mardi 3 avril 2018

L’affaire Skripal, nouvelle usine à gaz de la propagande occidentale –

TRIBUNE LIBRE  – Bruno Guigue

TL BG ESPION

Il faut avouer que la passion de la occidentale pour les gaz toxiques a quelque chose de fascinant. Des attaques chimiques imaginaires du gouvernement syrien au double empoisonnement de Salisbury, la thématique accusatoire brille par sa répétition, et la mauvaise foi otanienne s’illustre par sa constance. Dans “l’”, on veut donc nous faire croire que Moscou a tenté d’assassiner un ex-espion russe et sa fille sur le sol britannique. Des preuves ? Pas le moindre commencement. Rien ne prouve que le gaz “Novitchok” ait été utilisé pour commettre cette tentative d’homicide. La meilleure façon de le savoir serait de transmettre un échantillon à l’Office international des armes chimiques (OIAC), mais Londres s’est bien gardé de le faire.

De même, les Russes ont immédiatement dit qu’ils étaient prêts à participer à une enquête internationale, mais les Britanniques n’en veulent pas. Pourquoi ? Inutile de se le demander. Faute de preuves matérielles, le dossier de l’accusation a l’épaisseur d’un papier à cigarettes. Une semaine à peine après les faits, au terme d’une pseudo-enquête, le gouvernement britannique a déclaré que la était coupable. Une telle précipitation ferait rougir de honte n’importe quel service d’investigation judiciaire normalement constitué. Et elle est d’autant plus suspecte que la charge anti-russe a été orchestrée en Occident avec un acharnement qui fleure la préméditation. Il fallait traîner la dans la boue. On l’a fait, avec une grossièreté sans précédent.

Ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Serguei Skripal a été trouvé inconscient sur un banc, ainsi que sa fille, aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Curieux procédé pour des services secrets ! L’amateurisme du “modus operandi” devrait au moins faire douter de leur implication. Et puis, qui est Skripal, au juste ? Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995, il est condamné à 13 ans de prison pour trahison en 2004 par la Russie. Au terme d’un échange d’agents de renseignement russo-américain, il obtient l’asile au Royaume-Uni en 2010. Pour quelle raison Moscou aurait supprimé ce paisible retraité ? Exilé depuis huit ans, rien ne dit qu’il ait conservé des secrets compromettants, ni qu’il ait représenté le moindre danger pour la Russie.

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Ajoutée à l’inexistence de preuves matérielles, cette absence désespérante de mobile ridiculise l’accusation occidentale. Mais rien n’y fait. Pour les Occidentaux, hurler à l’assassin vaut démonstration de culpabilité. Le problème, c’est que cette arrogance dissimule difficilement l’essentiel : Theresa May et ses collègues mentent comme des arracheurs de dents. Qui peut croire que le pouvoir russe a fait exécuter un de ses ex-agents sur le sol d’un pays-clé de l’OTAN, alors que règne un climat de tension sans précédent avec cette organisation ? Qui peut croire que cette décision, déjà invraisemblable quant à ses motifs et grossière quant à son “modus operandi”, a été prise quinze jours avant l’élection présidentielle russe ? Qui peut penser, enfin, que Moscou s’est tiré une balle dans le pied sur la scène internationale à la veille d’un succès majeur – et prévisible – de politique intérieure ?

Véritable château de cartes, cette accusation ne tient pas une seconde. Pour en comprendre les motifs, il faut appliquer la preuve par les effets. On quitte alors le domaine des procès fumeux pour rejoindre le terrain des réalités. Malgré l’encerclement militaire dont elle fait l’objet, la Russie a conservé son sang-froid, et certains pays européens sont prêts à reprendre le dialogue avec Moscou. La provocation de Salisbury vise précisément à doucher ces velléités, à couper la Russie de l’Europe en accusant Moscou de tous les maux. La Russie mène le bal au Moyen-Orient au grand dam d’Israël et des USA. Elle n’a rien cédé sur la Crimée, définitivement retournée dans le giron de la Mère-Patrie. Les néocons qui ont investi le pouvoir à Washington entendent lui faire payer ce double affront. En diabolisant Moscou par Londres interposé, ils soudent leurs vassaux face à l’ennemi moscovite, clairement désigné dans la “Nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis” de Donald Trump.

C’est pourquoi le réquisitoire britannique a été repris en chœur par des dirigeants occidentaux empressés de s’acquitter d’une solidarité pavlovienne avec le camp du Bien. Hormis l’Autriche et une poignée de petits Etats-membres, l’Union européenne s’est mise au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon. Cette Europe vassalisée par les USA, mais qui se prétend ”menacée” par la Russie, a surtout montré, une fois de plus, qu’elle est un nain politique. Obéissant à l’injonction anti-russe, elle s’est rangée comme un seul homme derrière le leadership anglo-saxon. A croire que rien de positif ne sortira jamais de ce grand corps mou, où une France jadis écoutée a commis la faute, sous la direction des “Young Leaders” qui la dirigent au profit d’intérêts qui ne sont pas les siens, de se fondre dans la masse.

Pour les Occidentaux, l’heure est donc à l’affrontement symbolique – pour l’instant – avec une Russie dont Vladimir Poutine a restauré la fierté. L’affaire Skripal est la nouvelle usine à gaz occidentale. Comme les couveuses de Koweit-City, la fiole chimique de Colin Powell ou les pseudo-gazages de l’armée syrienne, le coup monté de Salisbury est aussi un coup de clairon. Ses auteurs entendent perpétuer la confrontation politique et la surenchère militaire avec Moscou. Ils veulent justifier le durcissement de sanctions économiques destinées à entraver le redémarrage de la Russie et la montée d’un monde multipolaire. En faisant tourner les rotatives de la propagande, ils comptent diviser le monde en deux blocs, comme si le monde était encore celui de la froide et n’avait pas entamé – de manière inexorable – son déport vers l’Est. Ce n’est pas un hasard si ce coup fourré intervient au moment où Trump défie Moscou dans l’Est syrien, déclenche une commerciale avec la Chine et nomme ce fou furieux de John R. Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/laffaire-skripal-nouvelle-usine-a-gaz-de-la-propagande-occidentale-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Gaz paccio

Dans notre Grand jeu énergético-eurasien, les mauvaises nouvelles affluent pour l'empire...

TL PETROLE SKIPPRAL

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A l'ouest, nous étions restés sur l'inénarrable psychodrame de Salisbury, dont l'un des buts avait vraisemblablement à voir avec l'or bleu :

Mais il s'agit peut-être et surtout de gaz. Alors que Gazprom vient de battre dix jours de suite son record d'exportation quotidienne vers l'Europe, l'affaire tombe à point nommé afin de barrer la route au Nord Stream II. Est-ce bien un hasard si mère Theresa de Londres a, immédiatement et pour le plus grand bonheur de Washington DC, embrayé sur le "danger du gaz russe" (lol) et la "nécessité de trouver des sources d'approvisionnement alternatives" ?

Le message n'est pas tant à destination domestique - même si le Royaume-Uni manque cruellement de gaz et que le GNL russe commence à arriver sur le marché britannique, les importations d'or bleu en provenance de Russie restent minimes - qu'extérieure. Les atlantistes de Bruxelles, Varsovie ou Vilnius pourront éventuellement se sentir encouragés dans leur opposition au gazoduc baltique face à Berlin et aux réalités économiques lourdes. Il sera en tout cas intéressant de voir le prochain round de discussions des euronouilles à propos du Nord Stream II...

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Notons d'ailleurs que cela n'a pas empêché Gazprom et le Trésor russe de lever des fonds sur la place financière londonienne (750 millions d'euros pour le premier, 4 Mds de dollars pour le second). Chose intéressante, la clause prévoit la possibilité d'un remboursement en d'autres monnaies :

Les observateurs attentifs auront toutefois remarqué que des clauses pour le moins inhabituelles ont été introduites dans les prospectus d’émission de ces deux obligations, lesquels prévoient notamment « une possibilité de paiement en devises alternatives » explique Oleg Kouzmin, analyste de la banque d'investissement Renaissance Capital à Moscou.

La page 217 du prospectus de l’obligation remboursable en 2047 stipule notamment que, "si pour des raisons indépendantes de sa volonté, la Fédération de Russie se voit incapable de rembourser le capital ou les intérêts en dollars américains, elle le fera en euros, en livres sterling ou en francs suisses".

« Il s’agit d’une clause totalement inhabituelle et nouvelle dans le cadre de l’émission d’obligations souveraines », précise Oleg Kouzmin. Dans le cas de l'obligation remboursable 2029, Moscou aurait même la possibilité d'effectuer les remboursements en roubles.

Il semblerait que ces dispositions soient destinées à protéger les porteurs obligataires dans le cas où les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou d'autres pays décideraient de nouvelles sanctions à l’égard de la Russie, lesquelles lui empêcheraient d’honorer ses paiements en devises fortes.

A noter que ces refinancements cadraient avec le plan d'emprunts à l’étranger prévu dans le budget russe pour l’année en cours.

"Nous savons depuis toujours que ces émissions n'ont d'autre but que d'alimenter le jeu géo-politique", a expliqué, toujours au Financial Times, un gestionnaire d'actifs basé à Londres.

"Les Russes veulent simplement montrer que l'Occident ne peut pas les empêcher d'émettre de la dette et que les sociétés financières occidentales sont toujours disposées à financer la Russie ».

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Dédollarisation, quand tu nous tiens. Où l'on retrouve le désormais incontournable casse-tête du système impérial : comment perpétuer la domination du dollar qui permet à l'empire de vivre et guerroyer au-dessus de ses moyens tout en imposant toujours plus de sanctions qui détournent un nombre croissant d'acteurs (pays, compagnies, institutions financières) du billet vert ?

Mais revenons à notre gaz... Les euronouilles ont, la main sur la couture du pantalon, parlé comme d'un seul homme pour "condamner" Moscou mais se sont bien gardés de discuter gaz et d'évoquer la moindre sanction. Et pour cause : les stocks européens d'or bleu sont quasiment vides ! Frau Milka a beau lancer l'idée de "réduire la dépendance au gaz russe" en projetant un terminal GNL, elle ne revient pas sur son acceptation du Nord Stream II, au grand dam de la MSN. Le commerce germano-russe est au beau fixe malgré les sanctions et il serait suicidaire pour Berlin de renoncer à devenir le hub gazier de l'Europe.

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Parallèlement, les discussions se poursuivent avec l'Italie - rappelons que Rome n'est jamais tombée dans l'hystérie russophobe ces dernières années et a toujours veillé à conserver de bonnes relations avec Moscou - afin de lui livrer du gaz via le Turk Stream qui fait son bonhomme de chemin.

Un autre pipeline qui avance est le Sila Sibirii, plus grand projet énergétique de la planète (...). Le tube est construit aux trois-quarts et devrait entrer comme prévu en service l'année prochaine. Dans la grande bataille pour le marché chinois, Gazprom est aux premières loges et développe en plus le gigantesque gisement de Kovyktinskoye  (2 700 Mds de m3) pour inonder l'empire du Milieu. L'Altaï ou Sila Sibirii II deviendra mécaniquement une nécessité et nous avons vu que les négociations avait repris.

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Ca tombe bien, la relation entre Pékin et Moscou est au beau fixe et les meilleurs alliés du monde - Poutine et Xi - ont été reconduits au pouvoir. Vladimirovitch a été le premier dirigeant à féliciter Xi tandis que ce dernier a encensé le "plus haut historique" du couple sino-russe qui pourrait "poser la base d'un nouveau type de relations internationales". Plus prosaïquement, l'ours et le dragon accélèrent l'intégration énergétique de l'Eurasie et en éjectent l'empire maritime.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/03/gaz-paccio.html

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La puissance de l’ombre

On savait, depuis les attentats de janvier 2015, la France rongée par un mal souterrain. Les théories du complot, ces « ferments de haine et de désintégration de notre société », commencent à « miner notre jeunesse », disait-on alors (1). Un second ingrédient est venu s’ajouter à la menace : les fake news, ces « fausses informations » principalement diffusées sur Internet qui saperaient notre démocratie et nécessiteraient une mobilisation générale.

TL FAKE NEWS COMPLOT

Le tocsin fut sonné en janvier 2018 par la parution d’un sondage prétendant que « huit Français sur dix adhèrent à une théorie du complot ». Sa méthodologie est si discutable qu’il s’apparente lui-même à une fake news (lire « Un sondage sur mesure »). Peu importe : les journalistes s’engouffrent dans la brèche. « Fake news, théories du complot, comment lutter ? », s’interroge France Inter le 11 janvier 2018. « Fake news et théories du complot : et si elles nuisaient (aussi) à vos études ? », décline le magazine L’Étudiant (6 février 2018). L’affaire est jugée assez sérieuse pour que le président Emmanuel Macron envisage de « faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles (2) ». Et pour que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), qui en connaît un rayon sur le sujet, publie un rapport sur « les fausses informations en ligne » et leurs « implications sécuritaires » (3). En ligne de mire, la Russie, accusée de vouloir déstabiliser l’Occident.

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Il existe bien des raisons de combattre le conspirationnisme. Stérile sur le plan politique, l’adhésion aux bobards numériques témoigne des progrès d’un relativisme qui met dans le même sac des croyances alimentées par des marchands de peur et des connaissances scientifiques éprouvées ; des rumeurs propagées à la sauvette et des faits vérifiés, comparés, analysés ; des théories aux fondations bancales et des hypothèses rationnelles.

La soudaine passion médiatique pour la vérité peut toutefois surprendre. Après tout, les journalistes et les dirigeants politiques se sont longtemps accommodés de certains mensonges, du bourrage de crâne de la Grande Guerre aux armes de destruction massive de Saddam Hussein. Et ils s’en accommodent encore. En décembre 2016, le journal de France 2 « révélait » l’existence d’un bar interdit aux femmes à Sevran, générant d’interminables débats sur la montée du communautarisme, et des menaces de mort pour le gérant du lieu. Trois mois plus tard, un reportage du Bondy Blog démonte la supercherie (4) : l’établissement n’est pas un repaire d’islamistes, il sert de l’alcool et accueille des clientes — ce que confirment trois autres enquêtes, du Monde, d’Ouest-France, et de France Bleu.

Tant pis, l’« information » est dans la nature et chacun peut continuer de s’y référer. Ainsi, le 6 janvier 2018, Nathalie Saint-Cricq, chroniqueuse à France 2, évoquait toujours ce « café dans lequel les femmes n’ont pas le droit d’entrer ». C’était lors de la journée « Toujours Charlie » organisée par le Printemps républicain. Nombre de journalistes, de dirigeants politiques, d’intellectuels patentés étaient présents ; l’événement fut largement couvert. Mais personne ne dénonça un rassemblement de benêts crédules colportant des ragots.

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On observe le même déséquilibre avec l’accusation de complotisme. Depuis l’élection de M. Donald Trump, de vénérables journaux traquent à longueur de colonnes le moindre « détail troublant » susceptible d’accréditer l’idée d’une machination russe contre la démocratie américaine. Rien ne peut les convaincre. Si un élément vient affaiblir une de leurs théories, ils en échafaudent une nouvelle… comme les sceptiques quant à la « version officielle » du 11-Septembre (5). Qui accuse le New York Times, le Washington Post ou CNN de conspirationnisme ?

Ainsi va la vie des fausses informations sur lesquelles s’édifient des théories du complot. Si elles sont diffusées par des dirigeants politiques ou des journalistes autorisés, on les présente comme de simples erreurs ; on s’excuse, puis on oublie. Mais, quand le mensonge vient d’un obscur site Internet ou d’une officine jugée « extrême », il devient une menace pour la démocratie. On s’offusque de la naïveté d’individus peu éclairés et on leur enjoint de revenir dans le droit chemin.

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Or cette prétention à séparer le bon grain de l’ivraie constitue l’une des sources du problème. Depuis la fin de la guerre froide, les grands médias ont voulu s’arroger le monopole du discours légitime, imposer le cadre du débat, exclure de l’arène publique toute pensée critique, qualifier de populiste ou de démagogue quiconque remettait en cause l’ordre dominant. Ce magistère a fait son temps. Les connivences de plus en plus aveuglantes entre médias, pouvoir politique et milieux d’affaires ont fini par jeter le discrédit sur cette parole officielle. Si les journalistes se montrent empressés avec les puissants au point de taire leurs turpitudes, pourquoi ne mentiraient-ils pas sur autre chose — l’existence d’un vaste complot, par exemple ? Après tout, l’histoire contemporaine est parsemée de machinations véritables, et la vérité fut souvent tapie dans l’ombre…

Les receleurs de conspirations se nourrissent de cette méfiance pour propager leurs fariboles. Un nouveau cercle de la raison tracé par les pourfendeurs des « fausses informations » ne ferait qu’accroître le nombre de leurs clients.

Benoît Bréville

(1Propos tenus respectivement par Mme Fleur Pellerin, alors ministre de la culture, et par Mme Najat Vallaud-Belkacem, son homologue de l’éducation nationale.

(2Vœux à la presse, 3 janvier 2018.

(3« Digital Hydra : Security implications of false information online » (PDF), NATO Strategic Communications Centre of Excellence, Riga, novembre 2017.

(5Lire Aaron Maté, « Ingérence russe, de l’obsession à la paranoïa », Le Monde diplomatique, décembre 2017.

https://www.monde-diplomatique.fr/mav/158/BREVILLE/58515

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Avec la réforme Pénicaud, le gouvernement promeut le pantouflage des hauts-fonctionnaires

Travailler pour une banque et obtenir une "promo" en tant que fonctionnaire, c'est... bientôt possible. Le gouvernement souhaite encourager la mobilité de ses cadres vers le secteur privé, en leur permettant de conserver un temps leur avancement en tant que fonctionnaire.

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A quoi bon servir l’État quand vous pouvez obtenir votre promotion... tout en travaillant pour une banque ? Tel est bien le type de situations que le gouvernement souhaite encourager, selon l'AFP et Le Monde, qui s'est procuré le mercredi 28 mars le projet de loi sur la formation professionnelle préparé par Muriel Pénicaud.

Application ultime du modèle "start-up Nation" , ce projet de loi, qui sera présenté en Conseil des ministres à la mi-avril, souhaite favoriser la mobilité des fonctionnaires dans le secteur privé. Ce genre d'expériences permettra en effet, selon le gouvernement, "aux administrations (…) de bénéficier de l’expérience et des compétences acquises" par les intéressés. Demain, dans le nouveau monde macronien, les agents publics pourront ainsi se mettre en "disponibilité", selon le jargon interne, tout en conservant pendant cinq ans leur droit à à un avancement.

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"Lorsqu'un fonctionnaire bénéficie d'une disponibilité au cours de
laquelle il exerce une activité professionnelle, il conserve, pendant
une durée maximale de cinq ans, ses droits à l'avancement
", précise le texte. Un haut-fonctionnaire travaillant chez l'Oréal ou Carrefour pourra donc potentiellement obtenir une "promo" à la place de son collègue qui sert l’Etat tous les jours. De quoi susciter quelques grincements de dents en interne...

Prime de l'Etat à ceux... qui renoncent à le servir

Plus étonnant encore, le gouvernement assume le fait que ces nouveautés "concernent tout particulièrement les fonctionnaires appartenant aux corps de l’encadrement supérieur". Autrement dit, on encourage les hauts-fonctionnaires à partir dans le privé pendant un temps. Drôle d’État, qui promeut et récompense ses cadres qui délaissent l'intérêt général...

Les hauts-fonctionnaires n'ont de toute façon pas attendu ce droit à l'avancement pour "pantoufler" en masse. En 2010, une étude publiée dans la Revue française d'économie a établi que 60% des énarques de Bercy rejoignent le privé à un moment de leur carrière. La même année, un article de la revue Sociologies pratiques signalait que 62% des inspecteurs des finances font le même choix. La majorité de ces pantoufleurs - et notamment l'actuel chef de l'Etat, Emmanuel Macron - intègre le secteur de la banque, où leurs émoluments sont démultipliés. C'est évidemment leur droit. Est-ce pour autant le rôle de l'Etat d'accorder une prime à ceux qui renoncent à le servir ?

https://www.marianne.net/politique/avec-la-reforme-penicaud-le-gouvernement-promeut-le-pantouflage-des-hauts-fonctionnaires?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Le Parlement durcit les règles pour les écoles hors contrat

Les députés ont voté « conforme » le 29 mars une proposition de loi centriste qui encadre plus strictement l’ouverture des établissements hors contrat.

ACT ECOLES MUSULMANES

Ce texte, soutenu par le gouvernement, vise à éviter que ces écoles ne deviennent des foyers de radicalisation.

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. ZOOM

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. / Remy Gabalda/AFP

Que prévoit le texte ?

La proposition de loi de la sénatrice UDI d’Ille-et-Vilaine Françoise Gatel prévoit un durcissement des règles d’ouverture des écoles hors contrat. Contrairement à la réforme voulue en 2016 par le gouvernement socialiste, qui avait finalement été invalidée par le conseil constitutionnel, elle ne revient pas sur le principe d’un régime de déclaration, proche de celui qui prévaut pour les associations.

En revanche, elle unifie les dispositions qui s’appliquent aux premier et second degrés et instaure un « guichet unique », l’autorité académique devant transmettre le dossier au maire, au préfet et au procureur.

Surtout, elle allonge à trois mois (contre parfois un seul) la période pendant laquelle ces instances peuvent s’opposer à une ouverture. De quoi permettre un véritable examen du dossier. Elle complète également la liste des motifs que les autorités peuvent invoquer, notamment l’ordre public.

De même, si un établissement passe outre une opposition, ses responsables encourent une fermeture de l’école, une amende de 15 000 € et six mois de prison ferme. Enfin, le texte pose le principe d’un contrôle annuel par les services de l’éducation nationale, tenus de prévenir les autorités si l’enseignement dispensé est contraire à la moralité ou aux lois.

Comment se sont déroulés les débats à l’Assemblée ?

Les débats, qui ont débuté le 28 mars, entre l’hommage aux victimes des attentats de l’Aude et la marche blanche à la mémoire de Mireille Knoll, ont été vifs. « Le contexte actuel doit nous donner encore plus d’ardeur à voter une loi comme celle-ci », a estimé Jean-Michel Blanquer.

Pour le ministre de l’éducation, la proposition Gatel doit permettre de combattre « l’embrigadement » islamiste. Il était devenu nécessaire de modifier un système « complexe », « incomplet » et « obsolète », face à la « hausse exponentielle » des ouvertures d’écoles hors contrat (+ 15 % dans le primaire à la rentrée dernière) et aux « nouvelles menaces », a-t-il fait valoir.

Durant l’examen, plusieurs élus ont évoqué la difficulté d’obtenir après-coup la fermeture d’un établissement en se référant au cas de l’école musulmane Al Badr à Toulouse, qui a fait l’objet d’un bras de fer judiciaire. Comme la majorité LREM-MoDem, saluant un « juste équilibre », les LR ont soutenu la « savante combinaison entre la liberté d’enseignement, protégée par la Constitution et le contrôle ».

 

De leur côté, les groupes de gauche ont plaidé, en vain, pour un régime d’autorisation dans lequel l’école devrait obtenir le feu vert des autorités pour ouvrir. Mais voyant tout de même dans cette proposition des « avancées », la Nouvelle gauche a finalement elle aussi voté le texte, adopté à main levée dans les mêmes termes qu’au Sénat fin février.

Pour revenir à la version sénatoriale, le gouvernement a fait supprimer un amendement ajouté en commission visant à empêcher une personne inscrite au fichier des personnes recherchées de diriger un établissement. Les autorités administratives pourront recourir au motif d’ordre public dans un tel cas, a cherché à rassurer Jean-Michel Blanquer.

Denis Peironhttps://www.la-croix.com/Famille/Education/Le-Parlement-durcit-regles-ecoles-hors-contrat-2018-03-29-1200927814?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180329&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=971824&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Rojava : quand les briseurs de silence fument la moquette du pentagone

 

Le 26 mars 2018, la revue Ballast a publié une tribune intitulée « Rojava, brisons le silence ». Ce texte appelle d’une part à promouvoir le « Rojava » comme une formidable expérience démocratique et d’autre part à demander (à l’ONU ? À l’OTAN?) la création d’un couloir humanitaire et d’une zone d’exclusion aérienne.

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Ce texte est naturellement séduisant, car il dénonce une catastrophe bien réelle, le sort des civils en zone de guerre, mais il s’agit d’une tentative de manipulation et il me semble que beaucoup de ses signataires l’ont signé un peu vite.

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Il a été signé, entre autres, par le NPA et Alternative Libertaire, et il est conforme à leur vision du conflit en Syrie : pour eux, Bachar el Assad est l’unique responsable de la guerre et de toutes les morts de civils en Syrie ; ainsi, quand ils évoquent la Ghouta, c’est pour suggérer que le « régime d’Assad et ses soutiens » massacrent des civils, ignorant le fait que depuis 6 ans les mercenaires wahhabites qui contrôlent la Ghouta envoient quotidiennement des roquettes sur les quartiers résidentiels de Damas. Ces formations politiques, avant de prendre parti pour le « Rojava », ont activement soutenu ce qu’ils appellent « la rébellion », et en ont systématiquement caché ou minoré le caractère djihadiste. Gilbert Achcar, pour le NPA, a été jusqu’à écrire « "même si le soulèvement était guidé par des forces islamiques, cela ne devrait pas changer notre position" », et a appelé de ses vœux la guerre civile en Syrie «[Il faut] une révolution qui l’emporte au moyen d’une insurrection populaire armée débouchant sur une guerre civile avec formation de zones libérées qui s’étendent progressivement jusqu’à la victoire finale. » « La révolution syrienne ne pourra se développer qu’en se transformant en guerre civile".

A partir de 2014, sans pour autant cesser de soutenir l’Armée Syrienne Libre, les Casques Blancs, et toutes les institutions « rebelles » liées aux Frères Musulmans et à Al Qaïda, ces formations politiques ont tourné leur attention vers les YPG/YPJ et le « Rojava ».

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Le « Rojava » est présenté comme une formidable expérience de démocratie directe, écologie, féminisme, laïcité, et ce serait la meilleure alternative au « régime » et à Daesh, renvoyés dos à dos comme deux maux équivalents.

Il s’agit d’une pure manipulation, d’autant plus scandaleuse qu’elle utilise tous les codes de l’anarchisme et de la lutte révolutionnaire pour les mettre au service… de l’impérialisme US.

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Les YPG/YPJ font partie des Forces Démocratiques Syriennes, créées et armées par les USA. Faut-il rappeler que la démocratie est une notion étrangère à la hiérarchie militaire ? Les YPG/YPJ doivent obéir aux États-Unis, sans quoi ils ne feraient plus partie des FDS. Faut-il rappeler que dans une guerre, les soldats se battent pour celui qui leur fournit les armes ? Le « Rojava » héberge de nombreuses installations et bases militaires étasuniennes, concrètement le « Rojava » permet aujourd’hui aux États-Unis d’occuper la Syrie et de lui voler sa région la plus riche en pétrole et en gaz. J’utilise des guillemets pour « Rojava », car c’est un mot nouveau qui désigne pour le PYD l’ouest du Kurdistan, alors même que les Kurdes n’ont quasiment aucune présence historique dans cette région ! Afrin est un territoire kurde, mais dans quasiment tout le reste du « Rojava » Il n’y avait pas de Kurdes avant la guerre.

Et qu’en est-il de la réalité de l’expérience démocratique ? Damien Keller, engagé au sein des YPG, reconnaît que

« Ces institutions de base, dans les quartiers et les villages, souffrent cependant d’un manque d’investissement de la population. Le contexte de guerre civile n’aide pas, mais il semble également y avoir une réticence idéologique de la part de certaines catégories de la population restées fidèles au régime de Bachar el-Assad. Ce qui est problématique quand les villages ne sont pas en mixité ethno-confessionnelle, ce qui est souvent le cas.

Il y a également un effet de distorsion, en raison du rôle dirigeant joué par le PYD. Ses militants et militantes sont en effet très actives dans l’ensemble des instances démocratiques, et les non-militant.es peuvent alors considérer ces structures du Tev-Dem comme relevant prioritairement de la compétence des hevals (« camarades »). »

 De nombreux témoignages, même les plus enthousiastes, décrivent le Rojava comme la dictature d’un parti unique, avec un culte du chef (Abdullah Öcalan) qui n’a pas grand-chose de « libertaire », où les rapports de propriété et le commerce ne sont pas remis en cause. Dès lors, quel rapport avec la guerre d’Espagne ? Est-ce que les jeunes occidentaux qui, pressés par le goût de l’aventure et les fantasmes qu’on a entretenus chez eux, affluent depuis 4 ans vers la Syrie, s’imaginent qu’ils vont prendre part aux décisions militaires et politiques ? Non, il servent de chair à canon dans une guerre qui les dépasse, ou ils prennent goût aux armes.

A Afrin, ce sont des volontaires syriens loyalistes qui sont morts aux côtés des Kurdes, l’OTAN a laissé ses soi-disant alliés se faire massacrer.

Espéraient-ils une aide étasunienne, improbable depuis le départ ? Ce n’est pas Afrin qui intéresse les Etats-Unis, c’est le nord de l’Euphrate et son pétrole. A quel moment se rendront-ils compte qu’ils se battent pour un pays qui a entrepris de démolir la Syrie après avoir démoli l’Iraq, et qui a systématiquement trahi ses partenaires locaux ?

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Pour résumer :

- soutenir les Kurdes, ce n’est pas soutenir le PYD, et le mieux serait de soutenir l’ensemble du peuple syrien en demandant en premier lieu la levée des sanctions qui ont fait exploser le prix des denrées alimentaires et médicales, et en dénonçant les pays qui financent des mercenaires pour tenter de renverser le gouvernement. C’est au peuple syrien et seulement à lui de décider de son avenir.

- il n’a jamais été légitime d’appeler « rebelles » des gens payés et armés par des pays étrangers. Le nom adapté est mercenaires. S’ils se battent avec autant d’acharnement c’est avant tout parce que ça leur rapporte beaucoup d’argent. Et vu leurs faits d’armes (décapitations, crucifixions, amputations, etc) ils méritent amplement le qualificatif de terroristes.

AIGLE US 2

- une partie des signataires de la Tribune de Ballast a travaillé avec acharnement, depuis le début de cette guerre, a soutenir la propagande de guerre de l’OTAN et même a banaliser les Frères Musulmans. Leur objectif principal est le renversement de Bachar el Assad, et tout le reste n’est là que pour servir cet objectif.

 - cette tribune est donc une manipulation de plus. Croyant aider les populations du nord de la Syrie, ses signataires ont en fait validé l’ingérence de l’OTAN en Syrie ainsi que sa version des faits. La demande de création d’une « zone d’exclusion aérienne » est particulièrement perverse, car d’une part elle rappelle le massacre commis par l’OTAN en Libye au nom d’une « zone d’exclusion aérienne », et d’autre part elle sous-entend que les signataires s’imaginent que l’OTAN pourrait décider de sauver les Kurdes des collines d’Afrin, par pur amour de l’humanité. Puisqu’ils confondent le « Rojava » avec la guerre d’Espagne, peut-être ont-ils confondu l’OTAN avec Robin des Bois.

 

Vincent Lenormant

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Au delà du décryptage critique scrupuleux de Vincent Lenormant, et afin qu'ils mesurent à quel point ils sont dupes de charlatans notoires, nous invitons la Revue Ballast et les signataires de cet "appel", sans doute sincèrement convaincus qu'ils soutiennent une "juste cause", à simplement mieux s’informer. Par exemple en visionnant cette conférence de notre camarade Subhi Toma, natif de Mossul, ayant longtemps vécu dans ces régions, que ce soit en Syrie ou en Irak et très au fait de tous les développements de l'actualité géopolitique de la région du fait de son activisme (marxiste) militant.

Pendant ce temps là... à la Goutha, les 17 millions de syriens restés chez eux en Syrie demeurent obstinément réfractaires à l'idéologie libérale libertaire et aux leçons des intellectuels français.  Ils persévèrent dans leur préférence voire leur gratitude pour le "boucher Assad"... sans doute un effet collatéral de l'Orient compliqué comme disaient nos élites à l'époque du levant français :
Le soldat  Wassim Issa de l'armée syrienne a filmé lui-même les premiers moments de la libération d'Ayn Tarma au sud de la Ghouta Est, tandis que les habitants acclament leurs libérateurs : les soldats de l'armée Nationale Syrienne... et manifestent bruyamment leur reconnaissance à l’égard des soldats de l'immonde boucher de Damas et leur haine à l'encontre des rebelles démocrates qui les ont détenus en otage jusque là.

(...)

http://www.librairie-tropiques.fr/rojava2

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