samedi 26 mai 2018

Les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

La feuille de route économique et sociale d’« Emmanuel Macron » est mise à jour : les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

ARG GOPE 2018

Pendant toute la campagne présidentielle,  François Asselineau et l’UPR avaient annoncé quel serait le VRAI programme des dix autres candidats, qui refusaient tous les dix de proposer aux Français de faire sortir la France de l’UE par la mise en œuvre la plus rapide possible de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Les Français et des pseudo-spécialistes de l’analyse politique découvrent avec effroi les réformes anti-sociales qui ont lieu depuis le début du quinquennat (SNCF, casse droit du travail, rabotage de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, hausse de la CSG, baisse de l’assurance chômage, stagnation du SMIC, etc.) alors qu’il suffisait de lire les GOPÉ 2016-2017 et 2017-2018.

Du fait de l’engagement de la France dans l’euro et dans l’Union européenne, toutes les grandes décisions de notre politique économique et sociale sont directement dictées par les « recommandations » de la Commission européenne, également intitulées « grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) », que l’institution technocratique bruxelloise publie chaque année à la mi-mai.

Or, la Commission européenne vient de publier, ce 23 mai 2018, la mise à jour annuelle de ces fameuses « recommandations » [1].

LE PRÉAMBULE DU RAPPORT DES « GOPÉ » 2018-2019

Notons tout d’abord trois éléments intéressants dans le préambule :

  • 1er élément du préambule

Le document précise que, « en tant qu’État membre dont la monnaie est l’euro, et compte tenu des liens étroits entre les économies de l’Union économique et monétaire, la France devrait veiller à mettre en œuvre intégralement et en temps utile la recommandation concernant la zone euro, qui est prise en compte dans les recommandations figurant aux points 1 et 2 ci-dessous ».

Il faut noter ici que les points 1 et 2 correspondent aux deux tiers des « recommandations ». Cette note du préambule tord en soi l’argumentaire des européistes (et des crédules) qui ont tendance à atténuer la portée des GOPÉ en expliquant qu’il ne s’agirait que de recommandations et non pas d’obligations.

Rappelons que cela est faux pour au moins deux raisons :

  • Depuis le pacte de stabilité et de croissance (PSC) de 1997 [2], et avec le «six-pack» [3], la Commission peut sanctionner financièrement les pays en cas de manquement ou de retard dans l’application des mesures préconisées. En cas d’« écarts importants », la Commission adresse à l’État membre un avertissement et sa situation est suivie tout au long de l’année. Si elle n’est pas « redressée », la Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros.  Les « recommandations » dans les textes se transforment donc, dans les faits, en obligations.
  • C’est aussi nier le fonctionnement des institutions européennes puisque la machine bruxelloise repose sur le concept de « soft law» et de « pression des pairs ». Le principe même de ces GOPÉ, c’est justement d’exercer constamment une pression sur les représentants d’un État.
    Certes, ils peuvent ne pas appliquer telle ou telle « recommandation », pendant un certain temps,  en échappant aux sanctions. Mais, concrètement, il leur est impossible de refuser d’appliquer toutes les mesures tout le temps.
    Du reste, le principe même des GOPÉ serait sinon vide de sens. En fait, il s’agit d’un étau intellectuel, juridique et moral qui se resserre peu à peu, et auquel il est impossible de se soustraire durablement.
  • 2e élément du préambule

Le document précise par ailleurs que, « le 25 avril 2018, la France a présenté son programme national de réforme et de stabilité pour 2018 ».

Il s’agit du mécanisme classique des GOPÉ où la France présente sa copie économique et sociale, tel l’élève qui rend sa copie au professeur.

C’est d’autant plus ahurissant pendant les années d’élection présidentielle comme l’année dernière puisque cela doit être appliqué sur les deux années en question, peu importe le résultat des élections. Le nouveau gouvernement italien se heurte et va se heurter à cela. Il n’y aura pas 36 issues :

  • ils rentrent dans le rang comme Tsipras et appliquent finalement les « recommandations » ;
  • ils n’appliquent pas les GOPÉ, vont à l’affrontement : soit ils rentrent dans le rang après le conflit, soit alors ils seront sanctionnés financièrement jusqu’à une sortie ;
  • ils décident quasiment d’emblée de sortir de l’Union européenne par l’article 50 du TUE et évitent les sanctions et les querelles avec les partenaires européens mais cela est peu probable étant donné que cela n’était au programme d’aucun des deux partis. Ils n’auront en aucun cas la légitimité démocratique nécessaire à un tel bouleversement géopolitique.
  • 3e élément du préambule

Le préambule du document indique enfin : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme et le programme de stabilité. »

Nous avions montré dans un article précédent le lien direct entre les GOPÉ et le programme national de réforme ou PNR [4].

La preuve est ainsi apportée une nouvelle fois que, contrairement à ce que les médias et les dirigeants des partis politiciens veulent faire croire aux électeurs, le gouvernement français n’est pas libre de ses choix : les GOPÉ se retrouvent bien dans le PNR et sont donc bien la feuille de route économique et sociale du gouvernement français.

LE CONTENU DES « RECOMMANDATIONS » POUR 2018-2019

Il convient maintenant de lire ces « recommandations » et d’en décrypter les six principales.

En voici le texte qui était malheureusement dans un premier temps cette année uniquement disponible en anglais, preuve que le Brexit ne change absolument rien à la soumission intellectuelle de l’UE au monde anglo-saxon, américain en particulier. Nous avons mis à jour cet article, une fois le rapport publié en français.

Décryptage

1) Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ?

Cette formule pour initiés signifie que, comme tous les ans, la Commission européenne exige que la France poursuive une politique d’austérité renforcée.

La version du rapport de l’année 2015 [5] insistait sur le fait qu’ « il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale. […] Des économies de 11 milliards d’euros sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. »

En bref, les coupes sombres dans la santé, l’assurance-chômage et les retraites vont donc continuer et s’accentuer !

C’est d’ailleurs comme par hasard ce qu’a laissé entendre récemment Bruno Le Maire, comme si l’initiative venait de lui. [6]

2) Que signifie : « utiliser les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio d’endettement public »  ?

Cela veut tout simplement dire qu’il faut privatiser des biens publics pour réduire la dette publique. En effet, la croissance n’étant pas fabuleuse et les taxes mises en place telles que celles sur le diesel et l’essence, que les Français constatent au quotidien, étant établies pour durer, « les recettes exceptionnelles » ne peuvent être que des cessions d’actifs publics, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’article 106 du TFUE.

Il ne faut pas donc s’étonner de voir plus ou moins publiquement sur la table les privatisations des aéroports de Paris [7], de la Française des jeux [8] ou de la SNCF [9].

3) Que signifie : « uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraites » ?

Cette formule signifie, comme c’est habituellement le cas avec l’UE, harmoniser vers le moins-disant pour diminuer la dépense publique. Dans le préambule, il est d’ailleurs indiqué que cela pourrait faire économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

4) Que signifie : «  garantir  la compatibilité des évolutions du salaire minimum avec la création d’emplois et la compétitivité » ?

Cela signifie que, le taux de change de l’euro étant trop cher pour la compétitivité de l’économie française, il faut procéder à une « dévaluation interne », comme le disent les économistes ayant le goût de l’euphémisme.

En clair, cela veut dire qu’il faut geler le niveau du SMIC ou en tout cas arrêter tout coup de pouce, comme ce fut d’ailleurs déjà le cas cette année. Le salaire minimum en Bulgarie étant d’environ 235 euros par mois selon le cours de l’euro, ce n’est pas demain la veille que l’on verra la Commission européenne demander à la France de redonner du pouvoir d’achat aux Français en relevant substantiellement le SMIC.

En outre, va-t-on vers des SMIC variables comme en Allemagne ? Rappelons que là-bas, il n’y a pas de SMIC horaire dans l’agriculture, dans les secteurs concernés par les travailleurs détachés ou pour les chômeurs de longue durée.

5) Que signifie : « en supprimant les impôts inefficaces et en réduisant les impôts sur la production prélevés sur les entreprises » ?

Comme ce qui précède, c’est une reprise des GOPÉ 2016-2017/2017-2018 et c’est très simple à comprendre. Il s’agit de baisser l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. Peut-être même d’augmenter la TVA et/ou à nouveau la CSG que paient tous les ménages, à commencer par les plus modestes. C’est Robin des Bois à l’envers puisqu’il s’agit de faire payer davantage les pauvres pour enrichir les très riches.

On pourrait imaginer un impôt sur les sociétés plus progressif avec une baisse du taux pour les artisans, PME et TPE qui sont les principaux créateurs d’emplois. Ce n’est pas du tout ce qui est demandé.

C’est à la fois une injustice morale, un scandale social et une stupidité économique insondable.

Cela peut aussi signifier supprimer entièrement l’ISF qui ne demeure plus que sur le patrimoine immobilier. Profitons-en pour dire que de ne laisser l’ISF que sur les biens immobiliers est aussi injuste car les très riches ont très peu d’immobilier en pourcentage de leur richesse. L’exonération n’a donc bénéficié quasiment exclusivement qu’aux ultra-riches et non pas à une classe moyenne supérieure qui aurait pu accumuler des biens immobiliers.

6) Que signifie : « réduire la charge réglementaire et administrative afin de renforcer la concurrence dans le secteur des services et favoriser la croissance des entreprises » ?

Cette formulation est particulièrement fourbe. Rappelons tout d’abord que, question normes, l’UE s’y connaît étant donné que le coût d’application des normes européennes pour l’économie française est de l’ordre de 38,7 milliards d’euros par an (30 milliards d’euros pour les entreprises/8,7 milliards d’euros pour les administrations publiques).

Quand on lit dans le détail le préambule, c’est en fait et encore, les professions réglementées qui sont dans l’œil du cyclone.

Parler à cet égard de renforcement de la concurrence est se moquer du monde car on sait très bien que les milliers de pharmaciens, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, avocats, notaires, huissiers, géologues, artisans-taxis, architectes, ingénieurs, experts-comptables, etc. seront remplacés et concurrencés par quelques très grands groupes avec, pourquoi pas, des travailleurs détachés meilleur marché. Cela marche comme cela dans l’UE !

CONCLUSION

En conclusion, la feuille de route économique et sociale est dans la continuité des années précédentes. Il s’agit d’une politique économique inefficace dans son ensemble qui bénéficiera à quelques-uns (les fameux 1%) au détriment du plus grand nombre et de la France dans son ensemble.

Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport confirme encore une fois toutes les analyses de l’UPR et décrédibilise tous les pseudo-opposants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, qui tapent sur Emmanuel Macron et s’indignent de sa politique, sans jamais nommer les causes.

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Si tous ces souverainistes d’opérette avaient fait le travail pédagogique de l’UPR depuis 30 ou 40 ans, nous n’en serions pas là. La seule façon d’éviter ce programme mortifère, c’est de sortir de l’UE et de l’euro. Rappelons à cet égard que « changer l’Union européenne », comme le proposent tous les tartuffes, implique de changer les traités, ce qui nécessite l’unanimité des États-membres. Cela n’arrivera jamais [10] !

Pour libérer la France des GOPÉ, il faut tout simplement sortir de l’UE, comme le proposent et l’expliquent François Asselineau et l’UPR depuis 11 ans. Il n’y a pas d’autre solution.

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Nous, nous répéterons inlassablement, notamment à l’occasion des élections européennes de 2019 (dans un an), que :

Oui, l’Union européenne est néfaste.

Non, elle n’est pas réformable.

Oui, il faut en sortir.

En d’autres termes : UE/ GOPÉ soumission, Frexit solution !

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Sources et Notes

[1] http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/FR/COM-2018-409-F1-FR-MAIN-PART-1.PDF

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Six-pack_(Union_europ%C3%A9enne)#Volet_correctif

[4] https://www.upr.fr/actualite/europe/gope-nos-gouvernements-subordonnes-a-commission-europeenne-preuve

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

[6]https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301699379052-bruno-le-maire-il-peut-etre-legitime-de-reduire-la-politique-sociale-sur-lemploi-2177254.php

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/aeroports-de-paris-la-privatisation-sur-les-rails-1288952

[8] http://www.europe1.fr/societe/le-plan-du-gouvernement-pour-privatiser-la-francaise-des-jeux-3620846

[9] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sncf-un-document-interne-relance-l-hypothese-d-une-privatisation-1444439.html

[10] https://www.youtube.com/watch?v=8Y8EUaFmTyY

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019

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Fin de l'académie de Limoges : la rectrice joue l'apaisement

Alors que se profile une fusion des académies, la rectrice Christine Gavini-Chevet, en attente d’instructions ministérielles, entend privilégier le dialogue avec des syndicats inquiets.

ACT ACADEMIE LIMOUSIN

Depuis la publication du rapport ministériel préconisant une nouvelle carte des académies calquée sur celle des grandes régions (donc la disparition de l’académie de Limoges), les inquiétudes sont vives, notamment parmi les personnels. Dans ce contexte sensible, la rectrice d’académie Christine Gavini-Chevet a multiplié ces derniers jours les rencontres avec les syndicats (FSU et Unsa). En l’absence d’instructions précises de la part de son ministère, elle dit vouloir privilégier le dialogue social, alors qu’en Limousin, 300 agents et cadres administratifs sont concernés par une réorganisation territoriale aux contours encore flous.

Que savez-vous exactement du projet ?

Le ministre nous a dit qu’il annoncerait ses décisions fin mai. Dans l’attente, je n’ai pour l’heure aucune feuille de route. En tant que recteurs, on nous a présenté le rapport et nous en avons aussitôt informé les syndicats.

La fusion des trois académies de Nouvelle-Aquitaine est-elle désormais inévitable ?

MONTAGE REFORMES TERRITORIALES

Le rapport estime que l’organisation intermédiaire, qui consistait à créer des grandes régions académiques avec des “grands recteurs” tout en conservant les académies actuelles, ne fonctionne pas bien. Pour ma part, je trouve qu’en Nouvelle-Aquitaine, cela marche plutôt pas mal… Mais quoi qu’il en soit, le ministère entend ne plus faire durer ce statu quo. Mais il est important de préciser que les solutions envisagées seront différentes selon les régions et selon leur taille. Il y aura une vraie concertation. Et il faut rappeler que le recteur de Nouvelle-Aquitaine, qui sera un acteur essentiel de la mise en place du projet, connaît bien les enjeux territoriaux, et connaît aussi très bien le Limousin.

Aux yeux du ministère, le Limousin serait devenu une académie trop petite… mais la Nouvelle-Aquitaine pourrait au final s’avérer une académie trop grande ?

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C’est un peu ça. En tout cas, le problème mérite qu’on y réfléchisse. Et nous sommes encore dans l’expectative. C’est-à-dire que les solutions envisageables peuvent aller de la fusion pure et simple des trois académies… à un nouveau partage des compétences qui pourrait accorder davantage de pouvoir au grand recteur. Rien n’est décidé. Nous verrons aussi quel rôle peuvent jouer les départements, qui pourraient devenir un échelon stratégique dans cette nouvelle organisation territoriale.

Mais qui dit transfert de compétences dit aussi transfert de personnels ?

Non, il n’y aura pas de mobilité imposée parmi les personnels administratifs. Nous ne laisserons aucun cadre sans solution. Tous ceux qui seront concernés se verront proposer soit une mobilité fonctionnelle, soit une mobilité géograhique en fonction de leurs souhaits et de leur situation.

AFFICHE FL EEM

Il n’y aura pas de changement dans le périmètre de gestion des enseignants jusqu’en 2022.

Et après 2022 ?

J’ai lu cette date comme vous. Je n’ai pas davantage d’information.

La carte des formations professionnelles est déjà gérée à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Qu’en sera-t-il de l’offre pédagogique dans les filières générales ?

Vous savez, on a coutume de dire : “Bordeaux va tout aspirer”… Or l’Education Nationale n’est pas un système politique, c’est une administration d’État. Notre rôle n’est pas de privilégier un tel ou un tel, mais au contraire de restreindre les inégalités territoriales et de veiller à assurer un maillage cohérent. De la même façon, nous avons bien en tête le risque d’isolement des personnels. Nous allons conserver l’échelon départemental et il n’est pas exclu qu’il prenne d’ailleurs de l’importance…

Avez-vous un calendrier précis ?

Non. S’il s’agissait d’une simple question de gouvernance, cela ne nécessiterait pas beaucoup de temps. Or, l’enjeu d’une réorganisation des services, avec toute la dimension humaine qu’il revêt, va bien au-delà d’une seule question de calendrier…

https://www.lepopulaire.fr/limoges/education/2018/05/18/fin-de-l-academie-de-limoges-la-rectrice-joue-l-apaisement_12853052.html

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Je ne sais rien mais je vous dis tout !
Voilà qui résume bien l'intervention de cette dame !!!
Voilà comment on endort les sans dents !!
S.R.

OUTIL FL EUROREGIONS

Tel-Aviv fait pression sur les USA pour qu'ils reconnaissent la souveraineté d'Israël sur le Golan

Les discussions iraient bon train concernant la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur le plateau occupé du Golan. Le ministre israélien du Renseignement pense que Washington accédera à cette demande d'ici quelques mois.

ACT ISRAEL GOLAN

Profitant des bonnes grâces du président américain Donald Trump qui vient de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien, l'Etat hébreu est entré dans des discussions pour que Washington reconnaisse sa souveraineté sur le plateau du Golan. Un territoire syrien dont une grande partie est occupée par Israël depuis la guerre des Six jours de 1967.

Le 23 mai, le ministre israélien du Renseignement, Israel Katz, a ainsi déclaré à l'agence Reuters que les deux pays avaient fait du Golan un de leurs principaux sujets de négociation. Il a même affirmé que Washington accéderait «avec une forte probabilité» à cette demande, et ce, «dans quelques mois environ».

La question avait déjà été abordée en février 2017 lors d'une première rencontre à la Maison Blanche entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et Donald Trump. Pour Israel Katz, en rediscuter aujourd'hui est pertinent, peu de temps après de supposés tirs de missiles iraniens sur le plateau le 8 mai : «C'est le moment parfait pour prendre une telle décision. La réponse la plus douloureuse que l'on puisse infliger aux Iraniens serait de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan avec une déclaration américaine, une proclamation présidentielle gravée dans le marbre législatif.»

Si l'Etat hébreu estime que le plateau pourrait servir de base armée à l'Iran, une éventuelle reconnaissance pourrait à nouveau provoquer l'ire de la communauté internationale. 

Un plateau occupé par Israël, source de frictions depuis la guerre en Syrie

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Territoire initialement syrien, la majeure partie du plateau du Golan est sous contrôle d'Israël depuis la guerre des Six jours en 1967. Le territoire a été annexé en 1981 après un vote de la Knesset,  contre l'avis du Conseil de sécurité de l'ONU, qui considère l'annexion comme «nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international». Cette zone d’environ 1 200 kilomètres carrés, de 12 à 25 kilomètres de large, 67 kilomètres de long, constitue la seule frontière entre Israël et la Syrie. Environ 510 kilomètres carrés restent sous contrôle syrien. Déstabilisée par la guerre en Syrie, la partie du plateau du Golan occupée par Israël concentre des tensions croissantes depuis quelques mois, après des décennies de calme relatif. L'Etat hébreu y mène régulièrement des attaques qu'il justifie en disant répondre à des tirs de roquettes, de missiles ou d'obus attribués qui à la Syrie, qui au Liban ou à l'Iran.

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2018, l'Etat hébreu avait par exemple lancé de nombreux missiles sur plusieurs cibles iraniennes dans le sud de la Syrie, près de Damas, mais aussi de Kuneitra et de Homs, tuant trois personnes. Tsahal avait affirmé riposter à des tirs de roquettes opérés le 8 mai dans le Golan occupé et attribués à la brigade iranienne al-Qods. Moscou, qui a dressé un état des lieux après les frappes israéliennes, a souhaité que toutes les parties fassent preuve de «retenue» et s'ouvrent au «dialogue». Emmanuel Macron a, lui, appelé à la «désescalade». Le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, a pour sa part déclaré le 11 mai que ces attaques menées par Israël l'avaient été «sous des prétextes inventés».

En juillet 2017, l'armée israélienne avait pris pour cible une position de l'armée syrienne après que deux projectiles en provenance du territoire syrien se sont abattus sur sa partie du plateau du Golan, comme cela arrive régulièrement par accident. Benjamin Netanyahou avait déclaré qu'il y aurait des représailles si des obus s'écrasaient, pour une quelconque raison, sur le territoire (y compris occupé) de l'Etat hébreu. Le 24 juin 2017, l'armée israélienne avait déjà mené d'autres raids contre des positions de l'armée syrienne, après que des projectiles en provenance de Syrie s'étaient abattus sur une partie du plateau du Golan, sans faire de blessés. Fin avril 2017, l'armée israélienne avait annoncé avoir abattu une «cible» au-dessus de la zone occupée, quelques heures après que la Syrie l'eut accusée d'avoir frappé une position militaire près de l'aéroport de Damas.

L'armée israélienne a en outre mené plusieurs frappes aériennes en Syrie depuis 2011, date du début de la crise, la plupart visant selon elle des convois ou entrepôts d'armes destinés au mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de Damas.

https://francais.rt.com/international/50961-washington-reconnaitrait-souverainete-israelienne-sur-le-plateau-du-golan

Israel-frappe-l-artillerie-syrienne-en-riposte-a-un-tir-sur-le-Golan

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
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Régis Debray : “Désormais, gouverner, c’est suivre et gérer les émotions collectives”

Source : L’Express, Anne Rosencher et Alexis Lacroix, 29/04/2018

TL DEBRE FAILLITE

Le philosophe et écrivain Régis Debray proclame avec malice, dans son nouveau livre, sa banqueroute intellectuelle et politique. Explications.

[…]

Cela veut-il dire que vous avez renoncé à votre projet d’influence ?

Complètement. Le lien entre la pensée et l’action politique s’est rompu, et je m’en veux d’avoir passé tant de temps à le nier. Aujourd’hui les hommes d’influence, c’est Monsieur Bern ou Monsieur Bourdin. Le perçu tient lieu de conçu. Voyez la Libye en 2011, l’ambassadeur à Tripoli, un arabisant expert, n’a même pas été consulté. Il y avait, à l’École des hautes études en sciences sociales, deux ou trois spécialistes de la région, de son histoire, de ses tribus. Inconnus au bataillon. Les leaders d’opinion d’abord. En ce moment, on parle beaucoup de 68, c’est inévitable, il faut endurer [il rit de nouveau]. Mais en 68 la révolte respirait la littérature et la philosophie Sartre, Deleuze, André Breton, Althusser. Ils étaient sur les murs, dans les slogans et les discours. Je peux me tromper mais je ne sache pas qu’à Tolbiac on cite Edgar Morin, ou Arthur Rimbaud chez les zadistes. C’est peut-être mieux, le romantisme ne paye pas. Et le temps de lecture moyen a été divisé par trois en trente ans.

[…]

Vous dites : pas de jugement de valeur. Vous ne faites pas partie, donc, des pessimistes revendiqués, qui pensent que certaines brisures de l’époque nous conduisent droit vers des temps inquiétants…

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Non. Des temps autres, qui finiront bien par trouver leur régulation. Un changement de portage, en l’occurrence, de l’hémisphère gauche à l’hémisphère droit du cerveau, ou de la pensée rationnelle au siège des émotions, n’est pas nécessairement une catastrophe. Le système nerveux collectif trouvera le moyen de se rééquilibrer. Pour l’heure, c’est vrai que l’atmosphère est à l’émotionnel et à l’impulsif. Dans la chose publique, c’est flagrant. Ce n’est pas seulement la vérité, c’est la pensée qui ne fait plus critère. Le règne de l’image, le haché menu de l’info et le tempo précipité donnent toute autorité à la posture, et donc à l’imposture, si besoin est. C’est troublant de voir à quel point l’action politique s’est décrochée de l’histoire. Avec l’invasion de l’instant, il y a une perte de perspectives, on ne déclare plus la guerre, on la tweete. La profondeur de temps disparaît. Clio n’est plus la muse de nos hommes politiques – je parle de l’après-Mitterrand, avant l’âge économique où nous sommes.

[…]

Questionner l’émotion, l’image, c’est un blasphème. On se souvient de la volée de bois vert que s’était attirée Michel Onfray pour avoir commenté avec distanciation l’effet politique né de la photo du petit Aylan, justement. Il s’était quasiment fait traiter de nazi…

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Il y a certainement une brutalisation des rapports humains, qui va de pair avec l’immédiateté et l’ubiquité des communications. Le smartphone ne favorise pas le discours en trois points… et les noms d’oiseaux arrivent tout de suite. En ce sens, on peut dire qu’il y a une sorte de régression. Ce qui m’ennuie le plus, c’est le rétrécissement du vocabulaire. Il y a un tel racornissement de la langue… Mais chaque révolution médiologique a toujours été une tempête sous les crânes. Platon a décrit la naissance de l’écriture alphabétique comme un traumatisme, la fin de l’autorité des anciens, la disparition de la mémoire vive puisque tout serait désormais déposé sur des supports inertes. Chaque fois qu’il y a cassure, hiatus, saut technologique, il y a de la panique ou du déboussolement. Restons calme. La fin d’un monde, le mien en l’occurrence, n’est pas la fin du monde.

[…]

l’utopie, en l’occurrence, c’est l’Europe, cela fera des réveils difficiles.

En quoi ?

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On peut toujours créer un Conseil ou un Parlement par un traité mais on ne crée pas un peuple européen par décret. Mettre le parlement avant le peuple, c’était mettre la charrue devant les boeufs. L’Europe unie comme acteur politique est morte de sa belle mort, comme Valéry l’avait pressenti en son temps, avec sa fulgurante lucidité. L’Europe comme entité stratégique n’a jamais pris naissance faute de se donner une frontière, une doctrine, une armée autonome et une chaîne de commandement qui n’aboutirait pas, comme l’OTAN, au bureau Ovale. Les manoeuvres militaires en France se font en anglais, dans les normes opérationnelles du Pentagone. Reste à sauver une singularité culturelle incomparable, ce mélange contradictoire, je reprends les termes de Valéry, de quatre vertus, l’imagination, la confiance, l’esprit critique et le scepticisme, mais cela aussi expire sous nos yeux, emporté et laminé par le mainstream d’outre-Atlantique.

Dans un texte paru dans Le Monde et consacré aux obsèques de Johnny Hallyday, vous notiez – en le déplorant – que le showbiz semblait être devenu “un nouveau corps d’Etat”… Qu’entendez-vous par là ?

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J’ai toujours aimé et apprécié l’État-spectacle, qui exige une symbolique, une langue et de la distance entre la scène et la salle. C’est la grandeur et la force du théâtre. L’État séducteur, lui, veut du brouhaha et du tactile, du live. C’est par là que le show bizz s’est intégré dans l’officialité par sa capacité à produire de l’immersion en masse et en direct. Trois présidents de la République en rang pour dire adieu à Johnny Hallyday, ni un parolier ni un compositeur, mais un clone du King, et les Hells Angels sur les Champs-Élysées, escortés par la garde républicaine. Personne pour dire adieu à Pierre Boulez qui a animé et dirigé la musique contemporaine, en France, pendant un demi-siècle. Cela dit tout. On ne peut plus rien attendre de notre classe dirigeante, l’énarchie au pouvoir, que du suivisme et de l’aliénation. Désormais, gouverner, c’est suivre et gérer les émotions collectives, autrement dit : se mettre en scène au petit écran et négocier les “couv” de Paris Match.

Lire la suite sur : L’Express, Anne Rosencher et Alexis Lacroix, 29/04/2018

https://www.les-crises.fr/regis-debray-desormais-gouverner-cest-suivre-et-gerer-les-emotions-collectives/

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Philip Roth et le judaïsme, l’histoire d’un malentendu

ARG PHILIP ROTH

L’écrivain américain est mort mercredi 23 mai à l’âge de 85 ans. Son œuvre colossale est marquée par le milieu juif, qu’il dépeint fréquemment et sans concession, et avec lequel il aura suscité maintes controverses et tensions.

Philip Roth chez lui en septembre 2005 à Warren aux Etats-Unis. 

Philip Roth chez lui en septembre 2005 à Warren aux Etats-Unis. / Douglas Healey/AP

Petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, Philip Roth n’aura néanmoins pas manqué d’être conspué par une partie des juifs aux États-Unis. Sa description de la judéïté, en filigrane de nombre de ses romans, ne témoigne pas d’une particulière bienveillance à l’égard du milieu dans lequel il a grandi, certains y voyant même de l’antisémitisme.

Deux de ses ouvrages en particulier ont suscité la controverse : Goodbye, Columbus (1959) et Portnoy et son complexe (1969). Le premier est aussi son tout premier livre. C’est en réalité un recueil de nouvelles, dont l’une est le point de départ des relations houleuses de l’écrivain avec d’autres juifs. Intitulée Défenseur de la foi et publiée dans le New Yorker, elle a provoqué une avalanche de lettres de lecteurs, pour la plupart hostiles. De nombreux rabbins à New York ont conspué le texte dans leurs sermons. « N’y a-t-il donc personne pour réduire cet homme au silence ? Les Juifs du Moyen Âge auraient su quoi faire de lui », a écrit l’un d’eux dans une lettre à la Ligue Antidiffamation.

 

Le communautarisme et ses dérives exposés

Pourquoi tant de violence contre ce texte ? La nouvelle raconte l’histoire d’un jeune soldat juif qui cherche à obtenir des faveurs d’un frère d’arme, au nom de leur religion commune. Ce qui gêne alors, explique Marc Knobel, historien et directeur des études au Crif, c’est que Philip Roth évoque directement « la question du communautarisme juif aux États-Unis et la question de la solidarité communautaire, en plus du rapport de la laïcité avec des pratiques religieuses spécifiques ».

Philip Roth est accusé par certains de ses détracteurs de « faire autant de mal avec « Défenseur de la foi » que toutes les organisations antisémites pour faire croire que tous les juifs sont des menteurs et des voleurs ». Le texte de l’auteur américain est la cible d’une critique au premier degré qui ne prend pas en compte l’aspect volontairement caricatural de ses personnages. Pour Marc Knobel, la simple lecture d’« Elie le fanatique », autre nouvelle du recueil, « suffit à balayer les accusations d’antisémitisme. L’histoire : des Juifs très intégrés tentent de convaincre un vieux coreligionnaire de cesser de porter son habit traditionnel en public. Le personnage principal, qui fait partie du groupe, se mettra finalement au terme du livre à porter lui-même ces vêtements.

« Un écrivain libre »

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Dix ans plus tard, nouveau vent de polémique avec la parution de son troisième roman « Portnoy et son complexe ». À nouveau, son style cru et sans concession navigue entre son expérience personnelle et la fiction la plus imaginaire, pour servir un récit traitant d’un avocat juif new-yorkais aux obsessions sexuelles marquées. Un mélange des genres qui choque, et soulève une fois encore des critiques, ses détracteurs accusant Philip Roth de véhiculer les pires clichés antisémites.

Pour l’historien Marc Knobel, ce qui suscite un tel malaise des milieux juifs envers Philip Roth est l’incompréhension face à « un écrivain totalement libre. Ils ont pris sa liberté pour de l’antisémitisme ». Récusant ces accusations, l’écrivain a aussi toujours refusé d’être catalogué « écrivain juif », marquant clairement son indépendance.

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« Il s’accorde le droit de caractériser les choses qui lui tiennent à cœur, » décrypte encore l’historien. « D’ailleurs, il n’est pas dur qu’avec les juifs. Il est avant tout dur avec l’Amérique ». Son regard acerbe et sa plume désopilante teintée de caricature se portent sur toute la société, avec le refus marqué d’être limité par la bienséance. « Je ne suis pas certain que Philip se rende toujours compte qu’il est scandaleux, » avait déclaré à son compte le Prix Nobel de littérature Saul Bellow. « C’est un radical. Il estime qu’il doit traiter le bizarre comme si c’était tout à fait normal ».

L’écrivain a beau être sulfureux et se heurter à un certain puritanisme américain, cette totale liberté lui vaudra aussi son succès, en témoigne le fameux « Portnoy et son complexe ». À sa publication, il écoula 275 000 exemplaires en seulement 48 heures.

Joséphine Kloeckner
https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Philip-Roth-judaisme-lhistoire-dun-malentendu-2018-05-23-1

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