Liens vers l'actualité parue dans la presse ou d'autres blogs politiques

mardi 24 octobre 2017

Rohingyas: Washington annonce des mesures punitives contre l’armée birmane

Les Etats-Unis ont annoncé lundi réduire encore davantage leur aide aux unités birmanes et aux officiers impliqués dans les violences contre la communauté musulmane des Rohingyas, à l'origine d'un exode massif.

1066772-des-refugies-rohingyas-attendent-une-aide-alimentaire-au-camp-de-nayapara-le-21-octobre-2017-a-tekna

La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a annoncé une série de mesures punitives comme la suspension de l'examen des dispenses de voyage pour les hauts responsables militaires birmans et l'annulation des invitations faites aux hauts responsables des forces de sécurité birmanes pour assister à des manifestations parrainées par les Etats-Unis. «Il est impératif que toute personne ou entité responsable d'atrocités, y compris les acteurs non-gouvernementaux et les justiciers, soit tenue responsable», assure la porte-parole, annonçant de nouvelles mesures «en plus des restrictions existantes» vis-à-vis des forces armées birmanes et de l'embargo américain «de longue date sur toutes les ventes de matériel militaire». Les Etats-Unis ont aussi annoncé étudier la mise en place de «mesures économiques ciblées contre des individus liés aux «atrocités».

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580 000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. Cette crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police fin août, entraînant une répression sévère de l'armée. (Photo AFP).

http://www.liberation.fr/direct/element/rohingyas-washington-annonce-des-mesures-punitives-contre-larmee-birmane_72680/


 

Voir notre article:

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/23/35795371.html

BASE 14 995X225

Posté par UPR Creuse à 09:19 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Malte : «Un gang criminel a pris le contrôle de l’Etat»

Une semaine après l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui dénonçait la corruption, la société civile est sous le choc. Les soupçons pèsent tantôt sur le gouvernement, tantôt sur le parti d’opposition. Une marche lui a rendu hommage dimanche à La Valette.

1066492-candles-burn-to-commemorate-the-killed-investigative-journalist-daphne-caruana-galizia-in-berlin«J’ai pleuré.»Manuel Delia raconte avec émotion le moment où il a appris la mort de Daphne Caruana Galizia. «Elle a longtemps été une héroïne pour moi. Depuis quelques mois, elle était devenue un mentor», confie le blogueur, venu jeudi à La Valette, la capitale de Malte, prendre part à une manifestation de plusieurs dizaines de journalistes pour le respect de la liberté d’expression. A côté de lui, face aux hautes colonnes du tribunal de Malte, un parterre de bouquets et de bougies rend hommage à Daphne Caruana Galizia, morte dans l’explosion de sa voiture dans l’après-midi du 16 octobre. Vers 15 heures, la journaliste maltaise de 54 ans, mère de quatre enfants, n’a le temps de faire que quelques mètres sur la route depuis son domicile, dans le village de Bidnija, avant qu’une bombe placée sous la voiture, très sûrement commandée par un téléphone portable, ne mette feu à son réservoir d’essence. Son fils, Matthew, arrive peu après la police sur les lieux. «Je n’oublierai jamais quand, courant autour de ce brasier infernal, […] j’ai essayé de trouver un moyen d’ouvrir la portière, le klaxon de la voiture hurlant toujours, criant à deux policiers, venus avec un seul extincteur, de l’utiliser, raconte le jeune homme sur Facebook. J’ai regardé au sol et il y avait des morceaux de ma mère partout autour de moi.»

«Mafieux»

Daphne Caruana Galizia était une personnalité à part dans le pays. Issue de la haute société et mariée à un avocat de renom, elle devient l’une des premières éditorialistes politiques à Malte dans les années 90. En 2008, frustrée par les limites imposées par les médias conventionnels, elle crée son blog, Running Commentary. Avec 400 000 pages vues par jour, son audience atteint celle des sites des plus grands journaux de l’île. Libre dans le ton comme dans la forme, la blogueuse alterne enquêtes fouillées sur la corruption, le trafic d’êtres humains ou de pétrole, et commentaires mondains sur la tenue d’un tel ou la liaison extraconjugale d’un autre. Elle disait s’appuyer sur un «réseau d’espions». Une de ses cibles préférées : le Premier ministre, Joseph Muscat, et son Parti travailliste (centre gauche), à la tête du pays depuis 2013.

En 2016, dans le cadre des Panama Papers, Daphne Caruana Galizia révèle l’existence de sociétés offshore détenues par Keith Schembri, le chef de cabinet du Premier ministre, et par Konrad Mizzi, le ministre de l’Energie. En avril 2017, elle accuse cette fois la femme de Muscat d’être la bénéficiaire d’une société-écran domiciliée au Panamá, sur les comptes de laquelle un million de dollars aurait été versé par la fille du président du régime ultra-autoritaire azerbaïdjanais, Ilham Aliyev.

Le couple Muscat dément, accusant la journaliste d’avoir été manipulée par une lanceuse d’alerte russe travaillant dans la banque par où aurait transité l’argent. La justice ouvre alors une enquête, et Muscat convoque des législatives anticipées, qu’il remporte de nouveau en juin. Entre-temps, la lanceuse d’alerte a quitté le pays après avoir témoigné devant la justice. Et lundi, Daphne Caruana Galizia a été tuée…

Aujourd’hui, alors que les fourgons et les hommes en combinaison blanche de la police scientifique ont quitté les lieux, le cratère provoqué par la violence de l’explosion est toujours visible sur le sol de cette région aride du nord de Malte. Malgré ce drame, les manifestations populaires en hommage à la blogueuse ont été rares dans ce pays de 450 000 habitants. Le sujet a rapidement été récupéré dans des joutes politiques entre les partisans des deux principales formations politiques : le Parti nationaliste (NP, de centre droit et membre du Parti populaire européen) et le Parti travailliste. Daphne Caruana Galizia étant ouvertement une supportrice du premier*, les leaders du NP n’ont pas hésité à reprendre les propos de la famille de la journaliste et accusé le gouvernement d’être un «Etat mafieux», responsable, selon eux, et au moins indirectement, de l’assassinat de la quinquagénaire. «La corruption est largement répandue dans les plus hautes sphères de l’Etat, confie Michael Briguglio, sociologue, conseiller local NP et tête de proue du Réseau société civile. A Malte, nous ne sommes pas habitués à ce genre de violence. Mais l’an dernier, nous avons eu cinq explosions de voiture de ce type. Le gouvernement actuel ne protège pas les citoyens, mais seulement un gang de politiciens au pouvoir.»

«Sorcière»

En riposte, l’exécutif accuse ses opposants d’accentuer les divisions dans la société, que beaucoup caractérisent déjà de «tribale», à un moment où l’unité devrait sinon primer, du moins s’afficher. Dans les magnifiques bâtiments de l’auberge des chevaliers de Castille, qui abrite les bureaux du Premier ministre, Kurt Farrugia, son directeur de la communication n’hésite pas à avancer : «Depuis quelques mois, Daphne Caruana Galizia avait commencé à publier des articles à charge contre le nouveau leader du Parti nationaliste (NP), Adrian Delia, l’accusant d’être mêlé à des réseaux de prostitution à l’étranger ainsi qu’à du blanchiment d’argent.» Il y a quelques semaines, la journaliste a déclaré recevoir des menaces de membres du NP et a demandé une protection policière. Sans succès.

«Nous savions que Daphne Caruana Galizia pouvait être attaquée à cause de ce qu’elle écrivait, nous recevons tous des menaces. Mais je n’aurais jamais pensé que ça pourrait aller aussi loin», soupire Saviour Balzan, journaliste et cofondateur du média Malta Today, qui se décrit lui-même comme un des plus anciens critiques de la blogueuse. «Elle s’est fait beaucoup d’ennemis car elle n’hésitait pas à attaquer personnellement les gens, moi y compris, raconte-t-il. Elle lançait parfois des rumeurs sans fondement. La dernière fois que je l’ai vue, l’an dernier, elle est venue à mon bureau pour s’excuser de ce qu’elle avait écrit sur ma famille et moi.» Sa mort brutale stupéfie autant que la personnalité de la blogueuse, sous le coup de 42 procès pour diffamation, divise. «Personne n’aimait tout ce qu’elle écrivait, mais beaucoup de gens reconnaissent le rôle important qu’elle jouait, dit à Libération Justin Borg-Barthet, professeur maltais de droit européen à l’université d’Aberdeen en Ecosse, qui a travaillé à plusieurs reprises avec Daphne Caruana Galizia. Elle se voyait comme au service de la population et n’hésitait pas à révéler la corruption autour du gang criminel qui a pris le contrôle de l’Etat

Corruption. Le mot arrive toujours très rapidement dans les conversations sur l’île. Selon un sondage Eurobarometer de 2013, 83 % des répondants maltais considèrent la corruption largement répandue dans le pays, et 29 % assurent que cela les touche dans leur vie quotidienne. Marco, accoudé au bar de son restaurant dans le centre de La Valette, le reconnaît, à sa manière : «Bien sûr qu’il y a de la corruption, mais dans les deux partis et on ne peut rien y faire. En tant que citoyen maltais, que le Premier ministre reçoive des pots-de-vin de dirigeants étrangers ne me concerne pas. Ce n’est pas l’argent public qui est gaspillé.» En 2014, un rapport de la Commission européenne a laissé entendre l’ampleur du phénomène. Entre 1995 et 2014, Malte aurait ainsi perdu, tous les ans, au moins 11,67 % de son PIB, soit 1,25 milliard de dollars à cause de la corruption. Et l’économie parallèle représenterait un cinquième du PIB.

Ce sont ce type de fraudes qui ont poussé Marlene Farrugia à quitter en 2015 le Parti travailliste, pour lequel elle avait pourtant été candidate. «Le gouvernement de Muscat utilise tous les moyens possibles pour obtenir des votes, comme délivrer des permis de construire et des emplois publics juste avant les élections, assure la députée, qui a fondé, en 2016, le Parti démocratique. Leur machine de propagande est très puissante. J’ai été violemment attaquée personnellement, par un membre du cabinet du Premier ministre sur son site web. Comme Daphne, j’ai été traitée de sorcière La femme politique, par ailleurs dentiste, a aussi reçu de nombreuses menaces. «Vous avez peut-être en face de vous une femme bientôt morte, mais cela ne me fait pas flancher, lance Marlene Farrugia, assise dans le hall du Parlement maltais. Le gouvernement a démantelé les institutions de notre pays. Depuis 2013, cinq commissaires de police ont démissionné ou été renvoyés. Les contre-pouvoirs sont anesthésiés Au début du mois, le plus haut magistrat de Malte, Silvio Camilleri, a justement accusé le ministre de la Justice et la police de ne pas faire respecter l’Etat de droit. Le Premier ministre a répondu n’être «pas d’accord avec son interprétation».

Récompense

Une semaine après le meurtre de Daphne Caruana Galizia, les fleurs s’accumulent toujours devant le tribunal de La Valette. L’enquête n’a pas apporté d’indices à ceux qui dénoncent un crime politique. Avec l’aide d’agents du FBI, de Scotland Yard, de la police danoise, et bientôt d’Europol, les enquêteurs maltais tentent de reconstituer les dernières minutes avant que la journaliste ne monte dans sa voiture de location.

Pour prouver sa volonté de faire avancer cette «affaire d’une extraordinaire importance», le Premier ministre a promis une récompense d’un million d’euros à qui apporterait des informations significatives aux enquêteurs. De son côté, David Thake, un journaliste proche de Daphne Caruana Galizia, a lancé une campagne de crowdfunding pour tenter de rémunérer des gens susceptibles de lui donner des informations sur l’assassinat de son amie. Après quatre jours de collecte, il avait réuni 26 500 dollars (environ 22 500 euros). Dimanche, à l’appel de la société civile, des médias et des différents partis qui promettent de ne pas politiser l’occasion, une grande marche a rassemblé des milliers de Maltais dans les rues de La Valette. Avec ce slogan, brandi sur les pancartes et à la une des journaux : «Daphne, ta plume a été réduite au silence mais ta voix survivra.»

Aude Massiot Envoyée spéciale à Malte

http://www.liberation.fr/planete/2017/10/22/malte-un-gang-criminel-a-pris-le-controle-de-l-etat_1604971


 

*Donc, contrairement à ce qu'affirme Libé, Daphne Caruana Galizia n'était pas si favorable au NP que ça puisqu'elle craignait des représailles de ce côté également. Elle agissait tout simplement en femme libre et en vraie journaliste...P.G.

FREXIT CLAVIER

Posté par UPR Creuse à 09:06 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Macron hilare quand son chien se soulage sur les meubles de l'Elysée

L'Elysée est le symbole de la présidence de la République, lieu où le président, représentant du peuple par excellence, doit défendre ce dernier au jour le jour, et défendre l'image de la France à l'international. Que le chien de Macron urine sur les meubles de l'Elysée, voilà donc tout un symbole de la considération du locataire de l'Elysée pour la fonction. D.P.


Animal. Le labrador noir croisé griffon du couple présidentiel a bruyamment interrompu la réunion entre le président de la République et trois membres du gouvernement.

SIPA_00820346_000010Il semblerait que le chien présidentiel, Nemo a l'habitude d'assister aux réunions de son maître. Il est même capable de les interrompre, à sa manière.

Alors qu'Emmanuel Macron s'entretenait avec trois membres de son gouvernement (Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, et Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire), son labrador noir a décidé de se soulager sur…une cheminée de l'Élysée.

“Il est en train de faire un truc assez  extraordinaire”

Face à cette scène, captée par les caméras de TF1 et publiée ce dimanche 22 octobre par LCI, Emmanuel Macron a eu une étonnante réaction. Au lieu de gronder l'animal, le chef de l'Etat s'est mis à rire avec ses ministres. “Alors... il est en train de faire un truc assez  extraordinaire...”, s'est-il exclamé comme si son chien avait fait un tour impressionnant. “Cela arrive souvent ?”, a demandé Julien Denormandie. Le chef de l'Etat a assuré : “Vous avez déclenché chez mon chien un comportement totalement inhabituel”. Reste à espérer, pour les meubles historiques du palais de l'Elysée, que ce soit vraiment le cas… 

https://www.valeursactuelles.com/politique/video-macron-hilare-quand-son-chien-se-soulage-sur-les-meubles-de-lelysee-89979

Posté par UPR Creuse à 08:31 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Londres se paye Macron après ses critiques contre le Brexit : “il a totalement tort !”

Critique. Le ministre du Commerce britannique n'a pas tardé à réagir aux critiques d'Emmanuel Macron...

SIPA_ap22119080_000050

Le ministre du Commerce britannique Liam Fox l'a affirmé hier : si les négociations pour le Brexit se font toujours avec autant de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors le pays, qui souhaite redevenir souverain, sortira de l'UE... sans accord.

Jamais avare d'un commentaire, le président français Emmanuel Macron avait jugé cette hypothèse irréalisable, parlant de “bluff” et de “fausse information”.

Il fait la leçon à Theresa May

En conclusion de ce conseil européen qui s'est tenu le week-end dernier, Emmanuel Macron n'a pas hésité à déclarer : “Le problème aujourd'hui de Theresa May, c'est que celles et ceux qui ont prôné le Brexit n'ont jamais expliqué au peuple britannique quelles en étaient les conséquences (...) Qu'il y ait du bruit, du bluff, des fausses informations des uns et des autres acteurs secondaires ou spectateurs de cette discussion, c'est, si je puis dire, la vie des affaires ou la vie des médias”.

Le ministre du Commerce britannique se paie le président français

“Il a totalement tort” : c'est par ces mots que Liam Fox, invité de la télévision anglaise, a interprété les propos d'Emmanuel Macron, confirmant qu'une sortie sans accord était bien une option envisagée, tout en précisant que ce ne serait pas “un scénario catastrophe”.

https://www.valeursactuelles.com/monde/londres-se-paye-macron-apres-ses-critiques-contre-le-brexit-il-totalement-tort-89999

Posté par UPR Creuse à 08:21 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

lundi 23 octobre 2017

Italie : très large victoire pour les autonomistes, ternie par un piratage informatique

Avec respectivement 95% et 98% de «oui», les habitants de Lombardie et de Vénétie ont approuvé lors d'un référendum une autonomie accrue pour leurs régions. Une attaque de hackers a toutefois ralenti la publication des résultats.

ACT ITALIE LOMBARDIELes riches régions italiennes de la Vénétie et de la Lombardie ont voté le 22 octobre à une écrasante majorité en faveur d'une plus grande autonomie, avec une participation suffisamment importante pour leur donner un pouvoir de négociation face à Rome.

Selon les chiffres quasi définitifs, les électeurs ont voté à 95% en faveur du «oui» en Lombardie et à 98% en Vénétie. La participation était elle estimée à respectivement quelque 40% et 57%. Le président de la Lombardie, Roberto Maroni, avait indiqué qu'une participation supérieure à 34% serait un succès. En Vénétie, le scrutin n'était valide que si un quorum de 50% était dépassé.

Le président de la Vénétie, Luca Zaia, a évoqué un «big bang» institutionnel, soulignant que la volonté d'autonomie était partagée «par une population entière» et non portée par un seul parti. Il a toutefois vu la victoire de son camp quelque peu ternie par une attaque informatique. «Nous avons trois niveaux de sécurité, les hackers en ont atteint deux», a-t-il déclaré en annonçant les résultats, expliquant ainsi le retard de leur publication intégrale : «Pour le moment, nous sommes un peu bloqués, nous téléphonons à chaque commune.»

Une victoire attendue du «oui»

Les électeurs devaient dire s'ils souhaitaient que leur région dispose de «formes supplémentaires et conditions particulières d'autonomie», selon la formule inscrite dans la Constitution. La nature et l'ampleur de cette autonomie doit désormais être négociée avec Rome puis validée par le Parlement.

Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord, ancien parti indépendantiste désormais promoteur de réformes autonomistes, s'est félicité que des millions d'électeurs aient demandé «une politique plus proche, plus concrète et efficace, moins de bureaucratie et de gâchis».

Le «oui» avait aussi le soutien de Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite), du Mouvement Cinq étoiles (eurosceptique et anti-système) et de plusieurs syndicats et organisations patronales. Le Parti démocrate (centre gauche, au pouvoir au niveau national) n'avait pas donné de consigne, mais nombreux étaient les ténors dans ses rangs à avoir soutenu le «oui».

https://francais.rt.com/international/44865-italie-tres-large-victoire-pour-autonomistes-ternie-attaque-informatique


 

Voir aussi cet article paru juste avant le scrutin, et qui éclaire la situation:


 

Référendums en Lombardie et en Vénétie : vers une vague séparatiste en Italie ?

Deux riches régions italiennes organisent le 22 octobre un référendum pour une autonomie accrue. Alors que tous les regards sont tournés vers la Catalogne, à quoi faut-il s'attendre et que révèle cette tendance européenne ?

Alors que les remous causés par les velléités indépendantistes de la Catalogne sont au centre de l'actualité, deux référendums d'autonomie sont organisés le 22 octobre prochain en Italie. Le premier concerne la Lombardie, le second la Vénétie. Si le parallèle avec la situation en Espagne est tentant, le contexte, les modalités et les enjeux de ces deux consultations offrent en réalité le parfait contre-exemple du référendum catalan.

Le président de la région Vénétie, Luca Zaia, membre de la Ligue du Nord, un parti qui revendiqua longtemps l'indépendance de la partie septentrionale du pays, est l'un des plus ardents promoteurs de la consultation. Autonomiste convaincu, il a trouvé un soutien de poids en la personne de Roberto Maroni, président de la Lombardie et membre du même parti. Dans une démarche conjointe, les deux hommes sont ainsi parvenus à obtenir que soit organisé le même jour dans leurs régions respectives un référendum pour obtenir davantage d'autonomie, notamment en matière fiscale. Pour ce parti créé à la fin des années 1980 et ayant longtemps peiné à s'implanter dans le paysage politique transalpin, le succès de cette démarche revêt les apparences d'une victoire symbolique.

En apparence, tout porterait donc à croire que la Ligue du Nord, perçue par la majorité de ses opposants politiques comme appartenant à l'extrême droite, trouverait dans l'épisode catalan une inspiration roborative – et une occasion d'inscrire son combat politique dans une dynamique plus large. Et pourtant, Luca Zaia s'est montré on ne peut plus formel : «Tout parallèle avec la Catalogne est une tentative fourbe de décourager le vote en faveur du oui.» 

«Les similarités avec la Catalogne sont minimes, le sentiment indépendantiste n'est pas très diffusé» dans ces deux régions, explique Nicola Lupo, professeur de droit constitutionnel à l'université Luiss de Rome interrogé à ce sujet par l'AFP. Au-delà de la simple différence de sentiment entre les deux pays, c'est avant tout l'impression de désordre et la violence suscitées par l'épisode catalan qui fait craindre à la Ligue du Nord qu'un parallèle entre les deux mouvements ne desserve leur cause.

Face à une quasi-unanimité, quels enjeux concrets ?

Dans les faits, les référendums du 22 octobre, organisés dans le respect de la constitution italienne, ne poursuivent pas les mêmes objectifs que la consultation interdite par la justice espagnole du 1er octobre en Catalogne. Loin des profondes dissensions entre Madrid et Barcelone, Milan et Venise veulent afficher leur bonne entente avec Rome et souligner le sérieux de leurs aspirations.

Les partisans du «oui» ne veulent d'ailleurs pas apparaître comme marginaux et tiennent à souligner l'existence d'un relatif consensus pour soutenir l'autonomie accrue : outre la Ligue du Nord, Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (classé à droite), le Mouvement Cinq étoiles de Bepe Grillo, qui se revendique anti-système et eurosceptique, des syndicats et organisations patronales ainsi que de nombreux ténors du Parti démocrate (classé au centre-gauche), comme le maire de Milan, pourtant farouche opposant du président lombard Roberto Maroni, se sont prononcés en faveur d'une autonomie élargie.

Si le Parti communiste italien a certes appelé à l'abstention afin de protester contre «un gaspillage d'argent public pour un référendum farce», une quasi-unanimité semble donc bien se dégager. La victoire du «oui» paraît d'autant plus probable que l'intégralité des sondages réalisés jusqu'ici le donnent largement vainqueur. Reste toutefois la question de la participation, qui sera cruciale au moins en Vénétie, où elle doit dépasser les 50% d'électeurs inscrits pour que le scrutin soit valide. S'il n'y a pas de quorum en Lombardie, une participation minimale de «40%» est régulièrement avancée par la presse italienne comme étant le seuil en-dessous duquel le résultat du référendum apparaîtrait comme un échec pour ses partisans, même en cas de victoire du «oui».

Dans un tel contexte, chaque parti tente de convaincre de l'utilité de la consultation. La Ligue du Nord avance qu'elle permettrait à la Lombardie et à la Vénétie d'acquérir des pouvoirs ordinairement réservés à l'Etat en matière de sécurité et d'immigration, thèmes auxquels sont sensibles ses électeurs – une telle délégation de compétences nécessiterait toutefois une révision constitutionnelle, laquelle pourrait d'ailleurs être envisagée sans référendum préalable.

Pour la majeure partie des Lombards et des habitants de la Vénétie, c'est toutefois l'argument fiscal qui serait le plus à même de mobiliser. Les deux régions représentent à elles seules 30% du PIB italien, pour un quart de sa population et leur endettement par habitant est faible (73 euros pour la Lombardie, 219 euros pour la Vénétie, contre 407 pour la moyenne nationale). Avec des économies en meilleur état que dans le reste du pays et incomparablement plus dynamiques que celles des régions du Sud, le calcul est donc simple. L'autonomie permettrait à chaque habitant de récupérer environ la moitié du solde fiscal actuel (différence entre ce que les habitants versent comme taxes et impôts et ce qu'ils «reçoivent» sous la forme de dépenses publiques). Luca Zaia en a d'ailleurs fait un slogan : «Récompenser les régions vertueuses.»

La fracture Nord-Sud : une poudrière attendant l'étincelle séparatiste ?

Les différences entre les régions méridionales et septentrionales de l'Italie sont bien connues, et si la Ligue du Nord en a fait un véritable leitmotiv électoral, même les mouvements politiques traditionnels comme le Parti démocrate accusent régulièrement cette économie à double vitesse de se faire au détriment du Nord.

«Ce référendum se déroule dans un contexte de fracture traditionnelle Nord/Sud avec l'idée de Rome comme un lieu de pouvoir corrompu et centralisateur», précise le professeur Nicola Lupo. Ce sentiment est sans doute renforcé par le fait que Vénétie et Lombardie sont frontalières et proches du Trentin-Haut-Adige, du Frioul-Vénétie julienne et de la Vallée d'Aoste, trois régions à statut spécial et jouissant d'une très forte autonomie.

Ce terreau a longtemps semblé fertile pour permettre aux revendications indépendantistes de croître. Dans ses jeunes années, la Ligue du Nord n'hésitait d'ailleurs pas à évoquer la Padanie, cette région non-administrative de la plaine du Pô censée être unifiée par un passé commun distinct de l'identité italienne, elle même forgée au terme du long processus d'unification du pays tout au long du XIXe siècle. En 1997, les Sérénissimes, groupuscule nationaliste de vénétie, avait occupé la place Saint-Marc à Venise. Retranchés dans le Campanile, ils avaient dû être délogés par les carabiniers. Le régionalisme indépendantiste connaissait alors ses heures les plus fastes depuis l'instauration de la République, après la Seconde Guerre mondiale.

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont du Rialto. Le Lombard Roberto Maroni, qui milita jadis pour «se libérer de Rome», prône désormais «une réforme dans le cadre de l'unité nationale afin de modifier les rapports entre le gouvernement central et les gouvernements régionaux». La Ligue du Nord a connu une lente transformation idéologique, à la fois cause et conséquence de son abandon de toute revendication séparatiste. Jadis opposée à l'euro et à l'Union européenne, la voilà désormais qui vante «une autonomie accrue dans l'Europe des régions», préférant mettre en avant la question de l'identité culturelle et de l'immigration. Et alors que Bruxelles à d'ores et déjà prévenu la Catalogne qu'elle ne ferait pas partie de l'UE si elle proclamait son indépendance, les autonomistes italiens, bien loin de prendre Barcelone en modèle, se tournent volontiers vers Vienne ou Budapest. Quelques jours avant les élections fédérales autrichiennes, la Ligue du Nord annonçait en effet une «entente absolue» avec le Parti de la Liberté (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, réputé pour ses positions anti-immigration. Matteo Salvini, chef du parti et eurodéputé, ne manque pas de saluer régulièrement les mesures adoptées par le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, contre les quotas de migrants de l'Union européenne.

A la recherche solitaire d'une indépendance peu porteuse politiquement, les autonomistes italiens préfèrent désormais s'inscrire dans un mouvement qu'ils espèrent collectif et européen, quitte à reléguer loin à l'arrière plan la question territoriale qui fut pourtant leur matrice idéologique initiale.*

https://francais.rt.com/international/44786-referendums-lombardie-venetie-vers-vague-separatiste-italie


 

Voilà qui confirme les analyses de l'UPR sur le développement des "euro- régions" et le ralliement désormais sans complexes des partis "d'extrême droite" dits "eurosceptiques" à l'Union européenne sous la forme de fédéralisation de régions identitaires, dotées d'une large autonomie. P.G.

BASE 14 995X225

Posté par UPR Creuse à 09:08 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Pour sortir de l'impasse, May va offrir des garanties aux expatriés

LONDRES (Reuters) - Theresa May s'est engagée jeudi à rendre aussi facile que possible le maintien des expatriés européens au Royaume-Uni afin de tenter de débloquer les discussions avec les Européens qui butent principalement sur les modalités financières du Brexit.

ARG UK EUAlors que s'ouvre dans l'après-midi à Bruxelles un nouveau Conseil européen, les dirigeants des Vingt-Sept semblent exclure d'engager formellement la deuxième phase des négociations, qui doit porter sur les relations futures avec le Royaume-Uni une fois le divorce prononcé.

A la suite de leur négociateur, Michel Barnier, ils devraient juger "insuffisants" les progrès réalisés dans les discussions portant sur la première phase, consacrée aux modalités du divorce en lui-même.

Dans une tribune mise en ligne jeudi matin sur sa page Facebook, la Première ministre britannique propose des concessions sur les droits des citoyens européens d'outre-Manche, l'un des points clefs de la première phase des négociations.

Faute de changer le cours du sommet européen, cette annonce pourrait toutefois signaler l'adoption d'une nouvelle approche britannique, plus souple, face aux négociateurs du bloc.

Dans ce texte, Theresa May estime qu'un accord sur les droits des trois millions de ressortissants européens vivant au Royaume-Uni est "à portée de main".

A son arrivée à Bruxelles, la Première ministre a déclaré : "nous allons examiner les progrès concrets qui ont été accomplis dans les négociations pour notre sortie et établir des projets ambitieux pour les prochaines semaines. Par exemple, je souhaite qu'on parvienne d'urgence à un accord sur les droits des citoyens".

La dirigeante britannique propose de mettre en place un groupe de représentants des expatriés, ainsi que les services d'experts juridiques et techniques pour garantir une transition fluide.

ESPRIT D'OUVERTURE

"Je sais que les deux camps vont considérer les propositions mutuelles de finalisation de l'accord dans un esprit d'ouverture. Avec de la flexibilité et de la créativité des deux côtés, je suis persuadée que nous pourrons conclure les discussions sur les droits des citoyens dans les prochaines semaines", poursuit-elle dans la tribune sur Facebook.

Au titre de ces concessions, les citoyens européens n'auraient notamment plus à fournir la preuve de leur souscription à une couverture maladie complète, comme c'est le cas aujourd'hui.

"Pour tous les citoyens européens qui détiennent un permis permanent de résidence dans l'ancien système, un système simple sera mis en place pour passer de leur statut actuel à un statut de résident au Royaume-Uni", dit-elle.

Dans sa tribune, Theresa May ne dit rien de la question du rôle dévolu à la Cour de justice de l'Union européenne après le Brexit.

Mais dans une interview accordée à plusieurs journaux européens, dont Le Figaro, son ministre du Brexit, David Davis, rappelle que lors de son discours de Florence, le 22 septembre dernier, elle a proposé que "les tribunaux britanniques prennent en compte les jugements de la Cour européenne de justice".

"Aucun pays au monde hors de l'UE n'accepte les règles de la Cour européenne de justice", poursuit-il, ajoutant que cette proposition est de nature à "donner de la certitude aux citoyens européens en faisant en sorte que leur traitement soit équivalent des deux côtés de la Manche".

Avant le début du Conseil européen, la chef du gouvernement britannique a rappelé qu'elle avait fait lors de son discours à Florence des propositions qu'elle a qualifiées d'audacieuses et d'ambitieuses.

A dix-sept mois seulement de la date du divorce, fixée à fin mars 2019, Theresa May est soumise à de fortes pressions pour débloquer les négociations ou de risquer un retrait de l'UE sans accord, un scénario du "saut dans le vide" qui plongerait les acteurs économiques dans l'incertitude.

Pour ajouter à ses difficultés, le dirigeant de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, sera également à Bruxelles jeudi, pour rencontrer les eurodéputés et tenter de sortir d'une "impasse du Brexit" créée selon lui par les "cafouillages" du gouvernement.

May doit aussi compter avec un début de fronde au sein du groupe parlementaire du Parti conservateur à la Chambre des communes.

(Elizabeth Piper avec Alastair Macdonald à Bruxelles; Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français)

http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1CO0DQ/pour-sortir-de-l-impasse-may-va-offrir-des-garanties-aux-expatries.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171019

Posté par UPR Creuse à 07:31 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

dimanche 22 octobre 2017

Rajoy annonce l'activation de l'article 155 et la révocation du gouvernement de la Catalogne

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé le 21 octobre l'activation de l'article 155 de la Constitution espagnole, permettant de suspendre l'autonomie de la Catalogne. Celui-ci a annoncé que le gouvernement catalan allait être révoqué.

59eb35f3488c7b65478b4568«Activer l'article 155 n'était ni notre désir, ni notre intention», a déclaré Mariano Rajoy le 21 octobre au cours d'une conférence de presse où il a annoncé la mise en place de mesures visant à suspendre l'autonomie de la Catalogne.

D'après le chef du gouvernement espagnol, ces mesures visent quatre objectifs : le retour à la légalité, le retour à la normalité et au vivre ensemble, permettre la reprise économique et préparer de nouvelles élections régionales.

Parmi les mesures annoncées : révocation du président de la région, du vice-président, des ministres régionaux, et dissolution du Parlement catalan sous six mois.

«Nous ne suspendons pas l'autonomie de la Catalogne, nous destituons les personnes qui ont mises les institutions hors la loi», a-t-il affirmé.

«L'article 155 ne peut être suspendu que par le refus du Sénat de l'approuver», a-t-il conclu.

Si le Sénat approuve les mesures demandés par Mariano Rajoy dans les jours qui viennent, le parlement catalan continuera d'exercer ses fonctions jusqu'à sa dissolution mais ne pourra pas élire un nouveau président du gouvernement en remplacement de Carles Puigdemont ni voter de nouvelles lois contraires à la constitution et au statut de cette région autonome.

Mariano Rajoy dispose de la majorité absolue au sénat mais s'est assuré de l'appui du parti socialiste (PSOE), principale force d'opposition, et des centristes de Ciudadanos.

https://francais.rt.com/international/44813-rajoy-sexprime-sur-article-155-suspension-autonomie-catalogne


 

59eb6d0309fac2ba458b4567Manifestation monstre à Barcelone, après la décision de révoquer le gouvernement catalan

Après l'annonce de la volonté de dissoudre le gouvernement catalan par Madrid, 450 000 personnes sont descendues dans les rues de Barcelone pour afficher leur refus de cette mesure et la libération des indépendantistes.

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé le 21 octobre la destitution de l'exécutif catalan de Carles Puigdemont et la convocation d'élections régionales, afin de reprendre le contrôle de la Catalogne au bord de la sécession. Mariano Rajoy a ainsi demandé au Sénat de lui confier la faculté de dissoudre le Parlement catalan au nom de l'article 155 de la Constitution, afin de convoquer des élections dans un délai maximum de six mois.

Immédiatement après cette annonce, une foule immense s'est rassemblée dans les rues de Barcelone pour défendre le respect de l'autonomie de la région et la libération des indépendantistes arrêtés. Notre correspondant sur place a pu se rendre compte de l'ampleur de la mobilisation, la foule était en effet si compacte qu'il lui a été impossible de rejoindre la tête du cortège

450 000 se sont rassemblées selon les chiffres de la police municipale.

Si les hélicoptères de la Guardia Civil ont été hués, la police catalane, a elle bénéficié des applaudissements des activistes.

(...)

A l'heure actuelle, Mariano Rajoy a toutefois assuré que ni «l'autonomie catalane ni la gouvernance autonome [n'étaient] suspendues», afin de tenter de rassurer la population catalane. Il entend selon ses dires, destituer «les personnes qui ont placé ce gouvernement hors la loi», en faisant voter des lois contraires à la Constitution espagnole et au statut d'autonomie de la Catalogne.

Si le Sénat approuve les mesures demandées par Mariano Rajoy, le Parlement catalan continuera de siéger jusqu'à sa dissolution, sans toutefois pouvoir élire un nouveau président de gouvernement.

https://francais.rt.com/international/44831-manifestation-monstre-barcelone-apres-decision-revoquer-gouvernement-catalan

 

Posté par UPR Creuse à 10:09 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

La chaîne russe RT France lancée en décembre

Opération séduction pour la chaîne d'information russe RT. En amont du lancement à la fin de l'année de sa version française, elle mène actuellement une intense campagne de communication au Mipcom, le marché des programmes audiovisuels de Cannes. Objectif : faire entendre sa voix alternative, et redorer son image. Financé à 100% par l'État russe, l'organe de presse est soupçonné d'être un instrument d'influence du gouvernement de Vladimir Poutine.

ARG PEUR POUTINEEn acceptant de quitter Berlin -et la direction de l'agence de presse Ruptly- pour Paris, Xenia Fedorova savait qu'elle relevait un défi. Elle n'avait pas mesuré à quel point la marque RT sentait le soufre dans la sphère politico-médiatique française. Depuis plusieurs mois, la jeune présidente et directrice de l'information de RT France prépare le lancement en décembre prochain de la version française de la chaîne d'information russe (ex-Russia Today). Mais depuis la campagne présidentielle, elle est sous pression. Financé à 100% par l'état russe, RT est soupçonnée, au même titre que l'agence de presse en ligne Sputnik, d'être un instrument de propagande et une source d'informations mensongères (« fake news ») au service de la politique de Vladimir Poutine. Des accusations émises par le président Macron lui-même.

Xenia Fedorova a donc profité du marché des programmes audiovisuels, le Mipcom de Cannes, pour se lancer dans une opération séduction. Cette intense campagne de communication menée auprès de toute la presse française a deux objectifs : redorer la réputation de RT, mise à mal « par la presse et les médias » et promouvoir la future version française. Forte de son slogan « Osez questionner », RT France entend proposer une « perspective différente », une voix alternative face à la « pensée unique ».

« Nous sommes une chaîne russe financée par l'État, mais dans un groupe où les équipes sont internationales et composées de peu de Russes. Notre modèle économique et notre concept ne sont pas tellement différents celui de chaines d'information internationales comme BBC News ou France 24, défend Xenia Fedorova. Notre objectif est de couvrir les actualités locales, régionales et internationales qui touchent la France et le monde francophone, tout en mettant l'accent sur les aspects trop souvent négligés par nos confrères. »

Jugeant absurde de « critiquer une chaîne qui n'est pas encore lancée », Xenia Fedorova, qui indique que l'audience de son site en français lancé en 2015 a doublé depuis un an, veut surtout croire au soutien du public. Notamment jeune, qui ne se retrouve pas dans l'offre actuelle.

 Un lancement à 20 millions d'euros

Pour cela, RT France peaufine sa programmation : elle diffusera 24 heures sur 24, produira plus de 10 heures de direct par jour et un journal par heure. Des créneaux seront consacrés à des documentaires et des magazines, produits en interne ou achetés. Côté distribution, la chaîne espère être reprise sur les box des opérateurs télécoms. À ce jour, aucun accord n'a été conclu, mais Xenia Fedorova se veut « confiante », expliquant que RT France pourrait aussi selon les cas, se substituer à RT International, sa grande sœur diffusée en anglais. Elle sera en parallèle disponible en clair sur les satellites Astra 19.2 et Eutelsat 5W.

Avec un budget de lancement de 20 millions d'euros (un peu moins en fonctionnement annuel par la suite), le projet RT France n'est pas un mince chantier, mais « représente une étape logique dans la croissance du groupe ».

Depuis le lancement de sa chaîne en anglais en 2005, RT a lancé depuis Moscou des déclinaisons en arabe en 2007, en espagnol en 2009, a créé la filiale RT Doc en 2011, l'agence de presse Ruptly en 2013 en Allemagne et la chaîne RT UK  en 2014. Le groupe revendique 70 millions de téléspectateurs chaque semaine dans 38 pays et 5 milliards de vues sur YouTube.

Une équipe de 150 personnes

Dans l'équipe française, c'est Jerôme Bonnet, cofondateur du journal satirique Zelium, qui a été nommé rédacteur en chef adjoint pour le digital. « Les équipes s'étoffent, mais ne sont pas encore au complet »précise Xenia Fedorova qui prévoit d'embaucher près de 150 personnes, dont 50 journalistes. Elle vient de recruter Nadia de Mourzitch, ancienne directrice adjointe des magazines de TF1, comme directrice des programmes. Celle-ci travaillera notamment avec Jean-Maurice Potier, ex-présentateur de JT sur LCI et l'ancien consultant Vincent Fazekas, nommé directeur du marketing. Xenia Fedorova cherche aussi une personnalité forte pour animer les débats de la chaîne.

Jouer la transparence

Tout comme France 24 porte le point de vue de la France sur les affaires du monde, RT France donnera écho aux positions russes. Pour autant, sa présidente affirme que sa chaîne se pliera aux règles d'indépendance de l'information. Elle est en tout cas très attendue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sur ce point.

« Un article de notre convention signée en 2015 est consacré à l'indépendance de l'information, une charte interne est aussi en cours de rédaction rapporte Xenia Fedorova. Nous reviendrons prochainement aussi vers le CSA avec le nom de la troisième personne de notre comité d'éthique. »

Composé de Jacques Sapir  (professeur à l'EHESS et animateur d'une émission sur Radio Sputnik), et de l'ancien député Thierry Mariani, le comité doit trouver le remplaçant d'Hélène Carrère d'Encausse, qui s'est désistée.

« Je suis pour la transparence, nous n'avons rien à cacher », martèle Xenia Fedorova.

À Cannes, RT France a aussi organisé une soirée : sa boucle de programmes, à l'habillage punchy et au bandeau vert, démontait ostensiblement un reportage de France 2 évoquant les « fake news » qu'auraient orchestré les organes de presse russe.

Les médias français mis à la question ? Réponse en décembre !

http://www.latribune.fr/technos-medias/medias/la-chaine-russe-rt-france-lancee-en-decembre-754728.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171019

Posté par UPR Creuse à 09:49 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

samedi 21 octobre 2017

Washington reconnaît l'usage d'armes chimiques par des djihadistes issus du Front Al-Nosra

Dans un texte de recommandations à destination de ses ressortissants, le département d'Etat américain signale que le groupe Hayat Tahrir al-Cham, rassemblant notamment les combattants de l'ex-Front Al-Nosra, employait des armes chimiques.

59e9f01f488c7b09178b4567Le porte-parole du ministère de la Défense russe, le général Igor Konachenkov a pointé du doigt, le 20 octobre, un texte publié par le département d'Etat américain, exprimant pour la première fois, selon le militaire russe, la reconnaissance par Washington de l'utilisation d'armes chimiques par les djihadistes de l'ex-Front Al-Nosra.

Dans ce texte à destination des ressortissants américains en Syrie, le département d'Etat fait un tour d'horizon de la situation du pays. Evoquant les agissements du groupe Hayat Tahrir al-Cham, né de la fusion de plusieurs groupes rebelles djihadistes syriens dont le Fatah Al-Cham (ex-Front Al-Nosra, issu d'Al-Qaïda), l’institution précise que ce groupe a consolidé son pouvoir dans la province d'Idleb à partir de juillet 2017.

«Les tactiques de l'Etat islamique, Hayat Tahrir al-Cham et d'autres groupes extrémistes violents incluent l'usage d'attaques suicides, d'enlèvements, d'armes lourdes et légères, d'explosifs artisanaux et d'armes chimiques», peut-on lire sur le site officiel du ministère américain des Affaires étrangères. Pour les autorités russes, il s'agit d'une première reconnaissance des crimes de guerre commis par les djihadistes de l'ex-Front Al-Nosra.

«C'est la première reconnaissance officielle du département d'Etat [américain], pas simplement de la présence, mais, je le souligne, de l'usage d'armes chimiques par les terroristes du Front Al-Nosra dans cette partie de la Syrie pour commettre des attaques terroristes, ce que nous avons maintes fois dénoncé», a ainsi déclaré le général russe, non sans rappeler au passage que le seul cas d'usage d'armes chimiques connu dans la province d'Idleb était celui de Khan Cheikhoun, en avril 2017.

Or, cet incident chimique, qui a causé la mort d'environ 80 personnes, a été imputé à l'armée syrienne par les Etats-Unis, mais aussi ultérieurement par une commission d'enquête de l'ONU. En réaction, bien avant la publication des résultats de cette enquête et sans fournir de preuves sur l'origine de cette attaque, les Etats-Unis avaient tiré 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne syrienne d’Al-Chaayrate, près de Homs. 

Le gouvernement syrien avait pourtant formellement démenti être l'auteur de ce drame, accusant par la suite les enquêteurs de l'ONU de se baser sur «des témoins, des victimes, des membres de services de secours et des médecins», venant de la province d'Idleb contrôlée par les islamistes du Front Fatah Al-Cham.

Une collusion entre les services américains et les djihadistes d'Al-Nosra ?

La Russie a dénoncé à plusieurs reprises une certaine tolérance, voire des formes de collusions, entre Washington et les islamistes du Front Al-Nosra ou assimilés. Le 20 octobre 2017, le chef de l’état-major russe, Sergueï Roudskoï avait, par exemple, accusé les services américains d'avoir planifié une offensive très importante des djihadistes du Front Fatah Al-Cham et d'autres groupes sur les troupes gouvernementales dans la province d'Idleb.

Le 26 juin à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'était déjà étonné d'une relative tolérance des Etats-Unis envers le groupe terroriste.

«Nous avons la très forte impression, dans notre combat quotidien contre le terrorisme en Syrie, que les Etats-Unis épargnent le Front Al-Nosra, ou peu importe son nom actuel», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse.

https://francais.rt.com/international/44788-departement-detat-americain-a-reconnu-al-nusra-utilise-armes-chimiques-selon-moscou


 

fabius_sponsor_al_nosra2

Posté par UPR Creuse à 08:52 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 20 octobre 2017

«Avant/Après» 1948 : des affiches sur le sort des Palestiniens bannies des transports londoniens

Des affiches dénonçant le non-respect de l'engagement pris en 1917 par le Royaume-Uni de protéger les populations non-juives de Palestine, ont été bannies des transports londonniens. Le représentant de l’Autorité Palestinienne crie à la censure.

59e8cc2d488c7beb768b4567Les interdictions d’afficher dans les stations de métro et de bus de la Transport for London (TfL), l'organisme public responsable des transports en commun de Londres, sont fréquentes pour des motifs de nudité, mais le sont plus rarement pour des raisons politiques. Or, elles viennent de frapper une campagne sur le sort des Palestiniens depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont le Guardian

Trois types d’affiches mettaient en parallèle, chacune, deux clichés photographiques, l'un présenté comme issu d'avant la création d’Israël, l'autre après. Plus précisément, une photo en noir et blanc représentait le peuple palestinien dans des scènes de rue ou de la vie familiale, du temps où la Palestine était sous mandat britannique. En-dessous de celle-ci, une photo en couleur figurait le présent – des ruines, des femmes endeuillées en pleurs et des camps de réfugiés.

L'organisme public des transports londonien a fait valoir que la campagne avait contrevenu aux règles, en présentant des «images ou messages en rapport avec des controverses ou avec la sensibilité individuelle». Pourtant, curieusement, une image similaire avait été autorisée dans la station de métro de Westminster, l'an dernier, selon le Guardian.

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée»

La campagne d’affichage, intitulée «Make It Right» («Soyez juste»), a été organisée par la Mission palestinienne au Royaume-Uni, qui représente l'Autorité Palestinienne. Son représentant diplomatique dans le royaume, Manuel Hassassian, a qualifié cette interdiction de «censure».

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée. Cela fait 100 ans que le gouvernement britannique masque ses promesses non tenues dans la déclaration de Balfour de protéger les Palestiniens, quand il a cédé leur pays à un autre peuple», a martelé Manuel Hassassian. Et le représentant diplomatique d'ajouter : «Il existe peut-être une liberté d’expression sur tous les sujets en Angleterre, sauf sur la Palestine.»

La campagne d'affichage en question dénonçait les conséquences de la déclaration Balfour, du nom du secrétaire britannique des Affaires étrangères de l’époque, Arthur James Balfour, signée le 2 novembre 1917. Il annonçait l’intention du gouvernement d’établir un Etat pour le peuple juif en Palestine. La déclaration comportait une promesse : «Rien ne doit être fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existant en Palestine». Or, cette déclaration a ouvert la voie à l'expulsion d'autochtones arabes de leurs terres.

Une campagne à l'occasion du centenaire de la déclaration Balfour

Les affiches de la campagne «Make It Right» devaient être placardées en amont des célébrations du centenaire de cette déclaration, le 2 novembre 2017.

Theresa May et son homologue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont attendus à un dîner londonien célébrant l'événement. Londres, à qui le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait demandé des excuses pour les conséquences de la déclaration Balfour, a exprimé son refus de le faire en avril 2017. Des manifestations doivent être organisées pour le respect des droits des Palestiniens et la reconnaissance du préjudice entraîné par la promesse non-respectée des Britanniques.

La campagne d'affichage interdite dans les stations de métro et de bus sera toutefois visible sur des taxis, dont les règles d’affichages sont moins contraignantes.

https://francais.rt.com/international/44768-affiches-sur-question-palestinienne-bannies-transports

59e8cda709fac2084e8b4567

Le texte de la déclaration Balfour:

Posté par UPR Creuse à 09:39 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,