jeudi 25 janvier 2018

Donald Trump tire les premières salves contre les importations chinoises

La politique d'«America First» est en marche. L’administration Trump impose des mesures antidumping contre les panneaux solaires et les grandes machines à laver. Pékin a exprimé son «ferme mécontentement»

ACT XI TRUMP PANNEAUX

Lors de sa campagne électorale en 2016, le candidat Donald Trump avait promis une guerre commerciale contre la Chine, l’accusant de détruire les emplois américains. Dans la nuit de lundi à mardi, il est passé aux actes, imposant des droits de douane punitifs, dits «de sauvegarde», sur des panneaux solaires et sur les grandes machines à laver fabriqués en Chine, mais aussi en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam. Lundi, le président américain a également reçu un rapport d’une enquête sur l’aluminium importé de Chine à des prix inférieurs à leur coût de production. Il a trois mois pour décider d’une mesure antidumping. Bref, la guerre promise est lancée.

L’animosité est dans l’air depuis plusieurs mois. Les rencontres entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, une première fois en avril 2017 aux Etats-Unis, puis en novembre en Chine, n’ont pas suffi pour éviter les tensions. Le locataire de la Maison-Blanche, champion de «America First» maintient que les importations en provenance de la Chine se font au détriment de l’économie américaine. Par conséquent à la fin de l’année dernière, son administration a refusé d’octroyer le statut d’économie de marché à la Chine, alors même qu’un tel dispositif était prévu dans l’accord d’adhésion chinoise à l’Organisation mondiale du commerce en 2001.

Plus agressifs

«Il faut s’attendre à ce que les Etats-Unis deviennent encore plus agressifs sur les importations de l’acier chinois, anticipe un expert en relations sino-américaines qui préfère garder l’anonymat. Le président Trump doit répondre aux attentes des travailleurs de l’industrie métallurgique dans la ceinture d’acier (plus connue sous le nom de Rust Belt). Ces derniers souffrent de la concurrence chinoise et ont largement voté pour le président.» Selon cet expert, la Chine a effectivement créé une anomalie en produisant près de 60% de l’acier mondial.

Il relève aussi que les deux responsables politiques aux Etats-Unis – Wilbur Ross, secrétaire d’Etat au Commerce et Robert Lightizer, le chef négociateur commercial américain, sont issus de l’industrie de l’acier. En effet, certains produits en acier importés aux Etats-Unis font déjà l’objet des mesures antidumping.

Pékin n’a pas été surprise par la décision américaine et a immédiatement exprimé son «ferme mécontentement» et a promis des mesures «en concertation avec d’autres Etats». En réalité, les autorités chinoises ont monté le ton depuis plusieurs jours. Selon elle, la politique commerciale américaine viole non seulement les règles internationales, mais se fait aussi au détriment des industriels et des consommateurs américains. Dans son édition de lundi, le Global Times – la voix de Pékin destinée à l’étranger – relève que l’administration Trump bloque systématiquement des investissements chinois aux Etats-Unis. Selon le journal en ligne, 27 propositions ont été rejetées l’an dernier, y compris celle d’Ant Financial de reprendre les activités de Moneygram.

https://www.letemps.ch/economie/2018/01/23/donald-trump-tire-premieres-salves-contre-importations-chinoises

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Un peu gonflés, les Chinois, eux qui ne sont pas les derniers à défendre leurs intérêts commerciaux (à juste titre d'ailleurs) quand c'est nécessaire...Pour le reste, Trump applique son programme, la presse libre- échangiste s'inquiète, le spectre du "retour au protectionnisme" fait trembler certains intérêts, de quoi alimenter les "conversations" qui se déroulent en ce moment- même à Davos...   P.G.

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Collusion ! Mario Draghi interdit de fréquenter le club secret dit des 30 banquiers !!!

TRIBUNE LIBRE / Charles Sannat

TL COMPLOT BANQUIERS SANNAT(...)

Bien entendu, de très nombreuses âneries circulent sur Internet. Mais… qui peut s’arroger le droit de dire ce qui est vrai ou faux?, tout en sachant qu’avant de devenir vrai, certaines idées sont d’abord considérées comme fausses.

Par exemple, dire que les banquiers se retrouvent, et se mettent d’accord, pour « comploter » dans leur coin, contre l’intérêt général et pour leurs propres profits, cela est suffisant pour vous faire mettre à l’index et excommunier pour toujours par la nouvelle bien-pensance, et j’en sais quelque chose.

Pourtant, Mario Draghi, notre bon Mario, l’homme le plus puissant d’Europe, le banquier des banquiers, le grand timonier de l’euro, le gouverneur de la Banque centrale européenne lui-même vient d’être officiellement attrapé les mains dans le pot de miel (on peut remercier nos gentils partenaires allemands qui n’aiment pas la politique monétaire du sieur Draghi).

Mario Draghi mis en demeure de cesser d’être membre du club secret des banquiers appelé le groupe G30 par la médiatrice de l’Union européenne !

Le Médiateur européen est chargé du contrôle de l’Union européenne et siège à Strasbourg. Il sert d’intermédiaire entre les citoyens et les autorités européennes. À ce titre, le Médiateur européen renforce les droits des citoyens européens ainsi que le caractère démocratique de l’Union européenne.

Le Médiateur européen a pour mission d’enquêter sur des cas de « mauvaise administration » dans les agissements des institutions, des organes et des organismes de l’Union européenne. Le terme « mauvaise administration » désigne une situation dans laquelle une institution de l’Union enfreint les procédures administratives, les principes de bonne administration ou les droits de l’homme. Les cas de « mauvaise administration » concernent essentiellement les irrégularités administratives, l’injustice et les pratiques inéquitables, la discrimination, les abus de pouvoir, le manque ou le refus d’information ainsi que les retards injustifiés…

Rien que cela ! C’est important la démocratie en Europe voyez-vous, et la seule façon de renforcer la démocratie en Europe, ce n’est pas juste d’avoir quelques médiateurs, aussi utiles soient-ils… Mais d’avoir un véritable contrôle accompagné de sanctions pénales fortes. Alors nous pourrons parler de démocratie. Mais c’est un autre débat.

Voici la traduction de cet article du très sérieux Guardian à ce sujet

« Le président de la Banque centrale européenne s’est fait dire par le chien de garde de l’UE qu’il devrait cesser d’appartenir à un club secret de banquiers d’affaires.

Après une enquête d’un an, Mario Draghi a été informé mercredi par le Médiateur européen, Emily O’Reilly, que ses relations étroites avec le groupe G30 basé à Washington menaçaient la réputation de la banque, malgré ses assurances contraires.

Les membres de ce club exclusif, dont seulement deux des 33 membres actuels sont des femmes, sont choisis par un conseil d’administration anonyme.

Seule l’identité du président du conseil d’administration, Jacob A Frenkel, président de JPMorgan Chase International, a été rendue publique.

O’Reilly a noté le secret et le manque de transparence du groupe quant au contenu de ses réunions. Elle a également demandé que tous les futurs présidents de la BCE soient interdits d’adhésion au club, qui était auparavant nommé Groupe consultatif pour les affaires économiques et monétaires internationales.

Cette décision faisait suite à une plainte déposée par le Corporate Europe Observatory (CEO), une ONG basée à Bruxelles, qui affirmait que la relation étroite de Draghi avec le G30 était contraire au code d’éthique de la BCE.

Au cours de sa présidence de la BCE, M. Draghi, un économiste italien qui a précédemment travaillé chez Goldman Sachs, a assisté à quatre réunions du G30, en 2012, en 2013 et à deux reprises en 2015.

Mme O’Reilly a déclaré qu’il y avait un danger que l’indépendance de la banque pourrait être perçue comme compromise par l’implication de Draghi dans le groupe, dont les membres comprennent un certain nombre de gouverneurs de banque centrale, des banquiers du secteur privé et des universitaires. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, en est membre. Mais Mme O’Reilly a dit qu’il n’y avait aucune preuve que des renseignements de nature délicate étaient échangés.

La médiatrice a déclaré : “La BCE prend des décisions qui affectent directement la vie de millions de citoyens. Au lendemain de la crise financière, et compte tenu des pouvoirs supplémentaires conférés à la BCE ces dernières années pour superviser les banques des États membres dans l’intérêt public, il est important de démontrer à ce public qu’il existe une séparation claire entre la BCE, en tant que superviseur, et le secteur financier qui est affecté par ses décisions.”

Mme O’Reilly a déclaré que toute réunion entre la BCE et le G30 devrait à l’avenir être rendue publique et que des résumés des discussions devraient être fournis.

Une plainte déposée en 2012 avait été rejetée par le médiateur, mais Mme O’Reilly a déclaré que les choses avaient changé et que la BCE n’avait pas montré comment le public avait bénéficié de l’adhésion de Draghi. La relation entre la banque et le G30 devrait être alignée sur certaines règles et certains codes de gouvernance propres à la banque, a-t-elle déclaré.

Un porte-parole de la BCE a déclaré qu’elle avait pris note de la décision et qu’elle répondrait en temps utile. »

La preuve que tout est parfaitement coordonné !

Cette information est capitale car elle montre à celles et ceux qui en doutaient encore, en le prouvant cette fois de façon incontestable, que tout est « organisé », tout est parfaitement « géré » de façon concertée.

J’ai toujours affirmé qu’il n’y avait aucune guerre des monnaies entre les grands blocs économiques, mais bien des interventions parfaitement coordonnées entre ces différents blocs, même s’ils peuvent savamment entretenir l’illusion de certains désaccords.

Ils finissent par se mettre d’accord dans quelques petits cénacles secrets et discrets, entre eux, pour gérer en dehors de tout processus démocratique digne de ce nom l’avenir de centaines de millions de gens à qui l’on ne demande même plus leur avis sur leur propre avenir.

Vous touchez du doigt pourquoi cette Europe-là est l’antithèse de la démocratie et de l’idée que l’on peut s’en faire.

Vous avez sous les yeux la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à commencer par le peuple de France.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source The Guardian ici

https://insolentiae.com/collusion-mario-draghi-mis-en-demeure-de-ne-plus-frequenter-le-club-secret-dit-des-30-banquiers-ledito-de-charles-sannat/

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Fake news : L’Obs en fait une couverture !

L’Obs vient de surprendre et parfois choquer la planète médiatique. L’information n’est pas mince tant l’hebdomadaire libéral libertaire nous avait habitués à ne surtout faire aucune vague. L’Obs, on t’a fait bobo à la tête ?

TL OBS FAKE

Que se passe-t-il à L’Obs ? Dans son édition numéro 2775 datée du 11 janvier 2018 l’hebdomadaire a proposé à ses lecteurs une couverture telle qu’il n’en produisait plus depuis longtemps. Gentillet, soft et sympa, le magazine lib lib se contentait de couvertures consensuelles. Celle du 11 janvier fait polémique. Elle présente la France comme un camp retranché anti migrants. Le dossier porte sur la politique migratoire annoncée par le gouvernement. Bien sûr, avec la suivante, celle de la semaine du 18 janvier 2018, L’Obs est rentré dans le rang en faisant sa Une sur un entretien inédit avec Elsa Ferrante, l’écrivain à succès dont personne ne sait qui elle est véritablement, et qui normalement ne parle pas.

Barbelés concentrationnaires et Macron à la Une !

C’est évidemment plus consensuel et moins politique que de publier une photo de Macron entouré de barbelés en Une. La charge est forte. La mise en scène de cette Une ne peut que donner à penser ceci : le président Macron, à la réputation pourtant justifiée d’humanisme, peu soupçonnable de xénophobie ou de racisme, transformerait la France en une sorte de système concentrationnaire, un camp au-dessus duquel ne serait pas inscrit Arbeit Macht Frei mais « Migrants ». Ce dernier mot étant étrangement présenté comme s’il s’agissait d’un panneau routier ou de celui placé à l’entrée d’une commune. Sur Twitter, de nombreux messages postés en commentaires de cette Une font remarquer, sans doute à juste titre, que cette couverture peut être perçue comme douteuse, le président Macron ayant un physique très européen ; d’autres n’hésitent pas à dire qu’il ne manque à cette couverture qu’une casquette et une moustache. Difficile en effet de croire à une erreur de la part d’un magazine aussi expérimenté que L’Obs. À l’évidence, l’hebdomadaire d’habitude si sage et soucieux de ne pas trop brusquer son public, a décidé de référer à l’Allemagne nazie en publiant cette Une, laissant ainsi entendre que la politique annoncée par Emmanuel Macron et son ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, en matière d’immigration serait comparable à la politique antisémite menée par les nazis contre les juifs, les tziganes, les homosexuels, les chrétiens catholiques, les francs-maçons, nombre de leurs opposants, dont certains révolutionnaires conservateurs. Cette manière, pour un Obs jusque-là plutôt ouvertement pro-Macron, de plonger la tête entière dans les miasmes du point Godwin a ainsi pu surprendre. La couverture étant de plus accentuée par les noms de signataires de textes, Le Clézio, perçu comme une « conscience morale » de la gauche universaliste à Paris, ou Boucheron, l’historien tête de gondole du combat contre le réel d’une histoire de France aux racines chrétiennes, européennes, blanches, etc – Boucheron est persuadé que l’histoire de France vient d’ailleurs, un peu comme la « vérité » dans X-Files, et penche plutôt pour les théories du « racisme d’État » de la République française que pour celle d’une France à l’avant-garde de l’ouverture sur le monde. L’Obs a donc choisi de donner de la surface à ce genre de personnage, déjà fort médiatisé, et de diffuser une fake news tout à fait extraordinaire : le président Macron serait un homme politique comparable aux nazis. La volonté (discutable) de Monsieur Macron de lutter contre les fake news profitera-t-elle de cette occasion pour entrer en action ? Sanctionner L’Obs serait ainsi un point de départ intéressant et amusant. On imagine ce qui se passerait si une image pareille avait été mise en ligne par RT France par exemple. Reste que ce qui est induit par cette couverture est en tout cas à l’origine d’une nouvelle polémique au sein du milieu politico-médiatique parisien.

Macron derrière les barbelés

La capitale est en émoi. En toute objectivité, reconnaissons-le : la couverture de L’Obs est mensongère : qui peut croire un instant qu’Emmanuel Macron, président de la société ouverte, peut être assimilé à ce genre de sous-entendus, néanmoins gros comme le nez de Cyrano au milieu de la figure. Le titre de cette couverture peut de même choquer en ce qu’il sous-entend à son tour : ce « Bienvenue au pays des droits de l’Homme » laissant ainsi entendre que la France ne serait pas ce pays. Qu’elle le soit ou non, qu’elle le soit assez ou pas, tout cela peut bien sûr être débattu ; mais qu’elle le soit si peu, que la comparer à l’époque où des camps de concentration existaient en Europe est simplement une bêtise. La réaction enflait à partir du 19 janvier, nombre d’observateurs et de médias titrant sur un thème du type « Macron derrière les barbelés », la couverture pourrait « coûter sa place au directeur de L’Obs ». Surprenante façon de lire l’image de cette couverture, laquelle n’enferme pas le président derrière des barbelés mais l’accuse de faire de la France un camp retranché anti migrants, sur fond de références douteuses.

Selon Libération, le 19 janvier 2018 : « Les jours de Matthieu Croissandeau à la tête de l’hebdomadaire détenu par le duo Xavier Niel et Matthieu Pigasse semblent comptés. La rumeur d’un départ imminent du directeur de la rédaction, qui ne s’est jamais remis de la motion de défiance votée contre lui en 2016, agite beaucoup en interne. Et d’autant plus depuis que, dans l’édition de cette semaine, le cofondateur du titre et gardien du temple, Jean Daniel, a pris la plume pour tancer le choix de couverture de la semaine précédente montrant le visage d’Emmanuel Macron entouré de barbelés ». Il n’est en effet pas banal de voir le fondateur d’un hebdomadaire s’en prendre à la Une de son propre magazine, qui plus est sur le site de L’Obs, en termes très clairs : « Je ne supporte pas de voir la tête de notre président entourée de barbelés, avec le choix de les subir ou de les imposer ». Il insiste, indiquant ne pas supporter que le président de la République soit ainsi présenté tel un « tyran ». La charge, venue de Jean Daniel, n’est pas mince. Peu après, rapporte 20 Minutes, le délégué général de LREM, Christophe Castaner, indiquait que cette couverture « ne correspond pas à la réalité ». Autrement dit, c’est une fake news. Et cette polémique traduit clairement la problématique actuelle, voyant des médias amplement producteurs de fausses nouvelles être dans le même temps considérés comme devant être protégés, et utilisés pour lutter contre ces mêmes fausses nouvelles. Matthieu Croissandeau a tenté de justifier la couverture polémique, dans un communiqué publié à côté de celui de Jean Daniel. Il dit avoir voulu une couverture choc pour une situation choc, celle faite aux migrants, laquelle traduirait un reniement par la France de ses valeurs liées aux droits de l’Homme.

L’observateur impartial peine à croire que ce genre de point de vue, tellement éloigné de la réalité de ce qu’est la France actuelle, en particulier concernant sa politique migratoire, la croissance de l’accueil des migrants, leur prise en charge dans tous les domaines, de l’école à la nourriture en passant par la médecine ou un revenu, puisse en effet conduire un tel journaliste à être nommé à la tête d’un hebdomadaire historique tel que L’Obs. Il doit être possible ( ?) de trouver des journalistes moins imprégnés de propagande de bas étage pour diriger une telle publication. Encore faudrait-il oser sortir du copinage parisien-parisien, et chercher des talents qui soient en même temps des esprits libres, capables de finesse intellectuelle. Cela n’existe plus guère dans le monde lib lib (libéral libertaire), mais peut aisément se trouver dans les médias dits alternatifs. La direction de L’Obs osera-t-elle relancer son magazine en jouant la liberté ? Pas certain. Le nom de Claude Askolovitch circule, c’est dire combien on apprend peu de ses erreurs dans la France médiatique contemporaine.

https://www.ojim.fr/fake-news-lobs-couverture/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=2fee5b5775-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-2fee5b5775-71509009

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Palestine : L’espionnage pro-israélien, un métier d’avenir (2° partie)

Partie 2

TL ORIENT ESPIONS

1- LA COHORTE DES SUPPLÉTIFS DES ÉQUIPÉES ATLANTISTES EN IRAK ET EN SYRIE

En tête de liste, Ahmad Chalabi, office boy irakien de l’administration américaine lors de l’invasion de l’Irak, en 2003. Ce banquier en banqueroute sera promu chef de l’opposition démocratique d’Irak pour servir de caution à la rhétorique sur «les armes de destruction massive de l’arsenal irakien», de même que son compatriote Iyad Alaoui, le premier ministre du pro-consul américain en Irak Paul Bremer.

Mention spéciale aussi pour un troisième irakien : Rafed Al Janabi, agent de la CIA recruté pour le compte de la centrale américaine par Ahmad Chalabi,afin de relayer la fable sur les AMD irakiens. Lâché par ses maîtres une fois son forfait accompli, Rafed Al Janabi sombrera dans l’anonymat et la misère avant de retrouver son salut dans un poste subalterne de serveur au sein d’une franchise Burger King dans une ville allemande.

SYRIE

Kamal Labwani, membre de la direction de la coalition off shore pétro monarchique qui a proposé «d’offrir le Golan à Israël en contrepartie du concours de l’armée israélienne à la chute du régime baasiste». A égalité avec Bourhane Ghalioune, premier président de la coalition off shore, qui, lui, a proposé  «la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran et la coupure du ravitaillement stratégique du Hezbollah via la Syrie»; Deux propositions faites sans consultation du peuple syrien et qui correspondent furieusement aux objectifs sous-jacents de la déstabilisation de la Syrie.

En précurseur, auparavant, l’ancien ponte du régime baasiste syrien, Abdel Halim Khaddam, victime cupide de la diplomatie saoudienne du carnet de chèques.
Maniée de tous temps par les Saoudiens, pour restaurer le pouvoir sunnite tant à Beyrouth qu’à Damas, «la diplomatie du carnet de chèques» montrera son indigence dans sa déconfiture syrienne : Abdel Halim Khaddam, ministre des Affaires étrangères, personnalité de premier plan présumée socialiste du régime baasiste, versera dans l’affairisme Haririen et l’intégrisme religieux des « Frères Musulmans », avant de se carboniser.

Il se retrouvera relégué aux oubliettes de l’histoire lâché par tous, y compris par ses nouveaux alliés, l’organisation des « Frères musulmans », celle-là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.

2- LA COHORTE DES SUFFRAGETTES TARIFÉES DE LA CONTRE RÉVOLUTION SYRIENNE

Pour une étude exhaustive de la liste des «Judas de Syrie», cf ce lien

En additif, ci joint la cohorte des suffragettes tarifées de la contre révolution syrienne :

  • Samar Yazbek, anonyme au bataillon jusqu’au jour où la baguette du magicien Alain Juppé transformera cette fée carabosse en princesse au bois dormant, madonne sirupeuse des plateaux des télévisions françaises.
  • Souhair Al Atassi, en guise de paravent à la modernité, au même titre que Basma Kodmani, la première porte parole de l’opposition off shore. Fille du chef du mouvement nassérien de Syrie, Jamal Al Atassi, Souhair se dévoiera dans son compagnonnage avec Anas Al Abda, un des chefs de file du djihadisme pro-wahhabite, abondamment pourvu en pétrodollars, dans une démarche qui a retenti comme une insulte au combat nationaliste de son père.

Voir à ce propos le récit édifiant du journal «Le Monde», la bible de l’opposition wahhabite de Syrie.

Pour ce qui est de Samar Yazbek, cf le compte rendu de sa prestation au Mucem Marseille : Samar Yazbek, écrivain «réfugiée à Paris depuis l’été 2011» était ici une des «femmes qui dans l’anonymat ou l’exil, déploient une vitalité artistique à nulle autre pareille». Sa vitalité n’arrivera pas ce jour-là à retenir la salle, qui se vide discrètement au fur et à mesure du documentaire puis de l’interview où elle explique sa passion pour l’écriture et la liberté ; la lecture de son roman «Un parfum de cannelle va m’aider ensuite à appréhender sa démarche.

Extrait de la 4e de couverture : «Hanan al-Hachimi, bourgeoise oisive et aisée» découvre «la jeune Alya, sa servante, en pleins ébats avec [son vieux mari honni]! Si le jour, l’une exerce son pouvoir sur la domestique […], le soir venu, les rapports s’inversent, et les deux femmes s’adonnent secrètement aux plaisirs saphiques avec une étrange volupté […]. Ce roman sulfureux d’un écriture réaliste bouleverse l’ordre établi de la société syrienne en y dénonçant les conditions réservées aux femmes».*

Au bout des 122 pages, si on se demande où est la censure d’un régime qui a laissé Samar Yazbek écrire et publier 4 romans «dénonçant l’ordre établi» etc., on comprend vite par contre pourquoi ça n’est pas dans les monarchies du Golfe, dénonçant pourtant elles aussi l’ordre établi d’Assad, que l’auteur a cherché asile.

3- AU PALMARÈS DE LA HONTE FIGURENT EN OUTRE

  • Mounzer Safadi (Palestine), agent de liaison syro-druze d’Israël auprès des groupements djihadistes de Syrie, ainsi que Farid Ghadri, Radwane Zyadeh, pour les États Unis et les Kodmani’s Sisters, pour la France, -Basma and Hala Kodmani-, des supplétifs syriens de l’administration française lors de la guerre islamo-atltantiste contre la Syrie.
  • Wahid Burschan (Libye), homme d’affaires américano libyen, un pion de la CIA programmé pour piloter le futur pouvoir dans la Libye post-Kadhafi et ami de BHL.
  • Lokmane Slim (Liban), le chiite de service anti-Hezbollah pour le compte de l’ambassade américaine de Beyrouth et Walid Farès, un des plus grands sanguinaires parmi les dirigeants des milices chrétiennes de la guerre du Liban reconverti dans l’expertise contre-terroriste à Washington, promu désormais pour services rendus à la stratégie israélo-américaine, conseiller pour le Moyen Orient du président Donald Trump.

Dans ce quota, il convient d’intégrer les frelons exportateurs de la démocratie selon le schéma américain dans le Monde arabe : Elie Khoury (Quantum/Saatchi and Saatchi), Saad Eddine Ibrahim (Ibn Khaldoun Center for Developpment Studies), Imad Bazzi, Michel Eleftériades, Assaad Tébiane, Asma Andraos (Liban).

Pour la Tunisie, Nadia Fani, fille d’un grand syndicaliste tunisien dont la cinéaste a dilapidé le capital de sympathie par sa quête d’un rebond professionnel auprès des élites mondialisées représentées par l’ultra féministe islamophobe française Caroline Fourest, actant sa soumission à la pensée dominante par son voyage à Canossa-Israël.

Tout comme son compatriote tunisien Hassan Chalghoumi, Prix Léon Blum du CRIF (Conseil représentatif des Institutions Juives de France)… Ah la belle promotion pour ce guide au français approximatif de la Mosquée de Drancy France.

Khaled Mecha’al, le chef politique du Hamas, la branche palestinienne de la confrérie des Frères Musulmans, à l’abri dans sa luxueuse résidence climatisée au Qatar alors que la bande de Gaza demeure à l’état de ruine, un an après sa destruction par Israël, l’allié souterrain des pétromonarchies du Golfe.

Youssef Qaradawi passé à la postérité pour ses suppliques implorant l’Otan de bombarder un pays, la Syrie, un pays qui a livré quatre guerres contre Israël ; Jabhat An Nosra, la franchise d’Al Qaida en Syrie, dont la connivence avec Israël sur le Golan, un territoire syrien occupé, -non pour le libérer, mais pour faire tomber le régime de Damas-ferment le ban.

4- LE LIBAN, UN VASTE CIMETIÈRE DE TRAÎTRES

Ultime pays du champ de bataille à faire front à Israël, le Liban a fait l’objet d’une abondante littérature en la matière, ne serait-ce qu’à l’occasion de la découverte d’un important réseau de taupes israéliennes incrustées dans le système de transmission libanais, impliquant des membres du haut commandement de l’armée, mus par la cupidité et le sectarisme.
Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, avec en tête du palmarès de la honte, le quatuor maléfique de la guerre du Liban : le chef des milices chrétiennes libanaises, Bachir Gémayel, son adjoint Samir Geagea et les deux officiers félons du Sud Liban, le commandant Saad Haddad et le Général Antoine Lahad.

Mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le coup de filet anti israélien réalisé par les services de sécurité libanais. Du gros gibier : un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles.
70 arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement israélien l’un des plus importants revers de son histoire.

L’élément déclencheur de cette contre-offensive libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughniyeh, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre-espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs : Deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie.

Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali Jarrah était même muni d’un passeport israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.

Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés : Le général Adib Semaan al Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale.

Recruté par les services israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie libanaise. Grâce à cette couverture, Adib Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau frère d’un officier de l’armée dissidente libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée israélienne au sud Liban.

Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’École des Forces Spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. Celui qui passe pour être l’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis.

5- ÉLIAS EL MUR : INTERPOL EN GUISE DE BONUS AU JUDAS LIBANAIS

Toutefois un cas mérite d’être porté à la connaissance du plus large public par la forfaiture et l’imposture d’un détenteur de l’autorité publique. Son parcours gouvernemental aura été un chapelet de forfaitures qui le conduiront par son abdication au bloc atlantiste au sommet de l’organisation de coopération criminelle, Interpol, en guise de prime à ce judas libanais.

Pur produit de la féodalité clanique libanaise, l’homme aura asservi sa fonction, pour la vassalisation de son pays à ses ennemis. Ministre de la Défense, Elias El Murr passe pour avoir renseigné Israël sur les positions du Hezbollah durant la guerre de destruction du Liban, maintenant l’armée libanaise l’arme au pied, en juillet 2006, plutôt que d’assurer la couverture militaire de la formation paramilitaire.

Le journal libanais «Al Akhbar» a ainsi publié une trentaine de câbles émanant de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth datant de 2008-2009. Deux d’entre eux ont fait particulièrement du bruit à Beyrouth : le premier attribue au ministre libanais de la Défense, Elias el-Murr, des conseils indirects adressés à Israël sur la manière d’agir en cas de nouvelle offensive militaire contre le Hezbollah.

Le ministre aurait notamment recommandé d’éviter de «bombarder des ponts et des ouvrages d’infrastructure dans les régions chrétiennes». Selon le câble, «Murr a donné des directives (au chef de l’armée Michel) Sleimane demandant que les forces armées libanaises ne s’impliquent pas si Israël vient»,, il avait auparavant amplifié les liens du Liban à l’INTERPOL. Au-delà de toute mesure. Au-delà de toute décence. Sous sa direction, en effet, les dossiers de police partagés par le Liban dans les bases de données d’INTERPOL ont presque doublé en moins de trois ans. Autrement dit, l’homme a veillé, non à protéger ses concitoyens libanais, mais à transférer un important lot de la banque de données du renseignement libanais à Interpol pour un meilleur pistage de ces compatriotes.

Gendre du président Émile Lahoud (1998-2006), il s’assurera une posture privilégiée durant sa mandature présidentielle cumulant tour à tour les fonctions de vice premier ministre et de ministre de l’intérieur, puis de ministre de la défense, avant de succomber aux sirènes de l’ennemi de son beau-père, le milliardaire libano saoudien Rafic Hariri et de s’aménager un destin international, loin des magouilles libanaises dont il aura été un des grands contributeurs.

Beau-frère de Gébrane Tuéni, l’ancien directeur du journal An Nahar assassiné, Elias El Murr, symbolise mieux que tout le système des alliances rotatives des éditocrates libanais de l’après -guerre. Bailleur de fonds des milices libanaises durant la guerre civile, le tandem orthodoxe s’adossera successivement au camp rival du général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libanais alors en exil en France, avant de basculer dans le camp Hariri après un bref transit dans le camp du président Émile Lahoud.

Le tandem a été la cible d’un double attentat sans doute en guise de sanction d’un parcours erratique.
Le ministre en a réchappé, le journaliste a succombé. Celui que des laudateurs empressés ont qualifié de «martyr de la presse libanaise» était en fait un partenaire en affaires d’un ancien milicien libanais reconverti dans le trafic des stupéfiants dont il assurera la responsabilité de chef de réseau en Europe orientale.
Avide et cupide, soucieux de rentabilité «Gaby» avait coutume de louer aux mafieux de la drogue sa voiture blindée durant son absence du Liban. Nul au sein de la commission d’enquête internationale ne s’est hasardé à fouiller cet aspect marécageux du dossier, sans doute pour ne pas écorner le processus de construction du mythe du «martyr de la presse libanaise».

Le parcours d’Élias El-Murr, homme en charge de la sécurité puis de la défense du Liban, un pays sensible, sa maîtrise de la langue arabe, sa bonne connaissance du Moyen-orient et ses excellentes relations avec les dirigeants de la zone gangrenée par le djihadisme, ne lui auront été d’aucun secours.

La sphère euro méditerranéenne, sous son magistère à Interpol, est devenue une passoire de Londres (2012), à Paris (2015), Amsterdam à Bruxelles, (2016), à Ankara et Istanbul (2015-2016), Munich (2016), de même que la sphère arabe, Koweït, Tunisie et surtout l’Arabie saoudite, où l’on a dénombré trente attentats rien qu’en 2015. Sans nul doute, Élias El Murr et sa coterie familiale passeront à la postérité comme le plus bel exemple moral pour l’édification civique de la génération de la relève libanaise.

Reporters Sans Frontières a d’ailleurs rétrogradé la place du Liban de la 61e à la 91e place entre 2005 (date de la création du TSL) et 2009, soit une perte de 39 places en cinq ans. Sur le mercantilisme de la presse libanaise et les alliances rotatives du clan Murr-Tuéni, ce lien :
http://www.renenaba.com/les-tribulations-de-la-presse-libanaise-1/
http://www.renenaba.com/les-tribulations-de-la-presse-libanaise-2/

(...)

6- LA PROCLAMATION BALFOUR, UNE MÈCHE À COMBUSTION LENTE : «SI JE T’OUBLIE JÉRUSALEM»

Le «printemps arabe» a accéléré le processus de désintégration du Monde arabe. Depuis sa propulsion, pétrodollars et captagon ont été promus à la fonction de carburants du djihad. Si le pétrole a fluidifié l’engagement des djihadistes, le captagon les dynamise vers l’au delà… le paradis artificiel, prélude au suicide assisté à distance et à la destruction programmée du Monde arabe, avec le consentement des Arabes. Le degré zéro de l’intelligence.

Certes le drapeau palestinien a été hissé pour la première fois devant le siège des Nations Unies à New York, le 30 septembre 2015, nouvelle étape dans la marche forcée entreprise par les Palestiniens pour la reconnaissance internationale pleine et entière de leurs droits nationaux par la Communauté des Nations, mais rétrospectivement, un siècle après, la «Proclamation Balfour», promesse portant création d’un «Foyer national juif » sur le territoire de la Palestine, s’est révélée une mèche à combustion lente.

Elle a gangrené tout le long du XXe siècle, dont les répercussions se répercutent encore de nos jours sur la vie internationale viciant complètement la relation entre le Monde arabe et l’Occident. Opérant avec la promesse Balfour, «une compensation sur bien d’autrui», la forme pernicieuse d’une perversion triangulaire, le Royaume Uni a ainsi justifié pleinement son titre de «perfide Albion».

Le combat pour la Palestine est une œuvre de longue haleine que ne doit décourager, ni le désintérêt des gouvernements arabes à l’égard de ce qui a longtemps été considéré comme «la cause principale des Arabes», ni la colonisation rampante de la totalité de la Palestine en ce que la judaïsation de la Palestine porte en elle les germes d’un dépérissement de l’État Juif.

«Si je t’oublie Jérusalem…

Si je t’oublie Jérusalem, non seulement que ma main droite se dessèche, mais «que mon cerveau se sclérose et que mon corps se tétanise et mes membres se paralysent».

Tel devrait être le serment que chaque arabe et toute personne éprise de paix devraient formuler annuellement à chaque anniversaire de la proclamation Balfour, afin que justice soit rendue au peuple palestinien et que triomphent sur terre le Droit et la Justice.

Par René Naba | JANVIER 23, 2018

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias).

Source: http://www.madaniya.info/2018/01/23/palestine-l-espionnage-pro-israelien-un-metier-d-avenir-2-2/

https://arretsurinfo.ch/palestine-lespionnage-pro-israelien-un-metier-davenir/

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Palestine : L’espionnage pro-israélien, un métier d’avenir (1° partie)

Le Monde arabe commémore le centenaire de la promesse Balfour sur fond d’une décompression mentale et morale marquée par la balkanisation de la zone et la prolifération des candidats à la traîtrise, serveurs de plat de la bureaucratie occidentale, promus désormais au rang du «must» de la vie politique pan-arabe.

TL ORIENT ESPIONS

Indice pathologique de cette désintégration intellectuelle est la criminalisation par la Ligue Arabe sous hégémonie wahhabite, de l’ultime mouvement de libération arabe, le Hezbollah libanais, au dixième anniversaire de sa victoire contre Israël, en juillet 2016.

Un acte qui constitue un quitus à toutes les équipées israéliennes contre le Liban et le mouvement chiite. Un acte qui signe et la désertion du champ de bataille et la capitulation arabe face à un pays considéré par de larges fractions de l’opinion du tiers monde comme l’usurpateur de la Palestine.

Les guerres intestines du Liban (1975-1990), puis de Syrie (2011-2015) ont donné lieu à la naissance d’une faune d’un genre nouveau, l’espion pro-israélien, sous couvert de guerre de libération nationale, conséquence du ravage du sectarisme qui afflige le Monde arabe.

Revue de détails de ces zombies criminogènes :

1 – Le Palestinien, fossoyeur de sa propre cause

Les services de sécurité et de contre espionnage palestiniens sont des passoires et les Palestiniens, les fossoyeurs de leur propre cause à en juger par les traîtres débusqués dans leurs rangs.

A – Le prince vert, Moss’ab Hassan Youssef, un des fils du fondateur du Hamas

L’une des plus célèbres taupes israéliennes n’est autre que Mossa’b Hassan Youssef, fils d’un des fondateurs du mouvement islamiste palestinien Hamas, «une taupe» du Shin Beth, les services de renseignements israéliens, réfugié en Californie, converti au catholicisme et ayant subi une opération de chirurgie esthétique.

Les informations que Mossa’b Youssef a livrées aux Israéliens ont conduit aux arrestations de Marwan Barghouti, la figure emblématique du Fatah en Cisjordanie et d’Ibrahim Hamid, un chef militaire du Hamas en Cisjordanie. Il était surnommé par ses agents traitants le «prince vert», vert comme la couleur de l’islam.

Et prince parce qu’il devait leur rappeler le «prince rouge»: Ali Hassan Salameh, l’homme des premiers contacts entre l’OLP de Yasser Arafat et la CIA que le Mossad assassina à Beyrouth dans la décennie 1980.

B- Adnane Yassine, N° 2 du bureau de l’OLP à Tunis

L’une des grosses prises aura été un des responsables palestiniens, agent du Mossad, Adnane Yassine, N°2 du Bureau de l’OLP à Tunis. Il avait réussi à implanter un système d’écoute au sein de la centrale palestinienne, constitué de deux puces espions, l‘une sur la lampe de travail du bureau de Yasser Arafat, le chef de la centrale palestinienne, la seconde dans celui de Mahmoud Abbas (Abou Mazen), le négociateur d’Oslo. Les Israéliens disposaient ainsi en instantané de tous les débats au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine et des rivalités entre Yasser Arafat et Mahmoud Abbas.

Le traître palestinien avait accompli son forfait en remerciement d’une prestation médicale assurée par les Israéliens en France en faveur de son épouse atteinte de cancer.

C -L’adjoint de Saëb Ereikat, l’homme des négociations avec les Israéliens.

Vingt ans plus tard, un autre palestinien récidivera en espionnant l’homme en charge des négociations avec les Israéliens, Saëb Ereikat. L’un de ses plus proches collaborateurs a été arrêté début janvier 2016 pour espionnage au profit d’Israël. Cette taupe présumée d’Israël travaillait depuis 20 ans au secrétariat général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

Selon le journal électronique «Ar Rai Al Youm», le suspect a reconnu avoir transmis des « documents importants » à Israël, ainsi que des « Procès verbaux de réunions palestiniennes sur l’attitude à l’égard d’Israël, ainsi que les points de vue de la direction palestinienne sur les dossiers de la négociation ».

À plusieurs reprises, souligne le journal, le premier cercle dirigeant palestinien est entré dans une « vive colère » après que des Américains aient mis en garde contre des positions que l’autorité était sur le point de prendre. En clair, ils étaient déjà informés et prenaient les devants pour en dissuader les dirigeants palestiniens.

D- le Prince Rouge, le cas atypique d’Ali Hassan Salameh

Fils d’un grand résistant palestinien à l’époque du mandat britannique en Palestine, surnommé le «prince rouge» en raison de sa flamboyance, de son train de vie tapageur, qui épousa Georgina Rizk, Miss Liban et Miss Univers 1971, Ali Hassan Salameh était chargé de la protection rapprochée de Yasser Arafat.

Sa relation avec la CIA avait été nouée, en 1973, dans la foulée de l’assassinat de l’ambassadeur et du chargé d’affaires américains au Soudan, en mars 1973, et de la guerre égypto israélienne d’octobre de la même année.
Un pacte de non-agression avait été conclu entre les deux parties et les Palestiniens assureront la sécurité de l’évacuation des Américains résidant à Beyrouth en 1978, durant la guerre civile libanaise.

En contrepartie, les Américains alertaient les Palestiniens sur les projets d’attentats israéliens contre les Palestiniens, prenant même en charge un programme de formation des services palestiniens à la protection rapprochée.

C’est ainsi qu’Arafat et Salameh ont pu échapper au carnage opéré par un commando israélien à Beyrouth, en avril 1973, contre la centrale palestinienne, provoquant l’assassinat de trois dirigeants palestiniens, Kamal Nasser, porte-parole de l’OLP, Abou Youssef Al Najjar, son ministre de l’intérieur et Kamal Adouane, le chef du mouvement de la jeunesse du Fatah.

Mais le play boy et sa deuxième épouse Miss Georgina n’ont pas résisté à l’envie de parader lors de leur lune de miel aux États-Unis même. Un séjour touristique, incluant une journée à Disney Land, aux frais de la centrale américaine.

Toute chose a une fin : Les Israéliens s’opposaient à tout contact entre Américains et Palestiniens. La vigilance américaine sera trompée, Ali Hassan Salameh sera tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth en janvier 1979 ; Une période marquée par la finalisation du traité de paix entre Israël et l’Égypte, -le traité de Washington signé le 29 mars 1979- et le triomphe de la Révolution islamique en Iran avec le retour le 9 février 1979 de l’Imam Ruhollah Khomeiny à Téhéran au terme de quinze ans d’exil en Irak puis en France.

Le cas de Ali Hassan Salameh mérite réflexion : a-t-on jamais vu Ernesto Che Guevara (Cuba), Ali la pointe (Algérie), ou Djamila Bouhired, se pavaner en pleine guerre de libération en voiture décapotable, en compagnie des canons de beauté ? se rendre en territoire ennemi pour des week-ends des centres de loisir dans un pays supposé être leur ennemi ? accepter un voyage tout frais pays dans le pays de leur oppresseur pour des vacances de milliardaire ?

Comble de sophistication : Les services de sécurité palestiniens synchronisent leurs actions avec leurs homologues israéliens dans la lutte contre la subversion en Cisjordanie en une pathétique illustration de la logique du maître et de l’esclave, sans le moindre profit pour les Palestiniens ; malgré le blocus des recettes d’exportation des produits palestiniens ; malgré la poursuite de la colonisation rampante de la Palestine, malgré la judaïsation de la totalité de Jérusalem.
Dans la décennie 1970, l’OLP était inscrite sur la liste noire américaine et représentait l’équivalent d’Al Qaida, au regard de l’opinion occidentale. De nos jours, elle est tout simplement rayée de l’équation régionale.

2 – L’Égypte, l’exemple vient de très haut : Achraf Marwane, gendre de Nasser et agent du Mossad ?

En service commandé pour le compte de l’Égypte ? Cupidité ? Narcissisme exacerbé qui conduit celui qui avait épousé la fille préférée de Nasser, Mouna, à vouloir se distinguer de la cohorte des courtisans du régime nassérien ? Quoi qu’il en soit, son offre de service intervient en 1969, alors que son beau père, le chef du combat nationaliste arabe, a engagé une guerre d’usure le long du Canal de Suez pour tenter de récupérer le Sinaï perdu deux ans plus tôt.

Pour cet espion de haut niveau, le tarif sera en conséquence : 100 000 dollars à chaque rendez-vous et pas pour des pruneaux. Achraf Marwane y transmettait au Mossad des informations de première main, notamment le compte-rendu d’une rencontre entre Nasser et les dirigeants du Kremlin consacré au ravitaillement de l’armée égyptienne pour soutenir l’effort de guerre contre la ligne Bar Lev.

À la mort de son beau-père en 1970, son successeur Anouar El Sadate prend sous son aile Achraf Marwane et le nomme conseiller présidentiel pour les affaires arabes.

Hasard ou préméditation, le fringant conseiller est alors recruté par le chef de poste de la CIA au Moyen-Orient, Thomas Twetten, en 1971. Il passe pour avoir été l’instigateur du coup de force qui élimina l’aile gauche nassérienne des cercles dirigeants, déblayant la voie au basculement de l’Égypte dans le camp occidental, avec l’arrestation des tenants de la ligne dure pro-soviétique : Sami Sharaf, le ministre de l’Intérieur en charge des services secrets égyptiens et Ali Sabri, le vice-président.

En 1975, dans la foulée de la guerre d’octobre, de l’usage de l’arme du pétrole avec la montée en puissance concomitante des pétromonarchies du Golfe, Achraf Marwane monte en grade, devenant le président de l’Organisation Arabe de l’Industrialisation et un chef d’entreprise prospère.

Détenant des parts dans «American International Petroleum», «British Home Store» et «Habitat», il était devenu l’un des principaux négociants en armement du Moyen-Orient, supplantant même Adnan Khashoggi après la déconfiture du saoudien dans l’affaire des contras, le financement de la contre révolution au Nicaragua.

B- Le revers de la médaille

En 2002, l’historien britannique Aharon Bregman, dans son livre A History of Israel, désigne Achraf Marwane comme étant «La Source» dit «Babel» qui aurait intoxiqué le Mossad quant au déclenchement de la guerre israélo-égytienne d’octobre 1973.
Achraf Marwan aurait fourni durant des années des renseignements fiables jusqu’à acquérir la confiance des Israéliens. Mais il a procédé à leur intoxication sur le point le plus important de leur préoccupation, une éventuelle guerre de reconquête égyptienne du Sinaï. Il a fait croire aux Israéliens que Sadate ne tenterait pas de libérer les territoires égyptiens occupés tant qu’il n’aurait pas de missiles à longue portée.

C – Le récit de Hassanein Heykal

Intrigué par les rumeurs courant sur le gendre de Nasser, Mohamad Hassanein Heykal, l’ancien confident du président et ancien directeur du quotidien Al Ahram, relate dans ses mémoires, s’être rendu à Londres pour s’enquérir de la vérité. Un rendez-vous entre les deux hommes a été fixé pour le 27 juin 2007 pour un déjeuner au luxueux hôtel Dorchester.

Alors que Heykal attendait son convive, un serveur vint lui annoncer le décès d’Achraf Marwane. Craignait-il, le gendre, une confrontation avec l’ancien confident de Nasser ? S’est il défenestré pour échapper à cette épreuve de vérité. Considéré comme un héros en Égypte, a-t-il été néanmoins défenestré par les services égyptiens pour se débarrasser d’un personnage si encombrant ? Ou par les Israéliens pour laisser libre cours à la suspicion ?

Le fait est que le corps du milliardaire égyptien a été retrouvé à Londres, mercredi 27 juin 2007, gisant devant son domicile. Selon les premières constatations, il serait tombé du balcon de son appartement, situé au 4e étage. Scotland Yard a hésité à qualifier le décès d’«accident» d’autant que le défunt avait déclaré à son entourage craindre pour sa vie.

Beau gosse, Achraf Marwane, dont le nom de code au Mossad était «Angel» (Ange) était fan de la Dolce Vita londonienne et grand amateur des jeux du hasard. Nasser éprouvait du mépris pour son gendre et n’avait consenti, que contraint, à son mariage avec sa fille qui en était follement éprise. Méfiant envers cet homme ambitieux et sans rigueur, le président égyptien l’avait affecté aux services des archives de la présidence, dans le sous sol du palais présidentiel, avec un salaire de 17 livres égyptiennes par mois.

Nasser a même dû rappeler d’urgence de Londres son gendre prodigue en raison de sa fréquentation assidue des clubs de jeux en compagnie d’un richissime homme d’affaires du Golfe. Pour éviter toute dépendance à l’égard du bienfaiteur du Golfe, le président égyptien a dû rembourser intégralement toutes les dépenses qu’il a effectuées au profit de son gendre. Hosni Moubarak, à l’époque président de l’Égypte, et Mohamad Hassanein Heykal, ont refusé d’assister à ses obsèques.

Sa défenestration de son appartement de Londres porterait la marque de fabrique des services égyptiens soucieux de se débarrasser d’un personnage encombrant. Abdel Bari Atwane, directeur du site «Ar Rai al Yom» a fondé son jugement sur les précédentes défenestrations dont des personnalités égyptiennes en ont été victimes, du général Ali Chafiq à l’actrice Souad Hosni pour finir avec Achraf Marwane.

Quel lourd fardeau pour ses enfants de porter un nom si honni désormais, pour son épouse si abusivement foudroyée par la supercherie du géniteur de ses enfants. Quelle insulte à la mémoire de son beau-père. Quelle sale trace dans l’histoire. Quel mauvais exemple pour les générations futures.

3- La fibre berbériste sécessionniste et la «doctrine des périphéries» d’Israël

Passons sur le fait que le Roi Hussein de Jordanie émargeait sur le budget de la CIA à raison d’un million de dollars par an, selon les révélations du journalistes américain Jim Hoagland et que les deux monarchies non pétrolières arabes, la Jordanie et le Maroc, le premier au Machreq, le second au Maghreb, soient les alliés souterrains de la diplomatie israélienne. Le fait est de notoriété publique pour y revenir.

Il n’empêche que la déstabilisation de l’Algérie a figuré, à nouveau, à l’ordre du jour du «printemps arabe des pays occidentaux» en ce qu’elle était prévue dans la foulée de la mainmise occidentale sur la Libye, à en juger par les prédictions de Nicolas Sarkozy, avant son trépas politique, s’exclamant par répétition ponctuée de sauts de cabri «dans un an l’Algérie, et dans trois ans l‘Iran».

L’Algérie, tout comme l’Iran et la Syrie, se situaient dans le nouvel «axe du mal» profilé par les stratèges occidentaux pour maintenir sous pression les pays émergents, situés hors de l’orbite occidentale.

Le voyage en Israël des dirigeants du fantomatique gouvernement kabyle en exil, Ferhat Mehenni (président) et Lyazid Abid (ministre des affaires étrangères), dans la foulée du pèlerinage d’intellectuels du Maghreb, Boualem Sansal (Algérie), Hassan Chalghoumi (Tunisie) et Nadia El Fanni (Tunisie), ne relèvent pas du hasard.
Sous couvert de «dialogue des religions», il participe d’une opération de débauchage de personnalités médiatiques en vue d’en faire des relais potentiels dans la guerre psychologique que mène clandestinement Israël dans la déstabilisation de cette zone, en pleine turbulence politique.

L’installation en Tunisie de la plate-forme régionale du MEPI, l’un des gros bailleurs de fonds américain du printemps arabe, de même que le démantèlement d’un important réseau israélien en Tunisie, en 2012, participent de cette stratégie, dont L’objectif à terme est d’aménager la principale base opérationnelle du Mossad au Maghreb, dans ce pays en pleine transition politique, à la charnière de l’Afrique et de l’Europe, jadis chasse gardée occidentale.
Deux des dirigeants palestiniens de premier plan, Abou Djihad (Khalil Al Wazir), le N° 2, commandant en chef adjoint, et Abou Iyad (Salah Khalaf), le N°3 en charge de la sécurité, ont payé de leur vie ce grenouillage sous l’ombre tutélaire de Zine El Abidine Ben Ali, plus prompt à réprimer ses concitoyens qu’à protéger ses hôtes.

Collecte des informations à travers les voyageurs tunisiens en Algérie et Algériens en Tunisie. Action de déstabilisation et guerre psychologique. Action de sabotage et de terrorisme, imputable à AQMI ou à toute autre organisation fantoche figurent parmi les objectifs de la plate-forme disposant de deux autres antennes, dont l’une à l’île de Djerba, à proximité de la Libye.

Dans un livre paru aux États-Unis, et intitulé «Periphery: Israel’s Search for Middle East Allies» (Périphérie: Israël à la recherche d’alliés au Moyen-Orient), l’ancien officier des services secrets israéliens, Yossi Alpher, a révélé que le Mossad a bien noué des relations avec des berbéristes d’Algérie et du Maroc, afin de maintenir ces pays sous pression. Un travail qui entre dans le cadre de sa stratégie dite la «doctrine des périphéries», avec pour objectif à long terme le «dés-endiguement géopolitique» de l’État hébreu.
L’officier israélien confirme par-là les relations entre le porte-voix du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, Ferhat Mehenni, avec les services de renseignement israéliens.

Traînant déjà de lourds soupçons de connexion avec des officines de pays étrangers, depuis la création du MAK, puis du GPK (gouvernement provisoire kabyle), Ferhat Mehenni enchaînait des sorties publiques à travers lesquelles il affichait clairement sa proximité avec le lobby sioniste en France, en prenant de positions favorables à la politique d’Israël dans la région.

Sa visite à Tel-Aviv, en mai 2012, a été le couronnement logique d’un enrôlement, plus qu’un acte de provocation. Une démarche adoubée, médiatiquement, par le fer de lance du prosélytisme philo sioniste sur le théâtre européen, Bernard Henry Lévy, le destructeur de la Libye et du Soudan.

René Naba | JANVIER 19, 2018 | Madaniya

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mercredi 24 janvier 2018

Ukraine : le bataillon néonazi Azov forme désormais des enfants au combat

Les ultranationalistes Ukrainiens commencent à enroler les enfants. Des combattants du bataillon Azov ont fondé un camp pour les enfants près de Kiev qui vise à apprendre aux jeunes la stratégie militaire.

ACT ENFANTS UKRAINE

Les exercices ressemblent beaucoup à ceux de vrais militaires puisque que les enfants portent de vraies armes. On leur apprend à démonter et remonter des fusils d’assaut et même des mitrailleuses.

De plus, il y a des cours de combats où des adultes qui font partie du groupe Azov, entrainent la nouvelle génération, tout en scandant des slogans d’extrême droite.

A l'instar des adultes, les enfants portent une Wolfsangel inversée avec dessus l'inscription "Azov", un symbole utilisé par la 2e division SS «Das Reich» pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce groupe fait toujours l’objet de polémiques. L’année dernière, dans un rapport de l’ONU, le groupe a été accusé de violation des droits de l’homme ainsi que de pillage et de détention arbitraire. Début jui dernier, le Congrès américain a délibérément bloqué toute fourniture d’aide à ce bataillon le qualifiant de «groupuscule néonazi».

https://francais.rt.com/international/5594-ukraine-neonazi-azov-enfants

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Carrefour supprime 2.400 postes : "On se dirige vers une catastrophe sociale"

En pleine transformation, le groupe a annoncé mardi matin la suppression de 2.400 emplois via un plan de départs volontaires. Chez les salariés et leurs représentants syndicaux, le malaise est palpable.

ACT CAROUF

Carrefour dans la tourmente. La plus grosse entreprise privée de France, qui emploie 115.000 personnes en France, a dévoilé mardi matin un grand plan de transformation. Le groupe a annoncé la suppression de 2.400 postes via un plan de départs volontaires excluant des départs contraints. 

Des passages en location de gérance ? "Avec toutes les entreprises, c'est comme ça…", philosophe Thierry, 61 ans, employé dans un Carrefour Market et boucher depuis 40 ans. "Fin 2014, on a été bien dispersés : chacun a eu un secteur proche de son domicile donc pour l'instant il n'y a rien à dire", affirmait Rémy, cogérant d'un Carrefour City voisin et pas davantage alarmé à la veille de l'annonce, lundi. Selon Jean-Marc Robin, délégué syndical central chez Force ouvrière, le groupe s'apprête à faire passer des magasins en location de gérance. "Le magasin n'appartient plus au groupe Carrefour et sort donc de tous les accords sociaux négociés, une gymnastique légale qui permet à Carrefour de faire 20% d'économies sur les frais de personnel", anticipe le représentant syndical.

"Résultats à la traîne". La santé de l'entreprise n'est en tout cas pas bonne : de deuxième groupe mondial de la grande distribution en 2001, Carrefour est aujourd'hui passé à la 9e place. "On voit les résultats à la traîne par rapport à nos concurrents directs. Quand on essayait de redresser la partie hypermarchés, ils développaient le e-commerce, et là ça se voit", explique Luis Garcia, représentant FO au siège du groupe, à Massy, dans le sud de Paris. "La marque est reconnue par les clients, c'est un gage de qualité et de sérieux tout à fait solide. Mais une inquiétude peut naître", mesure Pierre Bareille, un de ses collègues.

"Malaise". "C'est plus que de l'inquiétude, car l'ensemble des salariés du groupe vit un véritable malaise. Dans les magasins de proximité, il y a une vraie détresse et dans les sièges, l'ambiance est super tendue : les gens se regardent en chien de faïence en se demandant qui va être mangé et en espérant que ça soit le voisin. Les montants annoncés [par le PDG Alexandre Bompard, NDLR] vont sûrement être astronomiques et on se dirige tout droit vers la catastrophe sociale", prévenait Jean-Marc Robin au micro d'Europe 1 avant l'annonce officielle. 

Un grand plan de transformation dévoilé mardi

Le groupe Carrefour a annoncé mardi vouloir accélérer dans le bio, ainsi que le commerce en ligne et de proximité, dans le cadre de son plan de transformation

Carrefour s'est fixé un objectif de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le commerce en ligne alimentaire et une part de marché supérieure à 20% en France d'ici à 2022, précise-t-il dans son communiqué. Carrefour veut également presque quadrupler son chiffre d'affaires dans le bio à 5 milliards d'euros en 2022, et ouvrir au moins 2.000 magasins de proximité dans les cinq prochaines années.

http://www.europe1.fr/economie/carrefour-supprime-2400-postes-on-se-dirige-vers-une-catastrophe-sociale-3553559

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François Asselineau à propos des dessous de la déclaration de Macron sur le Frexit

Après la déclaration retentissante d'Emmanuel Macron sur la France qui pourrait aspirer à un Frexit, le président de l'Union populaire républicaine François Asselineau a évalué, au micro de Sputnik, ce qui avait pu faire tirer cette conclusion au Président, mais aussi quelles pourraient être les conséquences de ses propos pour la République.

ACT MACRON ASSELINEAU

Le chef d'Etat français a défendu l'Union européenne pendant longtemps et voilà qu'il reconnaît dans une interview accordée à la BBC que «probablement» les citoyens français pourraient s'exprimer en faveur d'un divorce d'avec l'Union européenne. Mais comment expliquer la divergence entre ces propos et les résultats des sondages selon lesquels les Français y sont pour la plupart opposés? Interrogé à ce sujet, François Asselineau a estimé qu'une telle déclaration pouvait être le fruit d'informations non relayées dans la presse, mais connues du seul Président de la République.

«Je suppose que monsieur Macron, s'il a fait la déclaration qu'il a faite, qu'il a comme informations d'autres informations que les sondages qui sont diffusés dans les médias», a expliqué le président de l'Union populaire républicaine (UPR). En cela, les données en question pourraient provenir «des services de renseignement français qui lui montrent que l'opinion publique n'est pas du tout conforme à ce qu'on vit dans les sondages diffusés dans les médias.»

Pour lui, la pratique montre que les sondages ne sont pas un outil réellement fiable pour évaluer l'état de l'opinion publique et que cette opinion n'est toujours pas si «publique» qu'on le croit:

«Les sondages ce sont des instruments de manipulation de l'opinion publique. On a souvent des sondages dont le résultat est conforme à la volonté de celui qui paye le sondage. Donc il ne faut pas trop croire aux sondages.»

Globalement, si Emmanuel Macron pense que les Français sont majoritairement en faveur du Frexit, il existe deux scénarios possibles, selon M.Asselineau:

«La première conséquence, c'est qu'il faut qu'il arrête de vouloir promouvoir une intégration européenne, à marche forcée, puisqu'il sait que c'est contraire à la volonté des Français», ou, deuxièmement, il devrait «faire un référendum pour demander aux Français "Qu'est-ce que vous voulez?"»

Le président de l'UPR a été parmi les rares personnalités du monde politique français à réagir presque immédiatement aux propos de Macron dans l'entretien sur la BBC. Dans son communiqué de presse, l'UPR appelle notamment à mettre fin aux «initiatives européennes» du Président, tandis que la tenue d'un référendum sera un signe de respect de la démocratie.

Fait préoccupant, la presse française semble aussi préférer rester muette sur cette déclaration connue grâce aux grands médias britanniques.

«A part quelques médias (…) qui avaient relayé cette information en France, la quasi-totalité des médias français ont gardé le silence», a déploré M.Asselineau. «Parce que c'est à la BBC British que le Président de la République a dit ça. Cela veut donc dire que les grands médias français ont censuré cette information

Le parti de François Asselineau, connu pour avoir été le «candidat du Frexit» lors de l'élection présidentielle, œuvre pour une sortie de la France de l'Union européenne, de la zone euro et de l'Otan.

Les propos du dirigeant français ne sont pourtant pas entièremenent inattendus vu qu'à la présidentielle le Front national (FN), également opposé à l'euro et à l'Union européenne, a suivi le mouvement d'Emmanuel Macron avec un nombre record de suffrages (plus de 10,6 millions de voix).

https://fr.sputniknews.com/france/201801221034853442-macron-frexit-asselineau-raisons/

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La réforme du BAC en période de soldes

Le lycée qui accueillera les élèves de seconde en septembre 2018 pour les préparer au baccalauréat  en  2021, ne ressemblera plus du tout à ce que vous avez connu ! Tout a commencé dès l’automne 2017 avec l’annonce de la nouvelle procédure d’affectation post-bac. Retour sur le hold-up du siècle.

TL PRCF LYCEE

L’effet domino.

Phase 1. Sous-dimensionner l’enseignement supérieur

L’enseignement supérieur étant notoirement sous-dimensionné pour accueillir le flot grossissant des lycéens, il fallait à tout prix ‘’réformer’’ le mode d’affectation des bacheliers vers les formations universitaires ( à lire ici notre article sur Admission Post-Bac et la sélection à l’Université). C’est chose faite depuis l’automne. Dès 2018, les lycéens auront le droit de ‘’choisir’’ les formations qui, en définitive, choisiront de retenir leur candidature (ou pas…).

Cette  sélection  dictée par la pénurie de places, sera donc désormais universelle, renforçant ainsi la marginalisation des classes populaires dans la population étudiante.

Phase 2. Supprimer l’examen national du baccalauréat

Le baccalauréat peut ainsi être « allégé » : réduction du nombre d’épreuves (réduisant par la même occasion les volumes horaires disciplinaires…), augmentation du contrôle local (renforçant les inégalités géographiques et donc sociales…).

Le bac cesse de facto d’être le premier grade universitaire  – examen dont la réussite donne un droit égal d’accès à l’enseignement supérieur – pour se réduire à un simple diplôme de fin d’études secondaires (simple condition nécessaire et non suffisante, de l’accès à la fac), diplôme dont le caractère national et identique est par ailleurs remis en cause.

Qui plus est, le BAC et les diplômes nationaux sont la base de l’égalité de droits et de salaires des salariés puisqu’ils sont le référentiel servant de base à l’établissement des grilles des conventions collectives et des statuts de la fonction publique.

Phase 3. Réformer le lycée en machine à sélectionner

Le lycée n’a donc plus qu’à s’adapter à son nouveau rôle : assurer officiellement la sélection (sociale) à l’entrée de l’enseignement supérieur, en  réduisant au passage le volume horaire d’ 1 / 6e comme cela est annoncé  et par la même occasion, en supprimant 24 000 postes ( soit 1 / 6e  des 142 000 enseignants en lycée)

, casse du bac : un processus de Bologne à l’échelle des lycées.

Lancé depuis l’université italienne de Bologne en 1999, l’UE s’est dotée d’un processus d’harmonisation de son enseignement supérieur (semestrialisation, LMD, crédits d’enseignements ECTS), visant à s’imposer dans une soi- disant économie internationale de la connaissance. Ce processus, aussi connu sous le nom de stratégie de Lisbonne (2000), prend sa source au début des années 80. Il s’agit alors de transformer le champ des savoirs (à vocation émancipatrice) en un supermarché des compétences (permettant des profits). Depuis 1983, la table ronde des industriels européens (l’ERT) y joue, auprès de la commission européenne, un rôle majeur – comme le soulignent depuis bientôt 30 ans, quelques observateurs avertis.  Ce processus en apparence généreux (offrant la possibilité aux étudiants de voyager), cherche de nouvelles marchandises à se mettre sous la dent. L’enseignement à distance, la formation tout au long de la vie, la certification payante de compétences, sont ses véritables objectifs, offrant ainsi des cerveaux employables, mobiles, et déjà endettés… au marché du travail. L’autonomie des universités (loi LRU), la réforme du collège, la sélection à l’entrée de la fac (loi Vidal) et bientôt, la libéralisation des frais d’inscription… parachèvent le dispositif.

Reste à décliner la chose au niveau des lycées, ce à quoi s’emploie notre ministre actuel en alignant le lycée et le baccalauréat sur les standards internationaux et européens :  semestrialisation, recentrage sur 4 épreuves terminales, contrôle continu à l’allemande, modularité à l’anglaise, grand oral à l’italienne, un zeste de philosophie à la française et tri social universel… Le lycée de demain sera donc euro-compatible, quoi de plus naturel en somme pour un gouvernement euro-constructif ? D’où les hésitations syndicales actuelles, devant un projet qui risque de faire passer la ligne de faille, non pas entre, mais au sein même des appareils syndicaux, à l’instar de ce qui s’est produit en 2017 dans le paysage politique français.

Réduire les enseignement de près de 20% : un effet de seuil dramatique pour les lycéens

La réduction des horaires disciplinaires au lycée, dans la continuité de la dernière , risque de produire un effet de seuil (un saut qualitatif) encore plus radical que celui engendré par la montée en charge des effectifs des élèves dans les classes depuis que les politiques d’austérité s’invitent rue de Grenelle. Par exemple, la philosophie qui constitue une spécificité française héritée des lumières, semble préservée, elle ferait partie des 4 épreuves universelles maintenues à l’issue de la terminale. Mais on nous annonce dans le même temps que le volume horaire obligatoire qui lui serait alloué (dans un tronc commun), risque fort d’être anecdotique, laissant le choix aux lycéens d’approfondir cet enseignement sur un mode optionnel. Mais le choix des options (appelées  majeures ou mineures dans un enseignement de spécialisation), sera dicté par les attendus de l’enseignement supérieur, lui même déjà largement gagné à une logique utilitariste. Bref, c’est un enterrement de première classe pour toutes les disciplines émancipatrices qui ne rentreront pas dans une stratégie efficace de poursuite d’études…

Gageons que la riposte des intellectuels sera à la hauteur des enjeux, comme les états généraux de la philosophie à la Sorbonne en 1979 avaient su le faire. Alors à quand des états généraux interdisciplinaires ? 

Philophile

(*) pour des raisons que l’on comprend bien Philophile a souhaité s’exprimer sous pseudonyme

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/reforme-bac-periode-de-soldes-casse-lycee-bac-marche/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Fake news et complotisme, pour quoi faire ?

TRIBUNE LIBRE/ OJIM

TL OJIM COMPLOT

Le 7 janvier 2017, Franceinfo rendait publics les résultats d’une étude selon laquelle huit français sur dix croiraient à « au moins une théorie du complot ». Il s’agit d’un sondage IFOP réalisé pour le compte de la Fondation Jean Jaurès et l’association Conspiracy watch. À quoi une telle étude peut-elle bien être utile ?

La parution des résultats de cette étude a eu lieu quatre jours après l’annonce du président Macron selon laquelle il allait légiférer afin de lutter contre les fake news. Outre l’évidente difficulté à déterminer ce qui est ou non une fake news en règle générale, beaucoup de points peuvent interpeller, comme par exemple le rôle de Facebook dans le financement des grands journaux français pour qu’ils « luttent contre les fake news » ou le timing impeccable entre les censures en cours sur les principaux réseaux sociaux et la volonté présidentielle. Et comme le timing médiatique semble vraiment très bien fait, l’étude concernant le poids du complotisme en France tombe à pic : si nous sommes à ce point menacés par les théories du complot, au point que notre vision de la réalité en serait altérée, le président de la République ne peut que prendre la posture de celui qui va nous protéger. Emmanuel, c’est papa Macron en ces affaires.

Dis papa ? C’est quoi une fake news ?

C’est quand tu ne penses pas la même chose que moi mon fils. Tout cela sent bon son amalgame : si un média alternatif est considéré comme média pourvoyeur de fake news, pour cette simple raison qu’il met en scène une vision du monde autre que la vision officielle des pouvoirs en place en France et en Europe, une vision russe par exemple, alors la confusion savamment entretenue entre domaine des fake news et domaines du complotisme aura pour effet de limiter la liberté de la presse et la liberté d’expression, en favorisant les attaques contre les médias alternatifs. Le président américain Donald Trump, que l’on nous présente sans cesse comme un imbécile dans les médias français officiels, ce qui est à n’en pas douter une fake news permanente, ne s’y est pas trompé, annonçant pour sa part non pas une loi contre des fake news mais la création d’une cérémonie pour « récompenser les médias les plus malhonnêtes et corrompus de l’année », autrement dit les médias officiels déversant des tombereaux quotidiens de fake news à son encontre. Ce seront les Fake news Awards. Trump met le doigt sur un point essentiel : quand les médias et le pouvoir politique officiels parlent de lutter contre des fake news, ils oublient automatiquement qu’ils en sont chaque jour le plus gros pourvoyeur, ne serait-ce que par la quantité de prétendues informations non vérifiées sans cesse déversées, « informations » vite mises au placard quand elles s’avèrent fausses. Le pouvoir officiel ne souhaite pas partager le monopole de la propagande. Le phénomène n’est pas nouveau. Personne n’a oublié la fiction des armes de destruction massive irakiennes, et les faux documents présentés à l’ONU.

Il n’y avait pas de médias alternatifs de grande ampleur ni de réseaux sociaux aussi développés que maintenant quand télévisions et radios d’État évoquaient un charnier à Timisoara ou des camps d’extermination en Yougoslavie. Pas plus quand les médias français racontaient tout et n’importe quoi au sujet de la première Guerre du Golfe, à grands renforts d’images de déserts vides, ou encore lorsque ces mêmes médias parlaient de bombardements, qui n’ont jamais eu lieu, prétendument perpétrés par Kadhafi contre son peuple, bombardements imaginaires qui furent le prétexte au déclenchement d’une guerre aux motifs probablement inavouables et aujourd’hui source de bien des maux (voir à ce sujet le livre des journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, Avec les compliments du guide, Fayard, 2017). Y compris pour l’Europe. Pour l’heure, le rôle du Guide de la Libye dans le financement de la campagne d’un certain président et l’action guerrière menée par ce dernier pour le faire taire est encore une fake news. Pour l’instant.

(...)

La France, ça complote, ça complote ?

Il n’a échappé à personne que la mobilisation générale voulue par le pouvoir contre les fake news, plus ou moins avérées, et le complotisme a pour fonction de contrôler les informations pouvant menacer le pouvoir et sa conception du monde. Il n’y a aucun complot par contre à imaginer dans le fait que la Fondation Jean Jaurès, de laquelle sont proches des anciens socialistes occupant maintenant de hautes responsabilités au sein de LREM, les instituts de sondage, réputés proches du président, et un média d’État sortent une étude affirmant que 80 % des français sont victimes d’une épidémie de complotisme aiguë.

Un média alternatif russe, Sputnik, a clairement démontré le 11 janvier 2017 que la Fondation Jean Jaurès n’a rien d’un club de pensée neutre mais tout d’une officine entièrement subventionnée par l’État. Comme la majeure partie des médias officiels qui, du coup, reprennent cette « information » selon laquelle Français nous serions tous ou presque complotistes et adorateurs de Fake news God. D’après l’étude considérée, 79 % des Français croient à au moins une théorie du complot, dont 25 % à plus de cinq. Tous complotistes répètent en boucle les médias inféodés au pouvoir économique dominant, et en particulier les jeunes. Ainsi, nous sommes un peuple d’imbéciles incultes puisque un quart d’entre nous croient à des thèses plus farfelues et manipulatoires les unes que les autres : la Terre serait plate, le sida serait une création en laboratoire, le gouvernement et les laboratoires pharmaceutiques seraient de mèche (étrangement, pas un mot au sujet de l’écoulement précipité de tonnes de vaccins anti grippe aviaire, alors jugée dangereuse pour l’humanité elle-même, approchant de leur date de péremption, sous une ministre dont les liens avec ladite industrie étaient avérés), la CIA serait impliquée dans l’assassinat de Kennedy (le fait est que même les chercheurs les plus officiels reconnaissent que nombre d’hypothèses et de théories sont étudiables puisque les commanditaires de cet assassinat demeurent inconnus), des groupes islamistes auraient été créés, soutenus et manipulés par des gouvernements occidentaux (ce qui est loin d’être une théorie du complot, le rôle des américains par exemple auprès des groupes alors en lutte contre l’URSS étant un fait, tout comme par exemple le financement par la France de groupes de « résistance » contre l’EI qui sont avant tout d’autres groupes islamistes, ou bien le financement de ce même EI par l’entreprise Lafarge), un groupe secret viserait à établir une gouvernance oligarchique mondiale, etc…

Autre information, de taille celle-ci : 30 % des Français n’auraient plus confiance dans les médias officiels. En particulier les jeunes. Peut-être est-ce sur cela qu’une démocratie devrait s’interroger : pourquoi nombre de Français ne croient-ils plus ce qui est écrit dans les pages du Monde ou raconté sur France 2, TF1, etc ? Il doit bien y avoir une raison non ? Au sein de l’OJIM, nous avons une opinion à ce propos et… elle n’a rien de complotiste. Une autre question serait intéressante à poser : pourquoi tant de jeunes seraient-ils sensibles aux théories du complot dans un pays qui multiplie les programmes d’éducation aux médias, déverse la bonne parole en masse auprès de la jeunesse, a un maillage éducatif complet et dépense tant d’argent pour l’éducation et la culture ? Il y a un truc qui ne fonctionne pas ?

Crédit photo : vadymvdrobot via Envato Elements. DR

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