Nous présentons ici des arguments politiques, géopolitiques historiques ou philosophiques; et également des débats entre personnalités politiques, pour leur intérêt, même si leurs opinions sont différentes des nôtres. L'objectif est d'apporter des éléments de réflexion, d'approfondir certains thèmes et de susciter un débat de qualité.

samedi 23 juin 2018

Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien (vidéo)

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Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=lRsF-UOR-T0

"J'affirme que la ministre de la Santé, elle et ses experts, ont menti à la représentation nationale (...) parce que c'est faux: les vaccins ne sont pas sûrs (...)"

TRIBUNE LIBRE / Serge Rader

TL PHARMACIEN VACCINS

Le pharmacien Serge Rader est un connaisseur des médicaments, de leurs effets secondaires et de leur prix au niveau européen. Il est l’auteur d’un livre « Vaccins oui ou non » sur la contamination des vaccins aux nano particules. Il avait déjà participé à un autre livre avec la députée européenne Michèle Rivasi : « Le racket des laboratoires et comment en sortir ». Ce lanceur d’alerte est indigné par le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les nourrissons en France depuis le début de l’année 2018. Il dénonce ici le manque de sécurité des vaccins et la désinformation des autorités.

Les vaccins ne sont pas sûrs selon lui. 3,5 milliards de dollars, c’est la somme des amendes infligées aux labos par la justice américaine pour dédommager les victimes. Le vaccin contre le papillomavirus, le HPV a fait 389 décès répertoriés au Vaers, le registre de la pharmacovigilance aux USA. Le rapport italien de 2015 montre que les vaccins représentent la deuxième cause d’effets secondaires des médicaments après les médicaments anti-cancéreux.

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Extraits:

3.28 – Les cas d’autisme régressif consécutifs à des vaccins ne sont pas déclarés aux autorités.

3.38 – On m’a signalé deux décès d’enfants cette année dont un bébé mort dans la nuit suivant sa vaccination à deux mois.

4.59 – Les maladies, les cas d’autisme, l’asthme explosent les cancers aussi. « L’état de santé général des enfants aujourd’hui n’est pas bon. Beaucoup d’études montrent que les choses ne tournent pas rond ».

6.12 – Pourquoi les vaccins ne sont pas sûrs ? « On injecte des soupes de purulence additionnées de produits chimiques (Conservateurs, adjuvants, excipients, allergènes et des contaminants.) » « Tous les vaccins humains sont contaminés avec des nano-particules toxiques. »

7.18 – Exemple de la commission des affaires sociales au Parlement avant le vote de la loi d’obligation qui privilégie les intérêts de l’industrie sur ceux de la santé.

7.46 – Pour l’autisme, on est passé d’un cas sur 10 000 à Un cas sur 100

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8.16 – La commission parlementaire italienne a rendu ses conclusions après 18 ans d’enquête. Sa conclusion : C’est que la cause des cancers des militaires italiens n’est pas à chercher du côté de l’uranium appauvri mais plutôt du côté des polyvaccinations. Elle recommande plusieurs mesures : revoir les formules vaccinales, limiter les antigènes vaccinaux à 5 par séance d’injection alors que les nourrissons français en reçoivent 22 par séance. Les séances doivent être espacées raisonnablement. Des examens prévaccinaux doivent être faits. Pas d’études sur la tolérance des adjuvants doivent être menées. »

« Plus de 80 composants dans les vaccins », « Il y a une corrélation entre le ROR et l’autisme »

12.33 – Wakefield, le gastrologue anglais demandait qu’on utilise plutôt les monovalents que les polyvalents. Il avait mis en évidence leur responsabilité dans les maladies inflammatoires du colon et dans l’autisme.

13.40 – « Pour des histoires de gros sous on intente à la vie de nos nourrissons. »

14.00 – « Il faut suivre ces vaccins sur le long terme. 14 morts subites du nourrisson en deux ans. »

14.40 – « Il y a aussi les morts subites du nourrisson qu’on nous cache avec le vaccin hexavalent. ». Un document confidentiel européen montre 14 morts subites du nourrisson entre 2009 et 2011 avec un seul vaccin.

17.37 – Vaccins biens testés ? « Le devenir du vaccin n’est pas étudié. » On vaccine les femmes enceintes alors que c’était interdit par décret.

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18.43 – Que peut-on dire sur l’aluminium ? Les autorités nous disent qu’il n’est pas toxique. En réalité, il reste dans l’organisme. Jamais d’étude de toxicité sur ce produit. Le Pr.Gherardi a montré que l’aluminium n’est pas éliminé par l’organisme. L’aluminium n’a aucune fonction dans le corps, il ne doit pas y en avoir dans le corps.

21.10 – Les doses utilisées sont phénoménales. La limite pour les adultes dans les poches de perfusion est fixée à 25 microgrammes et pourtant les bébés avec les vaccins en reçoivent 945 microgrammes.

22.20 – Dans le vaccin HPV on a utilisé un placébo. Il y avait de l’aluminium dans le placéboComment voulez-vous qu’on étudie les effets secondaires dans ces conditions. « HPV : 85 000 cas d’effets secondaires dont 37 000 neurologiques et 389 décès. C’est énorme. »

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24.19 – Pourquoi l’aluminium dans les vaccins ? Les experts vous disent que le vaccin sans aluminium est inefficace. Pourtant le DTP utilisé pendant 47 ans n’avait pas d’aluminium. Etait-il inefficace ? On peut vérifier dans le Vidal.

26.34 – L’obligation est impossible dans ces conditions. Les gens doutent, ils ne sont pas fous les gens. « Dans ce pays on conspue les gens qui servent la santé publique et on décore ceux qui servent les lobbys. »

Camille Bodin

 


 

Vaccins

 


 

Source :

https://www.prevention-sante.eu/radio-tv/vaccins-le-coup-gueule-pharmacien

http://initiativecitoyenne.be/2017/06/serge-rader-onze-vaccins-obligatoires-on-marche-sur-la-tete.html

http://www.lespetitsmatins.fr/collections/le-racket-des-laboratoires-pharmaceutiqueset-comment-en-sortir/

https://aphadolie.com/2018/06/22/vaccins-le-coup-de-gueule-dun-pharmacien-video/

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vendredi 22 juin 2018

Ces journalistes russophobes que plus personne ne croit

Publié le 20 juin 2018 sous le titre Pity The Russophobe Journos Who No One Believes

TL JOURNALISTES RUSSOPHOBES

Traduction : Dominique Muselet

Le reportage « occidental » sur la Coupe du Monde en Russie est un flux continu d’attaques contre la Russie. Il y a quelques remarques positives sur l’excellente atmosphère et la parfaite organisation. Mais il n’y a aucun article qui ne se fasse pas l’écho de la ligne officielle de la propagande anti-russe.

Alec Luhn est le « correspondant de Russie pour The @Telegraph ». Shaun Walker est le correspondant du British Guardian, « il couvre l’Europe centrale et orientale pour The Guardian ». Cette semaine, ils étaient tous les deux à Volgograd, l’ancien Stalingrad, pour rendre compte du match de la Coupe du Monde entre l’Angleterre et la Tunisie.

Lundi, Alec Luhn a parlé de l’excellent accueil que les fans anglais ont reçu :

« Tout a été magnifique, » a dit Adam Haimes, 29 ans, géologue et supporter de Plymouth Argyle, en prenant un pot dans la fan zone, sur la rive ouest de la puissante Volga. « Je n’ai eu absolument aucun problème. Toutes sortes de Russes sont venus nous voir. Ils sont très amicaux et veulent juste prendre un verre avec nous. Je ne m’y attendais pas, mais ils sont vraiment charmants. »

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On ne peut bien évidemment pas laisser passer cette image positive de la Russie. Donc Luhn se dépêche de mentionner : la « menace de violence », la « tentative d’assassinat de l’espion russe Sergei Skripal », les « tensions exacerbées », les « Ultras russes » et les « voyous locaux de Volgograd ».

Mardi soir, Shaun Walker a écrit un article pour le Guardian sur le même modèle:

Ceux qui sont venus sont presque tous satisfaits de ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Dans un bar central de Volgograd aux premières heures de mardi, Craig et Tommy, deux fans de Sunderland, apprenaient des mots russes avec des gens du pays et disaient qu’ils avaient passé trois jours « fantastiques » à Volgograd, qu’ils s’étaient liés avec les gens du pays et avaient fait des visites guidées sur l’histoire militaire.

« On en a marre que les gens parlent de problèmes. Si vous êtes respectueux, il n’y a pas de problèmes », a dit Tommy.

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Si Tommy lisait l’article de Walker, il s’insurgerait encore plus. L’article rabâche tous les arguments habituels de la propagande : « Tension sans précédent », « forte critique à l’égard des autorités russes », « empoisonnement de Sergei Skripal », « Jeux olympiques de 1936 en Allemagne nazie » et « sécurité des fans LGBT ».

Après avoir fait leur devoir avec leurs articles de propagande routinière, Luhn et Walker ont rejoint les fans anglais dans un pub local.

Alec Luhn @ASLuhn – 00:02 UTC – 19 juin 2018

Harat’s Pub, Volgograd, 3 heures du matin. Une centaine de fans britanniques ivres, des Tunisiens et des Russes qui viennent de chanter quelque chose à propos de « Jugend SS ». Et il paraît que tout va bien ?  

Shaun Walker @shaunwalker7 – 00:32 UTC – 19 juin 2018

3h30 du matin, l’aube se lève sur ce pub à Volgograd – Anglais, Tunisiens, fans russes, tous ivres et joyeux. Zéro sécurité ou police, c’est étonnant. J’ai entendu un groupe de trois Russes chanter une chanson « Hitler Jugend, SS ». Sinon, tout est très paisible et amical.

harats pub

Les tweets de Shaun Walker et Alec Luhn montrent des photos d’un Harat’s Pub, une franchise irlandaise, à Volgograd. Sur sa page Facebook, le pub a publié une vidéo Euronews de la fête d’après-match, dans laquelle on voit des fans anglais heureux boire beaucoup de bière. Il n’y a rien de remarquable. Mais Alec Luhn voit des Russes chanter « jugend SS » et une demi-heure plus tard Walker « entend un groupe de trois Russes chanter une chanson « Hitler Jugend, SS ».

Vraiment ?

Il est difficile de croire que tous les Russes de Volgograd/Stalingrad chantent des chansons nazies. Stalingrad a été le théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale, où les armées d’Hitler n’ont été stoppées qu’au prix d’immenses sacrifices russes. Et de plus, c’est quoi, s’il vous plaît, cette chanson « Hitler Jugend, SS »? Moi qui suis Allemand, je n’ai jamais entendu parler d’une chanson qui mentionne les deux ou qui soit même chantée par les deux organisations. La Hitler Jugend (jeunesse hitlérienne) était un mouvement de jeunes du parti sur le modèle des Boy Scouts of America. Le SS (Schutzstaffel = escadron de protection) était un gang de combattants de rue nazis qui ont ensuite été transformés en une armée brutale. Le répertoire de la Hitler Jugend contient surtout des chants de randonnée traditionnels, tandis que les chants SS typiques étaient des marches militaristes.

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A ce jour, le tweet de Walker a reçu 249 réponses. Les personnes qui ont répondu doutent que l’incident se soit produit tel quel. Ils demandent des preuves. Pourquoi ces journalistes peuvent-ils poster des photos du pub, mais pas de photos de l’incident qu’ils décrivent ? Cette fois Shaun Walker ne peut pas nous refaire le coup du  « Oh dommage que je n’ai pas apporté mon appareil photo ! ». Alors, qu’en est-il ?

Le lendemain matin, Shaun Walker a retweetté ses affirmations originales en se plaignant des réponses qu’il a reçues :

Shaun Walker @shaunwalker7 – 9:28 UTC – 19 juin 2018

Shaun Walker Retweeted Shaun Walker Retweeted Shaun Walker

Volgograd a été sympa et amical et a accueilli royalement la Coupe du monde, comme je l’ai tweeté/écrit ces deux derniers jours. Le chant dont j’ai parlé était le fait de trois personnes, une seule fois, à 3 heures du matin. Et à Volgograd, le denier endroit où on aurait cru ça possible! J’ai pensé que cela valait la peine d’être mentionné. Quant aux réponses que j’ai reçues, je préfère ne pas en parler.

theguardian

Le chef du bureau moscovite du Guardian a fait chorus et également retweeté les allégations de Walker les propageant de plus en plus :

Andrew Roth @Andrew__Roth – 14:37 UTC – 19 juin 2018

Andrew Roth Retweeted Shaun Walker

Absurdes les réponses à cet incident que de multiples correspondants ont vu. Ils ont juste voulu souligner une anomalie au cœur de ce qui ressemblait à une belle soirée de football. C’est juste une histoire de contexte ! Auraient-ils dû passer l’incident sous silence?

Si deux scribouillards britanniques disent avoir entendu quelque chose, que chacun décrit différemment, alors ce doit être vrai. « Des preuves ? On n’a pas besoin de prouver ce qu’on dit. Vous n’avez qu’à nous faire confiance. »

Ce matin, un blogueur russe a posté des preuves (traduction automatique du russe) :

Borisenko @amdn_blog – 7:58 UTC – 20 juin 2018

Vous vous souvenez hier, on a beaucoup parlé du journaliste anglais qui a parlé dans un article des soi-disant Russes qui chantaient des chansons nazies dans un bar à Volgograd ? Ils les ont trouvés. Mais ils n’étaient pas russes, mais…. Britanniques. Et rien que pour ça, il faut les battre ces english. Ici c’est Volgograd ! Stalingrad !

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La vidéo montre trois Anglais ivres dans un pub ‘irlandais’ avec un menu écrit en lettres cyrilliques et des drapeaux de la Coupe du Monde suspendus au plafond. Les gars chantent une phrase sur le fait de mettre quelqu’un à Auschwitz, font le salut hitlérien et crient « Sieg Heil » ! Le pub où la vidéo a été prise ne semble pas être le Harat’s où étaient Walker et Luhn. Mais n’empêche, la preuve est faîte !

Le fait est que le Guardian et le Telegraph sont bourrés de propagande anti-russe. Il n’y a pas un seul article sur la Russie ou Poutine qui ne soit pas sarcastique ou alarmant ou qui ne se fasse pas l’écho d’accusations contre la Russie dont la fausseté est démontrée depuis longtemps. Le complexe militaro-industriel a donné l’ordre de condamner la Russie et les médias mainstream « occidentaux » obéissent.

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Les deux scribouillards ont cité des fans anglais qui regrettent la fausse image de la Russie qu’ils avaient en arrivant. Comment pourrait-il en être autrement étant donné le flux constant d’ordures russophobes que les médias britanniques produisent ? Un correspondant britannique en Russie ne devrait-il se donner la peine d’y réfléchir un peu ?

Mais les deux scribouillards préfèrent aller boire des bières et ensuite envoyer des histoires anti-russes fallacieuses, tard dans la nuit, à leurs 100 000 followers sans fournir aucune preuve. Puis ils se plaignent qu’on leur en fasse le reproche.

Ce sont de médiocres propagandistes dont les paroles n’inspirent plus confiance à qui que ce soit. Il faut vraiment avoir pitié de ces pauvres types !

Moon of Alabama

Article original: Pity The Russophobe Journos Who No One Believes

Crédit image: Pixabay

URL: https://arretsurinfo.ch/ces-journalistes-russophobes-que-plus-personne-ne-croit/

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Al Jazeera lance AJ+ en France

Les médias diffusés principalement via les réseaux sociaux comme Brut, Konbini et autres Vice se multiplient. Mais certains sont accessibles uniquement via les réseaux sociaux comme AJ+ lancé depuis quelques mois en France. AJ+, comme Al Jazeera, la chaine du Qatar. Le Qatar en conflit ouvert avec ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite a compris l’importance du soft power via le sport (le PSG et d’autres clubs) ou l’information (Al Jazeera, AJ+)

Un lien discret avec la maison mère

TL AJ AL JAZEERA

Pour l’internaute moyen, difficile de savoir que AJ+ est la filiale de Al Jazeera. Les identités graphiques et les logos sont différents, il n’y a aucune indication d’un lien entre les deux entités, toutes deux filiales de AJMN, la holding médias de la famille royale qatarie. Le média se présente simplement comme « en ligne pour les générations connectées et ouvertes sur le monde qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines ».

Émirat conservateur et combats progressistes

aj+

Pour ceux qui ont voyagé au Qatar comme l’auteur de ces lignes, le caractère « progressiste » de l’émirat est difficile à déceler. Les causes à la mode en Europe, des homosexuels, trans, queers, neutres, bisexuels et autres trisexuels ne font pas partie de la culture qatarie, d’un conservatisme musulman assumé. La lutte contre le racisme est peu à l’ordre du jour dans un pays où une très grande partie de la force de travail et la totalité de la domesticité viennent de l’étranger. Et le féminisme ne semble pas avoir effleuré les qataries.

 

GRIEZMAN

Le visage d’AJ+ est tout autre : écritures inclusives, minorité sexuelles, féminisme de combat, lutte contre le racisme, droits humains, discriminations fondées sur l’accent, le média aurait toute sa place comme sponsor de la Gay pride (pour ceux qui se poseraient la question : non, il n’y a pas de Gay pride au Qatar). A titre anecdotique – coupe du monde de balle au pied oblige – AJ+ s’indigne qu’Antoine Griezman (un des blancs de l’équipe de France, une rareté) ait été choisi pour illustrer une campagne contre le racisme et non pas un joueur noir.

Le pire du P.I.R. et l’ami Tariq

Connaissez vous le PIR ? Il s’agit du Parti des Indigènes de la République, fondé par Houria Bouteljda, une figure à la mode très présente sur les plateaux télévisés et certaines revues féminines. La belle Houria revendique une parole non blanche (imaginez le tollé si un quidam réclamait une « parole non noire »), dénonce l’oppression coloniale, l’islamophobie française (c’est bien connu il y a des centaines d’églises en Arabie Saoudite et au Qatar et aucune mosquée en France). Houria et ses amis sont très présents sur AJ+. De même, AJ+ est très engagé dans la défense de Tariq Ramadan, présenté comme une victime du racisme anti-musulman.

Voile musulman et conflit israélo-palestinien

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Entre la célébration du « hijab cosplay » où des femmes voilées se déguisent en super-héros et célébrations plus ou moins discrètes des bienfaits du voile pour les filles, la chaine publie plusieurs vidéos quotidiennes sur les violences que subissent les Palestiniens (rappelons que le Qatar est un des fermes soutiens de Frères Musulmans).

Au total AJ+ se présente habilement comme le défenseur des intérêts du Qatar : soutien aux islamistes choyés par l’émirat (Frères musulmans, le mouvement Hamas), défense des minorités à l’extérieur (indifférence polie ou hostilité à l’intérieur), critique implicite ou explicite de l’Arabie Saoudite et… absence d’informations sur le Qatar lui-même. Une ligne politique nette et qui cache ses objectifs sous les oripeaux d’un anti racisme de bazar.

Cet article doit l’essentiel de ses informations à un excellent papier de Hadrien Mathoux publié dans la version en ligne de Marianne le 25 avril 2018.

https://www.ojim.fr/al-jazeera-lance-aj-en-france/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-06-20

"AJ+ français" : quand la propagande du Qatar se cache derrière un progressisme féministe et LGBT

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Lancé en décembre 2017 en France, ce nouveau média s'adresse aux "générations connectées et ouvertes sur le monde". Mais derrière la façade progressiste, AJ+ est surtout une succursale d'Al-Jazira, la chaîne télé détenue par la famille royale du Qatar. Une allégeance troublante, surtout quand on se penche sur le contenu de ses vidéos…

Vous avez peut-être déjà aperçu leurs contenus en flânant sur votre page Facebook ou votre fil Twitter. Des vidéos léchées, présentées par de jeunes journalistes à destination des jeunes générations. AJ+ a débarqué en France depuis décembre dernier. Uniquement accessible sur les réseaux sociaux, ce média est la version francophone d'un service de vidéos d'actualité qui cartonne dans le monde anglo-saxon : AJ+ en langue anglaise, lancé en septembre 2014, qui compte 929.000 abonnés sur Twitter et près de 11 millions sur sa page Facebook. En français, les chiffres sont bien plus modestes (14.000 followers sur Twitter et 120.000 sur Facebook) mais les vidéos les plus populaires dépassent régulièrement les 500.000 vues.

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Pour le visiteur lambda, impossible de le savoir mais AJ+ est en fait la succursale "réseaux sociaux" de Al-Jazira, chaîne TV d'info en continu de référence du monde arabe. Les deux sont la propriété de "Al Jazeera Media Network", une organisation directement détenue par la famille royale du Qatar. Une filiation dont AJ+ français ne fait jamais mention, nulle part. La chaîne de vidéos se présente simplement comme "un média en ligne pour les générations connectées et ouvertes sur le monde qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines". Et son identité graphique prend soin de se distinguer totalement du logo de la chaîne Al-Jazira, qui représente un caractère d'écriture arabe.

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Impossible donc, en voyant passer ses contenus, de déceler que AJ+ appartient à un émirat autoritaire et conservateur. Au contraire, le média paraît relayer tous les combats "progressistes" chers aux "générations connectées et ouvertes sur le monde" : droits des femmes, des minorités sexuelles, lutte contre le racisme, etc. Le souci de "l'inclusivité" est partout, l'écriture à point médian étant d'ailleurs omniprésente. Une vision du monde très "liberale", au sens anglo-saxon du terme, qui se fait parfois même "radicale" en épousant des causes plus pointues comme le remplacement du sigle "LGBTQI+" par "LGBTQQIP2SAA", la substitution dans la Constitution des "droits humains" aux "droits de l'homme" ou encore, la lutte contre la glottophobie (discriminations fondées sur les accents). Plus inclusif que Benoît Hamon !

Une fascination pour la notion de races

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Mais quand on s'y attarde, derrière cette façade résolument ouverte et cool transpirent assez rapidement un certain nombre d'obsessions. D'abord pour la notion de race, utilisée comme un critère fondamental de lecture de tout. AJ+ relaie ainsi sans relâche les combats des réseaux sociaux portés par des hashtags tels que #BlackHogwarts, dénonçant le manque de "personnages noir-e-s" dans… la saga Harry Potter. "Sur les 1.207 minutes de la saga Harry Potter, les personnes de couleur ne parlent que 5 minutes et 40 secondes", est allé calculer un tweet cité par AJ+. Qui s'indigne également que "31% des rôles à connotation négative [dans la télévision française soient] tenus par ces personnes non-blanches". AJ+ français lance également des polémiques sur le sujet, comme lorsque le footballeur français Antoine Griezmann est sélectionné par le gouvernement comme tête d'affiche d'une campagne contre les discriminations : "Le ministère des Sports a choisi le footballeur Antoine Griezmann comme ambassadeur pour incarner la lutte contre le racisme dans le foot. Pas Blaise Matuidi. Pas Ousmane Dembélé. Pas Paul Pogba. Antoine Griezmann". Comprendre : Antoine Griezmann ayant la peau blanche, il ne serait pas légitime pour promouvoir la lutte contre le racisme.

Dans une vidéo consacrée à "l'appropriation culturelle", la journaliste Yasmina Bennani pose la question : le "twerk" de Miley Cyrus, les kebabs commercialisés par McDonalds, les tresses de Kylie Jenner, "vous trouvez ça cool ou ça vous révolte ?". Deux sources donnent la réponse : Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-8, qui explique que ces exemples constituent "une spoliation, (...), un abus de pouvoir, (...) une continuation de la colonisation par d'autres moyens". Et Réjane Pacquit, co-fondatrice de Sciences Curls, qui juge "extrêmement violent" de voir des personnes blanches arborer des dreadlocks.

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Une autre vidéo réalisée par la même Yasmina Bennani traite de la question du "féminisme blanc". "Au sein [du féminisme], censé être universel, une tendance est de plus en plus accusée de ne pas toutes nous inclure, introduit-elle. C’est le féminisme blanc, ou white féminism en anglais". Plus tard dans la vidéo, elle affirme qu'"aujourd'hui, le féminisme blanc (...) est accusé de délaisser les injustices supplémentaires rencontrées par les femmes de couleur". Par qui, en quelles proportions ? On ne le saura pas. Et là encore, la parole n'est accordée qu'à des interlocuteurs très engagés, sans que leur subjectivité soit jamais explicitée ou contrebalancée par des contradicteurs. Fania Noël, militante au collectif afro-féministe Mwasi, dénonce un féminisme "ethnocentrique, libéral et impérialiste", puis on cite Ruth Frankenberg, une universitaire américaine "spécialisée en études de la blanchitude". L'experte du CNRS convoquée est Christine Delphy, qui juge les féministes françaises historiques comme Elisabeth Badinter "complètement allumées. (...), elles sont peut-être féministes mais elles sont aussi racistes". La vidéo s'achève sur la conclusion de journaliste, avancée sous forme de question : "Le féminisme blanc français serait-il islamophobe et raciste ?". La réponse d'AJ+ a en tout cas été fortement suggérée au spectateur…

L'omniprésence des indigènes de la République

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Les "experts" brandis par AJ+ dans ses vidéos partagent très souvent un point commun : ce sont des proches, voire des membres fondateurs du Parti des indigènes de la République (PIR), l'association fondée par Houria Bouteldja, aux obsessions identitaires bien connues et qui dissimule mal des positions homophobes, antisémites ou racistes derrière un prétendu "antiracisme politique". Depuis janvier, AJ+ a ainsi sollicité Christine Delphy et Nacira Guénif-Souilamas mais également Imen Habib, toutes signataires de l'appel du PIR en 2005. Il semble que ces sympathies soient partagées au sein de la rédaction : une des journalistes d'AJ+, Widad Ketfi, a ainsi participé à une conférence sur les "paroles non blanches" le 13 avril 2016. Thème de son intervention : "La blanchité dans les médias".

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Dans la pensée indigéniste, toute la société occidentale est analysée à l'aune de l'oppression "coloniale" infligée aux "racisés", c'est-à-dire aux non-Blancs. Cette vision se retrouve dans la ligne éditoriale d'AJ+ français où d'innombrables faits divers sont égrenés sans ceesse dans le but transparent d'instiller l'idée que l'islamophobie et le racisme sont omniprésents en France : expulsion d'une migrante enceinte dans un train à Menton, violences contre une femme "agressée car voilée" à Vélizy, "violente interpellation" d'une autre en niqab à Montpellier… Chaque exemple de violence policière supposée ou avérée est ainsi scrupuleusement rapporté voire monté en épingle. Dans une certaine mesure, le média fonctionne comme une sorte de "Fdesouche" à l'envers : à l'instar du site d'extrême droite, il nourrit un fil d'actualité obsessionnel, créant un climat particulier, en l'espèce celui d'un Etat policier, raciste et islamophobe.

Et lorsque AJ+ décide de consacrer une attention plus particulière à un incident, c'est pour en donner une version univoque. Exemple avec le cas d'une femme qui aurait été forcée de quitter la salle de sport de l'Aquaboulevard à Paris car elle portait un turban.

AJ+ décide de mettre en valeur le témoignage de la meilleure amie de la femme en question, ainsi que des tweets mettant en cause le comportement d'Aquaboulevard. Pendant ce temps-là, un article du Parisien met côte à côte cette version et celle du directeur, qui relate qu'"il a été rappelé à la cliente et à son invitée qu’il fallait qu’elle retire son couvre-chef. Elle est quand même allée assister au cours avec son turban. A la fin du cours, nous lui avons fait un second rappel", avant que l'incident ne survienne. Ce témoignage n'est jamais évoqué dans la vidéo d'AJ+.

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Deuxième exemple : celui d'un Montpelliérain expulsé d'un cinéma car il portait un keffieh et un sac à dos. Dans son interview pour AJ+, il dénonce directement un "racisme ordinaire".

Simple témoignage d'un citoyen lambda victime de discrimination ? Pas vraiment : sur son compte Twitter, Abdel-Wahab Ladmia se présente comme un "militant antiraciste décolonial" et retweete abondamment le Parti des indigènes de la République. Sa confrontation filmée avec une membre du personnel du cinéma permet de reconstituer la réalité de la scène : il s'est donc rendu au cinéma, keffieh sur la tête et sac sur le dos, et a très vraisemblablement refusé de voir son sac fouillé, ce qui a entraîné la confrontation qu'il a filmée avec son portable illico dégainé.

Le soutien à Tariq Ramadan

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Tout en nourrissant le sentiment que les musulmans sont victimes d'un acharnement au sein de la société française, AJ+ publie un contenu très favorable à… Tariq Ramadan. Alors qu'il est mis en examen pour des accusations de viol, le prédicateur islamiste, qualifié de "professeur" et d'"intellectuel suisse", bénéficie d'une courte vidéo qui met en valeur le combat de ses soutiens, #FreeTariqRamadan.

Qui s'exprime dans ce contenu ? L'épouse de Tariq Ramadan, et trois comptes Twitter anonymes qui le soutiennent. AJ+ n'a visiblement pas été refroidi par le profil de ces comptes, qui pourtant interpellent : le premier, @NasNacera, est empli de messages haineux contre le "lobby judaïste" et moque ceux qui hurlent "au zantisémitisme (sic). Le second, @Jeru_Saleem, témoigne d'une véritable obsession pour le conflit israélo-palestinien. Et le troisième, @marteauamiral, est un compte d'extrême droite qui prône la "réémigration". Pour AJ+, qu'importent ces profils pourvu qu'ils illustrent sa thèse : "Certain-e-s dénoncent le deux poids deux mesures" dans le traitement de l'homme accusé de viol par cinq femmes.

Des partis pris qui ne disent pas leur nom

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Régulièrement, le média fait davantage que relayer des informations : il livre des analyses politiques. En décrétant qu'un sujet fait polémique pour le traiter avec des interlocuteurs militants ne venant que d'un seul camp, AJ+ prend position. Mais là où les médias engagés affichent la couleur, AJ+ se planque. Sur la forme, les vidéos mises en ligne par la chaîne ressemblent comme deux gouttes d'eau aux contenus "pédagos" publiés par des médias comme Brut ou Le Monde, aux prétentions objectives. Et rappelez-vous, officiellement AJ+ n'est qu'"un média qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines". Or, dire d'où l'on parle voire assumer son parti pris, c'est ce qui différencie un média engagé… d'un organe de propagande.

Illustration, une nouvelle fois, avec cette vidéo consacrée au Conseil des sages de la laïcité créé par le ministère de l'Education nationale.

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La journaliste, Chloé Duval, décrète d'emblée que ce Conseil "pose problème", puis donne la parole à deux sources. Le premier interlocuteur, Jérôme Martin, est un membre du "Cercle des enseignant-e-s laïques"... une dénomination qui cache le fait que cette organisation réalise des vidéos sur la laïcité en partenariat avec le très contestable Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Deuxième source : Asif Arif, présenté comme un "avocat spécialiste des questions de laïcité". Or, comme le souligne une contribution d'un Mariannaute consacrée au personnage, Asif Arif est également l'animateur d'émissions religieuses où l'on n'hésite pas à affirmer qu'il faut "habituer" les jeunes filles "aux bienfaits du voile" et ce, dès l'âge de 7 ans. Sans surprise, donc, nos deux "experts" pourfendent le Conseil des sages de la laïcité, accusé de propager "un athéisme militant, anti-religieux et notamment à l'égard des musulmans en priorité".

La fin de cette séquence, qui se voulait pédagogique, est un festival : on y évoque des "croisades menées au nom d'une laïcité qu'on pourrait qualifier de falsifiée", un acharnement consistant à "systématiquement dire que c'est le foulard islamique, la jupe islamique, le chouchou islamique, le tatouage islamique, qui sont des problèmes prioritaires de l'école de la République". Si l’idée était de produire un éditorial, elle n'est pas assumée. Mais si le but était, sous des airs d'"info", de dénigrer auprès du jeune public la conception républicaine de la laïcité, l'objectif est pleinement atteint…

La promotion du voile

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Même si AJ+ ne l'explicite jamais, il devient évident à force de le lire que le média est vecteur d'un engagement politique. Notamment en faveur du port du voile : en janvier dernier, le portrait de Amena Khan, une blogueuse devenue la première femme voilée à être l'égérie de L'Oréal (elle s'est finalement retirée après que ses tweets polémiques sur Israël eurent été exhumés), ressemble moins à un reportage qu'à un spot de publicité pour "la liberté de porter le voile".

Le média financé par le Qatar célébr le "Hijab Cosplay", où des femmes voilées se déguisent en super-héroïnes. Et lorsqu'Emmanuel Macron s'interroge sur le fait que certaines femmes puissent être obligées de porter le voile islamique contre leur volonté, AJ+ décrète que le président "a réussi à énumérer tous les clichés liés au voile en une seule phrase". Une vidéo publiée le 8 mars vient tout de même rappeler qu'en Iran, les femmes luttent pour pouvoir retirer leur voile.

L'obsession pour le conflit israélo-palestinien

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Mais là où l'engagement politique d'AJ+ français est le plus visible, c'est lorsqu'il aborde le conflit israélo-palestinien. C'est-à-dire, très souvent : cette thématique, qui s'invite de manière sporadique dans l'actualité française, est une véritable obsession pour le média basé à Doha. Du 1er au 23 avril, il a ainsi consacré pas moins de 14 vidéos complètes à Israël et au sort des Palestiniens, alors qu'il publie entre 2 et 3 vidéos chaque jour. Et il n'est qu'à lire leurs titres pour constater qu'elles relèvent là encore davantage de la propagande que du journalisme : "En silence, Ahed Tamimi endure la torture psychologique de ses matons israéliens" ; "Tirer sur un homme et s'en réjouir : c'est ce que font ces soldats israéliens" ; "À Gaza, 'plus grande prison à ciel ouvert' au monde, les Palestiniennes réclament leur droit au retour".

A l'intérieur des vidéos, toujours les mêmes méthodes. Sous prétexte de dresser un état des lieux du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions contre l'Etat d'Israël) pour les non-avertis, AJ+ donne la parole à Imen Habib, animatrice de la campagne BDS en France (et signataire de l'appel des Indigènes de la République) ; à Ghislain Poissonnier, "magistrat à la cour de Cassation" mais surtout engagé de longue date dans la cause palestinienne, ce qui n'est jamais précisé ; et à Jean-Guy Greilsamer, militant de l'Union juive française pour la paix (UJFP)... seule association juive radicalement hostile à Israël. Pour expliquer les critiques dont fait l'objet le mouvement BDS, régulièrement accusé de dissimuler un antisémitisme violent, la journaliste Widad Ketfi avance tout simplement : "Parce que [le mouvement BDS] dérange, alors qu'il est non-violent et qu'il s'inspire de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud". Nelson Mandela est même convoqué en fin de vidéo, tandis que l'on s'étonne de "l'exception" dont bénéficie le "régime d'apartheid israélien"...

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Quand AJ+ français ne se demande pas "jusqu'à quand Israël va asphyxier Gaza dans l'indifférence générale", "pour punir les Gazaouis d'avoir élu le Hamas lors des élections de 2006", il propose de "comprendre 70 ans de conflit [israélo-palestinien] en moins de 6 minutes". Le résultat est alors à la hauteur des craintes : un exercice de propagande d'où le pluralisme est absent, et où l'expert de référence du conflit est Alain Gresh, un journaliste proche des Frères musulmans et de Tariq Ramadan, en compagnie duquel il a publié un livre d'entretien et donné des conférences. Et voici comment s'ouvre cette explication historique : "Imaginez que l’on débarque chez vous, que l’on s’installe dans votre salon, et que progressivement on grignote un peu plus de votre espace pour vous laisser qu’un tiers de votre chambre ou pire qu’on vous expulse ? Et gare à vous si jamais vous protestez. Et bien c’est ce qui arrive aux Palestinien.ne.s depuis 70 ans". La question finale est tout aussi subtile : "Est-ce que certains Etats ne sont pas au-dessus du droit international ? Et jusqu'où la communauté internationale laissera Israël s’étendre ?".

Quand on sait qu'AJ+ est financé par le Qatar, lequel dépense des millions de dollars pour soutenir le mouvement islamiste du Hamas dans la bande de Gaza, on réalise que les territoires du journalisme sont décidément bien loin.

Derrière le progressisme, le Qatar

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C'est qu'au fond, les vidéos produites par AJ+ sont en fait alignées sur les intérêts du Qatar. C'est là toute l'ambiguïté d'Al-Jazira et de ses filiales. La chaîne d'info en continu a été créée de toutes pièces par le Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani en 1996. "Devenu émir du Qatar après avoir renversé son père, il souhaitait alors montrer qu'il était capable de moderniser son pays", explique à Marianne Mohamed El Oifi, maître de conférences à Sciences Po, spécialiste des médias arabophones. La volonté de libéralisation du nouvel émir l'a conduit à laisser beaucoup d'autonomie à Al-Jazira, qui s'est vite imposée, devenant la chaîne de référence du monde arabe. Le média a également développé une identité particulière : "Al-Jazira ouvre son antenne à toutes les oppositions - sauf à celles du Qatar -, c'est la chaîne de toutes les contestations, de défense des gens marginalisés, le porte-voix des peuples". Une posture qui se traduit notamment par le fait de donner régulièrement la parole aux Frères musulmans et aux islamistes, considérés "comme des acteurs politiques ordinaires".

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Mais cette ligne engendre quelques contradictions embarrassantes. Comment multiplier les vidéos défendant les droits de la communauté LGBT (il faudrait même dire "LGBTQQIP2SAA"), tout en passant sous silence que l'homosexualité est illégale et même passible de peine de mort au Qatar ? Comment défendre avec crédibilité les thèses d'un féminisme parfois radical alors qu'au Qatar, aucune femme ne siège au Parlement et qu'Amnesty International dénonce "les discriminations dans la législation et dans la pratique" qu'elles subissent là-bas ? Comment se faire le porte-voix d'un droit-de-l'hommisme particulièrement revendicatif dès lors que l'on travaille pour une monarchie de droit divin autoritaire prônant la charia, où la flagellation et la peine de mort restent en vigueur ?

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Si la chaîne et ses déclinaisons AJ+ bénéficient d'une certaine liberté éditoriale, celle-ci est en fait liée à plusieurs conditions qui dessinent en creux la stratégie du Qatar. Premièrement, l'impertinence journalistique s'exerce exclusivement en dehors des frontières de l'émirat : la version anglophone d'AJ+ peut par exemple consacrer une vidéo à la répression des homosexuels en Tchétchénie, elle restera toujours silencieuse sur l'homophobie d'Etat qui règne chez son actionnaire. Deuxièmement, si à l'international tous les aspects du discours progressiste peuvent être mobilisés, y compris la défense des minorités, le message de fond reste compatible avec la ligne de Doha : l'islamisme politique est encouragé, en témoigne la présentation très favorable donnée au Hamas dans les vidéos sur la Palestine. Et la géopolitique qatarie est scrupuleusement respectée, comme dans le traitement critique ciblant l'Arabie saoudite, principal rival du Qatar au Moyen-Orient, et son prince héritier Ben Salman. AJ+ multiplie les vidéos mettant en cause le rôle des Saoudiens dans le conflit au Yémen, dont les atrocités sont décrites par le menu. Mohamed Ben Salman, lui, fait l'objet d'un portrait confrontant sa "face A" de modernisateur et sa "face B" obscure d'homme politique autoritaire. La rédaction d'AJ+ français observe en revanche un silence poli mais têtu sur l'actualité d'un pays voisin de l'Arabie saoudite, le Qatar ! Aucun contenu n'a été consacré au pays actionnaire en 2018. C'est sans doute plus prudent, puisque les journalistes sont basés… à Doha.

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Résultat, la façade "éveillé·e·s, impliqué·e·s, créatif·ve·s" (c'est le slogan d'AJ+ français) entretient l'image cool et moderne d'Al-Jazira et, in fine, du Qatar. Une stratégie de soft power bien connue de cette monarchie, dont l'achat du PSG a été l'un des exemples les plus spectaculaires en France, permettant de faire rimer, aux yeux d'un public jeune et non averti, Qatar avec Neymar. Même si ses contenus sont différents de ceux d'Al-Jazira, AJ+ procède bien de la même logique : "AJ+ ne change pas de ligne éditoriale mais d'interlocuteur, expose Mohamed El Oifi. Pour capter un public jeune et radical, elle adapte ses contenus". Pour les contenus en français, la direction est impulsée par la rédactrice en chef Kheira Tami. Cette journaliste polyglotte et expérimentée a parfaitement saisi comment articuler l'idéologie du Qatar avec l'affichage multiculturaliste. Même si les ficelles sont grosses… "AJ+ en France n'a pas atteint sa maturité, il sont encore dans des essais très radicaux dans le but de se créer une base, tempère Mohamed El Oifi. Mais la question de la normalisation va vite se poser : s'ils continuent dans cette voie, ils vont rapidement manquer d'interlocuteurs sérieux. Pour le moment, AJ+ ne forme qu'une fraction marginale de l'opinion publique". L'expérience AJ+ montre en tout cas qu'après Russia Today et Sputnik News, les grandes puissances étrangères adeptes de la propagande ont bien compris l'intérêt de le faire de l'intérieur, en investissant le paysage médiatique français.

https://www.marianne.net/medias/aj-francais-quand-propagande-qatar-cache-derriere-progressisme-feministe-lgbt

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Une enquête intéressante avec un bémol, d'autres influences étrangères semblent moins déranger les auteurs; par ailleurs, si certaines critiques sont scandaleusement utilisées à des fins de propagande et de géopolitique, cela n'enlève pas à celles- ci tout degré de pertinence... Reste que les multiples visages présentés sur cette chaîne en font un cas d'école en matière de manipulation, et un véritable danger pour la cohésion nationale.   P.G.

« Démondialisation et déprofitation = baisse des marchés ! »

TRIBUNE LIBRE /  | 20 Juin 2018 |

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au début, on pouvait se poser des questions.

Trump va-t-il ou pas appliquer réellement son programme protectionniste ?
Trump va-t-il réellement démondialiser l’économie et tenter de freiner, voire d’inverser la globalisation ?
Trump va-t-il réellement mettre fin à l’immigration ou la freiner considérablement ?
Trump pourra-t-il et aura-t-il les moyens de mettre en place sa politique souverainiste et nationaliste, « populiste » diront certains ?

Pour le moment, la réponse est oui.

Comme toute inflexion majeure en politique et en économie, le mouvement est progressif et itératif. Cela se fait par étapes, graduellement, avec des avancées et des reculs.

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Mais ne nous y trompons pas, depuis deux ans de présidence Trump, le monde change considérablement et l’on voit chaque jour les effets des « idées trumpiennes ».

Le tableau d’ensemble est sans équivoque, les forces de rappel, extrêmement fortes également. La mondialisation fait gagner beaucoup d’argent à de grandes multinationales qui produisent pas cher en Asie pour nous revendre très cher en Occident.

Tout a été délocalisé.

Quand je dis tout, c’est tout.

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La production, le savoir-faire, les compétences mais également la… pollution ! Si nous pouvons avoir des normes environnementales en France, en Europe, c’est parce que nos productions/consommations polluent en Asie.

La mondialisation a entraîné des effets pervers très importants qu’il convient dans tous les cas de corriger. Dire cela ne signifie pas se transformer en Corée du Nord au moment où Trump, d’ailleurs, semble obtenir l’ouverture de l’un des derniers pays fermés.

En attendant, c’est la « guerre commerciale »…

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… Et Trump menace de taxer 200 milliards de dollars d’importations chinoises, en tous cas, voici ce qu’en dit Le Figaro.

Le président des États-Unis a demandé à ce que soit préparée une nouvelle liste de produits chinois importés, à hauteur de 200 milliards de dollars. Pékin a d’ores et déjà annoncé son intention de répliquer.

Donald Trump tente de faire monter la pression sur la Chine. En réaction à la riposte proportionnée et immédiate de Pékin à sa menace de sanctions de 50 milliards de dollars détaillées la semaine dernière, le président des États-Unis demande maintenant à son négociateur commercial, Robert Lighthizer, de préparer une nouvelle liste de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ce qui correspond à un doublement du montant potentiel de sanctions supplémentaires initialement prévues par Washington.
« Des initiatives supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales, ouvrir son marché aux biens américains et accepter une relation commerciale plus équilibrée », affirme Donald Trump dans un communiqué. Peu après, le ministère chinois du Commerce a répliqué que la Chine prendrait des mesures « qualitatives et quantitatives » pour se défendre si ces nouvelles menaces américaines étaient mises en œuvre.

La mondialisation, ça rapporte aux sociétés cotées en Bourse !

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N’y allons pas par 4 chemins. Ceux qui pourfendent comme moi le totalitarisme marchand, l’optimisation fiscale qui n’est qu’une fraude légalisée, ou encore ces multinationales sans morale ni éthique, ne peuvent pas se satisfaire de la mondialisation telle qu’elle est.

Y mettre fin nécessite de s’attaquer de front à des profits monstrueux et plantureux. Il y a de quoi se faire beaucoup d’ennemis évidemment, et ceux qui détiennent et gagnent beaucoup d’argent sont ces grandes multinationales qui profitent à plein de cette globalisation et de l’absence de contre-pouvoir et d’entraves.

La Bourse, sans pour autant s’effondrer, réagit nettement plus aux risques de guerre commerciale et donc de démondialisation, ce qui implique une immense « déprofitation » pour les grosses entreprises cotées sur les grands marchés financiers mondiaux.

L’ère de la « déprofitation ».

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Je sais, ce mot n’existe pas, mais j’invente les mots que je veux inventer, enfin pas tout à fait, nos amis antillais comprendront encore plus vite, eux qui parlent de « profitation » ils m’ont inspiré ce terme ! Et vous allez très vite piger, j’en suis certain ! La déprofitation est un phénomène économique qui correspond à une baisse structurelle et de très longue durée des profits des entreprises.

La déprofitation est la petite sœur de la démondialisation.

Si vous démondialisez, vous allez déprofiter et les dividendes du CAC 40 risquent d’être moins plantureux. Vous allez baisser les marges de production, inciter à la relocalisation, vous pouvez même déclencher une inflation sur les salaires si l’emploi repart.

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Pourquoi avons-nous de la déflation ? Parce que les salaires ne peuvent pas progresser depuis plus de 20 ans. Sans progression des salaires et de l’emploi, c’est tout le système qui s’effondre. Remettre les choses dans le bon sens est une bonne chose.

Les Chinois vont couiner, les grandes entreprises, aussi.

Au bout du compte, on se rendra compte d’une chose.

La primauté va au pouvoir politique. L’économie n’est que de l’intendance.

Nous avons juste laissé aux affaires des politiciens affairistes et plus ou moins vendus ou achetés, y compris les syndicats, d’ailleurs vous avez dans cette édition un article consacré aux nouvelles fonctions de l’ancien patron du syndicat FO. Stupéfiant.

Le véritable pouvoir est le pouvoir régalien. Encore faut-il avoir le courage, la volonté et l’indépendance de l’exercer pour le bien des nations et des peuples.

En attendant, si la démondialisation se poursuit, il y aura un mouvement concomitant de déprofitation. S’il y a moins de profits, de rendement et de dividendes, le cours action chutera et prendra en considération les nouvelles perspectives économiques. L’ajustement se fera à la baisse sur les actions, mais si c’est bien fait, les États ne tomberont pas dans l’insolvabilité, et mieux vaut un énorme krach boursier que des faillites d’États en chaîne.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/demondialisation-et-deprofitation-baisse-des-marches-ledito-de-charles-sannat/

jeudi 21 juin 2018

Le procès de l’hypermondialisation

TRIBUNE LIBRE / Christian Chavagneux 06/06/2018

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Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre.

Dans un récent sondage d’OpinionWay pour le Printemps de l’économie 2018, 60 % des Français expriment une mauvaise opinion de la mondialisation. Et 58 % des "CSP+", les plus diplômés, partagent cet avis, de même que la moitié des moins de 35 ans. Les Français ne représentent d’ailleurs pas un cas à part. Selon un sondage réalisé en début d’année pour la Fondation Bertelsmann, 61 % des habitants des pays riches pensent que la mondialisation accroît les inégalités et la moitié estime qu’elle n’est pas bonne pour les salaires. Pour autant, le même sondage montre une opinion déclarant majoritairement que la mondialisation offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

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Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs*. Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne (BCE), résume bien le sentiment général. Il avance quatre raisons pour lesquelles la globalisation fait peur. Elle est instable : ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale : sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande. De Donald Trump aux Etats-Unis au Brexit du Royaume-Uni, et ailleurs, les dirigeants politiques favorables à moins de mondialisation ont d’ailleurs le vent en poupe.

Face à ces constats, la majorité des économistes, soit par idéologie, soit parce que ceux-ci sont soucieux de ne pas laisser prise aux discours nationalistes [ce qui ne serait pas de l'idéologie? NdR], a souvent choisi de défendre la mondialisation. Ce n’est plus le cas.

Une remise en cause intellectuelle

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« Je pense que la mondialisation a contribué à déchirer les tissus sociaux », attaque l’économiste Dani Rodrik. La théorie économique dominante reconnaît que la globalisation a des effets sur la répartition des revenus mais avance qu’ils sont faibles. Faux, rétorque l’Américain Paul Krugman, qui se demande alors : « qu’avons-nous manqué ? ». Réponse : une montée bien plus importante que prévue des importations en provenance des pays émergents avec des effets forts et persistants sur l’emploi dans les pays développés. Si Krugman cite des études américaines, la Banque d’Angleterre montre qu’avec la mondialisation, les régions britanniques qui concentraient une plus grande part d’industrie textile au début des années 1980 ont connu par la suite une plus faible croissance de l’emploi et un retrait plus marqué des personnes du marché du travail. Et l’effet se fait toujours sentir aujourd’hui.

Une étude de la Banque de France estime que sur la période 2001-2007, les importations chinoises en France ont provoqué une perte d’environ 90 000 emplois dans les régions de production manufacturière, soit 13 % du déclin sur la période, ce qui est loin d’être insignifiant. Mais aussi 190 000 en dehors de ce secteur, la baisse de l’emploi induisant une diminution de la demande locale, qui fait largement sentir ses effets sur les secteurs a priori protégés de la concurrence internationale.

Une récente recherche du Fonds monétaire international (FMI) aboutit à trois résultats importants : participer à la mondialisation accroît la richesse d’un pays ; mais plus son niveau d’intégration internationale est élevé plus les gains qu’il tire d’une poursuite de l’intégration diminue ; et les gains de la mondialisation profitent aux plus riches et accroissent les inégalités. Les économistes ont donc rejoint les citoyens pour exprimer leurs doutes face à la mondialisation. Surtout, les acteurs économiques semblent également engagés dans une nouvelle dynamique qui laisse moins de place à la globalisation.

Moins de délocalisations

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Le recul est frappant dans le domaine de la finance. De l’équivalent d’un peu plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial à leur apogée en 2007, les mouvements de capitaux internationaux n’en représentent plus que 5 % aujourd’hui. Une partie de ce recul tient à la réduction des échanges financiers intra-européens, avec une baisse des prêts entre les banques et une hausse de la détention domestique des dettes publiques. Aujourd’hui, la finance européenne se démondialise.

Au-delà, le professeur de Cambridge Finbarr Livesey a récemment publié un ouvrage qui résume plusieurs tendances structurelles poussant à un recul de la mondialisation productive. Afin de répondre plus vite à la demande, les entreprises veulent produire de plus en plus localement. En plus de soutenir cette évolution, le développement des imprimantes 3D permet de fabriquer davantage de pièces d’un seul tenant, contribuant à réduire les échanges de produits intermédiaires, ce qui pourrait entraîner une baisse de 20 % du commerce international. La montée des salaires dans les pays émergents conjuguée à l’automatisation des chaînes de production poussent également à de moindres délocalisations. Alors que le secteur automobile est parmi les plus mondialisés, les véhicules Tesla sont fabriqués aux Etats-Unis par des robots.

La fin de la global company ?

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Après avoir longtemps baissé, les coûts de transport stagnent, voire tendent à remonter. Ils représentent désormais une charge bien plus importante que les tarifs douaniers. A cela s’ajoutent les coûts environnementaux. Le transport maritime mondial émet en gros autant de CO2 que l’Allemagne. L’avenir est plutôt au développement d’une économie circulaire (écoconception des produits, réparation, recyclage, etc.) locale.

Stratégies marketing, évolutions techniques et montée des coûts poussent à une moindre mondialisation et même à des relocalisations. Cela ne signifie pas que la mondialisation touche à sa fin. Les entreprises des pays émergents continuent à s’internationaliser. Dans son analyse sur « le retrait de la global company », The Economist souligne que grâce à l’e-commerce, des « multinationalettes » vont voir le jour. Mais le temps de l’hypermondialisation, d’une internationalisation toujours croissante de la production et de la finance, semble appartenir au passé.

https://www.alternatives-economiques.fr/proces-de-lhypermondialisation/00084968

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*"Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs" : étrange époque où les gens ne font plus le lien entre causes et conséquences, symbolisée par le "en même temps" macronien.

affiche france en marchePar contre, la tendance générale relevée dans cet article montre bien à quel point Macron et ses amis représentent un monde archaïque, contrairement à la "modernité" affichée.   P.G.

Linky: après le reportage d'Envoyé spécial, Enedis et l'Etat doivent sortir du déni...

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Un débat qui préoccupe la société civile et bon nombre d'adhérents et sympathisants de l'UPR. Quelle que soit son opinion sur cette affaire, il n'est pas inutile de connaître les arguments des uns et des autres. Si vous contestez l'argumentaire ci- dessous, vos critiques et contre- articles sont les bienvenus, ils seront publiés afin d'éclairer la connaissance de ce dossier.   P.G.

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TRIBUNE LIBRE / Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

- Près de 700 communes et des centaines de milliers d'habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

- Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d'intimider les habitants et d'installer les Linky par la force ou la ruse

- Comme la Belgique ou l'Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d'EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l'intimidation voire la force, à d'innombrables habitants qui n'en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que "si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l'électricité", ou "nous allons appeler la police", ou "vous devrez payer le compteur" ou encore "vous allez payer des pénalités", etc. Tout ceci est inventé - il n'existe légalement aucune mesure de rétorsion - mais c'est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

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Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d'Enedis... accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d'Enedis et de l'Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de "complotistes" ou d'arriérés terrorisés par le "Progrès".

En effet, il ne suffit pas qu'un objet soit nouveau pour qu'il soit bénéfique... même s'il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu'il s'agit bien là d'une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

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Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d'intervenir après que Direct énergie ait commencé à s'accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que "lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n'est pas chargé de vérifier si l'installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini" et que "des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d'Enedis afin d'augmenter la puissance de son compteur".

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Il n'est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l'écho d'incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d'innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d'innombrables reprises, les factures qui s'envolent, etc.

A tout cela s'ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L'affaire Direct énergie, déjà évoquée, mais aussi l'affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

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Quant à la question des ondes, c'est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l'Organisation mondiale de la santé s'interroge. Mais l'expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu'il s'agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d'être protégé est... de garder les compteurs ordinaires. Il est d'ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés... par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l'Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

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Ce n'est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c'est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir... vite.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
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Chomsky signataire d’un appel « progressiste » pour la poursuite de l’implication militaire américaine en Syrie

TRIBUNE LIBRE /  Whitney Webb

TL CHOMSKY SYRIE

Publié le 26 avril 2018 sur Mintpressnews sous sous le titre Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit de l’anglais par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Dans la mesure où les personnalités les plus progressistes n’appellent jamais ouvertement à une intervention militaire américaine accrue dans un pays extérieur, cette pétition montre que la propagande en faveur de la guerre en Syrie – surtout celle en lien avec la cause kurde – a très habilement réussi à retourner l’opinion de la gauche pacifiste et progressiste sur le sujet.

Lundi dernier, le magazine New York Review of Books a publié une lettre ouverte et une pétition pour se joindre aux pressions occidentales exercées sur la Turquie, pour contraindre cette dernière à mettre fin à l’occupation d’Afrin. La pétition s’opposait aussi à toute incursion ultérieure de la Turquie en Syrie et soutenait l’autonomie du Rojava – cette région du Nord de la Syrie qui s’auto-administre depuis, qu’en 2012, des factions kurdes y ont pris le pouvoir avec l’appui des Etats-Unis. Le texte émane du Comité d’urgence pour le Rojava et a été signé depuis par des personnalités connues, telles que Noam Chomsky et Judith Butler, qui se sont ralliées à son projet de mutualisation des efforts en vue de soutenir les revendications des groupes kurdes.

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Ces revendications portent entièrement sur la politique du gouvernement américain. Elles insistent pour que ce dernier « impose des sanctions économiques et politiques à la Turquie… interdise les ventes et livraisons d’armes entre la Turquie et les pays de l’OTAN… fasse en sorte que le Rojava soit représenté dans les négociations de paix … » et, ce qui semble  le plus paradoxal, « continue de soutenir les Forces Démocratiques Syriennes », ce groupe majoritairement constitué de Kurdes qui a joué les intermédiaires pour l’administration américaine et est suspecté d’avoir procédé à des opérations de nettoyage ethnique en vue de faire aboutir son projet d’Etat ethno-nationaliste kurde au nord de la Syrie.

Les trois premières revendications du groupe paraissent raisonnables, en ce sens qu’elles demandent de sanctionner la Turquie pour son invasion illégale du territoire syrien. Mais elles sont aussi fantaisistes, dans la mesure où l’administration américaine n’a l’intention, ni d’interrompre les ventes d’armes, ni de sanctionner la Turquie, – qu’elle a besoin de courtiser pour empêcher un rapprochement d’Ankara avec la Russie. A ce titre, les Etats-Unis ont prouvé – en refusant de soutenir les Kurdes pendant la bataille d’Afrin – que leur « alliance » avec les Kurdes était purement opportuniste et passait après le maintien de leurs liens  avec la Turquie.

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La troisième revendication a également peu de chances d’aboutir, puisque, la Turquie a estimé d’emblée inacceptable la participation des Kurdes de Syrie aux pourparlers de paix et conditionné sa participation à ces derniers sous forme d’ultimatum : «C’est nous ou eux ». Sans compter les précédentes tentatives d’inviter les Kurdes dans les discussions qui ont été rejetées par des nations occidentales, dont les Etats-Unis, dans leur volonté de ne pas déplaire à la Turquie.

Plus récemment encore, devant l’absence de réaction internationale à l’événement, les Kurdes eux-mêmes ont refusé en début d’année de participer aux négociations sur l’occupation turque d’Afrin. Et même avant cette occupation, les Kurdes de Syrie s’étaient déclarés « non tenus » de respecter les décisions qui pourraient être prises durant les pourparlers, réduisant de ce fait les chances d’aboutir à la paix.

Mais au-delà du caractère irréaliste des trois premières revendications de la pétition, c’est surtout la suivante – celle portant sur la poursuite d’une assistance militaire américaine aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) – qui est de loin la plus inattendue : en signant cette pétition, des personnalités connues pour leur progressisme revendiquent la poursuite de l’occupation américaine en Syrie et l’accroissement de l’aide militaire et financière aux FDS, qui leur servent de forces intermédiaires sur le terrain.

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Qui se serait attendu à ce que des progressistes aussi engagés appellent un jour publiquement au prolongement d’une occupation militaire américaine ?

La pétition montre également l’effet redoutable que la propagande pour la guerre en Syrie – et surtout celle qui a trait aux Kurdes – a exercé sur la gauche pacifiste.

De fait, les Kurdes de Syrie font l’objet d’un traitement romancé dans la presse occidentale qui les présente comme les “fondateurs de la démocratie la plus avancée au monde” et les pionniers  de l’égalité de genre et des droits des homosexuels. Mais si les Kurdes ont bien instauré des mesures politiques d’avant-garde, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Et surtout, « l’aide » américaine au Rojava, que la pétition souhaite voir renforcée, ne bénéficie vraiment ni aux progressistes, ni même aux Kurdes.

Kurdes et FDS : deux entités distinctes

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Depuis la montée en puissance de l’Etat Islamique dans le conflit syrien, les médias occidentaux mettent les Kurdes sur un piédestal et n’ont de cesse de les présenter comme les seuls opposants « véritables » du groupe terroriste. Mais on est peu à peu passé de l’éloge des milices kurdes locales à celui des Forces Démocratiques Syriennes, alors que ces deux entités ne sauraient être plus éloignées.

Bien qu’elles se vantent de compter un nombre important de Kurdes dans leurs rangs, les FDS ne sont pas expressément kurdes et sont en fait l’organisation parapluie de plusieurs milices. Ce qui ne serait pas gênant en soi ; ce qui l’est, c’est l’identité de nombre de ses combattants arabes. L’un des groupes combattant sous la bannière des FDS est par exemple le Conseil militaire de Deir Ezzor (Deir Ezzor Military Council (DMC) – il s’agit d’une organisation dont les combattants,  auparavant affiliés à l’organisation Etat islamique ou à Al-Nosra (groupe affilié à Al-Qaïda) ont été ensuite « retenus » par l’armée américaine dans le nord de la Syrie après s’être rendus aux FDS et autres forces soutenues par l’armée américaine à Raqqa. De plus, des tribus antérieurement alliées avec l’Etat islamique se sont jointes à ces forces aux côtés des FDS au cours de l’année écoulée.

 

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En plus d’abriter dans leurs rangs d’anciens membres de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes, les FDS collaborent également régulièrement avec l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie en s’attaquant à des cibles syriennes et russes. Bien qu’apparemment « ennemis », les Kurdes et l’Etat islamique se sont déjà montrés circulant les uns parmi les autres en toute connivence; et il est même arrivé que les Kurdes coopèrent avec l’Etat islamique sous la coordination des forces spéciales américaines. Ce qui explique peut-être pourquoi, après s’être emparées de Raqqa en juin dernier, les FDS ont laissé les terroristes de l’Etat islamique quitter tranquillement la ville. [1]

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Cette collaboration avec des groupes tels que l’Etat islamique – collaboration que les médias occidentaux ont travestie en un combat contre le terrorisme – a d’ailleurs entraîné des défections importantes de Kurdes au sein des FDS – notamment son ex porte-parole, Talal Silo, qui a accusé l’organisation de pactiser secrètement avec les terroristes.

A côté de ces liens troublants et de leur collaboration avec l’Etat islamique les FDS ont, conjointement avec l’armée américaine, participé à des crimes de guerre en Syrie, et sont accusés d’opérations de nettoyage ethnique qu’ils justifient par leur projet de création d’un Etat ethno-nationaliste kurde dans des zones du nord de la Syrie majoritairement peuplées d’Arabes.

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C’est ainsi qu’au cours de la bataille de Raqqa, les FDS – en lien avec la coalition dirigée par les Etats-Unis – ont commis des crimes de guerre, notamment en recourant à des armes chimiques et en coupant l’approvisionnement en eau de la ville, qui reste  privée d’eau un an après sa « libération ». Les FDS ont également joué un rôle central dans l’opération qui, selon plusieurs estimations, a fait 8000 morts et chassé hors de chez elles plus de 160 000 personnes. Cette opération a rendu 80 pour cent de la ville complètement inhabitable et six mois après la fin des combats, on évalue à 6,000  le nombre de corps encore ensevelis sous les gravats.*

Des journalistes tels que Andrew Korybko ont fait valoir que la population civile de Raqqa était directement visée dans la mesure où il était hautement improbable que ses habitants arabes ou non kurdes, vivant dans une ville dont la population est majoritairement arabe, acceptent de leur plein gré de vivre dans un petit Etat dominé par les Kurdes où ils seraient considérés comme des citoyens de seconde zone, et préféreraient conserver leur statut, au sein de la République Arabe Syrienne. En clair, plutôt que l’Etat islamique, que l’on a laissé s’enfuir et que l’on a ensuite réincorporé au sein des FDS, l’opération visait en partie des civils susceptibles de résister à l’annexion de Raqqa par des Kurdes soutenus par les Américains. Ce qui n’a pas empêché les Nations Unies de déclarer que l’élimination de la population arabe de Raqqa par les FDS avait été une  « nécessité militaire » et ne constituait donc pas une opération de « nettoyage ethnique ».

Les progressistes ont-ils bien évalué les enjeux de cette pétition ?

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La question des FDS mise à part, demander à l’Amérique de continuer à soutenir ce groupe revient à lui demander de prolonger son occupation illégale de la Syrie. Comme déjà expliqué sur le site Mintpress, cette occupation vise à la partition du pays et à mettre le nord-est de la Syrie hors de contrôle du gouvernement central.

Bien que cette partition ait également été un objectif de certains nationalistes Kurdes alliés aux Etats-Unis, qui ont voulu se servir de la division de la Syrie comme d’une rampe de lancement pour un « Kurdistan » indépendant, les Etats-Unis ont clairement indiqué au cours des mois précédents que cette partition du nord-est syrien ne bénéficierait pas autant aux Kurdes qu’aux Sunnites Wahhabites, dont l’idéologie se confond pratiquement avec celle de l’Etat islamique.

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Au début de la semaine dernière, le Wall Street Journal nous informait que John Bolton, nouveau conseiller de Trump à la Sécurité Nationale, travaillait avec les Etats alliés du Moyen Orient à la création d’une « coalition islamique » qui remplacerait les troupes américaines actuellement stationnées dans le nord-est de la Syrie par une armée constituée de soldats venus de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de l’Egypte. Cette coalition constituerait une « force de stabilisation » militaire permanente dans la région.

Non contente d’envoyer des militaires arabes mettre de l’ordre dans le Rojava, l’Administration Trump a également sollicité une mise de fonds saoudienne dans la reconstruction de la région. L’Arabie Saoudite – réputée pour son traitement déplorable des minorités ethniques et religieuses et son financement de groupes terroristes tels que l’Etat islamique – et ses alliés du Golfe ne risquent pas de servir la cause des nationalistes kurdes, et encore moins leur “démocratie » directe progressiste ou leur promotion de l’égalité de genre et du droit des homosexuels. Monarchie dictatoriale bien connue  pour sa  répression des femmes et des minorités et pour la mise à mort de membres de la communauté LGBT, l’Arabie Saoudite se situe vraiment aux antipodes des idées que les progressistes occidentaux se font des Kurdes. C’est néanmoins à elle que les Etats-Unis confient les rênes pour gouverner la région de Syrie qu’ils occupent actuellement.

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De fait, en revendiquant la poursuite de la présence militaire américaine en Syrie pour appuyer les FDS, le Comité d »urgence pour le Rojava sape en réalité la cause des Kurdes « progressistes » qu’ils voudraient aider, et favorise au contraire une nouvelle tentative américaine de nation building (reconstruction de nation), qui va probablement aboutir à une enclave wahhabite peu différente d’un « califat » dirigé par l’Etat islamique.

Les efforts du Comité d’urgence pour le Rojava rejoignent d’autres tentatives plus importantes visant à défendre et à prolonger l’engagement militaire américain illégal en Syrie. Certes, cette pétition est destinée aux progressistes occidentaux, qui se sont historiquement opposés aux occupations militaires américaines illégales et aux guerres. Mais le ralliement de membres connus du camp des progressistes à cette pétition prouve que la poussée en faveur d’une intervention « humanitaire » en Syrie est plus forte que jamais.

Whitney Webb

Whitney Webb est rédactrice à MintPress News et collabore avec le site de Ben Swann’s, Truth in Media. Elle intervient sur différents sites tels que l’institut Ron Paul

[1] C’est Arrêt sur info qui souligne en gras

Article original: Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit par Sylvie Jolivet

Crédit image Noam Chomsky: Andrew Rusk/Flickr

Source: https://arretsurinfo.ch/chomsky-signataire-dun-appel-progressiste-pour-la-poursuite-de-limplication-militaire-americaine-en-syrie/

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*Voir notre publication: Raqqa : Guerre d’anéantissement, par Amnesty International

P.G.

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L'éclatement de l'Espagne

Alors que l'exécutif espagnol vient de changer de main, le géopolitologue Alphonse Moura revient sur la situation, hautement problématique, dans laquelle se trouve le nouveau gouvernement.

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Après la récente chute de Mariano Rajoy et l'intronisation de Pedro Sánchez, ce dernier s'est déjà distingué sur la scène européenne : l'Italie et Malte n'ont pas voulu accueillir le bateau Aquarius mais Madrid a volé au secours des malheureux. Les Espagnols font bonne figure. Disent-ils «Je suis Aquarius»?

Alphonse Moura est géopolitologue, maître en Sciences politiques et Relations internationales par l'Institut d'études politiques de l'Université catholique portugaise

Nous pouvons légitimement nous interroger sur le bien fondé de ces expéditions d'ONG qui sont à la recherche des clandestins (oui, des clandestins et non des «migrants», comme la novlangue voudrait l'imposer) pour les amener en Europe. Que viennent faire ces pauvres diables en Europe? Solidarité avec les extra-Européens, austérité pour les Européens? A-t-on oublié le sort des Grecs? Chômage, précarité et appauvrissement accompagnent quotidiennement Portugais, Espagnols, Napolitains, Siciliens... et la situation est particulièrement grave chez les jeunes.

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Les clandestins sont souvent aidés, notamment par George Soros et sa Open Society, et ceux qui nous disent qu'il faut être solidaires sont les mêmes qui œuvrent constamment à la destruction des systèmes sociaux européens, les précarisant, les libéralisant. Tout cela est logique : ce faux humanisme entraîne une baisse du niveau de vie des Européens les plus démunis qui devront aimbablement accepter la concurrence des clandestins. Ces derniers feront le même boulot pour moins cher, Marx nous avait prévenu : l'immigration est l'armée de réserve du capitalisme.

La générosité de Sánchez a deux buts. Le premier : se démarquer de la politique du Partido Popular. Le second : cacher les problèmes internes en mettant en avant les questions internationales. La stratégie est bonne, il joue la carte de l'ouverture socialiste contre le passéisme du centre-droit – qui a des électeurs bien sûr moins accueillants que le centre-gauche. Néanmoins, rien ne nous laisserait penser que Rajoy n'aurait pas eu la même attitude : on sait très bien que l'Espagne a été la plus fidèle alliée de l'Allemagne pendant le long règne d'Angela Merkel. Mais peu importe, il faut, communication oblige, présenter l'accueil de l'Aquarius comme un geste que le précédent gouvernement n'aurait pas été trop enclin à faire.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol essaie d'occuper les journaux et les écrans avec un événement d'ordre supérieur, qui se veut bien plus important que l'architecture même de l'Espagne. Détourner le curseur et espérer que l'environnement s'améliore de lui-même, la réalité étant assez peu plaisante : se retrouver en charge des affaires espagnoles après avoir bénéficié de l'aide des indépendantistes pour chasser Rajoy est une situation pour le moins épineuse. S'appuyant sur 84 députés socialistes, ce gouvernement est l'exécutif le plus minoritaire depuis la mise en place des cadres constitutionnels en vigueur, après la fin du franquisme. Sa légalité est forte mais sa légitimité est tout sauf solide.

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En effet, si on s'attarde sur l'actuelle Constitution espagnole, celle de 1978, on verra que l'avenir est incertain, voire angoissant. La Catalogne et le Pays basque semblent imparables dans leur quête émancipatrice : juridiquement, l'indivisibilité de la nation est contredite par les articles sur les communautés autonomes (comunidades autónomas). Et au-delà de ces insuffisances constitutionnelles, le dogme décentralisateur, diffusé par l'Union européenne pour promouvoir les régions contre l'Etat-central, accentue la tension entre Madrid et Barcelone. Sans une remise en question de l'encadrement juridique actuel il sera difficile de trouver la stabilité nécessaire et les forces capables de mettre un coup d'arrêt aux mouvements centrifuges.

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Quand il était dans l'opposition, les critiques de Sánchez à l'égard de Rajoy et des mesures prises durant la tentative indépendantiste catalane furent très révélatrices. L'ancien chef du gouvernement a en réalité été très modéré au regard d'une situation où une partie de son territoire voulait faire sécession. Mais, hélas, la modération est bien peu utile quand on est face aux grands défis de l'Histoire, cette Histoire que les Européens ont voulu croire qu'elle était finie après la chute du mur de Berlin. L'explosion démographique en Afrique et la rébellion catalane sont les deux faces d'une même pièce, d'un même processus, d'un même déracinement.

L'été offrira à Pedro Sánchez une fenêtre pour se préparer. Espérons qu'il comprenne la hauteur de sa mission, pour le bien de l'Espagne, et de l'Europe. 

https://francais.rt.com/opinions/51729-eclatement-espagne-alphonse-moura

mercredi 20 juin 2018

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

Alexandre Leraître et David Gendreau, réalisateurs du documentaire Guerre fantôme : la vente d'Alstom à General Electric étaient les invités du JT ce 19 juin sur RT France.

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Alors que General Electric pourrait devoir payer une amende de 34 millions d'euros pour ne pas avoir tenu son engagement à créer un millier d'emplois en France, les deux réalisateurs ont commenté cette menace du gouvernement et sont revenus pour RT France sur les enjeux de la vente d'Alstom au groupe américain.

Amende «dérisoire» pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards d’euros

General Electric n'a pas tenu ses promesses : pas de surprise ? «Tout le monde le savait parmi les gens qui connaissaient bien le sujet», a affirmé l'un des deux journalistes qui ont côtoyé aussi bien les syndicats que les employés d'Alstom dans le cadre de leur enquête. Et son collègue d'ajouter : «Ça va leur coûter moins cher de payer une amende dérisoire de 34 millions d’euros sachant qu’ils font un chiffre d’affaires annuel d’à peu près 100 milliards d’euros.»

Citant des sources syndicales, David Gendreau a par ailleurs souligné que beaucoup de sites du groupe étaient aujourd'hui menacés en France.

Rachat d'Alstom : «Déstabilisation des Américains pour contrôler un secteur stratégique»

Insistant sur ce qu'il assimile à «la vente de [la] souveraineté nucléaire [de la France] aux Américains», Alexandre Leraître a rapidement tenu à rappeler les enjeux majeurs liés au rachat d'Alstom par General Electric : «On a vendu [aux Américains] la maintenance des turbines de toutes nos centrales nucléaires, la maintenance des turbines du porte-avion CDG, des systèmes de radars, de la dissuasion nucléaire navale au niveau des sous-marins.» Confirmant les propos de son collègue, David Gendreau a ajouté : «On a perdu une grosse partie de notre indépendance avec cette affaire.»

Les journalistes n'ont pas manqué de rappeler que l’actuelle politique étrangère américaine de Donald Trump prouvait que Washington était capable de «mettre un pays sous embargo». Alexandre Leraître a souligné que les Etats-Unis avaient déjà pris de telles mesures contre la France lors de la guerre en Irak, à laquelle Paris avait refusé de participer, affirmant que l'affaire Alstom pourrait dorénavant permettre à Washington de «faire pression sur la diplomatie française».

Déplorant une dynamique de désengagement de l'Etat français, les journalistes n'ont pas caché leur inquiétude de voir les Américains prendre le contrôle de secteurs stratégiques à coups de «déstabilisations».

L'Etat ne regrette rien... «par atlantisme» ?

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Interrogé sur d’éventuels regrets que pourrait éprouver l’Etat français au vu des conséquences de la vente d’Alstom, David Gendreau a rappelé que la commission d’enquête montée à ce sujet «n’a[vait] mené à rien» poursuivant ainsi : «On n’a pas l’impression qu’ils prennent la mesure [de l'enjeu], par atlantisme peut-être.»

Alexandre Leraître a par ailleurs affirmé avoir des retours expliquant qu’il existait des consignes de discrétion : «Ils veulent qu’on en parle le moins possible.»

Les journalistes ont enfin affirmé que des menaces pesaient sur la souveraineté de la France au vu de certaines affaires en cours autour notamment des entreprises Airbus ou Naval Group. Avec la mise en avant d'histoires de corruption puis la saisie de la justice américaine chargée d'enquêter sur celles-ci, le mode opératoire des affaires en cours se rapprocherait en effet de l'affaire du rachat d'Alstom.

AUTEURS LA GUERRE FANTOME

https://francais.rt.com/entretiens/51748-general-electric-amende-derisoire-vente-souverainete-nucleaire-americains

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Quel plan de sortie de l’euro pour l’Italie ?

Source : Hypotèses, 06-06-2018

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L’actualité remet sur le devant de la scène le problème de la sortie de l’euro de l’Italie. SI les bienfaits d’une telle sortie, notamment en termes de possibilité de faire baisser le taux de change de la nouvelle monnaie et ainsi de stimuler la croissance, sont clairement identifiés[1][2], il faut se poser la question de la mise en place concrète de ce projet.

Les mini BOTS en question

Des économistes proches du nouveau gouvernement italien ont parlé de mettre en circulation comme une monnaie les bons du trésor italien.[3] Ainsi une nouvelle monnaie existerait en parallèle de l’euro et serait directement placée sous le contrôle du Trésor italien, ce qui pourrait éventuellement servir à remplacer l’euro si la BCE décide de couper l’alimentation en euro des banques italiennes.

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Cependant, comme l’a montré Jacques Sapir[4], l’existence de cette monnaie parallèle, quand bien même elle serait reconnue par l’Etat, ne garantirait pas qu’elle puisse se substituer à l’euro, car pour cela il faudrait qu’elle circule dans l’économie italienne, ce qui est la caractéristique et la fonction d’une monnaie. Les mini BOTS, s’ils étaient mis en place, fonctionneraient en effet comme une nouvelle monnaie, mais sur un plan différent de l’euro, car ils ne seraient rien d’autre que des promesses d’euros, sur le modèle des actifs financiers qui sont tous des promesses de paiement. Mais tout comme les actifs financiers ne circulent bien qu’en période de confiance, et tendent à disparaître en période de turbulence et de crise, ces mini BOTS auraient certainement du mal à s’imposer par eux-mêmes comme une monnaie utilisée par tous. De plus dans leur essence, ils ne se substitueraient pas à l’euro puisqu’ils seraient en fait des promesses d’euro. Paradoxalement, Ils auraient donc en fait besoin de l’euro pour fonctionner, et c’est là une faiblesse en cas de coupure brutale de l’alimentation en euros par la BCE. Ils fonctionneraient un peu à l’image des billets au temps de l’étalon-or, au long du 18e et du 19e siècle, quand les billets étaient en fait la matérialisation de promesses de paiement en monnaie métallique réellement existante dans les banques. Ces billets étaient en fait des promesses de paiement en monnaie métallique, leur solidité dépendait donc de la monnaie métallique elle-même, même si des siècles d’utilisation et de confiance ont fini par les faire considérer comme une monnaie eux-mêmes, ce qu’ils n’étaient pas à l’origine. Mais cette mutation s’est produite dans le temps long et dans une période de confiance, et l’on peut donc dire que les mini-BOTS seraient une bonne idée pour le moyen et long terme, mais ne seraient peut-être pas suffisamment solides pour se substituer à l’euro à court terme.

Les deux sources d’alimentation de la monnaie : le crédit bancaire et les dépenses du Trésor public

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A court terme en effet, les deux fonctions que doit impérativement remplir une monnaie si elle veut circuler immédiatement, sont celles de satisfaire le crédit et les dépenses de fonctionnement de l’Etat. La monnaie, on ne le dira jamais assez, est créée avant tout par les banques privées lorsqu’elles accordent des crédits, aux particuliers et aux entreprises. Lorsqu’elle accorde un crédit, une banque émet une créance à son actif et crée de la monnaie ex nihilo sur le compte en banque de son client au passif. La différence entre la masse des crédits anciens remboursés et la masse des crédits nouveaux accordés constitue donc la masse monétaire en circulation dans une économie donnée, à l’image d’un bain qui contient une quantité d’eau donnée en fonction d’une arrivée d’eau et d’une évacuation d’eau. L’arrivée d’eau, ce sont les crédits nouveaux, l’évacuation d’eau, ce sont les crédits anciens remboursés, la quantité d’eau, c’est la masse monétaire. C’est donc le besoin de crédit de l’économie qui est à l’origine de la circulation de la monnaie. Or, ce qui va se passer si l’Italie subit la même attaque qu’a subie la Grèce en 2015, c’est justement que la BCE va couper cette alimentation en crédit des banques en les empêchant de se refinancer elles-mêmes auprès de la BCE. La BCE coupe l’arrivée d’eau du bain, et fait immédiatement se vider l’eau du bain. Voilà ce qui est arrivé à la Grèce en 2015. Dans ces conditions, il est impossible à une économie de fonctionner et tout s’arrête de façon dramatique. Les banques ferment, la monnaie cesse de circuler, l’économie s’asphyxie littéralement.

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Mais cette situation de crise, qui, on le voit, est une action politique scandaleuse et illégale de la BCE, est paradoxalement une opportunité pour un gouvernement préparé et déterminé. Car alors l’euro cesse de remplir son rôle, il ne répond plus au besoin de crédit courant, il laisse la place vacante pour une autre monnaie. Mais pour fonctionner, c’est-à-dire pour circuler, cette monnaie doit répondre au besoin de crédit courant, et c’est pourquoi Jacques Sapir insiste sur la nécessité de la faire passer par le système bancaire[5]. L’institution-clé est alors toute trouvée, elle a un nom, une adresse, et une organisation administrative bien huilée : c’est la Banque d’Italie, située à Rome au Palais Koch, et dirigée par son gouverneur Ignazio Visco[6]. Il est à noter que ce gouverneur est nommé par le Parlement et qu’Ignazio Visco devrait justement arriver à la fin de son mandat, ce point risque d’avoir une grande importance. La Banque d’Italie, pour l’heure, fait certes partie de l’euro-système, mais il est clair qu’en cas d’agression de la BCE visant à le briser politiquement, le gouvernement italien serait tout à fait fondé à réaffirmer son autorité sur la Banque d’Italie pour assurer le fonctionnement normal du système bancaire, et notamment le refinancement des banques privées, c’est-à-dire la réouverture du robinet monétaire. Du moment que cette décision est prise et que son bon déroulement est assuré en termes administratifs, une monnaie circulerait de nouveau dans le système bancaire et dans l’économie italienne, mais de façon indépendante par rapport à la BCE. Qu’on appelle une telle monnaie euro, lire ou n’importe quel autre nom, que les pays la reconnaissent ou non, et que son statut juridique soit fixé ou non, toutes ces choses n’auront plus grande importance au plan économique, car de ce point de vue elle sera de facto, la monnaie souveraine de l’Italie.

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Mais il y a un deuxième canal par lequel une monnaie est indispensable et peut circuler rapidement entre les acteurs, ce sont les dépenses de fonctionnement courant de l’Etat, et notamment la paye des fonctionnaires. Ces dépenses courantes relèvent du Trésor public italien, institution qui a également une adresse et une organisation administrative bien établie. A l’heure actuelle, depuis le traité de Maastricht justement et l’introduction de l’euro, le Trésor est obligé de financer sa dette en ayant recours aux marchés financiers obligataires, ce qui lui oblige à payer de forts taux d’intérêts, matérialisés par les fameux spreads qui semblent gouverner l’Italie. Mais il est à noter qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Avant le traité de Maastricht, le Trésor avait la possibilité, tout comme une banque privée, de se refinancer auprès de la banque centrale à un taux proche de zéro, même si cette possibilité n’était pas toujours activée. Aussi les taux d’intérêts payés sur la dette publique pouvaient-ils être plus faibles et payés directement à la banque centrale, ce qui limitait le pouvoir des marchés sur la vie économique du pays. De ce point de vue les dépenses du Trésor pouvaient en fait être une forme de création monétaire, et la collecte des impôts par ce même Trésor était une forme de destruction monétaire. C’est d’ailleurs pourquoi on considérait le Trésor comme étant en partie une banque.

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Dans le cas d’une agression de la BCE, le Trésor Public italien peut donc être un important levier de circulation d’une nouvelle monnaie si on l’autorise de nouveau à se refinancer auprès de la Banque d’Italie. Concrètement, si la BCE coupe l’alimentation du pays en euro, il faut autoriser le Trésor à assurer ses dépenses courantes, ce qui introduira naturellement de façon assez massive une circulation monétaire dans le pays à travers les salaires des fonctionnaires et les subventions de fonctionnement des administrations publiques. Comme pour le crédit des banques privées, si une telle monnaie circule dans les administrations publiques et dans les comptes des fonctionnaires, elle comblera un vide et deviendra la monnaie souveraine de l’Italie de facto. Cependant, si seul le Trésor assure cette circulation sans l’appui du crédit des banques privées, un biais important favorisera à l’excès les fonctionnaires et les administrations publiques, ce qui pourrait créer des distorsions dramatiques entre les Italiens.

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En cas d’agression de la BCE, la question stratégique pour le gouvernement italien sera donc en priorité le contrôle et la bonne gestion de la Banque d’Italie, puis du Trésor Public comme force d’appoint essentielle, afin de faire circuler une monnaie efficacement et souverainement, et ainsi la substituer à l’euro dont la place aura été laissée vacante par la politique antidémocratique de la BCE.

Le bras de fer à venir peut donc être celui de tous les dangers, mais aussi celui de toutes les opportunités pour le nouveau gouvernement italien.

[1] Voir l’étude de Philippe Murer, Jacques Sapir et Cédric Durand : Les scenarii de dissolution de l’euro, https://www.fondation-res-publica.org/etude-euro/#.WxqyD2VMf-Y

[2] Voir l’article d’Alberto Bagnai sur son blog : http://goofynomics.blogspot.com/2015/06/nominal-devaluation-and-real-wages.html

[3] https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301706243001-italie-la-tentation-des-mini-bots-2177702.php

[4] Voir sa dernière note sur son carnet : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-litalie-et-la-question-des-monnaies-paralleles-une-voie-de-sortie-de-leuro-par-jacques-sapir/

[5] Voir sa dernière note sur son carnet : https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-litalie-et-la-question-des-monnaies-paralleles-une-voie-de-sortie-de-leuro-par-jacques-sapir/

[6] https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_d%27Italie

Source : Hypotèses, 06-06-2018

https://www.les-crises.fr/quel-plan-de-sortie-de-leuro-pour-litalie-par-hypotheses/

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
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