vendredi 9 février 2018

Massacre à la tronçonneuse ... ou comment on organise la fin du lycée

Il n’est pas toujours facile de comprendre ce qui sortirait de l’application du rapport Mathiot et les chiens de garde veillent au grain (y compris le SNALC définitivement rallié au pouvoir depuis qu’il a perdu une partie de ses effectifs). Certains font mine de croire que ce n’est qu’un rapport alors que Blanquer a annoncé que l’architecture ne changerait pas.

TL LYCEE

Il y aurait à faire des considérations terminologiques intéressantes. La LV1 n’existe plus, elle est remplacée par l’anglais et suivie non d’une LV2 mais de « la langue vivante ». Les langues anciennes ne figurent pas dans le répertoire (sauf peut-être dans les options) et les mathématiques s’appellent maintenant « mathématiques-informatique ». Ces détails (le diable est dans les détails) sont en eux-mêmes révélateurs. Comme est révélateur le fait que ce rapport reprend de nombreux éléments de la réforme Darcos (rejetée à l’époque) et … des propositions de « Terra Nova », un club qui servait de boîte à idées pour toute l’aile droite du PS.

Je vais essayer ici d’aborder le détail du projet et de montrer de quoi il s’agit en testant quelques cas.

Dans mon lycée, il y a actuellement 14 sections de terminale qui demandent 60 heures d’enseignement de philosophie. Parmi ces 14 sections, 3 sections de terminale littéraire avec 8 heures hebdomadaires. Avec le rapport Mathiot, les heures de philosophie feraient partie du « tronc commune » (unité 1) où 6 disciplines se disputent 12 heures d’enseignement. On peut donc estimer que la philosophie aurait 2 heures sur ces 12 heures. Pour mon lycée, cela ne ferait plus que 28 heures de philosophie par semaine. On peut donc supprimer 2 postes sur les 4 ! Admettons que, par extraordinaire, la philosophie bénéficie de 3 heures hebdomadaires, cela ferait 42 heures soit entre un poste et un poste et demi supprimé. Soyons fou ! Imaginons que l’on introduise la philosophie dans une majeure ou une mineure de l’unité 2. Imaginons que plus de 12 élèves choisissent cette majeure ou cette mineure, cela ferait encore 3 ou 4 de philosophie soit au total entre 45 et 46. C’est toujours 15 heures de moins par rapport à la situation actuelle (un service d’agrégé, par exemple). Et c’est une hypothèse très optimiste car compte-tenu du nouveau mode dit d’orientation (en fait de sélection), les élèves sont invités à s’orienter en fonction des « attendus » des établissements d’enseignement supérieur. Quel élève choisirait une discipline pour laquelle les attendus « philosophie » seraient seulement ceux des UFR de philosophie et des CPGE* littéraires (et encore, pas nécessairement) ? Dans le meilleur des cas, dans l’hypothèse la plus folle donc, seule une poignée d’élèves aurait 7 heures de philosophie au lieu de 8 aujourd’hui pour les 2000 classes de TL que comptent les lycées de ce pays. Pour tous les élèves des actuelles filières ES et S, le projet Mathiot détruit toute tentative de dispenser un enseignement élémentaire de philosophie.  En tout cas, dans les hypothèses les plus optimistes, on aboutit à la suppression d’un quart des professeurs de philosophie. Tout cela au nom de la promotion de la philosophie « discipline universelle ». Le rapport Mathiot est un exercice terrifiant de « novlangue ».  

*CGPE= concours de préparation aux grandes écoles/NdR

Poursuivons. Il y a 3 classes de TES. En mathématiques, cela fait 15 heures auxquelles il faut ajouter 2 heures pour la spécialité, soit 17 heures au total. Avec le projet Mathiot, on pourrait avoir des SES/math et des SES/histoire-géo. Admettons que les maths disposent encore de 4 heures dans le premier cas auxquelles on pourrait ajouter une mineure de maths de 3 heures. On aurait encore 7 heures pour une classe. Imaginons une deuxième SES/math sans mineure math mais avec une mineure complémentaire SES par exemple et enfin une troisième SES/histoire-géo avec un mineure math, on arriverait à 14 heures de maths (au lieu de 17). Mais si on espère conserver les heures de mathématiques, cela ne pourra se faire qu’au détriment de l’histoire … ou des SES. Autrement dit, dans une hypothèse optimiste pour les professeurs des mathématiques, on perd des heures dans cette discipline (environ 20%) et on perd des heures en histoire-géographie et en SES. Il y a un autre problème : les classes préparatoires ECE ont un horaire et un programme de mathématiques assez robustes. Le nouveau bac soit restreindrait drastiquement les possibilités d’accès au CPGE soit demanderait une refonte radicale (à la baisse) des programmes de mathématiques dans ces CPGE.

Il y a des dizaines de combinaisons à tester et il est bien difficile de se faire une idée précise des variations horaires. Mais la tendance générale est parfaitement claire : une baisse drastique du volume des enseignements et le montage d’une véritable usine à gaz de disciplines au choix du client, privée de toute cohérence. Il n’y aurait plus de classes (et donc plus de conseils de classe !), plus d’unité de travail pour les élèves.

Cette réforme nécessite aussi la réécriture de tous les programmes et l’articulation des programmes des troncs communs, des majeures et des mineures ; bref, l’organisation du chaos dans les enseignements disciplinaires.

Enfin la réforme a des conséquences directes sur l’enseignement supérieur. Les CPGE auront le plus grand mal à recruter des candidats ayant un « profil » un tant soit peu cohérent et devront donc s’adapter au chaos. Et comme les CPGE préparent le recrutement aux grandes écoles, on voit que c’est à un dynamitage complet du système que veut procéder le ministre, ce qui n’est pas surprenant, puisqu’il n’a jamais caché que son objectif était bien de faire sauter le système.

Cerise sur le gâteau : le rapport Mathiot préconise une large autonomie des établissements dans l’offre des majeures et des mineures et même la possibilité de proposer des enseignements qui ne figurent pas dans le « catalogue » national. Fin du caractère national des diplômes et fin de l’ « éducation nationale ». Et pour ceux qui s’inquiéteraient de la baisse générale de niveau des élèves, il y a une réponse toute prête : recours massive au « numérique », c’est-à-dire à l’enseignement par vidéos (MOOC).

Il n’y a rien à garder de ce rapport. Il doit être rejeté en bloc et en détail, non seulement parce qu’il affaiblira dramatiquement le niveau des élèves mais parce qu’il liquide toute la philosophie généralement de notre système d’enseignement qui gardait quelques restes de la tradition humaniste. De ce point de vue, la discussion sur sélection ou pas sélection à l’Université est une question assez secondaire. La sélection est simplement un élément du dynamitage global du système éducatif. Il y a d'autres aspects sur lesquels on reviendra et qui ne sont pas moins graves.

Denis Collin – 1 février 2018

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Une interview de Blanquer donnée à « SOS éducation » et subrepticement supprimée du net :

"Il faut simplement une méthodologie de la réforme." Qu’il développe ensuite :

« Pour commencer en douceur, il faut donner de la liberté à certains territoires, à certaines structures, sur la base du volontariat. Il faut faire réussir des initiatives à moindre échelle, avant de les généraliser.

Si on prend l’exemple de l’établissement autonome, on n’est pas obligé de le faire tout de suite à 100 %. Même en le voulant, de toutes façons, on n’y arriverait pas. Il faut commencer sur une petite base de 5 à 10 % d’établissements volontaires, montrer que c’est un jeu gagnant pour tout le monde, y compris pour les professeurs qui pourront choisir leur lieu de mutation. Par ailleurs, il faut aussi faire saisir qu’il y a des effets de système et que si un élément administratif est modifié, des éléments pédagogiques le seront aussi : si le recrutement des professeurs est modifié, leur formation le sera également, ainsi que le contenu des programmes. Tout se tient : il faut avoir une vision systémique, qui ne soit pas pyramidale et qui fasse confiance aux acteurs. »

Sur l'éventualité de voir apparaître "une offre scolaire autonome", M Blanquier explique : "Sans aller vers des logiques de privatisation, on peut aller vers des logiques de délégation, qui permettent d'accomplir mieux le service public en responsabilisant davantage les acteurs."

http://la-sociale.viabloga.com/news/massacre-a-la-tronconneuse

Oui, Tsipras est un salaud. Démonstration

TRIBUNE LIBRE / Par Joël Périchaud
Publié le 22 janvier 2018 dans Pardem

Quelques-uns se sont indignés lors de la publication de notre article intitulé « Tsipras : magnifique salaud ». Ils ont eu tort… la réalité est pire que ce qu’ils semblent croire. Le qualificatif n’est pas exagéré ! Petite revue des méfaits subis par les Grecs sacrifiés sur l’autel des « valeurs de l’Union européenne « .

TL GRECE TSIPRAS SALAUD

Le gouvernement Tsipras a déjà porté la TVA à 24 %, diminué les retraites de 40 %, augmenté les impôts (notamment fonciers), décidé de nouvelles taxes sur les voitures, les télécommunications, les télévisions, l’essence, les cigarettes, le café, la bière, amputé de 5,6 milliards les salaires publics.

Le bilan des politiques grecques, de l’Union européenne et de ses complices

En sept ans, le PIB de la Grèce a chuté du tiers. Le chômage touche 25 % de la population (40 % des jeunes entre 15 et 25 ans). Un tiers des entreprises a disparu en cinq ans. Les coupes successives imposées au nom de l’austérité paupérisent toutes les régions. Il n’y a plus de trains, plus de bus dans des parties entières du pays. Plus d’écoles non plus. Beaucoup d’établissements secondaires des campagnes éloignées sont fermés, faute de financements. Les dépenses de santé par habitant ont diminué d’un tiers depuis 2009. Plus de 25 000 médecins ont été renvoyés. Les hôpitaux manquent de personnel, de médicaments, de tout. 20% de la population vit sans chauffage ou sans téléphone. 15 % de la population est tombée dans la grande pauvreté (contre 2 % en 2009). Selon la banque de Grèce, 13 % de la population est exclue de tout soin médical ; 11,5 % des patients ne peuvent acheter les médicaments prescrits ; les personnes souffrant de maladies chroniques sont en hausse de 24,2 %. Suicides, dépressions, maladies mentales enregistrent des hausses exponentielles. Pire : alors que la natalité a baissé de 22 % depuis le début de la crise, le taux de mortalité infantile a quasiment doublé en quelques-années pour atteindre 3,75 % en 2014.

Encore plus

Mais les « responsables européens » s’en fichent… Rien n’est trop beau pour le capital et pour les banques, rien ne rassasie les vautours. Après avoir commencé à dépecer la Grèce en vendant ses ports et ses aéroports (La Grèce vache à lait de l’Allemagne et jackpot pour Fraport), les « créanciers » et Tsipras dépouillent les Grecs eux-mêmes.
Des centaines de familles, touchées par la crise et le chômage, sont jetées à la rue après la saisie et l’expulsion de leur logement. Ces « biens immobiliers » sont vendus aux enchères mais ne peuvent être achetés par les familles elles-mêmes… Des militants politiques et/ou associatifs grecs parviennent souvent à empêcher, par des manifestations ou « l’envahissement des tribunaux », les ventes de maisons des familles endettées.

Le combat et les succès de ces militants agacent les vautours et leur garde-chiourme. Désormais, ceux qui s’opposeront « par la force » à ces ventes indignes, ou menaceront simplement de le faire, seront passibles de peines de prison et les ventes aux enchères se feront exclusivement par voie électronique à partir du 21 février.

Servilité sans limite à la Troïka

Mais ça ne suffit encore pas… Maintenant, Tsipras et son gouvernement à la solde de la Troïka (UE, BCE, FMI) s’attaque au droit de grève.
A la demande des « créanciers », le gouvernement de « gauche radicale » Syriza-Anel a, le 19 décembre dernier, fait adopter par le parlement grec la loi de finances 2018 prévoyant de nouvelles coupes budgétaires massives dans la santé et l’éducation. Par la même occasion, l’application des conventions collectives (suspendues depuis 2015) sera reportée à l’automne 2018.

Les désirs des maîtres sont des ordres

Le 15 janvier dernier, l’exécutif dirigé par Alexis Tsipras est allé encore plus loin dans la mise en œuvre de l’austérité voulue par la Troïka. Non content d’écraser son peuple, il veut le contraindre à accepter sans réagir en limitant (avant de le supprimer ?) le droit de grève.

Les créanciers en ont rêvé: le droit de grève est un « insurmontable obstacle à l’investissement » ou même une véritable « injure à la productivité », Tsipras l’a fait : Les désirs des maîtres sont des ordres. Peu importe que le droit de grève soit constitutionnel depuis 1974, année du retour à la démocratie après la chute de la dictature des colonels.
Il faut dire que plus d’une cinquantaine de grèves générales ont eu lieu depuis l’adoption du premier mémorandum d’austérité en 2010…
Quand le peuple n’est pas d’accord, ça énerve la gauche radicalement europiomane.

Droit de grève remis en cause

Jusqu’au 19 janvier 2018 (loi Papandreou de 1982) une grève pouvait être décidée suite à son approbation par un tiers de syndiqués. La loi adoptée par les 154 députés collabos grecs (sur 300), porte cette approbation à au moins 50 % de syndiqués.

La Grèce est, pour l’UE, un laboratoire. Les Grecs des cobayes. L’application des mesures d’austérité et des reculs antisociaux est testée par le servile Tsipras puis sera étendue ensuite aux autres pays de « l’Union… ». La disparition programmée des libertés syndicales en Grèce est le prélude à la disparition des nôtres.

L’espoir ?

Depuis le 19 janvier, les rues grecques sont remplies de manifestants, c’est un bon début. Mais ils sont seuls. Où est la solidarité internationale ?

Oui, Alexis Tsipras et Syriza-Anel sont les petites mains de l’Union européenne, et du FMI mais tous les gouvernements européistes de droite comme de gauche, sont responsables de l’austérité et de son coût humain et social.

L’appétit du néolibéralisme n’a pas de limite. Croire que l’amadouer « de l’intérieur » est possible est une illusion créée de toutes pièces pour asservir les peuples et les nations. Le pire aujourd’hui est, sans doute, de constater que le piège tendu par la secte des néolibéraux fonctionne à plein régime. Les Grecs paient le prix fort. Sacrifiés, ils sont désespérément abandonnés par les gauches de tout poil qui préfèrent vénérer les « valeurs de l’Union européenne » et fermer les yeux devant les crimes sociaux, économiques et humains qui frappent d’abord les classes populaires.
Le seul espoir du peuple grec est pourtant de recouvrer sa souveraineté nationale, économique et politique en sortant unilatéralement et sans délai de l’euro et de l’Union européenne, de refuser de payer la dette illégitime. C’est aussi la seule voie des autres peuples européens pour éviter la catastrophe en cours. Encore faut-il être assez lucides pour le comprendre et agir en conséquence.

Joël Périchaud

Joël Périchaud est secrétaire national du Parti de la démondialisation, chargé des relations internationales.

Source: http://www.pardem.org/actualite/en-bref/781-oui-tsipras-est-un-salaud-demonstration

https://arretsurinfo.ch/oui-tsipras-est-un-salaud-demonstration/

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L’émouvant enthousiasme de Sylvie Kauffmann (édito paru dans l’édition du 29/01)

« Nous sommes tous des pro-européens ». Tel est le titre – mi-provocateur, mi-méthode Coué – d’une récente chronique (18/01/18) de Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale au Monde. Son propos n’est pas de rassurer sur l’état d’esprit de ses confrères – nul n’était inquiet à cet égard – mais de proposer une subtile analyse : les adversaires de l’intégration européenne seraient désormais rattrapés, les uns après les autres, par cette inévitable évidence : hors l’UE, point de salut.

TL UE RUPTURES

Point de départ de la démonstration : Nigel Farage, l’ancien chef du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), « non content d’avoir plongé son pays dans le chaos (…) se déclare aujourd’hui en faveur d’un second référendum sur le Brexit », aveu, selon elle, que « les Brexiters ont perdu la bataille des cœurs et des esprits ».

La Grande-Bretagne plongée dans le « chaos » ? La suggestion d’un pays dévasté par d’inextricables tourments prend un petit air de « fake news » depuis que l’ancien premier ministre, David Cameron, a confié que le Brexit – dont il fut le principal adversaire – n’est nullement la catastrophe annoncée… Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’à Bruxelles (mais aussi tout particulièrement à Paris), on s’échine à imposer des conditions punitives aux Anglais afin, précisément, d’inculquer cela urbi et orbi : la sortie de l’UE, c’est l’enfer. Mais sans convaincre, manifestement, les Britanniques, qui restent sensiblement constants quant à leur vote, selon de nombreuses études.

L’éditorialiste entame ensuite un tour du Vieux continent : le Premier ministre hongrois, ses collègues tchèque et surtout slovaque, et même le gouvernement polonais : tous affichent désormais leur loyauté à l’égard de l’Union européenne, affirme-t-elle triomphante. La démonstration serait assurément convaincante si les uns et les autres avaient soudain abjuré leurs velléités de sortir de l’Union. Las, aucun d’entre eux n’a jamais avancé une telle intention… Si leur rhétorique est souvent critique vis-à-vis de Bruxelles, elle est régulièrement accompagnée d’un plaidoyer en faveur de l’« idée européenne » (idée dans leur cas, il est vrai, sonnante et trébuchante).

Quant au « populiste » FPÖ désormais associé au pouvoir à Vienne, il y a beau temps qu’il a renoncé ne serait-ce qu’à exiger un référendum, à l’instar du Front national français qui n’a à aucun moment prôné quelque Frexit que ce soit.

Mais pour la chroniqueuse du Monde, c’est l’évidence : ces ralliements supposés illustrent le fait qu’« il fait nettement meilleur à l’intérieur de l’UE qu’à l’extérieur ». A fortiori pour les petits pays : « que serait la petite Hongrie, seule, hors de l’Union ? », s’interroge-t-elle épouvantée. Une question qui ferait peut-être sourire en Suisse (8,4 millions d’habitants), en Norvège (5,2 millions), ou encore en Islande (340 000, où même les partis favorables à l’UE ont dû promettre qu’ils n’exigeaient plus la reprise des négociations d’adhésion, tant cette perspective est impopulaire…).

Sylvie Kauffmann est plus habituée à s’entretenir avec les élites mondialisées dans le cadre cossu de Davos qu’à prendre un café avec les ouvriers de Whirlpool à Amiens, de Siemens à Dresde, ou des chantiers navals du Pirée. Ce qui lui donne peut-être l’impression que les peuples du continent se sont mis à applaudir en cadence la grande aventure européenne. Mais un détail parmi tant d’autres a dû lui échapper : l’homme qui a conduit les sociaux-démocrates allemands à leur plus grande défaite historique n’est autre que Martin Schulz, ancien président de l’europarlement et figure emblématique de l’intégration européenne flamboyante. Décidément, même outre-Rhin, l’euro-enthousiasme populaire est plus modéré chez les citoyens qu’au sein de la caste dirigeante…

La chronique se conclut par un « constat » qui se veut sans appel : « L’Europe, on l’aime ou on la quitte ? Visiblement, ces temps-ci, on ne la quitte pas ». Ce qui est surtout visible, chère consœur, c’est qu’on se garde bien de poser la question – sauf au Royaume-Uni, avec le résultat que l’on sait. Comme le martelait avec une obtuse candeur Ségolène Royal peu après le scrutin britannique : « nous ne ferons pas l’erreur de David Cameron, rassurez-vous. Nous n’allons pas faire de référendum sur la sortie de la France de l’Union européenne, ça, je puis vous l’assurer ».

Dix-huit mois plus tard, « nous sommes tous (devenus) des pro-européens ». Ne serait-ce pas, alors, le moment idéal pour interroger les électeurs ?

Pierre Lévy

https://ruptures-presse.fr/actu/kaufmann-brexit-hongrie-farage/

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En Haute-Vienne, les élus hésitent encore à regrouper leurs communes

Quelques projets en gestation, d’autres avortés, mais une envie d’en savoir un peu plus sur cette possibilité offerte aux communes de s’associer.

ACT HV COMMUNES

Lorsque Jean-Claude Chanconie, maire du Vigen, se lève pour demander à ses collègues maires rassemblés à la préfecture s'ils pourraient être intéressés par une association avec une ou plusieurs communes voisines pour former une commune nouvelle, une quinzaine de mains se lèvent spontanément, soit une proportion non négligeable de la centaine de présents, en grande partie des maires ruraux.

De l'intention  au plongeon

Jean-Claude Chanconie sait de quoi il parle, lui qui a proposé, en vain, une telle association à la commune voisine de Solignac : « nous avons calculé, souligne en aparté le maire du Vigen, que nous aurions pu réaliser une économie de fonctionnement d'1,5 million d'euros sur dix ans, mais les élus de la majorité à Solignac refusent de voir ce qui apparaît comme une évidence. Pour autant, nous conservons de bonnes relations. Ce sujet devrait toutefois constituer un des enjeux majeurs des prochaines élections municipales », pronostique l'élu.

De l'intention au plongeon, il y a un pas qu'hésitent à franchir de nombreuses communes, malgré les efforts répétés des services de l'État. La direction générale des finances publiques (DGFip) se propose ainsi de réaliser pour les communes candidates toutes les simulations en matière fiscale. « On ne crée pas une commune nouvelle pour des raisons financières, avance la sénatrice (PS) de la Haute-Vienne, Marie-Françoise Perol-Dumont, mais pour faire aboutir des projets ».

« On ne peut pas aller contre les habitants, mais un maire a la responsabilité de voir plus loin », estime pour sa part Françoise Gatel, sénatrice (UDI) d'Ille-et-Vilaine, coauteur du rapport sénatorial, présente à Limoges en compagnie de l'autre coauteur du rapport, le sénateur (PS) de la Somme, Christian Manable. Françoise Gatel cite à ce propos une réplique culte d'Alain Delon, aristocrate sicilien au moment de l'arrivée de Garibaldi au pouvoir dans le film de Luchino Visconti, Le Guépard : « si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change ».

JUNKER CHOIX

Plusieurs projets sont ainsi en gestation, en Haute-Vienne, dans le nord du département, essentiellement : Lussac-les-Églises, Saint-Léger-Magnazeix, Saint-Martin-le-Mault en parlent, de même que Bussière-Poitevine, Saint-Barbant et Darnac, un peu plus à l'ouest. Enfin, Le Chalard a abandonné le projet d'une association avec Saint-Yrieix-la-Perche, pour des raisons fiscales semble-t-il, les deux communes n'appartenant pas à la même strate. « La plupart du temps, ce sont les élus eux-mêmes qui s'opposent à ce genre de projet », souligne un fin connaisseur du dossier.

Pascal Godrie, maire de la commune nouvelle de Val d'Issoire, issue de l'association de Mézières-sur-Issoire et de Bussière-Boffy, et Jean-Paul Barrière, maire délégué, ont franchi, eux, le pas de cette association et sont venus en rendre compte devant leurs homologues : « la mutualisation des personnels et des matériels nous fait réaliser de substantielles économies pour une plus grande efficacité, souligne Pascal Godrie. Pour le reste, rien n'a changé dans la vie des habitants qui ont toujours accès aux mêmes services ».

Des communes bonnes à marier en Haute-Vienne ?

Les associations de chasse des deux communes ont toutefois préféré garder leur indépendance, les territoires de chasse n'étant, selon leurs membres et dirigeants, pas tout à fait les mêmes…

Marcel Oudot

https://www.lepopulaire.fr/limoges/institutions/politique/2018/02/07/en-haute-vienne-les-elus-hesitent-encore-a-regrouper-leurs-communes_12730106.html

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Par contre, ils n'hésiteront pas à détruire la France et même pire, à détruire l'âme de la France !
L'argent roi mène la danse et se rit des imbéciles qui l'adorent !  S.R.

Transition écologique : le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau veut convaincre les agriculteurs

Une séquence de forte exposition a débuté pour le député LREM de la Creuse : il jouera un rôle clé dans l’adoption de la loi sur l’alimentation. Jean-Baptiste Moreau s’impose plus que jamais comme une charnière incontournable entre l’action gouvernementale et le monde agricole.

ACT MOREAU CREUSE

En ce moment, il est partout. Jean-Baptiste Moreau, éleveur à Aulon et député La République en marche de la Creuse est très sollicité par les médias nationaux. Ce mercredi, il a été désigné officiellement comme rapporteur de la loi sur l’alimentation.

Serez-vous celui qui parviendra à rallier les agriculteurs à la nécessité de la transition écologique ?

Je peux assumer aussi ce rôle. La place de l’agriculture française sera toujours sur les créneaux de qualité et pas du tout dans la production de masse.

C’est l’esprit du discours du président Macron à Clermont-Ferrand la semaine dernière….

Je ne sais pas si c’est lui ou moi qui l’a inspiré à l’autre (rires), mais on est d’accord. Avec le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, ça se passe très bien, c’est quelqu’un de pragmatique, qui est à l’écoute. Comme mes collègues agriculteurs, j’avais des appréhensions avant de le rencontrer. Il sait ce que sont des contraintes économiques et des contraintes sociétales.

La profession agricole est-elle mûre pour accepter ce basculement vers un autre modèle ?

Il faut y aller, on voit bien que le système actuel ne convient pas. Si les agriculteurs grincent encore un peu des dents, ils ont conscience qu’il n’y a plus d’acceptation au niveau de la société sur certains produits phytosanitaires. On peut continuer à hurler mais, au final, ça nous dessert.

Vous êtes donc favorable à l’interdiction du glyphosate ?

Je ne sais pas personnellement si le glyphosate est dangereux ou pas. Ce qui est sûr, c’est que médiatiquement, la bataille est perdue. Il faut qu’on mette en place des conditions qui permettent de nous passer du glyphosate. C’est un message qui est plus difficile à faire passer chez les céréaliers. Le rapport de l’INRA montre que dans 90 % des cas on peut se passer de ce produit. Il reste 10 %, c’est-à-dire les non-labours et l’agriculture de conservation des sols, là on est dans une impasse technique. On a trois ans pour trouver une solution alternative, mais on ne va pas interdire ces techniques agro-écologiques.

Comment envisagez-vous votre rôle de rapporteur de la loi sur l’alimentation ?

Je vais négocier avec le ministère de l’agriculture et le ministre, les amendements, les modifications proposées par les parlementaires. Je n’ai aucun souci avec le fond de ce projet, je pense qu’on peut l’enrichir dans l’axe de la transition écologique. C’est le travail du législateur d’améliorer les textes de lois tels qu’ils sont présentés par le Gouvernement. Par exemple, on peut éclaircir les procédures à mettre en place autour de la méthanisation.

Les conditions d'abattage du bétail sont bien abordées dans ce texte ?

Oui, il y avait une commission d'enquête sur le sujet lors de la précédente mandature, présidée par Olivier Falorni. Son rapport mentionnait qu'il fallait installer des webcams dans les abattoirs. Proposition qui n'a pas été retenue dans le projet de loi mais qui, je pense, devra être intégrée afin de rassurer le consommateur.

Dans ce projet de loi, qu’est-ce qui vous semble le plus important ?


C’est clairement de ramener de la valeur dans les exploitations agricoles, de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. C’est le cœur du modèle, avec en parallèle l’évolution vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Et ce changement de modèle est vertueux car il va permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leurs productions et pas seulement des aides.

Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?

Il ne faut plus dire : l’alimentation ça ne coûte rien. La part de l’alimentation dans le budget des ménages a considérablement baissé ces dernières décennies. C'est bien, c’était le but de la politique agricole commune mais on ne peut pas descendre en dessous d’un certain prix. Il faut que le consommateur mette en cohérence ses actes d’achat avec ses demandes. Il veut des produits qui respectent l’environnement, plus naturels et donc qu’il paye le juste prix des coûts de production supérieur. Il faut aussi agir sur la marge de la grande distribution.

Ce projet de loi va-t-il assez loin notamment sur les contraintes qui pèseront sur la grande distribution ?

Ceux qui le critiquent vont pouvoir l’amender et ce sera ensuite à moi de négocier avec le ministère s’il y a des propositions intéressantes à reprendre. Je vais être ouvert aux idées de l’opposition comme de la majorité. Ça ira de toute façon un peu plus loin que le projet présenté la semaine dernière en conseil des ministres. 

Recueilli par Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr

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Bel exemple de langue de bois politicarde !
Il ne mérite pas sa place de député et il devrait démissionner ! Voir sa honteuse réponse à la question "Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?"
A aucun moment il ne parle des intermédiaires entre l'agriculteur et la grande distribution !!! Et dire qu'il est Limousin !!
Et si on sortait de l'UE, on pourrait mieux rémunérer les agriculteurs ! Il n'y a pas pensé ?  S.R.

Polémique Maurras : faut-il garder les commémorations ?

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Suite de la polémique, d'abord, un court débat, qui a le mérite de poser la controverse:

vid mauras figaro

-l'origine du Haut comité des commémorations nationales,

-de la célébration aux commémorations,

-Charles Maurras, dans son domaine, de la philosophie politique à l'action politique a joué un rôle important, ce qui n'empêche pas ses nombreuses "faces d'ombre".

_la terrible phrase de Maurras sur Léon Blum, à mettre en parallèle avec celle de Maurice Thorez, qui lui, a été accepté avec l'approbation de tous: le "deux poids deux mesures".

-les précédentes reculades du ministère de la Culture: nettoyer l'histoire?

Si ce sont les réseaux sociaux qui font l'histoire, il ne restera que des "gens bien"...

A vous de juger!  P.G.


 

Polémique Maurras : faut-il garder les commémorations ?

https://www.youtube.com/watch?v=RWMlVJiA6ys


 

Voir aussi:

Jean-Noël Jeanneney, historien de la culture et des médias, est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Suite au retrait de Charles Maurras de la liste des commémorations nationales et au rétropédalage de Gallimard sur la publication des pamphlets antisémites de Louis Ferdinand Céline, Jean-Noël Jeanneney, historien de la culture et des médias, revient au micro de Léa Salamé sur le rôle subversif de l'art et son éventuelle moralisation

Notre invité s'est tout d'abord attardé sur le sens de "commémoration" qu'il tient à distinguer de la célébration. Commémorer quelque chose ou quelqu'un n'est pas, selon Jean-Noël Jeanneney, lui rendre hommage, mais en porter connaissance aux yeux de tous. L'historien estime donc nécessaire pour la collectivité nationale de savoir quels ont été les actes et les propos de personnages tels que Charles Maurras.

Jean-Noël Jeanneney a aussi tenu à appeler à ne pas tomber dans le ridicule ou l'extrême de certains mouvements, qui peuvent pousser à une forme de censure ou d'auto-censure dans l'art. "Ne plaquons pas" nos opinions d'aujourd'hui sur l'art d'hier, martèle l'historien, qui, même s'il salue la libération de la parole que représente le mouvement #balancetonporc ne veut pas aller jusqu'à faire disparaître tout ce qui a pu, dans notre culture passée, faire référence à cette pression ou oppression des hommes sur les femmes.

Vidéo à voir ici:

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-31-janvier-2018


 

Enfin, pour ceux qui veulent creuser la question, en référence à la mise en cause d'Olivier Dard par Annie Lacroix- Ritz sur ce sujet, voir:

Olivier Dard sur Charles Maurras

https://www.youtube.com/watch?v=opNxcFKlCTc

Ajoutée le 24 juin 2017

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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