Syrie, mouvements sociaux, laïcité… Dimanche 15 avril, le chef de l’État a abordé de nombreux sujets lors d’une interview télévisée de près de trois heures sur BFMTV, RMC et Mediapart.

ACT MACRON PLENEL BOURDIN

Frappes en Syrie

Emmanuel Macron a justifié les frappes menées dans la nuit de vendredi à samedi 14 avril contre des sites présumés liés à des armes chimiques en Syrie par la nécessité de « reconquérir » une légitimité notamment vis-à-vis « des Russes », « qui ont construit méthodiquement l’impuissance de la communauté internationale ». « C’est se mettre en capacité de dire :”les démocraties et la communauté internationale ne sont pas du côté des faibles” ». Le chef de l’État a toutefois affirmé que la France n’avait « pas déclaré la guerre au régime » syrien.

► SNCF

Emmanuel Macron a refusé l’idée d’une « coagulation des mécontentements » (des cheminots, des zadistes, des étudiants, du personnel hospitalier…). C’est « un amalgame de choses différentes (…) Les un(e) s sont lié(e) s à des décisions prises, les autres à un mal-être qui existait avant mon élection », a-t-il défendu. Au sujet de la grève des cheminots, « c’est une colère que je comprends, que je respecte, mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout » a-t-il déclaré, confirmant que l’État reprendrait « progressivement » une partie de la dette de la SNCF « à partir du 1er janvier 2020 ».

► Étudiants et zadistes

« J’entends toutes les colères », a dit Emmanuel Macron, qui a toutefois jugé « illégitime » celle des opposants à l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes : « Je considère que cette colère n’est pas légitime. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas l’ordre républicain. » Idem pour celle qui s’exprime dans les universités bloquées, où « les étudiants sont bien souvent minoritaires, ce sont des groupes qui ne sont pas des groupes étudiants qui viennent et ce sont ceux dont j’ai dit »qu’ils étaient « des professionnels du désordre ».

 

► Fiscalité

« Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt local ni d’un impôt national. » Interrogé sur sa réforme de l’ISF, Emmanuel Macron a dit « assumer totalement les gestes fiscaux lorsqu’il (l’argent) est réinvesti dans l’économie, dans le but de garder les talents et d’en attirer ». Il a en outre promis d’être « intraitable » sur la fraude fiscale et a défendu le « verrou de Bercy »(c’est-à-dire le monopole du ministère du budget en matière de poursuites pour fraude – NDLR), interrogeant seulement la création d’« un seuil au-delà duquel, de manière systématique, on transmet les dossiers à la commission d’infraction fiscale », dans un souci de « transparence ».

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► Islam et islamisme

« Cette religion est nouvelle dans la République. » Interrogé sur l’islam, Emmanuel Macron a dit « constater » la peur suscitée par cette religion. Appelant à « pacifier le lien entre les religions », il a également affirmé mener un « travail de reconquête » des « enfants de la République qui sont prêts à céder à la tentation du djihad ».

► Port du voile

Emmanuel Macron a déclaré ne « pas avoir une réponse univoque sur ce point ». « Pourquoi le voile nous insécurise ? Cela n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays. Nous sommes attachés à l’égalité entre l’homme et la femme. On doit l’expliquer, on doit convaincre. Je ne veux pas de loi qui l’interdise dans la rue, ce serait contre-productif. La société, elle n’est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de porter le voile. C’est une bataille pour l’émancipation. »

► Europe

« Je veux en Europe que nous ayons une démocratie forte et vivante, c’est-à-dire que celui qui a un mandat, qu’il l’assume, qu’il décide. (Sinon), ceux qui sont aux franges de la démocratie (les démocraties illibérales) peuvent dire : ''vous le voyez bien, les démocrates sont des faibles''. Moi je pense qu’on peut être démocrate et fort. »

https://www.la-croix.com/France/Politique/Ce-qua-dit-Emmanuel-Macron-face-Bourdin-Plenel-2018-04-16-

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Passionnant! Je suis bien content d'avoir ignoré cette émission: outre les arguments de communication du type "en même temps" qui visent à sidérer l'opinion, je savais qu'un certain nombre de questions dérangeantes ne lui seraient pas posées, comme par exemple:

  

https://www.les-crises.fr/on-a-besoin-de-vous-questions-pour-un-macron/

Il y en a d'autres évidemment, comme par exemple:

"Comment conciliez- vous le concept de souveraineté européenne avec votre rôle constitutionnel qui fait de vous le garant de l'indépendance nationale? Allez- vous modifier la constitution?" Même type de question pour le drapeau européen etc.

P.G.