lundi 6 novembre 2017

Quand la ministre Florence Parly s'envolait d'Air France… avec un parachute de 675.000 euros

La ministre des Armées Florence Parly ne s'est pas contentée de toucher des sommes impressionnantes en pleine crise à la SNCF. En 2014, elle a aussi empoché le pactole à son départ d'Air France, alors que le géant aérien se trouvait dans une situation financière délicate... Une vraie tradition au sein de cette entreprise.

ACT PARLY FINANCE RICHES

Vous avez aimé les salaires de la ministre à la SNCF, vous adorerez ses indemnités chez Air France. Florence Parly, la ministre des Armées, a en effet empoché des sommes faramineuses lorsqu'elle occupait le poste de directrice générale-adjointe du transporteur aérien, chargée de l'activité "Passage Orly et escales en province". C'est ce qu'il ressort de sa nouvelle déclaration d'intérêts, qui comprend enfin ses rémunérations des années 2012 à 2015, publiée ce mercredi 1er novembre par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

La SNCF, qui l'a payée jusqu'à 52.000 euros mensuels en 2017, grâce à une jolie prime de résultats, se trouve comme renvoyée à l'époque de la locomotive à vapeur. Avec Air France, on passe en effet le mur du son des gros salaires. Sur les huit premiers mois de 2014, la socialiste ralliée à Emmanuel Macron aura touché une moyenne de plus de 79.000 euros net mensuels de la part du géant aérien, soit environ 69 Smic. Son indemnité de départ, en septembre, laisse particulièrement rêveur : 675.800 euros brut, soit 406.231 euros net d'impôts. Un joli parachute doré, afin de permettre à l’énarque d’atterrir en douceur.

Ce montant, qui comprend un "solde de tout compte", paraît d'autant plus impressionnant que cette ex-secrétaire d’Etat socialiste n’allait pas se retrouver au chômage. En tant que haut-fonctionnaire en disponibilité, elle était assurée de retrouver sa place - et son salaire - d’administratrice civile rattachée au ministère des Finances. Cela n’a finalement pas été le cas, puisque Florence Parly a opté pour un poste de directrice générale déléguée à la SNCF… qui payait lui aussi très bien, comme Marianne l’a relevé le 6 octobre dernier. Ce départ semble même découler d'un accord entre Florence Parly et Air France : "Florence Parly (...) quittera le groupe à compter du 8 septembre 2014 pour s'engager dans une nouvelle phase de son
parcours professionnel
", indique le communiqué du transporteur, publié le 28 août 2014.

Parachute en plein crash financier

Au moment où l’actuelle ministre a touché cette prime, Air France était loin de se trouver dans une situation financière saine. En 2014, le transporteur aérien a accumulé 129 millions d’euros de pertes. En 2012 et 2013, le groupe a aussi mis en place deux plans de départs volontaires et supprimé respectivement 5.122 et 2.800 postes. A cette époque-là, Florence Parly gagnait déjà bien sa vie : 23.200 euros net mensuels en moyenne en 2012, 24.457 euros en 2013. Pas mal, pour une directrice générale-adjointe qui faisait partie des quinze dirigeants les plus importants de l’entreprise, mais pas des trois premiers.

On ne peut en outre pas lier cette super-prime à des résultats personnels particulièrement renversants. L’action de Florence Parly à Air France demeure en effet contrastée. A la tête de la branche Cargo du groupe, entre 2009 et fin 2011, la haut-fonctionnaire a épongé des pertes colossales et renoué avec les bénéfices. Ce au prix d’une baisse de 17% des effectifs. Quant à son passage à la tête de la branche d’Air France chargée des courts et des moyens courriers à Orly, entre 2012 et août 2014, il n’a pas forcément marqué les esprits. En 2014, les revenus liés au transport de passagers ont baissé de 2,7%. Dans son communiqué annonçant son départ, le géant aérien trouve d’ailleurs les mots pour saluer l’action de Florence Parly, sans nier que ses résultats chiffrés ne sont pas forcément étourdissants : « Florence Parly (..) a su, dans des contextes particulièrement difficiles, mettre sur pied les conditions d'une forte amélioration des performances économiques de ces secteurs ». Manière de constater que si les « conditions » d’une réussite économique ont été mises en place, le résultat lui-même est relativement modeste.

1,12 million pour l'ex-PDG

Ce « parachute doré » correspond en fait à une tradition ancrée au sein de cette entreprise cotée en bourse, dont l’Etat est actionnaire à 14%. Fin 2011, l’ex-PDG Pierre-Henri Gourgeon a par exemple touché une indemnité de départ de 1,12 million d’euros, à laquelle s’est ajoutée une prime de non-concurrence de 400.000 euros.

De la même façon, les rémunérations importantes des dirigeants sont une constante chez Air France. Entre 2015 et 2016, les quatorze membres du comité exécutif ont même augmenté leur salaire de 17,6%. L’année dernière, il se sont partagé quelque 4,8 millions euros, ce qui revient à un salaire mensuel moyen de 28.570 euros brut. De quoi susciter une polémique avec les syndicats du transporteur aérien quand on sait qu’en 2016, cette même direction a proposé aux pilotes de l’entreprise d’augmenter leurs heures de travail de 10% pour la même rémunération.

108.829 euros de jetons de présence en 2015

Florence Parly a de son côté passé les années et les postes en conservant une rémunération (très) élevée. Avec une petite baisse au cours de son premier exercice au sein de la SNCF, toutefois : en 2015, elle a engrangé « seulement » 21.000 euros net mensuels en moyenne. L’énarque se rattrapait avec des jetons de présence en tant que membre de conseils d’administration. Cette année-là, elle y a touché 108.829 euros net. Dès 2016, la machine s’est relancée. Grâce à d’opportunes primes de résultat, l’actuelle locataire de l’hôtel de Brienne a empoché quelque 30.500 euros net moyens, pour finir à plus de 52.000 euros sur les six premiers mois de 2017.

https://www.marianne.net/politique/quand-la-ministre-florence-parly-s-envolait-d-air-france-avec-un-parachute-de-675000-euros

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120 millions de moins sur les stock-options, le dernier cadeau de Macron aux plus riches

Un amendement surprise de la majorité réduit de 10% les prélèvements sur les stock-options. Ce nouveau cadeau aux plus aisés coûtera 120 millions d'euros à la Sécu. A l'instar du prélèvement forfaitaire unique, ce coup de pouce pour ce type de rémunération va conduire à transformer artificiellement des salaires en dividendes. Explications.

ACT MACRON FINANCE RICHES

"Ne pensez pas à un éléphant". Dans son livre, le linguiste George Lakoff décrypte le but final de cette injonction paradoxale : faire penser à un éléphant. De même qu’à force de dire qu’il n’est pas le président des riches, Emmanuel Macron risque fort d’aboutir au même effet. D’autant qu’il en donne chaque jour des arguments.

La semaine dernière encore. En pleine discussion sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale, le groupe LREM, via Olivia Grégoire, a présenté un amendement visant à réduire la fiscalité des stock-options et autres actions gratuites (AGA). Récitant son catéchisme, la député de Paris assène : "La distribution d'actions gratuites est un processus à la fois avantageux pour les entreprises (qui peuvent ainsi attirer des talents qui autrement ne seraient pas dans leurs moyens financiers) et pour les salariés, qui y trouvent un intéressement au devenir de leur structure". Ce petit cadeau de 120 millions d’euros aux entreprises, et principalement aux plus grosses (chiffrage que les députés de l’opposition ont finalement obtenu de haute lutte), n’était pas prévu au programme. Qu’importe : le rapporteur général LREM annonce la couleur : "avis favorable", itou de la ministre Agnes Buzyn. Emballé, c'est pesé.

Outre que le gouvernement, pourtant fort tatillon sur la dépense, trouve à propos de se passer de 120 millions, ce petit amendement n’a rien d’anodin. Sur la forme d’abord. Conformément à la pratique parlementaire, l’examen des amendements se fait d’abord en commission avant leur discussion en séance plénière, comme c’était le cas ce jeudi 26 octobre. L'amendement 646 signé par l'ensemble des membres du groupe LREM, y déroge, et est opportunément apparu sans passer par la case commission. Colère jusque dans les rang LR. Le député du Loiret, Jean-Pierre Door, réclame une suspension de séance et la convocation en urgence de la Commission des affaires sociales. Ce qu’il obtiendra.

Vengeance macroniste

Mais c’est sur le fond que s’est attardée la députée Nouvelle Gauche, Valérie Rabaud, épaulée par Adrien Quatennens, des Insoumis. La députée du Tarn et Garonne connaît bien ce sujet. C’est elle qui avait obtenu l’année dernière le relèvement à 30% de cette taxe, que la loi Macron avait ramenée en 2015 à 20%. Voilà donc Emmanuel Macron vengé. Tout à sa campagne présidentielle, il avait dû observer de loin le détricotage d’un des dispositifs phares de sa loi à lui. La voici remise en l’état. Pas à n’importe quel prix. Comme le souligne Valérie Rabaud, "vous avez déjà fait, avec la taxe sur les salaires sur la quatrième tranche, un chèque de 120 millions d’euros pour les cadres des grandes entreprises qui gagnent plus de 150 000 euros par an, et vous recommencez aujourd’hui avec un chèque de 120 millions d’euros ! Où va-t-on s’arrêter ?".

Et de fait, ces deux mesures s’ajoutent en ce qu’elles s’adressent aux mêmes : les hauts salaires, notamment ceux de la finance, qui se trouvent aussi être ceux qui reçoivent le plus de stock-options et d'AGA. Selon un document de Bercy, parmi les entreprises de plus de 500 salariés, 363 d’entre elles avaient déclaré la moitié de l’assiette de cette taxe en 2015. Plus du tiers pour les presque 100 plus grosses qui comptent plus de 2 000 salariés. Ce paquet d’actions pesant près de 6 milliards d’euros.

120 millions + 120 millions +...

Emmanuel Macron assume donc son pari économique. Avec cette nouvelle mesure, le président augmente encore de 120 millions d’euros sa mise déjà lourde de plusieurs milliards via la fin de l’ISF et l’instauration de la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique) sur les revenus mobiliers (actions, etc…): réduire massivement la fiscalité pesant sur les plus riches en espérant retrouver tout cet argent dans l’investissement. Il a pour l’heure gagné son pari politique, comme en a récemment convenu Jean Luc Mélenchon : sa majorité tient, que se soit sur ses ordonnances sur le travail comme sur son budget, tandis que l’opposition peine à trouver ses marques.

Reste le pari économique. Même si officiellement, ce n’est pas la théorie du ruissellement qui gouverne ses choix économiques, l’ensemble des options prises finit de dessiner quelque chose qui y ressemble fortement. Mais il y a un hic. Comme l’a récemment révélé Vincent Eblé, le président PS de la Commission des finances du Sénat, Bercy chiffre à 50 000 à long terme le nombre d’emplois créés par les milliards 'rendus' aux plus riches. Une paille. Ce n’est pas vraiment une surprise : la théorie du ruissellement manque cruellement d’études académiques pour la valider. Elles sont au contraire pléthores pour montrer combien ces acteurs économiques très particuliers que sont les riches excellent à optimiser leurs avantages et à baisser leurs impôts.

Transformation des salaires en dividendes

C’est le cas de celle que vient de produire Gabriel Zucman, et qui en a fait une relation dans Le Monde intitulée La flat tax est une bombe à retardement pour les finances publiques. Pour ce professeur d’économie à l’université californienne de Berkeley, la chose est entendue : le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital va coûter beaucoup plus que le 1,5 milliard d’euros budgétisé.

Le raisonnement se fonde par analogie sur ce qui s’est notamment passé aux Etats-Unis. En créant un écart entre la fiscalisation des revenus issus du capital et celle du travail, (en l'espèce en France presque 16% de moins pour les premiers), les acteurs qui disposent de l’information et en ont la capacité technique, autrement dit les élites du salariat comme les cadres dirigeants, vont transformer artificiellement des salaires en dividendes. Cela s’appelle un arbitrage positif en finance. Manque à gagner fiscal à terme, selon Gabriel Zucman ? Plus de 10 milliards par an, 20 milliards dans un scénario noir. Ce raisonnement dynamique s'applique également aux prélèvements sur les stock-options : s'il ne coûte que 120 millions aujourd'hui, il coûtera mécaniquement plus à l'avenir...

Comme s'il voulait donner raison encore plus vite à l’économiste, Emmanuel Macron, avec sa baisse de la taxe sur les stock-options et les actions gratuites, remet 10 balles dans la machine à transformer artificiellement les salaires en distribution d’actions et de dividendes.

https://www.marianne.net/economie/120-millions-de-moins-sur-les-stock-options-le-dernier-cadeau-de-macron-aux-plus-riches

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Détournement de sens

Extrait d'un article de Jacques Sapir paru ce jour sur le site "Les crises", rendant hommage au livre "le grand détournement" de Fatiha Agag-Boudjahlat.

(https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/)

ARG SAPIR FATIHA

(...)

on peut reprocher à Fatiha Agag-Boudjahlat de n’avoir pas osé aller plus loin en montrant comment la construction de communautés fantasmées s’opposait frontalement à la notion de peuple, un terme très peu utilisé dans ce livre et jamais dans son sens de communauté politique, et donc de souveraineté.

Le problème de la souveraineté

Car, le problème central est là. Le salafisme existe depuis le début des années 1920[2], et a des racines bien plus anciennes encore. Sa dérive sectaire est désormais majoritaire, et pose d’ailleurs un problème évident d’ordre public[3]. Pourtant, il n’a pris en France la dimension de problème politique majeur que depuis une quinzaine d’années. De même, la présence de mouvements inspirés par les Frères Musulmans est attestée en Europe depuis les années 1950, ce mouvement étant né en Egypte en 1928[4]. Pourtant, là encore, ce n’est que depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, que ces mouvements ont, petit à petit, pris de l’importance. On ne peut donc parler de « menace intangible ».

Si l’on veut comprendre comment a pu se constituer ce cadre religieux et politique, il faut ici comprendre un double mouvement. Il y a, d’une part, l’écrasement des mouvements du nationalisme arabe, écrasement qui fut largement porté par les pays occidentaux et à leur tête les Etats-Unis, écrasement qui permis à ces sectes religieuses de récupérer une partie du combat post-colonial. Mais il y a aussi la critique radicale portée sur la souveraineté par les institutions européennes qui nie en réalité la notion de peuple comme communauté politique fondée sur des bases territoriales et qui ouvre la porte aux idées de « communautés » transnationales, mais aussi à l’idée que c’est l’ethnicité qui fait le peuple et non un pacte politique. En un sens, et cela est bien dit par Fatiha Agag-Boudjahlat, les identitaires et les communautaristes mènent le même combat contre la République.

Les mouvements religieux qui sont apparus au sein de l’islam (et dont il convient de rappeler qu’ils sont loin de réunir la totalité des musulmans) ont donc bénéficié de l’éviction des mouvements nationalistes et de la critique post-moderne de la Nation dont la technocratie Bruxelloise est porteuse. Une réfutation du rôle fondamental de la Souveraineté, tel qu’il émerge des travaux de Bodin et de Jean-Jacques Rousseau, a d’ailleurs été produite par Andras Jakab, et cette critique est parfaitement convergente avec le discours tenu par l’Union Européenne[5]. Ils se combinent alors au processus d’acculturation qui frappe une partie de la jeunesse issue de l’immigration et qui la pousse à se chercher une culture fantasmée. On rappelle que, dans les territoires tenus par DAECH en Syrie et en Irak, les barres chocolatées qui sont la quintessence d’une sous-culture occidentale étaient hautement prisées par les « combattants ».

En fait, on est en présence d’un double mouvement de capture : celui des musulmans par des sectes fondamentalistes qui se prétendent les seuls représentants de l’islam, et celui d’une partie de la population immigrée par une pseudo-communauté musulmane à laquelle cette population est sommée d’adhérer ou d’être considérée comme traitre.

Une nouvelle trahison des clercs ?

Cela conduit alors Fatiha Agag-Boudjahlat à s’interroger sur ce que l’on appellera, à la suite de Julien Benda, une nouvelle « trahison des clercs ». Autrement dit pourquoi des intellectuels, de gauche comme de droite montrent-ils une telle perméabilité aux thèses communautaristes et racistes au point, dans certains cas, de s’en faire les complices. Fatiha Agag-Boudjahlat cite de nombreux noms et montre de manière irréfutable ce processus.(...)

On peut, comme le fait Fatiha Agag-Boudjahlat, s’interroger sur les sources intellectuelles de cet accommodement, voire de cette complicité. On revient ici sur la question du relativisme absolu et de la dé-contextualisation, thèmes qui sont abondamment traités dans le livre. On peut, comme Céline Pina, mettre en avant le clientélisme des élites politiques qui conduit alors des « intellectuels » à adopter des positions de justification[6]. Un autre livre, écrit récemment par Bernard Ravet montre bien qu’à ce clientélisme est venu s’ajouter la lâcheté profonde de l’administration et de la hiérarchie de l’éducation nationale[7]. Ces explications sont certaines ; mais, elles n’épuisent pas le problème.

Car, la haine de la France n’est pas que le fait d’une minorité de jeunes et de moins jeunes issus de l’immigration. Cette haine se construit sur une confusion : les élites prétendent que c’est la « France » qui agit pour cacher leurs propres manigances. Or, ce mensonge est repris comme tel par de nombreux intellectuels. On touche là à la question de la nécessité pour tout pays de produire un « récit national » qui aborde honnêtement les points lumineux comme les points sombres de son histoire. Or, une partie des intellectuels en France se refuse à l’idée même d’un « récit national », car ce dernier serait vecteur du « nationalisme ». Et l’on retrouve ici la haine de la souveraineté concoctée depuis Bruxelles par la technocratie de l’Union européenne.

(...)

C’est donc un livre important qui nous est donné ici par Fatiha Agag-Boudjahlat. Il faut l’en remercier, le lire et le discuter. Ce livre est, sur certains points, incomplet. On renvoie ici le lecteur aux ouvrages que j’ai écrit ou auxquels j’ai participé[8]. Mais il atteint son but. Il montre la construction perverse d’un autre sens aux mots que nous utilisons, construction qui permet de casser le langage commun qui s’était instauré entre Français. Il désigne le projet tyrannique qui est à l’œuvre derrière ce détournement orwellien du sens des mots.

Jacques Sapir

Notes

[1] Agag-Boudjahlat, Fatiha, Le grand retournement, Paris, Le Cerf, 2017.

[2] Rougier B., (dir.), Qu’est-ce que le salafisme ?, PUF, Paris, 2008, 271 p

[3] Amghar S., Le Salafisme d’aujourd’hui : Mouvements sectaires en Occident, Michalon, 2011

[4] Maulion F. – L’organisation des frères musulmans : évolution historique, cartographie et éléments d’une typologie, Diplôme universitaire de 3è cycle, Paris, Université Panthéon-Assas – Paris II – Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines, 2004, 337 p

[5] Jakab A., « La neutralisation de la question de la souveraineté. Stratégies de compromis dans l’argumentation constitutionnelle sur le concept de souveraineté pour l’intégration européenne », in Jus Politicum, n°1, p.4 ; consultable en ligne: http://www.juspoliticum.com/La-neutralisation-de-la-question,28.html

[6] Pina C., Silence coupable, Paris , Kero, 2016.

[7] Ravet B., Principal de collège ou imam de la république ?, Paris, Kero, 2017.

[8] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016 et Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Le Cerf, 2017.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/


 

BASE 14 995X225La question du contenu de la souveraineté est un débat fondamental, en France comme dans le monde: si on observe ce qui se passe en Espagne, on a un projet d'apparence identitaire (le "peuple catalan") sur la base d'un projet politique identique au projet porté par le pays contesté: diversité, multiculturalisme et communautarisme ethnique et religieux, sans compter une même adhésion au projet européen! Confusion des mots, double- langage etc.

P.G.

dimanche 5 novembre 2017

Catalogne : le président destitué Carles Puigdemont s'est livré à la police belge

Le leader indépendantiste s'est rendu avec quatre de ses anciens ministres à la police judiciaire fédérale de Bruxelles (Belgique), dans la matinée du dimanche 5 novembre.

ACT PUIGDEMENT PRISON

Le président destitué de la région Catalogne, Carles Puigdemont, s'est livré à la police belge avec quatre de ses anciens ministres, a annoncé le parquet fédéral belge, dimanche 5 novembre. "Ce matin, les cinq personnes recherchées par l'Espagne se sont présentées auprès de la police judiciaire fédérale de Bruxelles. Elles ont été privées de liberté à 9h17", a déclaré Gilles Dejemeppe, porte-parole du parquet fédéral belge. 

Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres ont été "notifiés" du mandat d'arrêt européen les concernant, a poursuivi Gilles Dejemeppe. Ils seront auditionnés par un juge d'instruction belge "dans le courant de l'après-midi", a annoncé le porte-parole. 

Ce juge d'instruction a 24 heures, jusqu'à lundi à 9h17, pour décider de les placer en détention ou de les libérer sous condition ou caution. Selon Gilles Dejemeppe, cette décision devrait intervenir dans la soirée.

"Ils ont honoré ce rendez-vous"

Carles Puigdemont et ses quatre "conseillers" (l'équivalent des ministres dans l'ancien gouvernement catalan) sont visés par des mandats d'arrêts émis par l'Espagne pour "sédition, rébellion et détournement de fonds", après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. 

"Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat" de la police fédérale, a explique Gilles Dejemeppe dimanche. "Ils ont honoré ce rendez-vous", a-t-il ajouté.

Carles Puigdemont et ses quatre anciens ministres se trouvent actuellement dans les locaux du parquet de Bruxelles.

http://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/catalogne-le-president-destitue-carles-puigdemont-s-est-livre-a-la-police-belge-annonce-le-parquet-de-bruxelles_2453082.html#xtor=EPR-51-[catalogne-le-president-destitue-carles-puigdemont-s-est-livre-a-la-police-belge-annonce-le-parquet-de-bruxelles_2453082]-20171105-[titre]


 

Pour ceux qui l'auraient manqué, voir:

Qui se cache derrière l indépendance de la catalogne ?

Ajoutée le 9 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=WWLO01k97Ls

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La Croatie veut passer à l'euro, mais pas la Suède, le Danemark, la Pologne...

Après avoir rejoint l'Union européenne comme 28e Etat membre en 2013, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration : elle espère pouvoir satisfaire aux "critères de convergence" et notamment réduire sa dette publique (80% du PIB). Elle serait le 20e Etat à rejoindre la monnaie unique.

ACT ZONE EURO

Devenue le 28e pays membre de l'Union européenne le 30 juin 2013, dix ans après sa demande d'adhésion, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration européenne : elle espère pouvoir passer à l'euro dans un délai de sept à huit ans, c'est-à-dire à l'horizon 2024-2025, a indiqué le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, ce lundi 30 octobre.

"Nous ne voulons pas fixer de date précise mais nous voulons que la Croatie devienne membre de la zone euro dans deux législatures", a déclaré Andrej Plenkovic lors d'une conférence économique consacrée à cette question.

L'adhésion à l'euro est un processus complexe et long. Le dernier pays à avoir intégré l'Eurozone est la Lituanie, le 1er janvier 2015. C'était le 19e Etat passant à l'euro fiduciaire, à l'issue d'un parcours semé d'embûches entamé en mai 2004 avec l'adhésion à l'UE, puis en juillet de la même année, la participation au Mécanisme de taux de change européen ou MCE-2.

Le MCE-2 définit le cadre de la coopération en matière de politique des taux de change entre l'Eurosystème (constitué des banques centrales de la zone euro et de la BCE) et les États membres de l'Union européenne préparant leur passage à l'euro.

Période d'observation

En Croatie, le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, souhaite intégrer ce Mécanisme de change européen (MCE-2) dans les trois ans qui viennent, c'est-à-dire avant que le pays prenne la présidence de l'Union européenne, en 2020.

Les Etats de l'UE qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique doivent observer une période de deux ans au sein du MCE-2, mécanisme qui vise à établir la stabilité de la monnaie du nouvel entrant avant qu'il accède à la zone euro.

La banque centrale croate intervient sur le marché local des changes afin d'assurer une stabilité de la kuna dans une fourchette de parité face à l'euro comprise entre 7,3 et 7,7.

Réduction de la dette publique

Le principal défi du gouvernement croate pour parvenir à intégrer la zone euro est de réduire sa dette publique qui dépasse légèrement les 80% du produit intérieur brut.

"Notre objectif est de réduire la dette publique à 72% du PIB d'ici 2020. Nous travaillons à une importante consolidation budgétaire et cette année, le déficit budgétaire sera inférieur à celui de l'an passé qui était de 0,9% du PIB", a annoncé Andrej Plenkovic.

De nombreux pays de l'UE toujours en dehors de l'eurozone

Tous les États membres de l'Union européenne sont censés adopter l'euro comme monnaie et adhérer à la zone euro. Pour ce faire, ils doivent satisfaire aux « critères de convergence ». Néanmoins, de nombreuses exceptions existent, soit parce qu'ils ne répondent pas aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas. Illustration, avec ces quatre exemples : Danemark, Royaume-Uni, Suède et Pologne.

Le Danemark, membre de l'UE depuis le 1er janvier 1973, avait en juin 1992 voté "non" au traité de Maastricht (février 1992). Suite à ce refus, l'Accord d'Edimbourg signé six mois plus tard, en décembre, avec le Conseil européen permettait au pays de négocier pas moins de quatre options de retrait (ou opting-out), dont celle sur l'euro. Voilà comment le pays a conservé sa monnaie nationale, la couronne danoise, et finalement ratifié le traité de Maastricht, avec ses quatre dérogations, en mai 1993.

Le Royaume-Uni, qui est engagé depuis le référendum du 23 juin 2016 dans une procédure de sortie de l'UE (Brexit), bénéficie d'une dérogation (opting out) permanente au traité de Maastricht pour conserver sa devise, la livre sterling. En novembre 2015, David Cameron avait voulu aller plus loin en tentant d'ériger cette dérogation en règle commune - ce qui, selon la fondation Robert Schuman, aurait transformé l'UE en communauté "multidevises".

La Suède fait, quant à elle, partie des pays sans dérogation et qui auraient dû rejoindre l'eurozone, surtout après avoir massivement voté en faveur de l'adhésion à l'UE en 1994... Mais le référendum du 14 septembre 2003, après une décennie de crise économique, avait massivement confirmé le scepticisme grandissant des Suédois à l'égard de l'UE (notamment face aux dérives budgétaires de ses principaux membres) et leur refus d'intégrer la zone euro. Et, selon certains sondages, le Brexit ferait progresser le camp en faveur d'une sortie de l'UE.

La Pologne, qui a rejoint l'UE en mai 2004, aurait dû passer à l'euro entre 2011 et 2012 en vertu de l'obligation contractée avec le traité d'Athènes (2003) qu'elle a adopté par référendum en 2003. Mais de nombreux points de tension sont apparus entre la Pologne et certains pays de l'UE, notamment l'Allemagne avec des sujets comme la crise des réfugiés, ou la France avec la question des travailleurs détachés. Le pays est devenu très jaloux de sa souveraineté. Ainsi, après d'autres prises de position semblables de ses prédécesseurs depuis plusieurs années, la Première ministre Beata Szydlo déclarait en mars 2017 que Varsovie ajournait ses plans pour rejoindre la zone euro, car "il est plus avantageux de garder sa propre monnaie, le zloty".

(avec Reuters)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-croatie-espere-passer-a-l-euro-d-ici-a-2025-et-abandonner-la-kuna-756114.html

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"La politique ça sert à rien?" par François Asselineau: vidéos sur la nouvelle chaîne "Poléthique" (YT)

Allez faire un tour par là : chaîne politique

https://www.youtube.com/channel/UCt49Nsz9d4nk00Y2xxF6law/feed

VID FA POLYETHIQUE 1

 

Pas mal d'interventions de François Asselineau, mais ne vous laissez pas démonter par les autres.

La politique ça sert à rien par François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=SBWPNBqMKMk

Dictionnaire de l'Union Populaire Républicaine par François Asselineau

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=5tyPSbOxVJg

La réforme du code du travail en clair par François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 31 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=9jQPtq4dJgU

Entretien avec François Asselineau | Union Populaire Républicaine

Ajoutée le 30 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=W6YfDjhlUxY

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Cabinets ministériels : la hausse des salaires en marche

Dans le nouveau monde d’Emmanuel Macron, les cabinets ministériels subissent une cure d’amaigrissement. Moins de conseillers, pour économiser de l’argent public ? Pas si simple.

ACT AUGMENTATION MINISTERES

Pas plus de dix membres dans un cabinet ministériel, c’est la règle depuis le premier conseil des ministres du quinquennat Macron. Résultat, entre le gouvernement de Manuel Valls l’année dernière et celui d’Edouard Philippe, il y a 124 conseillers ministériels en moins. Une économie de 6 543 071 euros. Mais en même temps, ils se sont octroyés une augmentation: 18% de hausse de salaire en moyenne par rapport à leurs prédécesseurs.

A partir du "Jaune" budgétaire publié avec le PLF 2018, nous avons comparé, ministère par ministère, la rémunération des conseillers entre 2016 et 2017. Certains écarts sont étonnants.

Au ministère des Affaires étrangères par exemple, la rémunération moyenne des conseillers est passée de 5 898 euros bruts par mois, à 10 043 euros. Au ministère de la Justice, le salaire des membres du cabinet a augmenté de 7 992 euros mensuel à 10 549 euros bruts. Mais c’est au ministère de la Santé qu’on est le mieux payé : 11 665 euros mensuels contre 9 569 euros l’année dernière. C’est plus que ce que gagne la ministre elle-même !

En pleine cure d’austérité, comment expliquer ces augmentations de salaire ? Pour l’ancien député René Dosière (PS), qui a effectué des calculs similaires, les ministres qui viennent du monde de l’entreprise ont tendance à davantage rémunérer leurs collaborateurs :

«Les ministres sont issus pour beaucoup de la société civile, ils gagnaient beaucoup plus avant d’être ministres... Ils ont laissé courir le niveau des rémunérations.»

La baisse du nombre de conseillers ministériels dans le gouvernement d’Edouard Philippe a permis d’économiser plus de 6 millions d’euros. Mais sans les hausses de salaires, nous aurions pu économiser 5 millions d’euros de plus.

http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/11/01/cabinets-ministeriels-la-hausse-des-salaires-en-marche.html#xtor=EPR-51-[enquete-france-2-comment-les-salaires-des-conseillers-ministeriels-ont-explose-depuis-l-election-de-macron_2448422]-20171102-[titre]

Posté par UPR Creuse à 09:30 - - Permalien [#]
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"Droit à l'enfant", disparition du père, bébés "OGM"... Les arguments des anti-PMA "pour toutes" passés au crible

Le gouvernement s'est engagé à ouvrir la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes dans le cadre de la révision des lois bioéthiques.

ARG PMA

L'annonce a réveillé les opposants. Le gouvernement doit proposer l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules dans le cadre de la révision des lois bioéthiques. En première ligne pour contester ce projet, La Manif pour tous, mouvement né en opposition au mariage pour tous en 2012.

Dénonciation d'un "droit à l'enfant", refus d'une médecine qui s'adapterait à des "demandes sociétales" et non plus pathologiques, défense du cadre familial hétérosexuel... Franceinfo a passé aux cribles cinq arguments des opposants à l'ouverture de la PMA. 

Cela va instaurer un "droit à l'enfant" 

Dans une tribune publiée par Le Monde, la députée Les Républicains Valérie Boyer appelle à lutter contre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, en écrivant : "Ne cédons pas face à ceux qui s’arrogent un droit à l’enfant." Ce "droit à l'enfant", également dénoncé par La Manif pour tous, sous-entend que la loi céderait à une volonté égoïste d'avoir un bébé "au mépris du droit des enfants". Pour Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS, une telle expression "est inexacte".

Si ce droit existait, pour une adoption ou dans un centre de PMA, vous iriez devant les tribunaux en cas de refus. Ce n'est pas le cas, ce n'est donc pas un droit, mais une liberté de procréer.

Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS

à franceinfo

De fait, actuellement, les médecins des Cecos (Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains) peuvent refuser à un couple hétérosexuel l'accès à la PMA après examen de leur dossier. Et parfois, l'infertilité du couple ne suffit pas. Les motivations du couple, sa situation financière ou l'âge du père peuvent entraîner un refus, expliquait Libération en 2007 : "Pour autoriser ou non une assistance médicale, les médecins s'en remettent à eux-mêmes." Dans ce cas, un couple n'a pas de possibilité de recours.

De même, "la loi française a autorisé les personnes seules à adopter des enfants en 1966", souligne cette spécialiste de la bioéthique et de la parentalité. "Qui, à l'époque, a dit que ces personnes avaient droit à un enfant ? Personne." Aujourd'hui, certains militants proches de La Manif pour tous réclament la suppression du droit à l'adoption pour les célibataires. Mais à l'époque, la réforme de l'adoption a été adoptée dans le consensus.

Pour la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, derrière le "droit à l'enfant" se cache "en fait le refus de l'homoparentalité". La sociologue Dominique Mehl, également auteure de l'ouvrage Les Lois de l'enfantement, procréation et politique en France 1982-2011 (Ed. Presses de Sciences Po, 2011), ajoute que "dans l'histoire du droit de la famille, le droit s'adapte aux évolutions de la société et des mœurs (le divorce, l'égal exercice de l'autorité parentale, le mariage pour tous...) déjà installées."

La médecine n'a pas à répondre à des "demandes sociétales"

Si la PMA est aujourd'hui autorisée pour les couples infertiles ou pour éviter la transmission d'une maladie grave, son extension aux couples de femmes et aux femmes seules serait une évolution vers les "demandes sociétales" et non plus une réponse à une pathologie"Une réflexion fondamentale sur la médecine (et son budget) mériterait d’être engagée avant que celle-ci soit insidieusement portée à s’exercer vers des demandes exponentielles de la société, sans qu’aucun critère soit élaboré pour discerner son juste exercice, autre que celui de la discrimination", écrit Pierre d’Ornellas, archevêque catholique de Rennes, dans une tribune au Monde.  

Il n'y a pourtant là rien de nouveau. "La médecine est aussi un instrument qui crée du lien social et qui répond à des demandes de société", note la sociologue Dominique Mehl. Elle cite "la chirurgie esthétique parfois remboursée par la Sécurité sociale" ou encore "la fécondation in vitro qui n'a pas été inventée pour manipuler des gamètes, mais pour répondre à des couples qui n'arrivaient pas à avoir d'enfants." On pourrait également citer l'IVG (interruption volontaire de grossesse) qui, lorsqu'elle n'est pas thérapeutique, est bien un usage de la médecine en réponse à une demande sociétale.

"La médecine s’est (...) toujours inscrite dans une forme de transgression", abonde Jacques Gonzalès, médecin, historien de la médecine, interrogé par Pèlerin magazine. Auteur de Histoire de la procréation humaine, croyances et savoirs dans le monde occidental (Ed. Albin Michel, 2012), il rappelle qu'à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, des "fécondations artificielles" ont eu lieu "en cachette".

A l’époque, le principe d’une insémination chez l’humain, c’est-à-dire de faire procréer sans sexualité, était perçu comme une pratique choquante car réservée aux animaux.

Jacques Gonzalès, médecin, historien de la médecine

au "Pèlerin magazine"

Le fait "que le recours à la PMA soit étendu aux femmes célibataires ou aux couples d’homosexuelles (...) semble donc une évolution 'logique', la science bousculant toujours les acquis", estime Jacques Gonzalès. Mais le médecin se montre tout de même sceptique sur la mise en œuvre de cette PMA étendue.

Cela entraîne la "fin du père"

C'est l'un des arguments clés de La Manif pour tous, qui en a fait un mot-dièse sur Twitter (#PMAsansPère) : "Etre privé de son père, c’est-à-dire être orphelin de père, est une souffrance immense. Il est donc inacceptable de provoquer volontairement cette souffrance, source d’injustice intolérable pour les enfants", écrit le mouvement dans un communiqué.

"La famille traditionnelle (un père, une mère et leurs enfants biologiques, vivant en paix dans le même foyer), ça ne représente pas du tout la totalité des scénarios familiaux", nuance la sociologue Dominique Mehl. Selon une étude de l'Inseeun quart des enfants français vivent avec un seul parent. Avec l'ouverture de la PMA aux femmes seules, la monoparentalité ne serait plus liée à des séparations et des divorces, mais "volontaire et choisie", souligne Dominique Mehl.

La monoparentalité change donc de nature et c'est l'émergence d'une nouvelle forme de familles, cela ne signifie pas que c'est anodin pour autant.

Dominique Mehl, sociologue et directrice de recherche au CNRS

L'absence d'un père biologique est-elle préjudiciable pour un enfant ? Il n'y a pas de consensus scientifique sur cette question. "Il n’existe pas, pour la psychanalyse, de définition du 'bon parent', écrit Geneviève Delaisi de Parseval dans Libération. Pour la psychanalyse, l’essentiel est que puisse fonctionner le complexe d’Œdipe, c’est-à-dire la triangulation de la fonction paternelle au terme d’une dynamique structurante marquée par un déplacement des investissements affectifs sur un autre personnage que la mère. Mais rien ne dit que cette fonction doive nécessairement être assumée par un homme."

"Toutes les familles sont un peu à risque", estime également Dominique Mehl. A l'inverse, le psychanalyste Jean-Pierre Winter est favorable au mariage entre couples homosexuels mais opposé à l'homoparentalité. Il affirme auprès d'Atlantico "L'effacement d'une personne qui a contribué à la conception aura des conséquences sur le psychique de l'enfant. En l’occurrence, je ne connais pas de cas dans lesquels il n'y a pas de conséquences."

Une étude menée en 2012 auprès de familles homoparentales et parue dans la revue de l'Association française de sociologie a cependant conclu : "Ces familles, quelle que soit la manière dont elles ont été fondées, sont inscrites dans des réseaux de parenté et des entourages plus larges [que le cadre de l'homoparentalité] et ne viennent pas bouleverser les grands principes inhérents aux représentations occidentales de la parenté."

Cela va créer des "enfants OGM"

L'affiche issue de la campagne de La Manif pour tous voulait marquer les esprits. On peut y voir un bébé dessiné au milieu d'une rangée de légumes. La légende : "Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent ?" Devant l'indignation suscitée par cette affiche qui amalgame organisme génétiquement modifié et PMA, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes a réclamé son retrait.

"Comparer les bébés nés après FIV [fécondation in vitro] ou insémination à des légumes OGM est profondément offensant pour les enfants et leurs familles", a tweeté Marlène Schiappa. La Manif pour tous a dénoncé un "faux procès" : "Jamais un enfant n'a été comparé à un légume OGM. Jamais l'opposition à la PMA sans père n'a stigmatisé les familles monoparentales."

 

Affiche issue de la campagne anti-PMA de La Manif pour tous.

"D'un point de vue scientifique, cette affiche est complètement fausse, la PMA n'a rien à voir avec un OGM, un organisme génétiquement modifié, explique Marina Carrère d'Encausse, médecin échographiste et présentatrice de l'émission "Allô docteurs" sur France 5. [Un OGM], c'est un être vivant dont le génome a été génétiquement modifié par la main humaine. Par exemple, un légume que l'on rend résistant à une maladie. Contrairement aux OGM, on ne modifie pas la nature avec la PMA, on va simplement l'aider plus ou moins." 

Michel Cymes, médecin et chirurgien et coprésentateur "d'Allô docteurs", précise : "La PMA regroupe plusieurs techniques qui mettent en relation un ovule et un spermatozoïde pour optimiser les chances de procréation." Insémination artificielle, fécondation in vitro, stimulation ovarienne... Ces différentes techniques pour réaliser une PMA ne sont donc pas des manipulations génétiques. La sociologue Dominique Mehl dénonce une "comparaison injurieuse pour les enfants"

Les enfants des couples de femmes qui naissent grâce à une aide à l'étranger et peut-être bientôt en France seront des enfants comme les autres. Ils auront les gènes du donneur et les gènes de la mère. Il n'y a pas de manipulation génétique.

Dominique Mehl, sociologue

à franceinfo

C'est la première étape vers la GPA

L'argument, utilisé par La Manif pour tous, est repris par Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains. Pour lui, élargir l'accès à la PMA à toutes les femmes, c'est ouvrir la porte à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples d'hommes, au nom du principe d'égalité. Pour Laurent Wauquiez, la PMA n'est qu'une "étape" avant la GPA "et donc la marchandisation du corps de la femme".

Souvent associée dans les débats à la PMA, la GPA est pourtant une pratique très différente : elle consiste à avoir recours à une mère porteuse qui mettra au monde un bébé pour un couple tiers, hétérosexuel ou homosexuel. "Quand Laurent Wauquiez fait semblant de ne pas comprendre qu'on parle de la PMA et pas de la GPA et qu'il mélange à dessein pour faire peur et instrumentaliser un certain nombre de débats, je trouve que c'est assez cynique", a dénoncé Marlène Schiappa.

De fait, la GPA n'est absolument pas à l'ordre du jour de l'agenda politique : rares sont les personnalités favorables à sa légalisation. A gauche, on peut citer la sénatrice EELV Esther Benbassa. Manuel Valls, qui s'y est montré favorable en 2011, dénonce désormais "une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes". Najat Vallaud-Belkacem, François Rebsamen, Jean-Marie Le Guen et Aurélie Filippetti, qui avaient signé une tribune au Monde en faveur de l'encadrement de la GPA en 2010, se gardent bien de s'exprimer aujourd'hui sur le sujet. A droite, Nadine Morano s'y était déclarée favorable en 2008 "dès lors que la femme a un vrai problème de stérilité, dès lors aussi qu'il n'y a pas de marchandage du corps".

Dans son rapport rendu le 27 juin, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), favorable à la PMA, a lui aussi exclu le recours à la GPA. Le CCNE évoque ainsi les "violences juridiques, économiques, sanitaires et psychiques" qui s'exercent sur les mères porteuses et sur les enfants nés par GPA. La sociologue Dominique Mehl regrette que le CCNE n'ait pas évoqué les pratiques de GPA altruiste, c'est-à-dire encadrées par la loi et sans contrepartie financière pour la mère porteuse, qui ne bénéficie que d'un remboursement de ses frais.

http://www.francetvinfo.fr/choix/droit-a-l-enfant-disparition-du-pere-bebes-ogm-les-arguments-des-anti-pma-pour-toutes-passes-au-crible_2415709.html#xtor=EPR-51-[droit-a-l-enfant-disparition-du-pere-bebes-ogm-on-a-passe-au-crible-les-arguments-des-anti-pma-pour-toutes_2448590]-20171102-[titre]


 

BASE 14 995X225Intéressant de connaître l'argumentaire des adeptes du culte de la Science, de l'Histoire et du Progrès. Derrière les questions "de société" se cachent toujours des conceptions d'ordre métaphysique, notamment sur les rapports entre l'Homme et la Nature, qui rendent le dialogue compliqué, voire impossible...

Surtout quand les oppositions se cristallisent autour d'"arguments d'autorité", comme ça semble être le cas dans cet article.

P.G.

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Meurtre de Daphne Caruana Galizia : huit journaux, dont « Le Monde », réclament une enquête indépendante

Plusieurs directeurs de rédaction s’associent dans une lettre ouverte à la Commission européenne pour demander une enquête indépendante à la suite du meurtre de la journaliste maltaise.

ACT LIB PRESSE DAPHNE MONDE

Plusieurs directeurs de rédactions européennes et américaines s’associent dans une lettre ouverte pour réclamer une enquête indépendante à la Commission européenne suite au meurtre de la journaliste d’investigation maltaise, assassinée le 16 octobre dans l’explosion de sa voiture. Le courrier, en date du 2 novembre, est adressé à Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne.

Monsieur le vice-président Timmermans,

Le meurtre scandaleux de la journaliste d’investigation maltaise Daphne Caruana Galizia rappelle brutalement les dangers que les journalistes professionnels et les citoyens courent en permanence quand ils s’emploient à mettre au jour la corruption et les comportements illicites des riches et des puissants de ce monde.

Il ne faut pas laisser les assassins de Daphne parvenir à étouffer son enquête sur la corruption au sein des plus hautes sphères à Malte. Nous nous félicitons de vos déclarations publiques soulignant que ce pays doit montrer au reste de l’Europe, et du monde, que sa réglementation est saine et robuste.

Comme vous le savez, en 2016, l’outil de contrôle du pluralisme des médias de la Commission européenne a déploré le manque d’indépendance politique des médias maltais, en estimant que Malte était « le seul Etat membre de l’Union présentant une telle emprise des partis politiques sur les médias ».Son rapport indiquait également que Malte se caractérisait par une faible autonomie éditoriale, « principalement en raison du manque de mesures de régulation et d’autorégulation qui protègent l’indépendance éditoriale dans les médias d’actualité ».

Le meurtre de Daphne, associé aux problèmes structurels identifiés par la Commission, révèle la nécessité d’une enquête exhaustive de celle-ci sur l’indépendance des médias à Malte. Nous vous demandons d’utiliser vos fonctions pour engager un dialogue urgent avec le gouvernement maltais afin de vous assurer qu’il a conscience des obligations qui lui incombent, en tant que membre de l’Union européenne, de faire respecter l’Etat de droit et de garantir la liberté de la presse et la liberté d’expression dans le pays.

L’assassinat de Daphne Caruana Galizia prouve le danger auquel les journalistes sont confrontés lorsqu’ils cherchent à établir la vérité. Il met aussi en évidence la crainte qu’ont les élites corrompues d’être démasquées. Nous vous invitons à user de tous les pouvoirs dont vous disposez pour veiller à ce que la mort de Daphne donne lieu à une enquête complète et pour envoyer un clair signal de soutien aux journalistes qui œuvrent pour l’intérêt général, à Malte et dans le reste du monde.

Bien à vous,

Katharine Viner, rédactrice en chef, The Guardian

Wolfgang Krach, rédacteur en chef, Süddeutsche Zeitung

Dean Baquet, rédacteur en chef, The New York Times

Lionel Barber, directeur de publication, Financial Times

James Harding, directeur de l’information et de l’actualité, BBC

Mario Calabresi, rédacteur en chef, La Repubblica

Antonio Caño, rédacteur en chef, El Pais

Jérôme Fenoglio, directeur, Le Monde


http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/02/meurtre-de-daphne-caruana-galizia-huit-journaux-internationaux-dont-le-monde-reclament-une-enquete-independante_5209324_3214.html

BASE 14 995X225Comble de l'hypocrisie des médias de l'oligarchie: se faire passer pour des défenseurs de la liberté d'expression et des pourfendeurs des "élites corrompues". Et donner au passage un brevet de vertu à la Commission européenne!

P.G.

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Jerome Powell, l’homme de la continuité, à la tête de la Fed

Cet avocat de formation a fait carrière dans la finance avant de rejoindre la Réserve fédérale américaine, où il a soutenu la politique monétaire prudente de Janet Yellen.

ACT JAY BANKSTER

Il y a quelques semaines encore, peu de monde connaissait le nom de ce discret républicain de 64 ans. Désigné jeudi 2 novembre par le président Donald Trump, Jerome Powell remplacera Janet Yellen à la présidence de la Réserve fédérale américaine (Fed), la plus puissante banque centrale du monde, dès février 2018. Si le Sénat confirme sa nomination, il incarnera la continuité à la tête de l’institution. « Parmi les candidats évoqués, il est le plus proche de Yellen », résume Christophe Boucher, économiste à Paris-X.

Celui qu’on surnomme « Jay » incarne aussi le compromis, susceptible de convenir autant aux républicains qu’aux démocrates. S’il appartient au premier camp, il ne fait pas partie des proches de Trump. Il est plutôt classé du côté des « colombes » : gouverneur de la Fed depuis 2012, il a, en effet, toujours soutenu la politique de taux faibles de la démocrate Yellen, par opposition aux « faucons », favorables à un resserrement monétaire plus rapide. Ces derniers lui reprochent de se montrer bien trop modéré…

Mais, contrairement à sa prédécesseure [sic], il vient du monde de la finance. Diplômé en sciences politiques à Princeston et en droit à l’université de Georgetown (Washington), ancien sous-secrétaire au Trésor de l’administration de George Bush père, il a fait carrière dans la banque d’investissement, notamment au sein du groupe de gestion d’actifs Carlyle. De quoi satisfaire l’aile républicaine qui prône une révision des régulations financières adoptées pendant la crise. « Jay » Powell s’est d’ailleurs montré favorable à leur assouplissement – contrairement à Mme Yellen.

Selon le Wall Street Journal, il sera également le plus riche président de la Fed depuis le banquier Marriner Eccles, qui occupa le poste entre 1934 et 1948. Sa fortune nette est estimée entre 19,7 et 55 millions de dollars (16,9 à 47,1 millions d’euros).

Talents d’avocat

En 2011, il s’est engagé en faveur du relèvement du plafond de la dette américaine – une mesure importante pour éviter un défaut du pays –, avant d’être nommé au poste degouverneur de la Fed par le président démocrate Barack Obama. Il connaît donc déjà les rouages de l’institution. Ce qui n’empêche pas certains économistes de se montrer circonspects quant à sa nomination. « La grande question est de savoir s’il est vraiment qualifié pour le job, soulève Paul Ashworth, chez Capital Economics. Ses expériences passées sont solides, mais pas spectaculaires. C’est un avocat plutôt qu’un économiste chevronné. Il doit encore prouver qu’il a l’étoffe d’un meneur. »

De fait, les docteurs en économie dominent le personnel de la Fed et, depuis trois décennies, les présidents viennent systématiquement du sérail. Spécialiste du marché du travail, Mme Yellen a obtenu un doctorat à Yale, son prédécesseur Ben Bernanke est passé par le Massachusetts Institute of Technology. Deux prestigieuses universités réputées en économie. M. Powell fera-t-il le poids face aux pointures de l’institution ? Jeffrey Frankel, économiste à Harvard, n’en doute pas. Sur le site d’analyse Project Syndicate, il décrit « Jay », qu’il connaît depuis les années 1990, comme un homme doté « des capacités analytiques dont un président de la Fed a besoin », « il n’aura pas de complexe à traiter avec du personnel plus qualifié ».

Ceux qui se réjouissent de sa nomination soulignent que ses talents d’avocat pourraient se révéler fort utiles face aux tentatives d’ingérence politique* auxquelles l’institution pourrait être confrontée ces prochaines années.


http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/02/jerome-powell-l-homme-de-la-continuite-a-la-tete-de-la-fed_5209396_3234.html

BASE 14 995X225"tentatives d’ingérence politique": l'abomination pour "Le Monde", le contrôle de la finance par "le politique", c'est- à dire par le Peuple!

P.G.

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