jeudi 31 mai 2018

Le journaliste russe Arkadi Babtchenko «assassiné» à Kiev est vivant et apparaît devant la presse

CONTR BABCHENKO

Coup de théâtre en Ukraine : après l'annonce par Kiev de son assassinat aussitôt imputé à Moscou, le journaliste Arkadi Babtchenko est apparu vivant. L'Ukraine a déclaré avoir eu recours à une ruse pour déjouer un complot russe contre lui.

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko annoncé mort assassiné par balle le 29 mai au soir à Kiev est vivant, a-t-on appris le 30 mai dans l'après-midi. Il est apparu devant la presse en Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont déclaré que l'assassinat du journaliste russe Arkadi Babchenko était en fait une ruse de leur part pour empêcher une attaque contre lui. Le chef du SBU, le service de sécurité nationale ukrainien, Vassili Gritsak, a rapporté que Arkadi Babchenko était vivant et indemne. Il a affirmé que le SBU avait des informations sur une tentative d'assassinat prévue sur le journaliste et avait agi pour déjouer le complot. 

«Grâce à cette opération, nous avons réussi à déjouer une provocation cynique et à documenter les préparatifs de ce crime par les services spéciaux russes», a déclaré Vassili Gritsak, aux côtés du journaliste, précisant que cette «provocation» consistait à assassiner Arkadi Babtchenko. Quelques minutes plus tard, Kiev a annoncé l'arrestation d'un homme accusé de préparer l'assassinat du journaliste.

1139400_1

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que les services de sécurité ukrainiens se renforcent de jour en jour pour contrer les agressions russes, ajoutant qu'il «était peu probable que Moscou se calme». Le président ukrainien a également assuré que le journaliste Arkadi Babchenko bénéficierait d'une protection pour lui et sa famille après le complot dont il aurait été victime.

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi immédiatement en déclarant qu'il était «heureux» que le journaliste russe Arkadi Babchenko soit finalement vivant, tout en dénonçant l'utilisation par l'Ukraine de son histoire à des fins de propagande. Il dénonce en outre une «provocation antirusse».

Pour sa part, Reporters sans Frontières condamne une simulation «navrante».

Le journaliste s'était exilé à Kiev, se disant menacé après avoir dénoncé les positions de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine. Le meurtre annoncé de ce reporter de guerre a provoqué un choc dans la profession en Russie.

La femme du journaliste Arkadi Babtchenko avait déclaré avoir découvert le corps inanimé de ce dernier le 29 mai dans leur appartement à Kiev. Son décès avait été annoncé dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital.

https://francais.rt.com/international/51165-journaliste-russe-arkadi-babtchenko-assassine-kiev-vivant-apparait-presse

Pour connaître les dessous de cette histoire, voir sur notre site national:

BABTCHENKO, UNE NOUVELLE AFFAIRE SKRIPAL = Ridiculisés par une « fake news » qu’ils n’ont pas vérifiée, l’AFP, Le Monde et toute la presse occidentale pris en flagrant délit de « complotisme » anti-russe

Screen-Shot-05-30-18-at-05

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko, qui avait été présenté par la presse occidentale « mainstream » comme probablement « assassiné par Moscou » le 29 mai vient de réapparaître en pleine santé à Kiev le 30 mai !

 

Dépêche de l’AFP du 30 mai à 14h48, environ deux heures avant que l’on apprenne que l’assassinat n’était qu’un canular monté par les services ukrainiens.

 

Screen-Shot-05-30-18-at-04


Article publié par le journal « Le Monde » le 30 mai à 15h43,

environ une heure avant que l’on apprenne que l’assassinat n’était qu’un canular

monté par les services ukrainiens.

Cet article purement « complotiste » suggère

de façon évidente que le commanditaire de cet assassinat

était Vladimir Poutine…

ANALYSE : UNE NOUVELLE BÉRÉZINA POUR LA PRESSE OCCIDENTALE
Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko annoncé mort assassiné par balle le 29 mai au soir à Kiev est apparu vivant ce 30 mai dans l’après-midi devant la presse en Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont déclaré que l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babchenko – qu’elles avaient annoncé avec force détails – était en fait une ruse de leur part pour empêcher une attaque contre lui. Le chef du SBU, le service de sécurité nationale ukrainien, Vassili Gritsak, a affirmé qu’il avait des informations sur une tentative d’assassinat prévue sur le journaliste par les services spéciaux russes et qu’il avait agi pour déjouer le complot.

Ce rebondissement rocambolesque pose 6 questions essentielles :

QUESTION 1
Il est désormais avéré que les informations diffusées par les autorités ukrainiennes hier, affirmant qu’Arkadi Babchenko avait été assassiné et incriminant aussitôt la Russie dans cet assassinat étaient des informations fausses. Ce sont les autorités de Kiev elles-mêmes qui l’ont annoncé.
Mais alors, pourquoi faudrait-il croire sur parole, ce 30 mai, ces mêmes autorités ukrainiennes alors qu’elles ont eu l’audace de mentir aussi effrontément à la planète entière hier ?

QUESTION 2
La nouvelle version ukrainienne est ubuesque : après avoir assuré la sécurité de ce journaliste, les autorités ukrainiennes auraient mis en scène son faux assassinat par les Russes afin… de le protéger contre un assassinat à venir par ces mêmes Russes.
En supposant que cette nouvelle version ukrainienne soit exacte, quel a été l’intérêt de monter un tel canular puisque l’intéressé était déjà sous la protection des services ukrainiens ?

QUESTION 3
Toute la presse occidentale a repris instantanément la « fake news » de Kiev et les accusations de l’Ukraine contre la Russie, sans évoquer le moindre doute sur la réalité de l’assassinat présumé lui-même.
Pourquoi aucun journaliste occidental n’a-t-il éprouvé le besoin de vérifier la réalité du fait lui-même en se renseignant pour savoir où était le corps de la victime et pour interroger le maximum de témoins potentiels ?
Pourquoi la nouvelle de l’assassinat a-t-elle ainsi été publiée au mode indicatif et non pas au mode conditionnel ?

QUESTION 4
Depuis plusieurs années, un certain nombre d’informations diffusées en Occident concernant la Russie, l’Ukraine ou la Syrie présentent la particularité désagréable de « sonner faux ».
Les bombardements chimiques allégués en Syrie, que la presse occidentale a aussitôt attribués au « régime de Bachar el Assad », suscitent encore beaucoup de doutes et de scepticisme plusieurs mois après, quant à leur réalité ou à leurs auteurs.
Il en est de même de la très étrange « affaire Skripal », au cours de laquelle un agent double russe donné pour mort (lui aussi !) et sur ordre de Poutine (lui aussi !) est paraît-il frais comme un gardon sans que nul journaliste ne l’ait revu depuis son empoisonnement présumé.
Comment se fait-il que les dirigeants russes – qui sont accusés par ailleurs d’être à la tête d’une des plus puissantes armées du monde – soient à ce point maladroits qu’ils ne sont parvenus à assassiner ni Skripal ni Babtchenko ?

QUESTION 5
Dans l’affaire Skripal, comme dans l’affaire Babtchenko, le Kremlin a aussitôt protesté de son innocence mais ses déclarations ont aussitôt été présentées dans la presse occidentale comme un summum de cynisme et d’hypocrisie.
Pourtant, si l’on s’en tient strictement aux faits avérés, dans l’affaire Skripal, comme dans l’affaire Babtchenko, les déclarations faites par le gouvernement russe n’ont jamais été contredites par la suite des événements alors que celles des gouvernements de Londres et de Kiev sont apparues comme suspectes sinon carrément mensongères.
Dans ces conditions, pourquoi aucun journaliste français ne met-il les pieds dans le plat en faisant remarquer que, jusqu’à preuve du contraire, les faits établis ne justifient en aucun cas le climat d’accusation constant qui vise les autorités russes et la bienveillance systématique dont bénéficient les fake news avérées diffusées par la presse occidentale ?

QUESTION 6
Si les plus grands médias français se font avoir comme des novices en répandant des fake news comme dans les affaires Skripal et Babtchenko, comment le projet de loi « anti-fake news » d’Emmanuel Macron va-t-il faire pour ne pas pousser les juges et le grand public à attaquer désormais tous les grands médias du pays ?

FA
30 mai 2018

Source (notamment)  : https://francais.rt.com/international/51165-journaliste-russe-arkadi-babtchenko-assassine-kiev-vivant-apparait-presse?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Si vous avez trouvé une erreur dans ce contenu, vous pouvez nous la signaler en la sélectionnant et en appuyant simultanément sur les touches Ctrl + Entrée.

Posté par UPR Creuse à 08:24 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Un cabinet d'avocats s'installe à Limoges malgré l'interdiction du conseil de l'ordre... et provoque sa colère !

L'initiative du cabinet AGN Avocats qui s'est installé à Limoges sans en avoir l'autorisation suscite des remous au sein des avocats limougeauds... et l'ire de l'ordre. 

ACT LIMOGES AGN AVOCATS

C'est ce qu'on appelle un passage en force. L'agence AGN Avocats a finalement ouvert une antenne à Limoges rue Turgot malgré le refus du conseil de l'ordre des avocats. AGN avocats possède quatorze agences en France et dit n'avoir rencontré aucun souci de ce type par le passé, si ce n'est à Toulouse.

Sur le réseau social Twitter, elle a publié un communiqué pour justifier sa position et résume le sujet à une bataille entre anciens et modernes, dénonçant le côté rétrograde du conseil de l'ordre.

Contacté par téléphone, le conseil de l'ordre reconnaît avoir interdit à quatre reprises les requêtes d'AGN. Sur la première demande, celle concernant l'ouverture d'un cabinet secondaire, la cour d'appel saisie par AGN Avocats doit se prononcer le 13 juin prochain. Trois autres demandes différentes ont été réalisées. Toutes ont été retoquées. 

AGN Avocats, particulièrement pugnace sur le dossier, a finalement ouvert son agence ce mercredi 30 mai en créant une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) détenue par une avocate qui n'est pas inscrite au barreau de Limoges.

En matière de pugnacité, le conseil de l'ordre n'est pas le dernier... « Ils ont commencé à exercer la profession sans être inscrits. Ils ne peuvent pas procéder ainsi sans avoir une réponse de notre part », résume le bâtonnier maître Abel-Henri Pleinevert. « Ils veulent passer en force sur un billet médiatique. Nous leur répondrons en faisant du droit. »

Le cabinet s'est installé rue Turgot à Limoges avec sur la photo Maître Emilie Robelin, Maître Paul Fourastier et Emilie Tabaraud, élève avocate.
 

Maître Frédéric Moreas, créateur d'AGN Avocats dit ne pas comprendre. « On nous interdit tout ce qui est possible d'interdire à un avocat : avoir un site internet, une collaboratrice, un local. Ils n'ont pas voulu que notre collaboratrice prête serment à Limoges et elle l'a fait dans les Hauts-de-Seine. C'est bien dommage, ils se sont privés d'une cotisation...» Selon lui, c'est la première fois que l'agence, créée en 2012 rencontre une telle opposition en France.

« C'est simple, on leur a fermé la porte, ils sont revenus par la fenêtre. On leur a fermé la fenêtre, ils reviennent par les égouts », tonne un avocat du barreau de Limoges.

« Notre agence à Limoges est basée sous la forme d'une EURL. C'est simple, ils n'ont pas la possibilité de refuser son ouverture, assure Frédéric Moreas. Le conseil de l'ordre interprète la loi telle qu'elle existait avant 2015 ! Nous avons nous aussi tous les diplômes requis, nous avons étudié, nous avons prêté serment. Nous voulons simplement exercer à Limoges. »

La peur de la concurrence serait-elle au final à l'origine de cette bataille ?

finance nage

« Peut-être, reconnaît-il. Pour un divorce, nous proposons une prestation en ligne à 990 euros TTC, annonce Frédéric Moreas. Lorsque j'ai été convoqué par le conseil de l'ordre et que j'ai annoncé ces tarifs, ils ont tiqué ».

Frédéric Moreas assure avoir voulu « rendre accessible le droit » en créant un réseau d'agences d'avocats sur le principe des agences immobilières et bancaires. « Nous avons numérisé nos prestations pour proposer des prix plus attractifs.»

Les avocats du barreau de Limoges ont reçu un mail très récemment de la part d'AGN Avocats expliquant la situation et laissant entendre au passage que plusieurs robes noires s'étaient positionnées en leur faveur. « Ils ont écrit que certains d'entre nous les avaient soutenus et ils les remercient », témoigne un avocat. « Honnêtement, je n'en connais aucun qui les soutienne...»

Franck Lagier

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/05/30/un-cabinet-d-avocats-s-installe-a-limoges-malgre-l-interdiction-du-conseil-de-l-ordre-et-provoque-sa-colere_12866724.html

Voir aussi:

Limoges: un cabinet d'avocats low cost interdit d'exercer au nom de la "déontologie"

Règlements de comptes dans les prétoires à Limoges: AGN, une franchise d'avocats cassant les prix sur le marché français depuis 2012, attaque devant l'Autorité de la concurrence et la Cour d'appel l'Ordre des avocats local qui refuse de l'inscrire au barreau.

Selon l'Ordre de Limoges, le concept d'AGN, qui dispose déjà de quatorze agences dans huit différents barreaux de France, n'est tout simplement "pas conforme à la déontologie".

La firme, elle, crie à l'"entente concurrentielle". "Quatre interdictions ont été prononcées contre nous: implantation, exercice, recrutement et ouverture d'un site internet. Comme si internet s'arrêtait aux frontières de Limoges", ironise Me Philippe Charles, co-fondateur d'AGN. 

 

6a00d8341c622e53ef01b8d28ddfbb970c

Inspiré du modèle anglo-saxon, AGN entend rompre avec les cabinets d'avocats traditionnels en ouvrant par exemple des pas de porte avec vitrine, et en proposant des prestations de droit dans les grands domaines de la vie quotidienne (travail, famille, immobilier, affaires) facturées au forfait. "Comme dans une agence bancaire ou une société de service", affirme Me Paul Fourastier, 34 ans, porteur du projet d'ouverture de l'agence de la discorde à Limoges. 

Fondé par Philippe Charles et Frédéric Moréas, du barreau de Paris, également enseignants à HEC, AGN a été accepté dans huit barreaux, dont Paris, où l'ordre a "longuement audité notre concept avant de conclure qu'il était conforme et innovant", affirme Me Charles. 

Mais avec ses calculatrices gratuites d'indemnité de rupture de contrat ou sa procédure de divorce par consentement mutuel en ligne facturée moins de 1.000 euros, la marque agace certains confrères. 

Du coté de l'Ordre des avocats de Limoges, sollicité par l'AFP, la ligne officielle est "pas de commentaire", conformément aux consignes du bâtonnier Abel-Henri Pleinevert. 

- Conflit générationnel ? - 

Sous couvert d'anonymat toutefois, les critiques des avocats limougeauds fusent.  

serveimage-6-e1517686445663

"AGN prétend démocratiser le droit quand la maison de l'avocat dispense chaque année quelque 1.500 consultations, sans condition de ressources, gratuites et anonymes", lance l'un d'eux. 

"Leur +magasin+ n'offre aucune discrétion: quid pour une femme qui voudrait se renseigner sur le divorce, si elle est vue par les collègues de son mari? Et quid de l'indépendance financière d'un jeune avocat et de sa liberté de refuser une affaire absurde ou non plaidable quand, avant même de se rémunérer, il doit remonter à la franchise plus de 10% de son chiffre?", interroge un autre. 

"La révolution numérique a tout changé", rétorque Philippe Charles, pour qui "AGN défend la profession face aux sites qui proposent des services juridiques en ligne délivrés par des non avocats, donc non soumis à la déontologie."  

Empêchée de prêter serment par l'interdiction délivrée par l'Ordre, Emilie Robelin, 28 ans, recrutée par AGN, s'estime mise au ban injustement. Avec sa collègue Emilie Tabaraud, stagiaire-avocate, elles regrettent "un conflit générationnel" et revendiquent une "approche +business compatible+ avec la déontologie"

Justice

En position d'arbitre moral dans cette lutte fratricide, le Conseil national des barreaux (CNB), sans réel pouvoir décisionnaire, est tiraillé par des dissensions internes. Ces difficultés sont "révélatrices d'évolutions des modes d'exercice de notre profession" d'avocat qui "suscitent comme toujours des tensions", a commenté auprès de l'AFP Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB. 

Pour elle, "le mode d'exercice d'AGN ne pose pas de difficulté sous réserve que les règles de déontologie soient respectées". Mais "le CNB n'a pas à intervenir dans les décisions prises par les bâtonniers"... 

Saisies par AGN, la Cour d'appel et l'Autorité de la concurrence ne devraient pas rendre leur décision avant plusieurs mois.

https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/limoges-un-cabinet-d-avocats-low-cost-interdit-d-exercer-au-nom-de-la-deontologie_1990365.html

 

BASE 14 995X225

Et voilà comment Macron met la France dans les mains de la finance !!!
Et les gogos vont se faire attraper ! On va les attirer avec des prix sympas, des procédures simplifiées, etc... au début, et après, quand tout sera libéralisé, dans les mains de la finance, qu'arrivera t-il ? Le piège se refermera t-il ?  L'Etat ne sera plus là pour garantir l'égalité, la justice !
Le gagnant risque bien d'être celui qui paiera le plus !

Et quand on fait une levée de fonds d' un million d'euros et qu'on veut que cette levée reste anonyme, à qui obéit t-on ? Ceux qui ont investi ne l'ont pas fait pour les beaux yeux de ces avocats, mais pour la rentabilité !

Est-ce cela que l'on souhaite : la Justice en France, un produit commercial qui doit être rentable ?  S.R.

Posté par UPR Creuse à 07:43 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Glyphosate, étiquetage nutritionnel : le gouvernement accumule les renoncements sur la loi Agriculture

Le gouvernement a convaincu l'Assemblée nationale, en ce début de semaine, de céder au lobbying des médias TV sur l'étiquetage nutritionnel et de renoncer à interdire le glyphosate en 2021.

act lobbying medias glyphosate

Encore un rétropédalage. Alors que le président de la République Emmanuel Macron a promis d’interdire le glyphosate d’ici à 2021, les députés ont renoncé, dans la nuit de lundi à ce mardi 29 mai, à inscrire cette sortie dans la loi. Cet herbicide est pourtant jugé cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé.

glyphosate-620x405

Officiellement, ce délai est toujours d’actualité mais le gouvernement refuse de se lier les mains en inscrivant ce principe dans la loi. Le chef de l’Etat « a fixé un objectif ambitieux et pragmatique » et « nous mettons toutes les chances de notre côté », a expliqué le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, à l’Assemblée nationale, pendant la discussion sur le projet de la loi Agriculture et alimentation.

Lobbying payant des médias TV

Sous la pression des médias télévisuels, le ministre a également refusé d’étiquetage nutritionnel des produits, avec un code couleur, sur tous les supports publicitaires, malgré la volonté d’Olivier Véran, pilier de la majorité et rapporteur général du budget de la sécurité sociale. Les éditeurs de presse, qui craignaient que l’entrée en vigueur de cette mesure ne fasse plonger leurs revenus, ont adressé une lettre d’avertissement au gouvernement et à certains députés. Un lobbying payant puisque l’Assemblée a finalement rejeté l’étiquetage obligatoire.

lobbying_0

Tous les amendements tendant à interdire la publicité pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des moins de seize ans ont également été rejetés, au nom de la nécessité d’un texte « qui marche sur ses deux jambes », selon Stéphane Travert.

L’Assemblée nationale a en revanche voté… pour l’obligation de la mise à disposition de « doggy-bag » dans les restaurants, d’ici à juillet 2021. Le seuil de revente à perte en grande surface a également été relevé de 10%, pendant deux ans. Les hypermarchés pourront désormais casser les prix pour gagner des parts de marché, quitte à réaliser des moins-values. Enfin, le ministre a avalisé l’objectif d’une part de 50% de produits bio dans les cantines en 2022*. Reste à voir si la mesure, décriée par la droite pour son coût, résistera à la navette parlementaire.

https://www.marianne.net/politique/glyphosate-etiquetage-le-gouvernement-cumule-les-renoncements-la-loi-agriculture?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

BASE 14 995X225

*Voir notre publication: Pourquoi les patients des hôpitaux de la Creuse ne sont pas près de manger des produits locaux

(http://www.frexit-limousin.fr/archives/p26-16.html)

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

95 suppressions de postes annoncées chez Anovo à Brive

L'entreprise Anovo, spécialisée dans les outils de communication et la maintenance téléphonique, basée à Brive, est à nouveau dans la tourmente. Un plan social prévoyant 95 suppressions de postes sur 182 a été annoncé à Paris.

ACT ANOVO EMPLOI BRIVE

Chez Anovo, les échos n'étaient pas bons depuis plusieurs mois.

L'entreprise spécialisée dans les outils de communication a annoncé vouloir se séparer de 95 salariés comme nous l'a confirmé l'un d'entre eux.

La décision a été annoncée en CCE extraordinaire (comité central d'entreprise) ce mardi matin à Paris.

Aujourd'hui, l’entreprise de Brive recense 182 salariés qui ont appris avec stupeur le lancement d'un plan social. "Nous savions qu'il allait se passer quelque chose mais quand nous avons appris pour les 95 postes, ça a été un choc", confie une salariée du site.

Les salariés brivistes ont appris qu'ils étaient les seuls touchés par cette procédure sur les 4 sites français du groupe. Le site de Saint-Augustin ne serait pas concerné.

Le directeur des ressources humaines France, Philippe Albert, n'a pas souhaité faire de déclaration ce mardi soir.

Employant plus de 300 personnes avant son rachat en 2011 par Butler Capital, Anovo est entré dans le giron d'Ingram Micro en 2015. Le site briviste comptait alors 210 personnes.

"On fait le dos rond et ça continue"

finance nage

Ce n'est pas la première fois qu'Anovo est dans la tourmente. En 2015, une cinquantaine de postes avaient été supprimés suite à la perte d'un gros client. Etaient à cette éqoque concernés les deux sites corréziens, celui de Brive et celui de Saint-Augustin.

"J'ai connu le redressement judiciaire, les rachats, les plans sociaux...On fait des efforts, le dos rond et ça continue", lâche, fataliste, la salariée.

C'est un nouveau coup dur pour l'entreprise et pour le bassin de Brive après la fermeture annoncée en début d'année du site d'Euralis.

Laetitia Soulier et Emilie Auffret

https://www.lamontagne.fr/brive-la-gaillarde/economie/social/2018/05/29/95-suppressions-de-postes-annoncees-chez-anovo-a-brive_12865584.html

BASE 14 995X225

La mondialisation heureuse, qu'ils disaient !!

Anovo, une entreprise française créée à Beauvais en 1987.
Anovo, racheté en 2011 par Butler capital partners, une société d'investissements française qui pratique le LBO (beurk).
Butler capital partners a été créée par Walter Butler, américain-Brésilien-Français ; énarque, il patauge au milieu des politiques (de Villepin,  Léotard, Jean-Marie Messier), participe à la privatisation de TF1, puis est embauché par... et oui, goldman sachs et puis créé son entreprise.
Puis racheté par Ingram Micro en 2015.
Ingram Micro racheté par le conglomérat chinpois HNA Group.
-
Comme on le constate, les entreprises ne sont que des boîtes à finance, le capital humain n'étant qu'une variable d'ajustement !   S.R.

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Le conflit entre le Président italien et le gouvernement : une répétition du conflit Mac Mahon – Gambetta ?

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

TL SAPIR MAC MAHON GAMBETTA

Depuis le vendredi 25 mai se développe un conflit constitutionnel et une polémique politique particulièrement vive en Italie opposant le Président, M. Mattarella aux deux dirigeants des partis sortis vainqueurs des élections (MM Luca Di Maio et Matteo Salvini) et au Premier-ministre désigné, M. Conte. L’objet de cette polémique est le droit que s’arroge le Président de la République de refuser d’entériner la nomination de Paolo Savona au poste de Ministre des Finances. Le conflit porte sur l’interprétation des pouvoirs du Président. Il n’est pas sans rappeler celui qui opposa, en France et en 1877, le Président de la République, le Maréchal Mac Mahon, connu pour ses idées monarchistes, aux républicains emmenés par Gambetta, Simon et Grévy, qui étaient majoritaires à la Chambre des Députés. Ce qui se joue donc ici est à la fois le respect de la démocratie, le respect du principe de légitimité lié à la souveraineté populaire, mais aussi l’avenir de l’Italie.

Paolo Savona

L’opposition du Président Mattarella à la nomination de M. Savona.

Premier-ministre désigné, M. Conte a formé son gouvernement, appuyé par les deux partis majoritaires au Parlement Italien, le M5S et la Lega. Il a nommé M. Paolo Savona, un ancien Ministre de l’industrie, un ancien dirigeant de la Cofindustria (le MEDEF italien), mais surtout une personnalité connue pour ses positions très largement eurosceptiques et anti-Euro[1]. Le Président a immédiatement refusé de valider ce choix, provoquant la crise politique[2]. Le Premier-ministre désigné et les dirigeants des partis de majorité semblent vouloir faire de la nomination de M. Savona un « casus belli ».

Le Président italien s’appuie sur son rôle de garant des traités internationaux pour refuser de contresigner la nomination de M. Savona[3]. Mais, en a-t-il le droit ? Il est bien précisé, dans l’article 92 de la Constitution, qu’il nomme les Ministres sur proposition du Premier-ministre[4]. Le Président Mattarella fut un grand juriste. Il fut à l’origine du changement du mode de scrutin adopté en 1993, un mode de scrutin qui fut aboli par une nouvelle loi de 2005[5]. Pourtant il devrait se souvenir de ce qu’écrivait Costantino Mortati, l’un des rédacteurs de la Constitution italienne : « La proposition des ministres faite par le Premier ministre désigné doit être considérée comme strictement contraignante pour le chef de l’Etat »[6]. Le refus de contresigner une nomination ne pourrait se justifier que dans le cas de condamnations criminelles ou de conflits d’intérêt par trop évident.

599x286x23622444_1431433260308128_7083284685276893175_n

Il est donc clair, concernant M. Savona, que ce n’est pas cela que le Président Mattarella a en tête. Il faut alors se souvenir des déclarations de Jean-Claude Juncker lors de l’élection grecque de janvier 2015[7]. Il faut encore se souvenir de cette citation de Monsieur Jean-Claude Juncker: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Cette révélatrice déclaration date de l’élection grecque du 25 janvier 2015.

On voit ici que le Président Mattarella fait écho à cette déclaration, assez odieuse, de Jean-Claude Juncker. Il interprète ses fonctions comme devant garantir l’éternité d’un traité face à la volonté des électeurs. Ce faisant, il ne s’oppose pas seulement à la souveraineté populaire, qui s’est exprimée lors du vote du 4 mars 2018 ; il s’oppose aussi à la souveraineté nationale, dont la souveraineté populaire est un mode d’exercice, en s’opposant de fait à la volonté du Premier-ministre désigné au nom du respect d’un traité.

On le voit bien, il y a un comportement général des dirigeants de l’UE, mais aussi des dirigeants « européistes » (voire « euroïnomanes » comme le disent les collègues italiens), qui appelle une réaction d’ensemble parce que ce comportement conteste cette liberté qu’est la souveraineté[8].

Se soumettre ou se démettre ?

image006

Le Président Mattarella a-t-il ouvert une crise constitutionnelle en Italie ? On peut imaginer diverses issues à la crise actuelle. Tout d’abord, le Premier-ministre peut retirer son choix et en présenter un autre. Mais, s’il le fait, il prend acte de la supériorité des traités européens sur sa propre action et sa légitimité sera réduite à néant. Par ailleurs, la Lega s’est largement engagée dans le soutien à M. Savona. Il est peu probable qu’elle accepte cette solution, et elle brisera alors l’alliance avec le M5S. Cela devrait conduire à de nouvelles élections. Ensuite, le Président peut finalement accepter de contresigner cette nomination, tout en émettant des réserves de principes et en se présentant comme le garant des traités. Ce serait la solution la plus sage. Mais, elle impliquerait un recul public de M. Mattarella, qui affaiblirait son autorité. Enfin, on peut rester dans le conflit, et, à ce moment là, c’est la personne de Mattarella qui concentrera les critiques.

De ce point de vue, la situation en Italie n’est pas sans rappeler celle que connut la France en 1877 quand le Président Mac Mahon demanda la démission du républicain Jules Simon et nomma à sa place le monarchiste Albert de Broglie, alors que les républicains étaient majoritaires à la Chambre des Députés. De Broglie n’obtint pas majorité, et Mac Mahon prononça la dissolution de la Chambre[9]. Ces élections se tinrent dans un climat de crise constitutionnelle dont il faut retenir le discours de Léon Gambetta le 15 août à Lille : « Je devais plus particulièrement le dire ici, dans ce département qui, parmi les autres, tient la tête dans les questions d’affaires et de politique. Je devais le dire ici pour vous mettre en garde contre certains bruits qui ont été répandus et dont on alimente la basse presse, à savoir que si le suffrage universel dans sa souveraineté, je ne dirai pas dans la liberté de ses votes, puisqu’on fera tout pour restreindre cette liberté, mais dans sa volonté plénière, renomme une majorité républicaine, on n’en tiendra aucun compte.

103027478_o

Ah! tenez, Messieurs, on a beau dire ces choses ou plutôt les donner à entendre, avec l’espoir de ranimer par là le courage défaillant de ses auxiliaires et de remporter ainsi la victoire : ce sont là de ces choses qu’on ne dit que lorsqu’on va à la bataille; mais, quand on en revient et que le destin a prononcé, c’est différent ! Que dis-je, le destin ? Quand la seule autorité devant laquelle il faut que tous s’inclinent aura prononcé, ne croyez pas que personne soit de taille à lui tenir tête. Ne croyez pas que quand ces millions de Français, paysans, ouvriers, bourgeois, électeurs de la libre terre française, auront fait leur choix, et précisément dans les termes où la question est posée ; ne croyez pas que quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté, ne croyez pas que lorsque tant de millions de Français auront parlé, il y ait personne, à quelque degré de l’échelle politique ou administrative qu’il soit placé, qui puisse résister.

Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.[10] »

C’est, naturellement, la phrase finale de ce discours que l’histoire a retenue : « se soumettre ou se démettre ».

Une crise fondatrice ?

6405485lpw-6407675-article-italyflag-jpg_3946886_660x281

Tel pourrait bien être le sort du Président Mattarella. On sait que Mac Mahon se soumit d’abord, puis se démit, en 1879. Cette crise constitutionnelle fut fondatrice, en France, pour l’interprétation des lois constitutionnelles de la Troisième République. Si une crise analogue devait survenir en Italie, elle aurait – aussi – un élément fondateur pour la souveraineté de l’Italie face aux institutions européennes.

On le voit, souveraineté populaire et souveraineté nationale sont indissolublement liées. Cela, Gambetta l’avait compris. L’absence, pour l’instant, de réaction publique des forces de gauche en France, et de la France Insoumise en particulier, semble montrer que les héritiers moraux de Léon Gambetta dans notre pays n’ont pas compris les leçons de ce dernier.

[1] Voir http://www.lalibre.be/actu/international/paolo-savona-candidat-pour-l-economie-en-italie-qui-pense-que-l-euro-est-une-cage-allemande-5b0706c85532858b924f106b et http://www.ilgiornale.it/news/politica/guida-pratica-uscire-dalleuro-ecco-piano-anti-ue-savona-1532739.html

[2] Voir la note rédigée par Maxime Izoulet à l’adresse : https://monnaieprix.hypotheses.org/428

[3] Voir art. 87 de la Constitution, https://it.wikisource.org/wiki/Italia,_Repubblica_-_Costituzione

[4] « Il Governo della Repubblica è composto del Presidente del Consiglio e dei ministri, che costituiscono insieme il Consiglio dei ministri.

Il Presidente della Repubblica nomina il Presidente del Consiglio dei ministri e, su proposta di questo, i ministri. » in https://it.wikisource.org/wiki/Italia,_Repubblica_-_Costituzione

[5] La « Loi Mattarella ».

[6] Mortati C., Istituzioni di diritto pubblico, Cedam Casa Editrice dott. Antonio Milani, Padova, 1952, cité dans l’édition de 1975, p. 568

[7] Jean-Jacques Mevel in Le Figaro, le 29 janvier 2015, Jean-Claude Juncker : « la Grèce doit respecter l’Europe ». http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/28/01003-20150128ARTFIG00490-jean-claude-juncker-la-grece-doit-respecter-l-europe.php Ses déclarations sont largement reprises dans l’hebdomadaire Politis, consultable en ligne : http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

[8] Evans-Pritchards A., « European ‘alliance of national liberation fronts’ emerges to avenge Greek defeat », The Telegraph, 29 juillet 2015, http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11768134/European-allince-of-national-liberation-fronts-emerges-to-avenge-Greek-defeat.html

[9] Morabito M., Histoire constitutionnelle de la France (1789-1958), éd. Montchrestien, Paris, 2004, 8 édition. Muel L., Gouvernements, ministères et constitutions de la France de 1789 à 1895, éd. Guillaumin et C , Paris,1893. Mayeur J-M, La vie politique sous la Troisième République, éd. du Seuil 1984.

[10] http://www.savoiretculture.com/discours-gambetta-il-faudra-se-soumettre-ou-se-demettre/

Commentaire recommandé

l’aieul // 28.05.2018 à 00h28

Je serais Mr. Mattarella je sortirais pas de la présidence sans une armée et je ne dormirais que d’un œil.
Ni l’extrême-droite, ni l’extrême-gauche italienne n’ont de problème à exercer la violence réelle face à la violence politique, alors l’alliance des deux…
L’idée que M. Savona, professeur, banquier, économiste et statisticien, haut fonctionnaire de la banque centrale italienne, ancien ministre de l’industrie, quelqu’un qui a probablement dirigé plus de banques, plus de comités techniques macro-économiques (y compris pour les traités européens) et siégé à plus de conseils d’administration (y compris au comité directeur de la réserve fédérale américaine) que quiconque en Italie, ne soit pas compétent comme ministre de l’économie est une injure insupportable, qui flirte avec la trahison.
C’est quelqu’un qui est à 200% du système, la ligue et le M5S ne peuvent pas trouver quelqu’un qui soit plus l’homme du compromis pour les élites.
Parce que la seule faute de M. Savona, c’est d’être honnête et de reconnaître l’évidence: l’Euro est en train de tuer l’économie Italienne.

Et ça c’est du lèse-majesté.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-conflit-entre-le-president-italien-et-le-gouvernement-une-repetition-du-conflit-mac-mahon-gambetta-par-jacques-sapir/

BASE 14 995X225

Ce texte est sorti, comme vous l'aurez constaté, juste avant la démission du Président du Conseil, et l'on se doute que le nouveau gouvernement dit "technique" de M. Cottarelli (ce qui, en novlangue bruxelloise, signifie gouvernement docile, comme celui de Macron/Philippe) devrait se retrouver en minorité au Parlement, ce qui incitera le Président de la République à convoquer de nouvelles élections. Nous sommes donc bien dans une situation de même type que celle qui opposa le Maréchal Mac Mahon au gouvernement républicain. Evidemment, comparaison n'est pas raison et certains seront tentés, peut- être en partie à juste titre, de souligner que les idéaux de la coalition italienne sont fort éloignés de ceux du gouvernement de l'époque. Mais cette réserve là est d'ordre idéologique, elle ne tient pas en droit. Il s'agit bien ici d'une question de souveraineté nationale et populaire, de légitimité et de démocratie.   P.G.

mlamp1870_cp_0062

mercredi 30 mai 2018

Paolo Savona : Le bras de fer

BASE 14 995X225

Cet article est paru avant la décision de démission de Giuseppe Conte et le coup de force du Président de la République italienne. Il semble faire écho aux critiques que je formulais à propos de l'article Fascisation: Italie aujourd'hui...France demain?  A savoir une approche très idéologique empêchant de comprendre ce qui se joue réellement en Italie et en Europe: la question- clé de l'euro, socle de la dictature économique de l'oligarchie euro- atlantiste.      P.G.

TRIBUNE LIBRE / Source : Monnaie Prix, Paolo Savona, 25-05-2018

TL SAVONA EURO

Comme on pouvait s’y attendre, c’est donc autour de la nomination du Ministre des Finances que la formation du nouveau gouvernement italien semble bloquée. En effet, d’accord sur le programme de gouvernement et sur une liste de noms entrant au gouvernement, les deux partis ont chargé Giuseppe Conte, le nouveau Président du conseil de nommer Paolo Savona à ce poste stratégique. Or, Paolo Savona est un économiste euro-critique, c’est le moins que l’on puisse dire. Agé de 81 ans, ayant déjà été membre d’un gouvernement dans les années 90 comme Ministre de l’industrie, et ayant dirigé la cofindustria, le Medef italien, Paolo Savona est un homme d’expérience, très lié aux milieux d’affaire internationaux, et au commerce, disposant d’une expérience politique. La ritournelle qu’on entend monter dans la presse européenne sur l’inexpérience et l’impréparation du gouvernement, avec un tel homme, serait difficile à défendre, et c’est sans doute pour cela que les deux partis ont pensé à lui. Mais pas seulement. En effet, Paolo Savona est un économiste qui a compris, comme beaucoup d’économistes, l’inanité profonde de l’euro pour son pays. Dans une vidéo, il n’a pas hésité à dire que l’euro est la continuité du plan allemand nazi de 1936 de Funk, visant à développer l’industrie en Allemagne et à faire des autres pays des producteurs uniquement agricoles, Italie comprise. On voit donc à qu’il n’est pas homme à se laisser emberlificoter par la symbolique euro, qui emprisonne tant de militants, en particulier à gauche, dans l’impuissance politique.

erxzm6rhh9d70f8kdsr1

Certes, ces mêmes militants de gauche ne manqueront pas de souligner que Savona est un pur représentant de la bourgeoisie et pour le coup, ils auront raison. Mais un représentant de la bourgeoisie qui n’hésite pas à citer Marx et qui est prêt à combattre le principal verrou néolibéral de notre temps : l’euro. Aussi son soutien est-il bon à prendre. En vérité, des hommes comme Savona représentent un mouvement plus avancé en Italie qu’en France, et ce mouvement est la compréhension que l’euro dessert les intérêts de cette bourgeoisie nationale en détruisant la base de sa puissance à moyen terme. Certes, pour en arriver à cette analyse, il faut avoir un peu d’intelligence, pas trop d’idéologie et pas de volonté d’écraser le mouvement social à court terme, contrairement à de nombreux membres de cette bourgeoisie. Mais pour ceux qui répondent à ces conditions, la prise de conscience est possible et en fait évidente : l’euro tue l’économie italienne comme il tue l’économie française, et personne n’a intérêt à cela.

710413--

Dans ce contexte, Paolo Savona, par son intelligence et sa lucidité sur l’euro, représente une grande force pour le gouvernement, parce qu’il le crédibiliserait, en même temps qu’il assurerait sa défense rationnelle en cas de crise, évitant ainsi la panique qui s’était emparée du gouvernemnt grec pendant l’agression de la BCE en 2015. Rappelons que pour tordre le bras au gouvernement grec, et en outrepassant de façon flagrante son mandat et sa pseudo indépendance, la BCE n’avait pas hésité à couper le robinet monétaire à la Grèce en 2015, provoquant immédiatement une panique bancaire qui avait conduit à la capitulation politique de Syriza. Face à une telle attaque, un gouvernement de combat doit nécessairement disposer d’un Ministre compétent et solide pour répondre en faisant circuler une monnaie, quelle qu’elle soit, et ainsi maintenir l’activité économique et sa liberté d’action politique. C’est pourquoi il est fondamental que le Ministre des Finances ait réfléchi à la question de l’euro et au moyen d’en sortir, comme Paolo Savona l’a vraisemblablement fait.

lEuro-tue-lEurope

C’est pourquoi également, l’Union européenne, par la voix de Sergio Mattarella, le Président italien, s’oppose vigoureusement à la nomination d’un tel Ministre des Finances. Voilà la raison profonde du temps que met à se constituer le gouvernement italien. En utilisant tous les moyens les moins légitimes qu’offre la légalité constitutionnelle formelle, Sergio Mattarella fait tout pour s’opposer à la seule chose qui l’intéresse : la nomination d’un économiste anti-euro au Ministère des Finances. Il est à noter que l’UE est parfaitement consciente, au contraire de nombreux militants de gauche sincères, ici en France, que la seule question qui importe est celle de l’euro, parceque c’est d’elle que procèderont toutes les autres. Sans sortir de l’euro, il est impossible d’apppliquer n’importe quel programme social, et les gens qui continuent en France, à tourner pudiquement la tête devant ce fait devraient observer attentivement l’attitude de l’Union Européenne sur ces questions. Pour elle, comme pour ses serviteurs, les choses sont claires, tout est du vent à part le problème de l’euro, parce que toute politique, aussi originale et progressiste semble-t-elle, peut être défaite par un simple assèchement des liquidités par la BCE, comme en Grèce en 2015, afin de briser un gouvernement politiquement. Ce point stratégique est indispensable à comprendre.

Screen-Shot-05-29-18-at-06

En Italie, cependant, il est bien possible que la situation politique soit trop avancée pour que le Président de la République, isolé face à une majorité parlementaire baroque mais semblant se souder de plus en plus face à l’adversité, soit en mesure de s’opposer à la nomination de Paolo Savona. Le bras de fer du Ministère des Finances, qui retarde la nomination définitive du nouveau gouvernement italien, pourrait bien être remporté par l’alliance populiste. Si c’est le cas, bien d’autres difficultés de bien plus grandes ampleurs attendront cette nouvelle équipe, mais au moins disposeront ils d’une formation armée techniquement et idéologiquement pour affronter l’union européenne et l’eurogroupe, bien plus que ne l’était la Grèce en 2015.

https://www.les-crises.fr/paolo-savona-le-bras-de-fer/

114966484_o

116653612_o

 

 

 

 

OUTIL FREXIT URGENT

Posté par UPR Creuse à 07:44 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Des échos transalpins

TL TROPIQUES MACRON MATTARELLA

europe-dictature-2

Qu'est-ce qu'ils se racontent ?

Des histoires d'ex-fondés de pouvoir de banques, évidemment... mais aussi des histoires de Présidents de la République - qu'ils sont devenus l'un et l'autre, au gré des particularités locales des institutions de leurs États respectifs, et des modalités propres à leurs classes dirigeantes.

Alors ? à quoi ça peut bien ressembler ce genre d'histoire ?

Eh bien naturellement au genre d'histoire qui se raconte dans les journaux pour ex-fondés de pouvoirs de banque devenus Présidents de la république... comme par exemple  "Les Echos". Or, sauf à considérer "Les Echos" comme relevant de la presse complotiste, populiste et europhobe, on pourra juger qu'au moins leur éditorialiste ne se cache pas derrière son petit doigt pour résumer les événements, tels que vus du point de vue de la bourgeoisie affairiste, des intérêts du patronat, de la classe dirigeante et plus généralement de "l'Empire du bien"... en marche :

L'ACTUALITÉ DU JOUR PAR Daniel Fortin @dafortin

Divorce à l'italienne

D'un côté, les marchés, leur toute puissance, leurs agents comme le président italien Sergio Mattarella, qui vient d'écarter le candidat Premier ministre de la coalition extrémiste majoritaire au Parlement pour lui substituer un ancien dirigeant du FMI. De l'autre, le peuple, outragé, pris en otage, qui n'aura de cesse de reconduire encore plus puissante l'improbable coalition Ligue-M5S lors des prochaines législatives prévue au plus tard pour début 2019. Tels sont les termes du "débat" qui agite aujourd'hui une Italie aux prises avec l'une des pires crises politiques de son histoire, excepté l'épisode mussolinien. Pendant ce temps, la bourse de Milan s'écroule, les taux obligataires italiens remontent, les actions des banques dégringolent et les capitaux s'enfuient... Les marchés finissent toujours par avoir le dernier mot.

Carlo Cottarelli a travaillé plusieurs années au FMI. Il était jusqu'à présent directeur de l'Observatoire des comptes publics. - Andreas SOLAhttp

//www.librairie-tropiques.fr/2018/05/des-echos-transalpins.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Posté par UPR Creuse à 05:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

« Coup de force en Italie ! Un ancien du FMI nommé Premier ministre »

TRIBUNE LIBRE / par | 29 Mai 2018

Il est sans majorité, il ne représente rien et pourtant, c’est lui que le président italien charge de former un gouvernement.

TL CS COSTARELLI

Son nom ?

Carlo Cotarrelli !

Son expérience ?

Le FMI !

Ses convictions ?

Pro-européennes.
Mondialistes.
Europhiles.
De surcroît, il aime et adore… l’austérité, la vraie, la pure, celle du FMI !

D’un gouvernement eurosceptique à un Premier ministre du FMI !

europe-dictature-2

En refusant le ministre de l’Économie du gouvernement que lui avait présenté Giuseppe Conte, cela a précipité l’Italie dans une gravissime crise politique. Le parti Ligue souhaitait la nomination de l’économiste Paolo Savona, 81 ans, qui doute de la pertinence du maintien de l’Italie dans la zone euro… Pour protéger l’euro, le président italien a finalement refusé ce gouvernement. Mais ce n’est pas tout.

Allant jusqu’au bout de la logique de « protection » non pas de la Constitution italienne mais des institutions européennes, le président italien, Sergio Mattarella, a demandé à l’ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) de devenir le Premier ministre du pays par intérim et de former un gouvernement de transition.

« Chargé d’essayer » de former un nouveau gouvernement de transition, parce que sans aucune majorité, alors que les Italiens ont voté pour l’exact contraire des valeurs par ailleurs respectables que porte cet homme, il n’a strictement aucune chance de former ce gouvernement.

Pire, ce qui vient de se passer est une terrible provocation démocratique car vous avez sous les yeux la négation (encore une fois) d’un vote populaire.

De nouvelles élections début 2019… ou en septembre !

ob_3e7c41_2179229-qui-est-carlo-cottarelli-le-mo

« Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j’obtiens la confiance, inclura le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019 », a-t-il expliqué en précisant que sans la confiance du Parlement les élections se tiendront « après le mois d’août ».

M. Cottarelli a en outre assuré que « le gouvernement resterait alors neutre » et s’est engagé « à ne pas être candidat aux prochaines élections » promettant que la situation des comptes publics était en ce moment « sous contrôle ».

Alors il devrait se tenir de nouvelles élections. En attendant, le parlement sera dissous ou presque, il ne servira à rien, et un « gouvernement dit technique » se chargera d’appliquer en Italie les demandes édictées à Bruxelles exactement comme ce fut le cas lors de l’épisode de l’éviction de Silvio Berlusconi par Merkel et Sarkozy qui avait installé par un coup de force déjà, Mario Monti qui avait fait la politique demandée à Bruxelles.

La démocratie oui, mais que si vous votez comme on vous le demande !

3047230572

L’Union européenne est devenue un monstre. Un « empire » qui poursuit sa propre logique de toute puissance et qui veut s’étendre. Tous ces empires ont toujours été, à travers les âges et l’histoire de l’humanité, des systèmes qui finissent en dictature.

L’Union européenne n’échappe pas à ce funeste destin.

Plus elle se fragilise, plus elle montre et démontre son inefficacité, plus elle est rejetée par les peuples qui la composent et plus, pour survivre, elle doit se montrer violente.

Ne vous faites aucune illusion.

2017-08-29-1015128853

Soit nous tuons cette Union européenne, soit nous liquidons ce système politique abjecte, négation de la démocratie et du droit légitime des peuples à disposer d’eux-mêmes, soit, dans 10 ans, l’Union européenne aura sa propre Stasi, ses lieux d’interrogatoires secrets de la Loubianka, ou encore ses propres goulags pour réprimer ses dissidents.

Lutter contre l’Union européenne est le devoir de chaque citoyen épris de liberté.

Je veux bien que Poutine soit un horrible dictateur avec de mauvaise élections. Que Maduro soit aussi un dictateur. Je veux bien accepter qu’en Chine aussi ce soit mal et la dictature, et ne parlons pas de la Corée du Nord et de tous ces pays qui oppriment leurs citoyens.

Mais posons la question qui fâche.

Quelle est la différence entre une élection en Russie et une élection en Italie ?

599x286x23622444_1431433260308128_7083284685276893175_n

Aucune me semble-t-il car pour rester « politiquement correct », dans les deux cas, nous connaissons le résultat à l’avance.

Combien de fois l’Union européenne et ses commissaires politiques feront-ils revoter les Italiens ?

Ce qui est certain c’est que la prochaine fois, le score sera encore plus élevé contre le parti europhile.

Au bout du chemin, l’Union européenne devra accepter d’être ce qu’elle est : une véritable dictature où le droit de vote ne compte plus, ou alors elle devra accepter de disparaître.

Dans tous mes éditos en bas de page je cite cette phrase de Kennedy : « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. » Je la cite exactement pour ces raisons.

ob_35a9e5_10352404-795270000505691-1449755118720

Une dictature, par nature et par essence, engendre de la violence. Nous en sommes au début de la décomposition de l’Empire européen. Comme toute décomposition, elle sera violente, et nous fera entrer dans une période d’immenses troubles. *...

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/coup-de-force-en-italie-un-ancien-du-fmi-nomme-premier-ministre-ledito-de-charles-sannat/

 

BASE 14 995X225

*... à moins que dès l'an prochain, en France notamment, les électeurs se ressaisissent et fassent mordre la poussière aux listes présentées par des partis européistes, quelque soit leur degré d'allégeance à la "construction européenne", afin de donner un coup d'arrêt décisif à cette mise en esclavage des peuples et des nations!   P.G.

23674896_10155892770337612_4971545130397341684_o

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

La grande victoire du Venezuela, c’est d’avoir un pouvoir populaire organisé

Vanessa Angustia est sénatrice d’Izquierda Unida / Podemos dans l’Etat espagnol. Elle faisait partie de la délégation d’accompagnement international présente au Venezuela lors des élections du 20 mai dernier qui ont abouti à la réélection de Nicolas Maduro à la présidence de la république.

TL VENEZUELA ELECTIONS

Deux jours après la tenue de ces élections, la sénatrice a interpelé le Sénat espagnol au sujet des raisons pour lesquelles le gouvernement de l’Espagne ne reconnaissait pas la légitimité des résultats électoraux au Venezuela, en signalant que cette position était “antidémocratique, qu’elle constituait une ingérence qui faisait fi de la volonté émanant du peuple vénézuélien”.

Elle a aussi demandé à cette chambre parlementaire pour quelle raison le gouvernement espagnol avait, en revanche, reconnu les élections au Honduras et au Paraguay, malgré les plaintes importantes pour fraude dans ces deux cas, et ce qui « justifiait ces deux poids deux mesures de la part du gouvernement au sujet des élections au Venezuela ».

_elprimerministrode24572822_0e75846e

Lors de cette question au gouvernement, Vanessa Angustia a conclu en demandant si le gouvernement espagnol “allait rompre les relations diplomatiques avec le Venezuela , alors qu’il ne le fait pas avec des pays qui violent les droits de l’homme en permanence et de manière flagrante, comme le Maroc et Israël”

L’équipe de Prensa CRBZ s’est entretenue avec la sénatrice dans le cadre de son intervention et de sa récente visite au Venezuela en tant qu’accompagnatrice internationale des élections.

Quelle est ton appréciation du processus électoral du point de vue technique ?

Le travail du Conseil National Electoral a été impeccable. Rares sont les pays dans le monde qui ont un système de garanties électorales offrant la fiabilité que nous avons pu constater ici. Le processus a été dans l’ensemble impeccable, depuis l’annonce le 23 janvier des élections présidentielles par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), pendant la négociation dans le cadre de l’accord de garanties électorales dans la République Dominicaine et jusqu’au 20 mai.

rajoy-726697

Je viens d’un pays où le gouvernement gère les processus électoraux avec une entreprise privée qui lui fournit l’appui et qui se charge de la logistique, de la transmission et de la diffusion des votes décomptés, une entreprise appelée Indra qui est assez contestée au plan international, par conséquent je souligne toujours le fait qu’au Venezuela tout le système électoral est public. Ce processus a fait l’objet de dix-neuf audits, sous tous ses aspects : registres électoraux, PV de scrutin, données des électeurs dans les machines à voter, etc. Pratiquement tout est vérifié. Et il faut signaler la vérification des résultats après le module du dépouillement, lorsqu’on procède à la comparaison de 54% des bulletins de vote électronique et des bulletins de sauvegarde.

Par rapport à d’autres processus il y a eu des améliorations cette fois-ci, telles que l’ajout de cinq nouveaux audits. Le système électoral n’est pas statique, il est au contraire en cours de révision et d’amélioration constante. Il faut rappeler cette volonté de rechercher un système qui offre toujours plus de garanties.

Et du point de vue politique, quelle est ton impression ?

GettyImages_824699094

Dans l’opposition, il y a eu deux lignes, une ligne intérieure et une ligne extérieure. La ligne extérieure a été de continuer de tabler sur l’ingérence. D’un côté, une partie importante et non négligeable de l’opposition a décidé de participer au processus, ne s’est pas retirée de la table de négociation des accords de garanties électorales, a légitimé le processus dans chacune de ses étapes, et mené une campagne tranquille et en paix. Toutefois, une fois les élections perdues, elle s’est plaint de fraude électorale, sans fournir en plus aucune espèce de preuve.

D’un autre côté, il y a l’opposition regroupée dans la MUD qui a décidé de ne pas participer aux élections et de les délégitimer en appelant à s’abstenir. Il semble que cet appel a été entendu et que le taux d’abstention correspond à sa part de l’électorat. Cet argument contredit le discours qui dit qu’il y a eu une faible participation. Cette opposition est justement celle qui a été à l’origine des violences précédant l’ANC. C’est là qu’entrent en jeu la participation internationale, l’intervention et l’ingérence des Etats Unis et de l’Union Européenne, qui ont décidé dès le départ de ne pas reconnaitre les élections et de mener leur propre campagne dans les médias et les gouvernements, en annonçant la non-reconnaissance des résultats électoraux et en menaçant de sanctions.

Gouvernement-oligarchie-Gabon

Les intentions sont très claires: peu importe ce qui se passe au Venezuela et les garanties démocratiques qu’on donne. On décide des gros titres pendant la campagne et sur cette base on construit un discours. Ils ne vont jamais reconnaître l’espace électoral, parce que l’objectif politique est autre: renverser le gouvernement et s’approprier le pays aux côtés des secteurs qui cherchent à exploiter les ressources du Venezuela pour faire leurs profits et reconstruire leur oligarchie défaite avec les oligarchies aux Etats-Unis et en Europe. Il ne faut pas tomber dans l’erreur qui consiste à chercher quelque élément de vérité que ce soit dans cette stratégie politique. En plus, c’est une communauté internationale qui vient de légitimer la violence provoquée en 2017.

C’est un programme qui a une composante très dure pour l’espace des alliances que nous cherchons à construire dans la gauche européenne sur la base de relations d’égalité, et il a fait un pas en arrière, vers le XXème siècle, vers un type de politique coloniale a l’égard de l’Amérique latine qui croit que l’on peut décider des ressources et de l’organisation de ses peuples. Et ce serait une erreur de notre part de ne pas comprendre qu’il s’agit d’une stratégie globale de l’empire contre les pays et les secteurs politiques qui, comme nous, ne s’alignent pas sur cette politique coloniale.

D’après toi, maintenant que les résultats sont connus, que peut-on dire de la légitimité du nouveau mandat de Maduro ?

симво-европы-41181618

Dans ce cas, il est important de fournir des données, parce que celles-ci ne sont pas neutres, elles sont des données politiques. Il y a des données qui sont manipulées pour ternir la légitimité d’un processus qui a été impeccablement propre, valable et démocratique.

Lors des dernières élections européennes en 2014, le taux global de participation dans tous les pays a été de 41,6%; en Espagne, 43,8% et au Royaume-Uni de 35,6%. C’est-à-dire que l’Europe ne peut pas parler du niveau de légitimité des élections en se fondant sur le taux de participation, parce que personne n’a contesté la représentativité du Parlement européen sur cette base, personne ne l’a mise en doute.

Lors des dernières élections aux Etats-Unis il y a eu 48% de participation, et le président Trump a été reconnu comme légitime, alors qu’il a été élu avec un pourcentage inférieur à celui de Maduro. Même chose dans les cas de Macri, Piñera et Santos. En France, le taux de participation lors des législatives de l’année dernière était de 42 à 48%, au Portugal pareil.

La question n’est donc pas la participation mais l’usage que l’on veut faire des données, c’est ce qui s’appelle une manipulation.

En tant que militante et en tant que députée, dans le contexte des énormes difficultés que vit le peuple vénézuélien et dans lequel se sont déroulées ces dernières élections, quel bilan dresses-tu de ce que tu as pu apprécier au contact des gens dans notre pays pendant le élections ?

Nicol-s-Maduro-at-closing-015

La grande victoire au Venezuela, c’est d’avoir un pouvoir populaire organisé, d’avoir des classes laborieuses qui se défendent elles-mêmes, qui savent parfaitement quel est l’ennemi et qui est l’agresseur, et qui agissent en conséquence, qu’elles aient ou non des divergences ou des critiques, et elles savent parfaitement à qui elles doivent faire face et qui cherche à leur enlever des droits et de la souveraineté. C’est le résultat d’une politique dans laquelle on ne fragmente pas la vision de la vie, on ne parle pas d’économie d’un côté et de politique, de garanties sociales et de politique internationale de l’autre. Cette fragmentation est appliquée par le pouvoir sur les peuples, en Europe et aux Etats-Unis, afin qu’ils n’aient pas de vision d’ensemble ni de compréhension de leur réalité, ce qui provoque de la démotivation politique et une fragmentation des luttes.

Quand on ne fait pas cela, et que l’on gouverne avec des politiques favorables au peuple, il y a une formation politique du peuple qui apprend à faire la différence. Et ce qui a l’air facile à expliquer n’est pas un modèle dans nombreux de nos états. Ce n’est pas la dynamique sociale de participation politique que l’on voit en Espagne, par exemple.

venezuela-election

Les difficultés au Venezuela sont énormes. Il en résulte un découragement et la certitude très partagée que la situation est difficilement tenable car les sanctions et les agressions étaient déjà annoncées. Cependant, ce découragement a été surmonté et a trouvé son aboutissement avec cette conscience qu’ont prise les classes populaires. Même si la situation est extrême pour des millions de personnes, il y a aussi cette idée qu’il ne faut pas se rendre, parce que si l’impérialisme l’emporte, la situation sera bien pire.

Je crois qu’être au Venezuela, c’est se plonger dans un bain de réalité. Nombreux sont ceux et celles qui devraient aller au Venezuela prendre une leçon d’humilité et connaître un peuple qui se défend et se protège lui-même, surtout ceux qui délégitiment le processus et le peuple parce qu’il continue de soutenir le gouvernement sans connaître en réalité les circonstances, sans s’être informés des raisons des agressions et de ce qui provoque cette guerre avec le Venezuela.

Et il est toujours agréablement étonnant de voir la joie de vivre avec laquelle le peuple vénézuélien vit ce processus, même dans les moments les plus difficiles, tels que les élections à l’Assemblée Constituante étant donné le degré de violence organisée par la droite et la situation économique extrêmement dure. Il y a beaucoup à en apprendre, comme l’exemple que nous donnent des codes culturels et sociaux qui sont précieux pour la participation démocratique. Il y a là un enseignement à méditer afin d’améliorer nos propres garanties démocratiques.

Traduction : Paula Faraone

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/la-grande-victoire-du-venezuela_82358303

Tu veux un cookie ?

BASE 14 995X225

Cet article est très technique et est à destination des "webmasters" et de ceux qui maîtrisent un peu le domaine. Si vous n'y comprenez rien (comme moi) , pas de panique, faites suivre à ceux qui s'y connaissent!   P.G.

TL COOKIES GEEK

À l'approche de la date de l'entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD 25.05.2018), la panique (quand ce n'est pas carrément le syndrome du larbin) saisit tous les éditeurs responsables et les webmasters.

On croirait à un concours de la pop-up la plus moche — la plus gênante, surtout — pour vous faire accepter les « conditions dans lesquelles le site collecte des informations par l'utilisation de cookies... ».

Panique aussi concernant les newsletters : « nous allons devoir redemander la permission à tous nos abonnés pour pouvoir continuer à leur envoyer notre newsletter ». Non, non, et non. Tout ça c'est juste du flan.

  • D'une part, le règlement en question ne stipule nulle part qu'une adresse e-mail serait automatiquement une donnée à caractère personnel.
  • D'autre part, si vos abonnés se sont inscrit en double option (confirmation), un mini contrat existe entre eux et vous qui vous autorise à leur envoyer votre newsletter dans les conditions spécifiées lors de l'inscription, et ce, jusqu'à ce que l'utilisateur choisisse de se désabonner. Le RGPD n'a pas pour effet d'annuler tout ce qui préexistait !

Apple-5s-think-different-motto

Pour le reste, tout le monde se fiche des données que vous pourriez collecter via les cookies, vous allez comprendre que c'est de la roupie de sansonnet à côté de ce que vous transmettez comme données personnelles de navigation de vos visiteurs, directement aux GAFAM, et aux autres grands acteurs du marché. À l'insu de votre plein gré (ce ne sera bientôt plus une excuse en ce qui vous concerne, si vous êtes un collègue webmaster).

Prenons un exemple

Vous vous rendez sur le site de votre agence de voyage pour y commander votre séjour de rêve sur les plages de sable chaud. Dix minutes plus tard, vous ouvrez votre page Facebook et il vous propose, dans les pubs tout un tas de produits et services en rapport avec votre achat... Et les données collectées dans des cookies par l'agence en question ne sont nullement en cause, c'est un peu plus pervers que ça.

Lorsque vous vous inscrivez sur Facebook, celui-ci associe votre identité réelle à un identifiant numérique, disons 4859127884091837. Il place cet identifiant dans un cookie, qui sera stocké sur votre disque dur. Seul Facebook a le droit de lire ou de modifier ce cookie (l'utilisateur, quant à lui, peut l'effacer, mais en pareil cas, il devra à nouveau s'identifier lors de sa prochaine connexion).

cookie

Jusque-là, tout va bien, et l'on ne voit pas immédiatement comment Facebook se fait transférer automatiquement les données de navigation des utilisateurs lorsqu'ils naviguent sur le web...

L'astuce est simple : les GAFAM, avec Facebook et Google en tête, s'arrangent pour que les webmasters incluent un fichier situé sur leur domaine dans toutes les pages de leur site. Cela va du bouton « like » à la jolie fonte google, en passant par les petits snippets javascript pour faire ci ou ça.

Dès lors, au chargement de la page, le navigateur du client (votre visiteur) va faire une requête (GET) sur le serveur GAFAM, et ce faisant, lui donner libre accès au cookie associé, ainsi qu'au referrer, soit l'URL de la page demandée. Oui, je sais, c'est du chinois, alors voyons ça concrètement.

Pour les besoins de la cause, j'ai créé : 

  • Une page « register » sur www.levilainpetitcanard.be, qui créera un cookie « register » portant valeur « 9a6663f1bf0c56043bff6efc2b6a2599 »
  • Une page anodine, sur le site www.lvpc.tk, qui affiche un simple texte... mais fait « référence » à un petit script localisé sur le domaine www.levilainpetitcanard.be
  • Le petit script en question, qui se contente d'afficher, dans une fenêtre d'alerte, les données ainsi collectées.

1) on va sur la page« register.php » qui représente n'importe quelle inscription sur un GAFAM ou autre acteur du marché

2) On va sur la page « anodine.htm » qui contient le code suivant : 

La référence au « GAFAM » est située à la dernière ligne du bloc <HEAD>. Il s'agit d'un lien vers le code supposément javascript situé sur www.levilainpetitcanard.be. En pratique, il ne fait que régurgiter les données sur lesquelles il a pu mettre la main sous forme d'une fenêtre de message (alert) en Javascript.

3) On voit le résultat

Non seulement le « GAFAM » peut récupérer l'identifiant unique de l'internaute, et le relier ainsi à l'utilisateur (et ses données récupérées précédemment), mais en plus il obtient l'adresse IP, les informations sur le navigateur, et le plus important : le referrer.

Notez que dans ce cas-ci, le referrer portait en paramètres (GET) des informations sur l'activité du client, permettant au GAFAM de mieux cibler encore les centres d'intérêt de l'internaute. Si vous vous trouvez dans la partie « boutique », il le saura, si vous êtes sur la page « réclamation », il le saura aussi.

Faut-il préciser que ce sont des terrabytes d'informations concernant les habitudes de navigation de leurs utilisateurs que ces GAFAM reçoivent tous les mois ? Il ne reste plus qu'à passer ça à la moulinette de l'indexage et du collationnement des données pour constituer un portrait toujours plus fidèle du pigeon de service : l'utilisateur/consommateur.

Comment arrêter de transmettre les données de nos visiteurs ?

La solution la plus simple consiste à faire ce que j'ai fait sur Le Vilain Petit Canard : supprimer toute référence à des scripts/css/snippets/iframes en provenance d'une source externe. On rapatrie les polices Google qu'on veut utiliser et on les référence localement, on télécharge la version de JQuery qu'on souhaite utiliser et on fait de même, on vire les boutons « like » pour ne garder éventuellement qu'un bouton « partage » qui ne nécessite pas de référence à un code distant.

Après quoi, on peut installer un addon comme LightBeam dans firefox pour visualiser les éventuelles dépendances restantes. Pour moi, elles ont toutes été supprimées au moment où j'écris ceci à part une référence à Google (Recaptcha) qui ne sera présente que si vous souhaitez placer un commentaire sur mon site.

Conclusion

Les webmasters ont une responsabilité majeure dans la collecte par les GAFAM et autres géants du Big Data des données de leurs utilisateurs, il convient donc qu'ils prennent conscience de la portée du phénomène et tiennent mieux en compte le droit des utilisateurs à ne pas être traqués partout où ils passent.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/informatique/tu-veux-un-cookie_913995905

 

 

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,