dimanche 13 mai 2018

Démocratie, despotisme et libre-échange : le livre de Savard-Tremblay

TRIBUNE LIBRE / par Jacques Sapir

TL SAPIR LIBRE ECHANGE

Le livre que Simon-Pierre Savard-Tremblay vient d’écrire sur le Despotisme sans frontières[1] est une contribution à l’analyse des ravages de l’idéologie libre-échangiste. Simon-Pierre Savard-Tremblay est économiste, mais il est aussi citoyen, c’est à dire un économiste engagé. Il le montre avec cet ouvrage qui revient sur différentes questions, de l’impact du CETA sur l’économie du Québec à la mise sous tutelle de la politique induite par le libre-échange.

Rappelons que Savard-Tremblay est, en même temps qu’il enseigne la sociologie à l’Université de Montréal, connu comme journaliste dans les médias depuis plusieurs années, et notamment dans le journal Le Devoir. Il est aussi blogueur au Journal de Montréal et chroniqueur à la revue La Vie agricole. Il a reçu, en 2017, le prix du Patriote de l’année de la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale. Il a publié en 2016 un ouvrage L’Etat Succursale qui démontrait la profondeur et la pertinence de ses analyses.

Le libre-échange contre la démocratie

La thèse de l’ouvrage est que le libre-échange induit fondamentalement une mise entre parenthèse des rapports politiques au profit d’une soi-disant « expertise » économique. De ce point de vue, le livre peut être lu comme une illustration de ce qu’écrivait au début des années trente Carl Schmitt. Cette évolution, si frappante depuis les années quatre-vingt, avait été anticipée par un grand juriste et philosophe du droit aux idées profondément réactionnaires, Carl Schmitt[2]. Ce dernier avait prédit que le libéralisme conduirait à la disparition du politique au profit de l’opposition technique/éthique. De fait, il articule une critique de la démocratie libérale qui porte[3].

Pour conduire sa critique de la démocratie, Schmitt entend enfermer les formes politiques présentes et passées dans quatre idéaux-types que sont l’État Législateur, l’État juridictionnel, l’État gouvernemental et l’État administratif. L’État législateur est alors défini comme la forme achevée d’expression de l’idée de normes générales et impersonnelles. Le pouvoir a cessé d’être celui des hommes pour devenir celui des lois, mais les lois ne “règnent” pas, elles s’imposent comme des normes générales. On est bien en présence d’une dépolitisation totale : “ Selon le principe fondamental de la légalité ou conformité à la loi, qui régit toute l’activité de l’État, on arrive en fin de compte à écarter toute maîtrise et tout commandement, car ce n’est que d’une manière impersonnelle que le droit positif entre en vigueur. La légalité de tous les actes d gouvernement forme le critère de l’État Législateur. Un système légal complet érige en dogme le principe de la soumission et de l’obéissance et supprime tout droit d’opposition. En un mot, le droit se manifeste par la loi, et le pouvoir de coercition de l’État trouve sa justification dans la légalité[4].

Simon-Pierre Savard-Tremblay montre alors que l’idéologie de l’extension intégrale du Libre-Echange, ce que l’on peut appeler le « mondialisme », porte à son achèvement la logique analysée par Schmitt. Fondée sur des fraudes langagières[5], mais aussi sur une confusion constante et volontaire entre le protectionnisme et l’autarcie[6], cette idéologie mondialiste répète en boucle l’idée qu’il ne peut y avoir d‘autre solution que dans le cadre du libre-échange, et que ce dernier est la nouvelle forme de citoyenneté[7].

Le despotisme sous le masque de l’Empire du Bien

On retrouve ici un certain nombre de formules qui n’auraient pas déparé chez Carl Schmitt. Schmitt concentre un certain nombre de critiques sur l’État Législateur, car pour lui ce dernier symbolise le point d’aboutissement des régimes de démocratie parlementaire et du libéralisme. Ces critiques révèlent une troisième opposition, qui s’explicite progressivement, celle entre légalité et droit, ou plus précisément entre légalité et légitimité, cette dernière notion renvoyant chez Schmitt à un droit naturel à l’évidence d’ordre transcendantal :…notre époque est fortement dominée par une fiction, celle de la légalité, et cette croyance dans un système de légalité rigoureuse s’oppose manifestement et d’une manière très nette à la légitimité de toute volonté apparente et inspirée par le droit[8]. Schmitt considère ainsi que le parlementarisme libéral crée les conditions pour que la légalité supplante la légitimité, et le pouvoir de la majorité, le droit. Le formalisme qui en découle est, selon lui, la manifestation de cette fiction de la légalité, et il aboutit à ruiner l’État législateur lui-même[9]. Et l’on retrouve cette logique dans le rôle politique des réglementations édictées soit dans les traités, comme le CETA, soit dans des organismes internationaux liés à l’idéologie du libre-échange, comme l’OMC.

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La critique en formalisme, en coupure avec le “monde réel”, constitue alors l’angle d’attaque contre la démocratie que Schmitt va privilégier. Mais, cette coupure avec le « monde réel » se manifeste avec une force toute particulière dans l’idéologie mondialiste ainsi que le montre Simon-Pierre Savard-Tremblay. Cette dernière vise à la mise sous-tutelle de l’Etat, en tant que représentant du politique [10]. Mais, cette mise sous-tutelle est aussi celle de la démocratie. C’est donc ainsi qu’avance l’idée d’un despotisme d’autant plus absolu qu’il se camoufle sous l’idée de l’universel. On voit qu’ici l’idéologie « mondialiste » réalise ce qui était le cauchemar de Carl Schmitt. Car, ce dernier anticipait les évolutions actuelles. Il envisageait les conceptions idéalistes de la démocratie parlementaire où domine l’idée de l’homogénéité et de la bonté des participants. Si tel était le cas, alors la question de la légitimité serait rapidement réglée. La légitimité est en effet importante car dans toute loi il y a à la fois une maxime de droit (un contenu) et un commandement, et ce dernier est un empiétement sur la liberté des individus. Une société où, effectivement, tous les participants seraient homogènes et bons, aurait par nécessité un législateur empreint de l’équité et de l’esprit de raison suffisant pour donner aux lois leur légitimité. Les résultats auxquels aboutit Savard-Tremblay sont en réalité les mêmes que ceux de mon ouvrage de 2002[11].

Retour à l’économie

Il faut cependant revenir à l’économie. Savard-Tremblay est économiste et sociologue. Et c’est donc naturellement qu’il se pose la question des fondements de cette idéologie du libre-échange. Le libre-échange prétend se fonder en théorie. Le modèle de Heckscher-Ohlin-Samuelson[12], qui est considéré comme le « modèle standard » est réputé fonder sa supériorité. Mais, ce modèle a été fortement contesté au sein même de ce monde universitaire, que ce soit à partir du « paradoxe de Leontief[13] » ou du fait de l’irréalité de ses hypothèses. Avec l’émergence de la nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman, on peut considérer que le protectionnisme a retrouvé en partie ses lettres de noblesse[14]. Paul Krugman lui-même a récemment reconnu que la globalisation pouvait bien, malgré tout, être considérée comme coupable[15]. Des phénomènes comme le recours massif à une sous-traitance étrangère n’avaient ainsi pas été prévus et ont considérablement modifié l’approche de la globalisation[16]. La globalisation marchande est bien loin d’avoir promu l’intérêt général ou l’intérêt des plus pauvres. Elle a été au contraire un moyen pour « tirer l’échelle » sur laquelle voulait monter les pays en développement[17].

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Savard-Tremblay montre bien que la mise en œuvre du libre-échange généralisé aboutit à l’appauvrissement du plus grand nombre. Il montre bien comment la logique légale des investissements directs étrangers aboutit alors à démanteler les capacités d’action des Etats, et s’attaque directement au principe de souveraineté [18]. Mais il n’y a rien d’étonnant ici. La loi, dans l’État-législateur libéral acquis au libre-échange, est l’équivalent du contrat parfait et complet du modèle walrasien en économie. Dans un tel modèle, les institutions comme les organisations sont inutiles et nuisibles. Voici donc pourquoi ce modèle de l’État-législateur est en réalité un anti-État, un système antipolitique. Le parallélisme entre pensée économique et pensée juridique ne s’arrête pas là. Il faut alors être conscient de l’importante similitude entre l’État Législateur schmittien et une économie monétaire parfaite. Les caractéristiques du système, en particulier la dépersonnalisation fondamentale de l’action et le rôle des normes, sont ici voisines de celles de l’économie monétaire parfaite décrite par G. Simmel[19]. D’une part la monnaie établit la possibilité de l’échange parfaitement impersonnel, une relation qui abolit la distinction ami/ennemi et fait de l'”étranger” le partenaire idéal [20]. D’autre part la monnaie engendre progressivement un système cohérent de normes qui la mettent au centre des représentations des acteurs, par sa capacité apparente à tout rendre équivalent. La fonction essentielle de la monnaie est ici celle de l’Unité de Compte.

On le voit, le petit livre de Simon-Pierre Savard-Tremblay touche juste. Les passages constants qu’il fait entre la logique économique et la logique politique sont pleinement justifiés. La lecture de cet ouvrage est donc hautement à recommander, que ce soit au Québec, au Canada, ou ici même, en France.

Notes

[1] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, Montréal, VLB éditeur, 2018.

[2] Voir, C. Schmitt, Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932.

[3] Voire la discussion sur la pertinence actuelle de la pensée de Schmitt in C. Mouffe, “Schmitt’s Challenge”, in C. Mouffe, (ed.), The Challenge of Carl Schmitt, Verso, Londres, 1999, pp. 1-6.

[4] idem, p. 40

[5] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, op.cit., p. 21.

[6] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, op.cit., p. 25.

[7] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, op.cit., p. 30.

[8] C. Schmitt, Légalité, Légitimité, op.cit., p. 46.

[9] Idem, pp. 50-51.

[10] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, op.cit., p. 37.

[11] Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002.

[12] Sous sa forme originelle, ce modèle date de 1933. L’intégration de la démonstration de Samuelson date de 1941. Voir B. Ohlin, Interregional and International Trade, Cambridge, Harvard University Press, 1933 ; W. Stomper, P. Samuelson, « Protection and Real Wages », Review of Economic Studies, n° 9, novembre 1941, p. 58-67.

[13] Voir F. Duchin, « International Trade: Evolution in the Thought and Analysis of Wassily Leontief », 2000, disponible sur www.wassily.leontief.net/PDF/Duchin.pdf, p. 3.

[14] Voir A. MacEwan, Neo-Liberalism or Democracy?: Economic Strategy, Markets and Alternatives For the 21st Century, New York, Zed Books, 1999.

[15] P. Krugman, « A Globalization Puzzle », 21 février 2010, disponible sur krugman.blogs.nytimes.com/2010/02/21/a-globalization-puzzle.

[16] Voir R. Hira, A. Hira, avec un commentaire de L. Dobbs, « Outsourcing America: What’s Behind Our National Crisis and How We Can Reclaim American Jobs », AMACOM/American Management Association, mai 2005; P. C. Roberts, « Jobless in the USA », Newsmax.com, 7 août 2003, www.newsmax.com/archives/articles/2003/8/6/132901.shtml.

[17] Voir H.-J. Chang, Kicking Away the Ladder: Development Strategy in Historical Perspective, Londres, Anthem Press, 2002.

[18] Savard-Tremblay S-P, Le Despotisme sans frontières, op.cit., p. 53 et suivantes.

[19] G. Simmel, Philosophy of Money, Routledge, Londres, 1978; publié originellement sous le titre Philosophie des Geldes, 1900.

[20] Idem, p. 227.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-democratie-despotisme-et-libre-echange-le-livre-de-savard-tremblay-par-jacques-sapir/

Trump met fin à l’accord nucléaire avec l’Iran. Et maintenant ?

TRIBUNE LIBRE /

TL TRUMP IRAN

Publié le 8 mai 2018 sous le titre Trump Ends The Nuclear Deal With Iran – What’s Next?

Dans un discours très belliqueux, Trump a annulé l’accord nucléaire avec l’Iran. Il y a aussi raconté beaucoup de mensonges. Mais rien de tout cela n’est surprenant. Les États-Unis ne respectent leurs accords qu’aussi longtemps qu’ils y voient un avantage à court terme – il suffit de demander aux Amérindiens. On ne doit jamais s’attendre à ce que les États-Unis tiennent parole.

Trump va réimposer des sanctions américaines contre l’Iran parce que :

• L’accord nucléaire a été négocié par l’administration Obama et donc il est mauvais ;
• Israël veut que l’Iran continue à passer pour un croque-mitaine ;
• Les sionistes et les fous furieux de la droite étasunienne veulent que les États-Unis attaquent l’Iran ;
• Trump a besoin que l’Iran reste le pire ennemi des États du Golfe pour leur vendre toujours plus d’armes américaines.

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Trois pays européens, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, étaient assez naïfs pour croire qu’ils pourraient empêcher ça. Le trio a proposé aux États-Unis d’imposer des sanctions supplémentaires à l’Iran pour d’autres raisons – missiles balistiques et engagement iranien en Syrie. Je n’en suis pas revenu quand j’ai appris ça. Il était évident dès le début que cette démarche ne ferait que discréditer ces pays ET qu’en plus elle échouerait. [C’est nous qui soulignons, ndlr]

Heureusement, l’Italie et des pays d’Europe de l’Est s’y sont opposés au niveau de l’UE. Ils n’étaient pas prêts à sacrifier leur crédibilité à cause de ça. Selon eux, l’accord nucléaire a été signé, et tous ceux qui l’ont signé doivent le respecter. Ils ont souligné que Trump n’avait donné aucune garantie qu’un effort européen supplémentaire changerait son point de vue.

Au cours des dernières semaines, le trio européen a tenté d’influencer Trump. En pure perte :

Vendredi, Pompeo a organisé une conférence téléphonique avec ses trois homologues européens. Des sources bien informées m’ont confié que Pompeo avait remercié le trio pour les efforts qu’ils avaient consentis depuis janvier pour trouver une formule qui convaincrait Trump de ne pas se retirer de l’accord nucléaire – mais il a clairement indiqué que le Président voulait prendre une direction différente.

Suite à la déclaration de Trump, les puissances européennes veulent publier une déclaration commune qui indiquera clairement qu’elles restent dans l’accord avec l’Iran afin d’empêcher sa désintégration.

Les sanctions que Trump veut réintroduire ne limiteront pas seulement les relations des États-Unis avec l’Iran, mais pénaliseront aussi d’autres pays. Cela mènera à une vague de mesures protectionnistes, car une partie au moins de ces autres pays va tenter de se protéger contre les lois américaines et pourrait même introduire des contre-sanctions :

« Nous préparons des dispositions pour protéger les intérêts des entreprises européennes », a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, aux journalistes à Bruxelles.

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L’Iran s’en tiendra largement à l’accord nucléaire si l’UE le défend efficacement et n’entrave pas les accords iraniens avec les entreprises européennes. Si l’UE ne le fait pas, l’accord nucléaire sera nul et non avenu. L’Iran sortira de l’accord. Le gouvernement néolibéral Rohani, qui a conclu l’accord, tombera et les conservateurs reviendront au pouvoir. Ils défendront la souveraineté de l’Iran à tout prix.

Les États-Unis semblent croire qu’ils peuvent revenir à la position qu’Obama avait adoptée dans les années qui ont précédé l’accord nucléaire. L’Iran était soumis aux sanctions de l’ONU et tous les pays, y compris la Chine et la Russie, les respectaient. L’économie iranienne était en grave difficulté. Le pays a été forcé de négocier pour s’en sortir. Cette situation ne se renouvellera pas.

La crédibilité des États-Unis est sérieusement ébranlée. Elle a enlevé son gant de velours. Et sa main de fer s’est révélée impuissante en Afghanistan, en Irak et en Syrie.

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La Chine et la Russie sont en train de conclure de gros accords avec l’Iran et sont maintenant devenus ses protecteurs. Bien qu’ils n’aient pas d’idéologie commune, les trois pays s’opposent à un monde globalisé régi exclusivement par des règles « occidentales ». Ils ont le pouvoir économique, la population et les ressources nécessaires pour le faire. Ni les États-Unis, ni l’Europe, n’ont encore accepté cet état de fait.

L’Iran a non seulement de nouveaux alliés, mais il a progressé au Moyen-Orient à cause de la stupidité des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie saoudite. Les guerres en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen ont toutes renforcé la position de l’Iran alors même qu’il s’en est largement tenu à l’écart. Les récentes élections au Liban se sont bien passées pour le camp de la  » résistance « . Au Liban, le Hezbollah n’a plus de challengers. Les prochaines élections en Irak donneront naissance à un nouveau gouvernement favorable à l’Iran. L’armée syrienne est en train de gagner la guerre menée contre son pays. La position des États-Unis en Afghanistan est sans espoir. L’Arabie saoudite se dispute actuellement avec les Émirats arabes unis à propos de la guerre contre le Yémen. La prise de bec du CCG* avec le Qatar n’est toujours pas résolue.

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Israël veut garder l’Iran comme croque-mitaine pour détourner l’attention de sa campagne génocidaire contre les Palestiniens, mais il ne veut pas d’une grande guerre. Le Hezbollah au Liban possède suffisamment de missiles pour rendre très inconfortable la vie des Israéliens. Une guerre contre l’Iran pourrait facilement se terminer avec Tel-Aviv en flammes.

Il y a des gens dans l’administration Trump qui vont faire de leur mieux pour déclencher une guerre avec l’Iran. L’administration Bush voulait aussi le faire. Mais tous les exercices de simulation d’une campagne militaire contre l’Iran finissaient mal pour les États-Unis et ses États alliés. Les pays du Golfe sont extrêmement vulnérables. Leur production de pétrole pouvait être rapidement arrêtée. La situation n’a pas changé. Les États-Unis se trouvent maintenant dans une position stratégique pire qu’elle ne l’était après l’invasion de l’Irak. S’il y a encore quelques personnes sensées à la direction du Pentagone, elles supplieront la Maison-Blanche de ne pas se lancer dans une telle aventure.

Le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire est une énorme erreur. Le ministre de la Défense Mattis s’y était opposé. Trump fera-t-il une erreur encore plus grande contre l’avis de ses conseillers militaires ? Va-t-il déclarer la guerre à l’Iran ?

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Original: Trump Ends The Nuclear Deal With Iran – What’s Next?

Traduction : Dominique Muselet

URL: https://arretsurinfo.ch/trump-met-fin-a-laccord-nucleaire-avec-liran-et-maintenant/

*Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (arabe : مجلس التعاون لدول الخليج العربية) ou Conseil de coopération du Golfe (CCG) (arabe :مجلس التعاون الخليج العربي) est une organisation régionale regroupant six monarchies arabes et musulmanes du golfe Persique : l'Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_coop%C3%A9ration_du_Golfe).

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Le nouveau budget de l’UE : une nouvelle trahison de nos intérêts nationaux...

Le nouveau budget de l’UE : une nouvelle trahison de nos intérêts nationaux et un coût d’appartenance à l’UE qui ne cesse d’exploser !

ARG BUDGET UE

La proposition du nouveau budget de l’UE pour la période 2021-2027 est tout simplement ahurissante [1]. La Commission européenne propose d’augmenter le budget de 192 milliards d’euros, le faisant passer de 1 087 milliards d’euros à 1 279 milliards d’euros, soit une hausse de 18 % !

Il est utile de rappeler que toute hausse du budget de l’UE est en réalité payée par les pays contributeurs nets, dont la France est le deuxième.

À pays constants, la hausse donne le vertige puisque Jean-Claude Juncker lui-même estime que la sortie du Royaume-Uni créera un trou de 15 milliards d’euros par an dans le budget de l’UE, soit 105 milliards d’euros sur sept ans. Cela donne par conséquent une hausse réelle de 297 milliards d’euros, soit 30 %.

                                                                          Évolution du budget de l’UE à pays constants

À l’heure actuelle, la France paie 17,4 % du budget [2]. Le Royaume-Uni, environ 12 % grâce au rabais dont il bénéficiait. Toutes choses égales par ailleurs, pour compenser la sortie du Royaume-Uni, la part de la France dans le budget de l’UE devrait passer à environ 20 %.

Le calcul est vite fait, cela veut dire que la France financerait 59,4 milliards d’euros en plus sur sept ans, soit 8,5 milliards d’euros de plus par an !

On nage en plein délire.

Explosion de la contribution nette de la France

Évidemment, il va y avoir un retour en France d’une partie de cette hausse de budget, la seule différence non négligeable est que nous n’aurons pas le choix de son emploi ! C’est un peu comme si je prenais 500 euros à quelqu’un et que je lui en rendais 300 en lui disant qu’avec ces 300 euros il devra acheter obligatoirement tel et tel produit, et qu’il devrait me dire merci ! Le fonctionnement de l’UE, c’est exactement cela.

Rappelons qu’en 2016 la France a donné 20,5 milliards d’euros à l’UE (19,5 milliards d’euros directement et au minimum 1 milliard d’euros de droits de douanes qui ont été ponctionnés pour faire baisser artificiellement la contribution apparente des États membres), laquelle lui en a restitué 11,3. Cela donne une perte nette de 9,2 milliards d’euros [3]. Pour donner un ordre de grandeur qui parle mieux, c’est 26 millions d’euros par jour donnés en pure perte à l’UE !

Avec un budget en hausse de 30 %, la contribution va mécaniquement passer de 9,4 milliards d’euros à 12 milliards d’euros.

Avec la sortie du Royaume-Uni, la contribution va passer de 17,4 % à 20 % du budget européen, et la réception de fonds de 9,6 % à 10,1 %. Le déficit fiscal annuel se situera entre 15 et 18 milliards d’euros, soit entre 41 et 49 millions d’euros par jour.

 

                                            Estimation basse de l’évolution de la contribution nette de la France

La situation sera d’ailleurs peut-être pire que cela puisque le budget alloué à la PAC devrait se réduire de 5 %. Non seulement la part reçue par la France dans le budget global risque de diminuer mais c’est l’ensemble du monde agricole qui est mis en danger et qui va peut-être enfin se rendre compte que l’UE l’entraîne à la mort.

Austérité exigée par l’UE et — en même temps — milliards illimités pour l’UE

Emmanuel Macron disait récemment à nos compatriotes d’outre-mer qu’il n’était pas le Père Noël [4]. On ne trouve pas d’argent pour l’outre-mer, pour nos hôpitaux [5], pour nos écoles [6], pour le chemin de fer [7], pour nos forces de l’ordre [8]. Rappelons que toute cette politique d’austérité découle directement de notre appartenance à l’UE et à l’euro. Elle est même exigée par les fameuses Gopé (« grandes orientations des politiques économiques »), comme François Asselineau l’a inlassablement rappelé pendant la campagne présidentielle [9].

Quelle triste ironie de voir que la Commission européenne, non élue, qui exige l’austérité pour les budgets nationaux, veuille faire exploser le budget européen de 30 % ! C’est d’autant plus scandaleux et antidémocratique qu’un sondage récent effectué par l’institut YouGov montre que seulement 21% des Français souhaitent que plus d’argent soit levé et dépensé par l’Union européenne plutôt que par les États membres [10]. C’est une constante, l’UE se construit toujours contre l’avis des peuples et sans les consulter (ou en violant leur vote comme en 2005).

Emmanuel Macron est bien évidemment partisan de ce budget qui est totalement contraire aux intérêts nationaux de la France. Nous ne sommes pas loin de la haute trahison, à ce niveau-là.

Pour conclure, les euro-fanatiques et la propagande parlent souvent du coût éventuel en cas de sortie de l’UE. Il convient plutôt de se rendre compte du coût réel de notre appartenance à l’UE et du boulet que cela représente pour l’économie française.

Rappelons la totalité des coûts chaque année de notre appartenance à l’UE avec ce nouveau budget.

Coûts directs : 19,6 milliards d’euros

— 15 milliards d’euros de contribution nette au budget de l’UE (hypothèse basse)

— 4,6 milliards d’euros de cofinancements obligatoires et d’amendes pécuniaires

Coûts indirects : 38,7 milliards d’euros

— 30 milliards d’euros de coût d’application des normes européennes pour les entreprises (d’autant plus absurde que 97 % des entreprises françaises n’opèrent que sur le territoire national !)

— 8,7 milliards d’euros de coût d’application des normes européennes pour les administrations publiques

Coût total annuel de notre appartenance à l’UE : 58,3 milliards d’euros, soit 160 millions d’euros par jour !

Vivement le Frexit ! comme le proposent avec lucidité et courage depuis plus de 11 ans François Asselineau et l’Union populaire républicaine !

 

                                                                               Aujourd’hui : coût total = 52,5 milliards d’euros

                                              Extrait de ma conférence « Les illusions économiques de l’Union européenne »

 

                                                                                  Demain : coût total = 58,3 milliards d’euros

 

[1] https://www.challenges.fr/monde/la-commission-europeenne-prevoit-un-budget-2021-2027-inedit_584523

[2]http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/action/financement/comment-france-participe-t-elle-au-financement-union-europeenne.html

[3] https://www.touteleurope.eu/actualite/budget-europeen-pays-contributeurs-et-pays-beneficiaires.html

[4] https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/27/je-ne-suis-pas-venu-en-pere-noel-lance-macron-aux-guyanais_a_23257888/

[5]https://www.challenges.fr/economie/malgre-les-promesses-d-emmanuel-macron-l-hopital-fera-bien-pres-d-un-millard-d-economies-en-2018_584177

[6]https://www.20minutes.fr/societe/2231967-20180305-rentree-2018-jean-michel-blanquer-annonce-fermeture-300-classes-interdiction-portable-college

[7]https://www.upr.fr/actualite/france/sncf-le-sabotage-conscient-des-services-publics-a-bretigny-sur-orge-la-sncf-connaissait-parfaitement-letat-desastreux-des-voies

[8] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-gendarmerie-pourrait-perdre-des-dizaines-de-brigades_579198.html

[9]https://www.upr.fr/actualite/sera-politique-economique-sociale-de-france-2017-francois-asselineau-nest-elu-president-de-republique-gope-grandes-orientation-de-politique-economique

[10] https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/6qz917s9ky/EUIResults_Europe_April2018_Toplines_FINAL_180430_w.pdf

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

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La première démocratie illibérale en Europe, c’est la France de la Ve République?

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Face au mécontentement populaire, l'oligarchie a encore besoin du bon vieux clivage droite- gauche pour faire face à une éventuelle sortie de crise. En France, les médias et les politiciens s'emploient à le faire renaître face au rouleau- compresseur Macron qui, certes, fut bien utile au moment de l'élection, mais qui a l'inconvénient de ne pas offrir d'autres alternatives que la rue et les mouvements sociaux. C'est ainsi qu'on voit la mise en oeuvre du projet d'"'union des droites" (Dupont- Aignan, Le Pen, Wauquiez), contre la "fausse droite" juppéiste/libérale et "macon- compatible". La gauche n'est pas en reste et on nous ressort l'argument de la "fausse gauche" (Hollande, PCF...) face à la vraie, la pure, la "révolutionnaire". Bien sûr, tout ce petit monde est farouchement attaché à la "construction européenne" et s'il est question de "raser gratis", à droite par un référendum sur l'immigration, à gauche par un changement de constitution, le bon peuple est prié de s'accommoder d'une "autre Europe", horizon indépassable de la politique française depuis au moins la signature du Traité de Rome (1957).

L'article qui suit s'inscrit dans cette logique. Décryptage.


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Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, plusieurs dizaines de milliers de citoyens ont défilé dans Paris, le 5 mai, pour « faire la fête à Macron ». L’incontestable succès de cette manifestation appelée par un collectif de personnalités et d’associations, et soutenue très activement par la France Insoumise témoigne du fait que la politique mise en œuvre par le pouvoir exécutif et sa majorité « godillot » n’a pas de soutien réel dans la plus grande partie du peuple. La droite s’est massivement ralliée à Macron et l’opinion perçoit sans ambiguïté le président, son parti et sa majorité comme de droite. [1] Les classes moyennes supérieures, les « crétins éduqués » si justement épinglés par Emmanuel Todd apportent un soutien assez massif à un président qui est à leur image : morgue des parvenus, absence totale de « surmoi », cynisme de ceux qui, cinquante ans après mai 68, veulent vraiment « jouir sans entraves ». Mais le peuple, le « petit peuple », le « popolo minuto » et non le « popolo grasso » pour parler comme Machiavel, continue de faire sécession. Cela se traduit dans les mouvements sociaux que le rouleau compresseur médiatique ne parvient pas à rendre impopulaires.

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Ainsi, l’événement clé de ces derniers jours, c’est la démission du PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac battu à son propre jeu par les salariés. Depuis plusieurs semaines, les syndicats réclamaient une augmentation de salaire de 6% pour tous. Comme ultime concession, Janaillac proposait 2% … et une rallonge à la Saint-Glinglin. C’était à prendre ou à laisser. Spéculant sur le caractère prétendument minoritaire du mouvement social, Janaillac organisait un référendum pour demander l’accord des salariés contre le mouvement syndical. L’objectif était de briser une fois de plus les syndicats de la compagnie. Patatras, au grand dam du PDG, de ses pairs, de ses laquais gouvernementaux et des sicaires plumitifs des médias, les salariés votent contre le PDG à plus de 55% avec un taux de participation de 80%. Verdict sans appel,indicateur exact de l’état d’esprit de ce pays.

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Et pourtant rien, apparemment ne peut empêcher Macron de mettre en œuvre son programme de liquidation des conquêtes sociales et de vente à l’encan des biens de la nation. Serviteur zélé de l’impérialisme US et de ses comparses arabes (Arabie Saoudite en tête)[2], l’actuel locataire de l’Élysée concentre tous les pouvoirs [3] et bénéficie de l’appui sans faille du capital financier et des grands opérant dans les médias et les télécommunications (Niels, Drahi, Pigasse, etc.). L’assemblée composée en majorité de demi-décervelés issus du monde du management et du commerce, recrutés par les DRH de la Macron Inc. n’est qu’une chambre d’enregistrement semblable à la douma d’Empire sous Nicolas II ou au Reichstag sous Bismarck. Avec 23% des suffrages exprimés au premier tour et grâce à la présence bénie des riches de cette Mme Le Pen, parfait épouvantail à moineaux pour effrayer les petits bourgeois, s’est opéré quelque chose qu’on peut appeler un coup d’État constitutionnel, c’est-à-dire un coup d’État légal et conforme à la lettre et à l’esprit de cette constitution.[4]

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Première phase : lancement par une série de grands patrons et d’agents d’influence pour faire un tour de table permettant de récolter fonds et soutiens pour l’opération Macron, soutenue plus ou moins ouvertement par les principaux dirigeants du PS dès lors qu’ils sont certains que Hollande serait battu.

Deuxième phase : mise en route de la machine médiatique. Toutes les astuces du « marketing » sont utilisées pour vendre ce nouveau produit qu’est Macron.

Troisième phase : éliminer la vieille droite que les capitalistes jugent à la fois trop ringarde culturellement et incapable de faire passer ses « réformes », ainsi que l’expérience l’avait prouvé. Très vite, le problème va être : comment éliminer le candidat LR ? Fillon a le vent en poupe et se mène dès lors une double campagne : 1° terroriser l’électeur de gauche en lui faisant croire qu’il va se retrouver à choisir au second tour entre Fillon et Le Pen ; 2° dézinguer Fillon. Juste après la désignation de Fillon sortent opportunément de vieilles affaires concernant Mme Fillon et les emplois plus ou moins fictifs de ses enfants. Ils auraient pu sortir avant la primaire, ce qui eût certainement favorisé le pâle Juppé. Mais non ! Opportunément, ils sortent juste après. « Cabinet noir » ? Inutile. Les maîtres des médias sont assez grands pour monter l’opération tout seuls. Tout cela rappelle furieusement la manière dont l’opération Berlusconi a été menée dans la suite de Mani Pulite

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Quatrième phase : les « barons » (noirs ?) du PS rejoignent ouvertement Macron et torpillent leur propre candidat, sans la moindre honte, sans éprouver une seule fois le remords du traître, de l’homme sans foi ni loi. De Collomb à Le Foll, de Cazeneuve à Le Drian, tous sont des politiciens corrompus moralement, sans espoir de retour. Quant au candidat socialiste, devenu par hasard le héros de la primaire, même en sachant qu’il n’avait plus aucune chance, s’est maintenu jusqu’au bout pour assurer le coup et faire en sorte que Macron soit bien face à Marine Le Pen au second tour.

Les institutions font le reste. Malgré ses très bons résultats, Mélenchon ne peut forcer le barrage qu’ont dressé contre lui toutes les forces de la droite et de la « gauche » (y compris le fantôme du PCF dont les dirigeants n’ont cessé de louvoyer, le NPA et LO qui se contrefichent comme de coutume des conséquences de leurs actes). Et pour le second tour, nous avons un matraquage épouvantable pour inciter l’électeur à « faire barrage » au danger fasciste inexistant représenté par une Mme Le Pen qui n’est sans doute pas vraiment plus à droite que Macron. Assommé, l’électeur en trainant les pieds (voir l’abstention massive) n’a plus qu’à subir la suite. [5]

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Comment donc une petite minorité (moins d’un quart du corps électoral) peut-elle imposer sa loi ? Grâce à l’élection du président de la république au suffrage universel qui peut exclure de la représentation la majorité du peuple. [6] Élection antidémocratique donc, faux nez de l’oligarchie. Et pour perfectionner le système, pour être certain qu’en tout temps l’assemblée nationale soutiendra perinde ac cadaver le président, Chirac et Jospin (le diable les emporte !) ont coinventé la réforme constitutionnelle qui réduit à cinq ans le mandat présidentiel et inverse le calendrier électoral, faisant des législatives un simple appendice de la présidentielle. Fini le cauchemar de la cohabitation, seul moment où les restes du parlementarisme pouvaient s’exprimer dans la Ve république. Le Premier Ministre qui est censé conduire la politique de la nation, n’est plus qu’un « collaborateur » du président. Tout cela nous a donné les trois pires politiciens que nous ayons jamais eus, dans l’ordre du « moins pire » au « plus pire » : Sarkozy, Hollande, Macron ! [7]

Ailleurs en Europe, dans les démocraties libérales, rien de tout cela ne pourrait se passer ainsi. En Grande Bretagne, Mrs May a dû négocier pour avoir une majorité au Parlement, alors que son parti a une assise électorale forte. [8] Mme Merkel a mis des mois à former un gouvernement avec pourtant un bon tiers des suffrages. En Italie, la coalition de « centre-droit » bien qu’arrivée en tête ne peut gouverner. Ici, la majorité des commentateurs voit dans cette situation la faiblesse du régime parlementaire. Ces gens, dressés au fouet bonapartiste, trouvent la démocratie représentative « faible ». En effet, le gouvernement n’y est pas tout-puissant et une grosse minorité ne peut imposer sa loi. À tous ces gens qui n’ont à la bouche que le mot « démocratie » et critiquent les « démocraties illibérales » comme la Hongrie ou la Pologne, il faudrait rappeler que la première démocratie illibérale en Europe, c’est la France de la Ve République. [9]

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Il suffit de voir comment le pouvoir exécutif distribue généreusement à ses amis sinécures et prébendes pour savoir dans quel régime nous sommes. Telle éphémère ministre se retrouve bombardée à la présidence de la Banque de France (300.000 euros par an), telle jeune dame[MF1]  inexpérimentée est propulsée conseiller référendaire à Cour des Comptes. Jadis Ladislas Poniatowski parlait du gouvernement « des copains et des coquins ». Nous sommes en plein dedans. [10] Le « nouveau monde » ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ancien. Mais il faut ajouter que dans l’ancien monde existaient encore quelques contrepoids : une « gauche » et des syndicats puissants. La gauche s’est autodétruite et les syndicats se sont recroquevillés, incapables d’arrêter l’offensive de Macron contre le code du travail. Reste sur le plan politique la faible force de « La France insoumise », capable de rassembler des dizaines de milliers de citoyens, certes, mais encore si loin de ce qu’il faudrait faire en mobilisant des millions.

La puissance des tendances antidémocratiques dans le monde des affaires et au cœur même de l’appareil d’État oblige à reposer dans toute leur ampleur les revendications d’un changement de régime, de la marche vers une nouvelle république parlementaire, de la défense des droits démocratiques et sociaux.

http://la-sociale.viabloga.com/news/la-france-est-un-des-pays-les-plus-antidemocratiques-d-europe


FL COMMENTAIRES

[1] Le décor est planté: Macron est un homme de droite! Au passage, on jette un voile pudique sur ses activités en tant que ministre de Hollande, ainsi que sur le ralliement de Mélanchon à ce dernier au soir du 1° tour de 2012 "pour barrer la route à Sarkozy"... (Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à François Hollande, https://www.dailymotion.com/video/xqb91o).

[2] Derrière Macron; l'impérialisme US et ses alliés arabes (mais pas israéliens?), pas un mot sur l'UE bien sûr.

[3] Macron, qui  "concentre tous les pouvoirs", est désigné comme le seul responsable du programme de "liquidation des conquêtes sociales", comme une espèce de monarque tout puissant qu'il suffirait de renverser.

fete-a-Macron 6[4] Le "coup d'Etat constitutionnel" n'est pas celui de 2008 qui vit naître le traité de Lisbonne, contre l'avis majoritaire du peuple français lors du referendum de 2005. C'est ...la constitution elle- même, la V° République, qui fut approuvée par référendum le 28 septembre 1058 à une large majorité (80%) des Français! (http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-de-1958-en-20-questions/comment-est-nee-la-constitution-de-la-ve-republique.16621.html)

[5] L'échec de la France Insoumise est expliqué comme une coalition de forces de droite et de pseudo- gauche dans laquelle se retrouvent...tout ce qui n'est pas la France Insoumise, du PCF aux "trotskystes" LO/NPA. Quand je pense que c'est nous qui sommes traités de complotisme...

[6] "Comment donc une petite minorité (moins d’un quart du corps électoral) peut-elle imposer sa loi ?" se demande l'auteur: encore la faute aux institutions françaises. Cette fois- ci, c'est l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel qui est visée. On se demande bien pourquoi le même phénomène se passe dans d'autres pays membres de l'Union européenne (Allemagne, Italie...) où pourtant, le Chef de l'Etat n'a pas le même rôle.

[7] En reconnaissant que la réforme constitutionnelle qui réduit le mandat présidentiel à 5 ans dénature la Constitution, l'auteur reconnait implicitement quelques vertus à cette dernière...On aurait aimé au passage que l'auteur fustige la "procédure du congrès" qui autorise les parlementaires à se passer du vote populaire pour les réformes constitutionnelles, mais puisqu'il se revendique comme partisan du "parlementarisme", l'exercice est difficile, on en conviendra.

[8] "Mrs May a dû négocier pour avoir une majorité au Parlement, alors que son parti a une assise électorale forte": un contre- exemple étonnant car il démontre qu'une majorité électorale ne suffit pas à obtenir une majorité politique dans un système parlementaire. Contradiction démocratique renforcée par l'exemple allemand car, contrairement à ce que prétend l'auteur, c'est bien une "forte minorité" qui impose sa loi, par un jeu de coalition entre politiciens.

[9] "la première démocratie illibérale en Europe, c’est la France de la Ve République": étonnante formule pour quelqu'un qui fustige le libéralisme...Comment l'interpréter? L'auteur semble souhaiter une démocratie libérale sur le mode parlementaire, système assez répandu au sein de l'UE.

[10] "Jadis Ladislas Poniatowski parlait du gouvernement « des copains et des coquins ». Nous sommes en plein dedans": c'est précisément la critique que faisaient les gaullistes à l'encontre...de la IV° République!

P.G.

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Moyen-Orient. Israël et Iran : jusqu’où ira l’escalade ?

Israël a bombardé, dans la nuit de mercredi à jeudi, plus d’une cinquantaine de cibles militaires iraniennes en Syrie. Une riposte aux tirs de roquettes visant le plateau du Golan quelques heures plus tôt.

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“Attaque iranienne, contre-attaque israélienne : la séquence qui vient de se dérouler n’a pris personne par surprise”, écrit L’Orient-Le Jour. Le journal libanais a constaté comme tout le monde la vive tension depuis plusieurs mois entre l’Iran et Israël. Toutefois, les tirs de roquettes sur le plateau du Golan suivis de raids aériens israéliens dans la nuit de mercredi à jeudi “marquent une escalade significative un peu plus d’un jour après que les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien”, souligne le Washington Post.

Même si l’agence de presse Fars News assure que les roquettes tirées l’ont été par l’armée syrienne, Israël attribue l’attaque à Al-Qods, le nom d’une brigade des Corps des Gardiens de la révolution islamique, ce qui serait une première. Times of Israel y voit d’ailleurs un échec pour l’Iran (16 roquettes sur 20 n’ont pas atteint l’État hébreu, les 4 autres ont été détruites) alors que la riposte israélienne – les bombardements les plus violents en Syrie depuis 1974, avec environ 70 cibles visées – est présentée comme “très efficace” par le quotidien. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les frappes ont fait 23 morts.

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“Ce premier round est un succès décisif. Mais ce n’est que ça : le premier round d’un conflit contre un régime à Téhéran qui travaille inlassablement à la destruction d’Israël”, avance Times of Israel, qui rappelle que l’Iran pourrait faire appel au Hezbollah et à ses “140 000 roquettes pointées” vers l’État hébreu.

Valdimir Poutine en médiateur ? 

“Qu’est-ce qui les arrêtera ?”, se demande une tribune sur le site Arabnews. “La guerre n’est pas encore inévitable” entre “deux pays qui se détestent”, essaie de rassurer L’Orient-Le Jour. Mais le Jerusalem Post, citant des habitants de la Ville Sainte, conclut qu’avec ce qu’il se passe au nord du pays, “la guerre est dans l’air”.

Et si Times of Israel observe le large soutien de la communauté internationale après l’attaque de mercredi, le journal prévient qu’en cas de conflit : “Israël sera seul. Personne, pas même ses meilleurs amis, ne se précipitera pour l’aider.”

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La Russie a donc un rôle clé à jouer. Vladimir Poutine, contrairement à Donald Trump, parle à Tel-Aviv comme à Téhéran“Moscou est heureux de maintenir un équilibre entre les deux camps, tant que son objectif de sauver le régime d’Assad n’est pas en danger”, analyse Haaretz qui remarque que le président russe n’a pas tenté de stopper la riposte d’Israël. “Mais si l’escalade se poursuit, comme elle semble le faire, il devra tôt ou tard choisir son camp”, estime le quotidien.

C’est ce qui pousse Arabnews à appeler à “un effort concerté de la communauté internationale” pour apaiser les tensions. “Autrement, ce dont nous avons été les témoins jeudi pourrait être le prologue à un autre conflit sanglant et durable au Moyen-Orient. Et peut-être au-delà”, s’inquiète une tribune publiée dans le journal saoudien.

 

https://www.courrierinternational.com/article/moyen-orient-israel-et-iran-jusquou-ira-lescalade

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Décoration impériale consensuelle, sur fond de tensions franco-allemandes

TL MACRON CHARLEMAGNE

La chancelière fédérale d’Allemagne a remis au président de la République française le Prix Charlemagne. Il faut décidément que les temps soient bien étranges pour qu’une telle information – relative à la cérémonie qui s’est déroulée le 10 mai à Aix-la-Chapelle – n’ait pas déclenché un fou rire général. L’événement s’est plutôt heurté à une totale indifférence populaire, à l’image de la « fête de l’Europe » instituée chaque 9 mai il y a trente trois ans, et que l’écrasante majorité des citoyens continue à traiter par l’ignorance.

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Le prix Charlemagne est décerné chaque année à une personnalité qui s’est illustrée en faveur de « l’unification européenne ». Emmanuel Macron rejoint ainsi une joyeuse troupe où figurent notamment l’ex-président de l’europarlement Martin Schulz, l’ancien ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, l’ancien banquier central Jean-Claude Trichet, le président du Conseil européen Donald Tusk, celui de la Commission Jean-Claude Juncker, l’ancien secrétaire général de l’OTAN Javier Solana, l’ancien président américain William Clinton, les deux papes Jean-Paul II et François. L’euro en tant que monnaie, et la Commission européenne elle-même ont également été décorées du même trophée. Pour sa part, Angela Merkel avait reçu la précieuse couronne des mains de Nicolas Sarkozy en 2008.

Selon l’humeur, on peut sourire face à ces autocongratulations incestueuses au sein du sérail en pensant à la formule grinçante du cinéaste Jean-Luc Godard moquant ses collègues qu’il nommait « les professionnels de la profession » ; ou bien s’interroger sur l’inconscient des dirigeants qui ont choisi en Charlemagne un tel symbole impérial pour la plus haute distinction de l’Union européenne…

Pour l’heure, ceux-ci n’ont vraiment plus l’esprit à la fête : les peuples sont de plus en plus réticents et même hostiles à la « grande aventure européenne » ; les défis géopolitiques se multiplient, notamment à travers la mise en cause par Donald Trump de l’axe euro-atlantique qui fondait l’alliance occidentale depuis 1945 ; les contradictions s’exacerbent au sein même des capitales de l’UE, comme vient de l’illustrer, justement le 10 mai, le discours du premier ministre hongrois qualifiant les projets d’Europe intégrée de « cauchemar » ; enfin, entre Paris et Berlin, les tensions persistent plus que jamais sur de multiples sujets.

Effusions, mais disputes

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La succession des discours prononcés à Aix-la-Chapelle en témoigne. Certes, entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, les effusions ostensibles et les compliments mutuels n’ont pas manqué. La chancelière a loué avec ferveur la « passion » européenne de son collègue français, cette « passion » si nécessaire à la poursuite de l’UE (mais, se désole implicitement Mme Merkel, si absente…).

Et les deux dirigeants ont de concert vilipendé ce qu’ils ont décrit comme les tentations funestes de retour en arrière, de dérives « illibérales » (en référence aux Etats d’Europe centrale), de repli nationaliste. Face à cela, il faut que « l’Europe prenne son destin en main » ont-ils martelé. Car « les Etats-Unis ne nous protègeront plus », s’est inquiétée la chancelière. Il faut donc fonder la « souveraineté européenne » a répété le président français, renouvelant la confusion entre « souveraineté » (qui n’a aucun sens puisqu’il n’existe pas de peuple européen) et « pouvoir d’influence » impérial (qui est le but à peine caché de l’UE).

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Il reste que sur nombre de terrains importants, le « couple franco-allemand » se dispute. C’est en particulier le cas en matière économique, budgétaire et monétaire. Les observateurs ont noté les critiques inhabituellement dures de l’hôte de l’Elysée qui a fustigé le « fétichisme en matière d’excédents budgétaires et commerciaux » de Berlin, excédents qui sont réalisés « aux dépens des autres pays » de l’UE…

Pour sa part, la dirigeante allemande a admis que les différences et les débats étaient difficiles. Face à l’impatience croissante du chef de l’Etat français, qui a réitéré ses demandes d’intégration monétaire poussée, Mme Merkel a promis que des propositions communes seraient trouvées d’ici juin. Mais le même jour, son ministre des Finances confirmait que Berlin n’était guère disposé à changer sa ligne financière dite orthodoxe.

Ces divergences ne portent pas sur le fond – les classes politiques allemande et française restent plus que jamais en faveur de l’intégration européenne – mais sont liées à des différences d’intérêts. Ces dernières ne sont certes pas nouvelles, mais elles sont désormais exacerbées par la crainte d’un possible délitement européen, lui-même conséquence des résistances populaires.

AFFICHE FETE EUROPE

Ainsi, cruel hasard du calendrier, on apprenait le jour même du sacre d’Emmanuel Macron que la voie semblait s’ouvrir en Italie vers un gouvernement qui allierait les deux grands gagnants du scrutin du 4 mars, deux forces dont les électeurs sont les plus hostiles à l’intégration européenne.

A ce stade, rien n’est encore joué, mais si le premier « gouvernement anti-système » de l’histoire de l’UE voyait le jour à Rome, Jupiter alias Charlemagne, de même que l’impératrice Angela, pourraient bien faire face à des cauchemars d’ampleur nouvelle…

https://ruptures-presse.fr/actu/prix-charlemagne-macron-merkel/

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