jeudi 12 avril 2018

Communiqué UPR sur la Syrie

L’UPR demande de la façon la plus solennelle à Macron et au gouvernement français de ne pas intervenir militairement en Syrie, et d’arrêter l’alignement servile et tragique de la France sur la politique belliqueuse des États-Unis.

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Pour la énième fois depuis le déclenchement du conflit syrien, ni Paris, ni Washington n’ont présenté la moindre preuve qui permettrait d’attribuer à Bachar Al-Assad la responsabilité de l’attaque au gaz qui aurait été perpétrée contre la population du quartier de la Ghouta près de Damas le 7 avril dernier.

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En outre, aucune des deux capitales n’ont reçu l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU pour procéder à une opération militaire contre le gouvernement syrien. Dès lors, toute opération de cette nature serait une violation du droit international et pourrait avoir des conséquences d’une gravité incalculable.

À la lumière des événements et des nombreuses « fake news » produites par le camp anglo-saxon depuis une quinzaine d’années, l’UPR appelle les médias, les responsables politiques et économiques, et tous les Français, à la plus grande méfiance devant les allégations des gouvernements américain et français.

Comme l’a révélé une dépêche d’Associated Press du 2 février dernier, dont l’UPR s’était fait l’écho, les États-Unis n’ont jamais eu de preuve démontrant que le gouvernement syrien avait utilisé du gaz toxique contre sa propre population, qu’il s’agisse de la tragédie survenue en août 2013, déjà à la Ghouta, ou de la tragédie de Khan Cheikhoun survenue en avril 2017.

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L’UPR rappelle aussi que c’est sur la base de la prétendue détention d’armes de destruction massive par le régime de Saddam Hussein que George W. Bush et Anthony Blair ont déclenché une guerre extrêmement meurtrière en Irak en 2003. Plus de 1,2 millions de civils irakiens, dont des centaines de milliers de femmes et d’enfants, ont été tués depuis lors, alors qu’il s’agissait d’une pure « fake news » – reconnue comme telle, quelques mois après, par le secrétaire d’État américain Colin Powell.

L’UPR rappelle encore que l’affaire Skripal s’est largement dégonflée depuis que le chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down, en charge d’analyser le poison qui aurait été administré à l’ex-agent russe et à sa fille, a reconnu ignorer l’origine de la substance.

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Ces révélations ont mis en lumière que c’est sans aucune preuve, et en violant les procédures de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), que Londres a attribué à la Russie la responsabilité de cette prétendue tentative d’empoisonnement de l’ex-agent double. Une tentative d’empoisonnement bien mystérieuse puisqu’aux dernières nouvelles, les deux victimes – que nul journaliste ni observateur international n’a vu depuis le début de l’affaire – se porteraient aujourd’hui comme des charmes…

C’est d’ailleurs probablement en tirant les leçons du fiasco de l’affaire Skripal que la Première ministre britannique, Mme May, a décidé de ne pas emboîter le pas des États-Unis d’Amérique – du moins pour le moment – et de demander des preuves de la responsabilité de Bachar Al-Assad dans l’attaque du 7 avril.

Au lieu de jeter de l’huile sur le feu avec une folle irresponsabilité et d’obéir au moindre claquement de doigts de Washington, Macron doit mettre les efforts de la France au service de la paix mondiale, qui est aujourd’hui gravement menacée.

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Le gouvernement français doit se tenir à l’écart de toute intervention militaire en Syrie, et soutenir la mise en place d’une enquête internationale dans le cadre de l’ONU, en y associant l’OIAC, pour faire la lumière sur les événements survenus le 7 avril dans la Ghouta.

L’UPR rappelle enfin que l’article 35 de la Constitution de la République pose que « la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement ».

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Sur un sujet aussi grave  qu’un éventuel conflit mondial avec la Russie, le sort du peuple français ne doit pas dépendre des sautes d’humeur et des messages Twitter de Docteurs Folamour vaniteux et déraisonnables. Les députés et les sénateurs doivent exercer le pouvoir que leur donne notre Constitution.

https://www.upr.fr/actualite/lupr-demande-de-la-facon-la-plus-solennelle-a-macron-et-au-gouvernement-francais-de-ne-pas-intervenir-militairement-en-syrie-et-darreter-lalignement-servile-et-tragique-de-la-france-sur

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«Prépare-toi, Russie !» : Donald Trump défie Moscou d'arrêter ses «tout beaux» missiles

Ce 11 avril, Donald Trump s'est dit toujours prêt à lancer des frappes contre la Syrie.

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«La Russie promet de descendre tout missile tiré sur la Syrie. Prépare-toi Russie, parce qu'ils vont venir, tout beaux, tout nouveaux et "intelligents"», a-t-il lancé sur Twitter. Une allusion sans doute au dévoilement en mars dernier par le président russe Vladimir Poutine de toute une série de nouvelles armes sophistiquées«Vous ne devriez pas vous associer à un animal qui tue avec du gaz, qui tue son peuple et aime cela», a-t-il poursuivi, continuant à prendre pour acquise l'implication supposée de Damas dans l'attaque chimique présumée à Douma le 7 avril.

Un peu plus de 40 minutes plus tard, Donald Trump a publié un tweet semblant adoucir sa position. «Notre relation avec la Russie n'a jamais été aussi mauvaise, et cela inclut [la période de] la guerre froide. Il n'y a pas de raison pour ça [...] Nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Pourrions nous stopper la course aux armements ?», a-t-il tweeté.

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Pour rappel, au début de l'année était annoncé que l'armée américaine allait bénéficier d'une dotation budgétaire record pour 2019, avec une  augmentation de 54 milliards de dollars par rapport à l'année précédente. Avec 686 milliards de dollars, le budget 2019 représente, à quelques milliards près, l'équivalent du PIB de la Suisse ou de l'Arabie saoudite. Autres ordres de grandeur : la Russie consacrait, selon les chiffres du Forum économique mondial, l'équivalent de 66 milliards de dollars à ses armées en 2015, la France 55 milliards.

Moscou conseille à Donald Trump de viser plutôt les groupes armés djihadistes

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères n'a pas tardé à réagir à la déclaration du président américain. «Les missiles "intelligents" devraient frapper les terroristes, pas le gouvernement légitime [de la Syrie]», a-t-elle souligné. «[La mise en œuvre de] ces missiles intelligents pourraient constituer une tentative de détruire des preuves au sol de l'attaque chimique en Syrie», a déclaré Maria Zakharova. «Les inspecteurs n'auront plus rien à trouver en termes de preuves», a-t-elle ajouté, alors que les accusations d'attaque chimiques ont été relayées par certains groupes liés aux rebelles, dont les controversés Casques blancs, ainsi que le pro-occidental Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur des informations des mêmes rebelles, parmi lesquels Jaïch al-Islam.

Alexandre Zassypkine, l'ambassadeur russe au Liban, a déclaré la veille 10 avril que si des missiles américains étaient tirés sur la Syrie, ils seraient détruits. Il a précisé que les sites de lancement de ces missiles seraient également visés. «S'il y a une frappe des Américains, alors... les missiles seront détruits et même les sources à partir desquelles les missiles ont été tirés», a-t-il ainsi déclaré à la chaîne al-Manar du Hezbollah.

Le chef du comité de défense de la Douma (chambre basse du Parlement russe) et ancien commandant des troupes aéroportées russes a également signalé le même jour que Moscou prendrait toutes les mesures, y compris militaires, en réponse à une éventuelle attaque américaine contre les forces gouvernementales en Syrie.

https://francais.rt.com/international/49644-prepare-toi-russie-donald-trump-d%C3%A9fie-moscou

Crise en Syrie : Vladimir Poutine «espère que le bon sens finira par l'emporter»

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S'exprimant sur la confrontation avec l'Occident sur le dossier syrien, le président russe a déploré des relations internationales «de plus en plus chaotiques». Il a toutefois espéré que le système mondial deviendrait, à terme, plus stable.

Sur fond de tensions extrêmes entre la Russie et l'Occident qui accuse Damas d'avoir mené une attaque chimique dans la Ghouta, le président russe Vladimir Poutine a donné sa propre interprétation des événements.

«La situation dans le monde devient de plus en plus chaotique. Nous espérons néanmoins que le bon sens finira par prévaloir, que les relations internationales reprendront un aspect constructif et que l'ensemble du système mondial deviendra plus stable et plus prévisible», a-t-il déclaré lors d'un discours devant des diplomates étrangers ce 11 avril 2018. «Nous allons poursuivre un agenda positif et tourné vers l'avenir pour le monde. Nous allons aussi travailler à garantir un développement stable, la prospérité et l'épanouissement de l'humanité», a-t-il ajouté.

(...)

L'Occident va-t-il frapper la forces syriennes plutôt que les rebelles djihadistes ? 

Au Conseil de Sécurité de l'ONU, la Russie et les Etats-Unis ne sont pas parvenus à un accord sur les conditions dans lesquelles une enquête pourrait être menée à Douma. La proposition russe visant à établir un mécanisme d'enquête indépendant sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie a été rejetée, n'ayant pas recueilli la majorité de neuf voix nécessaires à son adoption. Ce texte a été approuvé par six pays, dont la Chine, alors que sept se sont prononcés contre et deux ont choisi l'abstention.

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Au cours des derniers jours, les signaux d'une probable intervention des Etats-Unis, appuyée par la France, contre Damas se sont multipliés. L'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a ainsi émis le 10 avril un message clair de mise en garde, invoquant «de possibles frappes aériennes en Syrie [...] dans les 72 heures à venir». L'alerte précise encore aux pilotes de se tenir prêts à recevoir des NOTAM (messages aux navigants aériens) spécifiques, concernant les risques en vol dans la région

Le destroyer lance-missile USS Donald Cook a quitté le 10 avril le port chypriote de Larnaca, où il faisait escale, et se trouve dans une zone d'où il peut facilement frapper la Syrie. D'après Reuters, le Pentagone a annoncé ce 11 avril avoir planché sur les différentes options militaires et s'est dit prêt à les présenter à Donald Trump.

https://francais.rt.com/international/49658-crise-syrie-vladimir-poutine-espere-bon-sens-emporter

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Quels effets aurait une intervention occidentale en Syrie ?

Quand le journal La Croix ("catholique") soutient une intervention militaire occidentale en Syrie; décryptage:

TL LA CROIX VIVE LA GUERRE

Quelques jours après une présumée attaque chimique dans la ville de Douma, les tensions internationales sont palpables ce mardi 10 avril. Les États-Unis et la France semblent en effet sur le point de mettre à exécution leurs menaces de frappes conjointes contre le régime de Damas.

La ville de Douma le 7 avril. ZOOM

La ville de Douma le 7 avril. / Stringer / AFP

Ce ne serait pas la première fois que le régime syrien franchit la ligne rouge de l’usage d’armes chimiques.

[affirmation mensongère: aucune preuve à ce jour!]

Mais, après l’attaque présumée « au gaz toxique » qui a fait des dizaines de mort à Douma samedi 7 avril, Paris et Washington ont promis cette fois-ci de répondre « avec force ». Une décision de la part des deux pays est attendue dans les heures à venir qui pourrait donner lieu à des frappes occidentales contre les positions du régime de Damas.

► Quelles pourraient être les conséquences diplomatiques de telles frappes ?

[La question en elle- même est révélatrice: on pourrait s'attendre, dans un journal "catholique", que la première question portât sur les conséquenes HUMAINES de telles frappes...]

« Cela dépend de la nature des frappes, estime Ziad Majed, politologue et professeur à l’université américaine de Paris.

[Un "expert" dont la neutralité est assurée d'emblée...]

S’il s’agit d’une petite frappe, comme l’année dernière avec l’envoi de missiles Tomahawks contre la base syrienne d’al-Chaaryate (après l’attaque chimique contre le village de Khan Sheikhun), ça n’aura pas de grandes conséquences. Le régime pourra continuer de crier au complot et les Russes en sortiront gagnants. Si les frappes sont d’envergure, le rapport de force ne va pas être modifié sur le terrain, mais cela pourrait pousser vers une sortie de crise. »

[Oui, vous avez bien lu, c'est un appel au meurtre, en toute tranquillité, présenté comme la solution à une "sortie de crise"!]

« Actuellement, les Russes ne rencontrent pas vraiment d’opposition armée sérieuse face à eux. Cette dernière n’a que des armes légères, ajoute Ziad Majed.

[traduisez: les jihadistes sont des amateurs, presque des touristes...]

Avec des frappes d’ampleur de la part des Américains et des Français, il y aurait un message comme quoi les choses ne peuvent pas continuer, que la guerre doit respecter certaines contraintes. Ils peuvent montrer qu’ils sont capables de fermeté s’ils le veulent. »

[Qu'importe le nombre de morts potentiel, l'important, c'est le message!]

Par le passé, plusieurs cas d’utilisation d’armes chimiques ont été imputés au régime de Damas. Après le massacre de la Ghouta en août 2013, les États-Unis et la France avaient failli intervenir, avant que les Américains ne fassent marche arrière. Bachar Al Assad avait nié avoir fait usage de gaz sarin, avant de finalement en livrer 1 million de tonnes à l’OIAC, dans le cadre d’un accord international. « Le régime en avait probablement gardé ou en a refait plus tard, poursuit Ziad Majed. Par la suite, il y a eu des attaques au chlore. Dans l’attaque du 7 avril, il semblerait qu’il s’agisse d’un mélange de chlore et de gaz sarin. »

[Attention, là, ce n'est pas du complotisme, c'est un universitaire qui parle!]

INFOGRAPHIE – Syrie : sept années d’impuissance internationale face aux armes chimiques

► Les Occidentaux ont-ils intérêt à attendre que la preuve soit faite de l’utilisation d’armes chimiques ?

L’intervention occidentale pourrait attendre le vote d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie, indéfectible soutien du régime de Damas, nie le fait qu’il y ait eu une attaque chimique et demande qu’une enquête soit effectuée. Elle a d’ailleurs rédigé son propre projet de résolution à l’ONU, en concurrence avec celui déposé peu avant par les États-Unis et qui vise à l’instauration d’un mécanisme d’enquête internationale sur le recours des armes chimiques en Syrie.

Moscou n’en est plus à une contradiction près, comme le rappelle Ziad Majed : « À cause du veto russe, le Mécanisme conjoint d’enquête sur l’utilisation présumée d’armes chimiques en Syrie (JIM) a été arrêté l’année dernière. Il avait prouvé la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques précédentes. Maintenant, les Russes veulent une enquête. »

["Le JIM présente « des lacunes fondamentales », avec le recueil de témoignages douteux, des approximations dans le travail d'enquête, a rétorqué l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia/ http://www.rfi.fr/moyen-orient/20171117-syrie-onu-jim-enquetes-armes-chimiques-russie]

Et pour cause, ces derniers ont tout intérêt à jouer la montre : « En fait, cela leur servirait à gagner du temps et nourrir une théorie du complot comme ils en ont l’habitude, reprend le politologue. Les Russes, qui contrôlent le terrain, sont sûrement déjà en train de camoufler les preuves et de modifier la scène de crime. Les Occidentaux ont intérêt à agir au plus vite car, s’il faut attendre les résultats d’une commission d’enquête, ils montreront tout autre chose de la réalité. »

 

Le régime syrien a d’ailleurs invité l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir enquêter sur les lieux de la supposée attaque chimique. « Je pense que les preuves de la responsabilité du régime syrien dans cette attaque existent déjà. Il a été prouvé qu’il avait déjà fait utilisation de gaz sarin par le passé et il est le seul à avoir une aviation qui survole cette zone. »

Eddie Rabeyrin
https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Quels-effets-auraient-intervention-occidentale-Syrie-2018-04-10-

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En résumé, pour faire passer un message (évangélique?), rien de tel que des frappes d'une "certaine ampleur", le plus vite possible, une version "moderne" et "progressiste" de la formule "aimez vous les uns les autres", sans doute.   P.G.

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Vidéo « Jeu de société » : Une percutante métaphore de notre aliénation économique

Le studio Les Parasites a publié un court métrage, intitulé « Jeu de Société ». Sous la forme d’une allégorie de la société, le groupe de jeunes producteurs dénonce un système dominé par l’argent et les rapports de force tout en se penchant sur la violence que les structures provoquent sur les relations humaines. Un petit chef d’œuvre à découvrir absolument.

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Les Parasites est un groupe constitué de jeunes passionnés par la réalisation de courts métrages. Leurs montages interrogent la société et la vie quotidienne, entre humour et critique engagée. Selon Guillaume Desjardins, l’un des membres, leur travail s’inspire d’une phrase de Théodore Monod « L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé ». Malgré un budget limité, ils publient une vidéo par semaine et un court métrage par mois sur leur chaîne YouTube.

 

À ce jour, leur principal outil de médiatisation est internet. Cependant, à leur échelle, ils ont déjà connu des succès sur le grand écran.  Leur production « Symptômes d’amour », a été récompensé à l’occasion du concours "48 hour film project" [sic] de Montpellier. Pour sa part, la vidéo « Jeu de société » dont il est question dans cet article a été diffusée dans un cinéma parisien, avant d’être publiée sur le web. Elle y a d’ailleurs rencontré un succès immédiat, puisque la production a été visionnée près de 100 000 fois en l’espace de 48 heures. Parmi les acteurs, on remarquera la présence d’Antoine Basler, qui a joué dans le film 99 francs (autre chef d’œuvre critique par ailleurs).

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Dans ce court métrage, Nicolas (Bastien Ughetto) rencontre la  famille de sa fiancée, Victoire (Roxane Bret). Pour plaire et s’intégrer, il va devoir jouer à un jeu de société qui dure depuis des générations dans sa nouvelle famille. Pourtant, un conflit apparait bientôt entre Nicolas et son futur beau-père. Alors que le premier dénonce l’absurdité du jeu, le second nie la possibilité de changer les règles du « jeu » qui a vocation à durer l’éternité. Référence voulue au conservatisme, cette opposition renvoie à la difficulté qu’il existe de combattre les structures anciennes, restées parfois légitimes uniquement parce qu’elles perdurent depuis longtemps, sans que l’on ne discute leur fond ou leur raison d’être. Le procédé employé est bien évidemment caricatural, mais il dépeint avec beaucoup de réussite les relations dans le modèle dominant ainsi que les vices qui y sont associés, d’autant que le jeu des acteurs est tout juste brillant et digne de grandes productions.

Ce « jeu », dont la forme n’est pas sans rappeler celle du Monopoly sans le nommer, est une allégorie de la société moderne. Le spectateur est interpellé puisque se succèdent humour noir, cynisme, engagement critique et poésie. Chaque scène fait référence au choix auquel fait face chaque être humain quand il doit s’intégrer dans un monde qu’il ne comprend plus. Ici, c’est non seulement le rôle de l’argent qui est questionné, mais également les relations de pouvoir entre les individus possédants et dépossédés, ainsi que les vices humains tels que la cupidité, la manipulation ou encore la violence pour conserver les structures actuelles en place.

Allégorie de la société et critique des rapports individuels

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Chacun des membres de la famille représente une idée. Dans une société capitaliste, le père symbolise ceux qui détiennent les richesses (banques, grandes entreprises) et influencent les décideurs, quitte à changer les règles au dernier moment, lorsque cela s’avère nécessaire pour préserver des intérêts personnels. La mère peut être considérée comme étant le législateur, dont les décisions sont largement soumises au pouvoir du capital. Les enfants, eux, symbolisent chacun des acteurs différents de ce système, qui se sont adaptés avec plus au moins de réussite, sans toutefois s’opposer à la règle principale : toutes les relations sont basées sur l’achat et la vente de biens. Enfin, la grand-mère a été exclue, non seulement du jeu mais aussi de la famille : elle a perdu tout son argent et ne se pliait pas aux règles. Cette exclusion fait également référence à l’exclusion des personnes âgées au prétexte qu’elles ne sont plus assez productives pour le capital.

Si chacun des personnages peut être regardé comme représentant un symbole qui le dépasse, un autre niveau d’interprétation est à considérer : celui des individus, pris en tant que tels dans une situation qui n’est finalement pas si étrangère à notre vie de tous les jours. Vue sous cet angle, la vidéo des Parasites n’est pas plus tendre : le pouvoir et l’argent peuvent déstructurer une famille, rompre des liens amicaux ou encore rendre violent physiquement et moralement vis à vis du prochain. Toute tentative d’innover, de gagner sa liberté, est lourdement condamnée dans les familles les plus conservatrices. Dans cette perspective, le sentiment de malaise que suscitent les scènes est important : là où des sentiments d’entraide et d’amour caractéristiques de la sphère familiale devraient prévaloir, se sont imposés la suspicion, la cupidité et l’égoïsme.

 


 

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« Il faut surtout que ton jeu soit compatible avec le nôtre… »

 


 

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Source :

https://www.tipeee.com/les-parasites

https://mrmondialisation.org/jeu-de-societe/

https://positivr.fr/jeu-de-societe-court-metrage-les-parasistes/

http://stopmensonges.com/jeu-de-societe-percutante-metaphore-de-notre-alienation-economique/

https://aphadolie.com/2018/04/11/video-jeu-de-societe-une-percutante-metaphore-de-notre-alienation-economique/

Voir la vidéo également sur YouTube:

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1217&v=EwK9glIxIoo

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On peut aussi, bien sûr, y voir une allégorie de l'Union européenne avec ses règles qu'on "ne peut pas changer". la scène finale qui suggère des "jeux alternatifs" mis de côté est savoureuse de mon point de vue. A voir absolument, ça dure 20 minutes.   P.G.

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Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie

TRIBUNE LIBRE / Source : Le Figaro, Caroline Galactéros, 10-04-2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France s’apprête vraisemblablement à frapper la Syrie, en représailles aux attques chimiques supposées, Caroline Galactéros plaide pour un sursaut d’indépendance nationale. Selon elle, la France ne doit pas s’aventurer dans une nouvelle coalition.

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Docteur en sciences politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a notamment publié Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).


La messe semble dite et une atmosphère de veillée d’armes plane sur Paris, tandis que le jeune prince d’Arabie Saoudite quitte la capitale et que notre président est en étroit dialogue avec son homologue américain. La France pourrait, en coordination avec Washington, frapper de manière imminente les forces du régime syrien en représailles d’une nouvelle attaque chimique imputée de manière «très probable» mais en amont de toute enquête, aux forces de l’abominable tyran Assad soutenu par les non moins affreux régimes russe et iranien.

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Il faudrait agir vite, se montrer ferme, intraitable, juste! Il s’agirait là d’un «devoir moral»! On a bien entendu et lu. Le discours moralisateur sur la sauvegarde des civils innocents, pourtant inaudible après sept ans de guerre et de déstabilisation de la Syrie, est toujours le même. C’est là le comble du cynisme en relations internationales, que nous pratiquons pourtant sans états d’âme depuis des décennies. Pendant ce temps, la guerre silencieuse du Yémen continue. Ces civils-là n’existent pas, ne comptent pas.

Mais certaines images de guerre et de civils otages d’une sauvagerie généralisée irritent plus que d’autres nos consciences lasses d’Européens déshabitués de la violence et gonflés d’une prétention à connaître, dire et faire le Bien. Soit.

Mais agir contre qui? Qui faut-il punir? Le régime de «l’animal Assad», comme l’a appelé Trump? L’Iran? La Russie? Vraiment? Et si ce trio noir que l’on désigne exclusivement depuis des mois à la vindicte populaire internationale n’était qu’un leurre, proposé à notre indignation sélective pour ne pas réfléchir à nos propres incohérences?

Quel serait l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque ?

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Personne ne se demande pourquoi cette nouvelle attaque chimique arrive maintenant, au moment même où la Ghouta orientale repasse sous contrôle gouvernemental syrien et parachève sa reconquête territoriale, face à des groupuscules rebelles rivaux globalement en déroute et plus que jamais prêts à se vendre au plus offrant pour survivre et espérer compter? Personne ne s’autorise à douter un instant, quand le ministre russe des affaires étrangères rapporte que les observateurs du Croissant rouge syrien envoyés sur place n’ont rien vu ressemblant à une attaque? Serguei Lavrov ment-il carrément au Conseil de Sécurité des Nations unies ou bien faut-il penser que Moscou ne contrôle pas tout ce qui se fait au plan militaire sur le théâtre? Ou que des éléments de l’armée syrienne elle-même agiraient en électrons libres ou auraient été «retournés»? À qui profite le crime? C’est cette vieille question, mais toujours pertinente, qui paraît désormais indécente.

Quel serait pourtant l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque, alors que, ne nous en déplaise, bien davantage que notre «Coalition internationale», elle cherche la paix, l’organise pragmatiquement, et est la seule depuis sept ans à engranger quelques résultats qui évidemment contreviennent à nos intérêts et à ceux de nos alliés régionaux?

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On semble aussi avoir totalement oublié une donnée fondamentale du conflit: les malheureux civils de la Ghouta, comme ceux des ultimes portions du territoire syrien encore aux mains des «rebelles» djihadistes ou de Daech, sont des boucliers humains, peut-être même, en l’espèce, sacrifiés par ces mêmes apprentis démocrates suppôts d’al-Qaïda et consorts pour entraîner l’Occident dans une guerre ouverte avec Moscou et Téhéran.

Car si l’on quitte le microscope pour la longue-vue, il est permis de décrire à partir de cette dernière séquence syrienne un contexte stratégique global infiniment préoccupant pour l’Europe, et singulièrement pour la France, qui risque de prendre les avant-postes d’une guerre qui n’est pas la sienne, dont elle fera les frais et qui neutralisera durablement l’ambition présidentielle affirmée de prendre le leadership politique et moral de l’Union européenne. Nos amis allemands ou italiens sont d’ailleurs moins cynico-idéalistes, mais plus prosaïques que nous. Ils avancent prudemment, vont et viennent entre Beyrouth et Damas pour pousser leurs pions en cette phase douloureuse et recueilleront les fruits de notre marginalisation radicale quand la reconstruction syrienne arrivera.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement.

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La ficelle est si grosse et la pelote si bien déroulée depuis des mois qu’on ne la voit plus en effet. On punit la Russie. On la punit d’être la Russie, déjà, et d’avoir réussi son retour sur la scène mondiale. On la punit de vouloir la paix en Syrie et de chercher à la mettre en musique politiquement à Astana ou à Sotchi. On la punit d’avoir sauvé Damas et son régime diabolisé du dépècement qu’on leur promettait et qui s’est fracassé sur la résilience populaire et gouvernementale syrienne et a déjoué partiellement au moins la confessionnalisation des affrontements politiques et sociaux que l’Occident encourage, sans en comprendre le danger insigne pour ses propres sociétés, et notamment en Europe.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement. Cette victoire sur le terrain au prix d’une guerre brutale (comme toutes les guerres, même celles menées depuis les airs et qui n’ont de chirurgicales que le nom), nous est proprement insupportable car cela nous force à faire la paix, ce que nul ne veut mis à part… Moscou. Ah, Moscou! L’impudent Vladimir Poutine trop bien réélu qui nous nargue avec sa coupe du monde, où des millions de gens vont découvrir un visage de la Russie qui ne les terrifiera pas.

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Et puis derrière Moscou, on vise évidemment Téhéran, dont l’allié israélien, en pleine idylle officielle avec le centre mondial du salafisme – l’Arabie saoudite – qui a toutefois opportunément décidé de faire peau neuve, ne peut tolérer l’émergence régionale, tant le niveau sociétal, culturel, technologique et commercial de ce pays lui fait de l’ombre bien au-delà de la seule crainte d’un (dés)équilibre stratégique modifié par sa nucléarisation ultime.

Bref, nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts, et de nous ruer, en croyant ainsi exister, sur le premier os qu’on nous jette. De ce point de vue, l’affaire Skripal pourrait bien n’avoir été que le hors-d’œuvre de la séquence actuelle. Elle a posé le premier étage d’une repolarisation politique et sécuritaire de l’Europe autour de Londres, et surtout sous la bannière de l’OTAN*. Car c’est là l’ultime manœuvre: remettre au garde-à-vous les Européens qui, depuis l’arrivée de Donald Trump et le Brexit, s’étaient pris à rêver d’une autonomie européenne en matière de politique et de défense… Péril suprême pour le leadership américain sur le Vieux Continent, heureusement contrebalancé par les rodomontades de quelques nouveaux européens qui refusent leur arasement identitaire et mettent à mal tout projet d’affranchissement sécuritaire collectif. Le Secrétaire américain à la défense, le général Mattis, a d’ailleurs été très clair: les Européens doivent en effet consacrer 2 % de leur PIB à la défense, mais pour acheter des armes américaines et demeurer dans l’orbite otanienne évidemment, l’Alliance constituant le cadre naturel et nécessaire de la défense de l’Europe. Fermez le ban!

Nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts.

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Nous sommes donc en train d'être clairement repris en main par l'OTAN, mais on ne s'en rend pas compte car on nous vend la nécessité d'une solidarité sans failles, donc manichéenne, face à une «offensive russe» pour diviser l'Europe (comme si nous n'étions pas assez grands pour nous diviser nous-mêmes) et dominer le Levant. C'était probablement l'objet de l'affaire Skripal comme de la présente montée au front sur la Syrie. La volte-face aujourd'hui même d'Angela Merkel sur le projet Northstream-2 ne fait qu'amplifier cette polarisation. Moscou est poussé à se crisper donc à s'isoler par tous les moyens. Par les sanctions, par les vrais faux empoisonnements d'espions en plein Londres et jusqu'à cette décision allemande qui ne peut que durcir la position russe en Syrie et assurer la montée des tensions, le Kremlin n'ayant plus d'autre alternative que de jouer le tracé Qatari qui passe par la Syrie… Redoutable manœuvre anglo-américaine donc, à laquelle Paris et Berlin semblent ne voir que du feu.

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Il faut donc s'y résoudre: l'Amérique d'Obama a vécu. Celle de Trump et de ceux - néoconservateurs de toutes obédiences - qui l'environnent très fermement désormais, a radicalement changé de posture. Certes le président américain annonce son souhait de quitter la Syrie, mais il avoue pouvoir changer d'avis si l'Arabie saoudite payait le coût de cette présence! On ne peut être plus clair et c'était aussi tout le sens de son premier voyage à Riyad au printemps dernier: réassurer l'allié du Quincy (dont le Pacte éponyme était rendu caduc par la nouvelle indépendance énergétique américaine) contre 400 milliards de dollars de contrats pour l'économie américaine. Et puis, tandis qu'il déclare au grand dam de ses généraux et pour tromper son monde qu'il veut partir, il se consolide une vaste zone d'influence américaine à l'est de l'Euphrate avec les FDS arabo-kurdes.

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Washington, dans le vaste mouvement de repolarisation du monde, entend en tout état de cause demeurer le môle principal d'arrimage d'un Occident qui doute face à une Chine qui structure à son rythme et via un affrontement de basse intensité mais tous azimuts, un véritable «contre-monde». L'Amérique, fébrile, joue son va-tout pour renverser la vapeur d'un ordre international qu'elle ne contrôle plus mais qu'elle veut encore dominer coûte que coûte. Elle veut l'affrontement pour réinstaller sa préséance face à Moscou, Téhéran et Pékin, cible ultime de l'intimidation. C'est là pourtant un combat profondément à contresens de l'évolution du monde. Affligés du syndrome postmoderne de la vue basse et celui de l'hybris technologique, nous oublions que la vie est longue.

Au-delà, cette affaire, comme d'innombrables autres, met en évidence une évolution dangereuse: la substitution à la réalité non d'une image déformée, mais carrément d'une autre réalité et le retour de la tentation de la guerre préventive préemptive, qui évite d'enquêter. La question est vraiment très grave pour l'essence même de la politique internationale. Préfère-t-on l'image au réel, les fake news à l'analyse, le sensationnalisme à la rigueur?

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Alors que voulons-nous? Ce sera bientôt clair: si nous voulons sauver la Syrie, il nous faut surtout ne pas nous joindre à une coalition qui agira hors de tout mandat de l'ONU et qui portera le poids d'une guerre dont le peuple syrien est la dernière roue du carrosse et sera la victime immédiate. La grande question est donc: mais que vient faire Paris dans cette galère? On se trompe comme souvent d'ennemi, d'allié, de posture, de tout en somme. Et si l'on essayait l'audace, le courage et la singularité? Notre siège au Conseil de Sécurité, que guigne l'Allemagne de plus en plus ouvertement, en serait relégitimé. Nous posons-nous seulement la question de notre intérêt national (qui ne se réduit pas à des contrats d'armement) et des raisons pour lesquelles on nous sert ainsi l'injonction d'un alignement sur le thème du Bien contre le Mal et de la guerre préventive?

Dans ce nouveau grand jeu, la France a encore l'opportunité inespérée de compter plus que son poids démographique ou même économique ne le lui permet.

La France est désormais, en Syrie comme ailleurs, au pied du mur. Elle a l'occasion inespérée de faire valoir une approche prudente et rigoureuse, une voix pour la paix, une singularité. Nous avons déjà une influence au plus bas dans la région. Si nous voulons compter de nouveau, nous devons regarder la réalité dans les yeux et admettre que «nous avons eu tout faux» depuis 2011. Il n'est jamais trop tard et notre président peut encore choisir de compter véritablement au regard de l'Histoire et dans le cœur des peuples

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Une guerre contre l'Iran et la Russie n'est pas la nôtre. Elle ne correspond nullement aux intérêts stratégiques français, ni à ceux de l'Europe. Nous avons déjà si naïvement collé aux Britanniques qui veulent quitter l'Union, sans preuve et par principe, dans l'affaire Skripal. Pourquoi cette fuite en avant?

Dans ce nouveau grand jeu, la France a encore l'opportunité inespérée de compter plus que son poids démographique ou même économique ne le lui permet, en affirmant une singularité et une cohérence. Plus que jamais le réalisme, aux antipodes du cynisme, doit être le bouclier et la lance de notre nouvelle posture internationale. Il nous rapproche non d'une justice abstraite mais de l'équité et de la clairvoyance. La France n'a pas le droit et aucun intérêt à être malhonnête dans son interprétation des faits. Elle a tout à gagner à la lucidité et elle doit d'urgence montrer au monde comme aux peuples et pouvoirs du Moyen-Orient qu'on ne l'égare ni ne la soumet si facilement.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/04/10/31002-20180410ARTFIG00277-pourquoi-la-france-ne-doit-pas-s-associer-aux-frappes-en-syrie.php?redirect_premium

https://www.les-crises.fr/pourquoi-la-france-ne-doit-pas-sassocier-aux-frappes-en-syrie-par-caroline-galacteros/

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*"repolarisation politique et sécuritaire de l’Europe autour de Londres, et surtout sous la bannière de l’OTAN" / "Nous sommes donc en train d'être clairement repris en main par l'OTAN": j'ai dû manquer un épisode! A part 2003, pour l'affaire irakienne, où seule la France avait pris ses distances...      P.G.

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Indignation mondiale parmi les journalistes après la mort d'un reporter palestinien, tué par Tsahal

Gaza, Rafah, Ramallah, Bethléem mais aussi New York : nombre de journalistes ont exprimé leur colère après la mort du reporter palestinien Yasser Mourtaja, tué alors qu’il portait un gilet presse et couvrait le rassemblement la «Marche du retour».

ACT JOURNALISTES PALESTINE

Les protestations contre la mort du jeune journaliste palestinien Yasser Mourtaja, tué par un tir de l'armée israélienne le 6 avril lors de la «Marche du retour» palestinienne, prennent une résonance mondiale. Le 7 avril à Ramallah à l’appel d’un syndicat de journalistes palestiniens, le 8 avril à Rafah et Bethléem, le 9 avril à New York, des reporters sont venus rendre hommage à leur confrère.

Banderoles, bougies, affiches ont été déployées pour rendre hommage au journaliste de trente ans tué dans l’exercice de ses fonctions alors qu’il arborait un gilet presse qui le rendait parfaitement identifiable en tant que représentant des médias.

JOURNALISTE PALESTINIEN TUE PAR TSAHAL

L’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF) a condamné ce 7 avril «les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes» et a demandé une enquête indépendante. «Le photoreporter Yasser Mourtaja portait un gilet “Presse” : il a manifestement été victime d’un tir intentionnel», a estimé  Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, sur son compte Twitter.

Journalistes français et britanniques rendent hommage à leur confrère

En France, de nombreux journalistes, tels que Jean-Baptiste Montvalon, collaborateur du Monde, Rosa Moussaoui de L'Humanité ou Aïda Touihri de CNews, ont rendu hommage à leur confrère sur Twitter.

Les journalistes britanniques ont également exprimé leur tristesse, comme Richard Colebourn, rédacteur en chef à la BBC ou Liam O'Hare, reporter pour The Guardian ou The Independant

Des milliers de personnes aux funérailles de Yasser Mourtaja

Des milliers de personnes s'étaient rendues aux funérailles du jeune reporter à Gaza le 7 avril. 

Le journaliste, qui officiait pour l'agence Ain Media, été mortellement touché à l’abdomen par une balle israélienne alors qu'il couvrait pacifiquement la «Marche du retour». Ce mouvement de protestation prévoit des rassemblements et campements durant six semaines à la frontière entre Gaza et Isrël, pour réclamer «le droit au retour» de quelque 700 000 Palestiniens, chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d'Israël le 14 mai 1948.

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Des vidéos l'ont montré au moment de son évacuation, vêtu de son gilet où s'étale le mot «PRESS» en larges lettres blanches. Alors qu'il gît sur la civière, un homme tente de juguler l'hémorragie de son ventre.

Outre la mort de Yasser Mourtaja, huit autres Palestiniens ont été tués le 6 avril, et cinq journalistes ont été blessés. L'armée israélienne a fait savoir dans un communiqué qu’elle n’avait pas intentionnellement visé les journalistes et a annoncé procéder à une enquête. 

https://francais.rt.com/international/49555-indignation-mondiale-journalistes-apres-mort-yasser-mourtaja

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«Nouveau partenariat stratégique» : l'Arabie saoudite, toujours plus proche de la France ?

La tournée occidentale du prince héritier saoudien le mène des Etats-Unis à la France. Sur fond de polémique liée aux ventes d'armes et à la guerre au Yémen, cette visite doit être l'occasion de conclure un «nouveau partenariat stratégique».

ACT VISITE MBS PARIS

Le prince héritier et de facto dirigeant d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (dit «MBS») est arrivé ce 8 avril en France, avant des rencontres officielles les 9 et et 10 avril. Un événement diplomatique que l'Elysée qualifie de majeur, bien que la durée du séjour du futur monarque n'ait rien de comparable avec son voyage de plusieurs semaines aux Etats-Unis.

«La qualité des relations franco-saoudiennes ne se jauge pas à l’aune de la durée du séjour du prince héritier sur notre territoire», a ainsi fait valoir l'Elysée. A en croire la diplomatie française, elle ne se jugera pas non plus au nombre de contrats signés avec la pétromonarchie wahhabite – qui devrait être relativement restreint – mais au «nouveau partenariat stratégique» que les deux Etats semblent décidés à nouer.

L'Elysée parle en effet d'une «nouvelle coopération» envisagée selon «une vision commune» avec le royaume, qui a entrepris de se donner une image plus libérale à l'international et souhaite transformer en profondeur son économie, trop dépendante de la rente pétrolière. «Il ne s'agit pas d'une visite d'Etat traditionnelle», confirme de son côté une source proche de la délégation du prince héritier, citée par l'AFP.

Jean-Yves Le Drian s'est dit impressionné par les efforts saoudiens

Le 16 novembre 2017, le ministre français des Affaires étrangères en visite à Riyad, déclarait déjà : «Nous sommes impressionnés par les réformes que vous menez aujourd'hui dans le cadre de la Vision 2030 qui porte un plan ambitieux de développement socio-économique pour le royaume.»

Une proximité renforcée sous François Hollande

En effet, au cours du précédent quinquennat, les relations étaient au beau fixe entre la France et l'Arabie saoudite – Paris trouvait dans le royaume wahhabite un marché florissant pour son industrie aéronautique, tandis que Riyad voyait en Paris un allié de choix dans sa lutte contre l'influence iranienne.

A l'occasion de la première réunion de la Commission conjointe franco-saoudienne en juin 2015, plus de 10 milliards de dollars de contrats avaient été conclus entre la France et l'Arabie saoudite : 23 hélicoptères multifonctions Airbus H145, pour un montant de 500 millions de dollars, 30 Airbus A320 et 20 Airbus A330 par la compagnie Saudi Airlines, pour un montant de 8 milliards de dollars, ainsi que l'étude de faisabilité de la construction de deux réacteurs nucléaires EPR dans le royaume.

Laurent Fabius et Mohamed ben Salmane, qui était à l'époque ministre saoudien de la Défense, avaient alors tenu à réaffirmer l'entente plus que cordiale qui régnait entre Paris et Riyad, précisant que ces relations stratégiques s'inscrivaient dans une longue histoire. Peu de temps auparavant, le prince avait d'ailleurs été reçu à l'Elysée par François Hollande, lequel avait déjà fait un déplacement à Riyad début mai.

Plus symboliquement, l'année suivante, en mars 2016 à l'Elysée, François Hollande avait remis, en toute discrétion, la légion d'honneur au prince saoudien Mohammed ben Nayef «pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme» selon un communiqué de l'agence saoudienne SPA.

Un lien que ne semble pas compromettre la polémique yéménite

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La guerre au Yémen, qui a fait plus de 10 000 victimes civiles depuis mars 2015 et à laquelle l'Arabie saoudite prend part, à la tête d'une coalition accusée par des ONG et l'ONU de violations généralisées et systématiques du droit humanitaire, n'a semble-t-il en rien fait dévier l'amitié indéfectible entre les deux pays. Amnesty international et l'ONG de lutte contre la torture et la peine de mort ACAT, ont également pointé du doigt le fait que ces violations contredisent les traités internationaux sur les ventes d’armes tels le que le Traité sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune du Conseil de l'Union européenne, auxquels la France a souscrit.

Interrogée à cet égard en février dernier, la ministre des Armées Florence Parly avait d'ailleurs dû botter en touche et, visiblement gênée, se contenter de déplorer «une épouvantable crise humanitaire» et «un drame humain», alors que la question du journaliste portait précisément sur les armes vendues par la France à l'Arabie saoudite.

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En outre, à l'approche de la visite du prince héritier saoudien en France, l'ONG Human Rights Watch, s'était indignée dans les colonnes de Libération du 7 avril que l'Elysée déroule «le tapis rouge» à l'Arabie saoudite – pays dirigé selon lui «d’une main de fer, en dépit de réformes de façade», «plongé son pays dans une répression accrue» et menant au Yémen «une intervention militaire implacable, entachée de crimes de guerre».

 

Un renforcement des relations Occident-Riyad sous l'impulsion de Donald Trump ?

La volonté franco-saoudienne d'établir un «nouveau partenariat stratégique» fait écho, en outre, à un spectaculaire renforcement des liens économiques et politiques entre Washington et Riyad – laissant imaginer, donc, une lune de miel plus globale entre l'Occident et le royaume wahhabite.

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Ainsi, aux Etats-Unis, si l'administration de Barack Obama entretenait un rapport compliqué avec Riyad (celui-ci l'accusant d'être trop conciliant à l'égard de l'Iran), celle du républicain Donald Trump se montre beaucoup plus ouverte à une collaboration de premier plan avec le royaume saoudien.

Pour son premier déplacement à l'étranger après son accession à la Maison Blanche, Donald Trump avait choisi de se rendre en Arabie saoudite, en mai 2017 ; à cette occasion , le royaume avait acheté pour 110 milliards de dollars d'armements américains, partie d'un contrat de 350 milliards sur 10 ans.

Un an plus tard, lors de la visite du prince héritier en mars à Washington, l'actuel locataire de la Maison Blanche a proclamé sa «grande amitié» avec Mohammed ben Salmane et a fixé sans ambages l'objectif de ce réchauffement des relations américano-saoudiennes : «L'Arabie saoudite est un pays très riche et vous allez, j'espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d'emplois et d'achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.»

Confirmant l’espoir du président américain, le jeune prince a assuré que Riyad travaillait sur «un plan d’investissement de 200 milliards de dollars avec Washington», ajoutant que son royaume «souhait[ait] vivement renforcer les relations avec les Etats-Unis et les piliers d'une forte amitié entre les deux pays».

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La visite de Mohammed ben Salmane à Paris, qui intervient juste après un séjour au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis, jouira-t-elle des mêmes auspices qui ont présidé à ces bons échanges diplomatiques et commerciaux ? Quels accords la France tirera-t-elle de sa rencontre avec Riyad, que les grandes puissances occidentales semblent si promptes à courtiser pour ses largesses ? Un renforcement des relations franco-saoudiennes s'opérerait-il à la faveur d'un ancrage de Paris dans un axe atlantiste sur la scène internationale ? Autant de questions qui ne manqueront pas de jalonner les rencontres de ben Salmane dans l'Hexagone.

https://francais.rt.com/international/49541-arabie-saoudite-partenaire-toujours-plus-proche-france

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