L'agriculture, les problèmes écologiques.

Le Limousin, sa ruralité, ses services publics, son économie; nos voisins d'Auvergne. Les autres régions.

 

mardi 13 février 2018

COLÈRE PAYSANNE À VICHY

Le récent déplacement du président de la république dans le Puy-de-Dôme et le cirque réglé comme du papier musique à Saint-Genès-Champanelle a laissé sceptiques les agriculteurs auvergnats, du —moins ceux de l’Allier.

ACT VICHY PAYSANS

L’allocution qu’il a prononcée relève du double discours, selon les instances syndicales bourbonnaises. (1) Prôner une agriculture haut de gamme d’une part et négocier, via l’UE, le libre échange avec les pays du Mercosur (2) d’autre part, voilà qui ne passe pas. Une fois de plus, le feu couve dans le monde agricole.

Les contingents de viandes bovines et porcines, de poulets brésiliens, de sucre et d’éthanol qui vont déferler sur les pays membres de l’UE ne sont pas soumis aux contraintes sanitaires et environnementales qui caractérisent la production française. Cela ne dérange pas le Luxembourg ou les pays baltes, mais en France c’est une autre affaire. « Comment peut-on promouvoir l’engagement dans la transition écologique, une sécurité sanitaire irréprochable et, en même temps, autoriser des importations de production dont les méthodes de production sont interdites », interroge Gilles Cabard, le président de la FNSEA 03. (1)

Mercredi 7 février, Vichy fut envahie par une cohorte de tracteurs et d’engins agricoles, bloquant deux voies principales de la cité thermale ainsi que le centre-ville. Agriculteurs et éleveurs sont venus y manifester leur colère après l’avoir fait la veille devant la préfecture à Moulins.

Un Instantané :
— Bonjour Messieurs, pourquoi êtes-vous venus manifester ?
— Bonjour (air exaspéré). À cause de tout. L’Etat, le CETA, le Mercosur. Vous êtes au courant ?
— Oui, j’ai une idée sur la question. Vous voyez mon badge, qu’est-il marqué dessus ?
— Frexit.
— Vous savez ce que ça veut dire ?
— Oui, comme pour les Anglais.
— Oh, très bien ! Vous savez que l’Etat et le gouvernement dont vous vous plaignez ne font qu’obéir aux ordres de Bruxelles, qu’ils n’ont plus aucun pouvoir ? (Sourires). Il n’y a pas d’autre moyen de redresser la situation que de se dégager de ce binz.
Sourires, hochement de tête.
— Au revoir messieurs, je suis solidaire avec vous.
— Merci, Au revoir…
Poignée de main.

La scène s’est produite plusieurs fois, avec des variantes, le long de la rue Jean-Jaurès puis au carrefour des Quatre chemins et, pour finir, autour d’un apéro dans un bistrot en compagnie de jeunes éleveurs.

L’UPR-Allier renouvelle ici toute sa solidarité avec les agriculteurs bourbonnais.

(1) La Montagne, 8 février 2018
(2) Marché commun du sud, qui regroupe plusieurs pays de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, le Brésil et le Venezuela, et auquel sont associés d’autres pays de la même zone géographique, la Bolivie, l’Equateur et le Chili entre autres.

Budget départemental 2018 : vers une dégradation du service au public en Haute-Vienne ?

Les élus haut-viennois ont adopté, jeudi, à la majorité le budget primitif 2018, se pliant de mauvaise grâce aux nouvelles exigences gouvernementales.

ACT HAUTE VIENNE CORREZE CD

Excepté une passe d’armes entre Sarah Gentil (LR) et Sandrine Rotzler (PS) sur le sujet des subventions aux associations, les élus haut-viennois ont réservé, jeudi, leurs piques à l’État et… à la Corrèze!

À L’État qui contraint les 319 collectivités les plus importantes à limiter leurs dépenses de fonctionnement, sous peine de pénalités ; à l’État encore, dont les déclarations des ministres du gouvernement sur le sujet brûlant de la RN 147 les inquiètent ; à l’État toujours, accusé de ne pas jouer le jeu dans le domaine des contrats aidés, quand le président du conseil départemental exige une convention sur ce sujet : « sans convention, il n’y aura pas de financement » prévient Jean-Claude Leblois, qui réaffirme, « comme beaucoup d’autres présidents de départements » son opposition au “pacte de confiance” que les principales collectivités territoriales du pays peuvent signer d’ici au mois de juin prochain.

Jean-Claude Leblois a insisté, dans son discours liminaire, sur le caractère « inédit » de ce budget contraint, avant de reconnaître que « le service va se dégrader. Ceux qui nous vantent le modèle d’un pays sans fonctionnaires font fausse route, d’autant que la France n’est pas championne du monde de la proportion de fonctionnaires. Elle est même loin derrière les pays scandinaves, par exemple » argumente Jean-Claude Leblois.

La Corrèze, enfin, a été la cible de vives critiques, lesquelles ont fait ressurgir des antagonismes anciens, ramassés en une formule, plutôt triviale, peut-être même éculée, que plusieurs élus se sont plu à rappeler : « En Limousin, la Corrèze cause, la Creuse pleure et la Haute-Vienne paie ! »

La Corrèze dans le collimateur


Les positions et les ambitions de la Corrèze ont le don d’agacer les élus haut-viennois. Les oreilles du président du conseil départemental de la Corrèze, Pascal Coste (LR), ont dû siffler, jeudi matin. Les élus haut-viennois n’ont en effet pas ménagé leurs critiques à la Corrèze voisine, accusée notamment d’avoir bénéficié, avec la carte scolaire, d’une « inégalité qui perdure depuis des années ». Le développement du numérique leur a fourni une autre occasion de stigmatiser l’attitude de leurs homologues corréziens et de leur président, suspectés d’avoir voulu faire garantir leurs emprunts par les collectivités membres du réseau Dorsal. « Il ne saurait en être question » a dû préciser son président, Jean-Marie Bost, élu au département.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/institutions/politique/2018/02/09/budget-departemental-2018-vers-une-degradation-du-service-au-public-en-haute-vienne_12733236.html

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À L'État qui contraint...
À  l'État encore...
À l'État toujours...


Et si ces élus se servaient de ce qui est logé dans leur tête pour réfléchir et surtout pour écouter les vidéos de François Asselineau ?
Cela leur permettrait de cibler les vrais responsables, à savoir l'UE et ses dociles serviteurs en la personne du président, du gouvernement, des députés, etc ! S.R. (UPR 87)

vendredi 9 février 2018

Transition écologique : le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau veut convaincre les agriculteurs

Une séquence de forte exposition a débuté pour le député LREM de la Creuse : il jouera un rôle clé dans l’adoption de la loi sur l’alimentation. Jean-Baptiste Moreau s’impose plus que jamais comme une charnière incontournable entre l’action gouvernementale et le monde agricole.

ACT MOREAU CREUSE

En ce moment, il est partout. Jean-Baptiste Moreau, éleveur à Aulon et député La République en marche de la Creuse est très sollicité par les médias nationaux. Ce mercredi, il a été désigné officiellement comme rapporteur de la loi sur l’alimentation.

Serez-vous celui qui parviendra à rallier les agriculteurs à la nécessité de la transition écologique ?

Je peux assumer aussi ce rôle. La place de l’agriculture française sera toujours sur les créneaux de qualité et pas du tout dans la production de masse.

C’est l’esprit du discours du président Macron à Clermont-Ferrand la semaine dernière….

Je ne sais pas si c’est lui ou moi qui l’a inspiré à l’autre (rires), mais on est d’accord. Avec le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, ça se passe très bien, c’est quelqu’un de pragmatique, qui est à l’écoute. Comme mes collègues agriculteurs, j’avais des appréhensions avant de le rencontrer. Il sait ce que sont des contraintes économiques et des contraintes sociétales.

La profession agricole est-elle mûre pour accepter ce basculement vers un autre modèle ?

Il faut y aller, on voit bien que le système actuel ne convient pas. Si les agriculteurs grincent encore un peu des dents, ils ont conscience qu’il n’y a plus d’acceptation au niveau de la société sur certains produits phytosanitaires. On peut continuer à hurler mais, au final, ça nous dessert.

Vous êtes donc favorable à l’interdiction du glyphosate ?

Je ne sais pas personnellement si le glyphosate est dangereux ou pas. Ce qui est sûr, c’est que médiatiquement, la bataille est perdue. Il faut qu’on mette en place des conditions qui permettent de nous passer du glyphosate. C’est un message qui est plus difficile à faire passer chez les céréaliers. Le rapport de l’INRA montre que dans 90 % des cas on peut se passer de ce produit. Il reste 10 %, c’est-à-dire les non-labours et l’agriculture de conservation des sols, là on est dans une impasse technique. On a trois ans pour trouver une solution alternative, mais on ne va pas interdire ces techniques agro-écologiques.

Comment envisagez-vous votre rôle de rapporteur de la loi sur l’alimentation ?

Je vais négocier avec le ministère de l’agriculture et le ministre, les amendements, les modifications proposées par les parlementaires. Je n’ai aucun souci avec le fond de ce projet, je pense qu’on peut l’enrichir dans l’axe de la transition écologique. C’est le travail du législateur d’améliorer les textes de lois tels qu’ils sont présentés par le Gouvernement. Par exemple, on peut éclaircir les procédures à mettre en place autour de la méthanisation.

Les conditions d'abattage du bétail sont bien abordées dans ce texte ?

Oui, il y avait une commission d'enquête sur le sujet lors de la précédente mandature, présidée par Olivier Falorni. Son rapport mentionnait qu'il fallait installer des webcams dans les abattoirs. Proposition qui n'a pas été retenue dans le projet de loi mais qui, je pense, devra être intégrée afin de rassurer le consommateur.

Dans ce projet de loi, qu’est-ce qui vous semble le plus important ?


C’est clairement de ramener de la valeur dans les exploitations agricoles, de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. C’est le cœur du modèle, avec en parallèle l’évolution vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Et ce changement de modèle est vertueux car il va permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leurs productions et pas seulement des aides.

Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?

Il ne faut plus dire : l’alimentation ça ne coûte rien. La part de l’alimentation dans le budget des ménages a considérablement baissé ces dernières décennies. C'est bien, c’était le but de la politique agricole commune mais on ne peut pas descendre en dessous d’un certain prix. Il faut que le consommateur mette en cohérence ses actes d’achat avec ses demandes. Il veut des produits qui respectent l’environnement, plus naturels et donc qu’il paye le juste prix des coûts de production supérieur. Il faut aussi agir sur la marge de la grande distribution.

Ce projet de loi va-t-il assez loin notamment sur les contraintes qui pèseront sur la grande distribution ?

Ceux qui le critiquent vont pouvoir l’amender et ce sera ensuite à moi de négocier avec le ministère s’il y a des propositions intéressantes à reprendre. Je vais être ouvert aux idées de l’opposition comme de la majorité. Ça ira de toute façon un peu plus loin que le projet présenté la semaine dernière en conseil des ministres. 

Recueilli par Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr

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Bel exemple de langue de bois politicarde !
Il ne mérite pas sa place de député et il devrait démissionner ! Voir sa honteuse réponse à la question "Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?"
A aucun moment il ne parle des intermédiaires entre l'agriculteur et la grande distribution !!! Et dire qu'il est Limousin !!
Et si on sortait de l'UE, on pourrait mieux rémunérer les agriculteurs ! Il n'y a pas pensé ?  S.R.

jeudi 8 février 2018

« C’est qui le patron ?!® » La marque qui rend consom’acteur

Consommer autrement et de manière responsable, c’est possible. La marque du consommateur le prouve en proposant une brique de lait équitable qui s’est déjà vendue à 18 millions d’unités en 10 mois. Son cahier des charges et son prix – assurant une juste rémunération aux producteurs – ont été fixés par des consommateurs.

 

PUB LAIT

Après la marque Le Petit Producteur® et le collectif Les Gueules Cassées®, la nouvelle initiative de Nicolas Chabanne fait beaucoup parler d’elle. Le principe : demander au consommateur son avis sur la qualité souhaitée d’un produit et combien il est prêt à payer pour. Une idée qui paraît pleine de bon sens… et qui n’avait pourtant jamais été concrétisée ! C’est aujourd’hui chose faite, en tandem avec Laurent Pasquier, cofondateur du fameux moteur de recherche alimentaire mesGoûts.fr. La brique de lait estampillée à juste titre « C’est qui le patron ?!® » est devenue en quelques mois un véritable phénomène de société… qui fera sans doute des petits à l’étranger. Cette démarche de transparence, qui redonne de la valeur ajoutée au travail des producteurs, place le consommateur face à ses responsabilités.

Une rémunération juste pour le producteur

L’initiative a été lancée en août 2016 par une consultation publique via Internet. Origine du lait, rémunération du producteur, alimentation des animaux, type d’emballage… Plusieurs critères sont proposés à l’internaute pour élaborer le cahier des charges du produit qu’il désire voir commercialisé au juste prix. Au final, 7 850 « consom’acteurs » répondent au formulaire en choisissant majoritairement les critères les plus qualitatifs. Et, notamment, celui d’une rétribution décente pour l’éleveur, qui puisse aussi lui permettre de prendre quelques jours de vacances en se faisant remplacer. « Mais attention », précise Nicolas Chabanne, « ce n’est pas de la charité : pour en moyenne 4 € de plus par an, le consommateur sait qui produit son lait et comment il travaille ; c’est un engagement bilatéral ». Un véritable engouement médiatique et populaire qui s’est fait quasiment sans publicité, grâce au relais des réseaux sociaux et à une action collective.

Un modèle économique gagnant-gagnant

Dans ce climat morose pour la filière française de production du lait, l’initiative a fait du bien à la coopérative de Bresse-Val-de-Saône (Ain), qui regroupe une cinquantaine d’exploitations, dont certaines étaient en grande difficulté. La marque du consommateur leur garantie en effet 39 centimes par litre de lait via la laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH), soit environ 25% en plus du prix consenti par les grands collecteurs de lait français. Et pour le producteur, ces quelques centimes font toute la différence. « Cela montre qu’il est possible de faire différemment », explique Martial Darbon, président de la coopérative. « Aujourd’hui, on peut tabler sur une production mensuelle stable correctement rémunérée. » De son côté, La marque du consommateur prélève 5% sur les ventes, somme qui alimente le développement d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) à laquelle chacun peut devenir actionnaire pour 1€.

De nombreux développement en cours

Si l’enseigne Carrefour a été la première à la proposer en rayon, la brique de lait « C’est qui le patron ?!® » est aujourd’hui disponible dans 8 500 points de vente de la grande distribution (Auchan, Intermarché, Colruyt, Casino, Migros, Cora et Leclerc). Forte du succès de sa première référence, La marque du consommateur vient d’étendre sa gamme avec un jus de pomme et une pizza (en rayon depuis fin avril) et du beurre bio (en rayon le 18 septembre prochain). D’autres produits sont d’ores et déjà en préparation : compote de pommes, crème fraîche, œufs, fruits, jambon, steak haché, yaourts, pâtes, fromage blanc, farine, salade, sardines, soupe de légumes, cookies…

Les questionnaires d’élaboration du steak haché, des pâtes et de la salade sont actuellement en ligne.

 

Logo - C'est qui le patron

 


 

Source :

https://lamarqueduconsommateur.com/

http://agriculture.gouv.fr/cest-qui-le-patron-r-la-marque-qui-rend-consomacteur

https://spotjardinmonsite.com/2018/02/06/bravo-pour-cette-tres-belle-initiative/comment-page-1/#comment-8874

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/c-est-qui-le-patron-nicolas-chabanne-le-vrp-des-terroirs_1945266.html

 

 

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En attendant la mise en oeuvre de la Politique nationale agricole de l'UPR...  P.G.

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lundi 5 février 2018

Les indiscrétions de la semaine en Limousin et Nouvelle-Aquitaine

(...)

ACT LIMOUSIN DEBAT

L’hôpital sous hashtag

Sur Twitter, la guerre à coups de hashtags n’épargne pas le monde de la santé. Au tweet #Balancetonhosto, où soignants et usagers pointaient du doigt les défaillances de leur centre hospitalier, voire réglaient leurs comptes, les établissements répondent désormais par #FierDeMonHopital. Le CHU de Limoges n’échappe pas au phénomène. Et depuis lundi, il a régulièrement alimenté son fil Twitter de messages bienveillants de patients, partenaires, ou de visuels affichant « Fiers de participer tous les jours au service public de santé » ou encore « Fiers, chaque jour, de mettre au monde vos bébés ». Un contre-feu qui entraîne à son tour… des critiques. Bref, #querellesansfin… 

Justice

La configuration choisie pour l’audience de la rentrée solennelle de la cité judiciaire de Limoges a surpris, pour ne pas dire agacé, bien des invités… En raison de salles d’audience bien trop étroites pour accueillir les personnalités publiques, politiques, les officiers de police et de gendarmerie, les avocats, les magistrats de la cour d’appel invités, le choix a été fait de s’installer dans la salle des pas perdus. Mais ladite salle n’est autre qu’un long couloir et seuls les magistrats et greffiers de la cité judiciaire, ainsi que quelques happy-few, ont eu la possibilité de s’asseoir, les autres étant relégués derrière des cordons, debout et tassés. Quelques rires plus ou moins grinçants ont fusé quand le président Benoît Giraud, suivant le protocole, a déclaré l’audience ouverte pour conclure par la formule classique : « vous pouvez vous asseoir ». Pour accentuer l’inconfort de la situation, certains avocats n’ont pas manqué de le prendre au mot…

(...)

Débat ou pas ?

Le fameux débat citoyen sur le thème du « Limousin dans la Nouvelle-Aquitaine » promis par les avocats ne trouve pas de date, l’emploi du temps du président Rousset étant particulièrement chargé. De plus, les avocats n’en n’ont pas fini avec la menace qui pèse sur leur cour d’appel. En coulisse, ils se battent sur les spécialisations des juridictions.

(...)

https://www.lepopulaire.fr/limoges/opinion/institutions/2018/02/04/les-indiscretions-de-la-semaine-en-limousin-et-nouvelle-aquitaine_12727334.html#refresh

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Même pas une minute pour le Limousin ? On notera au passage le titre qui distingue le Limousin et la Nouvelle Aquitaine.: même la presse n'arrive pas à s'y faire!   S.R.

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dimanche 4 février 2018

Le conseiller régional Eric Correia propose de faire de la Creuse le labo de la légalisation du cannabis

La Creuse, paradis de la fumette ? C’est certainement l’idée la plus iconoclaste qui soit arrivée sur le bureau du préfet de ce département. Celui-ci a en en effet été chargé de présenter au gouvernement des propositions d’ expérimentation sur ce territoire hyper-rural. Propositions qui doivent servir de support à un un plan de redymanisation de la Creuse.

ACT CREUSE FUMETTE

L’idée devrait plaire à ceux qui se sont offusqués cet automne en lisant que l’une des pistes du "plan de redynamisation" de la Creuse pourrait-être la construction d’un centre pénitentiaire.

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ». Cette proposition n’a pas été glissée entre deux portes, ni-même sur un post-it : Eric Correia, président de l’ Agglo du Grand-Guéret et conseiller régional de Nouvelle Aquitaine a rédigé une fiche complète et très argumentée sur le sujet à l’attention du préfet de la Creuse. Cet élu socialiste ( qui a pris du recul avec ce parti au niveau local) ne fait « que reprendre un point du programme de Benoît Hamon », tempère-t-il.

Sauf que l’idée d’une «  légalisation » anticipée et donc localisée sur un territoire donné contient la promesse d’effets secondaires significatifs au plan économique. « Si l’on pouvait implanter une production de cannabis encadrée en Creuse, c’est toute l’économie du territoire qui décollerait », s’enthousiasme Eric Correia.

Ce responsable politique est connu pour sa sensibilité rock’n’ roll. Il est notamment à l’origine du festival El Clandestino qui a permis de faire venir Manu Chao en Creuse en juillet 2017 : « personnellement, je ne suis pas consommateur », tient toutefois à préciser le quinquagénaire , qui est aussi soignant de profession. Son argumentaire est en partie axé sur l’intérêt du « cannabis médicinal et thérapeutique, qui permet de diminuer considérablement la consommation d’antalgiques ».

Comme le Colorado, état américain qui tire profit de la légalisation

La Creuse pourrait se positionner comme l’équivalent hexagonal du Colorado ou de la Californie, états américains qui ont légalisé dans un objectif thérapeutique. Reste que la France n’est pas un état fédéral : difficile d’imaginer une légalisation « dérogatoire » et locale, tant le sujet est sensible.

Sur un plan politique et moral, la « fiche action » développe l’argumentaire des pro-légalisation : « En France, malgré la répression de l’usage, 45 % des jeunes ont déjà testé le cannabis contre moins de 30 % aux Pays-Bas où le cannabis est à peu près légalisé de fait. La France est régulièrement en tête des classements européens pour la consommation de cannabis  (…) L’échec est également sécuritaire et judiciaire puisque les interpellations sont en hausse constante pour usage de cannabis et vente illégale alors même que les tribunaux pourraient être avantageusement désengorgés en légalisant le cannabis pour effet récréatif ».

Tant qu’à être iconoclaste, Eric Correia n’exclut  donc  pas l’ « usage récréatif » de son argumentaire. Il envisage  que le tourisme de la fumette pourrait profiter au département, à l’image de ce qui s’est passé au Pays-Bas.

A la base de ce « levier économique », générateur de ressources fiscales ( le cannabis serait légalisé mais évidemment pas détaxé), c’est bien une filière agricole spécifique qui pourrait se développer : «  Si la Creuse ne possède pas de climat tropical, il semble tout à fait possible d’y faire pousser du cannabis pour plusieurs récoltes annuelles », assure l’élu.

Eric Correia va jusqu ’au bout de sa logique : «  C’est plus qu’un pari, c’est une certitude. Le Grand Guéret se tient prêt à relever le défi ». Si l’expérience était circonscrite au Grand Guéret, cela pourrait faire des jaloux sur le plateau de Millevaches. De toute façon, la perspective est encore un peu lointaine. Après le maire d’Aubusson Michel Moine qui demande au préfet de la Creuse d’user de son pouvoir dérogatoire exceptionnel pour conserver la limitation de vitesse à 90km/h sur les radiales qui raccordent Aubusson aux 2X2 voies, Philippe Chopin risque de se sentir débordé par les propositions planantes. Il n’a d’ailleurs pas retenu la proposition d’Eric Correia pour le premier comité interministériel dédié au plan de redynamisation de la Creuse. Le préfet s’est en somme refusé à faire le joint.
Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr/gueret/art-de-vivre-bien-etre/vie-pratique-consommation/2018/02/02/le-conseiller-regional-eric-correia-propose-de-faire-de-la-creuse-le-labo-de-la-legalisation-du-cannabis_12725524.html

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ça tombe bien, j'ai découvert dans mon quartier (à Aubusson) de nouveaux dessins_ graffiti de jolies plantes et quelques "nique la police", sans doute l' anticipation d'un nouvel esprit pionnier en Creuse...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:52 - - Permalien [#]
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samedi 3 février 2018

Emmanuel Macron souhaite le meilleur aux agriculteurs et leur prépare le pire.

info upr auvergne

Le président de la République était  jeudi 25 janvier, à Saint-Genès-Champanelles dans le Puy-de-Dôme, pour présenter ses vœux aux agriculteurs.(1) J’étais avec des adhérents de l’UPR devant les grilles de sécurité où les non-invités restent. Chose prévisible, le Président est passé, vitres teintées fermées, quel dommage ! les gens étaient venus lui parler de leur retraite ou de leur condition d’agriculteur.
M. Macron n’a pas présenté ses vœux devant des agriculteurs, mais face à un parterre d'officiels soigneusement sélectionnés pour percuter frénétiquement leurs paumes de mains lorsqu'on leur fait signe.
  • Personne pour rappeler la situation catastrophique des agriculteurs Français.
  • Personne pour demander au Président d’arrêter de fanfaronner et prendre enfin la question agricole à bras-le-corps.
  • Personne pour lui rappeler que l'Union européenne, de par ses traités, organise la ruine de l’agriculture française.
Avec lui comme Président, je vous souhaite... bien du courage !
Emmanuel Macron, fort de sa connaissance profonde du monde agricole et rural, a formulé des vœux profondément rassurants. Nous vous laissons juger de leur profondeur :
« Faisons printemps, ensemble, pour cette année qui s'ouvre, pour l'agriculture française, pour les femmes et les hommes qui la font parce qu'ils sont courageux et parce qu'il y a aussi, sur ce plan, un formidable territoire de conquête. Je vous remercie » [ndlr : ce n'est pas une plaisanterie mais réellement la clôture du discours officiel du Président]
Il faut vraiment se moquer éperdument des agriculteurs pour applaudir après une telle conclusion.
En 2016, 30% des agriculteurs touchaient moins de 350 euros par mois, 20% d’entre eux étaient en déficit, c'était 15% en 2015. C'est plus de la moitié des exploitations agricoles françaises qui a disparu en 25 ans. Selon le dernier recensement en date de 2015, il reste 474.000 fermes dans l'Hexagone contre plus d'un million à la fin des années 80, et 664.000 en 2000. La superficie moyenne des exploitations s'est accrue nettement ; elle atteignait environ 61 hectares en 2013 contre 43 en 2000. Ce qui veut dire que les petites exploitations mettent la clef sous la porte et se font racheter par des grosses dont le modèle agricole est de plus en plus intensif.
C’est ce que l'UPR ne cesse d'expliquer (2), mais trop de Français l'ignorent encore ; ce que l'on voit en France est exactement le résultat de la politique de l'Union européenne.
Cette politique est gravée dans les traités européens inamovibles (3), elle organise :
  • L'augmentation de la taille des parcelles, donc la destruction des exploitations plus petites.
  • La mise en place d'une agriculture intensive qui ne respecte plus en rien tout ce qui fait une agriculture de qualité respectueuse des terroirs.
  • La baisse du coût de la main d’œuvre dans le monde agricole, donc des saisonniers et ouvriers payés au lance-pierre.
  • La concurrence généralisée des agriculteurs français avec ceux du monde entier. (Par l'article 63 du TFUE)
Mais réjouissons-nous, il est écrit dans l'article 39 du TFUE que les très rares paysans survivants, seront bien payés. Ils ne seront plus qu’une poignée de chefs d'immenses entreprises, gestionnaires d'exploitations similaires aux fermes aux mille vaches ou aux grandes plaines désolantes que l'on peut voir en Amérique.
La France des terroirs vous dites ?
Pourtant, Emmanuel Macron, salue les “Appellations d'Origines Protégées”, citant comme exemple le Saint-nectaire. L'agriculture française doit-elle se réduire à une stratégie de niche ? Les AOP seraient les seuls modèles possibles qui résistent encore à la politique agricole européenne ultra-productiviste ? Créant une France de “zones musées” encerclée de fermes aux mille vaches et de parcelles sans limites.
Et c'est bien là qu’Emmanuel Macron se trahit tout seul. Il fait les louanges des stratégies agricoles qui sortent de la libre concurrence, comme les AOP qui ne peuvent être produites que sur un territoire délimité. Autrement dit, partout où la « libre concurrence » fait loi, l'agriculture française en souffre terriblement. Partout où les stratégies de niche épargnent les agriculteurs du marché commun, l’agriculture se développe. Pourtant nous ne devons pas oublier que les terres de France produisent 80 quintaux à l'Hectare ! (8 tonnes pour 10 000 m²) c'est une très bonne terre. Et malgré cela, la concurrence généralisée mine nos exploitations.
Ce que le Président a oublié de dire hier, c'est que les traités européens l’empêchaient de refuser l’importation massive de céréales ou de volailles produites dans des conditions catastrophiques pour la terre et pour tout ce qui vit autour de ces terres, hommes compris. Ainsi donc, nos agriculteurs ne peuvent que tenter de concurrencer les modèles ultra-intensifs calamiteux et surenchérir dans une agriculture contraire à tous nos principes.
Quiconque connaît un peu l'agriculture sait que les pesticides et les entrants remplacent la main d’œuvre. Quiconque connaît un peu l’économie sait que le coût de la main d’œuvre est déterminant dans le prix des produits. Donc, il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour comprendre que la libre concurrence nous oblige à remplacer nos agriculteurs par des pesticides, du phosphate et du nitrate dans nos eaux… Dans l'élevage, on remplace les éleveurs, par des antibiotiques, des robots et un maximum de souffrance animale.
Si je ne me trompe pas, il y a en France du chômage, nos rivières et lacs subissent une eutrophie rapide à cause des nitrates, les pesticides font beaucoup de mal à notre santé et pourtant, nous promouvons un modèle agricole qui supprime la main d’œuvre et augmente les entrants chimiques... cherchez l’erreur !
Si vous êtes contre la destruction de l'agriculture française par l'Union européenne, vous êtes donc contre la paix, le progrès et le genre humain.
Ce qu'Emmanuel Macron explique, c'est qu'en restant dans l'Union européenne, donc en imposant la concurrence mondiale aux agriculteurs Français, ces derniers doivent se réfugier dans des niches ou dans une course folle à l’ultra-productivisme, parfois perdue d’avance. Il l'a clairement fait comprendre hier :
« Par contre, je sais qu'il y a des modèles productifs qui n'ont plus d'avenir. 
Ça ne sert à rien de concurrencer les poulets brésiliens ou le lait néo-zélandais.
Ça ne sert à rien, [...] Nous n'irons nulle part lorsque sur certaines stratégies
nous ne sommes pas positionnés sur le bon niveau de qualité et que nous avons des
concurrents qui ont fait des choix qui rendent impossible notre vie.
Et ce n'est pas vrai que pour l'agriculture ! [Sic…] Vous avons parfois commis cette
erreur dans l'automobile ou dans d'autres filières.
Et donc nous aurons dans certaines filières des changements stratégiques à faire.
Il faut regarder en face, cette réalité ».
Le summum du progrès et de la civilisation.
Ce n'est pas une réalité, M. le Président, c'est un dogme que vous défendez et que l'Union européenne impose. Vous livrez les agriculteurs Français à la libre concurrence face aux pires modèles agricoles du monde. Sortir de l’Union européenne permettrait tout simplement d’appliquer les normes sanitaires et sociales françaises aux importations.
Finis les brocolis italiens fabriqués par des esclaves africains sans papiers (mais label AB), finis les poulets élevés dans des batteries interminables, gavés aux hormones et au antibiotiques. Finis les céréales transgéniques, le cochon cloné chinois et autres infamies qui nous donnent honte d’être les “maitres” de cette terre.
Si les agriculteurs Français étaient en concurrence avec des productions qui ne pratiquent, ni l’exploitation ignoble des ouvriers agricoles, ni le saccage des terres dans des modèles ultra-productivistes, il y a fort à parier qu’en quelques années, on voie l'agriculture française reprendre du poil de la bête. Mais tant que nous resterons dans l’UE, celle-ci veillera à ce que le nombre d’agriculteurs diminue encore et encore, et la taille des exploitations grandisse encore et encore. Encore une fois, l’UE impose aux Français tout ce qu’ils ne veulent pas.
Être à l'écoute du mal-être des agriculteurs c'est bien, mais lorsqu'on le provoque, il y a une certaine perversité...
Agri’écoute est un dispositif téléphonique mis en place par le gouvernement et la mutuelle sociale agricole, afin que les agriculteurs au bout du rouleau puissent les appeler. Ceci a été mis en place par l’État français pour tenter d’endiguer l’augmentation des suicides dans le monde agricole. Le nombre d'appels auprès de cette permanence au premier semestre de 2016 était de 1.700, soit une moyenne de 285 appels par mois, contre une centaine par mois sur la même période un an plus tôt. Le nombre d’appels est en forte augmentation, signe que les agriculteurs, qui sont tout sauf des fainéants, n’en peuvent plus... On leur souhaitera de penser printemps…
Mathias Masclet
UPR Auvergne
Avec un profond remerciement pour tous les agriculteurs qui m’ont transmis cet amour pour leur travail.
(2) Lire ce dossier de Christophe Blanc, responsable national de l’UPR pour les questions agricoles : https://www.upr.fr/actualite/les-fr...
(3) Il est question ici de l’article 39 du TFUE. Cette politique est inamovible puisqu’il faut l’unanimité des 28 États membres pour changer un seul traité européen.
Paquet bonus : Notre tentative vaine de rencontrer M. Macron pour lui poser deux trois questions https://www.youtube.com/watch?v=EmK...
https://www.facebook.com/notes/mathias-masclet/emmanuel-macron-souhaite-le-meilleur-aux-agriculteurs-et-leur-pr%C3%A9pare-le-pire/541440876211594/

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mardi 9 janvier 2018

Le sentiment d’isolement des Limousins grandit en Nouvelle-Aquitaine

Deux ans après la création de la grande région, nombre de Limousins expriment un sentiment de délaissement territorial. Entre ressenti et réalité, il y a certainement une grande différence qu’il faudra du temps pour quantifier de manière scientifique. Mais à coup sûr le centre de décision n’est plus Limoges…

ACT REFORMES TERR

Le grand débat sur l’avenir de la Cour d’appel de Limoges a mis en lumière un pan, jusqu’alors resté silencieux, des sentiments des Limousins, quant à l’intégration de l’ex-région dans la Nouvelle-Aquitaine.

Abandon, délaissement, mise en marge : quelle que soit la terminologie employée, le résultat est à peu près le même. À tel point d’ailleurs, que les élus de tous bords se sont emparés de la question.

Alain Rousset a ainsi convié les élus de l’ex-Limousin à un dîner à Bordeaux lors de la dernière séance plénière du Conseil régional afin de leur rappeler son souhait « d’équité entre les territoires » dans les politiques régionales engagées.

À Limoges, Emile Roger Lombertie, le maire, et Gérard Vandenbroucke, le premier vice-président du Conseil régional et président de Limoges Métropole se disent prêts à financer une étude afin de mesurer l’impact réel de la réforme territoriale.

« La science dans cette question est prématurée »

Interrogé sur la faisabilité d’une telle étude par Gérard Vandenbroucke, Frédéric Richard, maître de conférences en géographie au Géolab de la faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges, reconnaît l’intérêt pour le chercheur qu’il est, d’une telle étude. « Mais ce n’est pas notre cœur de métier et nous ne sommes pas des spécialistes. Mettre de la science dans ces questions-là, aujourd’hui, n’aurait aucun sens. Ce ne serait que des éléments impressionnistes, de l’intuition confortée par quelques faits et des expériences partagées. Il faut du recul même si le sentiment est un fait et le regard que l’on porte au fait est déjà une valeur. Il faut des outils d’approche quantitative des politiques publiques. »

Pour autant, selon lui, il y a bel et bien un « un sentiment de marginalisation. Il est logique qu’il s’exprime aujourd’hui. C’est assez mécanique du point de vue du géographe. Le Limousin est ce que nous appelons une marge de l’intérieur du pays. Quand il était en périphérie de Paris, il existait une sorte de compensation, pas que symbolique, qui était l’existence d’un statut de région et pour Limoges de métropole régionale qui était fondé, presque exclusivement, sur l’exercice du pouvoir. Cela nous mettait au même rang que Bordeaux, Nantes, etc. C’était complètement artificiel mais offrait le privilège d’être, ce que j’appelle, une métropole du vide. Ce pouvoir a été supprimé au profit d’une capitale régionale avec laquelle, du point de vue des flux, de l’orientation des appareils productifs, il n’y avait que très peu de liens. On est donc en marge de Paris et d’une capitale régionale très éloignée, que les gens ne connaissent pas et étrangère à leur mentalité ».

Infographie : Philippe Chapelle

Généralement, ce sentiment de mise en marge est particulièrement vrai dans les territoires ruraux mais il est aussi le propre des zones qui manquent d’une identité forte. « La décentralisation des années 1980 a construit une relation de centre périphérie entre Limoges-Haute-Vienne et le reste du Limousin. Sauf que l’accès ou la proximité au pouvoir était tout autre. Il y a une identité limousine et les contours collaient aux limites historiques ».

 

Près d’un Français sur trois estime vivre dans un territoire délaissé



Ce n’est pas propre aux Limousins. Près d’un Français sur trois (*) s’estime délaissé par les pouvoirs publics : 20 % ont « plutôt » le sentiment de l’être et 8 % en sont convaincus. 33 % estiment ne « pas du tout » habiter dans un territoire délaissé et 39 % « plutôt pas ». Malgré tout, près de neuf sur dix sont satisfaits de leur cadre de vie quotidien.

Cette étude réalisée en octobre 2017 par le Credoc, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie pour le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), montre en outre que ce sentiment de délaissement est particulièrement prégnant dans les communes situées en dehors des zones d’influence des grandes aires urbaines.

Le délaissement lié aux conditions sociales

Il est aussi lié à la situation sociale et économique des individus. Les plus pauvres (36 %), les non diplômés (33 %) et les chômeurs (39 %) ont plus souvent ce sentiment, y compris lorsqu’ils vivent dans les territoires les plus favorisés.

Pour autant, les personnes estimant vivre dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics n’envisagent pas plus que les autres de déménager : 35 % aspirent à changer de ville dans les cinq prochaines années. 39 % pensent qu’il leur serait plus facile de mener à bien leurs projets de vie s’ils vivaient dans une autre ville, un autre département, ou une autre région.

Paradoxe, 72 % des personnes interrogées se disent très attachées à leur région. Envisager un déménagement est également très lié à la confiance en l’avenir que chacun porte. Parmi ceux qui pensent que leurs conditions de vie vont beaucoup se « dégrader », la part de celles qui souhaitent déménager dans une autre est près de deux fois moins moindre par rapport aux optimistes. Or, à sexe, âge et niveau de diplôme égal, changer de département n’est pas un atout au retour à l’emploi.

S’ils ont le choix, les Français optent pour « un développement du territoire permettant à chacun de réaliser ses projets de vie là où ils résident ». Un quart des interrogés privilégie des aides à la mobilité. Quant aux attentes des Français ayant le sentiment de vivre sur un territoire délaissé, elles sont nombreuses : favoriser l’installation de nouvelles entreprises (44 %), améliorer l’offre de santé (40 %), améliorer l’offre de services publics (33 %), construire davantage d’équipements de loisirs et de culture (28 %), augmenter l’offre de commerce (27 %). 

(*) L’étude du Crédoc a été menée auprès de 2.000 personnes, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/01/08/le-sentiment-disolement-des-limousins-grandit-en-nouvelle-aquitaine_12692503.html

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On se demande bien quel serait l'intérêt de financer une étude spécifique sur l'impact des réformes territoriales pour aboutir à ce que tout le monde sait: c'est un désastre! D'autant qu'on n'a pas jugé utile de consulter les populations AVANT de les mettre en oeuvre.

Le point de vue que nous défendons depuis le début est que ces réformes n'ont été motivées que par des impératifs idéologiques et géostratégiques émanant des institutions bruxelloises. L'objectif, démanteler progressivement les nations européennes et favoriser l'émergence de nouvelles identités territoriales au détriment de toutes les identités locales d'origine et, bien sûr, nationales.  SR/P.G

OUTIL FL EUROREGIONS

dimanche 17 décembre 2017

"Débat citoyen": La cour d’appel de Limoges fut au cœur des débats, au détriment de l’avenir du Limousin

Le débat-citoyen initié par les avocats limousins sur l’avenir de la cour d’appel de Limoges et celui du Limousin a rassemblé, jeudi soir, au Musée de la Résistance, près de 300 personnes.

ACT VINCENT LIMOGES DEBAT

(...) Si la génèse de la réforme judiciaire et les conséquences de la possible suppression de la cour d’appel de Limoges ont été parfaitement détaillées par le bâtonnier de Limoges, maître Abel-Henri Pleinevert, l’avenir du Limousin, lui, n’a été que très peu évoqué. Les politiques ayant eux-mêmes plusieurs fois recadré le débat sur le seul avenir de la cour d’appel. Se sentant probablement dépossédé de ce fameux débat, un homme enroulé dans un drapeau aux couleurs de l’ex-Limousin a lancé furieux : « Il n’y a que des politiques qui parlent ».

Défendre une idée  du territoire

Pourtant les auditeurs venus, ici, certes pour défendre la cour d’appel mais aussi une certaine idée de leur territoire sont restés sur leur faim. Peut-être le signe qu’un nouveau débat ne serait pas inutile ?

Robert Savy a pourtant tenté d’évoquer à nouveau les propositions qu’il avait faites quelques semaines plus tôt avec son compère Jean-Claude Peyronnet, lui aussi retraité de la politique. Il a évoqué tout de même sa satisfaction amusée « que la cour d’appel soit menacée car jusqu’ici Jean-Claude Peyronnet et moi étions consternés par le silence des élus limousins face au processus du déclin de notre région. J’ai l’impression que ce soir, le Limousin et ses habitants se réveillent. Ce réveil est massif et réconfortant », souligne-t-il. Applaudi longuement, il est incontestablement celui qui a porté la voix de la foule.

La proposition, comme point de départ de la reconquête du pouvoir en Limousin, de faire un état des lieux des conséquences de la réforme est revenue sur la table et affinée jeudi soir. Notamment par l’idée de Robert Savy - encore - « d’un financement de la Ville, de la Métropole, du conseil départemental de la Haute-Vienne et pourquoi pas ceux de la Creuse et de la Corrèze ». Rien n’a été acté. « Faites une étude messieurs les politiques mais faites la correctement. Les chiffres c’est bien, mais pensez au qualitatif », exige de son côté une citoyenne.

Si les inquiétudes comme celles concernant le centre autiste ont été écoutées, la volonté d’élargir le débat par un homme dans l’assistance proposant la création d’une association de citoyens a été balayée rapidement. Finalement, aucune proposition n’est sortie. Deux vœux, ont toutefois été émis du fond de la salle : « J’espère que la cour d’appel de Limoges sera sauvée mais j’espère aussi que vous allez continuer à nous défendre ». Les avocats l’ont promis dès l’origine de la mobilisation, ils seront les avocats de tout le territoire. Ils sont attendus là-dessus aussi.

http://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2017/12/15/la-cour-dappel-de-limoges-fut-au-cur-des-debats-au-detriment-de-lavenir-du-limousin_12670599.html

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Un grand merci à nos militants de Haute- vienne qui ont tenté, en vain, de mettre dans le débat les vraies questions de fond concernant l'avenir du Limousin, à commencer par les conséquences désastreuses de la loi NOTRe, soutenue par les politiciens présents dans la salle. Comme d'habitude les "échanges" ont été soigneusement "recadrés" par la tribune, qui avait une conception originale de ce que peut être un vrai "débat- citoyen". L'intervention de Ned Suraj SUKHDEO, candidat UPR aux denières élections législatives a été vite étouffée. Bravo à Vincent pour son idée de drapeau du Limousin et son intervention remarquée, y compris par la presse!   P.G.

jeudi 14 décembre 2017

« Le Limousin est-il en train de mourir ? » Rappel: réunion publique aujourd'hui à Limoges!

« Le Limousin est-il en train de mourir ? », l'un des thèmes du débat-citoyen organisé jeudi 14 décembre

ACT REUNION LIMOGES

A l'initiative des avocats limousins, un débat-citoyen est organisé jeudi 14 décembre à 18 heures à l'espace CITE de Limoges. Au programme l'avenir de la Cour d'appel et du Limousin. 

« Pourquoi fermer la Cour d’appel de Limoges ? », « Le Limousin est-il en train de mourir ? » seront les thèmes abordés, jeudi 14 décembre, lors d'un grand débat-citoyen organisé à l'initiative des avocats des barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle.  « Les élus seront les bienvenus avec leurs idées et propositions. Viendront aussi ceux qui se sentent concernés par notre avenir et celui de nos enfants en Limousin », souligne le communiqué de presse annonçant le rendez-vous. Pas de cartons d'invitation donc..., il faut dire, en effet, que ce débat se prépare depuis plusieurs semaines maintenant.

L'idée du grand débat citoyen est née lors de la première « réunion de crise » qui a rassemblé les avocats  des barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle (le 20 novembre) pour défendre leur cour d'appel menacée. Ce jour-là, Richard Doudet soulignait « c'est à notre tour, avocats d'être touchés, mais c'est le territoire entier qui est concerné. Nous serons les avocats de ce territoire. La défense, c'est notre métier, c'est ce que nous savons faire. Il faut que notre cour d'appel devienne notre Chemin des Dames. Nous sommes le dernier rampart. Il faut stopper l'hémorragie vers Bordeaux.  »  

Depuis ce jour et « n’ayant obtenu aucune garantie ni aucune réponse à nos inquiétudes relatives au projet de fermeture de la Cour d’appel de Limoges », les barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle entendent interpeller publiquement la population du Limousin et les élus « sur les conséquences graves de ce projet ».

« Conscients que cette volonté du ministère s’inscrit dans un vaste mouvement de réforme de l’Etat au préjudice des territoires et plus particulièrement des 700.000 habitants du ressort de la Cour d’appel de Limoges, les avocats veulent réveiller les Limousins et provoquer des initiatives salvatrices afin qu’un sursaut collectif marque un arrêt brutal à ce qui s’apparente à une grave hémorragie de notre dynamisme local. »

La population, les élus, tous les acteurs économiques sont donc appelés à venir débatte jeudi 14 décembre à 18 heures à l’espace CITE, 7, rue de la Providence à Limoges (entrée libre).Les préconisations de Robert Savy et Jean-Claude Peyronnet (à gauche) pour la région Limousin présentées le 28 novembre

Robert Savy, ancien président du conseil régional du Limousin et Jean-Claude Peyronnet, ancien président du conseil général de la Haute-Vienne n'ont pas attendu ce rendez-vous pour faire des propositions pour sortir le Limousin du déclin. Leurs propositions de fusionner les trois départements de l'ex-Limousin et de faire de Limoges une métropole seront à n'en pas douter débattues...

Parmi les hommes et femmes politiques attendus jeudi 14 décembre, il y aura évidemment Robert Savy et Jean-Claude Peyronnet mais aussi Emile Roger Lombertie (maire de Limoges), Gérard Vandenbroucke (président de Limoges Métropole), Valérie Simonet (présidente du conseil départemental de la Creuse) est ce jour-là retenue à Cahors.

http://www.lepopulaire.fr/limoges/institutions/politique/2017/12/08/le-limousin-est-il-en-train-de-mourir-l-un-des-themes-du-debat-citoyen-organise-jeudi-14-decembre_12661659.html

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« Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer.
 Que dis-je? Quand on l'approuve et qu'on y souscrit. »
OEuvres complètes de Bossuet vol XIV,
Jacques B. Bossuet, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145.

OUTIL FL EUROREGIONS

J'invite tous les militants disponibles à se rendre à cette réunion, car il est important d'expliquer à nos concitoyens qu'on ne peut pas d'un côté approuver les réformes territoriales imposées par l'UE, voire les anticiper (propositions de fusion de départements...) et "en même temps", se lamenter des conséquences de ces funestes politiques! La disparition programmée du Limousin au profit de la "Nouvelle Aquitaine" n'est pas une lubie de quelques gouvernants égarés, mais le fruit d'une idéologie politique visant à faire disparaître les états- nations d'Europe au profit d'un système fédéral d'euro- régions pilotées directement par bruxelles (et Washington...).

P.G.