COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE (Vidéo) / Pierre- Yves Rougeyron

TL SNCF ROUGEYRONhttps://www.youtube.com/watch?v=KUmwFenD4Ec

Extraits:

*L'ouverture à la concurrence (privatisation rampante): un serpent de mer qui revient par petites touches par tous les gouvernements aux ordres de l'UE.

*Le rapport Spinetta: objectif, tester le mouvement social/ noyer l'opinion avec le statut des cheminots (faire monter la "haine de classe" dans un public de droite & centre- droit); cacher les conséquences de la privatisation à terme: l'augmentation de l'insécurité sur le trafic ferroviaire et l'augmentation des prix.

*Il y a aussi un règlement de compte "énarchique" derrière: Macron voudrait provoquer la chute de Guillaume Pépy: utile à savoir pour ceux qui pensent que la privatisation mettra un terme au "pantouflage". Rappel: quand on a privatisé des grands groupes, on les a laissés dans les mains d'anciens haut fonctionnaires d'Etat qui ont tout simplement multiplié leurs gains! (Opérations assez proches de ce que certains oligarques russes ont fait). Ceux qui pensent "privatisations" et entendent "entrepreneurs" doivent avoir deux réalités dans la tête: la figure de l'entrepreneur telle qu'ils la vivent est une figure du XIX° siècle (les grands patrons sur un modèle fordiste n'existent plus, il n'y a plus de "capitaines d'industrie"!); ensuite l'ouverture à la concurrence en réalité n'est pas une logique entrepreunariale, c'est une logique de rente pour des fonds de pension qui vont se gaver sur l'outil de travail d'autrui, qui vont le vendre à la découpe etc, ça n'a jamais été autre chose depuis les années 80/90..."la grande méchante entreprise publique composée de fainéants fonctionnaires qui serait reprise par de courageux capitaines d'industrie est un mythe qui malheureusement a fait beaucoup de mal à l'intelligence politique de la droite française.

Keynes CIT 1*Air France (même auteur du rapport initial), autoroutes...La logique de rente laisse à l'Etat français tout ce qui n'est pas rentable.

Un peu d'histoire de la SNCF et de sa dette, référence à Maurice Allais:

*La rupture avec Hayek s'est faite, outre sur la question des prix administrés, sur la question des "monopoles naturels": il y a des activités qui par leur servitude et par la nécessité que le corps social en a, sont par nature des monopoles qui doivent être dans la main de l'Etat.

*Le transport en fait partie: vous avez 2 parties dans le transport, fret & transport de personnes d'une part, et l'aspect entretien du réseau qui est un investissement permanent très coûteux, qui nécessite énormément de technicité (sécurité ferroviaire). cf la catastrophe de Brétigny sur Orge (matériel de moins en moins entretenu).

 

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*La SNCF a dès le début pris en charge les dettes des compagnies privées dont elle a pris la place. Le développement du réseau ferroviaire dans les années 50/60 a été par cette marque du génie français qu'était le circuit du Trésor (circuit d'argent gratuit au sein de l'économie française qui allait vers les grands investissements et qui orientait l'épargne d'une partie de la population vers ces investissements.: nos grands- parents ont eu des bons SNCF dans leur bas de laine!) On a laissé tomber ça parce qu'il fallait faire l'Europe, mais c'est ce qui nous a permis de faire la grande modernisation du territoire français qui a eu lieu dans les années 50, surtout les années 60 et jusqu'au début des années 70.

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Elle va s'arrêter sous la demande de 2 hommes: Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre et dans le cadre de la SNCF ça va se passer de la manière suivante: la dette SNCF, qui est fondamentalement une dette qui est liée au remplacement et au renouvellement du réseau, prise en charge par l'Etat au nom, entre autres, de l'Aménagement du Territoire, à partir de Giscard et Barre, c'est fini: on délaisse le réseau,  on abandonne les petites gares qui ne sont pas rentables. Conséquence, vous plongez dans l'isolement des parts de régions entières, avec tout ce que ça implique (risques sociaux, sociétaux et sécuritaires...) On a décidé de faire lentement pourir la situation, jusqu'au moment où on s'est senti assez forts pour annoncer l'ouverture à la concurrence (directive du 1° "paquet ferroviaire" 1991 de l'Union européenne qui a fixé un agenda d'ouverture progressive).

*Et en plus Macron fait du zèle pour des raisons de "petite cuisine" de réseau de clientèle...."On est dans le cas des Etats qui n'ont plus de souveraineté, le règne des bandes et des gangs".

ETAT SOCIAL

La nationalisation de la SNCF avant guerre et son financement par le circuit du Trésor appuyé par l'épargne des Français a permis l'essor du transport, mais a été également utilisé comme modèle pour l'aérospatiale, le nucléaire...

On a mis fin à ce système pour se conformer à des normes anglo- saxonnes (modèle UE) tout en demandant aux entreprises privées de respecter des obligations d'entretien et des charges de service public et d'aménagement du territoire. Le passage du "mode marché" de la dette qui date de ces année- là, est lié à "l'eurocratisme", pas forcément au "modèle américain" (le rail aux Etats- Unis est public). "La grande force des Américains est qu'ils arrivent à vendre chez les autres des idées quils n'appliquent pas chez eux..."

Absence de vision stratégue et politique (depuis le départ du général De Gaulle).

*Stratégie de pourissement à partir de la directive de 1991, parce qu'on ne dit pas la vérité au Français: le déficit annuel de la SNCF est au 2/3 les intérêts de la dette. Et vous avez les coûts du fait d'un réseau que vous n'entretenez pas, ce qui va induire des coûts indirects beaucoup plus élevés! Donc, vous allez devoir expliquer ce que ça va engendrer, une catastrophe en termes sécuritaires, et en termes de coût individuel pour les transports. Quelle va être votre stratégie pour que les gens acceptent? Vous continuez à ne pas investir et vous attendez que ça devienne tellement insupportable que les populations consentent par "horizontalisation des luttes"  (vous allez dressser les braves gens contre les cheminots; par ingénierie sociale vous allez produire une demande de privatisation, en investissant le moins sur les TER par exemple, qui sont utilisés par la majorité des gens, les trains que vous prenez tous les jours, pas de grève sur le Thalys, utilisé par les oligarques pour se rendre à Bruxelles, on ne touchera pas aux grandes lignes...).

FABRIQUE DU CONSENTEMENT 3

*Les syndicats sont liés à la Confédération européenne des syndicats. Un grand syndicaliste de FO vient d'être nommé au conseil économique européen, "un organisme où la Commission récompense ses laquais"...il a été insulté par sa base: dans les syndicats, la prise de conscience commence, "grâce à certaines personnes qui ont bien expliqué ce fait, je pense à François Asselineau tout particulièrement".

(...)

Vous l'aurez compris, un entretien à ne pas manquer!   P.G.

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