lundi 14 août 2017

Comment l'Europe a permis la paupérisation de ses classes moyennes

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Comment l'Europe a permis la paupérisation de ses classes moyennes

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/07/01/31002-20160701ARTFIG00141-comment-l-europe-a-organise-la-pauperisation-de-ses-classes-moyennes.php

FIGAROVOX/ANALYSE - Les classes moyennes reculent partout en Europe. Pour Véronique Nguyen, rien d'étonnant à ce que celles-ci expriment leur colère car les acteurs publics les ont mutilées sur l'autel du libre-échange, puis asphyxiées.


Véronique Nguyen est professeur affiliée à HEC et associée chez Finexent. Avec Michel Santi, elle a publié Business Model du Low cost en 2012 chez Eyrolles.

La paupérisation des classes moyennes, le déclassement de leurs franges inférieures, la précarisation et l'insécurité sociale, la polarisation de la société avec la montée des inégalités, sont des faits établis dans tous les pays occidentaux (cf. les Cahiers Français, Janvier 2014). Entre 1980 et 2010, les Anglais ont ainsi vu le nombre de ménages pauvres augmenter de 60%, les ménages riches progresser de 33%, alors que le nombre de ménages aux revenus moyens diminuait de 27% (The Gardian, 7 mars 2015).

En trente ans, l'Union Européenne a délibérément sabordé son modèle social, sans même avoir la satisfaction de contribuer à la diminution des inégalités sur la planète. Le coefficient de Gini, qui mesure l'inégalité dans le monde sur une échelle de 0 à 1, est resté figé à un niveau élevé de 0,7, et ceci malgré la hausse ininterrompue de la richesse produite. Entre 1988 et 2008, la moitié de la population mondiale a certes vu son revenu moyen progresser (entre +2% et +3% par an) mais une minorité de privilégiés s'est accaparée l'essentiel des bénéfices de la croissance (Banque Mondiale, novembre 2012). Autrement dit, le sacrifice des classes moyennes européennes et nord-américaines n'a pas servi à créer une gigantesque classe moyenne mondiale.

En imposant le libre-échange, en généralisant la concurrence à toutes les activités, en refusant de protéger ses industries, même contre les pratiques les plus déloyales, comme nous l'avons montré dans le cas emblématique des téléviseurs (Le Figaro du 3 février 2016), l'Europe a organisé un incroyable transfert de richesses de la moitié de sa population vers la frange des 15% les plus fortunés des pays émergents. Il était illusoire de croire que les bienfaits de la croissance allaient se répandre dans toutes les couches de ces sociétés. Les nantis de ces nouveaux pays riches n'avaient aucun intérêt à laisser monter les salaires de leurs compatriotes, s'ils souhaitaient préserver leur avantage de coûts dans la compétition mondiale.

Quant aux entreprises européennes confrontées à cette hyper-compétition, deux voies s'offraient à elles, afin de ne pas être balayées par leurs concurrents à bas prix. Soit elles cultivaient un avantage de coûts qui leur permettait de résister aux offensives sur les prix, soit elles développaient leur capacité à faire payer un premium pour leur marque, leur qualité ou leur innovation. Dans la course aux prix les plus bas, les entreprises occidentales partaient avec un handicap majeur, lié au coût de leurs employés, à la fiscalité et aux contraintes environnementales. Il leur a donc été très difficile de mettre en œuvre des stratégies de domination par les coûts, sauf à délocaliser leur production…. Restait enfin la voie de la différenciation, pour tous les produits ou services qui n'étaient pas devenus des «commodités». Certaines entreprises, majoritairement implantées en Europe du Nord, sont ainsi parvenues à répercuter leurs surcoûts à leurs clients, à l'image de la machine-outil allemande. Au total, les secteurs pourvoyeurs d'emploi en Europe appartiennent aujourd'hui à deux catégories: les activités non délocalisables (presque tous les services mais aussi le BTP) et celles qui ont réussi à échapper à la guerre des prix grâce à leur différence.

Certains pays européens, au premier rang desquels l'Allemagne, ont clairement réussi leur stratégie de différenciation et ont maintenu la part de l'industrie dans leur PIB à plus de 30% (contrairement à la France ou au Royaume-Uni). Pour les autres, la mondialisation s'est traduite par une désindustrialisation et un appauvrissement. Les tribulations des classes moyennes européennes ne se limitent malheureusement pas à la destruction de l'emploi industriel, au sur-travail qui doit être fourni pour «garder son job», au sous-travail contraint, ou à la pression sur les salaires. Elles ont été aggravées par les politiques monétaires de baisse des taux d'intérêt qui ont fait flamber les prix immobiliers depuis le début des années 2000.

Pour lutter contre les dégâts que les politiques d'intensification de la concurrence avaient volontairement causés (désindustrialisation et baisse des profits pour toutes les entreprises qui ne jouissaient pas d'un avantage compétitif ou d'une rente de situation), la Banque Centrale Européenne a mené des politiques de soutien à l'activité, en baissant les taux d'intérêt, jusqu'à les laisser sombrer en territoire négatif. Comme si le chef Sioux, après que ses valeureux archers ont été décimés par l'artillerie américaine, offraient aux survivants du bois à profusion pour qu'ils reconstituent leur stock de flèches et repartent au combat.

Nous ne sommes pas dans Avatar. Ces mesures ont manqué, de façon prévisible, leur objectif initial qui était le financement de l'investissement productif (devenu insuffisamment rentable ou trop risqué), mais alimenté différentes bulles, dont la bulle immobilière. Conséquence: sauf chez les gagnants de la mondialisation, les classes moyennes ont non seulement de plus en plus de mal à trouver un emploi correctement rémunéré, mais elles ont de plus en plus de mal à se loger. Il n'est guère surprenant qu'elles expriment leur colère et leur volonté de stopper la dynamique à l'œuvre avec des votes iconoclastes, qui laissent les élites médusées.

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Pierre Le Corf révèle la vérité sur les ONG « humanitaires » en zone terroriste à Alep

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Pierre Le Corf révèle la vérité sur les ONG « humanitaires » en zone terroriste à Alep

  • 13 août 2017

 

Vidéo disponible sur:

http://arretsurinfo.ch/pierre-le-corf-revele-la-verite-sur-les-ong-humanitaires-en-zone-terroriste-a-alep/

Les « grands » reporters de guerre « embarqués » – et leurs organes de presse – vous ont menti, trompés, sur la guerre en Syrie; raison pour laquelle ils n’en parlent quasiment plus depuis la libération d’Alep par les forces armées de l’Etat syrien. En parler les contraindrait à reconnaitre leur scandaleuse désinformation, leur biais en faveur des groupes terroristes [2011 – 2017]. S’ils en parlent parfois c’est immanquablement sous l’angle des « rebelles, appuyés par la coalition menée par États-Unis, qui feraient des progrès importants pour reprendre la ville de Raqqa ».

C’est pourquoi les témoignages du jeune français Pierre Le Corf sont d’autant plus importants.

En partant du côté de l’école j’ai découvert ce qui reste de l’association Syria Charity dans le so-called Alep City Council (gouverné par le faux maire d’Alep Est élu – reçu à l’Élysée, passeport de réfugié politique Français et majoritairement élu par des groupes armés et des groupes étrangers). Comme je le dis dans la vidéo, vous en faites ce que vous voulez, je ne suis pas là pour tirer à boulets rouges, mais pour montrer simplement ce que j’ai souligné ces derniers mois, quelque chose de grave.

Je tiens à rappeler quelque chose, je n’ai en aucun cas l’objectif dans cette vidéo d’insulter le travail des volontaires hors de la Syrie ou la compassion des gens qui veulent réellement aider de manière neutre, ni les volontaires Syriens qui ont pu faire de leur mieux pour apporter une aide ici, … mais il y a des choses qui ne passent pas vis-à-vis des associations venues ici sous le couvert de l’humanitaire, comme de se servir de la misère des gens dans un conflit pour valoriser une communication politique et militaire contre le gouvernement Syrien dans un objectif politico-religieux, une propagande massive en faveur de la guerre qui ne fait que créer plus de morts et de terreur en la maintenant, en la légitimant à vos yeux, un cercle vicieux très bien huilé. Regardez Alep maintenant: plus de groupes armés, la paix dans la majorité des voisinages malgré des roquettes qui continuent d’être envoyées sur nous par les terroristes, les réfugiés de retour chez eux, les enfants à l’école, plus de bombardements ni de morts au grand damne de nombreuses personnes et groupes qui s’en nourrissaient comme de l’essence pour leur cause (…)

Source: Bertrand Riviere

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Je suis un terroriste palestinien

ISRAEL CONQUETE

Les secouristes fouillent les décombres de l’hôtel « King David » à Jérusalem, siège des autorités britanniques de Palestine, après l’attentat commis par l’Irgun le 22 juillet 1946, qui fit 91 morts et 46 blessées. Photo Hugo Mendelsohn / GPO

Je suis un terroriste palestinien

http://arretsurinfo.ch/jai-lutte-pour-lindependance-disrael-je-lavoue-moi-aussi-je-suis-un-terroriste-palestinien/

Lettre de lecteur en réponse à Netanyahou qui dit que « le tueur Palestinien de trois Israéliens devrait être exécuté » (Haaretz, 28 juillet)

Yehuda Kedar

Moi, votre humble serviteur, j’admets que moi et tous mes contemporains, le «sel de la terre», qui sommes maintenant nonagénaires, sommes des «terroristes palestiniens». Et il n’est pas agréable de se rappeler comment nous avons combattu l’occupation du Mandat Britannique – nous, combattants de la Haganah,du  Palmach, de l’Irgun et du Lehi – à la vie à  la mort. Nous sommes toujours des « terroristes palestiniens ».

Nous avons reçu nos ordres de commandants ayant une autorité nationale, politique et idéologique : David Ben-Gourion, Menachem Begin et Yitzhak Shamir, qui, à ma connaissance, étaient des «archi- terroristes palestiniens» qui sont ensuite devenus premiers ministres d’Israël.

Autre souvenir  pas trop agréable: comment je croupissais dans la prison d’Acre, dans l’aile des condamnés à mort, et comment un matin ils ont attaché les mains de Dov Gruner, que sa mémoire soit bénie, et j’ai pu entendre les mots de la chanson qu’il chantait , « Hatikva » – « Notre espoir n’est pas encore perdu » – et ceux de 10 autres « terroristes palestiniens ». Il est agréable de se rappeler que nous avons finalement triomphé, malgré la peine de mort cruelle et inhumaine.

Les «terroristes palestiniens» sont des combattants de la liberté et, dans le futur,  ils seront les premiers ministres du peuple palestinien dans les «États-Unis d’Israël et de Palestine» ou dans «l’Union israélo-palestinienne».

Et ils trouveront agréable de se rappeler, comme cela l’est pour moi de me rappeler comment j’ai été honoré pour ma « contribution à la fondation et à la sécurité d’Israël ». Et comment il y a des rues et des places à travers le pays nommées en mémoire des   » Terroristes palestiniens « Ben-Gourion, Begin, Shamir et autres. Que leur mémoire soit bénie!

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Une brochure publiée par l’ingénieur en chef de l’État-Major de l’armée britannique. Classée «réservée», énumère les types de mines et d’explosifs utilisés par les mouvements sionistes clandestins, avec des croquis des mines et des photos des zones où elles ont été utilisées.

Yehuda Kedar | 28 juillet 2017 | Haaretz

Yehuda Kedar est né en 1925 à Budapest dans une famille sioniste (sa mère était parente de Theodor Herzl). Ils ont émigré en Palestine en 1935. Ils se sont installés à Beit Vagan (Bat Yam). En 1941, à l’âge de 17 ans, il a rejoint le groupe clandestin armé Palmach. Emprisonné dans la prison d’Acre, il a été torturé et condamné à mort, mais a finalement été gracié. Il a pris part à la bataille de Jérusalem où il a été blessé. Après la création de Tsahal, il a été responsable des premiers cours de renseignement pour officiers. En tant que géographe, il a fondé les Facultés de géographie des universités de Tel-Aviv et Haïfa.

Lien de l’article vers Haaretz:  http://minu.me/e967/p

Traduit de l’anglais par Tlaxcala

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La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?

11-juillet-2014-Bombardement-israélien-sur-Gaza

 

La chute de Netanyahou changera-t-elle quelque chose pour les Palestiniens ?

Par Neve Gordon — 13 août 2017

 

http://arretsurinfo.ch/la-chute-de-netanyahou-changera-t-elle-quelque-chose-pour-les-palestiniens/

Benjamin Netanyahou risque de se retrouver derrière des barreaux mais cela ne changera rien à la politique « coloniale »* d’Israël.

La façon dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réagi à la décision de témoigner contre lui de son ancien chef d’état-major, Ari Harow, est révélatrice. Le lendemain, le chargé de presse du premier ministre a déclaré – pour la centième fois – qu’il « n’y avait rien car il n’y avait jamais rien eu ». Malgré ses efforts désespérés pour faire croire que tout était normal, cette fois-ci, il semble bien que Netanyahou soit sur le point de tomber.

Au moins deux enquêtes sur de graves allégations de corruption, de violation de confiance, et de fraude, pourraient aboutir à un acte d’accusation contre le premier ministre israélien. (...)

Mais avant même que Harow n’accepte de témoigner, la police avait révélé que Netanyahou était intervenu en faveur du producteur hollywoodien, Arnon Milchan, qui, depuis des années, couvrait Netanyahou et sa famille de cadeaux s’élevant à des centaines de milliers de shekels. Selon la police, le premier ministre avait demandé à l’ancien ambassadeur américain Dan Shapiro et au secrétaire d’État John Kerry d’intervenir pour que Milchan obtienne un visa de séjour de dix ans aux États-Unis. La police a également noté que Milchan détenait une participation de 9,8% dans la chaîne de TV israélienne, Channel 10, qui dépend du ministère israélien des Communications, dirigé jusque récemment par Netanyahou.

La deuxième enquête, appelée « Cas 2 000 », porte sur des enregistrements que la police a trouvés dans l’ordinateur personnel et le téléphone de Harow. Les enregistrements des conversations entre Netanyahou et Arnon Mozes, le rédacteur en chef du quotidien israélien Yedioth Ahronoth, et le populaire site internet Ynet, révèlent qu’avant les élections israéliennes de 2015, Mozes a proposé à Netanyahou de l’aider à rester au pouvoir « aussi longtemps qu’il le voulait ». En échange de quoi, le rédacteur en chef a demandé à Netanyahou de faire voter une loi limitant la capacité du principal concurrent de Yedioth Ahronoth, le journal pro-Netanyahou Israel HaYom, à distribuer gratuitement des documents.

Selon les transcriptions, les deux hommes ont même parlé des journalistes pro-Netanyahou que Yedioth Ahronoth engagerait. Netanyahou a ensuite dit qu’il discuterait de la loi avec le « rouquin » – désignant par là le rédacteur en chef d’Israël HaYom, le milliardaire américain Sheldon Adelson qui est également un Républicain et un donateur connu de la campagne présidentielle de Donald Trump. Et de fait, lors d’un récent interrogatoire de la police, Adelson a confirmé que Netanyahou lui avait demandé de bien vouloir annuler l’édition du week-end du journal.

Ces enquêtes sont sans doute les plus graves, mais, à mesure que le nœud se resserre, d’autres enquêtes vont voir le jour. L’avocat personnel du premier ministre est l’un des principaux suspects du « Cas 3 000 », une enquête qui porte sur des achats suspects de l’armée israélienne impliquant des pots-de-vin et des fraudes présumés. Selon Ha’aretz, « l’avocat personnel de Netanyahou devait gagner des dizaines de millions de shekels grâce à un accord, qui depuis a été suspendu, pour acheter trois sous-marins à l’Allemagne ». L’avocat personnel, cependant, n’est pas le seul lien entre Netanyahou et la transaction malhonnête, puisque l’accord semble avoir été soutenu par le premier ministre, et approuvé derrière le dos du précédent ministre de la Défense, qui s’était opposé à l’achat des sous-marins.

Enfin, la police a recommandé de poursuivre Sarah Netanyahou, la femme du premier ministre, pour abus des fonds publics, à cause, entre autres, du transfert de meubles de la résidence officielle du premier ministre vers sa maison privée et du règlement d’un électricien pour refaire sa résidence privée aux frais des contribuables. Selon les journaux israéliens, elle devrait bientôt être inculpée.

Le règne de 11 ans de Netanyahou semble donc s’approcher rapidement d’une fin sans gloire. La question la plus intéressante maintenant, c’est de savoir ce que vont apporter ces développements. Il y a deux aspects de cette question qui méritent d’être soulignés.

Premièrement, Netanyahou n’est pas vraiment une exception. De nombreux dirigeants et politiciens du monde entier, en particulier ceux qui comme Netanyahou ont réussi à se maintenir au pouvoir pendant de nombreuses années, se sont corrompu et ont abusé des privilèges et des responsabilités qui leur avaient été confiés par leur mandat. Ce qui est inhabituel, dans l’affaire israélienne, c’est que certaines de ces personnes corrompues finissent réellement en prison.

De fait, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert a récemment été libéré après avoir purgé 16 mois pour corruption, et, au cours des deux dernières décennies, plusieurs ministres se sont également retrouvés en cellule, parfois pendant des années. Même si les circonstances sont tout à fait différentes, le fait que l’ancien président Moshe Katsav soit resté plusieurs années derrière les barreaux pour viol est un autre signe que, en Israël, les personnes les plus influentes ne sont pas à l’abri de la justice. L’autonomie relative du système judiciaire par rapport à l’exécutif, en plus de la capacité – et de la volonté – de mettre en prison des individus très puissants, n’a rien d’anodin.

Au plan politique, ceux qui sont en mesure de remplacer Netanyahou à la tête du gouvernement israélien, que ce soit dans les rangs du Likoud ou d’autres partis, sont même plus extrêmes que le premier ministre (par exemple, le prince du Likoud Gideon Sa’ar ou le chef du parti juif Naftali Bennett), ou ont des vues presque identiques (le chef du parti travailliste Avi Gabbay) ou, comme on dit en hébreu, sont en téflon, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de colonne vertébrale du tout (le leader de Yesh Atid, Yair Lapid). Aucun de ces dirigeants politiques ne remettra en cause le projet colonial israélien, sans parler « d’acquiescer » à la revendication palestinienne d’autodétermination et à la création d’un État palestinien viable.

Au plan idéologique, c’est encore pire. Comme le montre la réaction publique et politique au procès pour meurtre d’Elor Azaria, les Palestiniens sont considérés par beaucoup d’Israéliens comme des sous-hommes qu’on peut tuer sans problème. Cette façon de voir – que reflètent la sentence du tribunal de seulement 18 mois de prison pour ce meurtre et la demande générale de grâce pour Azaria – font partie de l’idéologie et de la mentalité israéliennes que Netanyahu a activement galvanisées au fil des années avec ses discours de haine contre les Palestiniens. Même le système judiciaire, qui pourtant emprisonne des politiciens, se met au service du colonialisme et des colons quand il s’agit des Palestiniens.

Il ne suffit pas de couper la tête du roi pour engendrer un changement idéologique, il faut un renversement radical des mentalités et de l’opinion publique. Tragiquement, même si Netanyahou finit derrière les barreaux, l’idéologie coloniale va probablement maintenir son joug, pendant encore de nombreuses années.

Neve Gordon | 10 août 2017 – Al-Jazeera

Traduction : Dominique Muselet

(*) Ndlr: Dire qu’Israël pratique une « politique coloniale » est faible. Selon l’Israélien Guilad Atzmon Israël c’est infiniment pire qu’un système colonial.

Source: Chronique de Palestine

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dimanche 13 août 2017

1950-1953: la guerre de Corée

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Mémoires de feu en Corée du Nord

Par Bruce Cumings — 12 août 2017

 

Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

La totalité de l'article est disponible sur:

http://arretsurinfo.ch/memoires-de-feu-en-coree-du-nord/

 

par Bruce Cumings | Décembre 2004 | Monde Diplomatique, pages 22 et 23

 

Extraits:

Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes américaines contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques (1) et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.

 

La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie américaine en matière de sécurité nationale. (…)

 

Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d’enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux…

Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l’effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. (...)

 

(...)Le 6 août 1950, un officier américain donna l’ordre à l’armée de l’air « que soient oblitérées les villes suivantes » : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés (4) ».

 

Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles qu’ils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient d’énormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée américaine largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord (5). Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.

Au sein de l’armée de l’air américaine, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de l’arrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts n’avaient aucun effet (6). Cela n’était qu’un prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre l’entrée de la Chine dans la guerre.

 

Larguer trente bombes atomiques ?

L’entrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que l’aviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages »sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général américain donna l’ordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à l’exception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, « rayée de la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm s’abattait sur Hoeryong « dans le but de liquider l’endroit »Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (…) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une « étendue déserte de terre brûlée (7) ».

Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de l’ONU du nord de la Corée. Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les Américains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et d’autres petites villes du Sud, dont l’ennemi se rapprochait, furent la proie des flammes (8).

(...)

Lors d’une célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique (10).

(...)

Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir qu’il voulait un pouvoir discrétionnaire concernant l’utilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une « liste de cibles devant retarder l’avancée de l’ennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces d’invasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».

(...)

 

La Chine en ligne de mire

Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père d’Al Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui s’opposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée [fasse] détruise peu à peu la virilité américaine » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway n’ait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant américain en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques (13). Cette demande ne fut pas acceptée.

Début avril 1951, les Etats-Unis furent à deux doigts d’utiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce qu’il voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques.

(...)

Les chefs d’état-major envisagèrent de nouveau l’emploi des armes nucléaires en juin 1951 – cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille (15) – et ce fut le cas à maintes autres reprises jusqu’en 1953. Robert Oppenheimer, l’ancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de l’usage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut qu’il devait exister un moyen de détruire l’ennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons (16).

 

Des milliers de villages anéantis

Le projet nucléaire le plus terrifiant des Etats-Unis en Corée fut probablement l’opération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie d’un projet plus vaste portant sur « l’exploitation ouverte par le département de la défense et l’exploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité d’utiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce qu’on appelle maintenant les armes de destruction massive). (…)

Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à l’époque, l’offensive aérienne n’en a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne d’être brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », m’a confié l’un eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (…)

Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, l’armée de l’air américaine « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. L’évaluation à l’armistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait d’un tableau établi par l’auteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnamp’o à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit l’un des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite qu’il ne restait de la plupart des villes et des villages qu’il vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens qu’il rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement (17). Winston Churchill, vers la fin de la guerre, s’émut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne n’imaginait qu’on en « aspergerait » toute une population civile (18).

 

Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. (...)

 

Bruce Cumings | Décembre 2004

Bruce Cumings, Directeur du département d’histoire à l’université de Chicago. Auteur de The Korean War : A History, Random House, New York.

Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2004/12/CUMINGS/11732

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USA vs Corée du Nord : «Quand on est dépassé par les événements, on menace de faire tout sauter»

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USA vs Corée du Nord : «Quand on est dépassé par les événements, on menace de faire tout sauter»

Par Diana Johnstone, RT — 12 août 2017

 

Les fanfaronnades des dirigeants étasuniens expriment surtout l’incapacité du régime américain à faire de la diplomatie et la frustration qui en résulte, estime l’écrivain politique Diana Johnstone.

 

RT France : Le secrétaire d’Etat à la Défense James Mattis a menacé la Corée du Nord de mettre fin à son régime et de «détruire» son peuple. Cela veut-il dire qu’on est à la veille d’une guerre ? 

Diana Johnstone (D. J.) : On peut espérer que ces fanfaronnades expriment surtout l’incapacité du régime américain à faire de la diplomatie et la frustration qui en résulte. Quand on est dépassé par les événements, on menace de faire tout sauter. C’est tout de même très inquiétant, en montrant l’arrogance démesurée et stupide d’une hyperpuissance en dégringolade intellectuelle et morale. Son seul argument : nous sommes les plus forts, nous pouvons tuer tout le monde !

Puisque les Etats-Unis n’ont pas de diplomatie, mais seulement des menaces, ils semblerait qu’en brandissant le danger de l’Apocalypse, Washington veut effrayer les puissances adultes, la Chine et la Russie, suffisamment pour les inciter à faire de la diplomatie à sa place en persuadant Pyongyang de modifier son projet de dissuasion nucléaire. Mais plus les Américains menacent «le feu et la fureur», moins Pyongyang sera incité à se désarmer.

RT France : Pourquoi c’est la Corée du Nord qui est dans le viseur cette fois ?

D. J. : Difficile d’analyser une politique plutôt incohérente. Bloqué au Moyen-Orient, on se tourne vers l’Asie ?

La politique intérieure peut jouer un rôle. Accusé par l’establishment clintonien de complicité criminelle avec Moscou, Trump peut vouloir montrer qu’il est «dur» en tapant sur le petit pays le plus isolé du monde.

La seule solution de cette crise qui dure depuis plus de soixante ans serait de retirer les forces américaines de la Corée et de permettre aux deux moitiés de ce peuple divisé de trouver leur propre modus vivendi. Jusque là, les tensions persisteront.

RT France : Pensez-vous que la Corée du Nord, après les déclarations sur l’attaque contre l’île de Guam représente un vrai danger pour les Etats-Unis ?

D. J. : En se vantant de pouvoir larguer une bombe nucléaire sur la base militaire américaine sur l’île de Guam en plein océan Pacifique, il est parfaitement clair que la Corée du Nord veut se montrer prête à riposter à l’agression plutôt que de la déclencher.

Les dirigeants américains donnent l’impression de croire que tout ce qui bouge dans le monde représente un danger pour les Etats-Unis. Qu’un petit Etat à l’autre bout du monde veuille créer les moyens de dissuader une attaque américaine, Washington se sent menacé. D’une certaine manière c’est vrai, car le régime étasunien aspire à un règne planétaire absolutiste, au nom de la «démocratie» – système qui se trouve très mal en point aux Etats-Unis mêmes en ce moment.

Il faut espérer que dans ce cas, la rhétorique se montre vide et que la tempête précède le calme.

RT – 11 août 2017

Source: https://francais.rt.com/opinions/41929-usa-vs-coree-nord-depasse-evenements-menace-faire-tout-sauter

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Trump évoque une possible intervention militaire au Venezuela, «de la folie» selon Caracas

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Trump évoque une possible intervention militaire au Venezuela, «de la folie» selon Caracas

https://francais.rt.com/international/41936-trump-evoque-possible-intervention-militaire-venezuela-de-la-folie-pour-caracas

 

Donald Trump a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro, vilipendé par les pays occidentaux et plusieurs Etats latino-américains, avait promis de répondre «les armes à la main» à une agression américaine.

«Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire», a lancé le 11 août le président américain, lors d'un échange avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est actuellement en vacances.

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d'extrême tension avec la Corée du Nord, le chef d'Etat est resté évasif. «Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n'est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent», a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d'Etat Rex Tillerson et de l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley.

Interrogé sur cette déclaration, le Pentagone s'est borné à faire savoir, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu'il n'avait «à ce stade» reçu aucune consigne sur ce dossier.

Caracas dénonce un «acte de folie»

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié d'«acte de folie» cette déclaration du président Donald Trump.

«[En cas d'agression] nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé», a déclaré Vladimir Padrino.

Le ministre des Communications du pays, Ernesto Villegas, a également qualifié la déclaration de Donald Trump de «menace sans précédent pour la souveraineté nationale», dans une interview à la télévision publique.

Washington et Caracas, qui n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s'étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l'industrie pétrolière.

Début août, les Etats-Unis avaient néanmoins infligé des sanctions au président vénézuélien, qu'ils avaient alors qualifié de «dictateur».

L'adoption de ces sanctions américaines est survenue au lendemain de l'élection de l'Assemblée constituante vénézuélienne voulue par le président chaviste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts. Rejetée par l'opposition et nombre de pays occidentaux, cette assemblée a confirmé à l'unanimité Nicolas Maduro dans ses fonctions de «président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela».

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d'Etat étranger en exercice*. Nicolas Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar el-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

La Maison Blanche refuse le dialogue avec Maduro

Une nouvelle série de sanctions américaines a par ailleurs été adoptée cette semaine à l'encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place de l'Assemblée constituante, jugée «illégitime» par Washington.

«Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l'opposition [qui se bat] contre la tyrannie jusqu'à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique», a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

De son côté, Nicolas Maduro a dit souhaiter «un dialogue» avec son homologue américain. «S'il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l'intéresse», a-t-il affirmé lors d'un discours le 10 août devant l'Assemblée constituante.

Nicolas Maduro souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu'elle se tienne à New York, à l'occasion de l'assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.

La Maison Blanche a révélé que Nicolas Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec Donald Trump le 11 août, mais a implicitement fait savoir que sa demande n'avait pas été acceptée. «Les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime de [Nicolas] Maduro. Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Alors qu'il prétend vouloir entretenir des relations «normales» avec les Etats-Unis, Nicolas Maduro a averti le 10 août Donald Trump que son pays répondrait «les armes à la main» à une éventuelle agression et «ne se rendra[it] jamais».

Les manifestations contre Nicolas Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle.

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*Il s'agit ici de sanctions directes contre un chef d'Etat, à ne pas confondre avec la succession de “sanctions” sous des formes diverses infligées par les Etats- Unis aux pays qui dérangent leurs intérêts stratégiques, les dernières en date concernant la Russie. Pour rappel, voici quelques exemples de « sanctions » radicales, évènements reconnus par les Etats- Unis eux- même (documents « déclassifiés »), le reste étant, naturellement, du « complotisme »...

P.G.

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Moralisation de la vie politique... vraiment ? Retour sur les affaires du camp Macron

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Moralisation de la vie politique... vraiment ? Retour sur les affaires du camp Macron

https://francais.rt.com/france/41875-moralisation-vie-politique-retour-affaires-camp-macron

Si la loi pour la confiance dans la vie politique a finalement été adoptée après débats et amendements, le camp d'Emmanuel Macron n'a pas toujours été exempt de tout reproche, entre l'affaire Ferrand ou les soupçons d'emplois fictifs au MoDem.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Le projet phare du programme électoral d'Emmanuel Macron de moralisation de la vie publique, finalement adopté en session à l'Assemblée le 9 août, après de nombreux amendements, avait quelque peu été écorné au début de son mandat par de multiples affaires touchant ses ministres, contraignant parfois ces derniers à la démission

Richard Ferrand, magnat de l'immobilier ?

L'affaire Ferrand s'est révélé être le premier couac de la présidence d'Emmanuel Macron depuis les révélations du Canard enchaîné le 24 mai dernier. Selon l'hebdomadaire satirique, Richard Ferrand, ex-secrétaire général d'En Marche! et ministre du gouvernement d'Edouard Philippe, aurait favorisé la signature, par les Mutuelles de Bretagne dont il était directeur général entre 1993 et 2012, d'un bail immobilier au profit de sa compagne, Sandrine Doucen. Les travaux réalisés dans ces locaux aux frais des Mutuelles de Bretagne auraient permis au couple d'encaisser une juteuse plus-value immobilière, selon le journal.

Après une plainte de l'association anti-corruption Anticor, le parquet de Brest a ouvert début juin une enquête préliminaire sur cette affaire.

Le 30 mai, c'était au tour du journal Le Monde de publier de nouveaux éléments embarrassants. Selon le quotidien, le ministre de la Cohésion des territoires aurait depuis une vingtaine d'années favorisé plusieurs de ses proches ainsi que ses intérêts personnels dans un véritable «mélange des genres» entre vie publique et affaires privées.

Au vu des remous causés dans l'opinion par ces affaires, Richard Ferrand est exfiltré le 20 juin du gouvernement. Ce qui ne l'empêchera pas de devenir président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale.

Muriel Pénicaud : illégalité ou immoralité ?

L'actuel ministre du Travail Muriel Pénicaud est dans le collimateur du juge Renaud Van Ruymbeke dans le cadre d'une enquête pour «favoritisme et recel de favoritisme» visant un voyage d'Emmanuel Macron à Las Vegas organisé par Business France, société dirigée à l'époque par Muriel Pénicaud, alors que l'actuel président de la République était ministre de l'Economie.

La justice soupçonne Business France, qui dépend notamment de Bercy, d'avoir enfreint la réglementation sur les marchés publics en ne faisant pas d'appel d'offres pour l'organisation de la French Tech Night, confiée à Havas en décembre 2015, pour un coût de 289 019 euros. 

Or, des révélations du Monde ont laissé entendre que Muriel Pénicaud était «bien mieux informée qu'elle ne veut le dire» concernant l'attribution de ce juteux marché à Havas. Sa défense, qui consiste à dire qu'elle aurait alerté le Conseil d'administration de Business France, a aussi été fragilisée par des documents accablants publiés par Libération

La ministre du Travail a aussi été largement critiquée par l'opinion publique, l'accusant de manquer d'éthique, pour avoir empoché plus d'un million d'euros de plus-value sur ses stock-options, acquises alors qu'elle était DRH chez Danone. Le cours des actions du groupe était monté en flèche à la suite de l'annonce d'un plan de licenciement. 

 Sarnez, Bayrou, Goulard : trois démissions pour un scandale 

François Bayrou (ex-ministre de la Justice), Marielle de Sarnez (ex-ministre des Affaires européennes) et Sylvie Goulard (ex-ministre des Armées), ont tous trois démissionné le 20 juin après l'éclatement du scandale des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement européen.

Les trois ministres sont soupçonnés d'avoir participé à un vaste système de détournement de fonds destinés à la rémunération d'assistants parlementaires dont l'activité n'auraient non pas été dédiée aux activités strasbourgeoises du Parlement, mais à des fonctions internes au MoDem.

La diffusion de ces informations présumées, sur base de plusieurs témoignages concordants diffusés dans la presse, a poussé les trois membres du gouvernement à quitter leurs fonctions, malgré leurs démentis. Dans les semaines précédant sa démission, François Bayrou aurait par ailleurs tenté de faire pression sur les journalistes menant l'enquête sur les malversations présumées de son parti

Dans cette affaire des emplois présumés fictifs au MoDem, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour «abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries».

Parallèlement à ces scandales, la rémunération de Sylvie Goulard par un lobby américain pro-UE à hauteur de 10 000 euros pendant deux ans lorsqu'elle était parlementaire européenne, lui a attiré bon nombres de critiques dans l'opinion.

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Dernier en date: Michel Mercier:

Affaire Mercier : l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs élargie à l’épouse du sénateur

L’ex-garde des sceaux a été entendu, mercredi 9 août, dans la soirée, par les enquêteurs de l’Office anticorruption sur la réalité du travail effectué par ses proches.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/08/11/affaire-michel-mercier-l-enquete-sur-des-soupcons-d-emplois-fictifs-elargie-a-l-epouse-du-senateur_5171538_823448.html#8A6XPU0eEBFPFSrd.99

Les éléments à charge s’accumulent pour Michel Mercier. Dans son édition du vendredi 11 août, Le Parisien affirme que l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs qui vise le sénateur MoDem du Rhône est désormais élargie à son épouse Joëlle, également embauchée comme collaboratrice entre 1995 et 2009.

Michel Mercier a renoncé mardi à siéger au Conseil constitutionnel après l’ouverture, le 2 août, d’une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics consécutive aux révélations du Canard enchaîné sur les soupçons d’emplois fictifs concernant ses deux filles embauchées comme assistantes parlementaires. Selon le journal satirique, le sénateur a recruté une de ses filles, Véronique, entre 2003 et 2012 et employé sa seconde fille, Delphine, à mi-temps, d’août 2012 à avril 2014, pour l’assister au palais du Luxembourg.

Mercredi, l’ancien ministre de la justice (2010-2012) a été entendu dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), à Nanterre. Ses deux filles ont également été convoquées.« [L’ex-garde des sceaux et ses filles] ont été entendus simultanément comme témoins libres, sans être confrontés », « pendant sept à dix heures », a précisé, vendredi, Me André Soulier, l’avocat du sénateur. Objectif des enquêteurs : faire la lumière sur la réalité du travail fourni par ses proches.


Michel Mercier, lors de son audition, a présenté des éléments sur les travaux réalisés par sa fille Delphine, salariée pendant vingt-trois mois au Sénat alors qu’elle habitait à Londres, visant à prouver que la jeune femme se rendait fréquemment à Paris. « Nous avons fourni la liste de ses déplacements à Paris pendant cette période » pour effectuer ses missions, a expliqué Me Soulier.

En ce qui concerne sa fille Véronique, « les enquêteurs n’ont aucun doute qu’elle a effectué un vrai travail », affirme un membre de l’entourage de Michel Mercier. Contrairement aux affirmations du Canard enchaîné, elle n’a pas été directement l’employée de son père.

Véronique Mercier a été, de 2003 à 2009, assistante parlementaire du groupe centriste au Sénat présidé par son père. Elle l’a suivi ensuite en 2009 au ministère de l’aménagement du territoire, puis à la fin de 2010 au ministère de la justice, où elle travaillait à chaque fois auprès des directeurs de cabinets.

« Au cours de l’audition ont été aussi évoqués brièvement deux autres cas », a ajouté Me André Soulier. D’une part, celui du fils de Michel Mercier, dont Le Canard enchaîné a révélé mercredi qu’il est employé depuis 2007 au conseil départemental du Rhône, présidé par son père de 1990 à janvier 2013. D’abord comme superviseur à la maison départementale des personnes handicapées, précise l’hebdomadaire satirique, puis comme responsable sports de nature et randonnée. D’autre part, celui de l’épouse du sénateur. « Mme Mercier a été sa collaboratrice à Lyon et à Thizy-les-Bourgs à partir de 1995 », au cours de différents mandats locaux et nationaux de son mari, justifie l’avocat. « Elle s’occupait du courrier, recevait en rendez-vous… Il n’y a rien à cacher, tout est clair », précise-t-il.

L’avocat de Michel Mercier envisage de consigner « si nécessaire » 40 000 euros sur le compte d’un organisme indépendant, afin de faire face à un éventuel remboursement des salaires perçus pendant vingt-deux mois par Delphine Mercier.

 L’affaire Mercier prend une ampleur grandissante alors que les députés viennent d’adopter définitivement, mercredi 9 août, la loi sur la moralisation de la vie publique, qui interdit notamment les emplois familiaux de collaborateurs pour les parlementaires, les ministres et les élus locaux.

 

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UE : Juncker et Mogherini épinglés pour des frais de déplacement exorbitants

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UE : Juncker et Mogherini épinglés pour des frais de déplacement exorbitants

https://francais.rt.com/international/41898-ue-juncker-mogherini-epingles-pour-frais-d%C3%A9placements

L'ONG Access Info et un magazine belge ont révélé les montants impressionnants du coût des voyages du président et de la vice-présidente de la Commission européenne. Un unique déplacement de Federica Mogherini aurait coûté 75 000 euros...

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la haute représentante de l'Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères Federica Mogherini, et également l'une des vice-présidentes de la Commission, font l'objet d'une polémique médiatique pour avoir dépensé plusieurs milliers d'euros en vols privés, lors de déplacements officiels.

Les documents en attestant ont été obtenus grâce à une demande formulée auprès de la Commission européenne par Access Info Europe, une ONG de défense des droits de l'Homme basée en Espagne, et ont été publiés le 8 août par le magazine belge Knack. S'ils révèlent que les 28 commissaires européens ont dépensé près d'un demi-million d'euros (492 249 euros) en deux mois pour des déplacements, ce sont bien les frais de voyages colossaux de Jean-Claude Juncker et Federica Mogherini en particulier, pendant les deux premiers mois de 2016, qui ont particulièrement choqué.  

En effet, Federica Mogherini et son entourage auraient dépensé 75 000 euros pour un déplacement à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, empruntant un vol privé, lors d'un sommet en février. Au total, elle aurait déclaré 90 091 euros de frais de déplacements pendant les seules huit semaines évoquées dans les documents.

Jean-Claude Juncker, et sa délégation de huit personnes, ont eux aussi emprunté un vol privé lors d'un déplacement officiel à Rome en février dernier. Cette visite, de seulement un jour, aurait coûté 26 351 euros aux contribuables européens.

Ces révélations n'ont pas tardé à faire réagir Nigel Farage, défenseur de longue date du Brexit et ancien leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui a notamment qualifié l'attitude du président de la Commission européenne de «scandaleuse». «Je suppose que ces dépenses font partie de la soi-disant "facture du Brexit" que ces commissaires essaient d'extorquer à notre gouvernement», a-t-il raillé selon le Daily Express

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samedi 12 août 2017

Scandale des œufs contaminés: Les quatre questions soulevées par cette crise sanitaire

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Scandale des œufs contaminés: Les quatre questions soulevées par cette crise sanitaire

http://www.20minutes.fr/sante/2116219-20170811-scandale-ufs-contamines-quatre-questions-soulevees-crise-sanitaire

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles dans l’affaire des œufs contaminés au fipronil. La Commission européenne a annoncé ce vendredi que 15 pays de l’Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont pour l’instant concernés par ces œufs pondus par des poules traitées avec un insecticide toxique, pourtant interdit sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire.

Cet énième scandale alimentaire, révélé deux semaines après le lancement des États généraux de l’alimentation par le Premier ministre, soulève plusieurs questions.

Pourquoi la présence d’œufs contaminés en France a-t-elle été repérée si tard ?

Tout a commencé le 1er août, avec la révélation de la contamination au fipronil de milliers d’œufs au Pays-Bas, dont certains ont été exportés vers l’Allemagne. Dans un premier temps, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a affirmé le 5 août que l’Hexagone n’était pas concerné, avant de revenir sur cette déclaration le 7 août, indiquant que 13 lots d’œufs contaminés avaient été livrés en France. En quelques jours, l’affaire a pris une tout autre ampleur. Le ministère estime à ce jour que 250.000 œufs contaminés ont été mis sur le marché en France, et ce dès le mois d’avril, certains ayant été transformés et d’autres directement mis en rayon dans des supermarchés.

« Les investigations sont en cours au niveau européen », indique le ministère de l’Agriculture, qui affirme avoir été « très transparent » sur cette affaire. « On est face à une fraude. Des enquêtes de traçabilité se poursuivent et dès que de nouveaux établissements sont identifiés, ces informations sont publiées sur notre site ».

Les informations ont visiblement mis du temps à émerger : les autorités belges ont alerté la Commission européenne le 20 juillet. Mais il a fallu attendre l’alerte d’un exploitant français qui avait reçu des œufs contaminés pour que leur présence sur le territoire français soit officiellement détectée et annoncée. « On peut s’interroger sur l’efficacité du contrôle des agents sanitaires, car c’est au niveau de l’exploitant que les œufs ont été découverts », déplore Laurent Chevallier, médecin consultant en nutrition.

« La coopération doit mieux se passer à l’avenir », a déploré Stéphane Travert mercredi à propos de l’échange d’informations avec la Belgique et les Pays-Bas, où l’usage illégal de firponil dans les élevages de poule pourrait dater du mois de novembre 2016.

Pourquoi autant de pays sont-ils concernés ?

A ce stade, 17 pays ont reçu des œufs contaminés au fipronil, dans l’Europe et jusqu’en Asie, à Hong Kong. Pour Laurent Chevallier, c’est à cause de la « concentration » de la filière. « Quelques opérateurs fournissent d’importants volumes d’œufs à divers marchés, ils distribuent leurs produits partout ». C’est selon lui valable dans d’autres filières agroalimentaires.

Pour l’ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot, cette crise est « un nouveau symptôme du modèle totalement concentrationnaire (de) l’élevage ultra-intensif ».

Ces œufs contaminés sont-ils dangereux pour l’homme ?

Le ministère de l’Agriculture se veut rassurant : « Le risque sur la santé humaine est écarté », affirme-t-on en s’appuyant sur l’avis rendu ce vendredi par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). L’agence ne s’appuie toutefois pas sur des analyses des œufs actuellement incriminés mais sur plusieurs études déjà disponibles sur cette substance. Elle conclut que « compte tenu des concentrations de fipronil observées à ce jour [qui n’ont pas été officiellement communiqués] dans les produits contaminés, et considérant la caractérisation des dangers de cette substance, le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible ».

« Dans le cas de la fabrication d’ovoproduits, les œufs contaminés ont été mélangés avec des œufs sains, il y a un phénomène de dilution. Le risque est infime », poursuit-on au ministère.

Le médecin nutritionniste Laurent Chevallier est plus réservé. « Ces messages rassurants ne reposent sur aucune preuve à ce stade. Le problème, c’est que le fipronil est lipophile : une fois absorbé, il se niche dans le gras et c’est compliqué de l’éliminer de l’organisme. Il est aussi soupçonné d’être un perturbateur endocrinien ». En attendant, il conseille aux consommateurs d’acheter des œufs bios pondus en France, repérables grâce au sigle 0FR sur leur coquille. Rappelons que des œufs contaminés au fipronil ont aussi été mis sur le marché en France sous l’étiquette bio.

Quelles mesures et sanctions vont être prises ?

« Tous les produits contenant des œufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l’attente de résultats d’analyse » et ces aliments « seront remis sur le marché en cas de résultat favorable », indique le ministère de l’Agriculture.

Plusieurs personnes ont été arrêtées en Belgique et aux Pays-Bas et l’enquête se poursuit.

« Ce ne sera pas le dernier scandale sanitaire », prédit Laurent Chevallier. « Il faut des sanctions sévères pour les responsables. Actuellement les sanctions sont très peu dissuasives. Et la réglementation agroalimentaire européenne doit être renforcée », poursuit-il. Autant de sujets qui pourraient être discutés lors de la réunion de crise convoquée par la Commission européenne.

Scandale des œufs contaminés: La Commission européenne organise une réunion de crise et convoque les pays touchés

La Commission européenne va convoquer les pays de l’UE touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, a annoncé ce vendredi le commissaire à la Santé.

« J’ai proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les Etats membres impliqués, dès que l’ensemble des faits sera à notre disposition », a indiqué Vytenis Andriukaitis dans un message écrit, précisant en avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais. Douze pays sont déjà affectés par cette contamination de millions d’œufs dans l’Union européenne.

« Nous devons examiner en détail ce qui s’est passé »

La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s’est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables :  les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées jeudi, menant à l’arrestation de deux dirigeants d’une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers, lors d’un traitement contre le pou rouge.

« Nous devons examiner en détail ce qui s’est passé. Nous avons besoin d’une analyse complète de ce cas. Nous avons besoin que nos experts identifient où les problèmes ont pu surgir pour que nous soyions capables de nous asseoir et discuter de solutions et de la marche à poursuivre », a expliqué le commissaire.

Le commissaire a précisé avoir demandé, outre les mesures prises dans l’urgence par les Etats membres pour retirer les lots contaminés, que ceux-ci restent « vigilants » pour s’assurer que des produits interdits ne soient pas utilisés dans le traitement du pou rouge au sein des élevages de poules pondeuses.

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