mardi 3 juillet 2018

Les motards en colère mobilisés contre les 80 km/h ce samedi 30 juin à Limoges

Les Fédérations françaises des motards en colère (FFMC) de Creuse et de Haute-Vienne se sont rassemblés ce samedi à Limoges pour contester le passage à 80 km/h sur le réseau secondaire, effectif au 1er juillet.

ACT MOTARDS VITESSE

Les motards ne décolèrent pas ! La FMMC a appelé ce samedi à une énième manifestation nationale afin de contester cette nouvelle réglementation.
Dès 13 heures, les motards de la Creuse sont partis de La Souterraine, puis se sont engagés dans des blocages partiels de la RN145 et de l’A20, pour rejoindre leurs « copains de la Haute-Vienne ».

Six radars bâchés

Réunis à plus de 200 au Champ de Juillet, ils ont mis le feu au carrefour entre la rue d’Isly et le cours Bugeaud, où se situe le siège de la députée En Marche, Marie-Ange Magne. Une façon de fustiger la politique actuelle du Gouvernement. Le cortège a ensuite pris la route, par le périphérique, en direction du radar du Boulevard Bel-Air, le premier à être bâché. Passant par la D2000 et l’A20, où un arrêt s’est effectué pendant quelques minutes, les motards ont recouvert cinq autres radars.

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Le passage à 80 km/h sur les routes secondaires était bien-sûr dans la ligne de mire des motards, pour qui « ce changement de vitesse ne règlera en rien le problème de la mortalité routière, et pourrait même l’aggraver : voitures, motos et camions circulant à la même vitesse, les usagers respecteraient alors moins les distances de sécurité, augmentant les accidents entre véhicules lourds et légers » d’après Thierry Durant, coordinateur de la FFMC 87.

Les motards en colère ont fait dix-sept propositions au préfet en matière de sécurité routière, dont l’interdiction de doubler pour les poids lourds de la sortie Carrefour Boisseuil à la sortie Cora sur l’A20, mais « rien n’a avancé » regrette Thierry Durant. De même, l'amélioration de l'état des routes est réclamée depuis un moment : "On veut un réseau propre, un réseau modernisé, un réseau sécurisé". Mais les réponses peinent à arriver...

D’après Daniel Gargaud, coordinateur de la FFMC 23, les prochaines mobilisations concerneront l’installation des panneaux à 80 km/h et les radars : « le combat continue ».

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Alicia Blancher

https://www.lepopulaire.fr/limoges/transport/2018/06/30/les-motards-en-colere-mobilises-contre-les-80-km-h-ce-samedi-30-juin-a-limoges_12908214.html

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Des motards et pas un automobiliste !
Il faut néanmoins noter un point positif : les automobilistes coincés derrière la manif arrêtée sur la D2000 ne râlaient pas !

En ce qui concerne Magne, ils ne connaissent pas la vieille tradition française en ce qui concerne ce genre de personnage ; le goudron et les plumes ! Dommage ! S.R.

Devoirs de vacances

ARCHIVES 1

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Norman Palma Penser avec Aristote

https://www.youtube.com/watch?v=4eP1EKTh6fA

 Chez Aristote, la monnaie c'est du droit objectivé, et le propre du droit c'est de se reproduire à partir de lui- même (jurisprudence), Le prêt avec intérêt, c'est la monnaie qui se reproduit elle- même, mais cette reproduction doit être encadrée par le droit ! D'où l'interdiction du taux d'usure dans les pays développés, inspirés par cette philosophie.

Le crédit encadré par le droit apparaît tardivement, car le crédit lui- même a été longtemps condamné par l'Eglise (jusqu'à la fin du XVIII°), d'après une interprétation erronée, selon l'auteur, d'Aristote précisément.

Celui- ci critiquait fermement l'usure, pas le crédit et surtout pas la monnaie; pour lui, il n'y a pas de vie sociale possible sans échanges dont la monnaie est la manifestation, le besoin que nous avons les uns les autres d'une mesure commune qui sauvegarde la vie sociale. (« Ethique à Nicomaque »).

Pour Marx, comme pour l'Eglise (!) au contraire, il faut détruire la monnaie, expression de la vénalité (valeur d'échange), Il faut revenir à la valeur d'usage.

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Pour Aristote, le social et l'économique sont des manifestations du Droit. Ce qui se déroule à la base du politique et de l'économique, selon lui, c'est l'éthique: le politique est un processus d'accomplissement; l'être humain est le seul animal capable d'avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste; c'est cette communauté de sentiments qui donne naissance à la famille et à la cité; l'éthique se manifeste dans le droit, qui par la suite se manifeste dans le politique et l'économie. Marx considère que c'est l'économie qui est le fondement du social [1] et que la politique et le droit font partie de la « superstructure ». Il n'y a pas pour Marx de processus d'accomplissement (qui doit aboutir par nature*), la négation de l'économie va donner la négation du droit (ou dépassement du droit bourgeois), la disparition de l'Etat etc.

Pour Aristote, l'idée fondamentale est la force de la justice; la justice s'objective dans le social d'abord sous la forme de justice corrective (droit civil, droit pénal...); par la suite la justice se manifeste au niveau de l'Etat et ça donne la justice contributive (contribution publique) et la justice distributive (aide sociale et dépense publique). Si on lit correctement Aristote, nous sommes égaux devant le droit, pas devant la chose publique: il est tout à fait normal qu'on ne paie pas tous la même chose. Il est normal de donner à ceux qui ont besoin, pas à ceux qui n'ont pas besoin. Il est logique de choisir les responsables selon leurs capacités à contribuer au bien- être général (critère éthique). Cette approche va inspirer bien des théories politiques et va favoriser des concepts à la base de la philosophie grecque, tels que « l'égalité en dignité » ou « égalité en puissance » (rapport singularité/universel) qui va justifier l'égalité en droit, qui va à son tour justifier l'égalité devant le Pouvoir (communauté d'égaux). Ce processus est au fondement de la démocratie grecque et apparaîtra progressivement dans la civilisation occidentale. Exemple: la déclaration des droits anglaise de 1689: « le roi n'est pas au- dessus des lois ». Pour Aristote, la communauté sociale existe en vue de l'accomplissement du Bien et non pas en vue de la vie en société [2]; et le bien n'est que le juste, c'est à dire l'intérêt général.

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L'esclavage comme « droit naturel »: encore un passage mal compris. Aristote explique que l'homme est par nature un animal politique en puissance*. Destiné à vivre normalement en société, c'est à dire à s'intégrer dans une communauté politique. Toutes les sociétés ont vocation à devenir des sociétés politiques. Il n'a jamais dit que toute une population était esclave par nature!

Les interprétations qui ont été données viennent de l'Ancien Testament, pas d'Aristote. Sont esclaves les hommes qui ne forment pas une société politique.

 *la nature d'une chose est sa fin. C'est donc à la fin que nous constatons de la chose ce qu'elle doit être; l'être humain accompli, c'est l'être adulte; la fin du politique, c'est un pouvoir d'hommes libres et égaux.

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En conclusion de ce petit résumé, l'objectif d'Aristote n'est donc pas la négation du droit et du politique, mais au contraire une réflexion sur l'accomplissement de ces derniers: l'état de justice.

DESCARTES BILLET

 A la mort d'Aristote, l'idée de « polis » (cité) va disparaître plus ou moins pendant des siècles, pour réapparaître avec la Renaissance, l'Humanisme et les Lumières, avec plus ou moins de bonheur selon les auteurs. D'où l'importance de se pencher sur ce grand philosophe pour enrichir notre propre réflexion, nous qui nous interrogeons sur le rapport entre monnaie et souveraineté autour de la question de l'euro, ou encore sur la problématique de l'indépendance nationale et de l'avenir de la cité...

Pour ceux qui souhaiteront raviver une querelle des anciens et des modernes, certains fustigeant un “idéalisme politique et philosophique” par essence “bourgeois”, rappelons que derrière la modernité d'apparence se cachent parfois des philosophies de l'histoire empreintes d'un millénarisme gnostique très ancien.

Les tragédies du XX° siècle ont fort heureusement ramené certains à plus de prudence, à défaut de modestie. L'heure n'est donc plus aux invectives, mais à une vraie réflexion car l'offensive que nous subissons est aussi culturelle et philosophique.    P.G.


[1] un préalable partagé par tous les courants du libéralisme...V. Jean- Claude Michéa (« l'Empire du moindre mal » et autres). Primauté de l'économie, du calcul égoïste, de l'intérêt...

[2] le « vivre ensemble » par exemple, dont on nous rebat les oreilles.

Posté par ddupr à 04:00 - - Permalien [#]
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