C'est dans cette section qu'on trouvera des éléments philosophiques ou politiques se rapportant à des faits anciens, des déroulements dans le temps, et des biographies. Celle de notre président monsieur Asselineau est à cette adresse:

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/06/30/35432505.html

jeudi 14 décembre 2017

Robespierre [un livre de Jean Massin aux Editions Agone]

Cinquième édition, préfacée par Jean Luc Chappey, membre de l’Institut d’ de la française et enseignant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

PUB ROBESPIERRE

A commander en ligne sur :
https://agone.org/elements/robespierre/

“Le 5 novembre 1792, se présente de nouveau à la tribune. C’est toute l’action de la Commune de Paris qu’il défend :
“Citoyens, vouliez-vous une Révolution sans révolution ? Les insurgés doivent être regardés comme fondés de procuration pour la société toute entière. Si vous désavouez les moyens que nous avons employés pour vaincre, laissez-nous les fruits de la victoire ; reprenez votre Constitution et toutes vos lois anciennes, mais rendez-nous nos concitoyens qui sont morts pour la cause commune ! La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m’est suspecte. Cessez d’agiter sous mes yeux la robe sanglante du tyran, ou je croirai que vous voulez remettre Rome dans les fers.”
Les applaudissements de la tribune et de la majeure partie de la Convention saluent Robespierre. En vain certains s’efforcent de se faire entendre, de limiter l’effet produit. Une foule immense l’acclame et lui fait cortège. C’est la réponse de la canaille aux honnêtes gens de la Gironde.”

Cette réédition est préfacée par Jean-Luc Chappey, membre de l’Institut d’histoire de la et enseignant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Écrivain et musicologue, (1917-1986) publie la première édition de cette biographie en 1956. À la croisée des recherches universitaires et du souci de construire un récit accessible au plus grand nombre, ce s’impose très vite comme une référence, qui donne l’exacte mesure de la place occupée par Robespierre dans le processus révolutionnaire : celle, comme dit Massin, de “sentinelle de la Révolution”.

Vient de paraître le 24 novembre
556 pages – 11 x 18 – 14 €
ISBN : 978-2-7489-0347-8

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/robespierre-livre-de-jean-massin-aux-editions-agone/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mercredi 13 décembre 2017

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945

PUB ALR VATICAN

Message de l'auteur, à propos de son document Histoire d’une censure vaticane et médiatique à répétition, suite à la censure qu'elle vient de subir à la RTBF.

Chers amis,

Je vous remercie de prendre le temps de vous informer sur un exemple de censure cléricale et médiatique étendue sur plus d’une année, et qui vient de se clore à la RTBF, principale chaîne de télévision belge. Un tel interdit mériterait la fanfare, mais les spectateurs belges l’ignoreront sans doute autant que le public français. Cet exemple accroît la longue liste connue des ostracismes prononcés de longue date en France contre la recherche scientifique et critique en général, et contre les chercheurs indépendants des puissants en particulier.

L’exposé, un peu long, ne vous rebutera pas, j’en suis certaine : j’ai été contrainte à fournir des détails, les jugeant d’autant plus nécessaires qu’il est rare de pouvoir saisir (ou disposer d’éléments solides sur) le processus de censure qui, nous affirme-t-on, n’existe pas dans nos démocraties-modèles et notre grande presse libre. Les correspondances attestent que je n’étais aucunement demanderesse de la publicité des grands médias: dois-je préciser que c’est toujours le cas, et que je considère les sources électroniques comme le quasi exclusif moyen d’information actuellement accessible : jusqu’à quand est une question qui se pose de plus en plus clairement.

La diffusion de ce document est, comme d’habitude, non seulement libre mais encore vivement encouragée.

Bien cordialement

Annie Lacroix-Riz


 

A propos de son livre:

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945, Paris, Armand Colin, Nouvelle édition refondue, 2010

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945, Paris, Armand Colin, Nouvelle édition refondue, 2010 {JPEG}Bihr Alain

Il est singulier de constater combien les historiens s’intéressent peu au plus ancien des États européens : le Vatican. Encore plus curieux est le fait que, quand ils s’y intéressent, ils ne l’appréhendent guère comme un État qui, à l’image de tous les autres États, n’est qu’un « monstre froid », « le plus froid même des monstres froids  » (Nietzsche), dont les comportements de leurs dirigeants ne peuvent ni ne doivent se comprendre qu’en fonction des intérêts de cet État dans ses rapports avec tous les autres acteurs de la scène politique internationale, à commencer par les autres États. Car, sous ce rapport, pas plus que sous aucun autre, le Vatican ne fait exception à la règle. Annie Lacroix-Riz en apporte la démonstration dans cet ouvrage consacré à la politique extérieure du Vatican durant la période cruciale de l’histoire de l’Europe contemporaine qui va des prémices du premier aux lendemains du second conflit mondial. Sa thèse est que, par delà les vicissitudes d’une histoire bouleversée et les revers qu’elle y aura connus, cette politique s’est caractérisée par une remarquable continuité dans la poursuite de ses objectifs, sa Realpolitik amenant le Vatican à nouer une alliance solide et durable avec l’État allemand, quels qu’en aient été les dirigeants et leurs idéologies. Ce n’est pourtant pas ce dernier qui a sa préférence au départ. Au début du XXe siècle, l’allié privilégié du Vatican reste le vieil État habsbourgeois, la double monarchie austro-hongroise, profondément catholique, qui a été en son temps le fer de lance de la Contre-Réforme en Europe centrale. Mais ses deux bêtes noires sont d’une part la Russie tsariste, épicentre de l’orthodoxie honnie, d’autre part la France qui, autour de 1860, a pris une part décisive à l’unification italienne, qui va réduire le Vatican à l’État territorialement croupion qu’on connaît aujourd’hui et qui, après l’adoption des lois de séparation des Églises et de l’État de 1905, n’est pas loin d’incarner l’Antéchrist pour la Curie romaine. Aussi lui faut-il bien consentir à l’alliance des Habsbourg avec les Hohenzollern, fussent-ils luthériens. Et dès août 1914, ce sont bien les Empires centraux que le Vatican soutient, en se faisant notamment le défenseur de leurs revendications territoriales. Le cours de la guerre allait cependant rapidement le convaincre que, des deux États de langue allemande, c’était bien l’Allemagne la plus solide, même dans la défaite. C’est donc à cette dernière que le Vatican va dès lors lier le destin de sa politique extérieure. Pour faire face à une France que sa victoire semble avoir encore renforcée et une Russie désormais livrée à l’athéisme bolchevique, le Vatican va tout faire de ce qui est en son pouvoir pour alléger le poids des sanctions (notamment territoriales et financières) ordonnées par le traité de Versailles contre l’Allemagne, tout en préparant déjà le terrain de la revanche, par la dénonciation du dit traité et son appui à l’autonomisme et à l’irrédentisme dans les territoires catholiques arrachés aux Habsbourg et aux Hohenzollern, le Vatican allant jusqu’au comploter contre la Pologne, pourtant catholique et antibolchevique, parce que sa renaissance s’est faite notamment par réunion de tels territoires. Dans cette nouvelle configuration, le Vatican va chercher un appui sinon un allié dans les États-Unis d’Amérique, dont l’intervention dans la guerre a commencé à faire un acteur de la scène politique européenne. Au centre de toutes ces manœuvres se trouve Eugenio Pacelli, nommé nonce apostolique (représentant du Vatican) à Munich en mai 1917, fonction étendue à toute l’Allemagne après la défaite, l’artisan du concordat avec l’Allemagne (1924). Il deviendra secrétaire d’État du Vatican (une fonction qui cumule celle de Premier ministre et de ministre des Affaires Étrangères), avant d’être élu pape en mars 1939 : ce sera Pie XII. Lorsque Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933, en dépit des tendances anticatholiques et plus largement antichrétiennes du nouveau régime, le Vatican trouvera en lui son champion. Il appuiera tous ses projets d’expansion territoriale, d’abord « pacifiques » (à commencer par l’Anchluss, l’absorption en 1938 d’une Autriche déjà largement nazifiée par l’, ardemment désirée par la Curie romaine, qui neutralisera l’opposition de l’Italie mussolinienne en l’occurrence) puis guerrières, à l’Ouest (au détriment des Pays-Bas, la Belgique et la France), au Nord (Danemark et Norvège) et à l’Est (Pologne puis Russie). Avec le déclenchement de l’opération Barbarossa (nom de code de l’invasion de la Russie – juin 1941), autrement dit de la guerre d’extermination du « judéo-bolchevisme » dans l’Est européen, que le Vatican présentera quelquefois quasiment comme une guerre sainte, d’autant plus qu’il espère pouvoir ainsi faire entrer dans son giron l’Église ukrainienne uniate, il n’aura plus pour le régime nazi que les yeux de Chimène. Des yeux qui se fermeront volontiers pour ne pas voir les pires crimes et génocides de masse dont le régime nazi va se rendre coupable, à commencer par ceux des juifs et des Roms, fussent-ils accomplis aux portes mêmes du Vatican, comme lors de la déportation des juifs de Rome à l’automne 1943. Mais il en ira de même à propos des massacres perpétrés par l’Etat fantoche oustachi (croate) à l’égard des Serbes, des juifs et des Roms, ne leur laissant le choix qu’entre la conversion (au catholicisme) et la mort. Les fameux « silences  » de Pie XII, en contradiction apparente avec l’Évangile, ne sont que trop cohérents au regard des positions occupées par le Vatican dans les rapports de forces politiques au sein de l’Europe en guerre. Quand, après la chute de Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), se lève le spectre de la défaite allemande à l’est, le Vatican va mettre en place ses fameuses ratlines, littéralement filières à rat, destinées à permettre au plus grand nombre parmi les hauts dignitaires et autres exécutants de basses œuvres nazis ou alliés de ces derniers de se réfugier en des lieux sûrs, en Europe même (dans des couvents) ou en dehors de l’Europe (notamment en Amérique latine). Une opération supervisée par Giovanni Montini, le futur pape Paul VI (1963-1978)… Et, une nouvelle fois, le Vatican tentera de trouver un allié dans les États-Unis de manière à s’assurer que l’occupation de l’Allemagne par les vainqueurs, devenue inévitable, soit la moins préjudiciable possible. Une tentative qui sera d’un certain succès, Washington montrant un intérêt particulier à enrôler à son service des nazis ayant brillé dans la répression des mouvements de résistance et dans la lutte contre l’Union Soviétique, dans la perspective de ce qu’on pressent devoir devenir la future confrontation entre les anciens alliés. Le trajet d’un dénommé Klaus Barbie est, de ce point de vue, édifiant mais nullement exceptionnel : avant de finir conseiller des dictateurs boliviens dans les années 1960-1970, l’ancien « boucher de Lyon  », bourreau de Jean Moulin, recyclé par les soins des réseaux catholiques, était devenu une barbouze états-unienne en Allemagne. Restait au Vatican, sous l’égide des États-Unis et plus largement des États occidentaux, à accomplir un dernier miracle : celui de faire renaître l’Allemagne occidentale de ses ruines en tant qu’État à part entière, en le lavant de tous les crimes de son prédécesseur nazi. Il y contribuera en remettant en selle le vieux parti de la droite catholique allemande, ce Zentrum qu’il avait lui-même sabordé après l’installation de Hitler à la Chancellerie en 1933, et auquel il redonnera vie sous les couleurs de la Christlish Demokratische Union (CDU) et de la Christlich Soziale Union (CSU) bavaroise qui domineront la scène politique allemande jusqu’au début des années 1970. Deuxième version d’un ouvrage initialement paru en 1997, ici enrichi de l’exploitation de nombreuses nouvelles archives (à l’exception de celles du Vatican, toujours fermées et sans doute en partie volontairement détruites), très solidement documentée et argumentée, cette livraison d’Annie Lacroix-Riz fourmille de nombreux développements secondaires et de détails significatifs plus nombreux encore dont il est impossible de faire mention ici. Qu’il me soit permis pour conclure en signalant qu’elle débouche sur deux questions qui se situent cependant au-delà de son champ d’étude mais dont la solution contribuerait à parfaire son approche critique de l’institution ecclésiale. La première concerne les modalités de l’action diplomatique du Vatican et conduit à s’interroger sur les modalités d’action et les modes de fonctionnement du clergé, tant séculier que régulier, qui forme les bras de la pieuvre vaticane. La seconde a trait aux intérêts matériels et notamment financiers du Vatican, dont on devine à plusieurs reprises qu’ils pèsent lourdement dans les choix de la Curie romaine ou des différentes Églises nationales. À quand un ouvrage de synthèse sur « l’or du Vatican » ?

 

Bihr Alain, « Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945 », dans revue  Interrogations ?, N°12 – Quoi de neuf dans le salariat ?, juin 2011 [en ligne], http://www.revue-interrogations.org/Annie-Lacroix-Riz-Le-Vatican-l (Consulté le 5 décembre 2017).

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/collaboration-histoire-dune-censure-vaticane-mediatique-a-repetition-de-rmc-a-rtbf/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

mardi 12 décembre 2017

Prenez garde à la colère des affamés qui ont faim de dignité.

Déclaration Trump versus Balfour.

 

HIST BALFOUR TRUMP NETANYAOU

 

Donald Trump rejoue sous la forme d’une bouffonnerie le premier acte de la tragédie palestinienne signée par Balfour en novembre 1917, il y a maintenant 100 ans. Par une déclaration solennelle, le secrétaire au Foreign Office promettait au banquier britannique Rothschild une terre sur laquelle il n’avait aucun titre puisqu’à ce moment, le Royaume Uni n’était pas encore mandataire sans l’accord de ses réels ayant droit.

Une fois l’Empire Ottoman démembré, les Britanniques se sont attribués la Palestine qu’ils ont administrée et occupée militairement jusqu’en 1948. Tous les Hauts Commissaires pour la Palestine désignés par Londres furent choisis parmi les membres les plus zélés du Congrès sioniste d’Angleterre. Le premier d’entre eux, Herbert Samuel (1920-1925) mit en place sans perdre de temps les bases des infrastructures éducatives, militaires et sanitaires du futur Etat juif.

Balfour agissait dans un contexte de la deuxième partie de la première guerre mondiale, très meurtrière et très coûteuse, l’opinion était lasse de la boucherie. Par cette signature, il satisfaisait à plusieurs exigences de l’heure.

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Tenter de soustraire une part des intellectuels juifs à l’activisme internationaliste communiste en les recrutant pour un nationalisme lié à une terre ‘promise’. Cette opération eut un faible succès car le sionisme n’était pas une idéologie prisée ni répandue à l’époque du triomphe de la révolution bolchevique. L’argent des Rothschild aidait surtout à installer des familles pauvres de l’Europe de l’Est, victimes d’un antisémitisme latent toujours prêt à être réactivé.

Consolider la prise en main du territoire de l’Irak en le prolongeant par un accès vers la Méditerranée. Le pétrole de Mossoul pouvait alors être acheminé vers le port de Haïfa ou vers le golfe arabique. Mais surtout, en contrôlant la Palestine, la Transjordanie et l’Irak, la route vers l’Inde par voie terrestre est coupée pour l’URSS.

De façon accessoire, il fallait récompenser la contribution du chimiste sioniste Weizman (production industrielle de l’acétone) à l’amélioration des munitions pour l’armée britannique.

Le tout adossé à un certain courant protestant millénariste en Angleterre sensible à la cause sioniste car le rassemblement des Juifs accélérerait la venue du Christ-Messie sur terre.

Il y a cent ans, l’Empire britannique était à l’apogée de sa puissance.

Le déclin certes était en train de poindre et les Usa étaient en train de prendre le relais.

Mais en attendant, la dislocation de l’Empire ottoman a augmenté son aire en lui affectant un contrôle économique et militaire sur la Palestine, la Transjordanie, l’Irak et l’Egypte, occupée militairement depuis 1882 mais sous protectorat effectif depuis 1914 seulement. L’Irak ne sera pacifié qu’au terme de trois années de résistance acharnée et le parti Wafd en Egypte a obtenu dès 1919 la direction politique du pays.

Un système politique et symbolique à l’agonie.

En 2017, les Usa ont vu leur intervention militaire au Moyen Orient contrariée en Syrie puisque la guerre qu’ils y ont menée contre un Etat appartenant à l’axe du mal a résisté à sa disparition en dépit des moyens mis à la disposition de leurs mercenaires engagés sous la bannière du terrorisme islamiste. Elle fut spectaculairement contrariée aussi en Irak car la sécession du Kurdistan n’a pu avoir lieu. L’assistance qu’ils monnayent à l'Arabie Saoudite contre le Yémen en proie à un printemps sanglant interminable s ‘avère inefficace(1) la protection par les antimissiles Patriot laisse passer des missiles longue portée, près de 1400 Km, adaptés par les Yéménites qui parviennent à perturber l’aéroport international de Ryad. (1) L’une des dernières mises en œuvre d’une révolution colorée en Ukraine échoue lamentablement. Le PIB du pays s’est effondré de moitié depuis l’organisation de la tuerie place du Maïdan, accomplie par quatre Géorgiens et coordonnée par leur agent Saakachvili. Le pays s’est littéralement vidé de ses forces vives qui ont fui la baisse de salaire de l’équivalent e 400 euros à près de 190 euros.

Le Président Trump est toujours menacé de destitution plus d’un an après sa victoire électorale pour diverses raisons alléguées par ses adversaires, santé mentale défaillante, corruption, haute trahison et compromission avec l’ennemi russe. Cette situation qui traîne en longueur est inédite dans l’histoire de la première puissance qui a pour habitude de régler le sort des indésirables à cette fonction par un assassinat ou une démission annoncée dignement. Ses rodomontades, réplique par un feu nucléaire, proférées à l’égard de la Corée du Nord sont vite contredites par le Secrétaire préposé à la Défense. L’annonce, énoncée unilatéralement , que Jérusalem connue et désignée par un milliard de musulmans sous le simple nom de La (ville) Sainte, Al Qods, serait la capitale de l’entité sioniste a été accueillie avec réserve par Tillerson, l’homme d’Exxon propulsé au Secrétariat d’Etat. A l’évidence, le pouvoir est éclaté à Washington et ses centres, nombreux, non seulement ne coordonnent pas leurs positions publiques mais exposent leur antagonisme à la face du monde. Les derniers mouvements respiratoires d’un organisme en voie de trépasser sont anarchiques et inefficaces, cette dernière billevesée signe que l’agonie est bien en cours. Il est probable même qu’elle a été accomplie sans l’aval de la direction actuelle de l’entité sioniste. Elle a suscité une condamnation unanime de tous les dirigeants de la planète avec toute une palette de nuances selon leur degré de soumission, depuis le ‘regrettable’ jusqu’à l’indignation authentique. Elle offense surtout trois cents millions d’Arabes, sans distinction de leur religion, un milliard de musulmans et tous ceux qui espèrent un règlement à cette colonisation atroce par la voie de la négociation. Elle les unit aussi. Le jeu pervers de l'Arabie Saoudite est non seulement mis à jour mais est devenu intolérable à tous ceux qui subissent depuis des décennies l’islamophobie comme stratégie néoconservatrice manipulée par les officines qui pilotent ou au moins facilitent le ‘terrorisme islamiste’.

Ce vendredi 8 décembre, dans chaque mosquée, le sermon a été consacré à la (ville) Sainte, dans tous les pays du monde sauf dans l'Arabie Saoudite qui en a interdit l’évocation.

 

La situation est désormais clarifiée.

Plus aucune partie ne pourra encore se réclamer d’un quelconque processus de paix, ce qui ne pourra que faciliter l’unité du rang des Palestiniens. L’Autorité Palestinienne, née des accords d’Oslo, doit renoncer à sa politique de collaboration sécuritaire avec l’occupant et cesser de livrer les militants à la police et l’armée sioniste. Elle doit refuser de cautionner le grignotage incessant des zones théoriquement prévues comme bantoustans émiettés où seront encagés les Palestiniens. Elle devra revenir à la charte de l’OLP, incontournable, qui revendiquait un seul Etat, laïc, pour tous ses citoyens.

Cette dernière blessure ouverte dans le cœur et l’esprit du milliard de musulmans va se traduire par leur rejet de l’américanisme sous toutes ses formes. Un boycott des produits étasuniens en sera l’effet immédiat le plus perceptible. Coca Cola, Mac Do, Apple, Google, Facebook pourront en remercier Trump. La planète aussi, elle sera plus vite délivrée de l’abaissement symbolique et éthique imposé par l’hégémonie étasunienne.

 

Badia Benjelloun

9 décembre 2017

 

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mardi 28 novembre 2017

28 novembre 1947 : disparition du général Leclerc

l y a 70 ans disparaissait au-dessus du Sahara le général Leclerc (maréchal à titre posthume).

HIST LECLERC



C'était l'officier le plus représentatif de la France libre en lutte contre l'Allemagne nazie. De l'oasis de Koufra, en Libye, à Paris, Strasbourg et Berchtesgaden (Bavière), il avait relevé l'honneur terni des armes françaises...

Leclerc de Hauteclocque (1902 - 1947)

Un héros français

 

Leclerc en uniforme de général d'arméeLeclerc est l'officier le plus représentatif de la France Libre en lutte contre l'Allemagne nazie. Il entre dans l'Histoire de France le 2 mars 1941

Ce jour-là, dans l'oasis de Koufra, en Libye, tandis que l'Allemagne triomphe sur tous les fronts, le colonel Leclerc fait avec ses hommes le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Strasbourg.

D'un tempérament fonceur, débordant d'initiative et d'audace, au grand dam de ses supérieurs, il va tenir sa promesse et conduire ses hommes jusqu'à Paris, Strasbourg et même Berchtesgaden, le nid d'aigle du Führer.

Quoique souvent en désaccord avec de Gaulle, il ne se départira jamais de sa fidélité au chef de la France Libre.

Le « serment de Koufra »

L'auteur du « serment de Koufra » s'appelait avant la guerre Philippe de Hauteclocque, comte de son état.

Né le 22 novembre 1902 dans le château familial de Belloy-Saint-Léonard, issu d'une vieille famille de la noblesse picarde, officier monarchiste et catholique, il est capitaine quand débute la Seconde Guerre mondiale. Il est blessé pendant la campagne de France et fait prisonnier mais arrive à s'évader.

Le 22 juillet 1940, il quitte sa femme et leurs six enfants pour rejoindre Londres et participer aux côtés du général de Gaulle à la libération de la France. Il prend alors le pseudonyme de Leclerc, fréquent dans sa région. De Gaulle l'envoie en Afrique avec le grade de commandant avec mission de rallier le Cameroun et l'Afrique équatoriale à la France libre.

Une ascension fulgurante

Pour se hisser au-dessus du lieutenant-colonel en poste au Cameroun, Leclerc s'attribue comme par enchantement le grade de colonel. Le général de Gaulle acceptera peu après de le confirmer dans ce grade en le dispensant de passer par le grade de lieutenant-colonel.

Nommé commissaire général de la France libre au Tchad, Leclerc enlève aux Italiens l'oasis de Koufra, le 2 mars 1941. C'est le début d'une longue marche glorieuse jusqu'à Strasbourg, via Paris.

Marche triomphale

Le colonel débarque en Normandie en juillet 1944 à la tête de la 2e division blindée, partie intégrante de la 3e armée américaine du général Patton. Il lui revient l'honneur de libérer Paris.

Le général et ses troupes auront encore l'honneur de libérer Strasbourg le 25 novembre 1944 puis de s'emparer du nid d'aigle de Hitler à Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises.

Leclerc représente la France lors de la reddition du Japon, le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé USS Missouri.

Après la libération de la France, le général de Gaulle envoie Leclerc en Indochine pour restaurer la souveraineté française sur l'ancienne colonie. Mais Leclerc comprend l'inanité de ce projet et s'éloigne dès lors de De Gaulle.

Mort dans un accident d'avion au-dessus du Sahara le 28 novembre 1947, le général est inhumé dans la crypte des Invalides puis hissé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume cinq ans plus tard, le 11 janvier 1952, en même temps que Jean de Lattre de Tassigny (il aurait alors eu 49 ans).

https://www.herodote.net/Leclerc_de_Hauteclocque_1902_1947_-synthese-246.php

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jeudi 16 novembre 2017

Les rêves contrariés du Kurdistan, par Lawrence Davidson

Il y a presque un siècle, les puissances européennes promettaient aux Kurdes un état, mais sont vite revenues sur leur promesse, laissant les nationalistes Kurdes enrager pour des générations, et conduisant l’Irak à la capture militaire récente de Kirkuk, comme le rapporte Lawrence Davidson.

C’était en 1916, au milieu de la Première Guerre mondiale que l’Angleterre et la France ( opposés à l’Allemagne, à l’Autriche et aux Turcs Ottomans) ont signé leur infâme accord Sykes-Picot. Dans le grand style impérial, ils ont utilisé cet accord pour se partager le Moyen-Orient.

HIST MOYEN ORIENT KURDISTAN

C’était une décision osée, considérant que la guerre se trouvait dans une impasse et que les deux alliés ne savaient pas s’ils gagneraient le combat. Néanmoins, ils s’engagèrent dans cet accord et ce faisant, ils ont pris un nombre de décisions qui continuent encore à configurer la région aujourd’hui.

En plus d’apporter l’impérialisme traditionnel européen plus tard dans le vingtième siècle, ce qui rend tristement célèbre les accords Sykes-Picot est le fait qu’il brise une promesse faite précédemment aux Arabes. En 1916, les Arabes ont gagné des batailles contre les Turcs. En reconnaissance, les Anglais leur ont promis de soutenir la création d’un grand état arabe.

Mais cette promesse s’est toujours heurtée aux ambitions impérialistes de l’Angleterre et de la France, et donc, pour finir, ils ont conspiré secrètement pour trahir leurs alliés non-occidentaux. Parmi les conséquences finales de cette trahison, l’État Arabe s’est limité à ce qu’il est aujourd’hui, l’Arabie saoudite. La Palestine, (qui était originellement une partie de l’état arabe) deviendra « la patrie des Juifs » ; la Syrie revint aux Français, et la plus grande partie de la région a été donnée aux Britanniques.

Les accords Sykes-Picot ont permis un changement ultérieur. Ils ont rendu possible un Etat pour les Kurdes — un peuple constitué des quatre plus grandes ethnies du Moyen-Orient. Cet état connu sous le nom de Kurdistan, aurait du être taillé dans les territoires de l’Empire Ottoman finalement vaincu. Cette intention fut confirmée publiquement dans le Traité de Sèvres en 1920.

Les leaders Kurdes, qui entre temps ont réalisé que les puissances occidentales trahissaient les Arabes, n’auraient donc pas dû être surpris quand, malgré le traité, les Britanniques et les Français les ont aussi trahis. Le traité de Lucerne en 1923 a amendé le traité de Sèvres et, bien sûr, l’état du Kurdistan a été oublié. Les terres qui auraient dû composer la nation kurde, sont, au lieu de cela, devenues parties de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak. Par conséquent, les Kurdes restèrent sans État. Cependant, ils n’ont jamais abandonné l’idée d’avoir une nation, comme but.

Maintenant, nous pouvons avancer jusqu’au 19 mars 2003, date à laquelle le Président George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak. Bush avait un étalage de pauvres excuses pour le faire : les armes nucléaires de Saddam Hussein inexistantes, et autres armes de destruction massive, le soit-disant complot de Saddam visant à assassiner le père de Bush, le rêve (en fait le cauchemar) de « changement de régime » nécessaire comme moyen de rendre le Moyen-Orient plus sûr pour les États-Unis et Israël, ou peut-être juste l’offensive belliciste des néoconservateurs. Quelque soit la profondeur de l’ignorance du Président et où cela l’a amené, l’invasion a libéré des forces que Bush et ses successeurs à la Maison-Blanche ont été incapables de contrôler. Parmi lesquelles sont les conséquences qui ont suivi l’écroulement de l’Irak.

Le problème Kurde refait surface

Comme la destruction de l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, la destruction de l’Irak qui a résulté de l’invasion américaine de 2003 a ouvert une boîte de Pandore de changements territoriaux potentiels. La création possible de l’Etat du Kurdistan n’était pas la moindre de ces choses.

Une carte montrant comment le « territoire » kurde déborde dans plusieurs nations du Moyen-Orient.

Comme les Arabes durant la Première Guerre mondiale, les Kurdes devinrent un allié combatif de l’Occident à la suite de l’invasion de l’Irak et de la guerre civile syrienne qui s’ensuivit. Le chaos de la région a permis l’émergence de « l’État islamique d’Irak et du Levant » (alias EI, ISIL et Daesh). L’EI s’est avéré être une manifestation sinistre et brutale du fanatisme religieux devenu incontrôlable. Sa montée menaçait à peu près tous les États de la région, ainsi que les citoyens de l’Union européenne et des États-Unis.

Si la stabilité devait finalement prévaloir, l’EI devait être vaincu avec les Kurdes jouant et continuant de jouer un rôle notable dans ce combat. Il y a peu de doute que l’un de leurs objectifs soit de créer des conditions favorables pour un État kurde.

Pour toutes ces puissances régionales (Turquie, Iran, Syrie, Irak) qui cherchent à rétablir le statu quo précédent, la perspective d’un état Kurde indépendant est un anathème. Chaque État a des minorités kurdes et craint qu’un Kurdistan indépendant, même si celui-ci est découpé dans le territoire d’un autre État, conduise à exacerber les insurrections kurdes dans leur propre pays. La possibilité qu’un tel État puisse à la place provoquer une diminution de l’animosité des Kurdes par l’immigration volontaire ne semble pas être évidente aux dirigeants de l’Iran, de la Turquie et de la Syrie.

Comme Jonathan Cook l’a récemment clarifié, la question de l’indépendance kurde a été compliquée par l’influence d’Israël sur le sujet. Les Israéliens sont depuis longtemps attachés à un Kurdistan indépendant, non pas parce que, comme certains de leurs politiciens le prétendent hypocritement, les Kurdes ont un « droit moral » à un État (les Palestiniens aussi). Au contraire, les Israéliens ont une politique non déclarée mais officielle visant à « balkaniser » les États arabes. Ils ont encouragé « la discorde sectaire et ethnique » afin de déstabiliser leurs voisins. En d’autres termes, le soutien israélien aux Kurdes est un effort pour affaiblir principalement l’Irak, et accessoirement, la Syrie et l’Iran (la Turquie n’étant qu’un « dommage collatéral » dans ce processus).

La meilleure option

On peut difficilement reprocher aux Kurdes d’accepter de l’aide là où ils peuvent en obtenir – en l’occurrence d’Israël – dans une lutte pour l’indépendance qui dure depuis des siècles. Néanmoins, on peut également comprendre que l’ingérence israélienne effraie sérieusement les autres États touchés.

Le président George W. Bush en combinaison de vol après avoir atterri sur l’USS Abraham Lincoln pour donner son discours « mission accomplie » sur la guerre en Irak le 1er mai 2003

Laissant de côté la question israélienne pour un moment, la question qui devrait guider la politique est la suivante : l’Irak peut-il être rétabli en tant qu’État viable? Posant la question de manière plus informelle, en 2003, un président américain plutôt stupide – travaillant sous l’influence de sionistes, de néo-conservateurs idiots et des nationalistes irakiens apportant de faux témoignages – a fait tomber le crâne d’œuf irakien de son mur précaire. Est-ce que l’Irak peut être restauré à nouveau ? La réponse est, eh bien, peut-être – mais il semble y avoir seulement deux façons de le faire. L’une est une guerre quasi-génocidaire menée par les puissances régionales contre les Kurdes. Alternativement, l’Irak pourrait être ressuscité si les Kurdes sont disposés à se contenter d’une demi-mesure sous la forme d’une partie autonome d’un état confédéré.

En ce moment, le futur est incertain. On a l’impression que les Turcs et les Irakiens (dont les forces ont attaqué la ville kurde de Kirkouk le 16 octobre) sont tout disposés à tenter de résoudre le problème par une guerre prolongée. Ce serait une grosse erreur. Cela conduirait à un Irak qui pourrait être techniquement réuni mais en vérité serait encore plus faible qu’il ne l’est actuellement, et pas vraiment indépendant du tout.

Sa région nord serait probablement sous le contrôle de facto de la Turquie et de l’Iran, et le reste du pays continuerait d’être dans un gâchis décentralisé expérimentant une guerre civile sectaire sans fin. D’un autre côté, un règlement pacifique de la question kurde pourrait conduire à la stabilisation du reste de l’Irak en tant qu’État confédéré. En outre, dans le cadre d’un Irak confédéré, l’autonomie du Kurdistan peut empêcher une politique étrangère indépendante, minimisant ainsi l’influence israélienne.

En dépit du vote récent des Kurdes pour l’indépendance, leurs chefs doivent savoir que cela ne peut être réalisé que s’ils peuvent gagner une guerre prolongée contre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Israël n’est pas en position géographique pour les aider efficacement. Donc les Kurdes ne peuvent probablement pas supporter un tel combat. Cela les laisse avec seulement un choix rationnel.

Les Kurdes sont maintenant plus proches d’un statut d’indépendance qu’ils ne l’ont jamais été depuis les jours ratés de la Première Guerre mondiale. Leur meilleure stratégie est de tirer le meilleur parti (sinon le plus grand) de ce statut au sein d’un Irak confédéré et de mettre fin à leur interaction avec Israël. Cela doit être mieux qu’une guerre quasi-génocidaire dont ils seraient les victimes. Cependant – et c’est la question habituelle dans de telles situations – les émotions de tous les côtés vont-elles permettre à la raison de s’imposer ?

Lawrence Davidson est professeur d’histoire à l’Université West Chester en Pennsylvanie.

Source : Lawrence Davidson, Consortium News, 17-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

jeudi 9 novembre 2017

Qui sont les Young Leaders de la French American Foundation ? Macron, Hollande, Juppé, Phillippe, Pécresse…

La French-American Foundation – France est une organisation qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis ».

HIST FAF

Fondée en 1976, elle se donne pour objectif d’encourager un dialogue actif entre les deux pays. L’une de ses activités principales est l’organisation de séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance, de la presse1 « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines ». Ces séminaires sont un des instruments du Soft power américain2.

La Fondation est présidée par Arnaud de Puyfontaine (né en avril 1964) qui est un dirigeant du groupe media international, diplômé d’ESCP Europe, de la Harvard Business School et de l’Institut Multimédias. Il est président du directoire de Vivendi depuis le 24 juin 20141.

Histoire

En 1975, plusieurs personnalités politiques, universitaires et économiques décidèrent de créer un environnement d’échanges et de débats afin d’approfondir la relation entre la France et les États-Unis, et ce notamment dans une situation marquée par une certaine animosité dans les relations franco-américaines (avec le choc pétrolier, la trop grande importance du dollar et des désaccords géopolitiques3). La naissance de la French-American Foundation fut officialisée en 1976 à Washington par les présidents Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance américaine.

Le premier programme d’envergure, le programme « Young Leaders », vit le jour cinq ans plus tard, en 1981.

D’autres programmes suivirent ensuite, avec la création des « Jeunes Espoirs », le « Forum Cyber Security and the Law », l’adaptation en France du « Translation Prize », et, dès 2011, la création d’un rendez-vous mensuel, le French-American Breakfast qui réunit une centaine de personnes autour d’un invité d’honneur venant partager sa vision des relations entre la France et les États-Unis.

macron-french-american-foundation

Programme « Young Leaders »

Plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche ont bénéficié du programme Young leaders depuis sa mise en place en 1981.

Processus de sélection

Tous les ans, un jury en France et aux États-Unis sélectionne vingt Français et Américains à partir d’une liste de plusieurs centaines de noms de personnes entre 30 et 40 ans3 vouées à occuper une position de leadership dans leur domaine, et appelées à jouer un rôle important dans la relation entre les deux pays. Les candidats retenus participent ensuite à deux séminaires de cinq jours chacun, répartis sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger des réflexions sur des thèmes d’intérêt commun et de tisser des liens forts et durables.

Personnalités françaises ayant participé au programme « Young Leaders »

Côté français, on trouve parmi ceux-ci (date d’admission entre parenthèses)4 :

Côté américain3 :

Prix Washburne pour l’égalité des chances

En 2013, pour la seconde édition du prix Washburne, la cérémonie de remise du Prix s’est tenue le 14 mai à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles H. Rivkin, et en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, et Young Leader 2012. Une médaille à l’effigie d’Elihu Washburne a été remise aux deux lauréats, Worldwide Flight Services et Coca-Cola Enterprises.

 

Notes et références

  1. Jean-Michel Quatrepoint, « Des missionnaires aux mercenaires » [archive], Le Monde diplomatique, novembre 2016
  2. David Ramasseul, « La fabrique des élites pro-américaines » [archive], sur Siné Mensuel, décembre 2016 (consulté le 18 janvier 2017)
  3. a, b et c Élisabeth Chevalet, « Jean-Luc Allavena, président de la French-American Foundation : De Bill Clinton à Emmanuel Macron, la fondation repère les leaders du futur », Paris Match, semaine du 10 au 16 décembre 2015, pp. 60-61
  4. Source : Annuaire des Young Leaders [archive]

Liens externes

jeudi 2 novembre 2017

2 novembre 1917: La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre mondiale, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ».

HIST BALFOUR 2

Cette lettre ouverte n'a pour les Anglais d'autre intérêt que de rassurer les juifs américains, plus portés à soutenir les Puissances centrales qu'une alliance où figure la Russie au passé lourdement antisémite. Mais elle va légitimer trente ans plus tard la création de l'État d'Israël.

Adressée au baron de Rothschild, la lettre a été en fait rédigée en étroite concertation avec ce dernier, qui préside l'antenne anglaise du mouvement sioniste, promoteur de l'installation des juifs en Palestine.

Les juifs dans la Grande Guerre

Au début de la Grande Guerre, les juifs combattent loyalement dans les armées de leur pays respectif. Toutefois, ceux qui vivent aux États-Unis, pays neutre, ne cachent pas leur sympathie pour les puissances centrales, l'Allemagne et l'Autriche, plus tolérantes que la Russie et même la France à l'égard du judaïsme !

À mesure que l'Europe s'enfonce dans la guerre, chaque camp tente de rallier un maximum de soutiens, au prix parfois de tractations secrètes que la morale réprouve. Il en va ainsi du traité secret de Londres avec l'Italie.

En 1916, les Français et les Anglais concluent les accords secrets Sykes-Picot, du nom de leurs signataires, en vue de se partager les futures dépouilles de l'empire turc, allié des puissances centrales, notamment la Syrie, la Palestine et l'Irak. Dans le même temps, les Britanniques n'ont pas de scrupule à promettre au chérif Hussein qui gouverne La Mecque tous les territoires arabes sous occupation turque.... y compris Palestine et Syrie. Le colonel T.E. Lawrence, animé par son amour de l'Orient arabe, fait son possible pour mettre en oeuvre cette promesse. Il y gagne le surnom de « Lawrence d'Arabie ».

Le summum de l'hypocrisie est atteint avec la déclaration Balfour destinée à rallier les communautés juives en leur promettant de façon vague, non pas un État mais un « foyer national juif » en Palestine.

Six semaines plus tard, le 9 décembre 1917, le général britannique Robert Allenby entre à Jérusalem sans coup férir. Son armée, venue d'Égypte, compte trois bataillons juifs. C'en est donc fini de onze siècles de domination musulmane sur la Ville sainte, arabe puis turque (mis à part l'intermède croisé).

Les malentendus de la paix

Avec la fin de la Grande Guerre, les Alliés ont, comme prévu, le plus grand mal à concilier leurs promesses aux uns et aux autres. La Société des Nations (SDN), à peine née, reconnaît la déclaration Balfour. Elle fait de la création d'un « foyer national juif » en Palestine l'un des principaux objectifs du mandat confié aux Britanniques.

Fayçal, fils du défunt chérif de La Mecque et compagnon d'armes de T.E. Lawrence, ne voit pas d'inconvénient à une cohabitation des Palestiniens avec les colons juifs. Il signe dans ce sens un accord avec le représentant des sionistes, Chaïm Weizmann, le 3 janvier 1919 à Akaba. Mais il exige en parallèle que soit reconnue sa souveraineté sur le monde arabe.

Fayçal, comme tous les nationalistes arabes, rêve de reconstituer un empire arabe dont la capitale serait Damas ou à tout le moins d'une « Grande Syrie ». Il réunirait le Proche-Orient, de la Méditerranée à l'Euphrate. Ce rêve se volatilise lorsque la France chasse Fayçal de Damas et met la main sur la Syrie et le Mont Liban, conformément aux accords Sykes-Picot. Fayçal doit se contenter du trône d'Irak, sous la tutelle britannique.

Dans l'ancienne province ottomane de Palestine germe alors l'idée d'une nation palestinienne.

Les Arabes commencent à s'en prendre aux implantations juives mais ils ne pourront empêcher la fondation de l'État d'Israël le 14 mai 1948. Le conflit entre l'état hébreu et ses voisins arabes ne semble pas près de cesser 80 ans après.

https://www.herodote.net/2_novembre_1917-evenement-19171102.php

 

Commentaires critiques:

JEAN LOUIS (02-11-201015:56:20)

Ce texte affirme des choses inexactes et n’en fait pas ressortir d’autres essentielles.
Il est faux que « cette lettre ouverte n’a ... d’autre intérêt que de rassurer les juifs américains ».
La déclaration fut l’aboutissement d’un long processus autour du sionisme tel qu’initié par Herzl, et longuement développé par Chaïm Weizmann en Angleterre. Les juifs américains ne furent pas partie prenante dans cette politique. Ils furent consultés en fin de parcours et de manière marginale.
Les britanniques disposèrent de territoires qui, stricto sensu, ne leur appartenaient pas. En outre comme le relèvent quelques historiens, rien ne disait en 1916 et en 1917, que les puissances centrales allaient perdre la guerre.
Ajoutons que l’opposition des populations arabes locales fut immédiate. Quand monsieur Churchill, alors secrétaire d’état aux colonies en 1921, fit un voyage au MO, il fut reçu à coup de fusil dès son arrivée au Caire.
Ajoutons aussi que cette création fut jugée sans intérêt par la plus grande partie de la diaspora installée en Angleterre, beaucoup à des postes brillants de la grande bourgeoisie, et britanniques avant tout.
Essayons de faire de l’histoire de 1917, en se positionnant dans la situation de l’époque et non avec des lunettes de 2010, et tout ce que nous savons de 90 ans de conflits.
Simple recherche bibliographique : seul ouvrage en français, La Déclaration Balfour de Jean-Pierre ALEM, editions complexe ; les autres en anglais


 

BASE 14 995X225Même quand on choisit une version pas trop "complotiste" sur cet épisode historique, le débat fait rage, comme on le voit sur n'importe quel site, tant des décennies de guerre et de haine ont installé des crispations définitives de part et d'autre. La récente décision britannique de "célébrer" l'anniversaire de la Déclaration Balfour à Londres, en compagnie de Netanyahou, ne peut qu'ajouter à la polémique, même si plus grand monde ne croit à une "solution de paix" dans cette région. Une telle démonstration d'un colonialisme triomphant en pleine tragédie palestinienne ne peut qu'accentuer les haines, si c'est encore possible, et renforcer le ressentiment arabe face à un Occident arrogant, "sûr de lui et dominateur", comme aurait dit le Général, sur fond de guerre au Moyen- Orient de surcroît, où la Grande Bretagne a joué un rôle important au côté des Etats- Unis. On s'indignera après, officiellement, de la multiplication  d'attentats "terroristes"...

P.G.

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Bilan critique du communisme

Marx concevait le communisme comme l’état futur - et terminal - des sociétés humaines. Toute exploitation de l’homme par l’homme ayant disparu, la répartition des ressources obéirait au principe : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

ARG COMMUNISME

Lointain horizon assigné à l’action révolutionnaire, ce communisme idéal n’existe nulle part. C’est une idée régulatrice, une utopie qui a fourni son étendard à la fraction la plus résolue du mouvement ouvrier depuis la seconde moitié du XIXème siècle.Selon la théorie, le prolétariat était voué à s’emparer du pouvoir « dans les pays capitalistes avancés ». A un certain niveau de développement, les forces productives devaient entrer en contradiction avec les rapports sociaux capitalistes. En s’exacerbant, cette contradiction devait précipiter la révolution prolétarienne. Liquidant les vestiges du vieux monde, cette révolution instaurerait alors le socialisme, auquel succèderait le communisme une fois atteint le stade de « l’abondance ». En réalité, le mouvement communiste a triomphé dans des « pays arriérés » et non dans des « pays avancés ». En 1917, la révolution bolchevique a porté au pouvoir des communistes russes décidés à propager l’incendie révolutionnaire. Lénine avait compris que la guerre impérialiste déchaînée en 1914 provoquerait une révolution en Russie, « maillon faible » de la chaîne des Etats capitalistes. Mais il pensait aussi que cette révolution serait l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres du capitalisme « avancé ».L’échec de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion au début des années 1920, la jeune république des soviets fut condamnée à se battre pour survivre. Assiégée par les forces expéditionnaires de 14 pays, prise d’assaut par les armées blanches décidées à restaurer le tsarisme, elle parvint à les vaincre au prix d’une militarisation du parti et du pouvoir (1918-1922). Le régime bolchevique emprunta largement ses traits à ce « communisme de guerre » qui devait beaucoup moins à l’idéologie qu’aux circonstances. A peine la paix revenue, le communisme russe fut confronté à un défi gigantesque. A sa fondation en 1922, l’URSS était un pays affamé et dévasté par la guerre, et sa  reconstruction au forceps ne pouvait attendre. Pour nourrir la population et développer le pays, il fallait mettre sur pieds une économie viable. Au terme d’une lutte pour le pouvoir qui vit triompher Staline, Moscou fit son deuil de la révolution mondiale et opta pour la construction du « socialisme dans un seul pays ». Sous Lénine le parti était encore un parti révolutionnaire, mais sous Staline il se transforma en un parti bureaucratique et monolithique. Il devint l’organe dirigeant de la société, favorisant la promotion sociale de larges couches issues de la paysannerie tout en soumettant l’ensemble du pays à un régime de terreur qui culmina au milieu des années 1930. Le parti bolchevique n’était pas tendre avec les opposants, mais la férocité de la répression stalinienne n’eut aucun précédent sous Lénine. Multiforme, la brutalité du régime stalinien s’exerça contre une partie de la paysannerie lors de la collectivisation forcée de l’agriculture, puis contre les opposants ou supposés tels au sein du parti, enfin contre les officiers de l’Armée rouge (1936-1938). Ajoutées aux cruautés du « goulag », ces purges sanglantes ont durablement entaché le mot de « communisme ». Brouillant la mémoire historique, la terreur stalinienne a favorisé une confusion entre communisme et stalinisme dont l’idéologie dominante a tiré profit pour disqualifier l’idée communiste elle-même.La situation était d’autant plus paradoxale que le régime stalinien accomplissait au même moment une industrialisation du pays sans laquelle il n’aurait pas encaissé le choc de l’invasion hitlérienne. Les chars T34 fabriqués par l’industrie soviétique repoussèrent Guderian aux portes de Moscou en décembre 1941.

Sous l’autorité de Staline, l’Armée rouge infligea à la Wehrmacht 90% des pertes allemandes de la Seconde guerre mondiale.

Que cela plaise ou non, c’est l’URSS qui élimina le nazisme au prix de 25 millions de morts et qui expédia ses plans de domination raciale dans les poubelles de l’histoire.

Mais un autre front était ouvert par le communisme. Après le coup d’envoi de 1917, l’offensive principale du prolétariat devait se dérouler à l’Ouest. L’agonie de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion, Lénine en modifia l’axe géographique et prophétisa son irruption dans les pays du Sud. A peine créée, l’Internationale communiste appela à la révolte les peuples colonisés. Le bolchevisme donna son élan à la lutte anticoloniale et le « congrès des peuples de l’Orient » (1919) inaugura un processus de libération qui est l’événement majeur du XXème siècle.

Après avoir transformé le plus grand pays de la planète (la Russie), le communisme triompha dans le pays le plus peuplé (la Chine). Mettant fin à un siècle de chaos, de famines et de pillage colonial, Mao Ze Dong unifia le pays et restaura la souveraineté chinoise. Pour sortir du sous-développement, la Chine communiste consentit des efforts colossaux. Au prix de multiples contradictions et de nombreuses erreurs, le maoïsme équipa le pays, le dota d’une industrie lourde et l’éleva au rang de puissance nucléaire.

Ajouté aux « crimes » du stalinisme, le coût humain de la révolution chinoise donna lieu à une lecture anhistorique du communisme, considéré hâtivement par certains analystes comme le fruit amer d’un délire d’intellectuels. Réduisant l’histoire à un théâtre d’ombres idéologiques, cette lecture partisane passe sous silence les contradictions de l’histoire réelle. Refusant toute contextualisation, c’est une interprétation du communisme qui en occulte la réalité historique : la réponse des masses révolutionnaires à la crise paroxystique de sociétés arriérées.

Dans la même veine, le décompte des « victimes du communisme » se prête à une inflation grotesque.

On empile sans nuance les victimes de la guerre civile russe, de la guerre civile chinoise, de la collectivisation forcée, du goulag, du « grand bond en avant » et de la « révolution culturelle », et on leur applique un coefficient multiplicateur.

Nier la réalité des violences commises au nom du « communisme » est absurde, refuser d’en tirer les leçons est idiot, mais ces compilations de chiffres qui l’identifient à une entreprise criminelle ne valent pas mieux : elles interdisent toute compréhension historique.Cette supercherie occulte évidemment la contribution du capitalisme aux horreurs du siècle.

Elle s’affranchit d’une série de faits massifs : les massacres coloniaux, les guerres impérialistes et la paupérisation de populations entières par le capitalisme sont directement responsables de dizaines de millions de morts.

Les massacres perpétrés en 1965 par la dictature militaire indonésienne avec l’aide de la CIA, par exemple, ont fait autant de victimes que la terreur stalinienne (1934-38).

Manifestement, les deux événements ne sont pas traités de la même façon dans nos manuels d’histoire.

Les critères d'appréciation que l'on applique aux crimes commis au nom du communisme deviendraient-ils sans objet lorsqu'on veut les appliquer aux crimes capitalistes ? Des atrocités commises par les démocraties occidentales, pourquoi ne déduit-on pas le caractère criminogène du libéralisme ? La violence du siècle est partagée, mais à tout prendre, le communisme a fait beaucoup moins de victimes que le capitalisme et l’impérialisme, dont on chante pourtant les louanges en Occident.Le communisme a inspiré des luttes de classes qui ont contribué à forger la physionomie des sociétés capitalistes développées.

Si les Français bénéficient de la sécurité sociale, il le doivent à un ministre communiste, Ambroise Croizat, qui fut une figure de la Résistance avant de devenir ministre du général de Gaulle en 1944. Les avancées sociales du monde développé ne sont pas le fruit de la générosité patronale, mais des conquêtes arrachées de haute lutte, et les communistes y ont joué un rôle majeur.

Pour les communistes, le droit de survivre après la naissance est le premier des droits de l’homme. C’est pourquoi à Cuba le taux de mortalité infantile qui était de 79 pour 1000  avant la révolution est tombé aujourd’hui à 4,3 pour 1000. Chaque année, le communisme cubain sauve 74 enfants sur 1000. Ce n’est pas un hasard : malgré les effets désastreux du blocus impérialiste, Cuba a obtenu le Prix de l’OMS pour son système de santé, et son système éducatif est le plus démocratique des pays d’Amérique latine.

Au sein de l’Union indienne, l’Etat fédéré ayant de loin l’indice de développement le plus élevé (IDH) est le Kérala. Cet Etat de 33 millions d’habitants est dirigé par les communistes et leurs alliés depuis les années 1950. Les femmes y jouent un rôle social et politique de premier plan, et le niveau de formation y est très supérieur à la moyenne indienne. A l’évidence, les réussites du communisme dans les rares pays en développement qui ont su résister aux vents dominants sont riches d’enseignement.Le communisme du XXème siècle est souvent qualifié de « totalitaire ». Peut-être pertinent pour désigner le stalinisme durant la grande terreur (1934-38), ce terme n’a aucun sens pour qualifier le régime soviétique de 1917 à 1991. Lors de son effondrement, les prisons étaient vides. Si l’URSS était ce monstre totalitaire décrit en Occident, comment a-t-elle pu s’évanouir sans coup férir ?

La dissolution de l’URSS eut lieu quasiment sans effusion de sang, et c’est l’élite dirigeante elle-même qui a sifflé la fin de la partie.En Chine, le maoïsme a restauré la souveraineté nationale et créé les conditions du développement des forces productives de 1950 à 1975. Les réformes libérales de Deng Xiao Ping engagées en 1978 ont favorisé une injection massive de capital marchand qui a généré des taux de croissance faramineux. Mais la Chine n’est pas subitement devenue capitaliste après avoir été communiste. Elle réalise plutôt une sorte de synthèse dialectique, qui a sorti 700 millions de Chinois de la pauvreté en quelques années.

Au terme d’un siècle d’existence, le « communisme » paraît à des années-lumière de la théorie. Il n’a aboli ni la division interne de la société, ni le poids de la contrainte étatique. Mais il a conjuré les affres du sous-développement, vaincu la malnutrition, éradiqué l’analphabétisme, élevé le niveau d’éducation et libéré la femme du patriarcat.

Il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde : le taux de mortalité infantile y est quatre fois plus faible.

Non, le « communisme » n’était pas l’avènement d’une société sans classes. C’était surtout une voie d’accès au développement pour des pays que leur retard condamnait à l’alternative suivante : le rattrapage ou la dépendance. 

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/thema/vingt-theses-sur-le-communisme_977191095

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mercredi 1 novembre 2017

Un siècle plus tard, la déclaration Balfour divise toujours Israéliens et Palestiniens

La déclaration Balfour, qui fête son centenaire jeudi, est saluée par Israël comme ayant contribué à la fondation du pays mais critiquée par les Palestiniens comme une étape majeure de la catastrophe qui les a privés de leurs terres.

HIST BALFOUR

Le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour indiquait que son gouvernement considérait "favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif".

Cette phrase de 67 mots est alors la manifestation de soutien la plus forte d'une grande puissance aux objectifs du mouvement sioniste: le retour des Juifs sur "la terre de leurs ancêtres".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu commémorera cet anniversaire à Londres, où il participera à un dîner avec son homologue britannique Theresa May.

Mme May a dit qu'elle marquerait cette date avec "fierté", malgré les critiques qui s'élèvent en Grande-Bretagne autour de cet anniversaire en raison des 50 ans d'occupation israélienne de la Cisjordanie.

"Même si l'Etat d'Israël n'aurait pas vu le jour (en 1948) sans l'implantation (juive qui l'a précédé), sans sacrifice et sans une volonté de se battre pour lui, l'impulsion internationale a indéniablement été la déclaration Balfour", a déclaré cette semaine M. Netanyahu.

Les Palestiniens ont prévu une manifestation jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, dans le cadre de leur campagne appelant la Grande-Bretagne à s'excuser pour cette déclaration. Ils ont également étudié les façons de poursuivre Londres en justice à ce sujet.

Pour le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, la Grande-Bretagne devrait s'excuser pour "une injustice historique qu'elle a commise contre notre peuple" et devrait "la corriger au lieu de la célébrer".

- 'Pierre angulaire' -

Certains argumentent aujourd'hui que les événements postérieurs à la déclaration Balfour -comme les politiques contradictoires des Britanniques et les efforts des sionistes- ont diminué son importance.

Mais d'autres considèrent que son influence comme majeure, ce texte ayant jeté les bases non seulement de la création de l'Etat moderne d'Israël mais aussi du conflit israélo-palestinien.

Jonathan Schneer, historien américain et auteur du livre "La déclaration Balfour", estime qu'Israéliens et Palestiniens ont "tous les deux raison".

"Les Israéliens la considèrent comme la pierre angulaire de la naissance d'un Etat juif et les Arabes comme celle de leur dépossession et de leur misère", explique-t-il dans une interview à l'AFP.

Selon l'historien, la déclaration s'est, de façon ironique, nourrie de mythes antisémites.

Les dirigeants britanniques de l'époque estimaient en effet que la communauté juive était capable de les aider à gagner la Première Guerre mondiale en raison de son influence supposée dans les finances et en Russie, a-t-il dit.

"Si quelqu'un doit choisir cinq documents qui ont façonné l'histoire et l'existence d'Israël, la déclaration Balfour doit en faire partie", assure Paula Kabalo, directrice de l'Institut de recherche Ben-Gourion pour l'étude d'Israël et du sionisme.

- 'Encore du travail' -

Les Palestiniens jugent la déclaration, qui mentionne que "rien ne doit être fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes en Palestine", comme colonialiste et même raciste.

Elle a été écrite "comme si les Palestiniens n'existaient pas", s'insurge Nabil Shaath, un des principaux conseillers du président palestinien Mahmoud Abbas. "Nous sommes considérés comme +d'autres+, avec des droits civils et religieux mais pas de droits politiques."

Pour les Palestiniens, la Grande-Bretagne -puissance mandataire de 1920 à 1948- n'a pas réussi à tenir ses engagements.

Lors de la guerre entourant la création d'Israël, 750.000 Palestiniens ont été expulsé ou ont fui leur foyers.

Deux décennies plus tard, lors de la guerre des Six-Jours (1967), Israël a notamment pris la Cisjordanie, qu'il occupe toujours, et Jérusalem-Est, qu'il occupe et a annexée mais que les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur Etat.

Aujourd'hui, la poursuite de la construction de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie amoindrissent les espoirs d'une solution à deux Etats.

Theresa May s'est fait l'écho de ces inquiétudes. "Nous sommes fiers du rôle que nous avons joué dans la création de l'Etat d'Israël", a récemment déclaré la Première ministre britannique, mais "nous devons également être conscients de ce que certains ressentent à l'égard de la déclaration Balfour et nous reconnaissons qu'il y a encore du travail".

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Un-siecle-plus-tard-la-declaration-Balfour-divise-toujours-Israeliens-et-Palestiniens/858380.rom

(©AFP / 31 octobre 2017 09h33)

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mardi 31 octobre 2017

Martin Luther (1483 - 1546)

L'initiateur de la Réforme

ARG LUTHER 1


Le 31 octobre 1517, un moine affiche sur la porte de l'église de Wittenberg (Saxe) 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps.

Sans s'en douter, Martin Luther jette ainsi les bases d'une nouvelle confession chrétienne, le protestantisme.

L'Europe religieuse

 

Aux alentours de 1500, la chrétienté occidentale est en pleine ébullition. Les conditions de vie s'améliorent, surtout dans les villes où les échanges commerciaux et l'artisanat favorisent l'émergence d'une bourgeoisie riche et relativement instruite.

L'invention de l'imprimerie met la lecture à la portée du plus grand nombre et l'on prend goût à lire dans le texte et commenter les écrits évangéliques sur lesquels se fonde l'enseignement de la religion chrétienne. Aussi le geste de Luther a-t-il immédiatement un profond retentissement en Allemagne...

L'enchaînement des passions va entraîner une scission religieuse sans précédent en Europe et la constitution d'Églises rivales de Rome, les Églises dites protestantes ou réformées.

Un moine inquiet

Martin Luther, né 34 ans plus tôt, s'est très tôt interrogé sur les moyens d'accéder à la vie éternelle. Ses réflexions l'ont conduit à dénoncer la hiérarchie catholique de son temps, dédaigneuse du message de l'Évangile.

Le premier des scandales que dénonce Luther dans ses 95 thèses est l'abus qui est fait des indulgences. Il s'agit des aumônes que le clergé récolte contre la promesse d'un allègement des peines qui attendent les pécheurs au Purgatoire, antichambre du Paradis.

Naissance d'une nouvelle religion

Les 95 thèses affichées à Wittenberg ont un profond retentissement en Allemagne. Mais le Saint-Siège et les princes allemands tardent à les condamner.

De son côté, Martin Luther ne tarde pas à entrer résolument en dissidence contre Rome qu'il présente comme la « rouge prostituée de Babylone ».

Il dénie à l'Église le pouvoir d'effacer les peines dans l'au-delà et formule une doctrine de la grâce divine en rupture avec la pratique catholique.

Considérant que les chrétiens n'ont pas besoin d'intermédiation pour aimer Dieu, il condamne la fonction cléricale et la vie monastique. Des pasteurs mariés suffisent pour guider le peuple dans la lecture des Saintes Écritures.

Les idées de Luther se répandent comme une traînée de poudre en Allemagne. Les prêtres se marient, les moines et les religieuses abandonnent leur couvent... Le prédicateur prend les choses en main et organise la nouvelle confession.

Tandis que l'Europe centrale se déchire entre catholiques et protestants, l'homme qui est cause de tout cela finit sa vie paisiblement en 1546 à Eisleben, sa ville natale.

La Fête de la Réformation

Le 31 octobre, anniversaire des 95 thèses de Luther, est commémoré par les protestants sous le nom de Fête de la Réformation.

Quant à la « Confession de foi d'Augsbourg », elle fédère encore 65 millions de fidèles des églises luthériennes, principalement en Allemagne, en Scandinavie et dans les régions américaines d'immigration allemande.

GEOPOLITIQUE

1 ★ Au cœur du Saint Empire romain germanique ★

Au début du XVIe siècle, le Saint Empire romain germanique est une mosaïque complexe qui recouvre tout le centre de l’Europe. Il se compose de territoires souverains très différents par leur taille, leur langue, leur économie et leur nature politique : royaumes (Bavière), duchés (Saxe), principautés (Anhalt), villes libres (Hambourg), petites seigneuries (Mansfeld) ou bien même États ecclésiastiques dirigés par un abbé (Fulda) ou un évêque (Salzbourg). 

Soumis à l’empereur par un lien de suzeraineté, chacun de ces États n’en conduit pas moins sa politique intérieure comme il l’entend

Seules les questions d’intérêt commun, notamment celles qui concernent la sécurité et l’équilibre de ce vaste ensemble, donnent lieu à des décisions qui s’appliquent à l’Empire tout entier. Ces lois impériales sont élaborées sur la base d'avis exprimés par La Diète qui réunit tous les États sur convocation de l’empereur dans un lieu variable. Elle peut aussi se prononcer sur la levée de l’impôt ou les affaires extérieures.

 

L'empereur est choisi par sept princes électeurs : quatre laïcs (les électeurs de Saxe, de Brandebourg, du Palatinat et le roi de Bohême) et trois ecclésiastiques (les archevêques de Trêves, de Cologne et de Mayence). Il est considéré comme le chef temporel de la chrétienté, le successeur des empereurs romains et de Charlemagne, celui qui a prééminence sur tous les autres souverains.

C’est un Habsbourg depuis le début du XVe siècle. Très actif aux côtés de son père dès 1486, Maximilien Ier règne de 1508 à 1519. Il réforme les institutions en créant notamment la chambre impériale de justice pour arbitrer les conflits entre les princes. Son petit-fils Charles Quint prend la suite jusqu’à son abdication en 1556.

2 ★ Une église en quête de renouveau ★

Depuis le XVe siècle, après l’intermède d’Avignon, les papes résident à Rome qui fait l’objet de chantiers gigantesques pour devenir une capitale digne de ce Nom. Ébranlés par le schisme d’Occident (1378-1417) et par la crise conciliaire qui l’a suivi, ils cherchent à affirmer leur autorité afin d’éviter de nouvelles divisions.

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Les Italiens deviennent majoritaires parmi les cardinaux qui proviennent des riches familles de la péninsule. Le gouvernement pontifical se modernise avec une administration plus nombreuse et compétente.

En Allemagne, le christianisme apparaît bien vivant, mais on critique volontiers le poids de la Curie dans les nominations ecclésiastiques ainsi que les exigences financières de la papauté.

Les membres du Saint Empire supportent mal le pouvoir des Latins. Ils considèrent que leur position éminente au sein de la chrétienté les invite à corriger les erreurs de Rome.

Le clergé paroissial fait également l’objet de critiques sévères : ignorance, concubinage, cumul de bénéfices, absentéisme... À l’époque de Luther, la population se montre encore plus exigeante envers ces abus. Certains chrétiens réclament une reformatio, un mot très répandu à l’époque, pour mieux conformer « la tête et les membres » de l’Église aux préceptes de l’évangile.

En 1512, la réunion du concile de Latran suscite de grands espoirs mais Luther surgit au moment où il s’achève. Ces décrets restent lettres mortes.

Les pesanteurs ecclésiastiques n’étouffent cependant pas toutes les initiatives de réforme de l’Église. On note des tentatives, plus ou moins réussies, de retour à l’observance chez les réguliers et d’amélioration du clergé séculier.

Des théologiens comme Nicolas de Cues ou Jean de Ségovie insistent sur le contrôle des mœurs. Des humanistes comme Érasme ou Lefebvre d’Étaples invitent à revenir aux sources des Écritures.

Dans les villes, les laïcs sont touchés par un nouveau courant spirituel, la devotio moderna, venue du monde rhénan, qui favorise une piété plus personnelle et intérieure autour de L’Imitation de Jésus-Christ

La lecture et la méditation de la Bible prennent de l’importance. Ce désir de conversion authentique, parfois teinté de mysticisme, offre un terrain favorable à la Réformation.

3 ★ Des fidèles angoissés par le salut ★

La mort apparaît omniprésente dans l’imaginaire du XVe siècle. Loin d’atténuer son caractère tragique, les représentations donnent à voir des transis, c’est-à-dire des cadavres en décomposition, ou des danses macabres qui entraînent des hommes de toutes conditions dans une farandole sinistre. Un avertissement pour les vivants. La littérature propose le fameux Ars moriendi qui connaît une diffusion extraordinaire en expliquant l’art de bien mourir.

Soucieux de leur salut, les fidèles méditent sur la Passion en contemplant le Christ nu, sanglant, flagellé, couronné d’épines. On commence à vénérer ses plaies et les instruments de son supplice. La pratique du chemin de croix se répand. Il faut dire que l’Europe sort d’une période de guerres, de famines et d’épidémies. La population s’est effondrée de 30 à 50 % depuis la peste noire de 1348. Vers la fin du XVe siècle, l’Allemagne affiche encore un déficit de 20 %.

La croissance démographique favorise le commerce mais elle crée aussi des tensions dans le monde paysan au moindre dérèglement climatique. Les temps sont propices aux angoisses eschatologiques.

Beaucoup disent que le vieux monde approche de sa fin. Certains prêchent la venue de l’Antéchrist et la chute de la papauté. D’autres disent que le renouveau surgira d’Allemagne. Pour rassurer les fidèles, les messes pour les morts et le système des indulgences permettent de réduire les peines du purgatoire.

Ces pratiques explosent, encouragées par l’Église qui y voit un moyen d’encourager la ferveur. Mais elles conduisent aussi à des scrupules excessifs et à des détournements abusifs. Comme ses contemporains, le moine Luther est hanté par cette question : comment obtenir le salut ?

4 ★ Les 95 thèses, l’élément déclencheur ★

Le 31 octobre 1517, Martin Luther publie ses 95 thèses sur les indulgences. Le texte est probablement affiché à Wittenberg, où l’homme enseigne, pour susciter un débat entre théologiens. Surtout, il est envoyé à son supérieur, à son évêque et à l’archevêque de Mayence, dont il dépend, Albert de Brandebourg, électeur du Saint Empire et véritable prince de la Renaissance.

La date n’a rien d’anodin. Pendant la fête de la Toussaint, les fidèles peuvent bénéficier d’une indulgence plénière en se rendant dans la collégiale de Wittenberg qui abrite l’immense collection de reliques de l’électeur de Saxe. Il s’agit d’un moment d’intense activité pour la ville. 

De plus, l’indulgence de Saint-Pierre, promulguée par le pape en 1506 pour financer la reconstruction de la basilique romaine, fait l’objet d’un prêche sans scrupule dans les régions voisines depuis le début de l’année 1517.

La pratique des indulgences repose sur la doctrine du péché et de la miséricorde divine. La confession permet au pécheur d’être pardonné, échappant ainsi à la peine éternelle de l’enfer, mais il a encore besoin d’un temps de purification, soit sur la terre, soit après la mort.

L’indulgence permet de remettre cette peine temporelle à certaines conditions. Elle peut être partielle ou plénière, pour soi ou pour les autres, y compris les défunts. Luther aborde ce sujet complexe en professeur de théologie. Il s’adresse aux autorités pour clarifier les points de doctrine qui lui semblent problématiques et faire cesser les abus de son temps.

À sa grande surprise, les 95 thèses se diffusent rapidement dans tout le territoire germanique grâce à leur traduction en allemand et à la technique récente de l’imprimerie. Le 13 décembre 1517, l’archevêque de Mayence lance une procédure d’empêchement et alerte Rome. Encouragé par son succès, Martin Luther se sent désormais investi d’une mission.

5 ★ La rupture progressive avec Rome ★

Entre 1517 et 1520, tout est encore possible avec Rome. La confrontation glisse néanmoins rapidement des indulgences à la question sensible de l’autorité pontificale. Le pape peut-il se tromper ?

En janvier 1518, le théologien romain Sylvestre Prieras lance une première controverse par écrits interposés. En avril, le chapitre des augustins réuni à Heidelberg n’obtient pas la rétractation de son remuant professeur. Pire, cet événement donne l’occasion d’une dispute universitaire avec les dominicains qui tourne à l’avantage du moine saxon. Pendant ce temps, le procès en hérésie progresse à Rome.

Le légat du pape, Cajetan, rencontre Luther à l’automne en Allemagne. Sans résultat. Le moine est sûr d’avoir raison. Staupitz, son supérieur, délie alors le religieux de ses vœux d’obéissance. Luther commence à mettre en doute l’infaillibilité du pape pour lui préférer celle des Écritures. Il critique de plus en plus l’Église.

Finalement, la relation personnelle à Dieu ne compte-t-elle pas plus que la médiation d’une institution ? À l’été 1519, le théologien Jean Eck l’amène à préciser ces positions lors de la dispute de Leipzig. En novembre 1520, la bulle Exsurge Domine de Léon X demande à Luther de se soumettre dans les soixante jours sous peine d’excommunication.

Le 10 décembre, le moine saxon brûle publiquement le texte du pape. La rupture religieuse est consommée. L’affrontement se déplace sur le terrain politique. Au printemps 1521, Luther est convoqué par l’empereur Charles Quint devant la Diète de Worms. Il refuse obstinément de se rétracter ce qui entraîne sa mise au ban de l’Empire.

6 ★ Une réforme soutenue par les princes ★

Dès le début, Luther a bénéficié de la protection de l’électeur de Saxe. C’est lui qui obtient que la confrontation avec le cardinal Cajetan se passe non pas à Rome mais en Allemagne (1518). C’est lui qui donne au moine saxon la possibilité de se justifier devant la Diète de Worms (1521) puis le met à l’abri du château de la Wartburg lorsque celle-ci le bannit de l’Empire.

Frédéric III le Sage pèse lourd dans l’Europe de son temps. Si le procès religieux a tant traîné, c’est que la papauté voulait le ménager au moment de l’élection d’un nouvel empereur.

À partir de 1525, la Réformation gagne d’autres princes, comme le landgrave de Hesse, qui répondent au Manifeste à la noblesse chrétienne de la nation allemande publié par Luther en 1520. Les laïcs doivent contribuer au renouveau du christianisme.

En 1529, cinq princes et quatorze villes se dressent contre la décision de la Diète de Spire en revendiquant leur liberté religieuse. Voilà les premiers « protestants ». L’adhésion aux idées nouvelles, quelles qu’en soient ses motivations, permet de se libérer de la tutelle romaine mais aussi de gagner en autonomie par rapport aux Habsbourg. 

Les États y gagnent des prérogatives considérables : disparition des taxes imposées par la papauté, sécularisation des biens du clergé, création d’une Église territoriale… Ils remodèlent leur administration, affermissant leur pouvoir au détriment des clercs. Incontestablement, le morcellement de l’Empire favorise la structuration du luthéranisme qui s’implante en Allemagne puis en Scandinavie.

7 ★ L’éclatement de la chrétienté occidentale ★

L’adoption de la Réformation par plusieurs États allemands introduit une disparité religieuse au sein de l’Empire. Elle brise définitivement le modèle de la chrétienté médiévale qui se définissait par le gouvernement conjoint du pape et de l’empereur.

Charles Quint, élu en 1519, se pose en défenseur de la vraie foi face au péril turc et aux dangers de l’hérésie incarnée par Luther. Cette conviction explique ses tentatives de conciliation, nombreuses, comme ses campagnes militaires face aux princes dissidents de la Ligue de Smalkalde fondée en 1531. Finalement, le rapport de force le pousse à renoncer.

En 1552, il se résout à autoriser le culte luthérien par le traité de Passau, première reconnaissance qui conduira à la Paix d’Augsbourg en 1555. C’est un tournant. L’empereur abandonne son rêve d’unité de l’Église.

Le droit germanique invente un système juridique qui permet d’organiser la coexistence religieuse. Il admet deux confessions, le catholicisme et le luthéranisme, entre lesquelles chaque État doit choisir. En cas de conflit, la Diète et la Cour de justice assurent un arbitrage.

Pendant ce temps, sous l’influence de Jean Calvin (1509-1564), la doctrine de l’Église réformée inspire les protestantismes français, britanniques et flamands depuis Genève. Les monarchies modernes entrent dans une période de guerre civile, cherchant des solutions pour sortir de la crise. De ce point de vue, le vieil Empire inaugure une forme de modernité en Europe.

(...)

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