mercredi 7 février 2018

Ne dites plus « smartphone », mais “mobile multifonction”

UPR Yvelines

ACT SMARTPHONES UPR78

http://www.upr78.fr/2018/01/19/ne-dites-plus-smartphone-mais-mobile-multifonction/


LANGUE FRANÇAISE - Les termes anglais pullulent dans le domaine des télécoms. Ils ont pourtant leur équivalent en français. Pour pallier cette infidélité à la langue de Molière, la Commission d'enrichissement de la langue française a publié au Journal officiel, le jeudi 11 janvier, une liste de mots anglais et leurs équivalents en français.

Ainsi, au lieu de dire "smartphone", il serait préférable selon la Commission d'employer l'expression "mobile multifonction". La forme abrégée "mobile" désigne quant à elle "un téléphone qui n'assure pas l'accès à l'internet".

De la même manière, les mots "flashcode" et "QR code", tous les deux des marques déposées, peuvent être remplacés par l'expression française "code 2D". À l'expression "smart TV", régulièrement utilisée pour désigner une télévision raccordée à Internet, peut être préférée le terme de "téléviseur connecté".

"Terminal de poche"

Dispositif interministériel, sous l'autorité du Premier ministre, la Commission d'enrichissement de la langue française publie régulièrement ses propositions pour une meilleure utilisation de la langue française.

En 2009 déjà, elle s'était attaquée au "smartphone", qu'elle avait proposé de remplacer par le "terminal de poche". Avec le succès que l'on connaît...

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/11/ne-dites-plus-smartphone-mais_a_23330828/

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Difficile de chercher à populariser "par le haut" des termes de substitution alors qu"en même temps", le président lui- même multiplie les interventions en anglais (sans même parler de "souveraineté européenne)... Les Québecquois réussissent mieux dans ce domaine grâce à une conscience nationale et la volonté politique et culturelle de résister à l'influence de l'anglais, question de survie partagée.

J'en profite au passage pour faire une petite publicité à nos amis de l'UPR Yvelines. Merci à Alexis pour ses encouragements.  P.G.

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Australie : Le scepticisme à l’égard des vaccins est désormais passible de poursuite

Les infirmières et sages-femmes australiennes qui osent dénoncer les dangers de la vaccination sur les médias sociaux ou en personne seront poursuivies, a averti le gouvernement australien, exhortant les membres du public à signaler les sceptiques des vaccins aux autorités.

ACT AUSTRALIE VACCINS

Un professionnel de la santé est passible ‘d’une peine d’emprisonnement de 10 ans’ pour avoir exprimé des doutes quant à l’efficacité de la vaccination ou pour avoir fourni d’autres études sur la sécurité des vaccins. Les opposants à la nouvelle loi prétendent que la liberté d’expression et l’intégrité scientifique sont attaquées en Australie par un gouvernement qui a été acheté et payé par Big Pharma.

« Sans exception, nous nous attendons à ce que toutes les infirmières autorisées, les infirmières et les sages-femmes inscrites utilisent les meilleures données disponibles pour prendre des décisions en matière de pratique. Cela inclut la fourniture d’informations au public sur les questions de santé publique. », a déclaré la présidente du Conseil des soins infirmiers et obstétricaux d’Australie (NMBA), Lynette Cusack,  dans un communiqué.

Le NMBA a appelé les Australiens à signaler les infirmières ou les sages-femmes faisant la promotion de la lutte contre la vaccination – les «anti-vaxx», comme on les appelle familièrement.

« Le conseil examinera si l’infirmière ou la sage-femme a manqué à ses obligations professionnelles et traitera sérieusement ces questions. », indique le communiqué.

« Tout matériel anti-vaccination qui est publié et / ou un conseil qui est faux ou trompeur qui est distribué par une infirmière, une infirmière ou une sage-femme inscrite (y compris via les médias sociaux) peut également constituer une infraction en vertu de la loi nationale et pourrait entraîner des poursuites par la AHPRA [Australian Health Practitioner Regulation Agency.] »

L’un des plus ardents défenseurs de la vaccination, la ministre de la Santé de Victoria, Jill Hennessy, n’a pas de temps à perdre pour les parents qui croient que la sécurité des vaccins nécessite une étude plus approfondie afin de s’assurer qu’ils sont sécuritaires pour les enfants.

Décrivant les sceptiques du vaccin comme des « moutons morts au cerveau », le politicien a déclaré : « Il s’agit d’un mouvement organisé, en grande partie issu des États-Unis d’Amérique, qui est déterminé à induire les parents en erreur quant à la sécurité des vaccinations. C’est un message dangereux et je vais continuer à me battre. Les vaccinations sauvent des vies. », a conclu le ministre.

Selon les nouvelles lois, les parents qui n’immunisent pas leurs enfants peuvent cesser de recevoir des prestations de garde d’enfants. Seules les personnes ayant des raisons médicales solides sont exemptées de cette répression.

Source :

http://conscience-du-peuple.blogspot.fr/2014/07/la-loi-sur-la-sante-publique-la.html

http://conscience-du-peuple.blogspot.fr/2018/02/le-scepticisme-legard-des-vaccins-est.html

http://australiannationalreview.com/2018/01/21/vaccine-skepticism-in-australia-now-punishable-by-10-years-in-jail/

https://www.theguardian.com/australia-news/2016/oct/20/australian-nurses-who-spread-anti-vaccination-messages-face-prosecution

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Pour les 10 ans de prison, rien n’est sûr à ce sujet. Il pourrait s’agir de fausses rumeurs. Ce qui est avéré est que le personnel médical qui dénoncerait les dangers de la vaccination s'exposerait à des poursuites, indique The Guardian: "The statement also urges members of the public to report nurses or midwives promoting anti-vaccination. Promoting false, misleading or deceptive information is an offence under national law and is prosecutable by the Australian Health Practitioner Regulation Agency".  P.G.

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Commerce mondial : cinq questions sur le traité transpacifique à venir

Les onze pays membres du Partenariat transpacifique (TPP) se réuniront le 8 mars prochain au Chili pour la cérémonie de signature officielle du futur traité de libre-échange dans la zone Asie-Pacifique. Avec le retrait des États-Unis, la Chine, adepte du "soft power" pourrait être tentée d'étendre sa sphère d'influence économique et commerciale dans la zone pacifique.

ACT TPP

La libéralisation du commerce international se poursuit avec ou sans les Américains. Les partenaires de l'accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique ( ), menacé depuis la décision, début 2017, du président américain de s'en retirer, se sont mis d'accord pour relancer le pacte à 11 pays, sans les Etats-Unis, a annoncé la semaine dernière le gouvernement japonais.

"Une déclaration a finalement été conclue et les 11 pays se sont entendus pour préparer la signature" d'un nouvel accord, a déclaré le ministre de l'Economie Toshimitsu Motegi lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des négociateurs en chef à Tokyo. C'est une décision "qui fait date pour notre pays et le futur de la région Asie-Pacifique", s'est-il félicité.

1- Quels sont les pays partenaires du traité ?

Les 11 partenaires - Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam - avaient déjà bien avancé les négociations en novembre 2017, en marge du forum de l'Asie-Pacifique au Vietnam mais il leur restait à résoudre quelques différends. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait particulièrement à coeur de ressusciter ce pacte. L'accord devrait être paraphé "d'ici au début du mois de mars", selon un communiqué du gouvernement singapourien. Bien que cette annonce semble refléter une situation en apparence stable, les déclarations de Donald Trump sèment le doute. Lors d'une récente interview accordée à la chaîne CNBC,  le président américain a confié être prêt à adhérer au partenariat transpacifique, sans apporter d'autres précisions. Par ailleurs, le ministre en charge du commerce international au Royaume-Uni, Liam Fox,  a évoqué en début d'année sa volonté de rejoindre le partenariat comme d'autres conservateurs britanniques.

2- Que prévoit le traité ?

Parfois qualifié "d'accord de nouvelle génération", ce traité vise avant tout à doper les échanges commerciaux dans la zone pacifique. Le document prévoit la levée de barrières non-tarifaires, comme l'ouverture des appels d'offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques. Du côté des barrières tarifaires, le TPP se focalise en particulier sur l'élimination des tarifs douaniers sur des produits industriels et agricoles entre les onze pays et dont les échanges commerciaux ont totalisé l'an dernier 356 milliards de dollars. Le document détermine également de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers, le respect du droit du travail selon les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT). Ce qui a parfois suscité le mécontentement de pays comme le Vietnam qui ne respectent pas ce type de règle dans certains secteurs économiques.

3-Pourquoi les Etats-Unis abandonnent-ils le traité ?

Promu par les Etats-Unis, sous la présidence de Barack Obama, le TPP, vu comme un contrepoids à l'influence croissante de la Chine, avait été signé en 2015 après de longues années de négociation par 12 pays représentant 40% de l'économie mondialeCette zone économique de 494 millions d'habitants comptait un produit intérieur brut (PIB) combiné de 10.200 milliards US, soit 13,6 % du PIB mondial.

Peu après son élection à la Maison Blanche, Donald Trump avait abandonné abruptement ce traité, dans le cadre de ses politiques protectionnistes visant à sauver des emplois américains menacés selon lui par le libre-échange. L'ancien présentateur de téléréalité, adepte de "l'Amérique d'abord", fustige régulièrement les traités de libre -échange. Au mois de novembre dernier, il avait dénoncé "les abus commerciaux chroniques" que les Etats-Unis ne peuvent plus "tolérer".  Mais pour Deborah Elms, du Centre asiatique pour le commerce, même sans les Etats-Unis, le TPP sera "l'accord commercial le plus important signé ces 20 dernières années".

4- Pourquoi le Canada a rejoint l'accord sur le tard ?

 Alors que l'avenir de l'Alena entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada est de plus en plus sombre en raison des positions de Donald Trump, le gouvernement de Justin Trudeau a décidé de rejoindre le partenariat transpacifique la semaine dernière. "L'accord obtenu à Tokyo (mardi) va dans le bon sens", a déclaré depuis Davos, en Suisse, le Premier ministre Justin canadien, en référence au nouvel Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son acronyme en anglais)Avec les avancées, l'accord est "plus progressif et plus solide pour les travailleurs canadiens dans les domaines de la propriété intellectuelle, la culture et l'industrie automobile", a assuré M.Trudeau.

5- Le retrait des Etats-Unis : une chance pour la Chine ?

La décision de Donald Trump pourrait apparaître comme une opportunité pour la ChineDans une récente étude, Emmanuel Hache, directeur de recherche à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) avançait trois avantages possibles pour la puissance asiatique :

  • "le retrait américain offre à la Chine une capacité supplémentaire de rayonner d'un point de vue commercial dans la région;
  • il pourrait permettre à la diplomatie commerciale chinoise d'imposer ses propres standards en matière d'accords bilatéraux ou multilatéraux;
  •  il offre à la Chine la primeur de la décision dans l'agenda commercial régional et mondial en fonction de ses propres préoccupations économiques."

Dans ce cadre, l'espace délaissé par Donald Trump pourrait laisser le champ libre au régime de Xi Jinping pour accroître sa sphère d'influence aux niveaux régional et mondial. Le dirigeant chinois s'est montré à plusieurs reprises favorable à une plus grande ouverture économique et un accroissement des échanges commerciaux comme lors du dernier congrès du  Parti communiste chinois (PCC). Il avait ainsi martelé que l'économie chinoise "ne va pas fermer ses portes au monde" mais au contraire "s'ouvrir encore davantage". Au mois de décembre, la Chine a réaffirmé cette position lors  la conférence économique annuelle du Parti communiste chinois. "La Chine s'engage à augmenter ses importations et à réduire ses droits de douane pour certains produits afin de promouvoir un commerce équilibré".

https://www.latribune.fr/economie/international/commerce-mondial-cinq-questions-sur-le-traite-transpacifique-a-venir-765992.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180205

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L'Europe ne veut pas "rater" la révolution blockchain

L'UE "ne peut pas se permettre de rater" la révolution numérique liée à la technologie "blockchain", qui renforce la traçabilité et la sécurité des données et des transactions sur internet, a affirmé jeudi la commissaire européenne à l'Economie numérique, Mariya Gabriel.

ACT UE BLOCKCHAIN

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission de données, transparente et sécurisée. Elle fonctionne sans contrôle central et permet, en fonction de ses applications, de se passer des intermédiaires, par exemple les banques.

Ses applications sont multiples, mais la plus connue est celle permettant la création de cryptomonnaies, tel le bitcoin, cette monnaie électronique immatérielle, réputée invulnérable aux attaques informatiques, qui n'appartient à aucun État.

"Je considère la technologie du blockchain comme un changement fondamental et je veux que l'Europe soit à la pointe de son développement", a affirmé la commissaire.

"L'Europe ne peut pas se permettre de rater cette occasion", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse où elle a lancé un Observatoire-forum que l'UE veut consacrer au sujet.

L'idée de cet observatoire, qui associera "les autorités publiques, les régulateurs, l'industrie" est "de suivre le potentiel de ces technologies et de voir quelles seront les répercussions, les risques et les opportunités pour l'UE", a-t-elle expliqué.

"Pour l'instant, nous n'allons pas réguler ce secteur, nous allons observer et voir comment nous pouvons apporter une certitude juridique", a-t-elle poursuivi.

L'UE dit s'attendre à ce que la technologie "transforme les modèles économiques dans divers secteurs comme les soins de santé, l'assurance, la finance, l'énergie, la logistique, la gestion des droits de propriété intellectuelle ou les services publics".

Un son de cloche différent de l'Europe à propos du bitcoin

De nombreux banquiers, y compris centraux, ont exprimé leurs réserves sur la sulfureuse cryptomonnaie. C'est au tour d'un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de proposer la solution pour réguler le bitcoin.

L'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, s'est prononcé en faveur d'une régulation du bitcoin, "objet purement spéculatif qui se fait passer pour une monnaie", avait-il déclaré début janvier dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

"Il suffirait d'appliquer la règle de base de toute transaction financière: chaque participant doit divulguer son identité. Cela casserait le bitcoin".

"Nous avons besoin d'une TVA sur le bitcoin qui n'est pas une monnaie".

Le gouverneur de la banque centrale d'Autriche va beaucoup plus loin que les autres représentants de la BCE. En décembre, le Luxembourgeois Yves Mersch, membre du directoire, avait estimé dans le Börsen-Zeitung que les échanges en bitcoin étant faibles en volumes, ils ne constituaient "pas actuellement un problème pour la politique monétaire", ajoutant :

"Les investisseurs particuliers sont libres de parier. Cependant, si quelque chose ne va pas, ils ne devraient pas venir nous dire que nous aurions dû l'interdire et les protéger d'eux-mêmes."

Yves Mersch s'était déclaré toutefois préoccupé par l'entrée des bourses (comme le Chicago Mercantile Exchange) sur ce marché, qui "représente une menace majeure pour la stabilité financière".

L'autre risque concerne le blanchiment de capitaux que pose le développement des blockchains et des cryptomonnaies.

"Nous venons de décider de ne plus imprimer de billets de 500 euros pour cette raison et nous assistons à un vaste recyclage de cet argent sale à travers le bitcoin", déplore Ewald Nowotny.

Le président de la banque centrale autrichienne estime que le bitcoin est avant tout une mode et souligne l'impossibilité à terme de généraliser les paiements avec une monnaie dont le cours est aussi volatile.

"Quand je prends le métro le week-end avec mes petits-enfants, il y a toujours quelques personnes qui viennent m'en parler, avant on me demandait s'il fallait acheter de l'or", ironise M. Nowotny.

Des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont aussi récemment exprimé des craintes sur le sujet, tandis que la Banque centrale de Singapour a recommandé aux investisseurs d'agir avec "une extrême prudence" vis-à-vis du bitcoin. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait déclaré en décembre dernier:

"Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté : le bitcoin n'est en rien une monnaie‎, ou même une cryptomonnaie. C'est un actif spéculatif. Sa valeur et sa forte volatilité ne correspondent à aucun sous-jacent économique et ne sont la responsabilité de personne."

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/l-europe-ne-veut-pas-rater-la-revolution-blockchain-767039.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180205

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La croissance française freinée par l’euro

Pour Jacques Sapir, l’euro est prépondérant dans l’incapacité française à faire de la croissance.  A-t-il raison ?

TL SANNAT SAPIR EURO

Oui en très grande partie, mais si je suis le premier à critiquer l’euro pour ses impacts économiques désastreux, impacts cachés par le mensonge et les manipulations aux populations qui sinon rejetteraient aussi bien la monnaie unique que le projet européen mortifère que l’on nous impose.

Mais l’euro n’est pas le seul coupable de tous nos maux. Loin s’en faut.

La deuxième cause c’est les institutions européennes qui nous imposent les dumping sociaux et fiscaux au sein même de l’Union.

Enfin, troisième grande cause… la mondialisation mal gérée.*

En réalité, tous ces sujets ont un point commun : la souveraineté. Quand un peuple abandonne sa souveraineté, cela veut dire qu’il accepte que son destin soit le fruit des décisions des autres.

Ce n’est évidemment pas la meilleure façon de s’occuper de soi.

Charles SANNAT


 

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*François Asselineau parle de "mondialisation asymétrique": les règles ne sont pas les mêmes pour toute le monde...  P.G.


 

La croissance de 2017, qui a été estimée par l’INSEE à 1,9 % (1), a été saluée comme « bonne » dans la presse (2) et par de nombreux économistes. Pourtant, même si les chiffres sont nettement supérieurs à ceux enregistré de 2012 à 2016, le taux de croissance pour 2017 reste inférieur aux taux de croissance du début des années 2000.

La croissance moyenne de 1998 à 2007 s’établissait à 2,4 %, soit 0,5 % au-dessus du chiffre (estimé) pour 2017, et de 1998 à 2002 à 2,8 %. On constate ainsi que le chiffre estimé pour 2017 est ainsi nettement inférieur aux résultats d’il y a dix ans. Ce qui pose la question du rôle de l’euro dans ce freinage de la croissance.

1 — L’impact de l’euro sur la croissance

Les statistiques de l’INSEE montrent d’ailleurs bien ce freinage important de la croissance, et ce, dès avant la crise de 2008-2009, et qui était déjà fort bien décrit dans l’ouvrage collectif publié par Biböw et Terzi en 2007 (3). Les données disponibles montrent aussi que la crise de 2008-2009 a cassé la croissance, et que les politiques mises en œuvre à partir de cette crise ont eu un effet très délétère sur l’économie.

Graphique 1

Taux de croissance
INSEE

Source : INSEE

On peut raisonnablement penser que l’impact de l’euro ne s’est pas fait immédiatement sentir. Mais, dans les années ultérieures, l’écart de taux de change réel avec l’Allemagne s’est accru, l’Allemagne bénéficiant d’une sous-évaluation de sa monnaie et la France se trouvant progressivement en situation de surévaluation en termes réels. La publication de l’édition 2017 du External Sector Report du FMI (4) a souligné le problème posé par l’euro pour des pays comme la France, mais aussi pour des pays comme l’Italie et l’Espagne. On voit que le problème s’est même aggravé par rapport à l’édition 2016.

L’impact sur la croissance a donc été important mais progressif. On peut chercher à le calculer de deux manières différentes. Soit on considère que la France, sans l’euro, aurait continué sur la pente de 1998-2002 (avec un taux de 2,8 % par an), soit on considère que l’impact de l’euro peut se calculer à travers la comparaison des taux de croissance d’avant la crise financière de 2008, avec le taux de 1998-2002 pouvant être considéré comme représentatif de la dynamique « hors euro » et celui de 2003-2007 comme représentatif de la dynamique « dans l’euro ». Dans ce cas, on est conduit à estimer à – 0,8 % l’impact de l’euro sur le taux de croissance de l’économie française.

2 — Une croissance contrainte par l’euro

La détermination du freinage de la croissance permet de calculer ce qu’aurait pu être le PIB de l’économie française sans l’euro. Le freinage induit par l’euro est probablement sous-estimé pour la période 2010-2017 car à l’effet mécanique de l’euro est venu s’ajouter l’impact des politiques mises en œuvre soi-disant pour « sauver la zone euro », politiques qui bien entendu n’auraient pas concerné la France si cette dernière n’avait pas adhéré à l’euro. Cependant, à titre conservatoire, on gardera l’idée d’un freinage annuel de – 0,8 %.

Graphique 2
Comparaison des PIB avec et sans l’Euro

2 – Une croissance contrainte par l’Euro
 

Source : INSEE et données du FMI

On voit donc, sur le graphique (2), la zone orangée qui indique ce que l’économie française a perdu du fait de l’euro. Ce calcul résulte de la transposition des taux de croissance en indice, et de l’application de cet indice à la valeur du PIB pour 1997, calculé par le FMI. On constate alors que le PIB calculé sans l’effet de l’euro est en 2017 plus élevé de 12,5 % que le PIB « réel » correspondant à l’économie française au sein de la zone euro. On constate aussi que l’écart s’accroît progressivement à partir de 2003 et qu’il atteint, en sommes cumulées, 2 025 milliards d’euros en 2017, soit environ 94 % de la valeur du PIB réel pour cette année. Le taux d’imposition générale en France a oscillé entre 42 et 45 % dans cette période et on peut l’estimer en moyenne à 43,5 % du PIB. Les 2 025 milliards d’euros que l’économie française aurait produit si elle n’avait pas été assujettie à l’euro se seraient traduits par une recette fiscale cumulée de 881 milliards d’euros, soit 58,7 milliards d’euros annuels. Mais, cette somme correspond à une hypothèse linéaire, qui n’est pas vérifiée. En réalité, le surcroît de recette fiscale aurait été très faible pour 2003-2005, et ne serait devenu consistant, voire important, que les années suivantes. Il n’en reste pas moins que cette somme aurait pu permettre d’engager des dépenses en investissement public et d’accroître les budgets de fonctionnement des administrations vitales (enseignement, hôpitaux, armées) et de stabiliser la dette entre 70 % et 75 % du PIB.

On peut donc mesurer ce que l’euro a coûté à l’économie française et aux Français. Voilà pourquoi il n’est pas de discours s’attaquant de manière crédible aux maux dont la société, l’économie, et les structures sociales souffrent aujourd’hui en France qui puisse être tenu en négligeant la question de l’euro. Même si ces maux se représentent à nous de manière non-économique, leur source est commune : l’existence de l’euro et l’intégration de la France à l’Union économique et monétaire.


(1) https://fr.news.yahoo.com/linsee-dévoile-estimation-croissance-france-2017-035248512–finance.html et https://www.insee.fr/fr/statistiques/3315254

(2) Voir http://amp.parismatch.com/Actu/Economie/La-croissance-a-decolle-en-2017-pour-atteindre-1-9-1448957 ou https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301225600538-la-zone-euro-affiche-un-record-de-croissance-pour-2017-2149274.php ou https://www.latribune.fr/economie/france/quelle-croissance-economique-en-france-en-2017-766385.html

(3) Bibow J. et A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (N. Y.), Palgrave Macmillan, 2007

(4) Voir http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2017/07/27/2017-external-sector-report et http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2016/12/31/2016-External-Sector-Report-PP5057

https://insolentiae.com/la-croissance-francaise-freinee-par-leuro/

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Olivier Dard et Maurras : ni antisémite, ni germanophile, ni pronazi…

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Nous avons déjà relayé 2 articles sur l'"affaire Maurras", auteur retiré des commémorations officielles par le ministère de la Culture. L'un sous forme d'actualité, l'autre sous forme de "tribune libre". Voici une autre "tribune libre", marquant un point de vue différent et surtout portant davantage sur le fond. Comme d'habitude, notre objectif est d'enrichir la réflexion de chacun sur des enjeux qui ne sont pas une simple controverse d'experts, mais qui intéressent la vie politique de notre nation, son histoire, son rapport au passé et sa gestion contemporaine de ce passé, dans un contexte compliqué fait de "fake news" et autres tentatives de censure médiatique et académique, dont l'auteur elle- même est largement victime. A vous de juger!

HIST ALR MAURRAS DARD

TRIBUNE LIBRE / Par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

Des politistes tel Patrick Weil1 historiens et journalistes, de Guillaume Erner à Daniel Schneiderman2, découvrent, sidérés, qu’Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne, n’a « pas écrit le mot “antisémitisme” » dans la notice que le ministère de la culture l’avait chargé de de rédiger sur Charles Maurras « dans le grand livre officiel des commémorations ». Le motif de l’absence dudit mot a provoqué le 2 février 2018 sur France Culture l’embarras de l’historien, confronté à un Guillaume Erner insistant – « ben, je ne sais pas » pourquoi je l’ai oublié, a-t-il piteusement déclaré (à écouter ici).

Embarras d’autant plus légitime que l’oubli ne peut relever de l’étourderie ou de l’amnésie des « spécialistes obsessionnels [qui,] au bout de quelques années, […] fini[ssen]t par ne plus voir l’éléphant dans le couloir » : l’historien est particulièrement apprécié à l’extrême droite, à en juger par la fréquente référence de groupements d’Action française, d’Algérie française et associations assimilées aux conférences, travaux et directions de thèse de « notre ami Olivier Dard », groupes dont il est permis de douter de la solidité du philosémitisme, qui serait récent3. Notons l’absence de ces précisions politiques dans la fiche wikipedia d’Olivier Dard4, tradition, il est vrai, respectée pour tout l’arc-en-ciel, à l’exception des universitaires marxistes ou non-antimarxistes, dont Anne Morelli et moi-même5.

Y a-t-il motif à surprise?

La surprise médiatique est surprenante pour au moins deux raisons.

1° Les nombreux travaux6 de ce spécialiste de Maurras et de l’extrême droite française, notamment dans l’entre-deux-guerres – en bon français, du fascisme français – , si on les confronte aux archives originales de la première moitié du 20e siècle, attestent un gommage systématique des options idéologiques, antisémitisme inclus, et surtout un manque d’intérêt pour les pratiques de ses héros, de Charles Maurras aux fascistes officiels issus de l’Action française, tels Jean Coutrot et Bertrand de Jouvenel. Olivier Dard s’inscrit à cet égard dans le courant né dans les années 1950 à l’Institut d’études politiques (IEP) sous l’égide de René Rémond et Raoul Girardet, niant bec et ongles, contre des travaux anglophones démonstratifs, étayés et traduits, l’existence d’un fascisme français né à droite et dont l’Action française, ligue fondée de fait, en 1898, contre le capitaine Alfred Dreyfus, fut « la matrice », antisémitisme obsessionnel compris.

Les surpris de 2018 liront avec profit l’article de l’historien britannique Brian Jenkins, « L’Action française à l’ère du fascisme : une perspective contextuelle »7 et les deux ouvrages de l’historien américain Robert Soucy, Le Fascisme français, 1924-1933 (French Fascism, thefirst wave, 1924-1933) et Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques,(titre fallacieusement traduit de French Fascism, the second wave, 1933-1939)8. Soucy y a désintégré, sources d’archives à l’appui, la thèse des « historiens du consensus » de l’IEP qui avaient décrit une droite « des années trente allergique au fascisme » et borné ce dernier au fascisme « révolutionnaire » d’avant 1914, prétendument « ni droite ni gauche », ou aux transfuges du socialisme (Marcel Déat) et du communisme (Jacques Doriot), sans mot dire des liens organiques entre les ligues fascistes et le grand patronat français, également bailleur de fonds de la « droite » dite « républicaine ». Cette audace déclencha contre lui une guerre inexpiable des historiens susnommés, qui déboucha sur son effacement historiographique. Le débat sur le (non-)fascisme de Maurras et du tandem droite-extrême droite, dans lequel s’insèrent les travaux d’Olivier Dard, est interdit de tribune académique depuis vingt ans9.

2° Olivier Dard œuvrait dans sa notice officielle en terrain historiographique sûr. Il a trouvé ici appui objectif chez nombre d’historiens non suspects d’antisémitisme, mais qui confortent la thèse d’un « antisémitisme d’État » débonnaire, « français », pas « racialiste », pas exterminateur, et qui soutiennent que Maurras serait, bien que fervent pétainiste, demeuré de 1940 à 1944 parfaitement germanophobe. Simon Epstein, « économiste et historien israélien » d’origine française, a lancé l’offensive en 2008 avec Un paradoxe français: antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance10.

La télévision s’est emparée de la thèse de M. Epstein, qui s’est adjoint, pour deux documentaires diffusés les 3 et 10 décembre 2017 sur France 311, deux historiens approbateurs. Lui-même insiste sur « l’extrême droite résistante », Olivier Wieviorka et Pascal Ory sur « la gauche collabo ». Sont développés sur la période 1918-1944 une série de poncifs multi-décennaux contrebattus par les fonds originaux, délibérément écartés ici12: traumatisme de la Grande Guerre et pacifisme généralisé consécutif qui seraient la cause de tous les errements français; abandon dramatique de l’antifascisme communiste entre le 23 août 1939 et le 22 juin 1941; vaillance patriotique des « vichysto-résistants » (issus de l’Action française), concept lancé par Jean-Pierre Azéma depuis plus de vingt ans sans qu’on ait trouvé jusqu’ici de sources 1940-1944 pour l’étayer13.

De la notice aux faits historiques

Quant à la notice d’Olivier Dard, désormais chassée du Livre des commémorations nationales 2018 par un ministère de la Culture désemparé14), elle accordait sur deux pages moins de six lignes aux années 1940-1944 : « Jusqu’en 1944 [Maurras] passe ses soirées et ses nuits [à son cher journal, L’Action française, prunelle de ses yeux depuis sa fondation, en 1908], écrivant son article quotidien, largement lu et commenté. […] En 1940, Maurras rallie le maréchal Pétain, “divine surprise” à l’heure de la défaite. Resté aussi antiallemand et antinazi que par le passé, il n’en est pas moins un pétainiste convaincu et avalise l’ensemble de la politique conduite par l’État français. » Là aussi, l’historien a manqué de l’espace nécessaire pour exposer ce qui signifiait, notamment du point de vue des juifs, un tel « aval » exhaustif donné à Vichy.

À peine six lignes, soit autant qu’à « l’épuration » et à la « condamnation » que Maurras récuse d’ailleurs vivement (la parole n’étant pas donnée à l’accusation), et nettement moins que les dix consacrées à l’avant-guerre du « procureur impitoyable […] du régime républicain », sauf pendant la Grande Guerre, en vue de « la victoire sur une “Allemagne éternelle” détestée. Le début des années vingt marque l’apogée de l’influence culturelle de l’Action française mais la condamnation pontificale de 1926 lui porte un coup sérieux. Maurras rebondit au tournant des années trente sur fond de crises et de scandales (Stavisky) qui débouchent sur l’émeute du 6 février 1934. L’épisode met en cause la fonction de chef politique d’un maître dont de jeunes militants, attirés par le fascisme, déplorent l’écart entre la virulence des discours et l’inefficacité des actions conduites contre le régime. »

Olivier Dard n’est pas seulement amnésique sur l’antisémitisme maurrassien. Il l’est sur à peu près tout dans sa biographie de Maurras 15, à l’appui de laquelle font défaut les sources originales, alors que, précise-t-il opportunément, « les Archives nationales ont en dépôt un important fonds Charles Maurras (576 AP) [qui] comprend 210 cartons, couvre 29 mètres linéaires et est consultable sur dérogation ». L’ouvrage, dont les notes sont de seconde main16. soutient ainsi la thèse traditionnelle du « germanophobe » (désormais « antinazi » en sus, pour la notice) à l’« antisémitisme français » non létal sous l’Occupation17, après avoir négligé un avant-guerre maurrassien très activement fasciste, et fort peu « nationaliste intégral ».

L’Action française – les archives policières et judiciaires en font foi – constitua un pan majeur du fascisme français dès la fondation des premières ligues (1922-1924). Tous les ligueurs en étaient issus, gauche renégate exceptée, tels les fondateurs de la Cagoule (en 1935-1936), tous membres de la 17e section d’Action française, du 16e arrondissement. Le mouvement et son journal furent d’abondance financés, certes par le très grand patronat français antirépublicain, ce que nie Olivier Dard dans La synarchie ou le mythe du complot permanent18. Mais pas seulement : comme tous les groupes fascistes français, l’Action française reçut, d’emblée et d’abondance, des fonds de Mussolini, qui la rendirent lyrique sur la conquête italienne de l’Éthiopie, apogée de la civilisation occidentale. Puis, sans renoncer aux fonds italiens, elle sollicita ou accepta, de plus en plus, le soutien financier des hitlériens au pouvoir. À la mesure du fascisme français tout entier qui, d’abord pro-italien en diable, devint de plus en plus allemand pendant la crise, moment décisif du complot contre la République et de la renonciation à défendre les frontières nationales. Les sources ont sur ce point entièrement confirmé les analyses quotidiennes du grand journaliste britannique Alexander Werth (Manchester Guardian) effaré de 1936 à 1940 par l’ampleur de la Gleichshaltung (mise au pas-nazification) de la France et l’indécence de sa presse « gleichshaltée ».

L’Action française, certes, demeura germanophobe jusqu’au tournant des années 1920, ce qui entravait en France (et en Belgique) la tactique vaticane de « pacification » requise par Berlin car momentanément propice à la Revanche allemande. Il fallait neutraliser les « germanophobes » français en quête éventuelle d’alliance de revers : c’est ce qui valut à Maurras et aux siens la création, vaticane, en 1924, de la jésuite Fédération nationale catholique du général de Castelnau, plus docile et « pacifiste », puis la brutale excommunication d’août-septembre 1926, sans rapport avec la foi (absente) de Maurras. L’Action française germanophobe avait avant et pendant la Première Guerre mondiale déjà connu des temps difficiles avec la Curie, qui s’était entièrement engagée aux côtés des empires centraux. Que ceux qui doutent lisent L’Action française de la période-clé de l’excommunication, 1926-1932, qui raconta tout, avec une franchise hautement comique, Maurras et Léon Daudet en tête, sur la politique germanique du Vatican et ses nonces espions, Pacelli en Allemagne (puis secrétaire d’État), futur Pie XII, Maglione en Suisse puis en France19).

À partir de l’ère hitlérienne, Maurras et son mouvement, si germanophobes qu’ils semblassent encore, pactisèrent avec le Reich. C’est d’ailleurs sur la base de cette réconciliation, de plus en plus tapageuse à la fin des années 1930 et publiquement motivée par la haine des Soviets et des juifs, que, à la mi-juillet 1939, le très germanophile Pacelli-Pie XII prononça, avec le soutien de son très germanophile secrétaire d’État Maglione, la levée de l’excommunication : c’était les deux « agents de l’Allemagne » de la Première Guerre mondiale et principales cibles de Maurras et Daudet de 1926 à 1932. À un mois et demi de l’entrée en guerre générale, cette injure à la République française fut légitimement interprétée comme consacrant l’alliance publique de l’Action française naguère « germanophobe » avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie20.

Avant le 6 février 1934 et au-delà, l’Action française et Maurras affichèrent leur soutien au complot contre la République, prévoyant depuis l’été 1934 l’installation d’une dictature militaire appuyée sur Laval et Pétain (alors ministres du cabinet Doumergue). Complot fort activement soutenu par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie et prouvé par des milliers de documents d’archives policières et judiciaires21. Olivier Dard en balaie catégoriquement l’hypothèse depuis vingt ans en contestant la valeur des sources susmentionnées et en ridiculisant leur exploitation, taxée d’histoire « complotiste », grief de très bon rapport académique de nos jours.

Germanophobe, vraiment, avant-guerre, Maurras et les siens dont les diplomates hitlériens envoyaient avec délices à Berlin en 1938-1939 les articles vociférant contre « la guerre des juifs et des rouges » ? Celui par exemple de son cher Léon Daudet qui, anticipant la célèbre formule de Chamberlain le 27 septembre 1938 pour poignarder la Tchécoslovaquie haïe, mettait début avril dans L’Action française ces mots dans la bouche d’« un paysan ignorant de Touraine […]. “C’est paysan ou ouvrier, Jacques Couillonas, le cobaye de la démocratie sanguinaire, qui doit aller crever sur un signe de tête d’un juif qui en a horreur, dans un obscur et lointain patelin dont il n’a pas la moindre notion » (dépêche de l’ambassadeur d’Allemagne à Paris von Welczeck, 8 avril 1938). Germanophobe, vraiment, Maurras, toujours cité par une source allemande, invoquant le 26 août 1939 « l’opinion d’un expert militaire pour démontrer la futilité d’une attaque massive française [1°] sur la Ligne Siegfried […] : “ce serait exactement comme si un homme devait se taper la tête sur un mur de pierre, pour en aider un autre en train de se faire assassiner de l’autre côté. Ça ne servirait à rien pour la Pologne, et la France serait affaiblie de façon désastreuse »; 2° sur le front italien : impossible « d’avancer par les Alpes vers la vallée du Pô » à cause du mur de montagnes, sans parler du risque de se heurter à « une armée allemande venant du Brenner et […] à une attaque de flanc par l’armée italienne. » (télégramme Braüer 484, 26 août 1939) ? « “Divine surprise” [de ces gens] à l’heure de la défaite », vraiment ? je me permets de renvoyer au Choix de la défaite, à De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, et à Industriels et banquiers français sous l’Occupation222e et 3e op. cit., respectivement Paris, Armand Colin, 2008 et 2013..

Antisémite « français » et pas « racialiste », vraiment ? Ce distinguo, tenace dans l’historiographie cléricale23, a perdu tout sens depuis la première grande crise systémique du capitalisme (1873-1914). Après Raul Hilberg, qui rappelait dans le chapitre 2 (« Les précédents ») de La destruction des juifs d’Europe, le lourd passé antisémite de l’Église romaine, et comparait le « Droit canonique » et les « mesures nazies »24, David Kertzer, dans Le Vatican contre les Juifs. le rôle de la papauté dans l’émergence dans l’antisémitisme moderne25Robert Laffont, Paris, 2002.a décrit l’immense contribution romaine à l’antisémitisme (je dis bien antisémitisme) et balayé, en citant le journal assomptionniste La Croix pendant l’affaire Dreyfus et la Civiltà Cattolica du RP Rosa, principale voix officieuse du Vatican, le distinguo brumeux entre anti-judaïsme catholique et antisémitisme « ethnique ».

L’antisémite obsessionnel de Maurras (comme toute son équipe) n’aurait pas été antisémite racial mais simple tenant d’un « antisémitisme d’État ». Lequel, rappelons-le, anticipa, au second semestre 1940 sur les demandes allemandes en la matière, puis se prêta à toutes les exigences allemandes en matière de déportation et ne freina la complète dénaturalisation des juifs qu’au second semestre 1943, époque où Bousquet se montrait encore aussi impatient que les Allemands mais où l’allant devenait incompatible avec le rapport de forces militaire. S’il y eut quelques prudences dans une petite partie du haut clergé, également sensible à l’après-guerre, Maurras ne les partagea pas, et on en détient des preuves absolues.

Déchaîné contre ses traditionnels ennemis avant l’occupation totale du territoire, juifs et communistes en tête, sans omettre les francs-maçons et les protestants, le directeur de l’Action française, publiée à Lyon, ne changea rien après novembre 1942. Dans L’Action française, il n’insultait pas seulement les Soviets mais aussi de Gaulle, les Anglais et les Américains : cette « attitude anti-anglaise et anti-américaine dans ses articles de journaux » plaisait beaucoup à l’ambassade d’Allemagne, et lui fit déconseiller son arrestation, en juin 1943, à un moment où l’occupant arrêtait beaucoup, même dans les milieux dirigeants français26. Maurras ne poussait pas seulement de façon générale les cagoulards de Darnand mués en miliciens à agir avec énergie, c’est-à-dire à massacrer juifs, communistes, gaullistes, francs-maçons, protestants, etc.

Délateur inlassable des mêmes catégories, il appelait à la liquidation stricto sensu, noms et adresses à l’appui, d’individus, de familles et de groupes. Ceux-ci étaient d’autant plus vite livrés aux sicaires français (Milice) agents de la Gestapo (Sipo-SD), et aux bourreaux allemands que l’équipe de l’Action française était complice active des miliciens qui exécutaient la besogne seuls ou en compagnie des policiers allemands. Des magistrats non épurés (cas de la quasi-totalité de l’effectif 1940-1944), qui adoraient le « maître » Maurras, sabotèrent l’instruction de son procès : ils refusèrent entre autres de se procurer les numéros quotidiens de l’Action française, car ils auraient formellement démontré comment Maurras avait incité la Milice à l’assassinat du père de Roger Worms (dit Roger Stéphane), « le juif » Pierre Worms. La documentation versée dans son dossier atteste formellement que son article du 2 février 1944 appelant à la suppression de Roger Worms avait dicté et précédé la mise à mort du père de ce dernier, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, par six miliciens, qui avaient au surplus entièrement pillé le site de leur forfait.

Dans sa biographie, Olivier Dard consacre trois pages à l’affaire (p. 221-223), qui fit grand bruit, vu la notoriété résistante et gaulliste « du capitaine Roger Stéphane », mais il opte pour la thèse que l’assassinat avait été antérieur à l’article de Maurras du 1er février 1944 : la consultation du dossier de justice BB/18/7113, 8 BL 441 R, Charles Maurras « Collaborateur », joint au dossier Maurras Charles, de Susini Marc, Arnus Émile (AN), lui confirmerait que, contrairement à la thèse mensongère du parquet d’Aix, Maurras avait bien donné le 1er février 1944 aux hommes de main de la Milice tous les éléments pour agir et que ledit parquet avait après la Libération sciemment empêché la vérité de se manifester, ce que reconnut le Procureur général près la cour d’appel d’Aix au garde des Sceaux, dès le 22 février 1945, procès achevé, et naturellement non révisé pour si peu.

Antinazi, Maurras, vraiment ? Pourquoi donc « la Gestapo », autorité de tutelle en l’occurrence, autorisa-t-elle, dès décembre 1942, et à nouveau en octobre 1943, « le renouvellement [du] port d’arme » que Maurras, avait demandé et obtenu de Bousquet pour lui-même et toute la direction de l’Action française : arme, rappela-t-il au préfet régional (de Lyon) en 1943, « que m’a rendue le directeur de la prison de la Santé dès ma sortie [en 1937], ma carrière m’exposant à des risques graves ». Certes, et ce fut pire entre 1940 et 1944, où il soutint Vichy et l’occupant. Qui recevait des Allemands des permis de port d’armes, des germanophobes antinazis, en vue de participer à la future libération de Lyon ?27

Les dérives de l’histoire sans sources

Sur le détail du traitement du dossier Maurras par Olivier Dard, l’historiographie dominante et médiatique, qui n’aime plus, depuis longtemps, les archives originales, trop « positivistes », ne cherche pas à s’informer. Elle apprécie l’énergie durable que déploie cet historien à ridiculiser, hors de toute discussion directe, orale ou écrite, la démonstration archivistique de l’existence d’un fascisme français de droite et d’extrême droite. Partageant sa dénonciation sonore de l’Histoire prétendument « complotiste », elle le soutient fermement contre l’évidence des sources dans sa croisade contre un prétendu « complot contre la République ». À la tête d’un comité de soutien unanime, Michel Margairaz, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, s’est félicité en 2009 que, « parmi les responsables politiques, le mythe d’une “synarchie” ourdie par Jean Coutrot a[it] bien été déconstruit », par Olivier Dard, précise-t-il en note infra-paginale28).

C’est pourquoi « les historiens du consensus » ont tant tardé à s’apercevoir du pesant silence d’Olivier Dard sur l’antisémitisme de Maurras, qui n’a pas commencé avec la notice maudite. L’intéressé refuse le débat académique que je lui propose depuis vingt ans, oscillant entre le mutisme sur les travaux relatifs au fascisme français et les mises en cause fondées sur l’assimilation fascisme-communisme, dont il déteste manifestement davantage un élément que l’autre29. Il serait temps d’ouvrir ce débat, et d’admettre que l’extrême droitisation d’une historiographie sans sources, à laquelle les historiens « démocrates » et « républicains » ne réagissent guère depuis des décennies, menace à la fois la démocratie et la scientificité de la discipline historique, et conduit aux errements du Grand Livre ministériel.

Annie Lacroix-Riz, 05/02/2018

https://www.les-crises.fr/quand-olivier-dard-fait-preuve-dun-dangereux-laxisme-envers-maurras-antisemite-notoire/

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Le sacrifice du peuple russe pendant la Seconde Guerre mondiale ne doit jamais être oublié

Le 2 février, la Russie a célébré les 75 ans de la victoire soviétique dans la bataille de Stalingrad contre l’Allemagne nazie. Cette bataille aura été un tournant majeur de la Seconde guerre mondiale, point de départ de la victoire sur le front de l’Est. L'article qui suit date de mai 2017. Le journaliste John Wight revient sur les dates principales du conflit et évoque la situation internationale à l'époque de le Seconde Guerre mondiale.

TL STALINGRAD

TRIBUNE LIBRE / John Wight écrit pour de nombreux journaux et sites web américains et anglais, notamment The IndependentThe Morning Star, Huffington Post, CounterpunchLondon Progressive Journal et Foreign Policy. Il est aussi un commentateur régulier sur RT et BBC Radio. John Wight a été l'organisateur du mouvement pacifiste américain dans la période qui a suivi les attaques terroristes du 11 septembre 2001.


 

L’importance historique du rôle de l’Union soviétique dans l’écrasement du fascisme dans la Seconde Guerre mondiale ne saurait être surestimée. C’est pourquoi la commémoration annuelle du Jour de la Victoire, célébré par les Russes et les amis de la Russie dans le monde entier le 9 mai, est si significative.

Le sacrifice héroïque des peuples russe et soviétique pour la victoire sur la machine de guerre hitlérienne, la force militaire la plus puissante et invincible que le monde avait vu jusqu’àlors, reste toujours prodigieux plus de sept décennies plus tard.

L’historien américain Peter Kuznick écrit : «Jusqu’au jour J, le 6 juin 1944, l’Union soviétique luttait presque seule contre l’armée allemande. Avant l’invasion de la Normandie, l’Armée rouge se battait face à plus de 200 divisions ennemies, tandis que les Américains et les Britanniques en affrontaient rarement plus de 10. L’Allemagne a perdu plus de six millions de personnes sur le front de l'est et un million environ sur le front ouest et en Méditerranée.»

Concernant les pertes : environ 419 000 Américains et 451 000 Britanniques ont été tués lors de la Seconde Guerre mondiale. Et bien que cela soit un sacrifice qui mérite d’être honoré, cela ne tient pas la comparaison avec les 26 millions de Soviétiques et de Russes qui ont perdu la vie. Cela étant dit, le Royaume-Uni et les Etats-Unis méritent énormément de reconnaissance pour les tonnes d’approvisionnements vitaux, d'armes et de matériel qu’ils ont fournies, contribuant ainsi à l’effort de guerre soviétique. Ce qui prouve que la coopération entre l’Occident capitaliste et l’Est communiste était possible face à un ennemi menaçant de génocides, acharné à tuer et détruire

Les buts de guerre d’Hitler et l’apaisement des Alliés

En réalité, Hitler n’a jamais voulu faire la guerre avec le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. Le dictateur était un fervent admirateur de l’Empire britannique. Il a été impressionné par la capacité de cette petite nation maritime à contrôler l’Inde, alors que le sous-continent était beaucoup plus vaste.

«En tant qu'homme de sang germanique, je préférerais, malgré tout, voir l’Inde sous domination anglaise que sous n’importe quel autre», écrit Hitler dans Mein Kampf, son célèbre manifeste politique. Mais il ne faut pas oublier, également, que l’admiration d’Hitler pour le Royaume-Uni était en grande partie réciproque à Londres, où le sentiment pro-nazi était endémique parmi les élites du pays, y compris au sein de la famille royale.

L’Empire britannique était un modèle pour l’expansion future de l’Allemagne et la colonisation de l’Europe de l’Est et de la Russie. Selon la vision raciale perverse d’Hitler, les peuples slaves, aussi bien que les juifs, étaient des Untermenschen (sous-hommes), dont il convoitait la terre en tant que Lebensraum (espace vital) pour les races allemande et aryenne. Avec sa haine du bolchévisme, son objectif principal militaire et idéologique était la destruction du «judéo-bolchévisme».

L’invasion de l’Union soviétique le 21 juin 1941 n’a été une surprise ni pour Staline, ni pour l’Union soviétique, comme les historiens occidentaux l’ont faussement déclaré. Le pacte Molotov-Ribbentrop a été signé en 1939 par Moscou après l'échec des tentatives de créer une alliance de sécurité collective avec le Royaume-Uni et la France.

Dans cette optique, Staline avait toutes les raisons de croire, surtout après avoir vu les alliés servir la Tchécoslovaquie à l’Allemagne sur un plateau avec l’accord de Munich de 1938, que Londres et Paris souhaitaient voir Hitler attaquer la Russie ensuite. Comme l’écrit Geoffrey Roberts, «Staline ne croyait pas que les Britanniques et les Français avaient l'intention sérieuse de combattre Hitler; il craignait, en effet, qu’ils manœuvraient pour le forcer à se battre pour eux.»

Le pacte Molotov-Ribbentrop a fait gagner un temps précieux à Moscou pour s’armer et se préparer à une guerre avec l’Allemagne, que les Soviétiques savaient inévitable. Cependant, Staline croyait qu’elle ne commencerait pas avant le printemps de 1942, Hitler étant alors en guerre avec le Royaume-Uni après son invasion de la Pologne, et le dictateur nazi répétant souvent que l’Allemagne avait fait l'erreur d’être entraînée dans une guerre sur deux fronts pendant la Première Guerre mondiale.

Opération Barbarossa et leadership de Staline

Le succès initial de l’opération Barbarossa, l’invasion nazie de l’Union soviétique, a été stupéfiant. Hitler et ses généraux ont planifié une guerre courte et féroce contre ce qu’ils croyaient être une Armée rouge mal organisée et mal dirigée, et, dans les premières semaines, l’analyse semblait être exacte. «La Wehrmacht doit être prête à vaincre la Russie soviétique dans une campagne rapide», ordonnait Hitler dans une directive militaire.

La plupart des observateurs occidentaux ne croyaient pas que l’Union soviétique se remettrait de ses pertes initiales. En effet, il semblait, à la fin du mois de novembre 1941, que l’échec de Moscou était imminent, les Allemands approchant des tourelles du Kremlin.

Ici, Staline est passé au premier plan. Il a d'abord pris la décision déterminante de redéployer neuf divisions depuis l’Extrême-Orient, estimant que les Japonais n’essaieraient plus d’envahir la Russie après avoir lancé une attaque sur les Etats-Unis et les forces britanniques dans le Pacifique au lieu. Ensuite, il a nommé le général Joukov pour organiser la défense de Moscou. Enfin et surtout, malgré l’évacuation de la ville ordonnée par les administrations publiques, Staline a choisi de rester, inspirant ainsi aux troupes et aux citoyens de Moscou la détermination de repousser l’ennemi coûte que coûte.

Ce qui a suivi est désormais légendaire. La contre-offensive soviétique aux portes de Moscou commençant avec Staline examinant les troupes de l’Armée rouge alors qu’elles marchaient à travers la Place rouge vers la guerre, dans le cadre de la commémoration annuelle de la Révolution russe, le 7 novembre.

Endurance et remarquable succès

La bataille de Moscou est devenue la première de nombreuses batailles épiques qui sont désormais légendaires. Elle a été suivie par la bataille de Stalingrad (23 août 1942 – 2 février 1943) ; par le siège de Leningrad (8 septembre 1941 – 27 janvier 1944) ; par la bataille de Koursk (5 juillet 1942 – 23 août 1943) ; par l’opération Bagration (22 juin – 19 août 1944) ; et par la bataille de Berlin (16 avril – 2 mai 1945).

Un homme qui a compris le rôle de l’Armée rouge dans l’écrasement du géant fasciste était le chef de guerre britannique Winston Churchill. Dans son discours à la Chambre des communes en août 1944, il a souligné : «C’est l’armée russe qui a fait le principal travail pour arracher les entrailles de l’armée allemande. Dans l’air et dans les océans, nous pouvions conserver notre place, mais il n’y avait pas de force dans le monde […] capable d’écraser et de battre l’armée allemande jusqu'à ce qu'elle soit soumise à la puissance des troupes russes et soviétiques.»

Aucun peuple n'a enduré ce que le peuple russe a subi entre 1941 et 1945. Et aucun autre peuple n’a réalisé ce qu’il a réussi en libérant l’Europe de la tyrannie du fascisme.

https://francais.rt.com/opinions/38244-sacrifice-peuple-russe-seconde-guerre-mondiale-ne-doit-jamais-etre-oublie

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