lundi 19 février 2018

La francophonie politique dans tous ses états

TRIBUNE LIBRE / Anne Gazeau-Secret

Comme ambassadrice ou comme directrice générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) – devenue Direction générale de la mondialisation – l’auteure Anne Gazeau-Secret a toujours défendu la dimension francophone et la diplomatie culturelle qui l’accompagne. Elle continue à le faire au travers de rapports, souvent alarmants et sans langue de bois.

TL FRANCOPHONIE

La francophonie est-elle une cause perdue ? Ou demeure-t-elle un atout essentiel dans la course mondiale au développement de l’influence, ce que Joseph Nye a nommé dès les années 90 le softpower ? Les rapports sur le sujet se sont succédé, concluant tous qu’il allait de l’intérêt national de lui redonner visibilité et dynamisme mais, comme c’est hélas l’habitude en France, ils ont été immédiatement remisés dans le fond des tiroirs des décideurs politico-administratifs (sauf pour ce qui concerne l’idée d’une francophonie économique qui a fini par percer) : celui d’Hervé Bourges de fin 2007 « La renaissance de la Francophonie », ou encore plus récemment celui de Jacques Attali d’août 2014 « La francophonie et la francophilie, moteurs de la croissance durable ». Celui de Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, sur « La francophonie : action culturelle, éducative, et économique » de janvier 2014. Ou encore le rapport d’information de la Commission des finances de l’Assemblée nationale de décembre 2015. Et bien d’autres.

Dans le contexte des bouleversements en cours qui interrogent les identités, des enjeux géoculturels qui deviennent structurants de la vie internationale, de la concurrence multi-acteurs en termes d’influence, de la disruption des modes de faire et de faire-savoir en conséquence de la domination des technologies numériques1, quelle est ou quelle devrait être la place de la francophonie dans la défense des intérêts de la France ?

UN ETAT DES LIEUX INQUIETANT

« Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » (Charles Peguy)

« Parler une langue, c’est aussi penser dans cette langue » (Metin Arditi)

Comme le regrettait déjà il y a dix ans et à juste titre Hervé Bourges, c’est d’abord « en France qu’on ne croit pas à la francophonie et que le pays ne défend pas sa langue. » On le voit tous les jours dans les panneaux publicitaires, les noms des magasins, les menus des restaurants, les enseignements des universités et grandes écoles dispensés de plus en plus en anglais (plus de 50% à Sciences po), jusqu’au slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 « Made for sharing ».

La loi Toubon du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française est un rempart de plus en plus fragile face aux dérives linguistiques qui se multiplient en entreprise, dans le commerce, les transports ( SNCF), les médias, les universités , la recherche, et pire encore les institutions culturelles…

L’affaiblissement du rôle de l’Etat en est une des causes. La rareté flagrante des moyens publics, le recentrage de l’Etat sur des missions régaliennes qui sacrifient l’enseignement et la culture, l’autonomisation croissante des pôles universitaires, des collectivités locales, des acteurs associatifs y contribuent largement : la « privatisation » généralisée de nombre de secteurs d’activité semble un mouvement irréversible.

1°Des chiffres trompeurs pour décrire le monde de la francophonie

On évoque partout le chiffre de 230 millions de francophones au sens strict ou partiel. Soit 37 pays francophones, dont 31 ayant la langue française comme langue officielle soit seule soit parmi d’autres (parmi lesquels 23 pays africains) et 6 n’ayant pas la langue française comme langue officielle mais où plus de 20% de la population parle français (Tunisie, Algérie, Maroc, Liban, Andorre, Moldavie). Auxquels on ajoute 41 pays francophiles, où une petite partie des ressortissants a un intérêt pour la langue et la culture françaises, et qui sont généralement membres ou observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (Roumanie, Arménie, Qatar, Thaïlande, Vietnam, Ghana, etc.).

Même si l’ensemble de ces 78 Etats représente 1 milliard et demi d’habitants, il serait plus juste de parler de 130 millions de francophones réels (rapport Attali).

Quant à estimer que d’ici 2050 il pourrait y avoir 7 à 800 millions de francophones, du fait essentiellement de la croissance démographique en Afrique, cela reste très sujet à caution, notamment parce qu’il est loin d’être certain que les systèmes éducatifs de ces pays aient la capacité de former de bons francophones. Nous y reviendrons.

En revanche le rapport Attali enrichit à juste titre le sujet en y incluant le réseau des milliers de personnes « francophilophones », les deux concepts de francophilie et de francophonie étant liés : diasporas francophones (Libanais par exemple), élites formées dans le système français et n’appartenant pas nécessairement à des pays francophones (lycées français à l’étranger, étudiants). A noter enfin que la langue française demeure la cinquième ou sixième langue mondiale derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou l’hindi et qu’elle est parlée sur les cinq continents.

Au final, l’espace francophone est certes mondial, ce qui est fondamental, mais il n’a pas vraiment de centre ni de périphérie : il est hétérogène, très divers, marqué par l’histoire coloniale. Certains pays sont francophones mais pas ouvertement francophiles (l’Algérie n’est pas membre de l’Organisation Internationale de la francophonie – OIF). D’autres revendiquent leur désir d’appartenir à l’OIF mais ne sont ni francophones ni francophiles (candidature de l’Arabie Saoudite). Les pays d’Amérique latine restent en revanche foncièrement attachés aux valeurs portées par la culture française qui ont marqué leur histoire. D’autres pays s’intéressent à la francophonie pour des raisons économiques et commerciales : ainsi la Chine ou des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya, la Tanzanie.

2° Une action multilatérale marquée par le désengagement de la France – à l’exception de TV5 Monde

– L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dirigée depuis 2 ans par Mme Michaëlle Jean (ancienne gouverneure générale du Canada), et les opérateurs de la Francophonie (Agence Universitaire de la francophonie -AUF, Université Senghor, Association des maires francophones), ainsi que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) souffrent du désengagement évident de la France même si celle-ci reste un contributeur de poids.

L’OIF dispose d’un budget en 2016 de 72 millions dont 24 millions de contribution obligatoire et volontaire de la part de la France, qui prend en charge le loyer très élevé de son siège en plein coeur de Paris : 5,6 millions d’euros ! Soit l’équivalent de 500 bourses pour étudiants…. La baisse de la contribution de la France étant globalement de 25%par rapport à 2010, la contribution des Canadiens (Canada, Québec, Nouveau-Brunswick) est en passe de dépasser désormais celle de la France. Notre capacité d’influence en souffre, d’autant que nous ne disposons plus d’aucun poste de cadre à la direction de l’Organisation – tellement elle intéresse peu nos responsables politiques?

Malgré un effort de rationalisation de la gestion, les dépenses de fonctionnement restent trop élevées (un peu moins de 50%) par rapport aux programmes. L’OIF n’est pas un gros bailleur de fonds : seulement une trentaine de programmes. Ces derniers s’éparpillent entre les divers secteurs de coopération et il n’y a pas vraiment de priorités. La preuve en est la Déclaration du dernier Sommet de Madagascar en novembre 2016 , un véritable inventaire à la Prévert !. Certes Mme Jean s’est impliquée dans la nouvelle plateforme libres ensemble qui s’adresse aux jeunes, pour lutter contre la radicalisation, ainsi que dans le développement de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, programme d’ailleurs majoritairement financé par le Canada.

Le problème majeur que rencontre l’OIF est celui de son élargissement continu : un comité est censé travailler dès cette année à mieux définir les critères d’adhésion, beaucoup trop flous2. Il y a aujourd’hui 84 pays membres dont 54 de plein droit, 4 associés et 26 observateurs. La majorité de ces pays ne sont pas francophones, ce qui fait courir un risque majeur pour la langue française elle-même… Au Sommet de Madagascar ont été admis l’Argentine, le Canada-Ontario, la Corée du Sud comme observateurs, et la Nouvelle-Calédonie comme membre associé. En 2010 les Emirats arabes unis sont devenus observateurs, en 2012 le Qatar membre associé. Autres exemples : en 2012 l’Uruguay est admis comme observateur, en 2014 le Mexique et le Costa Rica. Quant au Kosovo, il a réussi à se glisser comme observateur depuis 2014. L’Arabie Saoudite a rempli un dossier de candidature et il a été extrêmement délicat, semble t’il, de considérer à Madagascar que l’on n’était pas en mesure de la retenir, à ce stade, pour des raisons de procédure : ce n’est donc que partie remise ? Ainsi, si l’on continue d’être attaché au respect des valeurs démocratiques de la francophonie, à l’usage de la langue française, ou a minima aux preuves d’une certaine francophilie, cette Organisation n’est-elle pas en train de perdre de son sens même ? C’est un fait que la problématique d’un équilibre à maintenir entre la logique de l’approfondissement et celle de l’élargissement à de nouveaux membres n’a été jusqu’à présent à l’ordre du jour d’aucune réunion au niveau politique- par crainte probablement que le consensus ne se brise…

Or comme aimait à le rappeler un de ses pères fondateurs, Leopold Sédar Senghor, « il s’agissait d’élaborer, puis d’édifier un « commonwealth à la française »..par ensemble, j’entendais , j’entends toujours: entre nations qui emploient le français comme langue nationale, langue officielle ou langue de culture »( 1981). Il faudrait sans doute revenir à ces fondamentaux.

– L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), dont le recteur est le Français Jean-Paul de Gaudemar, réunit à ce jour sur une base volontaire 817 établissements d’enseignement supérieur et de la recherche répartis dans 106 pays, membres de l’OIF et au-delà (Algérie, Chine, Brésil et Inde par exemple). Les Universités françaises ne s’y sont pas beaucoup intéressées jusqu’à présent. Le principe est celui de la solidarité active entre universités, chercheurs, laboratoires sur des thèmes divers – en particulier celui de la gouvernance des institutions universitaires, du transfert de compétences, et, sous l’impulsion du nouveau recteur, de l’employabilité et de l’insertion professionnelle des diplômés : ce qui est une véritable bombe à retardement dans les pays francophones du Sud. L’AUF est bien placée pour créer de nouveaux partenariats avec l’Agence française du développement (AFD), l’Union européenne ou la Banque mondiale – ce qui est indispensable pour dégager de nouvelles ressources financières. Le développement de campus numériques (enseignements à distance et co-diplomations) est prometteur, d’autant qu’un nouveau méta-portail numérique « idneuf.org » a été lancé en 2016 donnant libre accès aux ressources des établissements membres. L’AUF, qui a fait du développement du numérique une priorité transversale, contribue activement aux projets de formation à distance des maîtres et aux cours en ligne ouverts et massifs (les CLOMs, équivalent des MOOCs anglophones).

Son budget est limité : en 2016 , 37 millions d’euros, dont 20 financés par le ministère des Affaires étrangères , dont la subvention a diminué d’un tiers en 5 ans.

L’Université Senghor d’Alexandrie, sorte d’ENA pluridisciplinaire très appréciée, accueille chaque année une promotion d’environ 200 étudiants africains qui obtiennent à la sortie un master professionnel en développement et deviennent des cadres publics ou privés dans leur pays d’origine. A cela s’ajoute un programme de formation continue et des campus décentralisés dans une dizaine de pays. La France finance 1.4 Million (1.650 M en 2010) sur un budget total de 3 Millions.

TV5 MONDE. Chaîne généraliste mondiale en français, qui repose sur une organisation multinationale, elle revendique d’atteindre avec TV5 Québec Canada près de 300 millions de foyers raccordés dans 200 pays et serait regardée en moyenne chaque semaine par 40 millions de téléspectateurs. Elle a une politique de sous-titrage très dynamique et son site internet ainsi que son offre mobile sont riches en contenus, notamment pour apprendre et enseigner la langue française. La France en est le principal bailleur de fonds (77 Millions d’euros en 2016 représentant les ¾ de ses ressources publiques). C’est la seule contribution française en augmentation, faible mais régulière.

Heureusement, une clarification est intervenue s’agissant des rapports de la chaine francophone avec France Medias Monde (FMM). Ainsi France 24, qui aurait pu lui porter de l’ombre, se présente comme une chaîne d’information en continu en plusieurs langues, tandis que TV5 a une programmation culturelle généraliste. Aucune distribution à l’étranger de l’une ne devrait avoir pour conséquence d’évincer l’autre.

– L’usage de la langue française dans les organisations internationales de plus en plus marginal.

On peut en faire la constatation y compris hélas dans les institutions européennes. Quand M. Pierre Moscovici, commissaire, écrit un courrier à M. Michel Sapin, ministre des Finances, c’est en anglais ! Cela lui a valu en 2014 le prix de « la carpette anglaise », prix d’indignité civique attribué chaque année à un membre des élites françaises pour la promotion de la domination de la langue anglo-américaine !

Autre exemple révélateur : à l’initiative de l’Allemagne est créée une nouvelle institution internationale en 2009, l’IRENA, International Renewable Energy Agency, établie à Abu Dhabi. Les statuts sont silencieux sur la question des langues. A la demande (tardive) de la France, les statuts ont cependant été traduits de l’anglais dans les cinq autres langues de l’ONU ainsi qu’ en allemand. Mais lors de la réunion constitutive, il a été décidé que seule l’anglais serait la langue de travail ….

Quand il y a encore des institutions où la langue française est utilisée – les juristes qui défendent le droit romano-germanique demeurent peut-être les derniers à y croire – ce qui est le cas à La Haye, capitale du droit international (Cour Internationale de Justice, Cour permanente d’arbitrage, Cour Pénale Internationale, Tribunal ex Yougoslavie, Académie internationale, Conférence de la Haye de droit international privé, Europol, Eurojust, nombreux « think tanks », etc.), la France ne les soutient pas vraiment. J’avais créé un poste de juriste près de notre ambassade pour être pro actif dans ce domaine – en aidant à la traduction, au placement de francophones dans ces diverses institutions, à l’organisation de colloques dans les deux langues anglaise et française, en donnant des bourses aux jeunes juristes africains venant se former à l’Académie de droit etc- il a été aussitôt supprimé après mon départ.

Une action bilatérale dans le domaine de la langue et de la culture française en perte de vitesse, en raison de baisses drastiques et continues de crédits depuis une vingtaine d’années, qui se sont accélérées depuis 10 ans sous prétexte de révision générale des politiques publiques sous la présidence Sarkozy (RGPP) ou de modernisation de l’Etat (sous la présidence Hollande).

Sur le papier, le dispositif semble plus ou moins préservé. Notre diplomatie se prétend toujours universelle et dispose du troisième réseau dans le monde. Mais sur les quelque 162 ambassades, plus de 26 sont en fait réduites à « des postes de présence diplomatique » – ce qui signifie grosso modo un ambassadeur, un assistant et un homme à tout faire. On les appelle des « ambassades laptops ». C’est tout dire !

1) L’implantation culturelle reste à première vue impressionnante, mais derrière cette façade, l’appauvrissement de la plupart des centres culturels ou alliances françaises est catastrophique – cette situation est regrettée chaque année en vain par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Certes on compte encore plus de 800 Alliances françaises (associations d’initiative et de droit local, souvent très anciennes) dont seulement 383 sont faiblement subventionnées (15 000 euros en moyenne par Alliance !) et aidées pour certaines d’entre elles par la mise à disposition d’un directeur. Les autres vivotent trop souvent.

Certes le réseau parallèle des Instituts français qui dépend directement des services du ministère des Affaires étrangères est mieux doté : au nombre de 96, avec 130 antennes, les Instituts dont l’auto-financement progresse grâce aux cours de langue recoivent encore une subvention de 60 Millions mais celle-ci couvre pour les 2/3 le fonctionnement. Les programmes sont réduits à la portion congrue. Quand on n’a plus d’argent pour couvrir les coûts de structure, on ferme, c’est le cas de l’Institut d’Amsterdam comme de celui de Lisbonne dont on essaye aujourd’hui de vendre les superbes bâtiments… En Rhénanie-Westphalie, ce sont les Allemands qui paient la maintenance des bâtiments !

Au total, si on ajoute les coûts de personnel, nous consacrons environ 200 millions d’euros au dispositif d’action culturelle à l’étranger. Ce qui nous met en dessous de la plupart de nos concurrents, y compris de l’Institut Goethe dont la subvention a été augmentée à plusieurs reprises ces dernières années.

Il faut savoir que le ministère des Affaires étrangères doit supprimer chaque année à la demande de Bercy 100 à 200 ETP (emplois temps plein), qui sont généralement pris sur les personnels culturels ou de coopération, c’est moins visible évidemment ! Ainsi les postes occupés par des contractuels, à savoir des experts bien mieux qualifiés que les titulaires diplomates pour exercer des métiers très pointus (animation culturelle, audiovisuel, numérique, coopération médicale ou juridique etc.), diminuent ils à vue d’œil. Le travail d’influence sur le terrain en souffre à l’évidence considérablement.

2) Le seul dispositif qui tient encore la route fort heureusement est celui des écoles, collèges et lycées français :

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) anime et gère un réseau de 480 établissements dans 130 pays, accueillant 330 000 élèves dont 2/3 d’étrangers. La subvention annuelle diminue ( 400 millions ) tandis que les écolages augmentent.

La Mission laïque française (MLF) pour sa part anime et gère une centaine d’établissements scolaires, avec 45 000 élèves dont 75% d’étrangers. Elle ne reçoit qu’une aide sous la forme de professeurs détachés.

En outre, du fait de l’autonomie de gestion de ces deux institutions (l’AEFE est un établissement public, la MLF est une association à but non lucratif reconnue d’utilité publique), le management est beaucoup plus efficace que celui des Instituts: clarté du budget, transparence de la gestion, politique d’adaptation à la demande locale, responsabilité de la direction. En revanche, le passage de ces élèves dans notre enseignement supérieur n’est pas favorisé et nous ne savons pas utiliser ni même suivre cette communauté de « francophilophones » après leur scolarité dans nos établissements.

3) Restent les programmes de recherche et les bourses d’enseignement supérieur. Certes, on a essayé de préserver les crédits de bourses qui ont quand même fortement diminué pour arriver à une enveloppe de 54 Millions aujourd’hui. Il est évident que l’attractivité de la France pour les étudiants étrangers est un élément essentiel d’une politique d’influence qui ne peut se construire qu’à long terme – ce que les comptables publics ont beaucoup de mal à comprendre. Or la France qui accueille encore environ 270 000 étudiants étrangers annuellement, perd en fait peu à peu des parts de marché et se retrouve en quatrième position derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et… l’Australie.

4) Sans prétendre à l’exhaustivité – car les programmes sont dispersés entre multiples services administratifs – il convient de signaler l’appui qu’apporte l’Agence française de développement (AFD) aux enjeux d’éducation de base, d’enseignement supérieur et de formation professionnelle en lien avec la langue française : soit 40 millions par an depuis que ce secteur lui a été délégué par le ministère des Affaires étrangères.

NOUVELLE AMBITION FRANCOPHONE ET INFLUENCE

C’est un enjeu prioritaire qui relève directement de notre intérêt national et qui est inestimable pour que les partenaires francophones renforcent leur position dans l’économie et le commerce mondial.

Condition sine qua non : la francophonie doit être reconnue par tous les acteurs en France non seulement comme une force diplomatique et culturelle mais comme une potentialité immense de développement économique. C’est d’abord une question de prise de conscience et de motivation au plus haut niveau politique mais aussi chez les acteurs économiques et dans toute la société active.

Les 17 propositions d’Hervé Bourges, les 53 de Jacques Attali regroupées en 7 axes, la vingtaine de Pouria Amirshahi se recoupent souvent et sont toutes intéressantes, le problème est d’établir des priorités (et le défaut de notre diplomatie est justement de n’en point établir) et de donner des moyens à cette ambition, moyens financiers certes, mais aussi et peut être surtout moyens en personnel. M. Attali prétend à tort que ses propositions peuvent être mises en œuvre à budget constant : la réorientation de nos actions, l’introduction de nouvelles méthodes de travail, ou formes de coopérations, la recherche de financements privés nécessitent un travail gigantesque pour des ressources humaines qui ont déjà souffert depuis de nombreuses années de fortes restrictions d’effectifs. Se pose aussi le problème de la formation des personnels et notamment des diplomates, certes très bons dans la rédaction de télégrammes diplomatiques et de notes de synthèse mais peu compétents et peu motivés pour le reste : questions managériales, technologie numérique, portage de projets, appels d’offres, gestion des ressources humaines etc.

UN AXE STRUCTURANT DE NOTRE POLITIQUE ETRANGERE

De l’avis général, le point noir depuis au moins 10 ans est l’absence de volonté politique. Preuve en est que sous la Présidence Sarkozy le poste ministériel a été vacant pendant 18 mois et que sous la présidence Hollande quatre ministres, une ministre déléguée puis trois secrétaires d’Etat chargés du développement et de la francophonie, se sont succédés en 5 ans, qui n’avaient pratiquement aucun poids et n’ont joué aucun rôle significatif en ce domaine.

La première décision nécessaire serait d’ en faire un portefeuille ministériel en soi, de ministre délégué au minimum. Confier ce portefeuille bien identifié à une personnalité forte ayant la confiance du chef de l’Etat conduirait à lui donner une visibilité durable dans le gouvernement et des moyens, y compris sur le plan interministériel. Pourquoi ne pas lui attribuer la tutelle de la Direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international ainsi que celle de la Délégation aux affaires francophones (qui dépend aujourd’hui de la direction des Nations Unis et des organisations internationales), et de la Délégation aux fonctionnaires internationaux3. Au moins rassemblerait-il sous sa houlette l’essentiel du budget opérationnel du quai d’Orsay, ainsi que les tutelles sur les opérateurs extérieurs, tâches auxquelles le ministre des Affaires étrangères absorbé par les affaires politiques n’a guère de temps à consacrer. Cela signifierait clairement les priorités à donner à nos instruments de coopération et actions d’influence partout dans le monde, dans toutes leurs dimensions. Ce serait mettre les actes en conformité avec les discours ronflants sur l’importance de la diplomatie d’influence !

Le ministre aurait aussi en charge naturellement non seulement la question de l’usage du français dans les institutions internationales, du placement de francophones à des postes clés mais devrait aussi veiller à développer les concertations entre ambassadeurs francophones dans toutes les négociations internationales importantes (à l’instar de ce qui a été fait à la COP 21).

BUDGETS PRIORISES ET CIBLAGES GEOGRAPHIQUES

Une prévisibilité pluriannuelle des moyens financiers et en ressources humaines ainsi qu’une contractualisation via de vrais contrats d’objectifs et de moyens – si Bercy pouvait enfin s’y résoudre- permettraient un management public plus efficace. Pour parvenir à une inter-ministérialité qui fonctionne entre les nombreuses administrations concernées, ne faudrait-il pas inventer l’équivalent du Comité interministériel de la coopération internationale et du développement, présidé par le Premier ministre, chargé de définir la stratégie et les priorités pour la promotion de la francophonie puis d’en superviser la mise en œuvre via les programmes. Ce comité interministériel veillerait à la cohérence des actions via les organismes multilatéraux et des actions à titre bilatéral (dont la visibilité et les effets sur l’influence française sont spontanément mieux assurés).

S’agissant des ciblages géographiques, l’orientation politique à la mode qui consiste à privilégier les grands pays émergents, essentiellement en Asie, au détriment de nos voisins et de nos zones d’influence traditionnelle et historique est contestable. Au Maghreb ce n’est pas le moment de baisser la garde, comme en Tunisie où l’enveloppe de coopération bilatérale a diminué de moitié en 4 ans ! Il faudrait se recentrer tout d’abord sur l’Europe, continent où la langue française connait le recul le plus catastrophique et où on ferme d’ailleurs petit à petit les Instituts français ; sur le Maghreb et la Méditerranée (Liban notamment) où nos positions sont encore relativement fortes quoique menacées ; bien sûr sur l’Afrique et d’abord l’Afrique francophone, sachant que dans nombre de pays le français n’est maîtrisé que par les élites ; et enfin sur l’Amérique latine pour des raisons là aussi de culture commune.

PROMOTION LANGUE, CULTURE ET EDUCATION

Le chantier est immense et les propositions nombreuses. On pourrait retenir quelques axes forts d’une politique plus visible tels que :

Remettre les enjeux du français, langue internationale, au centre de l’action de l’Organisation Internationale de la francophonie (parent pauvre de la Déclaration de Madagascar).

Cela signifie la défendre dans les organisations internationales, notamment à Bruxelles et à Genève et appliquer sérieusement le vademecum adopté il y a 10 ans – Cela signifie promouvoir partout où on le peut et avec persévérance le plurilinguisme, en évitant d’être dans un rapport de forces bilatéral face à l’anglais- ce qui appelle des stratégies d’alliance contre les tenants du tout-anglais avec la Chine, le Brésil, l’Espagne, les Latino-américains, les Russes, etc.

Remettre aussi de l’ordre chez nous dans les priorités de l’Education nationale, en prenant conscience que, pour que l’on parle davantage le français, nous devons connaître et pratiquer la langue des autres , et pas seulement l’anglais. Quelle erreur de songer à supprimer les classes bilingues alors qu’il faut au contraire les multiplier !

Enfin, et ce n’est pas le moins important, devrait être poursuivie une politique dynamique valorisant le métier de traducteur et d’interprète et visant à en favoriser les recrutements.

– Soutenir les systèmes éducatifs en Afrique , en commençant par lutter contre la grande idée fausse du moment selon laquelle la francophonie ne connaîtra pas de difficultés du fait de la démographie galopante en Afrique francophone. C’est faux : les systèmes éducatifs se dégradent partout. Il faut donc y mettre les moyens car sans aide, il n’y aura plus de développement du français en Afrique. Aidons à reconstruire les systèmes éducatifs en privilégiant si possible l’aide bilatérale.

Il faut ainsi encourager encore davantage les initiatives telles que l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) et d’autres projets annoncés, notamment « 100 000 professeurs pour l’Afrique », de même que les formations effectuées par le réseau et les formations par internet de professeurs. Mais tout ne peut pas passer par Internet, il conviendrait de voir comment dégager les ressources humaines nécessaires (formateurs, universitaires, experts techniques), le défi démographique étant en effet considérable.

– Promouvoir notre culture à l’étranger c’est-à-dire sur le terrain, car c’est là que se joue l’influence de la France, en menant une politique proactive de la demande – et non de l’offre, du type « la nuit des idées », opération de communication initiée par Laurent Fabius à Paris et qu’on demande aux postes de reproduire à l’étranger sans se préoccuper de l’impact et de la diversité des situations locales… Dans cet ordre d’idées il sera inévitable de redresser le budget des Instituts culturels français et des Alliances françaises et surtout d’en réformer la gouvernance -dispersée entre plusieurs services administratifs, ministères, établissements publics – d’où l’absence de direction générale, de transparence, de priorités, et l’impossibilité de mener une politique intelligente de redéploiement des moyens.

Suivi des élèves de nos lycées en les aidant à rester dans un système universitaire francophone et soutien à la mobilité universitaire (étudiants et professeurs). La pression est énorme : en 1960, il y avait 13 millions d’étudiants dans le monde, aujourd’hui il y en a 165 millions !

Aux Etats-Unis, 50% des thèses soutenues en science le sont par des étudiants étrangers. De retour dans leur pays d’origine, ces étudiants deviennent les acteurs du rayonnement économique et culturel de leur pays d’accueil universitaire. Mais l’animation des reseaux d’alumni étrangers est quasi inexistante en France. Ainsi j’ai regretté que l’association des anciens élèves de l’ENA (plusieurs milliers d’étudiants étrangers) dont j’ai fait partie un temps n’ait aucun moyen pour monter un dispositif efficace en la matière, alors que le budget de cette association permettrait d’en faire une priorité. Il nous faudrait aussi faciliter le recrutement par les entreprises françaises de cadres de haut niveau ouverts au multiculturalisme et polyglottes venus en France pour achever leurs études supérieures et bien sûr assouplir leur accès au marché du travail.

La question du visa francophone est bloquée du fait de la peur migratoire : elle s’est retrouvée coincée dans le débat entre la volonté de fermeture des frontières et les velléités d’immigration choisie. Il existe pourtant une position intelligente, celle de la mobilité et des allers-retours. En limitant les démarches administratives, on désengorgerait nos consulats et nos préfectures et cela favoriserait en particulier la circulation des créateurs et des chefs d’entreprise. Trop souvent, nous sommes encore confrontés au cas d’entreprises implantées à l’étranger qui veulent envoyer leurs cadres pour une formation professionnelle en France et se heurtent à un refus de visa.

LA FRANCOPHONIE ECONOMIQUE

La Francophonie s’est tardivement saisie des questions économiques, alors qu’en la matière, le Commonwealth est depuis longtemps très actif et doté de moyens. Le rapport Attali et les publications d’Hervé Bourges entre autres ont alimenté les réflexions au moment de l’élaboration puis de l’adoption de la Stratégie économique pour la Francophonie au Sommet de Dakar (2014). Celle-ci part du constat que l’espace francophone représente un potentiel économique énorme, insuffisamment exploité : la nébuleuse des quelque 80 pays francophones et supposés francophiles d’alors (84 aujourd’hui) représente 16% du PIB et 20% du commerce mondial.

Depuis deux ans cette stratégie a commencé d’être mise en œuvre de diverses façons :

programmes dédiés de l’OIF tournés vers les jeunes et les femmes créateurs d’entreprises ; organisation de forums économiques invitant des entreprises (Dakar en 2014, Paris en 2015, Madagascar en 2017) ; réunions de concertation des ministres des Finances francophones en marge des assemblées annuelles de la Banque Mondiale et du FMI ; lancement d’un réseau des ministres francophones du Commerce ; actions de plaidoyer auprès de la présidence du G20 (de concert avec le Commonwealth) ; organisation de la Journée de la Francophonie économique et numérique.

Cette refondation est capitale pour la France compte tenu du constat du désinvestissement du continent africain par les entreprises françaises qui ont perdu leurs « chasses gardées ». C’est désormais la Chine qui est le premier partenaire de l’Afrique…

Il est clair que c’est de notre intérêt national que d’appuyer cette stratégie de francophonie économique, de multiplier les accords économiques comme celui signé récemment dans le domaine de l’électricité – ces accords signifiant des formations professionnelles , des normes technologiques, des brevets et inventions françaises.

Il est non moins clair que notre influence au final est conditionnée par le retour de notre puissance économique et de sa capacité de projection sur les marchés francophones, où il y a une demande très forte. L’ambition du Medef sur cette question est assez illisible.

LA FRANCOPHONIE NUMERIQUE

C’est un facteur commun à la promotion de la langue et de la culture française et à la croissance économique durable.

Priorité absolue doit être donnée au numérique où tout se joue pour la jeunesse. Sans renforcement de la présence de contenus en français sur les réseaux numériques

– nouvel espace de confrontation d’idées, de recrutement, de formation, de création , seul outil d’information et unique référentiel des jeunes – l’ambition de la promotion de la francophonie restera lettre morte.

Aujourd’hui, seulement 4 à 5% des contenus en ligne sont en langue française, qui occupe le 8e rang par la qualité de ces contenus et le nombre d’utilisateurs .

A noter qu’en Afrique, la multiplication des chaînes de télévision numérique bénéficie éditorialement aux anglophones et aux chinois pour le contrôle de la diffusion.

Une idée serait de nommer un délégué auprès du ministre de la Francophonie chargé de mettre de l’ordre dans les projets des uns et des autres dans ce domaine, en tenant compte de ce que font les autres francophones comme le Québec par exemple..

A l’Unesco il nous faut soutenir les militants qui travaillent à l’élaboration d’un projet de directives opérationnelles sur le numérique pour la mise en oeuvre de la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

L’Internet et les réseaux numériques conditionnent sans aucun doute le succès de la relance de l’ambition francophone et francophile !

Tout nouveau Président de la République, monsieur Emmanuel Macron, vous avez dit lors de votre discours d’investiture « la mission de la France dans le monde est éminente ». Sa dimension culturelle est à la fois la moins coûteuse et la plus conquérante, qu’attendez-vous pour vous en occuper, sachant que les paramètres économiques sont les suivants : montants à investir très faibles (de l’ordre du coût d’un Rafale) , risque nul, potentiel énorme, impact très vite visible….

Vous ne pouvez pas ne pas savoir que le statut particulier de la langue française, fruit de l’Histoire – celle d’une vieille nation et d’une ancienne grande puissance – et du “testament français” – celui des Lumières – est aujourd’hui gravement menacé.

Or si l’on veut que la langue française, son rayonnement à travers le patrimoine culturel qu’elle véhicule et la possibilité d’accéder à la connaissance que sa maîtrise doit permettre, restent l’un des vecteurs de notre influence dans le monde, au sens du “soft power” dans la terminologie anglophone, il est urgent d’engager une action volontariste à votre niveau.

Nous espérons enfin une politique ardente et durable en faveur de la francophonie, non seulement à travers le soutien que nous apportons à l’OIF et à la défense du plurilinguisme et de la diversité culturelle sur la scène internationale, mais aussi et encore sur le terrain de l’éducation et de l’enseignement supérieur mis au service du développement – et ce grâce au dispositif important dont la France dispose à l’étranger. Il est encore présent quasiment partout à travers le monde et les instruments existent : il reste à leur redonner une impulsion politique, les moyens humains et budgétaires indispensables ainsi qu’une gouvernance efficace et responsable, ce qui est sans doute le plus improbable car on touche là aux problèmes gigantesques d’une réforme de l’Etat dont on n’ ose même plus parler. Même vous, M. Macron ?

Anne Gazeau-Secret
12 février 2018


1 Disruption = « disruptif ». Le terme dérive du latin disrumpere, « briser en morceaux, faire éclater ». Dans le langage des entreprises du numérique, « l’innovation disruptive », c’est l’innovation de rupture, celle qui bouscule les positions établies, court-circuite les règles du jeu, impose un changement de paradigme. Selon le philosophe Bernard Stiegler, la « disruption » constitue une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation. La fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.
2 Ces critères sont de plus sans valeur contraignante et non respectés dans les faits, en dépit de l’existence de « statuts et modalités d’adhésion » adoptés lors du IXeme Sommet de la francophonie de Beyrouth de 2002 et précisés au Sommet de Bucarest en 2006.
3 On aurait pu imaginer aussi que le représentant personnel du chef de l’Etat pour la francophonie, distinct du ministre, s’implique fortement dans cette action interministérielle. N’ayant que peu de prise sur les administrations, ce fut une fonction purement honorifique. En tout cas pour plus de clarté et de cohérence, il vaut mieux que le ministre soit en même temps représentant personnel.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Anne Gazeau-Secret, 12-02-2018

https://www.les-crises.fr/la-francophonie-politique-dans-tous-ses-etats-par-anne-gazeau-secret/

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Entre "bonne gouvernance" et éloge ambigu du "multiculturalisme", une approche parfois trop technocratique à mon goût, mais un certain nombre de propositions intéressantes et un constat implacable de l'absence de volonté politique pour promouvoir la francophonie. Il faut dire qu'avec un président pour qui la priorité est la "souveraineté européenne"...

Pour rappel, l'ambition de l'UPR est de promouvoir la création d'un parlement de la Francophonie à Paris, avec pour objectif l'expression à terme d'une véritable francophonie politique qui pourrait s'épanouir à travers le siège permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations Unies, siège que nous risquons de perdre si nous restons dans l'Union européenne.   P.G.

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Vidéo: entretien d'actualité # 58

Le président de l’UPR François Asselineau analyse l’actualité récente au 15 février 2018.

EA 58

Sommaire :
00:34 Question : Quelle est la bonne nouvelle de la semaine pour l’UPR ?
09:23 Question : Que pensez-vous des dernières déclarations de Macron sur la situation en Syrie ?
24:09 Question : Des nouvelles du Brexit ?
27:36 Question : Une réunion de l’OTAN se tient ces jours-ci, quelle est votre analyse ?
33:18 Parenthèse : Vidéo sur l’OTAN, réalisé par un militant (« Géronimo »)
35:59 Question : Le débat sur les élections européennes de 2019 a lieu actuellement à l’Assemblée. Quelle est votre analyse ?
44:55 Question : La Ministre du travail a annoncé vouloir lutter contre les travailleurs détachés, Qu’en pensez-vous ?
53:26 Autre sujet : La situation des agriculteurs
53:50 Parenthèse : Présentation d’Hervé Minec, candidat UPR des législatives partielles de la 8e circonscription de Haute-Garonne.
55:00 Parenthèse : Présentation de Georges Mignot, candidat UPR des législatives partielles de la 2e circonscription de Guyane.
55:20 Parenthèse : Une délégation de l’UPR, menée par Christophe Blanc, sera présente au salon de l’agriculture.
56:11 Autre sujet : Les Jeux Olympiques
56:57 Autre sujet : Réforme de la justice de Mme Belloubet
58:18 Conclusion

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Crédits : Intervenant : « François Asselineau » – Président de l’UPR.
Voix off : « Thibaud Lonjon »
Technique : « Sylvain Gargasson », « Fabien Sémat »
Animations graphiques : @PierreDuNet
Prospection de contenu : @Bechir, @PierreDuNet
Montage : « Fabien SEMAT »
Vidéo sur l’OTAN réalisée par « Géronimo »

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Face à Theresa May, Boris Johnson appelle les Britanniques à « tirer avantage » d’un Brexit dur

Le ministre des affaires étrangères britannique a défié à nouveau la première ministre, mercredi, et a mis en garde l’Union européenne.

act bojo

Jusqu’à quel point le Royaume-Uni peut-il s’écarter des règles de l’Union européenne (UE) sans perdre son libre accès à ce marché de 500 millions d’habitants ? Alors que Theresa May ne parvient pas à répondre à cette question cruciale, son ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, a ajouté sa couche de brouillard et défié à nouveau la première ministre en prononçant un long discours, mardi 14 février à Londres.

Certes, l’ancien leader de la campagne pro-Brexit considère le divorce avec les Vingt-Sept comme « une chance considérable » et « une manifestation du génie national » britannique. Mais, il a aussi admis qu’« en matière de normes européennes pour les machines à laver ou les sèche-cheveux (…), il pourrait être judicieux pour nous de rester alignés ».

« Faire les choses différemment »

Michel Barnier, chef négociateur de l’UE sur le Brexit, s’impatiente de connaître les objectifs britanniques et une partie du gouvernement May défend un alignement maximum sur l’UE. M. Johnson, lui, a plaidé au contraire en faveur d’un « Brexit libéral », une rupture nette permettant au Royaume-Uni de se « libérer » de certaines règles fiscales, éthiques, douanières et environnementales européennes.

« Nous serions fous d’endurer ce processus d’extirpation de l’UE sans tirer avantage des libertés qu’il apporte sur le plan économique. C’est seulement en reprenant le contrôle de nos lois que les entreprises britanniques auront la liberté d’innover, sans le risque d’avoir à se conformer à quelque directive concoctée par Bruxelles à la demande pressante d’un lobby dans le but de freiner un concurrent britannique. »

Revendiquant le droit pour son pays de « faire les choses différemment », M. Johnson a prédit que les livres d’histoire décriraient un jour le Royaume-Uni comme le pays qui « a eu le courage de rompre avec l’idée dépassée » de l’UE et « de montrer la voie pour façonner le monde moderne », comme il l’avait fait pendant la Révolution industrielle.

Mais M. Johnson n’a pas dit un mot des conséquences qu’aurait l’abandon des normes sociales qu’il prône de fait, et le rétablissement de la frontière irlandaise que son « hard Brexit » provoquerait nécessairement, et que Bruxelles ne peut admettre.

Des lendemains de Brexit qui chantent

Incontrôlable figure du gouvernement, « BoJo » avait décidé en solo de prononcer ce « discours de la Saint-Valentin ». Pour tenter d’en minimiser l’impact, Mme May a répondu en catastrophe en envoyant au front trois de ses ministres – MM. Davis, Fox et Lidington – qui interviendront publiquement la semaine prochaine sur le Brexit, avant une réunion du « cabinet de guerre sur le Brexit ». La première ministre doit elle-même prononcer, samedi à Munich (Allemagne), un discours sur la sécurité en Europe. Puis couronner le tout, la semaine prochaine, par une grande intervention décrivant enfin « la route du Brexit ».

Deux ans ont passé mais « BoJo » a livré un discours sur le thème des lendemains de Brexit qui chantent, comparable à ceux qu’il prononçait pendant la campagne du référendum. Il a revendiqué pour Londres le droit de « reprendre le contrôle » de l’entrée des Européens au Royaume-Uni tout en conservant le libre accès au marché des Vingt-Sept. Comme si Bruxelles n’avait pas exclu d’accorder « le beurre et l’argent du beurre ».

« La part du lion » de la croissance économique « se trouve en dehors de l’UE, en particulier dans la région Asie-Pacifique », a-t-il dit pour justifier son option en faveur du grand large. Fidèle à son style imagé, il a cité le succès des « exportations de présentoirs de Toblerone dans les aéroports en Arabie saoudite » – fabriqués dans sa circonscription – comme témoignage des ambitions mondiales du pays.

Selon lui, le divorce avec l’UE va permettre des percées dans des domaines comme les instruments financiers innovants et la recherche sur les cellules-souches. Tant pis si le maintien des transactions en euro est incertain pour la City de Londres et si le Brexit signifie la fin des crédits européens de recherche. Le ministre a aussi évoqué l’interdiction du trafic d’animaux vivants et l’assouplissement de la réglementation environnementale.

Un message de réconciliation pour la Saint-Valentin

Pour autant, le Brexit, loin de traduire une volonté de « tirer le pont-levis », répond au choix des Britanniques « d’un gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple », a assuré Boris Johnson, dont les performances de ministre des affaires étrangères sont contestées. Alors que le futur statut des compagnies aériennes low cost, très populaires pour les vacances au soleil, reste incertain, le chef du foreign office a déclaré :

« Nous continuerons encore davantage à prendre des vols bon marché pour des enterrements de vie de garçon dans des villes anciennes, à tomber amoureux, à nous démener joyeusement pour apprendre des langues européennes en déclin (…), à prendre notre retraite en Espagne ».

En choisissant le jour de la Saint-Valentin, M. Johnson cherchait à adresser un message de réconciliation à la moitié du pays qui fulmine (les remainers, partisans du maintien dans l’UE sont devenus des remoaners, qui « râlent »). « BoJo » a ainsi reconnu « un durcissement du climat » et « un sentiment de douleur et d’isolement » chez les anti-Brexit à qui il a « tendu la main ». Il n’a cependant pas réussi à convaincre Keir Starmer, porte-parole du Labour, qui l’a accusé de défendre « un Brexit de dérégulation où les droits et les protections sont négligemment mis de côté et qui ignore les bénéfices du marché unique ». Ni Sarah Wolliaston, députée conservatrice proeuropéenne, qui lui a reproché de « ne se préoccuper d’aucune des sérieuses difficultés pratiques qu’affronteront les vrais gens en cas de Brexit dur ».

Reconnaissant pour la première fois que certains Britanniques sont « de plus en plus déterminés à arrêter le Brexit », Boris Johnson a qualifié cette revendication d’« intolérable et antidémocratique ». Quant à l’idée d’un second référendum, elle produirait selon lui « une année de plus de querelle et de crise ». « Donc n’allons pas dans cette direction », a-t-il conseillé, sans pour autant se risquer à affirmer qu’en cas de nouveau vote, son camp, celui du Brexit, serait à nouveau vainqueur.


http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/02/14/face-a-theresa-may-boris-johnson-appelle-les-britanniques-a-tirer-avantage-d-un-brexit-dur_5257005_3214.html#g5qy211lPlPHI48Z.99

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Le Monde ne considère pas, on le voit, que la revendication d'un nouveau référendum est "intolérable et antidémocratique". Il faut dire que ce journal euro- atlantiste avait soutenu la trahison de 2005. Une continuité logique dans le mépris de l'expression des peuples, finalement.  P.G.

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Brexit : Londres accuse l’UE de « mauvaise foi »

Le projet de sanctions de l’UE pour encadrer la période de transition après le Brexit est « peu judicieux » et « de mauvaise foi », a dénoncé jeudi à Londres le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, dans une déclaration à la virulence inhabituelle.

ACT BREXIT MAUVAISE FOI

« Je ne pense pas que c’était faire montre de bonne foi que de publier ce document au langage franchement discourtois, impliquant qu’ils pourraient, dans les faits, arbitrairement mettre fin à la période de transition », a déclaré le ministre aux médias. « C’est de mauvaise foi et peu judicieux de publier ça ».

Il commentait le document dévoilé mercredi par l’Union européenne, qui comporte un arsenal de sanctions pour « éviter un jeu déloyal » de la part de Londres durant la période de transition après le divorce.

Le projet de texte fixant les règles imposées au Royaume-Uni pour la période de transition après sa sortie de l’UE le 29 mars 2019 prévoit la possibilité de sanctions, notamment « un mécanisme permettant à l’Union de suspendre certains bénéfices pour le Royaume-Uni découlant de sa participation au marché unique ».

(...)

« L’Union européenne répond à la demande de Theresa May de pouvoir bénéficier du marché unique et de l’Union douanière pour un temps limité pendant lequel tous doivent jouer selon les mêmes règles », avait expliqué Stefaan De Rynck, conseiller de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, dans un message publié sur son compte Twitter. « Prévoir la possibilité de sanctions en cas de jeu déloyal fait partie de tout accord », avait-il souligné.

Les 27 partenaires du Royaume-Uni souhaitent pouvoir lui couper l’accès au marché unique en cas de non-respect des règles, cela dans l’hypothèse où le temps manquerait pour porter le litige devant la justice européenne. Cette disposition implique de pouvoir imposer des droits de douane à un pays encore membre de l’UE jusqu’en décembre 2020.

Cet ajout avait provoqué dès mercredi la colère de plusieurs députés conservateurs au Royaume-Uni.

« Ces menaces idiotes montrent à quel point l’Union européenne a peur », avait réagi l’influent député conservateur britannique Bernard Jenkin sur la BBC. « Ce sera très difficile à accepter pour Theresa May », avait pour sa part jugé Jacob Rees-Mogg, l’un des principaux rivaux politiques de la Première ministre.

Demeurer dans le marché unique permettra au Royaume-Uni de continuer à faire du commerce sans barrières ni contrôles douaniers pendant la transition, tandis que les citoyens britanniques pourront continuer de vivre et de travailler dans n’importe quel autre État de l’UE.

La déclaration de Davis Davis survient alors que Theresa May a réuni mercredi et jeudi les principaux membres de son gouvernement pour définir avec eux la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE.

David Davis a commenté ces réunions en assurant que l’atmosphère avait été « très constructive, beaucoup de questions ont été réglées », tout en ajoutant que « des progrès restent à faire ».

L’exécutif est déchiré entre les partisans d’une franche rupture avec les 27, dont le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et celui de l’Environnement, Michael Gove, et ceux qui veulent maintenir des liens forts avec l’UE, en particulier Philip Hammond, le ministre des Finances.

Face à l’indécision de Londres, Michel Barnier avait pressé lundi Theresa May de « faire un choix ». « Nous avons besoin de clarté sur les propositions britanniques sur la future relation », avait-il insisté.

En décembre, Londres et Bruxelles avaient conclu un accord préliminaire sur leur divorce, et doivent désormais s’entendre sur la période de transition post-Brexit et la future relation qui unira les deux parties.

https://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/news/brexit-londres-accuse-lue-de-mauvaise-foi/

Voir aussi:

Paris craint d’exacerber l’euroscepticisme avec le Brexit

par | 14 Fév 2018 |

C’est une dépêche de l’AFP reprise par le site Euractiv revenant sur les derniers propos tenus par le porte-parole du gouvernement français qui a prévenu que « punir » Londres dans le cadre du Brexit risquerait “de renforcer le sentiment anti-européen dans l’UE à un an des élections européennes”.

« Notre position est assez simple. Il n’est pas question de punir qui que ce soit dans le cadre du Brexit. C’est la pire chose qui puisse arriver et je pense que cela renforcerait le sentiment anti-européen dans beaucoup de pays où on a des élections dans un an », a souligné Benjamin Griveaux devant les correspondants de la presse anglophone à Paris, le 12 février.

En effet, la “perspective de voir les partis eurosceptiques arriver en très bonne place aux prochaines élections européennes et nationales préoccupe les fonctionnaires européens et les pro-européens”.

« Quand un pays quitte l’Union, c’est un échec pour la Grande-Bretagne et pour l’Union. Il ne faut jamais humilier ou punir », a souligné M. Griveaux.

Le problème c’est que le projet de sanctions de l’UE “pour encadrer la période de transition après le Brexit est «peu judicieux» et «de mauvaise foi», a dénoncé jeudi à Londres le ministre britannique chargé du Brexit David Davis, dans une déclaration à la virulence inhabituelle”.

L’Europe apparaît publiquement pour ce qu’elle est réellement, à savoir une dictature. Une dictature soft et qui se cache sous des airs séduisants de “l’Europe c’est la paix”. Mais si l’Europe n’est pas acceptée, alors elle devient violente et elle s’impose aux peuples, même à ceux qui votent contre elle, ce qui a été le cas y compris en France avec le refus de la Constitution européenne, et le refus des Français de disparaître en tant que nation.

Une offense que l’Europe n’oublie jamais.

(...)

Charles SANNAT

Source Euractiv.fr ici

https://insolentiae.com/paris-craint-dexacerber-leuroscepticisme-avec-le-brexit/

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2006-2015, la décennie noire de l'industrie française

PARIS (Reuters) - Quelque 27.300 établissements en moins, 530.000 emplois de perdus, l'Insee dresse mercredi dans une étude le bilan d'une décennie noire (2006-2015) pour l'industrie manufacturière française dont les maux, déjà apparents au début de la période, ont été exacerbés par la crise de 2008-2009.

ACT INDUSTRIE INSEE

Presque tous les secteurs d'activité ont été frappés, surtout le textile, le bois-papier-imprimerie, la sidérurgie ainsi que l'automobile. Seuls l'agroalimentaire et l'aéronautique ont résisté au repli général.

En décembre 2015, l'industrie manufacturière française comptait 123.300 établissements employeurs et 2,7 millions de salariés, soit respectivement 18% et 16% de moins qu'en 2006.

Sur la seule année 2009, au plus fort de la crise, elle a perdu 184.000 salariés.

Elle est le secteur qui a le plus souffert sur la période, loin devant la construction (9% d'établissements et 7% de salariés en moins sur 10 ans) et a été dépassée depuis 2009 par le commerce comme premier employeur du privé.

Par activité, les industries textiles et de l'habillement, un secteur composé pour l'essentiel de PME, ont perdu 35% de leurs effectifs entre 2006 et 2015, le bois-papier-imprimerie et le raffinage 26% et 27% respectivement chacun.

Autres secteurs sinistrés, la sidérurgie comme l'automobile ont vu leurs effectifs fondre de 28%.

A l'inverse, l'agroalimentaire, aujourd'hui le premier secteur de l'industrie manufacturière, a accusé une baisse très limitée (-0,4%) du nombre de ses salariés alors que la construction aéronautique et spatiale a enregistré une hausse de 24% des siens.

Par zones géographiques, le recul a été général sur le territoire national mais les zones d'emploi les plus touchées ont été le bassin parisien, le nord, l'est et le centre de la France.

L'OPTIMISME EST REVENU EN 2017

En 2015, l'industrie manufacturière ne représente plus de la moitié des salariés des secteurs marchands que dans neuf bassins d'emploi : Sablé-sur-Sarthe et La Ferté-Bernard (Sarthe), Segré (Maine-et-Loire), Issoudun (Indre), Ambert et Thiers (Puy-de-Dôme), Saint-Claude (Jura), Oyonnax (Ain), La Vallée de l'Arve (Haute-Savoie).

L'Insee rappelle que l'emploi salarié dans l'industrie est en repli depuis 1975 et que la part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée de l'ensemble de l'économie a été divisée par deux entre 1970 et 2014 et ce pour plusieurs raisons structurelles : gains de productivité, externalisation vers les services, concurrence étrangère accrue, délocalisations ou encore la déformation de la demande au profit des services.

Des statistiques parmi les plus récentes pourraient laisser penser que la situation a cessé de se dégrader.

Pour la première fois depuis 2009, les ouvertures de sites industriels ont été nettement plus nombreuses que les fermetures en France sur les huit premiers mois de 2017, même si le nombre d'emplois moyen des nouveaux établissements est en baisse, selon une étude publiée en septembre dernier.

Les chiffres de l'emploi salarié diffusés mardi par l'Insee montrent que, pour la première fois depuis le début des années 2000, l'industrie n'a quasiment pas détruit de postes au quatrième trimestre 2017 avec un solde négatif limité à -400.

Les enquêtes de conjoncture traduisent de plus un climat des affaires euphorique dans l'industrie, à son meilleur niveau depuis dix ans et avec des intentions d'embauche en hausse.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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Nestlé & Coca-Cola : Une longue histoire d’exploitation, de privatisation des ressources naturelles...

Nestlé & Coca-Cola : Une longue histoire d’exploitation, de privatisation des ressources naturelles et de dégradation de l’environnement.

Cet article complète notre publication du 15 février 2018

Coca-Cola et Nestlé vont privatiser la plus grande réserve d’eau de plusieurs pays d’Amérique du Sud

TL NESTLE COCA

2011 : Coca-Cola au centre de conflits sur l’eau en Inde

Le géant américain est accusé de vider les nappes phréatiques. LEtat du Kerala demande des compensations.

Le Parlement du Kerala, un Etat du sud de l’Inde, a voté, jeudi 24 février 2011, la mise en place d’un tribunal spécial pour statuer sur les demandes de compensation contre le géant américain Coca-Cola, accusé d’avoir pollué et surexploité des nappes phréatiques, mettant en danger la santé de milliers d’habitants. Pertes agricoles, pollution aquatique, maladies : le montant des dommages est évalué à 48 millions de dollars (34 millions d’euros).

L’usine en question a été construite en 2000 sur les terres cultivables de Plachimada, un bourg situé au milieu de rizières fortes consommatrices en eau. Quelques mois après le démarrage de l’activité de l’usine, des habitants ont commencé à se plaindre du goût de l’eau, puis de la baisse du niveau des nappes.

Chaque jour, 500 000 litres ont été puisés en moyenne et 150 000 litres d’eaux usées rejetées. L’usine a été fermée en 2004, à la suite de protestations des habitants et sur ordre du comité de contrôle de pollution du Kerala. Mais Coca-Cola revendique toujours le droit de l’exploiter et a porté l’affaire devant la Cour suprême, qui n’a pas encore tranché.

Les études scientifiques sont pourtant accablantes. Dès 2003, le professeur John Henry, alors toxicologue à la faculté de médecine de l’Imperial College, à Londres, avait prévenu « des conséquences dévastatrices des eaux usées pour la population des environs. ». Ces eaux contiendraient de fortes concentrations en chlore et en cadmium entraînant cancers, maladies cutanées et problèmes respiratoires.

Malgré des conclusions similaires dans l’enquête menée par le comité de contrôle antipollution du Kerala, Coca-Cola continue de nier ces accusations. La semaine dernière, le fabricant a « déploré » la création du tribunal spécial jugeant le texte de loi voté au parlement du Kerala « dépourvu de faits et de données scientifiques ».

 


 

Coca Cola & Nestlé

 

 

2013 : La face cachée des marques

Pendant plus d’un siècle, les entreprises du secteur agroalimentaire et des boissons les plus puissantes au monde se sont appuyées sur des terres et une main-d’œuvre bon marché pour créer des produits peu coûteux et dégager des bénéfices colossaux. Ces bénéfices se sont accumulés au détriment de l’environnement et des communautés locales dans le monde entier et ont joué un rôle dans la crise actuelle du système alimentaire.

Ce rapport se concentre sur dix des entreprises du secteur agroalimentaire les plus puissantes au monde : Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelez International (anciennement Kraft Foods), Nestlé, PepsiCo et Unilever, et vise à renforcer la transparence et la redevabilité de ces dix géants tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. « La face cachée de marques » passe au crible les politiques des entreprises dans sept domaines essentiels pour parvenir à une production agricole durable, mais historiquement négligés par l’industrie agroalimentaire : les femmes, les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles, l’eau, la terre, le changement climatique et la transparence. Oxfam compare les politiques mises en œuvre par les différentes entreprises et encourage ces dernières à se lancer dans une « course à l’excellence » pour améliorer leurs performances sociales et environnementales. Voici les principaux constats du rapport « La face cachée des marques » :

  • Plusieurs des dix géants de l’agroalimentaire ont affirmé leur volonté de défendre les droits des femmes, mais aucun ne s’est engagé à mettre fin à la discrimination à l’égard des femmes dans leurs chaînes d’approvisionnement.
  • Aucune de ces sociétés ne s’est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau. Pourtant, toutes achètent des matières premières – notamment huile de palme, soja et sucre – dont la production donne trop souvent lieu à des violations de droits fonciers. Aucun de ces groupes ne prône la tolérance zéro contre les accaparements de terres dans leurs chaînes d’approvisionnement.
  • Les dix sociétés restent excessivement opaques concernant leurs chaînes d’approvisionnement agricoles, ce qui rend leurs déclarations en matière de développement durable et de responsabilité sociale difficiles à vérifier. Nestlé et Unilever font preuve de la plus grande transparence quant aux pays dans lesquels elles s’approvisionnent. Cependant, aucune société ne fournit suffisamment d’informations sur ses fournisseurs.
  • Les dix sociétés étudiées réalisent en général des économies en eau, mais n’ont pour la plupart pas mis en place de politiques limitant leur incidence sur les sources d’eau locales. Seule Pepsi a publiquement reconnu l’eau comme un droit fondamental et s’est engagée à consulter les communautés locales. Nestlé a élaboré des directives sur la gestion de l’eau à l’intention de ses fournisseurs et se classe au premier rang pour ses politiques en la matière.
  • Toutes ces entreprises ont pris des mesures en vue de réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre, mais elles ne sont que cinq – Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars – à rendre compte des émissions agricoles liées à leurs produits. Seule Unilever s’est engagée à réduire de moitié l’empreinte de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020. Aucune n’a encore adopté de politiques visant à aider les agriculteurs qui font partie de leurs chaînes d’approvisionnement à mieux résister aux changements climatiques.
  • Aucune ne s’est engagée publiquement à payer un prix décent aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes. Seule Unilever – la mieux classée s’agissant des relations avec les paysans – a établi à l’intention de ses fournisseurs des directives précises qui permettent d’aborder certaines problèmes majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs.

Oxfam publie également une note dénonçant l’inaction de Nestlé, Mondelez et Mars face aux inégalités rencontrées par les femmes qui cultivent le cacao utilisé dans leurs produits au chocolat. Ces trois entreprises achetant à elles trois plus de 30 % du cacao mondial, elles ont une capacité d’influence considérable sur ces inégalités.


 

Obésité - Mexique

 

2014 : Mexique – Coca-Cola et Nestlé coupables d’encourager l’obésité

Le gouvernement mexicain veut infliger des amendes à Coca-Cola, PepsiCo, Hershey’s, Nestlé et à une filiale locale d’Unilever, pour violation de la nouvelle réglementation pour les publicités sur les aliments encourageant l’obésité chez les jeunes.

La Commission fédérale pour la protection contre les risques sanitaires (Cofepris) a repéré six spots publicitaires ne respectant pas cette réglementation. Elle «a ordonné leur retrait immédiat et prépare des sanctions» contre les entreprises », a annoncé la Commission dans un communiqué.

Le français Nestlé est passible d’une amende pour un spot publicitaire de ses céréales chocolatés, tandis que les américains Coca-Cola et PepsiCo le sont pour la diffusion de publicités de leurs boissons gazeuses diffusées avant la projection de films pour enfants dans deux cinémas de Mexico.

Alvaro Perez, membre de la Commission, a déclaré à l’AFP que, sauf s’il existe «une preuve de non responsabilité directe», ces entreprises risquent des amendes allant de 10.000 à 85.000 dollars, qui seront fixées d’ici deux à trois semaines.

Il s’agirait des premières amendes infligées à une entreprise depuis que le gouvernement mexicain a décidé le 15 juillet dernier de restreindre les publicités sur les boissons et les aliments sucrés avant les programmes de télévision et les films destinés aux enfants, afin de lutter contre le surpoids et l’obésité qui touchent 30% des enfants du pays.

L’obésité est l’un des principaux problèmes de santé au Mexique, pays de 118 millions d’habitants. Selon des données officielles, quelque 70% des adultes et 30% des enfants sont concernés par le surpoids et l’obésité.

Le Mexique est le plus grand consommateur de boissons sucrées au monde, avec 163 litres par tête et par an. Le pays, dont l’alimentation comprend une forte proportion de plats frits, est le plus touché par le diabète parmi les 34 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Une réforme fiscale adoptée fin octobre a augmenté l’impôt sur les aliments hautement caloriques de 8% et mis en place un prélèvement d’un peso (0,06 euro) par litre de boisson sucrée vendue.

Coca Cola - Inde

 

 

2014 : Inde – Coca-Cola contraint de fermer une usine

Accusée d’utiliser trop d’eau, la société Coca-Cola a dû fermer une usine dans le nord de l’Inde. Une décision saluée par la population locale, qui lutte depuis longtemps contre la pénurie d’eau.

Coca-Cola a été obligé de fermer une usine en Inde, car la société aurait violé les réglementations environnementalesnote le Business Standard. Le quotidien économique de New Delhi explique que la fermeture de l’usine, située dans la ville de Bénarès (Etat de l’Uttar Pradesh), fait suite à une décision du conseil environnemental de la région.

Le Financial Times, de son côté, ajoute que la société Hindustan Coca-Cola Beverages, une filière de Coca-Cola en Inde, aurait utilisé trop d’eau alors que « Le niveau de la nappe phréatique dans l’Uttar Pradesh est dangereusement bas depuis plus de dix ans ». Le journal économique anglais note que la décision fait suite à une campagne de protestation menée par la population locale, citant un militant qui estime que la décision représente « une énorme victoire et la confirmation très attendue que les communautés locales peuvent prendre à partie des entreprises puissantes. »

Le géant des sodas, de son côté, a rétorqué que les accusations sont “trompeuses” et “fausses”, et que son utilisation d’eau a été “responsable” et “judicieuse”. Depuis 2003, les sodas sont ouvertement critiqués en Inde, car ils contiendraient de nombreuses substances nocives (dont des pesticides). En 2006, le gouvernement du Kerala, dans le sud de l’Inde, a interdit la production de Coca-Cola, mais un tribunal a annulé cette décision.

Cela n’aura duré qu’un temps : quelques jours plus tard, un tribunal a permis la réouverture de l’usine.

 

Coca Cola - Sang

 

2016 : En Inde, Pepsi et Coca Cola soupçonnées de surexploiter les rivières en pleine sécheresse

 

Pepsi et Coca Cola sont accusés d’utiliser l’eau de rivières de l’Etat du Tamil Nadu à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse.

Dans l’Etat du Tamil, à l’extrême sud de l’Inde, deux usines produisant des boissons pour Pepsi et Coca Cola ont dû fermer temporairement sur décision de la cour d’appel locale. La justice a accepté la plainte d’une association qui les accuse d’utiliser l’eau de la rivière locale à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse depuis plus d’un an.

Les usines de sodas et les riziculteurs sont en concurrence pour l’eau

Cette sécheresse est due avant tout aux pluies très faibles depuis un an dans cette région tropicale du Tamil Nadu. La production agricole sur place se compose essentiellement de riz, les paysans inondent habituellement leurs champs grâce aux rivières ou au nappes phréatiques. Or, il y a tellement peu d’eau aujourd’hui que peu de paysans ont pu planter le mois dernier. Toute l’agriculture vivrière est donc menacée, et avec elle la survie de la population.

Les deux usines de Pepsi et Coca Cola sont celles qui consomment le plus d’eau dans la région. Elles entrent directement en concurrence avec les agriculteurs locaux puisque pour produire leurs sodas et leur eau en bouteille, elles utilisent les mêmes sources. « Nous n’avons même pas d’eau à boire, ce n’est pas normal qu’une entreprise s’en serve pour produire et vendre des sodas. » confie un plaignant.

L’intérêt général avant l’intérêt commercial

La haute cour de Madras a jugé qu’il était de l’intérêt général de protéger l’accès de l’eau à la population, en empêchant sa commercialisation par des sociétés privées. Elle a donc demandé la suppression de l’approvisionnement en eau des deux usines Coca Cola et Pepsi.

Ce n’est pas la première fois que les deux entreprises font face à une telle opposition. L’an dernier dans le même Etat, d’énormes manifestations ont empêché l’ouverture d’une usine Coca Cola. Les agriculteurs craignaient que les sources d’eau, déjà à un niveau critique, soient vidées. Le gouvernement local, qui avait pourtant déjà vendu le terrain, a dû faire marche arrière.

Il y a deux ans, L’extension d’une autre usine Coca Cola dans le nord de l’Inde a été refusée par les autorités. Elles ont considéré que les nappes phréatiques étaient déjà surexploitées. Il faut dire qu’un quart du territoire indien est en voie de désertification.

 

Map - Trust - Coca cola - Nestlé

 

 

Afrique - Coca Cola

Le continent africain est également surexploité par ces firmes

 


 

Nestlé & Coca-Cola pourvoyeurs de pauvreté, de dégradation de l’environnement et… de mort

 


 

Coca cola - Trinqué

 

Coca Cola - Mexique

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nestlé

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Coca-Cola_Company

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/04/coca-cola-au-centre-de-conflits-sur-l-eau-en-inde_1488352_3244.html (2011)

https://www.oxfamfrance.org/rapports/face-cachee-des-marques/face-cachee-des-marques (2013)

https://www.20minutes.fr/planete/1108185-20130226-nestle-danone-coca-cola-accuses-nuire-a-environnement (2013)

https://www.20minutes.fr/economie/1421349-20140723-20140723-mexique-coca-cola-nestle-coupables-encourager-obesite (2014)

https://www.courrierinternational.com/article/2014/06/20/coca-cola-contraint-de-fermer-une-usine (2014)

http://www.altermondes.org/coca-cola-laisse-un-gout-amer-au-kerala/ (2016)

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/en-direct-du-monde/en-direct-du-monde-en-inde-pepsi-et-coca-cola-soupconnees-de-surexploiter-les-rivieres-en-pleine-secheresse_1945455.html (2016)

https://aphadolie.com/2018/02/18/nestle-coca-cola-une-longue-histoire-dexploitation-de-privatisation-des-ressources-naturelles-et-de-degradation-de-lenvironnement/

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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