vendredi 20 avril 2018

La Cour européenne des droits de l’Homme suspend l’expulsion d’un imam marseillais

Le 8 mars, une commission de magistrats se déclarait favorable à l’expulsion, vers l’Algérie, de l’imam marseillais El Hadi Doudi, suspecté de prêches très radicaux et haineux. Depuis lors, il attendait de se voir notifier son expulsion par le ministère de l’intérieur. L’arrêté a été pris par le ministère mardi 17 avril au matin ; mais son application a été aussitôt suspendue par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). L’imam, qui se trouve actuellement au centre de rétention administratif de Marseille, en vue de sa reconduite en Algérie, verra son dossier examiné par la CEDH « dans quelques jours », le temps que la cour statue sur le fond du dossier.

ACT IMAM MARSEILLE

« Un bouc émissaire »

Me Nabil Boudi, avocat d’El Hadi Doudi, assure à La Croix, que son client est « un bouc émissaire », il annonce avoir engagé d’autres recours contre cette expulsion, devant la justice administrative. En raison, explique-t-il par ailleurs à l’AFP, de « disproportion de la mesure », « risque de torture » de l’imam en cas de retour dans son pays d’origine, l’Algérie, et « atteinte à sa vie privée et familiale ». Puisque l’imam de 63 ans laisserait, à Marseille où il est installé depuis 1981, sa famille derrière lui.

Appels à la discrimination, à la haine et à la violence

En mars, lors de son passage devant la commission composée de magistrats administratifs et judiciaires marseillais, le religieux s’était vu reprocher ses appels à des « actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence », contre les femmes, les juifs, les chiites, les personnes commettant l’adultère.

La mosquée As-Sounna, installée sur le boulevard national à Marseille, dans laquelle l’imam Doudi prêchait a été fermée pour six mois, à la suite d’un arrêté pris par la préfecture de police de Bouches-du-Rhône le 11 décembre 2017, arrêté entériné par le Conseil d’État le 31 janvier.

https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Cour-europeenne-droits-lHomme-suspend-lexpulsion-dun-imam-marseillais-2018-04-18-

BASE 14 995X225Reste à savoir si, dans cette affaire, les recours ont été épuisés avant la saisie de la CEDH. Tel que présenté dans cet article, ça ne semble pas être le cas... A vérifier, donc.

Pour comprendre ce qu'est la CEDH, ses avantages et ses inconvénients, voire ses dérives, une petite vidéo bien utile:

A quoi sert la Cour européenne des droits de l'homme ?

CEDH CRITIQUE

https://www.youtube.com/watch?v=knL3sxnwO9E

 P.G.

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Europe : pour Macron, "rien de plus démocratique"… qu'un référendum ? Non, que des "consultations"

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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Aphatie et Besancenot sont dans un bateau (sur France-info)

PROP APATHIE BESANCENOT

Aphatie et Besancenot
dansent en rythme sur France Info

Jean-Michel Aphatie a fait savoir qu’il refusait catégoriquement de recevoir François Asselineau à l’antenne de France Info avant 2022 (c’est-à-dire la prochaine élection présidentielle). Par contre, le matin du 16 avril 2018, le chien de garde en chef du « service public » de l’information interviewait de façon très complaisante Olivier Besancenot pendant 25 minutes ...

Et on comprend sa tendresse à l’égard de cette figure de la « gauche de gauche » (quand on tourne deux fois à gauche, on rebrousse chemin), le porte-parole du NPA ayant notamment dit :

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- qu’il n’avait aucun doute sur la responsabilité du pouvoir syrien dans les attaques chimiques, des propos qui plaisent fort à Jean-Michel Aphatie (ceci n’est probablement pas de nature à ébranler les certitudes otanisées des compères du jour : voir L’Express et CBS) ;

 

- que « l’impérialisme russe » était aussi dangereux que celui de Washington (une seule donnée édifiante : la Russie a 4 bases militaires à l’étranger, les États-Unis en ont 725...) ;

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- qu’il aurait fallu que la « communauté internationale » – expression typiquement euro-atlantiste qu’il reprend à son compte sans ironie – fournisse des armes aux « révolutionnaires syriens » dès le début du conflit (traduction : il fallait que l’OTAN participe plus ouvertement et activement à la destruction d’un État souverain et au renversement de son président reconnu internationalement).

Par contre, sans doute attendri par la bonne humeur de Jean-Michel Aphatie et l’ambiance décontractée régnant dans le studio de France Info, le militant post-trotskiste n’a rien dit :

- des massacres récents de manifestants palestiniens par l’armée israélienne (info au passage : d’après le journal Haaretz, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Trump, a coordonné avec Tel-Aviv les bombardements sur la Syrie du 14 avril) ;

- de la situation abominable au Yémen, où la « communauté internationale » permet depuis 3 ans à une coalition menée par l’Arabie saoudite de commettre de nombreux crimes de guerre (en utilisant notamment des armes fournies par la France ; mais il est vrai que celles-ci n’étaient pas censées servir, c’est bien ça Mme Parly ?) ;

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- des manœuvres bellicistes de l’OTAN et de l’hystérie anti-russe dans les pays occidentaux, ce qui en comparaison fait passer la guerre froide pour une simple partie de Monopoly un peu tendue ;

- de la responsabilité – pourtant évidente et directe – de Bruxelles dans la « réforme » de la SNCF ou les autres mesures antisociales appliquées servilement, pour le compte de la Commission européenne, par le gouvernement français (Olivier Besancenot n’a mentionné qu’une fois les réglementations européennes – à propos des EHPAD – mais... de façon plutôt favorable).

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Plenel qui interviewe Macron. Aphatie qui interviewe Besancenot. Il y a une certaine cohérence ; on attend le double avec impatience. Ce sont les agents objectifs de l’ordre établi et les faux opposants – alter-européistes, alter-impérialistes et, en fait, alter-capitalistes – promus par les médias dominants qui accomplissent ensemble une « convergence des luttes », mais au service du statu quo, c’est-à-dire des puissants. Peut-être serait-il plus opportun de parler de « convergence des flûtes » (au sens de pipeau).
 

Laurent Dauré

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Vidéo à voir : la palme d’or de la crétinerie revient à CNN

TRIBUNE LIBRE par | 19 Avr 2018

TL SANNAT CNN

Comme je le dis et le répète, je ne prétends pas connaître la vérité, en revanche je sais quand on se fiche de moi, et les premières secondes de ce reportage de CNN sont hilarantes, et pas à cause d’un gaz qui ferait rire vu la gravité du sujet justement.

Il y a donc une crétine de journaliste qui, pour attester de la véracité d’une attaque chimique, a l’excellente idée d’aller renifler un sac à dos rose de petite fille et trouve, l’air docte, que ça sent quelque chose, de … de … bizarre qui sentirait par exemple à plein nez la propagande et la manipulation.

Je sais qu’en haut lieu, on nous pense tous crétins et abrutis, totalement débiles, sans-dents et intégralement cons pour ne pas dire demeurés, mais c’est une vision un tantinet caricaturale. Malgré tous les efforts faits pour abrutir les masses, nombreux sont celles et ceux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur de la bêtise.

Renifler du gaz toxique pour dire que c’est du gaz toxique c’est très con !

Bon, inutile de vous mettre en garde mes amis, mais je préfère quand même faire un léger excès de prudence.

201802

Surtout, si vous pensez qu’un truc a été contaminé par un gaz neurotoxique odorant (souvent ça sent rien, sinon ce serait trop facile à détecter au pifomètre), alors surtout… ne le sentez pas. Si c’est vraiment du gaz neurotoxique, vous allez mourir dans d’horribles souffrances et ni vous ni moi ne le souhaitons. D’accord ?

Il n’y a que cette crétine de CNN qui croit pouvoir sentir un truc et dire que c’est un gaz neurotoxique sans être morte… parce qu’elle vient juste de prouver qu’elle a senti le liquide vaisselle, ou la lessive à la main… mais certainement pas du gaz sarin. Sinon elle serait morte devant nous. Elle a prouvé donc qu’il n’y avait pas de gaz neurotoxique.

Elle a prouvé ensuite qu’on nous prend pour des cons.

Partagez massivement mes amis. La France mérite mieux.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/video-a-voir-la-palme-dor-de-la-cretinerie-revient-a-cnn/

Suspected chemical attack survivors speak to CNN

https://www.youtube.com/watch?time_continue=21&v=CgkI3Ub2lZw

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jeudi 19 avril 2018

Salve de missiles dans le ciel de Damas : le nouveau forfait d'un Occident en mal d'hégémonie

Pour Bruno Guigue, les frappes de Washington, Paris et Londres sur la Syrie sont une «pluie de pétards mouillés». Dénonçant un Occident «en mal d'hégémonie», l'analyste estime que cette manœuvre ne changera rien : les ennemis de Damas ont perdu.

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C’est fait. Le gang Washington-Paris-Londres vient de bombarder la Syrie. Abdiquant toute pudeur, l’habituel trio d'experts en coups tordus a expédié ses engins de mort sur un Etat-membre des Nations unies. A grand renfort de missiles, un Occident déclinant a joué les durs à distance, se gardant bien d’affronter sur le terrain un adversaire qui lui mettrait une bonne fessée. En attaquant l’appareil militaire syrien, cette coalition étriquée conduite par des pantins vaniteux a cru que sa quincaillerie de luxe lui permettrait de s’imposer. Mais c’est oublier que la donne stratégique change à toute vitesse. En matière militaire, il y a loin de la coupe aux lèvres, surtout lorsque l’objectif à atteindre est fantasmatique. Expérimentée sous la présidence de Bill Clinton, la technique des frappes chirurgicales vient de connaître un nouvel avatar, dont il n’est pas sûr qu’il soit le plus réussi.

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N’en déplaise à des dirigeants auto-satisfaits, cette opération-éclair a brillé par sa nullité et sa fourberie politique n’a eu d’égale que son inanité militaire. En réalité, le bilan est proche de zéro. Aucun résultat opérationnel, aucun impact psychologique, aucun intérêt politique. Ce fut tout juste une pluie de pétards mouillés sur Damas, un exercice d’entraînement grandeur nature pour la défense anti-aérienne syrienne, un tir au pigeon où le missile occidental, ce joujou prétentieux, a fini par jouer le rôle du pigeon. Les «beaux missiles» de Trump ont fini en morceaux, pitoyables tas de ferraille destinés au futur musée de l’impérialisme à Damas. Ce résultat est d’autant plus significatif que la Défense contre avions (DCA) syrienne a combattu seule l’agresseur étranger, sans l’aide de ses alliés, même si l’appui technique russe a sans doute joué un rôle décisif.

Même désastre sur le plan de la guerre psychologique. On ne s’imaginait quand même pas, à Washington, Londres et Paris, que le peuple syrien serait tétanisé par cette lâche agression. Elle a plutôt produit l’effet inverse, car la couardise de l’adversaire, en général, consolide le moral des troupes. Les premières images en provenance de Damas furent celles d’une population souriante, brandissant fièrement le drapeau national et le portrait du président Bachar Al-Assad. Les trois pieds nickelés de la géopolitique n’impressionnent pas les Syriens. En détruisant les trois quarts des missiles ennemis, la défense anti-aérienne syrienne a résumé à sa façon la réponse de ce peuple courageux à l’agresseur néo-colonial. La DCA de l’armée arabe syrienne est comme la métaphore d’un peuple qui résiste victorieusement, depuis 2011, à une tentative de destruction multiforme.

Bien entendu, les fauteurs de guerre occidentaux ont fait tourner les rotatives d’une propagande mensongère pour tenter de justifier leur entreprise erratique. Mais la supercherie a fait long feu. Il s’agissait, dit-on, de punir le régime syrien pour l’emploi de l’arme chimique contre les civils de la Ghouta. Mais où sont les preuves détenues par les trois agresseurs ? On nous répond qu’elles sont accablantes mais qu’il est impossible de les communiquer, car elles sont «classifiées». Un enfant de quatre ans comprendrait le stratagème. S’il y a des «preuves», au demeurant, on pourrait les trouver sur place, et c’est pourquoi l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a accepté l’invitation du gouvernement syrien. Mais le jour même de l’arrivée de ces experts, le trio occidental a bombardé Damas. Inutile de faire un dessin : quand on accuse sans preuves un coupable désigné d’avance, on n’a pas besoin d’enquête.

pinocchio

En réalité, la politique belliciste d’un Occident en mal d’hégémonie pourrit tout ce qu’elle touche. Elle brandit les droits de l’homme, mais c’est pour soutenir les terroristes. Elle chante les louanges du droit international, mais c’est pour mieux l’anéantir. Elle parle de démocratie, mais elle la viole à domicile tout en déniant aux autres nations le droit à l’autodétermination. Quand Macron annonce qu’il va «punir» le président syrien lors d’une conférence conjointe avec le prince héritier d’Arabie saoudite, il se moque du peuple français. La triplette belliciste USA/France/Grande-Bretagne est comme la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf. Elle s’imagine qu’elle est le centre du monde alors qu’elle en est l’appendice. Elle est seulement le club de l’oligarchie occidentale, mais elle se prend pour la «communauté internationale». Et lorsque le monde assiste médusé à une fanfaronnade où le criminel le dispute au grotesque, elle s’imagine qu’elle a remporté une victoire. Cette salve de missiles sur la Syrie ne changera rien au cours des événements. La Ghouta est libérée et les autres provinces le seront bientôt. La guerre à distance menée par les ennemis de la Syrie est perdue d’avance.

https://francais.rt.com/opinions/49974-salve-missiles-dans-ciel-damas-bruno-guigue

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Mise en scène de guerre: dossier spécial

 

DS CASQUES BLANCS

 

L'UE et la guerre en Syrie : pas en notre nom !

14 avril 2018 - Après l'agression nocturne – évidemment ! – de la Syrie par les missiles des Etats-unis, de la Grande-Bretagne et de la France, l'Union Européenne a déclaré « se tenir aux côtés de ses alliés ». Voilà comment les citoyens européens qui n'ont pas été consultés sur un sujet aussi grave se trouvent pris au .piège et emportés malgré eux par une décision décidée par des eurocrates non élus. Un comble ! Qui permet de vomir un peu plus cette 'Union' qui ne représente plus que son ombre.

L'attaque chimique à Douma, une «mise en scène» des Casques blancs pour la Russie

11 avril 2018- L'attaque aurait fait une quarantaine de morts dans cette enclave rebelle de la Ghouta orientale. L'attaque chimique présumée contre les rebelles syriens à Douma a été « mise en scène devant les caméras » par les Casques blancs, l'organisation de sauveteurs syriens en zone rebelle qui a la première dénoncé cette attaque, a accusé l'armée russe mercredi.

Ghouta orientale : les Casques blancs préparent un nouveau scénario chimique

24 février 2018 - En pleine opération militaire de l'armée syrienne, destinée à déloger les terroristes de leur fief le plus important à l'est de Damas, deux camions, chargés de cargaison de chlore, sont arrivés sur le territoire syrien, en provenance de la Turquie et les Casques blancs se préparent à réaliser un nouveau spectacle anti-Damas.

 

La Ghouta orientale... Les «Casques blancs» vont-ils jouer une nouvelle pièce de théâtre ?

25 février 2018 - Damas s'est habituée, la veille de chaque action militaire gagnante, menée par l'armée syrienne, à voir tourner là où l'armée avance, une scène sanglante ou une pièce de théâtre relative à une attaque chimique causant de nombreuses victimes, des femmes et des enfants. Ces victimes peuvent être «ressuscitées» plus tard une fois que l'«objectif politique» de la pièce jouée est atteint. L'objectif de ces scènes, est de freiner l'avancée et de défigurer les réalisations  de l'armée syrienne sur le terrain l'accusant ainsi que le gouvernement syrien d'être les responsables de ces faux massacres
 

De Mossoul à Damas, une route pavée de propagande

25 févr. 2018 - Comme à chaque fois que les « gentils opposants au régime de Bachar » se trouvent dans une situation désespérée, on assiste ébahis à un véritable déferlement de propagande de la part des médias dominants. Plutôt que dénoncer, pour la énième fois, une manipulation scandaleuse, je me propose de vous donner quelques outils qui devraient permettre à chacun de reconnaître la propagande, quand il en voit, et ainsi préserver sa capacité d'analyse et son esprit critique, parce que la propagande la plus perverse est celle qu'on n'identifie pas comme telle.

 

Des Casques... pas si blancs encore invités à l'Assemblée ... - Sputnik

13 févr. 2018 - Le changement de législature n'a visiblement pas découragé les efforts de communication des Casques Blancs syriens. Malgré leur réputation sulfureuse, la nouvelle majorité a décidé d'ouvrir les portes du Palais Bourbon à des hommes fréquemment présentés comme sauveteurs le jour et terroristes la nuit. Piqûre de rappel.

«Les Français doivent se demander pourquoi ces terroristes sont reçus à l'Assemblée et considérés comme des VIP, alors que leurs organisations sont liées à celles qui ont mené les attaques terroristes à Nice et à Paris.»

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Dans une de ses conférences, François Asselineau a commencé par donner une définition de l'intelligence et qui était "savoir relier les choses entre elles" !

Sachons regarder, sachons analyser les infos avec recul et sachons ne pas oublier les infos datant de quelques jours, voire de quelques mois ou de quelques années 
Et sachons aussi regarder calmement les photos, avec raison et non avec émotion ! Et regardons bien la photo publiée par le Parisien : curieux la tenue des "casques blancs" ! Ils sortent des blessés d'une zone de guerre et leurs tenues semblent tout droit sorties du pressing, pas un grain de poussière sur les casques blancs !!!!

Les trois pays félons ne pouvaient donc ignorer la préparation de cette fausse ou vraie attaque chimique par les casques blancs, qui, rappelons-le, sont les alliés des terroristes ! Ils ont été créés en 2013 par
James le Mesurier, un ancien officier britannique reconverti dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai (oups !!). Ils ne sont pas reconnus par l'OIPC, Organisation Internationale de Protection Civile (re-oups !!) !

Et pourquoi nos élus, Hollande, Macron, et députés ont reçu, avec les honneurs, ces terroristes ?

Soyons très vigilants !    S.R.

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Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage sur la Hongrie du 8 avril 2018

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Je n'ai pas vu le reportage incriminé mais je connais suffisamment les méthodes de nos médias pour accorder du crédit à la critique qui suit, au- delà des opinions personnelles de l'auteur, qui relèvent du débat, et non de l'attaque haineuse dans laquelle certains se complaisent. Et puisqu'il y a eu, semble- t- il, manque de respect envers la Hongrie, j'en profite pour rappeler que c'est plutôt une marque de fabrique des européistes, les vrais patriotes ayant le plus grand respect pour les autres peuples...   P.G.


 

TRIBUNE LIBRE / Par Ferenc Almássy, journaliste indépendant franco-hongrois, rédacteur en chef du Visegrád Post.

TL VILLARDIERE HONGRIE

Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage d’Enquête exclusive sur la Hongrie, diffusé le 8 avril 2018 sur M6 intitulé Hongrie : tensions maximales au coeur de l’Europe.

À Monsieur Bernard de la Villardière et son équipe d’Enquête exclusive,

Je suis un journaliste indépendant franco-hongrois ; vos équipes me connaissent, nous avons tourné de nombreuses heures sur plusieurs jours pour votre « reportage ». J’ai parlé de la situation de l’opposition, de l’affrontement avec George Soros, de l’évolution de Viktor Orbán et de son parti, mais aussi du colonialisme économique allemand, de la Russie, du groupe de Visegrád, ou encore de la transition économique et politique à la sortie du communisme. Votre chef d’équipe, Laetizia Kretz, – qui m’a vite retiré de facebook avant la diffusion – m’a même félicité pour mon professionnalisme et le sérieux de mes propos à la fin d’un énième tournage où j’avais pris la peine d’expliquer clairement la situation hongroise – notamment sur les plans politiques, sociaux, économiques, mais encore culturel. J’ai compris maintenant que derrière ce compliment se cachait un autre message : « nous n’utiliserons rien de tout ce que tu as dit, car ce n’est ni caricatural, ni exploitable pour un reportage sensationnaliste ».

Pour les autres lecteurs de cette lettre, je m’excuse par avance de sa longueur. Mais pour qui s’est infligé l’intégralité du « reportage », cette lettre peut être non seulement utile, mais également bienvenue. Bien entendu, comme je vais devoir argumenter et expliquer, je n’arriverai pas à répondre à tous les éléments du « reportage ».

Je suis un patriote hongrois, et c’est aussi à ce titre que j’ai bien voulu donner de mon temps à votre équipe, qui m’avait assuré de « vouloir faire quelque chose de différent de ce qui se fait sur la Hongrie », de vouloir expliquer la situation… Quel naïf j’ai été. Les tentatives hasardeuses de « libérer la parole » par votre cadreur, disant qu’il y a trop d’Arabes en France, m’ont cependant mis la puce à l’oreille. Mais qu’importe.

Préambule de la vidéo : le sensationnalisme comme seul objectif

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Venons-en à votre production – je ne peux décemment qualifier cette vidéo de reportage. Votre production, donc, commence fort avec un préambule grotesque : musique anxiogène, enchaînement de phrases « choc » coupées et d’images rapides… des techniques efficaces pour instiller l’angoisse chez le spectateur qu’on hypnotise. Le ton est donné : on va nous faire ressentir des choses, que l’on ne s’attende pas à des analyses…

Introduction de la vidéo : le déshonneur de Bernard de la Villardière

Vient ensuite la présentation du sujet par la vedette, Monsieur de la Villardière. Les allégations typiques de la gauche libérale militante tombent. Sans preuve, ce sont des faits établis, évidemment, c’est entendu que la Hongrie est un pays fermé, xénophobe et autoritaire. Oui, la Hongrie est tout ça, malgré Budapest qui accueille chaque année un million de touristes de plus que Bruxelles ainsi que le plus important festival européen de musique. La Hongrie, ce pays fermé qui fait partie de Schengen. La Hongrie, ce pays autoritaire où 6 consultations nationales ont eu lieu en 8 ans afin de demander l’avis de la population sur des sujets importants. La Hongrie, ce pays xénophobe qui accorde plus de droits aux minorités nationales que la République française – notamment le droit d’étudier dans leur langue. Un député de la minorité nationale allemande vient même de faire son entrée au parlement.

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Puis, vient l’accusation d’être « anti-migrants ». Qu’est-ce que cela veut dire ? La Hongrie est contre l’immigration massive et incontrôlée, et a fortiori pour limiter drastiquement l’immigration extra-européenne, consciente et responsable de ses capacités réelles d’intégration. En cela la République française n’a aucune leçon à donner : il suffit de se rappeler le traitement des immigrés en France, les bidonvilles où étaient entassés les Portugais, devenus de véritables ghettos, sans parler des Harkis qui ont été mis en camp. La Hongrie n’est pas « anti-migrants », mais anti-immigration massive et incontrôlée. Le choix des mots est important. Dire que la Hongrie est « anti-migrants », c’est sous-entendre qu’elle est hostile à des individus, alors qu’elle s’oppose à un phénomène politique, économique et social de façon responsable. Qualifier la Hongrie de pays « anti-migrants », c’est soit un manque de sérieux très grave lorsque l’on a une telle audience et tant de moyens, soit une attaque déguisée, volontaire, vile et malhonnête.

L’affirmation concernant les exactions de groupuscules ne mérite presque aucun commentaire. Je demande simplement de trouver une affaire de ce genre ayant moins de 5 ans. Bonne chance !

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Enfin, voilà le couplet sur la corruption. Comme le dit si bien Gyula Thürmer, le président du parti des travailleurs hongrois, la corruption n’est pas le fait d’un gouvernement mais d’un système, elle est consubstantielle aux régimes capitalistes. Donc oui, la corruption est là, mais elle est non pas systématique, mais systémique. Oui, il y a de la corruption en Hongrie. Mais ce qui choque, c’est qu’elle est parfois visible. Visible car petite. Mais nous y reviendrons.

Avant que le reportage ne commence donc vraiment vers la 10e minute, vous avancez, Monsieur de la Villardière, une fois de plus comme si c’était un fait évident, entendu, qui ne nécessite aucune preuve – malgré la gravité du propos ! – qu’en Hongrie, il y a un recul des libertés démocratiques ! Voulez-vous bien comparer à la situation française, encore une fois ? Combien de gens en Hongrie ont été condamnés pour leurs propos, aussi extrémistes soient-ils ? Et en France…? Vous serez également bien aise d’apprendre qu’en Hongrie, contrairement à la France, la police n’use pas de moyens aussi violents. Il n’y a pas de quartier de non-droit, tout au plus des ghettos tsiganes, mais la police et la loi n’y sont pas étrangères, pas comme chez vos amis de certains quartiers qui vous ont malmené.

Vous concluez votre présentation en disant que c’est du fait de ce climat que les jeunes veulent émigrer. Là encore, il s’agit soit d’une malhonnêteté flagrante, soit d’un manque sérieux de connaissances de la région. Or, j’ai pris soin d’expliquer à Laetizia Kretz les raisons systémiques de cette émigration, d’ordre économique, caractéristique non pas de la Hongrie mais des pays périphériques, qui en Europe se trouvent être les pays post-communistes. Ce phénomène touche par ailleurs bien plus gravement la Roumanie par exemple, qui n’a jamais autant perdu d’habitants que depuis la fin du communisme. Mais ça, ça contrevient à votre détestable dessein : donner une image noire et effrayante de la Hongrie, sans aucune déontologie.

Le « reportage », ses mensonges et son biais idéologique

Je le redis : il y a tellement de mensonges, de manipulations, de procès d’intention et d’associations malhonnêtes qu’il m’est impossible de tout reprendre – ce texte sera déjà assez long comme ça. Je vais me concentrer sur le plus important. Je vais d’ailleurs me débarrasser tout de suite des remarques d’ordre général.

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Élément récurrent : la mauvaise prononciation systématique des noms propres. Tous, sauf un seul il me semble, tous les noms, de lieux, de gens, sont mal prononcés. Mais après tout, ces attardés de l’Est ne méritent même pas qu’après des mois de travail et des heures à leur contact, avec l’aide d’interprètes, on fasse l’effort de bien prononcer leurs noms barbares, n’est-ce pas ? Éminente démonstration du profond mépris et du manque de connaissance et de respect envers la Hongrie et les Hongrois.

Je passe sur les petits mensonges et approximations nombreuses (salaires, nombre d’habitants, position de la Hongrie – oui, la Hongrie est véritablement au cœur de l’Europe, et non à sa frontière -, nombre de manifestants, …).

Enfin, à plusieurs reprises, la voix hors champ assène que la Hongrie ne veut pas d’immigration, alors qu’elle n’a même pas d’immigrés, comme si cela était absurde, contradictoire ou illogique. « Gouverner, c’est prévoir » : cette maxime de Richelieu semble bien périmée à vos yeux. La Hongrie n’a pas d’immigrés justement parce qu’elle n’en veut pas !

Vous dites aussi que Daech n’a jamais menacé la Hongrie : c’est faux. En mars 2016, Al Wafa, le responsable média de l’État islamique a explicitement menacé la Hongrie.

La police hongroise et les migrants

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La production commence donc avec des images d’élèves policiers – oui, les uniformes bleus avec marqué POLICE dessus, c’est la police, pas l’armée, vous n’avez visiblement pas saisi ce détail. Musique ridicule, images de la formation. Et là, on apprend même que les policiers seront, au terme de leur formation, armés d’un… pistolet ! Horreur ! Pendant ce temps-là, dans les rues de Paris, les policiers patrouillent avec des gilets pare-balles et des armes de guerre. Bref, les Hongrois arment donc leur police… effrayant !

(...) Vous n’évoquez pas les agressions et les fuites des clandestins, qui ne sont pas, comme vous l’affirmez, « de simples migrants », mais bel et bien des délinquants, des criminels – passer illégalement une frontière, surtout en connaissance de cause, est un crime – et il ne faut pas oublier que dans le flot de « simples migrants » se sont cachés (et se cachent probablement encore) des terroristes. C’est un fait. Voir par exemple le Bataclan, ou, puisqu’il est passé à Ásotthalom que vous montrez après, l’attaquant à la hache de Würzburg.

Autre élément intéressant : nombreux sont les témoignages oraux des clandestins concernant une soit disant violence policière, mais malgré leurs portables dernier cri, aucune vidéo ne circule de ces violences si nombreuses, répétées, systématiques !

Et puisqu’on parle de brutalité policière, où étiez-vous en automne 2006 lorsqu’en Hongrie le gouvernement social-libéral pro-UE a commis des exactions graves contre les manifestants ? Soit, c’était il y a 12 ans. Je vous invite alors plutôt à vous tourner vers Notre-Dame-des-Landes, si vous voulez voir ce que signifie le manquement à l’État de droit, le recul des droits démocratiques, l’empêchement de la presse de travailler librement et les violences policières.

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Vous mentez éhontément lorsque vous affirmez que la Hongrie ne respecte pas le droit et les traités en bloquant la frontière. En tant qu’État membre de l’espace Schengen et responsable d’une frontière qui se trouve être aussi la frontière de l’espace Schengen, la Hongrie a justement l’obligation de contrôler cette frontière ! Vous ne pouvez pas ne pas le savoir. Vous mentez également lorsque vous dîtes que la Hongrie a finalement mis en place des points de passages pour ceux désirant entrer légalement en Hongrie sous la pression internationale, elle l’a annoncé dès le début – vous reconnaissez à ce moment votre mensonge et vos manipulations, avouant que les clandestins entrent donc illégalement en Hongrie… Oui, pour maintenir l’État de droit qui vous est a priori si cher, il convient de faire respecter la loi, qui est la même pour tous : il y a des règles européennes qui s’appliquent aux frontières, et la Hongrie les applique à la lettre, malgré ses petits moyens et l’absence d’aides. Vous avez dit solidarité européenne ? Seuls les pays du Visegrád ont aidé la Hongrie. Au fait, à quand un reportage sur les barrières et les violences policières à Calais ?

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Plus tard dans la vidéo, vous revenez aux migrants en montrant une famille : une fois encore, vous êtes malhonnêtes. Vous présentez les choses comme s’ils étaient assurés de passer en Hongrie, puis internés sans raison. Or il est clair pour chaque personne désirant entrer légalement en Hongrie qu’elle doit attendre en quarantaine le temps que les services de sécurité s’assurent qu’elle ne représente aucun danger. Vous montrez à un moment le malheureux geste de la cadreuse hongroise Pétra László, faisant un croche-pied à « un père et son enfant ». Savez-vous que ce clandestin forçant le passage de la frontière, Osama Al Abd Al Mohsen, était membre d’une organisation impliquée dans du nettoyage ethnique ? Juste un détail sans importance…

Du reste, la Serbie n’étant pas un pays en guerre, les migrants arrivant de Serbie ne sont pas des réfugiés, et leurs vies n’étant pas menacées en Serbie, les traités sur les réfugiés ne les concernent pas. Franchir illégalement la frontière hongroise n’est donc pas justifié par un besoin vital : la majorité des migrants qui arrivent à la frontière hongroise tentent de passer, en connaissance de cause – ils sont même aidés par les ONG pour cela – de passer illégalement la frontière hongroise afin d’essayer de se faire enregistrer dans des pays où ils auront des aides sociales et plus de chances d’accueil par la population et les autorités.

Reprocher à la Hongrie de prendre trop peu de demandeurs d’asile est je crois malvenu. La Hongrie en a accepté de son propre chef plus de 2.300 depuis 2015 en accord avec les traités internationaux qu’elle a toujours respecté. C’est à elle de déterminer sa capacité d’accueil. Dernier point, la comparaison avec la France, puisque vous aimez tant cela. La Hongrie a 6,7 fois moins d’habitants que la France, et un PIB 20 fois inférieur. En revanche, il n’y a pas de migrants qui dorment dans les rues de la capitale depuis des années.

Fidesz, droite, extrême-droite

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L’enchaînement des images et du texte de la voix hors champ lorsque vous parlez des « partis d’extrême-droite », incluant le parti national-conservateur de Viktor Orbán, est scandaleux. La croix gammée du blouson d’un motard saute aux yeux juste après votre amalgame politique niveau antifa. Mais là encore, je n’ose pas croire que vous êtes stupides : vous êtes donc simplement des manipulateurs, cherchant à provoquer la peur chez le spectateur mal informé sur la Hongrie et ayant si peu de moyens de vérifier les informations sur la Hongrie.

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Lorsque vous montrez László Toroczkai, vous dîtes que le Jobbik « assume ses références néo-nazies ». Prouvez-le ! Vous ne le pourrez pas. Outre que c’est devenu un parti centriste, il n’a évidemment aucune « référence néo-nazie ». On est dans la calomnie, encore une fois. Mais vient ensuite une manipulation grossière et éhontée : M. Toroczkai, explique qu’il défend la vision des gens normaux, qui veulent vivre normalement, selon leurs mœurs et leurs coutumes, et qui veulent en toute simplicité garder leur mode de vie et préserver leurs maigres acquis, en vivant en paix. Inutile je crois d’expliquer outre mesure le degré de malhonnêteté (je dois me répéter, vous mentez tellement que les synonymes me manquent !) dont vous faîtes preuve en disant qu’il considère les migrants comme anormaux. C’est complètement hors de propos.

Ensuite, vous vous focalisez sur un groupuscule de quelques crânes rasés, et une bande de quelques motards. Idem : je ne vais pas m’étendre. Je crois que tout le monde comprend que 10 crânes rasés et une bande de motards aux codes particuliers ne sont pas du tout représentatifs d’un pays. Quant à l’armée des brigands, et leur marche dans le village de Gyöngyöspata, vous omettez de préciser qu’ils étaient venu suite à l’appel à l’aide des locaux, exaspérés et terrifiés par la criminalité tsigane face à laquelle les autorités étaient impuissantes.

Et vous insistez, faisant croire que les crânes rasés règnent dans les rues et ratonnent à tour de bras. La vérité, c’est que le Fidesz de Viktor Orbán a considérablement amélioré la situation, réformant en profondeur la police et ses cadres, éliminant la corruption et les éléments indisciplinés. Et aujourd’hui, l’État remplissant bien mieux son rôle, non seulement les groupes de crânes rasés ne défilent plus, mais la plupart n’existent même plus : leur existence était due à un État faible du fait d’un gouvernement corrompu, inefficace et en faillite. Avec tous ses défauts, le gouvernement Orbán a rétabli l’ordre et dissous de fait les groupes dangereux.

(...)

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Je passe sur la voix hors champ qui, évoquant les mouvements nationalistes marginaux présents dans le pays, ne manque pas d’affirmer que leurs propos en France seraient punis par la loi, détaillant même le montant de la peine encourue. On n’aurait jamais pensé qu’une législation liberticide serait un jour revendiquée par des Français comme une référence progressiste. Mais là encore, on se focalise sur quelques individus isolés pour donner une fausse image de la Hongrie. C’est clairement réalisé par sensationnalisme, au mieux, par projet politique, au pire. Hélas, je crains que ce ne soit les deux, car vous cherchez à tout prix à amalgamer les conservateurs à des extrémistes marginaux.

L’exercice devient sidérant quand une séquence de plusieurs minutes s’appesantit sur un ancien cadre du parti (anciennement) d’extrême-droite Jobbik qui a rompu ses liens avec l’extrême-droite après que ses origines juives aient été révélées. Oui, vous ne dites pas non plus qu’il avait tenté de soudoyé le fuiteur. La question se pose : quel rapport avec la politique en Hongrie ? Aucun. Cela au moins à le mérite de nous montrer que ce triste sire dont personne n’a entendu parler depuis 5 ans va bien. Mais le soupçon d’antisémitisme se répand ainsi sur tout ce qui est national ou même traditionnel. On veut faire du patriotisme une pathologie.

Le recentrage du Jobbik, son jeu d’alliance avec la gauche libérale, nous n’en entendrons pas parler. L’analyse, ce n’est pas votre créneau, malgré ce que vous nous avez vendu. Les succès du Fidesz, la complexité de son électorat, l’évolution du parti, la lutte contre George Soros ? Silence radio.

(...)

Le récit de l’opposition

Après avoir présenté les deux-tiers des Hongrois comme des néo-nazis dangereux et effrayants, voilà le portrait du troisième tiers, tout aussi peu représentatif de la population hongroise. On rencontre deux lycéens – faut-il en dire plus…? – dont l’un souhaite partir à l’étranger pour combattre son gouvernement démocratique et légitime, et l’autre, reste mais ne sait pas pourquoi « elle s’inflige ce cauchemar », sirotant sa boisson dans un des bars les plus chers de la capitale. La souffrance pécuniaire des bourgeois, un vrai drame. Merci à l’équipe pour cette véritable exclusivité.

(...)

La corruption

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Pour terminer comme il se doit, impossible de ne pas sortir le couplet obligatoire sur la corruption. Comme dit plus haut, oui, la corruption existe, bien entendu. Encore qu’il faille clarifier ce que cela signifie. En Hongrie, le délit d’initié est puni, mais aux États-Unis, depuis 2015, la jurisprudence l’a pour ainsi dire annulé. Donc, c’est légal, donc ça ne compte pas comme corruption. Malin ! Mais puisqu’on parle de justice, pouvez-vous prouver vos accusations de corruption ? On entend parler depuis des années de « soupçons de corruption ». Où sont les preuves ? Où sont les condamnations ? Qu’il n’y ait pas de fumée sans feu est une chose, mais vous en rajoutez à des fins politiques : discréditer par la calomnie et les spéculations. Certes, vous avez fait appel à l’expertise d’une serveuse et d’un vieux communiste, tous deux aux visages floutés. Mais n’aurait-il pas été plus judicieux de demander aux autorités compétentes, voire même aux ONG anti-gouvernementales et spécialisées sur la corruption ?

Non, car une fois de plus, le but n’est pas de chercher la vérité, mais de raconter une histoire. Et qu’importe la complexité de la réalité. Bon, puisque vous souhaitez du sensationnel, je vais vous aider. Allez enquêter sur le chantier de Jussieu, à Paris. Budget initial, 183 millions d’euros, coût final, 2,05 milliards d’euros. De l’argent public, des détournements, de l’exploitation de sans-papiers maliens, des petits entrepreneurs poussés à la faillite pour finir le désamiantage et ne pas devoir être payés, les ouvriers polonais qui devaient vider à l’aube et sans protection les sacs d’amiante dans la Seine, les rétrocommissions … enquêtez donc, on ne compte pas en ridicules ces petits millions d’euros là.

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Juste un point sur le stade, tout de même. Que Viktor Orbán ait poussé à ce qu’une académie de football soit mise en place dans sa commune d’origine est une chose. Mais critiquer qu’un stade y soit construit avec 4.500 places me paraît ridicule. Combien de stades en France ont plus de places que d’habitants dans leur commune ? Combien sont pleins à chaque match ? Je passerai également sur le « choc » du prix de construction d’un stade neuf : 12 millions d’euros ! Quelle somme incroyable : le prix de 1.200m² à Paris… Voyons ce qui se fait en France : le stade Pierre Mauroy à Lille peut accueillir 50.000 personnes et a coûté 282 millions d’euros. Je vous laisse faire le calcul du coût à la place et comparer les deux.

Rien n’est dit des succès que connait la Hongrie depuis 8 ans, de la prospérité économique à la bonne santé budgétaire, de l’embellissement des villes à l’augmentation continue du tourisme, ou encore sur l’effondrement du chômage, ou la politique sociale et familiale. Il conviendra en revanche de s’interroger sur le niveau de corruption réel, puisque les Hongrois qui subissent ce fléau semblent s’en accommoder bien mieux – en reconduisant leurs représentants – que la presse occidentale qui le dénonce de façon obsessionnelle.

Pas un mot non plus sur la politique économique non-orthodoxe menée par Viktor Orbán et qui a permis – notamment en taxant les entreprises multinationales installées en Hongrie et qui y réalisent de gigantesques profits – d’éviter à la Hongrie, qui fut le premier État à solliciter l’aide d’urgence du FMI en 2008, une banqueroute et une situation cataclysmique comme celle qu’endure la Grèce depuis des années. Pas un mot sur le fait que la Hongrie a remboursé sa dette en avance et a fait partir le FMI.

Conclusion

Monsieur de la Villardière, chère équipe,

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Vous avez trahi la confiance d’un grand nombre de personnes qui ont accepté de répondre à vos questions et de vous offrir leur temps pour vous parler de leur pays. Mais cela est le moins grave. L’irrespect envers la Hongrie, ses habitants que vous caricaturez grossièrement, son système que vous jugez sans connaître et sans avoir enquêté, tout cela, passe encore. La Hongrie en ressort défigurée et hargneuse, alors que le succès d’une voie nationale préserve dans ce pays une véritable douceur de vivre que les étrangers de passage apprécient. Prêter d’une part à la Hongrie une violence qu’elle n’a pas, et d’autre part masquer à la France la décrépitude sociale qui résulte, notamment, de l’immigration de masse : c’est la double falsification à laquelle vous, Bernard de la Villardière et votre équipe, vous êtes abaissés.

Il y aurait encore tant à dire, mais c’est presque impossible d’être exhaustif tant votre travail est à charge… et je suis déjà sceptique, du fait de la longueur de ma lettre ouverte, sur le nombre de gens qui se seront donné la peine de tout lire, après avoir déjà enduré le calvaire qu’aura été le visionnage de votre production.

Votre travail indigne et grossier fera un peu de bruit en Hongrie. Et je peux vous assurer qu’il sera à l’avenir beaucoup plus difficile pour M6, vous et vos équipes, de venir produire de nouvelles œuvres insultantes de cet acabit. Pour ma part, je ne répondrai plus jamais aux sollicitations des médias occidentaux de votre genre. Et je ne suis pas le seul.

Je vois également le résultat de votre sale besogne : des commentaires haineux et des insultes de gens peu informés et effrayés par votre production. Je vois les insultes envers la Hongrie et son peuple, l’introduction de préjugés odieux dans le cœur des gens. Votre document incite à la haine en profitant du manque de connaissance des gens sur la Hongrie.

J’imagine que vous avez voulu vous essuyer les pieds sur le paillasson hongrois pour vous racheter de vos prises de position sur l’Islam politique en République française. Soit, c’est votre affaire. Mais je crois qu’aux yeux de beaucoup de gens vous avez perdu l’estime, le respect et la considération qui vous revenaient, et c’est mérité.

Je ne vous salue pas.

Ferenc Almássy

https://visegradpost.com/fr/2018/04/13/lettre-ouverte-a-bernard-de-la-villardiere-et-son-equipe-suite-au-reportage-sur-la-hongrie-du-8-avril-2018/

 

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Déclaration de vos revenus sur impots.gouv : comment Bercy offre vos données personnelles… à Google

Pour pouvoir accéder au site de la déclaration de revenus en ligne, impots.gouv, le ministère de l'Economie et des Finances a installé une vidéo YouTube dont le visionnage est obligatoire et qui permet à Google de récupérer nombre de vos données sur Internet.

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Nul besoin de Facebook pour que l'on vous subtilise vos données personnelles. Il suffit de vouloir faire… votre déclaration de revenus sur Internet. La semaine dernière, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a ouvert son site dédié, impots.gouv, avec la ferme intention cette année de communiquer sur le prélèvement à la source qui doit s'appliquer en 2019. Et pas moyen d'y couper : dans un effort de pédagogie, la DGiFP vous impose 60 secondes d'explications en vidéo qui vous détaillent la réforme à venir. Mais il y a un problème, relevé ce lundi 16 avril par le site spécialisé Next INpact : l'hébergeur de cette vidéo est la plateforme YouTube, filiale du géant californien Google.

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En moins d'une semaine, la vidéo a déjà été visionnée plus de 4,3 millions de fois. Ce sont donc potentiellement les données personnelles d'autant de Français qui ont été aspirées par Google. Car, comme pour chaque vidéo diffusée sur YouTube, le moteur de recherche aspire les informations des internautes à travers des mouchards publicitaires. A première vue, il ne s'agit que d'un procédé somme toute très commun de récolte de données sur le Web, comme il y en a des milliers tous les jours. Mais ici, nous ne parlons pas d'un clip de Beyoncé, ni de la dernière vidéo du youtubeur Squeezie… Non, c 'est le gouvernement qui abdique devant les Gafa ! Et ce, en plein débat public sur le sujet à la suite du scandale Facebook.

La DGFiP se défend pourtant de toute légèreté. Bercy a réagi à l'affaire en fin d'après-midi ce mardi, revendiquant l'utilisation de plateformes "sans risques" : "Nous tenons à rappeler l'extrême vigilance de l'administration fiscale en la matière et rassurer chacun : il n'y a aucun risque de confidentialité sur les données fiscales des usagers dans l'utilisation qui est faite de ces plateformes sociales".

Quand un internaute se connecte sur le site des impôts et visionne la vidéo, Google récupère ainsi son adresse IP (son identité sur le web, en quelque sorte) mais peut aussi retracer sa navigation. Le moteur de recherche sait donc pertinemment ce que vous avez pu faire avant votre déclaration de revenus. Comme le remarque avec humour Le Point, si vous recherchez "optimisation fiscale" ou "ouvrir un compte en Suisse", Google le sait. Et si, en plus, vous êtes un utilisateur de la messagerie du moteur de recherche, la firme peut lier cette historique avec votre agenda, vos mails, votre localisation… Alors, si quelqu'un venait à mettre la main sur ces données, il pourrait facilement connaître assez précisément votre situation fiscale, déclarée ou pas.

"Nous n'irons jamais lire vos informations fiscales", assure Google

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A la suite de la publication de cet article, Google France a contacté Marianne pour nier tout siphonnage des données personnelles des utilisateurs "après simple visionnage d'une vidéo sur YouTube" : "Il n'y a pas de mouchard publicitaire ni de cookie, la plateforme récolte les données des utilisateurs liées à leur comportement sur la plateforme". Et l'entreprise d'assurer : "Nous n'irons absolument jamais lire vos informations fiscales, encore moins votre déclaration de revenus. Ce n'est pas possible".

La DGiFP aurait facilement pu limiter les risques, en activant tout simplement le mode "Confidentialité avancée" de YouTube, qui permet d'éviter plusieurs mouchards. Si Bercy était encore plus prudent quant aux données personnelles des ses contribuables, il aurait surtout pu faire le choix d'une autre plateforme de vidéo en ligne, qui ne dépende pas de Google. Les alternatives sont plus discrètes mais elles existent : PeerTube, logiciel libre d'hébergement de vidéo décentralisé, ou encore un player du ministère...

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Interrogé par Le Point, le service de communication de Bercy avance l'argument de la facilité : "Il existe une chaîne DGFiP depuis longtemps sur YouTube, qui héberge du contenu accessible gratuitement. Il s'agit de la plateforme la plus répandue et elle est capable de supporter un très grand nombre de connexions simultanées", explique-t-on, avant de cependant ajouter que les services de Bercy sont "en train d'étudier la faisabilité d'un hébergement sur d'autres plateformes, peut-être sur Dailymotion". Une plateforme française, pour le ministère chargé du Made in France, il fallait y penser ! Pas sûr toutefois que celui-ci soit un parfait coffre-fort pour vos données. En octobre 2016, la plateforme avait subi un piratage d'ampleur : 85 millions d'adresses et d'identifiants auraient potentiellement été récupérés par les pirates. Le problème de sécurité serait depuis, toutefois, réglé. Quoi qu'il en soit, Dailymotion a au moins une vertu : contrairement à Google, il n'est pas assigné en justice… par Bercy, pour pratiques commerciales abusives.


*article modifié à 18h30 avec l'ajout des réactions de Google et de la DGiFP

Comment éviter que vos données ne soient aspirées sur impots.gouv

Si vous voulez éviter que Google aspire vos données, vous pouvez déjà suivre les recommandations générales de la CNIL en vidant régulièrement votre historique : de cette manière, il sera beaucoup plus difficile de vous suivre à la trace. Mais pour le cas qui nous intéresse ici, vous serez alors obligé de visionner indéfiniment la vidéo sur le prélèvement à la source à chaque fois que vous vous connecterez sur le site du ministère. Comment faire pour éviter cette fenêtre pop-up ? Simplement, en zappant la page d'accueil du site : pour accéder à votre espace particulier de déclaration de vos revenus, c'est par ici. Pour les professionnels, c'est .

Si vous tenez absolument à voir la page d'accueil du site et les informations qu'elle contient, le site spécialisé Numerama a la solution pour vous débarrasser du pop-up. Attention, cette étape est un peu technique : il faut que vous inscriviez un petit script dans la page du site des impôts. Si vous naviguez sur Chrome, faîtes un clic droit (n'importe où sur la page) pour "rentrer" dans son code. Il va alors s'afficher "Inspecter l'onglet console". Cliquez dessus. Si vous êtes sur Firefox, faites de même : d'abord clic droit, suivi de "Inspecter l'élément" et ensuite trouvez l'onglet Console. Il suffit alors de coller ce code : document.cookie = "videoPAS_session=nepasreafficher ; expires=JOUR MOIS ANNEE" ; qui vous permettra de ne plus voir la vidéo jusqu'au jour, mois et année de votre choix. Vous pouvez renseigner la date à votre guise dans le code fourni. Mais ça, c'est pour les avertis.

https://www.marianne.net/societe/impots-gouv-declaration-revenus-comment-bercy-offre-vos-donnees-personnelles-youtube-google?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Union de la gauche ou populisme ? La France insoumise hésite et se déchire

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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Au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, deux lignes s'affrontent : quand les uns prônent l'union de la gauche en vue des échéances électorales, d'autres veulent faire de la France insoumise une force "populiste" qui renoncerait à toute référence à la gauche.

Il est très rare que Jean-Luc Mélenchon soit agacé par une référence empruntée à François Mitterrand. C'est pourtant arrivé le 7 avril, lors de la première assemblée représentative de la France insoumise (LFI), à La Chesnaie-du-Roy, en plein cœur du bois de Vincennes (Paris). Le mouvement social des opposants à la réforme de la SNCF a eu une conséquence politique visible, qui a forcé le chef de file des Insoumis à réagir : d'Olivier Besancenot à Benoît Hamon, en passant par Pierre Laurent, les têtes d'affiche de la gauche se retrouvent dans les cortèges… et s'affichent bras dessus bras dessous avec les députés Insoumis François Ruffin et Eric Cocquerel. De quoi faire ressusciter la fameuse "union de la gauche", qui avait permis à Mitterrand de prendre le pouvoir en 1981 ? Tout cela n'est pas du goût de Mélenchon, pourtant grand admirateur de "Tonton". Lui a fustigé la "gauche selfie" et tranché net : "L'unité comme prétexte à effacer les idées, c'est non."

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Une telle sortie, loin d'être anodine, reflète le bras de fer qui est en train de se nouer au sein de la France insoumise, où deux lignes s'affrontent en interne. Pour certains, la meilleure stratégie est celle qui a déjà fait ses preuves dans l'histoire : les Insoumis doivent chercher des convergences avec de potentiels alliés à gauche, comme le Parti communiste (PCF), Génération.s, voire le PS et les formations d'extrême gauche. Mais cette ligne ne convainc pas toute une mouvance, qui propose d'envoyer valdinguer le clivage gauche-droite ! L'idée serait de lui substituer une nouvelle manière d'envisager l'espace politique : pas à l'horizontale (gauche-droite), mais à la verticale. Le haut contre le bas, le peuple contre l'oligarchie. La France insoumise deviendrait, dans cette optique, un mouvement authentiquement "populiste" (le mot étant ici débarrassé de sa connotation péjorative), qui chercherait à agréger les suffrages d'actuels électeurs abstentionnistes, voire de soutiens du Front national.

Exit le drapeau rouge et l'Internationale

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De nombreux proches de Jean-Luc Mélenchon sont convaincus par cette deuxième stratégie, qui a déjà été largement mise en oeuvre lors de la campagne présidentielle de 2017. Première étape du raisonnement : la nécessité d'abandonner l'imagerie traditionnelle de l'extrême gauche, perçue comme contre-productive. "Nous voulons arrêter de revendiquer sans arrêt les codes de la gauche radicale", exposait le député Adrien Quattenens au JDD, considérant que "l'effet 'rassemblement de la gauche' est plutôt un repoussoir qu'une dynamique". Djordje Kuzmanovic, qui conseille Jean-Luc Mélenchon sur les questions de défense et d'international, est l'un des principaux tenants de cette stratégie populiste. Pour Marianne, il se fait incisif : "Toute une série de gens de gauche ont abandonné la réflexion sur l'accession et l'exercice du pouvoir pour se cantonner à une vision sans envergure de la politique, une posture de dénonciation, de témoignage. Cela consiste à tenir des discours toujours plus extravagants, qui se posent en incarnations absolues de l'émancipation et du progrès humain." Et qui, si on suit Djordje Kuzmanovic, tiendraient la France insoumise éloignée de son objectif ultime : prendre le pouvoir.

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Si le rejet est si violent, c'est parce que les partisans du dépassement populiste estiment que les codes traditionnels attachés à la gauche ont coûté cher à la France insoumise. Comme en témoigne cet extrait d'un article du Comptoir, une revue en ligne favorable aux Insoumis, et qui défend inlassablement la fin de l'union de la gauche : "C’est au nom de l’humanisme, du droit-de-l’hommisme, du progressisme, de l’internationalisme et de l’Europe que la gauche a choisi d’attaquer Mélenchon." D'après cet éditorial, pour améliorer "le quotidien des petites gens", les Insoumis devraient définitivement abandonner cet "humanisme déclaratif, abstrait et bourgeois". Et renoncer à toute alliance avec les communistes, trotskistes, socialistes en rupture de ban et autres progressistes. "Les gens n'attendent pas que du vieux bois mort se rassemble pour faire le radeau de la méduse, qu'on ait une soupe de logos et une belle guirlande colorée", argumente Adrien Quattenens.

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Loin d'être un simple mouvement d'humeur, la pensée "populiste" découle d'une réflexion théorique poussée. Dans le sillage de penseurs comme Chantal Mouffe ou Ernest Laclau, dont les écrits ont été popularisés ces dernières années, mais également du philosophe Jean-Claude Michéa, de nombreux hommes politiques ont fait le constat de l'essoufflement du clivage droite-gauche. L'un des premiers à l'avoir acté est Iñigo Errejón, l'un des leaders du parti Podemos en Espagne. "La principale frontière qui divise nos sociétés n’est pas celle qui sépare les sociaux-démocrates et les conservateurs, mais celle qui sépare ceux d’en haut du reste de la société", expose-t-il au média en ligne Le Vent Se Lève. "Ce reste de la société souffre du consensus néolibéral, des politiques technocratiques et des coupes budgétaires, appliquées tantôt par la gauche, tantôt par la droite." L'indifférenciation supposée entre centre-gauche et centre-droit une fois au pouvoir, voilà une thèse qui plaira à beaucoup d'Insoumis, qui se rêvent en parti représentant des classes populaires dans leur ensemble. "Le peuple, contrairement au peuple-de-gauche, n’est pas une abstraction, c’est une réalité sociologique, affirme Le Comptoir. Employés, ouvriers, chômeurs, artisans, petits commerçants, petits fonctionnaires, retraités et étudiants précaires, voilà le peuple." Et quoi de mieux pour les convaincre, donc, que le populisme, qui serait "d'une rare efficacité lorsqu’il s’agit de se débarrasser de ce boulet politique qu’est devenue la gôche (sic)".

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Concrètement, il s'agit d'abandonner les "grands discours théoriques" et politisés pour se concentrer sur les sujets du quotidien. "Plus qu'une question programmatique, le populisme est une méthode, nous explique Kévin Boucaud-Victoire, journaliste au Comptoir. Comment s'adresser à un nouveau public qui n'a pas les codes de la gauche, avec quelque chose de plus rassembleur que le marxisme, le drapeau rouge et l'Internationale". Autre volonté appuyée : mettre au second plan les sujets "sociétaux", qui auraient été "surinvestis par la social-démocratie pour faire oublier aux gagnants de la mondialisation qu'elle avait abandonné le social", d'après Djordje Kuzmanovic. La visée finale, évidemment, est sociologique et donc électorale. "Le populisme, c'est la gauche radicale qui essaie d'aligner la France de Johnny à celle de Booba, les classes populaires de la France périphérique à celle des banlieues", théorise Kévin Boucaud-Victoire.

Cela n'a pas échappé aux partisans du populisme : le "peuple" qu'ils invoquent vote aujourd'hui largement à l'extrême droite, ou boude les urnes. D'après les données d'Ipsos, lors de la présidentielle de 2017, 29% des employés et des ouvriers se sont abstenus au premier tour. Parmi ceux qui ont voté, 37% des ouvriers et 32% des employés ont déposé un bulletin Marine Le Pen. Autre statistique qui confortera les tenants du nouveau clivage : 37% des électeurs qui se définissent eux-mêmes comme "ni de gauche, ni de droite" ont voté pour la candidate frontiste. C'est bien plus que pour Emmanuel Macron (17%) et Jean-Luc Mélenchon (16%). Et la conclusion est limpide : si le réservoir de voix pour les Insoumis se situe parmi le "peuple", cela implique forcément qu'il faudra séduire un électorat en grande partie conservateur. De là à épouser ses thèses ? "Il s’agit d’un combat fondamental entre démocratie et oligarchie", argumente Iñigo Errejón au Figaro Vox. "Et ce combat peut rassembler beaucoup de gens qui s’associent traditionnellement aux valeurs de la droite, ou à des valeurs conservatrices, mais qui commencent à percevoir qu’il n’y a rien à espérer des élites traditionnelles de leurs pays." Lui-même n'hésite pas, incidemment, à parler de "divorce entre le pays réel et le pays officiel", ou "d'élite cosmopolite", et à clamer que le populisme doit récupérer des symboles comme "la nation", "l'ordre" ou "le mérite".

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Djordje Kuzmanovic revendique de "ne pas s'interdire de parler à qui que ce soit, si on veut prendre le pouvoir, atteindre les 51% de la population". Lui est justement chargé de faire la promotion des idées insoumises auprès de catégories sociales traditionnellement marquées à droite : les militaires ou les catholiques. En août dernier, lors de l'université d'été de LFI à Marseille, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a fait un détour par la Sainte-Baume, pour y participer à un débat organisé par … le diocèse de Toulon-Fréjus, où il faisait notamment face à Christophe Billan, alors président de Sens Commun. "Je suis allé sur leurs bases à eux, en critiquant le libéralisme. Dans la Bible, le petit Jésus a l'air de préférer les pauvres aux riches ! A la fin, beaucoup de gens sont venus pour prendre contact avec moi." De cette expérience, Kuzmanovic tire un constat plus général : "Pour convaincre certaines personnes, cela implique d'aller sur le terrain de l'antilibéralisme, de la souveraineté, du patriotisme, des valeurs qui peuvent d'ailleurs être éminemment de gauche." L'éditorial du Comptoir va plus loin, appelant à "arrêter de se boucher le nez devant chaque revendication populaire qui ne serait pas de gauche", et même à "essayer de comprendre certaines demandes, notamment celles de l'électorat du FN".

Tensions dans la France insoumise

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C'est bien là le problème, pour tous ceux qui s'effraient d'un tel renversement populiste. En récupérant des valeurs d'habitude associées à la droite, en faisant des appels du pied à un électorat conservateur, en accordant des entretiens à des médias "de l'autre rive", les "populistes" braquent les partisans de l'union des gauches. "Ce qui pose problème à nombre de membres de La France insoumise, c’est de constater que Politis ou Libération sont plus mal vus au sein de la direction de leur mouvement que Causeur ou la revue Limite", synthétise le politologue Gaël Brustier dans Slate. C'est justement au magazine Politis que la députée LFI Clémentine Autain a accordé un entretien le 7 février dernier. En rupture avec la stratégie solitaire de Jean-Luc Mélenchon, elle y appelle à "agréger plus encore pour bâtir l’alternative à Macron". Et en creux, se dresse contre la stratégie populiste : "Une chose est de dire : on range les drapeaux rouges, c’est passé de mode. Une autre est de donner le sentiment qu’on jette dans les poubelles de l’histoire les acteurs et héritiers du mouvement ouvrier. Si le neuf doit dominer, l’histoire ne peut être balayée d’un revers de la main, et si l’on vise la constitution de majorités, aucune voix éprise de rupture sociale et écologiste ne peut manquer." Ces fortes réserves ont causé de sérieux remous au sein de la France insoumise, et Clémentine Autain, issue du PCF et du mouvement Ensemble !, serait de plus en plus isolée au sein du groupe de députés LFI.

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Certains sympathisants s'avouent franchement hostiles à un élargissement de la France insoumise qui irait au-delà de la gauche. C'est le cas de Jérémie Ferrer-Bartomeu, professeur d'histoire à l'université de Nanterre, qui suit de près les débats des Insoumis. "Le tournant populiste est une impasse, juge-t-il. Mélenchon est en train d'appauvrir la ligne de LFI. Il n'y a plus d'instance de consultation et de débats." Le chercheur s'inquiète surtout des nouveaux interlocuteurs récurrents des Insoumis, qu'il juge infréquentables : "Ils cherchent des alliés très à droite, la revue Limite, Natacha Polony, Olivier Berruyer (fondateur du site Les Crises, ndlr). Ce sont des signaux inquiétants." Les partisans inquiets de l'union des gauches observent également de près les choix éditoriaux du Média, la webtélé fondée par des proches de Jean-Luc Mélenchon. Récemment, l'essayiste Natacha Polony et le candidat à la présidentielle François Asselineau y ont été invités. L'économiste hostile à l'Union européenne Jacques Sapir a pris publiquement la défense de la web-TV. Autant de personnalités emblématiques du "dépassement populiste" pour les uns… et considérées comme infréquentables par les autres.

La crainte d'une jonction vers le FN

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La ligne de fracture la plus évidente entre les deux camps est ainsi celle sur laquelle s'écharpent depuis plusieurs mois Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Partisan de l'union de la gauche, Jérémie Ferrer Bartomeu fustige le fait que "les signaux envoyés par les Insoumis pour les élections européennes ne s'adressent pas à un électorat de gauche. Eux disent : 'nos buts convergent, on veut se débarrasser de la techno-structure européenne, peu importe si c'est avec le Front national." Et du côté des "populistes", Djordje Kuzmanovic répond que "ceux qui prétendent pouvoir appliquer leur très beau programme antilibéral dans le cadre des traités européens prennent les gens pour des imbéciles". On mesure le fossé. Un nouvel exemple en a été donné très récemment, puisque Benoît Hamon a choisi de soutenir l'intervention française en Syrie, quand Jean-Luc Mélenchon s'y est totalement opposé.

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La grande peur des militants d'une union de la gauche, qui analysent la politique à partir du clivage classique, est en fait que le tournant populiste de la France insoumise ne soit qu'une manière de camoufler une sorte de jonction des extrêmes : en somme, la France insoumise essaierait tant de répondre aux attentes d'un électorat tenté par le FN qu'elle en viendrait à furieusement ressembler au parti de Marine Le Pen. "Le problème de la stratégie de LFI, c'est qu'elle marche vite pour élargir son socle électoral, mais que pour aller plus loin, la transformation en Mouvement 5 étoiles (M5S) est la seule issue possible", tranche Jérémie Ferrer-Bartomeu. L'historien fait référence à la situation politique italienne, où le M5S, impossible à situer précisément sur l'échiquier droite-gauche, a fini premier des élections législatives… mais pourrait s'allier avec la Ligue, formation de droite dure, afin de gouverner. En Espagne, c'est Podemos, formation dont les cadres viennent de la gauche radicale, qui a expérimenté la stratégie populiste. Iñigo Errejón, son plus ardent défenseur, tient à distinguer les populismes "identifiés comme démocratiques ou progressistes" des "constructions populistes réactionnaires". Quand les premiers estiment que le peuple "repose sur une adhésion civique renouvelée de manière permanente", les seconds "se réfèrent à une forme d'identité essentielle et figée dans l'histoire". Une nuance pas forcément évidente pour le grand public, tout comme la stratégie populiste dans son ensemble. Difficile d'imposer une telle manière de voir la politique quand le clivage droite-gauche structure encore très largement les mentalités… "C'est là qu'est le défi politique, concède Djordje Kuzmanovic. Le but, c'est de montrer que le rôle de l'Etat, le rejet des politiques ultralibérales et le sens de l'universel peuvent parler à tout le monde". Aux partisans de Benoît Hamon, comme à ceux de Marine Le Pen. Il y a du boulot.

https://www.marianne.net/politique/union-de-la-gauche-ou-populisme-la-france-insoumise-hesite-et-se-dechire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

Le « misérable petit ver » Assange devrait se rendre, déclare un sous-secrétaire d’État britannique

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LONDRES (Reuters) – Julian Assange a été qualifié de « misérable petit ver » mardi par un sous-secrétaire aux affaires étrangères du gouvernement britannique, qui a déclaré que le fondateur de WikiLeaks devrait quitter l’ambassade équatorienne à Londres et se livrer à la justice britannique.

PHOTO DU FICHIER : Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, peut être aperçu sur le balcon de l’ambassade de l’Équateur à Londres, en Grande-Bretagne, le 19 mai 2017. REUTERS/Peter Nicholls

Assange vit à l’intérieur de l’ambassade depuis juin 2012, depuis le jour où il est entré dans le bâtiment afin d’éviter d’être extradé vers la Suède en vue d’être interrogé sur des allégations d’agressions sexuelles, qu’il a toujours niées.

L’enquête suédoise a été abandonnée en mai de l’année dernière, mais Assange, qui était en liberté sous caution au moment où il est entré dans l’ambassade, risque d’être arrêté par les autorités britanniques pour avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution s’il sortait.

« Il est très regrettable que Julian Assange reste dans l’ambassade de l’Équateur », a déclaré le sous-secrétaire d’État Alan Duncan lors d’une séance de questions-réponses sur les affaires étrangères à la Chambre des communes du Parlement, en réponse à une question sur Assange.

« Il est temps que ce misérable petit ver sorte de l’ambassade et se rende à la justice britannique. »

Assange a répondu au commentaire de Duncan par un tweet.

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« En tant que prisonnier politique détenu pendant huit ans sans avoir été inculpé, en violation de deux décisions de l’ONU, je suppose que je dois être “misérable” ; mais rien de mal à être quelqu’un de “petit” bien que je sois plutôt grand ; et mieux vaut être un “ver”, une créature saine qui vivifie le sol, qu’un serpent », a-t-il dit.

Assange dit que la véritable raison de ses problèmes juridiques est le fait que WikiLeaks a publié des secrets diplomatiques et militaires américains, et craint que s’il quitte l’ambassade, il risque d’être extradé vers les États-Unis.

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Il se considère comme étant en détention arbitraire à l’ambassade équatorienne – une description de sa situation que les autorités britanniques rejettent en disant qu’il est entré volontairement dans le bâtiment et qu’il pourrait en sortir à tout moment s’il était prêt à faire face aux conséquences de ses actes.

« Étant donné le temps que j’ai passé en prison et en résidence surveillée, j’ai déjà purgé en entier toute peine théorique (je n’ai pas été inculpé) associée à la “violation des conditions de ma liberté sous caution”. Alors pourquoi y a-t-il un mandat d’arrêt contre moi ? » a-t-il dit dans un courriel adressé à Reuters.

Le mois dernier, un juge britannique a refusé de suspendre les poursuites judiciaires contre Assange pour avoir enfreint sa liberté sous caution et a déclaré qu’il était « un homme qui veut imposer ses conditions sur le cours de la justice ».

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La police britannique a mis fin à sa garde permanente de l’ambassade en octobre 2015, mais a alors déclaré qu’elle maintiendrait des « opérations en secret » pour arrêter Assange s’il essayait de quitter les lieux. À l’époque, la police a reconnu que 12,6 millions de livres (17,8 millions de dollars) avaient été dépensés pour garder l’ambassade.

Source : Reuters, Estelle Shirbon, 27-03-2018.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

https://www.les-crises.fr/le-miserable-petit-ver-assange-devrait-se-rendre-declare-un-sous-secretaire-detat-britannique-par-estelle-shirbon/

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
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