samedi 7 avril 2018

D’un type développé par des menteurs

TRIBUNE LIBRE / Craig Murray, un proche collaborateur de Wikileaks, est historien et activiste des droits de l’homme. Il a été ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan.

TL SKTIPAL MENTEURS

J‘ai dorénavant reçu confirmation, de la part d’une source bien placée du Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth (Foreign and Commonwealth Office, FCO, le ministère des Affaires étrangères britannique), que les scientifiques de Porton Down sont incapables de localiser la provenance du gaz innervant, et sont irrités des pressions qu’ils ont subies pour l’attribuer à la Russie. Porton Down n’a accepté de signer la formulation « d’un type développé par la Russie » qu’après une réunion houleuse où cette formule a fini par être acceptée comme compromis.

Les Russes avaient censément mené des recherches, avec le programme « novichok », sur une génération d’agents innervants possibles à produire à partir de précurseurs disponibles dans le commerce, tels que les insecticides ou les engrais. Cette substance était un « novichok » (nouveau venu, nouvel arrivant) dans ce sens. C’est de ce type. Tout comme je suis en train de taper sur un ordinateur portable d’un type développé par les États-Unis, bien que celui-ci soit de fabrication chinoise.

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Pour tous ceux qui connaissent le gouvernement britannique de l’intérieur, c’était évident depuis plusieurs jours. Le gouvernement n’a jamais dit que l’agent innervant a été produit en Russie, ou qu’il ne peut être produit qu’en Russie. La formulation exacte « d’un type développé par la Russie » a été utilisée par Theresa May au Parlement, par le Royaume-Uni à l’ONU, par Boris Johnson à la BBC hier, et encore plus révélateur, « d’un type développé par la Russie » est la formulation précise de la déclaration commune du Royaume-Uni, des USA, de la France et de l’Allemagne.

Cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale.

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Quand personne ne dévie de la même phraséologie prudente, vous savez que c’est à la suite d’un délicat compromis du gouvernement britannique. Ma source du Foreign Office, comme moi, se souvient des pressions extrêmes subies par l’équipe du Foreign Office et d’autres employés du gouvernement pour qu’ils signent le sale dossier des ADM de l’Irak, dont certaines que je relate dans mon mémoire Murder in Samarkand (Meurtre à Samarcande). Elle a avancé une comparaison avec ce qui se passe en ce moment, particulièrement à Porton Down, sans que j’aie eu besoin de lui rappeler l’Irak.

Parallèlement, j’ai écrit au bureau des relations de presse de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques pour leur demander de confirmer qu’ils n’avaient jamais trouvé de preuves de l’existence de novichoks russes, et que le programme d’inspection et de destruction des armes chimiques russes avait bien été complété l’année dernière.

Connaissiez-vous ces faits intéressants ?

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Les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ont un accès plein et entier à toutes les installations russes d’armes chimiques depuis plus d’une décennie – y compris celles que mentionne le lanceur d’alerte allégué Mirzayanov – et l’année dernière, les inspecteurs de l’OIAC ont complété la destruction des dernières 40 000 tonnes d’armes chimiques russes.

En revanche, le programme de destruction des armes chimiques américaines demandera encore cinq ans pour arriver à son terme.

Israël dispose d’amples stocks d’armes chimiques, mais a toujours refusé de les déclarer à l’OIAC. Israël n’est pas membre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, non plus que de l’OIAC. Israël a signé le traité en 1993, mais a refusé de le ratifier parce que cela signifierait l’inspection et la destruction de ses armes chimiques. Indubitablement, Israël a la même capacité technique que n’importe quel autre État à produire des « novichoks ».

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Jusqu’à cette semaine, la très vaste majorité des experts en armes chimiques, dont officiellement l’équipe de l’OIAC, pensaient que les « novichoks » étaient tout au plus un programme de recherche théorique que les Russes n’avaient jamais été capables de synthétiser et de produire en réalité. C’est pourquoi ils ne sont pas sur la liste des armes chimiques interdites de l’OIAC.

Porton Down ne sait toujours pas avec certitude si ce sont les Russes qui ont fini par réussir à, semble-t-il, synthétiser un « Novichok ». D’où la formulation « d’un type développé par la Russie ». Notez développé et non fabriqué, produit ou fait en Russie.

C’est de la propagande rédigée en termes soigneusement choisis. D’un type développé par des menteurs.

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Update de Craig Murray : Cet article a incité un autre ancien collègue à me contacter. Sur le plan positif, le Foreign Office a persuadé Boris (Johnson) d’envoyer un échantillon à l’OIAC. Mais pas tout de suite. Il semble que le comité de recherche sera présidé par un délégué chinois. Le plan de Boris est d’amener l’OIAC à adopter la formulation « d’un type développé par la Russie »; une action diplomatique en ce sens a été entreprise à Pékin en ce moment même.

Je ne suppose pas que la BBC fera du véritable journalisme sur ce sujet ?

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/un-type-developpe-par-des-menteurs_2134328616

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Comptes de campagne d'Emmanuel Macron : le parquet saisi par la Commission ne donne pas suite

Selon nos informations, le parquet de Paris a bien été saisi pour l'existence de quatre donateurs trop zélés de la campagne d'Emmanuel Macron. Leurs explications, qui n'avaient pas convaincu la Commission des comptes de campagne et du financement des partis politiques, ont en revanche conduit la parquet à ne pas donner suite au signalement.

ACT MACRON CNCCFP

Circulez, il n'y a rien à voir. Si le parquet de Paris a bien été saisi d’un signalement de quatre donateurs de la campagne d’Emmanuel Macron ayant versé deux fois le plafond autorisé de 4 600€ par personne, il a considéré qu'il n'y avait pas matière a aller plus loin, comme Marianne a pu l'apprendre auprès de son porte-parole.

Comme nous l’avions annoncé, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) avait en effet conclu dans son rapport fin février à des irrégularités dans le poste "donations" du compte du futur Président. Et l'avait signalé à la justice.

L’identité de ces personnes demeure soumis au secret de la procédure. La seule chose que l'on sache, c'est que trois d’entre elles sont résidentes au Royaume-Uni, et que le dernier habite à New-York. Vingt autres cas avaient été identifiés par la CNCCFP pour des faits identiques mais avaient attesté sur l’honneur que deux personnes, au sein du même ménage, étaient bien à l’origine des deux dons - ce qui rend le versement légal. A l'inverse, ces quatre personnes n’ont pas pu produire une telle missive, comme le précise le rapport de la Commission : « Dans 20 des 24 cas concernés le second donateur a produit une attestation confirmant que le don excédentaire a été fait en son nom ; en l'état, de surcroît 18 300 euros de dons n'ont pas fait l'objet d'une telle attestation.» [????sic]

Si la Commission dirigée par François Logerot a tenu à saisir la justice, ce sont pourtant sur la base de ces mêmes pièces que le parquet a décidé de ne pas donner suite. Ce dernier a retenu l'« absence de mauvaise foi » des donateurs. Comment expliquer ce grand écart d'analyse ? Contactée, la Commission a été on ne peut plus claire : « Pas de commentaire ».

https://www.marianne.net/politique/comptes-de-campagne-d-emmanuel-macron-le-parquet-saisi-par-la-commission-ne-donne-pas?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Selon que vous serez riches et puissants...   P.G.

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Lutte 2.0 : comment les cheminots veulent gagner la bataille de l'opinion publique

Malgré les difficultés que subiront les usagers, les syndicats de cheminots veulent convaincre la population de la dimension collective du combat. En face, le gouvernement dénonce une grève que "personne ne peut comprendre". Sur les réseaux sociaux, les premiers sont pour l'heure beaucoup plus efficaces que les seconds.

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Quel que soit le camp, la conquête de l’opinion est une priorité. Souvent, c’est elle qui détermine le vainqueur du bras de fer. En 1995, alors que le Premier ministre Alain Juppé promet une réforme des régimes spéciaux de la SNCF, il est obligé de reculer face à une forte mobilisation des cheminots soutenue par deux Français sur trois. Pour remporter la bataille sociale, il faut donc mener - dans le même temps - une offensive de com' pour rallier la population à sa cause. Les organisations de cheminots l’ont bien compris. Ère des réseaux sociaux oblige, les syndicats et ses partenaires ont transformé la forme de leurs discours pour arriver à leurs fins. Jusqu’à voir, cette semaine, le hashtag “Je soutiens la grève des cheminots” au plus haut des sujets discutés sur Twitter. Faisant de la lutte une “tendance”.

“Face aux arguments fallacieux du gouvernement, il nous fallait mener une campagne ambitieuse”, explique à Marianne Gérald Briant, élu communiste mais aussi chargé de la communication du parti sur les réseaux sociaux. Le 22 mars, à l’occasion de la mobilisation nationale de la fonction publique et des cheminots, le Parti communiste lance la campagne “Mon train j’y tiens”. Le slogan sera repris en masse par les internautes, sous la forme d’un hashtag, évidemment.

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L'autre mot-clé très utilisé est #TeamSNCF, un hashtag "volé" à la SNCF qui, hors grève, avait l'habitude de l'utiliser pour communiquer sur ses services et tenter de se rendre sympathique et accessible. Pas de chance pour Guillaume Pépy, certains cheminots grévistes rompus à l’usage des réseaux sociaux s’en sont donc emparés dernièrement. A tel point qu’il est devenu une sorte de point d’information numérique sur les actions des cheminots lors de la dernière mobilisation. Amélie, plus connue sous le pseudo de @amelie_picardie sur Twitter, est cheffe de bord. Le 22 mars, elle était dans la rue pour manifester. Et ce 3 et 4 avril, elle ne travaillera pas. “J’utilise ce mot-clé pour faire preuve de pédagogie, pour expliquer notre action et nos revendications et, parfois, calmer les personnes les plus virulentes”, confie-t-elle à Marianne. Pour elle, les clichés et les idées reçues sont les ennemis numéro 1 du personnel de la SNCF. “Avec les annonces du gouvernement, les attaques ont été plus dures”, constate-t-elle. Alors, il a fallu ruser pour “montrer l’envers du décors”.

Parler d’un “choix de société” plutôt que d’un “statut”

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Car derrière l'outil, il y a surtout une stratégie : sortir d'un sujet très cheminots-centré et montrer qu'il concerne tout le monde. Selon Gérald Briant, le gouvernement a décidé “dès le départ” de prendre le parti d’un discours “dur” à l’encontre des cheminots “comme s’ils étaient la cause de tous les tourments de l’entreprise”. Avec, comme principal argument, leur statut “obsolète” et “coûteux” pour la SNCF. Une diabolisation des agents qui n’avait qu’un but selon lui : “jouer sur l’aversion des Français pour les privilèges”, de quelque nature qu’il soit. Il fallait alors jouer le contre-pied, choisir son “terrain de jeu” et “ses thèmes de débat”. Cette campagne a été la première pierre de cette stratégie.

“Sans statut, le train français est en danger. Il fallait alors remettre le train et ce qu’il représente au centre du jeu. Faire cesser ce cheminot bashing pour faire réfléchir la population sur la question du train comme service public.” Pour cela, quel meilleur outil que les réseaux sociaux ? “Le seul espace capable de rivaliser avec les médias traditionnels”, pour l’élu parisien.

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Un pari qu’assume François Grasa, secrétaire général de la fédération FO des cheminots. La stratégie du gouvernement était de réduire le sujet aux ‘avantages’ de travailleurs, déplore-t-il pour Marianne. Alors qu’il s’agit d’un sujet de société qui engage chaque citoyen.” Ainsi, plutôt que d’entrer dans le procès fait en égoïsme, les différents syndicats ont décidé de déplacer le curseur. En ouvrant les rails à la concurrence à partir de 2021 comme l’exige l’Union européenne, donc en soumettant le secteur ferroviaire aux lois du marché et de la productivité, c’est un service public que l’on va abîmer. Alors, en soutenant les cheminots, c’est d’une certaine façon tout le service public que l’on défend à son échelle. Un raccourci tiré par les cheveux, leur rétorque-t-on ? Qu’importe, pour François Grasa, c’est un argument qui “prend” dans l’opinion. “Les Français voient bien que le service public est attaqué de toute part. Pas un jour ne passe sans que les infirmiers, les surveillants de prison, les agents administratifs, ne fassent part de leurs difficultés face au manque de moyens et d’effectifs, rapporte le syndicaliste. La cause des cheminots doit devenir l’étendard de luttes annexes.”

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C’est pourquoi, sur les réseaux sociaux, les slogans de soutien aux cheminots sont désormais assortis à d’autres causes, même si peu de chose les relie. La Confédération nationale du logement (CNL) par exemple, a édité un tract “Mon train j’y tiens, mon HLM aussi”. Le syndicat “Solidaires” communique lui sur une “zone à défendre (ZAD) autour des services publics”, rattachant ainsi le sort des écoles ou des hôpitaux à celui des cheminots, montrés comme des éclaireurs. Difficile de dire si la méthode est efficace. Mais d’après un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 46% des Français trouvent le mouvement de grève dans le ferroviaire “justifié”, contre 42% il y a deux semaines. “Quelque chose se passe”, se réjouit le représentant syndical. Il faudra cependant en juger sur la durée.

Du côté de la SNCF, on cale son discours dans les pas du gouvernement pour désamorcer un tel phénomène, toujours en insistant sur le tort causé aux usagers. Ce dimanche, à l’occasion d’une interview accordée au JDD, son président Guillaume Pépy a voulu se montrer ferme. Citant une “grève pénalisante” pour des usagers “choqués” par cette mobilisation perlée que “beaucoup de gens ne comprennent pas”. “Ils tentent de dresser les personnes les unes contre les autres alors que, nous, nous usons d’une communication inclusive. Tout le monde peut s’identifier à la cause des cheminots”, soutient Gérald Briant, à deux doigts de paraphraser la petite phrase d’Olivier Besancenot : “nous sommes tous le cheminot de quelqu’un d’autre.”

https://www.marianne.net/societe/lutte-20-comment-les-cheminots-veulent-gagner-la-bataille-de-l-opinion-publique?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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"Faisant de la lutte une “tendance”": dans les médias de l'oligarchie euro- atlantiste, la tendance est toujours la même, et elle est constante...L'argumentaire des grévistes et ceux qui les soutiennent ne peut être qu'une ruse, une simple stratégie plus ou moins habile, de communication. Déformation professionnelle...    P.G.

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Après la marche blanche pour Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon allume le Crif, une "secte communautaire"

Le chef de file des Insoumis s'est lâché dans sa note de blog ce mercredi 4 avril : il y revient sur son départ forcé de la marche blanche contre l'antisémitisme, après les déclarations hostiles du président du Crif Francis Kalifat. Ce dernier est qualifié de "chef communautaire" par Jean-Luc Mélenchon, dans un texte particulièrement virulent.

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La vengeance est un plat qui se mange froid pour Jean-Luc Mélenchon. Le 27 mars dernier, à la veille de la marche blanche contre l'antisémitisme organisée en mémoire de Mireille Knoll - cette octogénaire juive assassinée - le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Francis Kalifat, prévenait que "ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN" ne seraient "les bienvenus" au rassemblement. Une manière de désigner le chef de file de la France insoumise (FI) comme une personnalité illégitime pour défendre les juifs contre la haine (contre l'avis même du fils de Mirelle Knoll) qui avait beaucoup choqué, et surtout eu des conséquences : le lendemain, Jean-Luc Mélenchon avait dû quitter de manière précipitée le cortège de ce qui devait être un rassemblement consensuel, chassé par les insultes et les menaces.

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Le soir de la marche blanche, le chef du groupe insoumis à l'Assemblée avait calmé le jeu, estimant qu'il ne fallait "pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays". C'était pour mieux exprimer sa colère quelques jours plus tard, dans une note de blog décapante qu'il publie ce mercredi 4 avril. Celle-ci est quasiment intégralement consacrée à la controverse entre le Crif et les Insoumis à l'occasion de la marche blanche. Jean-Luc Mélenchon se dit scandalisé que "l’unité de la communauté républicaine" y ait été "déchirée par un particularisme communautariste arrogant et sans pudeur". L'exfiltration forcée des Insoumis présents dans le cortège l'a beaucoup choqué : il s'en prend à la Ligue de défense juive (LDJ), groupuscule ultra-violent et fortement soupçonné d'être à l'origine des heurts, qualifiée de "milice braillarde". Mais Jean-Luc Mélenchon reproche aussi aux "officiels", à la police, au cabinet du ministère de l'Intérieur d'avoir "abandonnés [les Insoumis] à la vindicte de la milice du Crif".

"Chef communautaire", "groupuscule ethnique"...

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Pour Mélenchon, les événements sont bien plus qu'un simple "incident de manif" ; des "digues symboliques essentielles" ont été rompues. "Vous avez accepté que nous soyons mis dans le même sac que l’extrême droite, dénonce-t-il. Vous avez accepté que les écharpes tricolores soient expulsées sur ordre des communautaristes." Si Richard Ferrand, le chef du groupe LREM à l'Assemblée, est salué pour avoir quitté la marche, le président de l'Assemblée François de Rugy est vilipendé pour avoir "détourné le regard", et qualifié de "tout petit bonhomme voué au parjure et aux coups bas".

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Mais c'est surtout le Crif et son président Francis Kalifat qui en prennent pour leur grade. Ce dernier serait un "chef communautaire", et l'organisation qualifiée de "secte communautaire", voire même de "groupuscule ethnique (...) se réclamant des intérêts d'un Etat étranger" ! Les positions du Crif, très favorables au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont en effet vilipendées par Jean-Luc Mélenchon : il estime que Francis Kalifat a "proclamé devant le pays une singularité communautaire radicale" ainsi qu'une "allégeance de principe à un gouvernement étranger et à sa politique quelle qu'elle soit". L'Insoumis va jusqu'à avancer que "Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites."

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En conclusion, Jean-Luc Mélenchon, qui avoue que "la blessure" que la polémique a ouverte en lui "ne cicatrisera pas de sitôt", se livre à une défense enflammée du modèle républicain. Réaffirmant "le soin particulier" qui doit protéger les citoyens français de confession juive contre les attaques dont ils font l'objet, il estime que "la République n’accepte pas que leur soit attribué une mise à part, même par ses propres chefs communautaires". Et réaffirme ses convictions : "L’universalisme a vaincu en France. La France n’est pas une collection d’indigènes."

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/apres-la-marche-blanche-pour-mireille-knoll-jean-luc-melenchon-allume-le-crif-une-secte?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En savoir plus sur la LDJ, un article du DECODEX, insoupçonnable par principe du moindre parti pris... :

 

La LDJ est née en France sous l’appellation « Liberté démocratie et judaïsme ». Créée sous le statut d’association en octobre 2000, elle s'est dissoute d'elle-même dès 2003, sans jamais cesser ses activités, même sans existence légale.

Essentiellement présente en région parisienne, forte de quelques dizaines de membres tout au plus, auxquels se greffent des « irréguliers » au fil des événements, elle s’inspire directement de la Jewish Defense League, créée aux Etats-Unis en 1968 par le rabbin Meir Kahane, aujourd’hui classée par le FBI comme un groupe terroriste et interdite suite à des tentatives d’attentat à la bombe contre une mosquée.

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La LDJ française a été fondée par des anciens du Betar, autre mouvement d’autodéfense juive plus ancien, dont elle a peu ou prou pris la succession. Comme la JDL, la LDJ se définit comme « une organisation sioniste, affirmant que la seule protection du peuple juif contre l’arbitraire et la violence, est Israël, état juif souverain ». Elle se donne pour mission de « protéger les juifs de France contre la violence tant verbale que physique de leurs ennemis ». Elle milite aussi pour éduquer les jeunes juifs au retour en terre d’Israël. 

En 2011, la LDJ fait polémique en proposant à ses militants de partir en Israël aider à défendre les colonies.

(...)

Comme son homologue américaine, la LDJ assume le recours à la violence. Dans sa charte, elle explique « vouloir défendre le peuple juif contre toutes les formes modernes de haine antijuive, antisémitisme, judéophobie, antijudaïsme et antisionisme », etce en maintenant « une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif ».

Pour ce faire, la Ligue revendique donner à ses membres « un entraînement physique régulier de techniques d’autodéfense [leur] permettant de pouvoir se défendre et d’aider, le cas échéant, tout membre de la communauté en difficulté ».

Les militants, de jeunes hommes pour l’essentiel, pratiquent notamment le krav maga, technique d’autodéfense de l’armée israélienne. La LDJ ne dispose pas d’une structure très claire ni de responsables très identifiés, mais fonctionne plutôt comme une « marque » qui rallie de jeunes juifs désireux d’en découdre.

Et à plusieurs reprises, ces derniers ont été mêlés à des violences. En 2002, une dizaine de jeunes hommes sont arrêtés, porteurs d’armes blanches et de battes de base-ball, en marge d’une manifestation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) au cours de laquelle un commissaire de police est grièvement blessé.  Le 30 décembre 2003, des étudiants d’une association propalestinienne sont attaqués au sein même du tribunal administratif de Paris par des militants proches de ce mouvement.

L'autodissolution de la LDJ, en 2003, ne l’empêche pas de poursuivre son activité. En 2009, deux lycéens d'origine maghrébine du prestigieux établissement Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de la capitale, sont roués de coups lorsqu’ils refusent des tracts de la LDJ. La même année, une librairie qui soutenait la cause palestinienne est saccagée par des militants proches de la ligue. En 2011, une vingtaine de militants attaquent un cinéma parisien qui projette un film sur les exactions israéliennes à Gaza. La LDJ s’en est également prise à Stéphane Hessel ou à l’écrivain Jacob Cohen.

(...)

Outre les violences physiques, la LDJ développe une activité militante sur Internet. Dès 2001, le site Cpiaj (comité pour une information authentiquement juive), qui déverse caricatures et pamphlets anti-Arabes, mais aussi contre certaines personnalités de confession juive qualifiées de « vermines » pour leurs positions, est fermé suite à une série de plaintes.

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Cet aspect de l’activité de la LDJ ne va faire que s’amplifier au fil du temps. Il suffit d’aller sur la page Facebook de l’organisation pour lire des posts et des commentaires truffés de fautes d'orthographe qui qualifient les musulmans de « rats », de « racaille maghrébine » et autres propos injurieux.

Si la France n’a pas interdit la LDJ, ce n’est pas le cas, on l’a vu, des Etats-Unis, où la Jewish Defense League (JDL) est classée comme organisation terroriste. La Ligue est également interdite en Israël, suite notamment au massacre du tombeau des Patriarches : en 1994, un extrémiste israélo-américain, Baruch Kappel Goldstein, ancien de la JDL, avait tué 29 Palestiniens et blessé 125 personnes avant d’être lui-même tué.

De nombreuses organisations antiracistes, comme le MRAP, mais également des associations juives françaises demandent maintenant la dissolution de la LDJ, par exemple l’Union juive française pour la paix.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/23/au-fait-qu-est-ce-que-la-ligue-de-defense-juive_4461247_4355770.html

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SNCF, à la recherche du mystérieux service minimum

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Plusieurs personnalités politiques ont demandé l’instauration d’un réel service minimum lors des grèves des cheminots

Une mesure souhaitée par une majorité de Français.

Un quai de la gare de Lyon, le 3 avril dernier, premier jour de la série de grèves à la SNCF. 

Un quai de la gare de Lyon, le 3 avril dernier, premier jour de la série de grèves à la SNCF. / Christophe Simon/AFP

Trains supprimés ou bondés, bousculades, lignes non desservies pendant deux jours… L’ampleur des perturbations de la grève des cheminots a poussé Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Île-de-France, et à ce titre présidente de l’autorité organisatrice de transport « Île-de-France mobilités », à taper du poing sur la table.

« La présidente demande au gouvernement de tout mettre en œuvre pour faire respecter sans délai un vrai service minimum pour ne plus laisser aucun territoire francilien sans train », a communiqué l’organisme le 3 avril. Valérie Pécresse juge ainsi « inadmissible que le service minimum ne soit pas respecté sur plusieurs lignes aujourd’hui, comme les lignes P, R et U qui sont fermées ». Le contrat qui lie l’autorité organisatrice à la SNCF prévoit un trafic minimum de 33 % de trains sous peine de sanctions financières.

Pas de réelle obligation de circulation de trains

Cette question du service minimum est posée pratiquement lors de chaque grande grève des transports, par des élus mais surtout par les usagers du train, qui ont souvent entendu l’expression utilisée de manière impropre. Un sondage réalisé l’année dernière par l’Union des transports publics (UTP), qui regroupe les grandes entreprises de transport, révélait ainsi que 60 % des usagers croient qu’il existe bel et bien un service minimum dans le transport public. Or il n’en est rien.

 

 

La loi du 21 août 2007 sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres n’oblige pas la SNCF à faire circuler des trains. Elle la contraint cependant à établir un plan de transport prévisible et à en informer les voyageurs à temps. C’est pour cette raison que les cheminots indispensables à la circulation des rames ont obligation de se déclarer grévistes 48 heures avant le début du mouvement. Si 100 % des personnels faisaient grève, il n’y aurait de fait aucun transport possible.

Cela a d’ailleurs été le cas sur plusieurs lignes en l’Île-de-France. Des usagers se sont d’ailleurs étonné qu’aucun train ne circule sur leur ligne alors que d’autres étaient exploités sur une ligne voisine. « Cela peut arriver que nous concentrions nos forces sur une ligne plus fréquentée quand elle dessert pratiquement les mêmes stations », dit-on à la SNCF.

Les conducteurs doivent connaître la ligne pour y rouler

Le facteur le plus fréquent pour expliquer un trafic inexistant reste cependant l’insuffisance de personnel. Conducteurs bien entendu, mais aussi contrôleurs et surtout… aiguilleurs. « C’est ce qui se passe sur certaines petites lignes ou sur des branches de la ligne P ou R, explique Alain Krakovitch, directeur de Transilien (les trains d’Île-de-France). Les postes d’aiguillage sont de technologie assez ancienne et n’ont qu’un rayon d’action très limité. Il suffit qu’un seul ne puisse pas être tenu par un agent pour qu’une grande portion de la ligne doive être coupée. »

 

 

Quant aux conducteurs, il n’est pas forcément possible de les transférer d’une ligne à une autre pour équilibrer les fréquences. Le directeur des Transiliens précise qu’un conducteur doit être formé à la fois sur le bon type de locomotive mais aussi connaître la ligne…

Au cas où la mobilisation continuerait avec l’ampleur des 3-4 avril, les Français doivent donc encore s’attendre à de dures journées. Les responsables de la SNCF, à commencer par Guillaume Pepy, l’ont d’ailleurs répété : il n’y a pas de réquisition possible des cheminots grévistes.

86% des Français souhaitent un service minimum

Réquisitionner des professionnels ne peut être mis en œuvre, de manière générale, que par décision préfectorale et dans des situations exceptionnelles, « en cas d’urgence, lorsque l’atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publique l’exige », selon le Code général des collectivités territoriales.

 

 

L’argument est-il recevable pour la grève des cheminots ? Sans doute pour le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jego, qui a envoyé un message sur le réseau social Twitter : « À l’image des hôpitaux il est indispensable de créer un droit de réquisition des agents des transports pour un véritable service minimum dans chaque gare. » Dans une tribune de presse, le président (LR) du département de Seine-et-Marne Jean-Louis Thiériot évoque aussi la nécessité d’une telle possibilité.

En tout état de cause, selon le sondage de l’UTP, 86 % des ­Français disent souhaiter un service minimum.

____________________________

Les conducteurs mobilisés

Le trafic ferroviaire a été très perturbé le 4 avril, au deuxième jour de la grève des cheminots. Le taux global de grévistes en milieu de matinée communiqué par la direction était en légère baisse, à 29,7 % (contre 33,9 % la veille).
Les trois quarts des conducteurs restaient cependant très mobilisés (74 % contre 77 % mardi), de même que les contrôleurs (77 % contre 69 %) et les aiguilleurs (46 % contre 39 %).
En dépit de ce mouvement, le gouvernement va mener la « transformation » de la SNCF « jusqu’au bout, avec calme et avec une grande détermination », a déclaréle porte-parole ­Benjamin Griveaux à l’issue du conseil des ministres du 4 avril.

Michel Waintrophttps://www.la-croix.com/Economie/France/SNCF-recherche-mysterieux-service-minimum-2018-04-04-1200929091?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180405&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=987011&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Le sondage de l'UTP est répété en boucle, tel un mantra: En tout état de cause, selon le sondage de l’UTP, 86 % des ­Français disent souhaiter un service minimum. Un sondage commandité l'année dernière par une des parties, qui n'a donc qu'une valeur très relative...    P.G.

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