mercredi 4 avril 2018

Grèves SNCF : une cagnotte pour soutenir les cheminots et contrer les sanctions des grévistes

Une cagnotte lancée le 23 mars pour soutenir les cheminots en grève a déjà récolté plus de 115 000 euros et augmente d'heure en heure. La direction de la SNCF tente de pallier ce mouvement en prenant des mesures qui suscitent la polémique.

ACT GREVE CAGNOTTE

«Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes. Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en "société anonyme"» ont écrit 32 intellectuels sur le blog des invités de Médiapart le 23 mars en initiant une cagnotte visant à indemniser financièrement, via des dons sur internet, les cheminots qui font grève à compter du 3 avril. Ce pot commun solidaire lancé sur le site de cagnotte en ligne Leetchi avait déjà récolté plus de 115 000 euros le 3 avril au soir, et ne cesse d'augmenter.

Le texte accompagnant le lancement de la cagnotte rappelle que, durant les grèves de 1995 et 1968, «la solidarité entre voisins et collègues [avait mis] en échec le calcul gouvernemental de dresser les usagers contre la grève [des cheminots]». Mentionnant le sacrifice financier des grévistes, le texte insiste sur la nécessité que le mouvement des cheminots dure «pour le succès de leurs revendications». 

En effet, la grève représente une coupe conséquente dans les salaires des personnes mobilisées. Dans un entretien accordé au Parisien le 2 avril, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-cheminots, a expliqué que si les cheminots suivaient l’ensemble du mouvement, cela représenterait pour eux un tiers de salaire en moins.

Grèves SNCF : une cagnotte pour soutenir les cheminots et contrer les sanctions des grévistes© SNCF
Calendrier grève SNCF

Jours de repos décomptés

Pour tenter de contrer ce mouvement de grève dite «perlée» de deux jours sur cinq, qui devrait s'étendre jusqu'au 28 juin, la direction de la SNCF a recours à plusieurs tentatives : elle a d’abord annoncé qu'elle allait comptabiliser les jours de repos comme jours de grève. Cette mesure a été immédiatement dénoncée par les syndicats. L'Unsa, la CGT et la CFDT envisagent de saisir l'inspection du travail dans un premier temps avant un recours devant la justice si la SNCF s'obstinait à appliquer cette mesure. «Annoncer aux cheminots que les jours de repos ne seront pas payés, ça vise à les dissuader de faire grève, mais cette provocation va plutôt cristalliser le mécontentement dans le sens d'une plus grande mobilisation», a déclaré Roger Dillenseger, le responsable du syndicat Unsa férovière à l'Obs.

Une prime de 150 euros tombe à point nommé

D'autre part, la SNCF a annoncé qu'une prime de 150 euros par mois serait accordée aux cadres pour conduire occasionnellement des trains. Pour les syndicats, il s’agit de «casser le mouvement de grève» avec une «carotte» afin d’inciter les cadres intermédiaires à remplacer les cheminots grévistes.

La SNCF s'est justifiée en expliquant que cette prime répondait à une revendication de longue date des cadres concernés qui effectuaient des remplacements sans bonus. «La concordance des dates est proprement scandaleuse», a dénoncé Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT-cheminots sur franceinfo. «Nous considérons que c’est un moyen de briser la grève», a-t-il ajouté.

Selon Laurent Brun, de la CGT-cheminots, la direction de la SNCF a également envisagé de faire venir d’autres cheminots du Royaume-Uni et «étudierait la possibilité d’effectuer des réquisitions de cheminots, par exemple sur la ligne D du RER, quitte à aller les chercher avec les gendarmes», a-t-il encore affirmé, ajoutant que tout cela avait pour but de «casser la grève et traduisait une perte totale de sang-froid de la part de la direction».

Du côté du gouvernement, les éléments de langage fleurissent depuis le début de la grève. Dénonçant une «culture de la grève» et une «grève incompréhensible», de nombreux élus de la République en marche critiquent vertement le mouvement des cheminots. La ministre des transports, Elisabeth Borne, invitée de Jean-Jacques Bourdin le 3 avril a déclaré être dans une posture de dialogue et ne pas comprendre «cette posture de blocage».

https://francais.rt.com/france/49404-greves-sncf-cagnotte-pour-soutenir-gr%C3%A9vistes

AFFICHE FL EEM

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Grève SNCF : quand la presse française choisit son camp

Certains articles publiés par différents médias en ce premier jour de mouvement social à la SNCF ont eu recours à des éléments de langage, des arguments ou des rapprochements qui laissent parfois deviner un parti pris plus ou moins subtil.

ACT SNCF PRESSE

Ce 3 avril avait lieu le premier jour de «grève perlée» à la SNCF, ayant pour but de mettre en échec le projet de réforme de l'entreprise publique porté par le gouvernement. L'exécutif maintient le cap, les syndicats comptent mobiliser : jusque-là, chacun semble dans son rôle. Mais quel rôle entendent jouer les médias alors que s'amorce ce mouvement social appelé à durer ?

Au-delà du simple travail d'information dont se chargent les journalistes dans ce contexte, certains articles ou éditoriaux parus ce 3 avril soulèvent de vraies questions quant à leur angle, qui semble parfois même calqué sur le discours de la majorité présidentielle ou de la direction de la SNCF. Leur influence sur l'opinion publique et son potentiel impact sur la perception de la grève, et donc sur le succès du mouvement social, font dès lors émerger une autre question : certains journalistes n'essaieraient-ils pas de faire passer un message, de manière plus ou moins subtile ?

La France «championne du monde» de la grève

Grand classique du journalisme en temps de grève : le thème de la France présentée comme pays de la «chienlit», dont la grève serait le sport national, manie d'un monde du travail arc-bouté sur ses acquis et enclin à la grogne pour un oui ou pour un non. Si la publication d'une telle analyse n'est bien sûr pas condamnable en soi, le fait de la mettre en avant en convoquant une cohorte d'experts en ce premier jour de grève n'est pas totalement neutre.

Tel est le choix éditorial fait par La Croix. Et qu'importe si «la grève n'est pas une spécificité française», comme l'affirme un ancien dirigeant de la fédération CGT cheminots interrogé et cité par le quotidien, le titre de l'article maintient le cap en assurant le contraire : «Grève, l'exception française.» Non sans s'empresser de mettre en lumière le fameux modèle allemand, «contre-exemple parlant». «Comme l’ont bien compris l’Allemagne ou le Canada, une négociation, ça se fait à deux. Il faut former et responsabiliser les acteurs, pour qu’ils soient tournés vers l’intérêt général», insiste La Croix en citant le même ancien syndicaliste, aujourd’hui reconverti en consultant. De là à sous-entendre que les grévistes français ne sont pas «tournés vers l'intérêt général», il n'y a qu'un pas.

Même son de cloche dans les colonnes des Echos, dont le titre de l'édito d'Etienne Lefebvre résume sans ambiguïtés le contenu : «Au pays des grèves.» Après avoir soigneusement rappelé que la France est le pays «où le nombre de journées de travail perdues par salarié est le plus élevé», le journaliste précise que tout espoir n'est pas perdu, puisque «la conflictualité recule» en France. Le quotidien économique est formel quant au peu d'enthousiasme suscité par les grands mouvements sociaux comme celui qui vient de débuter : «Les fonctionnaires, constatant l'inefficacité des mobilisations générales, préfèrent des grèves plus ciblées.» A ce titre, la grève de la SNCF est présentée comme le seul «point noir».

La grève vouée à l'échec, dangereuse et coûteuse

Le 17 mars dernier, la députée des Hauts-de-Seine, Céline Calvez qualifiait le mouvement de «facteur d'espoir» et «d'innovation». L'élue de La République en marche (LREM) s'enthousiasmait alors : «On peut imaginer qu'on va avoir du covoiturage !» Un argument quelque peu nouveau dans la rhétorique politique, qui semble conjuguer optimisme et symboles de la «start-up nation». Les usagers des transports en commun comme les salariés de la SNCF en lutte savent pourtant que la pratique du covoiturage n'a jamais permis de compenser les effets d'une grève. Mais Le Monde est là pour les convaincre du contraire. «Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF», annonce un article publié dès 11 heures. Le quotidien du soir ne fait pas le pari d'une grève couronnée de succès et ne s'en cache pas : «[...] 2018 n’est pas 1995. Entre-temps, la révolution des plates-formes numériques et des "applis" a bouleversé le monde des transports.» Rappelant que le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a «pris la mesure depuis longtemps» de ces évolutions, Le Monde renvoie de fait les grévistes à l'ancien monde dont il semblent être les archaïques défenseurs.

Autre argument quelque peu inhabituel avancé pour dénoncer la grève : la dangerosité concrète que ferait peser celle-ci sur les Français. De cette journée de mobilisation de grande ampleur, L'Obs a surtout retenu des images choc soigneusement mises en avant dans un article sobrement intitulé «Grève SNCF : cohue sur les quais, une femme tombe sur la voie à Paris». Le lien entre cet incident regrettable mais très anecdotique et la grève elle-même serait loin d'être évident si le titre de l'hebdomadaire n'était pas là pour le mettre en exergue. L'association d'idées ainsi induite n'est pas des plus subtiles, d'autant que les scènes de cohue, dans les gares parisiennes, sont loin d'être rares – y compris hors période de grève.

L'analyse économique permet parfois de mieux éclairer les raisons qui conduisent certains salariés à se mettre en grève, notamment lorsqu'elle s'intéresse aux résultats des réformes ferroviaires dans d'autres pays, où celles-ci sont loin de faire figure de réussites. Le Figaro a fait le choix de l'analyse économique, mais sous un angle tout à fait différent, comme pour prouver qu'il ne fallait pas s'arrêter pas aux explications simplistes : le quotidien explique en effet qu'«au-delà des inconvénients que les usagers subissent, les mouvements sociaux ont également un coût important». Dans un article intitulé «Grèves : 2,4 millions de journées perdues à la SNCF en dix ans», Le Figaro assure que, «pour le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, chaque journée de grève coûte 20 millions d'euros», sans préciser s'il devra les payer de sa poche ou non.

https://francais.rt.com/france/49410-greve-sncf-quand-presse-francaise-choisit-camp

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La CGT commerce rejoint la Fédération Syndicale Mondiale, la CGT 94 critique la CES

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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En même temps qu’un communiqué issu d’obscurs circuits de la confédération se permettait un amalgame odieux entre travailleurs et syndicalistes partisans du FREXIT et la nauséabonde extrême droite qui – il ne faut jamais l’oublier – est en réalité contre la sortie de l’UE et de l’euro (voir les déclarations et le programme de Le Pen à ce sujet), la critique et la défiance vis à vis des instances telles que la intégrées à la machine à broyer qu’est l’Union Europenne montent de toutes parts dans la .

TL CGT FREXIT

En témoigne la spectaculaire prise de position de la fédération du Commerce et des services qui a décidé de rejoindre la . Et l’annonce de l’une des plus grosses unions départementales, celle du Val de Marne,  qui, réunie en congrès, critique vertement la CES et annonce son intention d’étudier la possibilité de rejoindre elle aussi la solidarité du et de masse avec la Fédération Syndicale Mondiale.

La fédération CGT du Commerce et des services rejoint la FSM

La Fédération CGT du Commerce et des Services tenait son 15ème congrès à Reims du 19 au 23 mars. A l’issue de ses travaux, les délégué.e.s de la Fédération ont décidé de s’affilier à la Fédération syndicale mondiale (FSM-WFTU)

Les congressistes, représentant les 45.000 adhérent.e.s des syndicats de la Fédération, ont voté à la quasi unanimité un mandat pour la nouvelle direction fédérale. Elle doit entamer les démarche d’adhésion officielle à la Fédération Syndicale Mondiale.

Pour la CGT, une nouvelle fédération professionnelle quitte la Confédération Syndicale Internationale et la Confédération Européenne des Syndicats (réformiste) pour la Fédération Syndicale Mondiale.

Ainsi elle rejoint la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT et Fédération nationale des industries chimiques CGT (ré-adhésion en 2014), ainsi que des syndicats de base et l’Union départementale des Bouches-du-Rhône

Une délégation de la FSM dans une manifestation à Marseille contre la loi travail, tandis que la CES appuie la casse des codes du travail en soutenant l’Union Européenne contre les travailleurs:

 

Congrès de la : critique de la CES, et mouvement vers la Fédération Syndicale Mondiale

Le 20ème congrès de l’Union départementale des syndicats et des sections syndicales du Val-de-Marne c’est tenu en novembre 2017 à Villejuif. Dans son rapport, l’UD dresse un bilan sombre de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats)

Voilà ce que dit le secrétaire général de l’UD CGT du Val-de-Marne Cédric Quintin dans son rapport : 

Après un retour historique sur la Commune de Paris de 1871, la révolution socialiste d’Octobre 1917, le Front populaire de 1936 … le dirigeant de la CGT a dressé un bilan dramatique de la situation politique, sociale du monde. Il dresse un constat sévère sur les incapacités de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats) et souhaite un rapprochement avec la Fédération Syndicale Mondiale, notamment l’affiliation de l’UD à la FSM :

Extrait du discours :

” C’est autour de ces enjeux cruciaux que nous avons tenu en juin dernier une importante rencontre sur deux jours en présence d’une cinquantaine de camarades, d’un représentant du syndicat Grec PAME (affilié à la FSM) avec qui nous venons d’ouvrir une nouvelle coopération syndicale, en présence également de la confédération, ainsi qu’en présence de Jean-Pierre PAGE, ancien secrétaire général de l’UD de 79 à 92 et ancien responsable du secteur international de la Cgt.

Sans concession ni langue de bois, un constat sévère mais implacable s’en est dégagé. D’abord sur l’illisibilité, l’absence de volonté, le manque de solidarité et de coordination des luttes de la part de la CES et de la CSI (confédération syndicale européenne et confédération syndicale internationale) auxquelles la Cgt est affiliée depuis la fin des années 90. Davantage qu’un simple constat, nous avons vérifié et souligné à cette occasion combien ces organisations syndicales européennes et internationales étaient encore engluées dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance. Dans l’ostracisme également et l’arrogance vis-à-vis de la fédération syndicale mondiale comptabilisant pourtant près de 100 millions d’adhérents à travers le monde.

La FSM, loin d’être à son tour exempte de critiques ou d’insuffisances, mais qui au moins se revendique et continue d’agir en syndicat résolument anti capitaliste et anti impérialiste, ce qui est, entre nous, bien plus conforme à notre histoire, nos repères et nos orientations que le syndicalisme de renoncement et de gestion de la misère qu’incarnent malheureusement, la CES ou la CSI.

Au sortir de cette rencontre départementale, nous avons donc décidé, chers-es camarades, de faire monter l’exigence au sein de la Cgt de dresser un inventaire, un bilan collectif de nos affiliations dans ces organisations, 20 ans après y avoir adhéré. Demande partagée par d’autres organisations de la Cgt dans l’attente du 52ème congrès confédéral.

Une seconde proposition a émergé à cette occasion et depuis cette rencontre de juin. Celle d’examiner notre affiliation, en tant qu’UD, à la FSM puisque les statuts de cette dernière, comme ceux de la CSI, nous y autorisent et que c’est déjà le cas pour plusieurs organisations syndicales internationales, ainsi que plusieurs syndicats, UL ou fédérations de la Cgt. Parmi-eux citons les fédérations de l’agroalimentaire et de la chimie, le syndicat de l’Energie Paris ou les Cheminots de Versailles. Je ne peux malheureusement développer davantage le sujet puisque nous avons décidé d’organiser très prochainement un important comité général sur le sujet.

Néanmoins, nous ne souhaitons prendre personne par surprise ni tergiverser sur la direction que nous entendons proposer et débattre tous ensemble.

De quoi, honnêtement et objectivement, avons-nous besoin comme solidarité internationaliste en Europe et dans le monde pour mener nos combats jusqu’à la victoire ?

C’est au fond la seule question qui vaille et qui doit nous animer aujourd’hui ! Nous ne sommes pas dans l’incantation ou la nostalgie d’une époque révolue. Nous voulons débattre, nous souhaitons un état des lieux et un bilan syndical international honnête. Nous sommes insatisfaits et constatons aujourd’hui l’impuissance et l’éclatement du paysage syndical international qui entrave lourdement son action et sa résistance face à l’internationale patronale et au monde de la finance. De notre point de vue, la Cgt doit être davantage actrice et à l’initiative de cette refondation internationale du syndicalisme dans un sens plus combatif, plus revendicatif et solidaire. En toute modestie et respectueuse des histoires des spécificités de chacun, sans arrogance ni ingérence, la Cgt doit entraîner et convaincre les autres organisations syndicales à venir plus nombreuses sur le chemin de la lutte, de la confrontation, du rapport des forces et non dériver, se diluer dans des alliances et coalitions sans queue ni tête et en totale incompatibilité avec nos orientations et notre histoire.”

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/la-cgt-commerce-rejoint-la-federation-syndicale-mondiale-la-cgt-94-critique-la-ces/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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ça semble bouger sérieusement à la Cgt et la compréhension de la supercherie européenne progresse dans le monde syndical comme dans tout le pays. Je ne peux qu'inciter nos adhérents syndicalistes à soutenir ces actions de mise en cause de structures inféodées à l'UE.     P.G.

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Le Désastre de l’école numérique

Pendant que certains cadres de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écrans, la France s’est lancée, sous prétexte de « modernité », dans une numérisation de l’école à marche forcée – de la maternelle au lycée. Un ordinateur ou une tablette par enfant : la panacée ? Parlons plutôt de désastre.

TL ECOLE NUMERIQUE

« L’école numérique est un désastre », affirment Philippe Bihouix (ingénieur centralien et auteur d’un ouvrage sur les low tech) et Karine Mauvilly, prof en collège, dans un essai critique de la démarche gouvernementale initiée depuis 2013 avec la loi pour la refondation de l’école. N’ayant pas peur « de passer pour des ringards ou des réacs », les auteurs de l’ouvrage s’insurgent contre une vision technocentrée, une gadgétisation de l’apprentissage où les outils numériques sont vus comme un pilier de la lutte contre le décrochage et les inégalités scolaires. Leurs propos s’appuient notamment sur l’étude Pisa 2015 qui observe que « les niveaux d’utilisation des outils numériques supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE sont associés à des résultats scolaires significativement plus faibles ».

Selon Karine Mauvilly et Philippe Bihouix, les responsables politiques aveuglés par la technologie, négligent les impacts environnementaux et sanitaires des écrans sur l’enfant : myopie, ondes, manque de sommeil… Dans ce plaidoyer pour une école sans écrans, l’essai préconise l’interdiction de la présence des portables dans les établissements, le retour au tableau noir et « l’innovation non numérique en investissant sur l’acquisition du langage ».

L’école numérique, c’est un choix pédagogique irrationnel, car on n’apprend pas mieux – et souvent moins bien – par l’intermédiaire d’écrans. C’est le gaspillage de ressources rares et la mise en décharge sauvage de déchets dangereux à l’autre bout de la planète. C’est une étonnante prise de risque sanitaire quand les effets des objets connectés sur les cerveaux des jeunes demeurent mal connus. C’est ignorer les risques psychosociaux qui pèsent sur des enfants déjà happés par le numérique.

 

Le numérique à l'école - 4

 


 

Le numérique à l'école - 1

 

 

Intervenants et auteurs :

Karine Mauvilly, 38 ans. Historienne et juriste de formation, diplômée de Sciences Po Paris, elle a été journaliste puis enseignante en collège public, poste d’observation privilégié de la mutation numérique en cours.

 

Philippe Bihouix, 44 ans. Ingénieur centralien, il a travaillé dans différents secteurs industriels comme ingénieur-conseil ou à des postes de direction. Il est l’auteur de L’Âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable.

 


 

Le numérique à l'école - 2

 


 

Source :

https://www.scienceshumaines.com/le-desastre-de-l-ecole-numerique_fr_37143.html

http://www.seuil.com/ouvrage/le-desastre-de-l-ecole-numerique-philippe-bihouix/9782021319187

 

Livre :

Le Désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans – Philippe Bihouix, Karine Mauvilly (2016)

https://aphadolie.com/2018/04/02/le-desastre-de-lecole-numerique/

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Alien vs Predator: Erdogan et Netanyahu rivalisent pour la domination du Moyen-Orient

TL ALIEN ERDOGAN NETANYAHOU

TRIBUNE LIBRE  - Max Blumenthal

Benjamin Netanyahu et Recep Tayyip Erdogan s'accusent mutuellement de crimes contre l'humanité et tous les deux ont raison sur ce point : aucun ne peut prétendre être un parangon de moralité, tous deux se disputant plutôt les tréfonds de la dépravation, a déclaré à RT Max Blumenthal.

 

Israël est critiqué pour la façon dont son armée gère les manifestations en cours à la frontière de Gaza. La marche annuelle du retour, une manifestation dénonçant l'occupation israélienne, a déjà fait 17 morts et plus d'un millier de blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les dirigeants du monde qui ont condamné les actions israéliennes contre ces manifestants ont été accusés d'appliquer des doubles standards par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Subitement le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque virulente contre Netanyahou, qualifiant Israël d ' "Etat terroriste" et son Premier ministre "de terroriste", à la suite des tirs meurtriers sur les manifestants à Gaza. Le Premier ministre israélien lui a ensuite répondu sur le même mode en qualifié le dirigeant turc de "boucher".

Max Blumenthal a déclaré à RT qu'il lui semblait que Netanyahu et Erdogan se renvoyaient la patate chaude.

RT: La situation à Gaza a relancé le vieux conflit israélo-turc. Les deux parties se sont déjà accusées d'être des États terroristes. Quelle est votre opinion à ce sujet?

© Reuters

 

Max Blumenthal: Je suis assez amusé par les dénonciations réciproques échangées entre Benjamin Netanyahu et le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan. Tous deux s'accusent mutuellement d'atteintes massives aux droits de l'homme et tous deux ont en effet commis les abominables méfaits dont ils s'accusent, Netanyahou à Gaza et le peuple palestinien en général, et Erdogan maintenant à Afrin en Syrie où plus de 100 000 personnes ont été déplacées s'ajoutant aux milliers de victimes. L'ironie de cette prise de bec entre Erdogan et Netanyahu est que depuis le premier véritable échange d'hostilités entre Erdogan et Israël en 2009, puis après le massacre des activistes turcs en 2010 sur la flottille du Mavi Marmara en route vers Gaza, la Turquie et Israël ont substantiellement normalisé leurs relations et ont rétabli de nombreux liens économiques et même des liens militaires. Ce n'est donc qu'un coup de sang circonstanciel destiné à animer la rhétorique de propagande de bazar entre dirigeants qui prétendent rivaliser pour la domination au Moyen-Orient.

RT: Pourquoi semblent-ils utiliser des accusations presque identiques pour se décrire les uns les autres, mais dans un cas sur Afrin, l'autre sur Gaza. Est-ce qu'ils ont tous deux raison, ils combattent tous les deux la terreur, mais tous les deux font face à des accusations répandues d'actions très discutables?

MB: J'ai comparé ce conflit entre Netanyahu et Erdogan au film 'Alien vs Predator' de 2004 où deux monstres s'affrontent à mort. Dans la vraie vie, comme je l'ai mentionné, Netanyahu et Erdogan coopèrent sous la surface. Aucun des deux hommes ne peut se prétendre un bienfaiteur des populations locales. Donc, ils sont essentiellement en compétition pour le titre de plus abject massacreur de la région. Et fondamentalement, ce que chacun fait est en réalité de satisfaire sa base la plus réactionnaire. Erdogan en Turquie avec son parti islamiste de droite AKP. Et Netanyahu en Israël avec son parti Likoud également de droite. Et cela s'inscrit aussi dans la stratégie globale d'Erdogan.Il s'adresse plus largement à l'opinion, au-delà de la Turquie en essayant de se présenter comme un leader du monde islamique défenseur des Palestiniens. Mais il a en fait abandonné Gaza à bien des égards et il a fait très peu de choses concrètement pour la libération des Palestiniens ou pour le soulagement du siège de 11 ans sur Gaza.

RT: Pensez-vous que le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a raison de dire que la communauté internationale devrait d'abord enquêter sur toutes les morts en Syrie, au Soudan et en Libye et ensuite seulement attirer l'attention sur Gaza?
 
© Reuters

 

MB: Il y a une amère ironie ici à observer les réactions d'Israël et ses alliés à ce qui n'était rien moins qu'un massacre de manifestants non armés désespérés et révoltés contre un siège de 11 ans, vivant dans l'une des pires situations humanitaires au monde. L'ONU considère que Gaza sera définitivement invivable dans deux ans. J'étais dernièrement dans la bande de Gaza et j'ai constaté que c'était le cas de beaucoup de gens - il n'y a tout simplement pas assez d'argent ou d'activité pour permettre aux gens de se nourrir. L'insécurité alimentaire touche plus de 50% de la population. Les gens marchent pour protester contre cela et ils ont été abattus par plus de 100 tireurs d'élite israéliens, ils ont reçu des tirs d'artillerie de chars. Israël a même testé un drone qui a largué des gaz lacrymogènes du ciel. Et maintenant, nous entendons le ministre israélien de la Défense déclarer que la communauté internationale n'a pas le droit de condamner ce massacre. De plus, nous avons vu Nikki Haley, l'ambassadeur [américain] à l'ONU, montrant des images d'enfants syriens morts à Khan Shaykhun dans une palinodie publique en avril 2017, exigeant une intervention militaire en Syrie. Ce faisant Nikki Haley a personnellement voulu empêcher une résolution de l'ONU condamnant Israël pour ce massacre. Ainsi, l'hypocrisie d'Israël et de ses alliés, notamment américains, est ici proprement stupéfiante par contraste avec leur comportement envers les violations des droits de l'homme qu'ils dénoncent en Syrie, en regard de ceux commis et revendiqués par leurs clients en Israël.

RT: Croyez-vous que l'appel de l'ONU pour une enquête sur la violence à Gaza est hypocrite, comme le prétend Israël?

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MB: La prétention israélienne à taxer l'ONU d'hypocrisie est le genre de rhétorique que nous entendons depuis toujours de la part du pays qui dans le monde a reçu le plus de condamnations de l'ONU. Pourtant c'est aussi le pays qui obtient systématiquement la protection au Conseil de sécurité des États-Unis. L'hypocrisie dont nous avons été témoins vient en vérité des États-Unis et d'Israël parce que les États-Unis ont toujours protégé Israël face aux conséquences de ses violations répétées des droits de l'homme, tout en accusant des pays dont ils cherchent à renverser le gouvernement - de la Corée du Nord à la Syrie en passant par l'Iran. - de violations massives des droits de l'homme aux seules fins de les faire condamner par des résolutions de l'ONU, alors que ces pays ne font, dans la plupart des cas, que se défendre contre leurs agresseurs, dans des guerres par procuration initiées par l'Occident et des complots visant à renverser leurs gouvernements.

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Philippot oppose un «patriotisme rassembleur» aux projets d'union des droites

Contrairement à un Nicolas Dupont-Aignan qui souhaite rallier, à droite, de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, Florian Philippot tend «fraternellement la main» à des personnalités aussi variées politiquement que Jean Lassalle ou François Asselineau.

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Après avoir quitté le Front national (FN) et fondé son parti Les Patriotes, Florian Philippot n'a pas changé son fusil d'épaule et souhaite incarner un «patriotisme rassembleur» qui s'affranchit des clivages politiques droite-gauche traditionnels, comme il le laisse entendre depuis plusieurs mois.

 

Invité de Dimanche en Politique sur France 3, le 1er avril, Florian Philippot a tendu «fraternellement la main» à des personnalités politiques qui lui semblent «sincères», comme le gaulliste Henri Guaino, ou encore d'anciens candidats à la présidentielle, comme le centriste Jean Lassalle et le pro-Frexit François Asselineau. L'eurodéputé souverainiste a martelé qu'il avait pour ambition de créer un mouvement qui va «au-delà des mornes frontières de la droite», et a fait un appel du pied aux militants de La France insoumise (LFI), qu'il estime «pris en otage par les ambiguïtés» du parti de Jean-Luc Mélenchon.

En dehors de la seule sphère politique, Florian Philippot a également fait part de sa volonté de voir des intellectuels rejoindre le mouvement, citant Emmanuel Todd et Michel Onfray. «On aura des points de désaccord mais il y a urgence à se rassembler pour la France», a-t-il fait valoir.

Dupont-Aignan pour une alliance de Wauquiez à Le Pen

L'alliance que l'ancien numéro deux du FN appelle de ses vœux s'inscrit en opposition frontale avec la stratégie d'union des droites que dessine un Nicolas Dupont-Aignan. En septembre dernier, le président de Debout la France (DLF), se disant effrayé par le «tête-à-tête Macron-Mélenchon», préconisait ainsi une alliance des forces «patriotes», sous un programme commun allant du président des Républicains Laurent Wauquiez à la dirigeante du Front national Marine Le Pen.

Un mois plus tard, Nicolas Dupont-Aignan a d'ailleurs contribué au lancement d'une plateforme participative, «Les amoureux de la France», visant à réunir une coalition pour permettre l'élaboration d'un programme contre la politique d'Emmanuel Macron. A ses côtés, notamment : le président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson.

Le leader de DLF, en outre, ne semble pas contre une présence de Florian Phillipot dans son alliance anti-Macron rêvée. Mi-mars, il déplorait ainsi : «Je suis convaincu que face à la recomposition de Macron, l'unité qu'a réussi à opérer Jean-Luc Mélenchon, le comportement chez les Patriotes et Les Républicains est suicidaire. [...] monsieur Philippot a quitté madame Le Pen. Madame Le Pen repart sur un congrès.»

Le FN se rapproche-t-il pas à pas de LR ?

Après s'être allié avec Nicolas Dupont-Aignan durant l'entre-deux-tours de la présidentielle, le FN de Marine Le Pen, de son côté, a envoyé ces derniers mois des signaux amicaux à l'égard des Républicains de Laurent Wauquiez. La présidente frontiste a ainsi récemment appelé à voter pour le candidat des Républicains lors de la législative partielle à Mayotte. Sur le ton ambigu de l'ironie, Marine Le Pen avait également déclaré, en novembre dernier : «Quand j'entends le discours de monsieur Wauquiez aujourd'hui, je me dis : "S'il est sincère, compte tenu des propos qu'il tient, il devrait aller jusqu'à proposer une alliance [au Front national].» Le président des Républicains, néanmoins, a jusqu'à présent catégoriquement rejeté toute perspective d'alliance LR-FN.

Devant ces plus ou moins vagues volontés de rapprochement des droites françaises, Florian Philippot se montre catégorique : «Je suis en désaccord fondamental avec une stratégie que je vois se dessiner [mais] ça ne va pas se faire [car] ils sont trop différents», a ainsi commenté le chef de parti souverainiste. Au-delà des différences idéologiques entre ces mouvements, le risque est selon lui de «diluer le souverainisme dans l'union des droites». Le président des Patriotes a d'ailleurs confirmé son intention de mener une liste «en faveur du Frexit» aux élections européennes de 2019.

https://francais.rt.com/france/49355-florian-philippot-oppose-patriotisme-rassembleur-union-droite-voulue-fn

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Pour le FREXIT, on préfèrera le plan A (comme Asselineau)...

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Israël va réinstaller une partie de ses migrants africains dans des pays occidentaux

L’Etat hébreu et l'ONU ont signé un accord prévoyant le transfert de plus de 16 000 migrants africains vers des pays occidentaux, dont l'Allemagne. Arrivés illégalement en territoire israélien, ils étaient menacés d'expulsion ou d'emprisonnement.

ACT ISRAEL MIGRANTS

Israël a annoncé le 2 avril avoir annulé un projet controversé d'expulsion de migrants africains et signé un accord avec l'ONU pour la réinstallation d'une partie de ces migrants dans des pays occidentaux.

«Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont arrivés à un accord permettant le départ d'au moins 16 250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l'Etat d'Israël réglera le statut de ceux qui resteront sur place», informe un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou. D'après celui-ci, les migrants en question iront notamment au Canada, en Allemagne et en Italie.

Le gouvernement israélien avait prévu de donner le choix aux migrants clandestins de partir d'ici à début avril – soit pour leur pays d'origine, soit pour un pays tiers – ou d'aller en prison indéfiniment. Ce plan gouvernemental avait suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Selon le ministère de l'Intérieur israélien, 42 000 migrants africains, principalement originaires du Soudan et d'Erythrée, vivent en Israël, dont la moitié – des femmes et des enfants – n'étaient pas menacés par ce plan.

Ces migrants africains sont arrivés très majoritairement après 2007 en s'infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière avec l'Egypte, à l'époque poreuse, a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel Aviv. 

«L'accord signé avec le HCR permet l'annulation immédiate de l'expulsion vers un pays tiers prévue dans le plan précédent», précise le bureau du Premier ministre. Des milliers de migrants africains devraient obtenir un statut leur permettant de légaliser leur situation en restant en Israël, selon le communiqué.

https://francais.rt.com/international/49371-israel-reinstallation-migrants-pays-occidentaux

Pour Netanyahou, «l'arrivée massive de clandestins africains» est «pire» que les actes terroristes

«Sans cette barrière, nous serions confrontés à de graves attaques de terroristes du Sinaï et, pire, à une arrivée massive de migrants africains illégaux», a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors d'une conférence consacrée au développement de la région sud d'Israël, le 20 mars.

«Nous parlons d'un Etat juif et démocratique mais comment assurer qu'il reste juif avec 50 000 ou 100 000 migrants par an ?», s’est-il interrogé. «Un million, un million et demi et on peut fermer la baraque», a-t-il ajouté, se félicitant : «Au lieu de fermer la baraque, on a installé une barrière.»

(...)

Le gouvernement israélien avait approuvé en 2010 la construction de la barrière électronique entre l'Egypte et Israël pour bloquer l'immigration clandestine, le trafic de drogue et d'armes et les «infiltrations de terroristes». Cette barrière, dont la construction a été achevée en 2014, s'étend le long de la frontière de 242 kilomètres entre Israël et l'Egypte, de la pointe sud de la bande de Gaza à la ville d'Eilat.

 

https://francais.rt.com/international/48983-netanyahou-arrivee-massive-migrant-terroristes

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[RussEurope-en-Exil] Grève à la SNCF, grève générale ?

TRIBUNE LIBRE  /  Jacques SAPIR

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Avec le mois d’avril va débuter le grand mouvement social à la SNCF. Un mouvement social particulier car organisé sur un rythme de 2 jours de grève suivis de 3 jours travaillés. Il y a peu de doutes que ce rythme, choisi par les organisations syndicales pour permettre à ce mouvement de durer, va entraîner des perturbations répétées.

Tout le monde sait, ou tout du moins croit savoir, ce qui le motive : le projet de changement de statut de l’entreprise et de ses employés par le gouvernement. Mais, un certain nombre d’idées fausses circulent, dans la presse comme dans l’opinion au sujet de ce mouvement. Il est temps, avant que nous commencions tous à en subir les conséquences, qui seront désagréables à l’évidence, de faire le point sur cette question.

Les cheminots sont-ils des privilégiés ?

On dit beaucoup que les cheminots sont privilégiés en raison de leur statut, et en particulier avec les conditions de départ à la retraite qui sont plus avantageuses que celles de nombreux salariés. Mais, a-t-on réfléchi au pourquoi d’un tel statut ? Si les cheminots ont un « statut », c’est parce qu’ils ont des obligations particulières, ce que l’on appelle des astreintes, comme de travailler la nuit, les dimanches, les jours fériés. Les avantages que leur confère le statut sont une compensation pour ces astreintes. D’ailleurs, ce statut date de 1920, les compagnies de chemin de fer étaient alors privées, et c’est pour fidéliser leurs employés qu’elles ont élaborés un statut protecteur. Alors, on peut assurément discuter de certains de ces avantages, considérer qu’il faudrait – ce qui est d’ailleurs le cas – séparer le personnel administratif du personnel dit « roulant », mais, en bonne logique, on ne peut imposer des contraintes sans proposer des compensations. Le problème aujourd’hui est plus l’embauche, à durée déterminée, de personnels hors-statut, le recours massif à la sous-traitance, que celui du « statut ». Ces pratiques, qui sont déjà le fait de la SNCF, entraînent une dilution des compétences et du savoir-faire particulier, ce qui est souvent la cause d’accidents chez ces personnels. Par ailleurs, la SNCF a du mal à recruter pour certaines fonctions, justement parce que le statut apparaît comme insuffisamment attractif.

On voit bien que la question du « statut » renvoie à la spécificité des compétences et aux astreintes particulières des personnels roulants, et non pas, comme on le croit souvent à la « pénibilité » du travail. Tant que ces compétences particulières seront requises, et que des astreintes elles aussi particulières seront attachées à ces postes, il faudra fidéliser les travailleurs. Et, pour fidéliser ces travailleurs, un statut est la méthode la plus efficace et la moins couteuse…

Le statut de l’entreprise

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Le deuxième point important porte sur le statut de l’entreprise et l’ouverture à la concurrence dans le domaine du rail. Car, même si elle reste propriété de l’Etat, le passage de la SNCF à une société de droit privé serait un changement majeur de cette société.

Alors, oui, la SNCF est lourdement endettée. La dette de la SNCF pèse 44 milliards d’euros actuellement. Mais cette dette n’a pas à voir avec le « statut » des cheminots. Ce sont des décisions des gouvernements successifs qui ont privilégié des partenariats public-privé très coûteux pour la SNCF, comme dans le cas de la construction de la ligne à grande vitesse vers Bordeaux, et qui ont concentré les investissements sur les lignes TGV au détriment des réseaux de proximité qui en sont la cause. Ce qui pose la question des priorités. On sait que la logique des transports est différente selon que l’on considère le périurbain (les trains de banlieue au sens large) et l’interurbain (les relations entre les grandes villes). Dans le cas de ces dernières, la SNCF est soumise à la concurrence de l’avion, du co-voiturage, ou des autocars. C’est une réalité. Mais, ces solutions de concurrence sont, il faut le rappeler, bien plus polluantes que le chemin de fer. Pour les relations périurbaines, en raison de l’engorgement des routes, il n’y a pas d’alternatives au transport ferroviaire. Vouloir privatiser, de droit ou dans les pratiques de gestion, ce dernier aboutit en fait à prélever une rente importante sur l’usager. Prenons à cet égard un exemple, celui du métro de Washington, qui est opéré par une société française. Dans les années 1980 et 1990, le prix du ticket était calculé « au coût marginal », c’est à dire que pour le même transport ce prix doublait avec les heures de pointe. Et l’on vous expliquait doctement que le but de cette tarification était de faire jouer la concurrence. Mais, compte tenu des embouteillages, il n’y avait guère de choix dans le mode de transport aux heures de pointe. Et, donc, ce principe dit « de concurrence » (qui s’exprimait dans la tarification) n’était rien d’autre qu’une forme de racket pour les personnes obligées de se déplacer pour aller travailler.

ETAT SOCIAL

Ajoutons à cela, la question du développement régional (très lié aux conditions de transport) et le fait que sur certaines lignes la fréquentation est fonction du nombre de dessertes alors que l’on pourrait penser que c’est l’inverse. Tous ces problèmes indiquent que dans le domaine du transport ferré, la question des externalités est essentielle. Nous ne prenons pas tous le train (que ce soit le TER, les trains de banlieue ou le TGV). Mais, notre situation économique à tous est impactée par l’existence d’un réseau de transport efficace. Nos emplois, en nombre comme en qualité, en dépendent. C’est pourquoi l’existence d’un service de transport intégré, avec des transferts des lignes les plus rentables à celles qui le sont moins, mais dont l’utilité économique de moyen et long terme est pourtant évidente, s’impose.

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La raison de l’endettement de la SNCF n’est pas à chercher, il convient de le redire, dans le statut de l’entreprise, mais dans la gestion par l’Etat, qui a cherché à imposer une privatisation larvée de cette entreprise. Cette gestion de l’Etat, parce qu’elle s’est faite en dehors d’une vision (d’un plan) d’aménagement des territoires et en faveur de certaines catégories les plus aisées, a été défectueuse. Mais, le recours à des formes de privatisation ne ferait qu’exacerber ces problèmes. Il convient de repenser le rôle de la SNCF dans un cadre global, intégrant et prenant en compte, l’ensemble des effets d’externalités. On voit bien que c’est l’absence d’intelligence du problème des externalités qui caractérise les projets de réformes libéraux sur la question des chemins de fer.

L’obsession de la privatisation

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Pourtant, on le sait, la privatisation est à l‘ordre du jour[1]. Elle semble même une véritable obsession de la part de nos gouvernements. Pourtant, là où les chemins de fer ont été privatisés, la situation n’a pas toujours évolué favorablement, que ce soit pour les usagers ou pour les employés.

L’exemple de la Grande-Bretagne montre que la privatisation des chemins de fer peut se passer très mal. La qualité du service s’y est globalement dégradée et les prix du billet ont explosé, augmentant de trois fois. Ainsi, pour des travailleurs habitant la région de Londres les coûts de transport représentent entre 12% et 14% du budget annuel, contre 2% en France en région parisienne[2]. Par ailleurs, le réseau a connu, depuis la privatisation de 1993 de nombreux accidents mortels. Le résultat est qu’aujourd’hui une majorité de britanniques souhaitent la renationalisation des chemins de fer.

L’exemple de l’introduction de la concurrence en Italie est souvent invoqué pour justifier ce processus. Les prix des TGV italiens auraient fortement baissé et la qualité du service se serait améliorée. Mais ; on oublie que la société dite « privée » de TGV dans la péninsule et largement subventionnée par l’Etat italien, justement pour pouvoir établir cette « concurrence ». Sans cette subvention, la compagnie privée serait incapable d’offrir les prix qu’elle offre aujourd’hui.

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En Allemagne, où les infrastructures restent publiques et la Deutsch Bahn (DB) est une entreprise de droit privé, mais majoritairement possédée par l’Etat fédéral, une privatisation partielle des lignes régionales a été entreprise. Ici non plus, les résultats ne sont pas miraculeux. La DB est, certes, la plus grande entreprise ferroviaire européenne, mais un tiers des trains allemands ont des retards et surtout le multiplication des compagnies privées à l’échelle régionale a entraîné une multiplication des accidents.

En fait, on constate que aucun bilan sérieux n’a été tiré des expériences de privatisation et d’introduction de la concurrence à l’étranger ! En fait, en théorie économique, la concurrence ne peut jouer que si et seulement si le consommateur à un choix réel. Or, pour le transport, et compte tenu de l’engorgement des autres moyens de transport (dans le cas des transports périurbain) ou de leur inexistence (dans le cas des relations « latérales » entre villes moyennes), le consommateur n’a pas de choix. Cela signifie que « privatiser » ou adopter des modes de gestion identiques à ceux du secteur privé n’aboutit qu’à prélever une rente sur le consommateur de service de transport ou plus précisément une « quasi-rente » ainsi que l’a défini Alfred Marshall il y a plus d’un siècle. Ainsi, les rentiers ne seraient pas ceux que l’on croit ! De plus, l’existence de « quasi-rente » est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises ont recours à l’intégration verticale (elles achètent les entreprises en amont et en aval de leur secteur d’activité)[3]. Mais, cette intégration verticale est, elle aussi, une rupture du principe de concurrence, et aboutit rapidement à l’oligopole. C’était, d’ailleurs, la raison pour laquelle les chemins de fer ont été largement nationalisés dans le passé.

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Rien ne permet donc de dire que la concurrence et la privatisation seraient des facteurs de progrès dans les chemins de fer. Rien, sauf une directive de l’Union européenne qui va dans ce sens[4]. Et l’on commence à comprendre que cette réforme que veut le gouvernement n’a pas d’autres buts que de faire plier le modèle français sous les fourches caudines de l’UE.

Le futur d’un mouvement

La question centrale est évidemment l’ampleur des perturbations que la grève à la SNCF va provoquer et leur capacité à faire plier le gouvernement. Ces perturbations seront, à n’en pas douter, de grande ampleur, que ce soit pour le trafic passagers mais aussi pour le trafic marchandises. D’ailleurs, ne voit-on pas des journaux et des médias agiter le spectre du « coût économique » de cette grève ou présenter certains dirigeants syndicaux, comme M. Martinez de la CGT comme ceux qui veulent « bloquer la France » ? Mais, toute grève est un affrontement. La seule solution pour les travailleurs est de faire perdre de l’argent à l’entreprise pour que la direction de celle-ci comprenne qu’elle à plus à perdre qu’à gagner en ne négociant pas ou en maintenant ses projets. Et, comme dans le cas du transport ferroviaire, on est dans un secteur où les externalités sont très importantes, pour cette grève de la SNCF l’enjeu est bien de faire perdre de l’argent à toutes les entreprises pour que leurs dirigeants fassent, à leur tour, pression sur le gouvernement. Les idées avancées par des hommes politiques d’un mouvement qui devrait être sans douleur, que ce soit pour le public ou pour les entreprises, sont assez hypocrites et ne tiennent aucun compte des réalités matérielles.

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Au-delà, ce qu’espère une partie des syndicats, c’est que d’autres mouvements viendront rejoindre celui des cheminots. C’est d’ailleurs l’enjeu caché de ce mouvement : à partir d’une grève à la SNCF, arriver à fédérer d’autres luttes, en particulier mais pas uniquement dans les services publics, pour déboucher vers une grève générale. Et l’on peut penser qu’il faudrait bien une grève générale pour faire reculer ce gouvernement. On le voit, notre vie quotidienne va être probablement très perturbée dans les semaines, voire les mois, qui vont suivre.

Mais, si la grève va donc perturber nos habitudes, c’est essentiellement parce que le gouvernement s’entête sur une réforme des plus contestable et s’enferme dans une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable. C’est donc lui le principal responsable.

Notes

[1] http://www.consilium.europa.eu/fr/policies/4th-railway-package/

[2] https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/british-rail-passengers-rpice-hike-train-fares-europe-income-southern-virgin-gwr-a7506711.html

[3] Williamson, Oliver (Oct 1979). “Transaction-Cost Economics: The governance of contractual relationsnutsl=Journal of Law and Economics” (PDF). 22 (2): 233–261.

[4] La DIRECTIVE 2012/34/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 21 novembre 2012 établissant un espace ferroviaire unique européen. http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32012L0034&from=EN

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-greve-a-la-sncf-greve-generale-par-jacques-sapir/

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"Au-delà, ce qu’espère une partie des syndicats, c’est que d’autres mouvements viendront rejoindre celui des cheminots" Encore faudrait- il TENTER d'organiser une "convergence des luttes", ce que ne souhaitent pas les grandes confédérations (membres par ailleurs de la Confédration européenne des syndicats). Tout participant/observateur des luttes sociales de ces dernières années sait pertinemment que les mouvements sont TOUJOURS freinés par les (grands) syndicats quand ils prennent trop d'ampleur...

"le gouvernement s’entête sur une réforme des plus contestable et s’enferme dans une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable. C’est donc lui le principal responsable": le gouvernement ne fait qu'appliquer les directives européennes et il serait irresponsable de sa part de ne pas se conformer aux traités. Mais dire cela, c'est aller au fond des choses et poser le vrai problème; celui de notre appartenance à l'Union européenne...Désigner le gouvernement comme "principal responsable" revient, à mon sens, à détourner l'attention des acteurs du mouvement social vers de fausses solutions.      P.G.

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