lundi 12 mars 2018

Mayotte : la mobilisation contre l'insécurité ne faiblit pas, Girardin va se rendre sur place

Grève générale, barrages routiers, menace des élus sur la tenue de législatives : les habitants de Mayotte poursuivent leur mobilisation contre l'insécurité et espèrent faire bouger l'exécutif. La ministre de l'Outre-mer s'y rend ce jour.

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Trois semaines après avoir commencé, la mobilisation ne faiblit pas à Mayotte, où la population continue de manifester contre l'insécurité grandissante sur l'île. La grève générale se poursuit et de nouveaux barrages ont été érigés le 8 mars pour bloquer les routes du département, alors qu'une mobilisation avait rassemblé la veille des milliers de personnes dans le chef-lieu de l'île, Mamoudzou. [préfecture, NdR]

Parlementaires, maires et élus départementaux se sont également joints au mouvement, précisant dans un communiqué que «les collectivités locales [seraient] fermées jusqu'à nouvel ordre».

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Plusieurs maires ont par ailleurs déjà annoncé leur refus d'organiser l'élection législative partielle des 18 et 25 mars. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a cependant fait savoir le 7 mars que «l’Etat pourvoira au fait que nous puissions organiser matériellement et opérationnellement le scrutin» et ce «même si les 17 maires refusent d’organiser l’élection».

Parallèlement aux barrages de la population, les gendarmes sont intervenus pour lever des barrages «sauvages» qui avaient été érigés par des jeunes parfois violents, comme à Koungou et à Tsoundzou.

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Conséquence des barrages routiers, le service des consultations externes du Centre hospitalier de Mayotte a été fermé le 8 mars «par manque de personnels», selon le service communication de l'hôpital.

Faire «réagir l'exécutif»

Excédés par l'insécurité qui règne sur l'île, sujette à une forte pression migratoire en provenance des Comores voisines, les habitants comptent ainsi faire «réagir l'exécutif», comme l'a confié Foumo Silahi un des porte-paroles du mouvement, cité par Mayotte Hebdo. Discrète sur la situation jusqu'à présent, avec simplement la promesse d'organiser une «conférence sur l'avenir de Mayotte», la ministre de l'Outre-mer Annick Girardin s'est engagée le 9 mars sur RMC à se rendre sur place rapidement. «Je suis prête à partir. Je pars à Mayotte, si le dialogue est possible, je suis toujours là où je peux être la plus utile», a-t-elle soutenu.

De leur côté, les manifestants menacent de durcir le mouvement dès le 12 mars, et prévoient notamment «l'encerclement de Mamoudzou», la plus grande ville de l'archipel, et, avec elle, les relais de l'Etat, comme la préfecture, ou encore l'aéroport.

https://francais.rt.com/france/48587-mayotte-mobilisation-contre-insecurite-ne-faiblit-pas-girardin-rendre-place

ALEX ALCUYET

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SNCF et autres services publics : comment les détruire en prétendant qu’on veut les sauver (de dégradations qu’on a provoquées)

TRIBUNE LIBRE / Jean Gadrey (Alternatives économiques)

Né en 1943, Jean Gadrey est professeur honoraire d'économie à l'Université Lille 1. Il a publié au cours des dernières années : Socio-économie des services et (avec Florence Jany-Catrice) Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte, coll. Repères). S'y ajoutent En finir avec les inégalités (Mango, 2006) et, en 2010, Adieu à la croissance (Les petits matins/Alternatives Economiques), réédité pour la deuxième fois en 2015 avec une postface originale. Il collabore régulièrement à Alternatives Economiques.


 

TL TRAINS GOPE

C’est une recette éprouvée depuis longtemps dans le monde, et ses résultats – en termes de destructions de biens communs économiques, sociaux et écologiques comme en termes de relais par le privé lucratif sur les segments rentables - sont remarquables partout… où la résistance n’a pas été suffisante. Il faut pour cela manier plusieurs armes de destruction. Mais c’est tout un art si on veut éviter qu’elles ne vous explosent au visage.

Je résume les étapes à suivre, en pensant aux lecteurs/trices ayant peu de temps… Je développerai tout cela dans les deux billets suivants.

- Asphyxie financière soit à petit feu soit à plus gros bouillons. C’est la « réforme » de base et la difficulté est qu’il faut tenir bon pendant des années pour « arriver à l’os ». Cela exige donc du « courage ».

- D’où dégradation de la qualité (d’abord pour les usagers les moins riches) + hausse des tarifs + endettement « insupportable ». Pour gonfler encore la dette, on peut parfois compter sur des investissements délirants sur des segments privilégiés (cas de la liaison LGV Lyon-Turin et plus généralement de la stratégie du « tout pour le TGV », mais l’EPR de Flamanville n’est pas mal non plus dans un autre domaine).

- D’où une opinion publique troublée à qui l’on raconte les yeux dans les yeux qu’il faut « réformer » pour retrouver « l’équilibre ».

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- Seconde « réforme » (la première étant l’austérité financière) : organisation d’une concurrence privée sur les segments (supposés) rentables, en prétendant (parfois à tort)* que c’est l’Europe qui l’impose alors qu’on brûle d’envie de le faire de façon anticipée. Ce qui réduit encore plus les recettes du service public en sursis. Exemple : le tout camions pour casser le fret ferroviaire, une superbe réussite puisque le trafic de marchandises mesuré en nombre de trainsxkms a été divisé, pour la SNCF, par 3,4 depuis 1980 et surtout par 2,5 depuis 2000, début d’accélération de la casse.

- En dépit de ces efforts méritoires, cette fichue opinion publique, décidément rétrograde, reste très majoritairement satisfaite de ses services publics dont on a pourtant organisé les défaillances à répétition. C’est le dernier obstacle à lever et il est de taille. Il faut pour cela entreprendre des campagnes de propagande et multiplier les aboiements des chiens de garde médiatiques sous contrôle. Le processus est en cours et même « à plein régime spécial », voir cette formidable analyse de Samuel Gontier dans Télérama.

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- Enfin, « c’est la lutte finale » : dans une société rongée par les inégalités et la précarité, il faut absolument faire passer pour des privilégiés les salariés ayant encore de bonnes garanties d’emploi et plus généralement tous les fonctionnaires, en attendant de s’en prendre vraiment aux CDI, ce qui a déjà commencé avec les « Lois travail ». Il faut le faire en pensant secrètement aux privatisations futures (dont on prétendra les yeux dans les yeux qu’elles ne sont pas à l’ordre du jour) et plus généralement à la nécessaire fluidité du travail dans une start-up nation en phase avec la mondialisation néolibérale. Mais il faut le faire en public au nom de la justice, en opposant par exemple les agriculteurs aux cheminots, les salariés précaires aux salariés en CDI et ces derniers aux fonctionnaires. Je vous citerai sur ce point des arguments d’une flamboyante mauvaise foi, mais ce sont eux qui passent en priorité à la télé. Pendant ce temps, on oublie les vrais privilégiés, les gros, ceux qui organisent la dénonciation des privilèges fantasmés des petits.

Bien menée, cette stratégie peut marcher. Sauf si des empêcheurs d’exploiter en rond se mettent en ordre… de marche.

À suivre dans les deux prochains billets, où j’entrerai dans les détails car dans toute bonne stratégie le diable est dans les détails.

https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/03/01/sncf-et-autres-services-publics-comment-les-detruire-en-pretendant-qu-on-veut-les-sauver-de-degradations-qu-on-a-provoquees-1

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*La thèse selon laquelle l'Europe serait moins responsable qu'on le croit et que c'est le zèle des dirigeants français qui serait la cause essentielle de nos malheurs est très partagée "à gauche", et pour cause, cela permet de penser que, si on veut, on peut "désobéir", mais elle ne tient pas la route si on étudie sérieusement les GOPE (grandes orientations de politique économique), le document "feuille de route" de la Commission européenne. Une fois de plus, je vous renvoie à l'excellente étude de Charles- Henri Gallois La mise en concurrence et la destruction de la SNCF sont la conséquence directe de notre appartenance à l’Union européenne.     P.G.

Grexit, un sentiment qui monte

TRIBUNE LIBRE / Fabien Perrier (Alternatives économiques)

« Plus de 50 % des Grecs sont pour la sortie de l’euro ! », assène Kostas. L’homme n’est pas sondeur mais menuisier. Il défend, coûte que coûte, l’idée d’un nécessaire Grexit. Pour cet Athénien, la Grèce ne peut s’en sortir dans le cadre monétaire actuel. Le Grexit ne représenterait-il pas un risque d’effondrement supplémentaire ? « Je suis déjà ruiné », répond Giorgos, un fabricant de fenêtres en aluminium.

TL GREXIT

« Tout le monde a été emporté par la crise », poursuit Kostas. Son confrère embraye : « Depuis 2010, mon chiffre d’affaires a chuté de 70 %. Comme dans tout le secteur du bâtiment, d’ailleurs. » « Que les “partenaires européens” viennent voir la vraie vie des Grecs », s’agace l’un d’eux, alors que Bernard Cazeneuve était annoncé en visite à Athènes le 3 mars. Le message qu’entendait faire passer le Premier ministre est que la place de la Grèce est en Europe et dans la zone euro. « La Grèce est sur la bonne voie, la France reconnaît les efforts fournis », confie son entourage.

Trop d’austérité

Les deux artisans se disent « à bout ». Et ils ne sont pas les seuls. Les instituts de sondage officiels relaient ce nouveau sentiment de Grexit. Pour 53 % des Grecs interrogés par l’institut Alco en janvier dernier, l’euro est une erreur pour le pays. Ils ne sont plus que 45,5 % à vouloir rester dans l’euro. En dépit de leurs désillusions, ils sont encore minoritaires (42 %) à souhaiter un retour à la drachme. Mais le changement est tangible. En 2009, 64,5 % des personnes interrogées par Alco estimaient que le pays allait mieux grâce à l’euro. En début d’année, un autre institut de sondage, MRB, publiait des résultats plus tranchés, 54,8 % des Grecs déclarant que le pays devait songer à une sortie de l’euro.

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Pourquoi un tel revirement ? En 2015, les deux hommes, comme une majorité d’électeurs, avaient placé quelques espoirs en Syriza. Le parti de la gauche grecque mené par Alexis Tsipras, l’actuel Premier ministre, arrivait au pouvoir le 25 janvier avec le refus de l’austérité comme principe programmatique. Il voulait donc contrecarrer ces politiques appliquées en Grèce depuis 2010.

A l’époque, Athènes signe un premier accord avec ses créanciers. Ce « mémorandum » implique l’application de réformes structurelles (baisse des salaires et des pensions, coupes drastiques dans les dépenses publiques, réformes du marché du travail, hausses fiscales...) en échange d’un premier prêt pour éviter au pays le défaut de paiement. Alexis Tsipras et son gouvernement n’auront pas pu mettre en pratique leurs intentions. En juillet 2015, ils sont sommés par leurs « partenaires européens » de parapher un nouveau mémorandum, le troisième appliqué dans le pays.

Dette explosive

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Alors que le taux de chômage était d’à peine 10 % fin 2009, il frôle aujourd’hui les 23 %. Et 73,8 % des chômeurs sont de longue durée ; selon la législation en vigueur dans le pays, ils n’ont ni indemnité, ni couverture sociale. Quant à la dette du pays, elle reste explosive. Elle atteint actuellement 180 % du PIB et si elle n’est pas restructurée, elle pourrait représenter 275 % du PIB en 2060 selon le Fonds monétaire international (FMI). Et les créanciers continuent de réclamer leur dû. Alors que la Grèce n’a toujours pas perçu la dernière tranche de crédit (86 milliards) que lui avait promis la Troïka en juillet 2015, elle est tenue de rembourser 7 milliards d’euros avant l’été.

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« Moi, je soutiens Zoe Konstantopoulou et ses actions contre la dette », explique Giorgos. L’ancienne présidente de la Vouli, le Parlement grec, qui a rompu avec Syriza et créé son propre mouvement, a ses aficionados. Comme elle, ils estiment que l’économie hellène ne pourra pas redémarrer sans une véritable restructuration de la dette comportant l’effacement d’une part de son montant et le remboursement par l’Allemagne de sa dette historique envers la Grèce. « Tous les emprunts auxquels le pays a souscrit depuis 2010 ne servent qu’une chose : rembourser la dette aux banques européennes, souligne Kostas. Les Grecs n’en ont pas perçu le moindre centime... Au contraire, eux se serrent toujours plus la ceinture. »

Car chaque mémorandum est accompagné de son flot de mesures. Les salaires ont baissé de 40 % en moyenne depuis 2010 ; le salaire minimum (à temps plein) est de 586 euros brut, et même 510 euros brut pour les moins de 25 ans.

Retraites rabotées

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Alors même que les experts de la Troïka sont de retour à Athènes pour évaluer (tous les six mois) les programmes d’économies mis en place par le gouvernement, les négociateurs (Union européenne, Banque centrale européenne, FMI) exigent de la Grèce qu’elle prenne de nouvelles mesures. A l’issue de l’eurogroupe, fin février, Athènes s’est engagée à en voter « par anticipation ». Elle se plie ainsi à une exigence avancée par le FMI, qui considère que les prévisions européennes sur le cours de l’économie grecque sont trop optimistes.

La Grèce devrait donc consentir à une nouvelle baisse du seuil d’exemption fiscale (5 000 euros par an) dès 2019 et à de nouvelles coupes dans les pensions de retraite, déjà rabotées plus d’une dizaine de fois depuis le début de la crise en 2010. Aucun calendrier n’est encore fixé sur ce dossier des retraites, mais le souhait des négociateurs est que les mesures à venir puissent s’appliquer de manière rétroactive.

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Alexis Tsipras se targue d’avoir obtenu que ces sacrifices soient compensés, euro pour euro, par des mesures d’allègement, elles aussi à partir de 2019, comme par exemple des baisses de TVA. Mais Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances, a reconnu la semaine dernière devant le Parlement qu’« il y aura des perdants et des gagnants ».

Les perdants ? « Ce sont toujours les mêmes ! », tranche Giorgos. « Avant, nous avions un salarié dans l’entreprise. Maintenant, nous n’arrivons même plus à vivre à trois, mon frère, mon fils et moi... » Dans le pays, la paupérisation est rampante.

Plus d’un tiers des Grecs sont aujourd’hui en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ; 21,4 % vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Christos Triandafilou, chercheur à l’Institut grec du travail, souligne qu’avec les baisses successives des salaires, le seuil de pauvreté, de 6 120 euros en 2007 pour une personne seule, a baissé à 4 512 euros. Quinze ans après l’adoption de la monnaie unique par Athènes, le Grexit commence à s’imposer comme la seule porte de sortie pour une population à bout de nerfs.

https://www.alternatives-economiques.fr/grexit-un-sentiment-monte/00077796

C’était mieux avant ? Pour la nature, certainement

L’idéologie du progrès, dit l’auteur de cette tribune, disqualifie toute référence au passé sur le registre du « retour à la bougie ». Pourtant, la nature se portait mieux avant, quand l’homme ne possédait pas les moyens techniques de la détruire à grande échelle.

TRIBUNE LIBRE / Simon Charbonneau est juriste et maître de conférences honoraire à l’université de Bordeaux I. Il est l’auteur de Le prix de la démesure.

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L’un des préjugés de l’idéologie du progrès est de dévaloriser tout ce dont on a hérité du passé, qui serait porteur uniquement d’une nostalgie sans justification rationnelle ou autrement à faire l’objet d’une muséification. Il s’agit là d’une attitude classique de nos opposants, destinée à disqualifier nos arguments, du genre « retour à la bougie ». La caricature dans ce domaine est représentée par le dernier livre du « philosophe » Michel Serres, intitulé C’était mieux avant !. Suite de Petite Poucette, ventant les miracles de la souris permettant d’accéder à internet, il était illustré par une paysanne lavant son linge à la fontaine, une image destinée à démystifier le passé.

Si dans certains domaines comme la santé, le confort domestique et tous les métiers pénibles, le progrès peut apparaître indiscutable (encore faudrait-il ne pas ignorer tous les revers de la médaille !), le bilan écologique actuel nous démontre abondamment que la situation antérieure des pays les plus développés était dans ce domaine beaucoup plus satisfaisante. Moins d’urbanisation, moins d’infrastructures de transports, moins de pollutions de tous types, si l’on s’en tient par exemple aux années de l’immédiat après-guerre. S’il y a un domaine indiscutable de régression, c’est donc bien celui de la protection de la nature ! Ce constat est à vrai dire celui des « vieux » qui ont vécu douloureusement la dégradation du contexte écologique provoquée par l’expansion du système industriel dans tous les domaines, expansion qui continue, comme le montre l’exemple actuel de la prolifération des champs d’éoliennes dans des paysages jusqu’à présent inviolés. Ce sont les naturalistes qui observent l’avancée de ce désastre en voyant disparaître certaines espèces d’oiseaux dans ce qui reste de nos haies ou de poissons de nos ruisseaux ou encore les randonneurs qui observent les « progrès » de l’artificialisation de la montagne dans l’ignorance des statistiques officielles abstraites de la chute de la biodiversité. Tout cela pour dire que pour l’homme, la nature n’existe pas seulement en lui en tant qu’animal mais aussi par la relation qu’il a pu établir avec elle !

Or, tout le monde a constaté que, paradoxalement, dans les déclarations officielles relatives à la crise écologique, il est manifestement interdit d’exprimer un sentiment de perte irréparable pour tous les amoureux de la nature. Cet interdit inconscient est révélateur de l’emprise idéologique de l’imaginaire progressiste des années d’après-guerre, destiné à occulter le désastre écologique en cours et qui continue à sévir aujourd’hui dans nos esprits du XXIe siècle. Pourtant, imaginer que l’on puisse par exemple observer à nouveau dans nos ruisseaux campagnards les vairons, goujons et écrevisses à pattes blanches comme par le passé, serait la preuve tangible de la réussite de nos politiques publiques de restauration de la faune halieutique !

Les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui 

Si l’on veut vraiment prendre la mesure du défi de la protection de la nature aujourd’hui, il faut alors poursuivre la réflexion en se demandant pourquoi donc la nature en question était mieux jadis protégée alors qu’il n’existait encore ni prise de conscience, ni politique globale de protection de la nature !! À vrai dire, la réponse est assez simple lorsque l’on y réfléchit un peu : les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui. L’arbre restait l’ennemi du paysan qui n’avait pas de tronçonneuse pour l’abattre mais pouvait vivre avec, car il faisait partie de son environnement familier.

C’est donc l’expansion fulgurante de nos moyens techniques qui est à l’origine de nos malheurs, faut-il le rappeler ! Par conséquent, si l’humanité veut stopper le désastre en cours, les hommes doivent à tout prix renoncer à rechercher l’efficacité technique au détriment des finalités qui la justifient, au contraire de ce qu’ils font maintenant. Ce qui signifie qu’ils doivent dorénavant cultiver une nouvelle exigence éthique fondée, comme l’a écrit Ellul il y a déjà longtemps, sur la renonciation à la recherche de la puissance dans tous les domaines.

À ce stade du raisonnement, il faut dire que l’on perçoit alors l’ampleur de la tâche qui attend l’homme moderne pour éviter les catastrophes à venir étant donné l’inertie de la société dans laquelle il vit.

https://reporterre.net/C-etait-mieux-avant-Pour-la-nature-certainement

Brèves d'antipresse

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BIG BROTHER | Avec Google, les drones sauront mieux qui tuer

L’intégration du pouvoir informatique avec le pouvoir politique et militaire se poursuit placidement, à l’écart des préoccupations du grand public. Gizmodo et The Intercept nous apprennent ainsi que Google a discrètement passé contrat avec le Département de la défense U. S. pour développer des logiciels d’intelligence artificielle censés faciliter le ciblage par drones.

«L’équipe... travaille au développement d’une technologie d’apprentissage en profondeur destinée à aider les analystes des drones à interpréter les immenses données d’images aspirées par la flotte militaire de 1100 drones afin de mieux cibler les attaques contre l’Etat islamique.»

Bien entendu, et contre toute évidence, les responsables de chez Google ont annoncé que «cette technologie... est uniquement destinée à des usages non-offensifs».

Pour mémoire, la rébellion d’un Edward Snowden a germé justement à cause de sa participation à des recherches de ce genre.

http://log.antipresse.net/post/big-brother-avec-google-les-drones-sauront-mieux-qui-tuer?mc_cid=da5b5c9239&mc_eid=3a5e263339

FAKE NEWS | Quand LE MONDE rebat les cartes de la Ghouta

«Intox persistante de la part du journal Le Monde dans son infographie sur les rebelles de la Ghouta», écrit Bahar Kimyongür cartes à l’appui. «Ahrar Al-Cham a été «désislamisé». J’ai signalé «l’erreur». Elle a été corrigée. Et puis, surprise, Faylaq a été à son tour relooké alors que le groupe est allié à Al Qaeda…

«Ce type de couverture médiatique fait clairement le jeu des djihadistes», enchérit Olivier Berruyer.

Le Monde n’en est pas à son coup d’essai. Avant de camoufler les djihadistes en Syrie, il avait camouflé les islamistes en Bosnie, puis les nazis en Croatie et en Ukraine. Heureusement que le grand public possède les capacités de mémoire d’un batracien…

http://log.antipresse.net/post/fake-news-quand-le-monde-rebat-les-cartes-de-la-ghouta?mc_cid=da5b5c9239&mc_eid=3a5e263339

CANADA | Le premier ministre n’aime que les barbus?

Ce n’est pas envers n’importe quel courant de l’islam que vont les sympathies du jeune Justin Trudeau, mais, selon Tom Quiggin, vers le plus rétrograde. Son résumé publié par le Gatestone Institute énumère un catalogue alarmant.

«Depuis neuf ans, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, soutient ouvertement la cause islamiste, refusant tout dialogue avec les musulmans réformistes. Concernant le retour des combattants de l'Etat Islamique au Canada, Trudeau a affirmé qu'ils représenteraient une « voix puissante en faveur de la déradicalisation », traitant d' « islamophobes » ceux qui s'opposent à leur retour. Le gouvernement du Canada a aussi fait le choix de ne pas envoyer le nom de ces terroristes islamistes au comité de l'ONU qui tient la listedes djihadistes internationaux.»

http://log.antipresse.net/post/canada-le-premier-ministre-naime-que-les-barbus?mc_cid=da5b5c9239&mc_eid=3a5e263339

SUISSE | Le démantèlement d’un géant énergétique

Dernier épisode en date d’une course à l’échec annoncée: le géant Alpiq, qui produisait à l’origine quelque 30% de l’énergie suisse, est contraint de vendre ses activités les plus rentables, après avoir tenté en vain de se défaire de ses barrages alpins.

Ce «coup de poker» illustre la situation tragique où se trouve l’hydroélectricité suisse, une source d’énergie propre, renouvelable, intégrée, mais plombée par les prix artificiellement bas du marché européen. L’Allemagne, notamment, produit à la fois de l’éolien «propre», mais massivement subventionné, et du thermique au charbon très sale dans des centrales rachetées en Europe de l’Est.

http://log.antipresse.net/post/suisse-le-demantelement-dun-geant-energetique?mc_cid=da5b5c9239&mc_eid=3a5e263339

AMAZON | Faux livres et blanchisserie d’argent

Le géant mondial du commerce de détail se prête à tout. Il peut même servir de plateforme (involontaire sans doute) à des filières très simples de blanchiment d’argent. Il suffit de publier des livres bidon, avec autant de contenu que les couvertures décoratives des magazins Ikea, et de les racheter soi-même sur la plateforme de vente en ligne. Le procédé, qui vient d’être repéré, est expliqué sur Livres Hebdo.

http://log.antipresse.net/post/amazon-faux-livres-et-blanchisserie-dargent?mc_cid=da5b5c9239&mc_eid=3a5e263339

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Le gros chèque de la région Ile-de-France pour un géant du e-sport

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La société Webedia, filiale de Fimalac – propriété de Marc Ladreit de Lacharrière – a obtenu avec une facilité déconcertante une aide de 200 000 euros pour l'organisation d'un tournoi de jeux vidéo.

Devant les élus franciliens, Valérie Pécresse devra justifier l’aide allouée à une société florissante, à l’heure où de nombreux clubs sportifs sont en manque de subventions et souffrent des restrictions budgétaires des collectivités locales.

Alexis Comte/UPR78


 

La société Webedia, filiale de Fimalac – propriété de Marc Ladreit de Lacharrière – a obtenu avec une facilité déconcertante une aide de 200 000 euros pour l'organisation d'un tournoi de jeux vidéo.

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Un géant des jeux vidéo en ligne financé par de l’argent public ? C’est ce qui ressort d’un rapport sur la politique en faveur du sport en Ile-de-France que s’est procuré Libération. Pour organiser un championnat de e-sport – compétition en ligne de jeux vidéo – dont le coût total est évalué à 340 000 euros, la société Webedia (dont le chiffre d’affaires s’élève à plus de 200 millions d’euros en 2016) devrait recevoir 200 000 euros du conseil régional, présidé par Valérie Pécresse (LR). Diverses villes franciliennes organisatrices devraient, quant à elles, verser 140 000 euros. In fine, la prise en charge par les pouvoirs publics de ce championnat e-sport IDF 2018, qui aura lieu le 31 mars, se montera à … 100 %. A titre de comparaison, les autres projets ne sont jamais subventionnés à plus de 30% par le conseil régional.

Ovni des compétitions sportives

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Cette aide est d’autant plus étonnante que le dossier présenté par Webedia, à l’appui de sa demande de subvention, est particulièrement vague. Il ne précise pas si le tournoi sera gratuit, combien de joueurs y participeront, s’il y aura des sponsors privés, si les gagnants toucheront une récompense… Rien. Contacté par Libération, le vice-président chargé de ce dossier à la région, Patrick Karam, n’a pas donné suite à notre sollicitation. «On est surpris de voir l’importance de la subvention alors que le projet prévisionnel ne fait que trois lignes !», confie un acteur du milieu du e-sport qui souhaite garder l’anonymat, expliquant qu’il ne souhaite pas se «mettre à dos Webedia, qui a une puissance de frappe impressionnante».

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Filiale du groupe Fimalac, Webedia est la propriété d’un certain Marc Ladreit de Lacharrière, soutien de François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017. Ovni des compétitions sportives, elle n’a pas grand chose à voir avec les fédérations et autres clubs qui touchent d’habitude ce type d’aides régionales. Propriétaire d’Allociné et de Jeuxvideo.com, Webedia cherche à se tailler une place de leader du e-sport. Et pour cause: ces tournois de jeux vidéo attirent de plus en plus de spectateurs en ligne et promettent de devenir un marché particulièrement juteux. En 2020, selon un rapport cité par le magazine Challenges, le e-sport pourrait réunir plus de 600 millions de spectateurs pour un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros. Contactée par Libération, la société Webedia a refusé de s’en expliquer, renvoyant vers la région.

http://www.liberation.fr/france/2018/03/07/le-gros-cheque-de-la-region-ile-de-france-pour-un-geant-du-e-sport_1634391

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