mardi 6 mars 2018

Communiqué de presse de François Asselineau suite aux résultats de l’élection législative partielle de Guyane

Lors du premier tour de l’élection législative partielle de la 2e circonscription de Guyane, l’Union populaire républicaine, portée par son candidat Georges Mignot, n’a récolté que 0,76 % des suffrages. (rappel en juin 2017 : 1,77%)

OUTIL COMMUNICATION UPR

Bien que ce résultat puisse s’expliquer partiellement par la démobilisation de l’ensemble du corps électoral (près de 65 % d’abstention), force est de constater que les électeurs n’ont pas été sensibles à notre candidature lors de cette campagne, qui s’est par ailleurs polarisée autour du candidat sortant et du candidat de la France insoumise et qui fut teintée d’enjeux locaux et de clientélisme.

Cela est d’autant plus décevant au vu de l’investissement intense de Vincent Brousseau et de moi-même, comme celui des militants sur place.

Cet échec, que l’on doit reconnaître comme tel, ne doit pas nous empêcher de remercier notre candidat, qui a ardemment défendu les couleurs de notre mouvement, avec conviction et dynamisme. Notons que l’UPR, à la différence de nombreux autres partis (Les Républicains, DLF, Les Patriotes, NPA, LO…) fut en mesure de présenter un candidat.

Malheureusement, les Guyanais – comme l’immense majorité du peuple français – ne voient pas la relation de cause à effet entre notre appartenance à l’Union européenne et les conséquences directes sur leur vie quotidienne.

C’est pourquoi nous devons être plus explicatifs encore sur les conséquences de l’appartenance à l’Union européenne sur notre quotidien, et sur les avantages innombrables qu’offrirait le Frexit pour nos compatriotes.

Outre les prochaines échéances électorales, les nombreuses manifestations à venir seront de nouveaux moyens pour atteindre cet objectif.

Pour y parvenir, l’Union populaire républicaine lancera prochainement une grande opération de communication.

Nous produirons et diffuserons par centaines de milliers des tracts spécifiques axés sur la vie quotidienne des Français : destruction de l’agriculture, démantèlement de la SNCF, casse des services publics, fin des petites communes, etc.

Malgré les résultats décevants de cette élection partielle, l’Union populaire républicaine ne cessera, sur les marchés comme dans les rues, sur Internet comme lors des scrutins de toute sorte, de défendre ce en quoi nous croyons tous au plus profond de nous-mêmes : le besoin impérieux de liberté et de souveraineté du peuple français.

Nous continuerons de nous battre, quoi qu’il en coûte, car il en va de la survie de notre pays.

François Asselineau

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L’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) ou l’Agence Nationale des Technocrates Satisfaits ?

La triste réalité de la destruction de nos services publics par l'UE... avec humour ! S.R.


HUM ANTS

Connaissez-vous l'ANTS ? Si vous n'avez pas besoin de papiers administratifs, cette entité sera passée inaperçu de votre vie quotidienne. Tant mieux pour vous. Mais pour ceux qui ont besoin d'une carte grise ou nouvellement appelé certificat d'immatriculation, ce n'est pas la même histoire

Banalement, je viens d'acheter un véhicule d'occasion. La routine pour beaucoup de gens dans notre pays. Mais, car il y a un mais, depuis le 1er janvier 2018, vous ne pouvez plus aller en Préfecture demander votre carte grise. Terminé.

 Ces braves technocrates ne veulent plus vous voir. Terminé, le contact humain. Au rancard les relations humaines. Vive internet. Plus de visages, plus de communications verbales, juste un clavier et un écran anonyme

Comme beaucoup, je me connecte donc au site ultra sophistiqué qui s'appelle ANTS. Créer votre compte. Bon, jusque-là, ca roule. Mot de passe, question secrète, ouf ! Ca y est. Je peux demander ma carte grise.

Première embûche. Il faut un code de cession. Quèsaco ce truc ? Je demande à mon vendeur qui me répond qu'il n'en a pas. Bon... Je coche donc non et je continue. Je vous passe les cases à remplir pour en arriver au Saint Graal, la fin et je clique pour envoyer. Roulement de tambour et paf, le retour (pas du Jedi, dommage) : "erreur technique, veuillez essayer plus tard." 

Embrouillaminis. Je recommence, et re paf, même phrase. Je laisse de côté pendant quelques heures en allant boire un café. Besoin d'un remontant.

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Je m'y recolle et rebelote, même topo. 

Argh ! C'est quoi ce site de m... ! Je tente de biaiser. Une fenêtre indique que l'on peut faire une autre demande, mais différente. Rempli de fougue et d'espoir, je fonce. Mes doigts volent sur le clavier et zou, je clique. Et paf ! L'inscription qui tue se matérialise devant mes yeux ébahis : "Dossier en cours, pour obtenir de l'aide cliquer ici..."

Enfer et damnation. Je clique sur aide et une fenêtre s'ouvre indiquant l'objet de la réclamation. Je remplis et miracle, le message est envoyé. 
Réponse qui arrive deux jours après avec un numéro de dossier. Important ! On s'occupe de vous... Ben tiens. Et puis, deux jours plus tard, réception de la réponse complète. Je vous laisse deviner...

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Non ? Vous ne voyez pas ? "Recommencez et veuillez nous transmettre ce qui s'affiche sur l'écran."

Énorme soupir ! J'obtempère et je l'envoie par e-mail en réponse. Mais, impossible d'envoyer le message, car le site ne fonctionne pas... Sans blagues. 
Quelle saga. Pour répondre à un message, ce serait trop simple de répondre directement. Comme avec une boite e-mail par exemple. Que nenni. 

Il faut repasser par le site, faire une nouvelle demande, rappeler le numéro et ouf ! Ca y est, réponse envoyée. Ca va, vous suivez ? 
Nouvelle réponse automatique plus tard : on a bien enregistré votre demande sous le numéro ... De quoi tomber apathique ou neuneu...

Cette ineptie a duré 1 mois et puis j'ai abdiqué. Je suis allé dans un garage pour obtenir la carte grise. Coût 30€. La secrétaire me parle du site de l'ANTS. Catastrophique me dit-elle. Presque 30 000 cartes grises bloquées. Les garages sont pris d'assaut par les particuliers, n'arrivant pas à obtenir le précieux document. Une véritable pétaudière. 

Et en plus, vous avez intérêt à fermer toutes vos sessions ouvertes avec l'ANTS, car sinon même le garage ne va pas y arriver. Géniaux les "ingénieurs" qui ont pondu ce site. Des enfants feraient mieux. 

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Je vais recevoir sous peu ma carte grise. Et vous n'allez pas le croire... L'ANTS n'arrête pas de m'envoyer des e-mails pour m'expliquer la fabrication de ma carte grise et son envoi. 

Garde ton calme mon ami... Je n'ai pas testé une demande d'un passeport ni d'une carte d'identité. Je passe mon tour... Game Over.

L'Agence Nationale des Technocrates Satisfaits devrait rembourser tous les usagers qui ont été obligés de débourser 30€ chez un garage. 

À réformer de toute urgence, comme beaucoup de sites administratifs.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-agence-nationale-des-titres-202028

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Couverture médiatique de la Ghouta : ou comment faire le jeu des djihadistes (1)

TRIBUNE LIBRE / Olivier Berruyer

TL OB FAKE GHOUTA

Comme à chaque fois que les djihadistes (hors Daech) perdent du terrain en Syrie (interventions aériennes russes en 2015, libération d’Alep en 2016…), nous subissons une intense propagande médiatique visant à influencer l’opinion publique pour lui faire prendre parti dans la complexe guerre civile syrienne. Ce parti étant évidemment celui du Quai d’Orsay (administration noyautée par la pensée néoconservatrice) qui abonde quasi systématiquement dans le sens de la politique extérieure des États-Unis. Rien de bien nouveau, je vous renvoie à l’ouvrage central de Noam Chomsky : La fabrication du consentement.

J’en profite également pour rappeler les principes de la propagande de guerre que l’historienne Anne Morelli a énoncés à partir des écrits durant la guerre de 1914 du député travailliste Arthur Ponsonby :

    1. Nous ne voulons pas la guerre.
  1. Le camp adverse est le seul responsable de la guerre.
  2. Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l’affreux de service »).
  3. C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers.
  4. L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement.
  5. L’ennemi utilise des armes non autorisées.
  6. Nous subissons très peu de pertes, les pertes de l’ennemi sont énormes.
  7. Les artistes et intellectuels soutiennent notre cause.
  8. Notre cause a un caractère sacré.
  9. Ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres.

On voit très facilement que la plupart de ces principes s’appliquent parfaitement à la guerre de communication livrée actuellement dans nos médias contre le gouvernement syrien (quoi qu’on pense de lui – et ici nous n’en pensons pas du bien) à propos de la bataille de la Ghouta. Mais nous reviendrons tout d’abord brièvement sur la bataille d’Alep.

Sommaire :

  1. Des nouvelles d’Alep
  2. La propagande de guerre autour du drame de la Ghouta
  3. Éléments de langage de cette propagande de guerre
  4. Illustrations de propagande cartographique – Le Monde est à l’honneur
  5. Épilogue

P.S. si vous manquez de temps, je vous recommande de lire au moins la partie 4/

1/ Des nouvelles d’Alep

Le climat actuel rappelle la fine subtilité, la grande probité et le sens de la nuance qui s’est fait ressentir durant la couverture médiatique de la reprise d’Alep fin 2016, comme ici :

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Le lecteur notera avec tristesse que, hélas, nous n’avons pas été submergés de témoignages d’Alep, un an après ; on signalera néanmoins cet article du grand quotidien libanais L’Orient-Le Jour qui a fait preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle en décembre dernier (source) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet, désormais dans tout Alep, les chrétiens peuvent fêter Noël – ce qui n’était évidemment pas le cas dans le djihadistan qui s’était créé dans la partie orientale de la ville… Bien évidemment, cela donné lieu à des images utilisées par la propagande progouvernementale, mais qui restent intéressantes :

 

 

 

 

 

 

 

2/ La propagande de guerre autour du drame de la Ghouta

Les années passant et se ressemblant, nous retrouvons donc tous les ressorts de la propagande de guerre dans nos médias :

 

On a aussi vu des images très violentes, qui posent question quant à la décence de leur utilisation, et à la propagande qu’elles servent (source) :

Bien entendu, il n’est pas question ici de minorer les atroces souffrances du peuple syrien et des civils de la Ghouta en particulier (cela fait des années que nous dénonçons sur ce site les ingérences étrangères qui alimentent la guerre, et donc augmente le nombre de morts). Notre peine est immense, et notre solidarité avec le peuple syrien est totale.

Nous développerons dans le prochain billet notre vision sur ce point. Nous nous concentrerons aujourd’hui seulement sur une certaine manière de traiter l’information, qui en voulant afficher les images terrifiantes d’innocentes victimes, alimente en réalité bien souvent le jeu des groupes djihadistes en Syrie.

3/ Éléments de langage de cette propagande de guerre

Classiquement, nous constatons que la masse des médias présente d’une manière univoque un élément particulier de l’immense tragédie syrienne, à savoir le drame de la Ghouta :

Nous avons ici plusieurs importants éléments de langage de la propagande de guerre en Syrie.

Le premier est de délégitimer le gouvernement syrien. Il n’a plus droit au titre de “gouvernement”, mais à celui de “régime”. Cela s’applique à la plupart des gouvernements que nos dirigeants n’apprécient pas. Chose amusante, vous noterez que plus ils en détestent un, moins le mot “gouvernement” est employé dans le traitement de l’information.

Pourtant, si on peut imaginer la difficulté pour beaucoup d’utiliser le bon terme en raison de la charge émotionnelle évidente que cela implique, le gouvernement syrien reste toujours l’autorité reconnue internationalement, il a conservé son siège à l’ONU, et ses ambassadeurs dans beaucoup de pays.

Dépêche de l’agence de presse officielle chinoise

Article d’un des principaux quotidiens indiens

Le phénomène se passe évidemment à l’identique avec le Venezuela, la Corée du Nord, et, dans une moindre mesure, la Russie :

A contrario, il y a toujours bien, généralement, un “gouvernement” en Chine, au Qatar ou en Arabie Saoudite :

Ainsi, ne pas employer le mot “gouvernement” uniquement pour la Syrie, et continuer à l’employer pour la Chine ou l’Arabie, c’est donc déjà prendre parti, ce qui n’est pas le rôle de la presse.

Le deuxième élément de langage est de légitimer au maximum les groupes armés combattant le gouvernement syrien. Et quand ce n’est pas possible, il s’agit alors, à tout le moins, de ne surtout pas les délégitimer. C’est pourquoi la presse utilisera le terme “rebelles”, quand ce ne sera pas “résistants” ; ils se garderont donc bien de citer de manière trop apparente ou trop fréquente les mots “djihadistes”, “salafistes”, “islamistes”, “Frères Musulmans” ou “al-Qaïda”. Nous y reviendrons ci-après.

Le troisième élément va consister à parler essentiellement de “populations assiégées” par l’armée. Il s’agit ici de masquer au maximum les faits suivants :

1/ il y a des soldats (islamistes) dans la Ghouta. Il s’agira pour les grands médias de ne presque jamais les montrer. L’accent est mis sur les morts civiles (chaque mort est bien évidemment profondément tragique), mais les médias éviteront en général de diffuser des images des combattants islamistes de la Ghouta.

Bien entendu, ils le feront de temps en temps, pour échapper à toute accusation de dissimulation la réalité, en disposant ainsi de “preuves de bonne foi”. Mais l’important est que ceci n’aura nullement marqué l’esprit des lecteurs, car comme on le sait, c’est par l’intensité d’une couverture médiatique, par la répétition, et l’omniprésence d’une information que le lecteur sera imprégné des données rapportées. Ainsi, faire un article ici et là, noyé dans un flot continu d’informations qui présentent une ligne bien différente, ne suffit pas pour affirmer que l’information à bel et bien été couverte.

Il suffit de comparer la couverture médiatique des civils de la Ghouta avec ceux de Raqqa ou de Mossoul, dont les médias ont aussi parlé :

Mais, en réalité, les médias en ont parlé beaucoup moins, avec moins d’intensité, et sans militantisme (qui a proposé de poursuivre le gouvernement irakien pour crimes de guerre ?).

2/ ces soldats tirent régulièrement sur Damas, tuant de nombreux civils. Le fait que ces attaques aient lieu aussi fréquemment, tuant beaucoup de civils, sera au maximum caché. Pour illustrer la situation, voici quelques exemples du seul mois de novembre 2017 (attention, la source est l’édition française de l’agence de presse officielle syrienne Sana, d’où le terme de propagande “martyrs” – on prendra donc ceci avec une grande prudence, mais les tirs de roquettes répétés sont avérés – source) :

Tous ces morts dans la zone gouvernementale de Damas (tout comme ceux dans la partie occidentale d’Alep) n’ont évidemment guère intéressé ni les médias ni nos belles âmes du Quartier latin.

Je ne parle évidemment même pas de ce genre d’information :

3/ il y a plus de deux ans, c’est en fait Damas qui était assiégée, en partie par les combattants de la Ghouta orientale. Ceci n’est resté dans l’esprit de personne, car cela ne faisait l’objet que de rares informations à l’époque. Bref, la situation sur le terrain s’est désormais totalement inversée ; la comparaison des deux traitements médiatiques doit donc être au maximum évitée… Je vous renvoie cependant sur ce témoignage poignant de 2015 (Source) :

4/ dans sa propagande, le gouvernement syrien déclare qu’il réagit (et on peut évidemment critiquer la réaction) à des tirs de roquettes ciblant sa population civile, tirées depuis des zones tenues par des islamistes. On évitera donc soigneusement de voir fleurir dans les médias, là encore, toute comparaison avec les réactions de même nature d’autres gouvernements de la région… (Source)

Évidemment, on n’imagine pas un journaliste parler du “Boucher de Tel-Aviv à la tête d’un régime d’extrême droite”. Il subirait dès lors, à raison, toutes les foudres médiatiques pour son manque de rigueur…

4/ Illustrations de propagande cartographique – Le Monde est à l’honneur

Illustrons donc cette problématique du siège, avec ces cartes d’origine AFP ; ici en janvier 2018 :

et ici mi-février :

Mais c’est Le Monde qui va, évidemment, le mieux illustrer le problème. Le 21 février, il a publié cette carte, dans la lignée de l’AFP :

 

Mais, les évènements devenant encore plus graves, Le Monde a tenté de mieux expliquer la réalité.

Ceci nous amène à Delphine Papin, Responsable du service Infographie-cartographie au Journal Le Monde. Elle s’était déjà illustrée sur Alep en 2016 (source) :

 

Madame Papin a publié sur Twitter le 1er mars une carte, vraiment très bien faite, qui montre les différentes factions des groupes armés tenant la Ghouta (source) :

Nous constatons que la présentation est très honnête : faites votre choix à la Ghouta entre les salafistes, les islamistes et les djihadistes d’al-Qaïda !

Bien entendu, dire ceci pose un vrai problème, car on comprend que dans ces conditions les quelques démocrates défendant les Droits de l’Homme (et de la Femme) sont manifestement minoritaires et doivent se terrer pour ne pas avoir de lourds ennuis… Dès lors, on est moins tenté de “soutenir” inconditionnellement les rebelles face au gouvernement syrien. Voici d’ailleurs une autre partie du témoignage de 2015 (Source) :

Bref, un moment de vie à la Ghouta…

Mais revenons au Monde. Que fait alors un média mainstream quand les faits viennent contrarier sa propagande de guerre ? Eh bien il tord les faits dérangeants, ou plutôt, il les passe sous silence (un média professionnel de la propagande évitera toujours le pur mensonge, qui peut être assez risqué).

Illustration : dans la carte précédente, la zone microscopique en bleu est tenue par Ahrar Al-Cham, et il est indiqué que son affiliation est… Ahrar Al-Cham, ce qui ne veut rien dire. C’est une petite erreur, signalée par @Kimyongur, qui a été corrigée, et publiée cette fois sur le compte Twitter du Service infographie et cartographie du Monde le 2 mars (source) :

Ahrar Al-Cham est donc bien classé “salafiste”, ce qui boucle la boucle…

Mais avez-vous noté comme le Monde ne s’est pas contenté de modifier l’affiliation de ce groupe ; il a également modifié autre chose qui a toute son importance :

Eh oui, il en a profité au passage pour dés-islamiser” Faylaq Al-Rahman, qui est devenu “neutre” ; et donc une bonne partie de la Ghouta semble désormais préservée des islamistes…

Et donc le Monde a pu publier la seconde version carte dans l’édition papier datée du 3 mars :

Le changement est assez logique, car le texte indique ceci :

Ainsi, le groupe armé qui s’appelle “La légion du Tout-Miséricordieux”, et abrite des “éléments proches des Frères Musulmans” (qui font passer Tariq Ramadan pour un joyeux drille) appartiendrait à “la branche modérée de la rébellion” et n’a “pas d’idéologie très marquée” (peut-être même qu’ils sont féministes, qui sait ?).

L’opération de nettoyage de la légende est donc logique. Reste à savoir si ce groupe Faylaq Al-Rahman est vraiment islamiste ou pas.

On peut demander son avis à l’Institut Tony Blair pour le changement global (source) :

“Faylaq al-Rahman, une faction armée islamiste qui adopte l’idéologie des Frères Musulmans

On peut aussi demander à l’Institut pour l’étude de la guerre de Kimberly Kagan (source – notez que nous faisons vraiment dans les think-tanks mainstream et néocons…) :

Je ne traduis pas “Political Islamist”…

Mais enfin, bon, quand j’ai un doute, je consulte Le Monde – et particulièrement cet article du 22 mars 2017 :

“Faylaq al-Rahman, une coalition de brigades à dominante islamiste

Ainsi on constate ceci :

Faylaq al-Rahmane : à raison, “Islamiste” le 1er mars, mais devenu “modéré” “sans idéologie” dans l’édition du 2 mars : la magie de la propagande du Monde…

Enfin, petit bonus que ne verra pas le lecteur du Monde : cette dénonciation par ce site d’information de la torture l’été dernier de cet homme par des membres (modérés ?) de Faylaq al-Rahman, dont un a gravé son nom avec un couteau dans le dos du jeune homme (témoignage à prendre évidemment avec prudence dans ce contexte) :

Mais ceci n’étonnera finalement que les personnes croyant en la fable des “rebelles modérés” que Le Monde tente une nouvelle fois de nous vendre, comme on l’a vu.

Sur cet important sujet, nous laisserons donc la parole à Robert Baer, ancien chef de région de la CIA pour le Moyen-Orient (c’est lui qui a inspiré le film Syriana). Il déclarait ceci en septembre 2014 :

“Il n’y a pas de [rebelles] modérés en Syrie !” [Robert Baer, CNN, 09/2014]

 

 

Épilogue

Après ce grand moment de déontologie, d’honnêteté de l’information et de lutte contre la propagande islamiste, je ne résiste pas pour conclure à vous montrer le tweet de Delphine Papin qui suivait sa carte :

Il est vrai que l’urgence au Monde, c’est de se moquer du Média, petit média citoyen.

Qui a une énorme différence avec le Monde : il n’a pas de gros moyens (d’où cette petite erreur d’un point quelques centimètres trop bas) ; mais il est à noter que ces moyens ont été apportés par les lecteurs.

Car si Le Monde était privé des subventions de l’État, des subventions des actionnaires milliardaires, et des subventions de Facebook et compagnie, il y a belle lurette que ce journal aurait rejoint ses prédécesseurs tels l’Aurore, le Matin ou le Temps, et madame Papin devrait prendre ses crayons de couleur et aller faire des piges ailleurs…

À suivre…

Olivier Berruyer

Edit : coup de chapeau à ce monument de propagande sorti peu après ce billet, et qui, donne, oui, envie de hurler…

On notera au passage le pas discret cirage des pompes du Président par le chien de garde du quai d’Orsay, c’est toujours bon pour garder son emploi…

https://www.les-crises.fr/couverture-mediatique-de-la-ghouta-ou-comment-faire-le-jeu-des-djihadistes/

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Alexandre Del Valle sur la Ghouta : «Les véritables criminels, ce sont les djihadistes»

Les groupes armés rebelles retranchés dans la Ghouta, tels Jaïch al-Islam, refusent aux civils la possibilité de quitter les zones de combats. Le géopolitologue Alexandre Del Valle rappelle que cette stratégie est celle du bouclier humain.

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«Aujourd'hui dans la Ghouta, on a un problème. C'est qu'on a des djihadistes liés à al-Qaïda, ex-Front al-Nosra [désormais] Fatah al-Cham, qui s'est noyé dans un groupe qui a changé de nom pour avoir l'air respectable, et encore d'autres groupes soutenus par l'Arabie saoudite qui ont refusé les termes de l'évacuation. On oublie de le dire.» Pour Alexandre Del Valle, professeur, écrivain et auteur de Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation des sociétés ouvertes (L'artilleur, 2016), la situation dans la Ghouta orientale n'est absolument pas celle qui est décrite dans une certaine presse ou par les dirigeants occidentaux.

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«[Ils] prennent des populations civiles en otage, un peu comme fait le Hamas quand Israël veut bombarder», continue-t-il, analysant la stratégie des rebelles de la Ghouta de la façon suivante : «On accuse l'ennemi [Damas] de faire des carnages mais soi-même on se cache exprès [parmi] une population qu'on empêche de partir pour être sûr qu'il y ait un carnage.» Et d'ajouter pour conclure : «Donc les véritables criminels qui sont à l'origine de la mort de ces civils, ce sont les djihadistes qui ont refusé les termes de l'évacuation et qui prennent leurs femmes, leurs enfants comme boucliers humains.»

Alexandre Del Valle s'attache également à nommer correctement ce que recouvre le vocable de «rebelle» : «Il faut quand même dire que la totalité des mouvements soi-disant rebelles – ça fait presque sympathique, "rebelles" – sont des djihadistes d'obédience salafiste ou Frères musulmans [...] ce sont des islamistes extrêmement radicaux.»

https://francais.rt.com/entretiens/48353-ghouta-veritables-criminels-sont-djihadistes-

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Coalition entre SPD et CDU en Allemagne : une victoire pour l'Europe, une défaite pour l'avenir ?

Les sociaux-démocrates allemands (SPD) ont accepté à plus de 66% un accord gouvernemental avec la droite CDU/CSU, d'Angela Merkel. Si Emmanuel Macron estime que c'est «une bonne nouvelle pour l'Europe», le SPD risque pourtant d'en sortir fragilisé.

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Le 4 mars, le SPD (Parti social-démocrate allemand) a confirmé la validation d'un nouvel accord gouvernemental avec la droite allemande (Union des chrétiens démocrates - CDU), menée actuellement par la chancelière Angela Merkel. Plus de 66% des militants du SPD ont effectivement dit «Ja» à cette nouvelle coalition, initiée en 2013. Favorable à cette union, le président français Emmanuel Macron a estimé qu'il s'agissait là d'«une bonne nouvelle pour l'Europe». «La France et l'Allemagne travailleront ensemble, dès les prochaines semaines, pour développer de nouvelles initiatives et faire avancer le projet européen», a informé la présidence dans un communiqué.

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Plusieurs parlementaires de La République en marche (LREM), tels que Richard Ferrand ou Valérie Petit, ou du mouvement centriste Agir (proche d'Emmanuel Macron), comme l'ex-Les Républicains (LR) Fabienne Keller, se sont aussi félicités de cette alliance en reprenant l'élément de langage du président : «Une bonne nouvelle pour l'Europe.»

Des réactions peu surprenantes puisqu'Emmanuel Macron n'a jamais caché sa proximité avec l'ancien patron du SPD, Martin Schulz, promoteur d'une Europe fédérale et qui approuve l'idée du président de la République qui consiste à créer un ministère européen des Finances.

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Martin Schulz a évidemment applaudi la décision des militants : «Je suis satisfait du résultat. Il peut permettre à l'Allemagne et à l'Europe d'aller de l'avant, et renforcer le SPD», a-t-il déclaré dans les colonnes du journal allemand Süddeutsche Zeitung.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici est allé dans le même sens sur Twitter : «Félicitations à mes amis du SPD pour leur vote responsable et décisif. L'Allemagne est maintenant prête à s'engager pour une Europe plus forte.»

Cette apparente victoire du SPD précipitera-t-elle sa chute ?

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Pourtant, il semblerait que ce satisfecit cache paradoxalement une inquiétude et une menace grandissante pour les partis qui se réclament pro-UE. En effet, contesté par l'électorat lors des législatives de septembre, le SPD avait réalisé un score historiquement bas (20,5%). Le traditionnel grand parti de la droite, la CDU, était aussi en baisse, par rapport aux précédentes élections de 2013, perdant au passage 92 députés. Deux partis qui subissent la montée progressive des votes eurosceptiques et anti-immigration en faveur de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

AfD logo

Troisième parti lors des législatives, l'AfD dépasserait désormais, pour la première fois de son histoire, le SPD dans les intentions de vote (16%), devenant ainsi virtuellement la deuxième politique en Allemagne, selon une étude de l'institut Insa pour le journal Bild du 19 février.

Si le SPD est parvenu à décrocher d'importants ministères dont celui des Finances et des Affaires étrangères, il se ménage toutefois une porte de sortie. L'accord scellé avec la CDU comporte une clause de sortie après deux ans. Les sociaux sociaux démocrates pourront ainsi quitter la coalition au bout de deux ans pour le cas où l'orientation politique de l'action gouvernementale ne leur conviendrait plus.

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De plus, les contraditions affichées par le SPD, depuis sa claque de septembre, pourraient affaiblir sa crédibilité politique. En effet, pendant la campagne électorale et même après les résultats des élections législatives, les cadres du SPD assuraient qu'aucune nouvelle alliance ne serait signée avec la droite d'Angela Merkel. Fin novembre, le SPD décidait finalement de revenir sur cette position et de poursuivre l'aventure de la grande coalition.

Kevin Kühnert, chef de file des jeunes SPD, est opposé à cette coalition gouvernementale. «Toute déception est maintenant compréhensible», a-t-il posté sur Twitter. «Que restera-t-il de notre parti si nous continuons à perdre notre identité ?», s'est-il par ailleurs demandé lors d'un point presse.

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En France, certains socialistes affichent une mine tout aussi préoccupée, tranchant avec l'enthousiasme affiché par Emmanuel Macron et ses proches.

Ainsi, le candidat à la présidence du Parti socialiste (PS), Emmanuel Maurel, souvent considéré comme le représentant de l'aile gauche, estime que le choix du SPD ne fera que «nourrir l’extrême droite». «Rien de pire pour l’UE que l’indifférenciation entre la droite et la gauche», a-t-il ajouté dans un tweet.

Lui aussi désireux de prendre la tête du PS lors du prochain congrès, le député Luc Carvounas considère que l'accord SPD/CDU «est un signal inquiétant pour la gauche européenne en difficulté partout». «C’est pour cela que je me bats pour un PS clair sur sa ligne politique», a-t-il affirmé.

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Le député hamoniste, Guillaume Balas tire lui aussi à boulets rouges sur cette grande coalition décrite comme l'«une des versions de cette alliance centre gauche-droite qui favorise l’extrême-droite et fragilise la démocratie».

L'accord obtenu par le SPD ne serait-il pas une victoire à la Pyrrhus pour les prochaines élections ? Les sociaux-démocrates devraient avoir un début de réponse lors de la prochaine grande échéance électorale allemande, prévue dans un an, avec les élections européennes.

https://francais.rt.com/international/48481-coalition-entre-spd-cdu-en-allemagne-une-victoire-pour-europe-une-defaite-pour-l-avenir

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Privatisation du rail ? La Grande Bretagne l’a fait... et c’est un échec pour les usagers

Prix six fois supérieurs à la moyenne en Europe, retards, service déplorable, grèves : les conséquences de la privatisation du rail il y a plus de 20 ans en Angleterre seront-elles les mêmes en France, où le gouvernement entend réformer la SNCF ?

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L'ouverture à la concurrence des lignes TGV en 2020 et des lignes TER d'ici à 2023, qui a notamment coûté aux cheminots leur statut, serait-elle un pas vers une privatisation progressive du rail français ?

Au Royaume-Uni en tout cas, le processus a été lancé en 1993 et le résultat pose question.

Une hausse des prix incontrôlable

En 1993, le secrétaire d'Etat britannique au Transport John MacGregor vantait les bienfaits de la privatisation : «Je ne vois aucune raison pour laquelle les tarifs devraient augmenter plus rapidement avec des entreprises privées. Au contraire, ils seront plus flexibles et baisseront.» Mais en réalité, entre 1995 et 2015, le prix d'un billet de train au Royaume Uni a augmenté en moyenne de 117%. Le prix des billets annuels a augmenté de 27% entre 2010 et 2017 selon des calculs du parti de gauche Labour, communiquées par le quotidien anglais The Guardian. Selon les estimations, les Anglais dépenseraient environ six fois plus que les Européens en moyenne pour leurs déplacements en train.

Un grand nombre de trains a été supprimé au Royaume-Uni, et c'est ce que préconise le rapport Spinetta sur la SCNF remis au gouvernement français. Pour protester contre les restrictions économiques, les grèves s’enchaînent en Grande-Bretagne et on a pu dénombrer 33 jours de grèves pendant l'année 2016 selon La Tribune. La situation est la plus critique dans le Sud, où, pour l’anecdote, le train de 7 heures 29 sur la ligne Brighton-Londres n'est pas arrivé une seule fois à l'heure en 2014...

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Le Royaume-Uni a connu une grève monstre en décembre 2016 qui a touché 300 000 voyageurs. Le Premier ministre Theresa May avait déclaré à l’époque que les grèves provoquaient un chaos «totalement inacceptable» et témoignaient d'un «mépris pour les gens ordinaires». A l'origine de cette immense paralysie des chemins de fer, la volonté de supprimer la tâche de fermeture et ouverture des portes dévolue au chef de train pour la conférer au conducteur.

Comme l’a expliqué à RT France le syndicaliste de Sud Rail Bruno Poncet à propos du cas de la France : «Les boites privées, pour gagner en profit, vont rogner sur la sécurité.»

Quelles compagnies assurent les transports aujourd’hui en Grande-Bretagne ?

25 sociétés ont mis la main sur le rail anglais, dont certaines détenues partiellement ou en totalité par des entreprises étrangères, comme la Deutsche Bahn (Allemagne) ou Keolis, filiale de la SNCF.

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Le chiffre d’affaires de ces franchises a atteint 12,4 milliards de livres en 2016 (environ 14 milliards d'euros), pour des dépenses de 12,1 milliards de livres (plus de 13,5 milliards d'euros). Les opérateurs se sont partagé 327 millions d’euros de bénéfices en 2015-2016. A noter que l'Etat octroie aussi des subventions aux lignes déficitaires pour un montant de 4,6 milliards d'euros en 2015-2016. Ce qui constitue pour les Britanniques une double peine : des billets à des prix exorbitant d'un côté et une partie de leurs impôts réservée aux compagnies privées de l’autre.

Seul l’entretien des voies est revenu dans le giron du service public après deux accidents mortels survenus l'un en octobre 1999 à Ladbroke Grove qui avait fait 35 morts et 558 blessés, et l'autre à Hatfield, en octobre 2000 qui avait fait 4 morts et 70 blessés. En cause : la vétusté des rails

La renationalisation en question

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Selon un sondage de 2016, commandé à l'agence Survation par l'association We Own It qui milite pour la renationalisation des services publics, 58% des Britanniques estiment que la privatisation du rail fut un échec. La renationalisation est aussi souhaitée par certaines personnalités politiques comme Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, qui l'a inscrite au menu de ses programmes. «Le parti travailliste mettra fin à 20 ans d'expérimentations de la privatisation du rail qui a fait passer les bénéfices devant les passagers», a-t-il écrit sur son compte Twitter en mars 2017.

Vers une privatisation du rail en France ?

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Le Premier ministre Edouard Philippe, s’il a annoncé que le statut de cheminot allait être supprimé pour les nouvelles recrues, a aussi promis que la SNCF ne serait pas privatisée et que les petites lignes ne seraient pas supprimées. Le rapport Spinetta recommandait de faire passer la SNCF en société Anonyme pour mettre un frein à la dette galopante de l'entreprise. Néanmoins ce procédé pourrait sous-entendre un désengagement progressif de l’Etat car il prévoit une ouverture du capital.

https://francais.rt.com/economie/48427-privatisation-rail-grande-bretagne-un-echec

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"La renationalisation est aussi souhaitée par certaines personnalités politiques comme Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste": si elle doit avoir lieu, ce sera grâce au BREXIT, car elle est strictement interdite par les traités européens (article 106 du TFUE)...    P.G.

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Négociations sur le Brexit : une première mouture qui fâche (les Britanniques)

La facture de sortie, les droits des citoyens européens, la frontière irlandaise... où en est-on ? Ce mercredi 28 février, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, a rendu publique une première mouture du texte afin de mettre les Britanniques face aux réalités qui les attendent après leur départ de l'Union programmé pour le 30 mars 2019.

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Le projet de traité sur le Brexit publié mercredi dernier par la Commission européenne, traduisant en langage juridique le compromis signé en décembre, a révélé au grand jour les dissensions qui persistent entre Londres et Bruxelles, en particulier  sur l'Irlande du Nord.

C'est le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, qui en a fait la présentation mercredi à Bruxelles, mais cette ébauche juridique de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE a aussitôt été rejetée par Londres.

Lors de sa conférence de presse, Michel Barnier a notamment souligné la nécessité d'éviter le rétablissement d'une "frontière dure" entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Ce qui signifie que la frontière "dure" avec l'UE serait repoussée en mer d'Irlande... Une proposition qui a fait bondir l'instant suivant Theresa May, qui, s'exprimant au même moment à la Chambre des communes, a affirmé que le projet de la Commission européenne, en l'état, menaçait l'"intégrité constitutionnelle" de son pays.

Premier récapitulatif de ce que l'on sait sur le futur retrait britannique du bloc européen:

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> La date de sortie de l'UE

Michel Barnier a insisté sur l'importance d'accélérer le rythme des discussions pour parvenir à un accord d'ici l'automne afin d'écarter le risque d'un Brexit "dur" fin mars 2019. "Si nous souhaitons le succès de ces négociations (...), nous devons accélérer la cadence", a-t-il dit.

Le Royaume-Uni quittera le bloc européen le 29 mars 2019, soit deux ans après avoir officiellement déclenché la procédure de divorce d'avec l'UE, et près de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 qui a vu les Britanniques voter à 52% pour la séparation.

Cette date ne pourrait être retardée qu'en cas d'accord entre le Royaume-Uni et les 27 autres États membres.

> Les termes de la sortie : la frontière irlandaise met le feu aux poudres

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Londres et Bruxelles sont parvenus à un accord préliminaire en décembre sur les trois questions clés: la facture de sortie, les droits des citoyens européens et la frontière irlandaise. Mais cette dernière question a mis le feu aux poudres mercredi, Londres estimant que le texte publié par Bruxelles "menacerait l'intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d'Irlande".

"Aucun Premier ministre britannique ne l'acceptera", a déclaré la Première ministre Theresa May.

Concernant les citoyens, il est stipulé que les droits des plus de trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni et du plus d'un million d'expatriés britanniques dans l'UE seraient préservés et qu'ils pourront réclamer le statut de résident permanent.

Ceux qui arriveront après le 29 mars 2019 n'auront toutefois peut-être pas les mêmes droits, a prévenu Londres, ce que Bruxelles conteste.

Enfin, le Royaume-Uni a accepté de continuer à contribuer au budget de l'UE jusqu'en 2020 et d'honorer tous les engagements pris. Ce qui correspondrait selon ses calculs à 40 à 45 milliards d'euros.

> La période de transition post-Brexit : le statu quo pas certain du tout

Lors d'un discours à Florence le 22 septembre 2017, Theresa May a réclamé le maintien des liens actuels avec l'UE pendant une période de transition de deux ans après le Brexit pour éviter un changement brutal des règles pour les citoyens et les entreprises.

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Les 27 ont approuvé fin janvier le principe "d'une transition 'statu quo' ", c'est-à-dire avec maintien de la libre circulation des biens, services et personnes mais lors de laquelle Londres n'aura plus son mot à dire sur les décisions de l'UE. Elle courrait jusqu'à fin 2020.

Mais compte tenu des désaccords qui ont surgi depuis, cette période de transition "n'est pas acquise", a averti le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.

> La future relation commerciale : Barnier intraitable

Le Royaume-Uni veut quitter le marché unique et l'union douanière pour pouvoir négocier ses propres accords commerciaux et mettre fin à la liberté de circulation des citoyens européens mais souhaite dans le même temps maintenir la relation commerciale "la plus fluide possible" avec l'UE.

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Theresa May a souligné que son pays voulait un "accord sur mesure" mais Michel Barnier a prévenu qu'il fallait faire un choix et que des barrières commerciales étaient "inévitables" en dehors de l'union douanière et du marché unique.

Les négociations sur la future relation commerciale doivent débuter au printemps 2018. Sans accord, le Royaume-Uni se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de barrières douanières et tarifaires.

(Avec AFP et Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/negociations-sur-le-brexit-ou-en-est-on-770222.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180301

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Entre l'idéologie qui consiste à vouloir "faire payer" les Britanniques afin de dissuader d'autres pays de prendre le Brexit pour modèle, et la réalité des échanges commerciaux (des barrières douanières et tarifaires auraient aussi des effets négatifs pour l'UE), Theresa May a encore une bonne marge de manoeuvre, business is business...   P.G.

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