dimanche 15 avril 2018

Syrie : le projet de résolution russe à l'ONU pour faire condamner les frappes a été rejeté

La Russie n'a pas réussi le 14 avril à faire adopter par le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) une résolution condamnant les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, ne recueillant pas les neuf voix nécessaires à son approbation.

ACT CSONU SYRIE

La Russie, la Bolivie et la Chine ont voté pour le texte, huit pays ont voté contre et quatre se sont abstenus. Le projet de texte, de cinq paragraphes, faisait part d'une «grande inquiétude» face à cette «agression» contre un Etat souverain, qui viole, selon Moscou, «le droit international et la Charte des Nations unies».

La France va proposer sa propre résolution

La France a quant à elle annoncé le dépôt prochain d'un nouveau projet de résolution à l'ONU pour sortir «de l'impasse syrienne» : «Nous présenterons dans les meilleurs délais un projet de résolution avec nos partenaires britanniques et américains», a déclaré l'ambassadeur français, François Delattre.

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Selon une source diplomatique française, la France compte avec son projet pousser en faveur de la création d'un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques, favoriser un accès humanitaire sans limite et obtenir une nouvelle dynamique du processus de paix engagé à Genève.

Vassili Nebenzia tire à boulets rouges

Auparavant, l'ambassadeur de Russie auprès de l'ONU, Vassili Nebenzia, avait vivement dénoncé les attaques aériennes américaines, françaises et britanniques. «Vos agressions aggravent la situation humanitaire» en Syrie, a-t-il déploré. «Vous n'êtes pas sortis du néo-colonialisme», a-t-il ajouté, estimant que Washington, Londres et Paris avaient «foulé au pied la Charte de l'ONU».

Le projet de texte russe, de cinq paragraphes, dénonçait la survenance des frappes occidentales tôt le matin du 14 avril alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouvait justement en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma.

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https://francais.rt.com/international/49836-syrie-resolution-russe-onu-pour-condamner-frappes-rejetee

L'objectif des frappes en Syrie était d'empêcher l'enquête de l'OIAC à Douma, selon Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié le 14 avril les frappes aériennes en Syrie d'«acte d'intimidation» et a estimé dans un communiqué que cette opération aérienne de la part des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni avait pour but d'empêcher l'enquête sur l'utilisation présumée d'armes chimiques par Damas : «Tout porte à croire que la raison de cette attaque sur la Syrie était d'empêcher le travail des inspecteurs de l'OIAC.»

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Selon le ministère russe des Affaires étrangères, le raid aérien occidental qui s'est déroulé dans la nuit du 13 au 14 avril a été lancé «sous le prétexte absolument fallacieux de l'utilisation présumée de l'arme chimique par les autorités syriennes à Douma le 7 avril, en banlieue de Damas.»

(...)

https://francais.rt.com/international/49823-objectif-frappes-syrie-etait-dempecher-la-tenue-enquete-douma-selon-moscou

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Syrie : les cibles visées, les armes employées et le rôle joué par le renseignement et les médias

Les Occidentaux ont mené plusieurs «frappes de précision» contre la Syrie. Washington a de nouveau martelé avoir des preuves de l'implication de Damas dans l'attaque chimique présumée de Douma, mais ne pas pouvoir publier des informations classifiées

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Dans la nuit du 13 au 14 avril, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont attaqué plusieurs cibles en Syrie. Les frappes ont été menées en représailles à l'attaque chimique présumée de Douma, une semaine plus tôt, que les Occidentaux attribuent à Damas.

Washington a approuvé des «frappes de précision» contre la Syrie, en coordination avec ses deux alliés. Peu après la déclaration de Donald Trump annonçant le bombardement, des explosions ont été rapportées à Damas. La défense antiaérienne syrienne a réagi aux tirs, abattant 71 missiles sur 103, d'après le ministère russe de la DéfenseLa France participé à des tirs contre deux sites dans la région de Homs, mais pas à ceux près de DamasMoscou a par la suite confirmé qu'aucune frappe n'avait visé les abords de ses bases aérienne et navale situées dans le nord-ouest du pays.

Quelles étaient les cibles ?

Des frappes ont notamment concerné le complexe de Barzeh, au nord-est de Damas. La coalition occidentale affirme que ces installations sont impliquées dans la fabrication d'armes chimiques.

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Le gouvernement syrien a déclaré de son côté que le bombardement avait détruit un centre d'éducation, ainsi que des laboratoires scientifiques, mais qu'aucune victime n'était à déplorer.

Le ministère britannique de la Défense a fait savoir dans un communiqué que quatre jets Tornado de la Royal Air Force avaient également tiré des missiles dans les environs de Homs, à environ 170 kilomètres au nord de la capitale, Damas. Londres affirme que le gouvernement syrien y stockerait des produits de base utilisés dans la fabrication d'armes chimiques.

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«Notre action est proportionnée et vise spécifiquement à dégrader les capacités du régime à utiliser des armes chimiques», martèle le ministère britannique, bien qu'aucune preuve ne soit apportée pour l'heure, en dehors des allégations d'ONG pro-occidentales et anti-Damas, reprises par les médias occidentaux... Et reprises enfin par Paris, Londres et Washington. Une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques devait arriver ce même jour à Douma pour enquêter sur l'attaque chimique présumée du 7 avril dernier.

Douze missiles ont également visé la base aérienne syrienne de Dumeir, dans le grand est de Damas. L'armée syrienne a répliqué en tirant des missiles antiaériens de fabrication soviétique, de type Bouk.

Quelles armes ont été utilisées ?

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L'armée américaine n'a pas précisé le type de missiles employés, mais lors de la frappe punitive d'avril 2017 contre la base aérienne syrienne d'Al-Chaaryate, Washington avait mis en œuvre des Tomahawks. Le secrétaire d'Etat à la Défense James Mattis a précisé ce 14 avril 2018, que deux fois plus de missiles avaient été utilisés que lors de la frappe d'avril 2017. «C'est une frappe massive», a-t-il souligné.  D'après Fox News, des bombardiers à long rayon d'action B-1 ont aussi été engagés.

Le ministère russe de la Défense a noté de son côté que les Etats-Unis et ses deux alliés avaient déployé des avions de combat, des navires de guerre et avaient tiré plus d'une centaine de missiles air-sol sur des infrastructures syriennes civiles et militaires. Ces frappes auraient notamment été menées depuis deux navires battant pavillon américain croisant en mer Rouge.

Dans le détail, d'après l'AFP, la France, qui a engagé cinq frégates de premier rang et neuf avions de chasse dont cinq Rafale, a annoncé avoir tiré pour la première fois des missiles de croisière navals, 3 sur les 12 missiles qu'elle a lancés parmi la centaine ayant visé la Syrie au total. Londres a pour sa part utilisé quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, équipés de missiles Storm Shadow

Médias, des réseaux sociaux et des informations classifiées occidentales, jugées «fiables»

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La chronologie des frappes occidentales est notable, à quelques heures de l'arrivée des enquêteurs de l'OIAC sur le site de Douma, dernier bastion tenu par Jaïch al-Islam à tomber dans la Ghouta orientale.

Lors de l'annonce des raids aériens, la Maison Blanche a mis en avant des informations «fiables du renseignement» américain. L'exécutif américain a également fait valoir comme preuves les réseaux sociaux et des ONG, comme les Casques blancs, nominés aux Oscars à Hollywood. «Le 7 avril, des utilisateurs de réseaux sociaux, des organisations non gouvernementales ainsi que d'autres publications en open-source ont rapporté un bombardement à l'arme chimique à Douma», a affirmé  Washington, cité par CNBC. Les Etats-Unis ont également martelé l'argument selon lequel le «régime syrien» aurait utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques. La raison ? «Pour compenser sa faiblesse militaire», affirme encore Washington

Le 13 avril, le département d'Etat américain affirmait avoir des preuves de la culpabilité de Damas. La porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, citée par Reuters, mettait en avant un «très haut niveau de confiance» des conclusions du renseignement américain, tout en se disant dans l'incapacité de les rendre publiques, faisant valoir que ces informations étaient classifiées... «C'est l'appréciation du gouvernement britannique, du gouvernement américain [et] du gouvernement français», a-t-elle encore avancé.

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Réagissant aux frappes occidentales, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a déploré que les Occidentaux ne se soient reposés que sur des présomptions. «Les médias américains et occidentaux devraient se rendre compte de leur responsabilité dans cet incident. Il y a 15 ans [en 2003, au moment de deuxième guerre en Irak], la Maison Blanche a eu recours à un tube à essais et à son secrétaire d'Etat [Colin Powell]. Aujourd'hui, Washington utilise les médias à la place d'un tube à essais», a-t-elle déclaré.

https://francais.rt.com/international/49815-syrie-cibles-visees-armes-role-medias-renseignement

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Communiqué UPR

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Emmanuel Macron vient de décider solitairement d’associer la France à des frappes militaires américaines et britanniques unilatérales en Syrie, alors que l’Allemagne, l’Italie et le Canada s’y sont notamment refusés.

Cette décision d’une exceptionnelle gravité a été décidée par Macron :

  • seul et en toute opacité, probablement après quelques conciliabules téléphoniques avec le président des États-Unis et la Première ministre britannique,
  • sur la base d’une accusation dénuée de toute preuve,
  • sur la base d’une accusation possiblement inventée de toute pièce par Washington, comme le furent les prétendues « armes de destruction massive » de Saddam Hussein en 2003,
  • sans aucun mandat de l’ONU,
  • en violation indiscutable du droit international,
  • et sans avoir obtenu l’aval préalable des parlementaires français, en vertu de l’article 35 alinéa 1 de la Constitution qui pose que « la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement ».

Certes, le président de la République a invoqué l’article 35 alinéa 2 pour annoncer que « le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d’intervention de nos forces armées à l’étranger ». Mais :

  • cette disposition ne figurait pas dans le texte d’origine de la Constitution de 1958 approuvée par référendum par 82% des Français ; elle n’y a été ajoutée qu’en 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, par la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 dite « de modernisation des institutions de la Ve République », adoptée sans l’aval des Français, à leur insu, et par la procédure du Congrès.
  • sauf à vider complètement de sens l’alinéa 1, cette disposition de l’alinéa 2 ne saurait concerner que des interventions militaires à l’impact très limité, à vocation purement humanitaire (notamment pour venir au secours de citoyens français), et ne risquant pas de nous entraîner de facto dans une guerre frontale contre un pays souverain comme la Syrie, a fortiori dans une guerre avec la Russie.

La lecture biaisée que fait Emmanuel Macron de l’article 35 de la Constitution est donc totalement inacceptable en l’espèce. Car l’alinéa 2 de l’article 35 prévoyant seulement « un débat qui n’est suivi d’aucun vote », son application dans le cas syrien reviendrait à accepter que Macron, seul, s’arroge le droit d’entraîner potentiellement le peuple français dans une escalade dévastatrice avec la Russie, qui peut déraper à tout moment dans une guerre mondiale aux conséquences incalculables et peut-être cataclysmiques, et cela sans que les parlementaires, représentants de la souveraineté nationale, puissent même donner leur autorisation !

La décision solitaire de Macron est ainsi non seulement contraire à la prudence et à la sagesse dont doit faire preuve un chef d’État lorsque la paix mondiale est en jeu, mais elle est illégale au regard de la Charte de l’ONU et du droit international, et elle bafoue l’esprit même des institutions et de la démocratie.

Le président de la République vient ainsi de faire preuve d’un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », selon les termes précis que requiert l’article 68 de la Constitution pour engager la procédure de destitution du chef de l’État.

François Asselineau demande donc aux parlementaires français de se constituer immédiatement en Haute Cour et d’engager la procédure de destitution du président de la République prévue par l’article 68 de la Constitution.

 

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François Asselineau, Président de l’Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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Réaction de François Asselineau sur Russia Today, suite à l’intervention française en Syrie

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Réaction de François Asselineau sur Russia Today, suite à l’intervention française en Syrie

Entretien du 14/04/2018 avec François Asselineau, président de l’UPR. Invité à réagir à l’attaque de la coalition des Etats-Unis, du Royaume-Uni, et de la France, il dénonce l’illégalité de l’intervention, aussi bien au regard du droit international qu’au droit français, et l’irresponsabilité de leurs dirigeants.

https://www.upr.fr/actualite/reaction-de-francois-asselineau-sur-russia-today-suite-a-lintervention-francaise-en-syrie

"Nous sommes dirigés par des espèces de Docteur Folamour à la fois vaniteux et irresponsables"

https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=t5IHpQDF8_U

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Les médias sans vergogne

TRIBUNE LIBRE /

TL FAKE NEWS

13 avril 2018
Source: Vilain petit canard

Tout est bon pour tenter d’enrayer l’inéluctable défaite des terroristes de Jaïch al Islam et de leurs parrains occidentaux, les bonnes fées qui les soutiennent financièrement et leur tiennent lieu de force aérienne en Syrie.

Pourtant, la guerre est perdue, même un enfant le comprendrait. Mais comprendre n’est pas accepter. Les USA ne peuvent se résigner à l’idée qu’ils ne pourront plus, désormais, se placer en véritables démiurges, façonnant le destin du monde, et détruisant à loisir les États souverains au gré de leurs intérêts. Et les caniches — tenus tout autant par leur alliance mortifère à l’OTAN qu’à son versant économique, l’Union Européenne — aboient avec leur maître, tirant même sur la laisse pour lui montrer combien ils sont combatifs et fidèles compagnons.

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Dans un sursaut désespéré, l’alliance de bric et de broc tente le tout pour le tout, jouant une partie de poker menteur dont les cartes ont déjà été rebattues cent fois déjà, dans l’espoir de faire reculer la Russie, qui campe fermement sur ses positions, sûre de son bon droit. L’affaire Skripal, c’était juste l’échauffement, histoire de voir jusqu’à quel point les médias pouvaient raconter n’importe quoi sans que personne n’y trouve rien à redire; et de ce point de vue, il est vrai qu’en examinant attentivement l’alignement des médias, on n’aurait pas vu une oreille dépasser.

La première chaîne de radio francophone de Belgique en flagrant délit de mensonge

Par la voix du journaliste Daniel Fontaine, dans l’émission soir première, et plus précisément lors du journal de 18h, qui lisait son texte :

Elle (la Russie, ndlr) accuse les casques blancs, l’organisation de sauveteurs Syriens, dans les zones rebelles, d’avoir mis en scène cette attaque chimique, pour les caméras. Pourtant, l’Organisation Mondiale de la Santé, affirme que 70 personnes sont bien mortes, samedi, dans des caves, à Douma. La majorité des victimes présentaient des symptômes d’exposition à des agents chimiques (…)

Écoutant tout d’abord d’une oreille distraite les gazouillements du journaliste se livrant à son activité favorite — la propagande — je n’en crûs pas mes oreilles, tout d’abord. Avait-il bien parlé de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ? L’affaire Skripal nous a montré, s’il le fallait encore, que les journalistes sont passés maîtres dans l’art de la suggestion, ainsi, je pense que bon nombre d’auditeurs/téléspectateurs restent, encore aujourd’hui, persuadés que Sergueï Skripal et sa fille sont morts, empoisonnés par un agent innervant.

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Dès qu’il a été disponible sur la plateforme, j’ai été réécouter l’extrait en question, accessoirement accompagné des images tournées par les caméras du studio. Et aux alentours de 18h03, il prononce exactement les mots figurant dans la citation ci-dessus, en prenant un soin tout particulier à articuler Organisation Mondiale de la Santé, comme pour l’enfoncer mieux dans la masse gélatineuse du cerveau de ses auditeurs.

Or Douma, au moment des faits (supposés) était aux mains des rebelles de Jaïch al Islam, qui sont parmi les plus fanatiques des rebelles takfiristes ayant combattu le régime Syrien : quelle ONG prendrait le risque d’y avoir une antenne ? Certainement pas les Nations Unies, pas même MSF, pas même la Croix-Rouge.

Je suis donc parti en quête de la dépêche ou du communiqué sur lequel ces affirmations se basaient. Je n’ai pas eu à chercher longtemps, il s’agissait d’un communiqué de l’OMS, daté du même jour, le 11 avril, qui disait ceci :

L’Organisation mondiale de la Santé est profondément alarmée par les rapports soupçonnant l’utilisation de produits chimiques toxiques dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.

Selon les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé, on estime qu’au cours du bombardement de Douma samedi, 500 patients se sont présentés dans les établissements de santé avec des signes et symptômes correspondant à une exposition à des produits chimiques toxiques, en particulier des signes d’irritation sévère des muqueuses, d’insuffisance respiratoire et de troubles du système nerveux central chez ceux qui ont été exposés.

L’OMS précise donc d’emblée que cette information lui est parvenue via « les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé ». En creusant un peu, sur les sites de presse, on comprend que ces « partenaires » sont, nommément :

  • La Syrian American Medical Society
  • Les casques blancs

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Faut-il préciser que les casques blancs sont à l’objectivité ce que Boris Johnson est à l’honnêteté intellectuelle ? On ne compte plus les manipulations avérées de ces soi-disant sauveteurs, qui ne sont qu’une émanation des services secrets britanniques destinées à donner une apparence de respectabilité à la rébellion. Sauveteurs devant les caméras, terroristes quand les projecteurs sont éteints. [Note d’Entelekehia : et la Syrian American Medical Society est un organisme régulièrement dénoncé comme une émanation d’al-Qaïda, encore récemment dans un article du journaliste Max Blumenthal]

N’est-il pas dès lors pour le moins étrange que la RTBF confonde les casques blancs avec rien moins que l’OMS ? N’allez pas croire une seconde que ce soit une erreur, il s’agissait bien de donner à cette information toutes les apparences de la légitimité, quitte à violer allègrement les règles les plus élémentaires de la déontologie journalistique.

D’ailleurs, l’immense majorité des médias a relayé la même version dans un parfait unisson, ce qui indique, comme dans l’affaire Skripal d’ailleurs, qu’on n’a pas affaire à des dérapages, mais à une manipulation délibérée et parfaitement orchestrée.

Par Philippe Huysmans
Source: Vilain petit canard

https://arretsurinfo.ch/les-medias-sans-vergogne/

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En France également, de nombreux médias se sont clairement positionnés pour une intervention militaire en Syrie, sur la base des mêmes allégations mensongères...  

Voir par exemple nos publications:

Les médias américains exigent une agression à grande échelle contre la Syrie

Quels effets aurait une intervention occidentale en Syrie ?

D'autres par contre, mais c'était plus rare, ont au moins donné la parole à une autre version, comme par exemple:

Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie

Vidéos du jour

La réalité du conflit syrien face à Bourdin, par une experte en géopolitique ! (12/04/18)

P.G.

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[RussEurope-en-Exil] Syrie : frappes à dingues ?

Article rédigé juste avant les frappes du trio US/UK/France

TL SAPIR PREUVES

TRIBUNE LIBRE / J. Sapir

L’attitude ce certains pays occidentaux, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne au sujet de la Syrie soulève de nombreux problèmes. Ces pays, sur la base d’accusations d’emploi de gaz qui sont loin d’être prouvées, veulent faire des frappes sur des objectifs tant militaires que civils pour « punir » le régime syrien. Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien, l’accusation est plausible*. Mais, il convient de rappeler que d’autres accusations précédentes le visant ont été démenties[1], et que les groupes s’opposant au régime, qui ne sont pas moins cruels ni moins brutaux que le régime et cela sans même parler de DAECH, ont développé et usé eux aussi d’armes chimiques. Ils portent la responsabilité de certaines des attaques chimiques qui ont été perpétrées durant cette guerre.

Cette attitude des trois pays occidentaux soulève, de plus, la question du respect du droit international. S’ils effectuaient des bombardements, dans la situation actuelle, cette action serait clairement illégale.

Les « preuves » et le précédant de 2003

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Les accusations concernant une attaque chimique dans le secteur de la ville de Douma se sont multipliées depuis ces derniers jours. Mais, des éléments irréfutables n’ont pas été présentés au public. La Russie prétend que cette attaque n’a pas existé, et qu’elle relève d’un montage de l’un des groupes combattant à Douma[2]. Il convient de rappeler que des soldats russes ont pu se rendre dans la ville de Douma, qui a été reprise par les forces de Bachar-el-Assad. Devant cette situation, Emmanuel Macron, lors de son interview de jeudi 12 avril, a affirmé détenir des preuves. Néanmoins, depuis le scandale des affirmations américaines et britanniques à l’ONU au sujet des armes de destruction massive soi-disant détenues par l’Irak, ce genre d’affirmation n’est plus recevable. L’ancien secrétaire d’Etat américain, M. Colin Powell a reconnu, depuis, le mensonge, et indiqué qu’il avait été manipulé par une frange des services secrets[3]. De même, il a été prouvé que Tony Blair, le Premier ministre britannique avait lui aussi menti[4].

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Ce précédent a durablement invalidé la parole publique des responsables politiques. Emmanuel Macron dispose peut-être de preuves irréfutables. Mais, il ne peut être cru sur parole. Ces preuves, il doit les montrer à l’opinion, et les soumettre à critique et discussion. Faute de faire cela, il ne pourra emporter aucune conviction. Nous en sommes donc là.

Or, c’est sur la base de cette accusation, dont on mesure la fragilité, que ces trois pays veulent attaquer un pays souverain. Il y a là un problème politique évident. C’est ce qui explique que d’autres pays européens, et en particulier l’Allemagne et l’Italie aient refusé de s’associer à cette attaque. Face à cette menace, la Russie a menacé d’abattre les missiles et de frapper les bases d’où ils auraient été tirés si des soldats russes étaient blessés lors de ces frappes. Non seulement nous sommes en présence d’un acte irréfléchi de la part de ces trois pays occidentaux, mais aussi d’un acte très dangereux.

Quelle rationalité ?

De nombreux commentateurs se sont étonnés que le régime de Bachar-el-Assad utilise ce type d’armes alors qu’il est en train de gagner la guerre, mi-civile, mi intervention étrangère. C’est un argument à prendre en compte. Aucune raison militaire ne militait pour l’emploi de gaz à Douma. Mais, il convient aussi de dire que l’on ne sait pas à quel point le régime syrien contrôle ses forces armées. De plus, le rôle politique de ces gaz peut être de terroriser une fraction de la population. La motivation qui sous-tendrait un possible usage de ces gaz par les forces de Bachar-el-Assad n’apparaît donc pas clairement[5]. Quels que soient les motifs possibles, le régime syrien savait que s’il commettait cet acte une riposte des Etats-Unis, comme en 2017, était probable. Par contre, s’il s’agit d’une provocation menée par les groupes combattant Assad, la motivation apparaît plus clairement. Aux abois, ces groupes n’ont guère d’autre choix que de chercher à tout prix à internationaliser le conflit. Il convient donc de garder cela en tête avant que de se précipiter dans une logique d’intervention et de bombardements.

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Car la guerre, et l’on se souvient de la formule de Clausewitz, aussi cruelle qu’elle soit, doit toujours servir une politique. La guerre est toujours la poursuite de la politique par d’autres moyens. Or, quelle est la politique des Etats-Unis et de leurs alliés ? La perspective d’un renversement pas la force de Bachar-el-Assad n’a plus aujourd’hui la moindre crédibilité. On voit bien ici que des frappes n’auraient pas d’autres justification que la vengeance et le fait de vouloir faire mal au régime. La stupidité de cette attitude est évidente.

Des voix protestataires

Il convient alors de revenir sur ce que seraient les « buts de guerre » des Etats-Unis et de leurs alliés. L’économiste Jeffrey D. Sachs, qui n’est pas un de mes amis et dont j’ai dénoncé la politique quand il conseillait Boris Eltsine et Yegor Gaïdar en Russie, décrit très bien les contradictions de la politique des Etats-Unis dans une vidéo[6]. Ce que dit Jeffrey Sachs est intéressant à plus d’un titre, et ne serait-ce que parce qu’il était bien placé auprès de l’appareil d’Etat américain[7]. Il commence à expliquer que les Etats-Unis ont fait une erreur stratégique il y a 7 ans de cela, et que la CIA (avec l’aide de l’Arabie Saoudite) cherchait à renverser Assad. Puis, pour décrire les réseaux qui poussaient (et qui poussent toujours) à la guerre il emploie la formule de « Permanent State ». C’est, en un sens, ce que l’on pourrait appeler la « bureaucratie », mais dans un sens plus pervers ; cette formule désigne en fait aussi ce que le Président Eisenhower appelait en son temps le « complexe-militaro-industriel »[8], mais un « complexe » où l’idéologie jouerait certainement un rôle plus important. Enfin il conclut en appelant Donald Trump à se fier à son instinct qui lui conseillait de se dégager au plus vite du bourbier Syrien.

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Les propos de Jeffrey Sachs sont à mettre en parallèle avec ceux de nombreux hommes politiques en Europe, de Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon à gauche à Matteo Salvini ou Jacques Myard et Gérard Longuet à droite. De fait, l’intervention militaire que veulent nos hystériques va-t-en-guerre, que ce soit BHL, Hollande ou Macron et ses soutiens n’aurait pas d’autres résultats que de faire monter la tension jusqu’à des extrêmes et de nous mettre hors-jeu quant à l’avenir du Moyen-Orient.

La politique française : hors-jeu ou inclusion ?

Car, et il n’en faut pas douter, Bachar-el-Assad a gagné. Certains en seront soulagés, d’autres le regretteront, mais cette victoire est désormais incontestable. Il a gagné militairement cette guerre, mais il n’a pas encore gagné la paix. Et l’on peut douter qu’il soit en mesure de la faire, du moins tant qu’il restera dans la situation actuelle.

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Si la France a un objectif, ce devrait être justement celui-là : se réinsérer dans le jeu politique du Moyen-Orient pour pouvoir peser sur la paix qui vient, et garantir que le jihadisme soit réellement vaincu mais aussi qu’une situation acceptable soit faite aux minorités, tant cultuelles que politiques. On comprend bien que cela constituera – s’il est possible de le mettre en place – la meilleure garantie pour que le jihadisme ne puisse revenir. Contribuer à une paix réelle, à une paix qui passe par des compromis, mais aussi par la reconnaissance des droits des kurdes, envers qui nous avons une vieille dette, telle devrait être l’objectif de la France, car cette objectif est le seul qui associe tant les principes démocratiques que les conditions de notre sécurité. Cet objectif, de plus, est le seul qui soit compatible avec le droit international. Or ce droit, tout imparfait et limité qu’il soit, reste le meilleure garantie de stabilité au niveau mondial.

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Nous avons donc le choix entre une politique qui renforcera notre exclusion de la zone du Moyen-Orient, car nous n’avons pas les moyens de présence des Etats-Unis, et qui fragilisera notre sécurité, et une politique d’inclusion. Mais, cette dernière ne peut se mener que dans un dialogue avec la Russie et l’Iran. On peut d’ailleurs constater que l’attitude, bien plus prudente, de l’Allemagne, tend en réalité vers cela. Il convient donc de rouvrir un véritable dialogue politique tant avec la Russie qu’avec l’Iran, et pour cela commencer à se détacher du cadre de l’OTAN qui nous enferme et qui nous contraint. Il convient aussi d’apporter dans ce dialogue nos moyens et notre capacité économique pour la reconstruction de la Syrie et, au-delà, de l’Irak. Car, reconstruire un pays est une chose que nous savons faire et ce certainement mieux que les Etats-Unis.

Mais, choisir cette stratégie d’inclusion implique de fermer la porte aux options militaires irréfléchies et irresponsables. Il ne semble pas que notre Président, Emmanuel Macron l’ait compris.

Notes

[1] Voir l’analyse des déclarations du Secrétaire à la défense des Etats-Unis James Mattis, http://www.newsweek.com/now-mattis-admits-there-was-no-evidence-assad-using-poison-gas-his-people-801542

[2] Voir https://francais.rt.com/international/49727-moscou-detient-preuves-irrefutables-que-attaque-chimique-ghouta-mise-en-scene et https://fr.sputniknews.com/international/201804131035935022-moscou-attaque-presumee-douma/

[3] Voir http://www.nti.org/gsn/article/powell-blames-himself-iraqi-wmd-speech-un/ Voir aussi https://www.huffingtonpost.com/jonathan-schwarz/colin-powell-wmd-iraq-war_b_2624620.html

[4] Voir https://www.independent.co.uk/news/uk/politics/chilcot-report-inquiry-tony-blair-iraq-war-weapons-of-mass-destruction-evidence-verdict-a7122361.html

[5] Voir l’interview de Peter Ford, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, https://www.youtube.com/watch?v=3j_Z1f84Ps8

[6] https://www.youtube.com/watch?v=-vwKk4pADCw&app=desktop

[7] Sur les liens de Sachs avec l’appareil d’Etat démocrate, voir le chapitre 1 de Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002.

[8] https://www.history.com/this-day-in-history/eisenhower-warns-of-military-industrial-complex

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-frappes-a-dingues-par-jacques-sapir/

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*Commentaire relevé sur le site:

« Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien » : bla-bla conformiste. Le pouvoir syrien résiste, et il incarne une nation qui résiste à l’impérialisme.
De toute façon, « Bachar al-Assad a gagné » ; quant à gagner la paix, les Russes notent que c’est au moment où se dessinait un avenir de paix que les agresseurs ont frappé la Syrie.
https://www.rt.com/news/424096-syria-strike-peaceful-future/

Après les diplomates : Haley, Pierce, Delattre, les dirigeants : Trump, May, Macron. Elle s’allonge, la liste des criminels contre la paix.

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«Nous sommes exceptionnels, la Russie non» : Pompeo justifie la pratique US de changement de régime

Le futur chef de la diplomatie américaine a fait une éclatante démonstration du sentiment d'exceptionnalisme qui règne à Washington lors de son audition au Congrès. Sans oublier de s'en prendre à la Russie, pour rassurer les sénateurs.*

ACT POMPEO FAUCON

Choisi par Donald Trump comme prochain secrétaire d'Etat américain à la place de Rex Tillerson, Mike Pompeo passait une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 12 avril afin d'être confirmé dans ses fonctions. Pour s'attirer les bonnes grâces des sénateurs, celui que Donald Trump avait nommé à la tête de la CIA à son arrivée au pouvoir s'est lancé dans un exercice visant à les rassurer quant à sa vision géopolitique.

Dans cette optique, rien de mieux que de prendre pour cible la Russie. Mike Pompeo y a mis un soin tout particulier. Décrivant Moscou comme «un danger» pour les Etats-Unis, il a promis de «confronter les Russes dans tous les domaines», qu'ils soient cybernétiques, économiques ou autres. Sans évidemment oublier de mentionner le chef d'Etat russe : «Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas.»

Pour achever de persuader son auditoire qu'il n'a pas l'intention de rompre avec la politique que suit Washington depuis des décennies, Mike Pompeo s'est employé à expliquer ce qui différenciait les Etats-Unis du reste du monde. Ainsi lorsque Tim Kaine, l'ancien colistier d'Hillary Clinton, lui a posé une question piège, cherchant à savoir si une politique de changement de régime était acceptable de la part d'autres pays que les Etats-Unis, le futur diplomate ne s'est pas démonté.

«[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne».

https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

*Voir aussi:

Choisi par Trump pour diriger sa diplomatie, Mike Pompeo lisse son profil de « faucon » au Sénat

La confirmation au poste de secrétaire d’Etat de l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, qui dirigeait la CIA depuis un an, n’est pas acquise.

Mike Pompeo est en quête d’une majorité au Sénat pour accéder au poste de secrétaire d’Etat des Etats-Unis vacant depuis le limogeage de Rex Tillerson. Son audition par la commission des affaires étrangères, jeudi 12 avril, a cependant montré que ses marges de manœuvres sont étroites.

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Un an plus tôt, lors de la procédure de confirmation au poste de directeur de la CIA qu’il a occupé jusqu’à sa nomination par Donald Trump en mars, l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, avait pu compter sur le soutien de 15 voix démocrates. Tout donne à penser que sa marge sera beaucoup plus réduite cette fois-ci alors qu’un sénateur républicain, Rand Paul (Kentucky) a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à sa nomination, et qu’un second, John McCain (Arizona), ne pourrait pas prendre part au vote du fait de son état de santé.

Précédé par une réputation de « faucon » nourrie par de nombreuses prises de position contre l’Iran ou la Corée du Nord, Mike Pompeo a répété que « la guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort », en s’appuyant sur son expérience sous les drapeaux, au début de sa carrière.

Proximité incontestée avec le président

Il a tenté de mettre en évidence deux atouts qui ont cruellement manqué à son prédécesseur. Tout d’abord, une proximité incontestée avec le président des Etats-Unis. « Chaque ancien secrétaire d’Etat avec qui j’ai parlé a souligné l’importance de maintenir une relation étroite avec le président. J’ai travaillé à établir ce genre de relation avec le président Trump au cours des quinze derniers mois grâce à des centaines d’heures de briefings », a-t-il expliqué.

Dans une critique implicite envers Rex Tillerson, il a mis en avant une capacité à gérer une structure administrative dont il a fait la preuve, selon lui, à la CIA, alors que le département d’Etat a été affaibli par un exode sans précédent de hauts fonctionnaires démobilisés par son prédécesseur. « Il est primordial de renforcer le meilleur corps diplomatique au monde », a-t-il assuré.

Les sénateurs républicains qui ont plaidé pour sa nomination ont mis ces atouts en avant, tout comme son parcours de major de sa promotion de la prestigieuse académie militaire de West Point, devenu par la suite un homme d’affaires prospère, puis un élu pendant six ans à la Chambre des représentants.

Evasif sur l’Iran et la Corée du Nord

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D’autres, à commencer par le président républicain de la commission, Bob Corker (Tennessee), qui ne cache pas ses critiques vis-à-vis du président, se sont cependant interrogés sur la nature du lien noué avec Donald Trump. Bob Corker lui ainsi a demandé s’il serait capable de « donner des conseils au président qui lui permettent de voir une situation donnée de manière globale » quitte à le contredire, rappelant que le président n’a pas hésité à écarter les conseillers défendant des vues opposées aux siennes. Le vice-président démocrate de la commission Robert Menendez (New Jersey) a souligné l’importance de ce rôle face à une présidence « guidée par les coups de tête et pas par une stratégie ».

Autant l’ancien directeur s’est exprimé de manière claire sur le recours, vanté pendant la campagne par Donald Trump, à la torture, qu’il a jugée « interdite par la loi » ou bien sur la nécessité de la fermeté face à la Russie, autant il s’est montré plus évasif sur les deux sujets qu’il aura à traiter en priorité : le maintien des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien et le sommet annoncé entre M. Trump et le responsable de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Mansuétude d’élus démocrates

Pressé de questions, Mike Pompeo, qui avait milité activement contre l’accord iranien, a assuré que sa priorité consisterait à combler les lacunes supposées du compromis, et qu’un retrait des Etats-Unis à l’échéance fixée par le président, le 12 mai, ne refermerait pas, selon lui, la voie de la diplomatie.

« S’il s’avère qu’il n’y a aucune chance de l’améliorer, je recommanderai au président de faire de notre mieux avec nos alliés pour trouver un meilleur résultat et un meilleur accord. C’est ça l’objectif », a-t-il assuré, alors que les partenaires européens des Etats-Unis signataires du texte ont exclu toute réécriture, tout comme l’Iran, et prônent au contraire des dispositifs annexes pour répondre aux inquiétudes américaines sur l’influence iranienne au Moyen-Orient, ou sur ses activités balistiques.

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Conscient de la défiance que ses prises de position passées sur l’islam ou sur le mariage homosexuel ont alimentée chez les démocrates, Mike Pompeo a pris soin de rencontrer les deux anciens secrétaires d’Etat de Barack Obama, Hillary Clinton et John Kerry, pour solliciter leurs conseils. Il mise désormais sur la mansuétude d’élus démocrates engagés dans une campagne de réélection délicate dans des Etats républicains, en Virginie-Occidentale ou dans le Dakota du Nord, pour obtenir les voix nécessaires pour pouvoir prendre la tête de la diplomatie américaine.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/12/choisi-par-trump-pour-diriger-sa-diplomatie-mike-pompeo-lisse-son-profil-de-faucon-au-senat_5284772_3222.html#lyZZzScJW88dcG4T.99

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