en temps voulus. Mais, cette capacité à résister au déferlement incessant d’une puissance mortifère redoutable lui a conféré un sentiment d’assurance malgré les apparences. Et, à terme, les vainqueurs de ces guerres meurtrières ne sont peut-être pas ceux qui remuent le plus et enchaînent des déclarations musclées. L’URSS s’est effondrée il y a quelques années mais la Russie semble plus forte que jamais ; la Chine n’est pas encore l’égale des USA mais les talonne dans tous les domaines, y compris militaire, au point que ces derniers commencent à s’en méfier sérieusement ; l’Iran semble déterminé à poursuivre son développement dans le nucléaire civil, quels que soient les pièges et les coups tordus que la colonie israélienne tente de lui infliger ; l’Irak dévasté semble se relever lentement et son armée parvient à mettre hors-jeu les mercenaires de la coalition yankee ; le Hezbollah est décrit comme la seconde armée de la région après celle de la colonie israélienne qui réfléchit plutôt deux fois qu’une avant de prendre le risque de s’y frotter ; la Syrie donnée vaincue par les « experts » occidentaux ne s’est pas effondrée et son président paraît incontournable pour l’avenir de son pays ; les Américains peuvent multiplier leurs troupes en Afghanistan, les Talibans confortent leurs positions et restent maîtres des lieux ; la guerre menée contre le Yémen par l’Arabie saoudite soudoyée par les USA est un échec cuisant qui risque bien de se retourner contre les Séoud ; le Hamas de Gaza, malgré des conditions de (sur)vie dignes de camps d’extermination se tient prêt à tout assaut de l’occupant israélien et risque fort de lui infliger une leçon que ce dernier n’imagine pas ; etc…

Tout comme les responsables russes et chinois, le dirigeant nord-coréen Kim Yong-Un ne s’y est pas laissé prendre. Même si de nombreux griefs peuvent lui être reprochés, il a raison de se méfier des USA. Les exemples de trahison de ces derniers sont légion et la colonie israélienne est peut-être en train de s’en apercevoir aussi. Ses demandes réitérées de changer les paradigmes en Syrie sont restées lettre morte auprès de l’administration américaine. Et le M-O semble lentement basculer dans un tout autre « remodelage » tel qu’imaginé par l’administration de W. Bush qui s’y voyait faire la pluie et le beau temps en fonction de ses seuls intérêts et y entretenir le chaos des années durant. Une fois la guerre en Syrie déclarée terminée, les influences des grandes puissances mondiales seront assurément redéfinies. Et probablement pas au profit de l’Occident qui s’est lamentablement fourvoyé dans ses plans diaboliques.

C’est dire, et les mots ne sont pas assez forts pour la qualifier, l’incompétence crasse des responsables politico-médiatiques qu’il nous faut supporter depuis des années !

Daniel Vanhove

08.09.17

 Notes

[1] https://www.algeriepatriotique.com/2013/03/05/lancien-secretaire-detat-americain-colin-powell-mes-mensonges-sur-lirak/

[2] http://reseauinternational.net/les-mercenaires-de-la-cia-en-syrie-coutent-un-milliard-de-dollars-par-an/

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dimanche 17 septembre 2017

Russie et Chine contre l’empire du dollar

Un vaste arc de tensions et conflits s’étend de l’Asie orientale à l’Asie centrale, du Moyen-Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique latine. Les “points chauds” le long de cet arc intercontinental -Péninsule coréenne, Mer de Chine Méridionale, Afghanistan, Syrie, Irak, Iran, Ukraine, Libye, Venezuela et autres- ont des histoires et des caractéristiques géopolitiques différentes, mais en même temps sont reliés à un unique facteur : la stratégie avec laquelle “l’empire américain d’Occident”, en déclin, essaie d’empêcher l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux. Ce que redoute Washington se comprend par le Sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Xiamen en Chine.

ARG BRICS DOLLARExprimant “les préoccupations des Brics sur l’injuste architecture économique et financière mondiale, qui ne prend pas en considération le poids croissant des économies émergentes”, le président russe Poutine a souligné la nécessité de “dépasser la domination excessive du nombre limité de monnaies de réserve”. Référence claire au dollar US, qui constitue presque les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie par laquelle se détermine le prix du pétrole, de l’or et d’autres matières premières stratégiques. Ce qui permet aux USA de conserver un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se base non pas sur la réelle capacité économique étasunienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme monnaie mondiale. Le yuan chinois est cependant entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats d’achat du pétrole en yuan, convertibles en or.

Les Brics demandent en outre la révision des quotas et donc des votes attribués à chaque pays à l’intérieur du Fonds monétaire : les USA, à eux seuls, détiennent plus du double du total des votes de 24 pays de l’Amérique latine (Mexique compris) et le G7 détient le triple des votes du groupe des Brics. Washington observe avec une préoccupation croissante le partenariat russo-chinois : les échanges entre les deux pays, qui en 2017 devraient atteindre les 80 milliards de dollars, sont en forte augmentation ; en même temps augmentent les accords de coopération russo-chinoise dans le domaine énergétique, agricole, aéronautique, spatial et dans celui des infrastructures. L’achat annoncé de 14% de la compagnie pétrolifère russe Rosneft par une compagnie chinoise et la fourniture de gaz russe à la Chine pour 38 milliards de m3 annuels à travers le nouveau gazoduc Sila Sibiri qui entrera en fonction en 2019, ouvrent à l’export énergétique russe la voie à l’Est tandis que les USA essaient de lui bloquer la voie à l’Ouest vers l’Europe.

Perdant du terrain sur le plan économique, les USA jettent sur le plateau de la balance l’épée de leur force militaire et de leur influence politique. La pression militaire USA en Mer de Chine Méridionale et dans la péninsule coréenne, les guerres USA/Otan en Afghanistan, Moyen-Orient et Afrique, le coup d’épaule USA/Otan en Ukraine et la confrontation consécutive avec la Russie, entrent dans la même stratégie de confrontation mondiale contre le partenariat russo-chinois, qui n’est pas seulement économique mais géopolitique. Y entre aussi le plan de miner les Brics de l’intérieur, en ramenant les droites au pouvoir au Brésil et dans toute l’Amérique latine. C’est ce que confirme le commandant du U.S. Southern Command, Kurt Tidd, qui prépare contre le Venezuela l’“option militaire” brandie par Trump : dans une audition au sénat, il accuse la Russie et la Chine d’exercer une “influence maligne” en Amérique latine, pour faire avancer là aussi “leur vision d’un ordre international alternatif”.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Russia e Cina contro l’impero del dollaro 

Edition de mardi 12 septembre 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/russia-e-cina-contro-limpero-del-dollaro/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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La France en 2027 : quand The Economist fantasme sur la gloire future d'Emmanuel Macron

A la faveur d'un texte de fiction, The Economist a imaginé la France après deux mandats présidentiels d'Emmanuel Macron. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'enthousiasme du magazine britannique est une inépuisable source d'imagination.

596e2b6a09fac2926f8b4567L'hebdomadaire britannique The Economist, considéré comme une référence dans les cercles économiques libéraux outre-Manche quoi qu'en perte de vitesse depuis plusieurs années, s'est essayé au récit d'anticipation afin d'imaginer la situation de la France en 2027, après deux mandats d'Emmanuel Macron et d'innombrables succès.

Le texte aurait pu s'intituler Si les promesses sont tenues, mais son auteur semble préjuger du talent politique d'Emmanuel Macron et a finalement préféré Si les réformes marchent —  l'Histoire le prouve, les politiques n'échouent que par l'effet de la pure malchance. C'est le 14 juillet 2027 en Seine-Saint-Denis, où se trouve le nouveau palais présidentiel depuis que «la France a enfin tendu la main à ses banlieues jadis déclinantes», que débute le récit. Celui qui a «ouvert la France au futur», après 10 ans de réformes conduites d'une main de maître, annonce qu'il quitte la vie politique, fort d'innombrables succès.

Emmanuel Macron est en effet parvenu à surmonter ce que The Economist semble étrangement considérer comme «des erreurs de débutants» : «l'idéalisme des premiers députés en marche», «une opération militaire au Niger contre une invasion islamiste» (il est vrai que le magazine est coutumier des ambiguïtés vis-à-vis de l'islamisme) et «ses capacités surestimées à ruser avec Vladimir Poutine» qui, même dans l'imagination la plus folle de l'hebdomadaire britannique, reste le grand méchant de l'histoire. Et peu importe que le président français ait récemment déclaré que la collaboration franco-russe est «totalement transformée» depuis sa rencontre avec Vladimir Poutine le 29 mai dernier à Versailles, les augures du magazine britannique sont formels : il doit s'agir d'une machiavélique manipulation de Moscou.

Sur le plan intérieur, les premières mesures économiques du président français ont permis «de restaurer la confiance des entreprises, incitant celles-ci à investir et à embaucher de nouveau». Un communiqué officiel du gouvernement ne l'eût pas mieux tourné, si bien que l'on croirait la formulation tout droit tirée d'un discours d'Edouard Philippe sur la réforme du code du travail. Même les efforts d'un Front national rajeuni par la candidature de Marion Maréchal-Le Pen en 2022 n'ont pas permis d'enrayer cette incroyable success story. Depuis Berlin, Angela Merkel, réélue pour un quatrième mandat, «observe avec ébahissement» l'essor spectaculaire de la France qui devient bientôt leader de l'Europe et redonne espoir à tout le continent !

L'élection d'Emmanuel Macron : un «miracle» qui résout tout

En effet, dans ce rêve devenu réalité, la grande gagnante est avant tout l'Union européenne. «Dès 2026, les enquêtes d'opinion montrent que la confiance en l'Europe l'a emporté face au scepticisme dans presque tous les pays membres de l'UE», et cela grâce aux seuls effets bénéfiques de «ce que les universitaires désignent déjà comme une Renaissance française». Le dithyrambe à peine dissimulé détaille la manière dont le Royaume-Uni s'est trouvé marginalisé à cause du Brexit, réduit à contempler de loin le couple franco-allemand redynamisé par l'opération d'un Saint-Esprit qui fait assurément bien les choses... puisque The Economist est justement réputé pour ses positions farouchement pro-européennes. Dans l'unique but d'avoir raison, certains semblent prêts à souhaiter l'échec de leur propre pays. Capable de prouesses d'imagination lorsqu'il se prend à rêver du «miracle Macron», le magazine britannique semble soudain en panne d'inspiration lorsqu'il s'agit d'imaginer un futur commun et coopératif entre les deux rives de la Manche.

En 2027, les crises qui agitent l'Union européenne en 2017 ont semble-t-il toutes disparu. Aucune d'elle n'est mentionnée dans cette description pourtant richement détaillée de l'Europe du futur. La situation catastrophique de l'économie grecque, les vagues d'attentats terroristes, la crise migratoire... Il faut croire qu'il ne s'agissait là que de fâcheuses bagatelles aisément reléguées dans les tiroirs du passé «grâce au leadership français rénové», qu'aucune rivalité économique avec l'Allemagne ne vient entacher car, fort heureusement, «l'équipe d'Emmanuel Macron compte ce qu'il faut de germanophones». La clef était là : pourquoi personne n'y a songé plus tôt ?

L'excès d'ingénuité de ce récit pourrait presque le rendre touchant s'il n'y avait cette terrible absence, dont on comprend néanmoins qu'elle puisse rassurer son auteur et faciliter la tâche du gouvernement utopique qu'il se plaît à imaginer : celle du peuple français. Celui-ci n'intervient dans cette fabuleuse histoire que pour gâcher la fête par d'intempestives manifestations visant à empêcher Emmanuel Macron de lui préparer un avenir radieux. Cet épisode de gronde sociale et de grèves, sobrement nommé «automne du mécontentement», ne survit heureusement pas à «l'exaspération des travailleurs venant à Paris chaque matin et qui se voient confrontés aux tas de détritus pourrissant dans la chaleur de l'été qui s'attarde» — de tout le texte, c'est sans doute cette dernière phrase qui relève le plus manifestement de la fiction.

Le ton enthousiaste du texte, sans même que son auteur ne semble s'en apercevoir, finit pourtant par transformer l'utopie présumée en véritable dystopie : le «Grand Paris unifié» est ainsi dirigé «par un cyberentrepreneur», le milliardaire Xavier Niel est devenu ministre de l'Education, et «le codage a fait son entrée dans l'enseignement à l'école primaire». Dans ce Meilleur des mondes, un budget commun de l'UE est instauré, les ressources militaires sont mutualisées par la France et l'Allemagne et «chacun des deux pays, dans une expérience novatrice, envoie un ministre bilingue servir dans le gouvernement du voisin». Pour que le rêve de The Economist ressemble parfaitement à un cauchemar, il ne manque finalement qu'un robot-clone de Brigitte Macron errant parmi les ruines désolées de l'Elysée, «palais historique destiné à être reconverti en musée».

Déjà plébiscité par le FMI, qui a même revu à la hausse sa prévision de croissance pour la France depuis son élection, Emmanuel Macron a également été adoubé par l'agence de notation financière Moody's, qui avait retiré sa note Aaa à la France en 2012, et se montre désormais enthousiaste à l'idée de voir le président français mettre en place ses réformes. Applaudi également par une étude qui voit en la France le nouveau leader du «soft power» mondial, devant les Etats-Unis. Cet engouement des milieux d'influences économiques*, auquel succombe désormais The Economist, ne semble pourtant pas du tout refléter sa popularité en France. Deux mois et demi après son élection, la cote de popularité d'Emmanuel Macron s'érode fortement (- 5 points, 54%), selon le dernier baromètre BVA pour Orange parue le 19 juillet. Elle le place exactement au même niveau que Nicolas Sarkozy et François Hollande au même moment de leur mandat. Contrairement aux institutions financières et économiques, les Français, qui se sont débarrassés des deux précédents présidents après un mandat, n'ont pas encore l'air convaincu par la perspective d'un «miracle» Macron.

https://francais.rt.com/france/41140-france-2027-quand-the-economist-fantasme-gloire-future-emmanuel-macron


 

*Il faut ajouter désormais l'OCDE (v. article précédent).

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L'OCDE enthousiaste devant les réformes d'Emmanuel Macron

Si elles mobilisent les opposants dans les rues, les réformes annoncées par Emmanuel Macron ont su trouver leur public. Après les agences de notation financière et le FMI, c'est désormais l'OCDE qui se dit séduite.

ocde logo

Si sa popularité s'effondre dans l'opinion publique, Emmanuel Macron continue de séduire les acteurs majeurs de la finance et du commerce international. Réduction de la dépense publique, réforme du Code du travail ou encore renforcement de la formation professionnelle : après le FMI en juillet, l'OCDE a apporté son soutien le 14 septembre aux réformes engagées par le gouvernement français.

«Quand [Emmanuel] Macron était ministre [...], nous avons soutenu les réformes, mais les conditions générales n'étaient pas réunies», a ainsi assuré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, à l'occasion d'une visite à Bercy, pour la présentation de l'étude de son institution sur la France, aux côtés du ministre des Finances, Bruno Le Maire.

De «la conviction et de de la vision»

«Aujourd'hui, il y a les conditions, il y a la conviction et la vision. Aujourd'hui, on peut, c'est possible ! C'est la grande différence», s'est enthousiasmé le secrétaire général de l'institution, convaincu que le moment était venu d'engager des réformes «qui permettront d'offrir de meilleures perspectives à tous les Français».

«Ce rapport montre que les choix économiques faits [par le gouvernement français] sont des choix qui vont permettre d'améliorer la vie de tous les Français et – je l'espère – de mettre l'économie française dans une forme olympique», a pour sa part expliqué Bruno Le Maire, faisant un clin d’œil au passage à l'attribution des Jeux olympiques 2024 à Paris.

L'OCDE se joint ainsi au soutien aux réformes apporté dès le mois de juillet par le FMI, qui s'était montré très élogieux avec le programme du président français.

«La France est le pays de l'OCDE qui a la plus forte dépense publique, qui atteint 54% de son PIB. C'est une médaille d'or que l'on n'aimerait pas avoir», avait pour sa part ironisé Angel Gurria, filant ainsi la métaphore sportive.

L'institution internationale plaide pour «l'élaboration d'une stratégie à long terme pour réduire les dépenses publiques par rapport au PIB», qui permettrait de réduire les impôts qui entravent selon elle le développement économique et la croissance de l'emploi. 

Par ailleurs, l'institution table sur une croissance de 1,6% en France pour 2017 et 2018, après avoir abaissé sa prévision à 1,3% en juin, à contre-courant des autres institutions qui l'avaient revue à la hausse après la victoire d'Emmanuel Macron en mai à la présidentielle.

https://francais.rt.com/economie/43212-ocde-enthousiaste-devant-reformes-demmanuel-macron

 

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Des centaines de personnes manifestent devant la tour Eiffel en soutien aux Rohingyas

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris pour dénoncer les violences commises à l'encontre de la minorité musulmane rohingya en Birmanie et pour demander l'intervention de la communauté internationale*.

59bd5beb488c7b4a0a8b4567A l'appel du collectif HAMEB (Halte au massacre en Birmanie), quelque 700 personnes se sont rassemblées à Paris dans l'après-midi du 16 septembre, dans le but de dénoncer ce qu'elles qualifient de persécutions du gouvernement birman envers les musulmans rohingyas.

Brandissant des pancartes sur lesquelles était écrit «Stop killing muslims in Burma**» (Arrêtez de tuer les musulmans en Birmanie) et scandant des slogans demandant le retrait de son prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi, aujourd'hui conseillère spéciale de l'Etat birman (de facto dirigeante du pays), les manifestants sont restés statiques pendant plusieurs heures, au Trocadéro.

De nombreuses organisations communautaires musulmanes*** se sont jointes au rassemblement, comme des associations représentant les membres de cette minorité musulmane, auxquels le gouvernement birman ne reconnaît pas la nationalité.

De nombreux drapeaux de pays musulmans étaient par ailleurs visibles. Quelques slogans anti-israéliens et pour la défense de la Palestine ont aussi été scandés.

«On demande des sanctions envers la Birmanie»

«On montre notre solidarité, on demande d'arrêter les massacres par l'armée birmane, on dénonce la complicité de Aung San Suu Kyi, le prix Nobel criminel [...] On demande des sanctions envers la Birmanie», résume Farouk, membre du collectif HAMEB, au micro de RT France.

Selon le militant, les Rohingyas sont victimes de racisme en raison d'une couleur de peau «un peu plus mate» que la majorité des Birmans, ainsi que pour leur pratique de l'islam dans un pays très majoritairement bouddhiste. Le jeune homme espère que des mobilisations de par le monde pousseront des pays comme la Chine, qui, selon lui, a des intérêts économiques dans la région où sont implantés les Rohingyas, à condamner les autorités birmanes. «Les Occidentaux n'en parlent pas non plus parce qu'en Birmanie, il y a des intérêts énormes. Aujourd'hui, les Rohingyas se trouvent donc seuls», assure-t-il. 

«C'est vraiment inhumain de voir des femmes se faire violer, des enfants se faire tuer... et le silence, c'est ça qui est le plus grave c'est ce silence», s'indigne pour sa part Fily Keita Gassama, ajointe au maire communiste de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), ceinte de son écharpe tricolore

Une opération militaire de représailles qualifiée d'«épuration ethnique» par l'ONU

L'armée birmane a lancé une vaste opération, le 25 août, contre les rebelles rohingya de l'«Arakan rohingya salvation army» (ASRA), qui avaient auparavant attaqué une trentaine de postes de police dans l'ouest du pays. L'ASRA affirme agir pour protéger sa communauté. Selon l'AFP, environ 400 000 Rohingyas auraient déjà fui vers le Bangladesh depuis le début de ce que l'ONU a qualifié d'«épuration ethnique»****. 

De son côté, Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis avril 2016 après les premières élections libres qu'a connues la Birmanie depuis plus de 20 ans, a décidé d'annuler sa visite à Assemblée générale des Nations unies qui se tiendra à partir du 19 septembre à New York. Elle a néanmoins promis de sortir de son silence le même jour, lors d'un grand discours.

https://francais.rt.com/france/43273-centaines-personnes-manifestent-devant-tour-eiffel-soutien-rohingyas


 

Commentaires:


 

*communauté internationale: terme qui devrait éveiller systématiquement la méfiance: en général, désigne les Etats- Unis et les pays occidentaux alliés (OTAN, ONG...)

**«Stop killing muslims in Burma»: pourquoi cette inscription en anglais, à Paris? Un indice de plus...

***De nombreuses organisations communautaires musulmanes: lesquelles? Pourquoi ne sont- elles pas mentionnées, au moins pour les plus importantes ou les plus connues? Qui compose ce collectif? Pourquoi interroger un "anonyme"?

****ce que l'ONU a qualifié d'«épuration ethnique».: qui, à l'ONU? S'agit- il d'une résolution de l'assemblée générale? D'une position du Conseil de sécurité?

Si les thèses que nous avons relayées sur ce site sont exactes, on pourrait assister au début d'une opération de manipulation de l'opinion, à des fins de justification d'une nouvelle déstabilisation d'un état souverain, la Birmanie (Myanmar), par la conjonction d'intérêts économiques et géopolitiques  occidentaux et de manoeuvres communautaires islamistes, comme autrefois au Kosovo, ou plus récemment en Syrie. A suivre donc avec recul, sans cautionner pour autant les exactions et les crimes, d'où qu'ils viennent. P.G.

 

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samedi 16 septembre 2017

Selon un économiste allemand, «le miracle économique allemand doit peu aux réformes structurelles»

Parmi les économistes allemands, on commence à mettre en cause les bienfaits des réformes Schröder du début des années 2000, celles, précisément, dont l'actuel gouvernement français - en retard d'un bon petit paquet de guerres - entend s'inspirer pour déréguler le marché du travail. 

ARG EMPLOI ALLEMAGNEL'article ci-dessous est initialement paru dans le journal belge Le Soir, et reproduit ici pour en assurer une diffusion en France. Il relaie les propos de l'économiste Christian Odendhal, membre du CER (Centre for European Reform) un think tank basé à Londres (...) fondé par un ancien du très libéral hebdomadaire The Economist.

***
Il y a une quinzaine d'années, l'Allemagne était « l'homme malade » de l'Europe. L'économie stagnait, le chômage touchait plus de 10 % de la population active et le déficit public frôlait les 4 % du PIB – un comble pour le pays qui, dix ans plus tôt, avait imposé la fameuse « règle des 3 % » dans le traité de Maastricht.
Depuis, la situation s’est complètement inversée : nos voisins d’outre Rhin ont rapidement digéré la Grande Récession qui a suivi la crise financière, et surfé sur la crise des dettes souveraines, évitant la rechute en récession dont ont pâti la plupart des économies partageant la monnaie unique. Le taux de chômage est au plus bas, à 3,8 %. Le budget public en surplus.
Le modèle
L'Allemagne, de manière assez compréhensible, est donc apparue comme le modèle à suivre, et cette imitation de l'Allemagne comme le nouvel Evangile européen, a été portée sinon imposée aux quatre coins de la zone euro aussi bien par la Commission que par la Banque centrale européenne (BCE) et par les dirigeants nationaux. 
De quoi parle-t-on ? Des fameuses « réformes structurelles » - en particulier du marché du travail – qui forment le cœur de la stratégie de sortie de crise, aussi bien dans les pays de la périphérie de la zone euro (les plus touchés) qu'ailleurs, chez nous (NB : ce sont des Belges qui parlent), mais aussi en France. Au delà du Quiévrain, le nouveau président (Macron donc) mise tout - ou presque - sur ses réformes pour doper la croissance et l'emploi. 
En Allemagne, les réformes Hartz, du nom de leur principal concepteur Peter Hartz, alors membre du comité directeur de Volkswagen, ont été mises en œuvre sous la houlette du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005. Elles visaient quatre objectifs principaux : réduire le coût des pensions et plus généralement de l’État providence; flexibiliser le marché du travail, d'une part en favorisant l'auto-entrepreneuriat, les « mini-jobs », les CDD et la sous-traitance, et d'autre part en réduisant le coût des licenciements pour les petites entreprises; inciter au retour à l'emploi en réduisant la durée d'indemnisation du chômage et le montant des aides sociales; augmenter le taux d'emploi des plus âgés en durcissant les conditions de départ anticipé. 
Dès 2005, l'économie allemande rebondit. L'emploi repart à la hausse alors que le chômage baisse. Ni la crise financière ni celle de l'euro ne contrarient durablement cette « renaissance économique ». Nos voisins d'outre-Rhin auraient donc mis au point la bonne recette, oserait-on dire la « potion magique » ? 
Un coup de chance
«C'est un mythe» explique Christian Odendhal, chief economist au Centre for European Reform, un think tank basé à Londres, dans une étude qu'il a récemment publiée. «Il s'agissait de changements importants, mais ces réformes ne peuvent expliquer le rebond de l'économie allemande après 2004». 
«Quatre autre facteurs ont joué un rôle plus important.» D'abord, le boom des économies émergentes, et parmi celles-ci la Chine, a dopé la demande pour les biens d'équipements – une spécialité allemande de longue date - et pour les biens de consommation «made une Germany» - en particulier l'automobile. Et après la Grande Récession, ce boom s'est poursuivi, dopé par les plans de relance chinois. 
Christian Odendhal réfute également la vulgate selon laquelle les réformes Hartz auraient mis sous pression les travailleurs, les forçant à modérer leurs exigences salariales, et dopé ainsi la compétitivité de l'industrie allemande. Depuis le milieu des années 1990, les syndicats avaient en effet accepté de privilégier l'emploi, non les salaires. «Les réformes Hartz ont permis de donner un nouveau tour de vis pour les bas salaires, mais l'essentiel de la modération salariale s'était produit avant cela». 
De même – et c'est en partie lié – les entreprises allemandes s'étaient profondément restructurées afin de réduire leurs coûts et de doper leur profitabilité en organisant le recours systématique à la sous-traitance en Allemagne, mais aussi et surtout dans les pays à bas salaires de l'est de l'Europe. Enfin, Christian Odendhal pointe un quatrième facteur : le redémarrage du secteur de la construction après dix ans de déclin. 
«La raison pour laquelle les réformes Hartz ont acquis un statut mythique, c'est parce qu'elles ont été mises en œuvre au bon moment». L'Allemagne, en particulier parce qu'elle disposait d'un panier d'exportation adapté à la demande des pays émergents, a pu profiter pleinement du boom économique mondial. «L'Allemagne a eu la chance que la demande extérieure soit venue à son secours», explique Odendhal. 
Le test Macron
«Alors que la croissance chinoise ralentit, que les importations allemandes ne montrent aucun signe de hausse importante et que l'économie américaine poursuit son petit bonhomme de chemin à un rythme modéré, les autres membres de l'union monétaire n'auront pas la même chance». 
L'économiste pointe également les effets secondaires de ces réformes au niveau social en Allemagne et du point de vue économique au sein de la zone euro. «La modération salariale en Allemagne a eu des effets négatifs pour l'Europe. Des salaires plus bas se sont traduits par une consommation et des importations plus faibles. En conséquence, l'Allemagne (accumulant des surplus extérieurs) a exporté du capital – lequel a contribué à nourrir les bulles immobilières et l'endettement ailleurs en Europe».
Il souligne également les limites des politiques de flexibilisation du marché du travail et de pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. «Cela contribue peu, voire pas du tout, à booster la productivité. En réalité, ça peut même être nuisible si de telles réformes réduisent l'incitation des entreprises à investir dans les travailleurs et dans les équipements».
Si l'Europe ne semble pas tirer les bonnes leçons de l'expérience allemande, «l'élection d'Emmanuel Macron, qui a juré de réformer le marché du travail en France, va mettre à l'épreuve cette rhétorique construite autour des réformes Hartz. Si elle s'avère être fausse, le président français pourrait bien échouer à relancer la croissance et l'emploi, ouvrant ainsi la voie à un populiste lors des prochaines élections présidentielles » prévient Christian Odendhal. 

En clair, certains libéraux commencent à s'inquiéter des conséquences désastreuses des politiques anti- sociales sur l'avenir de la construction européenne, qui provoque un rejet de plus en plus visible, ce qu'ils appellent "populisme".
P.G.

L'UE recopie un rapport de Monsanto pour prouver que le glyphosate n’est pas cancérigène

Plusieurs médias européens ont révélé qu'un rapport de l'Union européenne de 2015, qui concluait que le glyphosate utilisé dans le Roundup n'était pas dangereux pour la santé, reproduisait allègrement un rapport de Monsanto de 2012.

59bbd44509fac275458b4567LA PRESSE EUROPEISTE S'INDIGNE !

Plusieurs médias européens, dont BFM TV en France, ont révélé le 15 septembre qu'un rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) de l'Union européenne (UE), publié en 2015 et concluant sur la non-dangerosité du fameux herbicide «Roundup» de Monsanto, comportait des passages entiers purement copiés... d'un rapport venant de Monsanto. 

Cette révélation survient au moment où les Etats membres de l'Union européenne s'apprêtent à se prononcer sur le renouvellement de l'autorisation de mise sur le marché du produit.

Au moins 100 pages du rapport de l'Efsa en question (sur environ 4 300), concernant notamment les éventuels risques de cancers ou l'impact sur la reproduction, s'avèrent être une copie au mot près d'un rapport déposé en 2012 par la multinationale agroalimentaire au nom de la «Glyphosate Task Force», un consortium d'entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate. Plus troublant encore, l'Union européenne déclare non fiables les études tendant à prouver la dangerosité du glyphosate, utilisant pour les  contredire les mêmes arguments, mots pour mots, que Monsanto. 

Selon La Stampa et The Guardian, l’Efsa avait pourtant assuré que son rapport, élaboré pour l'occasion par l’agence sanitaire allemande BfR, était une évaluation objective de l'ensemble des travaux réalisés sur les effets du glyphosate sur l'homme. 

Le produit est en outre classé comme «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer, une structure créée par l'organisation mondiale de la santé (OMS).

Les pays de l'UE doivent décider le 4 octobre du renouvellement pour dix ans de l'autorisation de mise sur le marché de l'herbicide Roundup, dans le cadre d'un comité d'experts où chaque Etat membre de l'UE pourra donner sa position. La France a déjà annoncé qu'elle se prononcerait contre ce renouvellement.

https://francais.rt.com/international/43239-ue-copie-colle-rapport-monsanto-prouver-glyphosate-pas-cancerigene

Voir aussi:

Glyphosate. Le rapport européen a recopié les arguments de Monsanto

Une centaine de pages du rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur le glyphosate, un herbicide controversé, semblent être une copie de la demande de ré-autorisation déposée par le groupe américain Monsanto. C’est ce que rapportent, ce vendredi, La Stampa et The Guardian.

La licence européenne du glyphosate, qui entre en particulier dans la composition du Roundup, le produit phare de Monsanto, expire fin 2017 et le débat sur son renouvellement fait rage au sein de l’Union européenne. En juillet, la Commission s’est dite favorable à ce renouvellement, en s’appuyant en particulier sur un rapport de l’Efsa de 2015 concluant qu’il n’y a pas de raison de classer le glyphosate comme cancérogène.

Or, selon les deux quotidiens italien et britannique, La Stampa et The Guardian, une partie cruciale de ce rapport semble être un copier/coller d’un document déposé en 2012 par Monsanto au nom de la « Glyphosate Task Force », un consortium de plus d’une vingtaine d’entreprises commercialisant des produits à base de glyphosate sur le vieux continent.

« Quasiment mot pour mot »

Les deux documents sont disponibles sur internet, précisent les quotidiens. « Les sections du rapport de l’Efsa qui réexaminent les études publiées sur l’impact potentiel du glyphosate sur la santé humaine sont copiées, quasiment mot pour mot, sur le dossier présenté par Monsanto », écrit La Stampa.

« Ce sont 100 pages sur environ 4 300 dans le rapport final, mais il s’agit des sections les plus controversées et au centre de l’âpre débat de ces derniers mois », souligne le quotidien italien.

Les deux journaux rappellent que l’Efsa avait pourtant assuré que son rapport, élaboré pour l’occasion par l’agence sanitaire allemande BfR, était basé sur une évaluation objective de l’ensemble de la recherche scientifique sur les effets du glyphosate.

Le glyphosate, un « cancérogène probable »

L’Agence européenne en charge des produits chimiques (Echa) a d’ailleurs abouti à la même conclusion que l’Efsa, même si le glyphosate reste classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ, OMS).

Lire aussi. Santé. Du glyphosate dans des céréales, des légumineuses et des pâtes

Au sein de l’UE, le vote sur le renouvellement pour dix ans de l’autorisation de l’herbicide controversé devrait avoir lieu le 4 octobre lors d’un comité d’experts durant lequel les pays donneront leur position. Une majorité qualifiée est requise, et la France a annoncé fin août qu’elle voterait contre.

http://www.ouest-france.fr/environnement/glyphosate-le-rapport-europeen-recopie-les-arguments-de-monsanto-5248405


 

Le bal des hypocrites de ceux qui déplorent les conséquences de causes qu'ils chérissent (Bossuet) va continuer.

Faute de vouloir sortir de l'UE, que croyez- vous que les opposants à ce renouvellement vont vous proposer pour se donner bonne conscience? Une pétition, bien sûr. Voire une énième manifestation avec casseroles et ballons.

Contre la Commission et les lobbies, et avec une simple majorité qualifiée, et un délai très court de surcroît, c'est mal parti...

P.G.

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Brexit: les expatriés s'estiment victimes de discrimination à l'embauche

Le collectif des 3 millions rassemble des travailleurs européens souhaitant continuer à travailler en Grande-Bretagne après le Brexit. Lors d'une journée d'action à Londres, ils ont dénoncé l'attitude des employeurs qui donnent la préférence aux candidats britanniques.

1b3afae9591501dba8742a406b767Ils sont venus travailler à Londres et ils ne comptent pas voir leur choix remis en cause par le Brexit. Le collectif The3millions rassemble des expatriés qui veulent attirer l'attention du gouvernement britannique sur leur sort. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne fait planer le doute sur leur statut de travailleur expatrié. Même si Theresa May a affirmé en juin qu'aucun citoyen de l'Union européenne ne serait contraint de quitter le pays, il reste encore beaucoup d'incertitudes sur le statut de résident qui leur sera accordé. Le flou est tel que les entreprises ne veulent plus prendre le risque de les embaucher.

Lors d'une journée d'action qui s'est tenue devant le parlement de Londres le 13 septembre, plusieurs membres du collectif sont venus dénoncer leur situation. Ils s'estiment victimes de discrimination à l'embauche. "Je travaille dans le secteur de l'électricité, j'ai postulé pour plusieurs postes en Angleterre où de manière surprenante la préférence était nettement donnée aux candidats britanniques," témoigne Dominique sur France info.

Difficultés aussi pour se loger

Axel Antoni, un expatrié allemand à l'origine du collectif, a relevé plusieurs offres d'emploi qui mentionnaient la préférence pour des candidats anglais. "En deux jours seulement, on a trouvé deux douzaines d'offres qui stipulaient 'Passeport britannique uniquement'. Ce sont surtout des petites entreprises parce que le recrutement, la formation coûte cher", explique-t-il sur France Info. Axel Antoni a transmis au Parlement britannique les preuves de ces discriminations à l'embauche, pourtant interdites.

Mais l'incertitude sur les conditions de résidents de ces expatriés a des conséquences au-delà de leurs carrières professionnelles. Ils rencontrent aussi des difficultés pour se loger. Les propriétaires n'ont pas non plus envie de louer à des gens qui peuvent être obligés de quitter le pays dans les deux ans. Les agences de voyage, les cuisinistes ou encore les concessionnaires auto se montrent tout aussi réservés à l'égard de cette clientèle, pointe du doigt le collectif.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/emploi/brexit-les-expatries-s-estiment-victimes-de-discrimination-a-l-embauche-1256184.html


Manifestations spontanées bien entendues, et relayées de manière neutre par BFM TV, qui est d'une objectivité parfaite dans cette affaire, comme chacun sait. La propagande anti- brexit ne va pas cesser dans les médias de l'oligarchie, et c'est toujours au nom de la lutte contre "les discriminations" et pour les "droits de l'homme" que la presse néo- conservatrice entend faire plier les peuples épris de liberté et de souveraineté.

P.G.

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