vendredi 6 juillet 2018

L’hégémonie du cinéma américain en Europe et le rôle des accords Blum-Byrnes

Publication Frexit-Limousin 24 juillet 2017

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En quoi la signature de ces accords a permis l’influence culturelle américaine massive au lendemain de la seconde guerre mondiale ?
Il est important de replacer les accords Blum-Byrnes dans un contexte particulier et de comprendre les enjeux qui en découlent. La France a tenté de protéger son patrimoine cinématographique de la libéralisation souhaitée par les américains. Malheureusement, la stratégie américaine visant la propagation de son modèle culturel par le cinéma a balayé les espoirs de la France comme ceux des autres pays européens.

Contexte et enjeux de la signature des accords Blum-Byrnes

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1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Europe est en ruine. Les états européens doivent répondre à deux problématiques majeures à cette époque : comment rembourser les prêts-bails (1) accordés par les américains pendant la guerre pour l’armement ? Et comment reconstruire le pays sans moyens financiers pour investir ?
Durant cette période, les pays européens, en commençant par le Royaume Uni, négocient avec les américains des accords permettant la reconstruction. Pour les américains, la signature de ces accords est stratégique puisqu’ils veulent enrayer la montée progressive du communisme en imposant le modèle culturel américain.


Le 28 mai 1946, Léon Blum, désigné négociateur et représentant des intérêts français et James Byrnes, alors secrétaire d’état des Etats-Unis, signent les accords Blum-Byrnes. Ces accords prévoient l’effacement d’une grande partie de la dette due au prêt-bail, soit 2 milliards de dollars, mais également une aide de 300 millions de dollars remboursables sur 35 ans ainsi qu’un nouveau prêt bancaire de 650 millions de dollars pour la reconstruction.

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En contrepartie des accords signés avec les pays européens, les Etats Unis demandent une large libéralisation des échanges, la réduction des tarifs douaniers et la suppression de la préférence nationale en matière de commerce. Le but est de faciliter l’entrée sur le marché européen des produits de grande consommation venant des Etats-Unis, ainsi que de la bibliothèque de plus de 2 000 films tournés pendant la guerre et prêts à déferler sur l’Europe.

L’échec du protectionnisme français


La réouverture des salles obscures à la concurrence internationale après les restrictions de guerre a lieu dès 1944:

Entre 1944 et 1946, 94 films français sortent sur les écrans contre 49 films américains et 33 films provenant d’autres pays. Cependant, ce résultat n’est pas représentatif de la diffusion effective puisque la programmation des salles d’exclusivités (qui détiennent par contrats les droits de diffusions des films dès leur sortie) propose à 71% des films américains, 21% des films français et à 9% d’autres films étrangers.

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A l’époque, la profession du cinéma ainsi que les élites françaises condamnent fermement l’ouverture à la concurrence non contrôlée des salles de cinéma. C’est la raison pour laquelle, à la demande de la France, un contingentement cinématographique est ajouté aux accords Blum-Byrnes pour tenter de protéger le cinéma français. Il prévoit de réserver 4 semaines par trimestre à la diffusion exclusive de films français. Il impose également que la diffusion des films français occupe 50% des écrans contre 50% pour la concurrence étrangère durant les autres semaines. Ceci aura pour effet de réduire l’exposition du cinéma américain de 17% par rapport à la situation d’avant guerre, et les films français devaient être avantagés par rapport à la concurrence étrangère.

Mais cela n’a pas été suffisant puisque que les salles d’exclusivités ont continué à privilégier illégalement le cinéma américain, le considérant de meilleure qualité. De plus, à cette période, le niveau de production du cinéma français a baissé de 28% par rapport à la situation d’avant-guerre. Ainsi de 1946 à 1948, le cinéma français a sorti en moyenne 84 films par an, contre 140 films américains en respectant le contingentement. Pour améliorer la situation, de nouveaux accords sont signés en 1948, pour réduire à 121 le nombre de films américains sortant sur les écrans français par an. Ces nouveaux accords prévoient également la création du Centre national de cinématographie (CNC) et d’une taxe sur le billet d’entrée des films étrangers au profit de la production des films français.

 

L’influence culturelle américaine en Europe

 

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Wim Wenders a écrit en 1997 : « Trouverait-on à travers le monde le rêve de l’Amérique sans le cinéma ? Aucun autre pays dans le monde ne s’est ainsi tant vendu, et n’a répandu ses images, l’image qu’il a de soi, avec une telle force, dans tous les pays. »


En 1942, Roosevelt convie à Washington les grands réalisateurs de l’époque comme John Ford et Franck Capra. Roosevelt leur demande de mettre leur talent au service de la mobilisation psychologique du pays. C’est ainsi que le Pentagone installe un bureau de liaison exclusivement pour le cinéma. Il est à la disposition des réalisateurs pour inspirer les thèmes de films patriotiques et fournit sur demande, du matériel, des conseillers et des figurants pour la réalisation. Les américains ont donc compris très tôt que le cinéma était un vecteur essentiel de la diffusion de leur modèle culturel.

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Le succès des films américains en France au lendemain de la guerre est instantané. Alors que les films français proposent des images rappelant les souffrances de la guerre, le cinéma américain redonne du rêve et de l’espoir aux populations. Ce n’est pas un hasard si le happy end est devenu caractéristique des films américains.

Depuis cette période, la recette du film américain pour conquérir le public est le cocktail « action, adventure, humor, love interest and special effects ». De plus, les films sont tournés de telle manière qu’ils indiquent au spectateur comment interpréter les images. La manipulation s’appuyant sur l’identification au personnage, l’omniprésence de la narration, l’influence du héros et le comportement des personnages secondaires (Reaction Shot) permet de contrôler la perception des spectateurs. C’est l’une des raisons principales de la puissante influence culturelle du cinéma américain.


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Aujourd’hui le cinéma américain domine le cinéma européen, seul le cinéma français parvient tant bien que mal à tirer son épingle du jeu, principalement en raison du contingentement prévu dans les accords Blum-Byrnes et de la création du CNC. Cependant, on peut dire que le rôle protecteur des accords Blum-Byrnes a échoué et il aurait sans doute fallu interdire la diffusion de films américains sur le sol français pour empêcher l’influence culturelle américaine.

On peut faire le parallèle avec la situation de la Corée, qui tente également de faire face aux assauts du cinéma américains. Une politique de quotas analogue à celle des accords Blum-Byrnes soutient le cinéma national coréen depuis 1985. Il prévoit au moins 146 jours par an réservés exclusivement aux films coréens. Les professionnels luttent pour préserver ces dispositions contre l’offensive américaine, et sont en cela soutenus par la France. Actuellement, la part de marché des films nationaux en Corée est supérieure à 50% ; performance dont seuls l’Inde et les Etats-Unis peuvent se vanter. Lee Chang-Dong, ministre de la culture coréen s’oppose en défenseur de son modèle culturel face aux pressions de l’industrie cinématographique américaine qu’il compare à un "dinosaure qui tue l'écosystème".

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Finalement, la question n’est pas de savoir si les accords Blum-Byrnes ont protégé ou condamné le cinéma français, mais bel et bien de constater la puissance de l’influence culturelle américaine. Malgré les tentatives pour enrayer le rouleau compresseur cinématographique américain au lendemain de la guerre, force est de constater qu’il s’est malgré tout imposé de façon hégémonique dans l’ensemble des pays européens.


Michel Vuillemin

  1. Le programme Prêt-Bail (programme "Lend-Lease" en anglais) était un programme d'armement mis en place par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de fournir les pays amis en matériel de guerre. Le programme prêt-bail s’appuie sur la loi Lend-Lease, signée le 11 mars1941, qui autorise le Président américain de « vendre, céder, échanger, louer, ou doter par d'autres moyens » tout matériel de défense à tout gouvernement. De 1941 à 1945, le montant total des prets-bails accordés est de 50,1 milliards de dollars. Les principaux bénéficiaires ont été le Royaume-Uni (31,4 milliards de dollars) et l'Union soviétique (11,3 milliards de dollars). La France libre du général de Gaulle ainsi que l’armée d’Afrique (Algérie française) ont perçu 3,2 milliards de dollars.

(...)

Lire la suite (avec bibliographie sur le sujet:

 http://www.infoguerre.fr/culture-et-influence/hegemonie-du-cinema-americain-en-europe-et-le-role-des-accords-blum-byrnes-4485

 Voir aussi:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Blum-Byrnes

Déclaration Sherman

jeudi 5 juillet 2018

En Corrèze, le Département répond par l'humour à l'obligation des 80 km/h

Le Conseil départemental de la Corrèze a choisi l'humour grinçant pour procéder à la mise en place des 80 km/h. Sur les zones où des panneaux 80 sont nécessaires, c'est-à-dire surtout à la sortie des zones demeurant à 90, le Département pose depuis ce vendredi matin des panneaux de fin d'interdiction, avec cette mention : " le nouveau monde vous demande de ralentir ".

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Le Département, qui dit ne pas avoir les panneaux nécessaires ni le temps matériel pour les obtenir depuis que le décret est paru (voilà 10 jours), a choisi de répondre par l'absurde à une mesure qu'il juge inadaptée.

"Une interdiction d'accélérer, puisqu'il faut ralentir"

"C'est quand même un comble que la fin d'interdiction, ce soit pour mettre une autre interdiction " raillait Pascal Coste, le président, voilà quelques jours à La Montagne.

Le choix du panneau de fin d'interdiction vient marquer "une interdiction d'accélérer, puisqu'il faut ralentir" expliquait Pascal Coste qui se moquait de cette "logique d'un gouvernement qui marche".

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Le Département y ajoute l'allusion à une formule d'Emmanuel Macron, évoquant l'ancien monde ("les forces du monde ancien sont toujours là, bien présentes, et toujours engagées dans la bataille pour faire échouer la France") en ajoutant une formule moqueuse, apposée avec un sticker sous le panneau et renvoyant la paternité de la mesure au "nouveau monde".

Quoi qu'il en soit, les automobilistes traversant le département devront être prudents, car les radars ne sont pas réputés pour leur humour corrézien.

Jean-Louis Mercier

https://www.lamontagne.fr/tulle/transport/correze/2018/06/29/en-correze-le-departement-repond-par-l-humour-a-l-obligation-des-80-km-h_12906668.html

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Trois points importants parmi les autres :

Sur RTL, Philippe a déclaré "Mais la loi c'est la loi"

Or, ou ce personnage ne connaît rien à la législation ou il essaie de nous manipuler car cette décision inique n'est pas une loi mais un décret, le
Décret n° 2018-487 du 15 juin 2018 relatif aux vitesses maximales autorisées des véhicules

Le 14 juin dernier, pour faire rejoindre Rochefort depuis La Roche-sur-Yon, soit un trajet de 110 kilomètres, Macron a utilisé un falcon ! Alors qui coûte un pognon dingue ?
Le 30 juin dernier le Monde écrivait :
"La diminution de la vitesse, qui entre en vigueur dimanche, a été repoussée pendant cinq ans, notamment en raison des élections municipales, européennes et présidentielle."
Ils ne se rendent même pas compte des stupidités et/ou atrocités qu'ils écrivent !
Si le 80 km/h diminuait réellement le nombre de morts, cela veut dire qu'ils ont accepté sciemment que des Français meurent pour gagner les élections !   S.R.

Accord migratoire en Allemagne : Merkel sauve sa coalition, mais reste fragilisée

Voilà Angela Merkel réjouie. La chancelière allemande est parvenue à préserver sa coalition en concluant, lundi soir, à l'arraché, un compromis avec son ministre de l'Intérieur (rebelle) Horst Seehofer sur la politique migratoire. Il prévoit la mise en place de "centres de transit" à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche afin d'y installer les demandeurs d'asile arrivant dans le pays, mais déjà enregistrés dans un autre État européen, en attendant leur expulsion vers le pays d'entrée en Europe.

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Hier, l'Allemagne était au bord de la crise politique dès lors que Horst Seehofer, qui réclamait un durcissement des conditions d'accueil des migrants en Allemagne, a proposé de démissionner de son poste de ministre de l'Intérieur ainsi que de la présidence de la CSU. Cela aurait pu déclencher de nouvelles élections et mettre Angela Merkel sur la touche. Mais malgré cet accord, la chancelière reste fragilisée : les sociaux-démocrates, troisième force la coalition, hésitent encore à le soutenir.

Une victoire en demi-teinte

Contestée par son allié conservateur bavarois de la CSU, Angela Merkel a, en apparence, obtenu une victoire en sauvant son gouvernement - une coalition composée du centre-droit CDU, de la droite bavaroise CSU et des sociaux-démocrates -, et en se maintenant au pouvoir. Mais sur le fond, elle a accepté de fortes restrictions à l'immigration. Le compromis trouvé avec le chef de file de la droite conservatrice Horst Seehofer marque ni plus ni moins la fin de la politique migratoire généreuse inaugurée en 2015 par la chancelière. Cette année-là, Angela Merkel avait décidé de laisser entrer sur le territoire allemand des milliers de réfugiés syriens bloqués en Hongrie.

Pour l'un des proches du ministre de l'Intérieur, Markus Blume, l'accord conclu lundi constitue "un tournant de la politique d'asile" allemande. Si Horst Seehofer s'en est forcément félicité - "il s'agit d'un accord clair sur la façon d'empêcher l'immigration illégale aux frontières entre l'Allemagne et l'Autriche" -, le troisième partenaire de la coalition gouvernementale, le parti social-démocrate SPD, fait la moue. Ce dernier, hésitant, doit encore se prononcer en faveur ou non de cet accord. S'il le rejette, la coalition gouvernementale est à nouveau sérieusement menacée.

L'Autriche menace d'en faire de même avec ses frontières du Sud

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L'Autriche, première concernée par ce revirement de la politique migratoire allemande, a déjà fait savoir qu'elle ne se satisfaisait pas des termes du compromis.

Car en principe, les renvois de migrants doivent se faire en accord avec les pays d'entrée et non de manière unilatérale par l'Allemagne. Mais si des accords ne peuvent être trouvés, il est prévu de refouler les migrants vers l'Autriche. Le gouvernement autrichien, qui associe l'extrême-droite et les conservateurs, et qui vient de prendre la présidence tournante de l'Union européenne, a prévenu qu'en pareil cas, il prendrait des mesures identiques à ses propres frontières, notamment avec l'Italie et la Slovénie. Avec le risque d'un effet domino en Europe.

"Si l'Allemagne croit qu'ils peuvent simplement renvoyer des gens en Autriche, en bafouant le droit international, nous expliquerons aux Allemands que nous ne les accueillerons pas", a prévenu la semaine dernière le ministre de l'Intérieur autrichien Herbert Kickl.

 (avec AFP et Reuters)

OUTIL STRATAGEME

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Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

Publication: 20 juillet 2017

ARCHIVES 1Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

http://www.valeursactuelles.com/economie/gaz-le-conseil-detat-demande-la-fin-du-tarif-reglemente-86571

Energie. Le Conseil d'Etat a décidé d'annuler la grille des tarifs réglementés, estimant qu'elle posait un problème de concurrence.

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Le Conseil d'Etat a ouvert mercredi la porte à la libéralisation totale du marché du gaz. Saisi par l'association des opérateurs alternatifs, il a estimé que le tarif réglementé était contraire au droit européen et qu'il devait donc être enterré par les autorités. “Le Conseil d'État, par la décision de ce jour, annule le décret du 16 mai 2013 relatif aux tarifs réglementés de vente de gaz naturel au motif que le maintien de tels tarifs est contraire au droit de l'Union européenne”, avance-t-il

Pas moins de 5 millions de foyers dépendent encore du tarif réglementé. Fixé par l'Etat et réévalué périodiquement par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), il est en pratique géré par Engie. L'entreprise compte donc deux catégories de clients, ceux qui ont souscrits à son offre de marché et ceux qui préfèrent l'offre réglementée, ce qui lui confère une part de marché “artificiellement” plus élevée que ses concurrents.

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Or, estime-t-on au Conseil d'Etat, cette distorsion de la concurrence n'a aujourd'hui plus aucune raison d'être : la grille tarifaire de la CRE est souvent supérieure aux prix du marché, si bien qu'“il n'est plus possible de se fonder sur un objectif d'intérêt général”, estiment les sages.


Une disposition pas facile à annuler


Les particuliers vont-ils devoir changer rapidement d'abonnement au gaz ? Pas encore. Bien que cassée par le Conseil d'Etat, cette disposition est inscrite dans le code de l'énergie de 2015, ce qui rend très difficile sa suppression : seule une abrogation par l'Etat permettrait d'acter la fin du tarif réglementé.

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L'information tourne en boucle dans les médias, sur le mode "pas de panique, ce n'est pas encore fait" etc. Pour les naïfs qui sentiraient rassurés, désolés de casser l'ambiance.  P.G.

v. notre article = COMMUNIQUÉ DE PRESSE = Tarifs réglementés du gaz

http://www.frexit-limousin.fr/archives/p50-20.html

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Retour en 2018, voir aussi: La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

P.G.

mercredi 4 juillet 2018

Après Parcoursup, le projet de réforme de la licence fait craindre une université à deux vitesses

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La mise en oeuvre du programme de l'ERT (European Round table)* en matière d'éducation se poursuit et s'accélère inéluctablement. L'article de Marianne ci- dessous fait la part belle aux critiques de certains syndicats "de gauche" qui se gardent bien d'expliquer les causes des conséquences qu'ils déplorent à juste titre, c'est pourquoi j'ai complété l'article par d'autes explications.   P.G.

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Après les modalités d'entrée à l'université, le gouvernement s'attaque à la licence. Selon un projet d'arrêté, chaque établissement va pouvoir personnaliser le contenu, la durée du cursus et les règles d'évaluation à appliquer aux étudiants. Certains syndicats craignent de voir s'installer une concurrence entre établissements.

Le chantier de l'enseignement supérieur se poursuit. Après la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (ORE), réformant les modalités d'entrée à l'université avec notamment la mise en place de la plateforme Parcoursup, c'est au tour de la licence d'être bousculée. Ce diplôme universitaire, jusqu'ici délivré en trois ans, pourrait bientôt prendre la forme… que voudra bien lui donner chaque établissement.

Un projet d'arrêté du gouvernement, que Marianne a pu consulter et qui sera examiné par le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) le 9 juillet, prévoit en effet de laisser aux universités plus de liberté pour déterminer le contenu et la durée des licences qu'elles proposeront aux étudiants. Selon les plans du gouvernement, cette réforme doit être mise en œuvre "au plus tard le 1er septembre 2019". Pour plusieurs syndicats, celle instaure "une autonomie à outrance" qui pourrait créer un "enseignement supérieur à deux vitesses".

Des licences en deux, trois ou quatre ans

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Dans ce projet d'arrêté "relatif au diplôme national de licence", le gouvernement prétend garantir "la valeur nationale des diplômes" en proposant la mise en place d'un "contrat de réussite pédagogique" qui doit permettre une "personnalisation" des parcours "en tenant compte de la diversité et des spécificités des publics étudiants accueillis". Concrètement, il laisse énormément de latitude aux universités. Celles-ci pourront ainsi proposer des parcours "différenciés" en deux, trois ou quatre ans, selon le profil de ses étudiants. Et les "blocs de connaissances et de compétences" seront définis par les différents départements de chaque établissement.

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Si le nombre obligatoire d'heures "d'enseignement et d'encadrement pédagogique" ne change pas sur le papier (1.500 heures sur toute la formation, selon les normes européennes), elles ne devront plus uniquement comprendre des séances "face à un enseignant", comme c'est le cas aujourd'hui. Désormais, les universités pourront aussi proposer dans ce cadre des "enseignements à distance mobilisant les outils numériques". Faisant craindre à certains syndicats une baisse du nombre de professeurs à moyen terme, ainsi que la création de licences aux heures de classe limitées dans les universités à faibles moyens.

Enfin, les "modalités de l'évaluation" seront également fixées par les établissements. Fini, l'incontournable loi des partiels, les universités seront libres de proposer à leurs étudiants différentes possibilités d'obtenir leur licence : système de contrôle continu, examens, rendu de travaux, de projets… Les choix des universités devront néanmoins être validés par les commissions de la formation et de la vie universitaire (CFVU).

Seule nouvelle règle qui devrait s'appliquer à tous : en cas d'échec, il ne faudra plus compter sur le principe national de compensation des notes (qui permettait de rattraper un 9/20 dans une matière par un 11/20 dans une autre, par exemple). Il faudra désormais par une "seconde chance" pour valider une unité d'enseignement. En clair, un examen de rattrapage.

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Du côté des organisations représentatives, deux camps s'opposent. Il y a d'un côté les satisfaits : la Fage, premier syndicat étudiant, ou la CPU (Conférence des présidents d'université), qui n'y voient qu'une suite logique à l'autonomie des universités mise en place en 2007. Parmi les mécontents, on trouve la Snesup-FSU, un des principaux syndicats d'enseignants du supérieur, ou l'Unef, deuxième syndicat étudiant. Pour ces derniers, l'arrêté marque une "déréglementation totale des cadrages nationaux des diplômes". "On se dirige de plus en plus vers des diplômes d'établissements qui n'auront plus grand chose à voir les uns avec les autres. Avec des maquettes, un encadrement et un nombre d'heure différents… L'université va-t-elle encore servir ses missions de service public ?", s'interroge auprès de Marianne Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU.

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Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, craint que l'université devienne une entreprise comme une autre, qui façonnera et vendra ses diplômes comme des produits. "Cette réforme va créer une concurrence entre les universités, entre les diplômes. Une licence de droit à tel endroit n'aura pas la même valeur qu'une autre selon l'université qui la proposera. Ça ne sera pas les mêmes enseignements, ni la même façon d'obtenir son diplôme", analyse-t-elle pour Marianne.

Selon ces sceptiques, l'offre sera si variée entre les différentes facultés de France que les lycéens pourraient encore plus s'y perdre au moment de faire leur choix d'orientation. Et les premières victimes du système seraient à nouveau ceux issus des milieux populaires. "A vouloir tout faire à la carte, ça ne peut que profiter aux initiés, observe Hervé Christofol. Il y aura ceux qui sauront quelle licence intégrer pour ne pas se barrer la route vers tel master, et les autres qui hériteront d'une place dans une autre licence, qui aura certes le même nom mais qui proposera un enseignement déficient…".

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"C'est la même logique qui a mené le gouvernement à mettre en place Parcoursup, reprend la présidente de l'Unef. Pour promouvoir la plateforme, ils ont mis en avant une volonté de mieux orienter, de faire réussir… pour au bout du compte sélectionner ceux qui ont le droit de faire des études. Là, on supprime tout cadrage, toute lisibilité de l'offre de formation, pour permettre aux étudiants qui auront les moyens de la décrypter d'intégrer les 'bonnes' licences", déplore-t-elle.

Une "vision élitiste" que certains, dont le Sgen-CFDT, ont d'ailleurs cru voir assumée au grand jour par le gouvernement, dans l'article 22 de son arrêté. Celui-ci indique que tous "les établissements publics" seront "habilités à délivrer les diplômes nationaux de licence". Ce que le syndicat a lu comme une annonce… "Il s'agit d'une incompréhension, nous assure le ministère de l'Enseignement supérieur. Le texte sera amendé, une école ne délivrera pas de diplôme de licence". Maladresse ou acte manqué ?

https://www.marianne.net/societe/apres-parcoursup-le-projet-de-reforme-de-la-licence-va-t-il-creer-une-universite-deux?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==


 

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*La Table ronde des Industriels européens (European Round Table, ERT) est un groupe de lobbying créé en 1983 par Pehr G. Gyllenhammar (président de Volvo), Wisse Dekker (président de Philips) et Umberto Agnelli (président de Fiat)1. L'ERT, qui rassemble les 49 plus grandes entreprises européennes, situées dans 18 pays de l'UE, est le principal commanditaire et auteur du traité constitutif de l'Union européenne.

L'ERT s'est donné pour objectif de « stimuler la compétitivité mondiale de l'industrie européenne », notamment en prônant la baisse du salaire minimum, la réduction des dépenses de sécurité sociale et la privatisation de services publics.

Pour réaliser sa mission l'ERT mène un intense lobbying auprès des institutions européennes (Commission européenne, Conseil des ministres, Parlement européen, ...). Dès la création de l'ERT, le vicomte belge Etienne Davignon - alors Commissaire européen à l'Industrie et au Marché Unique - se proposa pour les y aider.

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L'ERT est inscrite depuis 2012 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2014 pour cette activité trois collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 800 000 et 900 000 euros.

L’ERT a nettement influé sur le texte de l’Acte unique européen de 1986 et sur le texte du Traité de Maastricht de 19924, traité fondateur de l'Union européenne. Ces faits illustrent de façon flagrante que, par rapport à la masse des citoyens, les lobbies industriels (dont les moyens financiers sont incomparablement plus élevés que ceux des ONG supposées représenter les citoyens) bénéficient d'une relation privilégiée auprès des pouvoirs législatif et exécutif de l'UE.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Table_ronde_des_industriels_europ%C3%A9ens


 

Bilderberg & Co : le lobbying de l’European Round Table à Bruxelles

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Pour rendre plus concrète l’influence de certains lobbies sur nos vies quotidiennes et notre avenir, il semble important d’examiner des cas concrets. Au niveau européen, la Commission européenne a l’initiative des lois, c’est donc auprès d’elle que la plupart actions de lobbying sont menées, sans que cela ne choque personne, bien au contraire. L’ERT est donc l’un de ces groupes de pression, encore que le terme « pression » semble inapproprié tant les liens avec la Commission sont étroits. Mais la construction européenne elle-même a été influencée par ce groupe de lobbies, dans un sens uniquement libéral, et ce, malgré les résultats économiques peu concluants de ces politiques.

L’éducation vue par l’ERT et consorts

Qui a cru que l’éducation était le problème des États, des enseignants et spécialistes de l’éducation ? Désormais ce sont les lobbies et les concentrations de lobbies telles que l’OCDE ou la Commission européenne qui s’en chargent, mais pas pour garantir un enseignement digne de ce nom et donner une culture aux élèves, non, juste pour répondre aux « besoins » des entreprises. Et comme par hasard, le principal protagoniste de cette « modernisation de l’enseignement » est un des lobbies les plus liés au Bilderberg, c’est-à-dire l’European Round Table (ERT)[1].

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Tout commence en 1989[2], quand l’ERT rédige un rapport intitulé « Éducation et compétence en Europe »[3], expliquant que « L’éducation et la formation sont considérés comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise ». Voilà une affirmation qui oriente dans une nouvelle direction le débat sur l’enseignement. L’objectif, donc, est l’avenir des entreprises. Plus loin dans le rapport, on déplore le fait que celles-ci n’ont pas assez d’influence sur les programmes et que les enseignants n’ont qu’une « compréhension insuffisante de l’environnement économique, des affaires et de la notion de profit ». Ce sont donc ces mêmes entreprises qui sont le plus à même d’éclairer les élèves sur cette « notion de profit », et non des enseignants pourtant formés à inculquer aux élèves une vision relativement globale du monde.

Enfin, l’idée d’un enseignement à distance est préconisée, reprise l’année suivante par la Commission européenne qui juge un tel enseignement plus « rentable ». À partir de là, toujours en suivant les préconisations faites par l’ERT dans ses « rapports », on équipe les établissements en ordinateurs, pas pour les former à l’informatique en elle-même, mais pour familiariser les élèves avec l’interface informatique. Conséquence non négligeable de cette introduction à grand frais de l’informatique à l’école, les élèves seront aptes à utiliser les nouveautés électroniques et informatiques lancées sur le marché.

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La même ERT revient à la charge dans un nouveau rapport en 1995, affirmant que « L’éducation doit être considérée comme un service rendu [...] au monde économique. », et que « Les gouvernements nationaux devraient envisager l’éducation comme un processus s’étendant du berceau au tombeau ». Vaste programme...

L’idée de « la formation tout au long de la vie » est immédiatement reprise par la Commissaire - socialiste - Édith Cresson en 1995[4], avec en prime une sorte de carte de compétences évaluées hors du contrôle de l’État, que chaque élève/futur salarié traînerait avec lui comme jadis le livret ouvrier. Bien évidemment, cette « formation » se fait via internet grâce à des logiciels spécialement conçus par des entreprises privées... De fait, on ne parle plus de savoirs mais de « compétences », quantifiables et immédiatement fonctionnelles quand l’élève/salarié arrive sur le marché (du travail)[5]. De même, la pédagogie est une notion à oublier, perçue comme inutile puisque le système éducatif sera uniquement destiné à effectuer un tri entre les futurs cadres, et la future main-d’œuvre.

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En 1998, l’OCDE considère[6] que les enseignants ne sont pas indispensables à « la formation tout au long de la vie », des « prestataires de services éducatifs » faisant l’affaire. La même année, la Commission, dans le rapport Reiffers, considère que « le temps de l’éducation hors école est venu et que la libération du processus éducatif rendue ainsi possible aboutira à un contrôle par des offreurs d’éducation plus innovants que les structures traditionnelles ». Plus loin dans le même rapport on peut lire : « Même à l’intérieur des établissements scolaires, l’individualisation plus marquée des modes d’apprentissage - qui sont flexibles et induits par la demande - peut être considérée comme supplantant les formules trop lourdes et dominées par l’offre. Elle annonce le déclin consécutif du rôle des enseignants, dont témoigne aussi le développement de nouvelles sources d’apprentissage, notamment par le biais des TIC (Technologies de l’information et de la communication, à savoir l’informatique) et de ressources humaines autres que le corps enseignant ». Cette analyse remet en cause l’école telle qu’on l’a toujours connue, avec un instituteur ou un professeur à qui on pouvait poser des questions, et qui suivait plus ou moins le parcours des élèves. Comment étudier les langues devant un ordinateur ? Comment apprendre la réflexion philosophique avec ses subtilités, face à un écran ? Comment récupérer à temps les élèves qui décrochent ?

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Ensuite, la notion de privatisation (on dit « autonomie » ou « partenariat public-privé ») s’installe avec ses corollaires : augmentation des frais de scolarité à la charge des étudiants, et retrait étatique dans la gestion du système scolaire. Tout est possible, puisque Maastricht a permis la libéralisation complète de la « prestation de services ». Mais il semble toutefois qu’avant même la signature de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, qui prévoit la libéralisation complète des services), l’Europe - 1er exportateur de services à l’époque - ait poussé à la libéralisation de l’enseignement auprès du GATT (la première version de l’OMC), afin que ce secteur figure dans la liste des services visés par l’AGCS[7], la Commission s’engageant même à ne prendre aucune mesure qui puisse entraver l’arrivée de fournisseurs de services privés dans l’enseignement, du primaire au supérieur, tout en cherchant aussi à préserver le secteur public[8]...

Et de toute manière, la qualité de l’enseignement donné au commun des mortels importe peu, puisque les emplois qui seront crées seront en grande partie des emplois non qualifiés. Une étude prospective américaine a calculé que 60 à 65 % des futurs emplois ne nécessiteront aucune formation préalable, et sur les 30 emplois qui auront la plus grande croissance en volume d’ici à 2011, 19 ne nécessiteront aucune qualification, et 9 seulement requiéront un diplôme universitaire[9]. En France, le nombre d’emplois non qualifiés est reparti à la hausse depuis le milieu des années 90, d’où l’idée de Sarkozy de lancer l’apprentissage dès 12 ans pour ceux qui ne suivent pas bien dans le système scolaire...

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En 1998, l’OMC produit elle aussi un rapport, sur la libéralisation de l’enseignement, considérant comme une « barrière (...) l’existence de monopoles gouvernementaux et d’établissements largement subventionnés par l’État ». On commence même à avoir des facs IBM- Microsoft notamment en Belgique, ou en France des diplômes appelés « licences professionnelles » hyper spécialisés et dont les programmes, l’enseignement et le financement sont en partie assurés par les entreprises. Créées par Allègre lorsqu’il était à l’Éducation nationale et mises en place en septembre 2000 via un « partenariat » avec les entreprises, elles sont plus de 1 600 à l’heure actuelle avec un taux de réussite à plus de 80 % la première année, taux incroyablement élevé pour des études qualifiées de « supérieures ». En 2004, à Lille, il y en avait déjà 80 différentes, à Créteil, Metz, Lyon une soixantaine, et 34 000 élèves suivaient ces formations en 2004- 2005... À la rentrée 2006, il y avait 1 438 formations menant à 48 licences professionnelles, voilà pour l’ « harmonisation européenne », donc, même si au niveau national point d’harmonisation. Il n’y est bien sûr pas question de culture ou même d’un enseignement économique digne de ce nom. Où est la cohérence de diplômes aussi spécialisés alors que le discours ambiant est focalisé sur la « flexibilité » ?

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Il y a même en Angleterre un indice boursier de l’éducation (le « UK education and training index »), qui a augmenté de 240 % entre son lancement en 1996 et 2000, ce qui est bien supérieur aux indices évaluant les marchés traditionnels, preuve de l’importance des bénéfices potentiels dans le secteur.

En 2000, au sommet de Lisbonne[10] (qui fait de la compétitivité la priorité de l’Europe), l’objectif est clairement défini : « L’objectif central des systèmes éducatifs est d’aider l’Europe à devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive ». Cette notion de compétitivité a été si bien assimilée par certains que des PDG se retrouvent présidents d’université, à l’instar du PDG de Pétrofina, Patrick de Cornélis, membre de l’ERT et accessoirement président de la réputée université catholique de Louvain, en Belgique.

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Au final, ce processus est uniquement au service des entreprises qui pourront faire du chiffre dans l’éducation et formater les futurs consommateurs. À côté de cela, les inégalités vont se creuser davantage du fait des coûts de l’enseignement. L’éducation sera chère, et inabordable dans le supérieur pour une partie de la population. Pour les autres, il restera les licences professionnelles, et des cours formatés selon l’envie des entreprises. Si en plus de cela l’État n’investit plus du tout dans le système scolaire, les plus pauvres auront le choix entre se ruiner ou faire subir un enseignement minimaliste à leurs enfants, suivi essentiellement devant un ordinateur. Pour l’université, la recherche et les investissements privés seront bien évidemment orientés vers les filières jugées « rentables » à court et moyen terme, et il y a fort à parier que les thésards en sciences sociales et humaines auront beaucoup de mal à survivre (ce qui est déjà largement le cas)...
De plus, il faut rappeler que les besoins d’une entreprise à un moment donné ne sont pas les mêmes dix ans plus tard, et les formations risquent de devenir obsolètes. C’est déjà ce qui est arrivé en France avec certains BTS, lancés et promus en grande pompe pour fournir de la main-d’œuvre à peu près qualifiée à des entreprises qui, lorsque les étudiants ont terminé leur cursus en informatique, se sont retrouvées en pleine explosion de la bulle internet, les laissant sur le carreau.

Ainsi, l’école de demain formera des consommateurs prêts à utiliser les dernières trouvailles informatiques et électroniques, de futurs salariés ultra flexibles, mais certainement pas des citoyens conscients du monde qui les entoure.

(...)


[1] L’ERT représente 47 des plus importantes multinationales européennes. A sa création en 1983 par les PDG de Fiat, Volvo et Philips il n’y avait que 17 entreprises représentées. Une partie des membres de l’ERT est membre ou a été invitée par le Bilderberg, un lobbie chapeautant notamment la Trilatérale, qui a été fondée par deux de ses membres. Dans le sillage du Bilderberg, appliquant la même doctrine, on retrouve aussi le Council on Foreign Relations, qui travaille auprès du gouvernement américain, toujours avec la même orientation qui est d’établir un libéralisme sans entraves sur la planète, et de créer des institutions supranationales dans les domaines politique, économique et militaire.

[2] Cf. Gérard de Selys, « L’école, grand marché du XXIe siècle » in Le Monde Diplomatique, juin 1998.

[3] ERT, Education et compétence en Europe, Bruxelles, 1989, p. 27.

[4] Enseigner et apprendre ; vers la société cognitive. Livre blanc sur l’Education et la formation, Commission des Communautés européennes, Bruxelles, 29 novembre 95.

[5] Ce qu’a clairement dit Edith Cresson alors Commissaire européenne, citée par Benrard Berthelot de l’association Reconstruire l’école dans l’article « A propos de l’émission ‘Le cartable de Big Brother’ » : « Nous travaillons avec 40 branches professionnelles européennes : elles ont des besoins communs et nous essayons de les aider à mettre en place des systèmes d’accréditation des compétences communes [...]. Le test d’accréditation permettra de juger le candidat à un emploi, non sur les connaissances générales jugées par un diplôme, mais sur les compétences très pointues recherchées par les entreprises ».

[6] OCDE, 1998 « Analyse des politiques d’éducation ».

[7] Finalement l’AGCS prévoit la libéralisation de tous les services « à l’exception de ceux fournis dans l’exercice du pouvoir gouvernemental ».

[8] Cf. J. E. Charlier, S Croché « Le processus de Bologne, ses acteurs et leurs complices » in Education et société, décembre 2003.

[9] Cf. L’Ecole démocratique, n° 11, juillet- septembre 2002.

[10] Sommet de Lisbonne 2000.

(...)

https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/bilderberg-co-le-lobbying-de-l-29446

La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

Prix du gaz : forte hausse des tarifs réglementés au 1er juillet

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Le 1er juillet, les tarifs réglementés du gaz augmentent de 7,45%. "C'est la plus forte hausse depuis 6 ans. Concrètement, pour une famille qui se chauffe au gaz, cette augmentation représentera 90 € de plus sur la facture annuelle. Cette hausse des tarifs concerne 5 millions de ménages qui sont toujours soumis aux tarifs réglementés", explique la journaliste Justine Weyl. Les familles ayant contracté des offres alternatives, soit environ 6 millions de ménages français, sont également concernées.

Une augmentation dûe à la hausse du prix du pétrole et aux investissements

"Des investissements lourds ont été réalisés ces dernières années sur les infrastructures (...). La modernisation du réseau de transport coûte par exemple 600 millions d'euros par an, sur dix ans", détaille la journaliste. Ces tarifs réglementés devraient disparaître à l'horizon de l'année 2022 en France, pour se conformer au droit européen.

https://www.francetvinfo.fr/economie/prix-du-gaz-forte-hausse-des-tarifs-reglementes-au-1er-juillet_2827927.html

L'an dernier, voici ce que nous avions publié (18 juillet 2017):

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https://www.romandie.com/news/La-France-doit-se-plier-aux-demandes-de-Bruxelles-Hulot/816052.rom

La France va devoir appliquer les demandes de Bruxelles concernant la suppression des tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité et l'ouverture des concessions des barrages hydroélectriques, a estimé mardi le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

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La France ne pourra pas continuer à "repousser l'échéance" sur ces deux sujets, sources de désaccord ces dernières années entre Paris et la Commission européenne, défendant la concurrence, a affirmé le ministre, auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat.

S'ils ont été supprimés pour les gros consommateurs, les tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité, sont toujours en vigueur en France pour les particuliers et les petits professionnels, malgré la libéralisation du marché depuis 10 ans.*

"On a des injonctions, on peut faire en sorte que ça soit lissé dans le temps, mais nous avons déjà repoussé l'échéance et il en va du gaz comme de l'électricité, à un moment ou à un autre, il faudra s'y plier", a déclaré M. Hulot devant les sénateurs.

Le Conseil d'Etat s'est pononcé mercredi sur un recours déposé par les fournisseurs alternatifs, concurrents d'Engie (ex-GDF Suez), contre les tarifs réglementés du gaz. [v. notre article d'hier, NDR]

Semblant anticiper la décision de la plus haute juridiction administrative, le ministre a aussi assuré que le gouvernement allait "faire en sorte que ça se fasse le moins douloureusement possible".

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Concernant l'hydroélectricité, la Commission européenne a mis en demeure la France d'ouvrir à la concurrence ses barrages, aujourd'hui essentiellement concédés par l'Etat à EDF, pour introduire plus de concurrence dans ce secteur.

Là encore, "on ne pourra pas repousser en permanence l'échéance", a jugé M. Hulot.

Pour répondre à Bruxelles, la loi sur la transition énergétique, votée en 2015, a introduit la possibilité créer des sociétés d'économie mixte (SEM), au capital partagé entre public et privé, et la possibilité de prolonger les concessions en contrepartie de la réalisation de travaux nécessaires.

Au delà de ces deux options, la France n'a "pas beaucoup d'autres marges de manoeuvre", a expliqué le ministre, estimant que sinon la France risquait "de rentrer dans des contentieux qui sont lourds", et qui pourraient porter préjudice à EDF, exploitant 85% de la puissance installée en France.

(©AFP / 18 juillet 2017 19h48)

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mardi 3 juillet 2018

Les motards en colère mobilisés contre les 80 km/h ce samedi 30 juin à Limoges

Les Fédérations françaises des motards en colère (FFMC) de Creuse et de Haute-Vienne se sont rassemblés ce samedi à Limoges pour contester le passage à 80 km/h sur le réseau secondaire, effectif au 1er juillet.

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Les motards ne décolèrent pas ! La FMMC a appelé ce samedi à une énième manifestation nationale afin de contester cette nouvelle réglementation.
Dès 13 heures, les motards de la Creuse sont partis de La Souterraine, puis se sont engagés dans des blocages partiels de la RN145 et de l’A20, pour rejoindre leurs « copains de la Haute-Vienne ».

Six radars bâchés

Réunis à plus de 200 au Champ de Juillet, ils ont mis le feu au carrefour entre la rue d’Isly et le cours Bugeaud, où se situe le siège de la députée En Marche, Marie-Ange Magne. Une façon de fustiger la politique actuelle du Gouvernement. Le cortège a ensuite pris la route, par le périphérique, en direction du radar du Boulevard Bel-Air, le premier à être bâché. Passant par la D2000 et l’A20, où un arrêt s’est effectué pendant quelques minutes, les motards ont recouvert cinq autres radars.

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Le passage à 80 km/h sur les routes secondaires était bien-sûr dans la ligne de mire des motards, pour qui « ce changement de vitesse ne règlera en rien le problème de la mortalité routière, et pourrait même l’aggraver : voitures, motos et camions circulant à la même vitesse, les usagers respecteraient alors moins les distances de sécurité, augmentant les accidents entre véhicules lourds et légers » d’après Thierry Durant, coordinateur de la FFMC 87.

Les motards en colère ont fait dix-sept propositions au préfet en matière de sécurité routière, dont l’interdiction de doubler pour les poids lourds de la sortie Carrefour Boisseuil à la sortie Cora sur l’A20, mais « rien n’a avancé » regrette Thierry Durant. De même, l'amélioration de l'état des routes est réclamée depuis un moment : "On veut un réseau propre, un réseau modernisé, un réseau sécurisé". Mais les réponses peinent à arriver...

D’après Daniel Gargaud, coordinateur de la FFMC 23, les prochaines mobilisations concerneront l’installation des panneaux à 80 km/h et les radars : « le combat continue ».

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Alicia Blancher

https://www.lepopulaire.fr/limoges/transport/2018/06/30/les-motards-en-colere-mobilises-contre-les-80-km-h-ce-samedi-30-juin-a-limoges_12908214.html

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Des motards et pas un automobiliste !
Il faut néanmoins noter un point positif : les automobilistes coincés derrière la manif arrêtée sur la D2000 ne râlaient pas !

En ce qui concerne Magne, ils ne connaissent pas la vieille tradition française en ce qui concerne ce genre de personnage ; le goudron et les plumes ! Dommage ! S.R.

Devoirs de vacances

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Norman Palma Penser avec Aristote

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 Chez Aristote, la monnaie c'est du droit objectivé, et le propre du droit c'est de se reproduire à partir de lui- même (jurisprudence), Le prêt avec intérêt, c'est la monnaie qui se reproduit elle- même, mais cette reproduction doit être encadrée par le droit ! D'où l'interdiction du taux d'usure dans les pays développés, inspirés par cette philosophie.

Le crédit encadré par le droit apparaît tardivement, car le crédit lui- même a été longtemps condamné par l'Eglise (jusqu'à la fin du XVIII°), d'après une interprétation erronée, selon l'auteur, d'Aristote précisément.

Celui- ci critiquait fermement l'usure, pas le crédit et surtout pas la monnaie; pour lui, il n'y a pas de vie sociale possible sans échanges dont la monnaie est la manifestation, le besoin que nous avons les uns les autres d'une mesure commune qui sauvegarde la vie sociale. (« Ethique à Nicomaque »).

Pour Marx, comme pour l'Eglise (!) au contraire, il faut détruire la monnaie, expression de la vénalité (valeur d'échange), Il faut revenir à la valeur d'usage.

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Pour Aristote, le social et l'économique sont des manifestations du Droit. Ce qui se déroule à la base du politique et de l'économique, selon lui, c'est l'éthique: le politique est un processus d'accomplissement; l'être humain est le seul animal capable d'avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste; c'est cette communauté de sentiments qui donne naissance à la famille et à la cité; l'éthique se manifeste dans le droit, qui par la suite se manifeste dans le politique et l'économie. Marx considère que c'est l'économie qui est le fondement du social [1] et que la politique et le droit font partie de la « superstructure ». Il n'y a pas pour Marx de processus d'accomplissement (qui doit aboutir par nature*), la négation de l'économie va donner la négation du droit (ou dépassement du droit bourgeois), la disparition de l'Etat etc.

Pour Aristote, l'idée fondamentale est la force de la justice; la justice s'objective dans le social d'abord sous la forme de justice corrective (droit civil, droit pénal...); par la suite la justice se manifeste au niveau de l'Etat et ça donne la justice contributive (contribution publique) et la justice distributive (aide sociale et dépense publique). Si on lit correctement Aristote, nous sommes égaux devant le droit, pas devant la chose publique: il est tout à fait normal qu'on ne paie pas tous la même chose. Il est normal de donner à ceux qui ont besoin, pas à ceux qui n'ont pas besoin. Il est logique de choisir les responsables selon leurs capacités à contribuer au bien- être général (critère éthique). Cette approche va inspirer bien des théories politiques et va favoriser des concepts à la base de la philosophie grecque, tels que « l'égalité en dignité » ou « égalité en puissance » (rapport singularité/universel) qui va justifier l'égalité en droit, qui va à son tour justifier l'égalité devant le Pouvoir (communauté d'égaux). Ce processus est au fondement de la démocratie grecque et apparaîtra progressivement dans la civilisation occidentale. Exemple: la déclaration des droits anglaise de 1689: « le roi n'est pas au- dessus des lois ». Pour Aristote, la communauté sociale existe en vue de l'accomplissement du Bien et non pas en vue de la vie en société [2]; et le bien n'est que le juste, c'est à dire l'intérêt général.

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L'esclavage comme « droit naturel »: encore un passage mal compris. Aristote explique que l'homme est par nature un animal politique en puissance*. Destiné à vivre normalement en société, c'est à dire à s'intégrer dans une communauté politique. Toutes les sociétés ont vocation à devenir des sociétés politiques. Il n'a jamais dit que toute une population était esclave par nature!

Les interprétations qui ont été données viennent de l'Ancien Testament, pas d'Aristote. Sont esclaves les hommes qui ne forment pas une société politique.

 *la nature d'une chose est sa fin. C'est donc à la fin que nous constatons de la chose ce qu'elle doit être; l'être humain accompli, c'est l'être adulte; la fin du politique, c'est un pouvoir d'hommes libres et égaux.

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En conclusion de ce petit résumé, l'objectif d'Aristote n'est donc pas la négation du droit et du politique, mais au contraire une réflexion sur l'accomplissement de ces derniers: l'état de justice.

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 A la mort d'Aristote, l'idée de « polis » (cité) va disparaître plus ou moins pendant des siècles, pour réapparaître avec la Renaissance, l'Humanisme et les Lumières, avec plus ou moins de bonheur selon les auteurs. D'où l'importance de se pencher sur ce grand philosophe pour enrichir notre propre réflexion, nous qui nous interrogeons sur le rapport entre monnaie et souveraineté autour de la question de l'euro, ou encore sur la problématique de l'indépendance nationale et de l'avenir de la cité...

Pour ceux qui souhaiteront raviver une querelle des anciens et des modernes, certains fustigeant un “idéalisme politique et philosophique” par essence “bourgeois”, rappelons que derrière la modernité d'apparence se cachent parfois des philosophies de l'histoire empreintes d'un millénarisme gnostique très ancien.

Les tragédies du XX° siècle ont fort heureusement ramené certains à plus de prudence, à défaut de modestie. L'heure n'est donc plus aux invectives, mais à une vraie réflexion car l'offensive que nous subissons est aussi culturelle et philosophique.    P.G.


[1] un préalable partagé par tous les courants du libéralisme...V. Jean- Claude Michéa (« l'Empire du moindre mal » et autres). Primauté de l'économie, du calcul égoïste, de l'intérêt...

[2] le « vivre ensemble » par exemple, dont on nous rebat les oreilles.

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lundi 2 juillet 2018

Simone Veil au Panthéon : «Une décision de tous les Français», pour Emmanuel Macron

La France rend le plus grand hommage à Simone Veil en faisant entrer sa dépouille au Panthéon. Cette figure populaire du XXe siècle reposera désormais, avec son mari, au milieu des héros de l'Histoire de France.

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Ce 1er juillet au matin, peu avant 10h30, les cercueils de Simone et d'Antoine Veil ont quitté le Mémorial de la Shoah, où des hommages avaient été rendus à l'ancienne déportée durant 48 heures, en direction du Panthéon, où le couple reposera désormais

Ancienne ministre de la Santé et première présidente du Parlement européen, Simone Veil entre au Panthéon un an après son décès, le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans, un délai extrêmement court par rapport aux 76 «grands hommes» qui l'ont précédée dans la nécropole laïque. Les enfants de Simone Veil se sont réjouis que l'Elysée ait donné son accord pour que leur mère repose aux côtés de son époux avec lequel elle a partagé 67 ans de vie conjugale. Haut fonctionnaire, puis homme d'affaires, Antoine Veil a eu un rôle discret mais important dans la vie de sa femme, avec laquelle il formait un couple «plus que complice, fusionnel», selon leur fils aîné.

Après une Marseillaise chantée par Barbara Hendricks, les deux cercueils sont entrés au Panthéon en présence de la famille des défunts et du chef de l'Etat. Le président Emmanuel Macron, qui a prononcé un discours sur le parvis de la nécropole, a assuré : «[La décision de transférer Simone Veil au Panthéon] ne fut pas seulement la mienne, ce ne fut pas non plus celle de sa famille qui cependant y consentit, cette décision fut celle de tous les Français.»

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«C'est intensément, tacitement, ce que toutes les Françaises et tous les Français souhaitaient [...] Avec Simone Veil, entrent ici ces générations de femmes qui ont fait la France», a encore affirmé Emmanuel Macron.

Outre les nombreux anonymes présents aux abords du Panthéon, un millier de personnalités avaient été invitées, dont les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. «Simone Veil est d'abord pour moi l'héroïne du XXe siècle», a déclaré Nicolas Sarkozy au Journal du Dimanche (JDD). «Elle ne cédait pas sur ses valeurs. Elle pouvait tolérer des désaccords, mais elle ne supportait ni la lâcheté, ni l'hypocrisie, ni le mensonge», a-t-il ajouté.

Sur le parcours qui a conduit son cercueil du mémorial de la Shoah au Panthéon, plusieurs femmes portant des t-shirts barrés d'un «Merci Simone» étaient présentes pour rendre hommage à celle qui a lutté pour faire adopter en 1975 la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), malgré l'opposition d'une grande partie de la droite. 

«Figure de la République»

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«L'une des raisons de cette panthéonisation rapide est que Simone Veil est une figure transgénérationelle dont les combats ont fabriqué l'époque», a déclaré l'Elysée dans un communiqué. Selon la présidence, la décision prise par le chef de l'Etat a été saluée quasi-unanimement, les Français considérant Simone Veil comme «une figure de la République» qui transcende le clivage gauche-droite.

«Il y a un certain paradoxe, sinon une ironie, à accueillir [au Panthéon] une grande combattante de l'Europe à un moment où ce qu'elle a contribué à construire vacille sous nos yeux», souligne l'Elysée, alors que les tensions sont nombreuses, notamment autour du Brexit ou de la question de l'accueil des migrants. Simone Veil a en effet été la première présidente du Parlement européen.

La cérémonie a aussi accordé une grande place au souvenir des drames vécus pendant la Seconde Guerre mondiale par cette rescapée de la Shoah, qui a perdu ses parents et son frère en déportation. Selon l'AFP, la minute de silence sera «habitée par le bruit du silence du camp» de concentration d'Auschwitz-Birkenau, un fond sonore enregistré par le réalisateur David Teboul il y a quelques jours.

Simone Veil reposera avec son époux dans le sixième caveau de la crypte aux côtés de Jean Moulin, André Malraux, René Cassin et Jean Monnet, «quatre grands personnages de notre Histoire», qui «furent comme elle des maîtres d'espérance», selon les mots d'Emmanuel Macron.

https://francais.rt.com/france/52064-simone-veil-pantheon-decision-tous-les-francais-macron

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Une occasion au passage pour faire de la propagande autour de la "construction européenne", jusqu'aux marches du panthéon recouvertes d'un tapis bleu...La presse européiste qui a couvert l'évènement ne s'en est pas privée, et on a eu droit toute la journée aux poncifs les plus éculés ("l'Europe, c'est la paix", "le couple franco- allemand", "Macron visionnaire"...) égrenés par de doctes "experts", "historiens" et autres commentateurs persuadés d'être du côté du Bien avec le ton grave qui convenait, reléguant de mon point de vue au second plan la vie et la carrière de Simone Veil, ses doutes et sa modestie, des qualités qui précisément faisaient d'elle une femme hors du commun. Un hommage raté, en quelque sorte, avec un petit côté orwellien. A vouloir trop en faire...    P.G.

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Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSE

UE | Encore une fake news officielle

Vendredi 29 juin 2018, à 4 h 30 du matin, la fake news de Macron® tombe: «La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet» a-t-il déclaré à tous les micros.

En fait, le seul accord de principe qu’on lit dans le texte officiel vise la création de centres de contrôle en matière de droit d’asile («Hot Spots») dans les pays européens mais, «uniquement sur une base volontaire». Autrement dit personne n’est obligé de créer de tels centres.

Et voilà que Macron désacte ensuite ce qu’il venait d’acter une seconde plus tôt avouant à la presse que la France n’ouvrira pas de tels centres sur son territoire.

A force de dire une chose et son contraire, ça va finir par se voir.

Pour le reste on mouline du vent avec des formules vides du type: il faut «une nouvelle approche, fondée sur des actions menées en commun ou de manière complémentaire entre les États membres». Encore un Conseil européen qui fait pschiiit…

http://log.antipresse.net/post/ue-encore-une-fake-news-officielle?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

SOROSPHÈRE | Le Macron®, un véritable titre boursier

C’est Il Populista, en Italie, qui vend la mèche: les courriels du candidat Macron® divulgués par Wikileaks n’étaient pas si dénués d’intérêt que ça. Parmi ses généreux mécènes, on trouverait, outre le Crédit Agricole (8 millions d’euros), les philanthropes suivants:

  • George Soros: 2.365.910,16 €
  • David Rothschild: 976.126,87 €
  • Goldman-Sachs: 2.145.100 €

Et le journaliste italien de se demander ingénument:

«A ce point, il est légitime de se demander ce qu’ils ont demandé en échange, ces magnats de la finance qui n’ont sans doute pas agi par pur esprit «patriotique». E ce qu’aura pesé leur soutien dans les choix du président…»

http://log.antipresse.net/post/sorosphere-le-macron-r-un-veritable-titre-boursier?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

RACISME | Des Lumières qu’on préferait n’avoir pas allumées

Etonnant! Même Slate.fr a fini par le remarquer: le racisme n’est pas un produit du «repli» culturel des peuples ignares, mais bien des élites dites «éclairées». Avant de retourner leurs vestes, les apôtres du Progrès avaient théorisé la «mission» de la race blanche dans l’éducation des peuples colorés.

Ce paradoxe entre le libéralisme des Lumières et la domination raciale aura été repéré dès le départ. «Vous, les Américains, faites une grande clameur de chaque petite violation imaginaire de ce que vous estimez être vos libertés; et pourtant il n'y a pas de peuples sur Terre qui soient autant des ennemis de la liberté, des tyrans aussi absolus dès qu'ils en ont l'opportunité que vous-mêmes», raillait un interlocuteur anglais de Benjamin Franklin en 1764.

http://log.antipresse.net/post/racisme-des-lumieres-quon-preferait-navoir-pas-allumees?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

ART | Les sublimes cauchemars de Zdzisław Beksiński

Il est l’un des plus grands peintres du XXe siècle, mais le monde ne le sait pas, parce que le monde croit que les «peintres de genre» — en l’occurrence, les fantastiques — ne peuvent être géniaux. Or l’imagination et la palette de Beksiński donnent corps aux rêves les plus dérangeants, renvoyant les délires d’un Dalí dans les bancs de l’académie des Beaux-Arts.
Rien d’étonnant à cela: Beksiński n’était pas un peintre «de métier». Il était ingénieur. Et il a retourné comme une chaussette l’univers mécanique et totalitaire créé par les ingénieurs pour en révéler la réalité de cauchemar. Un bel article de *boredpanda.com* (en anglais) résume la vie et l’univers de ce génie encore si mal connu.
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Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
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