mardi 8 mai 2018

8 mai 1945 Fin de la guerre en Europe: version enrichie par un lecteur adhérent

HIST 8MAI45

La Seconde Guerre mondiale se termine officiellement en Europe le 8 mai 1945, à 23h01 (heure allemande), au lendemain de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, signée le 7 mai à Reims.

Elle laisse un bilan sans équivalent dans l'Histoire avec plus de cinquante millions de morts militaires et majoritairement civils (400.000 Américains, autant de Britanniques, 600.000 Français, huit millions d'Allemands, dix à vingt millions de Soviétiques etc).

Capitulation du IIIe Reich à Berlin : les plénipotentiaires allemands (le général Hans Juergen Stumpff, commandant en chef de la Luftwaffe, le maréchal Wilhelm Keitel, chef d'état-major de la Wehrmacht, l'amiral Hans Georg Von Friedebourg, Kriegsmarine, source : ECPAD)

Défaite totale de l'Allemagne nazie

Le tournant de la guerre s'est produit lors de la bataille d'El-Alamein, en octobre 1942*.

À partir de cette date, les armées allemandes subissent défaite sur défaite et reculent sur tous les fronts. En février 1945, Dresde est écrasée sous les bombes. La jonction des troupes soviétiques et anglo-américaines a lieu le 25 avril 1945 au milieu de l'Allemagne, sur l'Elbe.

Le 30 avril, le suicide de Hitler, terré dans son bunker de Berlin avec son dernier carré de fidèles, sonne le glas des espoirs allemands.

Il revient à son successeur, l'amiral Dönitz, de demander la cessation des combats aux puissances alliées. Celui-ci envoie le général Alfred Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht, à Reims, au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower.

Signature de la capitulation à Reims (7 mai)

Capitulation du IIIe Reich à Reims : on voit de dos le général Alfred JodlLe général Alfred Jodl signe dans la nuit du 6 au 7 mai, à 2h41 du matin, la capitulation sans condition de l'Allemagne. Quelques mois plus tard, il sera condamné à mort par le Tribunal de Nuremberg pour avoir contresigné des ordres d'exécution d'otages ou de prisonniers.

Le chef d'état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov signent l'acte de capitulation au nom des vainqueurs. Le général français François Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle, est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin.

La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01.

Ratification de la capitulation à Berlin (8 mai)

Pour Staline, il ne suffit pas que la capitulation ait été signée à Reims, dans la zone occupée par les Anglo-Saxons. Il faut aussi qu'elle soit ratifiée à Berlin, au coeur du IIIe Reich, et accessoirement dans la zone d'occupation soviétique.

Bien que la France se fût officiellement retirée de la guerre avec l'armistice du 22 juin 1940, le gouvernement du général de Gaulle obtient de Staline de se faire représenter par le chef de la 1ère armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny.

Cette formalité se tient au quartier général des forces soviétiques, sous la présidence du maréchal Gueorgui Joukov. Après que le maréchal Wilhelm Keitel, chef d'état-major de la Wehrmacht, a signé les protocoles de la capitulation, la délégation allemande est poussée vers la sortie et les vainqueurs donnent libre cours à leur joie dans un banquet qui se prolonge jusqu'au matin.

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NB : la ratification de la capitulation à Berlin ayant été enregistrée en URSS le lendemain, à 00h01 (heure de Moscou), c'est le 9 mai que, depuis lors, Soviétiques et Russes commémorent leur victoire dans la « Grande Guerre patriotique ».

La capitulation n'est pas la paix

Les chefs d'État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle des hostilités en Europe.

Mais malgré la capitulation de l'Allemagne nazie, son allié le Japon poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique. Il faudra les deux explosions atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, pour le contraindre à capituler, près de quatre mois après l'Allemagne.

https://www.herodote.net/8_mai_1945-evenement-19450507.php

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Commentaire reçu ce jour:

Je pense que dans votre résumé, vous commettez une erreur en disant que le tournant de la guerre à lieu avec la bataille d'El Alamein: pendant quelque temps les troupes allemandes vont encore progresser. Le tournant aura lieu avec la bataille de Stalingrad: à partir de ce moment les Allemands ne vont que se replier. On peut dire que les trois coups qui annoncent la défaite du Reich sont la bataille de Moscou ( les officiels français savent depuis juillet 1941 que l'Allemagne a perdu la guerre voir la conférence d'Annie Lacroix-Riz), la bataille d'El Alamein (n'oublions pas que l'Allemagne n'a engagé qu'un corps d'armée dans la guerre en Afrique), et la bataille de Stalingrad. La guerre a été gagnée sur le front soviétique,  qui en a payé le prix fort.  Les résistants, et une bonne partie de la population française ne s'y sont pas trompés qui attendaient la libération par l'est, et qui, de suite après la guerre, considéraient que la victoire avait été apportée par l'URSS. La guerre froide est passée par là pour nous faire croire que les Américains nous ont délivrés.

    Je ne me souviens plus très bien, mais le général De Lattre de Tassigny n'est-il pas signataire comme allié, et non comme témoin à Berlin ( je me rappelle par contre de la réflexion désappointée de Keitel lorsqu'il a vu qu'un français participait à la cérémonie)

    Merci pour votre site, et bon courage.

Merci à Bernard (UPR 31) pour cette rectification!    P.G.

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Fête de l'Europe: action régionale le 9 mai! (rappel)

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Comme déjà annoncé, la prochaine action militante régionale aura lieu
le mercredi 9 mai à Brive la Gaillarde, à partir de midi, rendez- vous place de la Guierle.
La délégation de Creuse fournira la table d'information et les tracts, la délégation de Haute- Vienne ses panneaux PLV et la délégation de Corrèze le gros des troupes qui aura procédé à un affichage ciblé la veille. Nous procéderons à une distribution de tracts pour célébrer à notre manière la "fête de l'Europe" avec une exposition argumentaire incitant, nous l'espérons, à des échanges fructueux avec la population.

Merci d'avance pour votre participation.

Philippe Gombert, délégué régional.

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Iran-Occident : vers un nouveau rendez-vous manqué ?

Une nouvelle fois, Washington menace d'enflammer le Moyen-Orient en reniant son engagement dans les accords de Genève laborieusement conclus en 2013...

HIST IRAN US MOSSADEGH

Depuis le « Grand Jeu » et la découverte du pétrole au début du XXe siècle, l'Iran (ou Perse) fait l'objet d'un partage d'influence entre les Anglo-Saxons et les Russes, au détriment des Iraniens eux-mêmes. Ceux-ci l'ont éprouvé avec le renversement du Premier ministre réformiste Mossadegh par la CIA en 1953. 

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Les relations entre les États-Unis et l’Iran se sont tendues après la révolution islamique de 1979. Washington n'a pas craint de soutenir l'agression de Saddam Hussein contre son voisin, lequel n'avait alors comme allié qu'Israël ! La tension est remontée en 2002 lorsque l'Iran a été accusé de développer son programme nucléaire à des fins militaires et non pas seulement civiles, en violation du traité de non-prolifération nucléaire de 1968 qu'il avait signé.

Les accords de Genève ont laissé espérer un retour du pays dans le concert des nations, Téhéran s'engageant à ne plus développer le nucléaire pour un usage autre que civil et Washington à lever les sanctions économiques.

Mais en accusant l'Iran de ne pas respecter les accords, sans préciser sur quels points exactement, le président Donald Trump menace de retirer la signature des États-Unis. Il doit rendre sa décision d'ici le 12 mai 2018. L’Iran a officiellement répondu qu’il n’accepterait aucune modification du traité. Les Européens, de leur côté, souhaiteraient préserver l’accord, et même, selon le président Macron, « préparer une négociation plus large ». Allons-nous vers un nouveau rendez-vous manqué de l'Iran avec l'Occident ? Une nouvelle catastrophe n'est plus à exclure.

Avec 80 millions d'habitants et un rayonnement sur tout l'arc chiite qui va du Liban aux marges du Pakistan, en passant par la Syrie, l'Irak et Bahrein, l'Iran est un acteur incontournable du Moyen-Orient et, depuis mille ans, un rival de la Turquie et des Arabes sunnites.

Mais depuis le « pacte qu Quincy »  conclu par Roosevelt et Ibn Séoud en 1945 (armes contre pétrole), Washington a fait le choix de soutenir vaille que vaille ces derniers. Un choix aberrant d'un point de vue géopolitique... et moral. 

L'Arabie séoudite est l'un des États les plus archaïques de la planète. Elle finance généreusement depuis quarante ans les mouvements islamistes et le terrorisme. Elle s'est engagée dans une guerre d'agression contre le Yémen voisin, loin des caméras occidentales mais avec des armes fournies par les Européens (avions français, chars allemands).

À l'opposé, l'Iran, en dépit de la poussée de fièvre islamiste de 1978-1979, se présente comme la société la plus « moderne » du Moyen-Orient, Turquie comprise au regard de tous les indicateurs pertinents : éducation, statut des femmes, indice de fécondité, rapport à la laïcité...

Au vu de ses choix contre nature, la « diplomatie » de Washington demeure un mystère insondable*.

André Larané et Soline Schweisguth
https://www.herodote.net/Iran_Occident_vers_un_nouveau_rendez_vous_manque_-article-1724.php

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*C'est nettement moins un mystère si on inclut dans la réflexion un autre allié des Etats- Unis dans la région: Israël, et si on replace le début de cette affaire (le renversement de Mossadegh) dans le contexte géopolitique de l'époque (guerre froide):

19 août 1953

Renversement de Mossadegh en Iran

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Le 19 août 1953, le Premier ministre du chah d'Iran, Mohammad Mossadegh (73 ans), est démis de ses fonctions sous la pression des Britanniques. Ces derniers l'accusent d'être à la solde des Soviétiques.

Ils lui reprochent surtout d'avoir nationalisé les gisements pétroliers d'Iran et exproprié la puissante compagnie pétrolière Anglo-Iranian OilCompany. Celle-ci avait été fondée en 1908 par William d'Arcy, suite à l'obtention d'une concession pétrolière en Perse en 1901. Il faudra attendre vingt ans avant qu'un autre pays ose nationaliser son pétrole. Ce sera l'Algérie...

L'enjeu pétrolier

Nationaliste farouche, Mossadegh arrive à la tête du gouvernement en avril 1951 avec la ferme intention de chasser les compagnies étrangères.

Il rejette une offre de l'Anglo-Iranian Oil Company de partager par moitié les profits tirés de l'exploitation du pétrole et, dès le 1er mai 1951, fait voter la nationalisation des puits iraniens et l'expropriation de l'Anglo-Iranian.

Il expulse dans la foulée les techniciens britanniques. Mais son pays manque cruellement de cadres qui pourraient les remplacer et n'a pas de pétroliers pour transporter le pétrole. Qui plus est, le Royaume-Uni menace en représailles de saisir les «bateaux pirates» transportant du «pétrole rouge».

Pour ne rien arranger, des experts français révèlent alors les colossales malversations de l'Anglo-Iranian : corruption massive, dissimulation de recettes....

Mossadegh rompt en octobre 1952 les relations diplomatiques avec Londres. La réaction internationale est immédiate : les marchés se ferment au pétrole iranien, occasionnant une grave crise dans le pays et un conflit aigu entre le Premier ministre et le souverain, Mohammed Réza chah Pahlévi (33 ans).

Un an de luttes à couteaux tirés

Mossadegh doit démissionner du poste de Premier ministre sous la menace d'un coup d'État militaire mais le peuple s'insurge en sa faveur et il reprend ses fonctions au bout de quatre jours d'émeutes sanglantes ! La confiance n'est pas pour autant restaurée entre le souverain et son Premier ministre. Un projet d'assassinat de celui-ci, conduit par le chah, des militaires et des ministres, échoue en mars 1953.

En août 1953, suite à un référendum qui donne quitus au gouvernement pour poursuivre les réformes, Mossadegh dissout le Majlis (le Parlement iranien) et annonce de nouvelles élections.

Mais le 16 août 1953, Mohammed Réza chah envoie ses gardes au domicile de son Premier ministre pour l'arrêter. Surprise ! les gardes de Mossadegh désarment ceux du roi... et ce dernier doit fuir son pays pour l'Italie dans la précipitation. Dans les deux jours qui suivent, les habitants de Téhéran manifestent bruyamment leur joie et déboulonnent les statues du chah et de son père, Réza chah Pahlévi (on écrit aussi Pahlavi), le fondateur de la dynastie.

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Le chah déchu peut heureusement faire confiance aux services secrets occidentaux. La CIA américaine, dirigée par Allan Dulles, et le MI6 britannique apportent leur soutien au général Fazlollah Zahedi qui organise le 19 août un coup d'État dans les règles.

La résidence de Mossadegh est bombardée et le Premier ministre ne doit son salut qu'à une fuite par une échelle.

Le chah peut bientôt revenir et faire juger Mossadegh. Celui-ci est condamné à mort mais n'effectuera au final que trois ans de prison.

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L'Anglo-Iranian Oil Company retrouve ses biens, en changeant son nom pour celui de British Petroleum (BP), et tout rentre dans l'ordre ! Tout ou presque. Les compagnies américaines, autour de la puissante Standard Oil, profite de l'affaire pour faire leur entrée sur le marché iranien.

L'éviction de Mossadegh consacre l'échec de la première tentative d'un pays du tiers monde d'acquérir la maîtrise de ses richesses naturelles. L'événement a nourri de profonds ressentiments chez les Iraniens jusqu'à la révolution islamiste de 1978-1979.

https://www.herodote.net/19_aout_1953-evenement-19530819.php

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Les indiscrétions de la semaine en Limousin et Nouvelle-Aquitaine

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Des indiscrétions très révélatrices cette semaine !
Tout d'abord, la mayonnaise de la fusion forcée des régions (ou plutôt de l'absorption de régions par une autre) ne prend toujours pas, et le titre et le premier sujet en sont une excellente illustration.
Ensuite, un sujet qui nous montre l'incohérence de ce gouvernement ! Le 20 mars dernier, Macron a présenté sa stratégie pour promouvoir le français, tout en dérogeant aux règles en vigueur, à savoir qu'un président français parle français lorsqu'il est à l'étranger. Et bien son député, qui prend de plus en plus la grosse tête, nous "pond" une plateforme appelée Fluicity et par là-même, il viole la Loi Toubon "
Dans la désignation, l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de la langue française est obligatoire."
Qui n'avait pas compris que les visites de Macron à Oradour-sur-Glane n'étaient que manipulations électoralistes ?
Qui n'avait pas compris que nos élus ne sont que des grands enfants qui s'amusent pendant les heures de travail ?
Un renouvellement de la classe politique (mais un vrai cette fois) s'impose !  S.R. 

ACT LIMOUSIN 7MAI18

Chaque dimanche, retrouvez les indiscrétions de la semaine en Limousin et Nouvelle-Aquitaine. Petit florilège pour la semaine du 30 avril au 6 mai.

Pauvre Limousin

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Nous vous avons présenté dans notre édition du 2 mai la dernière campagne de promotion de la Région Nouvelle-Aquitaine d’un coût de 500.000 €. Parmi les outils déployés, un site internet, http://espritnouvellevague.fr. Problème : dans ce dernier, il est question du Plateau DES Millevaches, alors que tout bon Limousin qui se respecte sait que l’on dit Plateau DE Millevaches. Autant dire que les technocrates bordelais qui veulent vanter une région qu’ils ne connaissent pas ont encore du boulot pour savoir de quoi ils parlent…

Démocratie participative

Le député de la deuxième circonscription de la Haute-Vienne, Jean-Baptiste Djebbari a mis à disposition des citoyens de sa circonscription une plateforme numérique de démocratie participative appelée Fluicity. Cette plateforme a pour ambition de permettre à tout un chacun de construire des politiques publiques, de participer à des projets et/ou de proposer des idées. Pour l’heure, le démarrage est plutôt timide. Un projet a donné lieu à quelques échanges : le transport occasionnel à la demande en zone rurale.

Macron et Oradour

L’an dernier, alors qu’il était à l’Elysée depuis un mois, Emmanuel Macron était venu deux jours en Haute-Vienne, notamment pour assister à la cérémonie de commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane. Une grande cérémonie qui laissait penser à quelques-uns que le Président de la République pourrait choisir de revenir tous les ans ici, comme le fit François Hollande à Tulle, durant sa présidence, pour la cérémonie des victimes du nazisme. Mais il semblerait que l’actuel président ne serait pas annoncé au village-martyr le 10 juin prochain. Ce serait plutôt, selon nos sources, la Secrétaire d’État aux anciens combattants, Geneviève Darrieussecq qui ferait le déplacement.

Le Medef interpellé

ASSEMBLEE EUROPE

Une centaine de députés de La République en marche ont publié cette semaine une tribune dans le journal Les Échos dans laquelle ils interpellent le Medef. En substance, ils demandent aux dirigeants du syndicat patronal s’ils sont prêts « à rompre avec des positions défensives héritées d’un passé où l’entreprise était l’adversaire de la politique, mais que rien ne justifie plus ? » Parmi les parlementaires de la majorité signataires de ce texte, se trouvent les trois députés de la Haute-Vienne, Sophie Beaudouin-Hubière, Marie-Ange Magne et Jean-Baptiste Djebbari.

Quid de l’alarme de « saint-Ex » ?

Selon des personnels du lycée professionnel Saint-Exupéry (Limoges), l’alarme de l’établissement ne se serait pas déclenchée comme elle aurait dû lors du grave incident qui s’est produit le 28 avril dernier (*). Rien à voir avec un problème technique. Le système aurait tout simplement été désactivé plusieurs jours auparavant, afin d’éviter à des groupes d’élèves de le déclencher volontairement sans raison… ce qui semble être devenu une habitude dans ce lycée à l’ambiance particulièrement dégradée

(*) Dans le cadre d’un différend entre élèves, un jeune s’est introduit muni d’une arme factice, ce qui a donné lieu à plusieurs gardes à vue.

Goldorak

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La visite de Gérard Vandenbroucke au Nouveau Festival, le festival culturel destiné aux lycéens de la région et organisé par le Conseil régional, a été remarquée, jeudi à Feytiat. Notamment quand l’élu a pris place dans la voiture préparée par les jeunes apprentis en carrosserie du CFA du Moulin-Rabaud. Il faut dire que l’auto en question a de quoi attirer l’attention. Sept élèves ont en effet customisé une Renault Koléos en Goldorak, le manga japonais des années 1980. Gérard Vandenbroucke s’est-il pris pour Actarus, le jeune prince qui pilote Goldorak pour défendre la Terre contre les forces de Véga ? Mystère, il pourra toujours regoûter aux vols interplanétaires le 17 mai prochain à Cenon en Gironde où l’auto sera exposée pour la journée phare du Nouveau Festival.

Trotinette

Décidément, le président de Limoges Métropole, Gérard Vandenbroucke, aime l’innovation. Après avoir pris place dans la voiture Goldorak du Nouveau Festival à Feytiat, il a testé une trottinette électrique dans les allées de la Foire expo de Limoges, samedi matin. Un petit tour qui semble-t-il l‘a ravi alors qu’il avait abandonné le cortège officiel parti faire le tour des stands sous la présidence d’Emile-Roger Lombertie.

La science sous les projecteurs

Alexis Parenté, doctorant en biologie à l’université de Limoges, a eu les honneurs de l’émission de vulgarisation scientifique « La Tête au carré » sur France Inter, présentée par Mathieu Vidard, vendredi 4 mai. Comme les quinze autres finalistes du concours national « Ma thèse en 180 secondes », invités chaque semaine à s’exprimer sur les ondes de la radio, le jeune homme de 26 ans a pu exposer les travaux qu’il mène depuis trois ans sur les muscles à une large audience : près de 600.000 personnes en moyenne écoutent en effet ce programme. Une belle visibilité!

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POLT

Jean-Claude Sandrier, le président d’Urgence Polt, a rencontré le Premier ministre Edouard Philippe lors de la visite de ce dernier pendant trois jours dans le Cher. Il en a profité pour présenter au Premier ministre les propositions de l’association : « Le renouvellement des matériels roulants dans la période 2019-2022, par un matériel, adapté à une ligne de 712 km, devant être capable d’aller à 220 km/h, une des conditions pour mettre Limoges à 2h30 de Paris et gagner 45 minutes sur un Paris-Toulouse ; Un investissement complémentaire de 300 millions d’euros pour les infrastructures afin de permettre des gains de temps ; de revenir aux 14 allers-retours par jour comme cela était le cas il y a encore 2 ans, avec 2 allers-retours Paris-Limoges, sans arrêt, afin de compenser les effets de l’abandon de la LGV Poitiers-Limoges, ceci en maintenant la desserte fine de tous nos territoires ». Cela ne coûte rien de redemander…

Mélange 

La chaîne BFM Business a relayé l’action de 1.400 chefs d’entreprises de la Haute-Vienne lesquels se sont mobilisés sous la bannière « Unis pour entreprendre » afin de plaider pour une mise à 2x2 voies de la RN 147 entre Limoges et Poitiers. Sur son site internet, BFM Business a notamment repris les propos de l’un d’entre eux, recueillis par l’agence de presse Reuters : le dirigeant de la société Reviplast, basée à Couzeix et spécialisée dans la revalorisation des déchets plastiques. Sauf que Thierry Dufourcq s’est transformé en… Thierry Debourg, président du Medef de Haute-Vienne, et dirigeant d‘une agence de voyages. Un mic-mac qui ne change en revanche rien sur le souhait unanimement partagé de pouvoir relier un jour Limoges et Poitiers en moins de deux heures comme c’est le cas aujourd’hui… 

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/05/06/les-indiscretions-de-la-semaine-en-limousin-et-nouvelle-aquitaine_12839192.html

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Eugène Delacroix (1798 - 1763) L'Indomptable

HIST DELACROIX

Il aurait pu devenir l'homme d'un seul tableau, l'iconique Liberté guidant le peuple, présenté au public le 1er mai 1831. Mais Eugène Delacroix est beaucoup plus que cela...

Lui qui n'a vécu que par et pour la peinture a su tracer son chemin entre romantisme et orientalisme et ouvrir la voie à l'Art moderne. « La peinture me harcèle ! » disait-il. Nous allons voir qu'il ne pouvait mieux définir la toute-puissance de la force de création qui l'a toujours habité.

Eugène Delacroix, Tigre attaquant un cheval, 1826, Paris, musée du Louvre

Une jeunesse entre floréal et tragédies

Chez les Delacroix, l'arrivée du petit Eugène le 26 avril 1798 vient compléter une famille déjà comblée par la vie. Son père Charles Delacroix, ancien secrétaire de Turgot, incarne cette bourgeoisie qui prend le pouvoir en votant la mort de Louis XVI, avant de devenir ministre sous le Directoire puis préfet.

Cahier de thèmes et de versions latines, s. d., Paris, Musée national Eugène DelacroixLa mère est une femme du monde accomplie qui, à près de quarante ans, ne s'attendait certainement pas à cet heureux événement. Deux parcours singuliers !

Ajoutons à ce couple l'ombre du diable boiteux en la personne de Talleyrand, un proche (très proche !) de la famille... A-t-il pris la place de Charles, victime d'une tumeur empêchant toute procréation, dans le lit conjugal quelques mois avant l'arrivée d'Eugène ? Les experts en histoires d'alcôve en discutent encore.

Toujours est-il que c'est une famille heureuse qui passe de Marseille à Bordeaux où l'enfant grandit dans le raffinement des préfectures jusqu'à ce qu'en 1805 la mort prématurée du père vienne détruire cet enchantement. C'est le début d'un deuil sans fin : deux ans plus tard, c'est Henri, le frère aîné, qui est tué lors de la bataille de Friedland.

Le Rastignac de la peinture

En 1814, le sort frappe de nouveau avec la mort de la mère tant aimée, celle qui avait su donner à Eugène le goût des belles choses et des belles manières, forgeant sans le savoir un des dandys les plus célébrés de Paris.

Thales Fielding, Portrait d'Eugène Delacroix, 1824-1825, Paris, Musée national Eugène DelacroixOn doit désormais faire payer sa pension à Eugène qui souffre de devoir porter chemises usées et souliers abîmés alors qu'il ne rêve que d'acquérir un peu de gloire comme son frère Charles-Henri, soldat d'Empire et futur général.

Heureusement, à sa sortie du lycée en 1815, il peut compter sur deux talents pour décider de sa vocation future : la musique et le dessin.

Dès octobre, il s'inscrit dans l'atelier du néoclassique Pierre Narcisse Guérin. Il y rencontre Théodore Géricault qui, dit-on, lui demande de poser comme modèle pour un des cannibales mourants de son Radeau de la Méduse. Mais faire le cadavre ne nourrit pas. Après quelques œuvres de commande, l'apprenti artiste se lance donc dans un projet d'envergure censé lui apporter gloire et argent : réaliser une œuvre pour le prochain Salon de 1822.

Eugène Delacroix, La Barque de Dante, 1822, Paris, musée du Louvre

Embarquement pour la gloire

Ce 24 avril 1822, tout ce que la France compte d'amateurs et experts en Art se pressent au musée du Louvre pour assister à l'inauguration du Salon. Delacroix parvient à faire remarquer parmi 1378 tableaux son Dante et Virgile aux Enfers (rebaptisé La Barque de Dante) qu'il a peint en moins de trois mois.

Eugène Delacroix, Jeune orpheline au cimetière, vers 1824, Paris, musée du LouvreSi Adolphe Thiers, alors journaliste, y voit « la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de Rubens », d'autres peinent à y distinguer autre chose qu'une « tartouillade ». Qu'importe ! L'État lui achète l'œuvre 2000 francs, lui permettant de faire quelque peu face à la ruine qui touche la famille.

Encouragé par ce succès, il enchaîne avec un sujet contemporain puisqu'il s'agit des Scènes des massacres de Scio inspirées par la tragédie des 25 000 grecs exterminés par les Ottomans en 1822.

Il se place ainsi dans le grand mouvement de philhellénisme qui pousse les intellectuels européens à soutenir le peuple grec opprimé, auquel il dédiera en 1825 l'allégorique La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

Deux ans plus tard, il frappe un grand coup en proposant au Salon l'immense Mort de Sardanapale

Eugène Delacroix, Recherches pour l'esclave étendu sur la couche de Sardanapale et l'éthiopien, vers 1827, Paris, musée du Louvre

C'est un coup de maître ! Personne ne peut rester indifférent à ce déploiement de violence et de contrastes, de sensualité et de couleurs même si celles-ci, à la suite d'emploi de matériaux de mauvaise qualité, ont depuis un peu passé.

La liberté au bout du pinceau

Ces œuvres lui ont apporté la gloire et donc la liberté, il est même devenu le chef de file du romantisme ! On veut désormais du mouvement, du clair-obscur, de la dissonance ! Mais, loin de rejeter les classiques, Delacroix raffole de Raphaël, de Titien, de Poussin et refuse de les vouer aux gémonies sous prétexte de renouveler l'Art.

Quelques mois plus tard, voici l'arrivée fracassante dans le monde des Arts de La Liberté guidant le peuple (1831), scène de rue représentant les Trois Glorieuses qui viennent de mettre fin au règne de Charles X.

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (détail), 1831, Paris, musée du Louvre

Forcément séduit, son successeur Louis-Philippe s'empresse de faire entrer l'œuvre dans les collections du Musée royal après l'avoir fait acquérir par le ministère de l'Intérieur.

Eugène Delacroix, Jeune tigre jouant avec sa mère, 1831, Paris, musée du LouvreÀ côté de cette toile, les connaisseurs peuvent remarquer un Jeune tigre jouant avec sa mère.

Il annonce la série de tableaux que Delacroix, entraîné par son ami le sculpteur Louis Barye devant les cages du Muséum d'histoire naturelle, consacrera aux fauves et autres animaux en liberté, notamment sa grande passion, les chevaux.

Habité par cette sauvagerie qui fait exploser les couleurs et multiplier les mouvements, son pinceau s'est nourri des règles pour mieux s'en affranchir... La révolution picturale est en marche.

Le Maroc, l'escapade enchantée

Partir ! Et si c'était de l'autre côté de l'océan qu'il fallait fuir la morosité ?...

Depuis l'expédition en Égypte de Bonaparte, le beau monde rêve d'aller respirer les senteurs de l'Orient qui sont venues envahir les poésies de Victor Hugo (Les Orientales, 1829) et avant lui de Lord Byron (« La fiancée d'Abydos », 1813). Delacroix, grand admirateur de cet auteur qu'il a découvert lors de son voyage en Angleterre en 1825, ne pouvait échapper au mouvement.

Alors, en 1831, il profite d'une mission diplomatique pour aller voir de l'autre côté de la Méditerranée.

Entre Tanger, Meknès et Alger, il va pendant 6 mois se nourrir d'images sans réaliser un seul tableau. Sa production essentielle va consister en un très beau carnet de voyage illustré d'aquarelles qu'il remplit au fil de son périple. Il lui faudra revenir dans son atelier pour donner vie aux scènes qu'il a engrangées comme Le Combat du Giaour et Pacha (1835), les Noces juives au Maroc (1841) et les célèbres Femmes d'Alger (1833).

Sous le soleil il oublie les grandes compositions travaillées pendant des mois, il veut de l'instantané et de la fraîcheur. Cette parenthèse va renouveler son art et faire naître non seulement une soixantaine de tableaux au contenu « exotique », mais aussi un regard novateur sur la peinture.

Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement, détail, 1834, Paris, musée du Louvre

« Un cratère de volcan artistement caché par des bouquets de fleurs » (Baudelaire)

Tous ceux qui couraient les salons mondains dans le milieu du XIXe siècle auraient pu vous le dire : Delacroix était partout ! Dandy jusqu'au bout de la lavallière, il croise tout ce que le siècle propose de célébrités littéraires, à commencer par Hugo, Stendhal et Dumas.

Eugène Delacroix, Portrait de Frédéric Chopin, 1838, Paris, musée du LouvreLa rencontre avec George Sand était donc inévitable : véritable coup de foudre amical, cette relation lui permit de lier connaissance avec Frédéric Chopin dans lequel il reconnut son double. Avec « ce grand cher homme », il passa des journées merveilleuses à Nohant à discuter musique, son autre grande passion.

Enfin il pouvait se reposer de la frénésie parisienne dans laquelle il cherchait la reconnaissance mais, qu'au fond de lui, il abhorrait.

En fait il n’a jamais été plus serein que dans son ermitage de Champrosay (Essonne) où, loin des fastes de la capitale, il aima à se retirer à partir de 1858.

Finalement, c'est une fois de plus l'auteur des Fleurs du mal qui sut le définir avec le plus de discernement : « Eugène Delacroix était un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme, et enfin d’une espèce de bonté particulière et de tendresse modérée qui accompagne toujours le génie » (L'Œuvre et la vie d'Eugène, Baudelaire, 1863). Pour le peintre, il n'y avait qu'une règle pour accéder à ce génie : « Oser être soi-même ».

Eugène Delacroix, La Mer à Dieppe, 1852, Paris, musée du Louvre

La reconnaissance, enfin ! Ou presque…

C'est fait ! Delacroix vient de décrocher grâce à son ami Adolphe Thiers une première commande officielle, et pas des moindres : il s'agit de la décoration du Salon du Roi au Palais-Bourbon (1833-1838). Quel prestige ! Quelle promesse de renommée ! Les années difficiles semblent désormais bien terminées.

À lui de faire ses preuves, une fois de plus ! Et c'est un succès : il se sent dans son élément face à ces « grandes murailles à peindre », les critiques applaudissent, les commandes tombent : bibliothèque du palais du Luxembourg (1840-1851), galerie d'Apollon au Louvre (1850-1851), salon de la Paix à l'Hôtel de Ville (1852-1854, disparu dans l'incendie de 1871).

Mais cet agnostique qui considérait son travail comme une « prière quotidienne » poursuit avec le même enthousiasme une série de toiles religieuses.

Le combat de Jacob et l'ange, par Delacroix (La Poste)Ces deux tendances se rejoignent dans les compositions murales de la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice où il produit une étonnante Lutte de Jacob avec l'Ange (1855-1861) qui semble refléter les souffrances de cet artiste solitaire en lutte avec son Art et avec la société...

Et c'est seul, veillé par sa fidèle servante, qu'il meurt le 13 août 1863. L'hommage minimal qui lui est rendu par l'État choque ses admirateurs inconditionnels, à commencer par Baudelaire, Édouard Manet et Henri Fantin-Latour qui ne peuvent admettre les modestes obsèques qui lui ont été réservées et le silence des institutions et de la presse.

La revanche se présentera sous la forme d'une toile de Fantin-Latour regroupant, sous le portrait du maître, ses adorateurs, et portant ce titre-manifeste Hommage à Delacroix (1864).

Henri Fantin-Latour, Hommage à Delacroix, 1864, Paris, musée d'Orsay

Dans les années 1920, ce sont entre autres Paul Signac et Édouard Vuillard qui vont se mobiliser pour transformer sa dernière demeure, place Fürstenberg à Paris, en musée.

Celui que ses homologues considéraient comme « le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes » avait su se faire une place majeure dans l'histoire de l'Art, entre les peintres de la Renaissance et les impressionnistes et fauvistes, avec une définition de la peinture toute simple : « Le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil ! » (Journal).

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Eurométropolisation : le Grand Paris, pour qui et contre qui … ?

«Ce nouvel exemple d’expansion métropolitaine au service de l’attractivité et de la compétitivité porte en lui sa logique de dévastation sociale et écologique : spéculation foncière et immobilière, gentrification des quartiers populaires, élaboration de projets aberrants et nuisibles, partenariat public-privé, disparition des terres agricoles, etc. »

Jean-Pierre Garnier, « Le , dévastation métropolitaine », 20 février 2014

TL GRAND PARIS

Le Grand Paris est un projet global visant à transformer la Capitale et ses environs en une grande à l’américano-européenne, sous prétexte d’améliorer le cadre de vie des habitants et autres fadaises qu’on nous sert. Imaginé et promu par l’ancien président Nicolas Sarkozy en 2007 avec la consultation d’architectes internationaux pour développer une vision d’ensemble de l’aménagement francilien. La Loi du 3 juin 2010 institutionnalise réellement le projet.  Le projet est connu surtout par ses deux versants : le Grand Paris express et la Métropole dite du Grand Paris.

La loi sur le Grand Paris prévoit la mise en place de contrats de développement territoriaux, notamment sur l’aménagement d’une vingtaine de zones stratégiques en matière économique, urbaine et sociale, à l’instar du biocluster (1) de Sanofi à Vitry-sur-Seine. C’est ensuite la loi MAPTAM (2) qui va vraiment lancer le nouveau type d’intercommunalité fort du GP : la métropole.

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Parlons un peu de la politique du logement (3). Dernièrement, selon deux pointures de l’immobilier, Century 21 et Guy Hoquet, le prix des transactions immobilières pour Paris sont repartis à la hausse (5%) (4). Rappelons qu’en 2012, pour Paris intra-muros, 140 000 demandes de logements sociaux ont été faites et moins de 12 000 d’entre elles ont été satisfaites. Quand bien sûr certaines familles n’ont pas été obligées, tout simplement , de s’exiler en banlieue, comme le reconnaît le  « communiste » Ian Brossat, chargé de cette question, auprès de la mairie de Paris.

La loi sur le GP avait fixé un objectif de construction annuelle de 70000 logements supplémentaires. Seulement, une question nous taraude : pour qui ?

Essentiellement les jeunes diplômés, les cadres supérieurs et ingénieurs attirés par la métropole, ce que semble confirmer Century 21 et Guy Hoquet : 83,6 % des acheteurs parisiens sont soit cadres supérieurs ou personnes exerçant une profession libérale, soit cadres moyens. Cependant la proportion d’acquéreurs parmi les ouvriers et les employés tombe à 16, 4 % pour Paris (5). En effet, les divers projets coûteux aux architectures XXL encouragent la spéculation immobilière et foncière, ce qui entraîne aussi pour certaines villes de la petite couronne un processus d’embourgeoisement -ou de gentrification comme certains le disent – accompagnant les opérations de rénovation urbaine et réservant l’accès au plus proche de la Capitale aux aisés (6). Alors certes on nous rétorquera que des politiques sont mises en place pour éviter au moins le trop grand développement de ce phénomène en Petite couronne (7), mais le fait est là, les prix sont en hausse et ce phénomène commence déjà à s’instaurer. Et à la vue de la politique globale qui gouverne la France, si aucun coup d’arrêt n’est porté efficacement contre cette politique, les classes populaires vont se retrouver au fin fond de la région, dans des villes dortoirs, dont les populations pourront tout de même venir travailler sur Paris grâce au Grand Paris express.

Bref, la politique du logement actuelle trahit surtout une politique au profit d’une classe.

Mais des emplois, nous dira-t-on, vont être créés, donc de quoi vous plaignez-vous ? Oui, d’accord, mais lesquels ? On nous annonce (mais c’est fluctuant) la création de 250000 emplois d’ici 2030. Ces emplois ne seront pas pour les couches populaires sans qualification, mais plutôt des activités tertiaires, souvent aussi parasitaires que bien qualifiées. À titre d’exemple, prenons le quartier de la Défense, qui attire les sièges sociaux des grands groupes comme Saint-Gobain, Total ou RIE. Le groupe canadien CGI implanté là-bas annonce recruter 1300 collaborateurs, en l’espèce des consultants et des experts. Et ces collaborateurs font travailler promoteurs designers et services RH qui leur offrent tout le confort matériel qu’ils veulent dans leur espace de travail (8). Et cela va créer notamment du travail dans le domaine médical : en effet, les futurs salariés des entreprises de La Défense pourront dans leur espace aménagé travailler partout et tout le temps, même en pause, ce qui va créer forcément des situations de tensions, voir des risques de maladies psychiques. Or, Psya, un cabinet de conseil spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux a emménagé à la Grande arche (9) …

À côté de ça, toutes les méga-constructions et autres projets architecturaux vont détruire certains emplois, notamment tous les petits commerces existants, à l’instar du projet Europacity à Gonesse, de la destruction de zones agricoles à Rambouillet ou de l’urbanisation de l’espace boisé du bois Grignon à Orly.

Au final ce projet de Grand Paris montre la relation entre la concentration du capital et la concentration urbaine, qui attire tout à elle, les hommes et les richesses. Qui centralise toutes les décisions, pendant que tous les espaces aux alentours sont subordonnés.

(...)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/eurometropolisation-le-grand-paris-pour-qui-et-contre-qui/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)