jeudi 8 mars 2018

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8 mars: journée internationale de la femme

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Le gouvernement va lancer la privatisation d’Aéroports de Paris

Les derniers arbitrages auront lieu samedi et seront présentés dans la loi "Pacte" de Bruno Le Maire mi-avril. L’Etat souhaite vendre l'intégralité de sa participation, soit 50,6% du capital. Les candidats se bousculent.

ACT ADP

Le gouvernement s’apprête à lancer sa première privatisation: celle des Aéroports de Paris (ADP). Samedi aura lieu à Matignon une réunion pour finaliser la loi "Pacte" (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) présentée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Accompagné de la ministre des Transports Elisabeth Borne, le Premier ministre Edouard Philippe rendra son arbitrage final sur la privatisation d’ADP.

La loi comprendra un volet permettant à l’Etat de descendre sous le seuil de 50% du capital, ce que les textes actuels lui interdisent aujourd’hui. Aucun autre seuil de détention ne sera fixé, ce qui permettra à l’Etat de se désengager totalement. Elle sera envoyée au conseil d’Etat le vendredi 16 mars et présentée en conseil des ministres le 18 avril prochain. Son vote à l’assemblée nationale devrait intervenir à l’automne pour démarrer la privatisation fin 2018.

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Les échanges entre les deux ministères de tutelles des aéroports de Roissy et d’Orly se sont multipliés ces dernières semaines. Après plusieurs mois de tergiversation et d’études de divers scénarios, la position du gouvernement s’est clarifiée. "Ils sont en train d’atterrir sur un schéma clair et simple" expliquent plusieurs sources.

Exploitation entre 70 et 90 années

Deux éléments clés ont été décidés. D’abord, l’Etat va, selon plusieurs sources proches du dossier, vendre la totalité de sa participation de 50,6% dans le gestionnaire de Roissy et Orly. C’est le message qu’il a fait passer aux différents acteurs. "Il dispose d’une régulation forte et de garde-fou suffisants pour conserver ses droits sur les dessertes, le foncier et la sécurité" explique une source. "Dans ces conditions, l’État n’a pas de raison de conserver une participation" ajoute une autre. Il va notamment négocier un nouveau contrat de régulation quinquennal à partir de fin 2018, au moment où la privatisation débutera.

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Ce raisonnement est partagé par l’Elysée. Lorsqu’il était ministre de l’Economie, Emmanuel Macron optait déjà pour cette vision que l’Etat n’a pas besoin d’être propriétaire de ses infrastructures pour exercer un contrôle étroit dessus. Il avait d’ailleurs même tenté de privatiser l’entreprise, avant que le Premier ministre, Manuel Valls, s’y oppose.

L’autre point bloquant concernait la durée d’exploitation des aéroports et de leurs terrains. Actuellement, l’Etat dispose d’une licence sans durée. Mais, assure une source, "il est hors de question de céder à un acteur privé l’exploitation pour l’éternité!". En jeu notamment, l’utilisation des 6600 hectares de Roissy et Orly mais surtout les 412 hectares de réserves foncières.

L’État souhaite les conserver pour de futurs aérogares et éviter que le repreneur ne les utilise pour de la spéculation immobilière. Il imposera au repreneur d’ADP une licence d’exploitation comprise entre 70 et 90 années. Une durée assez longue pour ne pas dévaloriser l’entreprise et handicaper sa privatisation. Et l'État disposera de droits de veto sur le foncier de l’entreprise.

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Une dizaine de candidats

Une fois ces obstacles techniques levés, l’État pourra mettre aux enchères sa participation de 50,6%, valorisée, aujourd’hui, à 8,2 milliards d’euros. Il a déjà reçu une multitude de marques d’intérêts d’investisseurs français et internationaux, notamment lors du forum économique de Davos en janvier dernier. Le français Vinci fait figure de favori, d’autant qu’il détient déjà 8% d’ADP. L’Italien Atlantia, déjà propriétaire de l’aéroport de Nice, ou l’Espagnol Ferrovial pourraient aussi être de la partie.

Parmi les investisseurs financiers sont cités les français Ardian ou Predica (Crédit Agricole), la Caisse des Dépôts du Québec, Macquarie, GIP (aéroport de Londres) ou encore IFM. Pour racheter une entreprise aussi chère -16 milliards-, ces candidats devront se regrouper en consortium. Dans son appel d’offres, l’État pourrait imposer que le repreneur ait déjà une expérience dans la gestion d’aéroports internationaux.

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L’Etat va aussi vendre des parts dans FDJ et Engie
La loi de Bruno Le Maire entérinera aussi la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) dont il détient 72% aux côté des associations d’anciens combattants comme les Gueules Cassées (20%). L’Etat conservera une participation comprise entre 25% et 35% afin de conserver un "contrôle étroit" sur l’entreprise comme le lui impose le droit européen. Il passera par une introduction de Bourse  de ses parts mais ne prévoit pas d’inviter des industriels des jeux à participer à l’opération. La loi "Pacte" proposera aussi de supprimer le seuil de détention de 33,3% des droits de votes d’Engie dont l’Etat détient 24% du capital. En revanche, il ne devrait pas toucher à celui d’EDF qui restera à 70%.
http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/le-gouvernement-va-lancer-la-privatisation-d-aeroport-de-paris-1389370.html

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Le Média peine à prouver son insoumission à la France insoumise de Mélenchon

Quand un salarié de "Le Média" fait tomber en direct un cache de son ordinateur, révélant des autocollants de la France insoumise, la scène est drôle mais pas seulement : elle est symptomatique de la difficulté pour l'équipe de la web-télé à gagner ses galons d'indépendance vis-à-vis du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

ACT LE MEDIA

La portée symbolique de cette scène cocasse saute aux yeux. Ce lundi 5 mars, l’équipe de "Le Média" répond en direct sur YouTube aux questions des "socios", les abonnés de cette web-télé de gauche lancée en janvier. Aux côtés de la présidente de l’entreprise, Sophia Chikirou, se trouve le responsable des réseaux sociaux, Mathias Enthoven. Et soudain, c'est le drame : un cache scotché au dos de l’ordinateur du jeune homme se décolle, laissant voir… des stickers de la France Insoumise. Flagrant délit, se sont amusés beaucoup d'observateurs sur les réseaux sociaux, qui y ont vu la preuve ultime de ce qu’ils clament depuis les débuts de Le Média : en fait de journalisme, ce n'est qu'un outil d’influence au service de Jean-Luc Mélenchon.

Si la drôlerie de la scène, notamment la mine du jeune homme quand il tente de retenir le cache de son ordinateur, ne peut qu’alimenter l’idée d’une dissimulation subitement percée à jour, les socios les plus investis ne manqueront pas de rappeler que les liens de Mathias Enthoven avec la France Insoumise n’ont rien de secret. Il fait en effet partie de l’équipe numérique de Jean-Luc Mélenchon depuis 2012. Pendant la campagne présidentielle de 2017, il a été un des responsables de sa campagne numérique, ce qu’il met bien en évidence sur son compte Twitter.

Reste que cette péripétie attire l’attention sur l’équilibre fragile qui soutient le projet depuis son manifeste de lancement, publié le 25 septembre dernier dans Le Monde. La web-télé se présente comme un média de toute la gauche, assure de son indépendance par rapport aux forces d’argent mais aussi aux partis politiques… tout en étant portée par des très proches de la France insoumise. Sophia Chikirou a été la directrice de communication de la campagne de Jean-Luc Mélenchon et n’imagine pas arrêter de militer, comme elle l’a récemment expliqué à Marianne. Quant à Gérard Miller, autre fondateur et président de l’association adossée au projet, il n’a jamais caché son soutien au député.

Assistante parlementaire FI et salariée du Média

Dans l’équipe logistique du Média, de nombreux autres noms sont également bien connus des suiveurs de la campagne Mélenchon : Manon Monmirel est la suppléante du député Eric Coquerel, dont elle est également assistante parlementaire à temps partiel ; Michel Mongkhoy, l’ingénieur informatique, est le suppléant de la députée Danièle Obono ; Maxime Viancin, chargé du graphisme, s’est auparavant occupé des logos du candidat à la présidentielle ; Julie Maury et Romain Spychala ont participé aux « Jours heureux », la web-radio des Insoumis. Si l’équipe journalistique, en revanche, n’a pas de liens connus avec la France insoumise, ces connexions peuvent expliquer l’exposition médiatique du "pure player", disproportionnée par rapport aux 20.000 vues quotidiennes que génère le Journal diffusé tous les jours à 20h.

De son côté, la France Insoumise peine à faire la preuve de son étanchéité vis-à-vis du Média. Ce lundi, le député FI Alexis Corbière, interrogé par BFMTV sur l’éviction de la présentatrice du Média Aude Rossigneux, a eu beau répéter n’avoir « rien à voir » avec cette web-télé "indépendante", il s'est contredit tout seul en se montrant prêt à entrer dans les détails du dossier pour défendre l’entreprise. Quand Jean-Jacques Bourdin a affirmé que l’ex-présentatrice avait travaillé cinq mois en n'étant payée qu’un mois, la réponse du député – « C’est le cas de toute l’équipe » – a ainsi témoigné d’une bonne connaissance de la cuisine interne du média, jusque dans ses ressources humaines !

Mail de soutien de Mélenchon

Selon Mediapart, Jean-Luc Mélenchon ne s'est d'ailleurs pas privé d'envoyer le 11 janvier dernier un email à l’ensemble des membres de la France Insoumise – 500.000 personnes, tout de même – pour les inciter à soutenir la web-télé. « Avec moi de nombreux Insoumis, femmes et hommes qui animent notre France insoumise se mobilisent pour le succès de cette initiative (…) Je vous propose de m’accompagner pour être dans les premiers à permettre que Le Média existe. Et nous y parviendrons, j’en suis certain. », écrivait-il.

Pour l'heure, le choix des invités confirme le tropisme mélenchonien. Les Insoumis Thomas Guénolé ou Adrien Quatennens ont ainsi déjà eu droit à leur interview en tête-à-tête, alors qu'aucun élu de La République en Marche ou de Les Républicains n’a encore été reçu. Dans la mesure où le débat d’idées figure parmi les marqueurs affichés de la chaîne, ce n'est pas anodin. Plus globalement, les premières semaines ont surtout donné à voir des confrontations idéologiques réduites à la gauche, voire à la seule gauche critique. Le 15 février, une émission animée par la journaliste Aude Lancelin a par exemple été consacrée à la réforme éducation du gouvernement, en présence de l’Insoumis Paul Vannier, d’Aurélie Filippetti – désormais coordinatrice du mouvement Génération.s de Benoît Hamon – et de Raphaël Giromini, professeur de mathématiques et membre… du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).

Interrogée par Marianne à ce sujet, la direction du Média a expliqué vouloir recevoir prochainement des responsables de partis du centre et de la droite, ainsi que des éditorialistes libéraux. Eric Brunet aurait déjà donné son accord, tandis que l’invitation d’élus FN est encore en discussion. Selon Gérard Miller, une prochaine émission sera par ailleurs consacrée aux comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon… en présence de deux journalistes de Radio France auteurs d’une enquête sur le sujet. Les mêmes qui ont été récemment qualifiés de « bras cassés » et de « CIA médiatique » par le député de Marseille.

https://www.marianne.net/politique/le-media-une-insoumission-aux-insoumis-qui-reste-construire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Après Eric Brunet et Marine Le Pen, ne manquez pas le prochain entretien "en tête à tête" de François Asselineau dans Le Média, suivi d'un débat entre le président de l'UPR et Jean- Luc Mélanchon sur le FREXIT.   P.G.

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Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
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Oligarques : La population ne doit pas se tromper d’adversaire

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Un exemple d'intelligence critique et "en même temps" de récupération politique en faveur de médias, syndicats et partis qui, concrètement, de mon point de vue, sont au moins objectivement complices des méfaits oligarchiques qu'ils dénoncent, de par leur refus de rompre avec l'Union européenne, premier vecteur de cet "antisocial" fort justement dénoncé ici. Le titre de l'article me semble donc éminemment trompeur!      P.G.


 

TL GUENOLE

Après La mondialisation malheureuse, le politologue et essayiste français Thomas Guénolé publie Antisocial, livre dans lequel il décrit le processus de destruction systématique du modèle social français au profit de 10 % de la population. Aussi percutant qu’inquiétant, son nouvel ouvrage dresse le bilan des politiques publiques de ces 30 dernières années et interroge : alors que les droits de 90 % des citoyens et des citoyennes reculent et continuent d’être attaqués, verra-t-on à nouveau étudiants, agriculteurs, ouvriers, cheminots, fonctionnaire etc. se tendre la main pour résister ?

L’Antisocial paraît ce 1er Mars 1er aux Editions Plon. Mr Mondialisation a échangé avec l’auteur.

Mr Mondialisation : Après « La Mondialisation malheureuse », vous publiez un nouvel ouvrage, consacré à la régression des droits sociaux en France. Qu’est-ce que l’« Antisocial » ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial, c’est le processus politique actuel de destruction du modèle social français. C’est un travail au bulldozer. Les conditions d’indemnisation des chômeurs sont de plus en plus durcies. Les protections des salariés sont de plus en plus affaiblies. La possibilité réelle de manifester est amoindrie par diverses techniques policières. Le droit de grève est remis en cause, notamment en obligeant les fonctionnaires à se dénoncer quand ils comptent faire grève. L’accès aux soins de l’hôpital public pèse de plus en plus lourd dans le budget des plus pauvres. Les retraites baissent et l’âge auquel on peut les toucher recule. La machine éducative reproduit de plus en plus les inégalités sociales de départ. Les prélèvements obligatoires les plus équitables, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus privilégiés, baissent, tandis que les prélèvements obligatoires les plus injustes, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus démunis, augmentent. Les conditions de travail de nombreux fonctionnaires se dégradent au point de mettre en danger leur santé et de démolir la qualité du service. Le mal-logement s’enracine profondément dans notre société et frappe plus violemment les plus jeunes. Les habitants des banlieues pauvres sont systématiquement plus durement touchés que les autres par les maux du pays : en particulier le chômage, la précarité et la criminalité. La population rurale est lentement abandonnée à un inexorable isolement par la fermeture progressive des services publics et des commerces de proximité. Bref, l’Antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière ».

 

 

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L’antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière »

 

 

Mr Mondialisation : Les 10 chapitres de votre livre décrivent, dans différents secteurs – santé, éducation, retraites, chômage, etc. –, ces attaques successives contre les acquis sociaux. Ces attaques sont-elles toutes animées par une même idéologie ?

 

Thomas Guénolé : Oui. Cette idéologie est souvent appelée « néolibéralisme ». Je pense que c’est une erreur. D’abord, le préfixe « néo » est inapproprié, car il s’agit à chaque fois de revenir en arrière : revenir à moins de protections sociales, revenir à moins de droits des salariés, revenir à moins de services publics, revenir à moins d’entreprises publiques, revenir à moins d’Etat régulateur, revenir à moins de redistribution des richesses… Ensuite, tout cela n’est même pas « libéral » ! Car en fait, les pères du libéralisme n’ont jamais été pour la transformation de l’économie en un Monopoly géant entre une poignée d’oligarques. Dans sa Richesse des nations, Adam Smith s’insurge contre les coalitions de patrons pour maintenir bas le niveau des salaires et pour briser par la force les protestations des ouvriers. Quant à l’argument des bienfaits des privatisations et de la mise en concurrence, en réalité le père de cette théorie, Léon Walras, a écrit noir sur blanc que pour tout ce que l’Antisocial privatise en priorité – le rail, les routes, l’eau… – il vaut mieux un grand monopole d’Etat ! Autrement dit, il y a usurpation du vrai libéralisme. La véritable idéologie de l’Antisocial, c’est l’oligarchisme, au sens d’Aristote : gouverner la Cité au bénéfice d’une toute petite minorité, l’oligarchie, et au détriment de la grande majorité, c’est-à-dire tous les autres.

Car il faut bien comprendre que toutes ces grandes réformes ont en commun de profiter au petit nombre des oligarques et de nuire à l’intérêt du reste de la population. Moins de protection des salariés, plus de pression sur les chômeurs, cela leur donne une main d’œuvre moins coûteuse et plus facile à pressurer. Privatiser les services publics – hier l’aviation civile, aujourd’hui La Poste, demain la SNCF –, cela leur permet de s’y tailler des grands oligopoles en situation de rente : voyez ce qui s’est passé pour la téléphonie. Faire reculer la redistribution des richesses, cela leur permet de payer massivement moins d’impôts : voyez la réforme récente de l’ISF, qui leur rend des milliards. On a donc bien affaire à un régime politique de facto oligarchique.

Mr Mondilisation : Les différentes réformes que vous énumérez sont toujours accompagnées du même discours : celui de la modernité, celui de la nécessaire adaptation aux nouvelles conditions économiques nationales et mondiales. Un autre modèle – et vison du monde – est-il possible ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial est un projet d’aggravation de l’injustice, d’aggravation des inégalités, et de dérive autoritaire de l’exercice du pouvoir. Il s’accompagne donc du mantra « Il n’y a pas d’alternative ». Ce mantra sert à prétendre que la montée de l’injustice serait inévitable, et à justifier les multiples passages en force par le fait que si vous n’êtes pas d’accord, c’est parce que vous n’avez pas compris. C’est d’ailleurs pour cela qu’invariablement, face aux contestations et aux mobilisations, les gouvernements successifs disent qu’ils vont faire de la « pédagogie ». Là encore ça signifie qu’il n’y aurait pas d’alternative, qu’il n’y a que le chemin de toujours plus d’inégalités, et que si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable.

 


 

« Si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable. »

 


 

Or, en réalité, un autre chemin est possible. Au lieu d’aller toujours plus loin dans les inégalités, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans le partage. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le pouvoir autoritaire, on peut choisir d’aller toujours plus loin vers la démocratie directe. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le productivisme, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’écologisme. Au lieu d’aller toujours plus loin dans l’intérêt de l’oligarchie, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’intérêt du collectif. Je suis profondément convaincu que le grand face-à-face politique de notre siècle est entre d’un côté l’oligarchisme, et de l’autre une démocratie totale : démocratie directe politique, démocratie sociale sous la forme de services publics autogérés, démocratie économique sous la forme des coopératives ; le tout complété par une « règle verte » de transition écologique complète de l’économie du pays et un respect extrêmement exigent de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Mr Mondialisation : On peut avoir le sentiment que les mouvements sociaux sont désormais désorganisés, qu’ouvriers, étudiants, agricultures, fonctionnaires etc. ont l’impression d’avoir des intérêts divergents à défendre, si bien que les divisions priment sur l’action collective. Qu’en pensez-vous ?

Thomas Guénolé : Il y a effectivement un manque de front commun social. Or, je montre dans Antisocial que l’histoire du 20ème siècle nous apprend ceci : à chaque fois qu’il y a un tel front commun, l’oligarchisme est battu et les conquêtes démocratiques avancent. C’est systématique. La journée de huit heures a été obtenue par une menace de grève générale en 1919. Les grandes conquêtes sociales des accords de Matignon, à l’époque du Front populaire, ont été obtenues par la grève générale de 1936. L’augmentation spectaculaire des salaires et les grandes libertés syndicales des accords de Grenelle ont été obtenues par la grève générale de Mai 68. C’est une leçon toujours d’actualité : deux ou trois semaines de grève générale suffisent pour vaincre sur le front social. A contrario, quand en 2016 ou en 2017 il y a des manifestations mais pas de grandes grèves massives, l’Antisocial gagne.

Mr Mondialisation : Cette division est-elle alimentée par les gouvernements successifs ?

Thomas Guénolé : Bien sûr. Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’Antisocial les unes contre les autres. Ils opposent les salariés précaires aux « privilèges » des fonctionnaires, alors qu’en réalité le statut des fonctionnaires a été créé après Vichy pour que les administrations soient à l’abri des pressions du pouvoir politique pour garantir que la République reste RépubliqueIls opposent les salariés du privé au statut des cheminots, alors que c’est précisément leur statut qui a permis plusieurs fois aux cheminots de protéger nos droits à tous en lançant de grandes grèves ferroviaires. Ils opposent les « usagers pris en otages » aux grévistes qui sont accusés de défendre des privilèges, alors qu’en réalité souvent les grévistes défendent les droits des salariés du privé. Ils opposent les Français aux immigrés et aux réfugiés, alors que notre pays, sixième pays le plus riche du monde, est largement assez prospère pour bien traiter à la fois les autochtones et les immigrés. Cette technique est tellement ancienne qu’elle a son propre proverbe très ancien : « Diviser pour régner ». La grande masse de la population ne doit pas se tromper d’adversaire : le problème, ce sont les oligarques.

 


 

« Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’antisocial les unes contre les autres. »

 


 

Mr Mondialisation : Vous estimez que les médias dominants sont également en cause et légitiment le discours « réformateur » ?

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Thomas Guénolé : Oui. Ces trois dernières décennies, les grands médias privés audiovisuels et de la presse écrite sont devenus un vaste oligopole tenu par une poignée de milliardaires. C’est un fait. Or, presque tous ces médias perdent de l’argent. Si ces oligarques les conservent, c’est donc qu’ils en attendent un retour sur investissement qui, s’il n’est pas financier, est nécessairement un pouvoir d’influence. De fait, qu’il s’agisse de leurs grandes chaînes d’information privées, de leurs grandes radios ou de leurs grands titres de presse, la ligne politique exprimée, par exemple par leurs éditorialistes et par les économistes qu’ils choisissent d’inviter en priorité, est toujours la même : il n’y a pas d’alternative, il faut enlever des protections aux salariés, il faut durcir le traitement des chômeurs, il faut privatiser les services publics, il faut que l’État régule moins l’activité économique, il faut moins de fonctionnaires, etcCe matraquage d’un catéchisme antisocial constitue un feu roulant de propagande pour obtenir la résignation du plus grand nombre à la démolition du modèle social français. C’est ce que Noam Chomsky et Edward Herman appellent le modèle de propagande dans La fabrication du consentement. Je fais mien ce cadrage théorique dans Antisocial.

 


 

« La ligne politique exprimée est toujours la même : il n’y a pas d’alternative. »

 


 

Mr Mondialisation : La précarisation touche 90 % de la population selon vous, pendant que les 10 % les plus riches profitent de l’ « Antisocial ». Malgré ce que vous décriviez précédemment, les conditions sont-elles réunies pour voir éclore un nouveau mouvement social d’ampleur ?

Thomas Guénolé : Les conditions objectives d’un changement de système politique, économique et social sont réunies, puisque les perdants de la mise en œuvre de l’Antisocial sont déjà majoritaires. Cela explique qu’au référendum français de 2005 sur le traité européen rendant obligatoire les politiques antisociales, ou sur le maintien du Royaume-Uni dans ces traités antisociaux, le peuple dans les deux cas ait voté majoritairement « Non ».

MANIF RETRAITES SEPT17

Sur le front social, les deux grands problèmes sont de combattre la résignation qui s’empare du plus grand nombre sous l’effet de la propagande médiatique, et de surmonter les divisions dans le monde syndical entre ceux qui sont prêts aux grandes grèves et ceux qui préfèrent négocier avec l’Antisocial – alors que ce dernier avance au bulldozer. Concernant la question médiatique, il faut développer de plus en plus massivement des médias généralistes d’alternative au système : Le Monde Diplomatique, Le Média, Arrêt sur images, Alternatives Economiques, Mister Mondialisation, notamment, sont des exemples pionniers. Concernant la question syndicale, les adhérents des syndicats doivent prendre leurs responsabilités : ils doivent porter à leur tête des équipes déterminées à orchestrer de grandes grèves comme celles de 1936 ou de 1968.

Sur le front politique, il faut développer de grands mouvements ouverts militant à la fois dans les batailles électorales, dans les batailles sociales de terrain, et dans la bataille des idées partout où il y a espace de débat public. Podemos en Espagne, la France Insoumise en France, la transformation en cours du Labour britannique de Jeremy Corbyn en mouvement à la fois politique et social, entre autres, sont des modèles de cette évolution nécessaire.

Source :

https://mrmondialisation.org/la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

https://aphadolie.com/2018/03/07/oligarques-la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

La Ghouta et les idiots utiles du « regime change » (1)

TL BG FAKE SYRIE GHOUTA

Quel est le point commun entre Macron, le NPA, Syria Charity, Israël, Le Monde, les Frères musulmans, le Parti socialiste, BHL, Alain Juppé, Alexis Corbière, la droite, la gauche, Noël Mamère, les écolo-bobos, les atlantistes, les droits-de-l’hommistes et les gauchistes ? On devine la réponse. Tout ce beau monde aime le peuple syrien ! Il pleure sur ses malheurs, il veut le sauver (“SaveGhouta”), il condamne ses “tortionnaires” et ses “bourreaux”, il proclame sa solidarité sans faille, héroïquement, depuis les salles de rédaction et les plateaux télé.

Qui se réjouit des malheurs répandus par cette guerre absurde ? Personne.

Qui a livré des armes au conglomérat terroriste ?
On le sait.

Qui est responsable de la poursuite du massacre, alors que les jeux sont faits ?
On le sait aussi. Ce sont les mêmes : USA, Arabie saoudite, France, Royaume-Uni. Mais en décrétant qu’il y a des “bons” (les “rebelles démocrates”) et des “méchants” (“Assad-le bourreau” et ses alliés), les consciences borgnes du monde occidental peuvent pleurer à bon compte. Elles peuvent s’acheter une virginité, se draper dans un humanisme de pacotille. Dopées à la moraline, elles accréditent inlassablement, depuis sept ans, un véritable conte de fées.

 

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Cette théâtralisation du conflit syrien, depuis l’origine, est l’envers de son instrumentalisation impérialiste. Elle arrose de daube humanitaire le carnage perpétré par la meute wahhabite made in USA. Démasquée avec brio par Vanessa Beeley, la gueule enfarinée des “Casques Blancs” qui ripolinent leurs propres scènes de crime est comme la métaphore de cette imposture. Trousse de maquillage à la main, se filmant eux-mêmes dans leurs basses œuvres, ils s’acharnent à produire les effets spéciaux qui orchestrent la compassion sélective indispensable au “regime change”.

 

Au fond, la guerre des “gentils rebelles” chers à l’Occident n’est qu’une sorte d’Halloween. C’est un concours de déguisements, un bal masqué pour coupeurs de têtes qu’on habille en secouristes pour les besoins de la cause. Avatar de la “société du spectacle”, la séquence est toujours la même : l’image trafiquée provoque l’indignation sélective qui justifie l’ingérence étrangère. Après Alep, la Ghouta est devenue le lieu emblématique de cette supercherie, où les tours de passe-passe de la propagande font prendre des vessies pour des lanternes, et des terroristes sanguinaires pour des “rebelles modérés”.

 

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Que l’on sache, c’est l’armée syrienne qui installe des couloirs d’évacuation pour la population de la Ghouta prise au piège. Et ce sont les “gentils rebelles” qui prennent pour cibles les civils qui osent tenter de fuir ce nid de scorpions. Mais peu importe ! Les bonnes consciences occidentales ne voient que les victimes qui les intéressent. Comme jadis les habitants d’Alep-Ouest, les citadins damascènes bombardés par “l’Armée de l’islam” sont le menu fretin d’une victimologie sélective. Qu’ils meurent, si c’est pour les beaux yeux de cette “révolution” qui brandit l’étendard de la “charia” avec la bénédiction laïque du gouvernement français !

 

Comme disait Laurent Fabius, après tout, nos amis du Front Al-Nosra “font du bon boulot”. Pour les hémiplégiques de la pleurniche, de toutes façons, un mort n’est pas un mort. Dans un cas, on le condamne à l’insignifiance, dans l’autre on le voue à l’hyperbole. D’un côté, les chiffres invérifiables fournis par l’officine de Coventry (OSDH), de l’autre, des victimes “prorégime” qui passent sous les écrans-radars. On n’accorde de réalité à la souffrance que si les suppliciés en valent la peine. Ils n’existent, en fait, que s’ils corroborent la narration servie en boucle aux téléspectateurs occidentaux.

Nos humanistes à géométrie variable prétendent aimer la Syrie, mais ils veulent la voir dépecée, en lambeaux. S’en doutent-ils seulement ? En triant les victimes, ils se font les idiots utiles d’un “regime change” qui a échoué. Cette compassion sur commande devait servir la destruction de l’Etat syrien, mais cette politique est un fiasco. Comme Alep, Palmyre ou Deir Ezzor, la Ghouta sera bientôt libérée par une armée de conscrits, l’armée arabe syrienne. Ils voulaient parler à la place du peuple syrien. En battant les terroristes qui infestent le verger oriental de Damas, le peuple syrien leur répond qu’il est assez grand pour décider de son avenir.

 

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/03/la-ghouta-et-les-idiots-utiles-du-regime-change-par-bruno-guigue.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

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La Ghouta et les idiots utiles du « regime change » (2)

Cette vidéo a depuis été retirée des médias sociaux de RFS!

TL BG FAKE SYRIE GHOUTA

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Une vidéo qui semble montrer des membres des Casques blancs de Syrie participant au populaire "Mannequin Challenge" avec un homme blessé qui a provoqué la confusion sur internet après être devenue virale. Avec plus de 200 000 vues sur Facebook, la vidéo a laissé beaucoup de gens perplexes quant à son authenticité. Deux hommes portant le logo des Casques blancs, un réseau de défense civile financé par les USA et opérant en Syrie, sont filmés dans une pause figée avec un homme, dont les jambes sont couvertes de débris. L
a caméra qui tourne autour de la scène avec les trois hommes en vedette ne bouge pas. Contrairement à la tendance virale, cependant, les hommes entrent soudainement en mouvement lorsque l'homme est enlevé des décombres.


La vidéo a d'abord été mise en ligne par le Bureau des médias des Forces révolutionnaires de Syrie (RFS), un média anti-Assad.

#MannequinChallenge était dans le titre de la vidéo avec "bord de la mort".


La piste audio utilisée dans les 24 premières secondes de la vidéo diffère des sons naturels entendus après ce point avec plusieurs voix et sirènes audibles.

Le RFS n'a pas révélé l'endroit où la vidéo a été filmée ni la date à laquelle elle a été enregistrée.

White Helmets Mannequin Challenge

RFS FAKE WH

https://www.youtube.com/watch?time_continue=23&v=Zgl271A6LgQ

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/03/la-ghouta-et-les-idiots-utiles-du-regime-change-par-bruno-guigue.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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La Ghouta et les idiots utiles du « regime change » (3)

TL BG FAKE SYRIE GHOUTA

 

Pour illustrer cet éditorial que Bruno Guigue a eu l'amabilité de nous proposer, voici un exemple de la manière scandaleuse et mensongère dont l'immonde RT, à la solde du répugnant totalitaire (Ras)Poutine désinforme son peuple ( à défaut de le bombarder) et propage de fausses nouvelles fantaisistes et invérifiables
parmi les plus candides des citoyens occidentaux;

n'hésitant pas à accréditer de sulfureuses Mata-hari complotistes
pour mieux servir leurs élucubrations fantasmagoriques  :

Rania Khalek

Guerre de Syrie:
ce que les médias de la classe dirigeante
ne vous disent pas sur la Ghouta orientale

 

Rania Khalek est une journaliste américaine,
écrivaine et commentatrice politique
basée au Moyen-Orient.


Source RT ( USA ) : Heure de publication: 5 mars 2018 15:30 

 

 

 

 

 
 
 
Alors que les forces gouvernementales syriennes combattent Jaysh al-Islam pour reprendre la Ghouta orientale, les médias occidentaux ont totalement ignoré les atrocités commises par les insurgés, préférant attribuer toute la violence au«régime».

Ils sont encore là, hurlant à propos d'une ville en Syrie qui est reprise par le gouvernement. Cette fois, c'est la Ghouta orientale, une banlieue de Damas et l'un des derniers bastions de l'insurrection islamiste qui a déchiré le pays au cours des sept dernières années.

Avant la Ghouta orientale c'était Alep et avant Alep c'était Madaya et avant Madaya c'était Homs, et ainsi de suite. Tous ces endroits ont été encadrés comme s'il n'y avait pas d'insurgés armés présents, et les autorités syriennes massacraient sans pitié des civils à cause d'une soif de sang affreusement caricaturale. Si les insurgés étaient mentionnés, ils étaient habituellement (et sont toujours) présentés par la presse occidentale comme des rebelles modérés et des combattants de la liberté.

Donc, si votre seule compréhension de la Ghouta orientale vient des médias traditionnels, alors vous avez l'impression qu'il y a un conflit unilatéral entre le gouvernement syrien et ses civils. Mais cette guerre n'est pas si simple.

Les leaders djihadistes

Les "rebelles" responsables de la Ghouta orientale sont une collection de groupes djihadistes, dont le plus puissant est Jaysh al-Islam, ou l'Armée de l'Islam, un groupe salafiste-djihadiste soutenu par l'Arabie Saoudite qui cherche à remplacer le gouvernement syrien par un État islamique (IS, anciennement ISIS). Jaysh al-Islam est extrêmement sectaire et tout aussi méchant dans sa rhétorique, ses tactiques et ses objectifs les mêmes qu'IS. Il se livre à des exécutions publiques et se glorifie publiquement d'avoir fait défiler des civils de la secte minoritaire alaouite en cage dans les rues, en tant que boucliers humains. Le fondateur du groupe, feu Zahran Alloush, a ouvertement appelé au nettoyage ethnique des minorités religieuses de Damas.

Le deuxième plus grand groupe est Faylaq al-Rahman , qui est allié à Hayet Tahrir al-Sham, ou HTS, le dernier nom de la filiale syrienne d'Al-Qaïda. HTS a également une petite présence dans la Ghouta orientale ainsi que Ahar al-Sham et Nour al-Din al-Zenki, anciens destinataires d'armes américaines dont les combattants se sont filmés jovialement en train de décapiter un adolescent.

La région de Ghouta orientale, à la périphérie de la capitale Damas, Syrie © Hamza Al-Ajweh

Plus récemment, des civils fuyant la Ghouta orientale ont décrit avoir été la cible de militants cherchant à les empêcher de fuir vers la sécurité du territoire contrôlé par le gouvernement (qui a permis à 80% de la population d'échapper à ce carnage. Un autre fait que les médias occidentaux se gardent de signaler. De même, les rapports documentés selon lesquels les insurgés refusaient de fournir de la nourriture et de l'aide humanitaire aux civils ont été ignorés par le courant "occidental".

Guerre de l'information

La Syrie est peut-être la guerre civile la plus largement propagandisée de l'histoire. Des dizaines de millions de dollars ont été dépensés par les gouvernements occidentaux et leurs alliés régionaux pour construire un appareil médiatique qui édulcore l'insurrection, reporte toute la responsabilité de violence sur le gouvernement Syrien et son allié russe, et agite l'opinion en vue d'une intervention militaire plus énergique contre le président syrien Bashar Assad. Les médias occidentaux en sont venus à compter sur ces seules sources de propagande pour obtenir des informations sur le conflit.

Le plus célèbre est le White Helmets (Casques Blancs), un groupe de sauvetage lourdement financé par les gouvernements américain et britannique. Commercialisés par une grande société de relations publiques, les Casques blancs plaident ouvertement pour un changement de régime tout en travaillant aux côtés des rebelles liés à Al-Qaïda dans les zones d'opposition. Certains de ses membres ont participé à des atrocités sur vidéo , un fait presque entièrement ignoré par les médias occidentaux, zélés propagandistes de ce groupe.

L'autre source de référence pour les médias occidentaux est l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de surveillance dirigée par un homme travaillant chez lui en Grande-Bretagne, qui est ouvertement favorable à l'opposition Syrienne ( hors de Syrie ) mais abritée ( et financée) par les gouvernements occidentaux déterminés au "regime change"  .

Les médias occidentaux s'appuient aussi souvent sur des «activistes des médias» autoproclamés dans les régions de la Syrie contrôlées par des groupes militants. Mais ces groupes ne tolèrent pas l'activisme ou le journalisme. En fait, ils sont connus pour emprisonner, torturer et exécuter sommairement des militants, des avocats, des travailleurs humanitaires, des journalistes et des minorités. C'est pourquoi les journalistes occidentaux ne peuvent pas se rendre dans les régions de Syrie où les insurgés sont détenus: ils seront probablement kidnappés, rachetés ou tués.

Cela devrait soulever de sérieuses réserves et questions sur quiconque prétend être une source d'information indépendante de la Syrie tenue par les insurgés car il est impossible de diffuser des informations sans la permission des autorités djihadistes qui ont intérêt à promouvoir un récit qui entend provoquer l'indignation pour encourager l'intervention. Cela est particulièrement vrai dans la Ghouta orientale, où les insurgés sont en train de perdre du terrain. La seule chose qui peut encore sauver Jaysh al-Islam de la disparition (et donc retarder la libération des populations en otage) est l'intervention extérieure.

Bien sûr, les informations provenant des zones gouvernementales doivent également être traitées avec réserve, voire scepticisme. Parce que, après tout, les gouvernements mentent aussi. Mais dans le cas de la Syrie, la presse occidentale traite déjà les reportages des médias dans les régions du gouvernement syrien comme s'ils étaient tous inventés, tout en régurgitant inconditionnellement tout ce que les insurgés disent comme un fait, tandis que ces mêmes médias ignorent totalement les victimes dans les zones gouvernementales.

© Ozan Kose

Pendant des années, les insurgés de la Ghouta orientale ont terrorisé et tué des milliers de civils vivant à Damas, dont vous n'avez presque jamais entendu parler en Occident. Au lieu de cela, les points de vente traditionnels sont en train de demander à l'Occident de faire quelque chose.

Escadrons de la mort d'Al-Qaïda

Et cela nous amène à l'un des mensonges les plus pernicieux des médias occidentaux, à savoir comment l'inaction occidentale a permis à l'effusion de sang en Syrie de continuer en toute impunité. Mais l'Occident est intervenu en Syrie et, ce faisant, dans plus tradition de "politique de la cannonière"  (désormais relooké en "droit d'ingérence humanitaire"), a prolongé le massacre et renforcé le pouvoir d'Al-Qaïda.

Malgré l' avertissement dès novembre 2011 que l'opposition armée était dominée par des extrémistes violents et sectaires, l'administration Obama a dépensé 1 milliard de dollars par an pour entraîner et acheminer des armes vers une insurrection dont elle savait qu'elle était liée à Al-Qaïda afin de renverser le gouvernement syrien. Al-Qaïda a construit sa plus grande filiale dans l'histoire en tant que résultat direct de cette politique irresponsable de changement de régime américain.

En d'autres termes, le gouvernement américain a externalisé sa guerre contre la Syrie aux escadrons de la mort d'Al-Qaïda et les Américains n'en ont aucune idée parce que les médias occidentaux continuent de promouvoir des mensonges sur la soi-disant inaction de l'Occident.

Il ne s'agit pas de glorifier le gouvernement syrien, qui est en effet autoritaire et extrêmement vicié. Mais de considérer ce qui aurait remplacé ce gouvernement s'il s'était effondré. L'alternative était inacceptable pour la plupart des Syriens. C'est pourquoi la grande majorité des Syriens - au moins 75% en 2016, un nombre certainement plus élevé aujourd'hui, alors que le gouvernement a récupéré de vastes étendues de territoires contre les insurgés - vivent dans des zones contrôlées par le gouvernement. En fait, des millions de personnes ont fui vers la sécurité des villes contrôlées par le gouvernement après que des insurgés aient violemment capturé leurs zones pour échapper au comportement criminel des insurgés armés. D'autres ont fui parce qu'ils craignaient que le gouvernement bombarde les groupes extrémistes qui les invitaient à leur entrée.

Doubles standards

Et puis il y a le double standard "de masse" .

Porte-parole du Département d'Etat Heather Nauert © Mandel Ngan

Pour vraiment comprendre la sévérité de ce que les États-Unis ont fait en Syrie, replaçons nous dans le contexte américain. Ce serait l'équivalent du financement et de l'armement du KKK par ses adversaires américains pour envahir et occuper les villes américaines et les médias décrivant les milices du KKK comme des «rebelles modérés» et des «combattants de la liberté» qui tuent des minorités et bombardent des civils à Washington, New York et Los Angeles. Imaginez comment Washington pourrait réagir face à un tel scénario. En fait, vous n'avez pas besoin d'imaginer. Ne cherchez pas plus loin que leur massacre "mondialisé" après les attentats terroristes du 11 septembre, ce qui, ruse de l'histoire, a créé la menace d'Al-Qaïda au Moyen-Orient.

Après que l'EI a capturé de vastes étendues de territoire en Irak, le gouvernement irakien, avec le soutien aérien américain, a lancé une série d'opérations pour reprendre des villes comme Mossoul, Falloujah et Tikrit, que la presse occidentale célébrait presque toujours comme libération.

Pendant ce temps en Syrie, le gouvernement syrien, avec le soutien aérien russe, a utilisé plusieurs des mêmes tactiques militaires pour reprendre des villes comme Alep et la Ghouta de l'est, mais les médias ont qualifié ces opérations d'actes haineux qui équivalent à un génocide. .

Le conflit en Syrie pourrait apparaître comme un chaos confus et compliqué. Mais comme les clameurs de la presse grand public pour que l'Occident fasse quelque chose sont de plus en plus belliqueux, il est important de rester conscient du fait qu'il y a un programme et une idéologie derrière leur version unilatérale et univoque de la réalité.

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/03/la-ghouta-et-les-idiots-utiles-du-regime-change-par-bruno-guigue.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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