vendredi 20 octobre 2017

«Avant/Après» 1948 : des affiches sur le sort des Palestiniens bannies des transports londoniens

Des affiches dénonçant le non-respect de l'engagement pris en 1917 par le Royaume-Uni de protéger les populations non-juives de Palestine, ont été bannies des transports londonniens. Le représentant de l’Autorité Palestinienne crie à la censure.

59e8cc2d488c7beb768b4567Les interdictions d’afficher dans les stations de métro et de bus de la Transport for London (TfL), l'organisme public responsable des transports en commun de Londres, sont fréquentes pour des motifs de nudité, mais le sont plus rarement pour des raisons politiques. Or, elles viennent de frapper une campagne sur le sort des Palestiniens depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont le Guardian

Trois types d’affiches mettaient en parallèle, chacune, deux clichés photographiques, l'un présenté comme issu d'avant la création d’Israël, l'autre après. Plus précisément, une photo en noir et blanc représentait le peuple palestinien dans des scènes de rue ou de la vie familiale, du temps où la Palestine était sous mandat britannique. En-dessous de celle-ci, une photo en couleur figurait le présent – des ruines, des femmes endeuillées en pleurs et des camps de réfugiés.

L'organisme public des transports londonien a fait valoir que la campagne avait contrevenu aux règles, en présentant des «images ou messages en rapport avec des controverses ou avec la sensibilité individuelle». Pourtant, curieusement, une image similaire avait été autorisée dans la station de métro de Westminster, l'an dernier, selon le Guardian.

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée»

La campagne d’affichage, intitulée «Make It Right» («Soyez juste»), a été organisée par la Mission palestinienne au Royaume-Uni, qui représente l'Autorité Palestinienne. Son représentant diplomatique dans le royaume, Manuel Hassassian, a qualifié cette interdiction de «censure».

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée. Cela fait 100 ans que le gouvernement britannique masque ses promesses non tenues dans la déclaration de Balfour de protéger les Palestiniens, quand il a cédé leur pays à un autre peuple», a martelé Manuel Hassassian. Et le représentant diplomatique d'ajouter : «Il existe peut-être une liberté d’expression sur tous les sujets en Angleterre, sauf sur la Palestine.»

La campagne d'affichage en question dénonçait les conséquences de la déclaration Balfour, du nom du secrétaire britannique des Affaires étrangères de l’époque, Arthur James Balfour, signée le 2 novembre 1917. Il annonçait l’intention du gouvernement d’établir un Etat pour le peuple juif en Palestine. La déclaration comportait une promesse : «Rien ne doit être fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existant en Palestine». Or, cette déclaration a ouvert la voie à l'expulsion d'autochtones arabes de leurs terres.

Une campagne à l'occasion du centenaire de la déclaration Balfour

Les affiches de la campagne «Make It Right» devaient être placardées en amont des célébrations du centenaire de cette déclaration, le 2 novembre 2017.

Theresa May et son homologue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont attendus à un dîner londonien célébrant l'événement. Londres, à qui le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait demandé des excuses pour les conséquences de la déclaration Balfour, a exprimé son refus de le faire en avril 2017. Des manifestations doivent être organisées pour le respect des droits des Palestiniens et la reconnaissance du préjudice entraîné par la promesse non-respectée des Britanniques.

La campagne d'affichage interdite dans les stations de métro et de bus sera toutefois visible sur des taxis, dont les règles d’affichages sont moins contraignantes.

https://francais.rt.com/international/44768-affiches-sur-question-palestinienne-bannies-transports

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Le texte de la déclaration Balfour:

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Sous les projecteurs après le projet d'attentats avorté, l'Action Française réplique aux accusations

Pour avoir eu dans ses rangs durant un an et demi Logan Nisin, cerveau présumé de projets d'attentats en France, l'Action Française s'est retrouvée au cœur d'une controverse. L'organisation s'est même vu accusée d'avoir planifié ces attaques.

59e88f64488c7b4c548b4567L'Action Française, une organisation royaliste ne regroupant que quelques centaines de membres, s'est retrouvée au centre de l'attention médiatique après la vague d'arrestations visant des militants d'extrême droite soupçonnés d'avoir projeté de perpétrer des attentats. Etaient visés des mosquées, des migrants, ou encore des personnalités politiques telles que le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Le cerveau présumé de cette opération, Logan Alexandre Nisin, a en effet été militant de l'organisation royaliste entre 2015 et 2016. 

Dans un communiqué de presse publié dans la matinée du 19 octobre, l'Action Française a souhaité se défendre et précise : «L'Action Française n’a jamais nié que, durant quelques mois, Logan Nisin, en errance idéologique, ait, après de nombreuses autres tentatives de militantisme politique, "trouvé refuge chez les royalistes de l’Action française" [...] Le 4 juillet dernier, après l’interpellation et le placement en détention provisoire du jeune homme, l’Action française, par voie de communiqué, avait fait savoir qu’il avait quitté notre mouvement, le jugeant "trop politique" et "trop consensuel".» L'organisation royaliste affirme également que les agissements de Logan Nisin étaient parfaitement inconnus de ses membres et de ses cadres et invoque «le droit de poursuivre tous médias ou personnalités prétendant le contraire».

D'après l'organisation, «toute [l']histoire [de l'Action française] prouve son refus de l’action terroriste. Elle n’a aucun mort sur la conscience».

AF COMMUNICATIONArrêté le 28 juin dernier, fiché S à la suite de plusieurs actions «coup de poing» menées dans les rangs de groupuscules d’extrême droite, Logan Alexandre Nisin ne faisait pas mystère de ses positions extrémistes sur les réseaux sociaux. «Rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles djihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous !», avait-il notamment écrit sur une page dédiée à Anders Breivik, l'auteur des attentats qui ont fait 77 morts, le 22 juillet 2011 en Norvège.

Accusée par Europe 1 d'avoir «fomenté un attentat» contre Mélenchon, l'AF porte plainte

Quelques heures avant la publication de ce communiqué, la radio Europe 1 publiait un tweet dans lequel elle accusait l'Action Française d'avoir «foment[é] un attentat» contre Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner.

Une accusation qui a vivement fait réagir l'organisation royaliste. Comme l'a confirmé à RT France l'Action Française, une plainte pour diffamation a été déposée le 19 octobre contre la radio. 

Les militants ont d'ailleurs prévenus Europe 1 en publiant des messages sur le fil de commentaires du tweet litigieux.

«Mensonges des médias qui nous assimilent à des terroristes : nous répondons par une procédure judiciaire en diffamation», a de son côté tweeté l'antenne marseillaise de l'organisation, déjà visée par une demande de fermeture de son local par Jean-Luc Mélenchon.

«C’était franchement pas la bande la plus sérieuse qu’on ait arrêtée»

Au sujet de ces projets d'attentats, le ministre de l'Intérieur a confié à France Info «que les cibles n’étaient pas aussi précises que cela et que [les suspects] évoquaient une série de cibles potentielles».

«C’était franchement pas la bande la plus sérieuse qu’on ait arrêtée», a assuré Gérard Collomb.

La garde à vue des dix suspects, prolongée le 19 octobre, est toujours en cours.

https://francais.rt.com/france/44758-sous-projecteurs-apres-projet-attentats-avorte-action-francaise-replique-accusations

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UN DÉPUTÉ "EN MARCHE" RECONNAÎT IMPLICITEMENT LA PERCÉE DES ANALYSES D'ASSELINEAU ET DE L'UPR SUR LA SCÈNE POLITIQUE FRANÇAISE.

UPR - Union Populaire Républicaine

OUTIL COMMUNICATION UPREN S'INDIGNANT QUE MÉLENCHON PLAGIE ASSELINEAU, UN DÉPUTÉ "EN MARCHE" RECONNAÎT IMPLICITEMENT LA PERCÉE DES ANALYSES D'ASSELINEAU ET DE L'UPR SUR LA SCÈNE POLITIQUE FRANÇAISE.
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À en croire tous les grands médias, la scène politique française aurait explosé après l'élection présidentielle :
- d'un côté le parti « En Marche », qui aurait vocation à devenir un mouvement durablement majoritaire, rassemblant tous les prétendus « experts » et tous les politiciens « raisonnables » de droite et de gauche, afin de diriger le pays dans le sens du « toujours plus d’Europe » et « toujours plus de mondialisation ».

- de l'autre côté, une opposition fragmentée entre un Front national en plein déclin après le départ de Florian Philippot et une « France insoumise » dirigée par un Jean-Luc Mélenchon qui attirerait à lui tous les Français « incompétents » et « ignorants » des réalités du monde…

Pour tous les grands médias français, l'avenir serait ainsi tout tracé : d'une part En Marche comme parti quasi-unique de gouvernement, d'autre part France insoumise comme opposition « officielle ».

Tous les grands médias semblent s'être d'ailleurs entendus sur une chose : François Asselineau, ses 332 000 électeurs de la présidentielle (près de 1% quand même) et les 29 000 adhérents de l'UPR n'existent tout simplement pas. Pas une minute de temps de parole ne leur a été consentie depuis le vendredi précédant le 1er tour de la présidentielle.

Seulement voilà : il y a ce que disent les médias ; et il y a ce qui se dit et ce qui se pense dans les têtes.

Or la place de l’UPR ne cesse de grossir parmi les préoccupations des politiciens français de tous les horizons.

C'est ainsi que l'on a vu successivement, au cours des semaines écoulées :

- Florian Philippot claquer la porte du Front national parce qu'il s'est soudain rendu compte, après 7 ans de présence, que le parti dont il voulait prendre la tête n'a jamais eu la volonté de sortir de l'Union européenne de l'euro et de l'OTAN.

Refusant de reconnaître son erreur stratégique, et peu soucieux de nouer des rapprochements, il a décidé de créer son propre parti pour plagier à 98 % de ce que l’UPR et François Asselineau expliquent et proposent aux Français depuis 10 ans et demi…

Comme si les Français de plus en plus nombreux qui font confiance à François Asselineau parce qu’il ne s’est jamais trompé depuis 10 ans, ni sur les analyses, ni sur les propositions, ni sur le positionnement politique, allaient soudain rallier quelqu'un qui reconnaît qu’il s’est trompé de crémerie, dont l’art principal est de plagier, et qui porte la trace indélébile de son passage à l’extrême droite…

- de son côté, Jean-Luc Mélenchon s'est mis à reprendre à son compte lui aussi un nombre de plus en plus important d'éléments d'analyse de l'UPR.

Un jour, il part en guerre contre le drapeau européen ; le lendemain il souligne la responsabilité de l'Union européenne dans les problèmes de la France ; et voilà qu'il s'est attaqué récemment, à l'Assemblée nationale, au coût énorme qu’occasionne notre appartenance à l'Union européenne.

Ce discours sur le coût de notre appartenance à l'UE est tout-à-fait nouveau dans sa bouche et n'est une reprise copiée-collée de nos analyses.

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Ce plagiat de Mélenchon sur les analyses de François Asselineau n’a pas échappé au microcosme politicien.

En particulier, il n'a pas échappé à Ludovic Mendes, député En Marche de la 2e circonscription de Moselle et membre de la commission des Affaires étrangères et européennes de l'Assemblée nationale.

Ce 19 octobre 2017, ce député En marche a envoyé un message Twitter ainsi rédigé : « LA MÉTAMORPHOSE : MÉLENCHON ASSISTE, IMPUISSANT, À SON IRRÉVERSIBLE TRANSFORMATION EN FRANÇOIS ASSELINEAU (OU NIGEL FARAGE). » (cf. notre photo et ce lien : https://twitter.com/ludovicMDS/status/920997475665764352 )

Le propos de ce député En Marche, pris en photo devant une nuée de drapeaux européens où ne figure pas un seul drapeau français, se veut probablement narquois ?

Il n'est pourtant qu’un pathétique aveu.

Cet aveu révèle que les partis politiques mis en avant par les médias - En Marche comme parti unique de gouvernement officiel – et France Insoumise et Front National comme partis d'oppositions officiels - sont en fait rongés de l'intérieur par la montée en puissance inexorable des analyses de François Asselineau et de l'UPR.

Le tweet du député Mendès est un hommage du vice politique, intellectuel et moral de la formation qu’il représente, à la vertu de la clarté et de l’exemplarité des analyses de l'UPR.

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Nous adressons tous nos remerciements à MM. Mélenchon, Mendes et Philippot pour prouver chaque jour un peu plus que les analyses de François Asselineau et de l'UPR sont en train de s'imposer comme élément décisif et structurant de la scène politique française.

Équipe de rédaction de l’UPR
19 octobre 2017

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Laurent Lafforgue, mathématicien : « L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

Brillant mathématicien, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, Laurent Lafforgue a été lauréat de la prestigieuse médaille Fields en 2002 (l’équivalent du prix Nobel en mathématiques). Il est professeur permanent à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES).

ARG EDUCATION CDG CALCULTrès sensibilisé à l’état du système éducatif français, il a coordonné en 2007, avec Liliane Lurçat, la publication de l’ouvrage La débâcle de l’école, fruit d’un colloque sur l’état alarmant de l’école en France et qui a réuni de nombreux enseignants du primaire, du collège, du lycée et de l’université. Un ouvrage passionnant, d’une clarté et d’une précision remarquables que je vous recommande vivement (et qui n’a malheureusement pas du tout vieilli…)

Quelques années auparavant, il avait été nommé en 2005 au HCE (Haut Conseil de l’Education) chargé de préparer le « socle commun » prévu par la loi Fillon. S’étant exprimé de façon ferme contre les experts de l’Education nationale, responsables des réformes mises en place depuis des années qu’il juge catastrophiques, le président du Haut Conseil lui avait alors demandé de démissionner, dix jours à peine après l’installation officielle du HCE.

(...)

[N.B. L'entretien date d'avant l'élection de M. Macron, mais reste d'actualité... NDR]

« L’Education nationale est devenue un vaste mensonge »

 

A partir de 2004, vous vous êtes engagé dans un combat pour la défense de l’école républicaine. Pour quelles raisons ?

Mes parents, mes frères et moi devons beaucoup à l’école, à un système scolaire qui, pendant longtemps, a été d’une très grande valeur et qui nous a permis de faire des études supérieures. Mes parents ont été les premiers, chacun dans sa famille, à pouvoir faire des études longues. Nous sommes en grande partie le produit d’un système scolaire qui nous a appris les enseignements de base, avant de nous donner accès à la culture et à des connaissances de plus en plus fines et complexes.

Il y a presque 10 ans, j’ai été amené à découvrir l’évolution de l’école depuis que je l’avais quittée. J’ai été catastrophé en constatant qu’elle avait changé du tout au tout. Et pourtant, le système était déjà dégradé lorsque j’y étais par rapport à l’époque de mes parents…

En 2004, j’ai signé une pétition pour la sauvegarde de l’enseignement du latin et du grec (qui a d’ailleurs recueilli plus de 70 000 signatures si mes souvenirs sont bons). On m’a demandé de m’exprimer sur ce sujet lors du colloque qui a marqué la fin de la campagne de pétition. C’est à cette occasion que j’ai entendu d’autres professeurs, de lettres notamment, et j’ai été abasourdi. A partir de ce jour là, j’ai décidé d’enquêter en interrogeant des professeurs autour de moi, en collectant des informations, en analysant les manuels… J’ai été effaré par ce que je découvrais. Un monde auquel je devais une grande partie de ce que j’étais était en voie de destruction très avancée.

J’ai alors commencé à intervenir lors de colloques et à rédiger des textes sur le sujet de l’école. Appelé au HCE en 2005, on m’a demandé d’en démissionner au bout de 10 jours en raison de mes propos sur l’état actuel de notre système éducatif et sur la responsabilité de ses instances dirigeantes et de ses « experts ». J’ai continué à prendre publiquement position et à m’engager dans ce combat encore quelques années, puis j’ai souhaité me recentrer sur mes travaux de recherche.

Rétrospectivement, je me rends compte que j’ai été assez naïf dans les premières années de mon engagement ! Ce que je découvrais était tellement absurde que je pensais qu’il suffirait de prononcer quelques phrases de bon sens pour rétablir la situation. Mais je suis revenu de cette illusion… Le problème est venu des plus hautes sphères de l’Education nationale mais aujourd’hui le mal est fait à tous les étages, et l’état d’esprit général nécessaire à l’instruction et à la transmission des connaissances est largement perdu.

La situation est catastrophique et l’inertie est énorme. Ce ne sont plus seulement des écoliers qui ont subi de mauvais enseignements, mais aussi des professeurs issus de ces mauvais enseignements. Comment en sortir ?

Il ne reste plus qu’à soutenir des initiatives à toute petite échelle : des personnalités, des écoles, des associations… Désormais, on peut seulement oeuvrer à ce que des petites flammes continuent de briller ici et là.

Il faut savoir toutefois qu’au moment de ma démission du HCE, j’ai reçu des milliers de réactions de professeurs, parmi lesquels des jeunes, qui dénonçaient l’absurdité du système qu’on leur avait inculqué à travers les IUFM notamment. Ainsi, même parmi ceux qui ont subi un système d’enseignement très dégradé, il existe une conscience partielle de cette dégradation. Certains conservent les moyens d’exercer un esprit critique que la plupart n’ont plus aujourd’hui. Malheureusement cette prise de conscience est très minoritaire dans tous les milieux (professeurs, parents).

Depuis 2007, vous vous exprimez moins sur ces sujets là. Quel regard portez-vous sur les réformes menées sous Nicolas Sarkozy et celles menées actuellement par François Hollande et son ministre de l’Education, Vincent Peillon ?

Globalement, un regard très négatif. La seule chose relativement positive a été la révision par Xavier Darcos des programmes de primaire, meilleurs que les précédents, même s’ils sont loin d’être idéaux. Ils ont le mérite d’être plus concis, plus précis et relativement recentrés sur les enseignements fondamentaux, alors que le programme précédent de primaire comprenait 350 pages, où tout était dit et son contraire, avec des phrases incompréhensibles (même par ceux qui l’avaient écrit, je pense…). Mais ces nouvelles directives se sont heurtées à une résistance de beaucoup d’enseignants.

Il faut bien comprendre que l’on est confronté sans cesse à un mur idéologique. On a persuadé les instituteurs que les méthodes syllabiques par exemple étaient de droite, tandis que la méthode globale était de gauche, ce qui est absurde. Dans d’autres pays, tels que les Etats-Unis, on constate cette même sur-interprétation idéologique.

Dans l’ouvrage La débâcle de l’école, l’ensemble des contributeurs incriminent le constructivisme et dénoncent la déstructuration des enseignements. Pouvez-vous expliquer ces points fondamentaux ?

Le constructivisme est l’idée que l’enfant doit construire lui-même son savoir et que l’on ne doit plus lui dispenser d’enseignement explicite . C’est un point de vue très séduisant pour des universitaires, et j’estime qu’ils ont une grande responsabilité dans le désastre de l’école.

Comme leur métier consiste à élaborer de belles théories sophistiquées, ils oublient trop souvent qu’ils ont commencé par être des enfants et par apprendre des choses simples, qu’ils ont dû apprendre par cœur. C’est ainsi que de fins lettrés peuvent en arriver à estimer que l’orthographe est la science des imbéciles. Beaucoup ont voulu remplacer les enseignements de base, trop simples à leurs yeux, par des choses plus « intelligentes ».

En parallèle, est venue la remise en cause du principe d’autorité du professeur et de l’instituteur dans sa classe. Celui qui prétend disposer de savoirs exercerait un pouvoir abusif sur les enfants.

Quant à la déstructuration, elle concerne le contenu des enseignements. Elle touche à la fois la matière (la grammaire par exemple), la structuration et l’organisation des savoirs. En histoire, on a supprimé la chronologie des événements et en français, l’histoire littéraire. On se contente de coups de projecteur sur telle ou telle période.

On a voulu des enseignements transversaux, beaucoup plus compliqués pour les élèves, et non plus l’étude par éléments : orthographe, conjugaison, grammaire, où, à chaque fois, on partait des choses simples pour aller progressivement vers les choses complexes. On a supprimé tout cela : le principe de progression ou encore le principe de distinction. Certes, il est intéressant de mettre en relation les enseignements à la condition que les bases soient installées, sinon c’est la confusion la plus totale.

On se retrouve avec des élèves qui ont passé 20 à 30 heures par semaine pendant 12 ans à l’école et qui ne savent presque rien. Quel gaspillage ! Les enfants sont noyés sous un flot d’informations mais rien ne s’accroche du fait du défaut de structure. Ils ont entendu parler de beaucoup de choses mais n’ont rien retenu de précis. L’image générale qui se dégage est celle d’une déstructuration générale des enseignements.

Sur quels principes devrait-on se réunir et se baser pour réformer le système scolaire ?

Lors de mon enquête, j’ai été frappé que des gens étonnamment différents se soient retrouvés sur ce constat simple que l’école ne remplissait plus sa mission de transmission des connaissances : des militants d’extrême-gauche et des conservateurs, des catholiques et des libres-penseurs, des gens connus ou de simples citoyens. Le véritable choix politique n’est pas de droite ou de gauche mais celui de la qualité de l’enseignement et celui de l’étendue et de la profondeur des connaissances que nous voulons transmettre.

Le cœur du problème est bel et bien le contenu de ce que l’on enseigne, qui doit obéir à des principes très simples.

Rappelons que la mission première de l’école est l’instruction et non pas la socialisation. C’est l’instruction qui, par bénéfice collatéral, va produire de la socialisation. Jamais l’école n’a été aussi soucieuse qu’aujourd’hui d’engendrer la paix et pourtant elle est beaucoup plus violente que l’ancienne.

Il faut également rappeler la raison d’être  du professeur : il sait des choses que les élèves ne savent pas, et sa mission est de transmettre ses connaissances de la manière la plus efficace possible.

Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, les élèves doivent apprendre véritablement à écrire, ce qui suppose, d’abord, de maîtriser l’orthographe (cela passe par des dictées régulières), la grammaire (qui s’apprend sous forme de règles) et les conjugaisons des verbes, puis de se rompre aux exercices de la rédaction et de la dissertation. Il faut aussi travailler la mémoire par l’apprentissage de textes par cœur.

Le français est à mon avis l’enseignement le plus important au primaire, même dans la perspective des sciences car tout texte scientifique est un genre de rédaction et plus profondément, toute réflexion se construit en écrivant. Les moyens d’expression sont aussi les moyens de formation de la pensée. J’ai reçu de nombreux témoignages de professeurs de mathématiques ou de physique à l’université qui disent que le premier problème de leurs étudiants est le défaut de connaissance de la langue française, leur difficulté à comprendre et à formuler des phrases abstraites, différentes du langage courant oral. Pour un usage plus élaboré de la langue, une connaissance de sa structure, plus réfléchie, est nécessaire. Par ailleurs, l’apprentissage de la grammaire est le premier apprentissage de la logique.

La dégradation de l’enseignement en français a été évoquée à plusieurs reprises sur mon blog, notamment par Loys Bonod, professeur de français. Que pensez-vous de l’enseignement en mathématiques et de l’avenir des filières scientifiques en France ? 

En mathématiques, j’insiste sur l’importance des connaissances élémentaires et de la familiarité avec les nombres : additionner, soustraire, multiplier, diviser. Ces quatre opérations étaient auparavant abordées dès le CP, maintenant seule l’addition y est enseignée. La progressivité doit être celle de la complexité des opérations mises en jeu, et non pas, comme dans les programmes actuels, une succession étalée dans le temps de l’addition puis des trois autres opérations. Il faut apprendre ses tables d’addition, de multiplication, la règle de trois. Un autre apprentissage important est celui de la mesure des grandeurs et le repérage dans l’espace.

Cela semble tout bête mais il faut savoir qu’à l’université, il n’est pas rare que les étudiants ne sachent même pas additionner deux fractions. Il existe un très gros contraste entre le gros des étudiants et une toute petite élite qui bénéficie de la recherche mathématique française qui est d’un très bon niveau. Parmi les jeunes mathématiciens d’aujourd’hui, une proportion importante sont des fils ou filles de mathématiciens. Sauf erreur de ma part, lorsque j’étais à l’ENS, il n’y en avait aucun. Pourquoi ? Parce que, l’école se dégradant, le milieu familial est devenu indispensable pour apprendre !

Les responsables des programmes ont réussi à déstructurer les enseignements mathématiques, à réduire, par exemple, quasiment à néant la géométrie qui est pourtant très formatrice pour l’esprit. Au collège et au lycée, le niveau est très mauvais. Les manuels d’aujourd’hui ne demandent plus de démonstrations. Les cours sont très flous alors que l’un des buts principaux de l’enseignement des mathématiques doit être l’apprentissage du raisonnement et de la rigueur.

De mon point de vue, les anciens humbles problèmes d’arithmétique du certificat d’études primaires étaient de beaucoup préférables aux actuels problèmes de terminale S.

Ils consistaient en une seule question tenant en une phrase qui nécessitait pour sa solution un raisonnement en plusieurs étapes qu’il fallait rédiger. Maintenant l’épreuve de mathématiques en terminale S est constituée de 4 exercices, dont un QCM, et les trois autres sont découpés en de multiples questions, avec souvent des énoncés plus longs que les solutions.

On a prétendu rendre les élèves plus créatifs, faire d’eux des chercheurs dès leur plus jeune âge, mais le résultat est que, quand ils parviennent à l’âge adulte, on ne peut leur demander autre chose que des automatismes, un savoir pré-mâché.

Il existe donc à la fois un problème d’horaires, de contenu des programmes, de méthodes et d’exigence. 

Le contenu est comme je le disais plus haut déterminant, il faut savoir bien le choisir et bien le structurer. De manière générale, l’enseignement doit procéder de l’élémentaire à l’élaboré (et non l’inverse), avec des progressions cohérentes et bien construites. Cela passe par une revalorisation qualitative bien plus que quantitative.

Ensuite, il faut cesser de prétendre que l’élève est capable de « construire » seul ses savoirs ou d’analyser d’emblée des situations complexes pour en tirer des éléments particuliers utilisables. Cela n’a pas de sens d’inviter les enfants et les jeunes à s’exprimer eux-mêmes sans leur avoir appris à maîtriser la langue. Cela n’a pas de sens de les appeler à la créativité sans leur avoir transmis ni technique ni culture. Il faut au contraire mettre les élèves en situation d’appréhender des notions fondamentales à partir de la culture et du savoir tels qu’ils ont été patiemment construits et reconstruits au cours des siècles – sans oublier néanmoins de leur laisser une marge d’initiative, de réflexion et d’exploration. Il ne s’agit pas de ne faire que des cours magistraux, mais de faire participer les élèves et de multiplier les façons d’enseigner.

Il faut également revenir à des apprentissages systématiques : en mathématiques : les nombres et leurs opérations, la géométrie, les énoncés rigoureux, les démonstrations, et en français : la grammaire, l’orthographe, les conjugaisons, les listes de vocabulaire, les rédactions, les dissertations – toutes choses qui ont été de plus en plus délaissées depuis au moins trente ans, réforme après réforme, à un point hallucinant.

Concernant les méthodes, il est temps de reconnaître que certaines sont meilleures que d’autres. Ainsi, concernant la lecture et l’écriture, la méthode alphabétique syllabique est bien plus efficace que les méthodes globales ou dites semi-globales. Pourquoi ne pas mettre en place un organisme indépendant de toutes les structures de pouvoir de l’Éducation nationale, spécialement chargé de ces comparaisons et évaluations entre les méthodes ?

J’ai rencontré une institutrice qui avait d’abord utilisé plusieurs années une méthode « semi-globale », avant de la remettre en cause et d’utiliser la méthode syllabique. Dès la première année, elle a obtenu des résultats bien meilleurs et à la fin de l’année, tous ses élèves savaient lire et écrire correctement alors que ce n’était pas le cas les années précédentes. Elle est allée voir les parents de certains de ses anciens élèves, leur a déclaré avoir pris conscience d’avoir mal enseigné ces enfants en utilisant de mauvaises méthodes et a proposé de reprendre à zéro leurs apprentissages de base, en plus de son travail normal, pour réparer les erreurs commises.

Il existe également un problème d’horaires. Il y a eu une diminution vertigineuse des horaires en français et en mathématiques en 50 ans. Avant 1960, il y avait par exemple 15 heures de français en CP, aujourd’hui, il y en a 9. Or le français est, rappelons-le, une priorité absolue. Quant à un élève de terminale S, il a perdu plus d’une année de mathématiques par rapport à un terminale C d’il y a 30 ans.

Or, il faut un minimum d’heures pour transmettre correctement les savoirs. La réforme actuelle sur les rythmes scolaires est loin d’aller dans le bon sens puisque les volumes horaires restent inchangés. Je pense qu’il serait plus judicieux d’avoir davantage de jours d’école mais avec des journées plus courtes et d’autres activités l’après-midi. Je pense qu’il faudrait également rétablir les études assistées en primaire qui étaient très importantes et très bénéfiques.

Il y a aussi le problème de la perte d’autorité des professeurs. Comment la rétablir ?

Dans l’ouvrage sur La débâcle de l’école, un chapitre est consacré à la vie au jour le jour de professeurs qui rencontrent des situations impossibles, sans pouvoir de sanction, qui les empêchent d’enseigner, au détriment de tous les élèves. Résultat : tout le monde coule…

Ces incivilités, intimidations et violences dont les professeurs et les élèves qui voudraient travailler sont la cible dans beaucoup d’établissements, n’ont pris une grande ampleur qu’à la faveur de décisions structurelles qui ont affaibli l’autorité des enseignants, et corrélativement, ont mené à une réduction du nombre des surveillants et des adjoints d’enseignement.

On a voulu remettre en cause l’autorité des professeurs, comme une concession faite aux enfants, pour rééquilibrer la balance des pouvoirs. Mais les élèves en sont les principales victimes.

L’École ne peut bien fonctionner que si les instituteurs et les professeurs sont respectés et si leur autorité est solidement établie. Par exemple, le passage à la classe supérieure ne doit être apprécié que par des personnes qui ont compétence pour cela, à savoir les professeurs. Les parents ne peuvent avoir qu’une voix consultative.

Par ailleurs, il est nécessaire que, dans la société, et particulièrement dans les familles, l’étude soit valorisée dans l’esprit des enfants, et que ceux-ci puissent prendre conscience que l’École est destinée à leur apporter les meilleures chances. Par exemple, il est important que, dans les familles, les parents veillent à ce que les enfants ne tombent pas sous l’empire de la télévision, des jeux vidéo ou des ordinateurs, et qu’ils les encouragent à apprendre et à étudier.

Enfin, je pense que les enseignants doivent retrouver une très grande liberté dans leurs choix pédagogiques et qu’ils doivent être évalués, c’est-à-dire inspectés et notés, uniquement d’après la progression et les résultats de leurs élèves, et en aucune façon d’après la conformité de leurs méthodes avec les dogmes de l’Éducation nationale.

Vous estimez que les principaux responsables de cette débâche sont les experts de l’Education nationale. Mais comment une telle dégradation a-t-elle pu se propager sans plus de résistance de la part des professeurs et des parents ?

Je ne sais pas, je suis très étonné que les professeurs et les parents n’aient pas davantage résisté.

L’Education nationale est devenue un vaste mensonge, accepté par la plupart des gens. Les enfants ne se rendent pas compte (ou alors une minorité) qu’on leur enseigne mal, et les parents sont contents du moment que leurs enfants passent dans la classe supérieure et ont de bonnes notes. Je caricature, mais à peine.

D’autre part, il faut comprendre que ces réformes ont été menées au nom du Progrès, de la Modernisation. Le pédagogisme a été présenté comme scientifique. Comment résister à cela ? On se sent coupables de lutter contre ce qui est présenté de cette façon, d’où peut-être cette passivité, ce manque de résistance…

Enfin, les Français sont plus soumis qu’on ne le pense aux fonctionnaires, ce qui est revêtu de l’autorité de l’Etat provoque peu de résistance.

Cependant certains instituteurs et professeurs se sont rendu compte que les résultats de ces réformes étaient déplorables alors qu’ils s’étaient lancés dans l’enseignement pleins de confiance dans leur hiérarchie et dans les méthodes modernes. Ceux qui avaient conservé un esprit critique ont exprimé naïvement à leur hiérarchie leur désarroi et leurs doutes. Mais la simple expression de leurs doutes leur a souvent valu de se voir mis au ban de l’école, ce qui n’a fait qu’augmenter leur méfiance. Certains ont même été « persécutés » de façon brutale.

Comment résister en tant que parent, une fois que l’on a fait ce triste constat de l’abaissement du niveau et des exigences  ?

A mon avis, la solution ne viendra pas de l’école privée sous contrat qui souffre des mêmes maux que l’école publique, mais plutôt des écoles hors contrat, indépendantes de l’Etat. Beaucoup proposent un très bon enseignement et elles ne cessent de se développer.

Internet a joué un rôle important dans la résistance à la destruction de l’école car a permis de mettre en contact des professeurs, instituteurs ou parents qui étaient devenus conscients de cette destruction, qui voulaient réagir mais qui, souvent, se trouvaient isolés.

De plus en plus de parents cherchent à fonder leur école pour offrir à leurs enfants un enseignement de bonne qualité, mais c’est un parcours long et compliqué et qui suppose de lourds sacrifices financiers.

Je connais des institutrices et instituteurs qui ont décidé de quitter l’Education nationale et de créer leur école pour pouvoir enseigner correctement et être en paix avec leur conscience. De bonnes volontés existent. Nombreux sont les professeurs et les instituteurs remarquables de dévouement mais, pour se lancer dans de telles initiatives, il faut aussi une grande force intellectuelle et morale.

Une autre stratégie adoptée par certains parents est de recommencer l’école le soir. Leurs enfants ont donc école deux fois, l’école en journée est considérée comme une activité de socialisation, pour voir les copains, et l’école en fin de journée est faite pour transmettre les savoirs. Mais cela implique une fatigue énorme pour les parents et pour les enfants. De plus, ce n’est pas à la portée de tous les parents.

Enfin, il est nécessaire d’utiliser de bons manuels classiques. Parmi les initiatives de résistance menées ces 10 dernières années, on peut signaler le travail remarquable mené par l’éditeur Jean Nemo, fondateur de La librairie des écoles qui propose des manuels de grande qualité.

Je trouve que c’est l’une des initiatives les meilleures de ces dernières années, avec la Fondation pour l’école d’Anne Coffinier qui soutient la création et le développement d’écoles indépendantes (NDLR : il en existe environ 500 en France : des écoles confessionnelles ou non, des écoles Montessori, des écoles appliquant la pédagogie Steiner…Elles sont recensées dans cet annuaire).

Aux parents d’essayer de faire ce qu’ils peuvent, même si ce n’est pas parfait. Ils réparent un peu le désastre mais ils ne peuvent malheureusement pas remplacer à eux seuls un système scolaire entier.

On a justifié les réformes par un souci d’égalité des chances. Mais l’on constate que les inégalités n’ont jamais été aussi élevées.

Les réformes menées depuis les années 70 ont effectivement été justifiées par l’obsession de l’égalité et du social. On a dit que l’école deviendrait plus juste, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de voir les filières et les écoles où on délivre encore une véritable instruction, elles recrutent plus que jamais dans les milieux favorisés. L’itinéraire que mes parents issus de milieux modestes ont suivi n’existe plus. Or, seule une nourriture intellectuelle de qualité éveille l’esprit des élèves doués pour cela, et ce, dans toutes les classes sociales. Quand l’école ne les nourrit pas, les élèves ne peuvent plus compter que sur leur environnement familial.

L’égalité des chances a donc pris un énorme coup.  On a rabaissé les programmes et les niveaux d’exigence au nom des « nouveaux publics » notamment. Mais c’est un contre-sens total. Un enfant qui apprend n’enlève rien à aucun autre. C’est pourquoi le principe d’égalité ne doit jamais être invoqué pour abaisser les programmes et les niveaux d’exigence. Il ne doit pas plus être invoqué pour empêcher de créer, à partir du collège, des filières diversifiées, les unes plus abstraites où les élèves manifestant le plus d’ardeur et de dons pour le travail intellectuel recevraient un enseignement à la mesure de ce qu’ils peuvent apprendre, les autres où les élèves manifestant davantage d’aptitudes manuelles ou artistiques (voire sportives) recevraient une formation adaptée susceptible de leur redonner le goût de l’étude, et soigneusement construite pour prendre plus tard une véritable valeur sur le marché de l’emploi.

Enfin, le principe d’égalité ne doit pas non plus empêcher l’évaluation des élèves ; au contraire, il est d’autant mieux respecté que les élèves sont évalués suivant des règles claires pour tous, à savoir qu’on obtient de bonnes notes si on apprend bien et de mauvaises notes si on apprend mal.

Tant que l’Éducation nationale sera très centralisée et quasiment impossible à réformer en raison de ce mur idéologique que vous évoquiez, les choses peuvent-elles vraiment changer. Quelle organisation imaginer ?

L’organisation est importante mais elle n’est pas le plus important. Le problème du système éducatif n’est pas tant un problème de moyens, ni d’organisation, que d’état d’esprit.

Je ne pense pas que les problèmes actuels disparaîtraient si l’éducation était décentralisée. Je crains que si un dispositif tel que le chèque éducation se mettait en place, les organisations commerciales s’y engouffreraient avec la même démagogie. Il suffit de voir tout le monde applaudir lorsqu’un directeur équipe son école d’ordinateurs, comme si cela allait régler quoi que ce soit. Personnellement, je freine des quatre fers à l’entrée du numérique à l’école. Je n’y suis pas absolument opposé, mais à la condition que les élèves maîtrisent déjà parfaitement l’écriture, la lecture et toutes les connaissances de base et qu’ils aient déjà acquis une maturité certaine. Au lycée, ce qui serait judicieux serait de développer un enseignement sérieux de la programmation qui possède une véritable valeur intellectuelle.

Je pense que le système scolaire actuel ne sait plus faire la différence entre les âges. C’est ainsi que l’on se retrouve à introduire l’informatique ou la philosophie en primaire…

L’école, le collège ou même le lycée n’ont pas à courir après les derniers développements de la technique ou de la science, ni après les dernières évolutions de la société. L’École est amenée à évoluer pour inclure des nouveaux acquis fondamentaux du temps présent ; mais elle doit le faire lentement, après longue et mûre réflexion, en se gardant des effets de mode.

Vous estimez que l’école n’est pas seule en crise et que le débat sur l’école républicaine nécessiterait un débat public plus large sur la place accordée par la société française au savoir et à la culture. Qu’entendez-vous par là ?

La destruction de l’école est venue en partie des universitaires, détenteurs de savoirs qu’ils auraient dû défendre. Cela signifie que les intellectuels de notre temps ont des doutes très profonds sur la valeur de ce qu’ils font.

Par ailleurs, en France, tout le monde se dit favorable à la culture et à la science, alors que la culture anglo-saxonne est davantage teintée d’anti-intellectualisme, et pourtant, on est sidéré par la différence de traitement accordé à nos universités et aux grandes universités américaines ou anglaises. Les Anglais et les Américains, même s’ils ne leur laissent qu’une petite place, ont su créer des îlots de savoir remarquables, alors que nous, qui sommes censés honorer la culture, traitons nos campus universitaires de la pire manière possible. Il y a plus de Prix Nobel qui sortent de Cambridge que de la France et de l’Allemagne réunies. On mesure la distance entre ce que disent nos élites et ce qu’elles font.

D’autre part, il suffit de comparer la vie intellectuelle française contemporaine par rapport à celle de la première moitié du 20ème siècle pour constater que la différence est abyssale. Il y a un assèchement d’un certain terreau. Certes il y a quelques décennies, une minorité d’élèves allait au lycée mais elle bénéficiait d’une étude très poussée des langues classiques et des grands auteurs, qui constituaient pour eux des exemples. Le standard de qualité est aujourd’hui perdu : la qualité de la production éditoriale actuelle est inversement proportionnelle à la quantité de livres publiés. Désormais tout le monde estime avoir des choses intéressantes à dire, personne n’est plus capable de s’évaluer justement soi-même et de s’abstenir de publier ce qui ne mérite pas de paraître, le volume de la production éditoriale rend impossible de reconnaître ce qui a de la valeur, ce qui signifie que nous avons une censure d’un genre nouveau, la censure par ensevelissement sous la masse.

NDLR : Vous pourrez retrouver l’ensemble des documents que Laurent Lafforgue a recueillis sur l’école, des textes sur l’éducation qu’il a rédigés et des interviews qu’il a données sur son site (ainsi que ses travaux scientifiques bien évidemment). Une mine d’informations…(personnellement, j’y ai passé des heures et des heures).

http://www.en-aparte.com/2013/06/28/laurent-lafforgue-mathematicien-leducation-nationale-est-devenue-un-vaste-mensonge/

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Non à l’autorisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles », le #sulfoxaflor !

Alors que les Etats généraux de l’alimentation battent leur plein, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Environnementale (ANSES) vient d’accorder en tout discrétion une autorisation d’utilisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles » de la famille des néonicotinoides.

ACT SULFAX MAFIACette décision est inacceptable et incompréhensible* car les parlementaires ont adopté, il y a plus d’un an, le principe d’une interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2018. Accorder une nouvelle autorisation comme le fait l’ANSES est donc une décision qui arrive à contre-temps et méprise les objectifs inscrits dans la loi.

LE SULFOXAFLOR… HAUTEMENT TOXIQUE POUR LES ABEILLES !

L’Agence européenne de sécurité sanitaire (peu connue pour sa proximité avec les écologistes…) a pourtant qualifié l’insecticide de « hautement toxique pour les abeilles ».

Alors… :

  • qu’une nouvelle étude vient de confirmer que 80% des insectes auraient disparu en Europe en 30 ans,
  • qu’une autre enquête a mis en évidence la contamination de la quasi-totalité des miels aux insecticides néonicotinoides,

… l’autorisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles » est scandaleuse !

Chaque année, ce sont 300 000 colonies d’abeilles domestiques et des pans entiers de populations d’insectes pollinisateurs sauvages qui disparaissent en France, effondrement essentiellement dû à l’utilisation des pesticides en général et aux insecticides « tueurs d’abeilles » en particulier.

Interpellez le ministre de l’Agriculture et celui de l’Ecologie afin d’obtenir le retrait immédiat de ce nouvel insecticide, le sulfoxaflor.


https://stop-sulfoxaflor.agirpourlenvironnement.org/

Nonausulfoxaflor_FB

Voir aussi:

L’Europe autorise un nouveau pesticide toxique pour les abeilles

Le Sulfoxaflor, pesticide autorisé en Europe depuis juillet, vient d’être interdit dans une grande partie des Etats-Unis suite à une plainte des associations de protection de l’environnement et des pollinisateurs, à cause de ses dégâts alarmants sur les abeilles. Les autorités sanitaires européennes laissent pourtant deux ans à l’agrochimie pour prouver le contraire : deux ans pendant lesquels le produit sera commercialisé, et les abeilles décimées.

En juillet dernier, la Commission européenne autorisait l’utilisation d’un nouveau pesticide sur les cultures en Europe, le sulfoxaflor. Cette nouvelle substance active est un insecticide neurotoxique très similaire à l’action des pesticides néonicotinoïdes. Une autorisation étonnante compte tenu du moratoire en cours sur trois néonicotinoïdes (Clothianidine, Thiametoxame, et Imidaclopride), notoirement responsables de la disparition massive des abeilles en Europe et dans le monde.

Autorisation encore plus surprenante au regard du rapport de l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne chargée d’évaluer la toxicité des substances pour décider de leur mise sur le marché : l’institution émet un avis positif… tout en reconnaissant « un risque élevé pour les abeilles »…

Quand la porte se ferme, l’industrie agrochimique passe par la fenêtre

Petit rappel. En 2013, trois substances sont rendues coupables par des centaines d’études scientifiques indépendantes de décimer les populations d’abeilles. Face à ce constat, et poussée par les associations et les citoyens, la Commission Européenne décide d’interdire partiellement et provisoirement ces substances : un moratoire qui prend fin en décembre prochain.

Une fois encore, l’industrie a un coup d’avance. Elle obtient la mise sur le marché de nouvelles substances très proches des néonicotinoïdes, encore sous-étudiées par la communauté scientifique, mais dont même les autorités sanitaires reconnaissent la dangerosité pour les abeilles.

Le sulfoxaflor : un nouveau pesticide toxique pour les abeilles autorisé en Europe - Photo : S. Caza

Le sulfoxaflor : un nouveau pesticide toxique pour les abeilles autorisé en Europe – Photo : S. Caza

 

L’EFSA a annoncé qu’elle donnait deux ans à Dow AgroSciences, l’entreprise qui commercialise le sulfoxaflor, pour prouver son innocuité sur les abeilles. Il s’agit donc d’autoriser un produit, de le laisser faire des dégâts irréparables sur les pollinisateurs et l’environnement, et faire ce constat dans deux ans et le retirer du marché…

Abeilles décimées aux Etats-Unis, le sulfoxaflor interdit

Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu aux organisations apicoles et citoyennes américaines pour faire reconnaître la dangerosité du sulfoxaflor, et faire annuler son autorisation de mise sur le marché.

En 2013, l’EPA, l’autorité sanitaire américaine, autorisait cette substance sans en analyser l’impact sur les abeilles. Apiculteurs, citoyens, et défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme, et s’organisent pour attaquer la décision de l’EPA en justice.

Un procès qu’ils viennent de remporter, puisqu’une cour d’appel américaine vient de faire annuler l’autorisation de mise sur le marché du sulfoxaflor, en estimant que l’EPA avait violé la loi fédérale en autorisant cette substance sans disposer d’études sur son impact sur les abeilles.

Gagnons deux ans pour nos abeilles

De toute évidence, la procédure suivie par l’EFSA en Europe est tout aussi irrégulière que celle de son homologue américaine l’EPA.

A moins d’une mobilisation rapide et massive, le scénario américain laisse présumer de ce qu’il va se passer dans les deux prochaines années : le sulfoxaflor sera utilisé massivement sur les cultures, causant des dégâts irréparables sur les abeilles et autres pollinisateurs essentiels pour l’agriculture, les apiculteurs vont tirer la sonnette d’alarme, suivis par les citoyens, les scientifiques, les associations concernées… Il faudra se battre pour obtenir le retrait de ces pesticides, l’industrie agrochimique, qui aura engrangé des bénéfices sur un pesticide reconnu comme dangereux dès le départ, résistera avec la force qu’on lui connait et en 2017, lorsque l’EFSA demandera des comptes, s’engagera une bataille scientifique comme celle qui est actuellement en cours concernant les trois autres néonicotinoïdes en passe d’être interdits.

(...)

Références :

EFSA (European Food Safety Authority), 2014. Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance sulfoxaflor. EFSA Journal 2014;12(5):3692, 170 pp. doi:10.2903/j.efsa.2014.3692
Data gaps were identified in the Section on ecotoxicology. With the available assessments a high risk to bees was not excluded for field uses. A high long-term risk was indicated for the small herbivorous mammal scenario for field uses in vegetables and in cotton.

Décision de la cour d’appel américaine : http://earthjustice.org/sites/default/files/files/sulfoxaflor-opinion.pdf

Fiche technique du sulfoxaflor : http://www.mda.state.mn.us/chemicals/pesticides/regs/~/media/Files/chemicals/reviews/nair-sulfoxaflor.pdf

http://www.pollinis.org/shame-europe/


 

BASE 14 995X225*"Cette décision est inacceptable et incompréhensible" : seulement pour ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne l'Union européenne, et notamment les manoeuvres des puissants lobbies, faute de pouvoir se mettre d'accord entre états ayant des intérêts nationaux et des agendas divergents. Alors bien sûr, on peut signer des pétitions, interpeler des élus, organiser des manifestations, tout cela n'est pas inutile, mais il faudra bien un jour aller plus au fond des choses: interroger la validité même d'une construction européenne qui fait la preuve année après année, de son incapacité à protéger les populations, tant en matière économique qu'environnementale. Nicolas Hulot mange déjà son chapeau, comme tant d'autres avant lui...

P.G.

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jeudi 19 octobre 2017

L’Europe choquée après l’assassinat d’une journaliste à Malte

MALTE (paradis fiscal de l'Union européenne)

ACT MAFIA DELPHINEL’assassinat de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation maltaise notamment à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, provoque une vague d’indignation en Europe.

Daphne Caruana Galizia était la journaliste la plus engagée dans la lutte contre la corruption à Malte. Elle avait été impliquée dans les révélations des Panama papers. Son blog, Running Commentary, était considéré par de nombreux journalistes comme la meilleure source d’information sur son pays.

Elle a été assassinée juste après avoir posté un dernier article sur son blog, dans lequel elle estimait la situation « désespérée » et reformulait des accusations contre des personnalités importantes du gouvernement, lorsque sa voiture a explosé. La force de l’explosion a projeté hors de la route son véhicule, qui a fini réduit en miettes dans un champ.

Dans la soirée, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de La Valette, lors d’une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste.

« Tout le monde sait que j’ai été vivement critiqué par Mme Caruana Galizia, à la fois politiquement et personnellement », a rappelé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (centre gauche), lors d’un point de presse durant lequel il a dénoncé un acte « barbare » et ordonné aux forces de l’ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que son ou ses auteurs soient traduits en justice.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression », a-t-il déclaré. « Je n’aurai de cesse que justice soit faite. »

Selon Malta Television, la journaliste aurait averti la police qu’elle était visée par des menaces de mort il y a deux semaines, sans donner davantage de précisions.

Début juin, Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d’élections législatives anticipées convoquées à la suite d’une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. La journaliste avait joué un rôle central dans cette affaire.

Michelle Muscat, l’épouse du Premier ministre, a ainsi été accusée d’avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l’Azerbaïdjan en échange de l’autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. Le chef de cabinet du Premier ministre et son ministre à l’Énergie avaient aussi été accusés de détenir des sociétés-écrans non déclarées au Panama. Ils ont tous deux été défendus par Joseph Muscat.

« Le plus gros mensonge de l’histoire politique maltaise », avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d’une enquête qu’il a lui-même réclamée.

D’autres États européens soupçonnent en outre les services financiers maltais de  faciliter l’évitement fiscal. Les autorités allemandes enquêtent actuellement sur quelque 2 000 firmes maltaises ayant des liens avec des entreprises allemandes.

La sphère politique européenne n’a pas tardé à réagir à l’assassinat de Daphne Caruana Galizia. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, s’est ainsi déclaré « choqué et scandalisé » : « si les journalistes sont réduits au silence, notre liberté est perdue », a-t-il tweeté.

Le commissaire européen maltais Karmenu Vella (pêche et environnement) a pour sa part dénoncé « une attaque contre notre démocratie ».

Les drapeaux devant la Commission sont en berne en mémoire de la journaliste.

Joseph Daul, qui dirige le Parti populaire européen (PPE) a salué « une des meilleures journalistes d’investigation» et a encensé son travail sur les Panama papers, qui ont fait du monde « un endroit plus transparent et plus juste ».

Même choc du côté du groupe GUE/NGL. L’eurodéputé allemand Fabio De Masi (Die Linke) s’est souvenu du travail de Daphne Caruana Galizia dans le cadre de la commission PANA sur le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et l’évitement fiscal.

Sven Giegold, du groupe Verts/ALE, également membre de la commission PANA, a estimé que la journaliste « avait joué un rôle d’une importance cruciale avec ses dénonciations sérieuses sur le blanchiment d’argent et la corruption à Malte, qui ciblaient notamment des personnalités importantes du gouvernement ».

« Il est trop tôt pour savoir la cause de l’explosion, mais nous nous attendons à une enquête minutieuse, a-t-il ajouté.

http://www.euractiv.fr/section/medias/news/murder-of-maltas-top-investigative-journalist-provokes-shock-and-outrage/


La belle hypocrisie que voilà! Le premier ministre maltais et la "sphère politique européenne" se disent indignés et choqués. Les larbins de l'oligarchie versent des larmes de crocodiles (et parmi eux, sans doute, les commanditaires de cet assassinat) dans l'indifférence générale, comme d'habitude. D'autres sont sincèrement peinés, sans réaliser sans doute que leur soutien à un édifice conçu pour une oligarchie impitoyable peut avoir ce type de conséquences: on ne s'attaque pas impunément à un paradis fiscal et à des politiciens corrompus.

Elle s'appelait Daphne Caruana Galizia, et on ne l'oubliera pas.

BASE 14 995X225P.G.

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Emmanuel Macron accepte de faire de la Creuse un laboratoire de l'hyperruralité

Quinze jours après les gaz lacrymogènes d'Egletons ou le "bordel" d'Egletons, selon la terminologie présidentielle, Emmanuel Macron a offert les ors de la République aux élus de la Creuse. Il leur a  accordé une quarantaine de minutes à l'Elysée mardi matin et a validé le principe d'un "plan de revitalisation" expérimental  pour le département

creuse3-3316153Le dossier GM & S a été abordé mardi, à l’Elysée, mais il n’était pas au centre de la rencontre entre Emmanuel Macron et une délégation d’une vingtaine d’élus de la Creuse, conduite par le député LREM Jean-Baptiste Moreau.

Après un rendez-vous manqué, il y a quinze jours, à Égletons (Corrèze),  où les élus creusois et les salariés de GM & S avaient été repoussés rudement par les forces de l’ordre, cet entretien avec le chef de l’État a été unaniment jugé « constructif ».
Même Michel Vergnier (PS), maire de Guéret et président de l’ Association des maires de la Creuse, qui avait proposé une riposte après Égletons, en convient : « Nous avons eu un vrai échange avec le Président ». Les élus creusois sont allés à l’Elysée avec un projet de plan de revitalisation pour leur département.

Valérie Simonet (LR), présidente de Conseil départemental, se réjouit de la réponse apportée : « Le président de la République nous dit Bingo ! Écrivez-moi une feuille de route avec les axes forts sur lesquels le gouvernement pourra vous accompagner ».

Jean-Baptiste Moreau confirme : « Le président a tracé une voie avec des mesures concrètes pour permettre de recréer de l’emploi sur le territoire et au-delà pour faire de la Creuse un exemple de développement des zones hyer rurales ». 
Sous l’autorité du préfet et d’un délégué interministériel, les Creusois doivent rendre une copie « innovante » avant le 31 décembre. « Et si ça marche, ces mesures pourront être étendues à d’autres territoires hyperruraux », insiste le député LREM de la Creuse. 

Julien Rapegno

http://www.lamontagne.fr/gueret/ruralite/politique/2017/10/17/emmanuel-macron-accepte-de-faire-de-la-creuse-un-laboratoire-de-l-hyperruralite_12594041.html


Merci not' bon maître! Les représentants des gueux sont les ravis de la crèche (un peu en avance), et nous les gueux, on est bien rassurés par tous ces commentaires réconfortants. On va- t- y l'avoir not' ligne tgv La Souterraine- Ussel? Pour transporter les fainéants là où y a du boulot.

Participez au grand jeu de la "copie novatrice" pour une Creuse 2.0! Adressez- nous vos idées! On les fera suivre à Jean- Baptiste et à ses copains.

BASE 14 995X225

P.G.

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Madrid pourrait entamer la procédure de suspension de l'autonomie de la Catalogne dès le 19 octobre

La numéro 2 du gouvernement espagnol a confirmé le 18 octobre que Madrid chercherait à suspendre tout ou partie de l'autonomie de la Catalogne si les séparatistes ne renonçaient pas à déclarer l'indépendance dans les 24 heures.

59e7100d488c7bd3028b4568Soraya Saenz de Santamaria, vice-présidente du gouvernement espagnol, a prévenu que si la demande du gouvernement au président séparatiste catalan n'était pas satisfaite, Carles Puigdemont provoquerait l'application de l'article 155 de la Constitution, qui permet de suspendre l'autonomie de la Catalogne.

«La seule chose que je demande à Carles Puigdemont est qu'il agisse avec bon sens et équilibre», avait auparavant déclaré le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, lors de la même session parlementaire.

«Nous espérons que, dans les heures qui viennent, [...] vous répondrez avec la clarté que tous les citoyens exigent», avait-il ajouté dans une lettre adressée à Carles Puigdemont.

Jusque-là, le gouvernement avait laissé entendre que l'option de la suspension d'autonomie n'était pas la seule sur la table, envisageant d'autres scénarios, notamment parce que la mise en œuvre de l'article 155 est complexe.

L'Espagne est un pays extrêmement décentralisé et la Constitution adoptée en 1978 confère aux 17 régions, les «Communautés autonomes», des pouvoirs étendus, en matière de santé et d'éducation par exemple, auxquels elles tiennent beaucoup.

L'article 155, qui ne peut être déclenché que par une majorité absolue de sénateurs, permettrait donc au gouvernement central de prendre le contrôle direct de tout ou partie des compétences déléguées : police, finances, éducation, etc.

Mariano Rajoy avait déjà suggéré qu'en cas de déclaration d'indépendance, qu'elle soit immédiate ou différée, le gouvernement pourrait suspendre l'autonomie de la région. Une mesure qui avait été appliquée en 1934 après la proclamation d'un «Etat catalan de la république fédérale espagnole». Celle-ci avait été suspendue sous la dictature franquiste (1939-1975).

Cette décision risque de choquer d'autant plus localement que c'est justement autour du débat sur les compétences de la Catalogne, meurtrie par l'annulation partielle par la justice en 2010 d'un statut lui conférant de très larges pouvoirs, que s'est nouée la crise actuelle.

Madrid a donné un ultime délai, jusqu'au 19 octobre 10h, au président séparatiste de Catalogne pour qu'il revienne à la légalité, après son refus de dire clairement le 17 octobre s'il renonçait à une déclaration unilatérale d'indépendance.

https://francais.rt.com/international/44695-madrid-pourrait-entamer-procedure-suspension-autonomie-catalogne

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La Fondation Clinton refuserait de rendre les 100 000 euros de dons d'Harvey Weinstein

Alors que le scandale de harcèlement sexuel d’Harvey Weinstein fait rage, les associations caritatives se demandent si elles doivent restituer les dons de l’agresseur présumé. La fondation Clinton aurait confié vouloir conserver les fonds reçus.

59e4b671488c7b20398b4567Que feront les bonnes œuvres ou les fondations des encombrantes sommes qu’a données le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel par une quarantaine d’actrices et de jeunes femmes ? Selon le Daily Mail, la fondation Clinton aurait déjà dépensé la somme que lui avait offert le magnat du cinéma, soit au moins 100 000 dollars, et ne compterait pas les rembourser. 

Depuis le scandale déclenché par les révélations de victimes présumées d'Harvey Weinstein, la décision de la fondation Clinton au sujet des donations du producteur était très attendue. Vice-présidente de la fondation, Chelsea Clinton, la fille de Bill et Hillary Clinton, aurait décliné les questions du reporter du Daily mail qui souhaitait l’interroger alors qu’elle assistait le 15 octobre à une rencontre de la fondation à la Northeastern Université à Boston. 

Le Daily Mail annonce en revanche avoir réussi à interroger un porte-parole de la fondation qui lui aurait confié que l’organisation ne rendrait pas la somme, estimée entre 100 000 et 250 000 dollars. Le dernier don du producteur aurait été fait en 2014. Il aurait servi à financer des programmes de la fondation et autres opérations caritatives, comme sur les traitements contre le virus du Sida ou l’aide aux femmes ou aux petites filles.

Les réactions sur Twitter ne se sont pas fait attendre, évoquant de l'argent sale ou la nécessité de rétrocéder la somme.

La fondation Clinton a été plusieurs fois la cible de controverses en acceptant des sommes de l’étranger.

Durant les élections américaines en 2015, alors qu’elle était encore secrétaire d’Etat, Hillary Clinton avait accepté des donations de gouvernements étrangers comme le Qatar, destinés à sa fondation. En 2006, la fondation avait par ailleurs accepté 25 000 dollars d'une fondation dirigée par Jeffrey Epsteinqui avait été arrêté l'année précédente après un dépôt de plainte concernant un abus sexuel présumé en Floride dont aurait été victime une mineure de 14 ans.

Dans une interview à la chaîne américaine CNN le 11 octobre, Hillary Clinton, qui avait bénéficié pour sa campagne présidentielle de dons du producteur américain, avait déclaré : «Mes collègues [du parti démocrate] ont annoncé qu'il allaient reverser cet argent à des associations, bien sûr je vais faire de même.»

https://francais.rt.com/france/44636-fondation-clinton-refuserait-rendre-250-millions-dollars


 

Bizarre, on n'en a pas trop parlé dans nos médias bien- pensants, soutiens indéfectibles du clan Clinton pendant l'élection présidentielle américaine. Que du beau monde autour de cette femme admirable, qui, elle, savait s'entourer, contrairement à ce rustre de Trump...

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Elections en Autriche : encore des soucis pour Bruxelles

Pour Pierre Lévy, du magazine Ruptures, la victoire de la droite conservatrice et le score important du FPO aux élections législatives du 15 octobre, bien qu’attendus, n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens.

ARG AUTRICHE RUPTURESLes électeurs autrichiens étaient appelés aux urnes le 15 octobre pour des élections législatives anticipées. 70% des 6,4 millions d’inscrits s’y sont rendus, soit une participation en hausse de 2,4 points par rapport à 2013.

La forte progression du Parti populaire (ÖVP, droite conservatrice) et celle du FPÖ (généralement classé à l’extrême-droite) étaient attendues. Elles n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens qui, il y a quelques mois encore, fêtaient la victoire de l’ex-écologiste Alexander Van der Bellen (53,8%) sur son concurrent du FPÖ, Norbert Hofer (46,2%) lors du second tour de la présidentielle de décembre 2016. Tant à Bruxelles qu’à Paris et à Berlin, on avait alors fort imprudemment salué ce signal censé annoncer partout un retour de flamme populaire en faveur de l’UE et une baisse de l’«euroscepticisme»

Eurosceptique, le FPÖ l’est en réalité de manière très relative. Il ne demande pas la sortie de l’UE, ni même désormais un référendum sur l’euro, comme c’était encore le cas il y a deux ans. En revanche, il a imposé son hostilité à l’immigration, en réalité à l’«islamisation», thème qui a dominé toute la campagne. En obtenant 27,1% des suffrages, il progresse de 5,9 points par rapport à 2013, ce qui le laisse cependant en troisième position.

Son leader, Heinz-Christian Strache, triomphait au sortir du dépouillement, affirmant que ses idées avaient recueilli les faveurs de 60% des électeurs. Un chiffre obtenu en additionnant ses propres suffrages à ceux obtenus par l’ÖVP, tant la campagne menée par le jeune chef de ce parti a également été centrée sur l’immigration.

Avec 31,5% des voix (+7,6 points), Sebastian Kurz a en tout cas réussi le pari de sortir de l’ornière la vieille formation conservatrice, qui menaçait d’être engluée dans une «grande coalition» avec les sociaux-démocrates au pouvoir depuis dix ans (une configuration récurrente depuis la fin de la seconde guerre mondiale).

Monsieur Kurz, qui avait été nommé à 24 ans secrétaire d’Etat à l’intégration avant d’être promu ministre des Affaires étrangères à 27 ans, en 2013, a créé la surprise en prenant la tête de son parti en mai dernier. Il a alors choisi de rompre l’accord de coalition avec le SPÖ, ce qui a provoqué ces élections anticipées.

Si sa jeunesse et sa carrière fulgurante ont été largement commentées, c’est bien son orientation politique qui préoccupe les chancelleries européennes. Certes, officiellement, son parti est toujours membre du très européiste Parti populaire européen, où siègent notamment la CDU allemande et Les Républicains français.

Mais sur nombre de questions, il se rapprocherait volontiers des positions du «groupe de Visegrad» (Pologne, République tchéque, Slovaquie et Hongrie), soit exactement à l’opposé des velléités intégrationnistes affichées par Emmanuel Macron. Il n’a pas caché sa sympathie pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, bête noire de Bruxelles.

Quant au Parti social-démocrate (SPÖ), auquel appartient le chancelier sortant, Christian Kern, il limite les dégâts en rassemblant 26,8% des suffrages, soit un très léger recul de 0,3 point. Or il pouvait non seulement craindre de souffrir du discrédit d’une «grande coalition» arrivée à bout de souffle, mais aussi des scandales qui ont jalonné la campagne, où l’un de ses proches conseillers a été accusé de manœuvres sordides de diffamation contre ses adversaires.

Par ailleurs, le SPÖ lui-même a durci sa tonalité en matière migratoire. Il est vrai que, lors de la vague de 2015, ce pays de 8,7 millions d’habitants avait vu arriver 130 000 demandeurs d’asile – la deuxième plus forte proportion après la Suède.

Les Verts ont été la seule formation vantant l’accueil. Ils dégringolent de 11,6% en 2013 à 3,4% cette fois-ci, et sont ainsi éliminés du parlement. Il est vrai qu’ils ont subi la concurrence de listes dissidentes (4,1%). Enfin le parti Neos, «centriste» et ultralibéral, passe de 4,8% à 5%. 

Quelle nouvelle coalition ?

Les discussions commencent donc en vue de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. Arrivé en tête, monsieur Kurz va entamer des pourparlers avec d’une part le FPÖ, d’autre part le SPÖ. L’éventualité de la reconduction d’une grande coalition étant fort peu probable, c’est la première hypothèse qui semble tenir la corde.

Sur le plan programmatique, aucune incompatibilité ne devrait se faire jour. Il est en revanche probable que des pressions européennes s’exerceront discrètement pour faire échouer cette tentative.

Cependant, la situation n’est plus du tout celle qui avait prévalu en 2000, lorsqu’une première alliance droite/extrême droite avait été conclue. L’UE (à quinze) avait alors mis l’Autriche en quarantaine, avant de constater que cette sanction contre un pays membre avait scandalisé nombre d’électeurs, pas seulement du FPÖ, et avait finalement renforcé celui-ci.

Les obstacles à une majorité ÖVP-FPÖ se situeraient plutôt du côté du FPÖ lui-même. Ce dernier peut être tenté de faire monter les enchères en exigeant nombre de postes ministériels important. Car il est dans une position clé : sans lui, l’ÖVP ne peut que renouveler la grande coalition sortante, ce qui serait interprété comme une trahison par beaucoup de ses électeurs ; ou bien former un gouvernement minoritaire, une hypothèse totalement contraire aux habitudes autrichiennes.

Si les pourparlers devaient s’enliser, il resterait alors une ultime hypothèse : une alliance entre le FPÖ et… le SPÖ. Elle serait décrite comme contre-nature par beaucoup de commentateurs européens, mais n’est pas impensable : les deux partis sont déjà associés au gouvernement régional du Burgenland, ainsi qu’au Conseil de la ville de Linz (capitale de la Haute-Autriche). Et, du point de vue des élus des deux formations, cela ne se passe pas si mal.

Du reste, des personnalités social-démocrates avaient plaidé pour ne pas exclure une telle configuration, notamment le président de la centrale syndicale unique, l’ÖGB.

Cet apparent paradoxe traduit peut-être le malaise qui règne dans le pays, qui s’est cristallisé sur la question migratoire, mais dont les véritables racines sont plus profondes. L’Autriche affiche certes des statistiques économiques plus flatteuses que la moyenne européenne (chômage officiel à 5,6%, croissance prévue à 2,8% en 2017), mais les inégalités sont montées en flèche depuis 2000. Désormais, 1% de la population possède 40% du PIB.

Ce débat a réussi à surgir pendant la campagne lorsque les sociaux-démocrates, pourtant au pouvoir depuis 2007, ont pensé qu’ils pouvaient en faire un thème électoral. Reste à savoir ce qu’il va devenir une fois l’échéance électorale passée.

Source : www.ruptures-presse.fr

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