mercredi 9 mai 2018

UPR Corrèze - Table d'information / tractage le mercredi 9 mai à Brive à midi !

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Après le succès de la manifestation nationale du 1er mai à Paris où s'est rendue une délégation de l'UPR Limousin, les militants de Creuse, Corrèze & Haute-Vienne se donnent à nouveau rendez vous à Brive pour une table d'information / tractage qui aura lieu 

mercredi 9 mai à Brive place de la Guierle à partir de midi

Voici un lien avec le plan et une photo du fameux Phare de la place ou nous nous rencontrerons:

https://www.google.fr/maps/@45.1620485,1.5326561,3a,75y,131.6h,86.07t/data=!3m9!1e1!3m7!1sFzgQJ7lkNFAvP3XXVEgg1w!2e0!7i13312!8i6656!9m2!1b1!2i39

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Nous célébrerons la "fête de l'Europe" à notre manière en distribuant des tracts et en échangeant avec les passants sur les questions européennes qui nous tiennent à cœur.

Je compte sur vous si vous êtes dans le coin pour venir nous rencontrer et éventuellement participer quelques minutes ... ou quelques heures ! ;-)


Bien amicalement,

Julien MAGNE, Délégué Départemental UPR Corrèze

Contacts :
julien.magne@upr.fr
06.82.23.25.22

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Washington se retire de l'accord nucléaire et promet de nouvelles sanctions contre l'Iran

Washington se retire de l'accord nucléaire iranien, signé en 2015 après une négociation acharnée. Les Etats-Unis vont par ailleurs mettre en place de lourdes sanctions contre Téhéran, qui se dit ouvert au dialogue avec Européens, Russes et Chinois.

ACT DECLARATION TRUMP IRAN

mardi 8 mai

22h52

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, appelle sur Twitter à sortir de l'OTAN

22h51

«La visite de Macron aux Etats-Unis n'a servi à rien dans le dossier du nucléaire iranien», déplore, sur France info, Sébastien Chenu, porte-parole du FN

22h49

Pour François de Rugy, président (LREM) de l'Assemblée nationale, «la dénonciation de l'accord sur le nucléaire iranien par Donald Trump au nom des Etats-Unis d'Amérique relance l'escalade nucléaire militaire et rajoute de la tension supplémentaire au Moyen-Orient. L'Union européenne doit faire contrepoids»

22h19

Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, est critique sur la position de Donald Trump qu'il estime être «un danger pour la paix» : «Rien ne justifie de dénoncer l'accord de Vienne : le directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) a affirmé à plusieurs reprises que l'Iran le respecte scrupuleusement [...] La France doit affirmer une position clairement distincte de celle de Donald Trump.»

Il ajoute sur Twitter que le président américain et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou «mentent». «Ras-le-bol de l'empire américain, de ses provocations, de son arrogance et de ses guerres sans fin», accuse-t-il.

22h14

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Peu après l'annonce de Donald Trump, Israël a lancé une frappe contre une base près de Damas en Syrie.

21h58

Le ministère russe des Affaires étrangères se dit profondément désappointé par la décision de Donald Trump. Un acte «infondé», a poursuivi le ministère, selon des propos rapportés par Reuters. Il a également assuré que Moscou continuera de développer des liens bilatéraux avec l'Iran

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21h56

Selon des médias syriens, rapportant des propos du ministère des Affaires étrangères, la Syrie «condamne fermement» la décision du président des Etats-Unis de se retirer de l'accord sur le programme  nucléaire iranien.

21h43

Barack Obama, président des Etats-Unis de 2009 et 2017, a dénoncé une «grave erreur» de Donald Trump. Sur Twitter, il a estimé qu'il y avait «peu de questions plus importantes pour la sécurité des Etats-Unis que la propagation potentielle des armes nucléaires ou la possibilité d'une guerre encore plus destructrice au Moyen-Orient».

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21h36

Un porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que la décision des Etats-Unis, de se retirer unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, «causera de l'instabilité et de nouveaux conflits».

Dans un tweet, il a également ajouté que la «Turquie continuerait à s'opposer à toutes les formes d'armes nucléaires».

21h29

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Dans un communiqué, Theresa May a affirmé être sur la même ligne que la France et l'Allemagne, se disant «inquiète» de la décision de Donald Trump : «Cet accord reste important pour notre sécurité commune». «Nous rappelons que l'accord [de 2015] a été approuvé à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 2231», a-t-elle également écrit.

«Selon l'AIEA [Agence internationale de l'énergie atomique], l'Iran continue de respecter les restrictions énoncées par l'accord, conformément à ses obligations vis-à-vis du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires», a ajouté le Premier ministre britannique. «Le monde est par conséquent un lieu plus sûr», a-t-elle exposé.

21h17

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Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les autres signataires de l'accord de 2015 «à respecter pleinement leurs engagements». «Je suis profondément préoccupé par l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord et de la reprise de sanctions américaines», a-t-il également souligné.

21h13

Les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran en raison de la décision américaine de rétablir les sanctions contre Téhéran, a affirmé sur twitter le nouvel ambassadeur américain en Allemagne.

«Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement», a commenté Richard Grenell, considérant que «les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l'économie de l'Iran»

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, a d'ailleurs jugé «possible» d'imposer de nouvelles sanctions.

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21h10

"Le rétablissement des sanctions américaines liées au programme nucléaire iranien est effectif immédiatement pour les nouveaux contrats", a affirmé le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, précisant que les entreprises étrangères auront quelques mois pour «sortir» d'Iran.

En outre, le Trésor américain a fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours, quelques minutes après l'annonce par le président Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances en 2015. John Bolton a aussi déclaré que Washington était prêt à discuter d'une solution «beaucoup plus large». 

21h04

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Selon les médias saoudiens, Riyad «soutient et salue» la décision de Donald Trump. «Le royaume soutient et salue les démarches annoncées par le président américain en vue d'un retrait de l'accord nucléaire» conclu entre l'Iran et six grandes puissances en 2015, affirme un communiqué officiel diffusé par la chaîne de télévision Al-Ekhbariya.

20h52

Le président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani, a prévenu que Téhéran resterait dans l'accord, sans Washington. Accusant le président américain Donald Trump de pratiquer «une guerre psychologique», Hassan Rohani a déclaré dans une allocution à la télévision d’État iranienne : «Les États-Unis ont toujours montré qu'ils ne respectaient jamais leurs engagements.»

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Par ailleurs, il a expliqué vouloir discuter avec les Européens, les Russes et les Chinois. «J'ai ordonné à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de prendre les mesures nécessaires [...] pour qu'en cas de nécessité nous reprenions l'enrichissement industriel sans limite», a toutefois dit Hassan Rohani, semblant lier une telle décision à l'éventualité d'un échec des négociations pour sauver l'accord de Vienne.

20h37

Emmanuel Macron a assuré que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni «regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire iranien». «Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu», a poursuivi le président français.

20h34

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Federica Mogherini a annoncé qu'il fallait défendre l'accord iranien de 2015. L'Union européenne est «déterminée à [le] préserver», a ainsi fait savoir la chef de la diplomatie européenne. «C'était l'une des plus belles réalisations diplomatiques», a par ailleurs attesté Federica Mogherini.

20h32

La télévision publique iranienne a déclaré que la décision de Donald Trump était «illégale, illégitime et remet [tait] en cause des accords internationaux».

20h28

Benjamin Netanyahou a déclaré que Donald Trump avait pris la bonne décision et le soutient «totalement». Le Premier ministre israélien le remercie également pour son «leadership courageux».

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20h25

Donald Trump assure qu'il «est prêt à négocier» avec l'Iran si ce dernier se sent «prêt» pour une nouvelle entente.En revanche, il promet de «graves conséquences» si l'Iran se dote de l'arme nucléaire. «Tout pays qui aidera l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis», a-t-il également averti.

20h14

Donald Trump annonce que «l’Iran alimente les conflits au Moyen-Orient et soutient des milices telles que le Hezbollah, Al-Qaïda ou le Hamas». «L'Iran finance le terrorisme en volant les richesses de son propre peuple», a-t-il ajouté.

https://francais.rt.com/international/50471-donald-trump-annonce-decision-sur-accord-nucleaire-iranien

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Qu'est-ce que la Journée de l'Europe ?

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Attention: publicité/ propagande, à consommer avec modération!

AFFICHE FETE EUROPE

La Journée de l'Europe est, avec le drapeau, la monnaie, la devise et l'hymne européens, l'un des symboles de l'Union européenne. Activités et festivités sont organisées à cette occasion. Date anniversaire de la Déclaration Schuman, considérée comme "l'acte de naissance" de l'Union européenne, la Journée de l'Europe est aujourd'hui un symbole fort.

Fête de l'Europe 2018

Quand est-elle célébrée ?

La Journée de l'Europe est célébrée tous les ans le 9 mai, et ce depuis 1985. C'est en effet le 9 mai 1950 que Robert Schuman a présenté sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien des relations pacifiques. La Journée de l'Europe a été instaurée par les dirigeants européens lors du Conseil européen de Milan en juin 1985 et fêtée la première fois en 1986.

En 2018, la plupart des événements organisés dans le cadre de la fête de l'Europe auront lieu le week-end des 12 et 13 mai.

En quoi consiste la journée de l'Europe ?

Fête de l'Europe

Le 9 mai est à la fois une journée d'information et de discussion sur l'Union européenne et une fête populaire au cours de laquelle, dans chaque Etat membre, les citoyens européens célèbrent leurs différentes cultures et leurs traditions. Découvrez les événements organisés en France !

La Journée de l'Europe est également l'occasion de mettre en avant les symboles de l'unité de l'Union européenne : un drapeau à douze étoiles, un hymne et une devise, "Unie dans la diversité". Dans les pays de la zone euro, la monnaie unique est un autre symbole d'unité.

Qui est concerné ?

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Chaque année, les institutions européennes, les collectivités, les associations, les écoles et les citoyens célèbrent le 9 mai par des manifestations diverses et variées.

Comment organiser un événement ?

En France, les Centres d'Information Europe Direct (CIED) proposent des documents gratuits sur l'Union européenne. Dans toutes les régions, les GUIDEurope, les centres d'information et les associations sont également susceptibles d'aider à la préparation de la journée : recherche d'intervenants, conseils pour l'organisation, fourniture de documents...

Qu'est-ce que la déclaration Schuman ?

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Le 9 mai 1950, sur proposition de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, fait une déclaration historique dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay : il appelle à la mise en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier.

Ce projet, visant à assurer la paix en Europe, est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de la construction européenne. Il est à l’origine de la première communauté européenne : la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) qui voit le jour en 1951.

Sur ce modèle, d’autres communautés vont suivre, dont la plus connue est la Communauté économique européenne (1957). Ces communautés, créatrices de solidarités, ont consolidé les rapports entre les Etats européens. Elles se sont élargies et approfondies pour donner naissance à l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Découvrez le texte intégral de la déclaration et de nombreuses autres informations dans notre dossier consacré à la Journée de l'Europe.

https://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-la-journee-de-l-europe.html

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Dette de l’Unédic : comment engraisser la finance spéculative au détriment des chômeurs, des salariés, et du service public

TRIBUNE LIBRE /

TL UNEDIC DETTE

  • Jean Gadrey
  • 03/05/2018

Parmi les arguments utilisés par l’oligarchie pour pousser à la libéralisation puis la privatisation des services publics, il y a presque toujours « l’énormité de la dette ». On oublie de préciser que cette dette a été délibérément produite par des décisions publiques diverses concernant soit des investissements insensés devenus des boulets (exemple de la SNCF), soit (ou en même temps) l’étranglement financier - l’austérité imposée - induisant un déficit annuel récurrent. Cela conduit l’organisme public à emprunter, à s’endetter de plus en plus auprès de banques privées, à payer de plus en plus de remboursements annuels, avec un possible effet « boule de neige » (quand on doit emprunter à nouveau pour payer des intérêts devenant élevés à certaines périodes, ce qui n’est pas le cas actuellement, mais pourrait bien le redevenir, on va le voir).

On oublie aussi de nous dire qu’en contraignant des organismes publics à s’endetter faute de financements publics à la hauteur des besoins sociaux qu’ils sont censés couvrir, non seulement on ampute la réponse à ces besoins, mais on met ces organismes entre les mains de banques et de financiers qui vont laisser libre cours à leurs penchants pour la spéculation voire à leur appétence pour les paradis fiscaux.

Je prends ici l’exemple de l’Unédic car on peut s’appuyer sur des analyses récentes de grande qualité.

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Rappel : L’Unédic et Pôle Emploi forment ce qu’on appelle l’Assurance chômage, que financent les employeurs du secteur privé. L’Unédic - Union Nationale Interprofessionnelle pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce - est une association loi 1901. Elle gère l’Assurance chômage à proprement dite tandis que Pôle emploi s’occupe de l’accompagnement et de l’indemnisation des chômeurs.

LA DETTE DE L’UNEDIC : D’OÙ VIENT-ELLE ? 

Dans le cas de l’Unédic, ou assurance chômage, une remarquable étude récente (un « audit citoyen » de 52 pages effectué par un collectif de militants associatifs, syndicaux, etc.) fait le point, chiffres et tableaux à l’appui, et il est fortement conseillé de la consulter car c’est une mine. On y constate que le stock de dette accumulée se montait en 2017 à environ 34 milliards d’euros (chiffre officiel peu transparent), soit autant que le budget annuel en 2017 de l’Unedic et Pôle emploi. Ce chiffre en lui-même n’est pas affolant, mais plus inquiétante est la tendance, puisqu’en 2008 le stock de dette n’était que de 4,9 milliards. Depuis, il a bondi.

Pourquoi cette hausse ? Plusieurs facteurs interviennent mais le plus important est évident : la forte hausse du chômage depuis 2008 n’a pas été accompagnée d’une hausse correspondante des recettes (les cotisations chômage en représentent 98 %). Cela a gonflé le déficit annuel (dépenses d’indemnisation moins recettes), en dépit de mesures restrictives qui n’ont cessé de réduire la proportion de chômeurs indemnisés et le montant de leurs indemnités.

J’ai composé le graphique suivant à partir des données trimestrielles de Pôle Emploi et de la DARES dites données CVS-CJO, pour les seules catégories A, B et C. On passe d’un point bas à 3,06 millions de demandeurs d’emploi au deuxième trimestre 2008 à 5,62 millions au premier trimestre 2018. Soit + 84 %.

Vive croissance du nombre de demandeurs d'emploi depuis 2008

De 2008 à 2014 (tableau suivant), le nombre d’inscrits à Pôle Emploi, toutes catégories (A à D), a progressé de 86 %, de 3,3 millions à 6,14 millions (actuellement 6,26 millions). Pendant ce temps, le nombre de chômeurs indemnisés a certes progressé, mais de 38 % seulement. Le pourcentage de chômeurs indemnisés (« taux de couverture ») s’est donc effondré. La seule chose qui n’a pas bougé est le taux de cotisation…

Le pourccentage de chômeurs indemnisés s'est effondré

C’est clair : dans une logique néolibérale purement comptable, l’équilibre des comptes de l’Unédic exige, si le chômage progresse fortement, qu’on réduise tout aussi fortement la proportion de chômeurs indemnisés et/ou leurs indemnités. Dans une logique de protection sociale, l’État aurait pour devoir d’augmenter les recettes de l’assurance chômage, d’une façon ou d’une autre. Et de mener des politiques créatrices d’emplois (voir mes billets sur cet enjeu : on peut créer des millions d’emplois utiles).

LA DETTE DE L’UNEDIC ENGRAISSE LA FINANCE ET APPAUVRIT LES CHÔMEURS ET LES SALARIÉS

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car le vrai néolibéralisme consiste à privilégier les privilégiés, à savoir les très riches et la finance, ce qui est pratiquement la même chose, y compris et surtout sur le dos des salariés et des chômeurs. Or cette dette, comme d’autres composantes de la dette publique, c’est une ressource formidable pour les prêteurs privés, à savoir les banques et la finance. Le mécanisme de ce transfert vers les profits privés est bien décortiqué, exemples à l’appui, dans l’étude sur laquelle je m’appuie.

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Je résume : l'UNEDIC s'endette sur les marchés financiers (en empruntant à de nombreuses grandes banques privées mondiales, voir un tableau page 24 de l’étude). En 2016, elle a versé 324 millions d'euros en intérêts, soit l'équivalent des indemnités chômage d'environ 30 000 demandeurs d'emplois percevant une indemnité moyenne de 900 euros par mois (pages 6 et 14 de l’étude).

Ainsi, « la dette de l’Unedic est livrée à la finance privée. Elle emprunte à des banques privées qui agissent pour le compte de leurs clients, le plus souvent des fonds de placement, des « hedge funds », des « mutual funds » ou des transnationales plus soucieuses d’un taux de rentabilité à 2 chiffres que du bien commun. On retrouve ces « investisseurs financiers » dans les listes des sociétés présentes dans les paradis judiciaires et fiscaux (source = Wikileaks) ou/et parmi les entreprises qui licencient. » Et pour pouvoir négocier des prêts, l’Unédic se soumet à des agences de notation, les mêmes que celles qui ont fait parler d’elles en 2008, qu’elle paie un prix d’or (650.000 euros par an) et à des commissaires aux comptes eux aussi grassement rémunérés, dans des conditions qui font soupçonner des conflits d’intérêt.

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Alors certes, pour l’instant, les taux d’intérêt sont bas, mais cela ne durera pas, d’autant que le MEDEF demande qu’on en finisse avec la garantie de l’État, facteur essentiel pour négocier des taux plus bas avec les prêteurs privés.

Je conclus en citant à nouveau cet audit citoyen :

« Comme le précisèrent les rédacteurs des « Jours heureux » en 1945, le texte programme du Conseil National de la Résistance : « La cotisation sociale est un prélèvement sur la richesse créée par le travail dans l’entreprise, qui n’est affecté ni aux salaires ni aux profits, mais mutualisé pour répondre aux besoins sociaux des travailleurs résultant des aléas de la vie, indépendamment de l’État et de la négociation collective et dont le montant est calculé à partir des salaires versés ».

La France consacre ce droit à la protection sociale dans sa Constitution (articles 10 et 11 du préambule de la Constitution de 1946, repris dans la Constitution actuellement en vigueur).

Il revient donc à l’État de garantir les besoins de financement et d’assurer cette redistribution.

https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/05/03/dette-de-l-unedic-comment-engraisser-la-finance-speculative-au-detriment-des-chomeurs-des-salaries-et-du-service-public

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Syrie : l’Occident ne veut pas entendre les témoins de Douma

TRIBUNE LIBRE / Par Jonathan Cook

TL SINGES CHINOIS


Paru sur le blog de l’auteur sous le titre The west closes its ears to Douma testimony

La réponse des USA, du Royaume-Uni et de la France au briefing de mardi de l’OIAC, à La Haye, a été perverse, pour dire le moins. La Russie avait présenté 17 témoins de Douma, qui ont déclaré qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique – le prétexte à des frappes illégales contre la Syrie par trois États occidentaux.

Les témoins, des victimes et les médecins qui les avaient soignés, ont donné des explications qui confirmaient le reportage ramené de Douma, la semaine dernière, par le journaliste d’investigation britannique Robert Fisk [Lien en français]un reportage, faut-il noter, qui a presque entièrement été occulté par les médias occidentaux. Selon leurs témoignages à l’OIAC, les victimes montrées dans la vidéo de l’attaque alléguée souffraient d’hypoxie due à l’inhalation de fumée et de poussières après un bombardement, et non de gaz.

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La première chose étrange à noter est que les USA, le Royaume-Uni et la France ont boycotté la rencontre, dénoncé la Russie pour avoir présenté les témoins et appelé l’événement « une mascarade obscène » et du « théâtre ». Cela suggère que ce trio, qui se comporte comme les trois singes chinois, pensent que ces témoignages vont disparaître s’ils les ignorent. Ils n’ont aucun intérêt à écouter des témoins, sauf s’ils s’accordent avec la version occidentale utilisée pour justifier les frappes de missiles en Syrie. [Leur boycott de l’événement et leur a priori, avant même qu’ils les aient entendus, contre les témoins prouve également qu’ils savaient d’avance ce que ces gens allaient dire, et pour cause… NdT]

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Le témoignage des gens présents au moment des faits est sûrement déterminant pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Les USA, le Royaume-Uni et la France sont sûrement obligés d’écouter les témoins d’abord, et ensuite seulement de tenter de les discréditer s’ils pensent que leur histoire n’est pas plausible ou qu’il ont été intimidés. Les preuves ne peuvent pas être évaluées ou réfutées si elles ne font pas l’objet du moindre examen.

La deuxième est que les médias se font l’écho de ce mépris déplacé envers les éléments de preuve. Eux aussi semblent avoir jugé d’avance de la crédibilité des témoins avant mêmes d’entendre ce qu’ils avaient à dire (tout comme dans le cas de Fisk). De façon symptomatique, le Guardian a décrit ces témoins comme des « témoins supposés » , ce qui n’est pas une formulation encourageante quant à son degré d’impartialité dans cette affaire.

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Remarquons que, quand le Guardian se réfère à des témoins qui soutiennent la version des USA-Royaume-Uni-France, souvent des gens qui vivent sous la coupe de djihadistes violents, le journal ne les désigne pas comme des « témoins supposés » ou comme des gens intimidés. Pourquoi est-ce que, pour le Guardian, quelques-uns des témoins ne font qu’affirmer être des témoins, alors que d’autres sont des vrais témoins ? La réponse semble dépendre de l’accord du témoignage avec la version officielle occidentale. Il y a un mot pour cela, et ce n’est pas « journalisme ».

Le troisième problème et le plus important, toutefois, est qu’aucun des membres du trio de pays occidentaux ne nie que ces « témoins supposés » aient été présents à Douma, et quelques-uns d’entre eux figurent dans la vidéo. La ligne adoptée par le Guardian et d’autres est que « La véracité des déclarations des témoins triés par les Russes sera remise en question, puisque leur capacité à parler librement est limitée. »

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Ainsi, la question n’est pas de savoir s’ils étaient présents au moment des faits, mais si ils sont forcés de raconter une histoire qui contredit la version officielle, et du même coup la raison douteuse de l’attaque contre la Syrie.

Mais cela nous laisse une autre difficulté. Personne, par exemple, ne semble douter que Hassan Diab, un garçon qui a témoigné à l’audience, soit bien le garçon montré dans la vidéo, qui avait censément été gazé avec un agent innervant trois semaines plus tôt. Comment expliquer qu’aujourd’hui, il resplendisse de santé ? Ce n’est pas comme si les gouvernements américain, britannique et français n’avaient pas eu le temps de procéder à leur propre enquête. Son père et lui disent la même chose depuis au moins une semaine à la télévision russe, qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique à Douma.

Au lieu de quoi, nous avons des révisions qui s’ajoutent aux révisions dans une histoire qui nous avait été présentée comme si limpide qu’elle justifiait un acte d’agression militaire par les USA, le Royaume-Uni et la France contre la Syrie, sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU – en d’autres termes, un crime de guerre de premier ordre.

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Il est utile de noter le bref reportage de la BBC. Il a suggéré que Diab était là, que c’est le garçon de la vidéo, mais que ce n’était pas l’une des victimes de l’attaque chimique. Il implique qu’il y avait deux types de victimes dans la vidéo de Douma : ceux qui étaient victimes de l’attaque chimique, et à côté, des victimes d’hypoxie.

Ce qui représente un sérieux rétropédalage par rapport à la première version.

Il est concevable, je suppose, qu’il y ait eu une attaque chimique contre ce voisinage de Douma, dans laquelle des gens comme Diab étaient certains d’avoir été gazés alors que ce n’était pas le cas, mais que d’autres à côté aient pu être réellement gazés. Il est également concevable que les effets de l’inhalation de fumée et de poussières et de gaz chimiques soient si similaires que les Casques blancs ont filmé les « mauvaises victimes », montrant des victimes comme Diab qui n’avaient pas été gazées. Il est également possible, j’imagine, que Diab et sa famille soient forcés de mentir sous la pression des Russes, et de dire qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique.

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Mais même si chacun de ces scénarios est possible en lui-même, sont-ils plausibles ensemble ? [Et surtout, pourquoi les trois pays occidentaux, qui sont si sûrs de leur fait, n’ont-ils pas demandé à interroger eux-mêmes les témoins et, s’ils pensent que ces gens mentent sous pression russe, pourquoi n’ont-ils pas demandé à l’ONU de prendre des mesures pour à les mettre à l’abri de toute possibilité de coercition, par exemple en exigeant un statut de témoin protégé pour eux ? NdT]. Ceux d’entre nous qui avons préféré ne pas nous précipiter pour juger et attendre les preuves d’une réelle attaque chimique avons invariablement été traité de « complotistes ». Mais qui propose la théorie du complot la plus fantaisiste ici, ceux qui veulent des preuves, ou ceux qui créent une série élaborée de révisions pour tenter de maintenir la crédibilité de leur version originelle ?

S’il y a quelque chose de certain dans tout ceci, c’est que la vidéo censée représenter la preuve formelle d’une attaque chimique s’est avérée n’être rien de tel.

Traduction Entelekeheia
Photo Pixabay

http://www.entelekheia.fr/syrie-loccident-ne-veut-pas-entendre-les-temoins-de-douma/

Voir aussi:

FA RT 7MAI18sur le site national et sur You Tube.

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Mouvement social, Etat fort et renversement du rapport des forces

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

TL FETE A MACRON SAPIR

Deux événements, également importants mais qui se situent dans des registres différents, viennent de se produire en cette fin de semaine. Le premier est, et les réactions de la presse ne s’y trompent pas, le résultat du « référendum » d’entreprise lancé à Air France[1]. Avec un taux de participation extrêmement élevé (80%) des 46000 employés de la compagnie, le rejet du plan de la direction à 55% vaut validation de fait de la grève des pilotes. Cela montre que, dans une entreprise où la direction fait régner un climat particulièrement délétère – et ce n’est pas pour rien si les grévistes mettent en cause la DRH – un bloc majoritaire s’est retrouvé pour rejeter ces propositions. Le second est le succès de la Fête à Macron organisée à l’initiative de François Ruffin par la France Insoumise qui a eu lieu samedi 5 mai, de l’Opéra à la Bastille[2]. Les « comptages » sont évidemment sujets à caution. Et ceux d’une officine pro-gouvernementale nommée Occurrence encore plus[3]. Mais, la place de la Bastille étant noire de monde, et les boulevards y arrivant étant aussi remplis, il est évident qu’il y avait bien plus que les 39 800 personnes que des « journalistes », et ce mot est à mettre évidemment en guillemets, si ce n’est à prendre avec des pincettes, prétendent avoir comptés. Il est évident que cette « fête » est un succès politique notoire.

La question qui est maintenant posée et de savoir si la combinaison de ces deux succès sera suffisante pour inverser le rapport des forces, dans une situation qui est de plus en plus tendue du fait de la politique du gouvernement.

Peut-on parler de bascule du rapport des forces?

Ces deux événements surviennent alors que se poursuit la grève à la SNCF et globalement un mouvement social important mais qui reste fragmenté. Emmanuel Macron voit sa popularité baisser selon un sondage BVA[4]. Pour discutable que soit ce sondage, il fournit cependant des informations importantes. Sa popularité chute, mais cette chute est moins forte dans les agglomérations de taille moyenne (de 20 000 à 100 000 habitants) avec -13% que dans les zones rurales et les communes de moins de 20 000 habitants (-20%) et dans les grandes villes dont l’agglomération parisienne où il perd 29%. S’il maintient sa côte de popularité chez les cadres, celle-ci s’effondre chez les ouvriers et employés mais aussi chez les retraités, qui formaient le gros des bataillons qui l’avaient élu le 7 mai 2017.

Emmanuel Macron a été élu si ce n’est sur un quiproquo du moins sur une ambiguïté[5]. Du reste, près de deux Français sur trois ne veulent pas qu’il se représente en 2022, ce qui dit aussi l’ampleur du rejet qui le frappe[6]. Il pouvait néanmoins se targuer de succès comme avec le passage des ordonnances réformant le Code du Travail. Le mouvement social, exprimant les intérêts d’une société française que la Président ne cesse de brutaliser depuis un an, peinait à engranger des succès. Les grèves se développent néanmoins, et pas seulement comme le prétendent certains journalistes à gages dans les services publics. Il y a des grèves notables dans la restauration, la grande distribution, et le secteur des services. Mais ces grèves restaient trop souvent isolées. Elles manquaient de succès leur permettant de se rendre visibles dans l’espace médiatique.

Avec le rejet du «référendum » à Air France ces grèves ont marqué un point symboliquement important. Il faudra voir si cela se traduit par un sursaut de la grève à la SNCF, après l’échec de la réunion avec le Premier-ministre[7], lors des nouvelles vagues de la semaine qui vient. Mais, les réactions des biens pensants sont déjà, à cet égard, très symptomatiques. Les discours fleurissent sur le « suicide » que représenterait ce vote[8], ce qui est une manière d’admettre que la fonction des « référendums » d’entreprises, une procédure pourtant vantée par l’actuel gouvernement, est en réalité de plébisciter des propositions patronales. Nous voici donc revenu à la pratique politique du Second Empire, le développement industriel et la souveraineté en moins !

Un autre point a été marqué avec le succès de la « fête » organisée par la France Insoumise. La question n’est plus de savoir s’il y avait 60 000, 80 000 personnes ou plus de 100 000 ce samedi 5 mai après-midi. Le succès est indéniable. Il contribue lui aussi à modifier le contexte politique, ce que ne comprennent pas les auteurs de littérature de gare – et l’on met dans cette catégorie, voire dans ce même sac, Marlène Schiappa, la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes[9] – qui ergotent sur le « à » à la place du « de ». Ces gens là sont, on le devine, bien plus à l’aise dans les bars d’hôtel de luxe ou dans les cafés friqués et snobinards qu’avec le populo à la Fête à Neuneu…En tous les cas, et Jean-Luc Mélenchon l’a bien senti, le lien avec le vote à Air France était évident[10].

La violence, stratégie du pouvoir ?

Cette « bascule » dans le rapport des forces, qui est peut-être en train de se produire, est d’une immense importance. Le gouvernement – et notre Président – ne s’y sont pas trompés. En témoignent les commentaires faits, depuis le Pacifique où il était en voyage, par Emmanuel Macron[11].

Ils attendaient sans doute ce point de retournement depuis plusieurs semaines, et ils le préparaient par un recours sans cesse plus évident à des méthodes d’une grande violence. L’instrumentalisation de ceux que l’on appelait dans l’après-1968 les « casseurs », cette mouvance qui s’appelait « autonome » dans les années 1970 et qui aujourd’hui se nomme les Blacks Blocs, n’est pas une chose nouvelle. C’est même une très vieille méthode pour chercher à décrédibiliser un mouvement social. On les a vu é l’œuvre lors de la manifestation du 1er mai. Cela impliquait une réaction. Hélas, les réactions immédiates de Jean-Luc Mélenchon, mettant en cause l’extrême-droite, ont été pathétiques[12]. C’est une réaction qui fait, au mieux, plus appel au réflexe qu’à l’intelligence…Il a, par la suite, corrigé le tir dans le Huffington Post[13]. Cependant, au-delà de ces manipulations, car le gouvernement et le Président ont de la politique une conception profondément manipulatoires, il y a bien ce retour de la violence comme force dominante dans la vie politique. Mais, il convient de bien l’identifier, et de ne pas confondre les méthodes qui relèvent de la tactique avec ce qui, en réalité, relève d’une véritable stratégie. Cette violence, ce n’est pas tant l’emploi disproportionné de la force à Notre-Dame des Landes, ou contre les occupations d’universités ; ce ne sont pas, non plus, les déprédations des centaines de casseurs lors de la manifestation du 1er mai ; non, cette violence, elle est bien plus diffuse, et elle se manifeste que ce soit dans les discours de criminalisation de toute opposition ou dans la volonté de contrôler toujours un peu plus l’expression de la presse indépendante (et on pense à la trop fameuse loi dite « anti fake-news » que prépare le gouvernement), ou encore dans les pratiques politiques visant – sous prétexte d’économies – à organiser un charcutage électoral massif lors de la réduction du nombre de députés et de sénateurs.

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Ce retour de la violence, c’est aussi tout ce qui s’exprime derrière cette arrogance inouïe d’un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches. Ce sont les licenciements massifs, permis par la réforme du Code du Travail. C’est aussi la suppression de « l’exit tax »[14], un impôt instauré par Nicolas Sarkozy, qui de fait passe pour un dangereux révolutionnaire, pour pénaliser les investissements purement spéculatifs et la fraude fiscale. Cette mesure prend alors – après de nombreuses autres mesures fiscales tout aussi injustes – une dimension emblématique.

Le blocage de l’Etat Fort

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Si l’on n’est pas affirmatif quant à l’existence de ce point de bascule, ce n’est pas tant du fait de la stratégie de violence du gouvernement. Cela tient à la structure institutionnelle du pouvoir en France, ce que l’on appelle « l’Etat Fort ». Ce dernier se caractérise par des mécanismes majoritaires permettant à des groupes minoritaires d’exercer le pouvoirce qui en soit n’est pas scandaleux car un pouvoir soumis à toutes les alliances comme dans un système proportionnel intégral se révèle aussi injustecombinés avec une structure du pouvoir qui l’isole autant que faire se peut de la société et lui permet de prendre des décisions par des dispositifs particuliers, comme les ordonnances. L’Etat Fort découle en réalité de la combinaison d’une règle électorale majoritaire ET de mécanismes concentrant alors le pouvoir dans le gouvernement issu de ce l’application de ces règles et lui permettant de s’affranchir, s’il le souhaite, de toute opposition. A la différence de ce qui peut se passer par exemple en Italie, une force minoritaire dans l’opinion, comme l’est LREM, peut exercer un pouvoir sans partage ni limites. Cet Etat Fort avait pour but d’isoler le pouvoir de la contestation sociale afin de donner au bloc dirigeant les mains libres pour prendre des mesures antisociales. Bien entendu, cet Etat Fort peut basculer si une force politique est capable d’acquérir la majorité absolue. Mais, cet Etat Fort se conjugue alors à des mécanismes de contrôle sur les principaux médias, mais aussi sur la justice, qui assurent au pouvoir en place sa domination de longue durée.

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Le mouvement social, dès lors, ne peut se contenter d’une simple convergence objective des luttes. Il faut que cette convergence trouve aussi son expression politique et puisse paralyser le pays, confrontant alors le gouvernement au choix d’utiliser des mesures extrêmes, qu’il serait en mal de justifier, ou d’écouter la contestation sociale. Pour l’instant, il confronte le mouvement social à un choix qui – lui – est insoluble : reconnaître sa défaite ou se lancer dans une surenchère sociale qui lasserait l’opinion et l’isolerait toujours plus. C’est là l’un des principaux problèmes auxquels se heurte le mouvement social, et c’est là qu’intervient le choix stratégique du gouvernement d’instrumentaliser la violence.

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A travers cette instrumentalisation, il cherche à rendre impossible la traduction politique de la contestation sociale, sachant que le cadre institutionnel dans lequel il opère lui garantit de pouvoir résister à cette contestation. C’est pourquoi le choix de la violence, et plus précisément de l’instrumentalisation de cette dernière n’est nullement anodin, ni même critiquable seulement à partir de critères moraux. Il s’agit en réalité d’un choix réfléchi et pensé, qui découle de la structure institutionnelle. En créant délibérément une situation qui peut mettre le mouvement politique susceptible de porter la traduction du mouvement social en porte-à-faux, il sait qu’il joue gagnant. Les intellectuels qui se gargarisent de la « convergence des luttes » et qui ne voient pas ce problème s’illusionnent et s’aveuglent. Le mouvement social ne vaincra pas par une addition des luttes, mais par la constitution de cette addition en une alternative politique susceptible de désarticuler politiquement et idéologiquement le bloc au pouvoir. On passerait alors de la crise sociale, qui dans l’Etat Fort n’est pas mortelle pour les dirigeants, à la crise de régime qui entraînerait la paralysie rapide des principales institutions et qui libèrerait policiers et soldats de leur indispensable loyauté non pas au pays mais à ses dirigeants. Cette crise de régime, parce qu’elle remettrait brutalement en cause la légitimité à exercer le pouvoir de ceux qui nous gouvernent inverserait les termes du choix. Dès lors, c’est lui qui apparaîtrait comme la cause des désordres, tant sociaux que politiques, et il ne pourrait mobiliser les forces de la loi car il serait devenu largement illégitime. En fait, et on le voit bien, tout tourne ici autour de la question de la légitimité du pouvoir.

La force du populisme

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Mais, la constitution d’une alternative politique ne peut se faire que dans un cadre large, visant délibérément à conquérir la majorité et donc sortant du cadre traditionnel de l’affrontement gauche/droite, et non dans un cadre fermé sur lui-même. C’est là que la stratégie politique populiste s’impose et c’est ce qui la justifie. Le populisme, c’est la capacité à construire une solution politique qui unisse les Français et qui, par contrecoup, présente ses adversaires comme des « non-Français » ou des agents de l’étranger. Un exemple nous en est fourni, très paradoxalement mais anticipant ce que fut dans les faits la Résistance, par le discours du 17 avril 1936 de Maurice Thorez, alors secrétaire du PCF. Ce discours est passé à la postérité à cause de la « main tendue » aux catholiques. Mais cette vision est réductrice. La main tendue va bien plus loin, que l’on en juge : « Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu parce que tu es un fils de notre peuple que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux comme nous éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe. [15]» Ce discours, par ailleurs, ne se limite pas à cela. Il fait appel à une vision politique (et littéraire) de l’identité française. Au début de son discours, Maurice Thorez, pour stigmatiser les « 200 familles » qui contrôlaient la Banque de France fait cette référence à Anatole France : « Dans un de ses chefs-d’œuvre « L’île des Pingouins » Anatole France observe ironiquement : “Après s’être soustraite à l’autorité des rois et des empereurs, après avoir proclamé trois fois sa liberté, la France s’est soumise à des compagnies financières qui disposent des richesses du pays et, par le
moyen d’une presse achetée, dirigent l’opinion. [16]” Puis, il ajoute : « La France depuis 130 ans a connu trois révolutions, elle a changé cinq fois de régime politique. A travers ces vicissitudes diverses, ces naufragés et ces bouleversements, seuls les maîtres du pouvoir financier sont demeurés immuables, incarnant la domination constante du capital. » L’idée de la continuité du corps politique représenté par la peuple est ici évidente.

C’est donc dans cette stratégie qu’il faut à tout prix s’inscrire et non dans on ne sait quelle stratégie d’union des gauches. Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé sur ce point dans l’interview qu’il a donné à la revue Le Vent se lève il y a de cela seulement quelques jours[17]. Il doit impérativement prendre des initiatives qui concrétiseront cette stratégie et – pourquoi pas – prononcer à son tour, au parlement ou dans la rue, un discours qui fasse écho à celui de Maurice Thorez par sa capacité de rassembler politiquement contre un adversaire commun.

La question de la violence

Il n’en restera pas moins que la question de la violence se pose. Et cette question n’est pas à traiter à la légère.

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La violence appelle la violence. Bien entendu, nos marquises et nos marquis poudrés et enrubannés ont des vapeurs et défaillent à la vue d’une banderole au texte un peu brutal, ou d’un pantin symboliquement pendu. Leurs glapissements couvrent les pages et les ondes de la presse aux ordres. Mais, d’autres violences se préparent. L’un des enjeux pour la France Insoumise, et un enjeu majeur, décisif tant pour l’avenir du mouvement que pour celui de la France Insoumise, sera de les contrôler, de les maîtriser, de faire en sorte que jamais on ne cède à la dangereuse illusion de croire que la violence puisse être une réponse politique globale, que jamais on ne tombe dans le piège d’une fascination pour la violence, ce piège dans lequel se complaisent justement les Blacks Blocs, ces petits (ou grands) bourgeois qui se donnent le frisson de l’illégalité sans se rendre compte que leurs actes servent ceux qu’ils prétendent combattre..

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Il est clair, aujourd’hui, que les manifestations devront à l’avenir être protégées, à la fois contre les « casseurs », les divers provocateurs et les nervis à gages, mais aussi contre des forces de police que le gouvernement et le Président instrumentalisent tout autant que les soi-disant « Blacks Blocs ». De ce point de vue, il doit être clair que l’ennemi est au Ministère de l’Intérieur, voire plus haut. Ce n’est pas le fonctionnaire de police, un fonctionnaire qui – comme beaucoup – ressent ce que lui coûte cette instrumentalisation, ressent ce que lui coûtent les politiques que sa loyauté envers un pouvoir légitime lui imposent de défendre. De ce point de vue, l’objectif n’est pas, ainsi que le disent les décérébrés qui taguent les murs des université de « casser du flic », mais d’obtenir leur ralliement, tout comme se rallièrent au mouvement des viticulteurs[18] les fameux soldats du 17ème de Ligne[19]. Pour cela, il faudra combattre toute une culture infantile et gauchiste qui reste très présente, hélas, dans le mouvement social.

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Il est aussi clair qu’il faudra s’unir pour affirmer la défense de la liberté d’opinion et la liberté de presse et ce sans aucune exclusive, cette fois contre les menées liberticides du gouvernement et contre d’autres nervis à gages qui sévissent parfois dans des salles de rédaction et qui rédigent leurs textes avec l’équivalent intellectuel des pieds-de-biche et des barres de fer. Sur cette question, aussi, mettre des exclusives, ne pas chercher à faire l’unité la plus large serait une erreur tragique. Enfin, il faudra aussi s’unir pour défendre notre pays que ce gouvernement et ce Président vendent à l’encan.

Mais, la violence dont le mouvement social devra faire preuve se doit d’être avant tout défensive.

L’enjeu de la stratégie

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L’articulation d’une expression publique pacifique et d’une violence politique défensive est incontestablement un défi, il faut en avoir pleinement conscience, pour tout mouvement politique. Donne-t-il la priorité à la première et il se met dans une position d’extrême vulnérabilité face à ses adversaires. Non seulement il accepte de voir son expression limitée dans les faits, mais – laissant ses sympathisants et ses militants sans défense contre les menées violentes de l’ennemi – il désarme politiquement ses propres forces et conduit au découragement. Met- il trop l’accent sur la seconde, et il prend le risque de se voir dénoncé pour menées factieuses par ses adversaires, leur offrant aussi de nouvelles possibilités d’engager de nouvelles violences, cette fois ci judiciaires, à son encontre.

L’intégration d’une violence défensive et sa maîtrise rigoureuse à un projet politique implique une stratégie globale qui ne soit pas moins rigoureuse. Le plus grand risque que puisse courir le mouvement social, en ce moment précis, provient de que justement il se cherche une stratégie. La France Insoumise hésite entre une stratégie classique d’union de la gauche, qui est défendue par certains soit par calcul électoral mesquin soit par véritable conviction, et une stratégie véritablement populiste. On a vu, plus haut, que Jean-Luc Mélenchon penchait pour cette dernière. C’est un point important mais un point nullement suffisant.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur ce sujet[20]. La stratégie d’union de la gauche correspondait à un contexte précis. Elle est aujourd’hui irrémédiablement dépassée et elle enferme la FI dans une impasse. Plus vite le choix pour une véritable stratégie populiste sera pris, plus vite le mouvement social pourra se doter d’une véritable doctrine de violence défensive, et en tirer une définition tant des ennemis réels (et non imaginaires) que des tactiques permettant de gérer le niveau de violence.

 

Notes

[1] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/greve-a-air-france/referendum-coup-de-tonnerre-a-air-france_2737383.html

[2] http://www.leparisien.fr/politique/contre-macron-la-fete-et-la-colere-05-05-2018-7700433.php

[3] Voir http://occurrence.fr

[4] https://www.bva-group.com/sondages/an-apres-lelection-demmanuel-macron-bilan-tirer-de-cette-premiere-annee-de-quinquennat/

[5] https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/quatre-chiffres-qui-montrent-que-l-election-d-emmanuel-macron-n-est-pas-si-ecrasante_2

[6] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/05/04/01002-20180504ARTFIG00253-sondage-six-francais-sur-dix-ne-veulent-pas-qu-emmanuel-macron-se-represente-en-2022.php

[7] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/sncf-pour-l-unsa-le-compte-n-y-est-pas-apres-la-reunion-avec-edouard-philippe_2741279.html et https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/direct-greve-a-la-sncf-edouard-philippe-recoit-les-cheminots-sans-intention-de-toucher-a-sa-reforme_2740877.html

[8] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/greve-a-air-france/air-france-bruno-le-maire-est-totalement-hors-sujet-pour-le-syndicat-de-pilotes-spaf_2741175.html

[9] https://www.20minutes.fr/high-tech/2266591-20180505-marlene-schiappa-donne-lecon-grammaire-insoumis-fait-reprendre-linguiste

[10] https://actu.orange.fr/politique/videos/fete-a-macron-melenchon-salue-la-victoire-des-salaries-d-air-france-lors-du-referendum-VID0000002BDlk.html

[11] https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/03/macron-et-melenchon-sinvectivent-a-17-000-kilometres-lun-de-lautre_a_23425950/?utm_hp_ref=fr-1er-mai

[12] https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/violences-a-la-manifestation-du-1er-mai-melenchon-reconnait-avoir-accuse-l-extreme-droite-a-tort_2733249.html

[13] https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/04/jean-luc-melenchon-je-ne-cautionne-pas-les-violences-je-les-combats-interview_a_23426862/

[14] https://www.marianne.net/economie/suppression-de-l-exit-tax-emmanuel-macron-offre-800-millions-d-euros-aux-ultra-riches

[15] http://sexprimerpourexister.eklablog.com/discours-de-maurice-thorez-du-17-avril-1936-a47391116

[16] Idem

[17] http://lvsl.fr/peuple-revolutionnaire-diner-gala-jean-luc-melenchon

[18] Qui, suivant Jaurès, « préparaient dans les cuves de la République le vin de la révolution sociale » [Dins la tina de la Republica, preparatz lo vin de la Revolucion sociala !] http://gardaremlaterra.free.fr/article.php3?id_article=61

[19] Ralliement immortalisé par la chanson « Gloire au 17ème », https://www.youtube.com/watch?v=jh0blLPg3z0 Mémoire de la chanson, 1100 chansons du Moyen Âge à 1919 réunies par Martin Pénet, éditions Omnibus, 1998 – Imprimé par Normandie Roto Impression s.A. 61250 Lonrai, France – n° d’impression 982703. p. 1049

[20] https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-y-a-t-il-une-alternative-a-la-strategie-populiste-par-jacques-sapir/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-mouvement-social-etat-fort-et-renversement-du-rapport-des-forces-par-jacques-sapir/

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Une bonne partie de cette analyse stratégique me semble invalidée par le fait que Sapir fait comme si le pouvoir actuel était souverain, au- delà de la question de sa légitimité. A l'image de la France Insoumise, comme de l'essentiel des protagonistes du "mouvement social", la désignation de Macron et de son gouvernement, voire des institutions de la République comme "l'ennemi à abattre" , sans aucune mention des véritables donneurs d'ordre, est une stratégie délibérément perdante, à moins que l'objectif réel ne soit de simplement changer d'équipe gouvernementale...    P.G.

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Esclavage : une mémoire mal orientée

TRIBUNE LIBRE /

ARG ESCLAVAGE POLEMIQUE

Est-il opportun d'installer au cœur de Paris une « Fondation pour la mémoire de l’esclavage » ? se demande notre chroniqueur Alban Dignat...

170 ans après son abolition, l’esclavage revient en France au cœur des enjeux mémoriels. Le phénomène est corrélé à l'augmentation rapide du nombre de résidents originaires d’Afrique subsaharienne et à la montée des revendications racialistes. 

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Tout a commencé en 2001 avec la loi Taubira qui a fait de la traite européenne (et elle seule) un crime contre l’humanité. Le 10 mai, anniversaire de cette loi, est devenu une Journée des « Mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions ».

Le 27 avril 2018, anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le président Macron a aussi annoncé la création d’une « Fondation pour la mémoire de l’esclavage ». Son siège devrait être installé au cœur de Paris, dans le superbe hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde, où fut signé le décret d’abolition.

Le choix de cet endroit au cœur de la France paraît malvenu car, s’il y a un territoire dans le monde qui a été épargné par l’esclavage au cours du dernier millénaire, c’est bien l’Europe occidentale !

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Une réalité quasi-universelle

Une série documentaire diffusée le 1er mai 2018 sur Arte rappelle que l’esclavage était une institution très répandue sous l’Antiquité à de rares exceptions près (Ancien Empire égyptien, Crète, Étrurie). Il était avant tout la conséquence des guerres, les captifs ayant vocation à servir leurs maîtres.

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En Afrique subsaharienne, du fait de l’abondance des terres et de la rareté des hommes, c’était le nombre d’esclaves et de femmes (polygamie) qui déterminait le rang social de chacun, au contraire de l’Europe ou de l’Extrême-Orient, où la richesse se mesurait à la possession de terres.  Dès avant notre ère, l’esclavage est donc devenu un élément central des sociétés subsahariennes (*).

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Quand les Arabes musulmans sont entrés en relations avec les chefs africains au VIIIe siècle, ceux-ci n’ont trouvé à leur vendre que des esclaves (et de l’or). Et peu à peu, dans le monde musulman, l’esclave s’est confondu avec le Noir, les mêmes termes désignant en arabe l’un et l’autre. Ainsi est né le racisme avec même une justification religieuse, la « malédiction de Cham ».

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Au XVe siècle, des négociants espagnols et portugais achetèrent des esclaves au Maghreb et introduisirent l’économie de plantation au sud de la péninsule ibérique puis dans les terres tropicales du Nouveau Monde, sans se soucier des interdictions pontificales.

La traite atlantique prit de l’ampleur au Siècle des Lumières, le mal-nommé. Elle a été rendue possible parce que, sur les côtes du golfe de Guinée, des chefs africains se montraient désireux de vendre leurs propres esclaves aux navires de passage. Cela relevait pour eux d’un commerce ordinaire, grâce auquel ils pouvaient s'approvisionner en biens manufacturés et en armes.

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Dans les colonies hispaniques, encore imprégnées d’esprit médiéval, les esclaves étaient assimilés aux anciens serfs ; les préjugés raciaux étaient limités et les métissages fréquents. Dans les colonies françaises et anglaises, d’esprit plus moderne, l’esclavage avait un caractère plus formaliste. Il était ressenti comme une aberration morale et néanmoins pratiqué parce qu’il apportait du confort à bon compte (un peu comme aujourd’hui nous persistons à brûler du pétrole pour notre agrément, tout en ayant clairement conscience de détruire la planète).

La morale est sauve, peut-on dire, puisque toutes les régions qui ont pratiqué (ou pratiquent encore) l’esclavage figurent parmi les plus pauvres de leur catégorie. Du sud des États-Unis aux Indes en passant par l’Amérique tropicale, l’Afrique et le Moyen-Orient, l’asservissement des hommes n’a jamais produit d’enrichissement durable. L’esclavage a pu être un mode d’enrichissement spéculatif. Il n’a jamais été un facteur de progrès.

Une annonce clientéliste

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Au vu de ce rappel historique et en regard de la situation actuelle, avec une résurgence de l’esclavage en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient et aux Indes (esclavage pour dettes, ventes d'enfants, capture de migrants), on peut se demander s'il est bien nécessaire de créer en France une fondation mémorielle et si l’hôtel de la Marine est le lieu le plus approprié pour celle-ci.

Mais ne s’agirait-il pas de persuader les Français de leur responsabilité dans un fléau auquel la majorité d’entre eux n’ont jamais pris la moindre part, pas plus que leurs ancêtres jusqu’à la trentième génération ?

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Destinée à satisfaire quelques associations racialistes, dans une approche clientéliste, l'annonce du président Macron est de nature à aggraver un peu plus les fractures au sein de la nation française. 

Alban Dignat
https://www.herodote.net/Esclavage_une_memoire_mal_orientee-article-1723.php

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