lundi 30 avril 2018

«Macron risque d’être le troisième Président consécutif à ne faire qu'un mandat »

TRIBUNE LIBRE / Wolgang Streeck est un sociologue de l’économie allemand dont le livre Du temps acheté - la crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique, est désormais un classique. Il intervient parfois dans la presse française (Le Monde, Le Monde diplomatique, Le Débat), où il prend des positions iconoclastes, et plaide notamment pour la fin de la monnaie unique européenne. L'entretien ci-dessous a été réalisé et traduit par Jorge Gomes-Ferreira.

TL EURO MACRON MERKEL

Vous observez beaucoup l'Europe. Après la longue crise politique qui a eu lieu dans votre pays et a amené à la reconduction de la « Grande coalition », après les élections italiennes de mars dernier, où en sommes nous selon vous ?
Nous nous trouvons devant une impasse, devant un équilibre, non pas des forces, mais des faiblesses. Suite aux élections, l’Allemagne n’est plus en mesure de répondre aux attentes de ses partenaires en termes de « réformes », c’est-à-dire en termes de concessions matérielles : l’AfD et le FDP feront tout au Bundestag pour dénoncer ouvertement et avec fracas toute initiative qui irait au-delà du traité de Maastricht ou de ce que permet la Constitution allemande. En Italie, depuis la fin de Renzi, il n'est plus envisageable que le pays poursuive les réformes néo-libérales exigées d’elle jusqu’à maintenant.  Cela impliquerait que l’Italie puisse attendre de l’Allemagne un soutien économique en retour, qui ne soit pas que symbolique.

MACRON LESSIVE 1

En France, en l’absence de larges compromis de la part de l’Allemagne - que celle-ci ne peut concéder - Macron risque quant à lui d’être le troisième président consécutif à devoir tirer sa révérence après n’avoir effectué qu’un mandat. Du coup, son plus grand atout réside dans la peur qu’ont les autres, en particulier l’Allemagne, de ce qui pourrait advenir par la suite.
Bref, tout cela laisse présager une continuation du marasme des dernières années, dans un contexte de mécontentement toujours croissant des citoyens, de déliquescence progressive des institutions européennes et d’accroissement des déséquilibres économiques entre membres.
Dans une tribune dans Le Monde en 2015, vous expliquiez que nous devions abandonner l'euro. Êtes-vous toujours aussi opposé à cette monnaie et pourquoi, alors qu'a priori, l'Allemagne en est le principal bénéficiaire ?

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En effet, l’Allemagne est, aux côtés de quelques petits pays du Nord, la grande bénéficiaire de l’euro. Si les souverainetés nationales sont maintenues* (et soyons sérieux : aucun pays en Europe n’est prêt à abandonner sa souveraineté), une péréquation financière entre Etats ou  une politique régionale interétatique est impossible, ou alors uniquement de façon symbolique, c’est-à-dire économiquement sans effet. Or sans union politique, une union monétaire n’est pas tenable. Autrement dit: si ni l’Allemagne ne peut gouverner les autres pays  (ni ceux-ci contraindre l’Allemagne), alors les pays qui souffrent d’un tel régime doivent récupérer leur capacité d’action en matière de politique économique. 
A titre personnel, je tiendrais pour catastrophique si l’Allemagne s’octroyait le droit de dicter aux Italiens ou aux Français la façon d’organiser leur économie. Mais réciproquement, ce serait une catastrophe de laisser s’imposer une union monétaire dans laquelle les pays partenaires de l’Allemagne définissent ce que celle-ci doit leur prodiguer « par solidarité ».
Il vous est arrivé d'expliquer que la domination allemande sur l'Europe était une « hégémonie fortuite ». Pourtant, la République fédérale s'arrange pour occuper quasiment tous les postes d'importance au sein de l'Union européenne. Les Allemands président quatre groupes parlementaires sur huit au Parlement européen dont les deux plus importants, Martin Seylmar a été nommé Secrétaire général de la Commission en dépit de toutes les règles de promotion interne, Berlin souhaite qu'en 2019, un Allemand prenne la tête de la BCE.... tout cela n'est pas fortuit tout de même ?

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L’Allemagne est le plus grand pays de l’UE et en est le plus gros contributeur. Cela ne va pas sans conséquences. J’ai surtout l’impression que des Allemands sont avant tout nommés dans tout un tas de fonctions importantes à Bruxelles parce que l’on espère d’eux qu’ils insufflent en Allemagne une politique allemande "européenne". C’est d’ailleurs généralement le cas : considérez par exemple  le commissaire Günther Öttinger, ou l'ancien Président du Parlement européen Martin Schulz.

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Du reste, la politique allemande est davantage fondée sur le respect des règles que sur la recherche du pouvoir. La République fédérale applique scrupuleusement les règles écrites dans les traités et dans la constitution allemande, ni plus, mais aussi ni moins. C’est là l'explication de ce qui apparaît à d’autres comme de l’entêtement. La France et l’Italie ont signé le traité de Maastricht, et ce sans union politique. Il faut savoir qu'au départ, Kohl ne voulait pas d’une union monétaire sans union politique, mais l’a acceptée au nom de la paix et de la réunification, et imposée en politique intérieure malgré les résistances. 
Dans un long article publié par Le Débat, vous vous êtes montré très sévère vis-à-vis de la politique migratoire d'Angela Merkel. Cette dernière en a d'ailleurs payé le prix aux élections de septembre 2017. Sur cette question, où en est l'Allemagne. Va-t-elle parvenir à intégrer les nouveaux venus ? Cela va-t-il l'aider à résoudre son problème démographique ?
J’ai du mal à appréhender ce mot, "intégrer". Toutes les sociétés d'accueil sont segmentées : partout les immigrés de la première ou de la deuxième génération forment des sociétés parallèles. D’ailleurs tous les groupes d’immigrés ne sont pas égaux dans ce domaine, et il existe dans chaque groupe des différences considérables. Par le passé, nous n’avons pas été très bons en Allemagne lorsqu’il s’est agi d’offrir une égalité de chance aux deuxième et troisième générations d’immigrés : confer les statistiques sur les parcours de formation des jeunes hommes turcs en Allemagne.

AfD logo

Dans l’ensemble et suite à la suite de la vague migratoire de 2015/2016, les allemands vont devoir  faire avec un bouleversement culturel et une charge économique considérables, et ce sur le long terme. On ne peut qu’espérer que la paix sociale n’en souffre pas trop. Mais en ce qui concerne le problème démographique, celui-ci n’est de toutes façons pas soluble par une immigration d’asile. Qui plus est, la plupart du temps le taux de fécondité des immigrés s'adaptent dès la deuxième génération à celui des populations locales.
Pour finir, le « couple franco-allemand », est-ce que ça vous dit quelque chose ? Y croyez-vous ?

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Très honnêtement ce concept ne m’évoque que peu de choses. Nos deux pays sont dans l’obligation de s’accommoder l’un avec l’autre, même si les différences sont nombreuses, dans l’éducation, dans les politiques énergétiques, dans le domaine de la Défense, notamment concernant les interventions (ou plutôt des aventures) militaires comme en Libye ou dans les anciennes colonies françaises. 
Pour ma part j’admire la ténacité et l’obstination avec lesquelles beaucoup de Français résistent aux prétendues pressions de la « globalisation » et je souhaiterais qu’on en fasse un peu plus preuve chez nous. Je peux aussi parfaitement comprendre que beaucoup de Français soient irrités par certains traits du mode de vie allemand, par exemple l’évidence avec laquelle on s’y soumet à la rude discipline des marchés et des entreprises mondialisées. 
Peut-être n’y a-t-il à ce sujet pas d’alternative et peut-être que Macron est venu pour rééduquer la France suivant le "modèle allemand" et l’adapter au capitalisme financier. Il serait néanmoins nécessaire de comprendre ce que l’on perd dans ce processus et les français semblent être plus nombreux que les Allemands à le comprendre.
http://l-arene-nue.blogspot.fr/2018/04/macron-risque-detre-le-troisieme.html

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"Si les souverainetés nationales sont maintenues": ou plutôt ce qu'il en reste...    P.G.

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Couacs balistiques et fessées financières

TRIBUNE LIBRE / Chroniques du Grand Jeu

TL COUACS MISSILES

Alors que les inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) effectuent leurs premiers prélèvements à Douma, les couacs du show médiatique américano-anglo-français commencent à émerger.

Nous avions déjà vu que les deux-tiers des missiles avaient été interceptés par la défense syrienne fortement "conseillée" par les Russes. Il appert maintenant que l'intervention française du petit Jupiterinho de l'Elysée a tourné à la farce, plusieurs projectiles n'ayant pu être lancés pour cause de bug semble-t-il. D'ici à ce qu'on nous dise que c'est encore un coup des hackers russes... En l'occurrence, on ne peut pas tout à fait l'écarter, l'ours ayant plusieurs longueurs d'avance en terme de guerre électronique. L'incident du Donald Cook en Mer noire revient invariablement à l'esprit :

Un jet russe seulement équipé d'un dispositif de brouillage électronique avait semble-t-il totalement paralysé le système de défense du bateau, notamment le coûteux et sophistiqué dispositif Aegis sensé équiper tous les navires de l'OTAN. L'on a déjà parlé à plusieurs reprises de l'avance des Russes en matière de guerre électronique, notamment lorsque leurs avions sont arrivés ni vus ni connus en Syrie, au nez et surtout à la barbe des turco-américano-saoudiens.

La marine française a-t-elle connu la même mésaventure ? Pas impossible...

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Quant aux "missiles intelligents" du Donald, ils n'ont pas seulement été dans leur majorité abattus ; certains, intacts, ont été récupérés par les Russes et envoyés à Moscou pour analyse. Encore un programme multi-milliardaire du Pentagone qui n'a servi à rien ?

L'aigle US perd également des plumes dans le Grand jeu financier. Il y a un an presque jour pour jour, nous écrivions :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l'étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l'Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l'établissement d'un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l'éventualité de paiements commerciaux en or !

Notons au passage une curieuse coïncidence qui se répète deux années de suite : revers financiers de l'empire riment avec false flag en Syrie. Ca doit être l'air printanier du mois d'avril...

Dans Goldfinger versus Pétrodollar, nous expliquions :

La vague de dédollarisation touche lentement mais sûrement la planète et met en péril l'empire américain. A ce titre, la lune de miel aurifère sino-russe est éclairante.

De fait, le mariage aurifère est déjà assez poussé. La Chine paye en yuans le pétrole russe qu'elle importe. Avec ces yuans, Moscou se précipite... à Shanghai pour acheter de l'or ! Circuit autarcique dont le dollar est totalement absent.

Assistera-t-on bientôt à un échange direct pétrole contre or ? Pas impossible vu ce que nous évoquions précédemment. Mais alors pourquoi Pékin continue de pousser à l'acceptation de contrats à terme sur le pétrole en yuans dans l'optique de rendre la monnaie chinoise indispensable sur le marché de l'or noir - ce que d'aucuns nomment le pétroyuan ? Peut-être bien pour embarquer les Saoudiens dans l'aventure.

Il y a sept mois, nous ajoutions :

Sterling 1931, dollar 2018 ? C'est la question que se pose ouvertement le très sérieux Daily Reckoning, faisant écho à ce que nous avons expliqué à de nombreuses reprises (...)

1971 : fin de la convertibilité du dollar en or. 1974 : "invention" du pétrodollar par Kissinger et la maison des Seoud, forçant peu ou prou le monde à acheter l'or noir avec le billet vert et permettant à l'empire US de vivre au-dessus de ses moyens.

Mais le système est maintenant en train de craquer et c'est évidemment le duo sino-russe que l'on retrouve derrière. La triade pétrole-yuan-or exclue totalement le dollar. Moscou a été la première à accepter le nouveau paradigme, suivie par les BRICS et maintenant le Venezuela. D'autres suivront, mettant fin au rôle prépondérant du dollar comme ce dernier avait mis fin à l'hégémonie de la livre sterling dans la première moitié du XXème siècle. Éternel cycle de la grandeur et de la décadence des empires...

Les manigances du facétieux duo sino-russe ont apparemment donné des idées aux autres. Après le Venezuela, l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas, la Turquie est le dernier pays en date à demander le rapatriement de son stock d'or détenu au siège de la FED américaine à New York. Signe du manque de confiance grandissant envers l'empire et sa "politique de pression financière".

Dans le même temps, lors d'une conférence économique, le sultan s'est lâché contre l'utilisation du billet vert en des termes inhabituellement durs : "Pourquoi emprunte-t-on en dollars ? Je suggère d'utiliser l'or qui n'a jamais été un moyen d'oppression à travers l'histoire." A bon entendeur...

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/couacs-balistiques-et-fessees-financieres.html

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«Tu l’as eu» ce «fils de p***» : la vidéo choc de soldats israéliens tirant sur des Palestiniens

Dans une vidéo publiée par une ONG, trois soldats sont filmés en train de débattre de la meilleure façon de disperser des Palestiniens. L’un d’eux affiche sa préférence pour les tirs à balles réelles, pourtant ils useront des balles en caoutchouc.

ACT SOLDATS ISRAELIEN TIRS

Israeli soldiers cheer after shooting a Palestinian protester in the village of Madama

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=ey48uTfIeww

(sous- titres en anglais)

Se donnant pour but de recenser «les tirs illégaux sur des manifestants désarmés», le Centre israélien d’information pour les droits de l’Homme, une ONG également connue sous le nom de B’Tselem, a publié une vidéo le 24 avril 2018 sur YouTube, où l’on voit trois soldats en opération commenter leurs tirs de balles en caoutchouc en direction de manifestants palestiniens. Grâce à une prise de son de très bonne qualité, peut-être à leur insu, il est possible d’entendre très distinctement leurs propos. «Il nous faut un bon tir qui fasse mouche et ce sera plié. Ça leur apprendra à lancer des pierres», juge l’un des soldats, alors que la discussion porte sur la meilleure façon de neutraliser les manifestants.

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Un autre déplore la seule utilisation de balles en caoutchouc.«Une seule vraie balle et tout ça serait fini», commente-t-il. Un soldat prend d’abord pour cible un homme portant un vêtement rouge, avant de mettre en joue un autre individu vêtu de blanc. «Dès qu’il se découvre, je te jure, je vais le…», commence un des autres soldats, accroupi en position de tir. «Frère, tu les atteindras à peine», coupe un autre. Après débat, le soldat arrête toutefois son choix, tire une balle en caoutchouc et fait mouche. «Tu l’as eu !» s’exclame son camarade. «Fils de pute», s’écrit le tireur en exultant.

Selon la description l’accompagnant, la vidéo a été tournée le 13 avril, dans le village de Madama, à quelques kilomètres au sud-ouest de Naplouse en Cisjordanie. Ce même 13 avril, à Gaza, Tsahal tirait à balle réelle sur des manifestants palestiniens dans le cadre de la «Marche du retour»faisant un mort. Le vendredi suivant, le 20 avril, quatre Palestiniens mourraient sous les balles de l’armée israéliennes.

Source: https://francais.rt.com/international/50182-tu-as-eu-fils-pute-tirs-soldats-israeliens-palestiniens

Lire aussi: http://www.chroniquepalestine.com/ahmed-abu-hussein-journaliste-palestinien-assassine-par-israel/

https://arretsurinfo.ch/tu-las-eu-ce-fils-de-p-la-video-choc-de-soldats-israeliens-tirant-sur-des-palestiniens/

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La dangereuse idylle de Macron avec Trump

TRIBUNE LIBRE /

TL MACRON US CANICHE

Publié le 25.04.2018 sous le titre Macron’s Dangerous Trump Bromance

Traduit par Dominique Muselet

Toutes ces poignées de main, marques d’affection et accolades entre Trump et Macron cette semaine était crispantes au possible. Mais pas parce que deux mâles étaient cordiaux et affectueux.

Non, ce qui explique notre gêne, c’est de voir le leader français se conduire comme un pitoyable caniche du tyran de la Maison-Blanche.

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Le « moment des pellicules » a peut-être été l’incident le plus révélateur. À un moment donné, dans le Bureau ovale, le président américain s’est interrompu au milieu d’une phrase pour se pencher vers son homologue français et se mettre à brosser son épaule en disant qu’il enlevait ses « pellicules ». Macron a continué à sourire comme si de rien n’était.

Ce que Trump a dit ensuite était significatif : « Nous voulons qu’il soit parfait…. Il est parfait. » Pas besoin d’être Freud pour voir dans le réflexe de l’Américain le signe que le président français n’est guère plus qu’un hochet, un laquais, un parfait petit caniche pour Washington. Qui fait ce qu’on lui dit.

MACRON TRUMP

Au cours de la visite d’État de trois jours, Donald Trump et Emmanuel Macron ont donné l’impression d’être les meilleurs amis du monde et sur un plan d’égalité. C’est certainement l’impression que le leader français voulait donner. Il veut être vu comme le meilleur allié européen des États-Unis, l’homme politique européen qui comprend le mieux Trump, et celui qui gère le mieux l’ingérable américain.

Macron veut ainsi « make France great again ». Il veut que la France redevienne une puissance mondiale de même envergure que les États-Unis. Depuis que Macron a été élu président en mai dernier, son objectif déclaré a été de restaurer la puissance de la France.

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Cela a semblé réussir à merveille cette semaine. Macron a été le premier dirigeant international à être accueilli par Trump en visite officielle d’État. La « relation spéciale » britannique avec Washington est passée au second plan ; et la chancelière allemande Angela Merkel, dont la visite suit celle de Macron vendredi, n’aura droit qu’à une réunion de travail d’une journée à la Maison-Blanche. Mais si on laisse de côté les apparences  et qu’on regarde au-delà de cette aimable mise en scène on voit bien que la prétention de Macron de se mettre sur le même plan que Trump en tant que « leaders de la liberté mondiale » est grandement exagérée. La preuve nous en a été administrée lorsque Macron a capitulé devant l’opposition de Trump sur l’accord nucléaire iranien. Sauver cet accord en gardant Trump à bord était censé être la principale mission de Macron à Washington.

La veille de son arrivée, Macron a donné une interview à Fox News et a affirmé qu’il n’y avait « pas de plan B » à l’accord nucléaire iranien signé en 2015 par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie et la Chine. Macron a été présenté comme le leader européen qui allait persuader Trump de s’en tenir à l’accord nucléaire actuel.

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Mais cette semaine, malgré toutes les démonstrations d’affection à son « ami Emmanuel », Trump a continué de rejeter fermement l’accord avec l’Iran, et à laisser entendre qu’il va s’en débarrasser le mois prochain. Et quelle a été la réponse de Macron ? Il a dit que la France travaillait maintenant avec les États-Unis pour « renégocier un nouvel accord » avec l’Iran. Et voilà comment Macron a tenu tête à Trump !

L’Iran affirme qu’il n’y aura pas de renégociation du Plan d’action global conjoint (JCPOA), comme on l’appelle officiellement. Le JCPOA a été ratifié par le Conseil de sécurité de l’ONU après que l’Iran et les six puissances mondiales l’ont signé en juillet 2015. La Russie et la Chine ont également déclaré qu’il ne peut y avoir de retour en arrière sur l’accord. Les Européens le disaient aussi – au moins jusqu’à cette semaine avant le revirement embarrassant de Macron. Il sera très intéressant de voir ce que Merkel dira à ce sujet lorsqu’elle arrivera à Washington plus tard dans la semaine.

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Ce que la rencontre entre Trump et Macron montre cette semaine, c’est que le président français n’est rien d’autre qu’un bon petit toutou. On l’a peut-être abreuvé, en grande pompe et avec tous les honneurs, de discours fleuris sur le fait qu’il était « l’allié le plus ancien de l’Amérique ». Mais en pratique, le show des deux leaders puissants qui se tiennent côte à côte n’est que de la communication ringarde. Mais c’est aussi ce qui fait de Macron un supplétif particulièrement dangereux pour Trump. L’homme politique français est évidemment prêt à faire n’importe quoi pour flatter Washington.

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La prétention de Macron à diriger l’Europe est une illusion pernicieuse. Certains médias l’ont même qualifié de « conseiller occulte de Trump » – laissant entendre que le jeune président français avait une influence à la Svengali** sur son aîné étasunien. Dans les jours qui ont précédé le barrage de missiles illégaux des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France contre la Syrie, le 14 avril, c’est vers Macron que Trump s’est tourné pour discuter des mesures à prendre.

Macron aurait transmis à Trump les  « renseignements français » sur l’atrocité chimique présumée du 7 avril à Douma, près de Damas. Macron aurait également entortillé Trump pour qu’il ordonne les frappes militaires la semaine suivante. Il est maintenant clair que l’incident des armes chimiques du 7 avril était une provocation sous faux drapeau mise en scène par des militants soutenus par l’Occident. En d’autres termes, les « renseignements » français étaient soit erronés, soit plus probablement inventés. Mais le résultat a été que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont commis un grave crime de guerre en attaquant la Syrie.

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C’est pourquoi Emmanuel Macron devrait nous flanquer la chair de poule. Il est prêt à dire n’importe quoi pour séduire le président américain afin d’améliorer son standing international (...). Son langage corporel exubérant trahit son aspiration à devenir un homme d’État sur la scène internationale.

Macron, comme son « papa » américain, a décidé de déchirer unilatéralement un traité international conclu avec l’Iran, par d’autres puissances mondiales et l’ONU. Afin de justifier sa mauvaise foi et sa reculade scandaleuses, Macron relaie la calomnie de Trump sur le fait que l’Iran commandite le terrorisme, déstabilise la région et développe illégalement des missiles balistiques. Macron dit qu’il faudra conclure un « nouvel accord  » avec l’Iran, pour réduire la présence iranienne en Syrie, et soi-disant au Yémen et au Moyen-Orient.

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Le « conseiller occulte » n’est pas un leader européen indépendant qui a des principes. C’est un arriviste prêt à flatter les pires instincts de Trump et à profiter de son ignorance pour son profit personnel. Même si pour cela il faut envenimer les conflits en Syrie et au Moyen-Orient.

Par Finian Cunningham

*Bromance est un mot-valise anglais composé de l’abréviation de brother (bro), voulant dire frère, et de romance qui signifie idylle en français

** Svengali est un personnage de fiction du roman Trilby de George du Maurier, paru en 1894. Hypnotiseur, Svengali incarne l’archétype du personnage maléfique manipulateur, capable d’amener les gens à faire ce qu’il désire.

URL: https://arretsurinfo.ch/la-dangereuse-idylle-de-macron-avec-trump/

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"Toujours suivre les règles, c'est du bullshit" : le message de Macron aux zadistes… euh, aux jeunes Américains!

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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En clôture de son voyage aux Etats-Unis, Emmanuel Macron a repris ses accents gandhiens face à la jeunesse américaine, les enjoignant de s’affranchir des règles. Un conseil que ne devraient pas manquer d'apprécier les étudiants grévistes ou les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes…

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Macron le caméléon. Expert dans l'art de s'adapter à son auditoire, le président de la République s'est livré ce mercredi 25 avril à l'un de ses exercices de prédilection : un échange avec les étudiants d'un pays étranger. A la fin de sa visite aux Etats-Unis, comme il l'avait déjà fait en Inde, le chef de l'Etat a répondu pendant une heure aux questions de jeunes Américains, au sein de la George Washington University.

S'exprimant en anglais, Emmanuel Macron a joué pleinement de son image à l'étranger, celle d'un président moderne et dynamique. Par moment, ses propos ressemblaient d'ailleurs plus à une de ces conférences TedX données par des entrepreneurs "inspirants" qu'à une prise de parole de chef d'Etat. En témoigne un passage, relayé par le compte Twitter de l'Elysée, dans lequel le président invite la jeune génération à "décider pour elle-même" et à "toujours questionner ses frustrations".

"Si vous n'arrivez pas à trouver la bonne explication à ces frustrations, n'abandonnez pas, exhorte Emmanuel Macron. Allez plus loin. Et ne croyez pas ceux qui disent 'Ce sont les règles du jeu, ne questionnez pas les règles du jeu, cela a toujours été comme ça, vous devez suivre ces règles'. C'est du bullshit (des conneries, ndlr) !". Un message aux accents audacieux, accueilli par des rires puis une salve d'applaudissements des étudiants.

Éloge de la règle avec les zadistes

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Un message qui a aussi de quoi faire sourire en France, ou grincer des dents selon le point de vue, quand on le compare avec la posture adoptée par le président sur la scène nationale. Paternaliste, quand il lance devant Jean-Pierre Pernaut cet avertissement aux étudiants qui bloquent les universités : "S'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser, parce qu'il n'y aura pas d'examens en chocolat dans la République". Inflexible, lors de son entretien avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, quand il évoque les zadistes de Notre-Dame-des-Landes en ces termes : "Il y a des gens, ils ont une idée formidable, une idée fumeuse : ils paient pas les terres, ils ne se conforment à aucune règle, ils produisent du lait : il n'y a aucune règle… Les règles de santé publique, c'est pas les leurs, ils ont un projet alternatif, c'est formidable, on ne paye plus rien, il n'y a aucune règle !".

Mais dès qu'il rencontre la jeunesse du monde, notre Clemenceau en langue originale se fait Gandhi en version anglaise, comme lorsqu’il avait lancé le 10 mars à la jeunesse indienne, justement : "Un dernier conseil : ne respectez jamais les règles". A bon entendeur…

https://www.marianne.net/politique/video-suivre-les-regles-du-bullshit-le-message-de-macron-aux-jeunes-americains?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

MACRON FA GIROUETTE

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Altice écope d’une amende de 124 millions d’euros au Portugal

L’empire de Patrick Drahi, l’homme de la fortune du câble, commence à vaciller. Assis sur une dette colossale – plus de cinquante milliards d’euros -, Patrick Drahi a construit son groupe à marches forcées avec le soutien des banques et sans doute de discrets mais efficaces coups de pouce politiques en France comme en Israël ou aux États-Unis. Mais les difficultés de SFR, dont les fournisseurs comme les employés ont été passés à la paille de fer, l’échec de la politique de convergence des contenus inquiètent les prêteurs.

TL DRAHI LARBINS

Trésorerie négative et chute du cours de l’action

L’action d’Altice, la holding du groupe, était encore supérieure à 23 euros le 9 juin 2017, très exactement 23,26 €. Dix mois plus tard, le 26 avril 2018 l’action côte 8,26 € soit une chute de 65%.

Des amendes en pagaïe

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Altice avait pris la mauvaise habitude de flirter avec la ligne jaune juridique, se faisant parfois rattraper par la patrouille lors de ses emplettes et de ses cessions. Les amendes tombent en cascade, 15 M€ (Outremer Télécom), 80 M€ (achat de SFR et Virgin Mobile), 40 M€ (non respect d’accords avec Bouygues).

Cette fois ci c’est l’autorité de la concurrence de l’Union Européenne qui sort un carton rouge. En 2015 Altice rachète Portugal Telecom, mais va plus vite que la musique et s’installe aux commandes sans attendre le verdict du gendarme européen de la concurrence. 124,5 M€ d’amende pour le groupe qui a fait appel.

Standard and Poor’s dégrade la note d’Altice Europe

DRAHI BOUFFE

Le 19 avril 2018, l’agence de notation Standard dégrade la dette d’Altice Europe (les activités américaines qui vont mieux ont été séparées) de B+ à B avec perspectives stables. L’agence considère que le groupe va dégager en 2018 une trésorerie négative de 800M€ avec une dette six fois supérieure au bénéfice annuel escompté. La vente d’actifs en Suisse, Bénélux, République Dominicaine n’a pas été considérée comme suffisante. On parle maintenant de céder… Portugal Telecom. Ce n’est pas la cession en cours du journal Point de vue à son équipe dirigeante qui devrait changer grand chose au cash flow en France.

Libération et L’Express ont du souci à se faire

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Les mauvais résultats du quotidien et de l’hebdomadaire ont entraîné une réflexion stratégique d’Altice France pour ses médias. Nous répercutions le 13 avril 2018 un entretien d’Alain Weill PDG d’Altice France au Figaro. Alain Weil y annonçait – sans que quasi personne ne reprenne l’étonnante nouvelle – la fin du papier pour ces deux médias. Nous citons :

« La décision a été prise pour Libération et L’Express d’engager un projet de transformation digitale important. Le mot d’ordre est « digital first ». Désormais, toutes les équipes seront tournées vers le site, qui sera à très forte valeur ajoutée. Nous allons pousser les abonnements numériques. Cela fonctionne très bien aux États-Unis. Enfin, il y aura une petite équipe qui extraira des contenus et fabriquera un journal papier ». (Les mots en gras sont soulignés par nous)

Un peu d’analyse sémantique simple. Enfin veut dire à la fin du processus enclenché pour le digital first. Quand ? Ce n’est pas dit, mais douze mois semblent un délai lointain. Il y aura une petite équipe, autrement exprimé une équipe résiduelle. Cette petite équipe, extraira des contenus et fabriquera un journal papier. Là c’est clair, la grande équipe mettra en ligne un journal digital de qualité, à partir de cette matière première du contenu sera extrait, comme on extrait le jus d’une orange. Chacun comprendra que cette extraction résiduelle n’a pas un grand avenir devant elle.

https://www.ojim.fr/altice-ecope-dune-amende-de-124-millions-deuros-au-portugal/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-04-27

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dimanche 29 avril 2018

TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !

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TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !
(Trajet de la place de la République à la place du Châtelet).
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L’Union populaire républicaine (UPR) appelle ses adhérents et sympathisants à se rassembler place de la République à Paris le 1er mai, à partir de 13h30, à l’occasion de la Fête du travail. Le cortège se mettra en marche à 14h30.
 
 
François Asselineau, entouré de plusieurs maires, prendra la tête du cortège de l’UPR qui défilera jusqu’à la place du Châtelet en scandant notamment le mot d’ordre « Fête du travail, faites le Frexit »
L’UPR souhaite rappeler par ce slogan que la création d’emplois durables en France et la suppression du chômage de masse passent inéluctablement par la sortie de l’euro et de l’UE – le « Frexit » – dont François Asselineau s’est imposé comme le représentant pendant l’élection présidentielle de 2017.
 
L’UPR rappellera aussi que le « Frexit » est la seule voie possible pour sauver et pour faire renaître nos services publics à la française, dont la SNCF, qui sont condamnés par les traités européens, notamment par l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et par les mesures d’austérité sans fin appliquées pour « sauver l’euro ».

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L’UPR défilera également pour demander aux médias audiovisuels de grande diffusion  et de presse papier nationale de donner à l’UPR l’espace d’expression auquel elle a légitimement droit. Les 6 élections législatives partielles auxquelles l’UPR a participé depuis juin 2017 ainsi que l’élection territoriale de Polynésie française ont confirmé que l’UPR représente un peu plus de 1 % des électeurs français. En application du droit, l’UPR a donc droit à une proportion équivalente d’espace d’expression dans les médias pour défendre le « Frexit », au lieu de 0,00 % comme c’est le cas aujourd’hui.
 
En organisant cette première grande manifestation sur la voie publique, l’UPR permettra d’ailleurs aux journalistes et à tous les observateurs de prendre la mesure de sa capacité de mobilisation et de la comparer avec objectivité à celle des autres partis politiques français.

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L’UPR défilera enfin pour s’opposer à la violation du droit international et de la Constitution française par M. Macron qui a décidé – seul et sans raison prouvée – d’aller bombarder la Syrie, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, ni vote du Parlement l’y autorisant. L’UPR demandera à nouveau, à l’occasion du 1er mai, la destitution de M. Macron par le Parlement en application de l’article 68 de la Constitution.
 
Pour le 1er mai, l’UPR a imprimé 30 000 tracts qui ont commencé à être distribués en amont de la manifestation, et a confectionné un char sur lequel se dérouleront de nombreuses animations pendant le défilé.
 
François Asselineau sera à la disposition des journalistes présents pour répondre à leurs questions, soit sur la place de la République entre 14h15 et 14h30 avant le départ du cortège, soit sur la place du Châtelet à la fin de la manifestation, aux alentours de 18h00.
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Pour interroger François Asselineau ou contacter le service presse : presse@upr.fr

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L'UPR Limousin sera bien sûr dans le cortège. Pour les covoiturages, contactez vos délégués départementaux!   P.G.

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« Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage »

Ce 27 avril, Emmanuel Macron célèbre le 170e anniversaire du décretde l’abolition de l’esclavage en France, signé en 1848 sous l’impulsion de Victor Schœlcher.

L’historien Marcel Dorigny, qui fait paraître deux ouvrages sur la question (1) rappelle le long processus de sortie de l’esclavage et le sens de cette commémoration.

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La Croix : Comment l’abolition de l’esclavage s’est-elle peu à peu imposée ?

Marcel Dorigny : Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage, à cause des puissants intérêts économiques et politiques, ceux des négociants qui pratiquaient la traite et ceux de l’élite sociale qui détenait le pouvoir au sein de la société coloniale.

À partir de la fin du XVIIIe siècle pourtant, les économistes libéraux, dont Dupont de Nemours ou Condorcet en France et Adam Smith au Royaume-Uni, condamnent ce système jugé archaïque et peu propice aux innovations, à l’introduction des machines et à la division du travail. L’efficacité économique oblige donc à en sortir. Aux États-Unis par exemple, il s’agit de généraliser la révolution industrielle déjà à l’œuvre au Nord en libérant les forces de travail du Sud.

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Mais c’est surtout la résistance constante des esclaves qui fut déterminante, et ce dès le début, comme le soulignent ces trois dates : 1492, Christophe Colomb découvre les Antilles ; 1503, le premier navire négrier y amène des Africains ; 1506, gronde la première révolte. La société esclavagiste n’a jamais été paisible, contrairement à l’imagerie coloniale où des esclaves heureux côtoient leurs maîtres.

Cette résistance peut être passive – moindre intensité au travail – ou culturelle – pratiques religieuses d’origine africaine contre la christianisation obligatoire selon le Code Noir. Elle peut s’exprimer par le refus de la natalité – infanticide et avortement – ou par le marronnage, lorsque les esclaves s’enfuient et créent parfois de véritables contre-sociétés. Enfin, elle se mue aussi en révolte armée comme à Saint Domingue, où les esclaves emportent l’abolition de l’esclavage en 1793 et l’indépendance de la colonie.

Comment l’action des abolitionnistes s’articule-t-elle à ces faits de résistance ?

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M. D. : Les abolitionnistes sont nourris de la pensée des Lumières qui ont refusé l’esclavage au nom des principes humanistes comme de l’engagement de certains religieux qui, en dehors des églises officielles, l’ont dénoncé : les Quakers aux États-Unis ou l’Abbé Grégoire en France. Mais au-delà de ces positions anti-esclavagistes, cherchant la manière d’en sortir concrètement, ils ne font pas l’apologie de la révolte armée. Pour eux, l’abolition doit être progressive, graduelle, sur plusieurs générations. Cette transition lente est nécessaire pour ne pas ruiner l’économie coloniale et maintenir l’ordre.

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Lorsque les soulèvements existent, les abolitionnistes les accompagnent pourtant, voire les devancent. Pour les plus lucides comme Victor Schœlcher, abolir l’esclavage est une urgence absolue pour anticiper l’inévitable et sauver les colonies. À l’exception de Haïti, l’abolition a d’ailleurs lieu dans le cadre colonial et les mêmes structures agraires esclavagistes. Au sein des grands domaines, les anciens esclaves sont employés comme salariés. Face aux nombreux refus, les colons inventeront un délit de vagabondage et finiront par aller chercher une main-d’œuvre libre et sous contrat ailleurs, en Afrique puis en Inde.

Quel peut être le sens de cette commémoration, 170 ans après ?

M. D. : Après 1848, l’oubli s’est imposé. L’histoire de l’esclavage a été refoulée, aussi bien du côté des descendants des colons que de ceux des esclaves jusque dans les années 1960, lorsque l’écroulement du système colonial a fait naître la reconnaissance d’une identité spécifique. En France, la remontée de cette mémoire est encore plus récente, elle date du bicentenaire de la Révolution Française, que François Mitterrand avait placé sous l’égide des Droits de l’homme et qui a provoqué beaucoup de débats, colloques et expositions sur l’esclavage, maintenu en 1789.

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Dans l’élan du 150e anniversaire du décret, la loi Taubira, a été votée à l’unanimité en 2001, après avoir été refusée par le Sénat un an auparavant. Qualifiant la traite et l’esclavage de crimes contre l’humanité, elle insiste sur la transmission scolaire et publique de cette histoire et dans ce but, instaure une Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition le 10 mai, jour de l’adoption de la loi. Le 27 avril, date de l’abolition légale de l’esclavage, avait été contesté par des associations antillaises car elle laissait entendre que l’abolition avait été simplement l’œuvre d’un homme blanc. Espérons que ce 170e anniversaire ne fasse pas renaître cette polémique et n’efface pas la célébration du 10 mai, date d’avenir et d’unité.

Recueilli par Béatrice Bouniol
https://www.la-croix.com/France/Politique/Il-fallu-95-ans-sortir-lesclavage-2018-04-27-1200934906?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180427&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=1006955&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

Jean Claude Juncker: vidéo et images

Il est bon de se rappeler qui est au sommet de l'UE
et donc qui nous gouverne grâce à la traîtrise des gouvernements successifs !  S.R.

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vive l'europe


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https://www.youtube.com/watch?v=WXZbfwjuAFw

 

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Ce petit garçon qui se cramponne à son père mort ne deviendra jamais le « visage de la guerre au Yémen »

Une photo d'une horreur indicible prise après des frappes saoudiennes sur un mariage au Yémen dimanche dernier montre un petit garçon se cramponnant au cadavre de son père. Mais il y a fort à parier que cet enfant ne sera jamais présenté comme le « visage de la guerre » dans les médias mainstream.

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Sur des photos et des séquences vidéos de l'après-bombardement, qui a eu lieu dans un village isolé de la province de Hajjah, dans le nord-ouest du Yémen, le jeune garçon, probablement âgé de 7 ou 8 ans, se cramponne au corps d'un homme, agrippant sa chemise et répétant « non, non, non » tandis que des secouristes tentent de l'éloigner. Des personnes sur le terrain ont déclaré à Ruptly que l'enfant affirmait avec insistance que son père était simplement endormi et qu'il ne tarderait pas à se réveiller pour le ramener dans leur village, non loin du village bombardé.

Il est probablement resté là pendant des heures, à en juger par certaines photos prises durant la nuit, ainsi qu'au matin. Un caméraman de Ruptly a déclaré que le corps de l'homme avait été évacué en dernier, et que l'enfant était resté à ses côtés jusqu'au bout.

Voici une petite prédiction. Ce garçon ne figurera jamais en prime time dans les médias mainstream, même si sa frêle silhouette et sa pathétique témérité enfantine sont à fendre le cœur. Aucune présentatrice bien payée et impeccablement maquillée ne dira sur un ton larmoyant que ces images sont insupportables. Aucun correspondant ne confrontera le ministre des Affaires étrangères saoudien, en lui montrant les photos et en lui disant droit dans les yeux : « Ceci est un crime de guerre, Monsieur. » Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la tragédie de ce petit garçon ne servira pas à dénoncer un régime criminel qui massacre des civils en toute impunité.

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Pour retenir l'attention de l'Occident, les enfants victimes de bombardements doivent venir d'un autre pays. D'un pays où les bombes qui tuent des civils ne sont pas fournies par les USA ou par l'Angleterre. Où les signes flagrants de malnutrition ne constituent pas une accusation silencieuse contre l'Arabie saoudite, qui bloque l'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en carburant pour les gens qui s'opposent à l'invasion. Les « bonnes » victimes se trouvent en Syrie, pas au Yémen.

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Les médias mainstream semblent avoir adopté une approche très sélective, pour ce qui est des enfants victimes de la violence terroriste. À leurs yeux, nombre d'entre eux ne méritent tout simplement pas la compassion ou la moindre couverture médiatique. Une zone d'ombre recouvre la Bande de Gaza, où des enfants ont été blessés et tués la semaine dernière par des soldats israéliens gardant la barrière de séparation. Une zone d'ombre recouvre également l'Est de l'Ukraine en rébellion, où des dizaines d'enfants furent tués par des tirs d'obus en 2014, lorsque les autorités installées à la suite du coup d'État à Kiev déployèrent l'armée pour faire plier les rebelles. Idem pour tout autre endroit du monde où la violence est commise par le « bon camp ».

La cinquantaine de personnes tuées au mariage yéménite viendront s'ajouter aux statistiques de guerre, et figureront dans le dernier rapport de l'ONU ou d'Amnesty International. Il est peu probable qu'elles affectent la capacité de l'Arabie saoudite d'acquérir des armes occidentales, de recevoir des renseignements de la part des Occidentaux concernant les bombardements, ou d'être ravitaillée en carburant.

On peut se demander ce que deviendra ce petit garçon plus tard.

https://fr.sott.net/article/32298-Ce-petit-garcon-qui-se-cramponne-a-son-pere-mort-ne-deviendra-jamais-le-visage-de-la-guerre-au-Yemen-IMAGES-CHOQUANTES

MONTAGE ARABIE ALLIES YEMEN

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