jeudi 8 février 2018

8 février 2008: le jour où le Parlement français a trahi le peuple à Versailles

Il y a dix ans, le 4 février 2008, les parlementaires français réunis à Versailles, se sont prononcés par 560 voix pour (62,7 % des votants), 181 voix contre (20,2 % des votants), et 152 abstentions (soit 17,02 % des votants), en faveur de la modification de l’article XV de la Constitution de la Ve République permettant juridiquement à la France de ratifier le traité de Lisbonne le 8 février (1).

HIST REFERENDUM 2005

Cette modification a pu être apportée grâce à l’article 89 alinéa 3 (4), qui permet aux députés et sénateurs, réunis en « congrès », de modifier la Constitution sans passer par la voie du référendum.

Rappelons que le Traité de Lisbonne est un copié-collé à 99% d’un autre texte, le « Traité établissant une Constitution Européenne », rejeté 3 ans auparavant par le peuple français, qui l’avait considéré à une large majorité ( 54,68 % des suffrages ) comme contraire aux intérêts du pays (référendum du 29 mai 2005) (2).

On aurait pu penser que les responsables français n’accepteraient pas de soumettre à nouveau un texte à l’approbation nationale, moins de 3 ans après un vote négatif sur un texte identique, qui plus est en utilisant une procédure permettant d’éviter le recours au scrutin populaire. C’était sans compter sur l’argument ultime utilisé par les européistes : les français avaient « mal » voté en 2005 et il fallait les empêcher de continuer à faire les mauvais choix en leur imposant les bons, et le leur  « expliquer » avec le concours des médias dominants et avec « pédagogie » (3.1)  , car les électeurs ne se rendent pas toujours compte des priorités que seuls les élus, l’élite de la Nation, sont capables d’appréhender dans leur globalité (3.2).

Démocratie vient de deux mots grecs, « demos » et « kratos » qui signifient respectivement « peuple » et « pouvoir », ce mot désigne donc un système politique où le peuple a le pouvoir et l’exerce, et  où ses choix sont donc respectés. Dans notre « démocratie » représentative, les élus sont appelés les représentants du peuple et en aucun cas ne devraient préjuger que leur choix est sur un pied d’égalité ou pire de supériorité par rapport au choix des électeurs.. L’article 3 de notre Constitution définit d’ailleurs explicitement le concept de Souveraineté (4): « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». La souveraineté appartient donc au Peuple, et puisque le Peuple a déjà donné son avis, les élus ne sont nullement fondés à contredire cet avis. Ici, les élus donnent sans surprise, au vu du peu de contre-pouvoirs restants après 24 modifications successives de la Constitution d’origine (5), un bel exemple de manipulation des textes juridiques en vue de les détourner de leur esprit d’origine.

Ce 4 février, les élus ont pris une décision contraire à celle du peuple. Ils trahissent donc leur fonction première. Si les représentants des deux assemblées étaient en majorité vraiment démocrates, même les élus ayant voté « oui » en 2005 auraient dû voter « non » en 2008 pour montrer leur attachement à la souveraineté populaire et au résultat du vote. Ce jour là, ils auraient dû déjouer le piège tendu à notre démocratie. Ils ont fait le contraire, confirmant une nouvelle fois la fracture béante séparant les « élites » de la « populace », leur totale déconnexion de la réalité, et surtout leur illégitimité.

Dix ans, ça se fête ! Combien se souviendront de cette date qui devrait pourtant figurer dans les livres d’histoire du futur ? Combien de médias d’envergure nationale ou même locale auront une pensée pour ce jour funeste, date officielle de la trahison du Peuple par ses élites, votant la fin de la démocratie dans notre pays, en assujetissant notre Constitution à des traités qui définissent eux-mêmes que les Peuples n’ont aucun pouvoir et doivent respecter les lois iniques de l’Argent Roi ?

Nous ne verrons probablement pas de feu d’artifice à la Tour Eiffel pour célébrer ce tournant dans notre organisation politique, ni même une allusion dans les « grands » médias, qui auraient pourtant une occasion en or de remonter le moral des troupes avec une grande séance d’autosatisfaction eurolâtre. Non, les principaux médias resteront cois car cette date est celle de la trahison du Parlement (à l’exception de 181 qui ont voté contre (6) ).

Il n’y aura pas non plus de tentative d’un bilan public et objectif des conséquences de ce tournant dans notre Histoire, alors que le Peuple subit de plein fouet depuis dix ans l’augmentation du chômage et de la dette publique, la précarisation, la destruction du Code du Travail, la remise en cause du principe de solidarité et de la Sécurité Sociale, la destruction du modèle démocratique hérité de la Révolution, la mise en place d’un régime policier, la participation active à des guerres d’agression, la mise sur écoute des citoyens et le flicage sur internet, la vente des intérêts de la nation à des capitaux étrangers, et tant d’actes d’autodestruction imposés par les diktats découlant directement de notre appartenance à l’Union Européenne, à l’euro et à l’otan. Ce peuple, pourtant en première ligne mais qui avait refusé cette mort programmée de la nation, bien conscient, lui, que ces injonctions sont à l’exact opposé idéologique et moral de ce qui a pu faire la fierté des français, ces trois principes indissociables : Liberté Egalité Fraternité.

Les Français, se souvenant que Français veut dire libre, doivent donc faire renaître la Démocratie directement depuis le corps social, puisque la tête semble ne plus en vouloir. Ils doivent maintenant se rassembler et choisir la seule solution qui leur permettra de retrouver la possibilité de choisir leurs politiques économiques, monétaires, militaires, sociales, environnementales, éducatives, et cela en sortant de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN.    

                                                                                 

Sources :

(1) : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-revisions-constitutionnelles/loi-constitutionnelle-n-2008-103-du-4-fevrier-2008.5079.html

(2) : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000447940&categorieLien=id

(3.1)     https://blog.francetvinfo.fr/bureau-bruxelles-france2/2009/05/20/idee-recue-n8-le-traite-de-lisbonne-est-une-copie-conforme-de-la-constitution.html

(3.2) :  https://www.youtube.com/watch?v=9iXY7LDD2xs

(4) : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html ( sous réserve de modifications scélérates, et en quasi-catimini par le Congrès après cette date du 4 février 2018, pour toute consultation, l’originale est ici : https://www.senat.fr/evenement/revision/texte_originel.html

(5) :   http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-revisions-constitutionnelles/les-revisions-constitutionnelles.5075.html

(6) :    http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9000.asp

https://www.soverain.fr/10-ans-ca-se-fete-jour-elites-francaises-ont-sauve-peuple-de-lui-meme/

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Hormis une mention de la Corse dans la Constitution, Macron ne cède rien aux nationalistes (FAKE NEWS?)

Lors de son discours très attendu à Bastia, le président de la République a finalement balayé la quasi-totalité des revendications des nationalistes corses, telles que la création d'un statut de résident et la «co-officialité» de la langue corse.

ACT MACRON CORSE CONSTITUTION

L'intervention très attendue du président Emmanuel Macron sur «l'avenir de la Corse dans la République», ce 7 février à Bastia, a accouché d'une souris : le chef d'Etat s'est déclaré «favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution» en raison «de sa géographie, de ses spécificités», sans donner beaucoup plus de détails. Devant plusieurs centaines de personnes rassemblées dans un centre culturel, au cours de sa deuxième journée sur l'île de Beauté, le chef d'Etat a, en outre, annoncé son rejet des principales revendications des nationalistes corses, avec qui l'Elysée entretient des relations particulièrement tendues depuis quelques jours.

Macron opposé au statut de résident, à la «co-officialité» de la langue corse et à l’amnistie des prisonniers «politiques»

Ainsi, le président de la République a estimé que «la mise en oeuvre d'un statut de résident» en Corse, une exigence des élus nationalistes, n'était «pas la bonne réponse» aux problèmes immobiliers sur l'île. «Aujourd'hui, quand les prix montent et que les terrains sont vendus, ce sont rarement des gens qui ne sont pas corses qui en profitent», s'est justifié le chef de l'Etat, qui s'est par ailleurs engagé à «favoriser la construction de logements» et à «simplifier les règles d'urbanisme», face à des «contraintes parfois exorbitantes» liées à la spécificité géographique de l'île.

S'exprimant sur l'identité corse au sens large, le président s'est également déclaré opposé à la «co-officialité» de la langue corse, souhaitée par les nationalistes, préférant développer le bilinguisme. Selon lui, le corse constitue déjà la langue régionale la plus enseignée et soutenue par l'Etat français – ce qui est pour lui suffisant.

Autre refus d'une revendication nationaliste, exprimé la veille par le président de la République : l’amnistie des prisonniers que les nationalistes appellent «politiques». Lors de l'hommage au préfet Claude Erignac (assassiné vingt ans auparavant dans une rue d'Ajaccio) le 6 février, Emmanuel Macron avait refroidi les nationalistes , en excluant toute amnistie pour ceux-là.

Tensions avec les élus nationalistes : boycott du repas avec Macron

Parmi les invités du discours prévus figuraient les élus nationalistes qui occupent les principaux postes de pouvoir de l'île, et ont manifesté à plusieurs occasions leur mécontentement vis-à-vis de l'Elysée et du gouvernement : Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif,  Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, ainsi que les trois députés nationalistes Jean-Felix Acquaviva, Paul-André Colombani, Michel Castellani et le maire de Bastia Pierre Savelli.

Néanmoins, d'après un journaliste de Corse-Matin, il n'y avait «pas de place pour les élus nationalistes dans la salle.» «Une injure supplémentaire», aurait déclaré un de ces élus, selon le journaliste.

Plus tôt dans la journée, les nationalistes corses avaient marqué leur mécontentement envers Emmanuel Macron en refusant de déjeuner avec lui à Bastia, quelques heures avant d'assister au discours, point d'orgue de tensions avec l'Elysée, qui s'étaient notamment manifestées à travers une manifestation le 3 février à Ajaccio.

https://francais.rt.com/france/47908-emmanuel-macron-devoile-sonavenir-corse-direct

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Je sais que la modification de la constitution est devenue un sport national, mais si, comme l'indique l'auteur de l'article, Macron n'a rien cédé aux "nationalistes corses", quel est l'intérêt d'une énième réforme constitutionnelle? Que veut dire "inscrire la Corse dans la Constitution"? Et que signifie concrètement "développer le bilinguisme"? Entre la communication et les actes, avec mise en scène et déclarations péremptoires, j'ai comme l'impression qu'on se moque de nous...  Sans doute mon côté "complotiste"!   P.G.

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Le controversé compteur Linky épinglé par la cour des comptes

Mal aimé à cause des ondes qu’il émettrait et parce qu’il recueille des données personnelles des utilisateurs, Linky, le compteur «intelligent» d’Enedis, filiale d'EDF, est aussi étrillé dans le rapport annuel de la Cour des comptes.

ACT LINKY RT COMPTES

Les sages de la rue Cambon n’ont pas ménagé le compteur Linky d’Enedis, filiale d'EDF, dans leur rapport annuel. Alors que huit millions d’appareils ont été installés depuis 2010, le verdict est sans appel : «Les gains que les compteurs intelligents peuvent apporter aux consommateurs sont insuffisants.»

Les auteurs du rapport dénoncent un «dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis». Ils n’ont pas manqué de noter que les 5,7 milliards d'euros nécessaires à l’installation des 39 millions de compteurs jusqu’en 2021 seront répercutés sur les consommateurs. La dépense de 130 euros par appareil sera «assuré[e] par les usagers» dès lors que le compteur leur aura permis de commencer à faire des économies. Ce report sur les factures occasionnera «un différé tarifaire au coût excessif», selon les sages.

Des factures alourdies par le prix de l'appareil pour le consommateur... mais paradoxalement des revenus substantiels supplémentaires pour EDF. Ayant consenti un prêt rémunéré, l'entreprise récupérera en effet 500 millions d’euros à la fin de l'opération, même si elle ne peut pas vraiment se vanter des performances de son nouvel appareil. La Cour fustige donc une rémunération trop «généreuse», qui doit selon elle «être revue».

Où sont les économies promises par Linky ?

Outre le coût du dispositif, le rapport fustige la quasi impossibilité pour les ménages de réaliser par l’utilisation du compteur les économies pourtant promises. Les installateurs prennent rarement le temps d’expliquer aux consommateur comment exploiter au mieux l’appareil. Le manque de clarté des informations rend également l’usage du compteur communicant très difficile. L'affichage en kilowattheures ne permet pas de réaliser à quel moment il serait bon de faire des économies en diminuant sa consommation. Bilan : seuls 1,5 % des utilisateurs se sont ouverts un compte pour comprendre comment mieux maîtriser leur consommation.

Ce défaut de pédagogie n'a pas échappé aux sages de la rue Cambon qui ont demandé à Enedis de développer «les moyens mis en place pour permettre à l'usager de connaître sa consommation détaillée, préalable à toute action de maîtrise de la demande d'énergie».

La cour demande en outre que «l'État pilote effectivement les actions permettant de valoriser les contributions de Linky à la maîtrise de la demande d'énergie, en commençant par une meilleure information des usagers sur leur consommation».

Par ailleurs le compteur Linky permet au client de couper l’électricité en heure de pointe pour décongestionner le réseau, cet arrêt de consommation volontaire, «l’effacement» se voyant rémunéré. Or le dispositif balbutiant est encore largement insuffisant. Il faut en effet «six heures entre la décision de procéder à l'effacement et la mise hors tension de certains équipements en aval des compteurs».

Chez les consommateurs, la fronde contre ce nouveau compteur s'organise. En cause, outre le coût considérable de la pose : la création selon eux d'une nouvelle pollution électromagnétique et les données de consommation, susceptibles d'être utilisées par ENEDIS. Des collectifs régionaux ou des associations s'engagent dans le combat anti-Linky. En tout 360 communes anti-Linky se sont opposées à sa mise en place.

https://francais.rt.com/france/47906-controverse-compteur-linky-epingle-par-cour-comptes

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Brèves d'antipresse

FRANCE | Une monarchie du verbe creux

TL ANTIPRESSE MACRON

Philippe-Joseph Salazar, philosophe et professeur de rhétorique à la faculté de droit à l’université du Cap, n’y va pas avec le dos de la cuillère. A l’occasion d’un passage en France, il livre un entretien à Mediapart qui est peut-être la charge la plus radicale formulée par un intellectuel à l’égard du pouvoir actuel, faussement amateur et faussement bénin:

"L’appauvrissement général de la langue française est tel – il suffit de prêter l’oreille à nos compatriotes dans la rue, les transports, ou au bureau –, l’américanisation du vocabulaire est poussée si loin – il suffit de jeter un œil sur la télévision et la Toile –, la capacité d’analyser a tant chuté, qu’Emmanuel Macron passe pour un phénix. (…)"

Avec sa voix légèrement féminine de sensitive male, son strabisme imperceptible, son léger zézaiement et sa façon de ne plus prononcer les o (école devient ékeule dans sa bouche), nous avons un président qui saura faire preuve de la brutalité propre au mandataire de passage. Il nous a prévenus, durant la campagne électorale, qu’après, il ferait autre chose. C’est une sorte de CEO (Chief Executive Officer) de la boîte France, pendant cinq ou dix ans, avant de passer aux affaires suivantes. Voilà, me semble-t-il, une parole de gestionnaire et non d’homme d’État. (…)

Macron a visiblement des fiches, inspirées des dix années gaulliennes inaugurales de ce régime, et il coche ce qui fait président – l’annonce du prêt à l’Angleterre de la tapisserie de Bayeux est l’un des plus récents exemples de cet art de la simple réplique, de la reproduction de l’ancien (l’envoi de la Joconde flanquée de Malraux à l’Amérique en 1963) passant pour art de gouverner en toute modernité. Ce n’est donc qu’une technique de gestion adaptée au cas de la République française : jouer sur des symboles devenus vides de sens, mais qui flattent l’orgueil national...»

Lire l’intégralité de l’entretien (PDF):

Download PDF

http://log.antipresse.net/post/france-une-monarchie-du-verbe-creux?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

GB | Sur pied de guerre

«Les Russes nous veulent la guerre!». C’est en résumé la déclaration du nouveau ministre de la défense britannique dans une interview
parue en première page du quotidien The Telegraph du 28 janvier. Pour justifier l’alarme ainsi lancée, Gavin Williamson accuse la Russie d’espionner les infrastructures les plus sensibles de Grande Bretagne et notamment les câbles sous-marins de communication qui la relient au monde. Il a également prévenu des dangers d'une possible «agression russe» pouvant causer des milliers de morts. Le journaliste du Telegraph ne lui a pas demandé si la Russie ne devait pas avoir, elle aussi, des motifs d’inquiétude en constatant le renforcement de la présence militaire de l’OTAN à ses frontières.

Plus frivole que The Telegraph, le Daily Mail a une autre explication à donner au souci légitime que le nouveau ministre britannique se fait pour son pays. Il révèle dans son édition du même jour que le fringant quadragénaire, qui se profile pour prendre la tête du Parti conservateur, a entretenu en 2004 une liaison extra-conjugale qui a failli remettre en cause son mariage. Or, Theresa May avait choisi Williamson en novembre dernier pour remplacer Sir Michael Fallon soupçonné d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste. Conclusion : pour se racheter de sa faute, Williamson n’avait d’autre choix que de détourner l’attention et mobiliser l’opinion sur un autre thème moins scabreux et plus porteur. C’est ce qu’on appelle de la grande politique.

http://log.antipresse.net/post/gb-sur-pied-de-guerre?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

USA | Une grande conscience s’en est allée

Robert Parry n’est plus. Avec lui disparaît une des consciences professionnelles du journalisme indépendant, à un moment où elles se font de plus en plus rares en Amérique comme en Europe. Il avait lui-même tiré la sonnette d’alarme
à la veille des Fêtes en parlant des problèmes de santé qui l’avaient contraint à baisser la garde (et nous en avions parlé dans l’Antipresse). Son fils Nat, qui le secondait dans son travail d’enquêteur têtu et de «redresseur de faits», a dissipé les soupçons que l’on pouvait avoir sur l’origine de cette soudaine casse chez un homme qui jouissait jusqu’alors d’une excellente santé. Il raconte toutefois les épreuves et les attaques que son père a endurées
de la part de ses collègues et des grands medias pour avoir osé s’écarter de la bien-pensance et défier le maccarthysme renaissant sur des sujets aussi tabous que le Russiagate.

Voici ce que Parry disait en 2016 des deux grands quotidiens étatsuniens:

«Nous avons atteint un point curieux dans l’histoire des médias d’information. Pendant de nombreuses années, j’ai défendu les médias grand public – malgré leurs nombreuses fautes – parce que j’estimais que, dans l’ensemble, ils faisaient plus pour informer le peuple américain que pour le tromper. Je ne peux désormais plus le faire. Sur la question clé des affaires étrangères, le New York Times et le Washington Post sont remplis de désinformation et de propagande. Il est choquant de constater à quel point ils se sont éloignés du fait de présenter les deux versions d’une histoire, et à quel point ils sont prêts à accepter la propagande du Département d’État. J’ai aussi peur que cela ne devienne encore plus déplaisant à mesure que ces intérêts bien ancrés s’opposent à leur perte de crédibilité et de respect.»

http://log.antipresse.net/post/usa-une-grande-conscience-sen-est-allee?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

UE | Dossier Kosovo, le surréalisme en acte


Engagée dans une mystérieuse fuite en avant, Bruxelles a signé un «protocole de stabilisation et d’adhésion» avec le Kosovo. Ce rapprochement soulève un double problème (qui revient au même): d’une part, un tel protocole requiert ratification par tous les Etats membres de l’Union européenne; d’autre part, lesdits membres n’ont de loin pas tous reconnu ladite narco-plateforme en tant qu’Etat souverain.

L’Espagne, elle-même en proie à un processus de sécession dans sa province de Catalogne, s’est résolument opposée à l’intégration du Kosovo, sinon en tant que province de la Serbie (elle aussi candidate à l’adhésion). Les quatre autres pays qui n’ont pas reconnu ce pseudo-Etat créé par l’OTAN — Chypre, Grèce, Roumanie et Slovaquie — se voient eux aussi forcer la main par l’initiative absurde de Bruxelles.

Les médias de grand chemin européens observent une discrétion pudique sur ce court-circuit qui ébranle l’Union dans ses fondements mêmes. En Serbie (à qui les Etats-Unis et l’OTAN ont arraché le Kosovo par la force en 1999), on regarde les choses avec amusement:

«“«La situation est plus qu'incroyable. Une partie de l'UE mène des négociations, alors que l'autre les bloque. Cela ne fait que prouver une fois de plus que le Kosovo est un projet inconsistant de l'UE", a résumé [le politologue] M.Mirovic.»

http://log.antipresse.net/post/ue-dossier-kosovo-le-surrealisme-en-acte?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

 

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La fable de la « menace nucléaire iranienne »

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL IRAN BG

Transis d’admiration devant le verbiage polyglotte de Macron à Davos, les médias français ont soigneusement occulté un fait majeur : Donald Trump va demander au Congrès 716 milliards de dollars pour le Pentagone au titre de l’année budgétaire 2019. Cette hausse de 7% par rapport au budget 2018 ne servira pas à remplacer les boutons de culotte. Selon un document confidentiel publié par le Huffington Post, le Pentagone envisage la possibilité d’une riposte atomique dans le cas de “très grosses attaques conventionnelles”. Document d’orientation stratégique, le projet de Nuclear Posture Review pour 2018 prévoit donc une modernisation de l’arsenal atomique dont le coût est évalué par une agence fédérale, le Congressional Budget Office, à 1200 milliards de dollars sur 30 ans.

Ce projet de réarmement massif, pourtant, ne semble pas émouvoir les populations ni passionner les observateurs. Il faut dire qu’on a tout fait pour que l’arbre cache la forêt. Depuis quinze ans, dirigeants et médias occidentaux ne cessent d’agiter l’épouvantail de la “menace nucléaire iranienne”. Cette fable géopolitique, les médias dominants la distillent à longueur de colonnes, comme s’il était évident qu’un pays sans la bombe est plus dangereux qu’un pays qui l’a déjà utilisée, et qui entend développer le monstrueux arsenal dont il dispose. Pour faire avaler de telles sornettes, la propagande martèle alors une idée simple : “le programme nucléaire iranien menace le traité de non-prolifération nucléaire”. Il est curieux, toutefois, qu’on n’ait jamais songé à répondre : “Si vous tenez tant à ce traité, pourquoi ne pas commencer par l’appliquer ?

Les puissances occidentales, en effet, n’ont jamais fait le moindre effort pour convaincre Israël, l’Inde et le Pakistan de signer le TNP. Refusant d’adhérer au traité, ces trois pays ont constitué un arsenal hors-la-loi. Échappant à tout contrôle, il est tout de même plus préoccupant qu’une bombe iranienne qui n’existe pas. Ce n’est pas tout. Le traité prévoit aussi un désarmement nucléaire que les cinq États “légalement” dotés d’armes atomiques (USA, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) ont superbement ignoré. À l’origine de cet échec, les États-Unis ont dénoncé le traité Start II avec Moscou et installé un bouclier anti-missiles en Europe. Pire encore, ils n’ont cessé de développer un arsenal dont “l’usage préventif” est affirmé par la Nuclear Posture Review de 2002. Autorisant l’utilisation d’armes nucléaires en première frappe, cette révision doctrinale a ouvert une fantastique boîte de Pandore.

Si l’on écoute la propagande iranophobe, le monde civilisé doit se tenir prêt à riposter à la salve dévastatrice des mollahs iraniens, ces “fous de dieu” enturbannés résolus à précipiter l’apocalypse. Mais la réalité est à des années-lumière de ce délire idéologique. En fait, l’establishment américain n’en finit pas de digérer le traumatisme de la révolution iranienne, lourd d’humiliation symbolique (les otages de Téhéran) et de fiasco géopolitique (la chute du Chah). Pièce par pièce, Washington a donc bâti une démonologie où la République islamique est présentée comme une dictature maléfique, dont le comportement erratique ferait peser sur la planète un péril mortel. Affabulation à grande échelle, manifestement, dont la seule fonction est d’inhiber le développement d’une grande nation rétive à l’ordre impérial.

Les faits sont parlants. Accusé de vouloir la fabriquer, l’Iran ne détient pas l’arme nucléaire. les USA sont la première puissance nucléaire et la seule à en avoir fait usage. Seul État du Proche-Orient possédant la bombe (plus de 400 têtes nucléaires), Israël jouit de son côté d’un privilège dont il n’entend pas se défaire : il a le droit de détenir l’arme suprême à condition de ne pas s’en vanter. Avec la complicité occidentale, la duplicité israélienne fait coup double. Elle exerce un effet dissuasif puisque la bombe existe, sans encourir les foudres internationales puisqu’il est entendu qu’elle n’existe pas. Cet incroyable régime de faveur transforme la question nucléaire en conte à dormir debout : une bombe purement virtuelle devrait nous donner des sueurs froides (Iran), alors qu’un arsenal colossal mais officiellement inexistant ne devrait susciter aucune inquiétude (Israël).

Soustrait à tout contrôle international, le programme nucléaire sioniste bénéficie depuis l’origine d’une impunité totale. Les Occidentaux fustigent le risque de prolifération, mais l’histoire de la bombe israélienne montre qu’ils en sont directement responsables. Ben Gourion a lancé le programme nucléaire sioniste dès le début des années 50, et la France lui a immédiatement apporté son concours. Un accord secret avec le socialiste Guy Mollet, en 1956, a permis à l’État hébreu de maîtriser la technologie nucléaire, et la centrale de Dimona a été construite avec l’aide de techniciens français. Unis dans la lutte contre le nationalisme arabe, la France et Israël ont scellé un pacte dont la calamiteuse expédition de Suez fut le principal fait d’armes.

Prenant le relais de l’alliance française à la fin des années 60, les États-Unis ne sont pas moins coopératifs. Aux termes de l’accord entre Lyndon Johnson et Golda Meir, aucune pression ne doit s’exercer sur Israël pour lui faire signer le traité de non-prolifération. En échange, Israël cultive l’ambiguïté sur la réalité de son arsenal nucléaire. Complaisante dérogation à la loi internationale, en somme, contre respect scrupuleux de la loi du silence. En attendant, les Occidentaux s’acharnent sur l’Iran, lui prêtant un projet militaire imaginaire, alors même que Tel Aviv multiplie les menaces contre Téhéran. La République islamique, pourtant, n’a jamais agressé ses voisins. On ne peut en dire autant d’Israël, qui a bombardé l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et la Tunisie, sans parler des territoires palestiniens quotidiennement pris pour cibles.

Jetant un écran de fumée sur cette réalité, la propagande occidentale traite le régime iranien de “théocratie fanatique”. Ce n’est pas un mollah, pourtant, qui a déclaré que “notre État est le seul en communication avec Dieu”. C’est Effi Eitam, ex-ministre israélien et chef du parti national-religieux. Imbibé d’un orientalisme de pacotille, le discours dominant décrit la République islamique comme un repaire d’illuminés férus d’eschatologie qui rêveraient d’immoler Israël avec la bombe atomique ! Quel dommage que les pourfendeurs de l’Iran ne nous aient pas gratifiés de considérations aussi inspirées sur la bombe israélienne : elle a pour caractéristique de faire planer, elle, une menace non virtuelle. Entre la prétention sioniste à “communiquer directement avec Dieu” et l’obstination mystique de Tel Aviv à posséder l’arme suprême, on aurait pu déceler, ici aussi, une singulière “eschatologie”.

Autre paradoxe qui ne manque pas de saveur : l’Occident accuse l’Iran de vouloir fabriquer la bombe, mais c’est la République islamique qui a interrompu le programme nucléaire en 1979. Encouragé par les USA, le Chah avait signé de juteux contrats avec la France et l’Allemagne pour la construction de centrales nucléaires. L’opposition ayant dénoncé cette politique, jugée onéreuse pour un pays riche en hydrocarbures, le programme est aussitôt suspendu par le gouvernement de la République islamique. Il fallut la sanglante guerre Iran-Irak (1980-1988) pour changer la donne. Seul face à l’agresseur irakien, le gouvernement iranien a mesuré sa faiblesse devant une coalition faisant bloc avec Saddam Hussein. La participation des puissances occidentales, les livraisons d’armes chimiques à l’Irak, la destruction en plein vol d’un Airbus iranien lui ont fait prendre conscience du danger.

C’est dans ce contexte que les dirigeants iraniens ont vu dans le nucléaire civil un atout technologique, un attribut de la souveraineté et une source de fierté nationale. La possession de l’arme nucléaire, elle, est jugée impie par les autorités religieuses, et aucun programme nucléaire militaire n’a été officiellement engagé en Iran. Ses accusateurs ont constamment prétendu le contraire, mais sans en fournir la moindre preuve. Le discours obsessionnel contre Téhéran, en réalité, confond délibérément deux choses : la capacité technologique de produire des armes nucléaires, et la décision politique de produire de telles armes. Au motif que cette capacité a été atteinte, on accuse Téhéran de vouloir se doter de la bombe. Mais ce raisonnement est d’une criante perversité, puisqu’au lieu de demander des comptes à ceux qui ont la bombe, on s’acharne contre un État qui n’en veut pas.Montée de toutes pièces, la “menace nucléaire iranienne” est une supercherie qui vise à neutraliser un grand pays non-aligné. Souverain, désendetté, farouchement attaché à son indépendance, l’Iran a un potentiel qui effraie les tenants de l’ordre impérial. Les dirigeants iraniens ont signé l’accord de 2015 parce qu’ils privilégient le développement de leur pays. Ils veulent la levée des sanctions pour satisfaire une population de 80 millions d’habitants. L’accord sur le nucléaire soumet ce grand pays à un régime de contrôle international sans précédent, mais Téhéran l’a accepté. En accusant l’Iran de “soutenir le terrorisme”, Trump veut interrompre ce processus de normalisation. Poussé par les marchands d’armes, il poursuit la diabolisation de l’Iran d’une façon grotesque. L’impérialisme ne désarme jamais, et les mensonges continueront. Mais l’Iran sait que le temps joue en sa faveur, et il saura résister aux provocations d’une superpuissance en déclin.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/fable-de-menace-nucleaire-iranienne-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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« C’est qui le patron ?!® » La marque qui rend consom’acteur

Consommer autrement et de manière responsable, c’est possible. La marque du consommateur le prouve en proposant une brique de lait équitable qui s’est déjà vendue à 18 millions d’unités en 10 mois. Son cahier des charges et son prix – assurant une juste rémunération aux producteurs – ont été fixés par des consommateurs.

 

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Après la marque Le Petit Producteur® et le collectif Les Gueules Cassées®, la nouvelle initiative de Nicolas Chabanne fait beaucoup parler d’elle. Le principe : demander au consommateur son avis sur la qualité souhaitée d’un produit et combien il est prêt à payer pour. Une idée qui paraît pleine de bon sens… et qui n’avait pourtant jamais été concrétisée ! C’est aujourd’hui chose faite, en tandem avec Laurent Pasquier, cofondateur du fameux moteur de recherche alimentaire mesGoûts.fr. La brique de lait estampillée à juste titre « C’est qui le patron ?!® » est devenue en quelques mois un véritable phénomène de société… qui fera sans doute des petits à l’étranger. Cette démarche de transparence, qui redonne de la valeur ajoutée au travail des producteurs, place le consommateur face à ses responsabilités.

Une rémunération juste pour le producteur

L’initiative a été lancée en août 2016 par une consultation publique via Internet. Origine du lait, rémunération du producteur, alimentation des animaux, type d’emballage… Plusieurs critères sont proposés à l’internaute pour élaborer le cahier des charges du produit qu’il désire voir commercialisé au juste prix. Au final, 7 850 « consom’acteurs » répondent au formulaire en choisissant majoritairement les critères les plus qualitatifs. Et, notamment, celui d’une rétribution décente pour l’éleveur, qui puisse aussi lui permettre de prendre quelques jours de vacances en se faisant remplacer. « Mais attention », précise Nicolas Chabanne, « ce n’est pas de la charité : pour en moyenne 4 € de plus par an, le consommateur sait qui produit son lait et comment il travaille ; c’est un engagement bilatéral ». Un véritable engouement médiatique et populaire qui s’est fait quasiment sans publicité, grâce au relais des réseaux sociaux et à une action collective.

Un modèle économique gagnant-gagnant

Dans ce climat morose pour la filière française de production du lait, l’initiative a fait du bien à la coopérative de Bresse-Val-de-Saône (Ain), qui regroupe une cinquantaine d’exploitations, dont certaines étaient en grande difficulté. La marque du consommateur leur garantie en effet 39 centimes par litre de lait via la laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH), soit environ 25% en plus du prix consenti par les grands collecteurs de lait français. Et pour le producteur, ces quelques centimes font toute la différence. « Cela montre qu’il est possible de faire différemment », explique Martial Darbon, président de la coopérative. « Aujourd’hui, on peut tabler sur une production mensuelle stable correctement rémunérée. » De son côté, La marque du consommateur prélève 5% sur les ventes, somme qui alimente le développement d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) à laquelle chacun peut devenir actionnaire pour 1€.

De nombreux développement en cours

Si l’enseigne Carrefour a été la première à la proposer en rayon, la brique de lait « C’est qui le patron ?!® » est aujourd’hui disponible dans 8 500 points de vente de la grande distribution (Auchan, Intermarché, Colruyt, Casino, Migros, Cora et Leclerc). Forte du succès de sa première référence, La marque du consommateur vient d’étendre sa gamme avec un jus de pomme et une pizza (en rayon depuis fin avril) et du beurre bio (en rayon le 18 septembre prochain). D’autres produits sont d’ores et déjà en préparation : compote de pommes, crème fraîche, œufs, fruits, jambon, steak haché, yaourts, pâtes, fromage blanc, farine, salade, sardines, soupe de légumes, cookies…

Les questionnaires d’élaboration du steak haché, des pâtes et de la salade sont actuellement en ligne.

 

Logo - C'est qui le patron

 


 

Source :

https://lamarqueduconsommateur.com/

http://agriculture.gouv.fr/cest-qui-le-patron-r-la-marque-qui-rend-consomacteur

https://spotjardinmonsite.com/2018/02/06/bravo-pour-cette-tres-belle-initiative/comment-page-1/#comment-8874

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/c-est-qui-le-patron-nicolas-chabanne-le-vrp-des-terroirs_1945266.html

 

 

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En attendant la mise en oeuvre de la Politique nationale agricole de l'UPR...  P.G.

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La chute des Bourses mondiales en trois questions

Depuis la chute du Dow Jones américain, lundi 5 février, toutes les places financières du monde sont à la baisse, en raison d’une crainte de forte inflation.

ACT BOURSE CRISE

Quelle est la situation ?

Hong-Kong, New York, Londres, Paris, Amsterdam… Toutes les places boursières sont en chute après la plongée de Wall Street, lundi 5 février. En Europe, la Bourse de Paris a ouvert en baisse à – 3,43 %, celle de Londres à – 3,5 %, celle de Francfort à – 3,58 % et celle d’Amsterdam a connu le record de – 3,6 %.

Sur les marchés asiatiques, la situation n’était guère plus florissante. Tokyo a perdu 4,73 % mardi 6 février. Du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5 % en clôture et Shanghaï plus de 3 %.

► Pourquoi les Bourses sont-elles en chute ?

La publication du rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis a eu un effet négatif sur les marchés financiers, alors même que les nouvelles sont bonnes pour l’économie et l’emploi américains. Mais l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a ravivé les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1 600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60 %.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP. Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

► Faut-il s’attendre à un véritable krach ?

C’est la question que tout le monde se pose : la baisse est-elle passagère ou durable ? Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, « la séance d’aujourd’hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l’année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés » dans une phase de baisse du marché, « ce que nous ne pensons pas ».

Les analystes d’Aurel BGC sont également optimistes. S’ils estiment que « la baisse pourrait durer encore un peu d’ici à la fin de la semaine », ils jugent néanmoins que « les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine », ouvrant la voie à une stabilisation. « Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l’inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte », complètent-ils.

La Croix (avec AFP)
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/chute-Bourses-mondiales-trois-questions-

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