lundi 4 décembre 2017

«Incompatible avec la souveraineté» : les Etats-Unis se retirent du Pacte mondial sur la migration

- Avec AFP

ACT US EMPIRE GUERRE TAN

Le président Donald Trump a décidé de retirer son pays d'un pacte mondial de l'ONU qui vise à améliorer la gestion internationale des migrants et des réfugiés, jugé «incompatible» avec sa politique migratoire et la souveraineté nationale américaine.

«La mission américaine auprès de l'ONU a informé son secrétaire général que les Etats-Unis mettaient fin à leur participation au Pacte mondial sur la migration», a annoncé le 2 décembre dans un communiqué l'administration Trump.

«L'Amérique est fière de son héritage en matière d'immigration et de son leadership dans le soutien aux populations migrantes et réfugiées à travers le monde», a expliqué la représentante américaine à l'ONU, Nikki Haley, avant d'ajouter : «[Mais] l'approche mondiale de la Déclaration de New York est incompatible avec la souveraineté américaine.»

Selon la diplomate, les décisions américaines sur les politiques d'immigration doivent toujours être prises «par les Américains et les seuls Américains» et non de manière multilatérale.

En septembre 2016, les 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU avaient adopté à l'unanimité un texte appelé Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, visant à améliorer à l'avenir leur gestion internationale (accueil, aide aux retour...). Sur la base de cette Déclaration, le Haut commissaire aux Réfugiés a été mandaté pour proposer un Pacte mondial sur les migrants et réfugiés dans son rapport annuel à l'Assemblée générale en 2018. Ce Pacte est censé reposer sur deux axes : définition d'un cadre des réponses à apporter à la problématique et programme d'actions. 

Le retrait américain intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a multiplié en novembre les réunions sur la question migratoire.

Souveraineté nationale vs multilatéralisme ?

«Les migrations sont un problème mondial qui réclame une réponse mondiale», a réagi à la décision américaine le président en exercice de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie slovaque, Miroslav Lajcak, dans un communiqué. «Et le multilatéralisme reste le meilleur moyen pour faire face à des défis mondiaux», a-t-il ajouté, cité par son porte-parole, Brenden Varma.

La première année de présidence de Donald Trump a été marquée par plusieurs retraits spectaculaires d'accords internationaux ou de projets d'accords impliquant plusieurs pays du monde. Washington a ainsi décidé de ne plus faire partie de l'Accord de Paris (2015) visant à limiter le réchauffement climatique de la planète. Donald Trump avait invoqué la souveraineté nationale américaine pour justifier cette décision, ajoutant qu'il ne voulait «rien qui puisse se mettre en travers» de son action pour redresser l'économie de son pays.

Les Etats-Unis ont également décidé de se retirer de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture, que Donald Trump juge trop défavorable à Israël.

https://francais.rt.com/international/46162-incompatible-avec-souverainete-etats-unis-retirent-pacte-mondial-migration

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Cette décision a également l'avantage de faire porter sur la seule Europe les conséquences désastreuses des politiques d'intervention américaines en termes migratoires...  P.G.

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Comme les autres, la Corée du Nord a le droit de se prémunir contre les agressions

Le rédacteur en chef du mensuel Ruptures s'interroge sur les buts réels des sanctions contre Pyongyang. Inefficace, contre-productive, cette autre forme de guerre s'attaque selon lui avant tout à la souveraineté des Etats non-alignés à l'Occident.

ARG COREE US RUPTURES

Revenant sur le dernier test en date de la Corée du Nord le 29 novembre 2017 – un missile balistique intercontinental Hwasong-15 présenté par Pyongyang comme capable d'atteindre le territoire des Etats-Unis – Pierre Lévy se propose de renverser la perspective et les questions que posent la crise géopolitique entre Corée du Nord et Etats-Unis.

Pour le rédacteur en chef du mensuel Ruptures, il n'y a pas de solution militaire au face-à-face entre Pyongyang et l'Occident. «L'aspect militaire serait la pire des perspectives», juge-t-il, dénonçant l'«extraordinaire arrogance» de Washington dans ce dossier. «Si certains veulent empêcher la Corée du Nord d'avoir l'arme nucléaire, ils devraient se poser la question de savoir pourquoi la République démocratique de Corée cherche un traité de paix [avec la Corée du Sud], mais que d'autres ne souhaitent pas», souligne Pierre Lévy, lequel s'interroge sur les buts réels des sanctions et des pressions occidentales sur Pyongyang.

«C'est une manière de guerre, les sanctions. On mène la guerre contre des pays, de manière plus "douce"», analyse-t-il, évoquant l'économie de marché et la libre circulation des marchandises et des capitaux comme condition indépassable et incontournable de l'appartenance à la communauté dite internationale, alias l'Occident sous leadership américain.

De fait, selon Pierre Lévy, ces mesures ont abouti à l'inverse du but escompté : malgré les sanctions et l'isolement, la Corée du Nord se dote bel et bien de l'arme nucléaire et la sécurité de la péninsule coréenne n'est toujours pas assurée. «Il est important de rappeler qu'au fond le crime que reprochent implicitement sans le dire les grandes puissances occidentales à la Corée du Nord, c'est de viser un développement par ses propres moyens, par ses propres forces», estime Pierre Lévy, ajoutant : «C'est un déni de souveraineté.»

Les promesses occidentales : des «chiffons de papier»

«Au fond, les Etats-Unis sont la première puissance nucléaire du monde [...] c'est même la seule puissance à avoir un jour utilisé l'arme nucléaire [en 1945 contre le Japon] et c'est eux qui se permettent d'être arrogants et agressifs contre un pays qui [...] veut se mettre à l'abri des agressions», note encore Pierre Lévy.

Pour aller vers la paix, le journaliste préconise que les Etats indépendants se voient reconnaître le droit de se défendre, au même titre que les grandes puissances nucléaires, officielles comme officieuses, notant que l'Inde, le Pakistan ou Israël n'étaient pas inquiétés malgré leur arsenal nucléaire (non-officiel). Et Pierre Lévy d'argumenter : «On peut comprendre que les dirigeants nord-coréens, surtout depuis les agressions contre la Libye et d'autres pays, puissent se dire que les belles promesses de non-intervention occidentales soient en réalité des chiffons de papier.»

https://francais.rt.com/opinions/46133-pierre-levy-coree-du-nord-droit-premunir-agressions

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Elections territoriales en Corse : triomphe de la coalition nationaliste au 1er tour

La coalition nationaliste est arrivée largement en tête du premier tour des élections territoriales corses avec 45,36% des voix, selon les résultats définitifs communiqués par la préfecture.

ACT CORSE ELECTIONS 1

Avec 45,36% des voix au premier tour des élections territoriales corses, la liste nationaliste Pè a Corsica (Pour la Corse), qui rassemble les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, devance celle de la droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni, créditée de 14,97% des voix, d'après les résultats définitifs communiqués par la préfecture le soir du 3 décembre.

La liste Les Républicains (LR) emmenée par Valérie Bozzi arrive en troisième position (12,77%), devant la liste de La République en marche (LREM) de Jean-Charles Orsucci qui obtient 11,26% des suffrages et le parti indépendantiste U Rinnovu 6,69%. Ce dernier ne franchit pas la barre fatidique des 7% nécessaires pour se présenter seul au second tour qui aura lieu le 10 décembre.

La liste commune PCF-Insoumis obtient pour sa part 5,68% des suffrages. Le Front national (FN) ferme la marche avec 3,28%. 

La participation à 52,17% est en recul par rapport aux dernières élections territoriales de décembre 2015 (59,88%). 

La Collectivité territoriale unique, une toute nouvelle instance

Les 234 000 électeurs corses étaient appelés ce 3 décembre à voter pour choisir les 63 élus d'une nouvelle instance inédite, née de la fusion des deux conseils départementaux et de la collectivité territoriale (région).

Les futurs élus de la Collectivité territoriale unique (CTU) remplaceront les 30 conseillers départementaux de Haute-Corse, les 22 de Corse-du-Sud et les 51 élus de la Collectivité territoriale de Corse. Ils n'auront qu'un mandat de trois ans et demi, jusqu'en 2021, date à laquelle les Corses revoteront, comme tous les Français, pour les élections régionales.

https://francais.rt.com/france/46174-elections-territoriales-corse-coalition-nationaliste-tete-premier-tour

OUTIL FL EUROREGIONS

L'UPR ne participait pas à cette élection, du fait d'une implantation locale encore insuffisante et pour des raisons de stratégie et de priorités internes (budget, congrès...). Pour comprendre le sens de cette élection et ses sombres conséquences prévisibles, voir et revoir la conférence de François Asselineau sur les euro- régions.  P.G.

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Accusé de crime de guerre, un ex-militaire croate se suicide en plein procès avec du poison

Slobodan Praljak était un des rares non-Serbes à avoir été traîné devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, une institution qui s’est largement discréditée en refusant de prendre en compte le fait que les patriotes serbes de Yougoslavie comme Ratko Mladic avaient combattu des djihadistes armés qui menaçaient de tuer davantage encore de civils serbes s’ils n’étaient pas affrontés sur le champ de bataille.

ARG YOUGOSLAVIE OTAN 2

Peu après la condamnation de Mladic, qui a accusé cette cour d’être un OTAN politique, Praljak, se voyant condamner pour avoir ordonné à ses troupes croates d’ouvrir le feu sur des musulmans bosniaques, a avalé une fiole de poison après avoir dénoncé la légitimité du tribunal. Il est mort quelques heures plus tard.

Cette fois, l’accusé s’est soustrait au verdict illégitime de la seule façon qui lui était laissée : en avalant une fiole de poison. Aussitôt les fantoches de s’agiter, de « suspendre l’audience », d’appeler l’ambulance et même de déclarer – enfin ! – leur tribunal « scène de crime ».


Slobodan Praljak, ancien chef militaire des Croates de Bosnie âgé de 72 ans a bu une substance liquide alors que Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui le jugeait à La Haye, lui lisait son verdict le 29 novembre.

Son avocat a alors fait savoir à la cour que son client venait « d’avaler du poison ». Le juge a immédiatement suspendu la séance et appelé les secours en urgence, selon Reuters. Pris en charge par les secours, il est ensuite décédé, selon l’agence de presse croate HINA.

« Scène de crime » : une enquête ouverte

« La salle d’audience 1 est une scène de crime » a déclaré le juge président Carmel Agius après l’annonce de la mort de l’accusé. Une enquête a par ailleurs été ouverte par la police néerlandaise.

Avant de boire la substance, Slobodan Praljak, qui avait fait appel, s’est vu dire que sa peine de prison de 20 ans pour de présumés crimes de guerre dans la ville bosnienne de Mostar était maintenue. Pour sa part, il clame son innocence.

Il est accusé d’avoir ordonné la destruction d’un pont en novembre 1993, un acte qui a « causé des dommages disproportionnés à la population civile Musulmane » selon le juge.

La séance était retransmise en direct depuis l’intérieur du tribunal.

Ratko Mladic, condamné le 22 novembre à la réclusion perpétuelle 

La semaine précédente, le même tribunal a condamné à perpétuité l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Peu avant l’énoncé du verdict, le prévenu, qui plaidait non-coupable, avait été évacué de la salle d’audience du tribunal pénal international de La Haye après s’être levé et avoir crié, énervé, aux juges, qu’ils mentaient. « Ce n’est pas une cour de justice, c’est l’OTAN », avait-il notamment lancé.

Certains observateurs remettent en cause l’impartialité des jugements internationaux pour des crimes de guerre commis durant la guerre des Balkans. Parmi les 161 individus poursuivis par le TPIY, 94 sont serbes, tandis que 29 sont croates. Le tribunal se défend toutefois de tout déséquilibre et soutient que les inculpations reflètent la réalité du conflit. [Lequel conflit a été déclenché dans leur seul intérêt et perpétré de toutes les façons possibles par les puissances jugeantes…ndR]

Il y a deux ans, la Russie avait utilisé son droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour bloquer une résolution sur le vingtième anniversaire de la tragédie de Srebrenica, estimant que le projet de résolution présentait les Serbes comme la seule partie coupable d’un conflit armé complexe en Yougoslavie dans lequel l’OTAN est intervenue.

Source : https://francais.rt.com/international/46051-accuse-crime-guerre-ex-militaire-croate-avale-poison-proces

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Assange affirme que les USA se préparent pour la guerre avec l’Iran

Le fondateur du site WikiLeaks a expliqué ce que pourrait signifier une probable nomination de nouveaux chefs au département d’État et à l’Agence centrale de renseignement (CIA).

ACT US IRAN

Les possibles projets de l’administration américaine de désigner le directeur de la CIA, Mike Pompeo, secrétaire d’État, et le sénateur du Parti républicain, Tom Cotton, directeur de la CIA, sous-entend un conflit armé que les États-Unis entameraient contre Iran, a écrit sur son compte Twitter le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

«Tom Cotton pourrait prendre la tête de la CIA et Pompeo celle du département d’État, relate le New York Times. De tels changements préparent une guerre avec l’Iran

D’après Assange, «Cotton est  véritablement agressif à l’égard de l’Iran, de WikiLeaks et de la Russie, il reçoit des fonds de la part de néoconservateurs et de groupes liés à Israël».

Auparavant, le New York Times, a rapporté, citant ses sources dans l’administration américaine, que le chef de cabinet de la Maison-Blanche, John Kelly, a élaboré un «plan de transition», selon lequel M.Pompeo pourrait remplacer Rex Tillerson.

D’après ce média, ces changements pourraient avoir lieu avant la fin de l’année 2017 ou au début de l’année 2018.

30 novembre 2017

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201711301034109887-assange-usa-guerre-iran/

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Les Etats-Unis continuent à développer une scission entre la Russie et l’Europe

Par Eberhard Hamer, professeur en économie, Allemagne

ARG UE US RUSSIE ALLEMAGNE

Récemment, le Département d’Etat américain a présenté une nouvelle liste des sanctions contre la Russie. Il remplit ainsi une exigence signée par le Président Trump le 2 août, intitulée CAATS (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act). Ce règlement prend effet le 29 janvier 2018 et comprend une nouvelle attaque de la guerre économique contre la Russie, concernant non seulement des entreprises russes, mais en premier lieu les entreprises européennes réalisant des affaires avec des entreprises russes sanctionnées.

L’accentuation de cette nouvelle guerre économique correspond entièrement à la devise trumpienne de l’«Amérique d’abord». S’agissant par exemple des sanctions contre les entreprises russes et allemandes participant à la pipeline North Stream, le but avoué est de couper l’Europe du gaz russe, afin de mieux lui imposer l’achat de gaz liquide américain plus cher, actuellement disponible en abondance mais sans aucun acheteurs trouvé. Il faut donc que le gazoduc North Stream soit interrompu à mi-chemin, tout en menaçant en même temps les entreprises allemandes impliquées, pour stopper leur participation.

Toutes les sanctions américaines sont punissables aux Etats-Unis, car la justice américaine soumet au droit américain toutes les affaires accomplies dans le monde entier et facturées en dollar ou effectuées à l’aide du dollar. Tout endroit, où le dollar est utilisé, est un territoire soumis à la juridiction et à l’hégémonie américaine. Cela permet aux Etats-Unis de condamner et d’exploiter à volonté les sociétés européennes. VW a déjà dû payer 25  milliards d’euros à la justice américaine à cause des normes US spécialement introduites contre les moteurs diesel. La Deutsche Bank, quant à elle, a dû régler plus de 10 milliards et d’autres multinationales européennes des montants de différentes hauteurs.

L’acte américain CAATS prévoit que toutes les sanctions doivent être harmonisées avec les partenaires étatsuniens. On ne peut donc guère l’exprimer plus ouvertement: les sanctions ne seront poursuivies que là où elles nuisent aux partenaires américains au niveau de la concurrence. Finalement, les entreprises américaines restent les instances décisionnelles des sanctions.

De cette manière, les Etats-Unis veulent non seulement isoler systématiquement la Russie de l’Europe et empêcher les sociétés russes de réaliser quelques affaires que ce soit avec l’Europe, mais ils veulent également menacer de peines (et d’exécution de peines) le reste du monde et notamment l’Europe, si un commerce a lieu avec des entreprises russes. Cela a des conséquences considérables en Europe, où le commerce avec le marché de l’avenir le plus optimiste (Russie) a diminué de 30% au cours des deux dernières années. Parallèlement à la réduction du commerce européen avec la Russie, le commerce américain avec ce pays a augmenté. Il ne s’agit donc non seulement de causer du tort à la Russie, mais aussi de soutenir l’idée «America first» [«Amérique d’abord»], c’est-à-dire empêcher l’Europe de faire des affaires avec la Russie, là où les entreprises américaines veulent et peuvent les accomplir.

Il est difficile de s’imaginer une manière plus brutale d’effectuer l’impérialisme économique américain au détriment de l’Europe. Non seulement les grandes entreprises n’osent plus faire du commerce avec la Russie ou participer à des investissements russes – mais également des centaines d’entreprises de grandeur moyenne, ayant jusqu’à présent bien commercé avec la Russie, n’osent plus continuer leurs affaires, parce qu’ils ne survivraient pas à des brutaux paiements de sanctions américaines.
Aux Etats-Unis se prépare encore un nouveau durcissement de la guerre économique contre la Russie: on veut interdire aux banques européennes et même à des privés de commercer ou de tenir des emprunts russes. Ainsi, on veut punir la Russie de ne plus vouloir accepter le dollar comme seul monnaie mondial, mais de vouloir imposer le rouble comme moyen de paiement international. En outre, on veut empêcher les marchés financiers européens d’utiliser le rouble au lieu du dollar et de ne plus du tout travailler avec des emprunts en roubles.

De telles mesures unilatérales nuisent à l’Europe et devraient être discutées avec les alliés européens. On aurait au moins pu s’attendre à des protestations de la part de la Commission européenne et du gouvernement fédéral allemand. Mais non, pas de réaction! L’UE cède sans broncher à la puissance coloniale, même là où cela fait mal.
Isoler la Russie de l’Europe est non seulement fatale à court terme pour une partie de notre économie, mais à long terme pour toute notre prospérité en Europe: la politique de l’«Amérique d’abord» au profit des sociétés américaines rend maintenant déjà tout commerce avec les Etats-Unis de plus en plus difficile et le réduit fortement. Cela aura des conséquences dramatiques, quand le système pourri du dollar des Etats-Unis surendettés s’effondra.

A long terme, la Russie va continuer à augmenter sa solvabilité, mais à l’avenir, elle aura également besoin de l’économie européenne. L’économie allemande continuera uniquement à croître jusqu’en 2050, si elle s’élargit vers l’Est. La Russie dispose de toutes les matières premières dont nous avons besoin et nous avons toutes les technologies dont la Russie a besoin. Pour les deux pays et pour l’Europe, cette coopération est décisive pour la prospérité durant un siècle.1 Si nous nous laissons évincer par les Etats-Unis, les entreprises américaines concurrentes vont conquérir ce marché et nous resterons les perdants.
Mais qui ose, en Allemagne ou en Europe, s’opposer au comportement arbitraire des Américains?    •

1] cf. Hamer, Eberhard, Visionen 2050. Wohin steuern wir? Trends und Prognosen für Deu

Source: Zeit-fragen

http://arretsurinfo.ch/les-etats-unis-continuent-a-developper-une-scission-entre-la-russie-et-leurope/

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Dire qu'on nous traite de "complotistes" parce qu'on explique depuis 10 ans que l'UE n'est qu'une entreprise de domination géopolitique américaine...  P.G.

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dimanche 3 décembre 2017

La désinformation à 1,1 milliards d’€/an de subventions publiques aux médias payées avec votre argent !

Une publication proposée par S.R. (UPR 87)

Médias et presse papiers inféodés, aux bon vouloir du pouvoir, hors amendements fiscaux démesurés, octroyés aux 45 000 journalistes presse et médias de France, par François Hollande. Cela afin de satisfaire aux demandes pressantes des affidés du pouvoir.

ARG PRESSE CENSURE

UN SCANDALE BIEN FRANÇAIS, se décline peut-être, sous vos yeux ????

Fin octobre 2012, Michel Françaix, député de l’Oise, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l ‘Assemblée Nationale, présentait les conclusions d’un audit, sur notre presse tricolore, dont le site Owni a tiré les infos clés.

Le chiffre d’affaires du secteur est évalué à 10 milliards d’euros, dont environ 1,1 milliard d’aide. En 2013, les seules aides directes prévues au titre de la loi de finances représentent 516 M€. Rapporté aux 40 000 journalistes encartés, cela représente plus de 10 000 € par tête de pipe.

Selon Michel Françaix, une grande partie de l’argent public versé à la presse est mal employé. Comme un cautère sur une jambe de bois, il sert à renflouer des médias condamnés à mort, par l’évolution technologique sans assurer la relève du secteur.*

Parmi les mauvais exemples d’acharnement thérapeutique, le député cite notamment les 50 centimes versés à France Soir, pour chaque numéro vendu ou les béquilles financières fournies au groupe Hersant pour éviter la conflagration. Le tout sans résultat, autre que de faire des trous dans le bas de laine des finances publiques, bas de laine, déjà si bien troué, que très bientôt il n’en restera plus rien ?

Tous les medias se bousculent au guichet, quand il s’agit d’empocher des euros. En 2011, ce sont Le Monde (15 millions), Le Figaro (14,5 millions) et Ouest France (14 millions) qui ont perçu les plus gros chèques.

L’Humanité a empoché plus de 3 millions d’euros au titre de l’aide à la pluralité, La Croix (2,94 millions) et Libération (2,87 millions). De son côté, Le Petit Quotidien (4 pages destiné aux enfants à partir de cinq ans pour que chaque jour, du lundi au samedi inclus, « votre enfant prenne la bonne habitude de la lecture quotidienne ») a profité de plus de 2,5 millions de subventions.

Plus d’un milliard d’aides au total : Ces aides directes, ne prennent absolument pas en compte le super taux de TVA réduit à 2,1%, pour la presse papier, ni les aides postales, ni les aides au développement du portage, ni « l’enveloppe » SNCF, ni celle données aux diffuseurs… Au final, aides directes + aides indirectes dépassent le milliard d’euros.

C’est notamment, la presse magazine, qui bénéficie des aides fiscales les plus fortes (35% des bénéficiaires) contre 24% pour la PQR (presse quotidienne régionale) et 15% pour la presse nationale. Michel Françaix préconise de limiter la TVA réduite aux seuls journaux d’information. Cela reviendrait notamment à priver la presse people de ce viatique, semblant totalement outrancier.

Pour le député de l’Oise, c’est dans le numérique que se joue l’avenir de l’information. Michel Françaix met en cause le manque de transparence du fonds d’aide au développement de la presse en ligne. Doté d’une vingtaine de millions d’euros/an, ce fonds a pu être utilisé pour contribuer au financement du salaire brut des journalistes, eux-mêmes affectés au numérique, ce qui a donné lieu à un important effet d’aubaine, mais surtout à un outrancier, gâchis d’argent public, constate le député.

Des subventions pour les patrons du CAC 40 : Si cette distribution pouvait parfois se justifier, lorsque les médias étaient tenus à bout de bras, par des indépendants, elle ne l’est désormais plus, depuis que la plupart des titres ont été racheté par des groupes financiers. Lagardère est le premier éditeur mondial de magazines. Bernard Arnault possède Les Echos, Investir et Radio Classique. Dassault a mis Le Figaro dans sa besace. François Pinault, Le Point, l’Agefi, La Recherche, l’Histoire, etc. Au nom des traditions, faisant depuis la libération de 1945, force de loi, l’état contribue à hauteur de 40% dans les frais de fonctionnements et des personnels, de la plupart des journaux de France.

Ce n’est pas au contribuable, mais bel et bien, à ces sociétés du CAC 40, à remettre au pot, pour maintenir ces titres à flot, si toutefois, elles le souhaitent. Pourquoi perfuser ces gazettes aux frais du contribuable alors que 72% des Français ne leur font absolument plus du tout, confiance ?

Les Français sont-ils pour autant mieux informés, que les autres Européens ? Que ni-ni !, répond Benjamin Dormann (qui parle quant à lui de 2 Md € annuels de subventions) dans un livre récent intitulé « Ils ont acheté la presse afin qu’elle se taise, ou bien obéisse au pouvoir ? ».

Beaucoup de titres, sont coupés de la société civile, se contentant de distiller les poncifs du politiquement correct. Leur insolence, ne dépasse jamais le point de rupture au-delà duquel, il serait impossible de demander des subventions. C’est la « soupe aux sous », persifle Benjamin Dormann. « L’essentiel de la presse dite d’opposition, est passée au fil des ans, sans l’assumer, du rôle de porte-parole des descendants historiques du « J’accuse ! » à la chambre d’écho des acteurs financiers partisans du « J’achète ! », assure-t-il. Le pire est que cette cascade de subventions, est totalement improductive, puisqu’elle ne permet pas d’étoffer les débats d’idées, puisqu’ils sont annihilés, par crainte de suppressions des subventions, distribuées selon le bon vouloir, de nos princes qui nous dirigent.

Toutefois, précisons que les parutions Contrepoints.org, comme Contribuables Associés, refusèrent au nom de la liberté de parole et d’écriture, les subsides publics, ils demandent que cesse la distorsion de concurrence. « Pour permettre enfin le retour à une démocratie saine, ils réclament au plus vite, la fin de ces subventions qui pervertissent la liberté de la presse, et permettent aux politiques maniant le pouvoir d’une main de fer, de s’assurer la loyauté des journalistes », c’est ce que réclament les pétitionnaires. Supprimer les subventions versées au cinquième pouvoir ? Vite, ça presse !

http://lagauchematuer.fr/2017/12/02/la-desinformation-a-11-milliards-dean-de-subventions-publiques-aux-medias-payees-avec-votre-argent/

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*"il sert à renflouer des médias condamnés à mort, par l’évolution technologique sans assurer la relève du secteur.": elle a bon dos l'évolution technologique: il faut ajouter la médiocrité et/ou l'absence de débats sérieux, l'idéologie euro- atlantiste, quelle que soit l'orientation politique du journal subventionné, l'apologie quasi- unanime du libéralisme, du consumérisme, de la libre circulation des capitaux, des marchandises et des personnes, j'en passe...

P.G.

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En attendant Berlin…

En attendant Godot… Les dirigeants européens semblent désespérément inventer une nouvelle version de la pièce de Beckett, avec dans le rôle-titre… Berlin.

ARG REICH BECKETT

Car la crise politique que connaît actuellement l’Allemagne inquiète au plus haut point les « partenaires européens », à commencer par le président français. Selon la fable élaborée par les services de communication bruxellois, l’Union européenne reprenait depuis peu du poil de la bête après les multiples crises qui l’avaient placée au bord du gouffre. Les « populistes » refluaient, l’amour de l’Europe saisissait les citoyens, et Emmanuel Macron, en nouveau Jupiter, était en passe de revigorer l’âme et l’intégration européennes.

Et, patatras, la chancelière chancelle. Déjà il y a un an, les élites euro-occidentales s’étaient trouvées orphelines d’un maître respecté à Washington. Et voilà que la puissance dominante du Vieux Continent entre dans une phase d’incertitude – un peu comme un père surpris dans un moment de faiblesse par ses enfants éberlués. En France, plusieurs responsables politiques et leurs relais médiatiques semblent tout à la fois irrités et déstabilisés par l’absence d’une direction ferme à Berlin. Ce que moquait déjà le général de Gaulle en son temps : « il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité ; ils sont faits pour faire des courbettes aux autres ».

Il faut pourtant revenir à la réalité : ce n’est pas du fait d’un malheureux concours de circonstance que la République fédérale est pour l’heure incapable de jouer le rôle que Paris, Bruxelles et consorts attendent d’elle. C’est pour une raison que ces enthousiastes de la démocratie semblent avoir du mal à admettre : le vote des électeurs allemands. Car, à l’issue du scrutin du 24 septembre, 92 députés de l’AfD et 69 du parti Die Linke siègent au Bundestag – deux formations qui ont un point commun : en vertu d’un article non écrit de la Loi fondamentale d’outre-Rhin, ils n’ont pas le droit de participer à une coalition gouvernementale. Or quoiqu’on pense de l’une ou de l’autre de ces formations, leur représentation résulte bien d’un choix délibéré des électeurs.

Un phénomène qui s’étend au sein de l’UE

L’Allemagne est ainsi touchée par un phénomène qui s’étend au sein de l’Union européenne : le rabougrissement des formations dites « centrales », souvent classées « centre-gauche » et « centre-droit », et qui, au-delà des nuances (parfois minuscules voire inexistantes), défendent le système économico-politique en place, en tout cas se posent en garant de sa pérennité fondamentale.

Avec bien sûr des différences et des exceptions selon les pays, ces deux grands mouvements – les conservateurs et les sociaux-démocrates – représentaient grosso modo trois électeurs sur quatre il y a quelques décennies, voire quelques années ; ils en cumulent maintenant à peine un sur deux. Ce qui complique beaucoup la formation de majorités stables.

Sous une forme ou sous une autre, cette tendance s’est observée ainsi en Autriche, en Espagne, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suède, au Danemark….

En Italie, ce fut le Parti communiste et la démocratie-chrétienne qui se sont « éparpillés façon puzzle », ouvrant la voie à un improbable paysage politique et à l’apparition du Mouvement cinq étoiles, devenu en quelques années la première force politique potentielle – on en saura plus au printemps prochain. Le scrutin tchèque des 20 et 21 octobre, qui a vu le triomphe d’un milliardaire « populiste » (anti-immigration et anti-euro), constitue également un avatar de ce phénomène.

Les élections françaises du printemps 2017 représentent même une version extrême de cette évolution : les deux partis précédemment dominants ont ou sont en passe d’imploser, l’oligarchie reprenant directement les rênes via une sorte de « grande coalition » à l’intérieur même d’un nouveau parti.

Bien entendu, il faut se garder d’une interprétation unique, tant les histoires et cultures politiques diffèrent d’un pays à l’autre (c’est la raison pour laquelle ne peut exister un « peuple européen »). Mais il est peu douteux qu’un facteur commun joue : le ras-le-bol populaire face à une intégration européenne visant en toute chose l’« harmonisation » (austérité sans fin, casse des codes du travail, et désormais lancement de la « défense » commune…), une intégration défendue bec et ongles – au point d’en faire parfois un programme commun – par les forces dites centrales.

Que celles-ci voient leur base s’éroder, voire s’effondrer, ne doit donc rien au hasard. Leur équation consiste désormais à poursuivre la même politique, et notamment de nouvelles « avancées » européennes, malgré ces désaveux à répétition.

Si demain, une nouvelle « grande coalition » devait voir le jour outre-Rhin (ce qui n’est pas encore certain), celle-ci prendrait la forme d’une spectaculaire alliance des battus. Car, avec 33%, la CDU/CSU a obtenu son pire résultat de l’après-guerre, tandis que, pour le SPD (20,5%), il faut remonter à 1890 pour trouver trace d’un score si bas (à l’exception des années 1932-1933).

Une telle coalition serait à l’évidence un déni du verdict populaire. Mais ce serait très probablement également un facteur d’instabilité européenne à moyen terme – et même peut-être à court terme.

Quitte à désespérer Jupiter.

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Alstom : le dépeçage se confirme

L’Allemand Siemens va mettre la main sur la branche ferroviaire d’Alstom, après que ce dernier avait déjà été dépouillé de son secteur Energie au profit de General Electric. La « souveraineté européenne » vantée par Emmanuel Macron recouvre ainsi une succession d’abandons industriels et technologiques nationaux, dont Laurent Santoire, responsable CGT chez GE-Alstom, précisait les enjeux dans l’édition de Ruptures du 26 octobre. Compte tenu de l’actualité, nous publions ici désormais cette analyse.

 

ARG RUPTURE ALSTOM

Coup de tonnerre industriel : le 26 septembre, un communiqué du Français Alstom et du géant allemand Siemens annonçait le « rapprochement » entre les deux firmes. En réalité, une prise de contrôle du premier par le géant d’outre-Rhin.

Déjà, après le rachat de sa branche énergie (fabrication de turbines) par le conglomérat américain General Electric (GE) en 2015, l’activité d’Alstom s’était réduite à sa branche ferroviaire.

Le groupe français, qui compta dans ses activités les Chantiers de l’Atlantique, était issu de la Compagnie générale d’électricité (CGE), ex-fleuron industriel et technologique jadis aussi présent dans les télécommunications via Alcatel (vendu au Finlandais Nokia en 2016).

Se profile donc un nouveau démantèlement d’une filière industrielle et technologique nationale, au sein de laquelle avait été développé notamment l’emblématique TGV. Cependant, l’accord ne sera juridiquement effectif que d’ici douze à dix-huit mois.

Plus précisément, le projet prévoit la création d’une entreprise baptisée Siemens-Alstom qui regrouperait l’actuel Alstom (7,3 milliards de chiffre d’affaire, 10 milliards de commandes, 8 500 salariés en France, 3 000 en Allemagne) et la branche ferroviaire de Siemens (7,8 milliards de CA, soit 12 000 salariés outre-Rhin).

Siemens va souscrire à une augmentation de capital d’Alstom qui lui sera réservée, ce qui permettra au géant allemand de détenir 50% des actions de la nouvelle firme, et de faire siéger six administrateurs sur onze au Conseil d’administration.

Mais pour préserver les apparences, l’actuel PDG d’Alstom restera à la tête de l’entreprise pour quatre ans, et le siège central de celle-ci sera en France. Pendant cette même période, des « garanties » sont données en termes de maintien de l’emploi tant en France qu’en Allemagne – mais pas dans les pays tiers où le groupe est également implanté.

Le protocole prévoit également un versement de dividendes exceptionnels pour « consoler » les actionnaires d’Alstom : 8 euros par action, soit un manque à gagner pour la trésorerie de l’entreprise de 1,8 milliard. Pour le groupe Bouygues, actionnaire de référence d’Alstom avec 28,3% des parts, cela représente un pactole de 500 millions d’euros. Plusieurs banques d’affaires ont piloté étroitement l’opération, dont Rothschild pour Alstom.

Lors de la vente d’Alstom Energie à GE en 2015, une clause de l’accord prévoyait la possibilité pour l’Etat français de racheter, à l’échéance d’octobre 2017, une partie des actions détenues par Bouygues et de reprendre ainsi une influence sur l’avenir du groupe français. Bercy n’a pas exercé cette option, ce qui donne implicitement carte blanche à Siemens. Ce renoncement aurait été demandé par Angela Merkel.

Car l’opération a été supervisée au plus haut niveau : par l’Elysée et par la chancellerie allemande. Son annonce a été rendue publique le jour même où Emmanuel Macron prononçait un discours solennel consacré à l’avenir de l’UE, et vantait en particulier l’objectif de « souveraineté européenne » en lieu et place d’une souveraineté nationale qui serait obsolète .

Similitudes

Responsable CGT chez Alstom Power System (GE), Laurent Santoire relève les similitudes entre l’opération avec Siemens et avec General Electric, deux ans plus tôt. A commencer par l’habillage trompeur d’une « alliance entre égaux », alors qu’il s’agit avant tout de servir l’appétit des actionnaires au détriment tant de l’emploi que de la maîtrise industrielle et technologique nationale.

De même, le syndicaliste pointe aujourd’hui ce que valaient les « assurances » données à l’époque. La direction de la firme américaine avait promis de créer 1 000 emplois nets en France au sein de trois co-entreprises lancées en commun par GE et Alstom dans des domaines des turbines pour centrales nucléaires, des réseaux, ainsi que des turbines hydro-électriques. Or au 1er janvier 2017, relève Laurent Santoire, le solde est déjà de 400 emplois nets supprimés. Et pourrait bien s’alourdir, n’était-ce un tour de passe-passe : l’intégration des effectifs de certains sous-traitants.

Parmi les points « chauds » actuels figure en particulier la co-entreprise GE-Hydro (turbines pour l’hydro-électricité) dont le site historique de Grenoble est occupé par les salariés contre la menace de 350 licenciements (sur 800).

C’est que les actionnaires du géant américain, pourtant déjà largement profitable, exigent plus de rentabilité, ce qui passe par une vaste restructuration mondiale, dont les co-entreprises créées en 2015 pourraient faire les frais. GE a l’habitude de récupérer ce qui l’intéresse le plus : la maîtrise, les savoir-faire et les brevets (développés en partie grâce à des financements publics). Mais il ergote désormais sur le prix (pourtant fixé dans le contrat de 2015 : 2,5 milliards d’euros) auquel Alstom a la possibilité de lui revendre ses parts d’ici septembre 2018. Une possibilité que le protocole Siemens-Alstom a transformé en obligation, plaçant ainsi les salariés des co-entreprises en victimes collatérales à la merci de la direction américaine du groupe.

« Airbus du ferroviaire » ?

Or, explique le cégétiste, le ferroviaire comme les turbines constituent des filières industrielles nationales essentielles. D’autant que ce ne sont pas les projets d’ampleur qui manquent. La perspective d’équipement des futurs réseaux ferroviaires du « Grand Paris » en est un exemple.

Qu’en est-il, dans ces conditions, de l’« Airbus du ferroviaire » vanté par les promoteurs du projet ? Laurent Santoire conteste formellement cette présentation abusive, d’autant que l’actuel Airbus, rappelle-t-il, a tourné le dos à ce qui présida à sa naissance (fin des années 1960) : un projet industriel à l’initiative d’Etats souverains. L’esprit était de mener des coopérations, non pilotées par la rentabilité, s’appuyant sur des entreprises publiques – en France en tout cas. Un tel montage serait aujourd’hui interdit par la Commission européenne.

Pour Alstom ferroviaire, les partisans de l’absorption par Siemens mettent par ailleurs en avant l’argument de la concurrence chinoise : deux groupes de ce pays ont récemment fusionné pour former un mastodonte mondial (public, donc non soumis aux exigences de rentabilité, tout en bénéficiant d’un marché intérieur géant captif). Cette nouvelle donne imposerait des regroupements européens… En réalité, une telle assertion anticipe et accompagne un contexte où l’on accepte la libre circulation des marchandises et des capitaux, sans aucune autre règle que celle du libre échange mondial.

A l’inverse, pour Laurent Santoire, la priorité devrait être, aujourd’hui, de réintroduire l’Etat dans le jeu. En particulier pour le secteur de l’énergie, ce dernier – et non GE – devrait racheter les actions qu’Alstom détient dans les co-entreprises ; et négocier en mettant en avant l’importance de la commande publique, décisive pour les filières concernées.

Mais cela nécessite de mobiliser les salariés, et, au-delà, de faire intervenir les citoyens dans ces débats cruciaux pour l’avenir du pays, conclut le syndicaliste.

https://ruptures-presse.fr/actu/alstom-ge-depecage-santoire/

Screen-Shot-10-28-17-at-10Cela nécessite aussi que les salariés et l'ensemble des citoyens  mesurent l'importance d'un FREXIT le plus vite possible!

P.G.

Le Russia-gate contamine l’Europe.

Depuis que le gouvernement américain a débloqué 160 millions de dollars en décembre dernier pour lutter contre la propagande et la désinformation russes, des universitaires peu connus et des groupes de réflexion avides font la queue pour pouvoir lancer leur anathème, et participer à cette course au profit en propageant l’hystérique Russia-gate jusqu’en Europe.

De nos jours, il semble que chaque évènement qui n’est pas bienvenu pour l’establishment – du Brexit au référendum pour l’indépendance de la Catalogne – soit imputé à la Russie ! La Russie ! La Russie !

 

ARG POUTINE COMPLOT

La méthodologie de ces « études » consiste à trouver des comptes Twitter ou des pages Facebook plus ou moins « reliés » à la Russie (bien qu’on ne sache jamais exactement comment c’est déterminé) et à se plaindre de ces commentaires « liés à la Russie » qui portent sur les développements politiques en Occident. Cela part du préjugé que les peuples crédules des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Catalogne attendent des directives secrètes du Kremlin pour décider comment voter, ou alors qu’ils sont facilement dupés.

Curieusement, cependant, la plupart de ces prétendues « interférences » semblent être survenues après l’événement en question. Par exemple, plus de la moitié (56%) des fameux 100 000 $ de dépenses publicitaires dans Facebook en 2015-2017, supposés avoir été investis pour aider à l’élection de Donald Trump, ont été dépensés après les élections américaines de l’an dernier (et la somme totale peut se comparer au revenu publicitaire annuel de Facebook, 27 milliards de dollars).

De même, une nouvelle étude britannique à l’Université d’Édimbourg, accusant la Russie de s’ingérer dans le vote sur le Brexit, a découvert que plus de 70% des tweets liés à ce vote et venant de sites prétendûment liés à la Russie ont été postés après le référendum sur la question de savoir si le Royaume-Uni devait quitter l’Union européenne. Mais, hé, ne laissez pas les faits et la logique se mettre en travers d’un récit fait pour suggérer que quiconque a voté pour Trump, pour le Brexit ou pour l’indépendance de la Catalogne est un « idiot utile » de Moscou !

Cette semaine, la Premier ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie de chercher à « saper les sociétés libres » et à « semer la discorde en Occident ».

Alors qu’en est-il d’Israël ?

Car, un autre problème fondamental de ces « études » est qu’elles ne sont pas accompagnées de « contrôles », concept utilisé en science pour vérifier l’hypothèse d’une étude de base en déterminant si vous trouvez quelque chose d’inhabituel ou simplement une occurrence normale.

Dans ce cas, par exemple, il serait utile de trouver d’autres pays qui, comme la Russie, comptent un nombre important d’anglophones mais dont l’anglais n’est pas la langue maternelle – et qui ont un intérêt significatif pour les affaires étrangèreset de voir ensuite si les gens de ces pays ont un poids dans les médias sociaux avec leurs opinions et perspectives sur les événements politiques aux États-Unis, au Royaume-Uni, etc.

Peut-être que le gouvernement des États-Unis pourrait consacrer une partie de ces 160 millions de dollars à une étude sur le comportement des Israéliens sur Twitter/Facebook, s’ils s’investissent dans les controverses américano-britanniques, et en quoi cela pourraient concerner, directement ou indirectement, le gouvernement israélien. Nous pourrions ainsi voir combien de comptes Twitter/Facebook sont « reliés » à Israël ; nous pourrions étudier si des « trolls » israéliens harcèlent les journalistes et les sites d’information qui s’opposent aux politiques et aux politiciens néoconservateurs occidentaux ; nous pourrions vérifier si Israël fait quoi que ce soit pour saper les candidats qui sont perçus comme hostiles aux intérêts israéliens ; si c’est le cas, nous pourrions calculer combien d’argent ces activistes et blogueurs « liés à Israël » investissent dans les publicités Facebook ; et, enfin, nous pourrions suivre à la trace tout tweet qui risquerait de renforcer les messages favorables à Israël.

Aucune chance que cela n’arrive.

Pourtant, si nous avions ces données sur la stratégie israélienne, nous pourrions peut-être juger à quel point il est inhabituel pour les Russes d’exprimer leurs opinions sur les controverses en Occident. Il est vrai qu’Israël est un pays beaucoup plus petit avec ses 8,5 millions d’habitants par rapport aux 144 millions de Russes, mais on pourrait calculer ces chiffres par habitant – et même sans cela, je ne serais pas étonné de constater que l’ingérence d’Israël dans l’élaboration des politiques américaines dépasse largement l’influence russe.

Il est également vrai que les dirigeants israéliens se sont souvent fait l’avocat de politiques qui se sont révélées désastreuses pour les États-Unis, comme l’encouragement du Premier ministre Benjamin Netanyahou à la guerre en Irak, à laquelle la Russie s’était opposée. En effet, bien que la Russie soit maintenant régulièrement qualifiée d’ennemie de l’Amérique, on ne trouvera pas d’exemple de stratégie de pression sur les États-Unis, organisé par le président Vladimir Poutine, qui serait une fraction aussi nuisible aux intérêts américains que ne le fut la guerre en Irak.

Et, pendant qu’on y est, nous pourrions peut-être avoir un décompte de ce que des entités « liées aux États-Unis » ont dépensé pour influencer la politique de pays comme la Russie, l’Ukraine, la Syrie et de nombreux autres points chauds autour du globe.

Mais bien sûr, rien de tout cela n’arrivera. Si vous tentez même d’évaluer le rôle des opérations « liées à Israël » dans la prise de décisions occidentales, vous êtes accusé d’antisémitisme. Et si cela ne vous arrête pas de suite, alors les éditoriaux furieux du New York Times, du Washington Post et d’autres médias grand public américains vous traiteront de « conspirationniste ». Qui pourrait seulement penser qu’Israël est prêt à n’importe quoi pour influencer les prises de position occidentales ?

Et si vous utilisiez des données pour comparer avec l’interférence occidentale dans les affaires des autres nations, vous serez accusé de comparer des choses qui ne sont pas comparables, car ce que font le gouvernement américain et ses alliés est bon pour le monde, alors que ce que fait la Russie est la source du mal.

Donc, développons vite ces algorithmes pour traquer, isoler et éradiquer la « propagande russe », c’est-à-dire les points de vue déviants, pour mieux s’assurer que les Américains, les Britanniques et les Catalans votent dans le bon sens.

Robert Parry

Source Consortium News

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